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Pixel 11 : Google augmente les prix et ajoute une petite LED pour Gemini

12 août 2026 à 15:49
Google lance un mouchard
Pixel 11 : Google augmente les prix et ajoute une petite LED pour Gemini

Comme depuis quelques années maintenant, Google révèle au cœur de l’été sa nouvelle gamme Pixel. Au menu de la fournée 2026 : de nouveaux smartphones et montres connectées, mais aussi un rival direct à l’AirTag d’Apple.

On ne change pas une équipe qui gagne : Google n’a pas forcé son talent avec la nouvelle gamme Pixel 11 qui ressemble fort à la précédente génération. Le constructeur a toutefois intégré une petite nouveauté matérielle baptisée HiLight, réservée aux modèles Pro (Pixel 11 Pro, Pro XL et Pro Fold). Il s’agit d’un anneau de LED RVB intégré au module flash au dos des smartphones ; il s’illumine discrètement quand un contact préféré appelle (cela fonctionne aussi avec WhatsApp), ou lors d’une discussion avec Gemini.

HiLight est encore très limité, les autres applications ne peuvent pas l’utiliser pour envoyer des alertes lumineuses. Google n’a pas indiqué s’il comptait ouvrir cette diode à d’autres éditeurs. Sur le plan matériel, tous les modèles fonctionnent avec une nouvelle puce Tensor G6 doublée d’une puce de sécurité Titan M3 censée offrir une « sécurité proactive » grâce à la cryptographie post-quantique de Google.

La principale amélioration concerne le traitement IA en local. Le constructeur annonce un gain de performance TPU de 50 % par rapport au Tensor G5 pour des fonctions Gemini d’assistance proactive et pour la traduction en temps réel. La puce est également mise à contribution pour des fonctions photos de nuit et le zoom numérique. Les détails techniques sur la Tensor G6 sont très maigres, mais selon les fuites recensées par ArsTechnica, la puce compterait sept cœurs Arm custom… soit un de moins que la Tensor G5.

Le processeur de la puce se veut 25 % plus rapide pour la navigation web et jusqu’à 20 % d’efficacité énergétique. C’est une bonne nouvelle, sachant que les capacités des batteries des nouveaux smartphones sont moins importantes que chez leurs prédécesseurs, d’environ 100 mAh. Le Pixel 11 Pro Fold laisse même 200 mAh sur le carreau. Ça n’empêche pas Google d’assurer que ses appareils sont capables de tenir plus de 30 heures sur une seule charge (24 heures pour le pliant).

Google met chaque année le paquet sur les capacités photo de ses smartphones, même s’il y a un très gros travail d’optimisation et d’amélioration logicielle et par IA derrière chaque image. Les Pixel 11 et Pro Fold intègrent un nouveau capteur de 48 mégapixels qui capture davantage de lumière. Ces modèles peuvent aussi zoomer numériquement jusqu’à x30 ; jusqu’à x120 sur les versions Pro et Pro XL, qui bénéficient en outre d’un capteur principal de 50 mpx avec une plus grande ouverture encore.

Image : Google

En matière d’autonomie, une nouveauté est à noter : le mode Extreme Charging qui permet de remplumer 75 % de batterie en 30 minutes, en filaire avec le chargeur 45W de Google (pas fourni). Le mode suspend l’activité en arrière-plan ainsi que les applications non essentielles. La recharge sans fil est aussi disponible via le nouveau chargeur Pixelsnap (Qi2 25W), elle est plus rapide de 29 %.

Les écrans affichent une luminosité maximale 3 600 nits, exception faite du Pixel 11 de base qui se contente de 3 000 nits. Autre curiosité de la gamme : si ce modèle n’embarque toujours que 12 Go de mémoire (c’était déjà le cas du Pixel 10), les Pixel 11 Pro et Pro XL sont eux aussi proposés avec cette dotation dans leur version de base, avec 256 Go de stockage. Le Pixel 10 Pro de l’an dernier emportait 16 Go de base. Pour avoir plus de RAM, il faut s’offrir l’option à 512 Go de stockage, évidemment plus chère.

Un porte-parole de Google a expliqué à Engadget que « l’industrie tech traverse une grave pénurie de RAM provoquée par les fournisseurs » – sans préciser que l’entreprise fait partie du problème – « et nous avons dû ajuster les prix des Pixel 11 ainsi que leurs configurations de mémoire vive afin d’en atténuer les effets tout en offrant le maximum de valeur à nos clients ». Il ajoute : « grâce aux optimisations logicielles et matérielles, vous pouvez vous attendre à des performances plus rapides et plus fluides sur les modèles Pro de cette année par rapport aux versions comparables de l’an dernier équipées de 256 Go de stockage SSD. »

Ce qui nous emmène logiquement vers les prix, qui globalement sont 100 euros plus élevés que pour la gamme 2025. Mais Google rattrape un peu le coup en doublant le stockage de base pour les Pixel 10 et 10 Pro (mais pas le XL), qui embarquaient par défaut 128 Go.

  • Pixel 11 : à partir de 999 euros avec 256 Go de stockage et 12 Go de RAM (1 129 euros avec 512 Go/12 Go)
  • Pixel 11 Pro : à partir de 1 199 euros 256/12 (1 329 euros avec 512 Go/16, 1 589 euros avec 1 To/16)
  • Pixel 11 Pro XL : à partir de 1 399 euros 256/12 (1 529 euros avec 512 Go/16, 1 789 euros avec 1 To/16)
  • Pixel 11 Pro Fold : à partir de 1 999 euros 256/16 (2 129 euros avec 512 Go/16, 2 289 euros avec 1 To/16)

Ces smartphones auront droit à 7 ans de mises à jour Android.

Google a également levé le voile sur la Pixel Watch 5, qui ne réinvente pas la roue. On garde les mêmes et on recommence, ou presque, avec des tailles de boîtiers similaires (41 et 45 mm). La puce, une Qualcomm Snapdragon W5 Gen 2 Accelerated, est 20 % plus rapide que le modèle de l’an dernier. Le GPS s’améliore également, en particulier dans les zones urbaines denses. Il n’y a pas de nouveau capteur santé, néanmoins la montre peut mesurer plus de 50 types d’entraînements. Les tarifs débutent à 419 euros.

Image : Google

Enfin, la petite (littéralement) nouveauté du jour est un traqueur, le Pixel Tag, qui vient marcher directement sur les platebandes de l’AirTag d’Apple. L’objet, dont la commercialisation (29 dollars l’unité) est prévue pour novembre, s’appuie sur le réseau Localiser de Google, qui compte plus d’un milliard d’appareils dans le monde. La puce Ultra-Wideband des smartphones leur permettra de localiser précisément un mouchard.

Baroud d’honneur pour Bloctel, avec la fuite de 600 000 numéros opposés au démarchage

12 août 2026 à 15:01
Quand l’open source va trop loin…
Baroud d’honneur pour Bloctel, avec la fuite de 600 000 numéros opposés au démarchage

Bloctel devait protéger les utilisateurs opposés au démarchage téléphonique… mais ce n’était pas un franc succès. Bloctel a tiré officiellement sa révérence le 11 août, non sans un dernier fait d’arme : « Un accès frauduleux à un compte professionnel a permis à un cybercriminel de récupérer des fichiers contenant 3 millions de numéros de téléphone, dont 600 000 inscrits sur Bloctel ».

Un email envoyé aux utilisateurs, dont nous pouvons confirmer l’authenticité

Un des utilisateurs du service, Gauthier Huguenin, nous a transféré le message que Bloctel a envoyé. Nous avons ainsi pu vérifier son authenticité : il a bien été envoyé depuis un serveur autorisé par le domaine bloctel.gouv.fr et porte une signature cryptographique valide, comme en attestent les contrôles DKIM, SPF et DMARC.

Celui-ci évoque l’usurpation d’« un compte professionnel utilisateur du service » par «un tiers non autorisé » pour « accéder à ce compte et télécharger des fichiers échangés avec le service Bloctel ».

Deux fichiers sont listés : l’un « contenant des numéros de téléphone émanant du professionnel utilisateur du service » et l’autre est celui « restitué après vérification auprès de la liste d’opposition au démarchage téléphonique Bloctel ». En comparant les deux fichiers, on peut certainement en déduire les numéros inscrits sur Bloctel (qui ont donc disparu de la seconde liste).

Bloctel assure à ses utilisateurs à qui il a envoyé l’email que leur numéro de téléphone est la seule donnée concernée par l’incident. Mais couplée au fait qu’il appartient à une liste d’opposition à tout démarchage téléphonique, cela augmente un peu l’intérêt de cette donnée.

Dans son mail, le service affirme avoir bloqué le compte en question dès confirmation du piratage et avoir mené une investigation pour circonscrire le problème. Comme nécessaire à chaque fuite de données, Bloctel explique avoir notifié l’incident à la CNIL.

Le pirate repart avec 3 millions de numéros, dont 600 000 inscrits sur Bloctel

La revendication du piratage avait déjà été relayée par FrenchBreaches depuis quelques jours sans confirmation. La liste de plus de 3 millions de numéros de téléphone est revendiquée sans que ce chiffre soit officiel. La DGCCRF est venue clarifier la situation avec un communiqué :

« Un accès frauduleux à un compte professionnel a permis à un cybercriminel de récupérer des fichiers contenant 3 millions de numéros de téléphone, dont 600 000 inscrits sur Bloctel ». La répression des fraudes confirme que « seuls des numéros de téléphone ont été exposés, sans aucune autre donnée personnelle (nom, adresse, etc.) ». Elle ajoute que « la base de données Bloctel elle-même n’a pas été compromise ».

☕️ Gemini dans le club très fermé des services Google au milliard d’utilisateurs

12 août 2026 à 14:47


Google peut s’enorgueillir de compter dans son catalogue 14 services et produits qui dépassent le milliard d’utilisateurs : Gemini fait désormais partie de ce club, comme s’en réjouit Sundar Pichai, le directeur général d’Alphabet et de Google. Le dirigeant parle de l’application Gemini, ce qui exclut les utilisateurs qui se servent de cette IA ailleurs (Google a pris l’habitude d’insérer Gemini partout où c’est possible, parfois au chausse-pied).

La performance est quand même à relativiser, sachant que l’app Gemini est préinstallée sur les smartphones Android. Évidemment, c’est un sérieux avantage qui aide à recruter des utilisateurs. Josh Woodward, le chef de Gemini, confirme qu’Android est la plateforme dominante et de loin, puisque Gemini compte plus de 100 millions d’utilisateurs sur iOS.

Il donne aussi quelques précisions et statistiques d’usage sur Gemini. En vrac : les utilisateurs avancés sur macOS envoient des requêtes deux fois plus souvent que les utilisateurs d’autres plateformes, 63 % des utilisateurs parlent à Gemini, l’IA génère plus de 150 millions d’images chaque jour, elle peut automatiser des actions dans une quarantaine d’apps.

Image : Google

En ce qui concerne les 13 autres produits qui dépassent le milliard d’utilisateurs, ils avaient été révélés durant l’édition 2026 de la Google I/O en mai dernier. Il s’agit de la recherche Google, Gmail, Google Drive, Chrome, Google Maps, Google Play, Google Calendar, Google Photos, Android, Google Discover, Google Lens, YouTube et Google Messages.

Gemini n’est pas la seule application IA qui ait atteint ce seuil psychologique. OpenAI a révélé au détour d’un billet de blog posté le 6 août que ChatGPT dépassait également le milliard d’utilisateurs. Comme l’indique The Verge, le chatbot aurait en fait franchi cette étape dès le mois de juin.

☕️ Addiction aux réseaux sociaux : Meta et TikTok sous la menace de milliers de plaintes

12 août 2026 à 13:49


Meta, TikTok, mais aussi Google et Snap devront faire face aux nombreuses plaintes qui visent leurs plateformes et l’addiction qu’elles provoquent chez les plus jeunes. Une cour d’appel a en effet rejeté les arguments de Meta et de TikTok qui ne voulaient pas attendre les jugements des procès avant de faire appel.

Plus de 3 000 plaintes déposées aux États-Unis contre le caractère addictif supposé des réseaux sociaux peuvent poursuivre leur chemin judiciaire. Meta et TikTok avaient essayé d’obtenir de la cour d’appel fédérale du 9e circuit, basée à San Francisco, qu’elle examine dès à présent leur argument fondé sur la fameuse Section 230 du Communications Decency Act, une loi américaine qui protège les plateformes contre les actions à leur encontre basées sur les contenus publiés par leurs utilisateurs.

Peine perdue : la cour d’appel estime dans son jugement (PDF) que la Section 230 offre seulement une défense contre une éventuelle responsabilité, et non une immunité contre les poursuites elles-mêmes ; elle n’a donc pas compétence pour examiner l’appel à ce stade. Cela ne veut pas dire que les plateformes ne pourront pas invoquer la Section 230 durant les procès.

Meta ne peut pas non plus échapper au procès qui débutera ce mercredi 12 août à Oakland, en Californie (avec la sélection des jurés). La cour d’appel a rejeté la demande de l’entreprise de suspendre le procès durant la procédure d’appel, relève Reuters.

Une coalition de procureurs généraux d’États américains accuse Meta d’avoir conçu Facebook et Instagram pour favoriser l’addiction chez les utilisateurs mineurs et d’enfreindre la loi fédérale sur la protection des données des enfants.

Le tout intervient quelques jours après une nouvelle condamnation de Meta par un tribunal du Nouveau-Mexique. En tout, le groupe est sanctionné à hauteur de 942 millions de dollars, avec plusieurs obligations pour améliorer les outils de protection des plus jeunes.

Le mois dernier, Meta indiquait au tribunal d’Oakland que la procédure engagée par les procureurs généraux pourrait représenter jusqu’à 1 400 milliards de dollars en réparations financières potentielles. Ces mêmes procureurs affirment (PDF) que les inquiétudes du géant des réseaux sociaux « sonnent creux » au regard des preuves qu’ils entendent présenter au procès. Ils veulent démontrer que Meta a trompé le public sur la sécurité de Facebook et Instagram, tout en développant des plateformes pour provoquer un usage compulsif et ainsi augmenter les revenus publicitaires.

Une décision de la cour d’appel en faveur de Meta et de TikTok aurait probablement aussi aidé Google et Snap, qui font partie des défendeurs dans cette vaste procédure.

☕️ Flockerie d’été ?? : pas facile de se comprendre avec le choc des générations

12 août 2026 à 11:37


Cet été, Next propose de vous divertir avec un cahier de vacances spécial geek. On vous a préparé des mini-jeux pour vous occuper sur la plage, à la montagne, en voyage… Cerise sur le gâteau, il y a des cadeaux à gagner.

Deux fois par semaine, on se donne rendez-vous pour s’amuser et/ou agiter ses méninges. La liste de tous nos jeux de l’été 2026 est disponible sur cette page, complétée au fur et à mesure des publications.

C’est pas toujours facile de se comprendre entre les générations, surtout quand il y en a plusieurs d’écarts. Un exemple, avec le discours ci-dessous… que peuvent-ils se dire ? Le vieux propose-t-il une partie de petits chevaux avant d’aller chercher des œufs dans le poulailler et de scier un peu de bois ? Le jeune préférait la course d’obstacles et passer un peu de temps à la place ? Rien de tout cela…

Anthropic va tatouer les textes et les images générés par Claude

12 août 2026 à 07:52
Inked
Anthropic va tatouer les textes et les images générés par Claude

Anthropic va appliquer des watermarks sur les contenus générés par Claude, ce qui permettra de les repérer plus facilement. Cet engagement est aussi une obligation réglementaire en vertu de l’AI Act européen.

Depuis le 2 août dans l’UE, les fournisseurs d’IA générative doivent intégrer un marquage technique de détection dans les images, les sons, les vidéos ou les textes générés ou manipulés par IA. C’est le sens de l’article 50 de l’AI Act. Il y a des exceptions importantes : quand le contenu généré par IA a fait l’objet d’un examen humain ou d’un contrôle éditorial, le tatouage n’est pas nécessaire.

Cette obligation ne concerne aussi que les modèles d’IA commercialisés après la date du 2 août ; pour les modèles déjà disponibles, un sursis de 4 mois – jusqu’au 2 décembre – a été accordé. Mais, quoi qu’il en soit, les fournisseurs d’IA doivent plancher sur des systèmes de marquage des contenus générés par leurs services.

Un double dispositif de marquage

Anthropic a dévoilé son plan de match, en tant que fournisseur et comme signataire du code de pratique sur la transparence des contenus générés par IA. L’adhésion à ce code est volontaire, mais de toute manière les exigences de transparence prévues à l’article 50 constituent des obligations légales.

Deux mécanismes sont mis en œuvre sur les modèles lancés après le 2 août (Anthropic indique travailler sur un watermark pour les contenus générés avec les modèles disponibles avant cette date). Le premier concerne le texte, qui contient une marque statistique invisible. Elle ne se voit pas à la lecture, elle ne change pas le sens du texte, et elle reste intégrée au texte ; par conséquent, un copier/coller conservera la marque.

Le deuxième dispositif touche les fichiers générés ou traités par Claude, comme les images au format SVG, PNG ou JPG. Le modèle ajoute des métadonnées de provenance signées selon le standard ouvert Content Credentials de la C2PA (Coalition for Content Provenance and Authenticity). Si de telles métadonnées sont présentes dans un fichier, cela signifie qu’il a été traité par Claude.

Google utilise de son côté SynthID, un filigrane invisible développé par DeepMind. Ce signal est directement intégré dans le contenu, ce n’est pas une métadonnée. Par conséquent, il est possible de combiner SynthID avec Content Credentials : c’est d’ailleurs le choix d’OpenAI pour ses outils de génération d’images. Anthropic donne malheureusement très peu de détails techniques sur son marquage, que ce soit pour les fichiers ou le texte.

Il y a des limites à l’exercice. Anthropic explique ainsi qu’un texte généré par Claude peut ne pas présenter de tatouage s’il a été « fortement modifié, paraphrasé, traduit ou mélangé à d’autres écrits », si le passage est très court (trop peu de texte pour obtenir un signal fiable), si les métadonnées ont été supprimées après une conversion de format, une capture d’écran ou un nouvel enregistrement.

Logiquement, le texte n’aura pas de marquage s’il a été généré par un modèle ne prenant pas en charge le tatouage numérique. Par ailleurs, si un contenu ne présente aucun marquage, cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’a pas été généré ou modifié par une IA.

Marquage au fer rouge

Anthropic ne précise pas la technologie utilisée pour tatouer le texte, mais le marquage d’un tel contenu repose généralement sur un algorithme qui influence discrètement les choix de mots ou de tokens du modèle. Cela produit un motif statistique détectable qui peut signaler qu’un texte a été généré ou traité par un système d’IA.

L’entreprise prévient aussi que la présence d’une marque ne confirme pas la provenance d’un contenu. Claude peut ne pas être « l’auteur » d’origine : le modèle peut servir à relire, traduire, résumer ou convertir des fichiers. Le résultat porte un tatouage Anthropic, mais les idées ou les données peuvent provenir d’une autre source. De même, un contenu marqué peut être modifié, extrait ou combiné avec d’autres éléments après son traitement par Claude.

Il ne reste plus qu’une chose à mettre en place : un outil de détection des marques de Claude. Anthropic n’a rien à proposer, ce qui annule tout l’intérêt de cette annonce – pour le moment. L’entreprise planche en effet sur le sujet pour « permettre aux utilisateurs et aux tierces parties de détecter les watermarks intégrés et les métadonnées ». Une documentation technique sur les mécanismes de détection est en préparation. Pour les fichiers contenant un marquage C2PA, des outils sont déjà disponibles comme celui-ci pour détecter des Content Credentials, ou encore celui-là d’OpenAI.

Si l’AI Act a une portée européenne, Anthropic précise que ces marquages seront intégrés partout où les modèles Claude sont utilisés (le chatbot Claude, l’API, Claude Code, Cowork et Tag), dans le monde entier.

OpenAI rachète 7 milliards de dollars d’actions à ses salariés avant d’entrer en bourse

12 août 2026 à 07:27
Money money money
OpenAI rachète 7 milliards de dollars d’actions à ses salariés avant d’entrer en bourse

Open AI a proposé le rachat de l’équivalent de 7 milliards de dollars d’actions à ses employés. Une manière pour l’entreprise de re-concentrer ses parts, et pour ses employés de pouvoir réellement profiter de cette partie de leur rémunération.

OpenAI prépare son entrée en bourse pour l’automne pour lever 122 milliards de dollars, ce qui porterait sa valorisation à 852 milliards des dollars, soit au même niveau que sa dernière levée de fonds réalisée en mars auprès de sociétés partenaires et de fonds de capital-risque.

En prévision, l’entreprise vient de conclure un accord de reprise de l’ordre de 7 milliards de dollars de parts détenues par ses employés, d’après les informations de Bloomberg. Une manière, pour elle, de récupérer la main sur une fraction de ses parts sans les racheter à des investisseurs extérieurs. Au passage, elle participe à la création d’une vague de millionaires dont la richesse est encore plus importante que celle produite à l’époque des entrées en bourse des géants du numérique.

Transformer des actions en « vrai » argent

Côté employés, une telle transaction permet de sécuriser la valeur des parts revendues, alors que les entrées en bourse de grandes sociétés du numérique ne garantissent pas la hausse du cours. Depuis son entrée en bourse en juin, l’action de SpaceX est par exemple passée par un pic à 225 dollars quatre jours après son arrivée sur le NASDAQ, avant de redescendre jusqu’à 104 dollars ce 5 août. Elle remonte actuellement aux alentours de 138 dollars, soit trois dollars de plus qu’à son introduction.

Il s’agit, aussi, de matérialiser une forme de rémunération difficilement activable tant qu’elle n’est pas transformée en cash. Par le passé, OpenAI s’est livrée à une ardente guerre des recrutements avec plusieurs de ses concurrents. Chez Meta, cette lutte s’est traduite par des packages faramineux, quelquefois directement proposés par Mark Zuckerberg.

Une vague de millionnaires inégalée

Pour OpenAI, permettre la revente d’actions est une manière de faire face. La société s’est déjà tournée vers des investisseurs comme Thrive Capital ou SoftBank Group pour proposer ce genre d’opérations. En octobre 2025, certains employés sont devenus millionnaires du jour au lendemain alors que Sam Altman leur proposait de racheter jusqu’à 30 millions de dollars de leurs parts dans OpenAI, pour une dépense totale de 6,6 milliards de dollars. Pour près des trois quarts des 600 personnes concernées, ce montant a été atteint, selon le Wall Street Journal.

Ce type de transactions illustre d’une nouvelle manière la course financière dans laquelle le secteur de l’intelligence artificielle est lancé. Si des employés de Microsoft, Google ou Facebook ont gagné des millions lorsque leurs sociétés sont entrées en bourse, aucun n’a accumulé aussi rapidement la richesse évoquée ici. En octobre, certains ont d’ailleurs décidé de donner le reste de leurs actions à des fonds philanthropiques — des outils qui garantissent que l’argent soit utilisé pour des œuvres charitables, tout en les rendant éligibles aux réductions d’impôts correspondantes.

☕️ Apple prépare un système pour prouver qu’une photo vient bien d’un iPhone

12 août 2026 à 06:47


Progrès de l’IA générative aidant, il est bien difficile désormais de distinguer à coup sûr une photo réelle d’une image photoréaliste générée par intelligence artificielle. Et même le vieux truc de compter les doigts ne marche plus : les IA ne font en effet (presque) plus d’erreurs anatomiques.

Les acteurs de l’IA ont mis au point des systèmes permettant à des outils de repérer une image générée ou modifiée par IA. Plusieurs technologies sont disponibles, comme le filigrane SynthID de Google DeepMind, les Content Credentials de la coalition C2PA, Meta a mis en place ses propres étiquettes « AI info »… Tout cela ressemble un peu au fameux strip de xkcd sur les standards. Pourquoi ne pas en ajouter un autre ? Apple y travaille ! Mais cette fois, pour authentifier une vraie photo.

Dans le code de la bêta 5 d’iOS 27, 9to5Mac a déniché des références à une nouveauté en développement : Apple Reference Image. Cette fonction devrait servir à authentifier la source d’une photo en utilisant des données liées aux capteurs photo de l’iPhone qui a servi à l’enregistrer.

Ce panneau de confidentialité apparaitra lors de l’activation de la fonction Apple Reference Image. L’option sera disponible dans les réglages Appareil photo d’iOS. Image : 9to5Mac

Apple Reference Image n’est pas activée par défaut. Il revient à l’utilisateur de le faire dans l’application Appareil photo. Il faut ensuite demander à authentifier la photo prise, ce qui nécessite l’envoi des données brutes de l’image, les métadonnées et des informations matérielles au Private Cloud Compute (PCC) d’Apple.

Cette architecture serveur a été mise en place par le constructeur pour les fonctions d’Apple Intelligence à traiter en ligne, un système censé protéger la confidentialité des utilisateurs. De la sorte, Apple affirme ne pas pouvoir accéder à l’image en elle-même. Durant cette phase d’authentification, un identifiant unique est attaché à la photo.

Si Apple détermine que le capteur photo a été compromis, elle peut révoquer les précédentes authentifications associées avec ce composant. Les photos authentifiées par le système Apple Reference Image peuvent ensuite être partagées ; les iPhone destinataires (on imagine que ça fonctionnera aussi avec les iPad et les Mac) pourront vérifier l’authenticité des documents en local, sans avoir à communiquer avec Apple.

En fonction de la méthode de partage utilisée (via iMessage, AirDrop, etc.), les informations pourraient varier et indiquer si l’image est une version originale, modifiée ou authentifiée. Si l’utilisateur choisit de partager « toutes les données des photos », le transfert pourrait inclure des identifiants matériels uniques.

9to5Mac ajoute une autre découverte : une option « Transfer with Provenance » pour les transferts USB de photos authentifiées vers un Mac ou un PC. Les images en question embarqueront les données Apple Reference. Au vu des efforts à déployer pour authentifier une image (choisir un mode spécifique et transférer des données à Apple), ce système devrait rester cantonné à une poignée d’usages restreints.

Sur Spotify, les « artistes IA » vont gagner un badge et perdre des recommandations

12 août 2026 à 06:12
Le badge de la honte
Sur Spotify, les « artistes IA » vont gagner un badge et perdre des recommandations

Personne n’aime découvrir que son nouveau chanteur ou sa nouvelle chanteuse préférée se révèle être une IA. Spotify lance donc un nouveau badge, « AI Persona », qui sera accolé aux profils des artistes qui ne sont pas des humains. Les créateurs de ces personnages IA pourront le signaler à Spotify, mais la plateforme attribuera également ce badge.

La musique générée par IA inonde les serveurs des plateformes de streaming. Deezer a annoncé le 21 juillet dernier que plus de la moitié des nouvelles chansons téléversées chaque jour – 90 000 morceaux – était générée par IA. L’an dernier, le service de streaming français a détecté 13,4 millions de chansons générées par IA.

Ce tsunami force les plateformes à agir. Le même Deezer démonétise ainsi les écoutes de ces morceaux IA. Du côté du leader du secteur, Spotify, on sort finalement la grosse artillerie. Un nouveau badge « AI Persona » va faire son apparition sur les profils d’artistes générés par IA à partir de la mi-septembre.

Les artistes IA privés de recommandations

Les morceaux proposés par ces profils ne seront pas intégrés dans les recommandations éditoriales ou algorithmiques, sauf si l’auditeur a choisi de suivre l’artiste en question. La plateforme cherche aussi à écarter de ses recommandations le spam et les contenus de faible qualité. Spotify explique :

« Si nous estimons que chaque artiste doit rester libre de choisir la manière dont il se présente, les recommandations de Spotify ont vocation à mettre en avant les artistes authentiques qui développent une véritable carrière musicale. »

Les créateurs de ces artistes peuvent dès aujourd’hui indiquer que leur profil est une persona générée par IA. Mais au vu des changements que cela implique (ne plus faire partie des recommandations revient à se faire invisibiliser, et donc démonétiser de fait), ça ne suffira pas. C’est pourquoi Spotify examinera de son côté « certains profils d’artistes » dont l’identité, le nom, les visuels et la manière dont ils se présentent « semble représenter des identités photoréalistes générées par l’IA ». Ces profils écoperont alors d’un badge « Likely AI Persona ».

Image : Spotify

Le badge sera présent sur la page de profil de l’artiste IA, mais aussi dans les résultats de recherche et à côté des titres dans les listes de lecture. L’auditeur pourra cliquer sur le badge pour savoir si c’est l’artiste lui-même qui s’est déclaré persona IA « dans une démarche de transparence vis-à-vis de son public », ou si Spotify l’a attribué. Dans les prochains mois, les abonnés pourront aussi signaler les artistes qui leur semblent être des personas IA.

Les artistes qui recevront ce badge de la part de Spotify pourront confirmer leur statut ou le contester. La plateforme précise que ce badge ne concerne que l’identité publique de l’artiste, « et non la manière dont la musique a été créée ». Pour ça, l’entreprise propose un système de crédits d’IA et SongDNA qui permettent aux artistes d’être transparents sur la manière dont leurs morceaux ont été créés.

Ce badge complète le « profil vérifié » qui est son exact inverse : ce statut indique qu’un être humain réel se cache derrière un artiste. Spotify précise que des centaines de milliers de profils ont déjà été vérifiés de la sorte.

Reçu — 11 août 2026 Next - Articles gratuits

« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence

11 août 2026 à 15:36
L'Alliance contre l'Empire
IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises

Le lancement le mois dernier des aperçus IA dans les résultats d’une recherche Google est resté au travers de la gorge de l’Alliance de la presse d’information générale. L’organisation a saisi l’Autorité de la concurrence pour obtenir des négociations sur la rémunération des contenus de presse indispensables à ces nouveaux services IA.

Les éditeurs de presse ont été mis « devant le fait accompli », affirme l’Alliance de la presse d’information générale, qui compte dans ses rangs les grands titres de la presse nationale et régionale. Google a lancé ses aperçus IA et le mode IA en France le 22 juillet, deux ans après les États-Unis, « avant l’ouverture d’une négociation transparente et de bonne foi », affirme l’Alliance.

L’organisation a décidé de saisir l’Autorité de la concurrence pour faire respecter les engagements pris en 2022 par Google : le géant du web s’engageait alors à négocier « de bonne foi, de transparence et de non-discrimination ». Cela faisait suite à une amende de 500 millions d’euros infligée par l’Autorité pour non-respect des obligations de négociations. Ces engagements sont valables jusqu’en 2027.

Des sous pour exploiter les articles

Pour l’Alliance, le compte n’y est pas. Elle dénonce « le déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération dédiée ». Le Figaro indiquait fin juin que Google prévoyait d’intégrer ces fameux aperçus IA aux accords passés avec les éditeurs concernant les droits voisins. Il s’agit d’une rémunération versée aux éditeurs en échange de l’utilisation faite des contenus de leurs publications dans les services du moteur de recherche.

Néanmoins, aucun accord collectif sur les aperçus IA n’a été annoncé. L’Alliance précise que Google a simplement proposé une « simple actualisation du contrat de licence existant ». Les éditeurs ont toujours la possibilité de refuser l’exploitation de leurs articles par ces aperçus générés par IA, mais ils estiment que « ce retrait technique [entraîne] une perte de visibilité ».

Dans une décision remontant au 8 juillet, l’Autorité de la concurrence prononçait quatre injonctions conservatoires contre Meta après une saisine de l’Alliance. Benoît Cœuré, le président de l’institution, avait alors déclaré à cette occasion que « les contenus protégés qui seraient utilisés par AI Overviews doivent faire l’objet d’une rémunération au titre du droit voisin ».

Les membres de l’Alliance se disent disposés à alimenter ces nouveaux services IA et accompagner les usages, mais « dans un cadre équilibré fondé sur une autorisation négociée et une rémunération à la mesure de la valeur que leurs contenus permettent de créer ». Les contenus produits par ces publications ont « une valeur considérable », rappelle Marc Feuillée, président de l’Alliance. Il ajoute : « Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige. »

☕️ Windows OEM, Microsoft 365 : des hausses de prix qui tombent mal pour l’industrie PC

11 août 2026 à 14:46


Les prix des ordinateurs n’en finissent plus de grimper en raison de la crise de la mémoire, mais voilà que Microsoft n’arrange pas la situation. Certains constructeurs de PC auraient en effet subi une hausse importante des frais de licence OEM pour Windows, selon le site taïwanais UDN.

Chaque année, Microsoft augmente le coût de la licence, qui permet aux fabricants (ASUS, Acer, Dell, HP, Lenovo, etc.) de commercialiser des PC fonctionnant sous Windows. Mais habituellement, la hausse est de quelques pourcents. Depuis juillet, le relèvement tourne en moyenne entre 7 à 10 %.

Le prix de la licence varie en fonction de nombreux critères, parmi lesquels la taille du constructeur, le volume d’unités, le type de licence voulue, le marché visé, le pays, la catégorie de machines, et bien sûr les conditions négociées dans le contrat. Les grands OEM peuvent bénéficier d’une remise liée à un engagement sur les volumes.

Le coût de la licence est en partie facturé au client final, mais le constructeur peut en absorber une partie en rognant sur ses marges. Mais voilà, avec les prix de plus en plus élevés pour la RAM et les SSD, ces marges sont prises d’assaut, en particulier sur l’entrée de gamme. La problématique est la même que sur les smartphones bon marché.

Au bout du compte, ce n’est pas la licence OEM de Windows qui va plomber les comptes, mais bien plutôt ces mémoires toujours plus chères. Microsoft pourrait jouer la carte de l’opportunisme ici, pour faire passer une hausse plus élevée qu’à l’accoutumée.

À la hausse des prix de la licence OEM s’ajoutent celles des abonnements professionnels pour Microsoft 365. Elles avaient été annoncées en décembre dernier, pour une mise en œuvre à partir du 1ᵉʳ juillet. Les augmentations varient entre 8 et 33 % pour les différentes formules de la suite, exception faite d’Office 365 E1 qui reste à 10 dollars. Pour les abonnements Microsoft 365 destinés au secteur public, eux aussi ont subi une hausse comprise entre 5 et 13 %, sauf là encore pour la formule E1 d’Office 365.

Tout cela ne va pas aider le marché du PC à sortir la tête de l’eau. Counterpoint Research a ainsi calculé qu’au second trimestre, les livraisons de PC ont reculé de 4 %, seuls Asus (+ 4 %) et Apple (+ 13 %) tirant leur épingle du jeu. Cette baisse intervient après cinq trimestres consécutifs de hausse. Face à la flambée des coûts de la mémoire, les constructeurs n’ont pas d’autre choix que d’augmenter le prix de leurs produits, ce qui a un impact sur les consommateurs sensibles aux prix. La maison d’analyses retient néanmoins que la demande dans le secteur commercial devrait rester stable car elle est portée par le cycle de renouvellement lié à la fin du support de Windows 10.

DSA : la transparence limitée et les oublis des audits de Pornhub, Stripchat et XVideos

11 août 2026 à 14:14
Voile pudique
DSA : la transparence limitée et les oublis des audits de Pornhub, Stripchat et XVideos

Considérés par la Commission européenne comme de très grandes plateformes en ligne, ces trois sites pornographiques sont contraints par le DSA de rendre un rapport d’audit régulièrement. Une étude scientifique estime que ces rapports manquent de transparence et qu’ils oublient d’évoquer les libertés en jeu.

Malgré leurs propres estimations très basses du nombre de leurs utilisateurs, la Commission européenne a considèré en décembre 2023 que Pornhub, Stripchat et XVideos sont de très grandes plateformes en ligne au titre du DSA (le règlement sur les services numériques). À ce titre, elles doivent régulièrement rendre publics des rapports d’évaluation des risques qui remplissent surtout une « conformité symbolique », selon une étude scientifique. Précisons que, depuis, StripChat a été enlevé de la liste.

Ces rapports doivent évaluer les risques systémiques qui découlent de leur conception et de leur fonctionnement, les plateformes doivent aussi mettre en place des « mesures d’atténuation raisonnables, proportionnées et efficaces, adaptées » tout « en tenant compte en particulier de l’incidence de ces mesures sur les droits fondamentaux » (articles 34 et 35 du règlement).

La Commission européenne liste les différents rapports des VLOPS et VLOSE (très grandes plateformes/très grands moteurs de recherche) sur cette page. Remarquons que Xvideos a déménagé certains de ses rapports dont les liens répertoriés par la Commission sont, pour les plus anciens, caduques. Une page du site pornographique les liste. Pour les deux autres plateformes, les liens répertoriés par la Commission sont toujours valides.

Les chercheuses Isotta Rossoni et Carlotta Rigotti de l’université de Leiden (Pays-Bas) et leur collègue, Nicola Döring de l’université Ilmenau (Allemagne), ont analysé les 217 pages des rapports 2025 de ces trois plateformes et publié leur étude dans la revue scientifique Porn Studies.

Les rapports de la plateforme XNXX, désignée un peu plus tard comme une très grande plateforme en ligne en juillet 2024, ne font pas partie de l’analyse. Étonnamment, les chercheurs affirment que XNXX n’a pas encore publié de rapport alors qu’on peut les trouver en lien sur le site de la Commission.

Une opacité méthodologique

Alors que le DSA a pour but d’augmenter la transparence des plateformes, l’étude explique que, de fait, « l’opacité méthodologique [des rapports] compromet la vérifiabilité [de leurs] conclusions ». Les chercheuses et chercheur ajoutent que leur « imprécision conceptuelle fausse l’identification et l’évaluation des risques ». Les évaluations ayant été faites essentiellement en interne aux plateformes, ils pointent le manque de « diversité épistémique nécessaire à une gouvernance des risques efficace ».

Concernant la violence de genre, l’étude souligne que les trois plateformes restreignent ce risque à la diffusion non consensuelle de contenus à caractère sexuel (appelée souvent « revenge porn »), oubliant de prendre en compte les risques concernant les violences contre les femmes en général et les violences conjugales. « En axant si fortement leur identification des risques sur cette seule catégorie, les plateformes en ligne sous-estiment non seulement l’ampleur des préjudices liés au genre que leurs services peuvent favoriser, mais elles restreignent aussi implicitement la portée des obligations de prévention auxquelles elles sont tenues de se conformer », expliquent les chercheuses et chercheur.

Des problèmes de définition

Isotta Rossoni, Carlotta Rigotti et Nicola Döring pointent aussi la mauvaise définition de Stripchat concernant la traite des êtres humains qui la caractérise comme « le fait d’impliquer de force des modèles contre leur gré et d’en tirer un revenu grâce à Stripchat ». Cette définition « confond des activités distinctes et omet les actes, moyens et finalités spécifiques requis par les définitions juridiques établies », expliquent-ils renvoyant à la directive de l’Union européenne sur le sujet.

Concernant le rapport d’Aylo (la maison mère de Pornhub), l’étude met en avant la mauvaise prise en compte des risques des deepfakes. En effet, ce rapport considère que les spectateurs ne sont affectés par les contenus « deepfake » que lorsqu’ils reconnaissent la victime-survivante. Ce qui « ne reflète ni la littérature établie sur les abus sexuels par le biais d’images, ni la logique élémentaire du risque, puisque les préjudices causés par les images intimes synthétiques non consensuelles ne dépendent pas de la reconnaissance de la victime », explique l’étude citant des recherches (ici et ).

Xvideos en prend aussi pour son grade puisque son rapport s’appuie sur une catégorie des « contenus problématiques » « sans autre précision, [mélangeant] des critères juridiques, éthiques et moraux d’une manière qui obscurcit, plutôt que d’éclairer, la nature et la gravité des risques sous-jacents ».

Les chercheuses et chercheur soulignent que ces problèmes de définition ne sont pas de « simples préoccupations théoriques ». « Comme le souligne depuis longtemps l’épistémologie féministe, les catégories de préjudice ne sont jamais neutres : elles codifient des points de vue particuliers, rendent certaines expériences lisibles tout en en occultant d’autres, et répartissent ainsi la protection de manière inégale », expliquent-ils.

Une sous-évaluation systématique des problèmes… et un oubli des droits des acteurs et des créateurs de contenus

Autre problème : les trois plateformes pornographiques sous-évaluent systématiquement la gravité des problèmes : « les risques de gravité élevée sont systématiquement reclassés en risques moyens ou faibles sur la base des mesures d’atténuation existantes, sans vérification indépendante de l’efficacité de ces mesures ». Ainsi, par exemple d’Aylo, qui classe en risques lointains ou improbables le matériel pédocriminel et les discours de haine, alors que, « malgré leur gravité critique », ils « se retrouvent à des degrés divers sur les trois plateformes ». Les chercheurs y voient ici une confusion entre l’existence d’une mesure de protection et son efficacité avérée, en contradiction avec des recherches existantes montrant l’existence de ces problèmes.

Surtout, les autrices et auteur soulignent que les trois plateformes « abordent la gouvernance des contenus à caractère sexuel et liés au genre presque exclusivement sous l’angle de la prévention des dangers, tout en passant largement sous silence les libertés en jeu, à savoir les droits des acteurs et des créateurs de contenus à produire et à partager de manière consensuelle des contenus à caractère sexuel sans ingérence discriminatoire ou disproportionnée, ainsi que le droit des utilisateurs d’accéder à ces contenus en tant qu’expression de leur autonomie sexuelle ».

« Ce silence n’est pas politiquement neutre », soulignent-ils : « En présentant la gestion des contenus à caractère sexuel principalement comme un problème de protection de l’enfance et de violence de genre – aussi importantes que soient ces préoccupations –, ces évaluations, ainsi que le discours réglementaire et public plus large qu’elles reflètent, reproduisent une asymétrie dans laquelle les préjudices découlant de la présence de contenus illégaux ou préjudiciables sont identifiables et donnent lieu à des mesures concrètes, tandis que ceux générés par la conception hégémonique masculine et hétéronormative des plateformes restent invisibles et ne sont pas pris en compte ».

Les chercheurs ajoutent qu’aborder ces sujets « n’implique pas de devoir choisir entre la protection des utilisateurs contre tout préjudice et la protection de leur liberté d’exercer leur autonomie sexuelle ».

L’équipe estime néanmoins que « les documents de conformité de première génération sont rarement exemplaires : il s’agit, par nature, de points de départ itératifs » et espèrent que les plateformes vont améliorer leurs rapports, en s’appuyant notamment sur cette étude.

☕️ Google Play Store accueille de nouveau la boutique tierce Aptoide aux États-Unis

11 août 2026 à 13:39


L’histoire repasse les plats. Aptoide, la boutique d’apps Android, est de retour dans le Play Store plus de 15 ans après en avoir été retirée. Il restait possible d’installer le magasin alternatif mais en sideloading, en téléchargeant l’APK de l’application puis en l’installant à la main.

Les choses ont cependant bien changé depuis pour la plateforme mobile de Google. Suite à la défaite du géant du web face à Epic Games, le Play Store a revu son fonctionnement de fond en comble : la boutique officielle peut distribuer ses concurrents via le programme Play Catalog Access. Et Aptoide profite donc de l’occasion pour être la première du genre à en profiter, pour le moment aux États-Unis.

Aptoide est une boutique spécialisée dans les jeux. Créée en 2009, elle compte 25 millions d’utilisateurs actifs chaque mois, et son catalogue contient plus de 400 000 applications Android. « Les utilisateurs bénéficient de plus de choix, les développeurs disposent de nouvelles opportunités de distribution, et Android devient un écosystème plus ouvert et plus concurrentiel », se réjouit Paulo Trezentos, cofondateur et directeur général d’Aptoide.

Pour la boutique, cette ouverture du Play Store à la concurrence réduit les obstacles à la distribution d’applications. Aptoide estime que sa présence sur la boutique officielle, et celle à venir d’autres magasins, seront de nature à « encourager l’innovation (…) tout en élargissant les opportunités pour les développeurs qui recherchent des alternatives à un canal de distribution unique. »

Aptoide entend aussi préserver la sécurité des utilisateurs. L’entreprise affirme avoir, ces quinze dernières années, renforcé et sécurisé ses infrastructures, notamment dans la détection de malwares, l’examen et la validation des apps, la vérification des développeurs et la détection d’applications malveillantes avant qu’elles soient distribuées. Il vaudra mieux éviter la redite de la fuite de données de 2020, qui avait exposé les informations de 20 millions de comptes…

Le programme Play Catalog Access, ouvert le 22 juillet, ne concerne que les États-Unis. Pour le reste du monde, Google propose le Registered App Stores qui simplifie le sideloading pour les boutiques tierces répondant à des critères de qualité et de sécurité. Ce programme sera lancé d’ici la fin de l’année. Dans la crémerie d’en face, c’est-à-dire sur iOS, Aptoide fait partie des boutiques alternatives à l’App Store que les utilisateurs européens peuvent installer sur leurs iPhone.

Le mois dernier, à l’occasion de l’énième amende infligée à Google, la Commission européenne a indiqué qu’elle allait étudier les changements annoncés par l’entreprise pour déterminer la suite du dossier sur les restrictions imposées aux développeurs dans le Play Store.

Synology lance quatre NAS neo+ : c’est comme la série Plus, mais avec moins de mémoire

11 août 2026 à 10:06
C’était moins vendeur DS725- ?
Synology lance quatre NAS neo+ : c’est comme la série Plus, mais avec moins de mémoire

Le prix de la mémoire explose à cause de la pénurie. Certains augmentent les prix et/ou baissent la quantité de mémoire vive. C’est le choix fait par Synology avec ses NAS « neo+ » qui laisse tomber la mémoire ECC et sont tous livrés avec 4 Go par défaut. Reste une inconnue de taille : le prix.

Cela faisait longtemps que Synology n’avait pas annoncé de nouveaux NAS, c’est chose faite avec carrément une nouvelle gamme « neo+ ». Dans son communiqué, le fabricant la présente comme ayant « une configuration de mémoire plus accessible, permettant aux clients d’équilibrer facilement performances et budget ».

4 Go de mémoire non-ECC pour tous les NAS « neo+ »

Quatre références sont proposées : les DS725neo+, DS925neo+, DS1525neo+ et DS1825neo+. Tous disposent de 4 Go de mémoire vive de type DDR4 SO-DIMM non-ECC, et c’est le seul changement par rapport aux DS725+, DS925+, DS1525+ et DS1825+.

Les deux premiers (DS725+ et DS925+) ont également 4 Go de DDR4, mais de type ECC avec de la correction d’erreur. Les DS1525+ et DS1825+ proposent pour leur part 8 Go de DDR4 SO-DIMM, également en ECC.

Pour l’ensemble des NAS « neo+ » et « + », la mémoire installée prend la forme d‘une barrette installée dans un des deux emplacements. Au total, jusqu’à 32 Go de mémoire peuvent être installés avec 2x 16 Go (les deux barrettes doivent dans tous les cas être identiques).

Comme c’est le cas depuis longtemps maintenant, Synology ne joue pas vraiment la carte de l’ouverture : « Aucune garantie produit ni assistance technique ne sera fournie par Synology si un module de mémoire non Synology est utilisé pour l’extension de mémoire », peut-on lire dans le manuel du DS725neo+ (.pdf).

Les NAS « neo+ » peuvent recevoir de la mémoire ECC si vous le désirez, mais attention : mélanger ECC et non-ECC n’est pas officiellement supporté par le NAS. La mémoire ECC avec correction d’erreur est notamment recommandée si vous utilisez le système de fichiers Btrfs sur votre NAS.

Même Soc, même chassis, même connectique, même fiche produit…

Pour le reste, rien ne bouge entre un DSxxxneo+ et un DSxxx+ : même châssis, même configuration matérielle – AMD Ryzen R1600 (2C/4T) sur les DS725(neo)+ et Ryzen V1500B (4C/8T) sur les autres –, même connectique, etc.

Les comparatifs entre les DS725+/DS725neo+, DS925+/DS925neo+, DS1525+/DS1525neo+ et DS1825+/DS1825neo+ permettent de s’en rendre compte visuellement (pensez à cocher la mise en surbrillance des différences).

Ce sont tellement les mêmes modèles que le constructeur ne propose même pas de fiche produit dédiée, elle est commune entre les « neo+ » et les « + », comme ici pour les DS725+/DS725neo+.

Prix et dispo ? Circulez, il n’y a rien à voir…

Reste maintenant « la » question : quels sont les prix de ces modèles « neo+ » et sont-ils compétitifs face aux « + » ? La réponse est… aucune idée. Synology ne donne aucune indication sur les tarifs ni sur la disponibilité.

On remarque d’ailleurs que Synology n’a publié de communiqué d’annonce de cette gamme que dans quelques régions en Afrique et dans le Middle East. En France, aucun revendeur ne propose (pour le moment ?) de NAS « neo+ ».

☕️ Énergie : record d’indisponibilité des réacteurs à cause des vagues de canicule

11 août 2026 à 08:17


Nous vous l’expliquions il y a quelques semaines, la réalité vient le démontrer : en période de canicules, l’approvisionnement en électricité peut devenir une gageure jusque dans un pays à la production excédentaire, comme la France.

À l’échelle de la planète, la température des océans a dépassé le mois dernier un record de chaleur. À celle de l’hexagone, nous entrons ces jours-ci dans un nouvel épisode anormal de chaleur, la cinquième canicule depuis le début de l’été. Résultat : le réseau électrique a dépassé son propre record de réacteurs indisponibles.

Sur les 57 réacteurs français, rappelle Libération, 15 se situent en bord de mer et 42 en bord de fleuve ou de rivière : l’eau fraîche est essentielle pour refroidir les installations. Face à la baisse de leur débit, aux seuils légaux de température maximale des rejets des centrales, fixés pour préserver la faune et la flore, EDF a successivement arrêté, depuis juin, des réacteurs à Bugey (Ain), Nogent-sur-Seine (Aube), Golfech (Tarn-et-Garonne), Chooz (Ardennes) et Cattenom (Moselle), en plus de réduire temporairement la puissance de plusieurs autres.

Les 14 et 15 juillet, 9,4 GW de sa production habituelle étaient indisponibles, soit 15 % de la capacité totale du parc nucléaire français, qui est de 63 GW. Toujours selon nos confrères, « toutes causes confondues » la disponibilité réelle était aux alentours de 40 GW.

Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2
Illustration : Flock

Cette baisse n’a pas menacé l’équilibre du réseau national, grâce à une production globalement suffisante (29,7 TWh générés en juillet 2026). Grâce au photovoltaïque, qui a produit jusqu’à plus de 30 % de l’électricité hexagonale pendant certaines heures de juillet, le pays est même resté exportateur.

À l’heure où certaines industries démultiplient leur consommation énergétique, en revanche, la situation illustre les difficultés du parc nucléaire français face à l’accélération des modifications climatiques. D’ici 2050, RTE prévoit en effet que les risques d’indisponibilité puissent augmenter « d’un facteur deux à trois ».

Plus largement, cela vient illustrer les failles de l’approvisionnement énergétique d’un secteur comme celui de l’intelligence artificielle, qui se tourne ouvertement vers le nucléaire depuis quelques années.

Meta revient aux poids ouverts avec Muse Glimmer, un modèle IA local

11 août 2026 à 07:37
Mark Zuckerberg en pleine montée d'IA.
Meta revient aux poids ouverts avec Muse Glimmer, un modèle IA local

Meta reprend son bâton de pèlerin pour les poids ouverts, après l’avoir perdu suite au flop de Llama 4. Muse Glimmer est un nouveau modèle IA de 30 milliards de paramètres, installable sur un ordinateur personnel (assez costaud tout de même), assorti d’une licence open source permissive.

En publiant la première version de Muse Spark au mois d’avril, Meta changeait son fusil d’épaule sur la diffusion de son nouveau LLM : les poids ouverts de Llama laissaient la place à la fermeture d’un modèle propriétaire. Le débat autour de Kimi K3 et des modèles chinois à poids ouverts que Washington voudrait brider a poussé une bonne partie du secteur de l’IA à soutenir ce type de distribution.

Meta a retrouvé au fin fond d’un placard poussiéreux son costume de chevalier blanc des poids ouverts avec Muse Glimmer. Ce nouveau modèle est en effet distribué sous licence Apache 2.0, une licence open source standard, permissive, beaucoup plus familière aux développeurs et aux entreprises que ne l’étaient les licences spécifiques de Llama. Le modèle est disponible sur Hugging Face, on trouvera aussi une documentation technique à cette adresse.

Un modèle à installer chez soi (sur une bonne bécane)

Glimmer est un modèle de 30 milliards de paramètres qui peut être installé sur un ordinateur du commerce – oubliez le petit portable Windows avec 4 Go de RAM, il faudra plutôt un Mac haut de gamme (Meta publie des benchs réalisés sur des MacBook Pro M4 Max et M5 Max) ou un PC équipé d’un GPU puissant (RTX 5090), avec idéalement 24 à 32 Go de mémoire GPU ou unifiée. « Le modèle est suffisamment rapide pour permettre une conversation fluide et une interaction en temps réel avec un agent, le tout entièrement exécuté sur votre appareil », affirme Meta.

La version quantifié en 4 bits descend sous les 20 Go, mais il faut aussi de la marge pour le cache, l’encodeur image et le modèle de décodage spéculatif. En mode « full precision », Glimmer requiert plus de 55 Go de mémoire. Évidemment, rien n’empêche d’installer Glimmer sur un serveur distant, mais là on ne parle plus d’un fonctionnement en local.

Dans le secteur des modèles de 30 milliards de paramètres, Muse Glimmer se défend bien à en croire les benchmarks publiés par Meta. Sur les tests agentiques, le modèle de Meta est souvent devant : MCP Atlas 75,5, contre 54,2 pour Gemma et 62,5 pour Qwen ; DeepSearch QA affiche un score de 74,6, devant les deux autres ; GAIA2 43,3, devant Gemma et Qwen. En codage aussi, Glimmer se montre très solide. En revanche, sur le multimodal, Qwen peut passer devant dans certains benchs.

L’avantage est marqué pour les tâches agentiques, la recherche multi-étapes et les tests de codage. Le modèle n’est pas systématiquement premier en tout, mais il a été optimisé pour un usage précis : faire tourner des agents en local qui peuvent utiliser des outils, coder et mener des tâches longues. Glimmer sera suivi dans quelques semaines de la publication des poids de Muse Spark 1.2, son modèle lancé la semaine dernière dans la foulée de l’offensive de Meta sur les outils pour développeurs.

Le manifeste de Zuckerberg

Mark Zuckerberg a profité de l’occasion pour publier un très long manifeste techno-libertarien sur les capacités mirifiques de l’IA générative, dans la droite ligne de la nouvelle campagne de com’ hors sol de Meta. Le patron de l’entreprise vante une fois de plus sa vision d’une « superintelligence personnelle », distribuée aux individus plutôt que concentrée entre les mains de quelques entreprises (un digest vidéo est visible ici).

Illustration : Flock

Pour le milliardaire, la principale contribution de la « superintelligence » ne sera pas de remplacer les travailleurs, mais d’aider les gens à créer : entreprises, produits, traitements médicaux, contenus, logiciels, ou encore recherches scientifiques. Un plaidoyer intéressant, sachant ce que Meta fait de son IA sur ses réseaux sociaux : un générateur de slop et de désinformation.

En attendant, il faut implanter des datacenters. L’entreprise promet des retombées locales sur l’emploi, la formation, les services publics, l’eau, les infrastructures. Le fonds « Future Is For Everyone » que Meta vient de lancer sera abondé à hauteur d’1 milliard de dollars pour soutenir les communautés affectés par l’installation de ces centres de données.

Le dirigeant s’oppose aux discours de certains acteurs de l’IA qui affirment qu’elle est dangereuse, tout en voulant cloisonner cette technologie. Pour Zuckerberg, qui rejette l’idée d’une « superintelligence bienveillante unique », le scénario du pire serait une IA contrôlée par une poignée d’institutions.

Ce qui nous amène directement à Glimmer. Le dirigeant estime que l’open source est une force positive contre la centralisation, et que ce serait une erreur de restreindre cet écosystème (clin d’œil appuyé vers la Maison-Blanche). S’il soutient les contrôles à l’exportation sur les puces, il ne manque pas de critiquer les règles ralentissant les entreprises américaines du secteur, ou qui limiteraient trop l’usage des données, de la distillation et des modèles étrangers open source.

Spotify teste un bouton pour zapper les pubs dans les podcasts

11 août 2026 à 06:08
Stop la pub
Spotify teste un bouton pour zapper les pubs dans les podcasts

Après y avoir beaucoup investi ces dernières années, Spotify est devenu une place forte du secteur du podcast. Mais sa dernière expérimentation risque de braquer une partie du secteur : la plateforme teste auprès de certains abonnés Premium un bouton permettant de sauter d’un geste les tunnels de publicités, promotions et messages sponsorisés.

Spotify propose régulièrement de nouvelles fonctions auprès d’une poignée de testeurs qui peuvent, si elles sont appréciées, se déployer auprès de tous. La dernière expérimentation du service, visible aux États-Unis et au Royaume-Uni, pourrait bien séduire les abonnés mais « détruire l’industrie du podcast », comme le dénonce Tommy Vietor, cofondateur du réseau Crooked Media.

Un bouton anti-pubs pour les podcasts

Il s’agit d’un bouton « Skip Ahead » qui s’affiche sur l’écran de lecture d’un podcast, ainsi que le décrit Podnews. Il apparait au début des intros, promotions, pubs et autres contenus sponsorisés et, comme son nom l’indique, le bouton permet de passer les sections d’un podcast (audio ou vidéo) que personne ne veut réellement écouter ou regarder.

Image : Podnews

Cette nouveauté peut être présentée comme une simplification d’une fonction déjà existante, à savoir le bouton d’avance de 15 secondes qui sert effectivement à beaucoup d’utilisateurs à éviter les annonces. Mais il est évidemment beaucoup moins efficace et précis qu’un bouton spécifiquement conçu pour sauter l’ensemble d’un tunnel de pub.

Spotify a confirmé l’existence de ce test : « Nous explorons des moyens de rendre l’écoute et le visionnage de podcasts plus intuitifs pour les abonnés Premium, en nous appuyant sur la façon dont les gens utilisent la plateforme, avec pour objectif d’aider les auditeurs à passer plus de temps à apprécier les podcasts. » Pour le moment, ce bouton n’apparait que lorsque l’app est au premier plan.

Comme sur de nombreux sites web qui usent et abusent de l’affichage de publicités, certains podcasts se montrent très gourmands : Podnews déplore ainsi ces épisodes qui débutent par huit minutes de réclames. Aucun auditeur ne veut encaisser un tel tunnel… En particulier les abonnés Premium à Spotify, qui ont payé pour ne pas avoir à subir de pub durant l’écoute de musique. Un avantage qui ne concerne pas les podcasts.

La fonction « Skip Ahead » permet aussi de zapper les pubs dans les podcasts monétisés par Spotify. Les huit minutes de messages de l’émission citée plus haut sont d’ailleurs fournies par Megaphone, une plateforme d’hébergement et de monétisation détenue par… Spotify. Les autres régies pub, comme Acast ou Audacy sont également touchées.

Une étude Podnews a révélé que moins de 10 % des pauses publicitaires sont réellement sautées aujourd’hui. L’enjeu n’est pas seulement que les auditeurs puissent zapper ces messages, mais que Spotify rende le geste bien plus simple, visible et presque encouragé.

Spotify marche sur des œufs

Pour une grande partie de l’industrie, ce bouton est une menace existentielle : la publicité représente en effet le modèle économique de bon nombre de podcasts, d’où le coup de gueule de Tommy Vietor. La valeur réelle des annonces baisse au fur et à mesure que les auditeurs les sautent. Les annonceurs pourraient donc se détourner des podcasts s’ils déterminent que leurs publicités ne sont écoutées par personne.

Image : OP3

Des chiffres d’OP3 indiquent que Spotify représente globalement 25,6 % de tous les téléchargements de podcasts, avec une différence marquée sur les marchés émergents où la plateforme domine très largement dans ce domaine. Une généralisation de ce bouton pourrait avoir un impact massif pour l’ensemble de la filière du podcasting.

En privé, Spotify aurait tenté d’apaiser les inquiétudes des grands réseaux de podcasts, selon Semafor. Le service de streaming numéro 1 dans le monde insisterait ainsi sur le fait que ce bouton renforce l’écoute globale et améliore l’engagement des auditeurs avec les contenus des podcasts. Le bouton inciterait en fait les utilisateurs à écouter les émissions plus longtemps.

Le secteur pourrait aussi décider de faire pression sur Spotify. YouTube est un concurrent redoutable, et Apple s’est lancée dans une offensive de charme auprès des podcasteurs après avoir perdu beaucoup de parts de marché.

Reçu — 10 août 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Valve alerte sur une fuite de données touchant des commandes d’appareils Steam en Europe

10 août 2026 à 14:19


Valve a prévenu les clients européens de la Steam Machine et du Steam Controller d’une fuite de données les concernant. CEVA, l’entreprise de logistique chargée de la distribution de ses produits sur le Vieux Continent, a en effet été victime d’une cyberattaque.

Les données compromises sont le nom, l’adresse postale, le pays, le numéro de téléphone, l’adresse email, le type du produit acheté et son prix, d’après le courriel de Valve partagé par Digital Foundry. CEVA n’a accès ni aux informations de paiement, ni aux mots de passe des comptes Steam. Il n’est pas nécessaire de changer son mot de passe Steam ni de modifier quoi que ce soit dans les réglages du compte.

Illustration : Flock

Valve recommande toutefois la plus grande vigilance dans les prochains jours, le risque de hameçonnage étant important. « Attendez-vous à recevoir de faux messages — par e-mail, SMS ou téléphone — mentionnant votre commande de matériel et semblant provenir de Steam, de Valve ou d’une société de livraison », prévient l’entreprise. Ces messages frauduleux pourraient indiquer l’adresse du client pour prouver leur authenticité, demander la confirmation d’une livraison ou de payer des frais de douane, ou encore de se connecter pour « vérifier » une commande.

L’assistance Steam ne traite les problèmes de compte que sur le site dédié https://help.steampowered.com/. « Jamais par email, chat Steam ou Discord. Toute personne qui vous contacte ailleurs en prétendant être l’assistance Steam ne l’est pas ». Valve conseille de saisir l’URL soi-même plutôt que de cliquer sur un lien présent dans un message ; les pages de connexion sont présentes sur store.steampowered.com, www.steampowered.com, steamcommunity.com ou help.steampowered.com. Enfin, l’assistance de la boutique ou un transporteur ne demandera jamais de mot de passe ou de code Steam Guard (le 2FA de Steam).

CEVA conserve les informations des clients de Steam pour les produits physiques jusqu’à 90 jours après la commande. L’enquête est toujours en cours, Valve ayant été notifiée de la fuite le 7 août. Les systèmes affectés ont été isolés et mis hors ligne. Étrangement, l’opérateur de Steam « fait pression » sur CEVA pour connaitre l’étendue complète de ce qui a été volé et la manière dont l’extraction s’est déroulée. Valve est aussi en train d’informer les autorités de protection des données dans les pays concernés.

La France ouvre la route aux robots livreurs autonomes

10 août 2026 à 13:42
Attention aux ronds-points
La France ouvre la route aux robots livreurs autonomes

Faudra-t-il un jour partager les routes avec les robots livreurs ? La voie est en tout cas libre, du moins du point de vue de la réglementation : le ministère des Transports a publié un arrêté qui homologue ces véhicules bien particuliers en France.

Assurer la livraison du dernier kilomètre, c’est un des plus importants enjeux des plateformes de commerce en ligne. Elles vont pouvoir ajouter à leur arsenal un nouvel outil : les robots autonomes. Le ministère des Transports autorise désormais leur homologation depuis la publication de l’arrêté du 28 juillet. Ces robots « compacts, électriques et conçus pour effectuer de courtes distances » pourront donc circuler sur la voie publique, en dehors des trottoirs.

Feu vert pour les robots livreurs

En plus de rouler sur batterie, ces véhicules pourront être équipés de capteurs comme des lidars, des caméras et des radars, et bien sûr de logiciels embarqués pour se repérer sur la route. De quoi se déplacer de manière autonome dans une zone ou sur un parcours prédéfini. « Ces robots contribueront à construire une logistique urbaine plus propre, plus silencieuse et plus efficace, au bénéfice des collectivités, des entreprises et des citoyens », annonce Philippe Tabarot, ministre des Transports.

Ces véhicules de catégorie L – qui recouvre les cyclomoteurs, les motos, les tricycles motorisés et les quadricycles de type voitures sans permis – resteront supervisés à distance pour répondre aux difficultés qu’ils pourraient rencontrer en chemin. Il sera intéressant de voir comment ils géreront les ronds-points, véritable spécificité française qui nécessite une adaptation des logiciels de conduite autonome.

Mais pour le reste, il s’agira de véhicules sans présence humaine à bord, et on ne parle pas que de petits chariots sur roues : il sera ainsi possible d’homologuer des modèles pouvant mesurer jusqu’à 4 mètres de long, 2 mètres de large et 2,5 mètres de haut, avec une charge utile pouvant atteindre 1 000 kg. Ils pourront aussi assurer des livraisons sur « plusieurs dizaines de kilomètres ».

Les véhicules seront soumis aux réglementations sur la protection des données personnelles ainsi qu’aux obligations en matière de cybersécurité. Il reviendra aux collectivités locales de déterminer les zones ou les itinéraires sur lesquels ces livreurs d’un nouveau genre pourront circuler.

Des livraisons oui, des humains non

La conduite autonome totale transportant des personnes sur route ouverte, partout et sans contrainte, n’est pas autorisée aujourd’hui en usage général. Les véhicules de niveau 3 peuvent déléguer temporairement la conduite au système, mais le conducteur doit rester en mesure de reprendre la main lorsque le véhicule le demande. Cette délégation n’est possible que dans des conditions précises d’utilisation, notamment environnementales, routières et de trafic. Les niveaux 4 et 5 restent, en pratique, limités à des cas très encadrés : navettes ou services automatisés, généralement sur des parcours ou dans des zones bien définies.

Le gouvernement a récemment refusé d’autoriser la conduite assistée de Tesla (FSD), tout en se disant prêt à homologuer des véhicules autonomes dès l’année prochaine. La France a procédé à plus de 200 expérimentations de véhicules autonomes depuis 2015.

Si la conduite autonome d’humains attendra des jours meilleurs, l’exécutif a été plus réactif sur les robots de livraison, alors que « les travaux engagés au niveau international, tant au niveau de l’ONU que de l’Union Européenne, pour définir un cadre pour l’homologation des robots de livraison autonomes sont encore en cours », rappelle le ministère. « En ouvrant la voie à l’homologation des robots de livraison autonomes, notre pays confirme sa place parmi les plus avancés au monde dans ce domaine, fort d’un écosystème reconnu dans l’intelligence artificielle et les technologies connectées », se réjouit Philippe Tabarot.

En Australie, Meta paye des suprémacistes blancs et anti-vaccins pour publier sur Facebook

10 août 2026 à 10:20
Business de la haine
En Australie, Meta paye des suprémacistes blancs et anti-vaccins pour publier sur Facebook

Depuis octobre 2024, Meta a mis en place un programme de monétisation de contenus sur Facebook. En Australie, l’entreprise y a invité des influenceurs connus pour leurs propos racistes et anti-vaccins.

Meta a mis en place, depuis plus d’un an, un programme de monétisation de contenu Facebook regroupant tous ses outils permettant aux « créateurs » «de générer plus facilement des revenus grâce à un plus grand nombre de formats de contenu ». L’entreprise filtre les utilisateurs qui peuvent y avoir accès. Mais, en Australie, des influenceurs suprémacistes blancs et antivaccins y ont été invités par l’entreprise de Mark Zuckerberg et ainsi y poster des contenus qui violent les règles que Meta a elle-même écrites.

Selon le média australien ABC, ce programme permet notamment au militant d’extrême droite Hugo Lennon d’être rémunéré pour la promotion de ses idées racistes.

Hugo Lennon, un jeune et riche influenceur d’extrême droite invité par Meta

D’après notre consœur Lucy Carter,Hugo Lennon bénéficie du programme de monétisation de contenus de Meta depuis le mois de septembre 2025. Ce même mois, Hugo Lennon (connu sous le pseudo « auspill ») a organisé une marche xénophobe contre les immigrés devant le Parlement australien.

L’événement et sa promotion en ligne ont rapidement fait passer ce jeune homme de 21 ans, fils d’une famille dirigeant un vaste empire immobilier, de TikTokeur publiant des vidéos conseillant de « glacer ses testicules » à influenceur de l’extrême droite australienne accusant les migrants d’être responsables de la crise du logement dans le pays, expliquait à l’époque le Sydney Morning Herald.

Le journal australien indique que l’influenceur inquiétait même son homologue états-unien Charlie Kirk, qui lui avait exhorté à se détourner de « l’ethno-nationalisme blanc » lors d’un débat peu avant sa mort. Plus d’un an auparavant, sous pseudo, Hugo Lennon participait à une discussion sur Telegram avec des figures clés du mouvement néonazi australien où les utilisateurs discutaient de doxxing et débattaient sur leurs traductions préférées de l’ouvrage d’Hitler, Mein Kampf. Bref, les positions d’extrême droite étaient connues publiquement avant même qu’il soit invité par Meta dans son programme de monétisation de contenus.

Hugo Lennon a bénéficié de ce programme, selon ABC qui a obtenu l’information grâce à l’association What to fix!. Celle-ci a mis en place une base de données récupérant les informations des listes des « éditeur·ices partenaires » de Meta. L’entreprise a fait un petit effort de transparence en proposant d’examiner ces listes, mais celles-ci ne sont pas ouvertes à tous. Pour les consulter, il faut avoir un « portefeuille business dans Meta Business Suite ».

En violation des règles mises en place par Meta pour ce service

Selon notre consœur de ABC, lorsqu’elle l’a consultée, la page Facebook de Hugo Lennon était en violation directe avec les règles de Facebook en matière de monétisation de contenus. Celles-ci indiquent notamment que le contenu qui « traite ou aborde des sujets relevant de « sujets sociaux contreversées » » comme la « race », le genre ou les origines nationales et ethniques ne peut être monétisé.

Hugo Lennon n’est pas le seul partenaire de Meta pointé du doigt par ABC. Ainsi, le site web d’extrême droite australien The Noticer qui promeut les idéologies de suprémacisme blanc et néo-nazie, a été intégré au programme de Meta depuis novembre 2025 (avec une courte période sans gain entre janvier et février 2026).

Ce média avait pourtant été suspendu sur une autre plateforme : X l’avait bloqué pour infraction à ses règles relatives aux profils incitant à la haine. Il vient néanmoins d’être débloqué par le réseau social d’Elon Musk. Dans son message de retour, Noticer affirme avoir été démonétisé par Meta ce week-end : « Nous avons également été démonétisés sur Facebook ce week-end et soumis à des restrictions de portée sur cette plateforme ainsi que sur Instagram, sans pouvoir savoir quelles publications auraient enfreint les règles de Meta, ni demander un réexamen ou faire appel, ce qui est inhabituel. »

Une influenceuse anti-vaccins invitée aussi, Meta se défausse de toute responsabilité

Dans la liste des influenceurs australiens inclus dans le programme de monétisation de Meta, ABC relève aussi la présence d’une page d’organisation d’une marche anti-immigration et celle de Monica Smit, une influenceuse anti-vaccins et anti-confinement. Sa page publie de la désinformation contre les vaccins ainsi que de la promotion de bracelets de « protection contre les radiations ».

« Si l’on considère que Meta entretient une relation commerciale directe avec ses éditeurs, dans la mesure où elle leur verse des redevances et où elle a conclu avec eux un accord de monétisation, on pourrait alors faire valoir qu’elle est, d’une certaine manière, responsable du contenu produit par son partenaire commercial », explique Victoire Rio, responsable de What to Fix!, à ABC.

Aucun des influenceurs d’extrême droite n’a répondu à notre consœur. Meta l’a seulement renvoyé à ses propres règles : « Nous avons mis en place des règles claires auxquelles toute personne utilisant nos outils de monétisation doit se conformer. Lorsque les pages de monétisation de contenu enfreignent nos Règles communautaires, nous appliquons des sanctions telles que la suspension temporaire ou définitive de leur capacité à générer des revenus sur nos plateformes. Les créateurs ou éditeurs qui enfreignent ces règles à plusieurs reprises seront exclus de nos plateformes ».

Elle ajoute considérer « important de faire la distinction entre les propos offensants et les contenus susceptibles d’entraîner des actes de violence dans la vie réelle ». Elle affirme : « Ces propos peuvent être offensants pour beaucoup, mais ce n’est pas à Meta de juger de ce qui est offensant. »

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