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Produits illégaux : Bruxelles inflige 550 millions d’euros d’amende à AliExpress

20 juillet 2026 à 15:29
La modération à prix cassé
Produits illégaux : Bruxelles inflige 550 millions d’euros d’amende à AliExpress

AliExpress a l’insigne honneur d’écoper de l’amende la plus élevée jamais infligée par la Commission européenne dans le cadre du règlement sur les services numériques (DSA). La plateforme de commerce en ligne opérée par le groupe chinois Alibaba fait l’objet d’une sanction de 550 millions d’euros pour manquement aux obligations d’évaluation et d’atténuation des risques liés à la vente de produits illégaux, dangereux ou contrefaits.

Le DSA oblige les très grandes plateformes en ligne (VLOP) à respecter une série d’obligations, à commencer par l’évaluation « avec diligence » et l’atténuation des risques de diffusion de produits illégaux, dangereux ou contrefaits. En mars 2024, la Commission européenne lançait une procédure formelle sur le bon respect par Aliexpress de la réglementation sur ces sujets.

En juin 2025, la plateforme a proposé une série d’engagements pour répondre aux préoccupations de l’exécutif européen, que ce dernier a rendue contraignante. Malgré tout, dans ses conclusions préliminaires, la Commission estimait qu’Aliexpress était en non-conformité sur la question de l’évaluation et l’atténuation des risques systémiques de diffusion de produits illicites – des griefs qui n’étaient pas couverts par les engagements.

D’où la sanction du jour à hauteur de 550 millions d’euros, la plus élevée de la courte histoire du DSA. Sur l’absence d’évaluation diligente des risques, Bruxelles relève trois manquements.

AliExpress a ainsi sous-estimé les moyens humains nécessaires à la modération, mal mesuré le rôle de ses systèmes de recommandation et de publicité dans la diffusion de produits illégaux, et fondé son évaluation des risques sur des indicateurs quantitatifs insuffisants. Les propres tests de la Commission ont montré que de nombreux produits illicites continuaient d’être proposés, promus ou remis en circulation malgré les dispositifs annoncés.

Risques systémiques

Sur le volet de l’atténuation des risques systémiques identifiés, la Commission conclut qu’AliExpress n’a pas pris de mesures efficaces pour réduire le risque de diffusion de produits illégaux. Les dispositifs de détection et de retrait des produits illicites sont jugés inefficaces.

Des contrefaçons, jouets dangereux ou cosmétiques non conformes sont restés en ligne pendant plusieurs semaines, tandis que les sanctions contre les vendeurs fautifs étaient mal appliquées. Les commerçants pouvaient en outre contourner les contrôles en classant volontairement leurs produits dans de mauvaises catégories. Enfin, le système d’« autorisation de marque » censé bloquer les contrefaçons manquait de personnel et pouvait être facilement contourné.

« La présence de vêtements contrefaits, de jouets ou de cosmétiques dangereux, et plus largement de produits illégaux sur internet n’a rien d’une fatalité », explique Henna Virkkunen, vice-présidente chargée de la souveraineté technologique. Elle ajoute : « La taille de la plateforme ne peut pas servir d’excuse : les risques doivent être recensés et traités de manière systématique pour permettre aux consommateurs d’acheter en ligne en toute sécurité. Nous demandons donc aujourd’hui à AliExpress de se mettre en conformité et d’agir. »

La sanction financière, qui peut monter jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires global de la « très grande plateforme » (VLOP), a été calculée en prenant en compte la nature des infractions, leur gravité en termes d’utilisateurs touchés, et leur durée (« au moins jusqu’en juin 2025 »). La somme globale reflète la « violation particulièrement grave du règlement sur les services numériques ». Bruxelles a toutefois tenu compte de circonstances atténuantes, comme la nouveauté du DSA.

En plus de l’amende, AliExpress est tenu de présenter un plan d’action. Le groupe a jusqu’au 20 octobre 2026 pour plancher dessus. Le comité européen des services numériques aura un mois pour rendre son avis, à réception dudit plan, puis la Commission se donnera un mois supplémentaire pour adopter une décision finale et fixer un délai raisonnable pour la mise en œuvre.

Cette amende intervient deux mois après une précédente sanction de 200 millions d’euros infligée à Temu, là aussi dans le cadre du DSA. Shein est également dans le collimateur de la Commission : une enquête formelle a été ouverte en février dernier. Depuis le 1er juillet, l’Union européenne exige aussi une taxe douanière de 3 euros pour tous les « petits colis » de moins de 150 euros venant de l’étranger – qui vise surtout les plateformes d’e-commerce chinoises.

Suivi pub : Le Figaro et L’Équipe veulent être indemnisés après la condamnation d’Apple

20 juillet 2026 à 10:24
ATT, l'addition sans fin pour Apple
Suivi pub : Le Figaro et L’Équipe veulent être indemnisés après la condamnation d’Apple

Après l’amende de 150 millions d’euros infligée à Apple pour les modalités d’ATT, Le Figaro, L’Équipe et Adikteev réclament désormais réparation. Les trois entreprises estiment avoir subi un préjudice cumulé de 131,5 millions d’euros.

Depuis iOS 14.5, livré en avril 2021, le dispositif de Transparence du suivi par les apps (ATT) a permis aux utilisateurs d’iPhone et d’iPad de reprendre en main le contrôle du suivi publicitaire dont ils font l’objet. Ce mécanisme s’incarne par l’apparition d’une fenêtre de consentement au premier lancement d’une app : elle demande à l’utilisateur s’il accepte ou refuse la collecte de données personnelles. Il ne fait évidemment pas le bonheur des éditeurs, des régies pubs et des sociétés spécialisées dans le ciblage.

L’Autorité de la concurrence à la barre

Le Figaro, L’Équipe et Adikteev, une société de ciblage publicitaire, ont lancé une offensive devant le Tribunal des activités économiques de Paris pour obtenir réparation, rapporte mind Media. Les trois entreprises s’appuient sur la décision de l’Autorité de la concurrence remontant à mars 2025. Elle condamnait Apple à une amende de 150 millions d’euros pour la mise en œuvre d’ATT entre avril 2021 et juillet 2023.

Si le dossier est entre les mains de la Cour d’appel, les trois plaignants veulent obtenir réparation : le préjudice du Figaro est estimé à 19,5 millions d’euros, celui de L’Équipe à 47 millions, et 65 millions pour celui d’Adikteev. Soit la coquette somme de 131,5 millions d’euros. Et rien n’empêche d’autres éditeurs ou sociétés publicitaires de se lancer eux aussi à l’assaut de la citadelle Apple.

« Nous voulons évoluer dans un marché non faussé et que nos droits soient respectés », assène Marc Feuillée, directeur général du groupe Figaro. « Apple a été reconnu coupable d’abus de position dominante dans son écosystème iOS, au détriment notamment des éditeurs, dont Le Figaro. Il est impossible de discuter avec cet acteur. Nous demandons donc la réparation de notre préjudice. »

La plainte ayant débouché sur la condamnation d’Apple avait été déposée par une coalition d’éditeurs de services en ligne et d’acteurs du secteur de la publicité.

L’Autorité a sanctionné Apple non pas sur le principe d’ATT, mais sur les modalités de mise en œuvre. Le dispositif a été jugé inutilement contraignant, disproportionné et asymétrique, car il compliquait davantage le recueil du consentement pour les applications tierces que pour les services d’Apple.

Alors que les éditeurs devaient obtenir un double consentement, via ATT puis leur propre interface, Apple bénéficiait d’un parcours plus simple pour ses publicités personnalisées. Cette différence de traitement favorisait ses propres activités publicitaires, un point sur lequel la CNIL avait déjà sanctionné le groupe en 2022.

Une des particularités de la procédure engagée par les plaignants est qu’ils pourront demander l’intervention de l’Autorité de la concurrence durant les procès. Elle pourra ainsi expliciter sa décision, ce qui devrait logiquement donner plus de poids aux plaintes. Néanmoins, le fait que la condamnation de 2025 soit en attente de jugement sur le fond en appel réduira la portée juridique de ce témoignage. Cela n’en reste pas moins un atout important dans la manche des trois plaignants.

ATT attaqué de toutes parts

Apple n’a pas voulu commenter ce nouveau rebondissement, se retranchant derrière la déclaration faite en mars 2025, après la condamnation de l’Autorité de la concurrence. L’entreprise se disait « en profond désaccord avec [cette] décision, qui va à l’encontre des précédentes déclarations [de l’Autorité] selon lesquelles la Transparence du suivi par les apps s’inscrit dans l’engagement de longue date d’Apple en faveur de la protection de la vie privée. »

Les premières audiences ont eu lieu le 2 juillet pour Adikteev, le 16 juillet pour les deux groupes de presse. Il ne faut cependant pas s’attendre à une procédure rapide. Lors de l’audience avec Adikteev, Apple a demandé un sursis à statuer, le temps de la décision en appel voire devant la Cour de cassation. Ce qui repousse tout jugement à 2029, au mieux. Apple n’a cependant pas demandé le même sursis durant les audiences du Figaro et de l’Équipe.

Depuis le lancement d’ATT, ce dispositif est une véritable épine dans le pied d’Apple. En Italie, l’équivalent de l’Autorité de la concurrence a infligé une amende de 98,6 millions d’euros pour abus de position dominante lié au mécanisme. En Allemagne, une procédure est toujours en cours.

Des enquêtes similaires suivent leurs cours en Roumanie et en Pologne. Dans ce dernier cas, Apple s’était fendue d’une déclaration équivoque : « Il n’est pas surprenant que l’industrie du suivi publicitaire continue de s’opposer à nos efforts pour redonner aux utilisateurs le contrôle de leurs données », affirmait l’entreprise à Reuters. « Mais les fortes pressions exercées pourraient désormais nous contraindre à retirer cette fonctionnalité, au détriment des consommateurs européens », menaçait-elle.

Netflix veut redéfinir l’engagement à son avantage

20 juillet 2026 à 06:31
Toutes les heures ne se valent pas
Netflix veut redéfinir l’engagement à son avantage

Netflix veut changer la manière dont l’engagement est perçu par les investisseurs et les observateurs. Dans l’esprit de la plateforme de streaming, une heure de compétition sportive diffusée en direct qui déclenche le recrutement d’un nouvel abonné a plus de valeur qu’une heure de programme regardée par un abonné fidèle. Plus de qualitatif, moins de quantitatif : à l’heure où Netflix fait face à l’essoufflement relatif de cette métrique essentielle, ce nouveau discours est tout aussi pragmatique qu’opportuniste.

À première vue, tout va très bien pour Netflix. Le deuxième trimestre est solide (PDF), avec des résultats globalement conformes aux prévisions du groupe. Le chiffre d’affaires progresse de 13 % sur un an (12,56 milliards de dollars), le bénéfice net s’établit à 3,4 milliards (+ 8 %), la marge opérationnelle atteint 33,4 % – c’est certes 0,7 point de moins qu’il y a un an, mais la plateforme prévoit une amélioration au second semestre.

Les bons résultats financiers ne suffisent pas

Il y a bien eu un coup de froid sur la trésorerie forte de 1,53 milliard de dollars (740 millions de moins qu’il y a un an), mais cela s’explique en partie par l’indemnité de rupture versée à Warner Bros. Discovery, après l’abandon du projet d’acquisition.

Sur l’ensemble de l’exercice fiscal, Netflix resserre sa prévision de chiffre d’affaires entre 51 et 51,4 milliards de dollars, soit une croissance attendue de 13 à 14 %. La marge opérationnelle devrait atteindre 31,5 %. Les revenus publicitaires devraient, eux, presque doubler pour approcher 3 milliards de dollars. Mais alors, tout va bien ? Non ! Il y a un gros nuage à l’horizon : l’engagement.

En même temps que ses résultats trimestriels, Netflix a aussi annoncé que son rapport « What We Watched », actuellement livré chaque semestre, allait passer à une publication annuelle à partir de 2027 (il sera publié chaque premier trimestre). Ce rapport est scruté de très près, il détaille en effet les heures de visionnage titre par titre.

L’entreprise veut éviter que cette information détourne l’attention de ses autres indicateurs, notamment financiers. Elle continuera cependant de publier des classements chaque semaine, et des données titre par titre.

Au premier semestre 2026, les abonnés à Netflix ont regardé plus de 97 milliards d’heures de programmes. Cela représente une hausse de 2 % sur un an, elle est légèrement supérieure à celle enregistrée sur l’ensemble de l’an dernier (1,5 %). Une performance souligne la plateforme, car la concurrence a été rude entre les JO d’hiver et la Coupe du monde de foot.

La peur de l’engagement

Même si Netflix a voulu rassurer, l’annonce de l’annualisation de son rapport a contribué au recul du cours de l’action de plus de 7 % vendredi dernier. Le signe que l’engagement est devenu une variable de première importance pour les investisseurs, et pour cause : les heures regardées constituent une donnée simple, mesurable et que l’on peut aisément comparer d’un semestre à l’autre.

L’engagement mesure la place réelle du service dans les habitudes des abonnés. Plus les membres trouvent régulièrement des programmes qui les intéressent, plus ils sont susceptibles de conserver leur abonnement, d’accepter une hausse de prix et de générer des revenus supplémentaires via la formule avec pub.

Netflix, ses tarifs, ses spectateurs

Netflix veut faire passer l’idée que « toutes les heures ne se valent pas ». Certains programmes servent à recruter de nouveaux abonnés, d’autres à les fidéliser. Le service prend l’exemple de ses contenus en direct : ils représentent un peu plus de 5 % des dépenses, mais seulement 1 % des heures vues. Et pourtant, ces événements ont généré six des dix journées qui ont compté le plus d’inscriptions depuis cinq ans.

Cette notion qualitative est moins visible que des chiffres bruts. Elle est aussi plus difficile à faire passer mais Netflix va s’y employer. En attendant, la plateforme met en avant d’autres formes d’engagement, par exemple son offre de podcasts vidéo qui est un moyen d’ajouter du temps de visionnage, et ses jeux mobiles.

L’app de jeux destinée aux enfants, Netflix Playground, a vu son nombre d’utilisateurs quotidiens tripler depuis avril, et l’engagement auprès des enfants a bondi de 600 % sur un an. Une croissance impressionnante, mais qui part d’une base modeste (à tel point que les heures consacrées aux jeux ne sont pas intégrées dans le rapport « What We Watched »). L’enjeu est moins de remplacer une heure de série par une autre activité que d’ajouter de nouveaux moments de consommation dans l’app.

TF1 est même appelé à la rescousse : le partenariat qui permet à Netflix de diffuser les chaînes en direct du groupe français, ainsi que ses programmes à la carte, satisfait pleinement la plateforme. TF1 a aussi eu l’occasion de se féliciter de cet accord ; les objectifs d’audience ont été atteints en moins de trois semaines, alors que la chaîne s’était donnée 18 mois pour y parvenir.

Pour Netflix, le temps de visionnage demeure une mesure importante. Mais elle ne suffit plus à mesurer la valeur de sa proposition, qui s’est étendue à d’autres formats (directs, podcasts, jeux, et même télévision linéaire). L’arrêt de la publication semestrielle du rapport sur l’engagement des abonnés, tout comme le changement sémantique sur la notion d’engagement n’aide pas non plus, au moment où la progression des heures regardées est relativement modeste.

☕️ Deepfakes sexuels : Apple et Google de nouveau rappelés à l’ordre

20 juillet 2026 à 06:02


Une fois de plus, Apple et Google vont devoir supprimer de leurs boutiques des applications de génération de deepfakes. Le procureur municipal de San Francisco, David Chiu, a mis en demeure les deux contrôleurs d’accès de retirer 13 applications capables de produire des images à caractère sexuel truquées et sans consentement (huit sur l’App Store, cinq sur le Play Store).

« La création d’images intimes sans le consentement des personnes concernées est illégale, préjudiciable et totalement inacceptable », dénonce le procureur auprès de Wired. Son bureau a déjà engagé des poursuites contre 16 sites capables de générer ces deepfakes. Il s’attaque maintenant à Apple et à Google, qui ont « engrangé des millions de dollars de commissions » grâce à ces apps « nudify ».

Illustration : Flock

Des applications qui passent manifestement sans trop de problème l’étape de l’examen des boutiques. Apple vante l’App Store comme « un espace sûr et fiable pour découvrir et se procurer des apps » et met régulièrement en avant les efforts consacrés à la lutte contre la fraude ou la violence. Le discours est similaire du côté de Google. Les règles des deux entreprises à destination des développeurs sont d’ailleurs très claires : pas de pornographie, pas d’abus, pas de harcèlement.

C’est à croire que les applications de déshabillage sans consentement ne font pas partie de ces usages. Une étude du Tech Transparent Project (TTP) publiée en avril démontrait le nombre ahurissant de ces apps dans les boutiques d’Apple et de Google, qui se présentent souvent sous la forme d’outils d’échange de visages. Cette ambiguïté leur permettent manifestement de passer entre les mailles du filet.

Apple et Google se contentent donc de réagir rétroactivement, en retirant les applications qui leur sont signalées par ce genre d’enquêtes. C’est d’ailleurs ce qu’a fait le moteur de recherche, en supprimant les cinq apps repérées par le procureur de San Francisco. La législation californienne sanctionne les entreprises qui facilitent sciemment le fonctionnement de services de création de deepfakes pornographiques.

Malgré la prolifération de ces apps, Google continue d’affirmer « prendre des mesures proactives pour détecter et supprimer celles qui proposent des contenus préjudiciables ». L’entreprise poursuit : « Lorsque des infractions nous sont signalées, nous enquêtons et intervenons rapidement. Dans le cas de ces applications, cela s’est notamment traduit par la suspension de centaines d’entre elles et par la restriction, sur notre boutique, de termes de recherche associés comme “nudify”. » Apple n’a pas voulu commenter.

David Chiu ne se contente pas d’exiger le retrait de ces applications. Il demande aussi aux deux entreprises de rompre leurs relations commerciales avec les éditeurs des apps en question et surtout, de renforcer leurs procédures de contrôle et de modération. Leur inefficacité persistante depuis des années est un sérieux couac dans la communication bien huilée autour des boutiques, passage obligé pour les possesseurs d’iPhone et de smartphones Android.

☕️ Apple Music, AppleCare+ : nouvelle salve d’augmentation de prix chez Apple

20 juillet 2026 à 05:35


Si Tim Cook avait pris soin de prévenir de la hausse des prix des produits Apple (ce qui a fini par arriver), il n’avait rien dit concernant les services de son entreprise. C’est pourtant bien ce qui s’est passé ces derniers jours ! Apple a procédé à une salve d’augmentations ici et là qui, mises bout à bout, finissent par représenter une belle petite somme.

Les prix du service de streaming Apple Music ont ainsi augmenté, ce pour toutes les formules : Individuel passe à 11,99 euros par mois (+ 1 euro), Étudiant à 6,99 euros (+ 1 euro) et Famille revient désormais à 19,99 euros (+ 2 euros). La plateforme n’avait pas augmenté ses tarifs depuis 2022. Apple blâme « la hausse des coûts de licence » pour justifier la valse des étiquettes.

Les nouveaux prix des abonnements Apple Music.

Malgré cette hausse, Apple Music demeure moins cher que son grand rival Spotify, qui vend la formule Premium Individuel 12,14 euros par mois (21,24 euros l’offre Famille). La dernière révision de la grille tarifaire de Spotify remonte à juin 2025.

Aux États-Unis, les prix du bouquet de services Apple One – qui regroupe la plupart des services du constructeur – ont également augmenté de 2 dollars, mais pour le moment du moins, l’Europe semble épargnée. La grille actuelle débute à 19,95 euros par mois, jusqu’à 34,95 euros pour la totale. Apple avait procédé à une hausse des prix pour plusieurs de ses services en 2023 (TV, Arcade, News+ et One).

Les tarifs d’Apple One.

Autre service touché par la vague, AppleCare+. L’assurance pour les dommages accidentels et l’assistance technique d’Apple revient désormais 5 euros plus cher par an pour les contrats reconductibles sur les Mac. Le tarif de la couverture pour trois ans a augmenté de 16 euros, sauf pour le Mac mini (+ 10 euros). MacGeneration relève aussi des hausses sur AppleCare+ pour les iPad (+ 50 centimes par mois), le Vision Pro (+ 1 euro par mois) et les AirPods.

Enfin, et c’est peut-être ce qui attend le reste du monde très bientôt, Apple a augmenté les prix des iPhone au Japon. Les hausses oscillent entre 8 et 11 % en fonction du modèle. Un iPhone 17 Pro Max coûte maintenant 214 800 yens, soit 1 150 euros environ… ce qui est toujours meilleur marché que les 1 479 euros demandés en France.

S’il ne fait guère de doute que la prochaine gamme d’iPhone attendue cet automne devrait subir la fièvre tarifaire, la hausse au Japon pourrait s’expliquer par la faiblesse persistante du yen face au dollar.

C’est aussi, semble-t-il, la conjoncture défavorable aux devises locales qui explique l’augmentation des prix d’iCloud+ (stockage et divers services) dans plusieurs pays : Nigéria, Turquie, Vietnam, Égypte, Nouvelle-Zélande, les Philippines, l’Indonésie et Japon. La hausse s’établit entre 11 et 55 % en fonction des marchés et des abonnements.

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☕️ La France bloque l’accès à Polymarket

17 juillet 2026 à 14:24


Polymarket est désormais bloqué en France. L’Autorité nationale des jeux (ANJ) a mis en œuvre son pouvoir de blocage administratif (1 290 URL géobloquées l’an dernier). Le régulateur a ordonné ce jeudi 16 juillet aux fournisseurs d’accès d’empêcher l’accès au site de paris qui « fait la promotion d’une offre illégale de jeux d’argent et de hasard ». Le message qui apparait désormais sur le site est très clair :

« Les sites illégaux sont dangereux. Ainsi, contrairement aux opérateurs légalement autorisés par l’ANJ, les personnes qui exploitent ou font la promotion de ces sites ne sont soumis à aucune obligation de protection des personnes vulnérables, de garantie de paiement des joueurs et de traitement des données à caractère personnel (captation de données d’identité et bancaires). »

En novembre 2024, l’ANJ avait envoyé une mise en demeure à Adventure One, l’éditeur de droit panaméen qui opère le site de paris, pour qu’il mette en œuvre le géoblocage de toutes transactions financières sur ses offres.

Mais voilà : La page d’accueil du site, qui affiche les cotes associées à différents événements susceptibles de faire l’objet de paris, constitue un « vecteur majeur de diffusion et de promotion des offres » de Polymarket… dont l’activité n’est pas autorisée dans l’Hexagone. Or, quiconque fait la publicité d’une offre liée à un site de paris ou de jeux d’argent ou de hasard non autorisé – un délit pénal – peut être puni d’une amende de 100 000 euros.

L’Autorité a ainsi comptabilisé 205 057 visiteurs uniques pour 578 751 visites provenant du territoire français en juin dernier. Le blocage est donc renforcé depuis hier, via les FAI.

En pratique, ces paris peuvent donner lieu à des « contournements », prévient le régulateur. Il en veut pour preuve l’enquête ouverte début mai par le parquet de Paris sur des paris météo révélant que des capteurs situés à l’aéroport de Roissy ont pu être piratés. Une affaire qui indique l’absence sur Polymarket de dispositif d’identification des utilisateurs pour s’assurer de leur probité.

Déjà en février, l’Autorité avait rappelé que ces sites de « prédiction » n’étaient pas autorisés en France (c’est aussi le cas de Kalshi). Ces plateformes exposent également leurs utilisateurs à « de nombreux risques (addiction, intégrité, etc.) en l’absence de régulation ». En mai, l’Espagne a bloqué Polymarket et Kalshi.

☕️ Transparence, accès aux données : Bruxelles valide le plan de X pour se conformer au DSA

17 juillet 2026 à 13:15


Le réseau social X (anciennement Twitter) va pouvoir mettre en œuvre son plan de conformité pour améliorer l’accès de ses données aux chercheurs et la transparence des publicités. La Commission européenne avait infligé à l’entreprise d’Elon Musk une amende en décembre dernier, assortie d’une obligation de changements.

La première décision de non-conformité avec le règlement sur les services numériques (DSA) a concerné X. En décembre dernier, le réseau social a écopé d’une amende de 120 millions d’euros, ce qui n’avait pas manqué de provoquer la colère d’Elon Musk et de la Maison Blanche.

Parmi les griefs de la Commission européenne : le manque de transparence dans le référentiel des publicités sur X, un outil censé éclairer les utilisateurs sur le ciblage publicitaire, ainsi que la difficulté pour les chercheurs d’accéder aux données publiques de la plateforme. X a eu 90 jours pour proposer un plan de conformité, qui a été livré en temps et en heure.

Illustration : Flock

Ce plan a été validé par Bruxelles. Le réseau social a désormais six mois pour l’implémenter. Concernant le registre publicitaire, X s’est engagé à améliorer les fonctions de recherche en ajoutant de nouveaux filtres, à afficher les résultats dans l’interface plutôt que de les fournir dans des fichiers Excel, à accélérer le temps de réponse du registre (il pouvait mettre jusqu’à 200 secondes pour répondre). 

L’entreprise va également fournir davantage d’informations sur les publicités (contenu intégral et URL vers lesquelles elles redirigent les utilisateurs), et concevoir une API pour accéder au registre facilement. Pour les chercheurs, X va revoir et améliorer la procédure d’examen des demandes d’accès aux données publiques, accorder gratuitement l’accès aux données aux chercheurs éligibles, et garantir un accès dans des délais raisonnables.

Autre engagement vis-à-vis des chercheurs : réduire sensiblement le temps de traitement des demandes (en évitant par exemple les échanges inutiles avec les candidats), et modifier les conditions générales pour préciser explicitement que les chercheurs éligibles ne sont pas contractuellement empêchés de collecter automatiquement des données accessibles au public.

Toutes ces modifications feront l’objet d’un audit externe et indépendant, aux frais de X. Ce rapport sera transmis dans les six mois suivant la mise en œuvre des mesures. Ces dernières « constituent une étape importante pour permettre aux chercheurs, à la société civile et au grand public de mieux comprendre le fonctionnement des systèmes de X », se réjouit la Commission.

☕️ La Chine veut empêcher les humains de tomber amoureux des IA

17 juillet 2026 à 06:41


La Chine vient de serrer la vis très fort sur les compagnons IA. Depuis cette semaine, de nouvelles règles interdisent à ces chatbots d’entretenir l’illusion d’une relation poussée avec leur utilisateur. Un problème plus important qu’il n’y parait.

Les services de compagnonnage IA ont poussé comme des champignons depuis l’avènement de l’intelligence artificielle générative. La technologie a fait des progrès tels que ces chatbots peuvent (presque) donner l’illusion de l’humanité. Et le marché est énorme : une étude d’Appfigures remontant à 2025 estimait que ces services généreraient plus de 120 millions de dollars sur l’ensemble de l’année. Le rapport dénombrait à l’époque 337 apps de compagnons IA actives pour 220 millions de téléchargements cumulés.

Il est donc évident qu’il existe ici des besoins pour combler la sécheresse émotionnelle que peuvent ressentir de nombreuses personnes. Quitte à aller trop loin parfois : aux États-Unis, la FTC (le régulateur de la concurrence) a ainsi demandé aux principaux acteurs du secteur des explications sur l’encadrement de leurs chatbots, en particulier auprès des plus jeunes.

Depuis le 1er janvier, la Californie impose à ces fournisseurs plusieurs garde-fous, notamment des messages d’avertissement rappelant clairement aux utilisateurs qu’ils interagissent avec une intelligence artificielle.

La Chine a décidé d’aller un cran plus loin. Depuis ce mercredi 15 juillet, les autorités encadrent très sévèrement les chatbots conçus pour simuler une relation affective. Ces règles concernent les services qui imitent une personnalité humaine pour fournir de la compagnie, du soutien émotionnel ou une relation virtuelle. Les assistants professionnels, éducatifs ou destinés au service client en sont en principe exclus.

Les entreprises à l’origine de ces chatbots – dont Alibaba et ByteDance, qui ont désactivé certaines fonctions – ne doivent plus chercher à rendre l’utilisateur dépendant, à remplacer ses relations sociales ou à prolonger artificiellement la conversation quand il souhaite partir. Elles doivent aussi évaluer l’état émotionnel et le degré de dépendance des utilisateurs, et prévoir des procédures d’intervention.

Les règles sont encore plus strictes pour les mineurs. Ainsi, il est interdit de leur proposer des « partenaires » ou des « membres de la famille » virtuels. Le consentement parental est exigé pour les moins de 14 ans. Les parents peuvent bloquer certains personnages ou des achats, et recevoir des alertes.

En cas de détresse grave, la législation prévoit une intervention humaine et, dans certaines situations, d’alerter un proche ou un responsable désigné. Il s’agit pour Pékin de prévenir la dépendance, les manipulations émotionnelles et les risques psychologiques.

Un expert interrogé par le Wall Street Journal fait le lien entre la natalité déclinante en Chine et les craintes des autorités de voir les compagnons IA détourner leurs utilisateurs des (vraies) relations amoureuses, du mariage, et d’une potentielle progéniture. Le texte ne le dit pas comme ça, mais des réglementations locales sur la sécurité de l’IA citent les effets de cette technologie sur la conception de la famille, de la fécondité, et en bout de course, de la société.

Un consortium franco-canadien reprend Micromania

17 juillet 2026 à 06:20
Micromania de nouveau sur la carte
Un consortium franco-canadien reprend Micromania

Alors que Sony vient de planter un nouveau clou dans le cercueil des supports physiques de jeux vidéo, est-il bien malin de racheter une enseigne spécialisée dans la vente de… jeux vidéo ? C’est le pari d’un consortium franco-canadien qui s’offre Micromania. Avec la ferme intention de relancer des magasins en perte de vitesse.

Avec un réseau de plus de 300 magasins en France, Micromania demeure une enseigne incontournable pour tous les joueurs, mais évidemment les grandes heures du jeu physique sont loin derrière nous. Et ça ne va pas s’arranger, avec l’annonce retentissante de Sony qui a décidé d’arrêter les supports physiques pour les jeux PlayStation en janvier 2028.

Micromania n’a pas attendu l’annonce du constructeur pour diversifier ses rayons. On y trouve toujours des boîtes de jeux (nouveautés et occasion), mais aussi et surtout des produits dérivés, des figurines et des cartes à collectionner. En 2015, Micromania ouvrait la première boutique de sa nouvelle enseigne Zing Pop Culture, qui a fini par fusionner avec Micromania (rebaptisé Micromania Zing) deux ans plus tard.

Le géant américain GameStop (EB Games), qui avait mis la main sur Micromania en 2008 pour 500 millions d’euros, n’est plus, depuis des années, que l’ombre de ce qu’il a été. Il a mis en vente Micromania l’an dernier, ainsi que sa filiale canadienne. Cette dernière a rapidement trouvé preneur : l’entrepreneur Stephan Tétrault a relancé l’enseigne sous le nom EB Games Canada, celui porté par l’enseigne avant son acquisition par GameStop en 2021.

Nouvelle aventure pour Micromania

Le groupe Tétrault, qui possède la marque de figurines McFarlane Toys, fait partie d’un consortium franco-québécois venant d’acheter Micromania. On trouve parmi eux Jean-François Chenail, actionnaire d’EB Games Canada et son groupe, JAMS Venture Capital, ainsi que Cobico International, propriétaire de la société Gipsy Toys. Spécialisée dans les peluches, elle a notamment réalisé les mascottes Phryges des JO de Paris.

Avec un tel pedigree, il n’est pas très compliqué de deviner ce que ce consortium veut faire de Micromania. L’enseigne va rester solidement ancrée dans le business des produits dérivés et des cartes à collectionner, tout en conservant son activité tournant autour du jeu vidéo. Il s’agit en fait de calquer la recette de la relance d’EB Games, qui a permis à l’enseigne (forte de 185 magasins au Canada) d’enregistrer une hausse de près de 75 % des ventes de produits dérivés et de cartes l’an dernier. 95 % des boutiques seraient également bénéficiaires.

« Lorsque nous avons acquis EB Games Canada, notre première décision a été de redonner à l’entreprise une identité qui lui ressemblait davantage en ramenant la bannière EB Games », expliquent Stephan Tétrault et Jean-François Chenail. « Nous croyons que les grandes marques possèdent une histoire, une personnalité et une relation particulière avec leurs communautés. C’est cette même philosophie qui nous anime aujourd’hui avec Micromania. »

Des jeux… et surtout des produits dérivés

La feuille de route du nouveau Micromania va donc s’articuler autour de ces produits à forte marge, tout en réinventant « l’expérience magasin » – l’ouverture d’un nouveau magasin flagship proche de Paris est prévue dès le mois d’octobre. Les nouveaux propriétaires veulent également développer le marketing, améliorer « l’excellence opérationnelle », développer plus fortement le site internet et « créer une division événements pour développer des animations fortes dans les magasins ».

« C’est un immense privilège d’écrire le prochain chapitre de l’histoire de Micromania », se réjouit Stephan Tétrault. Le communiqué ne précise pas si des magasins vont fermer, ou si un éventuel plan social est à l’étude. « Nous arrivons avec énormément de respect pour les équipes qui ont bâti cette enseigne depuis plus de quarante ans », rassure le dirigeant. « Notre objectif n’est pas de changer son identité, mais bel et bien de conserver la marque Micromania et lui redonner toute sa force en revenant à ce qui a toujours fait son succès : des passionnés au service des passionnés. »

Le projet « demandera du travail et du temps », admet-il aussi. Sans attendre, le groupe annonce d’ores et déjà l’installation de distributeurs de cartes à collectionner dans une trentaine de centres commerciaux.

Quant à l’avenir du support physiques pour les jeux dans les boutiques « de brique et de mortier », il est « totalement sans importance », a affirmé Ryan Cohen, le directeur général de GameStop – l’ancien proprio de Micromania. « Le logiciel… c’était important autrefois », a-t-il expliqué à Bloomberg. « Aujourd’hui, [cela] représente moins de 12 % de l’activité, tandis que les produits dérivés en constituent plus de la moitié. » Un constat brut de fonderie, mais pragmatique. Et qui s’applique sans doute aussi à Micromania.

☕️ La vérification d’âge fait décoller l’usage des VPN au Royaume-Uni

17 juillet 2026 à 05:25


Les législations interdisant l’accès des sites pornos aux mineurs sont une mine d’or pour les VPN. L’Ofcom, le régulateur britannique du numérique, a ainsi constaté une forte augmentation du nombre d’utilisateurs de ces services outre Manche – et pour cause, ils permettent de contourner les dispositifs de vérification de l’âge, même si ce n’est pas leur vocation première.

Illustration : Flock

Depuis janvier 2025, en vertu de l’Online Safety Act, les sites pornographiques doivent mettre en place des systèmes de vérification de l’âge pour empêcher les mineurs d’accéder à leurs contenus. Une obligation élargie en juillet de la même année aux plateformes hébergeant du contenu pour adultes. Le mois suivant, 41 des 100 principaux sites pornos avaient mis en œuvre un tel dispositif.

Dans un bilan d’étape publié le 15 juillet (PDF), l’Ofcom fait le point sur l’utilisation et l’efficacité des dispositifs de vérification de l’âge. Son bilan s’appuie sur les six premiers mois d’application des obligations de protection pour les mineurs. Il analyse les pratiques de 32 sites pornographiques, réseaux sociaux et sites de rencontres.

Le régulateur a comptabilisé 2,2 millions d’utilisateurs quotidiens de VPN après l’entrée en vigueur des contrôles d’âge. Soit 1 million de plus qu’avant le 25 juillet 2025 (+ 83 %). L’Ofcom ne peut pas déterminer quelle part de cette progression est liée au contournement des vérifications de l’âge. Néanmoins, difficile de ne pas y voir une relation de cause à effet.

Pour vérifier son âge en ligne, il faut fournir une pièce d’identité ou des coordonnées bancaires, ce que tous les internautes ne sont pas nécessairement enclins à faire. Confier ces données personnelles aux plateformes ou à des services de vérification tiers peut se révéler problématique en cas de fuite de données. D’ailleurs, 38 % des jeunes utilisateurs de VPN invoquent la sécurité en ligne et la protection de leur vie privée.

Toujours selon le rapport, 25 % des Britanniques de 11 à 17 ans avaient utilisé un VPN aux cours des six mois précédant l’enquête menée en mars dernier. Une proportion qui monte à 31 % chez les 16 - 17 ans, contre 16 % chez les 11 - 12 ans. 5 % des mineurs interrogés par l’Ofcom disent avoir utilisé un VPN durant les six derniers mois pour accéder à du contenu destiné à des adultes, ou à des fonctions soumises à une limite d’âge.

Au milieu d’autres propositions plus ou moins radicales, Londres pourrait imposer un âge minimum pour pouvoir utiliser un VPN.

Le régulateur indique aussi que 8 % des jeunes internautes de 8 à 14 ans ont visité un site porno sur un mois. La moitié de ces enfants n’ont visité que des sites dotés d’un système de vérification de l’âge, sans préciser s’ils avaient franchi ce contrôle ou accédé à du contenu.

62 % des enfants ayant visité un site pornographique avaient utilisé un moteur de recherche juste avant au moins une de ces visites, ce qui traduit une démarche volontaire plutôt qu’une découverte accidentelle, estime l’Ofcom. Les moteurs de recherche représentent environ 30 % de l’ensemble des points d’entrée vers ces sites. Google et Microsoft (Bing) ont accepté de travailler avec le régulateur pour développer des solutions concrètes afin de limiter la découverte de ce type de contenus.

Reçu — 16 juillet 2026 Next - Articles gratuits

☕️ OnePlus quitte l’Europe et les États-Unis

16 juillet 2026 à 15:01


L’aventure européenne et américaine de OnePlus a pris fin. Après des mois de rumeurs, la marque cesse de lancer de nouveaux produits sur ces marchés, se contentant de la Chine. La maison mère Oppo assure néanmoins que les appareils OnePlus en circulation continueront de recevoir des mises à jour logicielles, et que les garanties seront honorées.

Le OnePlus 15.

Fin de partie pour OnePlus en Europe et aux États-Unis. Le constructeur chinois de smartphones a annoncé une forte réduction de voilure, qui était attendue depuis un moment. Les nouveautés de la marque ne seront plus commercialisées sur ces marchés, mais le support après-vente reste en place, ainsi que la livraison de mises à jour logicielles.

Le service client reste « ouvert et réactif », conformément aux obligations de garantie et d’assistance. Les smartphones compatibles recevront ColorOS 17, la surcouche Android développée par Oppo, le propriétaire de OnePlus. Oppo et OnePlus ont commencé à se rapprocher en 2021, avec la fusion d’OxygenOS (la surcouche OnePlus) avec ColorOS. Néanmoins, les deux entreprises continuaient de vivre l’une à côté de l’autre, avec une base de code commune.

Aucune raison n’a été donnée pour expliquer ce retrait des marchés occidentaux. Bloomberg rapporte néanmoins que l’activité smartphones d’Oppo fait face à de sérieuses difficultés financières aux États-Unis, en Europe et en Inde. Sans oublier les préoccupations géopolitiques outre Atlantique.

Dans le cadre de cette restructuration, OnePlus devrait se recentrer sur son marché domestique chinois tandis que Realme, autre marque du groupe, pourrait de son côté se focaliser sur les marchés nordiques (Suède, Finlande, Norvège, Danemark) où elle rencontre davantage de succès. 

OnePlus s’est lancée fin 2013. Emmené par Pete Lou, transfuge d’Oppo et Carl Pei – qui a depuis fondé Nothing –, le constructeur s’est rapidement bâti une belle réputation auprès des utilisateurs Android, avec des modèles au bon rapport qualité/prix. Le slogan de la marque, « Never Settle » (quelque chose comme « Toujours viser plus haut ») figure ironiquement dans l’annonce de la fin d’activité.

Bruxelles impose à Google d’ouvrir Android aux assistants IA et ses données de recherche

16 juillet 2026 à 13:53
Opération portes ouvertes
Bruxelles impose à Google d’ouvrir Android aux assistants IA et ses données de recherche

Bruxelles fixe les nouvelles règles que devra respecter Google en vertu du règlement sur les marchés numériques (DMA). Au menu : d’importants changements pour ouvrir Android aux assistants IA et aux moteurs de recherche rivaux.

La Commission européenne vient de préciser comment Google doit appliquer deux obligations inscrites dans le DMA (l’entreprise étant un contrôleur d’accès). Ce n’est pas une sanction ni une nouvelle enquête pour infraction, mais de nouvelles règles à suivre, suite à une enquête lancée en janvier.

« Nous voulons soutenir l’innovation et la diversité dans l’Union européenne, en permettant une concurrence équitable sur les marchés des assistants d’IA destinés aux appareils Android et des moteurs de recherche », explique Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge de la Souveraineté technologique. « Nous espérons voir émerger des solutions alternatives à Google Search et aux services d’IA de Google, comme Gemini, et offrir aux utilisateurs européens un plus grand choix de services. »

Des données Google pour les moteurs de recherche

À compter de janvier prochain, Google va devoir partager davantage de données de recherche avec les moteurs rivaux. La Commission exige en effet que les données produites par la recherche de Google (les requêtes, les clics et autres signaux) soient accessibles à la concurrence, qui a besoin de ces informations pour entraîner et optimiser leurs propres services.

Au vu du poids énorme de Google sur le marché de la recherche en ligne (90 % en Europe), c’est le seul acteur capable de recueillir autant de données à une si grande échelle. L’entreprise américaine devra donc mettre à disposition ce trésor d’informations aux moteurs de recherche classiques, ainsi qu’aux chatbots et autres agents IA qui intègrent une fonction de recherche en ligne.

Google aura la possibilité de refuser un demandeur s’il représente un risque grave pour la sécurité des données personnelles. Des données qui seront anonymisées à plusieurs niveaux. Bruxelles trace une autre ligne rouge : pas question d’exploiter ces données pour entraîner des modèles d’IA ou améliorer des services n’entretenant aucun lien avec la recherche en ligne (comme le profilage des internautes ou la publicité ciblée).

Il ne s’agit pas non plus de créer un clone de Google, en reproduisant ses résultats de recherche. Tout cela ne sera cependant pas gratuit : Google pourra facturer cet accès, en fonction d’une formule « équitable ».

Cet accès aux données de Google devrait améliorer la qualité des services des moteurs de recherche (on songe à Qwant ou Ecosia), par exemple dans la compréhension des requêtes, avec des propositions de saisie semi-automatique performantes ou des requêtes associées. Les systèmes de classement devraient aussi bénéficier des données du leader du secteur. La Commission espère aussi une amélioration de l’indexation : « Le jeu de données [de Google] peut aider ses bénéficiaires à déterminer quels sites doivent être indexés en priorité. »

La Commission espère ainsi favoriser l’émergence d’une offre diversifiée. « Les utilisateurs pourront ainsi privilégier les services correspondant à leurs préférences, qu’ils mettent l’accent sur la protection de la vie privée, la durabilité, des causes sociales ou qu’ils associent recherche et intelligence artificielle », précise l’exécutif.

La question de l’anonymisation des données a alimenté les débats entre Google et Bruxelles. Les mesures techniques ont été développées avec des experts en interne et externe, et suivent les bonnes pratiques de l’anonymisation. Plusieurs rounds de tests ont été réalisés avec Google. En avril, durant une de ces réunions, un chercheur de l’entreprise avait montré qu’il était possible d’identifier des utilisateurs à partir de données anonymisées, en quelques heures, comme le rapportait Politico.

Plusieurs recherches à la suite peuvent révéler une maladie, une adresse, un emploi, un déplacement ou d’autres éléments personnels, même lorsque le nom et l’adresse IP ont été supprimés. Une fois ces données transmises à des tiers, Google ne peut plus contrôler l’usage qui en sera fait, ni les fuites éventuelles. Un argument battu en brèche par des concurrents qui parlent d’instrumentalisation d’un risque pour limiter ou retarder la mise en œuvre d’une obligation qui menace l’avantage concurrentiel de Google.

Par ailleurs, ces données ne seront pas en accès libre : il faudra montrer patte blanche. Seuls les moteurs de recherche et les chatbots intégrant une telle fonction et jugés fiables pourront l’obtenir. Comme on l’a dit, Google pourra écarter les entreprises considérées comme risquées au regard du droit européen (entités sanctionnées ou contrôlées par certains pays tiers ou ne disposant pas de garanties suffisantes pour traiter des données sensibles) ; les demandeurs devront également respecter les règles du RGPD sur les transferts internationaux de données.

Les assistants IA traités comme Gemini

Deuxième gros chantier pour Google : l’ouverture plus large d’Android aux assistants IA. Actuellement, Gemini a un accès privilégié aux fonctions bas niveau du système d’exploitation. Les possibilités sont plus limitées pour les concurrents. Google devra leur ouvrir la porte.

Bruxelles compte 11 fonctions Android, dont l’accès permettra aux utilisateurs d’activer par la voix l’assistant de leur choix (à la manière de « Hey Google »). Les rivaux de Gemini seront en mesure d’effectuer plusieurs actions à la chaîne, par exemple rédiger et envoyer un courriel avec l’app de messagerie de leur choix ; d’automatiser certaines tâches comme la commande d’un repas (ouvrir l’app de livraison, sélectionner le menu désiré, renseigner les informations de livraison) ; de recevoir automatiquement des suggestions utiles ou des informations pertinentes dans les applications, sans que l’utilisateur ait besoin de les demander.

Image : Commission européenne

La plupart de ces fonctions devront être disponibles avec la prochaine révision majeure d’Android (Android 18), ou au plus tard le 1ᵉʳ août 2027. Seule exception : l’invocation par la voix devra être implémentée dans Android 19, ou le 1ᵉʳ août 2028 au plus tard. La Commission avait envoyé ses conclusions préliminaires fin avril.

« Les décisions prises aujourd’hui risquent d’affaiblir des garde-fous essentiels en matière de confidentialité et de sécurité pour des millions d’Européens », affirme Kent Walker, directeur juridique de Google. Il déplore que la Commission n’ait pas pris en compte les « nombreux éléments montrant les préjudices potentiels pour les utilisateurs ».

La décision concernant l’ouverture des assistants IA « menace la sécurité des appareils en accordant à des applications externes des autorisations sensibles et étendues, sans ces garde-fous », indique-t-il encore, alors que « les assistants d’IA peuvent déjà accéder de manière sécurisée aux fonctionnalités d’Android, les fabricants de smartphones jouant un rôle essentiel dans leur évaluation ».

☕️ Suno a aspiré des millions de chansons pour entraîner son IA

16 juillet 2026 à 06:28


Suno, la start-up spécialisée dans la génération de musique par IA, ne fait plus mystère de la provenance de ses données d’entraînement : elle a moissonné « pratiquement tous les fichiers musicaux de qualité raisonnable accessibles sur l’internet ouvert ». L’entreprise l’avait admis en 2024, à l’occasion d’une procédure en justice menée aux États-Unis par l’industrie du disque. On ignorait en revanche l’ampleur de cet « emprunt ».

Illustration : Flock

Un hacker a partagé avec 404media des données internes de Suno qui détaillent la manière dont l’entreprise a constitué ses bases de données. Elle a en fait mangé à tous les râteliers : YouTube Music, Deezer, Genius, Pond5, Jamendo, Freesound ou encore IMSLP. Les volumes sont considérables : il y a par exemple plus de deux millions d’extraits provenant de YouTube Music, ou encore des dizaines de milliers d’heures issues du catalogue de Deezer.

Le code subtilisé par le pirate montre aussi que Suno cherchait spécifiquement des versions a cappella sur YouTube, probablement pour mieux isoler et analyser les voix. Pour mener ses opérations à grande échelle, la start-up aurait fait appel aux infrastructures de Bright Data, spécialiste de la collecte automatisée de données.

Les documents et données présentés par le hacker semblent confirmer les accusations des maisons de disques selon lesquelles Suno aurait pillé absolument tout ce qu’il était possible de voler, sans s’occuper de la légalité du procédé. Le puissant lobby musical américain RIAA soutenait ainsi que Suno avait procédé à de l’extraction directe de fichiers audio depuis YouTube, en contournant les mécanismes anti-copie de la plateforme.

« Comme nous l’avons indiqué dans des documents publics, les modèles d’IA de Suno ont été entraînés à partir de fichiers musicaux accessibles au public et de métadonnées associées, disponibles sur des sites tiers sur l’internet ouvert », a expliqué un porte-parole à 404media. Son moissonnage du « web ouvert » s’arrête aux paywalls et aux protections par mot de passe, assurait aussi l’entreprise durant une procédure judiciaire.

Elle reprend aussi la défense classique des labos IA qui affirment que l’entraînement de leurs modèles relève du « fair use », l’exception américaine au droit d’auteur. Ce piratage pourrait en tout cas renforcer les arguments des ayants droit, en particulier s’il est prouvé que la jeune pousse a contourné des verrous techniques, siphonné des catalogues commerciaux ou enfreint les conditions d’utilisation des plateformes.

Le pirate explique également avoir eu accès aux coordonnées de centaines de milliers de clients de Suno, ainsi qu’à des informations liées à des paiements Stripe en pénétrant les systèmes de la société avec les identifiants compromis d’un salarié. L’entreprise a reconnu un incident survenu en novembre dernier, mais elle assure qu’aucune information personnelle sensible n’a été compromise. Elle indique également n’avoir aucun accès aux numéros complets des cartes bancaires stockées par Stripe.

Sur le front judiciaire, l’horizon s’est éclairci pour Suno, qui a signé en novembre dernier un accord avec Warner. Cela va lui permettre d’utiliser le catalogue de la major.

☕️ La publicité se rapproche de l’application Plans d’Apple

16 juillet 2026 à 05:46


Même si elle se fait attendre, il y aura bien de la publicité dans Plans d’Apple. La « fonction » a été annoncée en mars, et depuis aucun panneau n’est venu polluer l’application. Pas de panique, ça va venir.

Les fins de mois sont difficiles pour Apple, qui doit trouver de nouveaux moyens de redonner un peu de pep’s à des marges entamées par l’explosion des prix de la mémoire. Pourquoi ne pas demander un coup de main aux utilisateurs d’iPhone ? Eux qui ont déjà dépensé plus de 1 000 euros (parfois bien davantage) pour leur smartphone, seront probablement ravis de soutenir la PME cupertinienne en lui offrant un peu de leur temps de cerveau disponible.

Les utilisateurs de smartphones et de tablettes Apple subissent déjà de la publicité dans l’App Store. Ils devront bientôt l’endurer aussi dans l’app Plans. L’annonce remonte au mois de mars, mais depuis Apple n’avait pas donné de nouvelles. Le constructeur prépare le terrain, au travers d’une nouvelle politique applicable aux annonceurs et à leurs agences.

Image : Apple

Dans l’application de cartographie, les annonceurs peuvent promouvoir une entreprise, un produit ou un service, en respectant des règles et consignes parfois étonnantes. Ainsi des services à domicile : les plombiers, électriciens, serruriers, chauffagistes, spécialistes de la climatisation et de la lutte contre les parasites n’ont pas le droit de faire de la pub dans Plans. Ils pourront toujours en faire dans Google Maps.

Les services de caution judiciaire et les distributeurs automatiques de cryptomonnaies sont soumis à la même règle d’airain d’Apple. L’entreprise bannit les publicités politiques, les réclames pour les armes, le tabac, les drogues récréatives, les produits contrefaits, ainsi que les contenus violents ou sexuellement explicites, et bien sûr les services ou produits illégaux.

Les publicités pour des services médicaux seront examinées individuellement. Apple laissera passer les services financiers, les jeux d’argent, l’alcool ou les concours, bien sûr dans les pays où ils sont autorisés. Celles concernant des produits concurrents seront traitées au cas par cas. La publication de cette politique précède sans aucun doute le lancement à proprement parler, qui débutera dans le courant de l’été aux États-Unis et au Canada.

Dans Plans, les publicités apparaitront dans les « lieux suggérés », ainsi que dans les résultats d’une recherche. Il y a tout lieu de craindre un déploiement plus large : dans l’App Store, Apple avait commencé discrètement avec un bandeau dans le moteur de recherche. Depuis, on en trouve disséminées un peu partout.

Reçu — 15 juillet 2026 Next - Articles gratuits

☕️ WhatsApp veut sauvegarder les conversations sans passer par Google Drive ou iCloud

15 juillet 2026 à 15:17


WhatsApp travaille sur un système de sauvegarde en ligne des conversations sur ses propres serveurs, avec chiffrement de bout en bout. Et ce, aussi bien sur Android que sur iOS. Un moyen de libérer de l’espace dans Google Drive et iCloud, et d’imaginer des restaurations entre les deux plateformes.

Jusqu’à présent, la sauvegarde des conversations de WhatsApp se déroule soit dans Google Drive (sur Android), ou iCloud (sur iOS). Une solution simple, mais qui se heurte souvent aux limites de l’enveloppe de stockage des deux services : 15 Go pour le premier, 5 Go pour le second. Et cet espace est partagé avec d’autres données et documents.

Les utilisateurs de WhatsApp friands de partage de photos, de vidéos et de lourds fichiers frappent assez vite ce plafond de verre. Pour aller au-delà, il faut mettre la main à la poche : à partir d’1,99 euro par mois chez Google pour 100 Go, contre 0,99 euro pour 50 Go sur iCloud. WhatsApp travaille sur une solution maison : la sauvegarde des discussions sur ses propres serveurs, comme l’a repéré WABetaInfo en fouillant dans le code des bêtas de WhatsApp.

Image : WABetaInfo

Le principe sur les deux plateformes est le même. L’application propose de sélectionner un fournisseur pour la sauvegarde : Google Drive ou iCloud en fonction de l’appareil, ainsi que son propre service de stockage. Tout cela peut encore évoluer, voire être abandonné : la fonction en est encore aux premières étapes de son développement et n’est pas proposée aux bêta-testeurs. Les premières traces de cette fonction remontent au mois d’avril sur Android, et tout récemment sur iOS.

Actuellement, WhatsApp envisagerait 2 Go de stockage de base, sans frais supplémentaires. Avec 3 milliards d’utilisateurs, la messagerie peut difficilement faire plus, mais là aussi les utilisateurs les plus gourmands risquent d’être rapidement pris au dépourvu. C’est pourquoi WhatsApp proposerait de gonfler l’enveloppe contre une petite contribution sonnante et trébuchante : 0,99 dollar pour 50 Go, comme chez Apple. Et on pourrait grimper jusqu’à 1 To. Bien sûr, les prix et l’offre peuvent encore évoluer.

On ne sait pas encore ce que WhatsApp fera des anciennes sauvegardes. Sur iOS, celles conservées dans iCloud pourront toujours être supprimées manuellement depuis les réglages. Si l’utilisateur décide de faire confiance aux serveurs de Meta (c’est un grand « si »), les sauvegardes seront chiffrées de bout en bout ; de fait, personne ne pourra y avoir accès, si ce n’est l’utilisateur. Autre utilité de cette fonction : les sauvegardes stockées chez WhatsApp ne seront pas verrouillées à une plateforme. De fait, cela pourrait grandement faciliter la restauration des conversations.

☕️ Au Royaume-Uni, un couvre-feu numérique pour les 16-17 ans

15 juillet 2026 à 13:05


Le gouvernement britannique s’est lancé dans un concours Lépine de propositions pour protéger la jeunesse des méchants écrans. Après avoir annoncé l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans le mois dernier, Londres prévoit désormais un couvre-feu numérique pour les 16 - 17 ans.

Les utilisateurs de cette catégorie d’âge se verraient interdire l’utilisation d’apps de réseaux sociaux entre minuit et 6 heures du matin, rapporte Reuters. Le réglage serait activé par défaut sur les smartphones, mais il pourrait tout de même être désactivé. Des fonctions addictives, à l’image du défilement infini, seraient également désactivées par défaut.

Illustration : Flock

Le fait de pouvoir désactiver le réglage interroge tout de même sur la pertinence d’un tel dispositif. Le Parti conservateur, actuellement dans l’opposition, a qualifié le projet de « grand n’importe quoi » : « Soit [le gouvernement] estime que les jeunes de 16 à 17 ans doivent pouvoir accéder aux réseaux sociaux, soit il pense le contraire », explique ainsi Laura Trott, responsable de la politique éducative du Parti. « Mais des couvre-feux que [les jeunes] peuvent désactiver d’un simple geste ne serviront à rien. »

Le discours est évidemment tout autre du côté du gouvernement. « Ces mesures seront essentielles pour aider les jeunes à dormir suffisamment, à mieux se concentrer à l’école ou au collège, et à passer davantage de temps de qualité avec leur famille et leurs amis », a ainsi déclaré Liz Kendall, ministre chargée des Technologies. Son collègue Kanishka Narayan, ministre chargé de la Sécurité en ligne, a précisé de son côté que les grandes entreprises de la tech n’auront pas d’autre choix que d’intégrer les réglages nécessaires au couvre-feu.

Les premières mesures visant à encadrer les usages des réseaux sociaux seront présentées au Parlement d’ici la fin de l’année, avec une mise en œuvre prévue pour le printemps 2027.

Ces dispositifs seront suivis de très près à Bruxelles, qui prépare son propre arsenal de mesures pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans.

☕️ Windows 11 remet enfin de l’ordre dans sa recherche

15 juillet 2026 à 07:58


Microsoft poursuit son entreprise de réhabilitation de Windows 11 avec une nouvelle fournée d’améliorations et d’optimisations pour des fonctions de base du système d’exploitation. La recherche en profite directement.

Qui n’a pas un jour pesté contre les résultats de la recherche de Windows 11 ? Cela fait des années que les utilisateurs s’en plaignent, et mieux vaut tard que jamais : Microsoft a entendu ce cri du cœur. Les cobayes de la branche expérimentale du programme Windows Insider ont désormais la possibilité d’installer plusieurs nouveautés visant à faire place nette dans cet endroit vital du système d’exploitation.

L’écran d’accueil de la recherche se montre ainsi bien moins chargé en informations inutiles. Les contenus recommandés ont fait leurs bagages ; la zone ne propose désormais plus que les derniers résultats. Cela parait presque un peu vide, mais qui s’en plaindra ?

Les résultats d’une recherche en local se veulent eux aussi plus clairs et espacés, tout en présentant davantage d’informations et, quand c’est possible, un aperçu du fichier. Chercher un paramètre de l’OS renvoie vers des résultats plus propres et surtout qui proposent les réglages les plus pertinents en premier.

Quant à la recherche en ligne, elle perd le contenu promotionnel, ce qui ne fera de peine à personne. Les résultats web affichent désormais « les réponses les plus pertinentes » en premier lieu, plutôt que des promos ou des produits liés.

Dans le même ordre d’idée, il est désormais possible de ne plus afficher de suggestions web ni du Microsoft Store ; deux options à trouver dans le panneau Confidentialité et sécurité. Un petit tour dans ces réglages ne sera pas de trop, sachant qu’elles sont actives par défaut. Fin mai, Microsoft avait inauguré un autre changement important dans la branche expérimentale de Windows : obliger l’OS à ne chercher des résultats que dans les contenus locaux.

L’éditeur ajoute au lot une priorisation des résultats locaux lorsqu’ils correspondent mieux à la recherche. Par conséquent, les apps, les paramètres et les fichiers apparaissent systématiquement avant les suggestions du web et du Store (si elles sont activées). Le moteur se veut également plus souple vis à vis des erreurs de frappe : « utlook » trouvera « Outlook », par exemple.

Toujours pour la recherche, Microsoft promet également une amélioration de la stabilité, une réduction des plantages et moins de problèmes de chargement. Toutes ces modifications accompagnent le chantier à ciel ouvert d’un Windows 11 qui lâche un peu l’ajout sans queue ni tête de fonctions IA pour privilégier les besoins des utilisateurs.

Depuis le début de l’année, l’éditeur a multiplié les petites et grandes attentions, à l’image de la barre des tâches qui peut s’épingler en haut de l’écran, du menu Démarrer nettement plus personnalisable, ou encore d’un plus grand contrôle sur Windows Update. On a l’impression que Microsoft découvre la Lune ici, mais ce dépoussiérage en règle pourrait réconcilier quelques fâchés avec Windows 11. La version 26H2, qui sera livrée cet automne, permettra au grand public de tester une bonne partie de ces nouveautés.

Google s’oppose aux blocages massifs de sites pirates en Europe

15 juillet 2026 à 07:31
Tout bloquer, faire le tri ensuite
Google s’oppose aux blocages massifs de sites pirates en Europe

Google demande à Bruxelles de manier le blocage des sites pirates avec beaucoup plus de précautions. Le groupe juge les mesures visant les DNS, les VPN, les CDN ou les adresses IP trop faciles à contourner et susceptibles d’emporter dans leur chute des millions de services parfaitement légaux.

Au premier trimestre 2027, Bruxelles prendra à bras le corps la question du piratage, en particulier pour les événements en direct, via la révision de la directive 2019/790 sur le droit d’auteur. Dans le cadre de cette initiative ciblée pour créer « un meilleur environnement de droit d’auteur », Bruxelles a lancé un appel à contribution ouvert largement : association, chercheur, organisation professionnelle, ONG… et entreprises.

Les dommages collatéraux de la lutte contre le piratage

Google n’a pas manqué l’occasion de soumettre sa contribution, dans laquelle le géant du web s’oppose aux blocages tous azimuts obtenus ces derniers mois devant différentes juridictions des États membres (PDF). Google estime que les blocages des infrastructures techniques d’internet sont non seulement inefficaces et disproportionnées, mais aussi dangereux pour les services parfaitement légaux.

Pour le groupe, le blocage d’un résolveur DNS, d’une adresse IP ou d’un VPN ne fait pas disparaitre le contenu illégal. Google explique que « [ces dispositifs] ne suppriment aucun contenu et peuvent facilement être contournés », en utilisant un autre résolveur DNS, par exemple. Ils n’offrent donc aucun effet durable contre le piratage.

L’entreprise ajoute que « le blocage d’une seule adresse IP risque inévitablement de restreindre l’accès à des milliers, voire des millions, de sites parfaitement légaux et sans aucun lien avec l’infraction. » Elle en veut pour preuve le blocage d’adresses Cloudflare en Italie : le Piracy Shield du pays a empêché l’accès à 42 millions de domaines, ainsi qu’à Google Drive et des services légitimes de VPN.

Google évoque aussi la décision de Cisco de retirer son service OpenDNS de France en 2024, suite à une décision de justice de blocage de sites web obtenu par Canal+. Le moteur de recherche rappelle à toutes fins utiles que les services de VPN sont des services techniques « accessibles légalement », et que leur usage licite ou illicite revient aux utilisateurs. « Le simple fait que ces services, ou des services similaires, puissent être utilisés à de telles fins ne suffit pas à établir que leurs fournisseurs communiquent eux-mêmes l’œuvre protégée au public », ajoute Google.

Pour le groupe américain, un blocage ne devrait intervenir qu’en dernier recours, après que les ayants droit ont démontré qu’ils ont tenté de contacter l’auteur de l’infraction, que les procédures de notification et de retrait ne suffisent pas, et que la suppression du contenu chez l’hébergeur a échoué. Évidemment, tout cela demande du temps alors que les diffuseurs essaient de couper l’herbe sous le pied du streaming illégal dès les premières minutes de la retransmission de la compétition.

Google défend le DSA

Google défend l’idée que « les injonctions ne devraient pas viser des infrastructures mondiales de l’internet telles que les résolveurs DNS, les VPN ou les CDN ». Et pour être proportionnées, « les injonctions devraient viser le niveau approprié et la source du contenu. »

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, Google se fait aussi le chevalier blanc du DSA, le règlement sur les services numériques. La société pense ainsi que « les injonctions ne constituent ni un substitut ni un moyen de contourner le mécanisme de notification et d’action prévu par le DSA ». Certains dispositifs nationaux permettent à des acteurs privés de transmettre des listes de blocage, qui sont ensuite transformées « presque automatiquement » en décisions administratives.

C’est de cette manière – consolidée par une récente décision de la Cour d’appel de Paris, n’en déplaise à Google – que fonctionne le mécanisme qui permet à Canal+ et autres diffuseurs de bloquer des sites illégaux. Une fois qu’un ayant droit a décroché une ordonnance enjoignant le blocage d’une liste de sites pour la durée de la compétition, le titulaire des droits a la possibilité de demander à l’Arcom de mettre à jour ou d’étendre cette liste pour y intégrer les sites miroir découverts par l’ayant droit. Plus besoin de retourner en justice, avec les formalités que cela implique.

Google n’est pas opposée au blocage, mais l’entreprise réclame des mesures beaucoup plus ciblées, limitées dans le temps et soumises à un véritable contrôle judiciaire. Elle propose aussi de créer « davantage d’alternatives légales, et de meilleure qualité ». L’insatisfaction des consommateurs est un des principaux moteurs du piratage, souligne la société.

« L’un des meilleurs moyens de lutter contre ce phénomène consiste donc à proposer des offres légales plus pratiques et plus attractives. Nous avons ainsi développé des produits offrant une expérience utilisateur convaincante, comme YouTube Music, afin de générer des revenus pour les industries créatives et d’orienter le public vers des alternatives légales. »

Comme le souligne TorrentFreak, la position très critique de Google en Europe contraste avec le silence de l’entreprise face à un projet législatif aux États-Unis pour permettre à des ayants droit d’obtenir devant un tribunal le blocage de sites étrangers consacrés au piratage.

Mise à jour, 11h30 : ajout d’une mention d’une récente décision de la Cour d’appel de Paris, qui invalide une partie de l’argumentation de Google vis-à-vis du DSA.

Batterie remplaçable : Bruxelles élargit l’exemption aux montres et lunettes connectées

15 juillet 2026 à 06:35
Coup de chaud sur les batteries
Batterie remplaçable : Bruxelles élargit l’exemption aux montres et lunettes connectées

Les fabricants de montres connectées et plus généralement de petits appareils à porter sur soi peuvent pousser un ouf de soulagement. La Commission européenne a en effet décidé d’exempter de nouvelles catégories de produits des exigences liées au retrait et au remplacement des batteries.

À compter du 18 février 2027, de nombreux appareils intégrant une batterie devront faire en sorte que le composant puisse facilement être retiré et remplacé par l’utilisateur, durant toute la durée de vie du produit. C’est par exemple le cas des consoles – Nintendo, principal concerné ici, débutera d’ailleurs la commercialisation de « nouvelles » Switch 2 en Europe équipées d’une batterie remplaçable dès cet automne.

Le règlement relatif aux batteries et aux déchets de batterie du 12 juillet 2023 ne dresse pas une liste fermée de produits, mais raisonne par type de batterie incorporée dans les appareils. De fait, il concerne aussi bien les smartphones que les ordinateurs portables, les appareils électroménagers, les jouets, mais aussi les vélos et les trottinettes électriques…

Dans un acte délégué adopté ce mardi 14 juillet, la Commission européenne a ajouté six nouvelles catégories de produits pouvant déroger à l’obligation de disposer d’une batterie remplaçable par l’utilisateur. Celle-ci devra néanmoins pouvoir être retirée et remplacée par un professionnel indépendant.

Apple, Fitbit et compagnie peuvent souffler

La nouvelle liste comprend notamment certains appareils portés sur soi : montres et lunettes connectées, bracelets et traqueurs d’activité, ou encore dispositifs électroniques intégrés à des vêtements et accessoires. La dérogation s’applique lorsque l’accès à la batterie par l’utilisateur risquerait de compromettre la sécurité, la durabilité ou l’étanchéité du produit. Elle peut concerner les appareils trop petits pour permettre une manipulation sûre de la batterie, ainsi que ceux dont le fonctionnement repose sur un boîtier compact et scellé (notamment pour les protéger de la poussière et des chocs)

Certains écouteurs sans fil pouvaient déjà bénéficier de la dérogation prévue pour les appareils conçus principalement pour fonctionner dans un environnement régulièrement exposé à l’eau. La Commission les cite parmi les produits susceptibles d’entrer dans cette catégorie, notamment lorsqu’ils sont exposés à la transpiration, aux éclaboussures ou à la pluie. Cette dérogation n’est toutefois pas automatique : le fabricant doit démontrer que le remplacement par l’utilisateur compromettrait la sécurité du produit et qu’une modification de sa conception n’est pas raisonnablement possible.

Bruxelles ne cite pas explicitement les casques audio. Certains modèles pourraient néanmoins relever de la dérogation applicable aux appareils portés sur soi ou à ceux utilisés en environnement humide, selon leur taille, leur conception et leur niveau d’étanchéité.

Sont également concernés les jouets électriques équipés d’une batterie rechargeable (jusqu’au 31 juillet 2030), les sondes thermométriques sans fil destinées au contact avec les aliments, les systèmes portés sur le corps qui administrent des médicaments par voie sous-cutanée (du type pompes corporelles), ainsi que les équipements relevant de la directive ATEX, conçus pour être utilisés dans des atmosphères explosibles : moteurs antidéflagrants, capteurs, pompes ou chariots élévateurs. La sixième catégorie couvre les dispositifs télématiques installés sur le toit de machines agricoles ou de chantier et exposés à de fortes vibrations, à la poussière et à l’humidité.

L’Apple Watch échappe au tournevis

Les constructeurs de ces produits, en premier lieu Apple (mais on pense aussi à Garmin, Fitbit/Google et bien d’autres) seront donc soulagés. Pas besoin de faire des prouesses d’ingénierie ni d’augmenter l’épaisseur de ces appareils, ce qui n’aurait pas été très vendeur.

Pour amender le règlement sur les batteries, l’exécutif européen avait lancé un appel à candidatures l’an dernier : associations de consommateurs, représentants de l’industrie et les États membres ont ainsi pu donner des indications. Des experts externes ont également été consultés.

« Lors de l’élaboration de ce texte, la Commission a cherché à trouver un équilibre entre les intérêts des différentes parties prenantes, notamment les consommateurs, les réparateurs indépendants, les fabricants de produits et de batteries, ainsi que le secteur du recyclage. »

La Commission a également mis à jour les lignes directrices existantes sur le retrait et le remplacement des batteries (PDF). Le composant doit ainsi pouvoir être retiré sans outil (avec les doigts, finalement), avec des outils de base, ou encore avec des outils disponibles dans le commerce. Les outils spécialisés sont autorisés, mais uniquement s’ils sont fournis gratuitement avec le produit. Le règlement exclut le recours à de l’énergie thermique ou à des solvants pour démonter l’appareil.

☕️ Google accusé d’avoir entraîné Gemini avec des millions de livres sans autorisation

15 juillet 2026 à 06:04


Google est accusé d’avoir commis « l’une des violations de droits d’auteur les plus massives de l’histoire ». La plainte déposée notamment par Hachette contre le géant du web l’accuse d’avoir puisé sans autorisation dans des millions de livres et d’articles pour entraîner Gemini, avant de dissimuler l’origine de ces contenus.

Google fait l’objet d’une plainte [PDF] datée du 10 juillet et déposée entre autres par Hachette, l’éditeur américain spécialisé dans l’éducation Cengage, le groupe d’édition scientifique Elsevier ou encore l’auteur à succès Scott Turow. D’après les plaignants, le moteur de recherche aurait entraîné l’IA de Gemini à partir d’ouvrages obtenus par des services comme Google Books, Google Play Books et Google Scholar, alors que les autorisations d’exploitation de l’entreprise se limitaient à la recherche, l’affichage d’extraits ou la vente.

Google se serait aussi rendu coupable d’avoir intégré des textes récupérés sur le web, y compris depuis des sites pirates. Le groupe aurait également réalisé des copies de ces œuvres au moment de préparer les données et d’entraîner ses modèles. « Google a également supprimé les informations de gestion des droits d’auteur des œuvres protégées qu’il avait dérobées, afin de dissimuler les sources utilisées pour l’entraînement et de faciliter leur utilisation non autorisée », déplore la plainte.

Google fait le mal

« Désespéré à l’idée de préserver sa domination en ligne, Google a abandonné son ancienne devise, “Don’t be Evil”, et s’est livré à l’une des violations de contenus protégés par le droit d’auteur les plus massives de l’histoire », attaquent les plaignants. « Google a reproduit des millions d’œuvres protégées sans autorisation, sans verser la moindre compensation aux auteurs ou aux éditeurs, et en sachant parfaitement que sa conduite enfreignait le droit d’auteur », poursuivent-ils.

La plainte, déposée à New York et révélée par The Wrap, soutient que Gemini peut produire des résumés très détaillés, des passages proches des originaux, des chapitres ou des textes qui imitent le style de certains auteurs. Des contenus générés par IA qui concurrencent directement les livres et les articles originaux, sans rien verser aux auteurs.

Les plaignants demandent que la procédure soit reconnue comme un recours collectif. Ils veulent aussi que le tribunal reconnaisse que Google a enfreint le droit d’auteur et le DMCA, et qu’elle doit arrêter ses pratiques illégales, se voir imposer le versement de dommages et intérêts, et l’obligation de détailler les contenus utilisés pour entraîner Gemini.

Google n’est pas la seule entreprise IA visée par de telles accusations. En fait, elles font toutes l’objet de telles plaintes ou polémiques. Encore tout récemment, Apple a été poursuivie par des chaînes YouTube. Anthropic avait joué du carnet de chèques en septembre 2025, en mettant 1,5 milliard de dollars sur la table pour éteindre une poursuite initié par des auteurs et autrices. Le Français Mistral AI a lui aussi fait l’objet d’une enquête démontrant l’entraînement de modèles sur des textes littéraires.

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