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Le .fr fête ses 40 ans avec 4,6 millions de noms de domaine actifs

2 septembre 2026 à 15:17
Depuis plus de 20 ans j’ai le mien, et vous ?
Le .fr fête ses 40 ans avec 4,6 millions de noms de domaine actifs

40 ans plus tard, le .fr est un succès avec 4,6 millions de noms de domaine actifs. Depuis sa création, plus de 10 millions de noms de domaine ont été enregistrés.

Le .fr est né le 2 septembre 1986, il fête donc aujourd’hui ses 40 ans. Pour se situer, Arpanet basculait intégralement sur TCP/IP et se scindait en deux (activités militaires et le reste) en 1983, donnant ainsi naissance à Internet. Le Web date pour sa part de 1989, puis il est entré dans le domaine public en 1993.

De l’Inria à l’Afnic

Lors de sa création, la gestion du .fr incombait à l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA). En 1997, il est passé dans le giron de L’Afnic, l’Association Française pour le Nommage Internet en Coopération.

C’est « l’office d’enregistrement désigné par l’État pour la gestion des noms de domaine en .fr », explique-t-elle sur son site. L’Afnic s’occupe également des extensions ultramarines .gf (Guyane française), .gp (Guadeloupe), .mq (Martinique), .pm (Saint-Pierre et Miquelon), .re (Île de la Réunion), .tf (Terres australes françaises), .wf (Wallis et Futuna) et .yt (Mayotte).

Pour rappel, toutes les extensions à deux caractères sont attribuées à des pays uniquement et leur gestion relève de la souveraineté des États. On parle de ccTLD pour country-code Top-Level Domain. Avec trois caractères ou plus (.com, .best, .ink…) on parle de gTLD ou TLD génériques, dont le deuxième round d’ouverture vient de se clôturer. Les demandes vont maintenant être examinées.

4,6 millions de noms de domaine actif, et moi et moi…

Revenons au .fr. Selon l’Afnic, il y a pas moins de 4,6 millions de noms de domaines actifs, c’est-à-dire enregistrés et encore valides. Cela ne signifie pas qu’un site s’affiche, simplement que le nom de domaine a un titulaire.

Mais l’Afnic propose aussi, en open data, la liste de l’intégralité des noms de domaines qui ont un jour été enregistrés, et là le compteur dépasse les 10 millions (il y en a donc 5,5 millions qui ne sont plus attribués, et donc de nouveau disponibles). Il y a tout juste un an, nous avions analysés ces 10 millions de noms de domaine pour en extraire les plus loufoques et/ou surprenants, mais aussi des statistiques sur la durée de vie, la longueur, etc.

Déjà plus de 600 000 nouveaux noms de domaine en 2026

L’Afnic note une augmentation du nombre de demandes : « Le nombre de noms de domaine en .fr progresse chaque année, mais la croissance de l’extension nationale s’avère particulièrement forte en 2026. Le .fr a gagné 200 000 noms de domaine supplémentaires sur les 10 derniers mois, là où il lui avait fallu 13 mois pour gagner les 100 000 noms précédents ».

D’après nos analyses, passer de 3 à 3,5 millions de domaines a nécessité environ 30 mois, comme pour passer de 3,5 à 4 millions. La progression s’accélère avec 500 000 noms de domaine supplémentaires en 24 mois seulement. En 2025, plus de 800 000 noms de domaines ont été crées, contre plus de 600 000 sur la seule première moitié de 2026. Attention aussi au nombre de résiliations : plus de 600 00 en 2025, contre déjà 350 000 environ en 2026.

☕️ Anthropic relance la course aux modèles avec Claude Fable 5.1

2 septembre 2026 à 14:59


Après un hiatus de quasiment deux mois, Anthropic relance la machine aux modèles IA avec les versions 5.1 de Claude Fable et Mythos. Il s’agit du même modèle, mais Mythos 5.1 abaisse ses garde-fous en matière de cybersécurité et en sciences de la vie ; il n’est distribué qu’aux individus et organisations dûment autorisés.

Fable 5.1 est de son côté disponible depuis hier pour tous sur toutes les plateformes (Claude API, AWS, Google Cloud, Azure). Un de ses principaux arguments de vente est le prix. Certes, la grille tarifaire est similaire à celle de Fable 5, autrement dit 10 dollars pour un million de tokens en entrée et 50 dollars en sortie. Mais Anthropic met surtout en avant la lecture du cache plus performante qui permet de réduire les coûts de 25 % sur les charges de travail typiques.

Image : Anthropic

Sur les tâches de codage complexe qui nécessitent un long travail agentique, les économies peuvent atteindre 45 % par rapport à Fable 5. Globalement, lorsque l’usage est facturé au token – ce qui est le cas avec l’API –, la lecture du cache coûte désormais 75 % de moins (soit 0,25 dollar par million de tokens).

Image : Anthropic

En termes de performances, devinez quoi, Fable 5.1 « établit une nouvelle référence pour le code, le travail intellectuel et les tâches de résolution de problème de longue durée », affirme Anthropic. Et quand le modèle est branché sur un effort faible ou moyen, il obtient des résultats « similaires ou supérieurs » à ceux de son prédécesseur direct, pour moins cher.

Image : Artificial Analysis

Le site Artificial Analysis, une plateforme indépendante de benchmarks IA, le confirme : sur l’index principal, Fable 5.1 prend la première place devant Opus 5 et Fable 5. En revanche, le modèle affiche le coût moyen par tâche le plus élevé, et de loin (3,69 dollars) face à Opus 5 (2,34 dollars) et GPT-5.6 Sol (0,95 dollar). Enfin, Fable 5.1 intègre la fonction de filigrane pour le texte et les images, tel qu’exigé par l’AI Act européen.

Nexus Mods met la main sur SteamDB

2 septembre 2026 à 14:31
L'empire des mods
Nexus Mods met la main sur SteamDB

Tremblement de terre dans le petit monde du jeu vidéo PC. SteamDB, la célèbre base de données (non officielle) qui permet d’analyser le catalogue de Steam, a été achetée par Nexus Mods. Dans l’immédiat, rien ne change. Mais la plateforme de distribution et de gestion de mods compte créer des ponts entre les deux portails.

Fondée en 2013, SteamDB s’est imposée comme un rendez-vous essentiel pour analyser les données publiques de la boutique Steam : prix, historique des promos, dépôts, statistiques de joueurs, métadonnées des jeux… L’agrégateur de données communautaire est devenu le passage obligé pour mesurer le succès ou l’échec de tel jeu, avec ce que cela apporte de transparence autant que de raccourcis parfois trompeurs.

« L’internet que nous aimions autrefois a disparu »

Le cofondateur de SteamDB, Pavel Djundik, alias xPaw, a annoncé l’acquisition de son site par Chosen, l’entreprise qui possède Nexus Mods depuis juin 2025. « Ce qui avait commencé comme un projet amateur est devenu quelque chose que je n’aurais jamais pu imaginer », écrit-il. « Le succès du service l’a fait grandir, mais cette croissance n’a pas été sans contrepartie. J’ai toujours considéré SteamDB comme un hobby, mais le nombre d’heures que j’y ai consacrées pourrait être assimilé à un travail à temps plein. »

La charge de travail a fini par épuiser xPaw, tandis que Marlamin, l’autre cofondateur, prenait du champ : « Après le Covid et avec l’essor de l’IA, l’internet que nous aimions autrefois a disparu, et ma passion avec lui. » Il a bien essayé de trouver une équipe pour reprendre le collier, mais n’a trouvé personne. Pendant ce temps, Steam a continué de grandir, que ce soit en nombre de jeux, de joueurs ou de fonctionnalités.

Nexus Mods semble être le partenaire idéal. Il s’agit aussi du projet d’un passionné (Robin Scott, alias Dark0ne) qui sert une communauté depuis plus de deux décennies et qui est devenu le point de convergence de dizaines de millions de joueurs. « Ce qui comptait le plus pour moi, c’était de trouver une équipe qui comprenne ce que signifie être responsable d’un service sur lequel la communauté s’appuie, et qui partage ma conviction qu’il faut créer des outils utiles aux joueurs », poursuit xPaw. Sa promesse :

« SteamDB restera SteamDB. L’objectif n’est pas de changer ce qui fait la singularité du projet, mais de lui donner les ressources, les capacités de développement et la stabilité à long terme que je ne pouvais plus assurer seul. »

Victor Folmann, le directeur général de Chosen, l’assure à son tour : SteamDB restera SteamDB, « avec son nom, sa marque, sa communauté et son identité propres ». Le site ne s’intégrera pas dans Nexus Mods, tandis qu’xPaw travaillera avec le nouveau proprio pour assurer une transition en douceur. Quoi qu’il en soit, SteamDB et Nexus Mods resteront des services « complètement séparés ».

Des synergies entre Nexus Mods et SteamDB

C’est en coulisse que les choses vont changer. Nexus Mods va dédier une équipe à SteamDB, lui donner une « meilleure architecture » et la capacité de grandir sans heurts. En bref, « davantage de moyens pour nous attaquer à des améliorations attendues de longue date, maintenir et développer des outils comme l’extension de navigateur, améliorer la couverture des jeux, et faire en sorte que l’avenir du site ne dépende plus d’une seule personne ayant assez d’heures dans la journée pour tout faire tourner. »

Le fonctionnement de SteamDB repose sur les clés Steam offertes par la communauté pour suivre les fichiers et les dépôts des jeux. Chosen et Nexus Mods vont désormais financer eux-mêmes l’achat des clés « pour les jeux qui ne trouvent pas toujours leur chemin jusqu’à notre plateforme. » Les contributions de la communauté demeurent cependant toujours essentielles, mais « l’amélioration de cette couverture ne dépendra plus entièrement des dons ».

Côté Nexus Mods, SteamDB pourra servir à toutes sortes de choses : « aider quelqu’un qui consulte un jeu sur SteamDB à découvrir sa communauté de modding, intégrer des informations utiles du site à Nexus Mods, ou encore utiliser les données de versions de SteamDB pour rendre l’installation et la maintenance des mods moins pénibles. »

Sur un plan plus pragmatique, SteamDB connait les fichiers qui composent chaque version de chaque jeu sur Steam et ce depuis plus d’une décennie. Des informations précieuses pour faciliter le modding et empêcher de casser les configurations de mods qui sont conçus pour une version spécifique d’un jeu. « L’historique des versions de SteamDB est la fondation manquante pour corriger ce problème, pour tout le monde, dans tous les gestionnaires de mods », précise la FAQ.

Moins réjouissant, il est aussi question de monétisation car si SteamDB restera gratuit, le site devra aussi gagner de l’argent. Pas question de le placarder de pubs, de vendre les données des utilisateurs ou de mettre en place un paywall payant sur le site actuel. Mais des partenariats et des liens d’affiliation ne sont pas à exclure. Et si de « véritables nouveautés » doivent apparaître (comme une API), « nous prendrons des décisions à leur sujet le moment venu ; mais rien de ce que vous connaissez et utilisez aujourd’hui ne sera retiré pour vous être revendu ensuite. »

☕️ Sur Mac, les développeurs tiers peuvent laisser tomber les machines Intel

2 septembre 2026 à 13:32


Apple a envoyé un e-mail aux développeurs tiers pour les avertir d’un changement : « Nous vous contactons pour vous informer que les apps universelles pour macOS proposées sur le Mac App Store et nécessitant macOS 13 ou une version ultérieure peuvent désormais abandonner la prise en charge des Mac à processeur Intel ».

Cette prise en charge était obligatoire pour toute application publiée sur le Mac App Store, mais ne l’était bien sûr pas pour celles distribuées autrement. Le passage à l’architecture Arm remontant aujourd’hui à six ans avec la puce M1, le signal est clair : il est temps de passer à autre chose.

Puce Apple Silicon

Apple vante d’ailleurs les avantages d’un tel abandon. En ciblant uniquement « arm64 » dans les réglages de compilation de l’application, le développement n’en sera que plus simple. En outre, plus besoin de passer par des binaires universels embarquant toutes les données pour les deux architectures (x86_64 et arm64). L’application s’en retrouvera d’autant allégée. Reste une condition : elle doit viser macOS 13 au moins.

Il n’y a bien sûr pas d’obligation à suivre ce conseil, les développeurs pouvant toujours compiler pour Intel s’ils le souhaitent. Comme l’indiquent nos confrères de MacG, macOS 27 et son Xcode correspondant ne pourront s’installer que sur des Mac Apple Silicon, plantant un nouveau clou dans le cercueil. macOS 27, alias Golden Gate, sera également la dernière version à prendre en charge la couche d’émulation Rosetta 2. 2027 sonnera définitivement le glas de l’architecture Intel chez Apple.

DMA : Opera perd devant le Tribunal de l’UE, Edge n’est pas un contrôleur d’accès

2 septembre 2026 à 12:36
Pas assez gros
DMA : Opera perd devant le Tribunal de l’UE, Edge n’est pas un contrôleur d’accès

Dans la bataille des navigateurs web, Opera a essayé de mettre des bâtons dans les roues de Edge. L’entreprise norvégienne a insisté auprès de l’Europe pour que le navigateur de Microsoft soit désigné contrôleur d’accès au titre du DMA. La Commission a refusé et le Tribunal de l’Union européenne vient de confirmer cette décision.

Le DMA (Digital Markets Act) est un nouvel outil pour les petits acteurs du numérique pour imposer des obligations aux plus gros. Mais ça ne fonctionne pas toujours. Ainsi, Opera a loué les mérites du texte européen en 2024 et s’est empressé de demander à ce que le navigateur de Microsoft, Edge, soit désigné contrôleur d’accès. Mais Tribunal de l’Union européenne vient de confirmer la décision de la Commission européenne de ne pas considérer Edge comme un point d’accès majeur au sens du DMA.

Les critères quantitatifs sont pertinents

C’est en février 2024 que la Commission européenne s’était prononcée sur le sujet. Microsoft avait, en réalité, pris les devants en demandant à l’institution européenne d’évaluer si ses propres outils, et notamment Edge, pouvaient être considérés comme des contrôleurs d’accès au titre du DMA. Comme le résume le Tribunal de l’Union européenne, la Commission avait considéré que « Microsoft avait certes atteint tous les seuils requis au titre de la « désignation quantitative ", mais était parvenue à renverser les présomptions en démontrant qu’elle ne satisfaisait pas aux exigences pour être désignée comme contrôleur d’accès ».

« Comme Edge n’a pas été désigné comme contrôleur d’accès dans le cadre du DMA, le très populaire système d’exploitation Windows [qui est par contre désigné comme contrôleur d’accés, ndlr] est toujours en mesure d’empêcher les utilisateurs de choisir et de continuer à utiliser un autre navigateur comme navigateur par défaut du système et il continue à traiter son propre navigateur, Edge, de manière préférentielle », fustigeait Opera à l’époque pour justifier sa plainte devant le Tribunal de l’Union européenne.

Plus concrètement, l’entreprise norvégienne reprochait à la Commission de s’être appuyée sur les chiffres d’utilisation d’Edge fournis par Microsoft, à savoir qu’« au mois de décembre 2022, Edge ne représentait que 5,8 % des pages Internet consultées sur tous les types d’appareils dans la région « Europe » » et qu’ « entre 2020 et 2022, ce chiffre aurait été de 3,9 % ».

Pour le Tribunal de l’Union européenne, cet argument ne tient pas. En effet, il constate que « le considérant 23 du DMA mentionne expressément, parmi les éléments qui sont directement liés aux critères quantitatifs, l’importance du SPE [service de plateforme essentiel, ici Edge] de l’entreprise, compte tenu de l’ « échelle globale des activités du [SPE] concerné » ». « Ainsi, la Commission peut tenir compte de la faible échelle d’utilisation d’un SPE pour conclure que celui-ci ne constitue pas un point d’accès majeur », explique le Tribunal.

Blink est le vrai point de contrôle pour le Tribunal

Opera critiquait aussi le fait que l’institution européenne se soit basée sur le fait qu’Edge utilisait Blink, comme moteur de rendu HTML. « La manière dont le contenu est rendu sur Edge par les entreprises utilisatrices aux utilisateurs finaux dépend de la conformité avec le moteur de rendu «Blink» du navigateur d’Alphabet, plutôt que d’un choix autonome de Microsoft », affirmait la Commission. L’entreprise norvégienne trouvait que la Commission n’avait pas suffisamment expliqué en quoi cet argument permettait d’écarter le fait qu’Edge constituait un point d’accès majeur.

Le Tribunal précise, lui, que le considérant 43 du DMA met « en exergue l’importance d’un moteur de navigateur pour le fonctionnement d’un navigateur Internet et permet ainsi de comprendre que l’utilisation, par le fournisseur d’un tel navigateur, d’un moteur de navigateur d’un tiers est susceptible de réduire la capacité de ce fournisseur à déterminer la vitesse, la fiabilité et la compatibilité de son navigateur Internet, à savoir les principales fonctionnalités de ce dernier, lesquelles constituent, sans que cela soit contesté, des éléments essentiels, notamment, pour des entreprises utilisatrices ».

Il en profite pour mettre un petit taquet à Opera en rappelant que son navigateur utilise aussi Blink : « Or, de tels fournisseurs sont nécessairement conscients du rôle de Blink dans la conception de navigateurs Internet et des implications qu’une dépendance au moteur de navigateur d’un tiers est susceptible d’avoir pour évaluer si un navigateur Internet constitue un point d’accès majeur ».

Le Tribunal a enfin rejeté l’argument d’Opera sur l’existence de tout l’écosystème de Microsoft autour de Edge pour considérer le navigateur comme un point d’accès majeur. Encore une fois, la faible échelle d’utilisation de Edge est, selon le Tribunal, un argument suffisant pour rejeter ce point.

Au final, le Tribunal considère qu’Opera n’a pas apporté d’argument pertinent pour que Edge soit désignée comme contrôleur d’accès.

Opera peut encore former un pourvoi devant la Cour de justice de l’Union européenne dans un délai de deux mois et dix jours à compter de sa notification.

États-Unis : les caméras Flock, détestées depuis tous les bords politiques

2 septembre 2026 à 09:54
Vigilance constante
États-Unis : les caméras Flock, détestées depuis tous les bords politiques

Déployées largement à travers le pays, plébiscitées par les forces de l’ordre mais critiquées pour leurs usages abusifs, les caméras de lecture de plaques minéralogiques et de reconnaissance de véhicules Flock sont devenues un nouveau sujet transpartisan de détestation technologique aux États-Unis.

Comment devient-on la marque la plus détestée d’un pays en quelques mois ? Sur les réseaux sociaux, des appels à vandaliser ou des vidéos représentant des manières de masquer ces caméras ont circulé tout l’été, jusqu’en France, alors même qu’elles ne sont pas installées dans l’Hexagone.

La vague vient des États-Unis. Sur place, le constructeur a déployé un réseau de 130 000 caméras capables de scanner les plaques minéralogiques de voitures et de collecter la marque, le modèle et tout autre signe caractéristique de n’importe quel véhicule, dans tous les États à l’exception de l’Alaska. Devant la force et les dysfonctionnements de la base de donnée ainsi constituée, par ailleurs équipée d’outils d’intelligence artificielle, les protestations se multiplient.

8,4 milliards de valorisation pour un réseau de surveillance équipé d’IA

Fondée en 2017, Flock est parvenue à faire adopter largement ses caméras aux États-Unis. Avec 7 000 agences de forces de l’ordre recourant à ses services, soit 40 % des services de police du pays, la société s’est assurée une croissance portant sa valorisation à 8,4 milliards de dollars en avril 2026.

Flock assure avoir permis de résoudre un million d’enquêtes criminelles en un an, d’après Vox. Quant aux forces de l’ordre, elles indiquent que la possibilité de suivre un suspect d’un État à l’autre est un enjeu critique pour résoudre des problématiques aussi variées que des vols de voitures, des disparitions inquiétantes ou des enlèvements d’enfants.

Le problème est qu’un outil aussi puissant fonctionne rarement sans revers. En l’occurrence, les cas de recherches illégales menées grâce à Flock se sont multipliés. Ainsi de la cinquantaine d’officiers de police (connus) recourant à la machine pour suivre les faits et gestes de leurs ex-partenaires, de son usage pour aider les agents de l’ICE (l’agence locale de l’immigration et des douanes), ou encore de la fouille de 80 000 caméras à travers le pays pour retrouver (sans succès) une femme dénoncée par son partenaire pour avoir réalisé un avortement, etc.

Une illustration de l’état de surveillance

Pour toutes ces raisons, Flock est devenue, pour le public, une forme d’incarnation de toutes sortes d’enjeux de surveillance aux États-Unis.

Alors que des spécialistes des droits numériques alertaient de longue date contre les implications de ce type de dispositif en termes de vie privée, la population en a pris une plus large conscience lorsque ces caméras ont été ouvertement détournée de leur usage – outre aider l’ICE au-delà du cadre légal, elles ont pu servir à surveiller certaines manifestations. Dans certains cas, leur usage a par ailleurs été lié à des erreurs judiciaires.

Flock a assuré prendre des mesures pour lutter contre les usages abusifs, dont la réduction de la sauvegarde des données, passant d’un mois à une semaine (l’entreprise admet elle-même que 90 % des recherches ont lieu dans la semaine qui suit l’enregistrement), et la création d’un mode particulier dédié aux enquêtes ouvertes. Dans ces cas-là, les données recherchées et collectées sont stockées plus longtemps. Garrett Langley, le directeur de l’entreprise, a même admis avoir mis trop de temps à réagir aux usages abusifs de ses outils.

Pour autant, les mesures proposées peinent à convaincre, alors que l’entreprise semble maintenir ou réinstaller des caméras après que des collectivités ont mis fin à leurs contrats. Dans certains cas, les villes concernées se contentent de signer de nouveaux contrats avec des concurrents du fournisseur originel.

Résultats, certains citoyens décident de s’attaquer par eux-mêmes au mobilier installé par Flock. Ils s’en prennent aux poteaux sur lesquels les caméras sont installées, d’autres appellent à utiliser l’art pour boucher la vue (quand ils ne se font pas passer pour Darth Vader afin de mieux s’y opposer). Des projets collaboratifs, comme DeFlock, visent à répertorier les caméras de lecture de plaques partout aux États-Unis.

Des représentants de tous bords renoncent à Flock

L’opposition populaire est telle que, à l’instar de la multiplication des centres de données, les caméras Flock deviennent un nouveau sujet technologique capable de réunir les bords politiques les plus opposés aux États-Unis. Dans la population, républicains et démocrates tombent en effet d’accord sur leur détestation de ces dispositifs.

Le sénateur républicain Josh Hawley a lancé une enquête sur le fonctionnement des outils de l’entreprise, tandis que son collègue Ron DeSantis a publiquement qualifié ces technologies de « hors de contrôle ». Toujours côté républicain, le gouverneur du Texas a cité différents cas d’usage abusif de l’outil, rapporte TechCrunch, à commencer par celui d’un officier de police texan, poursuivi pour avoir consulté la base de données de Flock afin de suivre des personnes sans autorisation, pour justifier une récente décision visant à minimiser le recours aux outils de l’entreprise. Côté démocrate, Bernie Sanders s’est aussi exprimé pour critiquer Flock et la « surveillance de masse par IA ».

Concrètement, plusieurs États travaillent désormais à couper leurs liens avec Flock, alors que soixante villes ont déjà mis fin à leurs contrats avec l’entreprise. Le ministère des Transports de Floride cite notamment des « rapports inquiétants de messages, des problèmes de gestion des données et de la vie privée, et des pratiques de surveillance » pour motiver sa décision, qui oblige l’État à se séparer de ses caméras dans les 30 prochaines jours. En Pennsylvanie, le gouverneur démocrate Josh Sapiro a quant à lui appelé à la rédaction d’une loi bipartisane pour les interdire à travers l’État.

Mais la pression populaire n’évolue pas sans contestation des principaux concernés : à San Francisco, l’entreprise travaille par exemple activement à minimiser les voix qui s’opposent à elle. À l’approche des élections de mi-mandat, prévues pour ce mois de novembre, nul doute que la gestion de ces caméras animera les débats américains.

☕️ Capgemini continue de travailler pour l’ICE

2 septembre 2026 à 08:39


La filiale américaine Capgemini Government Solutions avait signé en 2025 plusieurs contrats avec l’ICE, l’agence américaine de l’immigration transformée par Trump en milice.

Quelques jours après la révélation de ces accords, le groupe annonçait la mise en vente de sa filiale. Il affirmait à cette occasion que « Capgemini a estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux États-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au Groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale, afin d’assurer un alignement avec les objectifs du Groupe ».

Mais, comme l’explique le média Observatoire des multinationales, cette vente n’est pas encore effective. Et, entre temps, l’entreprise a obtenu une extension de son contrat en cours jusqu’à la mi-mai puis un nouveau contrat avec l’ICE validé le 26 aout par l’administration états-unienne :

« Comme nous l’avons expliqué précédemment, Capgemini a décidé de lancer le processus de cession de CGS en raison des contraintes spécifiques de gouvernance liées à la nature de ses activités. Ce processus est en cours, et fera l’objet d’une communication une fois finalisé. », a répondu le groupe interrogé par l’Observatoire des multinationales.

Un service pirate permettait de consulter 153 millions de permis de conduire américains

2 septembre 2026 à 08:01
Tous dans la même passoire
Un service pirate permettait de consulter 153 millions de permis de conduire américains

L’ancien journaliste spécialisé dans la cybersécurité Bryan Krebs raconte comment il a découvert un service illégal donnant accès à la bagatelle de 153 millions de permis de conduire enregistrés aux États-Unis et au Canada. Ses recherches indiquent que les données semblent avoir été extraites depuis les systèmes d’un prestataire spécialisé dans la vérification d’identité. Le FBI a lancé une enquête.

N’en déplaise aux Cassandre, voilà une découverte qui rappelle que la problématique des fuites de données n’est pas exclusive à la France. Bryan Krebs, ancien journaliste reconverti dans le conseil en cybersécurité, vient ainsi de raconter comment il a découvert la mise à disposition, via un outil dédié baptisé Nexus, d’un jeu de données revendiquant quelque 170 millions de documents d’identité provenant des États-Unis et du Canada. L’outil était mis à disposition au travers d’un forum russe dédié à la revente de données, et semble avoir été placé hors ligne suite à la divulgation de son existence.

Un guichet ouvert sur 153 millions de permis de conduire

Krebs explique avoir été alerté lundi 31 août par une source qui, pour faire bonne mesure, lui a transmis une capture d’écran des informations relatives à son propre permis de conduire. Dans la foulée, il accède à l’outil. D’après les résultats de recherche retournés par ce dernier, la base de données afférente listait donc 153 millions de permis de conduire, mais aussi 10 millions de cartes d’identité, près de 2 millions de documents de voyage, et près de 600 000 cartes médicales.

Le chercheur remarque, au fil de ses investigations, que les compteurs ne cessent de s’incrémenter, ce qui laisse supposer une base alimentée en continu, et donc une source de données qui ne s’est pas tarie. Il affirme ainsi avoir constaté l’ajout de 400 000 nouveaux permis de conduire sur une fenêtre de 24 heures.

Une dynamique confirmée par les auteurs de l’outil. Sur l’annonce qui présente leurs services, ils affirment ainsi : « Depuis plus d’un an, nous enrichissons continuellement notre base de données privée avec de nouvelles données », selon les propos rapportés par Krebs.

D’où viennent les données en question ? L’ancien journaliste indique avoir sollicité douze de ses contacts en leur demandant l’autorisation de vérifier si leurs documents figuraient dans la base. La recherche a retourné des résultats positifs pour neuf d’entre eux.

Après recoupements, Bryan Krebs associe la présence de leurs documents à des voyages récents, et notamment à des locations de voiture chez Hertz, mais pas uniquement. C’est le cas par exemple d’un autre chercheur en cybersécurité alerté par ses soins, selon qui les captures visibles via Nexus et l’horodatage associé correspondent à une location de voiture lors de vacances récentes. Zach Edwards, un autre chercheur en cybersécurité sur lequel Krebs a mené une recherche fructueuse, indique n’avoir fourni son permis de conduire qu’à l’enregistrement dans un hôtel de Las Vegas et à l’entrée d’un dispensaire de cannabis à l’occasion d’un déplacement à la Defcon.

Identifier le single point of failure

De fil en aiguille, Bryan Krebs trouve le point commun aux différents services concernés : un prestataire états-unien spécialisé dans la vérification d’identité, IDScan, qui se présente comme le leader dans la lutte contre la fraude aux fausses pièces d’identité, et revendique une longue liste de clients, dont Hertz et la chaîne de dispensaires concernée, mais aussi FedEx, plusieurs constructeurs automobiles, Shell et sans doute d’autres acteurs du monde du transport dont le nom reste confidentiel. Contactée par ses soins, l’entreprise n’a pour l’instant pas commenté ou confirmé la possibilité d’une fuite de données.

Un aperçu des clients revendiqués par IDScan sur son site Web – capture d’écran Next

Le sujet a, quoi qu’il en soit, très vite attiré l’attention du FBI. Bryan Krebs raconte avoir été ajouté à une conférence téléphonique avec plusieurs agents spécialisés dans la cybercriminalité du Bureau. « Ils ont probablement été mis au courant lorsque j’ai révélé à une source fiable que Nexus vendait également les informations relatives au permis de conduire du directeur adjoint du FBI (je n’ai pas trouvé le permis de conduire du directeur du FBI, Kash Patel, sur Nexus) », glisse-t-il.

Reste à voir quelle sera la réponse apportée par ID Scan, et sous quel délai l’accès temps réel aux données sera coupé ? Un commentaire laissé sous le billet de Krebs laisse entendre que l’entreprise a commencé à alerter ses clients entreprise mercredi 2 septembre, sans qu’il soit possible à ce stade de vérifier la légitimité du message.

Firefox 155 apporte sa Fenêtre intelligente en France, la version iOS bloque la publicité

2 septembre 2026 à 07:40
L'IA à la sauce Mozilla
Firefox 155 apporte sa Fenêtre intelligente en France, la version iOS bloque la publicité

Mozilla vient de publier de nouvelles versions de son navigateur pour l’ensemble des plateformes. Certaines contiennent des nouveautés importantes, particulièrement sur ordinateur et iOS.

Nouvelle mouture pour le navigateur de Mozilla, avec comme principale nouveauté la disponibilité de la Smart Window pour l’ensemble des utilisateurs en France, au Canada et aux États-Unis. En français, elle prend d’ailleurs officiellement le nom de « Fenêtre intelligente ».

Cette fonction est toujours en bêta et reste optionnelle. On y accède par le bouton Firefox situé en haut à droite de la fenêtre, près du menu hamburger (trois traits). Son utilisation réclame un compte Firefox, ce mode de navigation permettant ensuite de résumer des pages, comparer plusieurs onglets, retrouver des informations dans des onglets ou l’historique, obtenir des recommandations et ainsi de suite. Une fois la fonction activée, on peut choisir de toujours lancer Firefox dans ce mode.

Notez que la prise en charge de l’historique ne se fait qu’au sein de cette fenêtre intelligente. En outre, les conversations et « souvenirs » sont stockés localement, mais les requêtes transitent par les serveurs de Mozilla puis éventuellement vers d’autres, selon le modèle utilisé. Par défaut, Mistral Small 4 est recommandé. On peut également choisir entre Gemini 3.1 Flash Lite, Qwen 3 235B ou un autre LLM, à condition de fournir le point de terminaison et la clé API (ou jeton d’authentification).

Firefox 155 améliore dans la foulée cette fonction. Mozilla ajoute par exemple sous la fenêtre de conversation des boutons pour retourner rapidement dans des recherches précédentes. Les recherches passant par Exa sont également décrites comme beaucoup plus rapides, et la fonction d’organisation intelligente des onglets se veut plus pertinente. Rappelons que Firefox propose un réglage pour désactiver toutes les fonctions IA.

Parmi les autres nouveautés, on peut citer un nouveau compteur de traqueurs bloqués apparaissant au début de la barre d’adresse. Les conteneurs, « apparus » avec Firefox 153, peuvent maintenant être réorganisés, l’ordre choisi apparaissant ensuite partout où cette liste est affichée. Firefox 155 corrige en outre de nombreux bugs, dont un gênant qui pouvait empêcher une machine sous Linux d’entrer en veille après une longue session de navigation. Enfin, la version colmate une trentaine de failles de sécurité, dont 13 de dangerosité élevée.

Firefox pour iOS a désormais son Ad Blocker

Aux côtés de cette version pour ordinateurs, Firefox pour iOS a lui aussi du neuf. Mozilla a annoncé très officiellement ce 1ᵉʳ septembre l’intégration d’un bloqueur de publicité, nommé Ad Blocker. Il est construit sur la base de l’API d’Apple pour bloquer les contenus et la liste de filtrage EasyList. Une technique qui n’est pas neuve, Vivaldi proposant une fonction équivalente.

Ce blocage publicitaire n’est pas activé par défaut. Il faut se rendre dans les réglages puis dans la partie Navigation. Dans son billet, Mozilla prévient que l’efficacité de sa fonction n’est pas garantie : « Le bloqueur de publicités ne bloquera pas toutes les annonces. Les publicités diffusées directement par le site que vous visitez et les annonces affichées dans les résultats de recherche apparaîtront toujours ». En outre, les raccourcis et autres contenus sponsorisés affichés par Firefox ne sont pas pris en charge, mais peuvent être désactivés via un réglage séparé.

Ce bloqueur de publicités est une fonction supplémentaire et peut donc fonctionner de concert avec la protection améliorée contre le suivi qui, elle, s’occupe de bloquer les traqueurs.

Mozilla en profite pour lancer une pique à Apple dans un billet séparé (en lien dans l’annonce) : il serait temps que l’entreprise propose une véritable architecture pour les extensions de navigateur. Safari en propose, mais leur récupération passe par l’App Store. Rien d’équivalent n’est prévu pour les autres, Mozilla fustigeant au passage (une nouvelle fois) l’obligation d’utiliser WebKit comme moteur de rendu. Sur Android, rien de tout cela : Firefox utilise son moteur Gecko et prend en charge les extensions depuis longtemps.

DLSS 5 : NVIDIA promet (encore) une IA générative sous contrôle

2 septembre 2026 à 06:08
Won't somebody please think of the artists!
DLSS 5 : NVIDIA promet (encore) une IA générative sous contrôle

Après la colère des joueurs puis les fuites, vient le temps du lancement officiel : le DLSS 5 de NVIDIA fera ses premiers pas le 4 septembre. Les joueurs de NBA 2K27 seront les premiers servis, pour peu qu’ils possèdent un PC équipé d’une carte graphique RTX 5000 (ou qu’ils jouent dans le nuage avec GeForce Now). Tous les développeurs sont invités à monter dans ce train, qui a bien failli dérailler dès son annonce au mois de mars.

C’est l’artiste qui impulse la vision, et il n’est pas question de la remplacer par de l’IA slop. C’est le message martelé par NVIDIA pour présenter, une seconde fois, le DLSS 5 et sa nouveauté phare, le rendu neuronal guidé par la 3D (3D-Guided Neural Rendering). Constatant qu’obtenir un niveau de rendu photoréaliste digne de Hollywood était hors de portée dans les jeux vidéo, l’entreprise prend donc l’approche de l’IA générative.

Bien sûr, l’IA a toujours été au cœur de la technologie d’upscale de NVIDIA depuis le lancement du Deep Learning Super Sampling en 2018. Elle se contentait jusqu’à présent – si on peut dire – de reconstruire des données déjà présentes dans une scène pour produire des images en plus haute résolution, des images supplémentaires ou un meilleur rendu ray tracing. Le DLSS 5 va beaucoup plus loin : il veut « transformer la fidélité visuelle » en utilisant l’IA générative pour « révéler des éclairages et des détails de matériaux » impossibles à obtenir actuellement, en raison des contraintes techniques de calcul en temps réel.

Pas le ChatGPT du rendu graphique

NVIDIA parle d’IA générative, mais pas question pour autant de comparer le rendu neuronal à ChatGPT. Le DLSS 5 ne génère pas de scènes à partir d’un prompt textuel : il s’appuie sur les images rendues par le moteur du jeu en temps réel, avec leur géométrie, textures et éclairage « conçus par les artistes ». La technologie n’intervient pas en amont de la génération de l’image, c’est « l’ultime étape de rendu du pipeline graphique » – et non pas un remplacement du pipeline.

« [Le DLSS 5] enrichit les scènes avec des éclairages et des matériaux plus réalistes, tout en garantissant que l’image du moteur détermine ce qui doit rester inchangé, et que l’artiste décide de ce qui peut évoluer. »

Cette obsession de l’artiste revient en boucle, pour une très bonne raison : en mars, l’annonce du DLSS 5 a provoqué un tsunami de critiques dirigé vers NVIDIA. Jensen Huang, le patron de l’entreprise, avait remis une pièce dans la machine en affirmant que les joueurs qui critiquaient la technologie avaient « complètement tort ». Il a tenté de se rattraper un peu plus tard en disant comprendre les inquiétudes, et affirmé que lui non plus n’aimait pas l’IA slop.

Les premières démonstrations du DLSS 5 ne plaidaient pas en sa faveur. Les personnages passés à la moulinette du rendu neuronal semblaient en effet sortis d’autres jeux. Pire encore, beaucoup soupçonnaient NVIDIA de patouiller avec la géométrie des visages en ignorant complètement la direction et l’intention artistiques.

L’art et ce qu’il en reste

L’heure est donc venue de l’explication de texte, pour calmer les inquiétudes légitimes des joueurs, et possiblement, celles des studios qui verraient d’un mauvais œil NVIDIA uniformiser le rendu graphique des jeux. Il s’agit donc, en premier lieu, de « préserver l’intention artistique ».

Image : NVIDIA

Le DLSS 5 analyse ce qui se trouve dans l’image (objets, matériaux, sources de lumière) pour « enrichir » la scène. NVIDIA promet une peau plus naturelle, une lumière plus crédible dans les cheveux et le feuillage, et des ombres de contact plus marquées. Mais le tout reste, insiste l’entreprise, ancré dans l’image originale produite par le moteur et « conçue par les artistes » — on y revient.

Images NVIDIA

Les développeurs gardent le contrôle de ce que le DLSS 5 peut faire aux images de leurs jeux. Plusieurs modèles et paramètres sont à leur disposition pour moduler l’intensité structurelle et les effets du rendu neuronal en fonction des scènes. Il est même possible d’exclure du traitement neuronal une partie de l’image, par exemple le visage d’un personnage, avec un système de masque.

Deuxième priorité : le modèle IA de NVIDIA ne saurait être comparé à celui d’un modèle de génération de vidéos par IA, où chaque séquence présente des variations et des différences dans le rendu des personnages et des décors. Le DLSS 5 repose sur un principe intangible : « une image en entrée, une image en sortie ». Cela doit garantir, selon l’entreprise, la stabilité de chaque image générée en évitant les artefacts classiques des vidéos IA (scintillements, effets de flottement, dérives temporelles).

Image NVIDIA

Enfin, la dernière priorité est que tout cela se réalise en temps réel à partir d’un seul GPU (les démonstrations initiales tournaient sur des PC équipés de deux RTX 5090…). Des optimisations supplémentaires sont dans les tuyaux.

Et maintenant, jouez

En termes de performances, NVIDIA donne des exemples plutôt flatteurs mais sur des PC très bien équipés (64 Go de mémoire et Ryzen 7 9800X3D). Il sera beaucoup plus intéressant, et probablement plus révélateur, de mesurer les FPS sur des machines grand public. La version du DLSS 5 récupérée par des moddeurs donne un framerate réduit de 40 à 50 %.

Lors de la première présentation polémique de la technologie, NVIDIA avait mis en avant le support de plusieurs éditeurs et studios de développement, parmi lesquels Capcom, Ubisoft, Bethesda ou encore Warner. Il ne fait guère de doute qu’ils seront au rendez-vous du DLSS 5 le moment venu, mais leur silence sur le sujet est évocateur.

Images NVIDIA

L’IA générative est très mal vue par de nombreux joueurs, et personne ne veut être accusé de produire de l’IA slop, ce qui peut plomber la carrière commerciale d’un jeu. Même si dans les faits, elle est de plus en plus intégrée dans les pipelines de développement. Quant au DLSS 5, s’il semble donner des résultats intéressants dans les jeux où le photoréalisme prime (comme c’est le cas dans NBA 2K27), les joueurs auront de toute manière la possibilité de le désactiver.

☕️ GoPro rachetée par un fabricant de composants optiques pour les datacenters

2 septembre 2026 à 05:19


GoPro va passer entre les mains de Starman Optical, une entreprise américaine spécialisée dans l’optique-photonique. Le prétendant met 285 millions de dollars en cash sur la table. Cela parait bien peu, surtout face au sommet des 4 milliards de capitalisation du fabricant de caméras sportives lors de ses premiers pas à la Bourse, en 2014.

Mais le monde a profondément changé depuis. La concurrence, notamment chinoise, a taillé des croupières à GoPro, qui souffre également de la crise de la mémoire actuelle. Au second trimestre, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 105 millions de dollars, en recul de 31 % par rapport à 2025. Le nombre d’unités écoulées (291 000) a chuté de 38 %.

Image : GoPro

Depuis les débuts glorieux à la Bourse, GoPro a perdu 96 % de sa valeur. Nicholas Woodman, fondateur et directeur général de l’entreprise, annonçait en mai dernier (PDF) que le conseil d’administration avait autorisé un processus de vente potentielle.

C’est donc Starman Optical qui remporte le gros lot, avec en plus la suppression de la dette de GoPro (92 millions de dollars). Voilà qui va lui donner un peu d’oxygène en cette période difficile. Si la transaction va à son terme (ce qui devrait être le cas d’ici la fin de l’année), le repreneur détiendra 90 % du capital du fabricant, les actionnaires actuels conservant le reste.

Starman Optical, qui n’est pas coté en Bourse, fabrique des émetteurs-récepteurs optiques destinés aux centres de données IA. Ces produits seront ajoutés au catalogue de GoPro, ce qui lui permettra de profiter de l’énorme demande actuelle tout en continuant à servir les clients de ses caméras traditionnelles.

Le repreneur rachète aussi et surtout de l’IP (propriété intellectuelle) à gogo : GoPro est en effet à la tête d’un pactole de plus de 2 500 brevets. « La combinaison de l’expertise optique et de la propriété intellectuelle de classe mondiale de GoPro avec les capacités avancées de Starman dans les émetteurs-récepteurs et sa plateforme de fabrication aux États-Unis crée une occasion unique », se réjouit Charles Tebele, directeur général de Starman.

À côté de son marché grand public historique, GoPro va donc pouvoir développer une activité « répondant à des enjeux importants de sécurité nationale liés aux caméras, à l’optique et aux infrastructures d’IA », déclare Nicholas Woodman. Cette perspective ravit les investisseurs, puisque l’action GoPro a bondi au-delà du prix proposé par Starman Optical, qui était de 1,14 dollar par action. Cela représente une prime de 29,5 % par rapport au dernier cours de clôture.

Reçu — 1 septembre 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Ubisoft annonce que For Honor ne sera plus jouable sur Linux et Steam Deck

1 septembre 2026 à 15:26


Ubisoft se prépare à introduire de nouveaux modes de jeu classés (ranked) au sein de For Honor, son champ de bataille virtuel dans lequel on peut gaiement s’étriper à grands coups de masse d’armes. La nouvelle est à première vue plutôt bonne pour les adeptes de ce titre sorti en 2017, puisqu’elle montre que l’éditeur continue à entretenir la flamme.

Elle s’accompagne toutefois d’un changement qui risque de faire grincer quelques dents : à compter du 10 septembre, date du lancement de la saison associée à ces modes classés, le titre ne sera plus jouable sur Linux et, par extension, sur le Steam Deck de Valve (dont l’OS exploite une base Arch).

Ubisoft annonce l’arrivée de nouveaux modes classés dans For Honor – crédit Ubisoft

Ubisoft s’en explique de la façon suivante :

« Afin de garantir un environnement compétitif équitable, l’équipe met en place des mesures de sécurité supplémentaires pour les joueurs. Nous retirons For Honor de la plateforme Linux pour assurer un environnement plus sûr, car il nous est impossible d’y déployer une protection efficace. Par conséquent, For Honor ne sera plus jouable sur Steam Deck à partir du 10 septembre. Nous continuons d’explorer différentes pistes pour améliorer notre système anti-triche, avec la possibilité de rouvrir la plateforme ultérieurement. »

L’éditeur ne donne pas de détails techniques précis, mais il invoque donc l’objectif de lutte contre la triche pour justifier cette décision. For Honor était compatible avec Linux depuis 2023, suite à l’adaptation deux ans plus tôt par Epic de son logiciel anti-triche, Easy Anti-Cheat pour assurer le support des trois environnements courants (Windows, macOS et Linux). Sur Reddit, la communauté For Honor a accueilli la nouvelle en des termes que la décence nous interdit de reproduire.

La décision d’Ubisoft semble particulièrement à contre-courant de la tendance générale, alors que la rumeur murmure qu’EA travaille à l’adaptation de son propre anti-cheat, Javelin, pour Linux, et qu’Epic prépare l’arrivée de son propre Store sur le système d’exploitation libre.

Les industriels s’opposent à fournir les plans 3D de pièces détachées indisponibles

1 septembre 2026 à 15:06
Touchez pas au Grisbi !
Les industriels s’opposent à fournir les plans 3D de pièces détachées indisponibles

Dans un projet de décret, le gouvernement français prévoit, sous certaines conditions, que le fabricant ou l’importateur devra fournir les plans 3D des pièces détachées indispensables à l’utilisation des produits qui sont indisponibles à la vente. Les industriels du numérique comme ceux de l’électroménager critiquent vivement le texte.

En juin dernier, le gouvernement français a notifié la Commission européenne de sa volonté de prendre un décret facilitant l’impression 3D de pièces détachées pour permettre la réparation des machines dont les pièces ne sont plus disponibles. De fait, il encadre l’application d’une partie d’un article (Article L111-4) du Code de la consommation modifié en février 2020 par la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire et en vigueur normalement depuis le 1er janvier 2022. Si ce texte, soumis à critiques des différents acteurs concernés, est finalement publié au Journal officiel, il s’appliquera à partir du 1er janvier 2027.

Une liste importante de produits

Le texte est disponible pour consultation et avis des parties concernées sur le site de la Commission européenne. Selon l’explication de texte donnée à Bruxelles, il « vise à faciliter la réparation des produits et leur durabilité dans un objectif d’économie circulaire ».

Le texte de la loi impose au fabricant ou à l’importateur, « lorsqu’une pièce détachée indispensable à l’utilisation d’un bien disponible sur le marché peut être fabriquée par un moyen d’impression en trois dimensions et qu’elle n’est plus disponible sur le marché », l’obligation de fournir le plan de fabrication 3D de la pièce détachée « ou, à défaut, les informations techniques utiles à [son] élaboration ».

Il prévoit que la demande puisse être faite par des vendeurs professionnels, des reconditionneurs ou des « réparateurs, agréés ou non ». Une importante réserve est ajoutée puisque le texte de loi prévoit que cela doit être fait dans le cadre « du respect des droits de propriété intellectuelle et en particulier sous réserve du consentement du détenteur de la propriété intellectuelle ».

Mais le texte voté laissait au décret le soin de préciser quels appareils sont concernés. Dans le projet notifié à la Commission européenne, le gouvernement y liste les appareils électroménagers mais aussi des produits numériques comme les consoles de jeux vidéo, les équipements d’imagerie et d’impression, les serveurs et produits de stockage de données, les smartphones, les ordinateurs portables et tablettes ou encore les dispositifs d’affichage électroniques. D’autres produits non spécifiquement numériques sont aussi listés, comme les articles de sport, de bricolage et même les voitures particulières, les camionnettes et les véhicules de catégorie L.

Pour toutes ces gammes de produits, le projet de décret prévoit que cette partie de l’article L111-4 sur la disponibilité des plans 3D des pièces détachées s’applique. S’il dispose du plan 3D, le fabricant ou l’importateur devra le fournir dans les 15 jours ouvrables, sinon, il doit donner les spécifications techniques nécessaires à l’élaboration de ce plan dans les 20 jours ouvrables. « L’obligation ne s’applique pas lorsqu’une pièce détachée imprimée en trois dimensions ne peut pas être utilisée dans le respect de la sécurité des produits », ajoute le texte.

Casus belli pour les industriels

Comme l’a repéré L’Informé, pour les industriels du numérique représentés par l’AFNUM (Alliance Française des Industries du Numérique, dans laquelle on retrouve beaucoup de multinationales comme Apple, Microsoft, Google, Xiaomi, Panasonic, GP ou encore Nikon), c’est un casus belli.

Dans une contribution [PDF], ce lobby industriel affirme que, « pour les produits à haute teneur technologique, comme les équipements numériques, aucun acteur du marché de la réparation par impression 3D ne dispose aujourd’hui des capacités techniques et des certifications nécessaires pour réaliser une réparation sûre des pièces concernées ». Il ajoute que certains produits numériques de la liste destinés aux professionnels sont « déployés, entretenus, réparés et remplacés par un personnel spécifique, ce qui limite structurellement l’intérêt pratique de la mise à disposition de plans d’impression 3D ». L’AFNUM argumente aussi contre le texte en raison d’incompatibilités avec des règlements européens qui « poursuivent explicitement un objectif d’harmonisation ».

Pour l’autre lobby qui s’est exprimé, l’APPLiA (qui rassemble Miele, Dyson, Philips et autres fabricants d’électroménagers comme Vestet),  « le projet de décret impose des obligations susceptibles de créer des exigences perturbatrices au sein du marché unique et n’apporte aucune valeur ajoutée concrète aux consommateurs ni à l’environnement ». Un des arguments qui peuvent porter repose sur le contact avec des aliments : « Étant donné que les données CAO 3D ne permettent pas de contrôler la composition des matériaux d’une pièce de rechange provenant d’un tiers, nous anticipons des problèmes de conformité des matériaux destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires ». Le lobby pointe aussi la « charge administrative significative » que pourra représenter la justification d’un refus pour des raisons de sécurité que prévoit le texte.

En Australie, le parlement est inondé de contenus erronés générés par IA

1 septembre 2026 à 12:22
Made In AustralIA
En Australie, le parlement est inondé de contenus erronés générés par IA

Plusieurs documents soumis à l’actuel Parlement australien dans le cadre de ses enquêtes contiennent des éléments et des citations générées par IA. Le risque : que des représentants politiques appuient leurs décisions sur des éléments créés de toutes pièces par les chatbots génératifs.

Pour appuyer la fabrique de la loi, la plupart des parlements à travers la planète s’appuient sur des travaux d’enquête, auprès de citoyens comme d’experts. Mais comment s’assurer que ces processus fonctionnent bien, lorsqu’ils se retrouvent inondés de contenus générés par IA citant de fausses recherches et des universitaires inexistants ?

Telle est la question que soulève The Guardian Australia après avoir relevé de multiples « hallucinations » dues au recours à l’IA générative dans des travaux du Parlement australien. Dans certains cas, les membres des comités rédigeant les rapports supposés informer le travail réglementaire ont cité des références qui semblent réelles, mais qui n’existent pas.

Fausses références liées à de vrais universitaires

De la même manière que, dans d’autres domaines, des articles entièrement générés par IA se retrouvent attribués à de vrais journalistes, à leur corps défendant, certaines des références repérées par le Guardian lient des travaux inventés à de vrais universitaires.

Directement concernée, la psychologue et professeure associée à l’Université du Queensland, Dina Haslam qualifie la trouvaille d’ « inquiétante », précisément parce que ces faux sont crédibles. Elle décrit par ailleurs la « grande frustration » d’avoir investi temps, argent et expertise dans des « recherches rigoureuses », pour ensuite voir son nom et celui de ses équipes cités aux côtés de travaux inexistants.

Outre ce cas précis, The Guardian a constitué une base réunissant toutes les soumissions écrites envoyées au Parlement actuellement en exercice. Le journal a ensuite vérifié automatiquement chacune des citations en s’appuyant sur plusieurs bases de données académiques. Les références qui étaient les plus souvent pointées comme ne correspondant à aucun travail existant ont ensuite été vérifiées à la main. Ceci a permis au journal d’identifier au moins 39 textes à destination des représentants politiques contenant des références probablement hallucinées par des IA génératives.

Une autre méthode visant à estimer la prévalence du recours à de grands modèles de langage a donné des résultats plus importants. Le journal a notamment constaté que plus de 100 documents incluaient certains des tags ajoutés automatiquement aux urls par ChatGPT (de type ?utm_source=chatgpt.com) lorsque le chatbot fournit une source. Contactés, l’essentiel des autrices et auteurs de ces documents ont semblé découvrir la possibilité que les robots d’IA générative puissent générer de toutes pièces, et donc inventer, certaines des sources citées.

Quand les résumés IA de Google compliquent la vérification

Ce n’est pas la première fois que les décideurs australiens – comme ceux d’autres nationalités – ont maille à partir avec l’IA générative.

En 2025, Deloitte a dû rembourser une partie de la somme que l’État australien lui avait versée pour obtenir l’audit d’un système informatique dédié à l’automatisation des sanctions en cas d’irrespect des règles d’accès aux aides sociales. Son travail s’était avéré présenter de multiples erreurs et fausses citations scientifiques, typiques de ces textes générés par IA. Quelques mois plus tard, c’est le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, au Canada, qui a dû demander à la même entreprise de reprendre son travail après que celui-ci se soit avéré présenter des éléments – dont de supposées références scientifiques – générés par IA.

Dans le domaine juridique, plus de 2 000 cas de plaidoiries hallucinées par IA ont été identifiées par le juriste Damien Charlotin à travers le monde, quelquefois pour présenter un argumentaire, dans d’autres cas pour proposer des citations. Problème : dans ce second cas, les références ou jurisprudences énoncées n’existent quelquefois pas du tout. Dans plus de 350 cas, ces recours aux chatbots génératifs se sont soldés par des sanctions financières, plus 150 sanctions disciplinaires.

Mais pour le monde réglementaire comme pour le judiciaire, la multiplication de travaux en tout ou partie générés par IA vient compliquer la vérification des faits. Et ce d’autant plus qu’avec le déploiement généralisé des résumés IA dans Google, moteur de recherche le plus utilisé au monde, le chatbot Gemini tend à proposer des justifications ou à laisser entendre qu’une référence existe même si ce n’est pas le cas. Dans certaines occurrences, le Guardian relève la propension du robot à générer de faux résumés pour des travaux de recherche inexistants.

Dans la mesure où les enquêtes visent à éclairer les travaux parlementaires, le politologue Christian Downie estime que de nouvelles règles pourraient être nécessaires, pour encadrer la soumission de documentation aux régulateurs australiens. À défaut, le risque est de voir ces derniers prendre des décisions sur la base d’éléments générés automatiquement, sans lien avec le monde réel.

Les US désignent les hacktivistes d’Autistici/Inventati comme organisation terroriste

1 septembre 2026 à 11:37
Hangers sitting dripped in oil crying freedom
Les US désignent les hacktivistes d’Autistici/Inventati comme organisation terroriste

Le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati, qui fournit des services alternatifs d’hébergement et de messagerie, vient d’être désigné comme « organisation terroriste » par les États-Unis. Suivie du blocage de son nom de domaine en .org, la mesure vise à couper les moyens d’une initiative accusée d’outiller les mouvements d’ultragauche. Le collectif dénonce une attaque contre la liberté d’expression et assure qu’il ne se laissera pas faire.

Pour la première fois, les États-Unis assimilent une infrastructure numérique à une action terroriste. L’administration Trump vient en effet de classer le mouvement d’origine italienne Autistici/Inventati parmi les « organisations terroristes mondiales spécialement désignées » (on parle de SDGT, pour specially designated global terrorist).

Elle lui reproche d’héberger 16 000 boîtes mail, 1 500 sites et 10 000 blogs sur une plateforme devenue le « nœud clé d’une campagne transnationale menée par des réseaux d’extrême gauche violents et criminels visant à déstabiliser les États-Unis et leurs partenaires en Europe, dans l’hémisphère occidental et au-delà ».

Une sanction aux répercussions immédiates

L’action a été décrétée conjointement par le département d’État (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) dirigé par Marco Rubio et par le département du Trésor le 26 août.

Elle s’appuie sur le fondement juridique du décret exécutif 13 224 émis par George W. Bush suite aux attaques du 11 septembre 2001 qui dote l’administration états-unienne de pouvoirs de sanctions contre les organisations ou les personnes accusées d’avoir fourni des ressources ou des services ayant contribué à un acte de terrorisme. « Cette désignation s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste du gouvernement américain visant à lutter contre la menace du terrorisme transnational d’extrême gauche », décrit le département d’État.

D’après ce même département d’État, Autistici/Inventati fournit son infrastructure à des « cellules violentes d’Antifa et d’autres militants d’extrême gauche à travers le monde », et permet à ces dernières d’opérer sous les radars légaux :

« Ces outils sont spécifiquement conçus pour soutenir les opérations des réseaux terroristes d’extrême gauche, construits pour leur permettre de s’organiser, de recruter, de communiquer, de diffuser de la propagande, de partager des informations et des tactiques sur les cibles, et de mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables et hors de portée de la loi. »

La désignation d’Autistici/Inventati comme membre de cette liste noire entraîne le blocage de toutes les ressources dont pourrait disposer le collectif aux États-Unis. Du côté du Trésor, cette qualification en tant que SDGT déclenche une sanction prononcée par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), qui interdit toute relation commerciale avec l’entité désignée. Une licence générale (PDF) en précise les modalités : elle autorise une fenêtre de wind down (liquidation) jusqu’au 25 septembre 2026, date à laquelle les banques, hébergeurs, prestataires ou opérateurs financiers devront avoir totalement coupé les ponts avec Autistici/Inventati.

La mesure a entraîné deux répercussions rapides. Le 28 août, Autistici/Inventati a en effet constaté le blocage de son compte PayPal, utilisé notamment pour recueillir les dons qui financent ses activités, puis la suspension du nom de domaine de l’un de ses sites web, autistici.org. Une analyse technique indépendante confirme que ce blocage a été réalisé au niveau du registre PIR qui gère le .org. Le site en question (hébergé par Open Networks Association en Suisse) n’a donc pas été saisi, et reste accessible au prix de quelques manipulations techniques. Les mails fournis en @autistici.org sont quant à eux inopérants.

Autistici/Inventati conserve par ailleurs l’essentiel de sa présence en ligne, à commencer par son autre domaine principal, inventati.org, et sa plateforme noblogs.org. Le mouvement craint cependant que les sanctions états-uniennes aient un impact plus sérieux sur ses activités.

Sur son blog collectif, il indique ainsi avoir été averti par sa banque italienne, Banca Etica, que celle-ci allait cesser de lui prodiguer des services financiers. « Il s’agit d’une étape importante, car elle montre comment une décision prise par une autorité américaine peut avoir des conséquences concrètes, y compris sur les relations financières d’une organisation italienne, qui a jugé trop risqué de maintenir ses relations avec A/I », remarque le collectif.

« anti-fascism, anti-racism, anti-sexism, anti-militarism »

Autistici/Inventati résume sa raison d’être dans un manifeste écrit en 2002. Le collectif revendique une idéologie « anti-fascisme, anti-racisme, anti-sexisme, anti-militarisme », et affirme que sa mission consiste à mettre des outils de communication alternatifs (comprendre, non commerciaux) à destination de tous ceux qui partagent ses idées, et luttent pour les défendre.

Ses services comprennent notamment une messagerie (boîte mail), un outil de gestion de listes de diffusion et newsletters, des canaux de messagerie instantanée, de l’hébergement, des outils dédiés à l’anonymat et la plateforme de blogs noblogs.org, notoirement utilisée par des collectifs antifascistes (notamment français).

Partisan d’un « activisme radical », A/I assume de réserver ses services « exclusivement aux personnes ou aux groupes avec lesquels nous ressentons une affinité » :

« Nous sommes un collectif de militants numériques, d’antifascistes et d’anticapitalistes. Nous croyons en une technologie qui n’est pas un carcan mais un outil de libération. Où les courriels restent des lettres confidentielles, et non des fichiers ouverts. Où l’hébergement n’est pas une prison mais un refuge pour les idées dérangeantes, pour les débats que le marché refuse d’acheter et que l’État refuse de museler. »

Des canaux utilisés pour préparer des actions terroristes

Bien qu’A/I se contente de fournir des outils techniques, l’administration Trump estime que son action participe directement de celles de groupuscules extrémistes relevant du terrorisme.

Le département d’État affirme ainsi que les cellules anarchistes ayant saboté les réseaux ferroviaires en France, Italie, Allemagne et Pays-Bas en 2026 utilisaient A/I pour revendiquer leurs attaques. Il accuse également A/I d’avoir fourni des services au collectif Rose City Antifa, dans l’Oregon, lequel aurait attaqué des hélicoptères des douanes, et diffusé des appels à attaquer les agents de l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration, accompagnés d’informations personnelles.

Il décrit également comment un « groupe médiatique d’extrême gauche », cité dans une enquête fédérale pour terrorisme, utiliserait les outils d’A/I pour diffuser des appels à l’action en faveur d’organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis, parmi lesquelles le Hamas, le Hezbollah ou le Front populaire de libération de la Palestine :

« Bon nombre de ces groupes se sont appuyés sur l’infrastructure numérique du collectif A/I pour planifier ou inciter à des attaques violentes, recruter d’autres personnes pour se livrer à des activités criminelles, publier des communiqués officiels d’organisations terroristes étrangères désignées par les États-Unis et diffuser des cartes d’infrastructures critiques, ainsi que des instructions pour la fabrication d’engins explosifs improvisés et incendiaires – le tout acheminé via un réseau de serveurs étrangers destiné à dissimuler les activités criminelles aux forces de l’ordre. »

D’autres apportent un constat plus nuancé. « Certains des sites NoBlogs les plus connus appartiennent à des chercheurs qui se consacrent exclusivement à documenter la haine et la radicalisation d’extrême droite, sans jamais agir concrètement, se contentant de révéler la réalité », remarque par exemple le compte d’un de ces collectifs de recherche.

De son côté, A/I dénonce le caractère arbitraire de la décision, et l’assimile à une forme de censure à laquelle, justement, le collectif se refuse. « Nous ne censurons pas les contenus à l’avance. Si la loi nous oblige à retirer un contenu, nous le faisons, puis nous nous battons pour le remettre en ligne. Notre limite, c’est la loi ; notre boussole, c’est la liberté », défend-il dans un appel à soutien.

A/I lance un appel à soutien – capture d’écran Next

Medium contre message

Il soulève dans le même temps la question de fond posée par cette sanction états-unienne :

« Ce cas est intéressant car il déplace l’attention de la responsabilité de ceux qui commettent une action vers celle des fournisseurs d’infrastructures permettant la communication, l’organisation ou la publication de contenu.

La question ne concerne pas uniquement A/I. Le même principe pourrait, en théorie, s’appliquer aux fournisseurs de messagerie électronique, aux services cloud, aux hébergeurs, aux plateformes de messagerie, aux systèmes de paiement ou aux bureaux d’enregistrement de noms de domaine. Il s’agit de déterminer à quel moment la fourniture d’un service à usage général devient, au regard des lois applicables, un « soutien matériel » à une organisation terroriste. »

La question interpelle également l’Electronic Frontier Foundation (EFF) qui voit dans cette sanction une menace plus large que le simple cas d’A/I. « Ils s’en prennent au messager, déclare à The Intercept Jillian York, directrice de la liberté d’expression internationale au sein de l’EFF. Je ne pense pas que les membres du groupe cautionnent nécessairement les agissements des personnes qu’ils ont hébergées. Ce qu’ils cautionnent, c’est la liberté d’héberger, la possibilité de rester anonyme et de préserver sa vie privée. »

Autistici/Inventati nie de son côté « toutes les allégations » de l’administration Trump et clame son intention de résister.

« Nous ne reculerons pas. Nous continuerons à œuvrer comme nous l’avons fait depuis des années et nous mettrons tout en œuvre pour contrer les fausses allégations d’un gouvernement aux abois politiquement, dont le seul but est de détourner l’attention du public et des médias de ses propres actes de violence et de bellicisme.

L’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n’est pas du terrorisme. Et chacun a le droit de s’exprimer et de lutter pour l’humanité. »

En France, Framasoft et la Quadrature du Net ont signé et relayé la lettre ouverte initialement publiée par Sabot Media qui appelle à la révocation de cette classification, ainsi qu’à une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.

« Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle », écrivent les signataires.

Liberté d’expression : nouvelle offensive US contre les règles européennes de modération


La FTC accuse Amazon d’avoir soutiré plus de 20 milliards de dollars aux annonceurs

1 septembre 2026 à 10:13
Pubs surfacturées
La FTC accuse Amazon d’avoir soutiré plus de 20 milliards de dollars aux annonceurs

Le régulateur états-unien attaque en justice Amazon pour avoir surfacturé « de manière secrète et systématique » 1,2 million d’annonceurs sur Amazon.com.

20 milliards de dollars, c’est ce qu’aurait empoché discrètement Amazon en surfacturant, depuis 2019, 1,2 million d’annonceurs sur sa plateforme, selon la Federal Trade Commission (FTC, l’agence américaine de contrôle du droit de la consommation et des pratiques anticoncurrentielles). Elle a été rejointe par 22 États américains pour porter une plainte devant la justice.

La plainte (PDF) accuse la plateforme de vente en ligne de ne pas appliquer le mécanisme d’enchères censé déterminer les prix de la publicité qui s’affiche à côté des produits que ses utilisateurs proposent à la vente.

Pendant ces enchères, les annonceurs enchérissent pour pouvoir placer leurs publicités à côté des résultats que la plateforme affiche lorsqu’on recherche un produit. Un emplacement est attribué au plus offrant concernant un certain mot-clé. L’entreprise aurait « gonflé les prix d’enchère » de produits publicitaires, détaille le document.

Un mécanisme d’enchère modifié sans que personne n’en soit informé

Amazon aurait considérablement gonflé les prix de ses « Sponsored Products » en appliquant un « taux de majoration » moyen qui augmenterait lors des jours de grande affluence sur le site (ces taux sont cachés dans le document rendu public).

« D’après de nombreux documents internes décrivant ses « suppléments » « cachés », le stratagème d’Amazon aurait permis à l’entreprise de soutirer illégalement plus de 20 milliards de dollars à ses clients publicitaires qui n’en avaient pas conscience », affirme la plainte.

En fait, lors de l’enchère, Amazon propose un système dit de « second prix » qui est censé permettre à la personne qui a proposé l’enchère la plus haute de payer seulement un centime de plus que la deuxième enchère la plus élevée. Par exemple, si je propose 2 dollars mais que l’enchère en dessous de ma proposition est de 1,5 dollars, je suis censé ne payer que 1,51 dollar. C’est un système qui est utilisé de façon standard par d’autres plateformes de ventes de pubs comme Google Ads. Selon la plainte, c’est sur cette somme qu’Amazon a joué avec son taux de majoration.

Un coût qui se répercuterait indirectement sur les consommateurs

La FTC et les États affirment que, si les conséquences de ce mécanisme s’appliquent directement sur les annonceurs, elles se répercutent aussi sur les consommateurs : « Une part importante de ces coûts, y compris les frais publicitaires pris en charge par les vendeurs Amazon, est finalement répercutée sur les acheteurs Amazon, qui la paient sous la forme de prix plus élevés ».

Amazon s’est défendu dans un communiqué. L’entreprise de Jeff Bezos nie en premier lieu que le mécanisme ait un quelconque impact sur les consommateurs : « la politique tarifaire d’Amazon contredit toute allégation selon laquelle les consommateurs subiraient un préjudice ».

« Après avoir examiné environ 1,5 million de pages couvrant une période de six ans, la FTC s’appuie sur une poignée de communications simplifiées pour alléguer l’existence d’une manœuvre de tromperie menée à l’échelle de l’entreprise. C’est manifestement faux », déclare l’entreprise. Amazon affirme que dans le mécanisme de « second prix » qu’elle a mis en place, « en aucun cas, un annonceur ne paie plus que son enchère ». Remarquons que ce n’est pas ce que la FTC pointe.

« Lorsqu’un des plus grands détaillants en ligne au monde se livre à des pratiques déloyales et trompeuses, les conséquences peuvent être considérables », a, de son côté, affirmé dans un communiqué le responsable de la FTC, Andrew N. Ferguson. « Amazon compte des millions de clients publicitaires qui ont été induits en erreur et ont payé des prix nettement plus élevés ».

L’architecture mklinux fait tourner des noyaux Linux en parallèle sans virtualisation

1 septembre 2026 à 07:43
Ça pousse plus vite ?
L’architecture mklinux fait tourner des noyaux Linux en parallèle sans virtualisation

Vous avez toujours rêvé de vous passer de la virtualisation pour faire tourner des services complètement différents en parallèle sur une même machine ? C’est ce que propose mklinux en permettant de faire tourner des noyaux Linux en parallèle.

Le responsable de l’entreprise Multikernel Technologies, Cong Wang, a annoncé, la semaine dernière sur la mailing list du noyau Linux, la sortie de son projet mklinux v7.0-mk2 (disponible sur GitHub). Celui-ci permet d’exécuter plusieurs noyaux sur un même ordinateur, sans hyperviseur, donc sans virtualisation. Chacun d’entre eux gère réellement le matériel qu’il utilise.

« L’arborescence est basée sur la version 7.0 [du noyau Linux]. Avec CONFIG_MULTIKERNEL=n, elle se compile et se comporte exactement comme la version 7.0 », précise-t-il.

Chaque noyau s’exécute sur son propre matériel

Le principe est que mklinux (ou multikernel) lance un premier noyau qui gère un certain nombre de processeurs, de la mémoire et des périphériques. Ce premier noyau divise ces ressources « en instances et démarre un noyau dérivé dans chaque instance via la fonction kexec_file_load() », explique Cong Wang.

« Chaque noyau dérivé s’exécute en mode natif sur ses propres processeurs, sa propre mémoire physique et ses propres périphériques. Rien n’est émulé et rien n’est intercepté ; la seule chose partagée est ce que vous choisissez de partager », ajoute le responsable du projet.

Optimisation du traitement et de l’exposition aux risques

L’idée de multikernel est de proposer une véritable isolation au niveau du noyau « avec des performances proches de celles d’un système « bare-metal » et une allocation dynamique des ressources, sans la surcharge d’un hyperviseur », comme l’explique la FAQ du projet. Cela doit permettre une optimisation de la vitesse de traitement et de l’exposition aux risques.

La promesse de cette architecture est que le blocage d’un noyau, une faille de sécurité le touchant ou un kernel panic n’aient aucune conséquence sur les autres systèmes qui tournent en parallèle.

Le concepteur explique dans son message avoir validé par des tests : « Des instances ont été lancées, arrêtées, reconfigurées et relancées dans le cadre de longues boucles de test […] ; un plantage dans un noyau n’affecte pas les autres, et il est confirmé que chaque processeur attribué à une instance est remis en veille sur l’hôte avant d’être réutilisé ».

Et, « en comparant aux machines virtuelles, il n’y a pas de chemin de sortie de la VM, pas de deuxième niveau de tables des pages et pas de modèle de périphérique », ajoute Cong Wang.

Dans son annonce, il donne quelques comparaisons de performances. Ainsi, face à une machine virtuelle KVM, multikernel est de 1,07 fois (fork + sortie) à 2,5 fois plus rapide (changement de contexte), avec une bande passante mémoire et une latence équivalentes :

Pour l’instant, multikernel fonctionne sur architecture x86_64, même si l’annonce sous-entend que le projet ne s’y limitera pas. D’ailleurs, sur son site, l’entreprise vante déjà des solutions pour ARM ou RISC-V.

En pratique, quelles utilisations cible le projet ? Multikernel Technologies propose déjà plusieurs offres de service destinées aux entreprises visant la mise en place de clouds privés sans hyperviseur, le sandboxing d’agents IA et la mise à jour du noyau sans avoir à redémarrer la machine.

☕️ Ubuntu 26.04.1 est disponible, mais la migration depuis Ubuntu 24.04 a du retard

1 septembre 2026 à 07:16


Comme toujours avec les versions LTS (Long Term Support) d’Ubuntu, la première mouture « .1 » est attendue. Ubuntu 26.04.1 vient ainsi d’être mise à disposition, simplifiant dans un premier temps les nouvelles installations du système.

Cette version ne comprend aucune nouveauté. Elle est là pour reprendre l’ensemble des correctifs (bugs généraux et sécurité) sortis depuis la publication d’Ubuntu 26.04 en avril dernier. Les images ISO proposées permettent l’installation d’un système à jour, avec moins de téléchargements lors de la première session. Pour les utilisateurs existants d’Ubuntu 26.04, il n’y a rien à faire.

Ces versions « .1 » sont cependant importantes pour la mouture LTS précédente. Canonical applique la même stratégie depuis longtemps : une LTS ne peut être mise à jour vers la suivante qu’une fois la version « .1 » de celle-ci disponible, qui débloque alors un chemin de migration. Un choix qui répond à des critères de fiabilité, ces versions permettant de gommer les erreurs de jeunesse. Un comportement déroutant de prime abord, car il s’écoule plusieurs mois entre l’arrivée d’une nouvelle LTS et la disponibilité de son chemin de migration.

Une partie des utilisateurs d’Ubuntu 24.04 attend donc la 26.04.1, mais il faudra être encore un peu patient. Oliver Reiche, développeur chez Canonical, a indiqué que même si la 26.04.1 était effectivement disponible, le chemin de migration avait du retard. Il faudra attendre quelques semaines de plus, la faute à des « régressions dans une version récente de rust-coreutils ».

Quand le chemin de migration sera disponible, le système signalera cette possibilité. Comme le rappelle OMGUbuntu, il est toujours possible de forcer le passage avec la commande « sudo do-release-upgrade -d », mais la procédure n’est pas recommandée pour des questions de fiabilité.

Apple ouvre l’ère John Ternus après quinze ans de Tim Cook

1 septembre 2026 à 06:23
L'App Store change aussi de taulier
Apple ouvre l’ère John Ternus après quinze ans de Tim Cook

Ce mardi 1er septembre est à marquer d’une pierre blanche du côté de Cupertino. Après quinze années passées à la tête d’Apple, Tim Cook cède sa place à John Ternus. Une nouvelle garde qui s’accompagne de plusieurs changements et départs à la direction du groupe.

Passage de témoin à la tête d’Apple. Le constructeur informatique a un nouveau directeur général en la personne de John Ternus, qui, à 51 ans, a fait la quasi-totalité de sa carrière dans l’entreprise. Il travaille en effet à Cupertino depuis 2001, d’abord en tant que membre de l’équipe de design produit ; il grimpe patiemment les échelons jusqu’en 2013, où il devient vice-président de l’ingénierie matérielle, puis vice-président senior en 2021.

De Tim Cook à John Ternus

C’est donc un pur produit d’Apple qui remplace Tim Cook. Et son agenda est déjà bien rempli avec la keynote du 9 septembre qui (selon les rumeurs) le verra présenter la nouvelle gamme d’iPhone 18 Pro et le premier iPhone pliant. Tim Cook lâche donc la direction générale de l’entreprise, mais il ne s’éloigne pas tant que cela : il devient en effet le président du conseil d’administration, où il continuera de défendre la marque auprès des grands de ce monde – à commencer par un certain Donald Trump.

John Ternus et Tim Cook. Image : Apple

« Aujourd’hui est mon dernier jour en tant que PDG d’Apple », écrit-il dans un mémo interne publié par 9to5Mac, dans lequel il s’adresse à ses équipes. « De toute ma vie, je n’ai jamais vu ni côtoyé une équipe de personnes aussi extraordinaire, et chaque jour m’en apporte de nouveaux exemples. » Le dirigeant poursuit : 

« [Apple] est la preuve que la culture l’emporte sur tout. Nous partageons la conviction que ce que nous construisons compte, et que nous avons à la fois l’opportunité et la responsabilité de laisser le monde dans un meilleur état que nous ne l’avons trouvé (…) Nous avons rendu possible le fait de laisser notre “marque dans l’univers”, comme Steve l’a un jour décrit, grâce à ce que nous sommes et à ce en quoi nous croyons, grâce à ce que nous valorisons et à la manière dont nous voyons le monde. »

Celui qui se dit « en paix avec [sa] décision » indique aussi que « diriger cette équipe et être à vos côtés à chaque étape me manquera ». Tim Cook a évidemment toute confiance en son successeur : « Peu de personnes comprennent ce qu’il faut pour créer des produits qui changent le monde comme John [Ternus] le comprend. »

Pas de big bang en vue

Le grand public fera plus ample connaissance avec le nouveau boss (même s’il apparait régulièrement dans les présentations du groupe) dès la semaine prochaine. Il aura aussi, peut-être, l’occasion de préciser la direction dans laquelle il veut emmener Apple dès la prochaine keynote ou dans de futures interventions. Il ne faudra pas s’attendre à un big bang : cela fait des mois qu’il est dans l’ombre de Tim Cook pour se préparer à son futur rôle. 

Là où Tim Cook a bâti sa réputation sur sa maîtrise redoutable de la chaîne d’approvisionnement, rouage essentiel pour une entreprise qui vend des dizaines de millions d’appareils par an, John Ternus incarne plutôt le versant conception de produit d’Apple. Il sera intéressant de voir ses premières décisions en tant que CEO. Elles ne devraient cependant pas rebattre les cartes, car la feuille de route du constructeur est déjà largement balisée.

Les grandes inflexions chez Apple se préparent longtemps à l’avance, ce qui explique aussi pourquoi l’entreprise peut être prise en défaut quand une technologie émerge rapidement comme ce fut le cas de l’IA générative. John Ternus, qui connait la machine Apple dans ses moindres rouages, devrait donc davantage infléchir certaines priorités – on sait qu’il n’était pas un grand fan du Vision Pro, dont les équipes ont été décimées ces dernières semaines – que lancer l’entreprise dans une nouvelle aventure hasardeuse.

John Ternus s’appuiera sur des dirigeants installés depuis des années, voire des décennies pour certains. Néanmoins, plusieurs profils de premier plan ont quitté le navire récemment, ou sont en passe de le faire : l’ancien directeur des opérations Jeff Williams, Luca Maestri aux finances, Lisa Jackson en charge de l’environnement et des affaires publiques, la directrice juridique Kate Adams, Jennifer Bailey la patronne d’Apple Pay… Tous sont sur le départ, ou à la retraite.

Phil Schiller laisse l’App Store à Eddy Cue

Autre changement important relevé par Bloomberg : Phil Schiller, venu chez Apple dans les bagages de Steve Jobs lors du retour du cofondateur à la tête de l’entreprise en 1997, ne s’occupe désormais plus de l’App Store ni des événements. Celui qui avait quitté la présidence du marketing en 2020 est une figure centrale et majeure du groupe, où il arbore le titre symbolique de « Apple Fellow ».

Phil Schiller. Image : Apple

Tout au long de sa carrière, il a joué un rôle déterminant pour de nombreux appareils, que ce soit pour les Mac, l’iPhone, l’iPad. Il a également piloté la création de l’App Store avec Steve Jobs, en 2008. Il quitte ses deux dernières responsabilités au sein d’Apple, mais à 66 ans, il n’en restera pas moins actif : il travaillera sur des initiatives « non spécifiées ».

La boutique d’apps est désormais dans le portefeuille d’Eddy Cue, le grand patron des services. Un rôle qu’il connait bien, puisque c’est celui qu’il occupait jusqu’en 2015. L’App Store a connu une période mouvementée avec Phil Schiller, entre l’introduction de la pub de plus en plus envahissante et la pression des régulateurs et de la justice qui a forcé Apple à revoir à la baisse sa commission, et même à autoriser la présence de boutiques alternatives.

☕️ Les profils générés par IA devront se signaler sur Instagram

1 septembre 2026 à 05:51


Instagram a entendu la grogne des utilisateurs qui n’aiment pas découvrir que la personne derrière un profil avait en fait été générée par une IA. De nouvelles mesures vont être mises en place pour mieux les informer.

Instagram a beau être un des plus gros tuyaux déversoirs d’IA slop au monde, trop c’est parfois trop. Le réseau social de Meta a décidé de serrer la vis aux profils générés par IA qui ne jouent pas franc jeu en « omettant » de se présenter de la sorte. « Les utilisateurs veulent savoir quand un profil met en avant une personne générée par IA », affirme Instagram.

Image : Instagram

C’est pourquoi l’étiquette « Créateur IA », expérimentée depuis le mois de mai, va être remplacée par un label, plus clair, « Profil généré par IA » (« AI-generated profile »). Le tag sera visible sur la page de profil et dans ses informations détaillées, ainsi que sous le nom de la créature synthétique apparaissant dans ses posts. Les créateurs qui utilisent l’IA générative pour produire des images, des vidéos ou du texte – mais pas le persona de leur profil – n’ont pas à demander l’étiquette.

Image : Instagram

Les profils qui présentent une personne générée par IA et qui ne sont pas étiquetés sont fermement invités à activer l’option pour obtenir le label. Les créateurs qui se plieront volontairement à la règle ne verront aucune différence de visibilité pour leurs contenus. Ceux qui rechigneront à s’identifier comme profil généré par IA pourraient ne plus apparaitre dans les recommandations en cas de détection par les systèmes d’Instagram. Il sera toujours possible de faire appel d’une décision de restriction de visibilité.

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