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[MàJ] L’Ukraine accuse Starlink d’avoir restreint l’accès à Internet de ses forces militaires

15 octobre 2026 à 07:07
Un (sans) fil à la patte
[MàJ] L’Ukraine accuse Starlink d’avoir restreint l’accès à Internet de ses forces militaires

Un proche du gouvernement ukrainien affirme que Starlink a restreint le fonctionnement de son réseau à destination des appareils et drones en mouvement des forces militaires engagées contre la Russie. La Pologne a publiquement interpellé Elon Musk à ce sujet. L’entreprise n’a pas confirmé son intervention dans ces restrictions, alors que les tensions entre Donald Trump et l’Ukraine s’accentuent.

Mise à jour, 15 octobre, 9h07 : Elon Musk s’est finalement exprimé sur la situation ukrainienne mercredi soir (heure française), et l’entrepreneur a très explicitement renvoyé la responsabilité de ces restrictions à Washington, et plus précisément à Donald Trump :

« Les systèmes Starshield sont la propriété du gouvernement américain et sont contrôlés par lui. Toute limitation de vitesse ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine et, en dernier ressort, par le président des États-Unis. »

Musk répondait à un message de Mykhailo Fedorov, l’ex ministre de la Défense ukrainien, qui signalait un début de restauration du service Starshield pour les appareils évoluant jusqu’à 160 km/h. Le patron de SpaceX en a profité pour rappeler la distinction entre Starshield et Starlink vis-à-vis des usages militaires.

« Starlink est un service commercial détenu et exploité par SpaceX. Son utilisation est limitée aux activités civiles ou défensives et ne peut en aucun cas servir à des fins militaires offensives, ce qui serait inapproprié pour une entreprise commerciale. »

Donald Trump, généralement prompt à commenter publiquement ses décisions, ne s’est pour l’instant pas exprimé sur le sujet.

Publication initiale, 14 octobre, 17 heures :

Tour à tour, l’activiste Serhii Sternenko et l’expert en technologies militaires Serhii Beskrestnov, conseiller rangé aux côtés du président Volodymyr Zelensky, ont signalé mercredi 14 octobre au matin des restrictions constatées au niveau de l’accès à Internet fourni par Starlink aux forces militaires engagées dans la guerre contre la Russie.

« Les terminaux Starlink ont ​​été limités ce soir. La communication a commencé à se dégrader en mouvement à des vitesses supérieures à 160 km/h. Ceci a perturbé plusieurs missions importantes », a affirmé le premier sur Telegram, mercredi vers 7 h du matin. Le second a soutenu explicitement l’hypothèse une heure plus tard :

« Je peux confirmer que SpaceX a mis en place une limitation de vitesse pour les terminaux Starlink en mouvement [hier soir]. Nos forces de défense n’ont pas été informées de cette limitation, ce qui a entraîné la perturbation de plusieurs missions ».

Des restrictions sur les appareils en mouvement

D’après lui, les restrictions en question ne concernaient pas la couverture standard Starlink, mais l’offre plus spécifique Starshield, le sous-ensemble de la constellation SpaceX dédié aux usages gouvernementaux et militaires. Ici, elles porteraient sur un usage bien spécifique : la connexion fournie aux appareils en mouvement.

« Cette limitation s’applique actuellement au système Starshield militaire et est fixée à 160 km/h », écrit ainsi Serhii Beskrestnov. Les avions de combat, les drones ou les missiles dont les opérations dépendent de Starshield ont été bridés dès que leur vitesse atteignait cette limite.

Pour Sternenko comme pour Beskrestnov, ces restrictions ne peuvent pas être vues comme un accident. « Cette action n’est manifestement pas une coïncidence et est liée au contexte politique actuel », affirme le premier. « SpaceX prend vraisemblablement ces mesures à la demande de l’administration Trump », estime le second.

Relayé notamment par la presse ukrainienne, l’incident a fait réagir publiquement le ministre des Affaires étrangères polonais, Radosław Sikorski. Sur X, il a directement interpellé Elon Musk, patron de SpaceXAI (en passe d’être renommée SpaceXSI).

« Hey @elonmusk, grand homme, vous instrumentalisez encore la politique avec vos produits ? En tant que clients européens, nous vous surveillons ».

L’invective « grand homme » (« big man » en VO) fait référence à une passe d’armes survenue sur X en mars 2025 entre Radosław Sikorski, Elon Musk et Marco Rubio, le secrétaire d’État américain. À l’époque, le patron de SpaceX avait affirmé sur son réseau social que toute la ligne de défense ukrainienne s’effondrerait s’il coupait l’accès à Starlink.

Le ministre polonais lui avait alors rétorqué qu’une telle décision entraînerait la recherche d’un autre fournisseur, et soulignait que son gouvernement finançait la moitié des 42 000 terminaux Starlink alors en circulation en Ukraine, pour environ 50 millions de dollars par an. Elon Musk lui avait alors répondu : « Tais-toi, petit homme. Tu ne paies qu’une infime partie du coût. Et rien ne remplace Starlink ».

Dans son message initial, Elon Musk promettait à l’époque qu’il n’interviendrait pas sur les capacités fournies à l’Ukraine :

« Même si je désapprouve totalement la politique ukrainienne, Starlink ne coupera jamais ses terminaux… Nous ne ferions jamais une chose pareille et nous ne l’utiliserions jamais comme monnaie d’échange. »

Starlink, présent officiellement en Ukraine depuis 2022, a déjà appliqué des restrictions sur certains usages militaires et notamment sur le contrôle à distance de drones, comme le soulignait la BBC en 2023.

Depuis la mise en place du blocage de Starlink en Russie en février 2026, le réseau satellitaire fonctionne en Ukraine sur la base d’une liste blanche d’appareils autorisés par le gouvernement, et certaines restrictions de limitation de vitesse en mouvement peuvent toujours s’appliquer, prévient le service sur ses pages grand public.

Officiellement, Kiev garde cependant la main sur les usages de Starlink à des fins militaires, notamment pour les drones, qui recourent à une antenne satellitaire pour tenter de se prémunir des dispositifs de brouillage russes.

Des restrictions sur fond de refroidissement entre Kiev et Washington ?

La donne aurait-elle changé ? Les restrictions constatées par l’Ukraine interviennent alors que le pays s’inquiète d’un affaiblissement du soutien prodigué par les États-Unis, notamment en matière de renseignement consacré à la détection des frappes russes.

Volodymyr Zelensky a notamment déploré mercredi n’avoir reçu aucune information préventive de ses alliés alors que des frappes russes ont touché Kiev, Dnipropetrovsk et Zaporijia dans la nuit du 13 au 14 octobre. Des attaques ciblées ont également visé des centrales électriques autour de Kiev et de Kharkiv, alors que Donald Trump s’était félicité quelques jours plus tôt d’avoir réussi à mettre en place un cessez-le-feu bilatéral sur les infrastructures énergétiques en vue de l’hiver imminent.

Dans le même temps, Washington a clairement durci son discours vis-à-vis de l’Ukraine. Donald Trump a affirmé samedi 9 octobre que le pays aurait tout intérêt à élire un nouveau dirigeant, accusant ce dernier d’être responsable de la crise pétrolière en cours. Le même jour, il annonçait un accord avec Moscou portant sur l’achat de diesel russe, une première depuis 2022 et la mise en place des sanctions internationales sur la Russie.

Ni Musk, ni SpaceX, n’ont pour l’instant réagi formellement aux allégations ukrainiennes.

L’opérateur européen Eutelsat, dont l’État français est devenu le premier actionnaire, s’était dit par le passé prêt à prendre le relais de Starlink si nécessaire. « On a les mêmes compétences avec une couverture globale, mais la différence se situe dans notre capacité à voler un peu plus haut. Nous sommes à 1.200 kilomètres, contre 400 pour Starlink », faisait valoir sa directrice générale de l’époque, Eva Berneke, reconnaissant toutefois qu’Eutelsat ne pouvait pas lutter face à son concurrent américain pour ce qui est de la capacité.

KDE fête ses 30 ans

14 octobre 2026 à 14:27
Hier les barbus, demain les entreprises
KDE fête ses 30 ans

KDE fête aujourd’hui ses 30 ans. Pour l’occasion, nous vous retraçons l’historique de cet environnement de bureau pour Linux, qui a commencé comme un petit projet d’un étudiant allemand.

Il faut remonter en 1996, plus précisément le 14 octobre (donc il y a tout juste 30 ans). Ce jour-là, Matthias Ettrich, étudiant en informatique à l’université de Tübingen, publie un message sur Usenet. Il y déroule un diagnostic : X11 n’est qu’un système de fenêtrage, Motif une bibliothèque et les gestionnaires de fenêtres de simples outils. En clair, il n’y a pas d’interface graphique libre pour l’utilisateur final, rien qui permette facilement de surfer sur le web, rédiger quelques e-mails, lancer un jeu ou deux. Selon Ettrich, le problème lui a sauté aux yeux en configurant l’ordinateur de sa compagne.

Pour y remédier, il annonce un nouveau projet : Kool Desktop Environment. Il énumère les briques à créer : un tableau de bord, un gestionnaire de fichiers, une messagerie, un terminal ainsi qu’une aide hypertexte, le tout sous licence GPL. Le socle technique est déjà choisi : ce sera Qt, une bibliothèque d’interface pour C++ créée par la société norvégienne Troll Tech. Dans son message, il dit espérer réunir 20 à 30 volontaires.

Une embrouille au départ

Le projet fédère assez pour que, dès août 1997, les développeurs intéressés se rassemblent à Arnsberg. Trois mois plus tard, une association de droit allemand est créée, KDE e.V.

Pourtant, un problème apparait rapidement : le choix de Qt fait grincer quelques dents. La bibliothèque est en effet gratuite pour le développement de logiciels libres, mais sa licence n’autorise pas la redistribution des versions modifiées. Pour une partie de la communauté, le constat est clair, un bureau libre ne pouvant pas reposer sur une fondation qui ne l’est pas.

Les premiers temps, Debian et Red Hat vont donc refuser la distribution de KDE. La dispute est assez vive pour que deux projets apparaissent en contre-attaque. Harmony d’abord, qui est une réécriture libre de Qt. Mais il y a surtout GNOME, lancé dès août 1997 par Miguel de Icaza et Federico Mena en se basant sur la bibliothèque GTK. Oui, GNOME était initialement un rejeton du projet KDE.

Cette histoire de licence va passer par plusieurs rebondissements mais prend fin en septembre 2000 avec la 2.2 de Qt, finalement proposée sous licence GPL. Cet accord a été repris tel quel quand Troll Tech a été racheté par Nokia en 2008, puis plus tard quand Qt a été récupéré par Digia, devenue depuis The Qt Company.

De KDE 1 à KDE 3, les jeunes années

La toute première version de KDE apparaît le 12 juillet 1998. Il se sera donc écoulé moins de deux ans entre le message de Matthias Ettrich et cette version. KDE 1.0 est davantage une preuve de concept qu’un environnement complet et il faut attendre KDE 2.0 le 23 octobre 2000 pour que les choses sérieuses commencent.


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Paris dénonce une guerre informationnelle contre l’Europe et vise Elon Musk

14 octobre 2026 à 14:01
Le poison X
Paris dénonce une guerre informationnelle contre l’Europe et vise Elon Musk

Les « campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk » ont été dénoncées par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans un discours offensif contre les tentatives d’ingérence étrangère dans le débat démocratique en Europe.

La démocratie est « contagieuse » et les régimes autoritaires la redoutent « comme un virus mortel », a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot durant le discours de clôture d’un forum organisé par l’OCDE. Rien n’inquiète plus les régimes autoritaires que la propagation de la démocratie chez eux, assure le ministre. « C’est pourquoi ils font tout pour l’empêcher par la force, le chantage, la désinformation, la manipulation des élections. »

Sur ce dernier front, celui de la désinformation et la manipulation des médias, Jean-Noël Barrot avait plusieurs cartouches à tirer contre « les adversaires de la démocratie » qui « exploitent nos divisions, instrumentalisent l’immigration, la laïcité ou encore le conflit israélo-palestinien pour attiser les haines et les tensions ».

Le soutien assumé de Musk à l’extrême droite

Parmi ces adversaires identifiés : Elon Musk. Le ministre dénonce des « campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk contre des dirigeants européens pour peser sur les débats nationaux en exploitant la viralité de son réseau social ». Le soutien de Donald Trump a déjà fait connaitre sa préférence pour l’élection présidentielle de 2027 : Marine Le Pen. La candidate du RN est qualifiée de « dernier espoir pour la France ».

Ce n’est pas la première fois que Musk offre publiquement son soutien à l’extrême droite et aux mouvements de déstabilisation de la démocratie. L’AfD allemand en bénéficie aussi, ainsi que les mouvements séparatistes au Canada. Il s’est ainsi prononcé en faveur de l’indépendance des provinces du Québec, de l’Alberta (un référendum sur le sujet sera justement organisé le 19 octobre) et du Saskatchewan.

Pour le journaliste canadien Paris Marx, il ne faut pas nécessairement prendre ce que raconte Elon Musk au pied de la lettre : « [c’est un] troll de droite ayant un problème avec les pays qu’il perçoit comme plus progressistes ou plus à gauche que ses propres opinions politiques », explique-t-il à la CBC. Cela n’empêche pas son réseau social de diffuser très largement la parole extrémiste et la désinformation, ce qui pèse sur les débats nationaux.

Riposte diplomatique contre la désinformation

Jean-Noël Barrot prend aussi pour cible « une entreprise israélienne qui crée de faux comptes français pour mettre en scène des affrontements artificiels sur la question palestinienne », un « groupe azerbaïdjanais qui organise des congrès à Nouméa pour lancer des appels à la révolte en outre-mer et faire circuler des projets de constitution provocants », ou encore « des campagnes insidieuses suggérant que la prochaine élection présidentielle française sera truquée ».

Il prend l’exemple de la « communauté MAGA » qui instrumentalise le mouvement lycéen battant le pavé en ce moment. Donald Trump lui-même a mené cette bataille de la désinformation en affirmant sur son réseau social que « ce qui se passe en France n’est rien d’autre qu’une immigration de masse hors de contrôle », amplifiant ainsi le discours de l’extrême droite française sur le sujet.

Le ministre entend dénoncer « tous les acteurs qui nous attaquent, quels qu’ils soient, que l’on soit compétiteur ou partenaire, pas d’immunité pour ceux qui s’en prennent à la France, à son image, à ses intérêts. » Parmi les dispositifs mis en place par l’État, il cite Viginum, les comptes French Response sur les réseaux sociaux, ou encore l’expulsion de Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de la chaîne russe RT France et chroniqueuse pro-Poutine chez Cnews.

Face aux acteurs de la déstabilisation qui « ont recours à des influenceurs rémunérés ou mandatés qui exploitent la viralité offerte par les plateformes numériques », le quai d’Orsay oppose « une force de frappe informationnelle » s’appuyant sur « 400 acteurs de terrain de notre réseau diplomatique, première ligne de la guerre informationnelle ». Il y a également Canal France International qui forme chaque année « des milliers de journalistes à faire leur métier de manière autonome ».

Situation critique pour la recherche, le budget de l’ANR « insoutenable » d’ici 2028

14 octobre 2026 à 13:15
Une ambition affichée qui fait pshitt
Situation critique pour la recherche, le budget de l’ANR « insoutenable » d’ici 2028

L’Agence nationale de la recherche, pilier de la politique de financement scientifique de la France sous la présidence d’Emmanuel Macron, « se situe à un point critique », selon la Cour des comptes. Son budget décroche depuis la loi de programmation de la recherche votée en 2020. L’institution prévoit qu’il devienne « insoutenable » entre 2028 et 2029 sans mesure corrective.

Le rôle de l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui a maintenant 20 ans, a été boosté par la loi de programmation de la recherche (LPR) en 2020. Mais la Cour des comptes constate que son budget ne suit pas les prévisions. La juridiction administrative constate que « son budget sera insoutenable d’ici la fin de l’année 2028 » si rien n’est fait. Le projet de loi 2027 présenté par le gouvernement ne va pas dans ce sens puisqu’il prévoit même une petite baisse du budget de l’ANR.

La loi de 2020 avait notamment été soutenue par le PDG du CNRS de l’époque, Antoine Petit, qui voulait une loi « ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne ». De son côté, le Comité national de la recherche scientifique (CoNRS), lui, préconisait le financement récurrent des laboratoires. En consacrant le financement par projets via l’ANR, cette loi a poussé la recherche française vers une sélection des « meilleurs » projets digne du spencérisme (autre nom du « darwinisme social »). Mais l’ambition demandée par l’ancien PDG et affichée dans la loi n’est finalement pas au rendez-vous.

« Une trajectoire budgétaire devenue insoutenable »

C’est dans un rapport publié sur son site le 8 octobre dernier que la Cour des comptes tire le signal d’alarme. Titré « L’ANR, une trajectoire budgétaire devenue insoutenable, une réponse indispensable de l’État », ce document met le gouvernement devant un constat implacable. Alors que le budget de l’ANR devait être l’outil financier central d’une augmentation du financement de la recherche de la loi votée en 2020, sa trajectoire « décroche » par rapport à celle prévue par cette loi. Et ce depuis deux ans : « la croissance des engagements de l’ANR portée depuis 2021 par la LPR a connu un arrêt à partir de 2024 », constate la Cour.


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Les banques sommées par les régulateurs de se préparer aux cyberattaques IA

14 octobre 2026 à 12:49
Branle-bas bancaire
Les banques sommées par les régulateurs de se préparer aux cyberattaques IA

Les banques centrales s’inquiètent du rôle de plus en plus important joué par l’IA et les agents dans la gestion des établissements financiers. Des cyberattaques dopées à l’IA pourraient faire tanguer des services bancaires critiques et fragiliser les marchés financiers.

Branle-bas de combat chez les plus grands régulateurs financiers de la planète. La Banque centrale européenne (BCE) a ainsi donné jusqu’à la fin du mois aux banques du vieux continent pour produire des plans de résistance aux cyberattaques rendues possibles (ou amplifiées) par l’IA, selon des informations de Reuters.

La BCE exige des plans de crise

Les banques européennes doivent être en mesure de désactiver puis de redémarrer leurs systèmes de manière contrôlée, d’améliorer leurs dispositifs de sauvegarde et de reprise de l’activité après un incident, et de cartographier les prestataires tiers pour identifier les dépendances stratégiques. Francfort veut également que les banques européennes renforcent leur préparation face à des attaques menées par l’IA – l’idée étant que la reprise rapide est aussi importante que la prévention.

Les inquiétudes sont similaires de l’autre côté de la Manche. La Banque d’Angleterre a demandé aux grands représentants du secteur d’examiner leurs plans de reprise, de prévoir des systèmes de secours indépendants capables de redémarrer en cas de compromission des systèmes principaux, et d’utiliser l’IA de frontière pour repérer les vulnérabilités et d’accélérer le développement et la mise en œuvre des correctifs. Dans l’immédiat, le régulateur britannique ne veut pas produire de nouvelles exigences techniques, il préfère favoriser la collaboration.

Enfin, l’agence de presse rapporte qu’aux États-Unis, la Fed a demandé aux banques du pays de remonter leur usage des modèles d’IA, leur recours éventuel à des modèles chinois, leur utilisation d’agents IA dans la sécurité des systèmes et les limites imposées à ces mêmes agents, et leur capacité à surveiller des systèmes de plus en plus autonomes. Le régulateur américain réclame surtout de l’information, sans dire quoi faire aux banques pour le moment.

La prévention ne suffit plus

Les banques centrales craignent que l’IA rende les attaques informatiques contre le système financier plus rapides et plus difficiles à contenir. Par ailleurs, comme beaucoup d’autres entreprises, les banques adoptent cette technologie, parfois plus vite qu’elles ne mettent en place les contrôles et les garde-fous indispensables. Des agents IA peu ou pas supervisés, ou agissant de manière autonome, pourraient mettre un sacré souk dans l’édifice sécuritaire autour de l’IA dans le secteur bancaire.

Toutes ces précautions représentent un coût certain pour la maintenance des systèmes, mais elles n’en sont pas moins nécessaires pour éviter une catastrophe. Et, si cela devait malgré tout arriver, les banques doivent tenir le choc et pouvoir relancer les services essentiels.

Ces craintes ne sont pas que des vues de l’esprit. Depuis des mois, OpenAI et Anthropic tirent la sonnette d’alarme sur la dangerosité de leurs propres agents. Un discours de peur bien pratique pour faire mousser leurs futures valorisations boursières, mais qui repose aussi sur de vraies attaques d’agents contre des infrastructures et des sites web.

☕️ Linux Mint 27 « Adrien », basée sur Ubuntu 26.04, sera disponible à Noël

14 octobre 2026 à 08:21


Linux Mint est une distribution populaire. Basée uniquement sur les versions LTS (Long Term Support) d’Ubuntu, elle se distingue par un soin particulier porté à son interface, guidée par la philosophie de GNOME 2.X plutôt que par la branche 3. Dans son approche, elle rappelle donc plutôt KDE (dont on fête les 30 ans aujourd’hui), avec notamment une barre des tâches et un menu principal.

Dans un billet publié le 13 octobre, le développeur principal de Linux Mint, Clément Lefebvre, indique que la prochaine édition majeure se nomme « Adrien ». Cette version 27 sera basée pour la première fois sur Ubuntu 26.04, impliquant une modernisation de sa base, puisque l’actuelle mouture est fondée sur Ubuntu 24.04.

Le développeur indique qu’il s’agira de la première version à résulter du changement de rythme dans la parution de Mint, puisque le cycle du système est passé de 6 à 12 mois. « Je travaille sur Linux Mint depuis plus de 20 ans maintenant. Je ne pense pas avoir déjà vu autant de changements et de nouvelles fonctionnalités implémentés pour une seule version. C’est vraiment excitant et ça me fait un peu peur parce que cela signifie aussi que nous allons être très occupés pendant la phase bêta », indique Clément Lefebvre.

Linux Mint 22 selon Flock
Illustration : Flock

Il donne plusieurs informations intéressantes. D’abord, la date de sortie : Linux Mint 27 sortira à Noël. Ensuite, une explication sur le numéro de version. Pourquoi passer de 22.3 actuellement à 27 ? Justement parce que le cycle est désormais annuel et que Clément Lefebvre préfère que les nouvelles versions aient simplement le numéro de l’année à venir, donc 27 pour la mouture sortant à Noël.

Enfin, outre une nouvelle application pour les alarmes, Linux Mint 27 sera disponible « au moins » en éditions Cinnamon, Xfce et MATE. Aucun mot pour l’instant sur la prochaine LMDE (Linux Mint Debian Edition).

Clément Lefebvre signale au passage qu’il « se passe beaucoup de choses en coulisses », évoquant le travail sur trois autres projets nommés Superlight (moniteur système), Unfold (gestionnaire d’archives) et Velocitty (émulateur de terminal), qui seront détaillés courant novembre.

Patch Tuesday : Microsoft bat un nouveau record avec 1 411 failles corrigées

14 octobre 2026 à 07:12
Pas le temps d'attendre
Patch Tuesday : Microsoft bat un nouveau record avec 1 411 failles corrigées

Pour le cinquième mois consécutif, Microsoft bat son record de failles de sécurité corrigées dans ses produits. Le Patch Tuesday d’octobre vient ainsi colmater le nombre impressionnant de 1 411 vulnérabilités. Parmi elles, trois sont de type 0-day, dont une déjà exploitée.

Ce 13 octobre, Microsoft a publié des correctifs pour un nombre record de 1 411 failles, dont une activement exploitée et deux 0-day, c’est-à-dire dont les détails étaient déjà connus au moment de la publication de leur correctif. Parmi le lot global, 70 sont critiques : 57 exécutions de code à distance, 11 élévations de privilèges et 2 usurpations.

Ce chiffre de 1 411 failles est donné par Bleeping Computer. Il est d’autant plus impressionnant que nos confrères n’ont compté que les vulnérabilités effectivement corrigées par les mises à jour publiées mardi soir. Ils n’ont pas intégré les 348 failles corrigées plus tôt dans le mois, notamment dans Azure API Center, Azure App Service, Azure Event Grid, Azure SRE Agent, Mariner, Microsoft Bookings, Dataverse, Exchange Server et Partner Center.

Trois failles dangereuses, dont une déjà exploitée

Dans le lot, trois failles ressortent particulièrement. La plus importante est CVE-2026-96951 car elle est activement exploitée. Critique (score CVSS de 8,8 sur 10), elle peut être exploitée par injection de commande dans le Shell Windows, permettant alors de contourner la fonction de sécurité « Mark of the Web », qui marque la provenance internet apposée aux fichiers téléchargés. On ne sait pas qui a découvert la faille.

Vient ensuite CVE-2026-108398, une vulnérabilité de contournement des fonctionnalités de sécurité du .NET Framework. « Un chemin de recherche non fiable dans .NET Framework permet à un attaquant autorisé de contourner localement une fonctionnalité de sécurité », explique Microsoft. Plus précisément, l’exploitation permet le contournement du contrôle des applications de Windows Defender (WDAC) et donc de lancer des applications non autorisées, sans interaction utilisateur. La faille est critique, avec là aussi un score CVSS de 8,8, et a été découverte par James Forshaw du Project Zero de Google.

Enfin, CVE-2026-92707 est de niveau plus modéré, avec un score de 5,3. « Une allocation mémoire séquentielle mal contrôlée dans .NET permet à un attaquant non autorisé de refuser un service sur un réseau », indique Microsoft. L’éditeur ne précise pas en revanche qui l’a découverte.

Le nombre de failles critiques, la vulnérabilité déjà exploitée et les deux autres failles 0-day rendent l’installation des correctifs urgente. Il est chaudement recommandé de les appliquer aussi rapidement que possible, le processus réclamant un redémarrage de la machine.

L’IA tourne à plein régime

Comme les mois précédents, le déluge de correctifs est une conséquence directe de deux machineries lourdes mises en place par Microsoft plus tôt dans l’année. D’abord MDASH (Microsoft Security multi-model agentic scanning harness), son harnais multi-agents de détection et de remédiation de vulnérabilités, présenté en mai. Puis en juillet, ce fut au tour du projet Perception, se servant de MDASH, du modèle MAI-Cyber-1-Flash et d’autres modèles, Microsoft affirmant depuis être le maître dans la détection de failles.

L’éditeur revendique ainsi depuis plusieurs mois l’utilisation très intensive de l’IA pour détecter et corriger les failles, provoquant une explosion des correctifs chaque mois. Septembre avait déjà marqué les esprits, Microsoft frôlant le millier de correctifs, mais ce record est battu à plate couture en octobre, avec un écart d’environ 450 failles supplémentaires.

Ce mouvement n’est pas spécifique à Microsoft. On le retrouve également chez Apple et dans un nombre croissant de projets libres, à commencer par le noyau Linux lui-même. La gestation du noyau 7.3 est ainsi marquée par des Release Candidates plus volumineuses qu’habituellement, chacune corrigeant une longue liste de problèmes. Linus Torvalds himself se sert couramment de l’IA (Claude en l’occurrence) pour des correctifs et autres améliorations.

L’Europe veut rendre les lunettes connectées beaucoup moins discrètes

14 octobre 2026 à 06:27
Souriez, vous êtes filmés à votre insu
L’Europe veut rendre les lunettes connectées beaucoup moins discrètes

Ne pas interdire les lunettes connectées mais en encadrer très fermement les usages : c’est en substance la déclaration adoptée par le Comité européen de la protection des données. Le régulateur veut imposer davantage de transparence à ces appareils qui se fondent dans le décor, mais rappelle aussi que leurs porteurs engagent leur responsabilité.

Le Comité européen de la protection des données (EDPB) a adopté une déclaration sur les lunettes connectées de type Meta Ray-Ban. Ces appareils font couler beaucoup d’encre en raison des menaces qu’ils font peser sur la vie privée et de leur utilisation malveillante (les fameuses « pervert glasses »). Le régulateur liste un certain nombre de recommandations pour les constructeurs, mais aussi pour les utilisateurs qui doivent prendre leur responsabilité.

Lorsque l’usage dépasse le cadre strictement personnel, ils peuvent eux-mêmes être soumis aux obligations du RGPD. Ce qui signifie informer clairement et explicitement les personnes alentour lors de l’utilisation de leurs montures, en particulier quand elles enregistrent de la vidéo et du son.

« Les utilisateurs de lunettes connectées devraient toujours veiller à respecter la vie privée et la dignité des autres personnes, et à ne pas entreprendre avec leurs lunettes connectées d’actions susceptibles de leur porter préjudice. Informer explicitement les autres personnes de l’utilisation de lunettes connectées est pertinent à cet égard. »

C’est d’autant plus nécessaire dans « certains contextes », comme dans des établissements de santé, des vestiaires, des piscines, des plages, des toilettes, ou encore là où se trouvent des mineurs. L’EDPB relève aussi que l’utilisation de lunettes connectées sur le lieu de travail peut « soulever des préoccupations concernant la surveillance des employés et la confidentialité des informations de l’organisation, y compris les secrets d’affaires et la propriété intellectuelle. »

Des voyants pas si visibles

Tout traitement de données personnelles entrant dans le champ du RGPD doit reposer sur une base légale valable. Le consentement en fait partie, en particulier quand le droit à l’image est en jeu (l’usage strictement personnel reste, lui, en principe hors du champ du RGPD). Recueillir ce consentement est plus facile à dire qu’à faire, surtout avec des appareils qui savent se fondre dans le décor. C’est pourquoi l’EDPB insiste aussi sur la responsabilité des constructeurs et des fournisseurs de services associés et ce, dès la conception de leurs produits.

« [Les fabricants] devraient envisager de combiner un large éventail de mécanismes de transparence lors de la conception et du développement de lunettes connectées, y compris des mesures qui assurent par défaut une transparence immédiate, au moment même où le traitement a lieu, ainsi que la fourniture des informations requises par le RGPD. »

Concrètement, le Comité évoque des indicateurs visuels et sonores. On connait la diode LED des lunettes Meta qui s’active lors de l’enregistrement vidéo, cela pourrait être un signal audio au moment d’une prise de photo ou des notifications de proximité sur les smartphones. Mais attention : « il est nécessaire de s’assurer [que ces mesures techniques] soient efficaces, impossibles ou difficiles à contourner, et mises à jour chaque fois que nécessaire. »

L’EDPB relève aussi le peu d’efficacité de la loupiote, qui peut être « difficile, voire impossible » à percevoir pour les personnes malvoyantes. Elle peut aussi être confondue avec un reflet ou un éclat de soleil.

Une simple LED ne suffit pas pour la transparence

Alors que les technologies de plus en plus miniaturisées permettent de créer des lunettes connectées ressemblant comme deux gouttes d’eau à des montures classiques, le Comité européen plaide pour l’inverse. « D’autres éléments dans la conception des lunettes pourraient être envisagés afin d’aider les non-utilisateurs à distinguer les lunettes connectées des lunettes ordinaires », explique-t-il.

Parmi les autres mesures que les constructeurs devraient mettre en œuvre, l’EDPB suggère une limitation de l’enregistrement en continu, la réduction des durées de conservation, le floutage ou l’anonymisation des personnes alentour, le traitement direct sur l’appareil quand c’est possible, la désactivation par défaut du stockage persistant quand il n’est pas nécessaire, voire des restrictions géographiques dans les lieux sensibles.

Enfin, l’EDPB appelle au développement de standards communs à l’industrie et à des campagnes de sensibilisation, afin que le grand public puisse identifier ces appareils et « comprendre quel type de traitement de données peut avoir lieu dans différentes situations. »

L’EDPB est un organisme indépendant créé en 2018 qui regroupe les autorités nationales de protection des données des pays de l’Espace économique européen. Il veille à l’application cohérente du RGPD dans les pays de l’EEE. Ses recommandations n’ont pas force de loi, mais elles orientent l’interprétation du règlement par les autorités de protection des données et peuvent aussi éclairer la Commission européenne. La problématique des lunettes connectées a provoqué pas mal de remous en Europe ces derniers mois, d’une interdiction temporaire en Norvège à une campagne de publicité négative très agressive au Royaume-Uni.

Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

14 octobre 2026 à 05:42
L'anarchie devient laboratoire
Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

Xbox prend la vague des portages de jeux infusés à l’IA en lançant un nouveau labo chargé d’explorer ces technologies qui bousculent déjà l’industrie du jeu vidéo.

L’émergence des nouvelles techniques de décompilation, de recompilation et de mash-ups de jeux rendus possibles par l’IA générative n’a pas laissé Xbox indifférent. Le consolier voit ici non pas une menace, mais une opportunité d’expérimenter des technologies qui font exploser les limites des jeux vidéo, en faisant tourner des titres nativement sur des systèmes normalement incompatibles, ou en combinant des univers qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

Au-delà de la question épineuse de la propriété intellectuelle, tout cela demeure très anarchique avec des résultats parfois bizarres qui font enrager les historiques de la scène du modding et du rétro-gaming, assez légitimement d’ailleurs. Eux qui ont passé des années à suer sang et eau pour comprendre les moindres détails du code source des jeux, l’IA y parvient sans broncher et en claquant des doigts ou presque. La décompilation de code par IA est d’ailleurs une problématique que l’on retrouve pour tous les logiciels.

Observer le chaos de près

Xbox ne veut pas laisser passer le train, et vient donc de lancer une nouvelle structure, Xbox Labs, qui regroupe « un petit groupe de créateurs de jeux, d’ingénieurs et de scientifiques dont le rôle est de transformer les idées émergentes en expériences concrètes pour nos joueurs et nos développeurs », explique Asha Sharma, la directrice générale de la division de Microsoft.

« Ces dernières semaines, nous avons vu des jeux rapidement décompilés puis reconstruits pour fonctionner sur du matériel pour lequel ils n’avaient jamais été conçus à l’origine », explique-t-elle. « Des versions Windows PC ont été traduites pour tourner sur Apple Silicon », comme par exemple ce portage natif de la version Windows (x86) d’Alan Wake 2 sur un Mac M3 Ultra (Arm) réalisé par Gemini 4 Argon. On voit aussi des jeux tourner dans des navigateurs web, à l’image du premier Halo. « Plus surprenant peut-être, nous avons vu nombre des plus grands jeux au monde être remixés dans le code source d’un autre. »

Pour Asha Sharma, cette effervescence et ces expérimentations sauvages « remettent en cause des idées longtemps tenues pour acquises dans notre industrie : le lien entre logiciel et matériel, la frontière entre création et jeu, et la façon dont les gens découvrent et vivent les jeux. »

Le diagnostic est correct, mais le rôle des Xbox Labs dans tout ça reste très flou pour le moment, et le site web ne permet que de s’enregistrer dans la mailing list. « Nous construirons ouvertement, apprendrons de ce que les gens font, et mesurerons notre réussite à l’aune du nombre croissant de personnes qui jouent et créent », indique-t-elle.

On pourrait imaginer que Xbox ferme les yeux sur l’exploitation sauvage de ses franchises, et pourquoi pas facilite la vie des « créateurs » en fournissant du code source. Pour la dirigeante, il est facile d’entrevoir « tout le potentiel qu’il y a à rendre les grands jeux plus accessibles, à donner une nouvelle vie aux anciens titres et à permettre à davantage de joueurs de devenir créateurs et cocréateurs. » Tout cela, ce sont « indéniablement » de bonnes nouvelles, même si elles remettent en question les modèles économiques existants « et parfois précisément parce qu’elles le font. »

NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

13 octobre 2026 à 16:23
L'IA sur ordonnance
NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

Doctolib, déjà très impliqué dans le développement d’outils basés sur l’IA, appuie encore sur le champignon grâce à un investissement de NVIDIA. Le géant américain prend une participation minoritaire au capital de la plateforme française.

Aucun chiffre n’a été révélé dans la communication de Doctolib, mais cet investissement du mastodonte de l’IA va au delà du symbole même si les sommes en jeu sont une goutte d’eau pour les finances de NVIDIA. Il s’agit en effet « d’accélérer nos recrutements et nos développements IA », déclare Stanislas Niox-Chateau, le cofondateur et directeur général de la plateforme. Elle aura aussi accès aux experts de NVIDIA qui épauleront « la centaine de scientifiques, ingénieurs et designers » qui développent ces solutions IA.

Doctolib utilise les technologies NVIDIA depuis un an pour concevoir ses propres modèles IA « avec le plus haut standard de précision médicale ». Ils sont utilisés dans les agents IA proposés par l’entreprise aux soignants « pour les aider à mieux soigner ».

Une piqûre de NVIDIA

L’assistant de consultation, qui s’appuie sur un modèle de reconnaissance de la parole spécialisé dans la langue française et le vocabulaire médical, a documenté plus de 12 millions de consultations. Des assistants IA spécialisés dans la facturation, le secrétariat, la gestion documentaire et la codification, sont également disponibles pour les professionnels de la santé.

Cet investissement de NVIDIA permettra d’étendre la disponibilité de l’assistant IA personnel des patients. Testé actuellement par 400 000 Français, il sera proposé à tous les utilisateurs en 2027.

Voir NVIDIA investir directement dans Doctolib peut soulever des craintes concernant la souveraineté et la gestion des données. Au mois de juin, la plateforme nous avait assuré qu’elle ne livrait pas les informations de ses utilisateurs aux grands acteurs américains de l’IA. En juillet, elle amorçait la pompe de ces mêmes données pour ses recherches en IA, sans demander de consentement.

Ces problématiques – de souveraineté en particulier – et les controverses qui s’en sont suivies ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Doctolib précise ainsi que l’argent de NVIDIA va servir à accélérer le développement de modèles à poids ouverts et open source, « et investir encore davantage dans les infrastructures européennes qui les font fonctionner. »

Un investissement symbolique ?

D’après le Figaro, la prise de participation de NVIDIA se ferait à hauteur de quelques millions d’euros, une entrée au capital symbolique si l’on compte que Doctolib était valorisée aux alentours de 3,6 milliards d’euros en avril dernier.

L’annonce a été faite par Jensen Huang, de passage à Paris mardi 13 octobre, avant la conférence GTC de Berlin dont il donnera le coup d’envoi le 21 octobre prochain.

Mise à jour 20 h — Il n’y a pas que Doctolib. Entalpic, Genesis AI et Pigment vont eux aussi bénéficier d’un coup de pouce financier de NVIDIA. Entalpic développe des matériaux avancés pour les semi-conducteurs, Genesis AI conçoit des robots dopés à l’IA, et Pigment a créé une plateforme de planification pour les entreprises.

Elon Musk est devenu le plus gros donateur républicain de l’histoire des États-Unis

13 octobre 2026 à 15:07
Money must be funny
Elon Musk est devenu le plus gros donateur républicain de l’histoire des États-Unis

En amont des élections de mi-mandat qui doivent se tenir en novembre aux États-Unis, Elon Musk a déjà donné plus d’argent au parti républicain que pendant la campagne de l’élection présidentielle de 2024.

267 millions de dollars, c’est le montant déversé à bas bruit par Elon Musk dans divers groupes Républicains et dans son super PAC (comité d’action politique) depuis le mois de juin.

De même qu’en amont de l’élection présidentielle qui s’est tenue aux États-Unis en novembre 2024, l’homme le plus riche du monde utilise sa fortune pour influencer les élections de mi-mandat qui se tiendront dans quelques semaines dans le pays, qui a Donald Trump à sa tête pour la deuxième fois.

Dans le détail, le patron de SpaceX a versé 159 millions de dollars au Senate Leadership Fund, le principal Super PAC de soutien aux candidats républicains du Sénat local. À elle seule, cette opération représente la plus grosse donation politique de l’histoire des États-Unis, indique le New-York Times. Mais Elon Musk a aussi mobilisé l’America PAC, qu’il avait créé en 2024.

Si l’on étudie ses donations sur une année calendaire, alors Elon Musk a déjà donné 366 millions de dollars pour favoriser des politiques, républicaines, soit plus que les 290 millions de dollars versés pour la dernière élection présidentielle.

Un avantage financier net sur le camp démocrate

Cet été, le multimilliardaire avait donné plus de 76 millions de dollars à son America PAC. Cet argent a servi à financer la diffusion du programme républicain à travers le pays, pour parvenir à toucher de potentiels électeurs difficiles à atteindre. L’organisation politique est directement active dans sept batailles sénatoriales, et dans plus d’une trentaine d’autres pour des sièges à la Chambre des représentants (équivalent de l’Assemblée nationale au sein du Congrès des États-Unis).

Face à ce flot d’argent, aucun milliardaire soutien du camp démocrate ne dépense autant. En termes strictement financiers, donc, le parti républicain jouit d’un avantage certain. Et ce, quand bien même Elon Musk avait annoncé qu’il serait nettement moins présent dans la politique des États-Unis en mai 2025, à l’issue de son expérience du DOGE, cet éphémère « ministère de l’efficacité gouvernementale ».

Si cette époque s’était soldée par de nettes frictions entre lui et Donald Trump, leurs relations se sont visiblement suffisamment réchauffées pour qu’il finance les fonds pré-cités, ainsi qu’une série d’autres organisations comme le Congressional Leadership Fund (dédié aux élections au sein de la Chambre des représentants), le Lone Star Liberty PAC (qui soutient le candidat républicain texan au Sénat), et quelques autres.

Focalisation texane

Certains sujets très liés à ses activités sont devenus le cœur de débats politiques dans diverses régions des États-Unis. C’est notamment le cas des centres de données, dont les plus gros sont accusés d’accélérer la pollution et de tirer à la hausse le prix de l’électricité par les riverains. En la matière, SpaceXAI s’est notamment illustrée en lançant la construction rapide de Colossus et Colossus 2, deux supercalculateurs dédiés à alimenter le robot Grok, dont une large partie de l’énergie est tirée de turbines à gaz.

Certains sondages donnent même le candidat démocrate gagnant au Texas, État historiquement très républicain, et où Elon Musk a déplacé en 2024 le siège social des ses entreprises avant de s’arranger pour transformer le site de SpaceX à Boca Chica en ville à part entière.

Sur place, l’homme le plus riche du monde a donc directement financé l’impression et la distribution de tracts dans des milliers de foyers dont le message interroge par exemple : « Des Démocrates radicaux socialistes gagnent les élections partout en Amérique. Le Texas sera-t-il le prochain ? » À ce tractage, s’ajoute le financement d’actions de mailings, d’appels téléphoniques ou de SMS politiques, dont le contenu s’attelle le plus généralement à diminuer le camp démocrate. De tels efforts centralisés sur un seul État, dans une campagne de mi-mandat, sont relativement inhabituels, souligne le New York Times. Habituellement, les candidats locaux recourent plus simplement à des publicités télévisées.

Sur place, les financements de Musk se distinguent par ailleurs par leur focalisation sur des habitants conservateurs susceptibles de passer leur tour le jour du vote, plutôt que sur des électeurs indécis. Pour toucher ces personnes, l’entrepreneur impose à ses troupes de mobiliser toute une rhétorique antitrans. L’une des filles d’Elon Musk est elle-même trans, et a pris publiquement la parole sur leurs oppositions personnelles et politiques, tandis que son père a laissé entendre que la transition de son enfant avait joué un rôle dans son implication grandissante dans les affaires politiques.

Par rapport aux années récentes, l’activisme politique d’Elon Musk a muté. En privé comme en public – notamment sur X, où il n’a mentionné le sujet qu’une poignée de fois dans les dernières semaines –, il semble aborder beaucoup moins fréquemment le sujet qu’il ne le faisait en amont de l’élection présidentielle. Pour autant, les montants publiquement connus de ses donations montrent qu’il reste impliqué. Les 276 millions de dollars dépensés ces derniers mois ne sont que la face émergée d’un iceberg plus vaste : par l’intermédiaire de groupes qui n’ont pas l’obligation de faire la transparence sur la source de leurs financements, Musk aurait fait des donations de l’ordre du million de dollars à destination de certains candidats.

Apple laisse son nouvel écran connecté HomeView à la porte de l’UE

13 octobre 2026 à 14:49
Pas de maison connectée pour les Européens
Apple laisse son nouvel écran connecté HomeView à la porte de l’UE

Apple lance sa nouvelle offensive pour la maison connectée. Apple TV, HomePod mini, gamme d’objets connectés, et surtout un appareil complètement inédit dans la gamme du constructeur, le HomeView, tour de contrôle de tout ce petit bazar… Hélas, cet écran connecté ne sera pas commercialisé dans l’Union européenne.

La rumeur disait donc vrai depuis des mois, voire des années : Apple mitonnait bien un écran connecté à poser sur le comptoir de la cuisine, la table de nuit ou encore à poser au mur. Le HomeView ressemble à une combinaison d’Apple Watch avec un iPad : c’est un écran carré de 6,98 pouces (1 088 x 1 088, 220 ppi).

Image : Apple

L’appareil embarque un système True Tone, qui ajuste la température de couleur de l’écran selon la luminosité de la pièce. Il est doté d’une luminosité de 500 nits maximum et de 0,3 nit minimum (une précision utile pour ceux qui l’installeront dans la chambre).

Le petit tableau de bord de la maison

Un capteur photo de 12 mégapixels avec fonction de Cadre centré – elle « suit » les mouvements de l’utilisateur –, secondée par quatre micros seront utiles pour les appels vidéo FaceTime. La caméra est également capable de reconnaissance faciale et les micros de reconnaissance vocale : chaque membre du foyer pourra ainsi être identifié par l’appareil. Ce dernier affichera alors les informations personnelles de chacun, ainsi que leurs interfaces (jusqu’à 6 comptes iCloud pris en charge).

Image : Apple

L’engin fonctionne avec une puce A18, a priori la même que dans l’iPhone 16 (restons prudents, il arrive qu’Apple module le nombre de cœurs GPU en fonction du produit). L’interface ressemble un peu aux cadrans de l’Apple Watch, avec de nombreuses possibilités de personnalisation. Pas d’App Store pour le HomeView, mais une batterie d’apps maison : FaceTime évidemment, mais aussi Messages et Safari.

Une poignée d’apps tierces seront tout de même disponibles, comme Spotify. Apple a fait un choix intéressant : les apps compatibles CarPlay pourront s’afficher sur le HomeView. Le constructeur veut surtout faire de cet appareil la démonstration des capacités de Siri AI… pour peu que chaque habitant de la maison possède un iPhone ou un iPad compatible. L’appareil est tout de même capable d’utiliser l’assistant en solo pour répondre à des questions sur l’actualité et la découverte musicale.

Image : Apple

Cet écran se décline en deux versions : la première avec une base qui lui donne un petit air d’iMac « tournesol », il est même possible d’ajuster l’angle de la dalle. Si l’appareil embarque son propre système audio (deux haut-parleurs), la base améliore la qualité audio en y ajoutant des basses plus imposantes. La seconde permet de l’accrocher à un mur, mais Apple n’a pas jugé nécessaire d’inclure le système d’accrochage, qui est donc vendu séparément. Les prix des fixations vont de 59,95 à 129,95 dollars tout de même. De plus, le HomeView ne peut même pas être utilisé comme petite tablette puisqu’il doit être branché à une prise électrique.

Dans les deux cas, le prix est le même : 299 dollars. Pas la peine de faire chauffer la carte bancaire tout de suite : non seulement la commercialisation ne débutera qu’à partir du 13 novembre (les précommandes débutent aujourd’hui), mais surtout le HomeView ne sera pas disponible dans l’Union européenne.

L’entreprise est toujours aux prises avec la Commission européenne sur le cas Siri AI ; « Apple collabore activement avec l’UE pour tenter de trouver une solution », explique-t-elle dans un communiqué perfidement traduit et publié sur son site français.

Les Apple TV et HomePod flambent

Qui dit maison connectée, dit accessoires en tout genre. Avec l’« Apple Home Collection », le constructeur lance une série de produits domotiques : caméras d’intérieur et d’extérieur, thermostats, sonnettes vidéo, serrures, capteur d’humidité. Ce ne sont cependant pas des appareils avec un logo de pomme au dos : l’entreprise a préféré faire appel à des partenaires pour les fabriquer, en l’occurrence LG et Schneider Electric.

Image : Apple

Tous ces produits prennent en charge le protocole réseau basse consommation Thread ainsi que la plateforme Matter, et fonctionnent évidemment main dans la main avec Siri. La disponibilité de ces accessoires débutera en décembre, du moins aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. L’UE est encore exclue de la fête.

Apple profite de l’occasion pour dévoiler de nouveaux Apple TV et HomePod mini qui ont chacun la même particularité amusante : ils sont hors de prix. La box de streaming est désormais proposée à 349 euros, soit 50 euros de plus que le précédent modèle – qui avait pris 110 euros (!) dans la vue au mois de juin. La version 64 Go a disparu du catalogue, ce qui aurait permis de réduire un peu le feu de la facture.

Pour ce prix, le boîtier intègre 128 Go de stockage, une puce A19 (celle qui motorise l’iPhone 17), le support du Wi-Fi 7 et du Bluetooth 6, et on peut aussi y brancher jusqu’à 4 HomePod. Apple met surtout en avant Siri AI (ce qui implique au moins 8 Go de RAM)… qui n’est pas disponible dans l’UE. Sur le vieux continent, il faudra se contenter de Siri tout court.

À l’instar de l’Apple TV, le HomePod mini 2 reprend lui aussi le design de son prédécesseur, mais pas son prix : la petite boule audio coûte désormais 169 euros, soit 30 euros de plus qu’auparavant. L’appareil intègre une puce S10, une nouvelle fonction d’illumination sonore qui s’anime au rythme de la musique, et peut surtout faire office de haut-parleur par défaut pour un Mac (l’enceinte peut déjà diffuser du son depuis un Mac en passant par AirPlay).

Arrêt d’une offre gratuite MS 365 pour associations : Watertrek a perdu 600 Go de données

13 octobre 2026 à 14:25
Oups !
Arrêt d’une offre gratuite MS 365 pour associations : Watertrek a perdu 600 Go de données

Microsoft a arrêté brutalement l’accès à 365 Business Premium et Office 365 E1 qu’elle proposait gratuitement aux organismes sans but lucratif. L’association française Watertrek a mis en demeure l’entreprise : elle a perdu 600 Go de données qui y étaient stockées alors que sa licence courait jusqu’au 18 octobre 2029.

En mai 2025, Microsoft a annoncé l’arrêt de son offre « philanthropique » permettant à des organismes sans but lucratif l’accès gratuit aux offres MS 365 Business Premium et Office 365 E1 sans préciser, au moins dans son premier message, les modalités et dates relatives à cette décision. Comme d’autres organismes, début juin 2026, l’association française Watertrek a perdu suite à cette interruption plusieurs centaines de gigaoctets de données. Après avoir mis en demeure la filiale française de la multinationale au mois d’août, elle n’a toujours pas récupéré ses données.

Comme nous l’expliquions déjà au mois d’août, Microsoft avait affirmé mettre fin à cette offre « afin de rationaliser [son] offre d’aides et de simplifier [son] portefeuille d’aides ». Elle en profitait pour pousser ces organisations à passer à d’autres offres, notamment MS 365 Business Basic pour laquelle elle promettait d’offrir 300 licences. Mais la communication de l’entreprise a laissé des associations dans le flou. Et des données ont même été supprimées alors que l’abonnement a bien été renouvelé.

L’association française Watertrek, qui « œuvre à la protection de l’eau et des écosystèmes aquatiques », affirme à Next être dans ce cas, avec plus de 600 Go de données perdues dans la manœuvre.

Une perte brutale des données alors que la licence n’est pas arrivée à expiration

En juin dernier, l’association a brutalement perdu accès à son environnement Microsoft 365 suite à la décision de l’entreprise d’arrêter son offre. Si elle avait annoncé publiquement que cette offre s’arrêtait, Microsoft n’a pas prévu la gestion des licences encore actives.


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Le marché des smartphones recule lui aussi de 20 % au troisième trimestre

13 octobre 2026 à 14:03
Les smartphones, ces PC comme les autres
Le marché des smartphones recule lui aussi de 20 % au troisième trimestre

Quelques jours après les chiffres sur le marché des PC, ceux des smartphones révèlent une réalité quasi identique : un fort recul, entrainé largement par la hausse spectaculaire des prix de la mémoire vive.

Le 9 octobre, nous indiquions que le marché des PC avait plongé de 20 %, chiffre que l’on retrouvait chez plusieurs cabinets d’analyse, dont IDC et Omdia (anciennement Canalys). Ce chiffre correspondait au recul des expéditions mondiales, comparé à celui du troisième trimestre 2025. Ce recul brutal était expliqué en grande partie par le prix de la RAM et, dans une moindre mesure, par celui de la NAND (utilisée dans les SSD). Selon Omdia, le prix du duo RAM-NAND représente 40 % de celui d’un PC neuf en moyenne, contre 15 % un an plus tôt.

PC, smartphones, même combat

Sans trop de surprise, la situation est identique pour les smartphones. Les chiffres publiés par Counterpoint montrent la même ampleur : le troisième trimestre a enregistré une chute de 20 % des expéditions mondiales par rapport au même trimestre l’année dernière. Le cabinet d’analyse met amplement en avant les tarifs de la RAM comme facteur principal, avec à la clé une augmentation moyenne de 20 % des prix des smartphones depuis le début.

La situation est semblable sur d’autres points. Sur le marché PC, cette dégringolade n’a entraîné aucun remaniement dans le classement des plus gros constructeurs. Il en va de même pour les smartphones, Samsung restant en première place avec 23 % de parts de marché, Apple étant juste derrière avec 22 %. Les deux entreprises ont perdu des plumes, mais moins que leurs concurrents. Xiaomi, par exemple, chute lourdement avec une baisse de plus de 30 % sur un an.

Pour Apple, les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises, car c’est la première fois que la société de Cupertino dépasse la barre des 20 % à l’échelle mondiale sur un troisième trimestre. Deux raisons sont avancées par Counterpoint. D’abord, l’absence d’iPhone 18 non Pro, se traduisant par des approvisionnements moindres des distributeurs et donc des livraisons moindres. Ensuite, la hausse des prix n’est arrivée qu’en fin de trimestre. Les iPhone 18 Pro et Pro Max ayant connu un meilleur démarrage que leurs prédécesseurs (surtout en Chine), Apple arrive à s’en sortir.

Counterpoint confirme également que le haut de gamme s’en sort mieux que l’entrée et le milieu de gamme. En aout dernier, nous indiquions déjà que la crise de la mémoire plombait ces segments. À eux seuls, la RAM et la NAND peuvent représenter les deux tiers du prix d’un appareil, privilégiant les constructeurs ayant investi le secteur premium, dont Samsung et Apple.

Horizon bouché

Peut-on apercevoir une embellie à l’horizon ? Pas vraiment. Si l’on en croit Trendforce, le marché de la NAND pourrait commencer à entrevoir une petite amélioration durant le second semestre 2027, mais celui de la RAM restera très tendu jusqu’à nouvel ordre.

Les habitudes de la clientèle évoluent également, selon Counterpoint : « Les consommateurs conservent leurs appareils plus longtemps que prévu, envisageant de plus en plus les appareils reconditionnés et privilégiant les appareils de plus grande valeur, tandis que les fabricants ajustent leurs portefeuilles, leurs prix et leurs stratégies de marché pour protéger leur rentabilité ».

Mais le cabinet est pessimiste sur la suite pour l’instant : « Une reprise significative des volumes globaux est peu probable tant que les coûts des composants et les conditions d’approvisionnement ne s’amélioreront pas ».

Chiffrement classique contre post-quantique : le match des performances

13 octobre 2026 à 12:49
ChaCha20 continue de ronronner dans WireGuard
Chiffrement classique contre post-quantique : le match des performances

Vous entendez régulièrement parler de chiffrement symétrique (AES), asymétrique (RSA) et d’algorithmes post-quantiques sans trop comprendre de quoi il s’agit ni les enjeux ? Next vous propose de comparer les usages et performances de ces algorithmes de chiffrement, dont certains résistent aux ordinateurs quantiques.

Le monde de la cybersécurité se prépare depuis des années à l’arrivée d’une grosse révolution : le supercalculateur quantique, du moins la version avec suffisamment de qubits et de portes quantiques pour effectuer suffisamment de calculs pour rebattre les cartes de la cybersécurité. Ce n’est pas que théorique, l’algorithme pour « casser » RSA et X25519 existe déjà : Shor.

En effet, la promesse de l’ordinateur quantique est de casser l’algorithme de chiffrement asymétrique RSA. Avec les algorithmes symétriques comme AES en revanche, il suffira de doubler la taille de la clé pour rester au même niveau de sécurité. On parle de chiffrement asymétrique quand une clé permet de chiffrer et une autre de déchiffrer, et de chiffrement symétrique lorsque c’est la même clé pour les deux opérations.

L’enjeu est important : RSA est largement utilisé pour protéger les communications sur Internet. Depuis des années, la solution de remplacement existe avec des algorithmes dits « post-quantiques », capables de résister à de telles machines. C’est le cas de CRYSTALS-Kyber (ou Kyber tout simplement) sélectionné par le NIST américain en 2022 et normalisé en 2024 sous le nom ML-KEM (FIPS 203).

Mais dans la pratique, quelles différences entre AES, RSA et ML-KEM ? Next vous explique, benchmark à l’appui, les enjeux autour des tailles de clés et de messages chiffrés, des performances des algorithmes et leur résistance aux attaques. Au passage, nous étudierons aussi deux autres algorithmes dont vous avez peut-être entendu parler : ChaCha20-Poly1305 et X25519 (sur une courbe elliptique).

On chiffre un message avec AES, ChaCha20, RSA et Kyber : qui gagne ?

Pour commencer, voici un tableau récapitulatif de la taille des clés et du message, ainsi que la vitesse de traitement de cinq grandes familles d’algorithmes (avec différentes tailles de clés) : AES (CCM et GCM), ChaCha20-Poly1305, X25519, RSA et ML-KEM.

Pour ces premiers résultats, nous avons chiffré un petit message de 8 octets seulement « next ftw » :


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☕️ [màj] Donald Trump renonce à la diffusion de l’exécution d’un condamné à mort

15 octobre 2026 à 15:07


Mise à jour 15/10 – Finalement, une petite lueur d’humanité à la Maison-Blanche. Donald Trump a déclaré sur son réseau social que l’exécution de Nidal Malik Hasan ne sera pas diffusée en direct. « Je pense que diffuser l’exécution en direct, à la vue de tous, aurait pu avoir un puissant effet dissuasif en montrant au monde comment l’Amérique traite les terroristes et les ORDURES comme Hasan », écrit-il dans son style habituel. « Mais beaucoup de personnes bien intentionnées préféreraient ne pas le regarder mourir (…). Il mourra, comme prévu, fusillé par un peloton d’exécution, mais cet événement ne sera pas diffusé en direct », indique-t-il.

Article original, 13/10 – Le 3 décembre, Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé à Fort Hood. C’est le résultat d’une condamnation après que ce dernier a assassiné 13 personnes sur les lieux, en 2009. Approuvée début octobre par la Maison-Blanche, une telle mise à mort par un peloton d’exécution serait une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le 8 octobre, le Pentagone a par ailleurs annoncé que cette exécution serait publique, c’est-à-dire filmée et diffusée en direct. D’après le New-York Times, une telle publicité « n’a pas été mise en place aux États-Unis depuis près d’un siècle ».

Les réactions ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. L’ONU a déclaré qu’un tel projet relevait de la torture, son porte-parole déclarant la perspective « qu’un gouvernement exécute quelqu’un en public, devant des caméras en direct » de « franchement odieuse ».

Le ministre de l’Environnement australien a qualifié le projet d’ « immonde » – il a globalement été suivi par tous les bords politiques –, tandis que le commissaire à la sécurité numérique locale a déclaré que les « services numériques avaient la responsabilité de protéger les utilisateurs des contenus dangereux, en vertu des réglementations australiennes relatives à la sécurité en ligne ».

Illustration : Flock

Dans une même logique, l’Union européenne a averti les plateformes numériques : à elles d’appliquer « avec diligence leurs propres règles d’utilisation », a indiqué le porte-parole de la Commission Thomas Regnier.

Et de souligner que Meta « interdit explicitement la diffusion en direct des exécutions capitales », tandis que « X et TikTok interdisent les contenus choquants ou faisant l’apologie de la violence ». Citant le Règlement sur les services numériques, il a rappelé l’existence de « règles claires » en Europe, qui lui permettraient d’éviter la diffusion d’une exécution si les plateformes ne la limitaient pas d’elles-mêmes.

Plusieurs chefs religieux ont aussi pris la parole, du pape Léon XIV, qui condamne la peine de mort, à l’archevêque de l’armée états-unienne, qui a appelé les soldats catholiques à refuser de participer au peloton d’exécution, dans la mesure où la peine de mort est contraire à leurs enseignements religieux.

Devant cette levée de boucliers, le vice-président JD Vance a exprimé des doutes sur la probabilité que l’exécution soit effectivement diffusée en direct et en ligne. Donald Trump lui-même, après avoir clairement « approuvé » le projet devant les médias, a finalement déclaré qu’il « prendrait une décision » sur le sujet, dans un futur indéterminé.

☕️ No Man’s Sky va débarquer sur iPhone et iPad

13 octobre 2026 à 10:32


Le studio Hello Games est connu pour l’une des plus belles « remontadas » du jeu vidéo. No Man’s Sky, à sa sortie il y a dix ans, était bien loin des promesses faites pendant son développement, notamment par le fondateur et patron de l’entreprise, Sean Murray. Hello Games n’a cependant pas lâché l’affaire : le titre a accumulé des dizaines de mises à jour de contenu gratuites. Aujourd’hui, les annonces sur X sont souvent suivies de plaisanteries par des joueurs « suppliant » Sean Murray de les laisser payer pour du contenu.

Le titre s’est également fait un nom en sortant sur de nombreux supports : Windows d’abord, puis macOS et finalement toutes les consoles. Sur Linux, le jeu fonctionne via Proton. Et voilà que le studio veut franchir une nouvelle étape : porter le jeu sur iOS.

Dans sa vidéo d’annonce, Sean Murray indique que l’idée est venue d’abord sous forme de défi technique, comme pour les portages en réalité virtuelle et sur la première Switch. Sur iOS, le jeu serait maintenu sous la barre des 4 Go et aurait un impact limité sur l’autonomie (ce qui reste bien sûr à confirmer).

Il y aura toutefois des limitations. Certes le jeu embarquera l’ensemble des contenus déjà disponibles sur les autres plateformes (y compris la construction des corvettes), mais il sera dépourvu de multijoueur. En outre, les colonies planétaires ne seront disponibles que sur les iPhone 15 Pro ou des modèles plus récents. Pour le reste, le jeu réclame iOS ou iPadOS 26 avec une puce A12 au moins. Côté smartphones, cela correspond à l’iPhone 11.

Le jeu sera disponible le 29 octobre pour 19,99 dollars, accompagné d’une démo jouable. La fiche sur l’App Store permet de le réserver, l’achat se faisant a priori sous forme in-app depuis la démo. Le titre est également mis à l’honneur par Apple dans le communiqué de lancement de son Indie Game Week.

Epic Games reporte son jeu Disney et bascule en mode « AI first »

13 octobre 2026 à 09:47
« Survivre »
Epic Games reporte son jeu Disney et bascule en mode « AI first »

Epic Games travaillait sur un jeu de tir réunissant des personnages des univers Marvel et Star Wars, mais le titre n’a désormais plus de date de sortie. Parallèlement, les développeurs du titre auraient reçu pour consigne d’utiliser désormais l’IA pour l’ensemble du code et des visuels.

La coopération entre Epic Games et Disney devait accoucher d’un jeu de tir en mars 2027. Selon Bloomberg, ce titre aurait accumulé un retard significatif, au point de ne plus avoir de date de sortie. Si ce retard fait désormais autant parler, c’est pour la réponse d’Epic Games à ce problème : laisser faire l’IA autant que possible.

Epic Games confirme

Selon nos confrères, les développeurs auraient reçu de nouvelles consignes. La principale serait de laisser l’écriture du code et la production des visuels à des outils comme Claude (Anthropic), les développeurs étant alors chargés d’encadrer et d’orienter le contenu fourni par les LLM. Une partie du personnel s’interrogerait sur la manière dont les erreurs de l’IA seront corrigées et douterait de la réussite de l’initiative, ajoute Bloomberg.

Sans aller dans les détails, Epic Games a confirmé ce passage renforcé à l’IA. Jake Jones, directeur de la communication, a ainsi déclaré que l’entreprise adoptait effectivement un développement accéléré par l’IA, piloté par ses propres développeurs.

Tim Sweeney en personne, fondateur et dirigeant du studio, a réagi sur X à ce sujet :

« Nous effectuons un virage stratégique majeur ici chez Epic, en réorganisant les développeurs pour les réorienter vers une accélération maximale de l’IA. L’objectif n’est pas de faire les mêmes choses avec moins de personnes, mais de permettre à tout le monde ici de construire PLUS et MIEUX de choses, et d’apporter ces avantages à toutes les équipes utilisant Unreal »

Disney, en revanche, n’a pas commenté.

Une conviction ancienne

Les positions du patron d’Epic Games sur l’IA sont connues depuis longtemps. En juin dernier par exemple, Tim Sweeney avait défendu chez IGN l’idée que de petites équipes seraient bientôt capables de bâtir de vastes mondes peuplés de personnages aux dialogues générés. En novembre 2025, il s’en était pris aux mentions d’usage de l’IA exigées par Steam, les jugeant inutiles. Il estimait que ces outils interviendraient dans presque toutes les productions.

Ces prises de position ont cependant une saveur différente quand on les replace dans le contexte économique d’Epic Games. La société a procédé à plus d’un millier de licenciements en mars 2026, évoquant alors un contexte général difficile pour l’industrie du jeu vidéo, avec une croissance ralentie, des investissements plus faibles ou encore un plafonnement des ventes de consoles. La baisse de popularité de Fortnite était également un élément important dans cette communication.

Toutefois, Tim Sweeney assurait que les LLM n’étaient pas responsables de ces licenciements : « Puisque le sujet est désormais d’actualité, je tiens à préciser que les licenciements ne sont pas liés à l’IA. Dans la mesure où elle améliore la productivité, nous souhaitons disposer d’un maximum de développeurs talentueux pour créer du contenu et des technologies de pointe. »

Le contrat avec Disney

Le partenariat avec Disney occupe probablement une place centrale dans cette stratégie. Annoncé en février 2024, il s’est accompagné d’une prise de participation de 1,5 milliard de dollars de Disney dans Epic. L’ambition était claire : construire un univers persistant relié à Fortnite en puisant dans les licences Marvel et Star Wars. Ce partenariat avait cependant rencontré un couac lié à l’IA dès mai 2025, quand un Dark Vador à la voix synthétique avait proféré des grossièretés dans Fortnite avant qu’un correctif ne soit déployé, comme l’indiquait alors Ars Technica.

Selon Bloomberg, il s’agit de la première tentative d’un grand éditeur de fonder un jeu principalement sur l’IA. L’article rappelle d’ailleurs l’enquête annuelle de la Game Developers Conference, menée début 2026 auprès de plus de 2 300 professionnels. Elle montrait l’écart avec les usages courants : 36 % des répondants utilisaient l’IA générative dans leur travail, essentiellement pour la recherche et la réflexion préalable (81 % d’entre eux), loin devant l’aide au code (47 %) et le prototypage (35 %).

Cette enquête comportait en outre un résultat marquant : la proportion de développeurs estimant que l’IA générative avait un impact négatif sur l’industrie avait bondi de 30 % en 2025 à 52 % cette année. « Les travailleurs des arts visuels et techniques (64 %), du game design et du narratif (63 %) et de la programmation (59 %) ont les opinions les plus défavorables », ajoutait le rapport.

Des chiffres à relier au scepticisme évoqué par Bloomberg chez les employés d’Epic Games après réception des nouvelles consignes. Selon plusieurs personnes interrogées (qui ont tenu à garder l’anonymat), l’annonce ferait l’objet de nombreuses plaisanteries sarcastiques, d’autres estimant plus sérieusement que le studio n’aura pas les bénéfices escomptés, notamment à cause des erreurs propres aux IA génératives.

Tim Sweeney ne semble pas se faire d’illusion sur la transformation en cours. Interrogé sur la possibilité qu’une telle bascule puisse accélérer une entrée en bourse, le patron a répondu sur X : « Notre objectif plus modeste est de survivre à la révolution de l’IA, d’aider d’autres développeurs à faire de même, et d’en ressortir en produisant un meilleur code et un meilleur contenu plus rapidement ».

Pour le FMI, une chute des cours de l’IA menacerait la stabilité financière mondiale

13 octobre 2026 à 08:59
Les sept dangers publics
Pour le FMI, une chute des cours de l’IA menacerait la stabilité financière mondiale

Alors que les gains économiques produits par l’IA « pourraient ne pas être aussi importants que prévus », le FMI souligne le fait qu’une correction des actifs spécifiques à ce marché pourrait avoir des répercussions sur la stabilité financière mondiale.

Une chute des cours des sociétés constructrices d’intelligence artificielle, en provoquant des secousses sur les marchés mondiaux, pourrait mettre la stabilité financière planétaire en danger, indique le FMI.

Dans son rapport bisannuel sur la stabilité financière dans le monde, l’institution internationale relève trois principaux risques, dont deux liés à l’industrie technologique : une potentielle correction des prix des actifs liée à « une diminution ou une moindre pérennité des investissements et de la rentabilité dans l’intelligence artificielle », une résurgence de l’inflation ou d’inquiétudes budgétaires susceptibles de faire grimper les rendements d’obligations souveraines. Mais elle évoque aussi les risques grandissants que font peser les cybermenaces sur les services financiers, dans la mesure où ces derniers sont « de plus en plus dématérialisés et interconnectés ».

Une correction des valorisations de l’IA aurait des conséquences mondiales

« Les conséquences d’une correction de l’IA pourraient être mondiales », indique le rapport. Le FMI relève par ailleurs qu’un nombre croissant d’éléments laissent supposer que les capacités de l’IA peuvent être fournies grâce à des niveaux d’investissement « plus faibles » que ceux constatés actuellement, et que les « gains économiques potentiels pourraient ne pas être aussi importants que prévus ».

Il souligne aussi que les effets de levier pourraient « exacerber le choc » d’une correction financière. En la matière, le FMI souligne trois principaux effets de levier. Le premier concerne les investissements dans des centres de données hyperscalers, dont la part dans les émissions mondiales d’obligations « investment-grade » (c’est-à-dire notées entre AAA et BBB- par les sociétés de notation, donc jugées à faible probabilité de défaut de remboursement) est passée de 1 à 10 % depuis 2024.

Par ailleurs, les économies avancées ont globalement augmenté leur exposition à des actions liées à l’intelligence artificielle, le plus souvent via des actions de fonds spéculatifs. Enfin, et toujours sur la même période, les investisseurs particuliers ont aussi augmenté leur exposition à effet de levier aux actions du secteur de l’IA par l’intermédiaire de fonds négociés en bourse (ETF).

Le FMI ajoute que le mode de financement interne de l’industrie de l’IA renforce ces risques généraux. En la matière, il étudie le cas des 14 entreprises et relève qu’à elles seules, depuis 2023, ces dernières ont réalisé 300 milliards de dollars d’investissements les unes dans les autres.

Tous les marchés ne sont pas exposés de la même manière aux risques d’une correction des valorisations de l’industrie de l’IA. Les économies asiatiques, en particulier la Corée du Sud et Taïwan, sont les plus exposées, tandis que l’Union européenne et le Royaume-Uni, comme les marchés émergents, le sont moins. Pour autant, le FMI souligne qu’en cas de tension du marché de l’IA, même une exposition relativement faible pourrait exposer à des effets rebonds, ne serait-ce que via la détention d’actions états-uniennes.

Le rôle des fonds spéculatifs en question

Au lancement du rapport, le directeur adjoint du FMI Athanasios Vamvakidis a souligné que l’exposition mondiale aux actifs états-uniens était « plus haute qu’elle n’avait jamais été ». Or, sept entreprises seulement, quelquefois réunies sous le sobriquet de « sept magnifiques », concentrent à elles seules 35 % de la valorisation de l’indice S&P 500, qui réunit les 500 plus grandes sociétés cotées sur les bourses des États-Unis. Ces sept entreprises sont Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla.

Le rapport s’arrête par ailleurs sur le rôle des fonds spéculatifs, qui « deviennent des acteurs de plus en plus importants sur les marchés financiers mondiaux ». S’il est décrit comme encore « relativement modeste », ce secteur détient néanmoins trois fois plus d’actifs qu’en 2013, autour de 13 000 milliards de dollars. Et s’il peut avoir un « effet positif sur la liquidité de marché, le processus de détermination des prix et le partage des risques en période calme », il est décrit comme susceptible d’ « accroître la volatilité » et de « menacer la liquidité » en période de tension.

Sur le plan cyber, l’institution souligne qu’une attaque majeure qui affecterait des systèmes de paiement, d’échanges en bourse, ou qui empêcherait d’accéder à des dépôts « pourrait causer des pertes immédiates et diminuer la confiance ». Si elle visait un acteur central, que ce soit une banque majeure, ou même un fournisseur de cloud ou d’autres services numériques essentiels au secteur financier, alors la crise pourrait facilement muter en « choc de confiance plus large » ou perturber « l’octroi de crédits et la prestation de services financiers », ce qui pourrait créer des tensions en cascade.

En la matière, elle souligne la numérisation croissante des activités et l’augmentation des surfaces d’attaque qui en découle ; la dépendance croissante, elle aussi, « à un nombre limité de fournisseurs technologiques critiques » ; et la constante sophistication des attaques. Si elle salue la résilience des plus grandes banques, elle souligne que de nombreux acteurs plus petits sont moins bien préparés.

Le FMI appelle notamment les pouvoirs publics à « maîtriser les effets de levier dans les expositions liées à l’IA lorsqu’ils sont excessifs » et à concentrer en priorité les actions de cyberrésilience « sur la continuité des services essentiels, en renforçant les capacités en matière de cybersécurité, le signalement des incidents, la surveillance des risques liés aux tiers et les tests de résilience ».

En cryptographie, « post-quantique n’est pas post-IA »

13 octobre 2026 à 06:47
HAWK, McEliece, RSA deux fois… à qui le tour ?
En cryptographie, « post-quantique n’est pas post-IA »

Thales affirme que le « post-quantique n’est pas post-IA ». Autre manière de le dire : un algorithme prévu pour résister aux ordinateurs quantiques peut tomber sous les attaques de l’intelligence artificielle. C’est une histoire en trois temps que Thales a racontée lors des Assises de la cybersécurité à Monaco. L’occasion aussi de revenir sur les deux nombres RSA « tombés » récemment.

Tout le monde ou presque s’accorde à dire que l’informatique quantique arrivera dans quelques (dizaines) d’années, sans trop s’avancer sur les dates. Quand elle aura suffisamment de qubits, de portes quantiques et un temps de calculs assez long, elle pourra casser n’importe quelle clé RSA. Ce n’est pas encore le cas et l’IA générative ne l’attend pas pour casser des codes.

HAWK se fait exploser par Mythos « comme un lapin en plein vol »

La première mesure concerne HAWK, tombé au champ d’honneur cet été, sous les attaques de Claude Mythos. Comme nous l’avions expliqué, l’IA d’Anthropic s’était inspirée des attaques déjà connues contre HAWK. Elle avait amélioré – et pas qu’un peu – la meilleure d’entre elles. Résultat des courses, la complexité de l’algorithme fondait comme neige au soleil et avec elle la robustesse du système.

Conséquence immédiate : l’équipe de HAWK retire l’algorithme du processus de sélection du NIST qui cherchait à valider des algorithmes post-quantiques, alors qu’il avait pourtant déjà passé deux tours de sélection. D’autres algorithmes sont déjà tombés auparavant, sans avoir besoin de recourir à l’IA générative : SIKE et Rainbow, par exemple. Comme dans la cybersécurité au sens large, l’IA générative est un amplificateur d’attaques.

RSA sur 862 tombe, deux semaines plus tard RSA-896 fait de même

En septembre, c’était au tour de RSA de subir des attaques de deux IA : Devin de Cognition et Claude d’Anthropic.


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