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Microsoft obtient d’Apple un copier-coller entre iPhone et PC

4 août 2026 à 14:55
Apple et Microsoft à la colle
Microsoft obtient d’Apple un copier-coller entre iPhone et PC

Le copier-coller devrait fonctionner de manière aussi transparente entre les OS d’Apple qu’entre un PC et un iPhone. Microsoft va obtenir d’Apple un équivalent de son presse-papier universel, mais pas avant l’automne 2027 au plus tôt, et probablement limité à l’Union européenne.

Apple va développer un mécanisme qui permettra à l’utilisateur d’un PC Windows de copier du texte ou un document, pour le coller sur son iPhone (et vice-versa). Microsoft a déposé une demande d’interopérabilité en mars dernier, dans le cadre du règlement sur les marchés numériques (DMA) comme le rapporte MacRumors. Le constructeur de Cupertino, en sa qualité de contrôleur d’accès, doit en effet assurer une interopérabilité gratuite et effective : les concurrents doivent être en mesure d’accéder aux mêmes fonctions d’iOS qu’Apple.

Copier sur l’iPhone, coller sur Windows

Microsoft explique dans sa demande qu’actuellement, une application destinée à Windows ne peut pas surveiller continuellement le presse-papiers d’iOS : il faut que l’app fonctionne activement au premier plan. De plus, l’utilisateur doit autoriser explicitement l’accès au presse-papiers à chaque fois. Des contraintes qui empêchent la synchronisation transparente de ce contenu.

« Le copier-coller entre appareils exige des actions explicites et répétées de la part de l’utilisateur, et ne peut pas fonctionner comme une expérience continue, intégrée au système, comparable à celle proposée entre iOS et macOS », déplore l’éditeur.

Image : Apple

Le presse-papiers universel entre appareils Apple est effectivement un modèle du genre. Pourtant, pour que les concurrents puissent bénéficier d’une expérience similaire, Apple doit intervenir « car les limitations actuelles découlent du fonctionnement de la plateforme et des interfaces système disponibles, et non de contraintes techniques que les développeurs tiers pourraient lever par eux-mêmes », précise Microsoft.

Une fonction qui ne coule pas de source

Dans sa réponse, Apple ne promet pas l’ouverture de son presse-papiers. En revanche, l’entreprise propose un mécanisme beaucoup plus encadré qui passera par une seule autorisation de partage du presse-papiers allouée à l’appareil associé (le PC, en l’occurrence). Le mécanisme en lui-même repose sur une extension qui pourra envoyer son contenu au PC en arrière-plan ; elle serait aussi en mesure d’importer des éléments (de Windows vers l’iPhone).

La transmission se baserait sur l’Accessory Transport Extension framework, et le jumelage sur AccessorySetupKit. Il ne serait ensuite plus nécessaire d’ouvrir une application sur l’iPhone ni de valider chaque transfert, le copier/coller serait donc transparent entre les deux appareils. Attention cependant, cette fonction ne sera pas lancée avant un moment : « Il s’agit d’un chantier d’ingénierie conséquent », prévient Apple.

Le groupe prévoit de terminer le développement de sa solution à l’automne 2027, puis de la proposer en version bêta juste après. Autant dire que le grand public devra se montrer patient avant de pouvoir copier/coller quelque chose entre un PC et un iPhone comme entre un Mac et le smartphone. Toutefois, la fonction est officiellement en chantier. Puisqu’il s’agit d’une demande d’interopérabilité liée au DMA, rien ne dit qu’Apple l’étendra au-delà de l’Union européenne.

Apple a déjà dû faire des concessions sur le plan de l’interopérabilité en Europe. iOS 26.5 a par exemple apporté aux montres connectées autres que l’Apple Watch la possibilité d’interagir avec les notifications envoyées par un iPhone (elles étaient auparavant en lecture seule).

FFmpeg 9.0 met de nouveau Vulkan à l’honneur

4 août 2026 à 14:20
Petit pimousse
FFmpeg 9.0 met de nouveau Vulkan à l’honneur

Un an après la version 8.0, l’équipe du projet FFmpeg passe à la mouture majeure suivante. Avec FFmpeg 9.0, Vulkan est particulièrement à l’honneur avec plusieurs améliorations importantes, notamment avec certains codecs orientés production et/ou post-production.

La nouvelle version, nommée « Lei », propose ainsi le décodage matériel d’APV (Advanced Professional Video) via Vulkan. APV est un codec royalties-free (sans redevance) créé par Samsung et pensé comme alternative ouverte à des formats comme le ProRes d’Apple. Comme toujours avec le décodage matériel, cela signifie que le travail est déchargé du CPU vers le GPU, indépendamment du constructeur, Vulkan étant une API multiplateforme.

Puisque l’on parle du ProRes, FFmpeg 9.0 a également du neuf sur le codec. Une accélération Vulkan est là aussi proposée, en complément d’un support ProRes RAW via VideoToolbox. Les flux ProRes RAW, très lourds et jusqu’ici majoritairement décodés au format logiciel ou via des chemins propriétaires Apple, obtiennent ainsi une voie d’accélération GPU générique, ce qui devrait là aussi avoir des répercussions importantes.

Ces deux ajouts, en plus du nouveau filtre v360_vulkan pour la reprojection vidéo 360° et/ou équirectangulaire, positionnent encore un peu plus FFmpeg comme pipeline GPU indépendant. Il fonctionne à l’identique sur les puces Intel, AMD ou encore NVIDIA, sur tous les systèmes d’exploitation, sans dépendre de SDK (kits de développement) propriétaires comme CUDA, NVENC, AMF ou encore VideoToolbox.

Invisible et omniprésent

Parmi les autres nouveautés, on peut noter la lecture native des WebP animés, des améliorations liées au cadre AMF d’AMD, l’arrivée d’un filtre transpose_cuda (rotation/retournement d’image accéléré CUDA, pour éviter les allers-retours GPU > CPU > GPU), le support et le passthrough des métadonnées dynamiques SMPTE 2094 - 50 pour améliorer la gestion des flux de travail HDR, le décodage HE-AAC 960 pour le contenu DAB+ côté audio, ou encore un nettoyage du code avec la suppression de plusieurs éléments obsolètes, dont le décodeur CELT et le parseur Ogg/CELT.

Comme toujours avec les nouvelles versions de FFmpeg, de nombreux composants sont mis à jour, comme libavutil 61.1.100, libavcodec 63.1.100, libavformat 63.1.100, libavdevice 63.1.100, libavfilter 12.1.100, libswscale 10.1.100 et libswresample 7.1.100.

L’importance de cette nouvelle version ne se révèlera, comme d’habitude, qu’une fois son intégration réalisée dans d’autres projets qui en exploiteront les capacités. Rappelons que FFmpeg, même s’il n’est pas connu généralement du grand public, est une brique d’infrastructure invisible mais omniprésente dans le traitement multimédia au sens large.

Si vous connaissez mal ce projet, il s’agit d’une boite à outil pour coder, décoder, transcoder, muxer, démuxer et filtrer à peu près tous les formats audio/vidéo existants. On le retrouve dans de nombreux logiciels et services connus, dont le plus célèbre est sans doute VLC. FFmpeg joue également un rôle essentiel dans YouTube, HandBrake, OBS Studio, des serveurs multimédia domestiques comme Plex et Jellyfin, Discord, Chrome, Blender ou encore WhatsApp. Certains services commerciaux ayant pignon sur rue, comme Netflix, s’en servent également, mais on ne connait pas la nature précise de cet usage.

Apple attaque de nouveau OpenAI, qui se défend en public

4 août 2026 à 13:33
Laver son linge sale
Apple attaque de nouveau OpenAI, qui se défend en public

Nouvel épisode dans ce qui va devenir une saga au long cours, celle qui oppose Apple à OpenAI. Le premier a déposé plainte contre le second le mois dernier : l’entreprise d’IA se serait rendue coupable de vol de secrets industriels pour accélérer la conception de nouveaux appareils. Apple demande désormais une injonction, alors qu’OpenAI prend le grand public à témoin.

Apple réclame donc une injonction préliminaire à la justice. Si cette ordonnance devait être accordée, elle empêcherait OpenAI d’accéder à certaines informations confidentielles d’Apple, de les acquérir ou de les transmettre. Ce faisant, le constructeur informatique cherche à ralentir le développement des premiers appareils d’OpenAI, le temps de déterminer si des secrets industriels ont bel et bien été volés.

OpenAI dénonce un dossier bancal

L’entreprise va devoir convaincre la juge en charge du dossier, Virginia K. DeMarchi, que son dossier est suffisamment costaud pour avoir des chances de l’emporter devant le tribunal. « Apple subira un préjudice irréparable si aucune injonction préliminaire n’est prononcée », affirme le groupe dans le document consulté par Reuters.

Apple réclame également une procédure de découverte accélérée : elle veut obtenir rapidement des documents internes d’OpenAI et interroger sous serment plusieurs personnes. Certaines d’entre elles sont citées dans la plainte, à commencer par Chang Liu, un ancien ingénieur, et Tang Tan, ex-vice président en charge du design d’appareils comme l’iPhone et l’Apple Watch. Il s’agit pour le groupe de collecter davantage de preuves.

OpenAI a choisi de se défendre publiquement de toute malversation, en publiant sur son blog un nouvel article, « Apple fait fausse route ». L’entreprise assure que « la demande d’injonction préliminaire d’Apple repose sur des informations erronées et est totalement inutile, car nous ne détenons aucun de ses secrets commerciaux et n’en voulons aucun. » Une défense qui, bien sûr, contraste complètement avec les accusations d’Apple.

OpenAI publie aussi des extraits de conversations sur iMessage entre Chang Liu et d’anciens collègues restés chez Apple, qui lui demandent de les aider dans leur travail alors qu’il a déjà rejoint OpenAI. L’entreprise cherche ici à donner une autre lecture des faits : l’ingénieur n’aurait pas fouiné clandestinement dans des documents confidentiels d’Apple, il se serait contenté de répondre à des questions d’employés.

La note de blog rappelle aussi le quiproquo survenu en février : Apple affirmait alors avoir contacté OpenAI sans obtenir de réponse, mais a finalement reconnu que ses avocats avaient écrit à la mauvaise personne, après avoir confondu deux noms de famille. Le groupe avait également assuré avoir échangé avec le directeur juridique d’OpenAI, une conversation qui n’a jamais eu lieu.

OpenAI, qui reproduit des extraits d’échange avec l’avocat d’Apple, souligne surtout que les accusations du constructeur n’ont pas été évoquées à l’époque. Cinq mois plus tard, Apple déposait sa plainte.

Un ancien ingénieur de Microsoft lance TMOG… un gestionnaire de tâches pour macOS

4 août 2026 à 12:12
Mince, ça marche bien en plus
Un ancien ingénieur de Microsoft lance TMOG… un gestionnaire de tâches pour macOS

Comment ? Un gestionnaire des tâches sur macOS ? Oui, et bien fait en plus. Il s’agit pour l’instant d’une bêta, mais le projet est prometteur. Et des versions pour Windows et Linux sont prévues.

Dave Plummer, ex-ingénieur de Microsoft (il a notamment travaillé sur NT 4.0), s’est lancé dans un drôle de projet : estimant que le moniteur d’activité de macOS n’était pas digne de la plateforme, il a attaqué le développement d’un authentique gestionnaire des tâches pour la plateforme d’Apple. Oui, un gestionnaire des tâches, comme sous Windows.

Du code neuf et natif

L’histoire est intéressante pour plusieurs raisons. D’abord, le moniteur de macOS, s’il remplit bien ses fonctions élémentaires, ne propose pas de vue de synthèse de ce qui se passe sur la machine : le taux d’occupation du CPU (avec séparation par cœur logique), le remplissage de la mémoire, l’activité réseau ou du stockage, etc.

Ensuite, Dave Plummer a apporté un soin particulier à son développement. Il raconte comment Microsoft l’a laissé examiner, « à titre gracieux », le code source du gestionnaire des tâches de Windows XP. Cependant, aucun pan de code n’a été repris, affirme le développeur. À la place, il a développé un nouveau moteur partagé en C++ ainsi qu’une interface en Swift. C’est d’ailleurs un autre point intéressant : l’interface est léchée, réactive et parfaitement intégrée à l’ambiance macOS. La filiation avec le composant de Windows est cependant assumée dans le nom : TMOG, pour Task Manager Original.

C’est un « oui » !

L’application réunit également plusieurs fonctions au sein de la même interface. On retrouve, comme dans le gestionnaire des tâches de Windows, des onglets avec la vue de synthèse de ce que fait la machine, la liste des processus (qui reprend la vue par défaut du moniteur de macOS) ou encore celle des services. TMOG y ajoute un onglet pour les informations système ou encore la liste des applications lancées au démarrage, avec possibilité de les désactiver.

L’ensemble est particulièrement fluide, surtout pour les jauges et les courbes d’occupation. Les paramètres de l’application permettent de modifier différents éléments d’interface, dont le thème (clair ou sombre), la police par défaut ou encore la fréquence de rafraichissement.

TMOG est fournie pour l’instant sous forme de bêta. Elle n’est pas distribuée sur le Mac App Store pour une raison très simple : la boutique d’Apple oblige les applications qui y sont distribuées à fonctionner dans une sandbox. Pour un projet comme TMOG, ce type d’isolation est impossible, car elle doit aller chercher des informations dont la sandbox n’autorise pas la récupération.

L’application est gratuite et doit le rester, du moins sous cette forme. Dave Plummer indique qu’une version Pro payante pourrait apparaître plus tard. Et si vous vous posez la question : oui, des versions Windows et Linux sont prévues (cette dernière vient tout juste d’être confirmée). Le développeur insiste sur le caractère natif de ces applications et leurs performances.

Qwen3.8-Max : Alibaba revient dans la course pour rivaliser avec Fable 5 et Kimi K3

4 août 2026 à 10:11
Sera-t-il le survivant ?
Qwen3.8-Max : Alibaba revient dans la course pour rivaliser avec Fable 5 et Kimi K3

15 jours après l’arrivée du modèle Kimi K3 de Moonshot AI, une autre entreprise chinoise, Alibaba, sort un modèle à plus de 2 000 milliards de paramètres. Comme en 2025, avec le « moment DeepSeek », les entreprises chinoises montrent qu’elles sont capables de suivre le rythme des leaders états-uniens.

Après Kimi K3 de Moonshot AI et ses 2 800 milliards de paramètres, Alibaba renforce l’idée que les entreprises chinoises du secteur ne se laissent pas distancer par Anthropic et OpenAI.

En effet, l’entreprise, d’abord spécialisée dans l’e-commerce, vient de sortir Qwen3.8-Max, un modèle à 2 400 milliards de paramètres. C’est là encore une Mixture of Experts, avec 95 milliards de paramètres actifs pour chaque token (il faut néanmoins charger l’intégralité du modèle en mémoire), contre 104,2 milliards pour Kimi K3.

Certes, c’est dans les deux cas un peu moins que ce que revendique Kimi K3, mais le nombre de paramètres ne fait pas tout et Alibaba prétend, benchmarks à son avantage à l’appui, que Qwen3.8-Max a des résultats globalement comparables à Gemini 3.1-Pro et GPT 5.6 Sol. Ça serait le cas aussi en le comparant à Fable 5 concernant les tâches de raisonnement multimodal, d’« agent visuel » (analyse automatique d’images) et de code, d’analyse de documents ou de « compréhension du monde ».

Comme Moonshot AI (qui a tenu promesse le jour J), Alibaba promet de libérer les poids de Qwen3.8-Max pour en faire un modèle « open source ». L’entreprise chinoise se laisse une exclusivité d’une semaine sur son QwenCloud mais affirme que « les poids du modèle seront mis à disposition en open source sur Hugging Face et ModelScope la semaine prochaine ».

Concurrencer Anthropic sur le code et l’automatisation des tâches de bureau

Avec les benchmarks mis en avant par Alibaba, l’entreprise vise clairement à concurrencer Anthropic concernant le code ainsi que l’automatisation des tâches de bureau. Elle raconte avoir testé son modèle sur trois « défis » dans lesquels « chaque résultat devait être obtenu en écrivant et en exécutant du code, sans aucune aide humaine » : le projet « oh-my-cli » (que Qwen3.8-Max a mis 10 jours à générer et que l’entreprise partage sur GitHub), la reproduction du code d’un article scientifique et un concours de mise en situation demandant de comprendre correctement ce que souhaite le client. Alibaba assure que dans ces trois tâches, son modèle ne s’est pas seulement contenté « de suivre un plan prédéfini : il évolue de lui-même grâce à des boucles de rétroaction ».

Des prix affichés cassés mais une consommation rapide des tokens

Concernant les prix, Alibaba affiche des prix cassés par rapport à ses concurrents : 2 dollars par million de tokens en entrée et 6 dollars par million en sortie. C’est encore moins cher que les prix affichés par Moonshot AI pour Kimi K3.

Rappelons notre comparatif des coûts par million de tokens en ajoutant Qwen3.8-Max :

En entrée :

  • Qwen3.8-Max : 2 dollars
  • Kimi K3 : 3 dollars
  • GPT-5.6 sol : 5 dollars
  • Fable 5 : 10 dollars
  • Opus 4.8 : 5 dollars

En sortie :

  • Qwen3.8-Max : 6 dollars
  • Kimi K3 : 15 dollars
  • GPT-5.6 sol : 30 dollars
  • Fable 5 : 50 dollars
  • Opus 4.8 : 25 dollars

Reste que cette différence de prix est difficile à évaluer réellement. En effet, comme nous l’avions déjà expliqué, les entreprises d’IA générative parlent de prix par million de tokens alors que ceux-ci ne sont pas égaux entre les entreprises et parfois même entre des modèles d’une même société. Ainsi, en mai dernier, nous montrions qu’Opus 4.7 cramait ses tokens beaucoup plus vite qu’Opus 4.6.

Déjà, certains utilisateurs de Qwen3.8-Max se plaignent d’avoir utilisé leur quota très rapidement. « Quatre prompts. C’est tout ce qu’il a fallu pour épuiser mon quota de 5 heures. Utilisé à 100 %. Mon quota hebdomadaire en est déjà à 31,2 % », affirme l’un d’entre eux sur X.

S’il est difficile de savoir si Qwen3.8-Max remplacera les modèles d’Anthropic dans les pratiques des développeurs, les investisseurs semblent voir les signes d’un deuxième « moment DeepSeek ». L’action Alibaba a bondi lundi de 7 % à Hong Kong, enregistrant sa plus forte hausse depuis près d’un mois, constatait Bloomberg.

Samsung et LG font le ménage dans les apps TV dopées aux proxys résidentiels

4 août 2026 à 06:59
Derrière l’écran, le tunnel
Samsung et LG font le ménage dans les apps TV dopées aux proxys résidentiels

À quelques semaines d’écart, LG et Samsung ont annoncé la suspension ou l’interdiction sur leurs plateformes de téléviseurs connectés d’applications intégrant des systèmes de proxy résidentiel. Il en existe des utilisations légitimes, mais le manque de transparence de ces SDK, leur activation à distance et la difficulté pour les utilisateurs de comprendre ce à quoi ils consentent posent un vrai problème de confiance.

Début juillet, la société spécialisée en sécurité informatique Spur révélait que 42 % des applications proposées au téléchargement sur webOS – la plateforme smart TV de LG – intégraient des SDK permettant de transformer les téléviseurs connectés du constructeur en nœuds de sortie de proxy résidentiel. La même étude indiquait qu’au moins un quart des téléviseurs de Samsung fonctionnant sous Tizen embarquaient les mêmes composants.

Une fois la télé transformée en nœud de sortie proxy résidentiel, l’IP de l’utilisateur est utilisée par des services pour accéder à Internet… avec tous les risques que cela entraine, surtout en cas d’IP fixe. L’adresse peut être signalée en cas de scraping massif, de contournement de blocage, ou encore si elle sert de courroie de transmission à une activité frauduleuse. Le propriétaire de la télévision pourrait alors avoir des problèmes, sans oublier qu’un tel proxy peut générer de la latence sur son accès internet.

Quoi de neuf à la télé ce soir ? Un proxy

La branche américaine de LG a annoncé à KrebsOnSecurity que le constructeur travaillait avec les développeurs tiers au retrait dans leurs applications de cette fonction de proxy résidentiel. Et les développeurs qui s’y refuseront subiront une suspension de leurs applications. « Un réseau de proxy résidentiel n’est pas un usage prévu pour les téléviseurs connectés LG », déclarait le 21 juillet John Taylor, vice-président de LG Electronics USA.

L’examen des applications était déjà « bien avancé », assure le dirigeant, et « LG continuera de renforcer son processus d’évaluation des applications soumises par les développeurs, y compris celles qui intègrent des SDK de proxy résidentiel ». Au passage, LG file un mauvais coton en ce moment, après la controverse sur l’antivirus McAfee proposé de manière agressive aux utilisateurs de certains de ses moniteurs PC.

Une autre enquête, réalisée cette fois par Mnemonic, explique que des jeux distribués par la boutique de Samsung pour ses smart TV contiennent le kit de développement de Bright Data, une société israélienne qui commercialise des proxys résidentiels donnant accès à des millions de réseaux dans le monde.

Il existe des utilisations légitimes pour le proxy résidentiel, par exemple pour vérifier l’efficacité de dispositifs de censure ou de blocage géographique (voir si certains contenus sont accessibles depuis différents endroits), collecter des données publiques pour comparer des prix, ou encore pour contrôler la conformité de publicités (des marques peuvent vérifier que leurs pubs apparaissent correctement sans être associées à des contenus problématiques). Les proxys résidentiels sont prisés car ils ressemblent à du trafic humain « normal ».

Pac-Man et la connexion fantôme

Les téléviseurs enrôlés comme nœuds de sortie via Bright Data peuvent être utilisés pour télécharger des montagnes de données publiques sur le web depuis plusieurs sources à la fois pour éviter les protections anti-scraping. Mnemonic a observé du scraping de profils LinkedIn à grande échelle, ainsi que de la collecte de données pour entraîner des IA. Ce SDK, qui est aussi majoritairement présent dans les apps de proxy résidentiel distribuées par LG, veut pourtant montrer patte blanche.

Bright Data l’affirme à KrebsOnSecurity : « Chaque utilisateur accepte explicitement de participer via un écran de consentement et reçoit une contrepartie en retour ; chaque client est vérifié, et nos pratiques ont désormais fait l’objet d’un deuxième audit indépendant par PwC. » L’entreprise poursuit : « Nous restons attachés à un internet ouvert et transparent, où les entreprises légitimes, les chercheurs et les institutions peuvent accéder de manière responsable aux données relevant du domaine public. »

L’architecture de ces applications, comme la mise en avant de certaines d’entre elles par Samsung dans sa boutique, soulève des questions. Mnemonic indique que tout est « officiel » : le SDK est « dormant » tant que le téléspectateur n’a pas donné son accord… mais les apps ne sont que des coquilles vides qui chargent ensuite le vrai code depuis un serveur distant. Ce que Samsung ou LG vérifient dans leurs boutiques n’est donc pas ce qui se lance sur la télé.

Image : Mnemonic

Les jeux Pac-Man et 2048 Football Cup proposent par exemple une expérience « sans pub », pour peu que l’utilisateur accepte que son téléviseur télécharge des données publiques depuis internet en utilisant l’adresse IP de l’appareil. « Si c’est gratuit, c’est vous le produit » prend ici tout son sens.

Emboîtant le pas de son rival, Samsung a donc commencé à restreindre l’apparition de nouvelles apps intégrant de telles fonctions sur sa plateforme Tizen. « Nous mettons actuellement en place des politiques strictes à l’échelle de la plateforme pour les développeurs, interdisant explicitement les SDK de proxy résidentiel, et nous travaillons à identifier et supprimer toutes les applications actuellement disponibles dans notre boutique qui contiennent ces composants », ajoute un porte-parole de l’entreprise à TechCrunch.

Les proxys résidentiels sont une « menace croissante dans le cyberespace »

Il y a deux ans déjà, Orange alertait sur les proxys résidentiels qui « représentent une menace croissante dans le cyberespace, car ils sont fréquemment utilisés par des groupes d’attaquants qui ainsi se cachent au sein du trafic légitime, mais aussi agissent de manière légitime […] Pour obtenir une infrastructure pouvant atteindre plusieurs millions d’hôtes, les fournisseurs de proxys résidentiels utilisent des techniques qui peuvent induire en erreur les utilisateurs qui installent des logiciels tiers ».

Le nombre d’adresses IP est un point crucial pour les proxys résidentiels, un déploiement massif des points de sortie est donc primordial : « Ces points de sortie incluent les adresses IP des routeurs domestiques, des ordinateurs personnels, des téléviseurs intelligents et, de plus en plus, des téléphones mobiles utilisant les réseaux 4G et 5G ». Il y a des utilisateurs prêts à louer leur connexion, mais aussi d’autres piratés et tout un dégradé de nuances entre ces deux extrêmes.

Depuis maintenant plusieurs années, une des stratégies des proxys résidentiels « est l’implication d’utilisateurs conscients et volontaires », mais qui ne comprennent pas toujours « l’utilisation finale de leur connexion Internet ». Dans le cas présent, nous y sommes probablement.

Côté développeurs, certains proxys résidentiels proposent une sorte de « PaaS » ou « Proxyware as a service » avec un kit pour intégrer directement et facilement cette fonctionnalité dans leur application.

Bitcoins : des clés cryptographiques des wallets de Coldcard trop faciles à reconstituer

4 août 2026 à 06:04
Un coffre-fort qui manque de combinaisons
Bitcoins : des clés cryptographiques des wallets de Coldcard trop faciles à reconstituer

Mauvaise surprise pour des utilisateurs de portefeuilles de bitcoins de Coldcard. Des petits malins ont su reconstituer leurs phrases de récupération, générées par une méthode trop simple. Résultat, plus de 110 millions de dollars dérobés, et un rappel utile : les clés cryptographiques ne valent que si le système qui les crée est réellement imprévisible.

Une erreur de programmation aurait empêché certains wallets du fabricant Coldcard d’utiliser leur générateur matériel de nombres aléatoires pour créer des « seeds », ces phrases de récupération de 12 ou 24 mots. Cette erreur logicielle aurait poussé le générateur de ces portefeuilles à se rabattre sur une méthode reposant sur des données relativement prévisibles (numéro de série de la puce ou encore valeurs liées à l’horloge), explique l’équipe Bitcoin Engineering and Security de Block.

Plus de 100 millions de dollars volatilisés

Le 30 juillet, 1 196 adresses ont été entièrement vidées pour un peu plus de 1 082 bitcoins, ce qui représente environ 70 millions de dollars selon les calculs de Galaxy Research. L’opération a été rapide, elle n’a duré en tout et pour tout 41 minutes. Deux autres vagues ont eu lieu par la suite, pour un total de 1 816 BTC, soit 114 millions de dollars.

Image : Coldcard

Les bitcoins ne sont pas stockés dans les wallets Coldcard eux-mêmes, mais sur la blockchain ; le portefeuille physique ne conserve que les clés privées permettant de déplacer les bitcoins. En temps normal, ces clés sont impossibles à deviner. Mais dans ce cas, une entropie très insuffisante – autrement dit un hasard « prévisible » – aurait considérablement réduit le nombre de phrases de récupération possibles.

L’erreur ne venait pas de l’absence d’un générateur matériel de nombres aléatoires, mais d’un mauvais branchement logiciel. Le code chargé de créer les phrases de récupération appelait par erreur un générateur de secours alimenté notamment par l’identifiant de la puce et des valeurs d’horloge. Sur les anciens wallets Mk2 et Mk3 concernés, aucun véritable hasard cryptographique ne venait corriger cette faiblesse. Sur les modèles plus récents, Coldcard ajoutait bien une source sécurisée, mais n’en conservait que 32 bits, réduisant fortement le nombre de seeds possibles.

L’attaquant n’avait donc pas besoin de pirater les appareils : il lui suffisait de reproduire le générateur défaillant sur ses propres machines, puis de tester les seeds candidates. Toutes les clés privées et les adresses du propriétaire en découlent, c’est pourquoi il importe que la seed soit choisie de manière complètement aléatoire et imprévisible, ce qui n’était pas le cas ici.

Les fonds volés sont regroupés sur quatre adresses bitcoin. Leur parcours peut être suivi publiquement, mais les identités des personnes qui contrôlent ces adresses restent inconnues, sauf à recouper ces transactions avec d’autres informations, par exemple celles d’une plateforme d’échange. Il se trouve que l’attaquant aurait utilisé un compte payant auprès d’un fournisseur de données blockchain pour interroger les adresses au moment du vol.

Ces informations ne proviennent pas d’une plateforme d’échange, mais un compte payant peut laisser des traces potentiellement exploitables pour remettre la main sur le ou les auteurs de ce casse. Quant aux utilisateurs de Coldcard, ils ne doivent pas se contenter de mettre à jour leurs portefeuilles. Il faut aussi et surtout créer une nouvelle seed à partir d’un système mis à jour, puis transférer les cryptos vers les nouvelles adresses.

Des clés aux pieds d’argile

Cette histoire rappelle que les clés, même très longues (128 ou 256 bits) ne sont aussi solides que la méthode cryptographique qui sert à les générer. Si elle ne produit qu’un petit nombre de valeurs possibles, la sécurité de la clé devient largement illusoire. Dans le cas Coldcard, les wallets Mk4, Q et Mk5 généraient des clés d’environ quatre milliards de suites réellement distinctes. Un nombre immense à l’échelle humaine, mais suffisamment réduit pour pouvoir être exploré par des ordinateurs.

Il y a plusieurs exemples de mécanismes cryptographiques robustes, mais affaiblis par leur implémentation. On peut rappeler la découverte du groupe fail0verflow qui, fin 2010, révélait la clé privée permettant de signer les jeux et les logiciels de la PS3. Il devenait donc possible de faire tourner des homebrews et des programmes non autorisés par Sony sur la console.

L’algorithme ECDSA utilisé exigeait une valeur secrète différente pour chaque signature (« nonce »). Mais voilà, la PS3 réutilisait la même valeur… En comparant plusieurs signatures, les bidouilleurs ont pu calculer la clé utilisée par Sony. Le problème ne résidait pas dans l’algorithme en lui-même, mais dans son implémentation.

Autre exemple célèbre : en 2014, le National Institute of Standards and Technology (NIST) américain retirait un algorithme cryptographique de son projet de recommandations sur les générateurs de nombres pseudo-aléatoires. Il s’agissait de Dual_EC_DRBG, qui était très lent, favorisait certains nombres plutôt que d’autres, et avait cette réputation d’être un tuyau percé.

En septembre 2013, des documents révélés par Edward Snowden ont ravivé les soupçons autour de cet algorithme, soupçonné depuis plusieurs années de contenir une porte dérobée conçue par la NSA. L’agence avait justement insisté auprès du NIST pour conserver Dual_EC_DRBG, alors que ses faiblesses étaient connues depuis 2007.

Reçu — 3 août 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Path of Exile 2 : un PC complet envoyé à NVIDIA pour traquer un plantage

3 août 2026 à 15:25


Grinding Gear Games, le studio de Path of Exile, a dû déployer les grands moyens pour venir à bout d’un bug gênant dans son dernier jeu. Il a tout de même fallu envoyer à NVIDIA un PC de démo pour débusquer le plantage et le corriger.

Depuis le lancement de Path of Exile 2 en accès anticipé fin 2024, le jeu souffrait d’un bug pénible : un gel de l’image, parfois assez long, suivi d’un écran de chargement. Le moteur graphique se réinitialise ensuite, et la partie reprend… mais avec des performances dégradées pendant un moment, le temps de recharger les textures et les shaders, ces petits programmes nécessaires à l’affichage des différents éléments graphiques du jeu.

À l’origine, ce bug faisait planter complètement le jeu. Les développeurs du studio ont donc mis en place une rustine pour redémarrer le moteur sans fermer le jeu. Au cours de son enquête au long cours, Grinding Gear Games a établi que le bug ne touchait que les GPU NVIDIA équipés du pilote 566.36 ou plus récent.

Pour s’assurer que NVIDIA puisse corriger le plantage, très difficile à reproduire (il était particulièrement fréquent chez les joueurs de très haut niveau, ce qui ajoutait à la frustration), le studio a donc tout simplement envoyé un PC au complet au constructeur de cartes graphiques.

« Comme le problème ne se produisait pas sur toutes les machines, nous avons décidé de prendre l’un de nos ordinateurs sur lesquels il pouvait se produire et de l’expédier à NVIDIA », explique Jonathan Rogers, directeur du jeu. « Le PC, l’écran… bon sang, nous avons même ajouté la souris et le clavier. Nous ne voulions laisser aucune variable au hasard. Nous avons mis toute cette fichue installation dans une boîte, nous la leur avons envoyée, puis nous avons attendu. »

L’attente a valu le coup, puisque NVIDIA a découvert que la mémoire réservée aux shaders était insuffisante. Pour s’en débarrasser, les joueurs peuvent télécharger la dernière mise à jour 610.88 des pilotes graphiques NVIDIA, puis laisser le temps au jeu de reconstruire le cache des shaders.

Le taux de plantages tombe à des niveaux raisonnables après la mise à jour.

Autre bug corrigé, celui qui concerne la compilation d’une partie des shaders sur l’écran de chargement, puis en arrière-plan pendant que le joueur progresse dans le niveau. Le cache de shaders du pilote NVIDIA est limité et partagé entre tous les jeux ; lorsqu’il est plein, les nouveaux shaders ne sont plus correctement conservés en mémoire et doivent être recompilés. Une opération bien plus lente.

Une version précédente du pilote graphique avait supprimé la capacité de nettoyer automatiquement les anciens shaders inutilisés. Chez les joueurs concernés, cela entraînait des chargements prolongés et des objets et des effets qui apparaissaient avec un train de retard. Les développeurs de Grinding Gear Games ont donc réduit la taille des shaders. L’installation du nouveau pilote et la mise à jour du jeu apportent un correctif, mais avant de se lancer dans la chasse aux démons, il faudra au préalable laisser le titre recompiler ses shaders.

Apple submergée par les rapports de bugs générés par IA

3 août 2026 à 14:35
Ça bouche sur le radar
Apple submergée par les rapports de bugs générés par IA

Apple, comme d’autres entreprises de la tech, se noie dans les signalements de bugs générés par IA. Pour tenter de garder la tête hors de l’eau, le constructeur a mis en place plusieurs mesures visant à limiter le volume des rapports reçus. Au risque de frustrer les chercheurs en sécurité.

Apple impose depuis juin un plafond et une période de carence de 30 jours pour les rapports de bugs transmis via le portail web dédié. « Face à l’augmentation du nombre de signalements de sécurité générés par IA dans l’ensemble du secteur, nous avons récemment ajusté le nombre de nouveaux rapports qu’un chercheur peut avoir ouverts simultanément », a confirmé l’entreprise au Financial Times.

Apple ferme le robinet

Il s’agit pour le constructeur de donner le temps à ses propres équipes de vérifier les signalements et, le cas échéant, de développer les correctifs. Le tsunami de rapports de bugs de mauvaise qualité générés par IA est tel qu’il est très difficile (et très long) de trier le bon grain de l’ivraie. Le système qui examine les signalements est sous pression, il a donc fallu prendre des mesures radicales.

Malheureusement, cette solution peut avoir une conséquence négative : empêcher des chercheurs en sécurité légitimes d’alerter Apple de l’existence d’une importante vulnérabilité. C’est le cas de l’équipe italienne Bynario, qui a déniché une cinquantaine de failles dans la dernière version de macOS avec l’aide de ChatGPT en trois semaines seulement.

Parmi ces vulnérabilités, une d’entre elles est particulièrement sérieuse puisqu’elle permet une élévation de privilèges, qui pourrait donner à un pirate la possibilité de prendre le contrôle d’un Mac. Hélas, Bynario n’a pas pu prévenir Apple en raison des nouvelles limites imposées aux signalements. Le groupe a néanmoins accepté d’examiner le rapport, suite à la demande d’information du FT.

En 2025, les chercheurs italiens avaient soumis huit rapports de bugs à Apple, dont un qui a été corrigé en novembre. Depuis le début de l’année, ils ont signalé cinq failles supplémentaires, avant qu’Apple leur ferme la porte. La vulnérabilité impossible à soumettre concernait le système de Memory Integrity Enforcement, dévoilé en septembre dernier et censé empêcher les attaques par corruption de mémoire. Une faille de ce type peut se vendre jusqu’à 200 000 dollars sur le marché noir des cybercriminels, selon Bynario.

L’appât du gain

« Les responsables de projets et les éditeurs sont submergés par la quantité de bugs découverts », admet Alfredo Pesoli, directeur général et cofondateur de Bynario, pour qui « c’est une période très difficile pour le secteur ». Apple précise que les chercheurs peuvent « facilement demander à tout moment » une augmentation de l’enveloppe de signalements, pour faire en sorte que les rapports de sécurité critiques puissent être pris en compte.

Apple a bonifié l’an dernier son bug bounty, qui permet aux chercheurs d’empocher jusqu’à 2 millions de dollars (et même 5 millions avec les bonus) pour les failles les plus importantes. Il y a de quoi attiser l’intérêt de beaucoup d’amateurs qui tentent leur chance avec l’aide des outils d’IA.

Dans sa dernière livraison de mises à jour logicielles, Apple a multiplié les correctifs : 87 vulnérabilités corrigées dans iOS 26.6, 155 dans macOS 26.6. Plusieurs de ces correctifs ont été rendus possibles grâce à l’IA d’Anthropic et d’OpenAI, entre autres labos. Apple a également annoncé que le processus de distribution de ces mises à jour allait s’accélérer, là aussi en raison des gros volumes de signalements.

Apple n’est pas la seule entreprise du secteur à ployer sous les correctifs de sécurité en raison de l’IA. Google a ainsi annoncé la semaine dernière que Chrome allait avoir droit à deux mises à jour hebdomadaires, au lieu d’une.

Microsoft veut convaincre sur les améliorations de Windows 11 et met l’accent sur la RAM

3 août 2026 à 10:12
Personne ne s'en plaindra
Modernisation et performances de Windows 11 : Microsoft a encore des choses à dire

Pavan Davuluri, vice-président de Microsoft chargé de Windows et des services, a publié un important billet de blog le 31 juillet. Il y renouvelle les engagements de l’entreprise sur les améliorations portées ou à venir de Windows 11, dont les performances.

Le responsable commence par faire le tour des travaux déjà engagés et montrés. Ils sont soit disponibles depuis peu, soit vont arriver ou sont déjà présents dans les préversions de la branche expérimentale du système, accessible depuis le programme Windows Insider.

Il liste ainsi les possibilités de personnalisation de la barre des tâches, la réduction du périmètre des fonctions IA « là où elles ont le plus de sens », la réduction des frictions dans Windows Update, les performances et la fiabilité de l’Explorateur, un plus grand contrôle sur les widgets, un programme Windows Insider plus simple et transparent, ou encore les améliorations sur le Feedback Hub. Les performances, la fiabilité et les « expériences bien conçues » sont à considérer désormais comme la sainte trinité qui guiderait les équipes.

Pavan Davuluri liste également les apports à venir : une recherche plus rapide et efficace, le renforcement de WinUI et son utilisation plus intensive dans le système (dont la fenêtre des propriétés apparue récemment), les fonctions supplémentaires pour le menu Démarrer et la barre des tâches, une élévation générale de la qualité des pilotes via la Driver Quality Initiative, de meilleures performances pour de nombreux composants, le support des webcams ESS pour Windows Hello ou encore un effort général de réduction de l’empreinte mémoire.

Certaines zones du système font l’objet d’une attention particulière, selon le responsable. D’abord, une expérience « out of the box » plus rapide et efficace. Ensuite, une mise en avant des contrôles parentaux (en particulier lors de la première configuration de l’ordinateur), ou encore des optimisations sur la mémoire consommée.

Un travail spécifique sur la consommation de mémoire

Ce dernier point a été copieusement repris sur X ces derniers jours. Pavan Davuluri pointe spécifiquement les configurations ayant 8 Go de mémoire : « Réduire l’empreinte mémoire Windows pour offrir une expérience Windows rapide et réactive sur tous les PC utilisés quotidiennement par les clients ».

Une phrase loin d’être anodine, pour deux raisons. D’abord, parce que le système de Microsoft a toujours été considéré comme gourmand. L’entreprise semble piquée au vif, particulièrement depuis que Linux apparait de plus en plus comme une alternative viable à Windows pour les jeux vidéo. Un domaine qui était jusque très récemment la chasse gardée de Microsoft, grâce notamment à l’abondance de pilotes (même si leur qualité peut fortement varier).

Ensuite parce que la situation mondiale l’exige probablement : la mémoire vive est beaucoup plus onéreuse. Le marché exerce sur les éditeurs logiciels une pression jamais vue, après des décennies de croissance presque linéaire sur la quantité toujours plus importante de RAM (ou de mémoire vidéo) dans les configurations. Ce n’est pas un hasard non plus si Apple a insisté pendant sa dernière WWDC sur les optimisations apportées à la fournée 27 de ses systèmes, particulièrement macOS.

« Les derniers mois nous ont redonné de l’énergie »

Plusieurs personnes de l’équipe Windows se sont exprimées dans le sillage de la publication de Pavan Davuluri, le plus souvent pour indiquer que la période était intéressante et qu’il restait beaucoup à venir. Plusieurs laissent penser que cette accélération était attendue de pied ferme. Davuluri l’indique à demi-mots à la fin de son billet :

« Les derniers mois nous ont redonné de l’énergie. Rencontrer des membres de Windows Insiders lors de nos rencontres mensuelles et entendre ce que vous en pensez a été l’un des meilleurs moments. C’est un travail que nos ingénieurs adorent et nous voulons que vous le ressentiez dans le produit. Nous savons que nous avons encore beaucoup à faire, et nous sommes reconnaissants de vivre ce voyage avec vous ».

Certains observateurs semblent y voir un changement fort de signal. Ewan Dalton, de Windows Latest, indique ainsi avoir travaillé plus de 25 ans chez Microsoft. Selon lui, Windows « reçoit de nouveau les soins qu’il mérite ». Il estime que Microsoft s’est développé dans trop de directions pour que le système reste un produit de qualité, notamment avec l’arrivée d’Azure et plus généralement du cloud.

Maintenant que le système est attaqué de toute part (Linux, MacBook Neo, performances, expérience utilisateur…), l’éditeur bougerait enfin dans la bonne direction. La situation sera probablement plus claire d’ici quelques mois et nous ferons le point sur les promesses et les résultats.

OpenAI promeut son prochain modèle Astra avec la résolution de 10 problèmes de maths

3 août 2026 à 09:27
IA pas de problème
OpenAI promeut son prochain modèle Astra avec la résolution de 10 problèmes de maths

OpenAI met en avant la résolution de 10 problèmes de mathématiques par son nouveau modèle, nom de code Astra, qui n’est pas encore disponible. L’usage de plus en plus commun de l’IA générative dans la recherche en mathématiques pose parfois des questions sur l’attribution de la paternité d’une découverte.

L’entreprise de Sam Altman a dévoilé récemment le nom utilisé en interne de son nouveau modèle : Astra. Selon OpenAI, celui-ci a livré la solution à 10 problèmes mathématiques.

C’est dans un billet de blog que l’entreprise présente ces résultats. Il est accompagné d’un PDF détaillant chaque résolution, mis en ligne sur les propres serveurs de l’entreprise, et non sur l’un des sites de preprint où les chercheurs partagent d’ordinaire leurs publications.

« Ces résultats ont été obtenus grâce à une version interne d’Astra, notre prochain modèle phare », affirme OpenAI, qui ne mentionne pas les noms des mathématiciens qui auraient supervisé ces recherches.

L’entreprise d’IA générative ajoute : « Le nombre total de jetons nécessaires pour trouver des solutions à ces problèmes coûterait environ 2 000 dollars selon les tarifs de Sol API ». Cette somme parait basse mais semble prendre en compte seulement les tokens utilisés pour reproduire la démonstration sans inclure les essais-erreurs que l’entreprise a dû faire avant d’obtenir les prompts adéquats.

Depuis quelques mois, l’IA générative bouscule la recherche en mathématiques et, comme nous l’évoquions, toutes les maths ne sont pas touchées de la même façon. Mais une partie de la communauté a publié une position sur l’intelligence artificielle, dite Leiden Declaration on Artificial Intelligence and Mathematics, qui liste cinq « menaces potentielles » pour la discipline. Pour rappel, les voici :

  • la noyade sous « des arguments plausibles mais peu fiables (voire incorrects) »,
  • l’absence de citations correctes ou la violation de copyright,
  • la mise en avant des résultats de recherche seulement lorsque l’IA a été utilisée,
  • la diffusion de résultats sans publication de réels articles de recherche,
  • la perte de l’autonomie vis-à-vis des entreprises qui développent les IA génératives.

Le mathématicien David Madore expliquait aussi dans un billet de blog publié en juin dernier : « OpenAI et les autres boîtes d’IA ont décidé d’utiliser les maths comme « benchmark » censément objectif pour montrer leur supériorité les unes sur les autres (notamment dans le contexte de l’introduction en bourse d’OpenAI). Évidemment, ce qui les intéresse n’est pas de faire des maths ni d’aider la science ou les mathématiciens, mais de vendre leurs produits ».

« Des questions auxquelles une entreprise technologique ne peut répondre à elle seule »

Dans son billet annonçant ses dix résolutions, OpenAI essaye de ne pas trop brusquer cette communauté. « L’émergence de systèmes capables de contribuer à la recherche mathématique soulève des questions auxquelles une entreprise technologique ne peut répondre à elle seule », affirme-t-elle, évoquant aussi la déclaration de Leiden.

Mais elle soulève en miroir une question d’éthique aux mathématiciennes et mathématiciens : « Nous estimons que l’attribution doit refléter fidèlement la manière dont un résultat a été obtenu : attribuer à un être humain la paternité d’une démonstration entièrement générée par un système d’IA reviendrait à donner une image fausse tant de la contribution de ce système que de la nature du véritable travail intellectuel humain ».

Des chercheurs proposent une résolution d’un problème à moins de 4 h d’intervalle

D’autres questions se posent sur la paternité d’une découverte à l’heure où l’IA générative permet à des chercheurs de mettre en ligne rapidement une démonstration. En effet, le magazine Scientific American raconte que deux articles résolvant un problème de cryptographie quantique ont été mis en ligne à moins de quatre heures d’intervalle sur la plateforme arXiv.

« Nous proposons une construction inconditionnelle d’un schéma de chiffrement à clé privée à usage unique, non-clonable et sécurisé d’un point de vue de la théorie de l’information, pour des messages d’un bit, avec un chiffrement et un déchiffrement efficaces et un avantage inclonabilité-indiscernabilité exponentiellement faible », expliquent ainsi les chercheurs Prabhanjan Ananth et Amit Sahai dans le résumé de leur article mis en ligne le 23 juillet à 17h35 UTC. Le doctorant Seyoon Ragavan a, de son côté, mis en ligne son article le même jour à 20h53 UTC.

Les deux articles proposent deux résolutions différentes d’un même problème, en utilisant le même modèle (GPT-5.6 Sol Ultra), soulevé lors d’une conférence au Simons Institute for the Theory of Computing de Berkeley plus tôt dans le mois. Ils n’ont pas encore été relus par les pairs et concernent un sujet très particulier de la recherche en cryptologie quantique.

« Aujourd’hui, la mentalité générale est la suivante : dès que quelqu’un évoque un problème non résolu, la première chose à faire est de vérifier si GPT peut le résoudre », explique Prabhanjan Ananth interrogé par Scientific American. « De nombreux problèmes que nous ne savions pas résoudre vont trouver une solution dans un avenir très proche. », assure-t-il.

Si de nombreux mathématiciennes et mathématiciens ont signé la déclaration de Leiden, en résolvant certains problèmes mathématiques, les entreprises d’IA générative en attirent aussi certains. Jacob Tsimerman, chercheur de l’université de Toronto et récent lauréat de la médaille Fields, vient ainsi d’être embauché par OpenAI, explique le Wall Street Journal qui ne précise pas le salaire du nouvel employé de Sam Altman.

☕️ Retrait du marché de 5 smartphones, dont Nothing Phone 3a et Samsung A55 (SM-A556E/DS)

3 août 2026 à 07:38


Le DAS est le niveau d’émission d’onde d’un smartphone. Il doit rester en dessous de certaines limites réglementaires lors d’une utilisation. Nous en parlions la semaine dernière, elle est par exemple de 4 W/kg pour le DAS « membre ».

Quatre smartphones ont été épinglés par l’Agence nationale des fréquences (ANFR) pour avoir dépassé les limites : GM Note N1, Doogee N55 Plus, Infinix Smart 9 (X6532) et Nothing Phone 3A (A059). Ils sont tous entre 4,32 et 4,85 W/kg.

Dans un registre différent, mais avec la même conclusion à venir, le Samsung A55 (SM-A556E/DS) est épinglé pour « plusieurs manquements aux exigences prévues par la réglementation européenne : l’absence de mise en œuvre d’une procédure d’évaluation de la conformité, la non-fourniture de la documentation technique et le défaut du marquage CE ».

Ce modèle, SM-A556E/DS, n’est pas le Galaxy A55 normalement prévu par Samsung pour le marché français et européen, qui porte lui la référence SM-A556B/DS. On trouve par exemple le SM-A556E/DS référencé sur la page Samsung Afrique.

Comme le prévoit la procédure, les responsables de la mise sur le marché ont été mis en demeure de corriger le tir. « En l’absence de telles mesures, l’ANFR a demandé aux sociétés WSJ Production LTD, Apex CE Specialists, Techtribe, Nothing Technology B.V et Valex [pour le Samsung Galaxy A55, ndlr] de procéder au retrait du marché français et au rappel des téléphones », explique l’Agence.

Elle rappelle que si le fabricant ne s’exécute pas, « il incombe aux distributeurs de prendre de leur propre initiative les mesures de retrait et de rappel des téléphones concernés ». Pour le moment, certaines références sont encore disponibles chez des revendeurs, comme le Nothing Phone 3A vendu par Bouygues Telecom.

Doogee n’en est pas à son coup d’essai… En juin 2025, déjà, le DOOGEE X98 dépassait les limites réglementaires du DAS et, faute de correction de la part du fabricant, l’ANFR avait ordonné le rappel du smartphone. C’était déjà la quatrième procédure du genre après les DOOGEE N50 et S100 PRO en aout 2024, ainsi que le DOOGEE S88 PLUS en octobre 2023. Avec le N55 PLUS, cela fait donc déjà cinq smartphones du fabricant retirés du marché.

Chez Ubisoft, les NFT refusent de mourir

3 août 2026 à 07:09
Naufrage, Fiasco, Tchao
Chez Ubisoft, les NFT refusent de mourir

Les NFT n’auront finalement été qu’un petit blip dans la longue histoire des bulles spéculatives à forte teneur en escroquerie. Après l’emballement de 2021 et 2022, les images de singes vendues à prix d’or, les promesses de fortune rapide et les projets improvisés à la hâte se sont largement évaporés avec l’effondrement du marché. Il ne reste plus ici et là que quelques rares tentatives pour relancer la machine aux jetons non fongibles, comme chez Ubisoft.

Le géant français du jeu vidéo avait tenté sa chance dès 2020 avec les tokens Lapins Crétins, première expérience publique avec des NFT basés sur la blockchain Ethereum à l’effigie des fameuses mascottes fofolles. C’était pour la bonne cause : les recettes étaient versées à l’Unicef. Autre tentative assez connue, celle de Quartz, une plateforme de NFT pour les jeux AAA du groupe.

Dans les faits, seul le jeu Ghost Recon Breakpoint a eu droit à ces « Digits », des objets comme des casques, des armes et des skins, numérotés et vendables sur des marchés tiers. L’expérience a fait long feu, avec trois séries distribuées gratuitement entre décembre 2021 et mars 2022.

Qui ne tente rien n’a rien

Pas découragé par l’explosion de la bulle NFT, Ubisoft a remis au pot en octobre 2024 avec Champions Tactics: Grimoria Chronicles. Il s’agit d’un jeu de stratégie au tour par tour où les personnages étaient des NFT sur la blockchain Oasys. Ils pouvaient être vendus sur une place de marché dédiée.

Hélas, mille fois hélas, Ubisoft a annoncé sur le Discord du jeu la fermeture des serveurs pour le 30 octobre, comme le rapporte Kotaku. Ça sentait le sapin depuis fin mai, avec la fermeture du marketplace et de la « Forge », un système permettant de combiner plusieurs personnages NFT pour en générer un nouveau avec des caractéristiques différentes. Dans les faits, les fonctions Web3 avaient disparu du jeu.

Ubisoft a bien proposé une version free-to-play du jeu, Champions Tactics Reforged, lancée l’an dernier sur Steam, et qui n’intègre aucune fonction Web3. Mais le titre, dont la fiche est toujours présente dans la boutique, ne peut plus être téléchargé aujourd’hui. L’éditeur sera probablement le dernier à continuer d’y croire, car il a lancé fin 2024 Captain Laserhawk: The G.A.M.E. avec 10 000 cartes NFT. Hélas, les serveurs ont été débranchés au mois de juin.

Ubisoft a aussi publié en avril 2025 Might and Magic Fates, un jeu dans lequel certaines cartes peuvent devenir des objets échangeables sur une place de marché externe. En l’occurrence, celle du partenaire Immutable, une entreprise australienne spécialisée dans les technologies blockchain appliquées au jeu vidéo. Personne ne communique ouvertement sur les NFT du jeu par peur de stigmate, mais les conditions d’utilisation Web3 définissent ces objets numériques comme des « jetons non fongibles », ou NFT.

Il y a peu d’espoir que cela se termine bien pour ce jeu, malgré son ancrage dans l’univers de Might and Magic. On ne connait pas le nombre de joueurs sur Android et iOS, en revanche sur PC, il tourne autour d’une moyenne de 200 joueurs connectés simultanément selon SteamDB.

☕️ L’Éducation nationale s’est encore fait pirater, un nombre important d’agents concernés

3 août 2026 à 06:39


Vendredi, le ministère a reconnu « une intrusion frauduleuse dans l’un de ses systèmes d’information », qui « a pu conduire à l’exfiltration de données à caractère personnel concernant un nombre important de ses agents ».

C’est la troisième fois cette année, après l’intrusion sur le portail RH Compas en mars qui a exposé les informations de quelque 243 000 agents et stagiaires, ainsi qu’une cyberattaque contre ÉduConnect en avril. Dans ce cas, les élèves étaient visés avec leurs prénoms, noms, identifiants ÉduConnect, établissements, classes et emails.

Cette fois-ci, l’attaque a visé le service dédié à la formation des personnels. L’attaque s’est déroulée dans la nuit du 25 au 26 juillet 2026, avec l’usurpation d’un compte professionnel. Les cibles potentielles sont larges car elles concernent « les agents du ministère ayant exercé en académie depuis 2001 », soit il y a 25 ans tout de même.

Illustration : Flock

Dans le lot des données dérobées, des éléments d’identité et d’informations professionnelles (statut et fonctions) ainsi que, « pour une partie d’entre eux », les coordonnées postales, le numéro de téléphone ainsi que celui de sécurité sociale. Aucun détail n’est donné sur la volumétrie précise, tout juste savons-nous qu’il « s’agit entre autres d’enseignants » via une confirmation du ministère à l’AFP.

Le ministère annonce qu’une plainte a été déposée. L’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) et la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) ont été saisies. Bien évidemment, les « personnes susceptibles d’être concernées seront informées dans les meilleurs délais ». Pour rappel, la notification des personnes concernées est une obligation « en cas de risque élevé ».

Le ministère rappelle les règles élémentaires de prudence en matière de cybersécurité et notamment le risque de phishing avec des pirates qui tenteraient de se faire passer pour le ministère. Il met aussi en garde contre… l’usurpation d’identité, qui est justement en cause dans le cas présent.

☕️ SpaceXAI remplace les turbines à gaz de son datacenter Colossus par d’autres turbines à gaz

3 août 2026 à 05:56


SpaceXAI veut faire amende honorable auprès des résidents qui habitent non loin de Colossus. Les serveurs de l’énorme datacenter installé non loin de Memphis carburent actuellement avec des turbines à gaz bruyantes et polluantes ; elles vont être remplacées par une solution pérenne… à base de turbines à gaz.

Ouvert en septembre 2024, le datacenter Colossus de xAI (ou SpaceXAI maintenant) ne fait pas le bonheur des résidents de Southaven et des alentours. La ville, située au sud de Memphis (Mississippi), subit le boucan incessant des turbines à gaz, installées à proximité de l’infrastructure de manière temporaire. Au mois de juin, plusieurs habitants ont porté plainte contre l’entreprise en raison du bruit « omniprésent et impossible à éviter ». Ils comparent ce bruit à celui d’un moteur d’avion qui tourne jour et nuit.

Un enfer qui pourrait finalement prendre fin. SpaceXAI a en effet annoncé le retrait progressif des 69 turbines à partir du mois d’août. Elles auront toutes déguerpi d’ici juillet 2027, promet l’entreprise. En attendant la disparition de ces équipements, elle annonce en outre un investissement pour équiper les turbines de « technologies avancées de contrôle des émissions » : des dispositifs de réduction catalytique sélective transformeront « en toute sécurité » les oxydes d’azote en azote et en eau.

Ces turbines seront remplacées par une centrale électrique de 1,2 GW en cours de construction, qui fournira de l’énergie de façon permanente à Colossus. Une centrale qui sera équipée de… turbines à gaz fixes. La société a obtenu le permis en mars 2026, ce dernier ayant fait l’objet de « plus de sept mois d’examen réglementaire approfondi ». En parallèle, SpaceXAI affirme investir « plusieurs millions de dollars » dans des murs antibruit, des systèmes de silencieux et dans des turbines nouvelle génération moins bruyantes.

Il n’en reste pas moins que SpaceXAI, qui cherche à se faire passer pour un « bon voisin », remplace du gaz par du gaz. Voilà qui ne changera pas l’état d’esprit des opposants. La coalition du South Environmental Law Center, un groupement d’organisations de protection de l’environnement, avait dénoncé en avril 2025 les turbines à gaz de Colossus, qui « rejettent des polluants nocifs [dégradant] la qualité de l’air dans toute la région de Memphis et augmentent les risques d’asthme et d’autres maladies respiratoires (…) Les turbines émettent également des substances dangereuses comme le formaldéhyde, associé à certains types de cancers. »

Les turbines à gaz sont de toute manière devenues un nouveau petit boulot pour Elon Musk, qui a acquis APR Energy en mai dernier, pour 1 milliard de dollars. Un chèque signé en toute discrétion pour cette entreprise qui opère une flotte de turbines à gaz et diesel montées sur remorques, qu’il est donc possible d’installer très rapidement sur site.

Reçu — 1 août 2026 Next - Articles gratuits

Quand le RGB s’emballe, il faut sortir le marteau : aidez ce pauvre Simon à réparer un PC !

1 août 2026 à 11:37

Quand le RGB s’emballe, il faut sortir le marteau : aidez ce pauvre Simon à réparer un PC !

Cet été, Next vous propose des mini-jeux. Aujourd’hui, vous devez aider un technicien à réparer un PC. Problème, le système RGB (oui, c’est un Jacky PC…) fait des siennes et s’allume par intermittence. Seule solution, utiliser le marteau pour éteindre les éléments récalcitrants.

Halalala… qui n’a jamais eu la mauvaise surprise de voir un ordinateur refuser de démarrer à cause d’un mauvais branchement ? Ou bien de faire planter Windows car le ventilateur du radiateur du processeur ou de la mémoire n’était pas alimenté… contrairement aux LED RVB trop kikoolol qui lui explosent les rétines !

Simon, notre technicien informatique du jour, est dans cette situation. Aidez-le, vite ! Il parait qu’après une douzaine de niveaux passés, vous avez droit à une surprise. Les « prouveurs » tenteront de finir le jeu en mode niveau infini. Bon courage !

Les dessins sont de Flock et la partie interactive développée avec une IA générative. Vous pouvez également facilement jouer sur mobile, avec votre doigt.

Reçu — 31 juillet 2026 Next - Articles gratuits

☕️ [MàJ] Google Earth ne permet plus d’ajouter ce qui n’existe pas

31 juillet 2026 à 13:12


Mise à jour, 21 h – Les blagues les meilleures sont les plus courtes. Google a annoncé la suspension de l’outil de génération d’images par IA dans Google Earth, après avoir constaté que « certaines personnes partageaient des captures d’écran d’images générées qui semblaient enfreindre nos règles ». Tiens donc. La fonction pourrait revenir, mais avec des garde-fous « plus solides ».

Article original – Google a eu une drôle d’idée : intégrer Nano Banana 2, son modèle IA de génération d’images, dans Google Earth. Il devient maintenant possible d’« améliorer » des éléments présents dans les images satellites, de générer de nouveaux bâtiments, et même d’intégrer des objets qui n’ont rien à voir avec la réalité.

L’IA générative peut nous aider à vivre une autre vie, plus riche, plus amusante, mais aussi complètement fausse. Google Earth permet désormais de transformer le monde selon ses humeurs : un nouvel outil de génération d’images alimenté par Nano Banana 2 offre enfin la possibilité d’intégrer n’importe quoi sur la planète. Godzilla à côté de la Tour Eiffel ? Et pourquoi pas : il suffit de saisir la requête et bim.

Je le voyais plus grand.

Les petits plaisantins vont bien s’amuser à faire n’importe quoi, mais cette nouvelle fonction pourrait aussi avoir des répercussions autrement plus sérieuses qu’un sourire. L’auteur Henk van Ess a eu l’idée d’insérer une centrale nucléaire en Iran, des réfugiés à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, un hôpital à côté d’un cratère provoqué par une bombe dans la bande de Gaza. Des événements et des objets complètement fictifs, crédibilisés par le rendu photoréaliste du modèle IA. À deux doigts de se demander si les États-Unis n’ont pas eu un accès anticipé

On est loin de l’aspect ludique vanté par Google dans la présentation de la nouveauté (« Parfois, il est amusant de laisser libre cours à son imagination », écrit le groupe). Ces images trafiquées pourraient servir dans des campagnes de désinformation, fabriquer de prétendues « preuves » ou simplement semer le doute sur des événements réels. Google Earth ne montre plus le monde tel qu’il est (ou a été), mais aussi tel qu’un utilisateur voudrait le faire croire.

Google se défend auprès d’Henk van Ess, en affirmant prendre la désinformation « très au sérieux » et rappelle que les images générées par Nano Banana dans Google Earth intègre un filigrane SynthID. Il est possible d’interroger Gemini ou d’utiliser Google Lens pour vérifier si une image a été produite par une IA. Une procédure encore peu connue, qui n’empêchera pas les prophètes de malheur de remodeler le monde selon leurs obsessions.

L’entreprise assure également bloquer les requêtes jugées dangereuses, ce qui n’a pas empêché van Ness de générer un accident de voiture dans une rue d’Amsterdam, ni ses autres prompts.

Seagate va expédier des disques durs de 50 To dès 2027

31 juillet 2026 à 09:25
Bientôt au Ministère ?
Seagate va expédier des disques durs de 50 To dès 2027

Tout roule pour Seagate, qui voit ses bénéfices et sa marge brute augmenter fortement. Le fabricant de disques durs en profite pour parler de son avenir avec des HDD de 50 To et plus dès l‘année prochaine, dans la gamme Mozaic 5.

Seagate vient de publier son bilan financier pour le quatrième et dernier trimestre de son exercice financier 2026. L’entreprise voit ses revenus trimestriels augmenter de 50 % et de 34 % sur un an. Le bénéfice net suit la même tendance avec 3,184 milliards de dollars en 2026, contre 1,469 milliard en 2025.

La pénurie et la hausse des prix n’ont pas les mêmes conséquences pour tout le monde… comme en témoigne aussi la marge brute, passée de 35,2 % à 45,6 % en un an. Seagate se réjouit aussi d’avoir « terminé son année fiscale 2026 dans les délais prévus concernant la montée en puissance des produits basés sur la technologie HAMR ».

HAMR, pour Heat Assisted Magnetic Recording, est une technologie qui utilise un faisceau laser pour atteindre localement une température de plusieurs centaines de °C (Seagate parle de 425 °C) afin de polariser un grain magnétique et ainsi stocker un bit d’information. Il y a deux ans, Seagate affirmait que la fiabilité avait été améliorée et qu’elle était alors au « même niveau que les disques durs PMR [Perpendicular Magnetic Recording, ndlr] traditionnels ».

Mozaic 3, 4 et maintenant 5 avec 50 To et plus

Chez Seagate, la gamme HAMR se décline dans les disques durs Mozaic. La première génération était Mozaic 3 avec des HDD de 3,5 pouces de 30 To et plus. Le constructeur affirme que les produits de cette gamme sont désormais « qualifiés et opérationnels en environnement de production chez tous les principaux clients cloud ». Fin 2025, ils n’étaient « que » cinq.

La deuxième génération, Mozaic 4 (avec des expéditions en volume depuis mars 2026) avec des disques durs jusqu’à 44 To, « continue sa montée en puissance chez les deux plus grands fournisseurs de cloud mondiaux, et des qualifications supplémentaires auprès d’autres clients sont en cours ». Fin 2025, seuls deux fournisseurs majeurs du cloud avaient qualifié les disques durs Mozaic 4.

Seagate prévoit qu’à la fin de l’année 2026 (civile cette fois-ci), 50 % des exaoctets produits dans la gamme HAMR viendront de la série des HDD Mozaic 4, qui rencontre au passage un « franc succès », affirme David Mosley, directeur général de Seagate.

Mais l’entreprise en profite surtout pour parler de l’avenir avec Mozaic 5 et donc des disques durs de 50 To et plus – avec des plateaux de 5 To et 10 plateaux par disque. Elle prévoit des « livraisons de qualification à la fin de l’année calendaire 2027 ».

Le fabricant explique que, dans les disques durs actuellement vendus, l’augmentation des capacités ne vient pas seulement d’une multiplication du nombre d’unités, mais d’une meilleure densité : « Si vous prenez l’année dernière, et que vous regardez le nombre de plateaux et de têtes à l’intérieur du HDD, nous avons probablement progressé de 15 à 20 %, alors que le nombre d’unités est resté absolument stable ».

De manière générale, la moyenne des disques durs s’approche de plus en plus de 10 plateaux par HDD (et donc 20 têtes de lecture/écriture). Seagate reste pour le moment à 10 plateaux maximum, là où ses concurrents vont plus loin : Western Digital est monté à 11, puis Toshiba à 12 plateaux. Il est de plus en plus complexe d’en ajouter car les dimensions du 3,5 pouces sont contraintes si l’on veut rester dans le format classique.

69, 100 et 150 To en ligne de mire

Et ce n’est pas encore la fin de l’augmentation des capacités, loin de là. Fin 2025, Seagate annonçait avoir atteint une capacité de 6,9 To par plateau dans ses laboratoires, soit 69 To dans un seul disque dur avec 10 plateaux.

À l’horizon 2032, Seagate prévoit de passer à 10 To et donc à des disques durs de 100 To. Le fabricant affirme avoir « des idées pour maximiser la capacité de densité surfacique du HAMR à 10 To/disque et au-delà, y compris de nouvelles architectures système et conceptions de lecteurs ». 150 To et plus sont déjà évoqués.

Le 2 août, l’AI Act avance et recule à la fois

31 juillet 2026 à 06:58
Comment veux-tu, comment veux-tu
Le 2 août, l’AI Act avance et recule à la fois

Les premières mesures de l’AI Act sont en application depuis février 2025, mais bon nombre de dispositifs restent à mettre en route. Une révision ciblée de la réglementation européenne sur l’intelligence artificielle, entrée en vigueur le 27 juillet, sera effective cette fin de semaine. Elle confère à la Commission de nouveaux pouvoirs de surveillance, injecte de la transparence dans les contenus générés par IA, tout en arrondissant les angles avec les industriels.

À partir de ce dimanche 2 août, une portion importante de l’AI Act va être appliquée. Un des aspects les plus significatifs de cet omnibus de « simplification » — le règlement UE 2026/1744 modifiant l’AI Act (PDF) – concerne directement la Commission européenne. Bruxelles, ou plutôt le Bureau européen de l’IA, va en effet gagner de nouveaux pouvoirs directs de surveillance, d’enquête et de sanction.

De nouveaux pouvoirs pour Bruxelles

La Commission devient l’autorité de surveillance du marché compétente quand un système d’IA constitue lui-même une très grande plateforme en ligne (VLOP) ou un très grand moteur de recherche (VLOSE), au sens du règlement sur les services numériques (DSA), ou si ce système est intégré à l’un de ces services.

Concrètement, les fonctions d’IA proposées par les VLOP et VLOSE épinglées au DSA relèveront directement de la surveillance de la Commission. Elle peut superviser autant le modèle que le système qui l’exploite, même s’ils sont développés par des entités juridiques différentes du même groupe.

Le texte ne donne pas d’exemple précis, mais on peut penser à Gemini dans la recherche de Google, ou encore l’assistant Meta AI dans Instagram et Facebook ; la Commission pourra donc superviser directement ces fonctions au titre de l’AI Act, en plus des pouvoirs déjà exercés sur Google et sur Meta dans le cadre du DSA.

Sursis pour les systèmes à haut risque

Sur un plan moins institutionnel, l’omnibus confirme également le report de la mise en œuvre des obligations concernant les systèmes d’IA à haut risque. L’application des règles pour les usages à haut risque recensés dans l’annexe III (recrutement, éducation, accès à certains services essentiels, maintien de l’ordre, migration, justice, etc.) est repoussée au 2 décembre 2027, soit un délai supplémentaire de 16 mois. La précédente date avait été fixée à ce dimanche 2 août.

Pour les produits réglementés ou les composants de sécurité d’un produit (dispositifs médicaux, équipements industriels, ascenseurs, jouets…), les règles s’appliqueront au 2 août 2028. Autrement dit, les obligations de gestion des risques, de qualité des données, de documentation technique, de journalisation, de supervision humaine, de robustesse et d’évaluation de conformité sont reportées.

En mai dernier, pour expliquer cette reculade, la Commission avait avancé que ce nouvel échéancier permettrait de s’assurer que « les normes techniques et les autres outils d’accompagnement seront en place avant l’entrée en application des règles ». Bruxelles avait fait l’objet d’un lobbying intense de la part de nombreux industriels et représentants du secteur pour assouplir le calendrier.

Plus de transparence à venir

À compter de ce dimanche, l’AI Act active les mesures inscrites dans l’article 50 du texte : les obligations de transparence. C’est un gros morceau qui devrait concrétiser le règlement aux yeux des utilisateurs, puisqu’ils devront en principe être avertis lors d’une interaction avec une IA (sauf quand elle est évidente).

Comme nous l’avions cela dit déjà souligné dans un précédent article, cette obligation de transparence prévue à l’article 50 ne s’applique pas « lorsque le contenu généré par l’IA a fait l’objet d’un examen humain ou d’un contrôle éditorial et qu’une personne physique ou morale assume la responsabilité éditoriale de la publication dudit contenu ».

Il suffira donc aux sites d’infos générés par IA de disposer d’un directeur de la publication, et de prétendre que leurs articles ont été supervisés par un humain, pour ne pas avoir à être transparents quant à leur recours à l’IA générative.

Les déployeurs – médias, agences, partis politiques… – devront signaler les deepfakes. Les textes générés ou manipulés par l’IA concernant des sujets d’intérêt général devront également être signalés comme tels. Les personnes exposées à un système de reconnaissance des émotions ou de catégorisation biométrique devront en être informées. Les fournisseurs d’IA générative devront également intégrer un marquage technique de détection des images, sons, vidéos ou textes générés ou manipulés par IA.

On ne risque cependant pas de voir tout cela dès la fin de la semaine : l’omnibus précise que les systèmes commercialisés avant le 2 août bénéficient d’un sursis de 4 mois pour respecter les obligations de marquage technique (soit jusqu’au 2 décembre).

L’omnibus contient aussi une mesure d’interdiction des systèmes de « nudification » sans consentement et de génération de contenus relatifs à des abus sexuels sur enfants. Elle aussi n’entrera en vigueur que le 2 décembre finalement. Peut-être entendra-t-on alors SpaceXAI venir se plaindre que l’Europe musèle la liberté d’expression de Grok.

Chrome va recevoir deux mises à jour de sécurité par semaine

31 juillet 2026 à 06:15
Sans redémarrer à tout bout de champ
Chrome va recevoir deux mises à jour de sécurité par semaine

Les mises à jour de sécurité vont s’accélérer pour Chrome, grâce à l’IA qui mange des bugs et des vulnérabilités au petit déjeuner. Google a annoncé d’importants changements pour son navigateur web, à commencer par la livraison de deux fournées de correctifs chaque semaine, au lieu d’une. L’entreprise planche aussi sur un système permettant à Chrome de se mettre à jour sans redémarrage.

L’IA générative fait manifestement des miracles pour au moins une chose : trouver des bugs et des failles de sécurité dans le code. Les mises à jour de logiciels comptent de plus en plus de correctifs, comme on l’a vu récemment chez Apple (avec iOS 26.6 et macOS 26.6) et chez Microsoft (avec Windows 11). C’est le cas aussi des navigateurs web.

Chrome corrigé en continu

Mozilla a tressé des lauriers aux modèles IA pour leur capacité à débusquer des vulnérabilités dans Firefox. Google en fait désormais de même dans ce billet où l’on apprend que les versions 149 et 150 de Chrome ont bouché rien moins que 1 072 failles de sécurité, soit davantage que les 23 versions précédentes majeures du logiciel (!).

Ces volumes impressionnants sont dictés par la nécessité : si les défenseurs bénéficient des capacités de l’IA pour détecter des bugs, c’est le cas aussi des attaquants. Il ne suffit donc plus de trouver les failles et de les corriger : il faut aussi acheminer les correctifs jusqu’aux utilisateurs avant que les adversaires ne prennent les devants.

Les correctifs sont d’abord intégrés à la branche principale de Chromium, ils deviennent donc visibles dans le code source public. En suivant le cycle normal de développement, ces correctifs peuvent mettre plusieurs semaines à arriver dans la version stable de Chrome. Durant ce délai, des attaquants peuvent analyser le code public et tenter de l’exploiter, c’est le « patch gap ».

Pour réduire ce délai, Google peut extraire un correctif de la branche principale pour le réintégrer directement dans la branche de la version stable du navigateur. Le correctif n’attend donc pas nécessairement la prochaine grande révision, il peut être distribué dans une mise à jour intermédiaire. La procédure dépend en fait de la gravité de la faille.

À partir de la version 153 de Chrome (le 8 septembre), Google va mettre en ligne des versions majeures de son navigateur toutes les deux semaines – à l’image d’Edge, au passage –, entrecoupées par une livraison de correctifs hebdomadaire. Sans attendre, l’entreprise annonce déjà son intention de fournir deux mises à jour de sécurité chaque semaine, afin de raccourcir le délai pour les correctifs urgents.

Tout ça c’est bien gentil, mais encore faut-il que l’utilisateur redémarre Chrome pour installer les mises à jour… Ce dernier a « des raisons tout à fait compréhensibles de repousser le redémarrage de Chrome », convient Google. Le processus peut en effet interrompre un travail en cours, il doit être effectué entre deux tâches, et il « constitue rarement une priorité immédiate ».

Le circuit classique d’un bug dans Chrome. Image : Google

C’est la raison pour laquelle Google développe un système de « correctif dynamique » qui mettra à jour le logiciel sans le redémarrer complètement. « Chrome pourra remplacer à la volée, l’un après l’autre, certains processus d’arrière-plan – comme ceux chargés du rendu ou du processeur graphique – par leurs versions mises à jour », détaille l’entreprise. Elle étudie également les moyens de restaurer les sessions de manière « parfaitement transparente », y compris dans les cas les plus complexes en enregistrant plus d’informations en local.

Google cherche également à repérer les moments les plus appropriés pour redémarrer Chrome. La version 150 du navigateur pour macOS tire ainsi profit d’une particularité du système d’exploitation : les logiciels continuent de tourner en tâche de fond même après la fermeture de toutes leurs fenêtres. Quand une mise à jour de Chrome est en attente alors qu’aucune fenêtre n’est ouverte, il redémarre automatiquement.

Gemini part à la chasse aux failles

Dans son billet, Google détaille son utilisation de l’IA pour la détection des bugs. En début d’année, l’entreprise a développé un harnais d’agents IA basés sur Gemini… avec une découverte surprise à la clé : une vulnérabilité permettant à un moteur de rendu compromis de sortir du bac à sable de Chrome pour lui faire lire des fichiers locaux. Cela faisait 13 ans qu’elle était présente dans le code.

Depuis, Google a ajouté à son arsenal le support d’autres modèles, aussi bien propriétaires qu’à poids ouverts. Le tout s’est déroulé dans des conditions de sécurité strictes pour éviter que les agents n’aillent faire les zazous sur internet. Il analyse uniquement le code source au repos, sur des machines dépourvues d’accès à internet, dans un environnement dédié à ce type d’analyses. Des limites sont également mises en place pour les modifications du système en local et l’accès à des fichiers hors des répertoires autorisés.

La détection de failles avec l’IA complète les systèmes plus traditionnels comme le fuzzing, qui consiste à bombarder un logiciel de données inattendues pour provoquer des erreurs. Cette technique reste très efficace pour repérer des bugs liés à des interactions complexes entre différentes parties du code, ou à une combinaison d’opérations apparemment sans rapport.

Et bien sûr, le bug bounty de Chrome est toujours en place pour récompenser les trouvailles des chercheurs en sécurité. Google a d’ailleurs relevé une hausse des rapports de bugs dans toutes les catégories : au mois de mars, la société en a reçu davantage que durant tout 2025.

La détection des failles est une chose, les trier en fonction de leur gravité et les corriger en sont d’autres. Là aussi, l’IA est mise à contribution, d’abord pour distinguer le bon grain de l’ivraie. Là où l’examen d’un rapport demandait auparavant de 5 à 30 minutes (ou plus encore selon la complexité), le système filtre les doublons et les signalements qui ne présentent aucun intérêt. Il tente ensuite de reproduire les bugs, ajoute des informations (gravité, date d’apparition), puis les transmet automatiquement à l’équipe concernée.

Google estime que ce dispositif fait gagner « plusieurs centaines d’heures de travail chaque mois ». Quant à la production des correctifs, elle est également automatisée par IA. Des agents planchent sur les solutions possibles, tandis qu’un autre les « évalue » façon revue de code. D’autres rédigent et vérifient les tests sur les différentes plateformes prises en charge par Chrome. Les développeurs gardent la main sur le résultat final, mais selon les estimations de Google, ces outils font gagner « jusqu’à plusieurs semaines ».

Des résultats spectaculaires donc, et qui peuvent effrayer avec ce nombre de correctifs très élevé. Google se veut rassurante : « L’augmentation du nombre de bugs découverts et corrigés n’est pas un signe d’échec. Chaque faille supprimée prive les attaquants d’un point d’appui supplémentaire ». Sa vision à long terme est un Chrome protégé en permanence, « sans perturber l’utilisateur ».

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