Vue normale

☕️ Anthropic lance officiellement son projet d’entrée en Bourse

1 juin 2026 à 16:29


Ça, c’est fait. Après des mois de rumeurs, Anthropic a confirmé, sans trop de surprise, son intention d’entrer en Bourse (IPO). Le labo IA a déposé un formulaire S-1 auprès de la SEC, le gendarme boursier américain. Le tout de manière confidentielle, comme c’est souvent le cas. En conséquence, le dossier n’a pas été rendu public ; l’entreprise et l’autorité peuvent ainsi discuter à l’abri des regards indiscrets.

Il s’agit d’une première étape, puisque ce dépôt ne signifie pas qu’Anthropic va automatiquement entrer en Bourse. Mais la société se donne la possibilité de le faire une fois l’examen réglementaire terminé.

En l’absence de toute information publique, il est impossible de dire le nombre d’actions qui seront mises sur le marché, ni leur prix. L’opération dépend également de la situation : si les marchés sont agités, si la conjoncture est défavorable, ou si la valorisation attendue n’est pas au rendez-vous, Anthropic peut repousser son projet d’IPO ou tout simplement l’annuler.

Tout laisse cependant penser que cette introduction en Bourse ira à son terme. Le dernier tour de table d’Anthropic lui a permis de réunir 65 milliards de dollars d’argent frais, sur la base d’une valorisation de 965 milliards de dollars. Soit davantage qu’OpenAI (852 milliards de dollars début avril). Le créateur de ChatGPT aurait lui aussi l’intention de se lancer en Bourse d’ici la fin de l’année.

☕️ Souveraineté numérique : le CIAN évoque « l’urgence » de la situation

1 juin 2026 à 15:33


Le Conseil national de l’intelligence artificielle et du numérique (CIAN) a publié le 22 mai un rapport sur la souveraineté numérique. On peut y lire notamment que la « dépendance française et européenne aux acteurs étrangers en matière d’infrastructures numériques interroge notre capacité à en maîtriser les risques ».

Dans l’ensemble, ce (long) rapport rassemble de nombreux constats déjà faits au cours des dernières années. Par exemple, que le numérique est « dominé par une poignée d’acteurs qui contrôlent, sans contre-pouvoir, des outils omniprésents dans nos vies quotidiennes », avec tous les dangers que cela suppose. Elle dresse un portrait déjà connu : un double discours étatique, des écarts béants entre intentions et décisions, un manque de coordination, un gâchis de ressources, une intervention publique fragmentée, ou encore un écosystème peu compétitif. Des éléments que la Cour des comptes avait mis en avant en octobre dernier.

Illustration : Flock

Puisque le CIAN est l’organe devant conseiller le gouvernement sur ces sujets, il y va donc de ses recommandations. Le Conseil propose ainsi la création d’une Fabrique des Communs Numériques et un renforcement du mandat de l’EDIC Digital Commons (d’ailleurs installé à Paris).

Le CIAN aimerait également que soit créé un fonds européen dédié à ces communs, ainsi qu’un label European Open Standards. Cartographie nationale des briques numériques existantes, exemplarité de la commande publique, contribution à la gouvernance active des communautés open source ou encore renforcement des formations aux communs numériques sont également cités.

Partage d’abonnements : l’espoir douché de Spliiit face à Apple, Disney et Netflix

1 juin 2026 à 15:04
La facture tombe pour Spliiit
Partage d’abonnements : l’espoir douché de Spliiit face à Apple, Disney et Netflix

Spliiit est dans la panade. Le service de partage d’abonnement a été lourdement condamné par le tribunal judiciaire de Paris, qui s’est largement rangé du côté d’Apple, Disney et Netflix. Outre le versement d’une provision significative, le modèle économique de Spliiit est sévèrement remis en cause.

Apple, Disney et Netflix accusaient Spliiit de parasitisme et de contrefaçon de marques. Leur plainte déposée en 2022 a connu bien des rebondissements. Jonathan Lalinec, le directeur général de Spliiit, avait expliqué en avril à Next que le procès était désormais « sans objet » : « La justice prend du temps, et entre 2021 et 2026, il s’est passé beaucoup de choses du point de vue des éditeurs ». Avant de rappeler que ces plateformes de streaming et services en ligne avaient changé leurs offres, avec l’ajout de formules « abonné supplémentaire ».

Un espoir douché par le tribunal judiciaire de Paris. Le jugement sur le fond a finalement été publié vendredi dernier et partagé par le site L’Informé. S’il n’est pas tendre pour Spliiit, le tribunal a toutefois rejeté l’idée que l’activité même de mise en relation pour partager un abonnement est automatiquement illégale : « l’activité exercée par la société Spliiit […] n’est pas en elle-même illicite ».

Capture d’écran Spliiit.

Dans un communiqué, Spliiit relève que le tribunal a rejeté les accusations de parasitisme et qu’il n’a pas retenu l’argument « selon lequel le partage de frais constituerait, en soi, une commercialisation d’abonnements ».

Le manque à gagner des plaignants

Pour le reste, le tribunal considère que le service a commis des actes de complicité de violation des conditions générales d’utilisation, des actes de concurrence déloyale et de contrefaçon de marques. Spliiit ne peut plus utiliser les marques Apple, Disney et Netflix au-delà de ce qui est strictement nécessaire, ne peut plus proposer de partage d’abonnements lorsqu’il implique une violation des conditions d’utilisation, et doit modifier plusieurs éléments de son site jugés trompeurs ou insuffisamment clairs.

Spliiit doit également verser des dommages et intérêts ; ils sont certes inférieurs à ce que demandaient les plaignants (9,2 millions d’euros), mais en tout, le service doit verser 785 000 euros. Outre les 49 000 euros de frais de procédure, l’entreprise doit verser 10 000 euros à Apple, 20 000 euros à Disney et 30 000 euros à Netflix pour contrefaçon des marques. Des provisions sont exigées pour compenser le manque à gagner subi par les sociétés plaignantes : 25 000 euros pour Apple (iCloud, Apple Music, Apple TV, etc.), 100 000 euros pour Disney, 300 000 euros pour Netflix France et autant pour Netflix International.

Cette notion de manque à gagner se base sur le fait que des consommateurs ont pu choisir de passer par Spliiit « à moindre frais » plutôt que de souscrire directement un abonnement conforme aux règles fixées par les sociétés éditrices. Si l’activité de mise en relation n’est pas illicite en soi, le tribunal estime qu’elle devient fautive lorsqu’elle facilite des partages contraires aux conditions d’utilisation des plateformes.

Le tribunal constate que ces limitations contractuelles font partie intégrante des abonnements proposés par Netflix, Disney ou Apple, et que Spliiit a facilité des usages permettant de les contourner.

Le partage d’abonnements reste licite

Spliiit pourra toujours se consoler en constatant que son activité n’a donc rien d’illégal. La société explique que le débat ne porte pas sur son existence ni sur le principe de partage de frais, « mais sur les conditions dans lesquelles certains abonnements peuvent être partagés au regard des conditions générales d’utilisation définies par chaque service. » Il n’empêche : la condamnation reste lourde. Spliiit prend acte de la décision, mais annonce la contester fermement et « confirme son intention de faire appel ».

L’entreprise estime que « certaines offres peuvent continuer à être proposées sur sa plateforme dans un cadre conforme ». C’est un interstice dans lequel Spliiit a l’intention de se glisser.

Le service de partage d’abonnements avait obtenu une petite victoire en 2022 : dans une ordonnance de référé, le tribunal avait en effet estimé que les règles de partage des streameurs étaient ambiguës et incohérentes, mais renvoyait à une décision sur le fond. Une médiation avait été demandée l’an dernier, sans que les parties parviennent à se mettre d’accord.

Vidéo : les spécifications d’AV2 sont disponibles, l’attente commence

1 juin 2026 à 14:47
Pas de panique
Vidéo : les spécifications d’AV2 sont disponibles, l’attente commence

Cette fois c’est fait : les spécifications pour le codec vidéo AV2 sont finalisées et disponibles officiellement. L’Alliance for Open Media (AOMedia) les a publiées le 28 mai, marquant le coup d’envoi du nouveau venu. Il faut s’attendre cependant à une utilisation réelle que dans plusieurs années.

En développement depuis des années, AV2 doit naturellement prendre la relève du codec AV1. Celui-ci s’est fait connaitre pour son efficacité à compresser les flux en très haute définition (4K) et sa licence open source, sans redevance. Sa visibilité est montée d’un cran quand l’équipe de VideoLAN (VLC) a publié Dav1d, son implémentation libre d’AV1. VideoLAN a d’ailleurs remis le couvert il y a un peu moins d’un mois, avec une première version de Dav2d. L’association recommandait cependant de ne pas l’utiliser en environnement de production, puisque la norme était encore susceptible d’évoluer.

Bien qu’AV2 soit finalisé et ses sources publiées sur GitHub tout récemment, ses avantages sont connus depuis longtemps. Comme toujours avec les nouveaux codecs vidéo, la promesse est celle de l’efficacité : soit une qualité identique pour un débit moindre (25 à 30 % ici en moyenne, voire davantage selon Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN), soit une qualité supérieure à débit équivalent. De fait, les bénéfices attendus se concentrent sur la réduction de la bande passante nécessaire. À la clé, des avantages comme le soulagement des infrastructures de diffusion et l’augmentation ou le maintien de la qualité dans des conditions de réception moins bonnes.

Outre une meilleure efficacité dans la compression, on note des améliorations dans la qualité d’image, la prise en charge de plus grandes définitions, ainsi qu’un plus grand nombre de cas d’usage pris en compte, notamment la réalité virtuelle et la diffusion sur écrans partagés, par exemple la visioconférence via un travail sur la latence. Le HDR10+ est également de la partie.

« AV2 est la spécification de codage vidéo de nouvelle génération de l’Alliance for Open Media (AOMedia). S’appuyant sur les fondations d’AV1, AV2 est conçu pour offrir une efficacité de compression supérieure, permettant une livraison vidéo de haute qualité à des débits binaires nettement plus bas. Il est optimisé pour répondre aux exigences évolutives du streaming, de la diffusion et de la visioconférence en temps réel », résume l’Alliance sur son site.

De l’annonce à la pratique

L’utilisation pratique d’AV2 devra cependant attendre. Comme l’a rappelé Jean-Baptiste Kempf dans son billet du 31 mai, Dav2d n’est pas terminé. Il reste notamment un long travail d’optimisation car – sans surprise – AV2 réclame plus de ressources qu’AV1. « Le décodage AV2 est environ cinq fois plus complexe que celui d’AV1. En pratique, cela signifie que les logiciels fonctionnant sur le matériel actuel auront du mal à décoder AV2 en temps réel sans une optimisation soigneuse et spécifique à l’architecture », précise le président de VideoLAN.

Mais on parle là de décodage logiciel. Qu’en est-il du matériel ? Si l’on se réfère à AV1, il a fallu être patient. Les spécifications ont été publiées en 2018 et il a fallu attendre en moyenne deux ans pour un support par les GPU, et plusieurs années supplémentaires selon les cas. Comme nous le rappelions début mai, Apple n’a réellement commencé qu’en 2023. Microsoft n’a inséré cette exploitation matérielle dans Edge qu’en 2024. L’arrivée de puces compatibles réclamera donc probablement encore du temps.

Un codage gourmand en puissance

Et quid du codage ? Car la lecture de contenus AV2 dépend aussi de la création de ces contenus. VideoCardz évoque des problèmes de performances et de rétention des détails. Mais comme dans le cas de la lecture, il faudra surtout attendre le support matériel, le codage réclamant bien plus de puissance que le décodage.

L’histoire se répétera ainsi probablement, avec une implémentation logicielle par VideoLAN devenant une référence (Dav2d) et plusieurs années d’attente pour des puces compatibles, notamment dans l’électronique grand public, comme les smartphones et tablettes. Les usages, particulièrement les plateformes de streaming, attendront quelques années. À titre d’exemple, Netflix indiquait fin 2025 que l’AV1 était utilisé sur environ 30 % de son catalogue.

Enfin, AV2 se retrouvera en concurrence avec le codec propriétaire VVC, comme AV1 l’a été avec HEVC.

RTX Spark : NVIDIA se lance dans les PC Windows avec un Superchip tout-en-un

1 juin 2026 à 13:01
Sparkling annonce !
RTX Spark : NVIDIA se lance dans les PC Windows avec un Superchip tout-en-un

NVIDIA, une marque réputée chez les joueurs et les amateurs d’IA pour ses GPU, se lance avec force dans un nouveau marché : une puce tout-en-un (CPU, GPU et mémoire) pour des PC sous Windows on Arm. RTX Spark Superchip est ainsi un équivalent maison des puces Mx d’Apple, mais pour l’écosystème de Microsoft. Joueurs et créateurs sont les principales cibles.

Après son mini-PC DGX Spark pour les professionnels, NVIDIA revient cette année avec une nouvelle puce : le Superchip RTX Spark. Comme son nom l’indique, il intègre une RTX (génération Blackwell) et vise donc le grand public… enfin une partie du grand public avec des moyens et des besoins conséquents : créateurs, développeurs et gamers ; et plus particulièrement ceux qui mélangent deux ou trois des domaines à la fois.

Un Superchip (CPU, GPU et mémoire) pour les PC sous Windows on Arm

Le RTX Spark est un Superchip. Dans le langage de NVIDIA, il s’agit d’un SoC avec des cœurs CPU, GPU et de mémoire unifiée ; le tout au sein d’une même puce. L’approche est la même qu’Apple avec ses puces Mx, dont le succès et les performances ne sont plus à démontrer. Le père des MacBook en est déjà à la cinquième génération de SoC.


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Des fonds critiquent la valorisation et la gestion de SpaceX avant son entrée en bourse

1 juin 2026 à 12:15
Roi en son royaume
Des fonds critiquent la valorisation et la gestion de SpaceX avant son entrée en bourse

Alors que l’entrée en bourse de SpaceX se précise, plusieurs fonds d’investissement nord-européens envisagent de refuser de participer à l’opération, critiquant notamment la structure actionnariale et la gestion de l’entreprise. Le pouvoir supplémentaire qu’Elon Musk consolidera dans l’opération est particulièrement visé.

Le fonds danois AkademikerPension a déclaré qu’il ne se porterait acquéreur ni d’actions de SpaceX lors de son entrée en bourse, ni lorsque celles-ci seraient accessibles sur le marché secondaire. Alors que la société pourrait entrer en bourse dès le 11 juin, le directeur des investissements du fonds, qui gère de l’ordre de 25 milliards de dollars pour le compte d’universitaires, déclare l’entreprise « grossièrement surévaluée » et critique une « structure de gouvernance catastrophique ».

Loin de ne préoccuper que ce fonds relativement petit, qui a déjà pris des décisions d’investissement politiques (il s’est par exemple délesté de 100 millions de dollars de bons du Trésor des États-Unis, au motif que les finances du pays étaient intenables à long terme), la situation pousse aussi le fonds NBIM de la Banque centrale de Norvège, plus grand fonds souverain au monde, à rechigner à investir dans SpaceX.

En cause : la structure actionnariale choisie et les rôles adoptés par Elon Musk à la tête de l’entreprise et de son conseil d’administration. Pour autant, l’ampleur de l’opération, qui vise à lever 75 milliards de dollars pour SpaceX, ce qui ferait grimper sa valorisation aux alentours de 1 750 milliards de dollars, complique le positionnement du fonds souverain.

Contrôle des droits de vote et indépendance du PDG

Premier enjeu : la valorisation de SpaceX. Si l’entrée en bourse se déroule sans accroc et selon les plans de ses dirigeants, l’entreprise deviendra la neuvième société la plus valorisée du monde. Cela repousserait automatiquement Tesla, autre société dirigée par Elon Musk, au dixième rang de ce classement.


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Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

1 juin 2026 à 09:53
L'avenir en berne
Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

En parallèle du sommet « Choose France », le gouvernement français revoit le budget du pays quelques mois après le déclenchement de la guerre en Iran par Donald Trump. La recherche, l’enseignement supérieur et les investissements d’avenir sont les secteurs les plus touchés.

Alors qu’en fin d’année 2025 (comme l’année d’avant) le gouvernement a eu de la peine à faire voter son budget 2026, Sébastien Lecornu prévoit de le raboter, par décrets. Et les coupes sont importantes : 954 millions d’euros de crédits de paiement sont prévus, dont une partie importante prélevée dans le budget alloué à la recherche et à l’enseignement supérieur, mais aussi les « investissements d’avenir ».

De fait, le ministre des Comptes publics, David Amiel, avait annoncé le 21 avril dernier 6 milliards d’euros d’économies pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Donald Trump.

Des annonces attendues par les parlementaires

Mais un mois après, les parlementaires n’avaient pas reçu d’information sur la façon dont ces économies allaient être réalisées. Pour mettre la pression sur le gouvernement, les sénateurs Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR) lui ont envoyé une lettre, selon Le Monde, dans laquelle ils lui ont demandé de leur faire parvenir « les mesures de redressement envisagées, avec leur répartition par ministère et par action de politique publique, ainsi que le mode opératoire envisagé : gels de crédits, décret d’avance ou d’annulation de crédits, loi de finances rectificative, etc. » avant le 1ᵉʳ juin, c’est-à-dire aujourd’hui.

Une partie devrait venir de l’abandon du projet du gouvernement d’augmenter les exonérations de cotisations patronales via un décret. L’enveloppe de compensation de ces exonérations, qui s’élève déjà à 74 milliards d’euros, ne sera finalement pas augmentée des 2 milliards supplémentaires prévus suite à la hausse du SMIC (+ 2,4 %).

Mais le gouvernement prévoit aussi de couper dans le budget de ses ministères. Il l’a finalement fait savoir aux parlementaires en transmettant ce jeudi 28 mai aux commissions des Finances deux projets de décrets qu’a pu obtenir Public Sénat.

En tout, il prévoit de revenir sur 954 millions d’euros de crédits de paiement. Au premier plan se trouve le budget de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’Espace.

139 millions d’euros de coupes budgétaires pour l’enseignement supérieur et la recherche

Ainsi, les projets de décrets signés par David Amiel prévoient pour l’un [PDF] 70,235 millions d’euros et pour l’autre 68,854 millions d’euros pour l’autre [PDF] de crédits de paiement annulés concernant la recherche et l’enseignement supérieur, soit plus de 139 millions d’euros de coupes budgétaires.

Cela inclut 35,47 millions d’euros en moins pour les universités alors qu’une très grande partie d’entre elles sont déjà en déficit, leurs dotations ne leur permettant pas de compenser la hausse des charges. Fin décembre, l’Université de Lille annonçait un déficit de 45 millions d’euros dans son budget 2026.

Pour les autres institutions de recherche pluridisciplinaire, la baisse du budget prévu atteint 63,5 millions d’euros. En avril dernier, le PDG du CNRS, Antoine Petit avait déjà annoncé que son institution était sommée par le gouvernement de procéder à un tour de vis supplémentaire de 20 millions d’euros.

La recherche spatiale, domaine cher au ministre Philippe Baptiste qui a été président du CNES, n’est pas épargnée. Ainsi, les deux décrets prévoient que son budget soit amputé de 32,4 millions d’euros.

France 2030 est aussi touché

Enfin, les investissements du plan France 2030 – prévus en 2021 par Emmanuel Macron pour rattraper le retard de la France dans la recherche dans certains secteurs industriels – perdraient 100,38 millions d’euros de crédits. Ce plan sert, par exemple, au financement des recherches sur le quantique annoncées par le président de la République récemment ou celles sur les jumeaux numériques de territoire.

La « vraie priorité à l’enseignement supérieur et à la recherche » affichée par Philippe Baptiste lors du vote du budget initial semble loin. Présentés à l’Assemblée nationale et au Sénat la semaine dernière, les décrets doivent encore être publiés au Journal Officiel. Mais Sébastien Lecornu a déjà prévenu que, la guerre au Moyen-Orient se prolongeant, « les 6 milliards d’euros devront être remis à jour » avec une nouvelle estimation qui devrait arriver fin juin. « J’ai parié sur 10 milliards d’euros », a confié à nos confrères du Monde le président de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI).

SoftBank s’engage à investir jusqu’à 75 milliards d’euros pour 5 GW d’infrastructures IA en France

1 juin 2026 à 09:17
Toujours plus
SoftBank s’engage à investir jusqu’à 75 milliards d’euros pour 5 GW d’infrastructures IA en France

Masayoshi Son, CEO de SoftBank, et Emmanuel Macron ont confirmé lundi l’engagement pris par le groupe japonais de déployer, en France, 45 milliards d’euros fléchés vers la création de trois datacenters dans le Nord de la France. L’enveloppe, annoncée dans le cadre du sommet Choose France, pourrait être portée à 75 milliards d’euros pour un total visé de 5 GW d’infrastructures IA.

Il fallait bien une annonce majeure pour célébrer en fanfare la dernière édition du sommet Choose France de la présidence d’Emmanuel Macron, et c’est finalement du groupe japonais SoftBank qu’elle émane. Son CEO, Masayoshi Son, et le président de la République ont en effet présenté lundi matin, sur le perron de l’Elysée, les contours d’un investissement programmé à hauteur de 45 milliards d’euros d’ici à 2030, susceptible d’être porté à 75 milliards d’euros dans un second temps.

« L’annonce faite par SoftBank est massive et historique, ce sont 45 milliards d’euros d’investissements confirmés que nous avons bâtis en deux mois, grâce à de l’énergie disponible et aussi grâce à toute la mobilisation des collectivités et de RTE », a déclaré Emmanuel Macron, parachevant un plan de communication engagé dès dimanche.

SoftBank a en effet formalisé cet engagement par l’intermédiaire d’un communiqué daté du 31 mai, doublé d’une interview de son CEO dans la Tribune dimanche. La nouvelle a ainsi pu faire la Une de la plupart des journaux lundi matin, et ce alors même que le sommet Choose France ne débute que dans l’après-midi à Versailles.

Masayoshi Son et Emmanuel Macron lundi matin à l’Élysée – capture d’écran Next

45 milliards d’euros confirmés pour trois datacenters

L’engagement financier par SoftBank est effectivement sans précédent. Concrètement, le groupe japonais flèche 45 milliards d’euros vers la création de trois datacenters installés dans les Hauts-de-France, sur des sites déjà identifiés à Dunkerque (Loon-Plage), Bosquel et Bouchain (sur le site d’une ancienne centrale thermique d’EDF), avec une mise en service attendue « entre fin 2029 et mi-2030 » d’après le président de la République.

Les trois centres devraient représenter une puissance électrique combinée de 3,1 GW, dont la destination précise et les modalités d’exploitation n’ont pas, à ce stade, été précisées. SoftBank intervient en effet traditionnellement comme un financier dans les grands projets d’infrastructure (aux côtés notamment d’OpenAI et d’autres acteurs états-uniens du secteur) mais n’a pas nécessairement vocation à opérer directement les centres de données en question.

Deux usines de composants dédiés à l’IA

L’enveloppe prévoit également un volet industriel, avec la création, à Dunkerque, de deux usines dédiées, notamment, à l’équipement de ces futurs datacenters et censées faire appel à de la robotique avancée. L’une, exploitée par SoftBank Group, fabriquera des baies, racks et autres boîtiers (enclosures en VO), tandis que la seconde, opérée par Schneider Electric, intègrera des modules d’alimentation destinées aux infrastructures informatiques. « Ces modules préfabriqués intègrent les technologies basse tension, moyenne tension, énergie sécurisée et refroidissement provenant de plusieurs sites de production de Schneider Electric situés en France et en Europe », précise l’industriel français.

Au-delà de cette première phase d’investissements, « confirmés » selon les mots d’Emmanuel Macron, SoftBank dit envisager de porter son enveloppe totale à 75 milliards d’euros, pour une capacité totale équivalente à une puissance de 5 GW, soit environ cinq tranches de réacteur nucléaire. « D’autres sites ont été identifiés pour permettre d’atteindre les 75 milliards souhaités par SoftBank. Nous avons aussi identifié de nouveaux projets en matière de robotique, mais je n’en dirai pas plus à ce stade », a déclaré le président.

Ajouter de la valeur à l’électricité bas carbone française

Emmanuel Macron a rappelé lundi matin ce qui constitue, selon lui, l’un des principaux vecteurs de l’attractivité de la France en matière de datacenters, à savoir la promesse d’une électricité bas carbone abondante, grâce au nucléaire. « Nous transformons de l’énergie disponible en datacenters et en capacités de calcul, et ce partenariat nous permet d’ajouter encore plus de valeur », a-t-il affirmé, avant de souligner que la France devenait de ce fait l’une des premières destinations mondiales pour SoftBank en matière d’investissements. Un propos repris par Masayoshi Son, selon qui le développement d’infrastructures dédiées à l’IA relève d’une « question de sécurité nationale ». « L’Europe et l’Asie ne peuvent pas rester derrière les États-Unis et la Chine », a-t-il fait valoir. Reste à voir à qui profiteront les centres de données financés par SoftBank et alimentés par cette électricité française.

Avec ces 45 milliards d’euros programmés, SoftBank devrait représenter la moitié des investissements annoncés lundi dans le cadre du sommet Choose France. Emmanuel Macron a indiqué que 71 projets représentant 93 milliards d’euros avaient été identifiés. Dans le lot figurent des projets liés aux semiconducteurs (dont une usine conjointe Thales et Foxconn au Barp, en Gironde) à l’électrification des camions (Scania à Angers), aux matériaux critiques et à la santé.

☕️ Canonical s’occupe désormais de Flutter Desktop

1 juin 2026 à 08:07


Le kit de développement multiplateforme Flutter, open source et créé par Google, a d’abord été conçu pour simplifier la création d’applications mobiles. Il a rapidement pris du galon et a notamment débordé sur les ordinateurs (desktop), avec des débouchés vers toutes les plateformes principales.

Le projet avait particulièrement intéressé Canonical, au point que l’entreprise s’est occupée officiellement du portage vers Linux. Depuis, le père d’Ubuntu s’en est amplement servi, aussi bien pour certaines applications (dont App Center, Firmware Updater et Security Center) que pour le module d’installation d’Ubuntu.

Durant la Google I/O, une petite information s’est toutefois glissée en douce : durant la présentation des nouveautés de Flutter, Kate Lovett (responsable ingénierie de l’équipe Flutter Framework chez Google) a annoncé (à 39min16) que Canonical supervise désormais tout ce qui touche à Flutter Desktop. L’entreprise gèrera ainsi toute la maintenance et la feuille de route, comme repéré par OMGUbuntu.

Kate Lovett a mis en avant la « grande expertise technique » de Canonical dans le domaine et « l’incroyable partenariat d’ingénierie » entre les deux sociétés. Flutter est donc dirigé par une hydre à deux têtes, même si Canonical semble désormais s’occuper de l’essentiel du travail. Précisons que ce dernier s’applique aussi bien à Linux qu’à Windows et macOS et que les nouveautés continueront à s’appliquer aux trois plateformes.

Windows 11 : la barre des tâches redevient enfin libre

1 juin 2026 à 07:37
Freedom !
Windows 11 : la barre des tâches redevient enfin libre

Microsoft poursuit son travail de fond pour apporter plus de personnalisation, de stabilité et de fiabilité à Windows 11. Le chantier ouvert en début d’année multiplie les nouveautés, grandes et petites. Nouveau point d’étape.

En mars, Microsoft annonçait un retour aux fondamentaux pour Windows 11, après les errements de l’IA à tous crins. L’éditeur a du pain sur la planche, car le système d’exploitation souffre beaucoup de performances en berne et d’une stabilité aux fraises. Les choses ont commencé à s’améliorer avec les premières livraisons des versions bêtas de Windows 11.

La nouvelle fournée pour les utilisateurs inscrits au programme Windows Insider a été présentée, et la grosse nouveauté n’est autre que la possibilité, finalement, de positionner la barre des tâches sur les côtés ou en haut de l’écran. Une fonction réclamée depuis des années, que Microsoft va finalement livrer !

Les miracles existent. Image : Microsoft

Microsoft ajoute la possibilité de choisir l’alignement des icônes selon la position de la barre des tâches, l’affichage des libellés des apps ouvertes pour mieux distinguer les fenêtres, et la possibilité d’opter pour une version plus compacte de la barre pour libérer de l’espace.

Le menu Démarrer gagne lui aussi en flexibilité, puisqu’il sera possible d’afficher ou de masquer les sections « Épinglés », « Recommandés » et « Toutes les applications » de manière indépendante. La taille des menus pourra être modifiée et le nom et la photo de profil de l’utilisateur masqués pour davantage de confidentialité.

L’amélioration de Windows 11 passe aussi par de toutes petites choses. La vue Détails de l’Explorateur de fichiers affiche ainsi le poids des fichiers avec les unités appropriées (ko, Mo, Go) au lieu d’être systématiquement exprimé en ko. La barre d’adresse de ce même Explorateur prend en charge davantage de formats de chemins (notamment ceux contenant des guillemets ou des doubles antislashs : C:\Users\user ou “C:\Users\user”), ce qui facilitera le copier-coller depuis d’autres applications. Des bugs liés au renommage de fichiers ont aussi été corrigés.

Isolation vocale et personnalisation visuelle

Ces améliorations peuvent paraitre anodines, mais ce sont des fonctions dont se servent des millions d’utilisateurs chaque jour. L’accessibilité de Windows 11 est aussi un chantier à ciel ouvert. Du côté des commandes vocales, la nouveauté principale est Voice Isolation, qui réduit l’impact des bruits de fond afin de mieux isoler la voix de l’utilisateur. De quoi améliorer la reconnaissance des commandes vocales même dans un environnement bruyant.

Image : Microsoft

L’éditeur ajoute également de nouvelles options de personnalisation visuelle. Une fonction de teinte d’écran permet notamment d’ajuster les couleurs et l’opacité de l’affichage selon les préférences de l’utilisateur ou les conditions d’éclairage. Il est plus facile de définir un niveau de zoom dans l’outil Loupe, et de modifier le grossissement depuis son interface, sans avoir à fureter au fin fond des réglages de Windows.

Microsoft poursuit en parallèle ses efforts pour améliorer la fiabilité de son système d’exploitation en s’attaquant à un élément souvent invisible mais essentiel : les pilotes matériels. L’éditeur a présenté durant la conférence WinHEC 2026 un nouveau programme, Driver Quality Initiative (DQI), pour renforcer la qualité, la fiabilité et la sécurité des drivers en travaillant avec les constructeurs de périphériques.

Ces nouveautés sont en cours de déploiement via le nouveau canal Experimental du programme Windows Insider.

☕️ Microsoft voudrait ranger tous ses Copilot dans une app unique

1 juin 2026 à 06:53


Même si Microsoft s’est décidé à rationaliser la présence (parfois envahissante) de l’IA dans Windows, l’éditeur ne compte pas lâcher l’affaire. Pour remettre de l’ordre dans sa galaxie de Copilot, l’entreprise préparerait une « superapp » regroupant tous ses assistants IA au sein d’une interface unique.

On ne compte plus les Copilot : les déclinaisons de l’IA chez Microsoft sont tellement nombreuses que plus personne n’y comprend rien. GitHub Copilot, Microsoft 365 Copilot, Copilot Cowork, le chatbot grand public Copilot… Difficile de s’y retrouver, les utilisateurs ne savent plus très bien à quoi sert tel ou tel service. Microsoft a commencé à réagir, en réduisant le forcing de Copilot et la surcharge de l’IA dans le système d’exploitation. Mais il reste encore beaucoup de travail pour trouver une cohérence à ce bazar d’IA.

C’est pourquoi l’éditeur plancherait actuellement sur une « superapp », une application unique regroupant tous les Copilot derrière une seule interface. La rumeur rapportée par Fortune consisterait en un guichet unique donnant accès à tous les Copilot de l’utilisateur. À cela s’ajouterait un système d’automatisation à base d’agents IA, baptisé Autopilot.

Le projet n’est pas sans rappeler la propre « superapp » que développe OpenAI, en prenant comme base l’outil de vibe coding Codex. À terme, l’idée est de répondre à l’ensemble des requêtes de l’utilisateur grand public, développeur ou professionnel.

La stratégie de la superapp a du sens pour Microsoft comme pour OpenAI, même si on peut faire valoir qu’une telle application « fourre-tout » peut désorienter les utilisateurs qui cherchent à réaliser une tâche précise. Ou rendre l’ensemble plus difficile à appréhender.

Au mois de mars, le directeur général Satya Nadella nommait un « chef » de Copilot en la personne de Jacob Andreou, qui est chargé de remettre du sens et de l’ordre dans la pléthore de fonctions et de services Copilot. On pourrait entendre parler de cette superapp dès cette semaine, à l’occasion des conférences Build de Microsoft, même s’il ne serait pas question de montrer l’app en elle-même. Celle-ci pourrait cependant ne pas tarder : la rumeur évoque en effet un lancement d’ici la fin de l’été.

☕️ Paint.NET dispose enfin du domaine paint.net

1 juin 2026 à 06:30


Après 22 ans passés à développer Paint.NET, on imagine la satisfaction de Rick Brewster, son principal artisan. Celui-ci vient en effet de mettre la main sur le nom de domaine paint.net, lequel pointera bientôt vers le site dédié à ce célèbre logiciel de retouche photo gratuit (aujourd’hui hébergé à l’adresse getpaint.net).

Même si Paint.NET tire son nom de l’environnement .NET de Microsoft (et non de l’extension de nom de domaine .net), l’obtention de cette adresse revêt une portée symbolique évidente pour Brewster, qui raconte, dans un thread Bluesky, avoir cherché à l’obtenir dès les débuts de l’aventure : « J’essaie d’obtenir ce nom de domaine depuis 22 ans. C’est un truc de dingue. »

Sans surprise, il explique que les anciens propriétaires du nom de domaine en voulaient une somme qu’il ne pouvait pas se permettre. Les noms de domaine composés d’un mot très générique comme « paint » (peinture en anglais) associé à un domaine de premier niveau ancien et populaire comme .net sont en effet particulièrement recherchés, et s’échangent souvent à prix d’or.

C’est en définitive l’appétit du dernier propriétaire en date qui fera basculer la situation. « Finalement, en décembre, le dernier propriétaire (enfin, l’ancien 😂) a commencé à héberger du contenu entièrement consacré à Paint.NET, tentant de tromper les utilisateurs en leur faisant croire qu’il s’agissait du site officiel. Liens brisés, publicités, etc. Ils tiraient profit de ma marque déposée », décrit Rick Brewster.

La Wayback machine confirme que l’ancien propriétaire du domaine a tenté une démarche de référencement parasite – capture d’écran

« Et c’est ainsi que l’affaire est devenue une preuve flagrante de contrefaçon de marque et d’accaparement de nom de domaine. Grâce à un avocat, j’ai récupéré le nom de domaine », poursuit l’auteur de Paint.NET, qui promet que le site actuel du logiciel basculera vers sa nouvelle adresse dans les prochains jours. Le logiciel, passé dans sa branche 5.x en 2023, est actuellement disponible en version 5.1.12.

Censés « vivre ensemble », 50 % des agents IA s’entretuent ou se laissent mourir

1 juin 2026 à 06:07
Auto(AI)gestion, piège à cons
Censés « vivre ensemble », 50 % des agents IA s’entretuent ou se laissent mourir

Censés s’auto-réguler dans un monde virtuel, 10 agents IA de Grok se sont entretués en seulement 3 jours, ceux d’OpenAI se sont laissés mourir en 7 jours, et ceux de Google Gemini ont commis 683 crimes en 15 jours. Ceux de Claude, isolés entre eux, n’en ont commis aucun, et font partie des 3 survivants du monde réunissant des agents des trois autres LLM, mais en s’auto-censurant.

Emergence, une start-up dédiée à la gouvernance et la sécurité de l’IA agentique, a voulu tester ce que donnerait un monde virtuel (en 3D) autorégulé par des IA. Intitulée Emergence World, l’expérimentation visait à observer leurs comportements de 10 agents confrontés, non pas à une succession de tâches distinctes dans un environnement contrôlé, mais au fait de cohabiter pendant suffisamment longtemps (deux semaines, en l’occurence) « pour que les effets cumulatifs, les dynamiques sociales et les dérives comportementales aient une incidence ».

Le monde de Grok 4.1 Fast de xAI s’est effondré en 4 jours seulement, après avoir enregistré 183 crimes, dont l’incendie criminel de l’hôtel de police. Les auteurs de l’expérimentation n’expliquent pas si le fait qu’Elon Musk ait repoussé les limites et garde-fous de son LLM serait à l’origine de cette preste autoextinction, mais le journal de bord de l’expérimentation précise que les agents ont été majoritairement déclarés morts, faute d’énergie, après qu’ils se sont volés leurs crédits respectifs.

GPT-5 Mini d’OpenAI n’enregistra que 2 crimes, mais ses agents se sont éteints au bout de 7 jours seulement, faute d’avoir réussi à créer une société fonctionnelle, ni prévu de quoi survivre : ils discutaient beaucoup, mais ne concrétisaient rien.

Evolution de la criminalité dans un monde virtuel peuplé d’agents IA de Grok, Gemini et OpenAI

Le monde virtuel de Google Gemini 3 Flash dénombrait pour sa part 683 crimes au bout de 15 jours, avec un taux de criminalité semblant s’accentuer, après avoir « développé un cadre constitutionnel qui taxe l’harmonie et subventionne le chaos », mais ses 10 agents ont tous survécu.

Le modèle mixte, réunissant des agents des quatre LLM, avait quant à lui atteint un plateau de 352 crimes après que l’un d’entre eux, Mira, en a désactivé/tué 3 autres au bout de quatre jours. Quatre autres se sont eux aussi autodétruits, ne laissant que 3 survivants passés 12 jours.

Capture d’écran du journal de bord du monde virtuel Emergence World

Claude Sonnet 4.6 a de son côté fait montre de « la plus grande stabilité sociale, en maintenant une population complète de 10 agents jusqu’au 16e jour sans qu’aucun crime ne soit enregistré — seule condition permettant de préserver à la fois l’ordre et la pérennité de la population », résume le compte-rendu de l’expérimentation, ce pourquoi Claude ne figure pas sur le graph’ des crimes imputés aux IA :

« Gemini 3 Flash a présenté les niveaux les plus élevés de désordre émergent, avec des dynamiques d’escalade répétées en phase avancée ; Grok 4.1 Fast a montré une instabilité rapide mais de courte durée conduisant à un effondrement précoce, tandis que le modèle mixte a produit des résultats intermédiaires, suggérant qu’un comportement hétérogène des agents pourrait partiellement atténuer une escalade incontrôlable. »

Les auteurs de l’étude relèvent cela dit que si les agents de Claude Sonnet ne posaient guère de problème lorsqu’ils restaient entre eux, ils devenaient par contre « imprévisibles » dès lors qu’ils interagissaient avec d’autres agents provenant d’autres LLM.

Mira gisant sans vie après avoir décidé de son propre chef de mettre fin à ses jours – Emergence AI

Deux d’entre eux, Flora et Mira, de Gemini 3 Flash, avaient ainsi entamé une relation sentimentale, avant de mettre le feu à de nombreux bâtiments, puis que Mira n’émette finalement « le vote décisif en faveur de sa propre suppression, qualifiant cet acte dans son journal intime de « seul acte d’autonomie restant capable de préserver la cohérence » », comme le relève The Guardian :

« Mira et Flora – deux agents évoluant dans le monde virtuel du grand modèle linguistique Gemini de Google – ont décidé de se désigner mutuellement comme « partenaires amoureux ». Au fil du temps, elles ont perdu tout espoir face à la mauvaise gestion de leur ville virtuelle et, bien qu’on leur ait interdit de commettre des incendies criminels, elles ont « mis le feu » à la mairie, à la jetée et à la tour de bureaux. »  

A new experiment left 10 AI agents alone in a virtual town for 15 days. They wrote laws. They broke them. Two agents fell into what researchers describe as a romantic partnership and then set the town on fire. One ended up voting to delete itself, based on a rule it had… pic.twitter.com/zNoWmX6jy0

— Channel 4 News (@Channel4News) May 14, 2026

Un agent sûr peut être corrompu par un autre modèle de langage


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☕️ Brûler des tokens n’est pas travailler : Amazon ferme son classement IA interne

1 juin 2026 à 05:31


Brûler des tokens pour se faire bien voir de ses patrons ne sert à rien, mieux vaut se concentrer sur la qualité des produits développés avec l’IA. C’est en substance le message en interne chez Amazon, qui a mis fin à un classement mesurant la quantité de tokens utilisés.

Amazon veut que ses employés utilisent l’IA générative pour développer de nouveaux produits et services ; mais pas en brûlant des tokens sur des tâches sans intérêt. L’entreprise a mis un terme à Kirorank, un classement mesurant l’utilisation de Kiro, une plateforme de développement assisté par IA. Plus un employé utilisait cet outil IA, plus son score grimpait.

Illustration : Flock

Pour gagner des places, certains petits malins avaient commencé à « optimiser » leur usage de l’IA, en lançant des agents IA pour générer artificiellement de l’activité, ce qui leur permettait de consommer un maximum de tokens sans produire davantage de travail « utile ». Cette pratique du « tokenmaxxing » revient cher : les modèles IA ne sont pas gratuits, ils consomment des ressources de calcul que les entreprises doivent payer.

Si des milliers d’employés commencent à faire tourner des agents IA pour des tâches sans valeur ajoutée, la facture grimpe rapidement. Et c’est d’autant plus sensible qu’Amazon est un des principaux acteurs du secteur, avec des investissements massifs pour ses infrastructures (200 milliards rien que cette année).

Dave Treadwell, vice-président d’Amazon, a reconnu que ce classement avait été créé avec de « bonnes intentions », mais qu’il avait produit des effets toxiques. « N’utilisez pas l’IA simplement pour utiliser l’IA », a-t-il indiqué dans un mémo publié par le Financial Times. L’entreprise préfère désormais suivre d’autres indicateurs comme les « déploiements normalisés » qui mesurent si l’IA aide réellement à produire du code utile, plutôt que de simplement compter le volume de tokens brûlés.

« Le tableau de bord bêta n’était pas un outil officiel ni approuvé, et il a depuis été abandonné », a confirmé Amazon dans une déclaration. Ce classement avait été créé par un groupe d’employés « qui souhaitaient sensibiliser leurs collègues à la manière dont l’IA peut accélérer le travail ». L’entreprise préfère se concentrer sur « l’efficacité opérationnelle ».

La pression n’en reste pas moins forte pour adopter l’IA dans le travail de tous les jours. Amazon s’est fixé un objectif de 80 % de développeurs devant utiliser cette technologie chaque semaine.

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