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Datacenters : Google affirme prélever 72 % de son eau en zone peu stressée… vraiment ?

2 octobre 2026 à 15:04
Les comptes sont bons Kevin ?
Datacenters : Google affirme prélever 72 % de son eau en zone peu stressée… vraiment ?

Cela fait maintenant trois ans que Google fait cavalier seul sur ses pourcentages d’eau douce prélevée dans des zones avec un niveau de stress hydrique faible, moyen ou élevé. Nous avons décidé de recalculer ses propres chiffres par rapport au standard du secteur, le WRI. Le référentiel de Google avantage Google, mais ce dernier affirme surtout qu’il est plus précis.

Google est l’un des plus gros consommateurs d’eau dans le monde des datacenters, avec plus de 50 millions de m³ prélevés en 2025. On ne parle que des prélèvements directs, pas de l’eau utilisée pour la production de l’électricité qu’il consomme (43,6 TWh en 2025, quasiment autant que le Portugal).

1 m³ reste dans tous les cas 1 m³. Le volume ne change pas, mais il peut avoir une influence suivant l’endroit dans le monde où il est prélevé. Dans les zones où l’accès à l’eau est facile, le niveau de stress est faible.

Cadre maison de Google vs WRI (et le reste du monde)

Le World Resources Institute (WRI), un organisme américain à but non lucratif qui se consacre aux questions environnementales, publie une carte des niveaux de stress hydrique dans le monde. Il s’agit de l’Aqueduct Water Risk Atlas, que nous avons intégré dans notre carte mondiale des datacenters. Les données en question ne sont pas celles de 2025, mais correspondent à la situation moyenne de 2019 (pas de mise à jour pour l’instant).

Le WRI est largement utilisé dans l’industrie pour estimer le pourcentage d’eau prélevé dans des zones avec un niveau de stress hydrique faible, moyen ou fort. En réalité il y a cinq niveaux : Low à moins de 10 %, Low-Medium à 10–20 %, Medium-High à 20–40 %, High à 40–80 % et Extremely High à plus de 80 %. Ils sont généralement (comme ici) regroupés en trois : faible (moins de 20 %), moyen (de 20 à 40 %) et élevé (plus de 40 %).

Google l’utilisait d’ailleurs jusqu’en 2023 (pour les données de 2022), avant de passer sur son propre « cadre d’évaluation des risques » (ou Water Risk Framework). C’est uniquement pour ses datacenters, le WRI reste de mise pour les prélèvements d’eau des bureaux de Google.

L’entreprise explique avoir utilisé des outils comme le WRI et reconnait qu’ils « sont précieux pour une évaluation préliminaire à l’échelle des régions et des bassins versants », mais ajoute qu’ils « ne sont pas destinés à saisir des détails plus granulaires ». De plus, Google rappelle à juste titre que « dans certains cas, l’approvisionnement en eau d’un site peut se situer dans un bassin géographique différent de celui où se trouve ce site », mais sans indiquer où se trouvent les approvisionnements de ses datacenters.

Son protocole est selon l’entreprise « évalué par des pairs », mais il n’est pas publié en détail… et donc non reproductible. Le rendre accessible aurait permis de mieux comprendre l’approche, de vérifier les chiffres et aurait permis à d’autres de l’utiliser.

Selon Google, 72 % des prélèvements sont dans des zones à faible risque

Voici les chiffres du rapport de 2026 (données de 2025) sur les prélèvements en eau douce, selon Google. Nous avons ajouté entre parenthèses la variation par rapport au rapport de 2025 (sur des données de 2024).

  • Risque faible : 72 % (stable)
  • Risque moyen : 15 % (+ 1 point)
  • Risque élevé : 13 % (- 1 point)

À l’aide de notre carte mondiale des datacenters, nous avons calculé les chiffres sur la base du WRI. Dans son rapport, Google donne les prélèvements et la consommation d’eau pour sa quarantaine de datacenters dans le monde, avec le cas échéant l’eau douce ou non. À Douglas County (États-Unis), Eemshaven (Pays-Bas) et Saint-Ghislain (Belgique), la différence est particulièrement notable : la grande majorité de l’eau prélevée est non potable.

Selon nos calculs sur le WRI, c’est bien moins


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arXiv limite les soumissions à 2 par mois pour faire face à la submersion due à la genAI

2 octobre 2026 à 14:53
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arXiv limite les soumissions à 2 par mois pour faire face à la submersion due à la genAI

Submergée par les propositions d’articles générés par IA, la plus ancienne et populaire des plateformes de prépublication scientifique resserre encore ses restrictions de soumissions.

La soumission incessante d’articles générés par IA commence à épuiser les équipes de plateformes de prépublications scientifiques. On l’a vu très récemment avec le cas du chercheur Nicholas Polson qui a mis en ligne plus de 200 prépublications depuis le début de l’année, essentiellement sur la plateforme SSRN de la multinationale Elsevier.

Mais la plus ancienne et populaire de ces plateformes n’est pas épargnée, au contraire. En octobre 2025, elle prenait la décision de ne plus accepter aucune prépublication d’articles de synthèse ou d’argumentaires sur l’IA. Dans ce champ disciplinaire, seuls les articles sur une nouveauté scientifique sont acceptés depuis.

En mai dernier, elle avait annoncé la mise en œuvre d’une sanction spécifique concernant l’utilisation de l’IA : une suspension d’un an pour celles et ceux qui soumettent des articles générés par IA qui n’ont manifestement pas été vérifiés. Après cette suspension, arXiv n’accepte de nouveau des articles signés par l’auteur confondu que s’ils ont été acceptés par des revues ou des conférences (ce qui enlève beaucoup d’intérêt à soumettre sur la plateforme).

Les soumissions d’articles à arXiv continuent de grimper

Mais ces mesures ne semblent pas avoir suffi. Rien que pour le domaine de l’IA, les soumissions continuent à monter en flèche :

Et arXiv précise que pour les autres domaines, les soumissions ont doublé depuis janvier 2024.

Pour la plateforme, limiter les soumissions par utilisateur s’impose de plus en plus. « Avant l’avènement de l’IA, il existait une limite pratique clairement identifiable quant au rythme auquel des soumissions indépendantes pouvaient être produites, et les modérateurs bénévoles d’arXiv limitaient le nombre de soumissions des auteurs qui dépassaient largement ce seuil », explique-t-elle dans un billet de blog.

Mais maintenant, « les outils d’IA devenant de plus en plus sophistiqués et accessibles aux auteurs, la « limite pratique » du nombre d’articles pouvant être soumis fait désormais l’objet d’un débat », ajoute-t-elle.

La limite des bénévoles est atteinte

Surtout que la plateforme s’appuie sur des bénévoles. « Une proportion relativement faible d’auteurs soumet un grand nombre d’articles de mauvaise qualité et accapare une part disproportionnée du temps des modérateurs », souligne le président du Conseil consultatif éditorial d’arXiv, Thomas Dietterich. « Cette situation est injuste pour les auteurs qui continuent à soumettre des articles de qualité : leurs articles peuvent en effet subir des retards de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines », constate-t-il.

Deux soumissions par mois, une limite raisonnable

L’équipe a choisi de mettre en œuvre une limite de deux soumissions par mois (calendaire) par auteur ainsi qu’une limite de trois soumissions en attente de vérification. Cette limite s’applique de toute façon, même si les articles soumis avant ont été rejetés. Elle rappelle aussi que « les articles soumis à arXiv doivent présenter des travaux de recherche originaux, novateurs et significatifs, constitués en un tout cohérent et s’inscrivant dans les catégories d’arXiv ».

En décidant cette limite drastique du nombre de soumissions par auteur, arXiv semble avoir trouvé le bon moyen de limiter la submersion. En effet, il n’est pas simple de créer un compte sur la plateforme et un auteur qui aurait envie de soumettre plus d’articles ne peut pas éviter la restriction via un nouveau compte. Ainsi, libre à chacun de choisir les deux articles maximum qu’il veut mettre en ligne sur arXiv pendant un mois, ce qui est déjà une limite très importante comparée au taux moyen de publication des chercheurs dans des revues scientifiques.

☕️ Fuite de données : et de quatre pour LDLC

2 octobre 2026 à 14:29


LDLC envoie actuellement des e-mails pour prévenir ses clients d’une nouvelle fuite de données. « Nous vous informons qu’un acte malveillant a permis un accès non autorisé à l’un de nos systèmes d’information, susceptible d’avoir entraîné la consultation de certaines données vous concernant », indique l’entreprise dans le courrier.

Les données concernées ? Pratiquement tout ce qu’il est possible d’avoir hors informations bancaires et de connexion : nom, prénom, adresse postale, adresse e-mail, fax, téléphone portable, téléphone fixe, langue du client, type de salutation (monsieur, madame…), codes clients techniques, type de client (particulier ou professionnel), date de dernière connexion sur le compte client web et date d’inscription sur le site.

« Vos données bancaires (RIB, numéro de carte), vos identifiants de connexion ou mots de passe n’ont pas été concernés », se dépêche d’ajouter LDLC. L’entreprise dit avoir immédiatement isolé la partie concernée de son infrastructure, révisé sa stratégie d’accès correspondante et notifié l’incident à la CNIL, « conformément à la réglementation applicable ».

Vitrée brisée

Comme toujours dans ce genre de cas, les données dérobées « pourraient être utilisées pour des tentatives de fraude et de hameçonnage (phishing) », prévient LDLC. S’ensuivent plusieurs conseils, comme ne pas cliquer sur des liens reçus par SMS ou e-mail, ou ne jamais communiquer ses informations personnelles, identifiants et coordonnées bancaires par e-mail, SMS ou au téléphone. On fera remarquer, non sans ironie, qu’un nombre croissant d’entreprises s’en chargent pour nous.

Pour LDLC, c’est le quatrième incident de ce type depuis 2021. Cette année-là, l’entreprise annonçait avoir été attaquée par le groupe de pirates Ragnar Locker, qui avait mis en vente 29,5 Go de données internes. Puis 2024 avait marqué un doublé : d’abord le 29 février avec le vol des données de 1,5 million de clients, puis en décembre, sans savoir cette fois combien de personnes sont concernées.

[MàJ] Ubuntu 26.10 est disponible avec GNOME 51 et un noyau Linux 7.3

15 octobre 2026 à 12:49
Rouille et préversions
[MàJ] Ubuntu 26.10 est disponible avec GNOME 51 et un noyau Linux 7.3

La version finale d’Ubuntu 26.10 est désormais disponible. Canonical a fait quelques choix « audacieux » dans le choix des composants, avec notamment un noyau Linux 7.3 non finalisé.

Mise à jour du 15 octobre : la version finale d’Ubuntu 26.10 est maintenant disponible au téléchargement depuis le site officiel. Les variantes officielles (flavours) ne sont pas encore toutes passées à la nouvelle mouture, ce qui devrait être réglé dans les heures qui viennent.

On note l’apparition pour la première fois d’images ISO pour l’architecture RISC-V, à la fois pour la version classique d’Ubuntu et pour la variante Xubuntu (Xfce). Dans le premier cas, ces images sont encore uniquement accessibles depuis le dépôt Daily (compilations quotidiennes, non stable) , alors que dans le second l’image ISO stable est disponible.

Enfin, Canonical a indiqué que la prochaine version d’Ubuntu, la 27.04, sera nommée « Tenacious T-Rex ».

Article original du 2 octobre : Canonical avait prévenu que la bêta d’Ubuntu 26.10 serait en retard. Elle devait sortir initialement le 24 septembre, mais a été repoussée d’une semaine. Elle a bien été mise à disposition le 1ᵉʳ octobre, mais les personnes intéressées ont moins de deux semaines pour faire leurs tests, car la version finale est toujours prévue pour le 15 octobre. 

Cette première bêta concerne l’ensemble des éditions officielles de la distribution. C’est donc vrai pour les variantes Desktop, Server, WSL et Cloud, mais également pour Edubuntu, Kubuntu, Lubuntu, Ubuntu Budgie, Ubuntu Cinnamon, UbuntuKylin, Ubuntu MATE, Ubuntu Studio, Ubuntu Unity et Xubuntu.

Comme nous l’indiquions récemment, Ubuntu 26.10 sera une version intermédiaire, donc non LTS (Long Term Support). Les personnes qui ont installé Ubuntu 26.04 ne l’auront donc pas, à moins de modifier le paramètre associé. Ces versions intermédiaires ont un support de neuf mois et sont faites pour être mises à jour tous les six mois. Les versions LTS, pour rappel, ne sont mises à jour que tous les deux ans.

Comment ça, un noyau pas finalisé ?


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Deepfakes sexuels : Cloudflare, Google et Namecheap accusés de ne pas agir suffisamment

2 octobre 2026 à 09:47
À grand pouvoir, grandes responsabilités
Deepfakes sexuels : Cloudflare, Google et Namecheap accusés de ne pas agir suffisamment

Depuis quelques années, la création et diffusion de deepfakes pornographiques ont explosé sur Internet. Trois chercheurs pointent la responsabilité des fournisseurs de services comme Cloudflare, Namecheap et Google dans la diffusion de ces images violentes qui poussent souvent les victimes-survivantes dans une rupture sociale.

En mai 2025, MrDeepfakes, l’un des sites les plus courus pour produire ce type de contenu, a fermé en annonçant qu’« un prestataire de services essentiel a mis fin définitivement à ses prestations. La perte de données a rendu impossible la poursuite de l’activité ». Les chercheuses et chercheurs Sarah Morgan, Sophie J. Nightingale et Hany Farid pointent, dans une étude, la responsabilité des fournisseurs de services : « une poignée des plus grandes entreprises Internet mondiales fournissent l’infrastructure de base (hébergement web, réseau de diffusion de contenu, etc.) » des sites de deepfakes, montrent-ils en citant notamment Cloudflare, Namecheap et Google.

Même si SpaceXAI est allègrement l’une des entreprises qui a généré et hébergé le plus de contenus de deepfakes à caractères sexistes et sexuels ces derniers temps, d’autres sites ont prospéré sur ce phénomène violent.

Cloudflare, Google et d’autres géants du numérique supportent les infrastructures de ces sites

Comme l’expliquent les trois chercheurs dans leur article publié dans la revue Journal of Online Trust and Safety, la détection des deepfakes a progressé de 500 000 images en 2023 à 8 millions en 2025. Ces chiffres sont des estimations des deepfakes en général, mais une étude montre que la plupart sont générées pour cibler les femmes dans l’intention de produire des images sexualisantes sans consentement.

Dans leur étude, ils se sont intéressés « au rôle que joue l’infrastructure technologique générale — souvent invisible — dans la création et la diffusion » de ces deepfakes en analysant pendant un mois et demi 88 sites hébergeant des deepfakes de célébrités trouvés via des recherches par mots-clés et par des alertes Google, dont 38 uniquement dédiés aux deepfakes à caractères sexistes et sexuels.

En analysant ces sites, ils se sont rendu compte que la plupart (80) étaient des sites de vidéos pour adultes, cinq étaient des forums pour adultes. Enfin, pour les trois autres, l’un était un forum généraliste avec un fil de discussion spécifique sur le sujet, un autre était « une plateforme de créateurs accessible par abonnement contenant du contenu pour adultes » et le dernier était un site de partage de fichiers basé sur le cloud.

Concernant les fournisseurs de services de ces sites, « cinq acteurs se sont imposés comme des fournisseurs d’infrastructure dominants : Cloudflare, Google, Namecheap, WordPress et Protonmail », écrivent-ils.

Ainsi « Cloudflare a fourni la majeure partie des services, se classant en tête dans quatre des neuf composantes d’infrastructure : l’hébergement de sites web (64/105), le CDN (68/122), le DNS (67/87) et les outils d’analyse (56/144). Google occupait une position dominante dans la fourniture de certificats SSL (61/88) et d’espaces publicitaires (40/92). Namecheap, WordPress et ProtonMail étaient les principaux fournisseurs de services d’enregistrement de noms de domaine (27/88), de systèmes de gestion de contenu (49/58) et de services de messagerie (7/34) », expliquent-ils. Le constat était peu ou prou le même concernant la sous-partie des sites dédiés uniquement à ce genre de contenu.

Des chiffres impressionnants, mais qu’il convient de remettre en perspective : Cloudflare et Google sont omniprésents sur Internet, sur de nombreuses couches du réseau, notamment l’hébergement, le CDN, le DNS… Namecheap est connu pour pratiquer des tarifs peu chers par rapport à la concurrence, et attire donc facilement les personnes peu scrupuleuses souhaitant prendre un nom de domaine. WordPress est librement téléchargeable, il est impossible de bloquer la création de site avec ce CMS.

« Pas à un simple problème de création ou de modération »

« La prolifération de ces deepfakes à caractères sexistes et sexuels ne se résume pas à un simple problème de création ou de modération de contenu pour les producteurs et les plateformes d’hébergement ; il s’agit également d’un problème d’infrastructure engendré par les services — souvent cachés — qui permettent la création et la diffusion », concluent-ils.

Allant à rebrousse-poil de la neutralité des infrastructures, ces chercheurs estiment « que tous les fournisseurs d’infrastructures devraient bloquer de manière permanente les sites qui hébergent exclusivement ou principalement du contenu relevant [de ce genre de contenu]. Une interdiction permanente ne devrait bien sûr pas être prise à la légère et devrait être réservée aux seuls acteurs les plus répréhensibles ».

Ils s’appuient aussi sur l’exemple de la décision de Cloudflare prise en 2017 de fermer le compte du site néonazi The Daily Stormer pour montrer que ce genre d’infrastructure a la possibilité de mettre en œuvre ce genre de décision. « Nos conditions générales d’utilisation nous réservent le droit de résilier le compte des utilisateurs de notre réseau, à notre entière discrétion », écrivait à l’époque Matthew Prince, le CEO de Cloudflare.

Il a ensuite expliqué à ses équipes regretter cette décision : « Je me suis réveillé de mauvaise humeur et j’ai décidé que quelqu’un ne devrait pas avoir accès à Internet […] Personne ne devrait avoir ce pouvoir », a-t-il expliqué dans une lettre envoyée aux employés.

Depuis, on sent que le sujet est sensible pour Cloudflare, comme en témoigne la position de l’entreprise face à 8chan, après les tueries à El Paso et Dayton aux États-Unis en 2019 : « Nous tolérons à contrecœur les contenus que nous trouvons répréhensibles. Mais nous rejetons les plateformes qui ont démontré qu’elles inspiraient directement des événements tragiques et qu’elles étaient, par nature, sans foi ni loi. 8chan a franchi cette ligne. Il ne leur sera donc plus permis d’utiliser nos services ».

Il y a également eu le cas Kiwi Farms, un forum connu pour organiser des campagnes de harcèlement. Une « décision extraordinaire de notre part », explique Matthew Prince. Il ajoute même que c’est « une décision dangereuse avec laquelle nous ne sommes pas à l’aise ». Elle avait été prise car il y avait « une urgence sans précédent et une menace immédiate pour la vie humaine ».

Bloquer de manière permanente un site ou un compte n’a rien de compliqué, et bien sûr les géants du Net le font. Ce qui est par contre plus compliqué, c’est d’empêcher une personne malintentionnée de recréer un compte, avec une autre adresse.

Comme souvent sur Internet en pareille situation, on retombe sur le jeu du chat et de la souris, version 2.0. La solution pourrait être davantage du côté de la justice qui peut, elle, condamner directement les personnes responsables. Mais les auteurs cachent au maximum leur identité et les différentes juridictions mondiales n’aident pas.

Le harnais Pi passe en 1.0 : une alternative open source à Codex et Claude Code

2 octobre 2026 à 09:09
À bas le modèlarcat
Le harnais Pi passe en 1.0 : une alternative open source à Codex et Claude Code

Pi est un harnais minimaliste open source, compatible avec plus de 1 500 modèles et variantes. C’est une alternative à Claude Code ou Codex, sans dépendre des modèles d’Anthropic ou d’OpenAI. Il vient de passer en version 1.0.0, signe de maturité selon ses développeurs. Pi Durable, capable de résister à des pannes « catastrophiques », est aussi présenté.

Dans le monde des intelligences artificielles, on parle souvent des chatbots : vous posez une question, ils répondent. Mais il y a beaucoup plus que cela : associées aux bons outils, les IA génératives peuvent générer du code, lire des fichiers, exécuter des commandes, etc.

Le harnais Pi est un agent IA minimaliste, mais extensible

On distingue alors souvent deux éléments : le modèle en lui-même (un peu le cœur du réacteur) et le harnais. Le modèle ne fait que générer du texte ou du contenu multimédia, tandis que le harnais regroupe tout ce qui tourne autour du modèle pour lui permettre d’accéder à des fichiers, de faire des recherches sur Internet, etc.

Vous connaissez certainement déjà des harnais, Claude Code par exemple, avec un moteur limité aux modèles d’Anthropic. Avec d’autres harnais, vous n’êtes pas limité sur les modèles (commerciaux ou à poids ouverts, en local) et pouvez ajouter celui que vous voulez, le remplacer en cours de route, etc. Pi est l’un de ces harnais ; il joue sur le côté minimaliste et vient de passer en version 1.0.0.


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Présidentielle 2027 : un débat sur l’IA entre souveraineté et clivages rejoués

2 octobre 2026 à 08:41
Let's agree to disagree
Présidentielle 2027 : un débat sur l’IA entre souveraineté et clivages rejoués

À Marseille, huit représentants des candidats à l’élection présidentielle ont débattu de l’intelligence artificielle sous l’égide des médias du groupe CMA-CGM. Entre souveraineté, réglementation et investissements dans les datacenters, les échanges ont surtout permis de rejouer les clivages existants entre les différentes forces en présence.

Quelle sera la vision stratégique de la France pour l’IA lors du prochain quinquennat ? Les médias du groupe CMA-CGM (BFM, La Tribune, Brut, La Provence) ont réuni le 25 septembre dernier huit représentants des candidats à l’élection présidentielle de 2027 pour ce qui devait être le premier « grand débat IA de la présidentielle ».

Organisé dans le cadre d’un événement commercial plus largement consacré à l’intelligence artificielle et à ses acteurs, le débat n’a pas permis aux huit forces en présence de confronter directement leurs points de vue. Il a en réalité pris la forme de deux tables rondes successives et relativement déséquilibrées.

La première réunissait un candidat déclaré, Olivier Faure (Parti socialiste), un probable candidat, Xavier Bertrand (Les Républicains, mais qui parle de se lancer en indépendant), et trois lieutenants : Sarah Knafo pour Reconquête, Manuel Bompard pour La France insoumise et Alexandre Loubet pour le Rassemblement national.

Deux représentants du bloc central, Paul Midy pour Renaissance et Laurent Marcangeli pour Horizons, et le député européen David Cormand pour Les écologistes, ont ensuite embrayé pour une seconde séquence.

L’IA entre menaces et opportunités

Relativement convenue, la question n’en est pas moins importante, particulièrement pour ce débat thématisé qui constitue une première dans la campagne en cours : l’IA doit-elle être perçue comme une menace ou comme une opportunité ?

Tous s’accordent à dire que l’IA, générative ou non, est un vecteur de progrès, mais que les ruptures qu’elle est susceptible d’entraîner soulèvent des risques dont le politique doit s’emparer. Pour Sarah Knafo et Xavier Bertrand, il serait contre-productif, voire dangereux, d’aller contre le mouvement. « L’IA est là, soit on surfe sur cette vague, soit on va se réfugier dans un château-fort et on commence à faire bouillir de l’eau », ironise le président de la région Hauts-de-France. « Soit nous la maitrisons, soit nous la subirons », soutient également Alexandre Loubet, conseiller de Jordan Bardella au RN.

Les trois évoquent le risque que prendrait la France à se laisser dépasser par les acteurs étrangers, États-Unis et Chine en tête. « Les Français se sont emparés de l’IA bien avant leurs politiques », lance Sarah Knafo, selon qui la classe dirigeante actuelle ferait preuve de dédain vis-à-vis de la technologie, quand d’autres pays ne s’embarrassent pas d’autant de scrupules. La représentante de Reconquête se dit opposée à toute régulation, notamment pour tout ce qui touche aux risques de type deepfakes ou tentatives d’extorsion : « pour ça, on a notre code pénal. Les faussaires existent depuis toujours ».


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Elon Musk va évaluer les futurs visages de la guerre pour le Pentagone

2 octobre 2026 à 07:12
Du boeuf et des patates
Elon Musk va évaluer les futurs visages de la guerre pour le Pentagone

Le patron de SpaceXAI va participer à la création d’un important rapport prospectif sur les futurs visages de la guerre. Outre son retour officiel dans les sphères du pouvoir, plusieurs médias pointent les risques de conflits d’intérêt.

Le 30 septembre, le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a tenu un grand discours à la base des Marines de Quantico. Entre autres diatribes contre l’éternel « wokisme », se félicitant en particulier d’avoir sorti les « clowns idéologues » et d’avoir augmenté le nombre de tests de testostérone chez les soldats, il a évoqué une réduction de 20 % du nombre de généraux et amiraux. « Aujourd’hui, les médias parlent de purge. Moi, j’appelle cela rendre des comptes, et ça aurait dû être fait depuis longtemps », a-t-il déclaré, comme le relève Le Monde.

Le ministre était surtout venu annoncer six initiatives pour l’armée, dont plusieurs se distinguent par leur importance potentielle. C’est le cas notamment de l’Autonomous Warfare Command (Commandement de la guerre autonome).

Le communiqué le présente comme devant étendre la guerre autonome à l’ensemble des forces interarmées, sous la forme d’un « commandement de combat fonctionnel à quatre étoiles d’ici le 1ᵉʳ octobre 2027 ». Il s’appuie sur le programme Drone Dominance, qui aurait livré des milliers de systèmes robotisés au Moyen-Orient dans le cadre de l’opération Epic Fury.

De la bataille d’Azincourt à FORTRESS

Pour accoucher de ce commandement, une structure de transition chargée de préparer le terrain est mise en place, sous le nom de « Project Agincourt ». Agincourt, qui se traduit en français par Azincourt, est le nom d’une célèbre bataille de la Guerre de Cent Ans (en 1415), au cours de laquelle la chevalerie française fut écrasée par les Anglais et leurs redoutables arcs longs.

Le nom ne fait pas tant référence à la défaite française en elle-même qu’à la possibilité d’employer une arme bon marché en masse, qui l’emporte alors sur une force plus coûteuse et plus « prestigieuse ». Le projet a été confié au DRPM-UxS (Direct Reporting Portfolio Manager for Unmanned Systems), un poste créé trois mois plus tôt pour regrouper les activités du ministère de la Guerre dans le domaine des systèmes non habités.

Autre initiative importante, FORTRESS, pour « Federal Operations for Resilience, Troop Resources, Energy, Supply, and Survivability ». À terme, chaque grande installation militaire américaine produirait ainsi sa propre électricité de façon autonome, pour continuer à fonctionner si le réseau civil tombe à la suite d’une cyberattaque ou d’un sabotage.

Cette initiative prévoit aussi de relocaliser les chaînes d’approvisionnement critiques : terres rares, métaux spéciaux, semi-conducteurs et ergols. Elle comprend également la constitution de réserves stratégiques de munitions, de carburant, de médicaments et de sang. Enfin, elle couvre le durcissement des installations contre les intrusions informatiques, le sabotage et les drones, ainsi que la protection des satellites et du spectre radioélectrique.

Meridian et le « retour » d’Elon Musk

Outre la création d’une nouvelle grande base sur le sol national ou encore celle d’un « Bureau des affaires religieuses », on remarque sous le projet Meridian. Il s’agit d’une étude prospective qui doit couvrir tous les domaines de combat futurs, des profondeurs souterraines à l’espace cislunaire. Cette mission doit aboutir sous 120 jours à un rapport public non classifié, mais accompagné d’une annexe classifiée. L’échéance est fixée au 28 janvier 2027 par le mémorandum, qui prévoit que le projet soit commandé par l’intermédiaire d’une organisation partenaire (aucun nom n’a été donné).

Si le projet Meridian fait couler de l’encre, ce n’est pas tellement parce qu’il sera piloté par Emil Michael, directeur technique du ministère de la Guerre, mais parce qu’il y associe Elon Musk, Palmer Luckey et Newt Gingrich. Beaucoup y voient un retour du patron de SpaceXAI dans le giron de la Maison-Blanche, même s’il faut nuancer le propos. Dans le cadre de Meridian, son rôle relève du Pentagone, il ne revient pas dans l’exécutif présidentiel, comme c’était le cas quand il pilotait le DOGE. En outre, la mission est bornée dans le temps et limitée à un rapport.

Selon le magazine Time, le processus de réconciliation avec Donald Trump aurait commencé en décembre 2025 lors d’une « réunion clandestine » à la Maison-Blanche. Le président aurait passé plusieurs heures à tester Grok, le chatbot IA de SpaceXAI. Il aurait notamment demandé comment les Vénézuéliens réagiraient si les États-Unis capturaient Maduro, alors au pouvoir. Grok aurait caractérisé ce dernier de « dictateur répressif et profondément impopulaire », ce qui aurait aidé Donald Trump à décider sa capture le mois suivant.

En revanche, la question des conflits d’intérêts bat son plein. Axios rappelle par exemple que les entreprises d’Elon Musk et de Palmer Luckey détiennent d’importants contrats avec le Pentagone. SpaceXAI assure ainsi l’essentiel des lancements liés à la sécurité nationale, tandis qu’Anduril fournit brouilleurs, intercepteurs, moteurs de roquette et drones d’accompagnement. Même Fox News, pourtant favorable à l’administration, relève que des dirigeants d’entreprises en concurrence pour des marchés de défense vont aider à définir les capacités que l’armée devrait acquérir.

Clément Le Ludec : « Ne pas voir le travail de données nécessaire à l’IA nous arrange »

2 octobre 2026 à 06:37
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Clément Le Ludec : « Ne pas voir le travail de données nécessaire à l’IA nous arrange »

Dans son essai Les damnés de la donnée, publié ce 2 octobre chez Raisons d’Agir, le sociologue Clément Le Ludec explore les conditions de travail des annotateurs de données destinées au marché français. Il argumente pour une réelle valorisation de leur expertise dans la chaîne de fabrication de l’IA.

Ce 2 octobre, Clément Le Ludec publie Les damnés de la donnée, La subalternisation du travail de l’intelligence artificielle chez Raisons d’Agir. Dans cet essai de 190 pages, l’auteur constate que derrière les récits d’automatisation qui promeuvent le déploiement de l’intelligence artificielle, le travail de préparation des données nécessaire à la fabrication et à l’amélioration de ces technologies est oublié.

Next s’est entretenu avec le sociologue, parti enquêter sur les conditions de travail des annotateurs malgache, dont l’activité est essentielle au marché française de l’IA, et auprès de fondateurs de start-ups françaises du secteur de la tech.

>> Quelle a été la genèse de cette étude ?

En 2018, j’ai commencé par travailler avec Paola Tubaro et Antonio Casilli sur le projet Digital platform labor (DiPLab), à faire de l’enquête sur les micro-travailleurs français. À l’époque, on parlait beaucoup de micro-travail, ou de travailleurs du clic, pour évoquer toutes ces tâches de gestion de données nécessaires à l’entraînement et l’amélioration continue des systèmes algorithmiques.

Pendant un an et demi, on s’est intéressé à sa forme en France, en tentant d’éclaircir des questions comme : est-ce que ces activités fournissent un complément de revenu, ou est-ce qu’elles constituent un vrai travail, au sens d’activités essentielles pour vivre. Dans notre échantillon, nous avions beaucoup de personnes qui vivaient du revenu de solidarité active (RSA), or dans ces conditions, gagner 50 euros par mois avec du travail du clic, ça représente quelque chose de plus important qu’un complément de revenu.

Cela dit, la littérature scientifique montrait que pour la langue anglaise, la plateforme Amazon Mechanical Turk (AMT) avait mené à une forte externalisation de l’annotation de données en Inde. Mais les impacts d’AMT ou de son concurrent Full Factory étaient assez peu explorés pour la France. Quand j’ai obtenu un contrat de thèse, je me suis dit qu’il fallait explorer ce qui se passait en Afrique francophone.

>> Pourquoi vous focaliser sur Madagascar ?

Pour plusieurs raisons. D’une part, quand je me penche sur le secteur du business process outsourcing (BPO, externalisation des processus métier), deux pays ressortent : le Maroc et Madagascar. Historiquement, les deux pays ont accompagné la numérisation de la France. Au moment où l’édition commence à vouloir numériser ses tapuscrits, ceux-ci sont envoyés par avion vers Madagascar, numérisés, mis sur disquette, puis renvoyés ici. La presse fait de même, notamment quand elle commence à avoir besoin de détourages d’images.


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☕️ Hausse de prix pour les Raspberry Pi 4 et 5 de 2 Go, qui passent à 66 et 76 euros

2 octobre 2026 à 06:19


C’est déjà la troisième hausse cette année. La première remonte à février et quasiment tous les modèles étaient touchés, la seconde en avril. La fondation expliquait alors avoir pu maintenir le prix des Raspberry Pi 4 et 5 avec 1 Go et 2 Go de mémoire, entre 35 et 65 dollars : « Ce sont des ordinateurs Raspberry Pi modernes, performants et polyvalents, proposés à des prix abordables ».

Eben Upton annonce que, face aux hausses incessantes du prix de la mémoire, la situation est « désormais devenue insoutenable, et à partir d’aujourd’hui, nous augmentons le prix des variantes 2 Go de 12,50 dollars, à 67,50 dollars pour le Raspberry Pi 4 et à 77,50 dollars pour le Raspberry Pi 5 ». Les versions avec 1 Go des Raspberry Pi 4 et 5 ainsi que celles avec 2 Go des Compute Module 4 et 5 restent au même prix.

Voici les prix actuels chez Kubii, un revendeur officiel du micro-ordinateur (âme sensible, s’abstenir) :

  • Raspberry Pi 4 1 Go : 41,70 euros
  • Raspberry Pi 4 2 Go : 66,30 euros
  • Raspberry Pi 4 3 Go : 87,75 euros
  • Raspberry Pi 4 4 Go : 123 euros
  • Raspberry Pi 4 8 Go : 192 euros
  • Raspberry Pi 5 1 Go : 50,94 euros
  • Raspberry Pi 5 2 Go : 76,80 euros
  • Raspberry Pi 5 4 Go : 136,80 euros
  • Raspberry Pi 5 8 Go : 216 euros
  • Raspberry Pi 5 16 Go : 360 euros

La fondation en est même à conseiller, suivant les usages, « d’envisager un modèle moins récent, comme le très populaire Raspberry Pi 3B, 3A+ ou 3B+, qui pourrait offrir les performances nécessaires pour votre projet à un coût moindre ».

Pour rappel, les prix officiels du Raspberry Pi 4 à son lancement étaient de 35, 45 et 55 dollars pour respectivement 1, 2 et 4 Go de mémoire. Le Raspberry Pi 5 de 2 Go est arrivé presque un an après le lancement de la cinquième génération (à partir de 70 euros pour 4 Go), pour 57 euros.

Face à ces envolées de prix, la fondation a bloqué via le firmware le changement sauvage de puce afin d’éviter, selon ses dires, que des personnes peu scrupuleuses soudent des puces de plus grande capacité, mais de moindre qualité. Cette position stricte a largement fait réagir, surtout venant d’un fabricant prônant l’ouverture et la bidouille.

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