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☕️ Anthropic lance officiellement son projet d’entrée en Bourse

1 juin 2026 à 16:29


Ça, c’est fait. Après des mois de rumeurs, Anthropic a confirmé, sans trop de surprise, son intention d’entrer en Bourse (IPO). Le labo IA a déposé un formulaire S-1 auprès de la SEC, le gendarme boursier américain. Le tout de manière confidentielle, comme c’est souvent le cas. En conséquence, le dossier n’a pas été rendu public ; l’entreprise et l’autorité peuvent ainsi discuter à l’abri des regards indiscrets.

Il s’agit d’une première étape, puisque ce dépôt ne signifie pas qu’Anthropic va automatiquement entrer en Bourse. Mais la société se donne la possibilité de le faire une fois l’examen réglementaire terminé.

En l’absence de toute information publique, il est impossible de dire le nombre d’actions qui seront mises sur le marché, ni leur prix. L’opération dépend également de la situation : si les marchés sont agités, si la conjoncture est défavorable, ou si la valorisation attendue n’est pas au rendez-vous, Anthropic peut repousser son projet d’IPO ou tout simplement l’annuler.

Tout laisse cependant penser que cette introduction en Bourse ira à son terme. Le dernier tour de table d’Anthropic lui a permis de réunir 65 milliards de dollars d’argent frais, sur la base d’une valorisation de 965 milliards de dollars. Soit davantage qu’OpenAI (852 milliards de dollars début avril). Le créateur de ChatGPT aurait lui aussi l’intention de se lancer en Bourse d’ici la fin de l’année.

☕️ Souveraineté numérique : le CIAN évoque « l’urgence » de la situation

1 juin 2026 à 15:33


Le Conseil national de l’intelligence artificielle et du numérique (CIAN) a publié le 22 mai un rapport sur la souveraineté numérique. On peut y lire notamment que la « dépendance française et européenne aux acteurs étrangers en matière d’infrastructures numériques interroge notre capacité à en maîtriser les risques ».

Dans l’ensemble, ce (long) rapport rassemble de nombreux constats déjà faits au cours des dernières années. Par exemple, que le numérique est « dominé par une poignée d’acteurs qui contrôlent, sans contre-pouvoir, des outils omniprésents dans nos vies quotidiennes », avec tous les dangers que cela suppose. Elle dresse un portrait déjà connu : un double discours étatique, des écarts béants entre intentions et décisions, un manque de coordination, un gâchis de ressources, une intervention publique fragmentée, ou encore un écosystème peu compétitif. Des éléments que la Cour des comptes avait mis en avant en octobre dernier.

Illustration : Flock

Puisque le CIAN est l’organe devant conseiller le gouvernement sur ces sujets, il y va donc de ses recommandations. Le Conseil propose ainsi la création d’une Fabrique des Communs Numériques et un renforcement du mandat de l’EDIC Digital Commons (d’ailleurs installé à Paris).

Le CIAN aimerait également que soit créé un fonds européen dédié à ces communs, ainsi qu’un label European Open Standards. Cartographie nationale des briques numériques existantes, exemplarité de la commande publique, contribution à la gouvernance active des communautés open source ou encore renforcement des formations aux communs numériques sont également cités.

Partage d’abonnements : l’espoir douché de Spliiit face à Apple, Disney et Netflix

1 juin 2026 à 15:04
La facture tombe pour Spliiit
Partage d’abonnements : l’espoir douché de Spliiit face à Apple, Disney et Netflix

Spliiit est dans la panade. Le service de partage d’abonnement a été lourdement condamné par le tribunal judiciaire de Paris, qui s’est largement rangé du côté d’Apple, Disney et Netflix. Outre le versement d’une provision significative, le modèle économique de Spliiit est sévèrement remis en cause.

Apple, Disney et Netflix accusaient Spliiit de parasitisme et de contrefaçon de marques. Leur plainte déposée en 2022 a connu bien des rebondissements. Jonathan Lalinec, le directeur général de Spliiit, avait expliqué en avril à Next que le procès était désormais « sans objet » : « La justice prend du temps, et entre 2021 et 2026, il s’est passé beaucoup de choses du point de vue des éditeurs ». Avant de rappeler que ces plateformes de streaming et services en ligne avaient changé leurs offres, avec l’ajout de formules « abonné supplémentaire ».

Un espoir douché par le tribunal judiciaire de Paris. Le jugement sur le fond a finalement été publié vendredi dernier et partagé par le site L’Informé. S’il n’est pas tendre pour Spliiit, le tribunal a toutefois rejeté l’idée que l’activité même de mise en relation pour partager un abonnement est automatiquement illégale : « l’activité exercée par la société Spliiit […] n’est pas en elle-même illicite ».

Capture d’écran Spliiit.

Dans un communiqué, Spliiit relève que le tribunal a rejeté les accusations de parasitisme et qu’il n’a pas retenu l’argument « selon lequel le partage de frais constituerait, en soi, une commercialisation d’abonnements ».

Le manque à gagner des plaignants

Pour le reste, le tribunal considère que le service a commis des actes de complicité de violation des conditions générales d’utilisation, des actes de concurrence déloyale et de contrefaçon de marques. Spliiit ne peut plus utiliser les marques Apple, Disney et Netflix au-delà de ce qui est strictement nécessaire, ne peut plus proposer de partage d’abonnements lorsqu’il implique une violation des conditions d’utilisation, et doit modifier plusieurs éléments de son site jugés trompeurs ou insuffisamment clairs.

Spliiit doit également verser des dommages et intérêts ; ils sont certes inférieurs à ce que demandaient les plaignants (9,2 millions d’euros), mais en tout, le service doit verser 785 000 euros. Outre les 49 000 euros de frais de procédure, l’entreprise doit verser 10 000 euros à Apple, 20 000 euros à Disney et 30 000 euros à Netflix pour contrefaçon des marques. Des provisions sont exigées pour compenser le manque à gagner subi par les sociétés plaignantes : 25 000 euros pour Apple (iCloud, Apple Music, Apple TV, etc.), 100 000 euros pour Disney, 300 000 euros pour Netflix France et autant pour Netflix International.

Cette notion de manque à gagner se base sur le fait que des consommateurs ont pu choisir de passer par Spliiit « à moindre frais » plutôt que de souscrire directement un abonnement conforme aux règles fixées par les sociétés éditrices. Si l’activité de mise en relation n’est pas illicite en soi, le tribunal estime qu’elle devient fautive lorsqu’elle facilite des partages contraires aux conditions d’utilisation des plateformes.

Le tribunal constate que ces limitations contractuelles font partie intégrante des abonnements proposés par Netflix, Disney ou Apple, et que Spliiit a facilité des usages permettant de les contourner.

Le partage d’abonnements reste licite

Spliiit pourra toujours se consoler en constatant que son activité n’a donc rien d’illégal. La société explique que le débat ne porte pas sur son existence ni sur le principe de partage de frais, « mais sur les conditions dans lesquelles certains abonnements peuvent être partagés au regard des conditions générales d’utilisation définies par chaque service. » Il n’empêche : la condamnation reste lourde. Spliiit prend acte de la décision, mais annonce la contester fermement et « confirme son intention de faire appel ».

L’entreprise estime que « certaines offres peuvent continuer à être proposées sur sa plateforme dans un cadre conforme ». C’est un interstice dans lequel Spliiit a l’intention de se glisser.

Le service de partage d’abonnements avait obtenu une petite victoire en 2022 : dans une ordonnance de référé, le tribunal avait en effet estimé que les règles de partage des streameurs étaient ambiguës et incohérentes, mais renvoyait à une décision sur le fond. Une médiation avait été demandée l’an dernier, sans que les parties parviennent à se mettre d’accord.

Vidéo : les spécifications d’AV2 sont disponibles, l’attente commence

1 juin 2026 à 14:47
Pas de panique
Vidéo : les spécifications d’AV2 sont disponibles, l’attente commence

Cette fois c’est fait : les spécifications pour le codec vidéo AV2 sont finalisées et disponibles officiellement. L’Alliance for Open Media (AOMedia) les a publiées le 28 mai, marquant le coup d’envoi du nouveau venu. Il faut s’attendre cependant à une utilisation réelle que dans plusieurs années.

En développement depuis des années, AV2 doit naturellement prendre la relève du codec AV1. Celui-ci s’est fait connaitre pour son efficacité à compresser les flux en très haute définition (4K) et sa licence open source, sans redevance. Sa visibilité est montée d’un cran quand l’équipe de VideoLAN (VLC) a publié Dav1d, son implémentation libre d’AV1. VideoLAN a d’ailleurs remis le couvert il y a un peu moins d’un mois, avec une première version de Dav2d. L’association recommandait cependant de ne pas l’utiliser en environnement de production, puisque la norme était encore susceptible d’évoluer.

Bien qu’AV2 soit finalisé et ses sources publiées sur GitHub tout récemment, ses avantages sont connus depuis longtemps. Comme toujours avec les nouveaux codecs vidéo, la promesse est celle de l’efficacité : soit une qualité identique pour un débit moindre (25 à 30 % ici en moyenne, voire davantage selon Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN), soit une qualité supérieure à débit équivalent. De fait, les bénéfices attendus se concentrent sur la réduction de la bande passante nécessaire. À la clé, des avantages comme le soulagement des infrastructures de diffusion et l’augmentation ou le maintien de la qualité dans des conditions de réception moins bonnes.

Outre une meilleure efficacité dans la compression, on note des améliorations dans la qualité d’image, la prise en charge de plus grandes définitions, ainsi qu’un plus grand nombre de cas d’usage pris en compte, notamment la réalité virtuelle et la diffusion sur écrans partagés, par exemple la visioconférence via un travail sur la latence. Le HDR10+ est également de la partie.

« AV2 est la spécification de codage vidéo de nouvelle génération de l’Alliance for Open Media (AOMedia). S’appuyant sur les fondations d’AV1, AV2 est conçu pour offrir une efficacité de compression supérieure, permettant une livraison vidéo de haute qualité à des débits binaires nettement plus bas. Il est optimisé pour répondre aux exigences évolutives du streaming, de la diffusion et de la visioconférence en temps réel », résume l’Alliance sur son site.

De l’annonce à la pratique

L’utilisation pratique d’AV2 devra cependant attendre. Comme l’a rappelé Jean-Baptiste Kempf dans son billet du 31 mai, Dav2d n’est pas terminé. Il reste notamment un long travail d’optimisation car – sans surprise – AV2 réclame plus de ressources qu’AV1. « Le décodage AV2 est environ cinq fois plus complexe que celui d’AV1. En pratique, cela signifie que les logiciels fonctionnant sur le matériel actuel auront du mal à décoder AV2 en temps réel sans une optimisation soigneuse et spécifique à l’architecture », précise le président de VideoLAN.

Mais on parle là de décodage logiciel. Qu’en est-il du matériel ? Si l’on se réfère à AV1, il a fallu être patient. Les spécifications ont été publiées en 2018 et il a fallu attendre en moyenne deux ans pour un support par les GPU, et plusieurs années supplémentaires selon les cas. Comme nous le rappelions début mai, Apple n’a réellement commencé qu’en 2023. Microsoft n’a inséré cette exploitation matérielle dans Edge qu’en 2024. L’arrivée de puces compatibles réclamera donc probablement encore du temps.

Un codage gourmand en puissance

Et quid du codage ? Car la lecture de contenus AV2 dépend aussi de la création de ces contenus. VideoCardz évoque des problèmes de performances et de rétention des détails. Mais comme dans le cas de la lecture, il faudra surtout attendre le support matériel, le codage réclamant bien plus de puissance que le décodage.

L’histoire se répétera ainsi probablement, avec une implémentation logicielle par VideoLAN devenant une référence (Dav2d) et plusieurs années d’attente pour des puces compatibles, notamment dans l’électronique grand public, comme les smartphones et tablettes. Les usages, particulièrement les plateformes de streaming, attendront quelques années. À titre d’exemple, Netflix indiquait fin 2025 que l’AV1 était utilisé sur environ 30 % de son catalogue.

Enfin, AV2 se retrouvera en concurrence avec le codec propriétaire VVC, comme AV1 l’a été avec HEVC.

Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

1 juin 2026 à 09:53
L'avenir en berne
Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

En parallèle du sommet « Choose France », le gouvernement français revoit le budget du pays quelques mois après le déclenchement de la guerre en Iran par Donald Trump. La recherche, l’enseignement supérieur et les investissements d’avenir sont les secteurs les plus touchés.

Alors qu’en fin d’année 2025 (comme l’année d’avant) le gouvernement a eu de la peine à faire voter son budget 2026, Sébastien Lecornu prévoit de le raboter, par décrets. Et les coupes sont importantes : 954 millions d’euros de crédits de paiement sont prévus, dont une partie importante prélevée dans le budget alloué à la recherche et à l’enseignement supérieur, mais aussi les « investissements d’avenir ».

De fait, le ministre des Comptes publics, David Amiel, avait annoncé le 21 avril dernier 6 milliards d’euros d’économies pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Donald Trump.

Des annonces attendues par les parlementaires

Mais un mois après, les parlementaires n’avaient pas reçu d’information sur la façon dont ces économies allaient être réalisées. Pour mettre la pression sur le gouvernement, les sénateurs Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR) lui ont envoyé une lettre, selon Le Monde, dans laquelle ils lui ont demandé de leur faire parvenir « les mesures de redressement envisagées, avec leur répartition par ministère et par action de politique publique, ainsi que le mode opératoire envisagé : gels de crédits, décret d’avance ou d’annulation de crédits, loi de finances rectificative, etc. » avant le 1ᵉʳ juin, c’est-à-dire aujourd’hui.

Une partie devrait venir de l’abandon du projet du gouvernement d’augmenter les exonérations de cotisations patronales via un décret. L’enveloppe de compensation de ces exonérations, qui s’élève déjà à 74 milliards d’euros, ne sera finalement pas augmentée des 2 milliards supplémentaires prévus suite à la hausse du SMIC (+ 2,4 %).

Mais le gouvernement prévoit aussi de couper dans le budget de ses ministères. Il l’a finalement fait savoir aux parlementaires en transmettant ce jeudi 28 mai aux commissions des Finances deux projets de décrets qu’a pu obtenir Public Sénat.

En tout, il prévoit de revenir sur 954 millions d’euros de crédits de paiement. Au premier plan se trouve le budget de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’Espace.

139 millions d’euros de coupes budgétaires pour l’enseignement supérieur et la recherche

Ainsi, les projets de décrets signés par David Amiel prévoient pour l’un [PDF] 70,235 millions d’euros et pour l’autre 68,854 millions d’euros pour l’autre [PDF] de crédits de paiement annulés concernant la recherche et l’enseignement supérieur, soit plus de 139 millions d’euros de coupes budgétaires.

Cela inclut 35,47 millions d’euros en moins pour les universités alors qu’une très grande partie d’entre elles sont déjà en déficit, leurs dotations ne leur permettant pas de compenser la hausse des charges. Fin décembre, l’Université de Lille annonçait un déficit de 45 millions d’euros dans son budget 2026.

Pour les autres institutions de recherche pluridisciplinaire, la baisse du budget prévu atteint 63,5 millions d’euros. En avril dernier, le PDG du CNRS, Antoine Petit avait déjà annoncé que son institution était sommée par le gouvernement de procéder à un tour de vis supplémentaire de 20 millions d’euros.

La recherche spatiale, domaine cher au ministre Philippe Baptiste qui a été président du CNES, n’est pas épargnée. Ainsi, les deux décrets prévoient que son budget soit amputé de 32,4 millions d’euros.

France 2030 est aussi touché

Enfin, les investissements du plan France 2030 – prévus en 2021 par Emmanuel Macron pour rattraper le retard de la France dans la recherche dans certains secteurs industriels – perdraient 100,38 millions d’euros de crédits. Ce plan sert, par exemple, au financement des recherches sur le quantique annoncées par le président de la République récemment ou celles sur les jumeaux numériques de territoire.

La « vraie priorité à l’enseignement supérieur et à la recherche » affichée par Philippe Baptiste lors du vote du budget initial semble loin. Présentés à l’Assemblée nationale et au Sénat la semaine dernière, les décrets doivent encore être publiés au Journal Officiel. Mais Sébastien Lecornu a déjà prévenu que, la guerre au Moyen-Orient se prolongeant, « les 6 milliards d’euros devront être remis à jour » avec une nouvelle estimation qui devrait arriver fin juin. « J’ai parié sur 10 milliards d’euros », a confié à nos confrères du Monde le président de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI).

SoftBank s’engage à investir jusqu’à 75 milliards d’euros pour 5 GW d’infrastructures IA en France

1 juin 2026 à 09:17
Toujours plus
SoftBank s’engage à investir jusqu’à 75 milliards d’euros pour 5 GW d’infrastructures IA en France

Masayoshi Son, CEO de SoftBank, et Emmanuel Macron ont confirmé lundi l’engagement pris par le groupe japonais de déployer, en France, 45 milliards d’euros fléchés vers la création de trois datacenters dans le Nord de la France. L’enveloppe, annoncée dans le cadre du sommet Choose France, pourrait être portée à 75 milliards d’euros pour un total visé de 5 GW d’infrastructures IA.

Il fallait bien une annonce majeure pour célébrer en fanfare la dernière édition du sommet Choose France de la présidence d’Emmanuel Macron, et c’est finalement du groupe japonais SoftBank qu’elle émane. Son CEO, Masayoshi Son, et le président de la République ont en effet présenté lundi matin, sur le perron de l’Elysée, les contours d’un investissement programmé à hauteur de 45 milliards d’euros d’ici à 2030, susceptible d’être porté à 75 milliards d’euros dans un second temps.

« L’annonce faite par SoftBank est massive et historique, ce sont 45 milliards d’euros d’investissements confirmés que nous avons bâtis en deux mois, grâce à de l’énergie disponible et aussi grâce à toute la mobilisation des collectivités et de RTE », a déclaré Emmanuel Macron, parachevant un plan de communication engagé dès dimanche.

SoftBank a en effet formalisé cet engagement par l’intermédiaire d’un communiqué daté du 31 mai, doublé d’une interview de son CEO dans la Tribune dimanche. La nouvelle a ainsi pu faire la Une de la plupart des journaux lundi matin, et ce alors même que le sommet Choose France ne débute que dans l’après-midi à Versailles.

Masayoshi Son et Emmanuel Macron lundi matin à l’Élysée – capture d’écran Next

45 milliards d’euros confirmés pour trois datacenters

L’engagement financier par SoftBank est effectivement sans précédent. Concrètement, le groupe japonais flèche 45 milliards d’euros vers la création de trois datacenters installés dans les Hauts-de-France, sur des sites déjà identifiés à Dunkerque (Loon-Plage), Bosquel et Bouchain (sur le site d’une ancienne centrale thermique d’EDF), avec une mise en service attendue « entre fin 2029 et mi-2030 » d’après le président de la République.

Les trois centres devraient représenter une puissance électrique combinée de 3,1 GW, dont la destination précise et les modalités d’exploitation n’ont pas, à ce stade, été précisées. SoftBank intervient en effet traditionnellement comme un financier dans les grands projets d’infrastructure (aux côtés notamment d’OpenAI et d’autres acteurs états-uniens du secteur) mais n’a pas nécessairement vocation à opérer directement les centres de données en question.

Deux usines de composants dédiés à l’IA

L’enveloppe prévoit également un volet industriel, avec la création, à Dunkerque, de deux usines dédiées, notamment, à l’équipement de ces futurs datacenters et censées faire appel à de la robotique avancée. L’une, exploitée par SoftBank Group, fabriquera des baies, racks et autres boîtiers (enclosures en VO), tandis que la seconde, opérée par Schneider Electric, intègrera des modules d’alimentation destinées aux infrastructures informatiques. « Ces modules préfabriqués intègrent les technologies basse tension, moyenne tension, énergie sécurisée et refroidissement provenant de plusieurs sites de production de Schneider Electric situés en France et en Europe », précise l’industriel français.

Au-delà de cette première phase d’investissements, « confirmés » selon les mots d’Emmanuel Macron, SoftBank dit envisager de porter son enveloppe totale à 75 milliards d’euros, pour une capacité totale équivalente à une puissance de 5 GW, soit environ cinq tranches de réacteur nucléaire. « D’autres sites ont été identifiés pour permettre d’atteindre les 75 milliards souhaités par SoftBank. Nous avons aussi identifié de nouveaux projets en matière de robotique, mais je n’en dirai pas plus à ce stade », a déclaré le président.

Ajouter de la valeur à l’électricité bas carbone française

Emmanuel Macron a rappelé lundi matin ce qui constitue, selon lui, l’un des principaux vecteurs de l’attractivité de la France en matière de datacenters, à savoir la promesse d’une électricité bas carbone abondante, grâce au nucléaire. « Nous transformons de l’énergie disponible en datacenters et en capacités de calcul, et ce partenariat nous permet d’ajouter encore plus de valeur », a-t-il affirmé, avant de souligner que la France devenait de ce fait l’une des premières destinations mondiales pour SoftBank en matière d’investissements. Un propos repris par Masayoshi Son, selon qui le développement d’infrastructures dédiées à l’IA relève d’une « question de sécurité nationale ». « L’Europe et l’Asie ne peuvent pas rester derrière les États-Unis et la Chine », a-t-il fait valoir. Reste à voir à qui profiteront les centres de données financés par SoftBank et alimentés par cette électricité française.

Avec ces 45 milliards d’euros programmés, SoftBank devrait représenter la moitié des investissements annoncés lundi dans le cadre du sommet Choose France. Emmanuel Macron a indiqué que 71 projets représentant 93 milliards d’euros avaient été identifiés. Dans le lot figurent des projets liés aux semiconducteurs (dont une usine conjointe Thales et Foxconn au Barp, en Gironde) à l’électrification des camions (Scania à Angers), aux matériaux critiques et à la santé.

☕️ Canonical s’occupe désormais de Flutter Desktop

1 juin 2026 à 08:07


Le kit de développement multiplateforme Flutter, open source et créé par Google, a d’abord été conçu pour simplifier la création d’applications mobiles. Il a rapidement pris du galon et a notamment débordé sur les ordinateurs (desktop), avec des débouchés vers toutes les plateformes principales.

Le projet avait particulièrement intéressé Canonical, au point que l’entreprise s’est occupée officiellement du portage vers Linux. Depuis, le père d’Ubuntu s’en est amplement servi, aussi bien pour certaines applications (dont App Center, Firmware Updater et Security Center) que pour le module d’installation d’Ubuntu.

Durant la Google I/O, une petite information s’est toutefois glissée en douce : durant la présentation des nouveautés de Flutter, Kate Lovett (responsable ingénierie de l’équipe Flutter Framework chez Google) a annoncé (à 39min16) que Canonical supervise désormais tout ce qui touche à Flutter Desktop. L’entreprise gèrera ainsi toute la maintenance et la feuille de route, comme repéré par OMGUbuntu.

Kate Lovett a mis en avant la « grande expertise technique » de Canonical dans le domaine et « l’incroyable partenariat d’ingénierie » entre les deux sociétés. Flutter est donc dirigé par une hydre à deux têtes, même si Canonical semble désormais s’occuper de l’essentiel du travail. Précisons que ce dernier s’applique aussi bien à Linux qu’à Windows et macOS et que les nouveautés continueront à s’appliquer aux trois plateformes.

Windows 11 : la barre des tâches redevient enfin libre

1 juin 2026 à 07:37
Freedom !
Windows 11 : la barre des tâches redevient enfin libre

Microsoft poursuit son travail de fond pour apporter plus de personnalisation, de stabilité et de fiabilité à Windows 11. Le chantier ouvert en début d’année multiplie les nouveautés, grandes et petites. Nouveau point d’étape.

En mars, Microsoft annonçait un retour aux fondamentaux pour Windows 11, après les errements de l’IA à tous crins. L’éditeur a du pain sur la planche, car le système d’exploitation souffre beaucoup de performances en berne et d’une stabilité aux fraises. Les choses ont commencé à s’améliorer avec les premières livraisons des versions bêtas de Windows 11.

La nouvelle fournée pour les utilisateurs inscrits au programme Windows Insider a été présentée, et la grosse nouveauté n’est autre que la possibilité, finalement, de positionner la barre des tâches sur les côtés ou en haut de l’écran. Une fonction réclamée depuis des années, que Microsoft va finalement livrer !

Les miracles existent. Image : Microsoft

Microsoft ajoute la possibilité de choisir l’alignement des icônes selon la position de la barre des tâches, l’affichage des libellés des apps ouvertes pour mieux distinguer les fenêtres, et la possibilité d’opter pour une version plus compacte de la barre pour libérer de l’espace.

Le menu Démarrer gagne lui aussi en flexibilité, puisqu’il sera possible d’afficher ou de masquer les sections « Épinglés », « Recommandés » et « Toutes les applications » de manière indépendante. La taille des menus pourra être modifiée et le nom et la photo de profil de l’utilisateur masqués pour davantage de confidentialité.

L’amélioration de Windows 11 passe aussi par de toutes petites choses. La vue Détails de l’Explorateur de fichiers affiche ainsi le poids des fichiers avec les unités appropriées (ko, Mo, Go) au lieu d’être systématiquement exprimé en ko. La barre d’adresse de ce même Explorateur prend en charge davantage de formats de chemins (notamment ceux contenant des guillemets ou des doubles antislashs : C:\Users\user ou “C:\Users\user”), ce qui facilitera le copier-coller depuis d’autres applications. Des bugs liés au renommage de fichiers ont aussi été corrigés.

Isolation vocale et personnalisation visuelle

Ces améliorations peuvent paraitre anodines, mais ce sont des fonctions dont se servent des millions d’utilisateurs chaque jour. L’accessibilité de Windows 11 est aussi un chantier à ciel ouvert. Du côté des commandes vocales, la nouveauté principale est Voice Isolation, qui réduit l’impact des bruits de fond afin de mieux isoler la voix de l’utilisateur. De quoi améliorer la reconnaissance des commandes vocales même dans un environnement bruyant.

Image : Microsoft

L’éditeur ajoute également de nouvelles options de personnalisation visuelle. Une fonction de teinte d’écran permet notamment d’ajuster les couleurs et l’opacité de l’affichage selon les préférences de l’utilisateur ou les conditions d’éclairage. Il est plus facile de définir un niveau de zoom dans l’outil Loupe, et de modifier le grossissement depuis son interface, sans avoir à fureter au fin fond des réglages de Windows.

Microsoft poursuit en parallèle ses efforts pour améliorer la fiabilité de son système d’exploitation en s’attaquant à un élément souvent invisible mais essentiel : les pilotes matériels. L’éditeur a présenté durant la conférence WinHEC 2026 un nouveau programme, Driver Quality Initiative (DQI), pour renforcer la qualité, la fiabilité et la sécurité des drivers en travaillant avec les constructeurs de périphériques.

Ces nouveautés sont en cours de déploiement via le nouveau canal Experimental du programme Windows Insider.

☕️ Microsoft voudrait ranger tous ses Copilot dans une app unique

1 juin 2026 à 06:53


Même si Microsoft s’est décidé à rationaliser la présence (parfois envahissante) de l’IA dans Windows, l’éditeur ne compte pas lâcher l’affaire. Pour remettre de l’ordre dans sa galaxie de Copilot, l’entreprise préparerait une « superapp » regroupant tous ses assistants IA au sein d’une interface unique.

On ne compte plus les Copilot : les déclinaisons de l’IA chez Microsoft sont tellement nombreuses que plus personne n’y comprend rien. GitHub Copilot, Microsoft 365 Copilot, Copilot Cowork, le chatbot grand public Copilot… Difficile de s’y retrouver, les utilisateurs ne savent plus très bien à quoi sert tel ou tel service. Microsoft a commencé à réagir, en réduisant le forcing de Copilot et la surcharge de l’IA dans le système d’exploitation. Mais il reste encore beaucoup de travail pour trouver une cohérence à ce bazar d’IA.

C’est pourquoi l’éditeur plancherait actuellement sur une « superapp », une application unique regroupant tous les Copilot derrière une seule interface. La rumeur rapportée par Fortune consisterait en un guichet unique donnant accès à tous les Copilot de l’utilisateur. À cela s’ajouterait un système d’automatisation à base d’agents IA, baptisé Autopilot.

Le projet n’est pas sans rappeler la propre « superapp » que développe OpenAI, en prenant comme base l’outil de vibe coding Codex. À terme, l’idée est de répondre à l’ensemble des requêtes de l’utilisateur grand public, développeur ou professionnel.

La stratégie de la superapp a du sens pour Microsoft comme pour OpenAI, même si on peut faire valoir qu’une telle application « fourre-tout » peut désorienter les utilisateurs qui cherchent à réaliser une tâche précise. Ou rendre l’ensemble plus difficile à appréhender.

Au mois de mars, le directeur général Satya Nadella nommait un « chef » de Copilot en la personne de Jacob Andreou, qui est chargé de remettre du sens et de l’ordre dans la pléthore de fonctions et de services Copilot. On pourrait entendre parler de cette superapp dès cette semaine, à l’occasion des conférences Build de Microsoft, même s’il ne serait pas question de montrer l’app en elle-même. Celle-ci pourrait cependant ne pas tarder : la rumeur évoque en effet un lancement d’ici la fin de l’été.

☕️ Paint.NET dispose enfin du domaine paint.net

1 juin 2026 à 06:30


Après 22 ans passés à développer Paint.NET, on imagine la satisfaction de Rick Brewster, son principal artisan. Celui-ci vient en effet de mettre la main sur le nom de domaine paint.net, lequel pointera bientôt vers le site dédié à ce célèbre logiciel de retouche photo gratuit (aujourd’hui hébergé à l’adresse getpaint.net).

Même si Paint.NET tire son nom de l’environnement .NET de Microsoft (et non de l’extension de nom de domaine .net), l’obtention de cette adresse revêt une portée symbolique évidente pour Brewster, qui raconte, dans un thread Bluesky, avoir cherché à l’obtenir dès les débuts de l’aventure : « J’essaie d’obtenir ce nom de domaine depuis 22 ans. C’est un truc de dingue. »

Sans surprise, il explique que les anciens propriétaires du nom de domaine en voulaient une somme qu’il ne pouvait pas se permettre. Les noms de domaine composés d’un mot très générique comme « paint » (peinture en anglais) associé à un domaine de premier niveau ancien et populaire comme .net sont en effet particulièrement recherchés, et s’échangent souvent à prix d’or.

C’est en définitive l’appétit du dernier propriétaire en date qui fera basculer la situation. « Finalement, en décembre, le dernier propriétaire (enfin, l’ancien 😂) a commencé à héberger du contenu entièrement consacré à Paint.NET, tentant de tromper les utilisateurs en leur faisant croire qu’il s’agissait du site officiel. Liens brisés, publicités, etc. Ils tiraient profit de ma marque déposée », décrit Rick Brewster.

La Wayback machine confirme que l’ancien propriétaire du domaine a tenté une démarche de référencement parasite – capture d’écran

« Et c’est ainsi que l’affaire est devenue une preuve flagrante de contrefaçon de marque et d’accaparement de nom de domaine. Grâce à un avocat, j’ai récupéré le nom de domaine », poursuit l’auteur de Paint.NET, qui promet que le site actuel du logiciel basculera vers sa nouvelle adresse dans les prochains jours. Le logiciel, passé dans sa branche 5.x en 2023, est actuellement disponible en version 5.1.12.

☕️ Brûler des tokens n’est pas travailler : Amazon ferme son classement IA interne

1 juin 2026 à 05:31


Brûler des tokens pour se faire bien voir de ses patrons ne sert à rien, mieux vaut se concentrer sur la qualité des produits développés avec l’IA. C’est en substance le message en interne chez Amazon, qui a mis fin à un classement mesurant la quantité de tokens utilisés.

Amazon veut que ses employés utilisent l’IA générative pour développer de nouveaux produits et services ; mais pas en brûlant des tokens sur des tâches sans intérêt. L’entreprise a mis un terme à Kirorank, un classement mesurant l’utilisation de Kiro, une plateforme de développement assisté par IA. Plus un employé utilisait cet outil IA, plus son score grimpait.

Illustration : Flock

Pour gagner des places, certains petits malins avaient commencé à « optimiser » leur usage de l’IA, en lançant des agents IA pour générer artificiellement de l’activité, ce qui leur permettait de consommer un maximum de tokens sans produire davantage de travail « utile ». Cette pratique du « tokenmaxxing » revient cher : les modèles IA ne sont pas gratuits, ils consomment des ressources de calcul que les entreprises doivent payer.

Si des milliers d’employés commencent à faire tourner des agents IA pour des tâches sans valeur ajoutée, la facture grimpe rapidement. Et c’est d’autant plus sensible qu’Amazon est un des principaux acteurs du secteur, avec des investissements massifs pour ses infrastructures (200 milliards rien que cette année).

Dave Treadwell, vice-président d’Amazon, a reconnu que ce classement avait été créé avec de « bonnes intentions », mais qu’il avait produit des effets toxiques. « N’utilisez pas l’IA simplement pour utiliser l’IA », a-t-il indiqué dans un mémo publié par le Financial Times. L’entreprise préfère désormais suivre d’autres indicateurs comme les « déploiements normalisés » qui mesurent si l’IA aide réellement à produire du code utile, plutôt que de simplement compter le volume de tokens brûlés.

« Le tableau de bord bêta n’était pas un outil officiel ni approuvé, et il a depuis été abandonné », a confirmé Amazon dans une déclaration. Ce classement avait été créé par un groupe d’employés « qui souhaitaient sensibiliser leurs collègues à la manière dont l’IA peut accélérer le travail ». L’entreprise préfère se concentrer sur « l’efficacité opérationnelle ».

La pression n’en reste pas moins forte pour adopter l’IA dans le travail de tous les jours. Amazon s’est fixé un objectif de 80 % de développeurs devant utiliser cette technologie chaque semaine.

Reçu — 29 mai 2026 Next - Articles gratuits

☕️ La licence perpétuelle d’Office 2019 pour Mac a du plomb dans l’aile

29 mai 2026 à 15:59


Gros soupçon d’obsolescence programmée chez Microsoft. Les logiciels de la suite Office 2019 pour Mac seront bientôt limités à la lecture et à l’impression de documents. Par conséquent, il sera impossible de les modifier, de les sauvegarder ou de créer de nouveaux fichiers. La seule solution : passer à une version plus récente ou basculer vers l’offre sur abonnement, ce qui implique de mettre la main à la poche.

À compter du 13 juillet, les utilisateurs d’Office 2019 et d’Office 2021 sur Mac, et certains utilisateurs de Microsoft 365 sur macOS, iOS ou iPadOS ne pourront plus modifier ou sauvegarder des documents dans Word, Excel, PowerPoint, Outlook ou OneNote. Les logiciels bureautiques n’offriront plus que la lecture seule des fichiers, ce qui permettra uniquement de voir les documents et de les imprimer. MacGeneration rapporte qu’il s’agit d’un problème de certificat de sécurité.

Image : Microsoft

Pour ce qui concerne Microsoft 365, la version de la suite bureautique sur abonnement, la solution est simple : il suffit de mettre à jour les différents composants logiciels. Une opération qui n’est pas nécessaire sur Windows ou Android, mais qui s’impose sur les systèmes d’exploitation d’Apple. Pour Office 2021, Microsoft recommande également de mettre à jour les applications.

Attention toutefois : la configuration minimale pour pouvoir utiliser Microsoft 365 ou Office 2021 est un Mac sous macOS 12 Monterey (sorti en 2021), ou iOS 17 (sorti en 2023) pour les appareils mobiles. Tout le monde ne veut pas forcément passer ses machines à une version plus récente de leurs systèmes d’exploitation. Pour les appareils incompatibles avec Monterey ou iOS 17, les solutions proposées par l’éditeur ne sont guère réjouissantes : utiliser la version web de Microsoft 365 (gratuite mais avec des fonctions limitées), ou… s’en servir sur un ordinateur compatible.

Mais le vrai problème concerne Office 2019. Comme Office 2021, il s’agit d’une suite vendue sous la forme d’une licence perpétuelle… mais qui n’a de « perpétuelle » que le nom, finalement. Le support de cette mouture a cessé en octobre 2023, ce qui n’empêchait pas — jusqu’à présent — de s’en servir normalement.

À partir de juillet, ses fonctionnalités seront donc réduites au strict minimum. On peut basculer sur la version web gratuite de Microsoft 365, ou pour ceux qui ont besoin de toutes les fonctions de la suite, s’abonner à Microsoft 365 ou acheter Office 2024. L’entreprise suggère aussi de changer d’appareil et d’acquérir un nouveau Mac, iPhone, iPad ou PC… Facile à dire !

Le compte à rebours pour les utilisateurs d’Office 2021 ne va pas tarder, puisque la fin du support est programmée le 13 octobre 2026. Là encore, Microsoft ne devrait pas empêcher de se servir de toutes les fonctions, mais pour combien de temps ? L’éditeur précise tout de même que dans tous les cas, les fichiers ne sont heureusement pas affectés.

Intel dans la course aux consoles portables avec la nouvelle gamme Arc G3

29 mai 2026 à 14:50
Essaie encore une fois
Intel dans la course aux consoles portables avec la nouvelle gamme Arc G3

Intel se lance sérieusement à l’assaut du marché des consoles portables qui n’a d’yeux que pour AMD. La nouvelle famille de puces Arc G3 va équiper plusieurs nouveautés signées MSI, Acer et OneXPlayer.

Intel avait trempé un doigt de pied dans le marché des consoles portables avec le Core Ultra 155H utilisé par MSI dans la Claw, en 2024. Cette première incursion s’est transformée en désastre, la puce offrant des performances bien en deçà du silicium d’AMD sur des consoles plus anciennes. Intel et MSI avaient rattrapé le coup l’année suivante avec la Claw 8 AI Plus et sa Core Ultra 7 258V.

Intel veut mettre un coup d’arrêt à AMD

Malgré tout, il manquait au catalogue du géant américain une gamme de puces dédiée au jeu portable capable de se mesurer à toute la puissance des Ryzen Z d’AMD. C’est désormais chose faite, avec les Arc G3 et G3 Extreme. Ces deux modèles s’appuient sur l’architecture des Core Ultra Series 3 (Panther Lake), et ils sont fabriqués avec le procédé 18A, le nœud de classe 1,8 nanomètre sur lequel Intel mise beaucoup.

Les deux puces embarquent un CPU doté de 14 cœurs : 2x P (performants), 8x E (efficients) et 4x LP-E (efficients basse consommation). Les cœurs P tournent à un maximum de 4,6 GHz pour l’Arc G3, et 4,7 GHz pour la déclinaison Extreme. Chacun embarque 12 Mo de mémoire cache L3, jusqu’à 96 Go de mémoire LPDDR5X, pour une enveloppe thermique comprise entre 8 et 35 W, et un NPU de 46 TOPS.

Au-delà du processeur, c’est surtout le GPU intégré qui nous intéresse ici. Intel accole un Arc B370 équipé de 10 cœurs Xe3 jusqu’à 2,2 GHz sur le G3, et un Arc B390 avec 12 cœurs jusqu’à 2,3 GHz sur le modèle Extreme. Le groupe ne précise par contre pas la consommation.

Les iGPU du fondeur ont bonne presse et Intel affirme qu’il proposera un suivi 0-day des pilotes pour les nouveaux jeux. À confirmer dans les mois à venir. Les benchmarks d’un portable de démonstration réalisés en début d’année par Tom’s Hardware confirment les bonnes dispositions du composant, avec un framerate solide qui tourne autour de 60 FPS sur des jeux récents en 1080p.

Image : Intel

La question de l’autonomie reste posée, car elle est évidemment essentielle sur les consoles portables. Intel met en avant le support du XeSS 3, la technologie d’upscale maison. Outre l’upscaling IA, le XeSS 3 combine la génération d’images et une latence réduite. C’est la réponse d’Intel aux technologies similaires chez NVIDIA et AMD.

Intel ajoute au lot une fonction de précompilation des shaders depuis le nuage pour une sélection de titres, de quoi en accélérer le lancement (les joueurs sont bien trop souvent soumis à une longue attente, le temps de calculer les shaders). La gamme Arc G3 apporte également le support du Wi-Fi 7 avec prise en charge des fonctions Release 2 d’Intel (censées optimiser les performance et la gestion du trafic réseau), d’une architecture Bluetooth 6 à double antenne, et du Thunderbolt 4 (40 Gbps).

Grosses perfs, gros prix

Intel ne part pas seul dans la bataille, où le retard à combler est considérable face à AMD. Plusieurs constructeurs ont dévoilé leur jeu avec de nouvelles consoles Windows qui seront présentées plus avant durant le Computex : la Predator Atlas 8 chez Acer, la OneXPlayer 3 et la Claw 8 EX AI Plus de MSI.

La Claw 8 EX AI Plus de MSI. Toutes ces consoles fonctionnent sous Windows 11, avec « l’expérience plein écran » Xbox.
Predator Atlas 8 d’Acer et OneXPlayer 3

Ces appareils sont bâtis autour des nouvelles puces Intel, même si seul Acer proposera une déclinaison G3 standard. Les batteries sont volumineuses, elles dépassent les 80 Wh, et les écrans ont une fréquence d’images de 120 Hz et plus.

Hélas, les constructeurs ne précisent pas les prix, mais au vu du contexte actuel — Valve vient d’augmenter les prix du Steam Deck de 240 euros… —, il n’y a pas de miracle à attendre. Le revendeur italien Ollo a affiché le modèle de MSI (1 To de SSD, 32 Go de mémoire) à 1 599 euros.

☕️ 1 To (et plus) de stockage offert avec votre abonnement Next : la FAQ pour tout savoir

29 mai 2026 à 14:06


Si vous n’étiez pas encore au courant, votre abonnement à Next vous donne droit à au moins 1 To (oui oui, 1 téraoctet, 1 000 Go) de stockage S3 pour réaliser les sauvegardes de votre choix sur une infrastructure hébergée en France et opérée par moji.

Nous avons eu l’occasion de présenter à plusieurs reprises ce bonus offert à nos abonnés : le 24 décembre dernier, lors de la mise en production du service (oui, ça aussi c’était rock ’n’ roll) sous forme de bêta fermée, puis début février à l’ouverture générale à tous les abonnés.

OK, c’est peut-être pas la journée idéale pour une référence à l’Âge de glace, mais avouez qu’elle est chouette cette noisette – illustration Flock

Il nous manquait cependant une page située à l’écart du rythme trépidant de notre flux d’actualité, pour centraliser les réponses à toutes les questions que vous pourriez vous poser au sujet de ce stockage. C’est désormais chose faite, avec la publication de notre FAQ dédiée au stockage Next, dont vous pouvez aussi retrouver le lien en pied de page.

Outre le relais de cette information d’intérêt public, cette brève est aussi l’occasion de recueillir vos retours. À la fois sur le service, puisque vous êtes déjà nombreux à l’exploiter (certains ne se sont pas fait prier pour remplir à 100 % les 3,2 To auxquels leur donne droit leur ancienneté), mais aussi sur cette foire aux questions, que l’on sera ravi d’amender ou de compléter en fonction de vos suggestions.

☕️ Brave attaquée par des éditeurs de presse français

29 mai 2026 à 13:15


L’entreprise californienne qui édite le navigateur du même nom se voit attaquée devant le tribunal judiciaire de Paris par l’Alliance de la presse d’information générale (Apig) et 53 groupes de presse français dont l’Équipe, Libération, Les Échos, Bayard ou encore Ouest-France.

Selon notre consœur des Échos qui a pu consulter l’assignation, celle-ci dénonce des actes de contrefaçon sur les fondements du droit voisin et du droit des marques.

Illustration : Flock

Les éditeurs et l’Apig ont d’abord tenté une démarche de conciliation via la Sacem, mais elle n’a pas abouti. Plus en détail, ils visent notamment la reproduction et la communication au public, « massivement et sans aucune autorisation, [des] contenus issus des publications de presse ».

« Brave illustre non seulement la transformation des moteurs de recherche en moteurs de réponse, mais elle se targue de mettre à disposition de tout l’écosystème de l’IA des outils permettant d’entraîner des modèles ou de créer toutes sortes d’applications visant aux mêmes fins », affirme encore l’assignation.

Les entreprises de presse ainsi que l’Apig demandent une réparation à hauteur d’un peu plus de 80 millions d’euros. Contactée par les Echos, Brave n’a pas répondu.

En septembre dernier, l’Alliance, accompagnée du Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM), avait mis en demeure Common Crawl de retirer les sites de ses membres de son archivage.

La Maison-Blanche lance un site dédié aux aliens pour appeler à dénoncer les immigrants

29 mai 2026 à 12:04
Pendant une triste nuit, le long d'une route solitaire de campagne...
La Maison-Blanche lance un site dédié aux aliens pour appeler à dénoncer les immigrants

La Maison-Blanche exploite le nom de domaine « aliens.gov » pour renvoyer vers une page qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées par sa police de l’immigration. Sur fond de codes visuels inspirés de la pop culture SF, elle compare les immigrants arrêtés à des envahisseurs face auxquels un seul homme a eu le courage de se dresser.

La communication décomplexée – et xénophobe – de l’administration Trump a franchi un nouveau palier. Jeudi, la Maison-Blanche a commencé à exploiter le nom de domaine aliens.gov, qu’elle fait pointer sur une page de son site Web (whitehouse.gov/aliens/), dédié aux performances de sa police anti-immigration, l’ICE.

Particularité de ce site ? Il joue à fond la carte des codes issus de la science-fiction et des séries populaires type X-Files, en exploitant la double signification du terme aliens, qui en anglais peut aussi bien désigner les extra-terrestres que les étrangers (souvenez-vous de la chanson de Sting).

« Ils sont parmi nous »

« Ils sont parmi nous », attaque le site, qui charge ensuite au fur et à mesure un texte dont la graphie, le défilement et la narration rappelle délibérément l’introduction des films de la saga Star Wars, ou l’introduction de certaines séries SF comme les Envahisseurs :

« Des extraterrestres vivent parmi nous — dans nos quartiers, interagissant avec nous au quotidien. Ils fréquentent les mêmes magasins, partagent les mêmes salles de classe que nos enfants, et mènent des existences en apparence parfaitement humaines. À une exception près : ils n’ont rien à faire ici ».

La suite décrit comment tout le monde a protégé ce secret jusqu’à ce qu’un homme ait finalement « le courage de dire la vérité ». La chute rend hommage au héros de l’histoire :

« Le président Trump a été le premier à dénoncer le danger réel que représentent les aliens pour chaque famille américaine, chaque communauté et l’avenir de notre nation. La vérité n’est plus ailleurs. Elle est ici et maintenant. »

« Ils » sont parmi nous mais heureusement, Donald Trump les a vus – capture d’écran

Des chiffres en vrac et sans contexte

Le site embraie ensuite sur une carte « live » des arrestations d’étrangers réalisées aux États-Unis par la police anti-immigration, surmontée d’un décompte qui affichait, le 29 mai vers midi, quelque 3,130 millions de « rencontres » (le terme file lui aussi la métaphore extraterrestre, comme dans Rencontres du troisième type), et s’incrémente d’environ une arrestation par seconde.

La page dispense ensuite un tableau qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées dans les principales villes des États-Unis. Deux colonnes très denses listent pour chacune les « charges criminelles » retenues contre ces immigrants, et leur pays d’origine.

Le tableau ne donne aucun détail sur la répartition exacte des charges ou des pays concernés : son objectif n’est manifestement pas de donner des éléments d’analyse, mais simplement de souligner l’importance des volumes.

« Si vous avez été témoin d’un enlèvement extraterrestre, ne vous inquiétez pas. L’extraterrestre est entre de bonnes mains. Nous allons nous en occuper… et le ramener sain et sauf d’où il vient », plaisante le texte, avant d’afficher un énorme bouton rouge incitant à la délation.

« Signalez les aliens suspects », propose un gros bouton rouge

Un rebond opportuniste

Plusieurs internautes avaient remarqué ces derniers jours que la Maison-Blanche avait déposé les noms de domaine alien.gov et aliens.gov. Certains imaginaient que les sites associés pourraient servir à de nouvelles révélations, dans la lignée des images déclassifiées publiées début mai par le Pentagone. Hébergés à l’adresse war.gov/ufo, ces documents avaient alors été présentés par Donald Trump comme une réponse à l’opacité entretenue par les administrations précédentes sur des informations relevant de l’intérêt public.

L’exploitation du site aliens.gov à des fins de propagande anti-immigration apparait dans ce contexte comme un rebond opportuniste, de la part d’une Maison-Blanche qui n’hésite pas à utiliser les mèmes, la pop culture, le jeu vidéo et bien sûr l’intelligence artificielle générative pour servir son propos.

« Le président Trump a dit la vérité. Le camouflage est terminé. Sécurisez la frontière. Expulsez-les tous », conclut le site aliens.gov, avec une ultime référence issue de la saga Pokemon.

Sur le front, les militaires états-uniens ciblés grâce aux données de tracking commercial

29 mai 2026 à 10:16
À malin, malin ennemi ?
Sur le front, les militaires états-uniens ciblés grâce aux données de tracking commercial

Le département de la Défense états-unien l’a confirmé : des militaires de son armée ont bien été ciblés en utilisant des données de géolocalisation obtenues via des courtiers de données.

Ça devait arriver. Sur le front, les militaires peuvent être ciblés avec l’utilisation de données obtenues par des courtiers en données qui les revendent sans se soucier de leur utilisation.

Le Commandement central des États-Unis (USCENTCOM), qui dépend du département de la Défense états-unien (DoD), a confirmé au sénateur démocrate de l’Oregon, Ron Wyden, qu’il « a reçu plusieurs signalements de menaces concernant l’exploitation par des adversaires de données de localisation commerciales afin de cibler ou de surveiller le personnel américain sur le terrain », révèle Reuters.

Dans cette lettre [PDF], l’USCENTCOM assure enjoindre « au personnel de désactiver la fonctionnalité de géolocalisation lorsqu’elle n’est pas nécessaire, de vérifier régulièrement les paramètres de confidentialité des appareils et des applications, et de limiter le partage public d’informations ».

Elle ajoute que « ces directives soulignent que la désactivation des fonctions de géolocalisation ne les rend pas toujours totalement inopérantes sur les produits commerciaux, ce qui oblige le personnel à mettre en œuvre des mesures de sécurité complètes pour les appareils, notamment la vérification des paramètres de confidentialité » et qu’elle impose « les contrôles de géolocalisation les plus restrictifs » à ses troupes engagées au Moyen-Orient depuis le 28 février dernier.

La question du tracking des militaires américains soulevée par des élus

Dans un courrier [PDF] envoyé au DoD, Ron Wyden et 13 autres sénateurs et membres du Congrès des États-Unis s’inquiètent qu’il « n’ait pas pris les mesures élémentaires nécessaires pour protéger le personnel militaire américain contre la grave menace que représentent, en matière de contre-espionnage et de protection des forces, la collecte et la vente de données personnelles, notamment les données de localisation des téléphones portables, par des courtiers en données » et l’accusent de ne pas avoir « mis en place les mesures de cyberdéfense de bon sens recommandées par les agences fédérales ».

« Les données de localisation à des fins commerciales peuvent servir à identifier les lieux où se rassemblent les troupes américaines ainsi que leurs habitudes de vie, informations que des adversaires pourraient exploiter pour mener des attaques ciblées, notamment à l’aide de missiles, de drones et de bombes placées en bord de route, ou à des fins de contre-espionnage », détaillent-ils. À Reuters, Ron Wyden a déclaré qu’il était temps de « commencer à considérer le secteur des technologies publicitaires comme une menace pour la sécurité nationale ».

Un tracking utilisé par les États-Unis depuis 2016

On sait pourtant depuis quelques années que les données des applications commerciales peuvent être utilisées pour localiser des personnes, et donc que l’identifiant publicitaire est une information très sensible qui doit être cachée au maximum d’éventuels ennemis. Ainsi, les données laissées par l’utilisation de Strava permettent de remonter la piste de personnes comme des agents des renseignements.

Les États-Unis ne sont pas en reste pour la récolte de ce genre de données qui sont, au départ, utilisées pour le tracking publicitaire. On sait que l’ICE, leur service de l’immigration et des douanes, s’est confectionné un vaste jeu de données publiques et privées, achetées aussi bien auprès des géants numériques, de courtiers comme Thomson Reuters ou LexisNexis, que du gouvernement américain. Et les systèmes d’analyse et données collectées par Palantir sont utilisées par l’armée américaine, l’armée israélienne, l’OTAN ou encore la DGSI française pour améliorer leur ciblage sur le terrain.

Dans un article publié ce mardi 26 mai, le Wall Street Journal explique que le DoD a été informé par son sous-traitant PlanetRisk dès 2016 que ses employés avaient découvert qu’ils pouvaient suivre les opérations militaires américaines grâce à ce genre de données venant des smartphones des soldats américains.

Selon les sources de nos confrères, PlanetRisk était à l’époque en train de mettre au point un outil de surveillance pour suivre les réfugiés syriens qui fuyaient vers l’Europe et les États-Unis dans l’espoir de le vendre aux gouvernements de ces pays.

Pour cela, elle utilisait notamment des données de tracking provenant d’applications de météo, de jeux ou de rencontres. Dans les données collectées, l’entreprise a remarqué des données faisant le lien entre des bases militaires et une cimenterie syrienne, qui jusque-là n’était pas connue pour servir de zone de rassemblement des forces états-uniennes et leurs alliés.

PlanetRisk a ensuite aidé le Pentagone à utiliser les données de tracking jusqu’à lui permettre de surveiller les téléphones des membres de l’entourage du président russe Vladimir Poutine, comme le racontait Wired.

Avec Opus 4.8, Claude apprend à dire « je ne sais pas »

29 mai 2026 à 07:04
La vérité si je mens
Avec Opus 4.8, Claude apprend à dire « je ne sais pas »

Ça n’aura pas traîné : à peine 40 jours après le lancement d’Opus 4.7, Anthropic remet le couvert avec une nouvelle version de son modèle IA le plus avancé (hors Mythos). Opus 4.8 inaugure une nouvelle fonction pour améliorer la prise en charge des requêtes très complexes, réduire les erreurs, ainsi qu’un nouveau mode « fast » pour brûler moins de tokens.

Impossible d’arrêter le feu roulant des nouveaux modèles chez Anthropic. Opus 4.7 remonte au 16 avril, mais il est déjà passé de mode : son successeur, Opus 4.8, a en effet été annoncé par le labo IA. Le modèle apporte des améliorations « modestes mais tangibles », affirme l’entreprise, à commencer par… une plus grande prudence quand il ne sait pas quelque chose.

Plus d’honnêteté, moins de tokens

Selon les testeurs cités par Anthropic, Opus 4.8 se montre plus honnête : il signale plus facilement ses incertitudes, évite les affirmations qui ne sont pas vérifiées et laisse moins passer de bugs sans les mentionner. « Un problème général avec les modèles d’IA, c’est qu’ils tirent parfois des conclusions hâtives, en affirmant avec assurance avoir progressé dans leur travail alors que les preuves sont minces », explique la startup. Elle affirme que le nouveau modèle est « environ quatre fois moins susceptible » de laisser des défauts non signalés dans le code, par rapport à son prédécesseur.

Autre nouveauté : une fonction expérimentale baptisée « dynamic workflows » pour Claude Code. Le modèle est en mesure de gérer de très gros projets logiciels en parallèle, ce qui lui permet de les découper en petits bouts, de lancer des centaines de sous-agents en simultané et de vérifier automatiquement les résultats avant de répondre. Anthropic donne en exemple une migration massive de bases de code contenant « des centaines de milliers de lignes ».

Image : Anthropic

En termes de benchmarks, Opus 4.8 affiche des gains incrémentaux sur la plupart des tests (+ 4,9 points sur SWE-Bench Pro,+ 8,5 points sur Terminal-Bench…). Anthropic ne fait pas de bond spectaculaire ici, mais améliore l’existant par petites touches et maintient sa position sur les tâches agentiques. C’est cohérent avec la stratégie de la startup qui vise d’abord les développeurs et les entreprises : sur SWE-Bench Pro (agents de programmation), Opus 4.8 est loin devant GPT-5.5 et Gemini 3.1 Pro. Le modèle d’OpenAI reste cependant le patron sur Terminal-Bench, qui mesure des tâches très proches d’un vrai environnement développeur.

La brûlure des tokens

Un des changements les plus importants de cette nouvelle livrée est un réglage d’effort dans claude.ai et Cowork. L’utilisateur peut sélectionner le niveau de ressources à consacrer à une réponse : un effort « faible » retournera des réponses moins précises mais le processus de réflexion sera plus rapide et surtout moins coûteux, à l’inverse d’un effort plus élevé. Par défaut, Opus 4.8 est réglé sur un effort élevé, qui offre selon Anthrophic le meilleur équilibre entre « qualité et expérience utilisateur ».

Sur les travaux de code, ce niveau d’effort consomme le même volume de tokens qu’Opus 4.7 par défaut, « mais avec de meilleures performances ». Cette question des tokens est devenu très sensible, Opus 4.7 se montrant très gourmand en la matière. Une critique qui n’a pas échappé à Anthropic : les limites d’utilisation dans Claude Code ont été relevées pour les niveaux d’effort supérieurs.

Toujours dans cette même optique, Anthropic a révisé fortement à la baisse le coût du mode « rapide » pour Opus 4.8, désormais trois fois moins onéreux que son équivalent sur Opus 4.7. Ce mode, qui travaille 2,5 fois plus vite, revient maintenant à 10 dollars par million de tokens en entrée, et 50 dollars par million de tokens en sortie. C’est trois fois moins cher que pour les précédents modèles (30/150 dollars). Les tarifs pour un usage standard d’Opus 4.8 ne changent pas : 5 dollars par million de tokens en entrée, 25 dollars en sortie.

Enfin, fidèle à une stratégie marketing bien rodée, Anthropic fait miroiter le lancement « dans les prochaines semaines » de modèles grand public basés sur Mythos, le fameux LLM tellement balaise qu’il n’est distribué qu’au compte-goutte au travers du projet Glasswing.

L’entreprise explique que le développement de garde-fous avance bien. Ces mécanismes de sécurité seraient nécessaires pour éviter que les capacités de Mythos ne puissent servir aux pirates pour exploiter des failles. Ces nouveautés et cette agitation autour de Mythos est de bon aloi, alors qu’Anthropic s’apprête selon les rumeurs à se lancer en bourse d’ici la fin de l’année, alors même que l’entreprise vient de boucler une nouvelle levée de fonds record.

☕️ Face au MacBook Neo, Qualcomm dévoile une puce pour PC Windows à 300 dollars

29 mai 2026 à 06:30


La présentation début mars du MacBook Neo a secoué l’industrie PC. Apple a su construire un ordinateur portable solide et suffisamment performant pour les tâches du quotidien, le tout au prix imbattable (pour un Mac portable) de 699 euros. Et même 599 euros pour les étudiants. Le succès a manifestement été au rendez-vous, les délais de livraison s’étant rapidement allongés peu après le lancement, pour revenir à des délais plus raisonnables (1 à 2 semaines).

Le constructeur de Cupertino a pris de court ses rivaux, qui ne sont pas aidés par une crise de la mémoire dévastatrice pour les marges. Qualcomm relève pourtant le gant, avec une nouvelle puce Snapdragon C. Cette « plateforme » d’entrée de gamme va motoriser des PC portables sous Windows à prix plancher : à partir de 300 dollars… Acer, HP et Lenovo devraient proposer leurs premiers modèles dans le courant de l’année.

Image : Qualcomm

Qualcomm promet une bonne réactivité pour des ordinateurs silencieux, qui tiennent une journée loin d’une prise électrique, et qui ne se transforment pas en radiateur d’appoint au moindre lancement de Chrome. En termes de performances, il ne faut pas s’attendre à monts et merveilles : les applications ou les jeux 3D très gourmands ne seront pas à leur place ici. En revanche, la navigation web, le streaming vidéo et le travail bureautique ne devraient pas poser de problème au quotidien.

Qualcomm oblige, la Snapdragon C embarque aussi des capacités IA en local avec un NPU intégré, même si l’entreprise n’en dit guère plus sur le sujet… ni d’ailleurs sur la fiche technique. Les futurs PC équipés de cette puce ne répondront pas à la liste d’exigences Copilot+, notamment les 40 TOPS pour le NPU.

Qualcomm a aussi indiqué que le processeur de la puce Snapdragon C n’était pas composé de cœurs Oryon, qui sont les moteurs des CPU des Snapdragon X plus haut de gamme, mais des Kryo que l’on retrouve dans des smartphones.

De même, il est peu probable que ces portables emportent 16 Go de RAM ou un SSD confortable, au vu des prix ahurissants des composants. Pour être certifié Copilot+, un PC doit aussi avoir au moins 16 Go de mémoire et de 250 Go de SSD, pour rappel (en plus des 40 TOPS du NPU). Le MacBook Neo se contente de 8 Go de mémoire vive et ne monte pas au-delà de 512 Go de stockage.

C’est d’ailleurs confirmé par Acer avec son Aspire Go 15 annoncé en même temps que le Snapdragon C : il ne proposera que « jusqu’à 8 Go de mémoire » (laissant entendre que des modèles avec encore moins de RAM pourraient voir le jour) avec jusqu’à 512 Go de stockage. Pour la partie GPU c’est comme d’habitude : Adreno, sans aucune indication supplémentaire. Acer ne donne pas de prix ni de date de disponibilité pour l’instant.

Il faudra maintenant voir sur pièce ce que donne un PC Windows doté de la Snapdragon C. Sur le plan des performances bien sûr, mais aussi les finitions : pour 300 dollars, difficile d’en demander trop sur les matériaux ou la qualité de l’écran.

Atari déménage au Luxembourg après 25 ans en France

29 mai 2026 à 06:08
Ready (to move) Player one
Atari déménage au Luxembourg après 25 ans en France

C’est la mort dans l’âme que la France voit partir un de ses plus grands fleurons technologiques, qui va déménager au Luxembourg : Atari, ou plutôt les actionnaires de l’éditeur mythique de jeux vidéo, ont en effet décidé de voir si l’herbe était plus verte du côté du Grand-Duché. Au-delà de cette accroche certes un rien dramatique, une petite explication s’impose…

Les actionnaires d’Atari ont parlé : le siège juridique de la société va quitter la France pour s’installer au Luxembourg, une décision approuvée à plus de 95 % lors de l’assemblée générale du 27 mai (PDF). L’entreprise change de « nationalité juridique », sans citer de raison particulière.

Game jamais over

On peut raisonnablement penser que ce n’est pas pour profiter de l’air plus frais du Luxembourg, mais plutôt du cadre juridique et financier jugé plus flexible qu’en France. Le Grand-Duché est très utilisé par les groupes européens cotés. Les actionnaires ayant voté contre ce déménagement peuvent quitter le navire en cédant leurs parts à la société ; les sommes seront versées au plus tard à la fin du mois de septembre. Les actionnaires ont aussi la possibilité de les revendre sur le marché.

Ce n’est que le dernier avatar d’une histoire qui compte autant de rebondissements qu’une partie de Pong. Atari, c’est évidemment une entreprise créée en Californie en 1972 par Nolan Bushnell et Ted Dabney. Elle devient célèbre avec ses bornes d’arcade, des jeux fondateurs comme Asteroids et Breakout, et surtout la console Atari 2600. Atari devient un des plus grands noms du secteur, une marque synonyme de jeu vidéo aux États-Unis.

Atari a lancé en 2024 une réédition de la console 7800, sortie à l’origine en 1986.

Les années 80 n’ont pas été tendres pour l’entreprise, avec le crash du secteur en 1983, puis la scission l’année suivante entre Atari Games (la branche arcade) et Atari Corporation (la branche consoles et ordinateurs) opérée par le propriétaire de l’époque, le groupe Warner. Des branches historiques qui finissent par disparaitre progressivement du paysage après une stratégie hasardeuse de cessions tous azimuts pour la première, et des flops monumentaux (les consoles Lynx et Jaguar) pour la seconde.

En 1996, après l’échec de la Jaguar, Atari Corp fusionne avec JTS, un constructeur de disques dur. Deux ans plus tard, Hasbro Interactive rachète l’entité, rebaptisée Atari Interactive, et se fait oublier. Atari Games est rachetée en 1996 par Midway Games, qui retire la marque des bornes d’arcade pour éviter toute confusion avec Atari Interactive. De fait, cela signe l’arrêt de mort d’Atari Games.

Comment dit-on Atari en français ?

C’est en 2001 qu’Atari revient sur le devant de la scène… en France. L’éditeur historique français Infogrames s’offre en effet Hasbro Interactive, et donc les droits sur la marque Atari. Deux ans plus tard (et en résumé car c’est infiniment plus compliqué que ça…), Infogrames adopte le nom Atari, qui n’entretient plus aucun rapport avec l’entreprise originelle. Le groupe essuie de lourdes pertes ainsi que la faillite de la filiale américaine en 2013.

Depuis quelques années, Atari a repris du poil de la bête en suivant une feuille de route axée sur le rétro-gaming : l’éditeur lance régulièrement des remakes de ses jeux les plus célèbres, commercialise des consoles (et du merchandising) rétro, et a multiplié les acquisitions de catalogues et de petits studios spécialisés dans la restauration et la préservation de vieux jeux.

La stratégie est payante. Pour son exercice fiscal 2026, Atari prévoit un chiffre d’affaires de 51 millions de dollars, avec une croissance organique de 40 % environ. C’est la troisième année consécutive de croissance, avec des revenus au plus haut niveau depuis plus de dix ans. On est loin des cadors de l’industrie, mais le redressement n’en reste pas moins spectaculaire pour ce qui était considéré il y a encore peu comme une société zombie. Et ce déménagement signale aussi qu’Atari cherche à se positionner comme un groupe à visée internationale, tout en profitant de la fiscalité avantageuse du Luxembourg.

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