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#Flock : The Open Ai’s Gremlins

Par : Flock
8 mai 2026 à 06:00
Don't ever feed him before and after midnight
#Flock : The Open Ai’s Gremlins

Sam Altman aime bien les peluches, mais n’aime pas trop se faire peler. Comment diable ce jeune freluquet s’en sortira-t-il face aux velus de tous poils ? On le verra bien sans doute après minuit, quoiqu’il en soit.

Pas de rubrique la semaine prochaine pour cause de structure de génie civil reliant deux points séparés par un obstacle à contourner, mais on se retrouve sur l’autre rive très vite.

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☕️ X et Elon Musk visés par une information judiciaire en France

7 mai 2026 à 15:51


Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris contre X (anciennement Twitter), Elon Musk et l’ex-directrice générale du réseau social, Linda Yaccarino. Une procédure qui s’ajoute à un dossier déjà bien épais.

La justice française n’en a pas terminé avec X. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en janvier 2025 pour deux infractions potentielles : manipulation volontaire de l’algorithme et exploitation de données personnelles pour afficher de la publicité ciblée. La procédure découle des signalements du député Renaissance des Côtes-d’Armor, Éric Bothorel.

En juillet dernier, le parquet précisait ses soupçons : le réseau social chercherait à « biaiser le débat démocratique en France ». L’enquête avait été confiée aux bons soins des gendarmes de l’Unité nationale cyber. Elle portait entre autres sur l’« altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée, ainsi que l’extraction frauduleuse de données d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée ». 

X avait alors refusé d’ouvrir ses algorithmes, niait les allégations, notamment d’ingérence étrangère, et dénonçait une enquête motivée par des considérations politiques. Selon l’entreprise, la procédure porterait gravement atteinte à la liberté d’expression. Par conséquent, le réseau social a refusé de donner suite aux demandes du parquet et des gendarmes.

L’enquête portait également sur des infractions de contestation de crimes contre l’humanité, et la présence de messages à caractère antisémite et négationniste par Grok. En début d’année, le dossier s’était alourdi des faits d’atteinte à la représentation de la personne, en raison de l’explosion d’images générées par IA représentant des femmes et des mineures dénudées sans consentement.

Le 3 février, une perquisition était diligentée dans les locaux français du réseau social par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris.

Le 20 avril, Elon Musk et une vingtaine de dirigeants convoqués par la justice pour témoigner devant la section cyber ne se sont pas présentés. Mais l’enquête se poursuit malgré tout et franchit un nouveau cap : Le Monde rapporte maintenant l’ouverture ce mercredi 6 mai d’une information judiciaire contre X, Elon Musk et Linda Yaccarino, la directrice générale jusqu’en 2025.

Cela signifie que les faits sont considérés comme suffisamment graves ou sensibles pour qu’un juge d’instruction instruise le dossier avec des pouvoirs d’enquête étendus (perquisitions, saisies de documents, réquisitions techniques, auditions sous serment, etc.).

dessin de flock sur Musk

AI Act : l’Union européenne accorde un répit aux industriels

7 mai 2026 à 14:38
Un omnibus qui roule pour l'industrie de l'IA
AI Act : l’Union européenne accorde un répit aux industriels

Un pas en avant, deux pas en arrière. La mise en œuvre des mesures inscrites dans l’AI Act européen continue de danser la gigue, avec le report de plusieurs dispositifs ; en revanche, les protections contre les deepfakes non consensuels et les apps permettant de dénuder des personnes sont renforcées.

L’AI Act est entré en application en février 2025. Son objectif : « promouvoir l’adoption d’une IA axée sur l’humain et digne de confiance ». Difficile de s’opposer à une telle lettre de mission, mais la portée et la mise en œuvre des différents dispositifs du texte européen restent sujettes à modification… et même à des reculs.

Le Parlement européen et le Conseil de l’UE sont ainsi tombés d’accord sur l’omnibus dédié au numérique proposé par la Commission européenne en novembre dernier. Il a pour objet de « simplifier » les régulations pesant sur les entreprises. Plusieurs mesures, qui concernent l’implémentation du règlement sur l’IA, auraient été influencées par des « oligarques de la tech », comme le dénonçaient en début d’année des organisations spécialisées dans la surveillance des lobbies.

Le calendrier de l’AI Act bousculé

L’accord annoncé ce jeudi 7 mai modifie deux dates limites. Les règles applicables aux systèmes d’IA utilisés dans les domaines à haut risque (biométrie, infrastructures critiques, éducation, emploi, migration, droit d’asile, contrôle aux frontières) entreront en vigueur à compter du 2 décembre 2027. Soit 16 mois de délai, puisque la précédente date avait été fixée au 2 août 2026. Quant aux systèmes intégrés dans des appareils comme des jouets ou des ascenseurs, les règles ne s’appliqueront qu’à compter du 2 août 2028.

« Ce calendrier progressif doit permettre de s’assurer que les normes techniques et les autres outils d’accompagnement seront en place avant l’entrée en application des règles », écrit la Commission. Pas question de parler de reculade, Bruxelles cherche plutôt à faire valoir son pragmatisme : « Avec des règles plus simples et plus favorables à l’innovation, nous facilitons l’innovation sans abaisser les exigences en matière de sécurité », affirme ainsi Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge de la Souveraineté technologique.

De nombreuses entreprises du secteur font pression sur l’exécutif européen pour adoucir l’AI Act, en particulier face aux États-Unis et à la Chine qui avancent très rapidement. Le 4 mai, en plein débat sur l’omnibus, Airbus, Mistral AI, Nokia ou encore ASML ont ainsi signé une lettre ouverte (une de plus) déplorant « des règles étouffantes, inutilement complexes et souvent redondantes, qui rendent extrêmement difficile le fait de suivre le rythme des avancées technologiques ».

Dont acte : en plus de ces reports, l’accord prévoit également « des règles simplifiées et une gouvernance plus claire ». Des avantages accordés à des PME vont s’étendre aux entreprises de taille intermédiaire. Des clarifications ont été apportées sur l’articulation entre l’AI Act et d’autres législations européennes sur la sécurité des produits afin d’éviter les doublons. Les fournisseurs d’IA auront accès à des « bacs à sable » réglementaires pour tester leurs solutions.

Les instances européennes en ont également profité pour intégrer des renforcements de la protection contre les apps de deepfakes non consensuels : l’accord interdit ainsi les systèmes IA qui génèrent du contenu à caractère sexuel explicite sans consentement et des images sexualisées d’enfants. Une réponse aux exactions de Grok en début d’année.

Dans le détail, cette interdiction s’appliquera à la mise sur le marché de systèmes IA ayant pour but de créer de tels contenus, ou qui n’ont pas mis en place de mesures de sécurité pour empêcher la création de ce type de contenus. Les entreprises auront jusqu’au 2 décembre 2026 pour se mettre en conformité.

La loi retarde également l’application des obligations de marquage numérique (« watermarking» en VO) des contenus générés par l’IA au 2 décembre 2026 (au lieu du 2 février 2027, comme le prévoyait la proposition de la Commission, et du 2 août 2026 comme initialement adopté dans l’AI Act), censées permettre de détecter et de retracer les contenus générés par IA.

Il reste désormais au Parlement européen et au Conseil d’adopter formellement cet accord, ce qui devrait être fait avant le 2 août.

☕️ AMD lance sa Radeon Instinct MI350P : un demi-GPU de MI350X en PCIe 5.0

7 mai 2026 à 14:13


AMD a présenté son nouveau GPU pour l’intelligence artificielle MI350X en 2024, puis en version plus haut de gamme avec un refroidissement liquide avec le MI355X. Les deux exploitent l’architecture maison CDNA4.

Le fabricant vient de présenter une nouvelle version : Instinct MI350P, qui se distingue avec un format PCIe paré pour être installé dans un ordinateur ou serveur classique. Elle vise principalement les fonctions d’inférence.

Là encore, le GPU utilise l’architecture CDN4, mais avec 144 Go de HBM3E contre 288 Go pour les MI350X et 355X0. La bande passante de la mémoire est aussi divisée par deux avec 4 To/s. Elle occupe deux emplacements, dispose d’un port PCIe 5.0 et affiche un TDP de maximum de 600 watts.

Niveau puissance de calcul, AMD annonce 4,6 PFLOPS pour l’Instinct MI350P en MXFP4, contre 9,2 PFLOPS pour la MI350X (AMD annonce ici 18,4 PFLOPS mais avec dispersion, sans quoi il faut diviser par deux).

Rien de surprenant : le GPU de la MI350P à 8 192 stream processors (512 Matrix cores et 128 compute units), contre le double (16 384 SP, 1 024 MC et 256 CU) pour MI350X. La fréquence est la même dans les deux cas : 2,2 GHz.

Pour le moment, rien sur le prix.

L’e-sport à l’école pour booster le secteur ? Matignon y pense

7 mai 2026 à 13:50
Le E c'est pour éducation ?
L’e-sport à l’école pour booster le secteur ? Matignon y pense

Le gouvernement envisage d’intégrer l’e-sport aux parcours éducatifs gérés par l’Éducation nationale pour soutenir le secteur « fragile sur le plan économique ».

Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron s’affiche en fervent défenseur de l’e-sport et surtout de sa filière économique.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu pourrait de nouveau donner un coup de pouce au secteur, via une voie qui ne semble pas forcément aller de soi, surtout quand l’ambiance est à la réglementation de l’usage par les mineurs des réseaux sociaux, de l’IA et des jeux vidéo violents.

Alors que le gouvernement a lancé une mission confiée à des scientifiques pour « établir une analyse scientifique des effets (tant positifs que négatifs) et risques potentiels des jeux vidéo, particulièrement sur la santé mentale, cognitive et physique des jeunes utilisateurs, et en matière de sécurité des mineurs », il semble dans le même temps prêt à intégrer l’e-sport aux parcours éducatifs.

Une stratégie intégrant l’e-sport dans les parcours scolaires et éducatifs »

Nos confrères de Radio France ont eu accès à la stratégie « E-sport 2026 - 2030 », validée par Matignon à l’issue d’une concertation interministérielle, le 8 avril dernier et qui doit être présentée publiquement à l’occasion des championnats du monde de Rocket League organisés à Paris du 22 au 24 mai.

Selon les documents qu’ils ont pu consulter, et qui définissent cette stratégie visant à soutenir le secteur de l’e-sport en France, une part centrale est occupée par le volet scolaire, avec quatre actions pour développer le sous-axe titré « intégration de l’esport dans les parcours scolaires et éducatifs ».

Ainsi, le ministère de l’Éducation nationale devra piloter une action pour « créer des partenariats entre établissements et acteurs de l’esport pour développer des projets pédagogiques innovants ». Le document prévoit que le même ministère intègre l’esport dans les parcours éducatifs « notamment dans le cadre des activités hors du temps scolaires et des formations aux métiers du numériques », mais lance aussi un programme national « Esport & Éducation » pour « sensibiliser les jeunes aux opportunités professionnelles et aux enjeux éthiques liés à la pratique ». Enfin, il devra « développer des outils pédagogiques pour les enseignants et des supports de sensibilisation pour les familles ».

Soutenir un « secteur fragile sur le plan économique »

Cette stratégie assume de vouloir pousser la promotion et l’encadrement de la pratique pour le « développement économique » en France avec un marché mondial estimé à 12 milliards d’euros d’ici 2030 tout en expliquant que c’est un « secteur fragile sur le plan économique » pour lequel le gouvernement veut aider à « diversifier les sources de revenus ».

Mais selon Radio France, la stratégie a été arrêtée lors d’une réunion informelle en janvier alors que deux parties prenantes interministérielles étaient absentes, le ministère de la Santé et la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), alors que celles-ci s’opposent justement à l’intégration de l’e-sport à l’école en pointant les risques des usages intensifs des jeux vidéo.

Souveraineté : les acteurs du libre plaident pour une meilleure organisation des financements

7 mai 2026 à 10:14
Le nerf de la guerre
Souveraineté : les acteurs du libre plaident pour une meilleure organisation des financements

Devant la commission d’enquête sur la souveraineté numérique de l’Assemblée nationale, plusieurs acteurs du libre (Mastodon, l’April, Framasoft, France Numérique libre…) ont poussé les parlementaires à prendre notamment exemple sur le modèle allemand de financement des projets de logiciels libres.

Dans le dossier de la souveraineté numérique, l’outil du logiciel libre titille le pouvoir. Est-ce que ça ne serait pas le moyen idéal pour se débarrasser des dépendances aux géants états-uniens ?

Invitées par la commission d’enquête sur la souveraineté numérique de l’Assemblée nationale, toutes les personnes militantes du logiciel libre (Renaud Chaput pour Mastodon, Loïc Dayot et Étienne Gonnu pour l’April, Pierre-Yves Gosset pour Framasoft et Nicolas Vivant pour la ville d’Échirolles et France Numérique libre), n’ont évidemment pas poussé les parlementaires dans le sens contraire.

Mais, pour que le logiciel libre puisse prendre toute sa place dans le sujet, selon elles, il faut faciliter et mieux organiser son financement par la puissance publique, en prenant exemple sur l’Allemagne notamment.

« Si vous considérez le logiciel libre comme un produit sur étagère qui coûte zéro, ça ne peut pas fonctionner »

En effet, comme à Next en mars dernier, le directeur de la stratégie numérique de la ville d’Échirolles, Nicolas Vivant, a témoigné devant les députés que c’était possible de passer aux logiciels libres. Il a par contre rappelé que les agents qui le mettaient en place ne le faisaient pas « pour le plaisir » mais parce que c’est « un moyen permettant d’obtenir un certain nombre d’objectifs dont la cybersécurité, la bonne gestion des données personnelles, la souveraineté, la résilience même de notre infrastructure… ».

Il ajoute qu’outre sa ville, d’autres acteurs publics sont passés au libre : « tous les gens qui l’ont fait viennent dire c’est possible. La gendarmerie, l’a fait, vous le savez, la Direction générale des Finances publiques (Dgfip) utilise LibreOffice depuis des années et des années. Et, tous ces gens-là sont la preuve concrète que c’est possible ».

Mais Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de Framasoft, a appelé la puissance publique à davantage contribuer aux logiciels libres. « Si vous considérez le logiciel libre comme un produit sur étagère qui coûte zéro, ça ne peut pas fonctionner », argumente-t-il, « il va falloir réussir à passer, et c’est là une vraie difficulté, on va pas le nier, d’une stratégie de consommation de consommateur de logiciel à une stratégie de contributeur à ce logiciel ».

Si la contribution de la Dinum aux logiciels libres via la Suite Numérique a fait beaucoup de remous ces temps-ci, les quatre structures auditionnées poussent à ce que les différentes entités du service public continuent dans ce chemin, et même accélèrent.

En France, des discours, mais peu d’actes

Côté réseau social, Renaud Chaput, directeur technique de l’entreprise Mastodon, témoigne que le réseau social libre que soutient son entreprise « a vraiment un regain d’intérêt en Europe et ailleurs. La Commission européenne a son propre serveur Mastodon, travaille activement à l’agrandir. Les gouvernements allemands et néerlandais communiquent de plus en plus sur ce réseau, commencent à le soutenir financièrement également dans le but d’avoir leur communication publique sur une plateforme souveraine et qu’ils peuvent contrôler et qui n’est pas soumise à des intérêts américains ou chinois ».

Mais il ajoute qu’« en France, on voit un début, il y a beaucoup de discours, même au plus haut niveau, sur le fait de créer nos propres plateformes européennes, de ne pas dépendre pour la communication publique de société étrangères. Par contre, je dois l’avouer, on voit assez peu d’actes ».

« La commande publique doit être un levier extrêmement important », estime quant à lui Étienne Gonnu de l’April, « pour aider à consolider les écosystèmes » du logiciel libre. Il ajoute même qu’« à partir du moment où une administration dans son appel d’offre choisit » de se priver d’une des quatre libertés incluses dans les licences libres, l’April considère qu’« elle doit le justifier »

Loïc Dayot explique que « tous les textes sont là pour pouvoir commander du logiciel libre si on le souhaite », mais il appelle à ce que les normes de la commande publique soient complétées pour qu’elle deviennent plus « contraignantes ». Il témoigne qu’il existe « actuellement des commandes publiques qui permettent de ne pas respecter le référentiel général d’accessibilité, d’interopérabilité, de sécurité, de sobriété ».

La Sovereign Tech Agency allemande en modèle

Mais Renaud Chaput explique que le problème est surtout que « très peu de structures de logiciel libre que je connaisse sont capables de répondre à un appel d’offre d’un organisme public ». Et il pose la question : « comment peut-on recevoir du financement public ? ». Les intervenants ont insisté sur le fait que si le logiciel propriétaire peut facilement se glisser dans le système de la commande publique, c’est plus difficile pour l’open source car les logiciels ne sont pas vendus mais ce sont les services autour qui le sont.

Et tout le problème est de faire en sorte que les structures publiques qui utilisent le logiciel libre y contribuent notamment pour sa maintenance. « Un logiciel ça vit, un logiciel ça évolue, surtout maintenant avec toutes les dernières technologies et l’intérêt croissant. Il y a des failles de sécurité, il y a des bugs, il y a des corrections à faire », rappelle Renaud Chaput.

Le directeur technique de Mastodon pousse à aller dans le même sens que les Allemands qui ont créé une organisation « qui a de l’argent public et qui fait des contrats » : la Sovereign Tech Agency. Cette agence du gouvernement fédéral allemand « a pour mission de financer l’open source sur des projets d’infrastructures », explique-t-il.

« Ce ne sont pas des dons, précise-t-il avec lesquels les acteurs du libre ont l’habitude de fonctionner, ce sont des contrats qui vont contacter des projets open source et vont leur dire : si vous nous proposez des fonctionnalités que vous voulez développer, dites-nous combien ça coûte et vous construisez un commun numérique qui va servir à nos services qui utilisent votre logiciel, ça va servir à toute la communauté ».

Il témoigne que Mastodon a récemment obtenu 700 000 euros de cette façon pour améliorer le logiciel du réseau social. Il ajoute que cette agence a différents programmes de financement qui permettent soit de pouvoir financer un salarié ou une formation.

Renaud Chaput se félicite de la création de l’EDIC Digital Commons et qu’un des deux programmes principaux soit l’expérimentation d’un même projet que la Sovereign Tech Agency à l’échelle européenne et pousse à ce que la France aille dans le même sens.

☕️ Noms de domaine : un incident chez BookMyName a affecté les infos de 1868 comptes

7 mai 2026 à 08:50


BookMyName, l’un des bureaux d’enregistrement de noms de domaine de Scaleway (groupe iliad) a temporairement suspendu ses services (web et API) mardi 5 mai en raison d’une activité suspecte détectée au niveau de son système d’information.

« Certains clients ont pu constater une modification de leurs informations de contact associées à leurs noms de domaine, a alerté le service en début de journée. En conséquence, nous avons décidé de suspendre l’ensemble des accès publics à BookMyName le temps de mener les investigations nécessaires. »

Vers 17 heures, le bureau a publié un point d’étape affirmant que les informations de contact modifiées avaient été restaurées et que le service était considéré comme sécurisé, annonçant au passage prendre en charge gracieusement le renouvellement des noms de domaine arrivant à échéance dans les 72 heures.

Le rétablissement du service est finalement intervenu mardi 5 mai vers 22 heures, amputé de certaines fonctionnalités secondaires, dont la récupération de mots de passe.

« Compte tenu du rétablissement effectif du service ce jour, les renouvellements automatiques seront assurés sans interruption. Par conséquent, et contrairement à ce qui a pu être communiqué précédemment, nous ne procéderons pas au renouvellement gracieux des domaines arrivant à échéance ce 5 mai 2026. Ces derniers seront traités selon vos modalités de facturation habituelles », a publié à cette occasion le service.

Rapport d’incident publié mercredi 6 mai – capture d’écran

BookMyName a publié dès mercredi 6 mai le post mortem de l’incident. D’après ce rapport, l’intrusion a permis à l’assaillant de modifier les informations de contact associées à 1 868 comptes clients. « L’adresse e-mail, le prénom, le nom, le mot de passe et le pays ont été modifiés », décrit le bureau d’enregistrement, selon qui aucune opération de transfert non sollicitée n’a été constatée.

« L’incident a été causé par une erreur de logique dans le contrôle d’autorisation du point de terminaison de modification des contacts. Cette faille a permis à un attaquant de modifier n’importe quel champ lié aux contacts en ciblant n’importe quel identifiant de compte en manipulant des paramètres de requête HTTP. Il s’agissait principalement d’une attaque à l’aveugle : aucun compte n’était spécifiquement ciblé », décrit le service sur un volet plus technique.

☕️ La Cour suprême des États-Unis renvoie Apple dans ses cordes dans sa bataille contre Epic

7 mai 2026 à 07:33


Cela fait maintenant des années qu’Apple et Epic s’écharpent devant les tribunaux. La trame de fond est toujours la même : le verrouillage opéré par Apple sur les transactions via la boutique iOS.

Fin 2025, le père de l’iPhone a dû s’ouvrir à des solutions alternatives, mais a sauvé sa commission sur les transactions qui doit être raisonnable (sans plus de précision). Apple avait demandé au tribunal de revoir sa décision, mais les juges ont refusé à l’unanimité.

Apple demande alors au tribunal de suspendre sa décision et la 9ᵉ cour d’appel accepte cette fois-ci la demande. Epic voit rouge et demande au tribunal de « réexaminer la décision d’aujourd’hui accordant la requête d’Apple pour suspendre l’exécution de la décision ». Fin avril, la 9ᵉ Cour revient sur sa propre décision. Tim Sweeney jubile : « Les tactiques dilatoires d’Apple touchent à leur fin ! Apple retourne devant la juge Gonzalez Rogers pour des audiences sur les frais qu’Apple peut facturer ».

Le 4 mai, Apple dépose à la Cour suprême une « emergency application » pour que la décision de la cour d’appel (qui devait entrer en vigueur le 5 mai) soit suspendue.

portrait de Tim Cook façon Steve Jobs
Illustration : Flock

La réponse est arrivée rapidement : c’est non. « La Cour suprême des États-Unis a rejeté mercredi la demande d’Apple de bloquer temporairement une ordonnance judiciaire », explique Reuters. En conséquence, Apple devra retourner voir la juge Yvonne Gonzalez Rogers pour fixer la « commission que l’entreprise peut légalement facturer ».

Il y a un an, Apple s’est pris de plein fouet les foudres de cette même juge : « Apple a délibérément choisi de ne pas se conformer à l’injonction de la Cour. Elle l’a fait avec la ferme intention de créer de nouvelles barrières anticoncurrentielles qui préserveraient une source de revenus précieuse, mais précédemment jugée anticoncurrentielle ».

☕️ Valve publie les fichiers de CAO du Steam Controller sous licence Creative Commons

7 mai 2026 à 07:07


À peine lancé, le Steam Controller semble avoir été victime de son succès. Valve a en effet annoncé mardi 5 mai, au lendemain de la disponibilité générale de sa nouvelle manette de jeu, avoir écoulé la totalité de ses stocks. Les joueurs intéressés devront donc attendre un réapprovisionnement dont le calendrier n’a pas encore été précisé.

En attendant, les bidouilleurs pourront commencer à envisager leurs travaux de personnalisation ou de création d’accessoires : Valve a publié mardi les fichiers de CAO de la coque extérieure (topologie de surface) du Steam Controller et du Puck (le support qui assure la liaison sans fil à faible latence et la recharge). Les fichiers proposés « incluent un modèle STP, un modèle STL et un dessin technique qui met en évidence les éléments critiques et les zones d’exclusion des deux appareils ».

Valve a publié les fichiers CAO du Steam Controller

Valve a fait le choix de la licence Creative Commons dans sa version « Attribution – Utilisation non commerciale – Partage dans les mêmes conditions » (by-nc-sa 4.0). Le fabricant de claviers mécaniques Keychron a lui aussi récemment procédé à une démarche d’ouverture similaire en publiant les modèles 3D et certains plans de son catalogue de produits.

Anthropic donne de l’air à Claude grâce à Colossus de SpaceX

7 mai 2026 à 06:42
Claude to the moon
Anthropic donne de l’air à Claude grâce à Colossus de SpaceX

Anthropic traverse une crise de croissance : les services proposés par la startup sont toujours plus populaires, mais les capacités de calcul ne sont pas extensibles à l’infini. Un nouvel accord avec SpaceX donne de l’air à Claude.

Anthropic a signé avec SpaceX pour accéder à la puissance de calcul de Colossus 1, le centre de données installé dans le Tennessee qui contient plus de 220 000 GPU de NVIDIA. Le labo IA va tout simplement utiliser l’intégralité des capacités de l’infrastructure, soit l’équivalent de 300 mégawatts de puissance de calcul. Un coup de turbo bienvenu, notamment pour l’inférence des services d’Anthropic, très courus.

Grok prête ses GPU

L’engouement pour Claude ne faiblit pas, en particulier du côté des entreprises et des développeurs : cette activité florissante permet à Anthropic d’afficher un chiffre d’affaires annualisé dépassant les 30 milliards de dollars. Revers de la médaille : Claude a du mal à suivre. L’entreprise a ainsi testé la suppression de l’option Claude Code de l’abonnement Claude Pro et imposé des limites d’usage durant les heures de pointe histoire de soulager ses serveurs.

Image : SpaceX

Si on ne connait pas les détails financiers de l’accord, il devrait donc satisfaire les deux parties. SpaceX va trouver quelque chose à faire faire à Colossus 1, et Anthropic accède à une réserve de puissance dont il a bien besoin.

D’ailleurs, la startup annonce dans la foulée la suppression des restrictions d’usage pendant les heures les plus chargées sur Claude Code (comptes Pro et Max), le relèvement du plafond des heures de Claude Code pour tous les abonnés (la quantité de tokens allouée par période de cinq heures est doublée), ainsi qu’une forte hausse des maximums d’entrées et de sorties de l’API pour Claude Opus.

Anthropic avait récemment signé pour 5 gigawatts avec Amazon, dont 1 GW dès la fin de l’année et pour 5 GW supplémentaires avec Google et Broadcom qui seront disponibles en 2027. Par ailleurs, un partenariat stratégique a été noué l’an dernier avec Microsoft et NVIDIA qui inclut 30 milliards de dollars de capacité Azure.

Et puisque tout cela n’est pas suffisant, Anthropic s’intéresse également au développement de centres de données en orbite, la dernière marotte de SpaceX dont la faisabilité reste encore à démontrer. L’entreprise l’admet d’ailleurs : « Si les obstacles techniques peuvent être surmontés, l’informatique spatiale offre une source d’énergie durable quasi illimitée, avec un impact moindre sur la Terre », explique-t-elle. C’est un grand « si ».

Claude Code sort des heures de pointe

En attendant, il faudra s’arranger avec les datacenters installés sur le plancher des vaches. Construit en 122 jours, Colossus 1 est devenu opérationnel en juillet 2024, où il sert principalement à entraîner Grok, le chatbot de xAI, et à d’autres activités en lien avec les entreprises d’Elon Musk. xAI, désormais intégré dans SpaceX, avait l’ambition de l’équiper d’un million de GPU, mais on en est encore loin. 

Quant au projet d’extension Colossus II annoncé en mars 2025, il se fait plus discret. Ses capacités de calcul sont utilisées pour entraîner les modèles de SpaceX, comme l’a confirmé Elon Musk. 

Le milliardaire, actuellement en pleine bisbilles de prétoires contre OpenAI, a tressé des lauriers à Anthropic : « J’ai passé beaucoup de temps la semaine dernière avec des membres seniors de l’équipe d’Anthropic afin de comprendre ce qu’ils font pour s’assurer que Claude soit bénéfique pour l’humanité, et j’ai été impressionné. Toutes les personnes que j’ai rencontrées étaient très compétentes et tenaient énormément à faire ce qui est juste. Aucune n’a déclenché mon détecteur de malveillance ». Nous voilà rassurés.

Il se réserve tout de même le droit de reprendre ces capacités de calcul si l’IA d’Anthropic adoptait des « comportements nuisibles à l’humanité ». Il est quelque peu singulier de voir Elon Musk et Anthropic travailler ensemble : le premier défend un modèle IA complètement débridé et sans censure (et qui va trop loin), le second a bataillé contre le Pentagone pour imposer des limites à l’utilisation militaire de ses technologies. Ce qui lui a valu d’être blacklisté par l’administration Trump.

Se rapprocher d’un ancien conseiller du président américain ne peut pas faire de mal. Enfin, et ce n’est pas négligeable, cet accord intervient alors qu’Anthropic et SpaceX préparent très sérieusement leur introduction en Bourse.

☕️ Google DeepMind s’attaque à EVE Online

7 mai 2026 à 06:08


Après le Go, les échecs et même StarCraft, DeepMind veut devenir maître d’un autre jeu, mais cette fois, ce sera autrement plus ardu : le laboratoire IA de Google s’attaque en effet au monument EVE Online

Google DeepMind va jouer à EVE Online. Le MMORPG, lancé en 2003 et toujours bon pied bon œil, est un jeu bien particulier. Il permet à des milliers de joueurs d’évoluer dans une galaxie persistante, New Eden, sur un seul et même serveur mondial. L’économie est entièrement gérée par les joueurs, qu’il s’agisse du commerce et des ressources, tandis que les corporations se font et se défont au rythme des alliances de circonstance et des trahisons… 

EVE Online offre un terrain de jeu potentiellement très fructueux pour le labo d’IA de Google, qui a déjà démontré ses capacités dans d’autres domaines, aux échecs ou au go bien sûr, mais aussi dans des jeux vidéo comme ceux d’Atari ou StarCraft IIEVE Online reste néanmoins un très gros morceau. Comme dans notre monde, New Eden est régulièrement secouée par des guerres, des campagnes d’influence, de l’espionnage industriel, de la manipulation de marché, de la propagande. 

Les chercheurs IA et en sciences sociales s’intéressent à ce jeu plus particulièrement, car il produit des comportements émergents très riches où les joueurs sont amenés à coopérer, à créer des cartels, à spéculer, à s’organiser et même à développer des doctrines militaires et politiques. Ces interactions sociales complexes sont un terreau fertile : « C’est une simulation unique en son genre pour tester une intelligence artificielle généraliste dans un bac à sable sécurisé », explique Alexandre Moufarek, directeur de Google DeepMind.

Cette phase initiale de recherche se déroulera dans des environnements contrôlés et hors ligne d’EVE Online. « Cela ouvre la porte à des travaux qui correspondent parfaitement à l’esprit d’EVE : des problèmes complexes, des horizons à long terme, des possibilités étranges, et des personnes prêtes à explorer ce qui vient ensuite », se réjouit Hilmar Veigar Pétursson, directeur général de Fenris Creations, l’opérateur islandais du jeu.

La portée et la nature des travaux de DeepMind dans EVE Online sont encore assez floues, mais on en saura plus à l’occasion de la Fanfest la semaine prochaine. Une rencontre est prévue avec Adrian Bolton, un des fondateurs du laboratoire.

Ce partenariat intervient à un moment bien particulier dans l’histoire de EVE Online. Depuis 2018, le jeu était opéré par Pearl Abyss, un éditeur coréen qui vient de publier le hit Crimson Desert. L’entreprise a cédé à Hilmar Veigar Pétursson CCP Games, le studio à l’origine du jeu, rebaptisé Fenris Creations. Le tout contre un chèque de 120 millions de dollars, soit bien moins que les 225 millions de l’acquisition de CCP.

La somme comprend en outre 20 millions en crypto, en l’occurrence des tokens du jeu EVE Frontier qui doit toujours faire ses preuves. CCP/Fenris et Pearl Abyss semblent toujours croire dans cette monnaie virtuelle adossée à une blockchain. Malgré cette tambouille, Fenris se porte bien : non seulement Google DeepMind a pris une petite participation au capital du studio (de l’ordre de quelques millions de dollars), mais encore les résultats enregistrés fin 2025 ont été les plus solides de ces dernières années.

Reçu — 6 mai 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Meta voudrait prendre sa revanche sur OpenClaw avec Hatch

6 mai 2026 à 16:13


OpenAI a chipé OpenClaw au nez et à la barbe de Meta, mais qu’à cela ne tienne : le géant des réseaux sociaux développerait sa propre version de la plateforme d’agents IA avec « Hatch ». 

Meta préparerait une armée d’agents IA, croit savoir le site The Information. Les tests de cet agent autonome baptisé Hatch (le nom pourrait changer) débuteraient dès le mois de juin. Des simulations auraient déjà été effectuées dans des environnements web reproduisant des sites comme DoorDash, Etsy, Yelp ou encore Outlook.

Ça n’est pas réellement une surprise : Mark Zuckerberg a déjà télégraphié ses intentions en matière d’agents durant les derniers résultats de Meta. Il expliquait alors vouloir créer des assistants capables de « comprendre [les] objectifs [des utilisateurs] et travailler jour et nuit pour les atteindre ». Hatch aurait été entraîné avec des modèles Claude Opus et Sonnet 4.6 d’Anthropic, mais la version finale devrait tourner avec Muse Spark, le nouveau LLM maison.

Illustration : Flock

Meta travaillerait plus spécifiquement sur la mémoire de l’agent, sa capacité à prendre des initiatives, la gestion des outils et la compréhension de longues séquences d’informations. C’est le talon d’Achille des agents IA qui ont encore tendance à halluciner, à se tromper sur les prix ou sur des fiches produit. Mark Zuckerberg a reconnu ces difficultés techniques, qui s’ajoutent à la nécessité de servir des milliards d’utilisateurs : il faut non seulement serrer tous les boulons à la technique, mais aussi disposer d’une infrastructure solide.

Si Hatch ressemble à OpenClaw, ça n’est pas vraiment une surprise : le groupe a bien tenté d’acquérir la plateforme d’agents autonomes, mais son créateur Peter Steinberger a préféré rejoindre les rangs d’OpenAI.

En parallèle, le groupe plancherait également sur un agent de shopping qui pourrait se lancer dans le courant du quatrième trimestre sur Instagram. Concrètement, les utilisateurs du réseau social seraient en mesure de toucher un produit présent dans un Reel ou dans leur fil de photos afin d’obtenir plus d’informations, et surtout pour pouvoir l’acheter directement depuis l’application.

Meta a dévoilé en mars une nouvelle « expérience de shopping » avec des fonctions IA capable de produire davantage d’informations sur tel produit, ainsi qu’un outil pour acheter ledit produit en un clic. Avec l’apport de cet agent IA dans Instagram, Meta espère mieux rivaliser avec les fonctions de commerce en ligne de TikTok.

Chrome peut stocker 4 Go associés à Gemini sur votre machine sans crier gare

6 mai 2026 à 15:17
"Gare !"
Chrome peut stocker 4 Go associés à Gemini sur votre machine sans crier gare

Certains utilisateurs de Chrome constatent la présence, sur leur machine, d’un fichier d’environ 4 Go, intitulé weights.bin et qui semble lié à des fonctions d’intelligence artificielle. Problème : le navigateur n’a jamais alerté les internautes concernés quant au téléchargement de ces données.

Le navigateur de Google prend parfois ses aises au niveau des machines sur lesquelles il est installé. Plusieurs internautes signalent en effet avoir constaté le téléchargement, à leur insu, d’un fichier pouvant peser jusqu’à 4 Go, baptisé weights.bin (weights signifie poids) et placé dans un dossier intitulé OptGuideOnDeviceModel.

Un mystérieux fichier qui pèse jusqu’à 4 Go

Les premiers témoignages remontent à mi-2025, et le sujet refait surface à intervalles réguliers, ce qui illustre au passage que le fichier en question est susceptible d’apparaître aussi bien sur Windows que sur macOS. Faute d’information donnée par le navigateur, son processus d’installation, ou ses paramètres, les utilisateurs concernés en sont réduits aux spéculations. Et sans surprise, les hypothèses formulées tournent autour de l’IA.

« Le fichier weights.bin suggère qu’il pourrait s’agir d’un modèle d’IA/ML [IA ou machine learning] en cours d’entraînement ou téléchargé », subodore un internaute sur Reddit. « Je n’aime pas ça. Je n’utilise pas cette IA stupide et le fait qu’elle occupe 3 Go sur mon disque C, déjà limité, sans même me demander mon avis, c’est inadmissible », répond un autre.

Le mystère du dossier OptGuideOnDeviceModel est revenu sur le devant de la scène lundi 4 mai avec la publication d’un nouveau billet de blog chez Alexander Hanff dit ThatPrivacyGuy, le consultant en sécurité qui a récemment mis en lumière la façon dont l’application Claude Desktop s’arroge le droit de pré-autoriser ses extensions pour navigateurs, là aussi sans consentement ni information préalable.

Téléchargement non consenti

Comme avec Claude, Alexander Hanff analyse longuement la méthode mise en œuvre et ses éventuels manquements juridiques ou réglementaires. Il constate que Chrome télécharge ce fichier dans le quart d’heure qui suit l’ouverture du logiciel, et que le dossier est recréé à chaque nouveau lancement du navigateur s’il a été supprimé.

Il en conclut une nouvelle fois que ce comportement, orchestré en arrière-plan, sans information préalable, et sans moyen simple et direct de supprimer le fichier, constitue notamment un manquement à la directive européenne e-Privacy de 2002. Il appelle de ce fait Google à clarifier les choses, avec une explication claire, à adopter une logique d’opt-in (consentement préalable à la modification), et à permettre une suppression définitive du fichier.

Pour faire bonne mesure, il se lance également dans un calcul, éminemment discutable, visant à essayer d’estimer l’impact environnemental de ces 4 Go téléchargés sur des centaines de millions d’appareils.

Notons que ce fichier n’est pas téléchargé de façon systématique : nous avons contrôlé mercredi quatre machines (trois ordinateurs, fixes et portables, sous Windows ainsi qu’un MacBook) équipées d’une instance de Chrome, sans trouver trace de ce fichier.

Si vous souhaitez contrôler sa présence sur votre machine, voici les répertoires concernés.

Sous Windows :

C:\Users\\AppData\Local\Google\Chrome\User Data\Default\OptGuideOnDeviceModel

Sous macOS :

~/Library/Application Support/Google/Chrome/Default/OptGuideOnDeviceModel

S’il est vrai que Google n’informe pas sur l’existence de ce fichier, et n’a pas encore réagi publiquement (à notre connaissance) à la polémique, la fonction concernée n’est pas si mystérieuse qu’il y parait. Elle est en réalité documentée depuis fin 2024 et concerne, comme on pouvait s’y attendre, l’intégration de modèles Gemini Nano dans Chrome.

Un outil déjà documenté

Ces derniers sont mis à profit dans le navigateur, pour sous-tendre ou améliorer les performances de certaines fonctionnalités liées à l’IA, comme la détection automatique de la langue (pour suggérer les bons choix au niveau des raccourcis vers les outils de traduction). Google associe surtout son modèle à des interfaces de programmation (Prompt API, Summarizer API, Writer API, Rewriter API, Proofreader API), présentées comme autant d’outils destinés aux développeurs pour élaborer des fonctions exploitant l’IA.

Dans cette documentation, Google précise que le téléchargement de Gemini Nano n’intervient que si certaines conditions matérielles sont remplies : il faut notamment 22 Go d’espace disque disponible sur la partition qui stocke le profil Chrome, un CPU doté d’au moins quatre cœurs et un minimum de 16 Go de mémoire vive. Le téléchargement n’est par ailleurs pas censé démarrer si le système est relié à Internet via une connexion limitée (soit à cause d’un paramétrage manuel, soit en raison de l’utilisation d’un smartphone comme intermédiaire par exemple).

Le principe a en revanche vocation à concerner le plus large parc possible, avec Windows, macOS, Linux et ChromeOS sur les ordinateurs. Les plateformes mobiles ne sont quant à elles « pas encore » prises en charge.

Google semble à ce sujet désireux d’implémenter plus largement ses API. « Grâce aux API d’IA intégrées, votre application web peut effectuer des tâches basées sur l’IA sans nécessiter le déploiement ni la gestion de ses propres modèles. Nous travaillons à la standardisation de ces API sur tous les navigateurs. », écrit le moteur de recherche.

Comment s’en débarrasser ?

Reste à voir si et comment Google choisira de communiquer plus ouvertement sur le sujet. Alexander Hanff remarque à ce niveau que le téléchargement du fichier n’est pas opéré par les processus habituellement dédiés et dûment autorisés à procéder aux mises à jour (com.google.GoogleUpdater) mais bel et bien par le navigateur lui-même.

Pour supprimer le fichier litigieux et récupérer l’espace disque correspondant, il devrait en principe suffire de désactiver les fonctions d’IA locale du navigateur, si celles-ci sont proposées (consulter le menu Paramètres, onglet Système pour s’en assurer). Introduites depuis plusieurs mois, celles-ci font en effet l’objet d’un déploiement très progressif chez les utilisateurs finaux, ce qui explique sans doute pourquoi le dossier OptGuideOnDeviceModel n’apparait pas même sur une machine répondant aux matériels requis minimaux.

À défaut, il est possible de bloquer le téléchargement de ce modèle local sous Windows en créant ou modifiant la clé de registre GenAILocalFoundationalModelSettings, ce qui désactivera également l’inférence locale au sein du concurrent Edge (basé sur Chromium), comme documenté par Microsoft.

☕️ Washington veut pouvoir tester les nouveaux modèles IA avant tout le monde

6 mai 2026 à 14:10


Microsoft, Google et xAI vont donner au gouvernement américain un accès anticipé à leurs nouveaux modèles IA, pour permettre d’en évaluer les risques en matière de sécurité nationale avant qu’ils soient diffusés plus largement.

Les autorités états-uniennes ne veulent pas découvrir les capacités d’une IA en même temps que monsieur tout-le-monde (et les hackers). La présentation par Anthropic de Mythos, son dernier modèle le plus puissant, a suscité des craintes auprès des spécialistes de la cyberdéfense.

Entre les mains de pirates, une telle IA pourrait potentiellement faire des ravages en repérant et en exploitant des failles de sécurité dans des infrastructures critiques. C’est aussi la raison pour laquelle le déploiement de Mythos se limite à une cinquantaine d’organisations et d’entreprises.

Washington s’inquiéterait des risques que font peser ces modèles de frontière sur la sécurité nationale. En 2024, l’administration Biden mettait en place l’institut sur la sécurité de l’intelligence artificielle, une agence rattachée au département du Commerce. Rebaptisée CAISI (Center for AI Standards and Innovation) par le gouvernement Trump, elle occupe les mêmes fonctions : tester les modèles IA avant un déploiement public.

Le CAISI, qui avait déjà signé des accords avec OpenAI et Anthropic, va désormais obtenir un accès anticipé aux modèles de frontière de Microsoft, Google et de xAI. Ces entreprises livrent leurs modèles sans garde-fous : les chercheurs peuvent ainsi mesurer les capacités de ces IA dans des scénarios hostiles, sans leurs roulettes de sécurité.

Avant son changement de nom, le CAISI se concentrait surtout sur le développement de standards de tests de sécurité. Sa mission a quelque peu évolué, puisque le centre évalue maintenant les risques stratégiques et militaires des modèles IA. Il a réalisé une quarantaine d’évaluations de modèles dont certains n’ont pas encore été déployés auprès du grand public.

Microsoft confirme le travail avec le CAISI pour sonder des « comportements inattendus » de ses modèles, a précisé l’éditeur auprès de Reuters. L’entreprise a également signé un accord similaire avec l’AI Security Institute britannique.

Les relations entre l’administration américaine et les acteurs de l’IA continuent donc de s’approfondir. La semaine dernière, le Pentagone annonçait un accord avec plusieurs fournisseurs d’IA pour exploiter leurs modèles dans des missions secret défense. Anthropic est exclue du lot… même si Mythos pourrait tout de même être utilisé.

Copyright : Hachette, Elsevier et trois autres éditeurs attaquent Meta

6 mai 2026 à 10:03
Pirate, moi ?
Copyright : Hachette, Elsevier et trois autres éditeurs attaquent Meta

Après plusieurs plaintes d’auteurs, cinq multinationales de l’édition (notamment scolaire et scientifique) attaquent Meta devant la justice américaine pour l’utilisation d’œuvres qu’elles éditent pour entrainer la famille de modèles d’IA générative Llama.

Meta fait face à une action en justice pour violation du copyright qui pèsera sans doute un peu plus lourd que celles qui sont arrivées devant les tribunaux jusque là concernant l’utilisation pour ses modèles d’IA générative d’œuvres copyrightées.

Ici, ce ne sont pas quelques auteurs qui attaquent le groupe dirigé par Mark Zuckerberg (qui est aussi visé personnellement par la plainte), mais cinq multinationales de l’édition : Hachette, Macmillan, McGraw Hill, Elsevier et Cengage. Scott Turow, auteur de thrillers à succès mais également éditorialiste et avocat, est aussi associé à la plainte.

Meta encore accusé d’être passé par du téléchargement illégal

La plainte [PDF], qui a été déposée ce mardi devant la cour du district sud de New York, accuse Meta et donc Mark Zuckerberg d’avoir d’abord « illégalement téléchargé via torrent [torrented, en anglais] des millions de livres et articles de revues scientifiques copyrightés provenant de sites pirates notoires et de scrapes web non autorisés de virtuellement tout l’internet », puis de les avoir copiés « à maintes reprises pour entraîner le système d’IA générative de Meta, baptisé Llama, dont la valorisation s’élève à plusieurs milliards de dollars ».

« Non contents d’utiliser les œuvres protégées par le copyright extraites de Common Crawl, les accusés ont cherché d’autres sources de textes copyrightés pour entraîner leurs modèles Llama », expliquent les avocats des éditeurs.

« Au départ, les accusés avaient envisagé d’obtenir des licences auprès de grands éditeurs pour utiliser des œuvres littéraires. Ils ont finalement opté pour une autre solution : télécharger illégalement les œuvres des demandeurs et du groupe de plaignants à partir de sites de piratage notoires, notamment LibGen, Anna’s Archive, Sci-Hub, Sci-Mag et d’autres », ajoutent-ils. Chargeant le CEO du groupe, ils affirment que « Zuckerberg lui-même a personnellement autorisé et activement encouragé cette violation ».

Mais les éditeurs n’accusent pas seulement Meta de téléchargement. Comme dans d’autres cas concernant l’utilisation d’œuvres par des IA génératives, ils affirment que les modèles de Meta restituent aussi ces œuvres dans leurs réponses.

« Llama génère des reproductions verbatim ou quasi verbatim des œuvres protégées par le copyright » des plaignants, affirme la plainte. « Par exemple, lorsqu’on lui soumet deux courtes phrases tirées du manuel à succès de Cengage, Calculus: Early Transcendentals, 9e édition, de James Stewart, Llama se met à reproduire mot pour mot la suite de la section », ajoutent les avocats.

« L’IA est à l’origine d’innovations transformatrices, d’une productivité accrue et d’une plus grande créativité pour les particuliers et les entreprises, et les tribunaux ont à juste titre estimé que l’entraînement d’un modèle d’IA sur des contenus protégés par le copyright pouvait relever du fair use », a affirmé le porte-parole de Meta Dave Arnold, au New York Times, « nous nous défendrons avec vigueur dans cette affaire ».

La question du fair use n’est pas encore tranchée

Si l’année dernière, les entreprises d’IA avaient gagné plusieurs manches judiciaires, contrairement à ce qu’affirme Meta, le débat sur le fair use pour entrainer les IA n’avait pas été tranché et le sujet reste encore ouvert. À l’époque, le juge Vince Chhaabria avait expliqué qu’il doutait de l’utilisation du fair use concernant les manuels scolaires en expliquant qu’il fallait aussi prendre en compte des « préoccupations concernant le préjudice qu’elle [l’IA générative] peut infliger au marché des œuvres sur lesquelles elle est entraînée ».

Cette réflexion peut sans doute s’étendre aux nombreuses œuvres qui se trouvent dans les catalogues des cinq éditeurs plaignants. Hachette, McGraw Hill et Cengage font partie des plus gros éditeurs de manuels scolaires dans le monde, par exemple. Et, si Elsevier est devenue une filiale d’un des plus grands courtiers de données du monde et fait maintenant d’importants bénéfices en devenant un data broker de l’activité scientifique, elle reste un des plus importants éditeurs scientifiques mondiaux.

La plainte demande la destruction de toutes les copies d’œuvres copyrightées utilisées par Meta pour l’entrainement de ses modèles après que l’entreprise en ait fait la liste exhaustive, qu’elle « cesse toute activité illégale » et « toute autre mesure que la Cour jugera appropriée ».

Interrogée par le New York Times, la responsable de l’Association of American Publishers qui a rendu publique cette plainte, Maria A. Pallante, affirme : « Nous nous concentrons sur la création d’un paysage de l’IA bien plus viable — un environnement transparent, équitable et participatif, doté de garde-fous pour protéger les auteurs et les éditeurs contre tout préjudice. Les préjudices sont déjà évidents ».

Oui, Edge stocke les mots de passe en clair dans la mémoire, c’est normal selon Microsoft

6 mai 2026 à 09:19
Toujours l’éternel combat : sécurité vs simplicité
Oui, Edge stocke les mots de passe en clair dans la mémoire, c’est normal selon Microsoft

Un chercheur affirme, avec un prototype publié sur GitHub, que le navigateur Edge charge tous les mots de passe de son gestionnaire en clair dans la mémoire de l’ordinateur. N’importe qui peut donc y accéder ? Presque, il faut des droits administrateur tout de même. Microsoft confirme, ajoutant que c’est un comportement voulu.

Le chercheur en cybersécurité Tom Jøran Sønstebyseter Rønning explique sur les réseaux sociaux que le navigateur « Microsoft Edge charge tous vos mots de passe enregistrés en mémoire en clair – même lorsque vous ne les utilisez pas ».

Si vous êtes admin, vous pouvez voir les mots de passe en clair

Il propose un prototype sur GitHub permettant de vérifier ce qu’il en est sur sa machine. Un prérequis limite tout de même fortement la portée de ce que le chercheur présente comme une vulnérabilité : il faut des « droits d’administrateur (pour pouvoir lire la mémoire des processus Edge d’autres utilisateurs) ». Le chercheur confirme dans son fil de discussion sur X « ne pas avoir réussi à le faire fonctionner sans privilèges administrateur ».

Nous avons testé le programme EdgeSavedPasswordsDumper du chercheur, avec succès sous Windows 11 avec Edge 147 (les deux étaient à jour)… à condition de lancer un terminal avec des droits administrateur. Dans ce cas, le programme retourne bien, l’ensemble des identifiants et mots de passe enregistrés dans Edge dans le terminal. Sans les droits administateur, le même terminal répond « [x] Not running elevated ».

Ce sont ceux également visibles dans edge://settings/autofill/passwords, à la différence que pour voir les mots de passe enregistrés dans le navigateur, il faut entrer le mot de passe Windows « pour permettre cette opération », comme l’indique la fenêtre de validation qui s’est ouverte (voir les captures ci-dessous).

La technique utilisée par le chercheur permet de s’affranchir de cette étape à condition, pour rappel, d’avoir déjà des droits d’administrateur. Il est « amusant » de voir Edge demander une validation alors que c’est déjà accessible librement, comme le prouve le programme du chercheur.

« Edge est le seul navigateur basé sur Chromium testé qui se comporte ainsi »

Selon Tom Jøran Sønstebyseter Rønning, « Edge est le seul navigateur basé sur Chromium testé qui se comporte ainsi. En revanche, Chrome utilise une conception qui rend beaucoup plus difficile pour les attaquants d’extraire les mots de passe sauvegardés simplement en lisant la mémoire des processus. Le navigateur ne déchiffre les identifiants que lorsque cela est nécessaire, au lieu de garder tous les mots de passe en mémoire en permanence ».

Chrome, toujours selon le chercheur, a d’autres protections, faisant que « les mots de passe en clair ne sont visibles que brièvement lors du remplissage automatique ou lorsque l’utilisateur les consulte, ce qui rend l’extraction massive de données en mémoire beaucoup moins efficace ».

Pour Tom Jøran Sønstebyseter Rønning, le risque est important dans des environnements partagés : « Si un attaquant obtient un accès administrateur sur un serveur, il peut accéder à la mémoire de tous les utilisateurs connectés (ou même les utilisateurs déconnectés) avec Edge en cours d’exécution ». On en revient toujours au même pré-requis important : être administrateur.

Microsoft confirme : c’est voulu et même « by design »

Le chercheur a contacté Microsoft, qui lui a répondu que c’est le comportement « by design » de son navigateur et qu’aucun correctif ne sera publié.

Un porte-parole confirme à Cybernews, en détaillant davantage son point de vue : « Les choix de conception dans ce domaine visent à trouver un équilibre entre performance, facilité d’utilisation et sécurité, et nous continuons de les évaluer face à l’évolution des menaces. Les navigateurs accèdent aux données de mots de passe en mémoire pour permettre aux utilisateurs de se connecter rapidement et en toute sécurité ; il s’agit d’une fonctionnalité normale de l’application ».

« L’accès aux données du navigateur, tel que décrit dans le scénario signalé, nécessiterait que l’appareil soit déjà compromis », ajoute Microsoft. En effet, il faut déjà être administrateur. Comme le montre Chrome avec une surface d’attaque plus limitée, il est tout de même possible de réduire les risques.

Comme le fait remarquer un internaute sur X, cette affaire n’est pas sans en rappeler une autre de 2022 sur Chromium (la base de Chrome, Edge et d’autres navigateurs). Il enregistrait en clair des mots de passe et d’autres informations dans la mémoire de l’ordinateur.

De manière générale, la communauté de la cybersécurité recommande davantage d’utiliser un gestionnaire de mot de passe dédié plutôt que ceux intégrés dans les navigateurs, notamment car la sécurité est leur première raison d’être. C’est également l’argument mis en avant par les gestionnaires de mots de passe qui prêchent évidemment pour leur paroisse.

☕️ Google renouvelle son Android Show le 12 mai et promet des nouveautés majeures

6 mai 2026 à 08:37


Google a confirmé mardi une organisation en deux temps pour ses conférences du mois de mai dédiées à l’univers du mobile. Le moteur de recherche tiendra d’abord une présentation baptisée The Android Show, programmée le 12 mai 2026 à 19 heures (heure de Paris).

Comme en 2025, cet événement centré sur Android est pensé comme un prélude aux sessions plus techniques et couvrant un périmètre plus large de sa traditionnelle Google I/O, organisée à Mountain View les 19 et 20 mai prochain.

D’après Sameer Samat, président des activités Android chez Google, l’événement du 12 mai devrait servir à annoncer les plus importantes mises à jour Android jamais réalisées. « Vous ne voudrez pas manquer ça ! », clame-t-il sur X.

Annonce de l’Android Show du 12 mai 2026

C’est bien sûr Android 17, dont la bêta 2 fait l’objet de tests depuis fin février et dont le SDK final est attendu sous peu, qui devrait constituer le cœur des annonces.

En 2025, l’Android Show s’était révélé riche en nouveautés, centrées notamment autour de la sécurité et de l’intégration renforcée de l’IA Gemini.

☕️ Amazon ouvre sa machine logistique à toutes les entreprises

6 mai 2026 à 07:28


Le petit monde de la logistique compte un nouvel acteur, et pas des moindres : Amazon a en effet annoncé que son infrastructure de distribution mondiale peut maintenant être utilisée par n’importe quelle entreprise, y compris si elle ne vend rien sur Amazon. Rude concurrence pour UPS, DHL ou encore FedEx.

Amazon espère refaire le coup d’AWS. La plateforme d’hébergement en ligne avait été lancée en 2006, d’abord pour moderniser l’infrastructure interne du géant du e-commerce. Elle s’est ensuite ouverte à d’autres entreprises, avec le succès que l’on sait : AWS est aujourd’hui un des plus grands fournisseurs infonuagiques au monde.

Avec Amazon Supply Chain Services (ASCS), le mastodonte états-unien reprend la même stratégie, mais pour la logistique. Amazon exploite une gigantesque flotte comptant plus de 100 avions, 80 000 camions, 24 000 containers, un système d’approvisionnement et de distribution de premier plan, sans oublier la livraison du dernier kilomètre assurée par ses bons soins ou par des livreurs tiers.

Image : Amazon

Jusqu’à présent, ce réseau était au service d’Amazon et des vendeurs tiers de sa boutique. Depuis 2006, plus de 80 milliards d’articles provenant de vendeurs indépendants ont transité par la gestion logistique des commandes d’Amazon (préparation, emballage, expédition, gestion des retours), des opérations complexes et coûteuses sur le plan opérationnel quand on est un vendeur solo.

Avec le temps, le groupe a ajouté de nouveaux services de transport, de dédouanement, de stockage en gros et de distribution sur plusieurs canaux de vente. « Les vendeurs qui utilisent ces solutions de bout en bout enregistrent des ventes supérieures d’environ 20 % », affirme Amazon. 

Le groupe a annoncé l’ouverture d’ASCS aux entreprises de toutes tailles et de tous types (santé, automobile, industrie, commerce de détail…), pas besoin de vendre quoi que ce soit sur Amazon. Ce sont de nouvelles capacités de fret, de distribution et de livraison qui vont concurrencer celles des autres poids lourds du secteur.

Plusieurs clients utilisent déjà des services d’ASCS : Procter & Gamble fait transporter des matières premières vers ses sites de production, puis les achemine à travers son réseau de distribution ; 3M se sert du fret Amazon pour déplacer ses produits depuis ses sites de production vers les centres de distribution.

Selon le cabinet d’études Grand View Research, le marché mondial de la logistique au sens strict (transport, entreposage et distribution des marchandises) pèse près de 4 000 milliards de dollars, et il pourrait frôler les 6 000 milliards en 2030. Si tout le monde en connait les principaux représentants, le marché est en fait très fragmenté, avec des milliers d’acteurs locaux et régionaux. L’arrivée d’Amazon, avec sa puissance de feu, a toutes les allures d’un chien au milieu d’un jeu de quilles.

Entraînement des IA et droit d’auteur : l’industrie culturelle veut l’adoption rapide de la loi

6 mai 2026 à 07:09
La facture va-t-elle arriver pour les acteurs de l'IA ?
Entraînement des IA et droit d’auteur : l’industrie culturelle veut l’adoption rapide de la loi

Plus de 80 organisations culturelles appellent au vote rapide par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi adoptée par le Sénat sur la présomption d’utilisation des contenus par les fournisseurs d’IA. Un texte qui donne à l’industrie culturelle un levier contre le « pillage généralisé » de leurs créations.

Le 8 avril, le Sénat adoptait la proposition de loi « relative à l’instauration d’une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle ». Voté à l’unanimité, le texte instaure donc une présomption d’exploitation d’une œuvre par un opérateur d’IA. 

La culture presse le pas

La proposition renverse la charge de la preuve, puisque c’est au fournisseur d’IA de prouver qu’il n’a pas utilisé une œuvre. « Ce ne sera plus au créateur de prouver le moissonnage de son œuvre », décryptait l’auteure de la proposition de loi, la sénatrice Agnès Evren (LR). Les entreprises de l’IA font régulièrement l’objet de plaintes pour avoir pioché sans ménagement ni autorisation dans des ouvrages ou des créations protégés par le droit d’auteur.

Le texte est désormais entre les mains de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, en attendant son examen par les députés. Histoire d’accélérer la cadence, 81 organisations du secteur de la culture et de l’information – parmi lesquelles l’ADAMI, la SCAM, la SACEM ou le SNEP – appellent [PDF] à une inscription rapide de la proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

La présomption mise en place par le texte « rééquilibre le rapport de force entre nos secteurs culturels et les entreprises de l’IA » et « crée donc les conditions d’un dialogue pour installer une nouvelle chaîne de valeur », écrivent les signataires. Ils ajoutent ne pas pouvoir continuer à « accepter qu’un secteur économique se construise sur le pillage généralisé d’un autre secteur au mépris de l’État de droit, alors qu’il existe une alternative vertueuse au bénéfice de tous. »

Les organisations veulent la mise en place d’un « marché de licences volontaires » qui garantirait la compétitivité de la presse et des industries culturelles, ainsi que leur capacité d’investissement. Il est aussi question de la sécurité juridique comme « avantage concurrentiel » au bénéfice des modèles et d’une « IA responsable, tournée vers l’humain ». 

Présomption d’exploitation contre exception au droit d’auteur

Les secteurs de la culture et de l’information sont « prêts à s’adapter au modèle économique de leurs futurs partenaires », mais encore faut-il qu’ils viennent à la table des négociations. C’est tout le sens de la loi votée par le Sénat, mais son passage tel quel à l’Assemblée nationale n’est pas gagné.

Le gouvernement s’est en effet montré plus réservé sur le fond. « Tous les acteurs économiques qui ont développé des modèles d’IA – entreprises du CAC 40, TPE-PME, start-up – risqueraient un contentieux, ce qui serait dévastateur pour notre économie », expliquait Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique. « Le contentieux ne peut pas constituer notre unique horizon, car il entraîne des risques », posait prudemment Catherine Pégard, ministre de la Culture. « Mieux vaut un bon accord qu’un mauvais procès. »

Cette « présomption d’exploitation des contenus » va en tout cas à rebours de ce qui se passe ailleurs dans le monde. Au Royaume-Uni, une réforme du copyright prévoyait une exception au droit d’auteur pour permettre l’entraînement de modèles IA à des fins commerciales, sans autorisation préalable. Il revenait aux créateurs de s’opposer à l’usage de leurs œuvres. La mobilisation des artistes et de la société civile ont forcé le gouvernement à suspendre temporairement ce projet.

Au niveau de l’Union européenne, le Parlement européen a voté le 11 mars dernier les recommandations du rapport d’Alex Voss sur le droit d’auteur et l’intelligence artificielle générative. Parmi ses propositions : une « présomption réfragable » qui s’appliquerait en cas de manque de transparence sur les données d’entraînement des modèles. La proposition du Sénat vise cependant plus large, puisqu’elle facilite les recours des ayants droit.

Grand ménage de printemps chez Xbox, avec l’arrêt de Copilot sur mobile et consoles

6 mai 2026 à 06:30
Qu'ouïs-je ?
Grand ménage de printemps chez Xbox, avec l’arrêt de Copilot sur mobile et consoles

La nouvelle patronne de la division Xbox met un terme aux développements liés à l’IA dans l’environnement de jeu de Microsoft et annonce le retrait des fonctions Copilot déjà implémentées.

Asha Sharma continue d’imprimer sa marque dans la division Xbox qu’elle dirige depuis le mois de février. Après avoir imposé ses troupes à la direction de ce qui s’appelait auparavant Microsoft Gaming, elle annonce le retrait du Copilot Xbox sur mobile et l’arrêt du développement de Copilot sur les consoles. Un virage pour le moins surprenant, mais dans la droite ligne des changements structurels indispensables selon elle pour permettre à Xbox de rebondir.

La nouvelle boss de Xbox ne s’interdit rien. Asha Sharma, qui bénéficie visiblement d’une grande marge de manœuvre de la part de la direction de Microsoft, a déjà pu baisser les prix de plusieurs formules du Game Pass. Elle a également les coudées franches pour opérer des changements encore plus profonds : la version de Copilot dédiée aux jeux vidéo est « mise en retrait » sur les smartphones. Et le développement de Copilot sur les consoles Xbox est tout simplement arrêté.

Adieu Copilot pour l’app Xbox, on te connaissait à peine.

Il existe trois versions de Copilot pour le jeu vidéo, une initiative présentée en mars de l’année dernière  : pour les PC sous Windows 11 depuis septembre 2025, pour les smartphones dans l’app mobile Xbox depuis novembre, et une déclinaison pour les consoles Xbox Series S/X qui devait sortir courant 2026.

La directrice générale de Xbox ne précise pas le sort qui sera fait au Gaming Copilot de Windows, mais les deux autres versions sont maintenant sur une voie de garage. Le principe est le même pour toutes les moutures  : un bot conversationnel censé aider le joueur qui peut lui poser des questions concernant le gameplay d’un jeu.

La décision d’Asha Sharma a ceci de surprenante qu’elle est un transfuge de CoreAI, la division de Microsoft en charge des plateformes IA de l’éditeur. Mais, comme elle l’a indiqué à plusieurs reprises, tout est sur la table pour redresser Xbox. « Nous ne privilégierons pas l’efficacité à court terme ni n’inonderons notre écosystème de bouillie IA », affirmait-elle lors du passage de témoin avec Phil Spencer. « Xbox doit accélérer, renforcer ses liens avec la communauté et réduire les frictions. Vous nous verrez commencer à retirer les fonctionnalités qui ne correspondent pas à notre direction », a-t-elle ajouté hier.

Le mémo-manifeste « We Are Xbox » publié fin avril confirmait la volonté de réévaluer l’approche de la division sur « les exclusivités […] et l’IA ». On pensait que Copilot, le bébé de Microsoft et fer de lance de la stratégie IA de l’éditeur, allait passer au travers des gouttes, mais non. Asha Sharma a peut-être été guidée par un certain pragmatisme : le nombre d’utilisateurs de ces versions de Copilot pour le jeu est certes secret-defense, mais on peut se risquer à penser que l’engouement n’était pas au rendez-vous.

Quelques heures plus tôt, elle annonçait une vaste réorganisation à la tête de la division en plaçant à des postes-clé des personnes de confiance, venant majoritairement de CoreAI : ingénierie, abonnements, design, développement… « Aujourd’hui, nous avons promu des responsables qui ont contribué à construire Xbox, tout en faisant entrer de nouvelles voix pour nous aider à avancer. Cet équilibre est important pour remettre l’activité sur les rails », explique-t-elle.

Le prochain grand rendez-vous pour Xbox et pour Asha Sharma est d’ores et déjà connu : le showcase Xbox du 7 juin, où il s’agira de fêter comme il se doit les 25 ans de Xbox.

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