Vue normale

Reçu aujourd’hui — 8 juin 2026 Next - Articles gratuits

iOS 27, macOS 27 : Apple met le paquet sur l’optimisation et la lisibilité de Liquid Glass

8 juin 2026 à 19:06
Ça sent le Snow Leopard
iOS 27, macOS 27 : Apple met le paquet sur l’optimisation et la lisibilité de Liquid Glass

Les rumeurs l’avaient promis, les utilisateurs Apple ont été servis : iOS 27 et les autres systèmes d’exploitation en « 27 » misent d’abord et avant tout sur l’optimisation de l’existant, au détriment des nouveautés. Difficile toutefois de s’en plaindre, ce d’autant que le constructeur en profite pour corriger les excès de Liquid Glass.

Une année « Snow Leopard ». L’expression est bien connue des utilisateurs de Mac (d’un certain âge, disons !). En 2009, Apple avait triomphalement annoncé que Mac OS X 10.6 (Snow Leopard) comptait très exactement… zéro nouvelles fonctions. Apple avait bourré son prédécesseur, Mac OS X 10.5 Leopard, de nouveautés et il était temps de faire le ménage.

Optimisations à gogo

iOS 27, macOS 27 et les autres systèmes d’exploitation fraîchement présentés durant la keynote de la WWDC 2026 suivent une feuille de route similaire. À tel point qu’aucun de ces OS n’a eu droit à une séquence à part, tout le monde a été mis dans le même sac de l’optimisation ! Apple promet ainsi un gain de performances pour l’iPhone, l’iPad et le Mac, des transferts AirDrop plus rapides (jusqu’à 80 %), des apps qui se lancent plus vite (jusqu’à 30 %), tout comme les photos après leur prise de vue (jusqu’à 70 %).

Au même rayon des améliorations, le constructeur met en avant une meilleure transition entre réseaux Wi-Fi et cellulaire, ainsi qu’un gros travail sur la recherche dans ses systèmes. De petits changements certes, mais très importants pour l’utilisation des appareils au quotidien. La recherche en particulier — dans Mail, Photos et Spotlight, autrement dit les fichiers en local — est souvent défaillante ou ne donne pas les résultats escomptés. Toute amélioration est donc bonne à prendre.

Mieux encore, iOS 27 devrait se montrer plus réactif sur des modèles d’iPhone un peu anciens grâce à l’optimisation pour ces terminaux du gestionnaire des tâches du processeur (CPU scheduler) qui fonctionnait jusqu’à présent sur les modèles récents. La bonne surprise, c’est qu’iOS 27 pourra être installé sur les mêmes iPhone qu’iOS 26 : le système est toujours compatible avec l’iPhone 11 de 2019 (et les suivants bien sûr).

Un verre beaucoup plus opaque

Apple a inauguré l’an dernier Liquid Glass, un « langage de design » pour toutes ses plateformes. Pour le meilleur comme pour le pire : la nouvelle interface basée sur des effets de transparence peut provoquer des problèmes de lisibilité vite pénibles ; il est parfois impossible de lire le libellé d’un bouton quand une image passe dessous.

Le bonheur…
… simple comme une réglette !

Le constructeur a légèrement revu sa copie dans la foulée d’iOS 26, mais le fait est que beaucoup d’utilisateurs n’apprécient toujours pas ces effets. iOS 27, iPadOS 27, macOS 27 – baptisé cette année « Golden Gate » – et watchOS 27 intègrent une réglette pour modifier la transparence de l’ensemble des éléments graphiques Liquid Glass. On devait donc retrouver des boutons opaques.

macOS bénéficie d’améliorations spécifiques. Les barres de menu perdent leur flou un peu bizarre et surtout, le panneau latéral du Finder et des apps (celui avec les trois boutons rouge, orange et vert) ne flotte plus par-dessus la fenêtre. Les utilisateurs Mac retrouveront donc un peu de leur sérénité perdue avec macOS 26 Tahoe.

L’optimisation et la fiabilité ont été un point important de cette keynote, mais pas le seul. Apple Intelligence et Siri ont eu droit à la part du lion, on y revient très vite.

☕️ Drift de la Switch : 35 millions d’euros d’amende contre Nintendo en France

8 juin 2026 à 12:42


Faire la sourde oreille a fini par coûter cher à Nintendo. Le constructeur japonais a accepté de payer une amende transactionnelle de 35 millions d’euros, après une enquête de la DGCCRF portant sur le fameux « drift » (un problème mécanique) qui affecte les manettes Joy-Con de la Switch première génération.

Ce drift est extrêmement pénible : mouvements fantômes et intempestifs, caméra ou personnages qui ne vont pas dans la direction voulue par le joueur… Ce problème mécanique affecte le joystick analogique des manettes. Nintendo a rechigné à reconnaitre le problème pendant des années, ce qui lui vaut aujourd’hui une amende salée que la filiale européenne a accepté de verser.

Le Service National des Enquêtes (SNE) de la Direction générale de la répression des fraudes s’était saisi du dossier, suite à une plainte de l’UFC-Que Choisir en 2020. Les enquêteurs ont considéré que Nintendo of Europe, en n’informant pas les consommateurs « de manière loyale » sur les dysfonctionnements de certains Joy-Con, a commis une pratique commerciale trompeuse entre 2018 et 2023.

Nintendo n’a en fait commencé à communiquer sur le sujet qu’à partir de 2020, soit trois ans après le lancement de la Switch 1, alors que le phénomène du drift était connu de l’entreprise depuis 2018 explique la DGCCRF. Une communication qualifiée de « tardive et parcellaire », reproche la SNE. Ce qui a pu conduire des consommateurs à se débrouiller pour faire réparer leurs manettes sans passer par le SAV de Nintendo, voire à en acheter de nouveaux.

Les enquêteurs avaient transmis les conclusions de leurs investigations l’an dernier au procureur de la République de Nanterre. Un accord a donc été trouvé avec Nintendo of Europe, contre un gros chèque.

Ce n’est qu’en 2023, et après une action coordonnée au niveau européen, que Nintendo a mis en place un programme de réparation sans frais des manettes affectées par le problème et ce, « jusqu’à nouvel ordre », y compris hors garantie constructeur.

Coronavirus : un antigène développé avec une IA, le vaccin est testé chez l’humain

8 juin 2026 à 07:42
De l'IA dans la seringue
Coronavirus : un antigène développé avec une IA, le vaccin est testé chez l’humain

Une équipe de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, a conçu et testé chez l’humain un vaccin expérimental pour contrer une sous-famille de coronavirus, dont le SARS-CoV-2, responsable du Covid-19. Sa particularité : l’antigène principal a été conçu par une plateforme d’IA développée par les chercheurs. La prudence reste de mise face à l’optimisme affiché par certains.

Une intelligence artificielle a servi à développer un type de vaccin « fondamentalement nouveau » contre une sous-famille de coronavirus : le SARS-CoV-1 (responsable de l’épidémie de SRAS en 2002 - 2003), le SARS-CoV-2 (mieux connu sous le nom de Covid-19) et d’autres sarbecovirus présents chez les animaux et susceptibles de franchir la barrière des espèces.

Un antigène conçu par IA

De l’aveu même des chercheurs, les premiers essais humains réalisés auprès de 39 personnes ont retourné des résultats mitigés. Les participants possédaient déjà un niveau élevé d’anticorps en raison de précédentes vaccinations contre le Covid.

Ces niveaux ont peu augmenté ; les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Infection, reconnaissent que le vaccin pEVAC-PS n’a pas démontré une capacité forte à renforcer l’immunité. Cela n’empêche pas certains de surfer sur cette vague, comme nous allons le voir. Une seconde étude clinique impliquant 200 participants permettra de se faire une meilleure idée des capacités du vaccin.

L’intérêt est ailleurs. Les chercheurs de l’université de Cambridge ont en effet révélé qu’il s’agissait du premier vaccin dont un élément clé a été entièrement conçu par une IA puis testé sur des humains. Le système a analysé les séquences génétiques de nombreux coronavirus pour concevoir un antigène synthétique ciblant leurs caractéristiques communes. L’antigène est l’élément clé du vaccin, c’est la molécule que le système immunitaire apprend à reconnaître pour ensuite neutraliser le virus. Le vaccin est le produit final administré au patient, avec l’antigène.

On ne parle pas d’un grand modèle de langage comparable à GPT. C’est une IA spécialisée qui conçoit un antigène capable d’entraîner le système immunitaire contre les caractéristiques communes à toute cette famille de virus (plutôt que contre une seule souche) en étudiant le patrimoine génétique de coronavirus connus. L’outil utilisé s’appelle DIOSynVax (digitally immune-optimized synthetic vaccine). Il est développé par une spin-out de Cambridge du même nom et utilise le machine learning, la startup n’en dit pas beaucoup plus sur son site.

Les vaccins sont généralement conçus à partir de souches déjà identifiées d’un virus. En analysant des séquences génétiques d’une batterie de coronavirus, l’IA a créé une sorte de « super-antigène » en mesure d’offrir une protection même face à de futures mutations ou à l’émergence d’un coronavirus d’origine animale.

La prudence reste de mise

« Il s’agit de mettre au point des vaccins qui nous protègent non seulement contre les virus d’aujourd’hui, mais aussi contre ceux qui pourraient être à l’origine de la prochaine épidémie ou de la prochaine maladie », explique le professeur Jonathan Heeney interrogé par la BBC. « C’est un changement fondamental dans notre manière de nous préparer aux pandémies ».

L’équipe va mettre son IA à contribution pour développer des vaccins contre la grippe, la grippe aviaire H5N1 et contre les fièvres hémorragiques virales comme Ebola, qui frappe en ce moment la République démocratique du Congo. L’épidémie actuelle a été provoquée par une souche du virus contre laquelle aucun vaccin n’existe. « Ce qui est vraiment intéressant, c’est que cette technologie semble beaucoup plus efficace pour concevoir des vaccins capables d’anticiper de futures pandémies, notamment lorsque les virus mutent rapidement », décrypte Saul Faust, qui a réalisé les essais à l’université de Southampton.

« Les premiers essais cliniques étant encourageants, cette technologie pourrait permettre d’accélérer le développement et la mise à disposition de vaccins au bénéfice des populations du monde entier », s’enthousiasme le ministre britannique des Sciences, Lord Vallance.

Une déclaration aussi optimiste que politique évidemment, alors que les chercheurs se font plus prudents dans leur publication scientifique : le vaccin n’a pas encore démontré sa capacité à offrir une protection large contre l’ensemble des sarbecovirus. Une étude de phase II devra désormais confirmer si l’approche tient ses promesses.

☕️ L’administration Trump envisage d’entrer au capital des géants de l’IA

8 juin 2026 à 06:15


Le gouvernement américain voudrait sa part du gâteau du boom de l’IA générative. L’administration Trump envisagerait d’investir au capital des principales entreprises du secteur. Sam Altman milite depuis longtemps pour une telle initiative.

L’administration Trump n’hésite pas à investir directement dans les entreprises américaines. On l’a ainsi vu acquérir 9,9 % du capital d’Intel. Et demain, elle pourrait s’octroyer une part au capital des principaux labos IA. C’est du moins l’idée qui flotte à Washington, selon le Wall Street Journal.

Donald Trump, interrogé à bord d’Air Force One sur le sujet, n’a pas caché son intérêt sur le sujet. « Il existe des idées selon lesquelles des parts pourraient être attribuées au public américain, de sorte que les Américains deviennent en quelque sorte partenaires de ces entreprises (…) C’est quelque chose de très intéressant, car cela reviendrait presque à créer un partenariat avec le public américain. Nous allons examiner cette possibilité. »

Trump a ajouté : « L’idée est que le peuple américain puisse bénéficier du succès de l’IA (…) C’est quelque chose qui le rendrait riche », promet-il. En échange de ce soutien public, le gouvernement américain profiterait de la valorisation future de ces entreprises. Anthropic et OpenAI sont dans les starting-blocks, avec des IPO record en vue. Les dividendes pourraient ensuite être redistribués à la population, via un fonds souverain ou tout autre mécanisme.

Sam Altman pousse cette idée depuis des années, avant même le lancement de ChatGPT. Le fondateur et patron d’OpenAI cherche manifestement à obtenir le soutien le plus large possible pour ces investissements : il a rencontré le sénateur Bernie Sanders ce mercredi, qui sur l’échiquier politique américain se trouve à l’exact opposé de l’administration actuelle. Mais sur cette question, les extrêmes pourraient se retrouver. Bernie Sanders travaille ainsi sur une mesure radicale : transférer 50 % du capital des principales entreprises d’IA vers un fonds public.

En avril, OpenAI avait effectivement proposé la création d’un fonds public qui investirait dans les entreprises d’IA et surtout, qui distribuerait les gains directement aux citoyens américains. Un dispositif parmi d’autres, dans un catalogue de mesures très politiques visant à faire accepter l’IA par le grand public.

Au vu de l’opposition actuelle de nombreux Américains — 71 % d’entre eux sont opposés à l’installation de datacenters IA — et aux menaces réelles ou supposées que cette technologie fait peser sur l’emploi, la création d’un mécanisme compensatoire n’est pas une idée complètement farfelue. Officiellement, rien n’a encore été décidé. Il faut aussi prendre en compte l’hypothèse impossible à écarter d’un éclatement de la bulle IA : ces investissements publics pourraient dès lors perdre énormément de leur valeur.

Mais sans parler de prise de participation, le gouvernement fédéral actuel a fait du soutien à l’IA un pilier de sa politique industrielle et économique, en dérégulant à tout va et en favorisant la construction de centres de données.

Donald Trump a signé ce mercredi 2 juin un décret présidentiel, certes édulcoré, pour contrôler d’un peu plus près les modèles IA avancés, via un processus d’évaluation volontaire. OpenAI a d’ailleurs confirmé sa participation.

☕️ Google teste le remplacement des résultats de recherche classiques par le mode IA dans Chrome

8 juin 2026 à 05:48


La liste des résultats d’une recherche en ligne sur Google a-t-elle vécu ? Le moteur de recherche teste actuellement un réglage pour afficher ses résultats directement dans le mode IA de Chrome. Il s’agit uniquement d’une expérimentation pour le moment, mais… qui sait ?

Depuis 28 ans maintenant, les résultats de recherche Google accompagnent des milliards d’internautes dans la jungle du web. L’IA pourrait-elle bouleverser ces habitudes ? C’est déjà un peu le cas, pour ceux qui ont troqué Google pour un moteur de recherche IA comme Perplexity ou ChatGPT. Le géant du web n’a pas l’intention de regarder passer les trains, en fourrant de l’IA absolument dans tous les coins de son principal service (au point de favoriser les moteurs alternatifs qui revendiquent leur absence d’IA).

L’AI Mode de Google dans Chrome.

Bien sûr, on connait les AI Overviews — enfin, à part en France où ces résumés ne sont pas disponibles —, qui s’affichent en haut des résultats d’une recherche. Et qui souvent privent les sites web de précieux clics. Depuis l’an dernier, un AI Mode a rejoint les fonctions d’intelligence artificielle accessibles directement depuis la recherche Google. Il s’agit ni plus ni moins qu’un bot conversationnel propulsé par les mêmes modèles que Gemini.

À l’heure actuelle, saisir une requête dans la barre de recherche lance par défaut le moteur traditionnel, celui qui liste les résultats sous forme de liens web, éventuellement avec un descriptif. Le site Windows Report est tombé sur un nouveau flag dans la dernière version Canary (alpha) de Chrome, qui permet de changer ce comportement : on peut décider d’activer par défaut l’affichage des résultats dans le mode IA de Google. Il est toujours possible d’obtenir les résultats « classiques », mais il faut cliquer sur le bouton « All ».

Ce réglage, que l’on peut trouver en naviguant dans chrome://flags (recherchez ensuite « Fulfill Searchbox Queries in AI Mode »), n’est là qu’à des fins d’« exploration » pour le moment. « Il n’est actuellement pas prévu de déployer cela en production », explique le développeur Google qui a implémenté le flag. Néanmoins, le travail est abouti : les raccourcis clavier ctrl-clic, MAJ-clic et clic molette sont pris en charge, ils ouvrent de nouveaux onglets ou en arrière-plan comme actuellement dans la recherche classique.

Un tel niveau de finition laisse penser que Google ne se contente pas de tester une simple idée. Quant à la note laissée par l’auteur du flag, elle indique seulement qu’aucun déploiement n’est prévu à ce stade, ce qui n’exclut pas une arrivée ultérieure auprès du grand public.

Reçu hier — 7 juin 2026 Next - Articles gratuits

Retour à trois opérateurs : protocole d’accord entre Orange, Free, Bouygues et SFR

7 juin 2026 à 03:07
« C'est bon pour la concurrence » 🤔
Retour à trois opérateurs : protocole d’accord entre Orange, Free, Bouygues et SFR

Le sursis de 48 heures annoncé vendredi soir aura été payant. Le consortium d’opérateurs composé d’Orange, de Bouygues Telecom et Iliad a signé un protocole d’accord avec Altice en vue de l’acquisition de SFR. La découpage du gâteau de l’opérateur au carré rouge est désormais connu.

Il n’aura pas fallu attendre la fin du sursis de 48 heures pour que tout le monde se mette finalement d’accord. Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange mettent la main sur SFR, aux termes d’une négociation ayant débuté en octobre dernier ; les négociations exclusives remontent elles au mois d’avril. Un protocole d’accord a été signé entre le consortium et Altice, pour une transaction portant sur un prix total de 20,35 milliards d’euros. La somme pourra évoluer jusqu’à la finalisation de l’opération prévue au mieux en 2027.

SFR coûte plus ou moins 20 milliards d’euros

Parmi les ajustements annoncés : un « earn-out » de 650 millions d’euros maximum, c’est à dire une somme que recevra Altice si SFR atteint certains objectifs financiers d’ici la clôture de l’opération. À l’inverse, si les performances de l’opérateur se dégradent davantage que prévu, le consortium pourrait demander une réduction du chèque.

Le prix final dépendra aussi du niveau d’endettement réel de SFR au moment de la clôture. Si la dette est plus élevée que prévu, le prix payé pourra être réduit ; si elle est plus faible, il pourra être augmenté. Une clause de sauvegarde est également prévue, si le consortium ou Altice renonce à l’opération. C’est un point souligné dans le communiqué : en cas d’abandon, la partie à l’origine pourra être tenue de verser une pénalité qui oscillera entre 100 millions à 2 milliards d’euros, selon les circonstances. Les trois acheteurs se partageraient dès lors les coûts, à parts égales.

Au-delà de la prudence affichée, il s’agit d’« une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications », soulignent les partenaires. Une opération qui réduira le nombre d’opérateurs en France à trois, alors qu’ils étaient quatre depuis 2012 et le lancement en fanfare de Free Mobile. Une arrivée qui a profondément bousculé le paysage et provoqué une guerre des prix. Nul doute que la question de la concurrence sera surveillée de très près par les autorités de la concurrence.

Les petits et les gros bouts de SFR

Les trois opérateurs acheteurs se sont partagés le gâteau SFR, chacun repart avec un gros morceau. Bouygues Telecom remporte ainsi :

  • l’activité et la clientèle SFR Business (environ 1,2 milliard de chiffre d’affaires) ;
  • une partie des activités grand public de SFR : 3,8 millions de clients mobiles (dont le MVNO Prixtel, soit 500 000 clients) et 2,6 millions de clients fixes ;
  • le réseau mobile de SFR dans les zones non denses partagé avec Bouygues Telecom (accord « Crozon ») ;
  • les infrastructures dédiées au B2B Fixe ;
  • la part détenue par SFR dans Faber, le réseau FTTH sur une partie de la zone très dense ;
  • une partie du réseau de distribution.

Bouygues Telecom repart avec la part du lion, puisqu’elle représente 52 % du chiffre d’affaires de SFR (4,1 milliards d’euros).

Le groupe Iliad s’offre (PDF) de son côté :

  • RED by SFR (6 millions de clients) ;
  • une partie des activités grand public de SFR : 1,6 million de clients B2C, ainsi que 400 000 clients TPE ;
  • 50 MHz de fréquences supplémentaires.

Free Mobile compterait dès lors 31 millions d’abonnés en France. Enfin, Orange repart avec :

  • une partie des activités grand public : 4 millions de clients mobiles et 1 million de clients haut débit fixe ;
  • l’activité prépayée de SFR ;
  • les MVNO Réglo, Syma et Coriolis ;
  • 47 MHz de fréquences supplémentaires, soit 31 % des fréquences de SFR. Cela place Orange en tête des opérateurs français, avec un total de 221 MHz.

Les trois acheteurs l’affirment la main sur le cœur : « Cette opération structurante préserverait un écosystème très concurrentiel », assure Orange. Iliad entend « préserver une concurrence forte au bénéfice des consommateurs ». Pour Bouygues, c’est « un projet industriel au service des clients ». Ce qui ressort surtout, c’est que ce dépeçage en règle de SFR et sa disparition programmée du paysage vont permettre aux opérateurs de « renforcer durablement la capacité d’investissement dans les infrastructures numériques françaises », selon Bouygues.

« Dans un secteur qui doit investir toujours plus dans les réseaux, la cybersécurité, le cloud et l’intelligence artificielle, il faut des acteurs solides. La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se finance. » déclare Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad.

Bouygues Telecom a un petit mot pour les futurs transfuges de SFR : « la priorité serait d’assurer une transition progressive, maîtrisée et garantissant la continuité de service ». L’opérateur s’engage à garantir la continuité des offres et la stabilité des services. Un gros chantier technique en perspective.

Sur le versant social des salariés SFR, qui sera lui aussi scruté par les autorités, le consortium s’engage sur une garantie de l’emploi jusqu’à début 2029, « grâce à la poursuite de leur emploi, ou grâce à une proposition d’emploi », explique Iliad. « Un dialogue social s’ouvrira avec les organisations syndicales représentatives compétentes de SFR. »

L’affaire est encore loin d’être terminée. Une phase de consultation va s’ouvrir avec les instances représentatives du personnel, et puis les régulateurs ont leur mot à dire. La réalisation définitive de la transaction pourrait intervenir au second semestre 2027. « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée », prévient Orange.

Reçu — 5 juin 2026 Next - Articles gratuits

L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

5 juin 2026 à 06:55
Plus de Linky !
L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

La feuille de route européenne sur la numérisation de l’énergie ne se limite pas à l’IA et aux réseaux intelligents. Bruxelles veut accélérer le déploiement des compteurs communicants, et prépare l’arrivée d’une nouvelle génération de centres de données gourmands en électricité. Une équation délicate.

Dans la myriade de propositions et de dispositifs contenus dans le paquet sur la souveraineté technologique européenne, on trouve évidemment le Chips Act 2.0, pierre angulaire du texte. Mais ce n’est évidemment pas tout. La feuille de route sur la numérisation et l’IA dans le secteur de l’énergie mérite un petit coup d’œil.

Bruxelles entend ainsi accélérer l’adoption des compteurs électriques intelligents à travers l’Union. Des boîtiers que les Français connaissent bien puisque le Linky en fait partie. Ces systèmes permettent aux consommateurs d’adapter leur consommation en fonction des besoins du réseau et des variations du prix de l’électricité, affirme la Commission.

Un peu plus d’intelligence dans les réseaux électriques

L’exécutif européen présentera d’ailleurs une proposition législative dès cette année pour amplifier le mouvement et le déploiement de ces compteurs. Elle contiendra un objectif de couverture minimale des boîtiers dans chaque État membre, ainsi qu’un suivi des progrès en la matière. « De nombreux États membres ont déjà atteint un taux d’équipement supérieur à 90 %, ce qui leur a permis de bénéficier de prix de l’énergie plus bas ainsi que du développement de produits et de services intelligents rendus possibles par ces compteurs », indique la FAQ de la feuille de route.

En France l’an dernier, il ne restait plus que 1,7 million de clients Enedis encore équipés de vieux modèles de compteurs. Ces équipements sont considérés comme des éléments indispensables des « réseaux électriques intelligents » qui offrent « la visibilité en temps réel, l’interopérabilité et les capacités de pilotage nécessaires pour accroître l’intégration des énergies renouvelables et optimiser le fonctionnement du système énergétique, notamment grâce à l’IA ».

Équipés de compteurs communicants et de contrats à tarification dynamique, les Européens vont donc pouvoir réduire leur facture d’électricité en déplaçant leur consommation « vers les heures où l’électricité est moins chère », indique Dan Jørgensen, le commissaire à l’Énergie. « Pour prendre un exemple concret, les ménages suédois qui utilisent un chauffage électrique peuvent déjà aujourd’hui économiser jusqu’à 40 % grâce à la flexibilité de la demande », illustre-t-il.

La feuille de route sur la numérisation contient également un volet important — c’est même le « premier pilier » du texte — sur l’intégration des centres de données au système énergétique européen. Ces infrastructures représentent déjà 2,5 % de l’énergie utilisée dans l’UE ; la Commission estime que leur capacité installée passera d’environ 12 GW en 2025 à 28 GW en 2030.

Des centres de données très gourmands

L’UE veut accueillir davantage de datacenters sur son territoire, un objectif très clair dans les annonces de l’édition 2026 de Choose France. C’est aussi l’objectif affiché par RTE dans son bilan annuel, qui appelle à accélérer sur l’électrification des usages (datacenters, mais aussi voitures électriques) pour mettre à l’équilibre production et consommation.

Bruxelles entend encadrer le raccordement de ces centres au réseau électrique et favoriser leur alimentation par une énergie aussi décarbonée que possible. Un audit européen des performances environnementales de ces infrastructures est dans les cartons de la feuille de route.

D’un côté, des boîtiers connectés pour contrôler la consommation chez soi. De l’autre, des centres de données qui dévorent l’énergie à grandes lampées. Il y a de quoi se demander si la Commission voudrait déshabiller Pierre pour habiller Paul : les foyers européens seront-ils mis à contribution pour réduire la pression sur les réseaux électriques afin que les datacenters en profitent ?

Dan Jørgensen rejette cette interprétation : « Je ne me suis probablement pas exprimé clairement, ou alors il y a eu un malentendu (…) ce que je voulais dire, c’est que les compteurs intelligents ne sont pas la solution à l’augmentation de la consommation d’énergie liée à l’IA. » La numérisation et l’IA vont « aider notre compétitivité, baisser les prix et nous aider à gagner en indépendance », affirme-t-il. Mais « l’enjeu, c’est que les centres de données consomment beaucoup d’énergie ».

Le Commissaire a peut-être en tête l’opposition massive des Américains à l’installation des infrastructures IA près de chez eux. Un rejet en grande partie dû à la crainte que les opérateurs des centres de données fassent exploser les prix de l’électricité.

La Commission a l’intention de mettre en place un dispositif pour faciliter les accords entre producteurs d’énergie, centres de données, consommateurs et autorités publiques pour « garantir un bon emplacement des centres de données, une intégration adéquate au réseau électrique et de meilleures synergies avec l’industrie ». Dan Jørgensen donne un exemple des bénéfices de l’installation d’un datacenter : la récupération de la chaleur produite sur ces sites.

« Malheureusement, cette pratique reste aujourd’hui encore relativement peu répandue », déplore-t-il, « mais dans certains endroits où elle est mise en œuvre, la chaleur excédentaire d’un centre de données permet déjà de chauffer des milliers de logements ». En valorisant la moitié de cette chaleur en trop, « nous pourrions chauffer quatre millions de foyers européens ». L’argument suffira-t-il à convaincre les Européens que la multiplication des centres de données profitera aussi aux territoires qui les accueillent ?

Sur le papier, l’idée est séduisante. En pratique, c’est bien plus compliqué puisque moins de 2 % de la chaleur fatale est réutilisée en Europe, selon la Commission.

Reçu — 4 juin 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Apple règle un contentieux fiscal de 212 millions d’euros avec Bercy

4 juin 2026 à 13:41


Apple trouve un terrain d’entente avec Bercy. La branche française du constructeur californien, Apple France SARL, a signé un chèque de 212 millions d’euros au fisc au titre de ses exercices 2024 et antérieurs, selon une indiscrétion de L’Informé. La somme avait été provisionnée l’an dernier.

La majorité de l’activité d’Apple en France est en fait facturée par la maison mère basée en Irlande, où les conditions fiscales sont plus douces. La filiale hexagonale exerce de son côté une activité réduite au marketing et au support des ventes et services. En 2025, Apple France SARL déclarait ainsi 233 millions d’euros de chiffre d’affaires, sur lequel l’entreprise a versé 44,4 millions d’euros d’impôts. Des chiffres modestes en regard de l’activité réelle du constructeur informatique.

Le contentieux portait sur le calcul du montant versé par la société mère irlandaise à sa filiale française, une rémunération qui comprend les coûts supportés dans l’Hexagone, à laquelle s’ajoute une marge commerciale. À l’avenir, pour éviter de revivre un tel épisode, Apple France SARL a signé un accord sur plusieurs années avec l’administration fiscale sur la méthode de calcul des prix de transferts. Un processus utilisé par d’autres entreprises : plus de 5 000 sociétés y ont recours.

Ce n’est pas la première fois qu’Apple France SARL — à ne pas confondre avec Apple Retail France, une autre structure chargée des 20 boutiques de l’entreprise dans le pays — doit s’entendre avec Bercy. Un accord à l’amiable à près de 500 millions d’euros avait été signé avec le fisc en 2019, suite à un redressement fiscal.

Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

4 juin 2026 à 08:04
Les apps, c'est ringard
Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

Cette fois c’est 100 % sûr, plus aucun doute à avoir, non vraiment juré-craché : l’avenir est aux agents IA. C’est du moins ce que l’industrie de la tech veut nous faire entrer dans le ciboulot, en nous faisant miroiter un futur riant où les paradigmes actuels sont complètement dépassés : les PC et les smartphones évidemment, mais aussi les systèmes d’exploitation et les logiciels.

Qui a besoin d’apps quand les agents IA répondent aux besoins spécifiques de l’utilisateur ? « La prochaine grande évolution de l’informatique ne concernera plus les applications, mais les agents », assène Steven Bathiche, le patron de l’Applied Sciences Group (ASG) de Microsoft. Plus besoin d’interfaces graphiques, de menus, de boutons, place à « l’expression directe de nos intentions auprès d’agents (…) capables d’agir à travers nos logiciels, nos flux de travail et nos appareils ».

La folie des agents

Dans un discours qui rappelle les grandes envolées de Microsoft autour du métavers, le dirigeant livre une vision de l’avenir où l’agent IA devient la nouvelle interface entre l’utilisateur et l’informatique. L’utilisateur formule une intention, tandis que l’agent se charge de coordonner les logiciels et les services nécessaires en arrière-plan.

C’est une informatique moins dépendante des écrans, des claviers et même des logiciels traditionnels que dessine Microsoft ici… Autrement dit, un monde dans lequel les produits qui ont fait le succès de Microsoft deviennent peu à peu obsolètes. Afin de garder la main, l’entreprise développe ses propres agents, et a levé le voile sur le projet Solara à l’occasion de la conférence BUILD.

Derrière ce nom de code se cache une plateforme censée servir de fondation à cette informatique centrée sur les agents. Steven Bathiche la présente comme un système « de la puce au cloud », capable de faire fonctionner plusieurs agents spécialisés sur de nouveaux types d’appareils.

Un badge et un radio-réveil

Histoire d’aiguiller l’industrie, Microsoft a planché sur deux designs de référence avec ses partenaires, Qualcomm et MediaTek. Le premier a donné un coup de main pour la conception d’un badge connecté, mais pas comme le défunt Ai Pin de Humane, plutôt un badge d’accès doté d’un écran tactile.

L’appareil embarque un micro, un haut-parleur, une caméra sur le côté, une connexion 5G et un lecteur d’empreintes digitales. L’idée est de permettre à l’utilisateur d’accéder rapidement à ses agents IA, de consulter des informations ou encore d’enregistrer une conversation à la volée.

Le second prototype, développé avec MediaTek, est sédentaire. C’est un petit terminal qui n’est pas sans évoquer un radio-réveil ou un écran connecté de cuisine. Posé sur le bureau, cet appareil doit permettre de discuter avec des agents, de jeter un œil à son agenda ou ses tâches en souffrance, en permanence disponible à côté d’un PC (qui remplit à peu de choses près les mêmes fonctions). Microsoft envisage même qu’il puisse se transformer en poste Windows 365 une fois branché à un moniteur externe.

« Ensemble, ces deux concepts illustrent l’ambition de Microsoft : permettre aux agents IA de suivre l’utilisateur partout, sans être limités à une application ou à un appareil particulier », explique Steven Bathiche. « Qu’il s’agisse d’un terminal de bureau ou d’un badge connecté porté autour du cou, l’expérience doit s’adapter au contexte et aux besoins du moment. »

Et à la fin, c’est le smartphone qui gagne

Difficile pourtant de ne pas penser que ces appareils tentent de réinventer des catégories de produits qui existent déjà : un badge qui ressemble à un smartphone miniature, un terminal de bureau qui évoque un écran connecté, des assistants qui nous suivent partout… Une problématique autour de laquelle doivent aussi tourner OpenAI et Jony Ive, qui préparent un appareil basé sur l’IA. Il pourrait s’agir d’un bête smartphone, selon les sources de Ming-Chi Kuo.

L’idée du projet Solara n’est pour autant pas dénuée d’intérêt. Si les agents IA tiennent leur promesse, ils pourraient effectivement aider à créer à la volée des interfaces et des outils bien plus adaptés aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Alors que les logiciels traditionnels (et même les OS) imposent un fonctionnement identique pour tous, un agent pourrait en théorie composer une expérience sur mesure et selon le contexte.

Plutôt que Windows, l’entreprise a choisi MDEP (Microsoft Device Ecosystem Platform) pour propulser les terminaux Solara ; c’est une plateforme reposant sur Android open source (AOSP). Elle est déjà utilisée sur certains appareils Teams. GeekWire, qui a eu droit à un briefing exclusif, explique que les produits Solara peuvent exécuter plusieurs agents simultanément, tandis qu’une couche de coordination choisit automatiquement l’agent adapté à chaque tâche. Ils pourront utiliser des agents de Microsoft, mais aussi des agents tiers développés par les entreprises.

Auprès de nos confrères, Steven Bathiche a défendu la vision de Microsoft pour les appareils Solara. Pourquoi ne pas simplement utiliser un smartphone ? Plusieurs entreprises ont essayé, explique-t-il, notamment dans le secteur de la santé, mais ça n’a rien donné de probant. Un appareil conçu pour un usage particulier est plus sécurisant, affirme le dirigeant, et une bonne optimisation permet de l’utiliser pendant plus longtemps qu’un smartphone plus polyvalent sur une seule charge.

Quant à la comparaison inévitable entre le radio-réveil/écran connecté Solara et un Echo Show, il indique que l’appareil d’Amazon se contente d’un « agent unique », en l’occurrence Alexa. Solara est conçu pour accueillir les agents propres à une organisation.

Le projet n’en est qu’à ses débuts. Microsoft compte travailler avec les fabricants de puces, les constructeurs et les développeurs pour créer des appareils spécialisés pour différents secteurs, de la santé au commerce, en passant par la finance.

La crise de la mémoire annonce une fin d’année terrible pour les PC

4 juin 2026 à 06:35
La gueule de bois après le Computex
La crise de la mémoire annonce une fin d’année terrible pour les PC

Plus dure sera la chute pour le marché du PC. Les oiseaux de mauvais augure d’IDC ont sorti leurs prédictions pour la fin de l’année, avec un quatrième trimestre catastrophique à l’horizon.

En cette période de Computex, l’industrie PC tente de faire contre mauvaise fortune bon cœur en multipliant les annonces. Mais cette ambiance de fête n’est que temporaire, et ne doit pas cacher les difficultés actuelles liées à la crise de la mémoire, dont les conséquences vont se faire sentir pendant encore de très longs mois.

À part les fournisseurs qui sont les grands gagnants de la situation, tout le monde y perd, les consommateurs autant que les constructeurs. Les hausses s’enchainent sur les ordinateurs, mais aussi sur d’autres produits comme les Raspberry Pi, les consoles de jeux et même les services web chez OVHcloud et Hetzner.

Le dernier coup de sonde d’IDC n’est guère encourageant. Au premier trimestre pourtant, la maison d’analyses avait enregistré une hausse des livraisons de 3 % par rapport à l’an passé. Mais il s’agit d’une progression en trompe-l’œil : les consommateurs (particuliers comme entreprises) se sont précipités pour anticiper les hausses de prix et les pénuries annoncées. Sur l’ensemble de l’année, IDC prévoit un recul des livraisons de 11,3 %, avec un coup très dur attendu au quatrième trimestre (- 20 %).

L’industrie PC court après le MacBook Neo

La mauvaise nouvelle, c’est que la conjoncture ne va pas aller en s’améliorant, du moins pas tout de suite. « Nous ne prévoyons aucun répit concernant la pénurie de mémoire avant la fin de l’année 2027 », déclare Jean-Philippe Bouchard d’IDC. « Ce qui signifie que les prix continueront d’augmenter et que les fabricants de PC auront du mal à maintenir des gammes de produits complètes dans un avenir prévisible. » Chez HP par exemple, la mémoire (RAM et stockage) représente un tiers du prix d’un PC.

Il existe cependant une exception à cette morosité : le MacBook Neo. Lancé au mois de mars, le portable à 699 euros met une grosse pression sur l’ensemble de l’industrie. L’analyste Ming-Chi Kuo, généralement bien informé des coulisses des chaînes d’approvisionnement asiatiques, prévoit 10 millions de Neo livrés en 2026, soit le double de ce qu’Apple aurait prévu.

Le Computex a dessiné la réplique des concurrents : Qualcomm a présenté une puce Snapdragon C pour des PC Windows à partir de 300 dollars. Et Intel a commencé de son côté à équiper des portables d’entrée de gamme avec ses puces Core à architecture Wild Cat.

Le nouveau XPS 13 de Dell.

Dell a ainsi présenté durant le Computex un nouveau XPS 13 doté d’un Core 5 320 (six cœurs), 512 Go de stockage, 8 Go de RAM, un écran tactile de 13,4 pouces antireflets avec rafraîchissement jusqu’à 120 Hz, un clavier rétro-éclairé, le Wi-Fi 7 et 17 heures de streaming vidéo. Le tout dans un châssis de 1 kg tout pile. La machine est affichée au prix de 699 dollars (599 dollars pour les étudiants), soit 100 dollars de plus que le MacBook Neo.

Cette pression exercée par Apple devrait compenser « en partie » la hausse générale des prix ; le marché continuerait ainsi de proposer des options « budget ». Malgré tout, comme le relève IDC, la tendance globale pour le prix de vente moyen (ASP) est très nettement orientée à la hausse avec une augmentation qui s’établirait à 17 % en 2026. Les prix ne devraient pas retrouver les niveaux observés en 2025 dans les deux prochaines années.

Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

4 juin 2026 à 06:07
Pas de pause café pour l'IA
Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

Avec Scout, son nouvel agent autonome connecté à Microsoft 365, l’éditeur de Windows poursuit son pari sur l’IA. Quitte à s’appuyer sur une technologie qu’il critiquait encore il y a quelques mois.

En novembre dernier, Microsoft faisait miroiter un Windows « agentique », capable de travailler pour le compte de l’utilisateur sur toutes les tâches possibles et imaginables. L’annonce a été très froidement accueillie par des utilisateurs, d’abord désireux de travailler avec un système d’exploitation stable et fiable.

C’est pas si mal finalement OpenClaw

L’éditeur a compris le message, en annonçant un retour aux fondamentaux pour Windows. Et miracle, les promesses ont l’air d’être tenues, du moins jusqu’à présent. Mais cela n’empêche pas Microsoft de tracer sa route sur le chemin de l’IA – pas question de lâcher la bride au vu des milliards de dollars investis dans les infrastructures et le développement de ses propres modèles.

La conférence BUILD a été l’occasion de présenter de nouveaux modèles, mais aussi des fonctions IA pour Windows. Parmi elles, des agents permanents baptisés Autopilot. Ils surveillent l’environnement de travail et agissent par eux-mêmes, dans les limites qu’on leur aura fixées évidemment.

Le premier produit basé sur Autopilot est Scout, qui se connecte aux différentes composantes de Microsoft 365 : Teams, Outlook, OneDrive, SharePoint, mais aussi les contacts, le calendrier, les e-mails… Scout peut par exemple repérer des réunions importantes, organiser des rendez-vous automatiquement, bloquer du temps dans l’agenda pour boucler un projet, préparer des documents avant une réunion ou encore détecter qu’une prise de décision traîne un peu trop et risque de retarder un projet.

Cette approche, bien plus proactive que celle de Copilot, permet aussi à Scout d’avoir sa propre identité : l’agent est en effet identifié et ses actions peuvent être retracées. Par ailleurs, l’agent peut « apprendre » la manière dont l’utilisateur travaille, les projets importants et les tâches qui reviennent régulièrement.

Un des aspects les plus étonnants de Scout est que le projet est propulsé par la technologie open source OpenClaw. Cette dernière s’est hissée comme une référence dans le petit monde remuant des agents autonomes capables d’utiliser des applications, de manipuler des fichiers et d’accéder à des services en continu. Microsoft ne cherche donc pas à la remplacer et mieux encore, l’entreprise s’engage à contribuer directement au projet.

Voilà qui contraste avec la position de Meta qui développe sa propre alternative Hatch, après qu’OpenAI lui a chipé Peter Steinberger, créateur d’OpenClaw.

Microsoft se montrait pourtant bien moins enthousiaste mi-février, en prévenant des risques de sécurité qui pesaient sur OpenClaw. La société expliquait à l’époque que la technologie d’agents était trop risquée pour être exécutée directement dans un environnement d’entreprise classique à cause de ses privilèges étendus et de sa capacité à agir de manière autonome. « OpenClaw a démontré que les agents permanents fonctionnent. Nous allons leur ajouter la sécurité, la gouvernance et l’intégration Microsoft 365 », affirme désormais l’éditeur.

La drogue

Scout combine donc plusieurs fonctions de sécurité visant justement à répondre à ces craintes, avec un système d’identité contrôlée, une validation humaine pour les actions critiques, une journalisation des actions et des permissions limitées. Des employés Microsoft utilisent déjà Scout, qui s’ouvre à davantage de testeurs via un aperçu privé.

Dans des documents internes publiés par 404media, on apprend que Microsoft mise beaucoup sur Scout. Plus de 1 000 employés l’utiliseraient déjà, dont le directeur général Satya Nadella. « ClawPilot [l’ancien nom de Scout] est devenu de manière organique l’un des outils internes les plus demandés chez Microsoft. Sans annonce officielle, sans marketing, sans campagne de déploiement à l’échelle de l’entreprise », affirme un d’entre eux.

Ces documents décrivent le plan de déploiement de ClawPilot, dont la première des phases est de rendre les utilisateurs accros à l’outil. Ils se réjouissent des retours des tests internes, qui montrent une « utilisation quotidienne, avec un fort taux de rétention et une forte intensité d’usage (conversations, requêtes, flux de travail, compétences) ».

L’addiction tant voulue par Microsoft n’est pas surprenante : tous les acteurs de l’IA rêvent de transformer leurs services en compagnons du quotidien. Mais le fait de voir cet objectif formulé aussi explicitement rappelle que la question de la dépendance aux assistants IA fait désormais partie intégrante des stratégies de développement de l’industrie.

Reçu — 3 juin 2026 Next - Articles gratuits

Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

3 juin 2026 à 15:04
Merci, mais non merci
Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

Depuis un peu plus de deux ans, Google affiche ses AI Overviews tout en haut d’une recherche web, autrement dit un résumé des résultats généré par IA. Ils ne tombent pas du ciel : les informations qu’ils contiennent proviennent de sites web qui vont finalement avoir la possibilité explicite d’exclure leurs contenus du moissonnage effectué par le moteur de recherche. Trop peu, trop tard ?

Les AI Overviews, visibles aux États-Unis depuis leur lancement en mai 2024, sont maintenant présents dans une centaine de pays (la France est toujours exclue). Ces résumés ont été complétés un an plus tard par l’AI Mode, qui tente de concurrencer directement les moteurs de recherche IA comme Perplexity ou ChatGPT.

Google demande enfin la permission d’aspirer le web

Durant la dernière édition de la Google I/O, le géant américain en a remis une couche avec une avalanche de nouveautés IA pour son moteur de recherche – offrant au passage au mode « No AI » de DuckDuckGo un joli coup de pouce. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il existe des internautes qui apprécient peu le forcing IA de Google. C’est le cas aussi pour plusieurs éditeurs de sites web, qui refusent obstinément que leurs contenus soient collectés sans autorisation ni rémunération pour se transformer en données d’entraînement.

Exemple d’AI Overview.

Il existe des mécanismes qui empêchent les robots de scraping de moissonner les contenus du web ouvert. Le fichier robots.txt est le plus commun, il permet à un site de refuser l’accès à certaines de ses pages pour l’indexation web et la collecte IA. Voilà pour la théorie, mais en pratique rien n’empêche un bot mal élevé d’ignorer ces consignes et de parcourir l’intégralité d’un site. Perplexity est régulièrement pointé du doigt à ce sujet.

Google a commencé à déployer un nouvel outil qui va permettre aux éditeurs web de décider, depuis la Search Console, si leurs sites peuvent apparaitre dans les résumés générés par IA. C’est un changement de taille, le groupe ayant plutôt cherché à flouter la frontière entre l’indexation et le scraping. Il promet la main sur le cœur que cela n’aura aucun impact sur l’indexation traditionnelle. En activant ce bouton depuis la console de recherche, un site ne recevra « ni trafic ni impressions provenant de nos fonctionnalités d’IA générative », martèle Google. Est-ce pour autant un drame ?

Google affirme régulièrement que les résumés IA dans les résultats de recherche ne font pas diminuer le trafic des sites d’où les informations sont extraites. Une étude du Pew Research Center, publiée en juillet dernier, affirmait le contraire. L’entreprise s’était d’ailleurs pris les pieds dans le tapis en évoquant un web ouvert en « déclin rapide » en raison du marché publicitaire chamboulé par l’IA.

La mise en place de ce bouton n’a rien d’un geste désintéressé ou d’une branche d’olivier lancé aux éditeurs, car sinon pourquoi avoir attendu deux ans ? C’est simplement le résultat d’une obligation réglementaire imposée par la CMA, l’autorité de la concurrence britannique. « Pour la première fois au monde, les éditeurs disposeront d’outils leur permettant d’empêcher l’utilisation de leurs contenus par les fonctionnalités d’IA de la recherche Google », se réjouit le régulateur.

Ce dernier ajoute que les éditeurs seront ainsi « mieux armés pour négocier des accords de licence avec Google, notamment dans le secteur de la presse ». L’intention est louable, mais rien n’empêchera Google d’utiliser les contenus provenant d’autres sites web plus conciliants pour générer ses résumés IA.

La justice européenne tranche : la Marketplace de Meta n’est plus un contrôleur d’accès

3 juin 2026 à 13:58
Une petite annonce qui coûte cher à Bruxelles
La justice européenne tranche : la Marketplace de Meta n’est plus un contrôleur d’accès

Revers pour la Commission européenne et le règlement sur les marchés numériques (DMA). La Cour de justice de l’UE a en effet jugé que Meta n’était pas un contrôleur d’accès pour la Marketplace de Facebook. En revanche, l’institution confirme le statut du géant des réseaux sociaux pour Messenger.

Le 5 septembre 2023, la Commission européenne désignait les contrôleurs d’accès au titre du DMA, un club très fermé qui oblige les membres à respecter des règles contraignantes sur l’ouverture à la concurrence. Plusieurs critères ont été mis en place pour recevoir son rond de serviette : au moins 45 millions d’utilisateurs actifs par mois dans l’UE et au moins 10 000 utilisateurs professionnels par an dans l’UE au cours des trois derniers exercices ; réaliser un chiffre d’affaires d’au moins 7,5 milliards d’euros durant les trois derniers exercices.

Au même titre qu’Alphabet, Amazon, Apple, ByteDance et Microsoft, Meta a donc été désigné contrôleur d’accès. Six de ses activités étaient considérées comme des services de plateforme essentiels : Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger, Meta Ads et Marketplace.

« Étaient », car en avril 2025 la Commission déterminait que la plateforme de petites annonces en ligne ne devait plus faire partie des services essentiels contrôlés par le DMA. Meta avait demandé un réexamen de son service d’intermédiation en ligne en mars 2024, un pari gagnant : le régulateur européen a constaté que Marketplace comptait moins de 10 000 entreprises utilisatrices en 2024.

Des éléments « hypothétiques et incomplets »

Meta avait également introduit un recours auprès de la justice européenne pour annuler la décision prise par la Commission en septembre 2023 de qualifier Messenger et Marketplace comme points d’accès majeurs du DMA. L’entreprise a obtenu partiellement raison : la Cour de justice de l’UE annule la désignation de Meta comme contrôleur d’accès en ce qui concerne la Marketplace (PDF). En revanche, le groupe américain conserve ce statut pour Messenger.

La CJUE juge que la Commission a commis « une erreur de droit » : elle avait considéré qu’elle pouvait se fonder uniquement sur des données concernant les trois dernières années ayant précédé la désignation, sans tenir compte de modifications intervenues fin juillet 2023. Meta avait en effet limité le nombre d’annonces pouvant être publiées par utilisateur, ce qui entraînait la disparition du critère de Bruxelles pour identifier les entreprises utilisatrices.

Le tribunal a aussi constaté que la décision de la Commission était « insuffisamment motivée » : elle n’a en effet exposé « aucune analyse concrète de ces modifications », ni expliqué en quoi elles remettaient en cause ou confirmaient la qualification de Marketplace comme service d’intermédiation en ligne. « Les éléments invoqués dans la décision à cet égard demeurent notamment hypothétiques et incomplets », assène l’institution.

La Commission européenne se consolera en observant que la désignation de Messenger comme point d’accès majeur du DMA a été confirmée par la justice. Les arguments avancés par Meta n’étaient pas suffisamment étayés pour remettre en cause la qualification du service. L’entreprise peut toujours faire appel de cette décision.

La Marketplace de Facebook a fait l’objet d’une lourde sanction en novembre 2024 : la Commission avait infligé à Meta une amende de 798 millions d’euros pour pratiques abusives. Cette affaire n’avait cependant rien à voir avec le DMA, Meta ayant été condamnée pour infraction aux règles de l’Union européenne en matière de pratiques anticoncurrentielles. En avril 2025, l’entreprise a en revanche bien été sanctionnée pour violation du DMA, à hauteur de 500 millions d’euros, en l’occurrence sur le dossier des abonnements payants.

Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

3 juin 2026 à 07:09
L'industrie IA garde les clés
Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

Donald Trump a finalement signé l’executive order sur l’intelligence artificielle. Le président américain devait apposer son paraphe sur une précédente version du texte, plus contraignante, il y a deux semaines. Mais au dernier moment, l’industrie a réclamé et obtenu des changements importants dans la mouture finale.

Ce n’est pas une bulle du pape, mais pas loin. Dans l’executive order (EO) signé ce mardi 2 juin, Donald Trump rappelle les mesures déjà mises en œuvre depuis le début de son second mandat, dont « [la suppression des] contraintes bureaucratiques que l’administration précédente avait imposées aux développeurs et aux chercheurs américains ». Surtout, l’EO liste une série de mécanismes visant à amplifier le mouvement pour « promouvoir l’innovation et la sécurité de l’IA ».

Report de dernière minute

Mais voilà, ce décret présidentiel aurait déjà dû être paraphé le 21 mai, et tout semblait prêt pour que ce soit le cas. Mais David Sacks, l’ancien « tsar » de l’IA nommé par Donald Trump, a arraché un délai de dernière minute, comme l’explique Politico.

L’ancien EO mettait en place un mécanisme volontaire de supervision pour les entreprises IA : certains modèles avancés auraient pu être soumis à un examen par plusieurs agences fédérales jusqu’à 90 jours avant leur publication. L’administration Trump avait un temps imaginé d’imposer ce dispositif aux entreprises, avant de revenir à une position moins tranchée. La perspective n’en inquiétait pas moins une partie de l’industrie, qui voyait dans ce mécanisme les prémices d’un contrôle gouvernemental plus poussé sur les modèles les plus puissants.

La mesure a notamment été imaginée suite aux craintes d’un modèle comme Mythos sur ses capacités d’attaque envers les infrastructures critiques. David Sacks, porte-voix de l’industrie en sa qualité d’associé fondateur du fonds de capital-risque Craft Ventures, aurait expliqué à Trump que les entreprises n’avaient pas besoin d’une mesure coercitive : elles coopèrent déjà volontairement. Autre argument : un examen des modèles par le gouvernement ralentirait la marche de l’IA, ce qui nuirait aux États-Unis dans sa course contre la Chine.

La signature a donc été reportée et avec elle, une bonne partie du (faible) mordant initial du décret présidentiel. La mouture finale renforce l’idée que le gouvernement fédéral n’impose pas de licence obligatoire, pas d’autorisation avant lancement, pas de « permis » pour publier un modèle. Un cadre est mis en place pour les développeurs volontaires, dans lequel ils peuvent fournir un accès anticipé à leurs modèles 30 jours maximum avant leur mise à disposition.

Le texte ordonne la création, sous les 30 jours, d’un centre de coordination de la cybersécurité liée à l’IA, en collaboration — là aussi volontaire — avec des entreprises du secteur et les opérateurs des infrastructures critiques. Il regroupera plusieurs activités aujourd’hui dispersées entre plusieurs agences du gouvernement pour détecter des vulnérabilités logicielles, mesurer les niveaux de risque de ces failles, coordonner la réponse et la diffusion des correctifs. Il s’agit d’éviter que chacun, dans le privé comme dans le public, fasse sa tambouille dans son coin. C’est louable, mais le caractère non contraignant de ce centre risque d’en diluer la force de frappe.

Un coup pour rien ?

Le décret demande également à plusieurs agences, dont la NSA et le Trésor, de mettre au point dans les 60 jours un processus d’évaluation pour déterminer les modèles IA considérés comme suffisamment puissants pour présenter un risque particulier. Les critères de ce processus resteront secrets, pour éviter que des acteurs malveillants ne connaissent les capacités qui intéressent les autorités.

L’EO ne le précise pas, mais les agences pourraient par exemple mesurer la capacité d’un modèle à découvrir des vulnérabilités zero-day, à écrire du code malveillant, à automatiser des campagnes de piratage, ou à contourner des systèmes de sécurité. Le dernier mot reviendra à la NSA, l’agence du renseignement états-unien. Le NIST, souvent considéré comme plus neutre et technique, est écarté de la décision finale.

L’EO exige aussi du ministère de la Justice de poursuivre les personnes utilisant l’IA pour pirater des systèmes, voler des données ou commettre des infractions informatiques. Si l’architecture générale entre les deux versions du texte est similaire, la version finale adoucit fortement les aspects les plus contraignants pour l’industrie, en insistant notamment sur le caractère volontaire de certaines mesures. Et surtout, elle exclut tout système de licence ou d’autorisation préalable.

Snapdragon C : premier coup d’œil sous le capot de la puce pour PC Windows à 300 dollars

3 juin 2026 à 06:26
Windows 11 au régime sec
Snapdragon C : premier coup d’œil sous le capot de la puce pour PC Windows à 300 dollars

Qualcomm a fait résonner les tambours et les trompettes pour annoncer la Snapdragon C, nouvelle puce qui va équiper des PC portables à partir de 300 dollars. L’entreprise n’est pas entrée dans les détails, mais Acer a quelques réponses.

Crise de la mémoire aidant, les constructeurs PC misent beaucoup sur les machines très haut de gamme, comme cela devrait être le cas du Surface Laptop Ultra de Microsoft équipé du nouveau « superchip » RTX Spark de NVIDIA. Il n’y en a cependant pas que pour le premium hors de prix. À l’autre bout du spectre tarifaire, Qualcomm positionne la Snapdragon C pour des PC sous Windows on Arm à partir de 300 petits dollars.

Au-delà de l’effet d’annonce, Qualcomm s’est fait très discret sur les composants et les capacités de cette nouvelle plateforme silicium. Si les premiers portables dotés de la Snapdragon C feront leur apparition dans le courant de l’année, on peut déjà avoir une idée de ce qui attendra les utilisateurs au budget serré.

Un PC Snapdragon C sous cloche

Sur son stand du Computex, Acer présente le premier portable équipé de cette fameuse puce. L’Aspire Go 15 (AG15-Q31P) est visible, uniquement sous cloche. Plusieurs médias ont cependant obtenu un accès privilégié à l’ordinateur. Pas suffisamment pour réaliser des benchmarks, mais assez pour se faire une meilleure idée de la machine.

Ce modèle peut ainsi embarquer « jusqu’à » 8 Go de mémoire vive LPDDR5X et 512 Go de stockage SSD, indique ainsi PC Mag. Pas vraiment de surprise côté stockage, sachant que le MacBook Neo — cible principale de Qualcomm ici — débute à 256 Go. L’enveloppe de RAM interroge en revanche : la formulation laisse entendre que des PC Snapdragon C pourraient tourner avec moins de 8 Go.

Une gageure avec un Windows 11 qui n’est pas spécialement connu pour sa sobriété. Officiellement, le système d’exploitation exige un minimum de 4 Go de RAM pour l’installation, ce qui ne veut pas dire que l’OS fonctionnera de manière satisfaisante avec si peu de mémoire. Jusqu’à présent, les PC fonctionnant sous Windows 11 sur Arm avec une puce Qualcomm (Snapdragon X) bénéficient d’un minimum de 16 Go de mémoire ; ce qui est, au passage, un des critères pour prétendre au statut de Copilot+.

Étrangement, le clavier de l’Aspire Go 15 intègre une touche Copilot, bien que la Snapdragon C n’ait pas été conçue pour prendre en charge toutes les fonctions d’IA en local de Microsoft. La puce embarque néanmoins son propre NPU, mais le composant n’offrira pas les 40 TOPS de base. La présence de cette touche est donc étonnante, à moins que l’éditeur de Windows ait revu ses prétentions à la baisse. Ou pousse tout simplement à une uniformisation des claviers Windows.

Des cœurs de smartphones

Qualcomm a précisé à Tom’s Hardware que le CPU de la Snapdragon C intégrait bien des cœurs Kryo « custom », une architecture déjà utilisée sur ses plateformes mobiles et sur plusieurs générations de puces PC Arm. Ce n’est pas une grande surprise : après tout, le MacBook Neo tourne avec une puce d’iPhone, en l’occurrence l’A18 Pro (6 cœurs CPU).

Image : Tom’s Hardware

Les 8 cœurs de la Snapdragon C affichent une fréquence d’horloge de 1,67 GHz en idle, avec une fréquence de base de 3,01 GHz selon le gestionnaire des tâches. Bizarrement, la puce est appelée Snapdragon 8c Gen 3.

Ce modèle n’existe pas officiellement, mais Qualcomm a bel et bien lancé une plateforme Snapdragon 8cx Gen 3 fin 2021. Il semble qu’il y ait eu un pataquès ici, l’entreprise ayant indiqué à nos confrères que ce n’était pas le nom de la puce.

Dans la série des Snapdragon 8, c’est de toute façon le bazar au niveau des références… Il y a aussi eu pour rappel un Snapdragon 8c en 2019 (avec huit cœurs Kryo 490) dont le but était de « redonner vie aux PC grand public », mais rien depuis sous cette dénomination.

Image : Tom’s Hardware

Châssis en plastique recyclé avec… un ventilateur

Toujours au chapitre des découvertes, la Snapdragon C de ce portable annonce 512 Ko de cache L1, 1,5 Mo de cache L2, 2 Mo de cache L3, soit moins que ce que l’on peut trouver dans des puces 8cx. Il pourrait là aussi s’agir d’une erreur ou de données provisoires. Le circuit graphique affiché est un Adreno 8c gen 3 (peut-être un nom temporaire) avec 1 Mo de mémoire dédiée et 3,9 Go de mémoire partagée.

Pour le reste, l’Aspire Go 15 propose un écran de 16,5 pouces (1 920 × 1 080) avec un ratio 16:9, une batterie d’une capacité de 53 Wh (Qualcomm promet une autonomie d’une journée), deux ports USB-C, un port USB-A, une sortie HDMI 1.4, un port jack, une webcam 1080p avec un cache, ainsi que la prise en charge du Wi-Fi 6E.

Le châssis est en plastique recyclé. Selon Tom’s Hardware, le portable « dispose d’un refroidissement actif avec un ventilateur niché sous les bouches d’extraction au bas de la machine ». C’est un point décevant, d’autant que le MacBook Neo est passif et qu’il existe aussi des portables sous Windows avec de (tout) petits CPU en version fanless.

En dehors d’Acer, HP et Lenovo vont également proposer des PC « à partir de » 300 dollars avec la puce Snapdragon C.

Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

3 juin 2026 à 05:55
Un abonnement pour accéder aux précieuses données de Strava
Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

Strava fait la police au sein de son écosystème. La plateforme de suivi de sports d’endurance, qui fait aussi office de réseau social pour sportifs, serre la vis de l’accès à ses API pour reprendre le contrôle de ses données et de son infrastructure.

Les robots d’IA qui moissonnent internet à la recherche de données d’entraînement pour leurs modèles ont cette fâcheuse tendance à ignorer les règles habituelles du web, à l’instar du fichier robots.txt censé leur indiquer les pages qu’ils peuvent consulter, et celles qui leur sont interdites. Les labos IA sont régulièrement accusés de n’en faire qu’à leur tête et de siphonner les contenus sans respect des règles de base, à l’image de Perplexity.

Payer pour un accès

Strava, qui fournit un grand volume de données aux développeurs via une API, fait partie des fournisseurs de contenus touchés par ces pratiques agressives. Les acteurs de l’IA « détournent » l’interface de programmation du service, accuse l’entreprise, tandis que les outils de vibe-coding « génèrent des applications qui sollicitent massivement l’API ». Au détriment des usages standards des développeurs (Strava en dénombre désormais 241 000, contre 185 000 l’an dernier).

« Les candidatures à notre programme développeur ont augmenté de 448 % depuis le début de l’année, certains intermédiaires API ont enfreint nos conditions d’utilisation, et les tentatives de scraping ont dégradé les performances de la plateforme pour l’ensemble des utilisateurs. Les abus répétés que nous avons identifiés nous ont conduits à suspendre et à revoir notre processus d’évaluation des candidatures. »

Face à cette mutation du paysage technologique, Strava s’estime forcé à appliquer des changements dans son programme développeur. Jusqu’à présent, certaines informations étaient visibles sans compte développeur : les profils publics, certaines données de clubs sportifs et communautaires. Il faudra désormais une authentification. Par ailleurs, l’accès à l’API via la formule Standard nécessite désormais la souscription à l’abonnement Strava (9,99 euros par mois) pour les nouveaux inscrits ; les développeurs actifs sans abonnement auront 90 jours à partir du 30 juin pour se mettre en règle.

Et ça n’est pas tout. Le 1er septembre, Strava abandonnera des points d’accès API historiques qui permettent de récupérer certains types d’informations, sur les clubs par exemple. Au-delà de l’abonnement obligatoire, c’est probablement le point qui inquiète le plus les développeurs, il existe des apps tierces qui s’appuient en effet sur ces données. « Le niveau d’engagement de la communauté ne justifie plus les ressources nécessaires à la maintenance [de ces accès] », rétorque l’entreprise.

Il ne s’agit pas pour autant de fermer complètement les portes aux développeurs qui exploitent les données de Strava pour leurs applications. Contrairement à Reddit, dont le prix des accès à sa propre API a fini par réduire à peau de chagrin le nombre d’apps tierces, Strava cherche un point d’équilibre. « Nous voulons que les utilisateurs aient le sentiment de garder la maîtrise de leurs données et qu’ils aient confiance dans la façon dont nous les sécurisons. Mais nous souhaitons également que l’écosystème de développeurs continue de prospérer et de grandir », déclare à TechCrunch le directeur général, Michael Martin.

Strava va également adopter MCP (Model Context Protocol), un standard qui permet aux assistants IA et aux apps d’accéder à des données de façon structurée. La plateforme cherche à mieux contrôler les données auxquelles elle donne l’accès, et surtout la manière dont elles sont utilisées.

Ce serrage de boulon n’intervient pas au hasard. Strava a en effet déposé un dossier d’introduction en bourse début février. Il s’agit de montrer aux investisseurs que l’entreprise protège ses précieuses données. Exactement comme l’avait fait Reddit en 2024, avant sa propre IPO. Après avoir bouché les trous dans son API, la plateforme a signé un accord à 60 millions de dollars avec Google pour encadrer l’utilisation par ce dernier des données de ses utilisateurs.

☕️ Qwant sera le moteur de recherche par défaut des députés européens

3 juin 2026 à 05:20


Les députés européens accrocs à la recherche Google vont devoir se faire une raison. Le Parlement européen change de moteur par défaut : à partir de ce jeudi, les résultats d’une recherche en ligne proviendront de Qwant, le moteur de recherche français « axé sur la protection de la vie privée, conçu pour éviter le suivi des utilisateurs et la collecte de données personnelles », explique l’e-mail envoyé ce mardi aux parlementaires.

Selon le courriel, révélé par Euractiv et Politico, les raisons de ce changement sont simples : l’engagement déjà pris par le Parlement en faveur de la souveraineté numérique et la protection des données personnelles. Qu’on se rassure, les députés internautes pourront toujours changer le moteur de recherche par défaut, et pourquoi pas choisir Google.

Qwant s’est longtemps appuyé sur son partenaire Bing — détenu par Microsoft — pour ses résultats web. Le moteur français s’est associé à l’allemand Ecosia fin 2024 en vue de développer un index de recherche européen. De son petit nom Staan, il alimente désormais une partie des résultats du moteur, à côté de plusieurs autres sources.

Ce changement est un symbole important, mais ce n’est que ça. Euractiv rappelle en effet que les députés européens utilisent toujours beaucoup de solutions américaines, celles de Microsoft et de Google en particulier. En novembre dernier, des parlementaires avaient demandé à la présidente Roberta Metsola de basculer plusieurs services en ligne vers des fournisseurs européens. « Avec suffisamment de volonté politique », écrivaient-ils, « cette institution sera affranchie du risque de dépendance aux technologies étrangères d’ici à la fin du mandat ».

En février, le Parlement bloquait aussi l’accès aux outils d’IA générative sur les appareils fournis aux députés et à leurs équipes, pour des raisons de sécurité et de protection des données.

Reçu — 2 juin 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Anthropic élargit l’accès à Mythos à une quinzaine de pays

2 juin 2026 à 15:30


Mythos est certes le modèle le plus ambitieux d’Anthropic, c’est aussi un excellent moyen pour le labo IA de faire sa promotion à moindre frais, à quelques encablures de son introduction en Bourse. Nouvelle illustration aujourd’hui, avec le déploiement du projet Glasswing à davantage de participants et à une quinzaine de pays, et probablement aussi l’Union européenne.

Anthropic ouvre un peu plus grandes les portes du projet Glasswing. Ce programme, qui donne accès à un aperçu de Mythos, compte désormais plus de 150 organisations dans plus de 15 pays, au-delà donc des seuls États-Unis et Royaume-Uni. L’entreprise ne précise ni les organisations, ni les pays, mais l’Union européenne pourrait (le conditionnel est toujours de mise) faire partie du lot. Ce n’est en tout cas pas faute d’essayer !

Illustration : Flock

Pour le moment, Bruxelles ne confirme rien, si ce n’est que des discussions sont toujours en cours. L’ENISA, l’agence de l’UE pour la cybersécurité, pourrait être la première du bloc à avoir accès à Mythos, croit savoir Bloomberg. En attendant une annonce officielle, Anthropic précise que le projet Glasswing demeure un club très fermé : les membres doivent en effet montrer patte blanche avant de pouvoir utiliser cet aperçu. La startup veut continuer à élargir le cercle des élus à davantage de pays.

Ces nouveaux participants couvrent des secteurs jusqu’à présent peu représentés dans la première salve initiale : énergie, santé, télécommunications, constructeurs informatiques. Beaucoup d’entre eux gèrent et maintiennent des bases de données dont dépendent d’autres organisations à travers le monde, « y compris des gouvernements ».

Les entreprises et organisations restées à la porte du projet pourront de toutes façons utiliser les modèles « de classe Mythos » concurrents qui ne manqueront pas d’arriver sur le marché d’ici 6 à 12 mois, affirme Anthropic. Mais le labo prévient : ces modèles rivaux n’auront peut-être pas de garde-fous empêchant les usages malveillants.

Anthropic fait donc valoir son positionnement « responsable » en la matière, et rappelle aux plus impatients l’existence de Claude Security. Ce service utilise Claude Opus 4.8 pour scanner des bases de code et proposer des correctifs.

La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

2 juin 2026 à 06:47
ChatGPT et Sam Altman, des dangers publics ?
La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

Prioriser les profits plutôt que la sécurité des utilisateurs. OpenAI et Sam Altman font face à une plainte de l’État américain de Floride qui les accuse d’avoir négligé la protection des mineurs et minimisé les risques associés à ChatGPT.

La Floride a une dent contre OpenAI et son cofondateur-patron, Sam Altman : c’est le premier État américain à poursuivre l’entreprise (PDF), par l’intermédiaire de son procureur général James Uthmeier. Bien sûr, le labo IA a déjà été la cible de plaintes aux États-Unis, mais elles provenaient de particuliers (comme Elon Musk), d’auteurs, de médias, ainsi que d’autorités publiques comme la FTC (le régulateur américain de la protection des consommateurs).

ChatGPT, attention danger

La Floride elle-même avait lancé une enquête criminelle sur OpenAI début avril autour d’une fusillade dans une université. Mais cette fois, on passe à l’étape du procès civil et Sam Altman est pris dans la nasse. L’État accuse l’entreprise et son dirigeant de tromper les consommateurs en présentant ChatGPT comme sûr, fiable et adapté aux adolescents.

Illustration : Flock

Le procureur général allègue que ChatGPT est dangereux pour les mineurs, que le service est susceptible de créer une dépendance, qu’il renforce les délires ou les croyances erronées, qu’il a joué un rôle dans plusieurs suicides, qu’il peut être utilisé pour préparer des fusillades et des crimes violents, et que les garde-fous pour protéger les enfants sont insuffisants. Le marketing d’OpenAI exagèrerait également les capacités du service IA, en le présentant comme un outil fiable pour les finances, la gestion d’entreprise, la recherche ou la santé. N’en jetez plus.

La plainte multiplie les exemples de crimes et de suicides imputés à ChatGPT ces derniers mois. Elle cite également la fusillade à l’université d’État de Floride qui fait l’objet d’une plainte pénale. L’État demande que les pratiques d’OpenAI soient jugées trompeuses par la justice, que certaines de ses activités soient interdites ou limitées en Floride, ainsi que des sanctions financières et la mise en cause personnelle de Sam Altman, ce qui est inhabituel dans ce type de procédure.

Sam Altman visé directement

La Floride tient en effet Sam Altman personnellement responsable des dommages causés par ChatGPT aux résidents de l’État. En cause : la conduite « téméraire et délibérée » du dirigeant et son « mépris total pour les risques que le comportement [d’OpenAI] fait peser sur la vie humaine ». Le procureur général s’appuie sur un long portrait consacré à Sam Altman dans le New Yorker, dont on s’était fait l’écho. Il en ressortait d’après les témoignages que le PDG avait une certaine tendance à s’arranger avec la vérité, sans se préoccuper des conséquences de ses mensonges.

« OpenAI et [Sam] Altman ont ignoré les alertes de sécurité, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur de l’entreprise. Ils ont exposé les enfants à des risques majeurs et permis à un produit dangereux d’être utilisé par des millions de Floridiens », a attaqué James Uthmeier durant une conférence de presse.

L’entreprise a réagi par un communiqué qui ne répond pas directement aux accusations de l’État. « Nous pensons que les mineurs doivent bénéficier d’une protection renforcée », a ainsi expliqué un porte-parole, qui déroule les différents mécanismes mis en place dernièrement pour encadrer l’utilisation de ChatGPT par les plus jeunes. « Ces dispositifs ne feront pas revenir les victimes, mais nous restons déterminés à améliorer la sécurité de nos produits. »

Une plainte ne fait pas un procès, et encore moins une éventuelle condamnation. Néanmoins, cette première aux États-Unis pourrait pousser d’autres États à emboîter le pas.

Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

2 juin 2026 à 06:09
Les androïdes rêvent-ils de moutons (de poils) électriques ?
Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

L’industrie de la tech s’est entichée d’une nouvelle marotte : les robots humanoïdes spécialisés dans le nettoyage ou le pliage du linge. Devant l’infinité de ces tâches et des situations, ces androïdes d’un nouveau genre sont encore bien démunis. Une startup a trouvé une solution originale pour collecter le volume de données nécessaire à l’entraînement des robots.

Pour beaucoup, un robot qui s’occupe des tâches du quotidien a comme un avant-goût du paradis, car qui prend réellement plaisir à passer le balai ou faire la vaisselle ? Si les perspectives sont colossales, les premiers constructeurs à se lancer sur le marché se heurtent à une problématique de taille : les données d’entraînement.

Des robots à tout faire, avec l’aide des humains

Autant les modèles d’IA générative peuvent piocher, parfois sans vergogne, dans la littérature produite par l’humanité depuis la nuit des temps pour générer du contenu, il n’existe pas de corpus équivalent pour les robots domestiques. Le constructeur 1X a illustré le problème avec son robot humanoïde Neo. L’engin n’est ni habile ni rapide, et il a aussi régulièrement besoin du coup de main d’un téléopérateur humain pour réaliser certaines tâches pour apprendre les gestes spécifiques à accomplir chez le client.

La startup allemande MicroAGI a imaginé une solution. Au travers de son application Shift, elle propose aux résidents de New York le nettoyage gratuit de leur appartement. L’opération est réalisée par des professionnels, sans frais donc, mais en échange ils portent des caméras qui vont filmer tous leurs gestes. Ces vidéos serviront de données d’entraînement pour des IA.

« La robotique se développe à partir de données qui montrent comment les gens accomplissent leurs tâches quotidiennement », explique Shift. « C’est la valeur de ces enregistrements qui finance le service. » La perspective d’un nettoyage gratuit de sa maison peut séduire pas mal de personnes, mais immédiatement se pose la question de la confidentialité.

Un mouchard à la maison

Le service le promet : « Toutes les informations personnelles [que] contiennent [les vidéos] sont anonymisées avant que les enregistrements ne soient traités ». Les noms, visages « et autres informations personnelles » sont automatiquement anonymisés, annonce la FAQ, « tous les éléments sensibles sont floutés avant d’être utilisés ».

Un agent d’entretien de Shift avec sa caméra.

Le casque porté par les agents chargés du nettoyage capture une vue à la première personne centrée sur leurs mains et sur la tâche en cours. « Nous floutons toutes les informations permettant d’identifier une personne, qu’il s’agisse du contenu affiché sur un écran, de cartes d’identité, de documents papier ou encore de téléphones mobiles, afin de protéger à la fois votre vie privée et votre domicile. »

Le processus de floutage est réalisé directement par la caméra, avant le téléversement des vidéos sur les serveurs. Les données ne sont pas rendues publiques, ni exploitées à des fins publicitaires selon la FAQ. Les enregistrements peuvent toutefois être partagés avec des annotateurs pour préparer les données.

La politique de confidentialité de l’entreprise comprend un droit à l’effacement des données personnelles en vertu du règlement européen sur la protection des données (RGPD)… mais elle considère que les informations anonymisées utilisées pour l’entraînement des robots n’entrent pas dans le champ des lois sur la protection des données.

Une nouvelle forme de « travail du clic »

Shift n’en est pas à son coup d’essai. Le service propose également de rémunérer des cobayes 20 dollars de l’heure pour enregistrer leurs tâches de tous les jours chez eux ou au travail. Au premier trimestre, MicroAGI affirme avoir versé plus de 5 millions de dollars à 10 000 « opérateurs » dans une dizaine de pays.

Shift n’est pas la seule à mettre en oeuvre cette nouvelle forme de travail du clic, dédiée à l’entraînement de technologies censées pouvoir s’adapter aux contraintes physiques du monde réel. Turing, Invisible Technologies, Labelbox, Niantic ou même Uber explorent également cette voie dans des domaines variés.

❌