Nintendo fête en grande pompe les 40 ans de la franchise The Legend of Zelda avec le remake d’un des plus grands jeux de tous les temps : Ocarina of Time. Le titre, sorti en 1998 sur N64 (au Japon), a été le premier de la franchise en 3D ; il a déjà eu droit à un remake pour la 3DS en 2011. La Switch 2 aura droit à sa propre version le 5 novembre (on échappe de peu à une sortie concomitante avec un certain GTA 6 le 19 novembre).
Le remake bénéficie d’un gros ripolinage graphique qui rapproche ce Zelda de n’importe quel jeu en monde ouvert sous Unreal Engine. La direction artistique diffère aussi de ce qu’on a connu avec les deux derniers volets 3D (Breath of the Wild et Tears of the Kingdom), plus portés sur le cell shading. Au bout du compte, ce qu’on gagne en réalisme, on le perd un peu en personnalité. Nintendo avait déjà fait le coup avec le remake de Star Fox 64, sorti en juin, avec son rendu semi-réaliste.
Dans cet épisode, Link gagne quelques fonctions comme sauter en appuyant sur un bouton (dans l’original, le héros saute automatiquement), ou regarder autour de soi avec la caméra. Ce n’est pas un monde ouvert au sens strict du terme, car il y a des écrans de chargement entre zones (les plus courtes possible, espérons) pour « préserver l’expérience de l’original », explique Nintendo.
Les fonctions « qualité de vie » devraient abonder, les joueurs d’aujourd’hui y étant habitués (à croire qu’on jouait à la dure dans les années 90 !). Il y a quelques petites originalités également, comme la possibilité de fredonner les mélodies devant la console pour les reproduire à l’ocarina dans le jeu ! Nintendo va d’ailleurs vendre un vrai ocarina pour accompagner la sortie du titre.
Le tarif officiel est de 59,99 euros en France pour la version dématérialisée. Les amateurs de physique pourront apprécier un « packaging spécial » avec une finition texturée pour l’emballage et qui sera sans doute vendue plus cher. Hélas, il semble que la cartouche ne soit pas dorée comme à l’époque de l’édition collector du jeu N64 aux États-Unis. Pour les collectionneurs, une Switch 2 édition spéciale du 40ᵉ anniversaire sera aussi commercialisée à partir du 29 octobre.
L’ANSSI a annoncé ce 7 septembre la mise en place d’un dispositif nommé REACTIV (REponse & ACTion Interministérielle face aux Violations de données). Créé à la demande du Premier ministre, il doit permettre la mobilisation immédiate des compétences et moyens de l’agence de sécurité pour les ministères touchés par des cyberattaques.
Selon l’annonce officielle, le nouveau mécanisme se traduit concrètement par une bascule des efforts opérationnels pour renforcer l’appui aux ministères sur deux volets : le traitement des compromissions de comptes utilisateurs et l’analyse des violations de données.
Surtout, REACTIV renforce l’autorité de l’agence sur deux points spécifiques. D’abord, la possibilité pour l’ANSSI d’imposer aux ministères des mesures immédiates de protection des données, à appliquer dans des délais contraints. Ensuite, la centralisation par l’agence de la communication technique de crise en cas d’attaque touchant des services de l’État.
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Ce renforcement « complète les mesures de la Feuille de route des efforts prioritaires en matière de sécurité numérique de l’État 2026 - 2027, dont le Premier ministre a demandé l’accélération de la mise en œuvre, afin de rehausser significativement et durablement le niveau de sécurité des réseaux ministériels », indique l’ANSSI.
Un tel mécanisme était-il nécessaire ? Probablement, car les faits plaident pour des capacités d’action supplémentaires. La mention par l’ANSSI de mesures immédiates « dans des délais contraints » semble le point essentiel de l’annonce. L’agence a toujours fonctionné jusqu’à présent sur un mode d’accompagnement et de conseil plutôt que d’injonction, ce qui change donc avec REACTIV. La question des moyens alloués à l’agence reste cependant entière, d’autant que les rôles de l’ANSSI vont se renforcer à l’aune des nouveaux textes européens sur la cybersécurité : NIS2, REC, DORA et le Cyber Resilience Act, que nous évoquions récemment.
Dans un billet dédié sur LinkedIn, Vincent Strubel, directeur de l’ANSSI, précise d’ailleurs que cet effort est « temporaire » et qu’il se fait « au détriment d’autres pans de la menace », que l’ANSSI ne perd « pas de vue pour autant ». REACTIV « n’évitera pas toutes les attaques, mais doit nous permettre d’être plus réactifs et plus directifs, pour au moins limiter la casse le temps que les mesures de long terme prennent effet, et de partager plus d’informations pour mieux comprendre », ajoute Vincent Strubel.
Google prévient d’une « baisse de qualité » de son moteur de recherche dans l’Union européenne : le géant du web est en train de déployer les changements exigés par Bruxelles concernant les résultats de shopping, de vols ou d’hôtellerie. Il n’est pas content et le fait savoir.
Google a essuyé deux amendes de la part de la Commission européenne en juillet, au nom du DMA (Digital Markets Act) : la première, de 430 millions d’euros, touche aux règles imposées aux développeurs de la boutique Google Play. La seconde, de 460 millions, concerne les pratiques de traitement préférentiel. L’exécutif européen estime en effet que Google favorise ses propres services de shopping, de voyages, de résultats sportifs ou de transport, au détriment de la concurrence.
Google avait 60 jours pour modifier ses pratiques, sous peine de pénalités périodiques pouvant aller jusqu’à 5 % de son chiffre d’affaires mondial. Le cas du Play Store n’a pas été réglé, mais l’entreprise a mis en place une transformation profonde sur sa boutique, suite à sa défaite face à Epic Games devant la justice américaine. La Commission européenne indiquait cet été qu’elle déterminerait si ces modifications suffisent.
Google sort les griffes contre la Commission
Reste le volet des résultats de recherche. Google est en train de déployer les changements voulus par la Commission pour rétablir des conditions équitables pour les entreprises souhaitant faire de la publicité, mais prévient qu’ils vont « dégrader l’expérience utilisateur et faire grimper les coûts pour les entreprises européennes ».
Selon Google, les modifications vont favoriser les sites de comparaison de prix liés aux secteurs de l’hôtellerie, du transport aérien et de la restauration (à l’image d’Expedia ou Booking.com). Ces sites gagneront en effet une plus grande visibilité dans les résultats de recherche que les entreprises de ces secteurs qui n’y apparaitront qu’avec un lien vers leur site web, leur numéro de téléphone et leur adresse.
Dans le détail, les résultats de Google mettront en avant un moteur de recherche spécialisé tout en haut de la page, suivi de deux autres qui s’afficheront avec moins de détails. Il y aura aussi un carrousel d’hôtels, de restaurants ou de compagnies aériennes – en fonction de la recherche – où des informations importantes comme les prix en temps réel n’apparaitront pas. Les algorithmes de Google seront chargés de déterminer le classement de ces différents résultats.
« Ces changements dégradent l’expérience utilisateur des Européens, en favorisant les intermédiaires en ligne au détriment des entreprises locales et en supprimant des fonctionnalités utiles sur lesquelles les internautes s’appuient au quotidien », déplore Nick Fox, vice-président en charge de la connaissance et de l’information, auprès de Reuters.
Il invoque la baisse de 30 % du trafic gratuit de réservation directe vers les entreprises européennes, conséquence des précédents changements apportés au nom du règlement sur les marchés numériques. Les modifications actuellement en cours de déploiement ont été testées auprès de « millions d’utilisateurs en Europe », avec des résultats qui montrent un fort niveau d’insatisfaction : les internautes doivent en effet reformuler leurs requêtes pour trouver ce qu’ils cherchent.
Google avait réalisé un test en 2024, en supprimant les fonctions liées à l’hôtellerie : les internautes mettaient plus de temps à trouver un hôtel, certains abandonnant même leur recherche. Les sites des hôtels ont perdu « plus de 10 % » de leur trafic, selon les mesures réalisées à l’époque par Google.
« C’est une dégradation du produit dictée par un petit groupe de plaignants défendant leurs propres intérêts, au détriment des entreprises et des consommateurs européens. La réglementation devrait améliorer les produits, pas les détériorer », attaquait Kent Walker, directeur juridique de Google, le 23 juillet.
Lors de l’annonce de l’amende cet été, la Commission expliquait qu’elle surveillera la mise en œuvre des solutions de l’entreprise. Manifestement, celles-ci ont l’air de convenir : les modifications qu’avaient proposées Google constituaient « une avancée substantielle vers la conformité [avec le DMA] ».
Mistral AI a annoncé mardi avoir réuni 3 milliards de dollars lors d’un tour de table emmené notamment par Samsung et d’autres investisseurs étrangers. L’entreprise profite de l’occasion pour affirmer qu’elle n’a pas renoncé au développement de modèles de pointe, et met en avant sa capacité à accompagner les entreprises au-delà de la simple fourniture de modèles ou d’infrastructures de calcul.
Installée depuis peu dans le XVIIIe arrondissement de Paris, Mistral AI a annoncé mardi 8 septembre sa quatrième levée de fonds, hors amorçage, en trois ans d’existence. Cette série D constitue un record à l’échelle européenne : l’entreprise a en effet réuni 3 milliards d’euros, à l’issue d’un tour de table qui la valorise à 21 milliards d’euros.
Les multiples n’ont rien de comparable avec ceux affichés par OpenAI ou Anthropic, mais ils témoignent tout de même d’une accélération significative : le dernier tour de table de Mistral remonte à septembre 2025, date à laquelle ASML avait pris 11 % du capital pour 1,3 milliard d’euros. Depuis, Mistral a été chercher des fonds supplémentaires sous forme d’emprunts bancaires, à hauteur de 722 millions d’euros, pour soutenir l’approvisionnement en GPU de ses datacenters. Elle a également annoncé un investissement à hauteur de 1,2 milliard d’euros dans un complexe de datacenters en Suède.
Des fonds asiatiques, européens et états-uniens
La nouvelle levée de fonds annoncée mardi fait entrer Samsung Electronics au capital. Le fabricant sud-coréen est présenté comme le principal acteur de ce tour de table qui associe aussi le fonds suédois EQT, le géant états-unien PSG Equity, et la plupart des fonds ayant déjà financé Mistral. Dans le lot subsistent quelques rares acteurs français, dont la banque publique Bpifrance, Carmignac ou Eurazeo, aux côtés d’acteurs principalement états-uniens, dont NVIDIA.
Mistral indique que ces nouvelles ressources contribueront à « étendre significativement sa recherche de pointe », ainsi qu’à développer son infrastructure et à accélérer sa croissance commerciale et son expansion internationale. Face aux critiques qui soulignent depuis quelques temps sa propension à déployer des modèles à poids ouverts qu’elle n’a pas conçus, l’entreprise laisse donc entendre qu’elle n’abandonne pas ses projets en matière de modèles frontier en propre. Elle n’en fait cependant pas l’alpha et l’omega de sa stratégie, au contraire.
« Lors de la première vague d’IA générative, la question centrale était de savoir qui serait capable de concevoir le modèle le plus performant. Aujourd’hui, les organisations et les gouvernements se posent une question différente : comment exploiter la puissance de l’IA pour leurs besoins critiques sans perdre le contrôle de l’infrastructure et du processus d’analyse ? », expose ainsi Mistral.
Sur ce volet, Mistral affirme être « la seule entreprise d’IA au monde à développer l’ensemble de la pile technologique nécessaire pour répondre à cette question : des modèles à poids ouvert, l’infrastructure et la capacité de calcul sur lesquelles ils fonctionnent, et les produits qui permettent leur mise en production ». Une approche à la fois « full stack » et ouverte, qui serait donc gage de limitation de la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur unique pour les clients concernés.
33 collectifs et associations engagés dans l’organisation d’événements techniques pour développeurs lancent un appel collectif. Entre budgets de sponsoring et achats de billets en baisse, ils redoutent que leurs conférences ne soient plus économiquement viables et que leur disparition ne participe à un appauvrissement général du secteur, particulièrement dans le contexte d’un recours accru à l’IA.
Bon nombre de conférences techniques destinées aux développeurs reposent principalement sur l’engagement d’une communauté de bénévoles, qui se chargent de trouver un lieu, fédérer des intervenants, communiquer en amont et assurer l’accueil des participants le jour J.
Leur motivation est indispensable, mais pas suffisante : entre location d’une salle, obligations réglementaires de sécurité, fournitures, repas et autres kakémonos, il faut aussi que le budget de l’événement s’équilibre. Particulièrement quand il est porté par une association locale ou un collectif qui ne dispose pas d’autres ressources financières que les recettes de l’événement et les adhésions de ses membres.
La mécanique économique se grippe
L’équation s’équilibre en principe grâce aux sponsors, c’est-à-dire les entreprises qui paient pour afficher leur marque sur les supports de l’événement, disposer d’un stand sur place le jour J et, souvent, profiter d’un canal privilégié pour diffuser ou faire connaître leurs recrutements en cours. Le reste du budget provient généralement de la billetterie, autrement dit le public payant de l’événement, dont les entrées (le tarif est de l’ordre de quelques dizaines d’euros) sont généralement payées par l’employeur des développeuses et développeurs concernés par la thématique.
Problème : il semblerait que cette mécanique plutôt conventionnelle se grippe. 33 organisations en charge de conférences tech viennent en effet de signer un appel commun à une plus large mobilisation du secteur :
« Les événements techniques traversent aujourd’hui une crise silencieuse. Budgets sponsoring resserrés, achats de billets en baisse, adhésions associatives en recul : partout, les mêmes signaux d’alerte s’allument et l’inquiétude s’installe au sein des organisations. Si rien ne change, nombre d’entre eux ne verront pas de nouvelle édition. Nous, organisateurs, organisatrices et associations tech, alertons aujourd’hui l’écosystème sur ce qui est en train de se jouer. »
L’appel est notamment lancé par l’AFUP, l’Association française des utilisateurs de PHP, qui organise chaque année le Forum PHP (prochaine édition les 8 et 9 octobre prochain à Disneyland Paris) et, en 2026, des déclinaisons baptisées AFUP Day, portées par ses antennes locales de Lille, Lyon et Poitiers.
« L’an dernier, notre événement phare était déjà en deçà de ses objectifs. Sur l’année 2026, la tendance s’est accélérée et a touché également l’AFUP Day. Nous avons été globalement en dessous de nos objectifs (billetterie et sponsoring), pour un résultat à- 17 % – soit environ 6 500 euros », nous confie Xavier Leune, membre de l’association.
Le forum PHP, nettement plus ambitieux en termes de budget, s’annonce quant à lui sous des auspices inquiétants. « Les premières semaines de vente ont marqué un nouveau recul puisque nous étions en moyenne à 30 % en dessous de l’année dernière. L’été nous a fait connaître un nouveau décrochage, nous sommes désormais à- 47 % sur la billetterie. Le sponsoring quant à lui est en recul de 25 % », s’inquiète notre interlocuteur. Sans inversion de tendance, l’événement pourrait se solder par un déficit suffisamment important pour compromettre la pérennité de l’association.
Trouver des sponsors et des visiteurs payants
Début juin, l’AFUP avait déjà alerté sur les difficultés rencontrées autour de ses différents événements :
« Malgré nos multiples prises de contact, malgré les appels à la communauté, la recherche de soutiens est difficile. De multiples entreprises nous indiquent ne pas avoir de budget marketing en 2026. La grande incertitude qui règne dans le secteur, que cela soit lié au contexte mondial, à l’arrivée de l’IA ou d’autres raisons économiques, n’invite pas les acteurs de l’écosystème à s’impliquer auprès de l’association ».
Si le Forum PHP fait figure de locomotive, les difficultés n’épargnent pas de plus petites conventions locales. En juin, l’asso qui organise le BreizhCamp indiquait elle aussi faire face à un sponsoring en retrait pour son édition 2026. « Cela nous a amené à augmenter le prix des billets, mais cette augmentation n’est malheureusement pas suffisante pour absorber le manque de recettes, nous avons donc dû renoncer à certaines dépenses cette année », décrivait-elle alors.
D’autres signataires jonglent eux aussi avec un budget d’autant plus difficile à équilibrer qu’il recèle une part d’incertitude jusqu’à l’ouverture des portes. Hors early birds, le gros des billets se vend en effet souvent dans les dernières semaines, alors qu’il faut engager en amont les dépenses liées au lieu ou à la restauration.
La conférence girondine BDX I/O, dont l’édition 2026 se tiendra les 29 et 30 octobre prochain, a par exemple abandonné le Palais des congrès de Bordeaux au profit des couloirs et des amphis de l’école Enseirb-Matmeca de Talence. Le mouvement traduit une réalité économique, que l’asso organisatrice a tournée à son avantage, en profitant des frais de location réduits pour passer son événement sur deux jours et donc proposer un programme plus soutenu.
À ce stade, elle envisage un atterrissage à l’équilibre, mais le résultat final dépendra à la fois de la billetterie et de la décision des sponsors encore en attente. « Les budgets se resserrent partout et sur toutes les topologies d’entreprises, et malheureusement des événements comme le nôtre ne sont pas la priorité quand il s’agit d’attribuer des budgets », analyse Amélie Benoit, membre de la petite équipe bénévole qui s’active, et s’épuise, depuis des mois pour monter l’événement.
Même si l’optimisme reste de rigueur, l’organisation chasse donc les postes de dépense susceptibles d’être réduits sans dégrader la qualité de l’accueil, tout en cherchant des leviers pour dynamiser son offre. « Nous sommes très heureux de pouvoir accueillir des start-ups gratuitement cette année. C’est un choix, pas économique du tout pour le coup, qui nous tenait énormément à cœur pour pouvoir diversifier le paysage d’entreprises présentes à l’événement, et pour avoir une meilleure représentation de l’écosystème tech à Bordeaux », illustre Amélie Benoit.
Entre expertise et velléités d’ouverture
Quels que soient la communauté, le langage ou les pratiques de développement concernées, la clé de voûte du succès reste bien sûr la programmation. Elle doit à la fois garantir un niveau d’expertise suffisant pour motiver le déplacement sur le temps professionnel, mais aussi s’ouvrir aux problématiques transverses qui animent les réflexions et les transformations du secteur. Sans surprise, l’IA fait désormais partie intégrante de la plupart des programmes, qui intègrent également de plus en plus de sessions dédiées à des enjeux sociaux ou sociétaux.
Pour les signataires de l’appel lancé par l’AFUP, c’est précisément cette alliance entre technique et humain qui fait le sel des conférences spécialisées, et qui justifie que l’on se mobilise pour leur survie :
« Nous passons désormais une large partie de nos journées à échanger avec des IA. Dans ce contexte, les événements techniques prennent une valeur unique : ce sont des lieux où l’on se retrouve entre humains, où l’on partage une expertise, où de nouvelles vocations naissent, notamment autour des projets open source dont dépendent silencieusement la majorité de nos entreprises. Ces projets ont besoin de contributeurs et contributrices, de mainteneurs et mainteneuses, de relève mais aussi d’enthousiasme et d’inspiration. Les événements techniques sont l’un des rares endroits où cette relève se construit. »
De façon plus pragmatique, ils rappellent que ces conférences sont avant tout un accélérateur de compétences, nourri par la confrontation directe à des retours d’expérience, d’autres pratiques, et les échanges informels avec des pairs.
Pour autant, les organisateurs invitent les entreprises à ne pas raisonner que via le prisme du retour sur investissement. « On oublie parfois que sponsoriser un événement, c’est aussi apporter une visibilité durable et un soutien incommensurable à tout un écosystème tech local. Sans ce soutien, les événements vont tout simplement mourir. Et il n’y aura possiblement plus d’événements lorsqu’elles auront des besoins de visibilité et de recrutement », regrette Amélie Benoit.
La perte serait d’autant plus dommageable que la plupart des conférences recueillent un haut niveau de satisfaction chez les développeurs qui les fréquentent. La conjoncture impose toutefois déjà des choix. Plusieurs associations ont par exemple entrepris de basculer vers des formats plus légers, de type meet-ups mensuels, plus simples à équilibrer sur le plan financier, mais aussi moins ambitieux. « On est loin d’un format conférence où l’effervescence, les échanges et l’apprentissage varié sont au cœur des valeurs », remarque Amélie Benoit.
En un an, le portefeuille d’investissement de NVIDIA a été multiplié par 14. En deux ans, par 45. L’essentiel des 99 milliards de dollars investis l’est dans des sociétés de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle, alimentant les alertes sur le risque d’explosion d’une bulle financière.
Le portefeuille d’investissements de NVIDIA croit vite, extrêmement vite. Ce trimestre, l’entreprise a affiché 99 milliards de dollars de prises de participations dans diverses sociétés. L’immense majorité d’entre elles sont des entreprises numériques, très souvent clientes du constructeur de puces.
Le chiffre a de quoi faire rouler des yeux : en juillet 2025, la société détenait un portefeuille d’investissement de 7 milliards de dollars. Un an plus tôt, rappelle CNBC, il s’élevait à 2,2 milliards de dollars. Cette accélération phénoménale de sa politique d’investissement fait du constructeur de puces l’un des nouveaux piliers de l’investissement dans les sociétés numériques. Elle en fait aussi un acteur plus central que jamais de l’industrie de l’intelligence artificielle.
Des laboratoires, du néocloud, du hardware dédié à l’IA
Dans quoi investit NVIDIA, au juste ? Essentiellement dans la kyrielle de sociétés qui constituent la chaîne de valeur en aval de la fabrication de ses puces dédiées à l’IA. Au total, 48 milliards d’actions concernent des produits cotés en bourse, 48 milliards sont investis dans des sociétés privées et 3 milliards de dollars sont comptabilisés selon la méthode de mise en équivalence.
Côté participations publiques, NVIDIA détenait 30 milliards de dollars dans Intel fin juin 2026, 21 milliards de dollars dans Space X et des participations de 2 à 5 milliards de dollars dans CoreWeave (cloud dédié à l’IA), Coherent (laser), Synopsys (logiciels pour fabricants de semi-conducteurs et autres équipementiers électroniques) et Nokia. La partie privée est moins évidente. Mais il est clair que Nebius, un concurrent de CoreWeave, qui achète des puces puis loue leurs capacités de calcul, a aussi profité des largesses de NVIDIA. C’est aussi le cas d’autres sociétés spécialisées dans la photonique et l’optique, comme Lumentum et Marvell. Et le laboratoire d’IA Thinking Machine Lab est actuellement en discussion avec NVIDIA et d’autres pour lever 6 milliards de dollars — dont 2,5 milliards pourraient être versés par le constructeur de puces.
En plus de ces positions, NVIDIA vient d’annoncer l’achat de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars, ou encore 105 milliards de dollars de soutien au crédit pour qu’OpenAI puisse construire un centre de données dans l’état de l’Ohio.
La centralité de l’entreprise alimente les alertes
Auprès des investisseurs, la directrice financière de NVIDIA Colette Kress indique que les entreprises d’IA génératives ont des demandes de calcul si élevées qu’elles dépassent leurs bilans, et les empêchent d’emprunter. À ce titre, NVIDIA serait un acteur nécessaire pour faciliter l’innovation des laboratoires d’IA, en leur offrant les facilités de crédit qui leur permettent de continuer de « manœuvrer ce volant d’inertie ».
En dehors de l’entreprise, en revanche, la décision est décrite comme une manière de donner à des start-ups à peine sorties du nid la capacité d’acheter les GPU vendus par le constructeur qui les soutient financièrement. D’autres soulignent que le capital-risque, certes, aide certaines entreprises à innover, mais que dans ce cas précis, il fournit aussi à NVIDIA l’influence nécessaire pour s’assurer que toute évolution de l’industrie aille bien dans le sens des intérêts… de NVIDIA.
Connu pour avoir parié au bon moment sur la crise des subprimes aux États-Unis, Michael Burry critique NVIDIA pour sa propension à financer et investir dans ses propres clients. Le milliardaire investisseur Mark Cuban qualifie quant à lui le niveau de dépendance de l’industrie de l’IA aux financements de NVIDIA de « vraiment flippant ».
NVIDIA a annoncé un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars pour son deuxième trimestre, pour un résultat net de 59,7 milliards de dollars. Son portefeuille d’actions s’élève donc à un peu plus que le chiffre d’affaires réalisé en un trimestre. D’autres acteurs de l’industrie investissent plus encore : Amazon détient un portefeuille de plus de 100 milliards de dollars, tandis que celui d’Alphabet s’élevait à 232 milliards fin juin. La différence la plus flagrante, relève The Next Web, tient dans la vitesse de constitution de ce panel d’investissements : chez Alphabet, il a été constitué en plus de vingt ans, tandis que chez NVIDIA, l’essentiel des positions ont été prises au fil des deux dernières années.
Destiné à la gestion d’un serveur multimédia local (hébergé par exemple sur un NAS), le projet Jellyfin passe en version 12.0.
Les amateurs de cette alternative open source (licence GPL 2.0) à Plex noteront immédiatement que cette nouvelle mouture s’accompagne d’un changement dans la numérotation adoptée. Jellyfin passe en effet d’un versionnage élaboré sous la forme « 10.11.11 » à un schéma simplifié, censé mieux refléter la publication d’une mise à jour considérée comme majeure.
Et c’est le cas pour Jellyfin 12.0. D’après les notes de version publiées par l’équipe, le logiciel serveur achève enfin les travaux de migration du modèle de données engagés un an plus tôt lors de la sortie de la précédente version majeure (la 10.11).
« L’un des changements majeurs concerne le stockage des listes de lecture et des collections. Auparavant, tous les éléments d’une liste de lecture étaient stockés dans une seule et même liste interne, et la base de données ne pouvait pas y accéder », décrit Cody Robibero, responsable de l’équipe core, serveur et plugins du projet :
« Chaque élément d’une liste de lecture correspond désormais à une ligne distincte. La base de données peut compter les lignes, afficher une seule page et ajouter ou supprimer un élément individuellement sans affecter les autres, ce qui représente une amélioration significative pour les listes de lecture volumineuses. »
Outre ces améliorations de performance, Jellyfin 12.0 passe à FFmpeg 8.1, traite maintenant les fichiers .ogg comme de l’audio, peaufine son ouverture à la gestion des livres et des bandes dessinées numériques (le plugin dédié, Bookshelf, est de ce fait maintenant déprécié) et sait désormais gérer proprement la présence de plusieurs fichiers pour un même épisode de série, comme il le faisait déjà pour les films.
Du côté des clients, l’interface « Modern » devient l’interface par défaut sur desktop ou mobile. Elle profite elle aussi de nombreuses optimisations. L’abandon du support TLS/SSL interne, programmé pour cette version 12, a quant à lui été repoussé à une échéance ultérieure.
L’interface Modern UI est désormais proposée par défaut – crédit Jellyfin
Les notes de version complètes et les téléchargements sont disponibles sur GitHub pour le serveur et le client web. Une sauvegarde complète de la configuration existante est fortement recommandée avant d’appliquer la mise à jour, dont le processus va dépendre de la nature exacte de votre installation (paquet natif sur un NAS, conteneur Docker, etc.).
Fin août, Nitter et Xcancel annonçaient la suspension de leurs activités de leurs services. Ces deux plateformes alternatives pour tous les internautes qui souhaitent consulter ou partager des publications du réseau social X reprennent finalement leurs activités.
Sur le site de Nitter, on peut lire une mise à jour de la note publiée le mois dernier, dans laquelle l’équipe explique avoir reçu une mise en demeure par X le 24 août 2026. Mais après quelques jours de réflexion et consultation de leurs avocats, les responsables du projet ont choisi de le remettre en route : « Suivant les conseils juridiques reçus, le projet Nitter se poursuivra ».
Selon ce message, Nitter sera de « nouveau opérationnelle d’ici peu » et d’autres instances devraient suivre. De fait, c’est déjà le cas de XCancel qui est de nouveau utilisable, par exemple pour consulter les messages du président de la République française qui ne publie pas ses messages ailleurs. Pourtant Next lui a fait un tuto personnel pour l’aider :
Après une première expérimentation auprès de 172 agents volontaires, le gouvernement fédéral suisse teste de remplacer la suite Microsoft 365 par une solution open source sur 3 000 ordinateurs.
La Chancellerie prévoit que cette migration, qui concerne environ 7 % des postes utilisés dans ses services, soit réalisée d’ici la fin 2027.
Concrètement, les employés fédéraux se verront fournir l’accès à OpenDesk, une solution allemande produite par le Centre allemand pour la souveraineté numérique (ZenDis).
Cette dernière a été choisie car conçue spécialement pour des administrations publiques, et mise à disposition de l’administration fédérale suisse gratuitement, indique le porte-parole de la Chancellerie au Temps.
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Si l’opération se passe correctement, un nombre croissant de postes pourrait passer à OpenDesk par la suite. Ceci dit, impossible d’imaginer que l’intégralité de l’administration locale se passe du fournisseur états-unien, dans la mesure où aucune alternative ne lui permet de « remplacer simplement et complètement les solutions Microsoft en place au sein de son architecture informatique », explique la Chancellerie.
Pour la transition en cours, l’administration a ciblé en priorité des fonctionnaires « chargés de processus sensibles ou essentiels à l’activité ».
Rien n’empêche, à terme, de se tourner vers des solutions suisses – Infomaniak développe par exemple une suite complète — ou de recourir à des sociétés suisses pour les prestations de conseil, d’intégration, de formation ou d’autres activités susceptibles d’accompagner le recours aux outils open source choisis.
Outre cette initiative, le Cyber Command suisse, unité militaire en charge de la cybersécurité, travaille de son côté à remplacer complètement Microsoft 365 par OpenDesk d’ici 2026, selon le média spécialisé It’s Foss.
Le Sommet international sur l’espace va se dérouler cette semaine. Si la fusée allemande Spectrum a bien réussi son lancement ce week-end en Norvège, des tensions entre la France et l’Allemagne montrent qu’il n’est pas sûr que l’Europe veuille s’assurer une réelle autonomie spatiale. Donald Trump, lui, a interdit aux entreprises états-uniennes de participer au sommet, alors même que la régulation de l’espace doit y être évoquée.
Ce week-end, Isar Aerospace a réussi le lancement de sa fusée Spectrum depuis la base d’Andøya (Norvège), ainsi que le placement en orbite de cinq satellites. Mais le succès de Spectrum n’est pas forcément le symbole du futur de l’Europe spatiale qui doit être discuté lors du Sommet international sur l’espace organisé les 9 et 10 septembre prochains à Paris.
« Nous sommes entrés dans l’histoire », s’est enorgueillie l’entreprise allemande sur le réseau social d’Elon Musk. « Dès notre deuxième vol, nous sommes devenus la première entreprise spatiale commerciale européenne à mettre des satellites en orbite. La mission « Onward and Upward » a décollé avec succès et a déployé ses charges utiles en orbite. Un nouveau chapitre s’ouvre pour l’aérospatiale européenne ». C’est incontestablement un succès pour cette entreprise du « new space » allemand qui réussit donc l’exploit d’envoyer des satellites depuis le continent européen et ouvre une possibilité complémentaire à Ariane 6 face au géant états-unien SpaceX.
Politiquement, c’est un peu plus compliqué que ça. Emmanuel Macron avait annoncé en juin dernier ce sommet international de l’Espace en exhortant l’Europe à mener une « reconquête à marche forcée » dans le domaine du spatial. Et il espérait pouvoir compter sur le soutien du chancelier allemand Friedrich Merz pour relancer le leadership du duo européen en y annonçant, main dans la main, la signature d’une déclaration commune des pays européens incluant des critères de préférence européenne pour le prochain budget spatial européen.
Mais le dirigeant allemand a fait savoir très tardivement qu’il ne coprésidera pas ce sommet. « À ce stade, le chancelier ne peut pas participer » en raison des « contraintes politiques », a affirmé l’Élysée à l’AFP ce week-end. Les ministres allemands de la Défense, Boris Pistorius, et de l’Espace, Dorothee Bär, devraient être cependant présents, mais l’absence du chancelier met un doute sur l’entente franco-allemande sur le sujet.
Cette défection fait suite à la pression que Donald Trump a exercée sur le bon déroulement du sommet. En effet, une semaine avant la tenue de l’événement, Politico a appris que la Maison Blanche a indiqué par téléphone à des entreprises de son pays comme SpaceX, Stoke Space, K2 Space et Astra, que leur participation à ce sommet pourrait être perçue comme un soutien tacite aux positions politiques de l’Union européenne. L’administration de Donald Trump reprocherait à la France de ne pas s’être concertée avec les États-Unis pour organiser ce sommet, ainsi que de « pratiques anticoncurrentielles ».
Ces pressions ont poussé SpaceX, Blue Origin, Stoke Space et Starcloud à annuler leurs venues même si le ministre Philippe Baptiste a réagi sur X en affirmant que « la porte est grande ouverte » aux scientifiques, entreprises et administrations états-uniennes. Ce week-end, parmi une flopée d’images générées par IA, Donald Trump a réaffirmé de façon brutale sa volonté d’imposer l’hégémonie de son pays dans l’espace :
Mais ces jeux d’influence pourraient aussi expliquer la défection du dirigeant allemand. Selon les Echos, l’Allemagne voudrait garder la porte grande ouverte au recours à SpaceX et à d’autres entreprises états-uniennes.
Régulation de la pollution lumineuse ?
Si le sommet est notamment un enjeu économico-politique pour l’Europe, il doit aussi être le lieu de discussion concernant la régulation de l’espace. Notamment, comme l’expliquent les chercheurs Fabien Malbet et Julien Milli, il pourrait être l’occasion de créer un cadre international contraignant pour limiter le nombre de satellites et leur impact, singulièrement concernant la pollution lumineuse. Mais la désertion des acteurs états-uniens risque de mettre du plomb dans l’aile à ces discussions.
Enfin, le sommet officiel doit faire face à l’organisation d’un contre-sommet organisé par la CGT ces mardi 8 et mercredi 9 septembre [PDF] où la dirigeante de l’organisation, Sophie Binet, interviendra ainsi que des scientifiques et divers représentants de partis de gauche français. Il y sera aussi question de la « profitabilité au détriment de la souveraineté » ou de la« compétitivité par la baisse des budgets de la recherche ».
Robots aspirateurs, tondeuses connectées, caméras, sonnettes, capteurs… le célèbre Internet des objets offre des possibilités fascinantes pour améliorer le confort du foyer au quotidien, mais il se gagne bien souvent au prix de compromis aussi inacceptables que passés sous silence en matière de sécurité et de vie privée. Le problème n’est toutefois pas inéluctable… pour peu qu’on s’en empare.
Si j’étais de mauvaise foi, je dirais que tout ça c’est la faute du chien, mais comme en vrai il n’y est pour rien, il vaut mieux que je vous explique. Il se trouve que dans la vraie vie, j’ai trois jeunes enfants très dynamiques, et depuis dix-huit mois environ, un chien. Un épagneul breton, pedigree SPA. Comme tous les épagneuls bretons, il est sympa, têtu et un brin hyperactif. C’est-à-dire qu’il pionce la moitié de la journée, mais quand il se réveille, il se transforme en tornade, et pour peu qu’une baie vitrée soit ouverte après la pluie, le parquet du salon se retrouve rapidement constellé de traces de patte.
Ajoutez à ça qu’il perd toute l’année autant de poils qu’un mammouth laineux en pleine mue, et vous comprendrez que mon sol intérieur n’est pas exactement d’une propreté clinique. Perso, j’ai un seuil de tolérance assez élevé et je trouve ce petit tapis de poils plutôt confortable sous les pieds, surtout en hiver, mais il se trouve que je partage ma vie avec quelqu’un d’un peu moins dilettante sur le sujet, et que certains enfants donnent des signes d’allergie. Accessoirement, il y a un consensus familial : tout le monde déteste passer le balai. Bref, la paix du ménage passe par l’achat d’un aspirateur robot.
Sur le principe, je n’ai rien contre. Il se trouve que cet été, j’ai déjà entrepris de connecter certains éléments de la maison, histoire de programmer l’ouverture des volets le matin, ou d’éteindre à distance les lumières laissées allumées par les enfants quand ils s’endorment le nez dans leur bouquin. Je fais ça via Home Assistant, qui tourne sur un petit serveur domestique, et comme je suis tombé dans un véritable rabbit hole, je serais ravi d’intégrer un aspirateur robot dans les automatisations en cours de construction.
Mais des principes, j’en ai quelques-uns. En matière de domotique, le premier d’entre eux consiste à protéger mordicus le caractère privé de mon foyer : tous mes équipements doivent fonctionner en local. Ça n’exclut pas des possibilités de contrôle à distance, notamment pour la sécurité, mais ces dernières doivent être strictement cantonnées aux deux adultes de la maison.
Control freak ?
Pourquoi ériger ça en principe cardinal ? Mettez ça sur le compte d’une déformation professionnelle. Sur Next et ailleurs, j’ai eu l’occasion de couvrir à de multiples reprises des incidents de sécurité impliquant des objets connectés, avec à chaque fois de graves implications potentielles en matière de vie privée. Le dernier exemple en date vient d’être publié : des failles de sécurité exposaient complètement la gamme de robots tondeuse Mammotion. Un peu plus tôt cette année, j’ai eu l’occasion de relater en détail la découverte de vulnérabilités béantes au niveau d’une infrastructure gérant des centaines de milliers de caméras IP et de babyphones connectés à l’échelle mondiale.
Impossible, faute de temps, de les traiter systématiquement, mais la rédaction voit passer presque toutes les semaines des alertes de sécurité relatives à des objets connectés du quotidien.
« Chéri, si tu voulais reproduire la langue des Rolling Stones avec la tondeuse, tu t’es planté ! » – Dessin : Flock
Le phénomène m’inquiète à au moins trois titres. Le premier, c’est qu’il concerne aussi bien les produits chinois premier prix que les appareils vendus à prix d’or par des marques renommées. Outre Mammotion, et ses tondeuses à 2 000 euros, vous avez peut-être vu passer en début d’année cette info selon laquelle un développeur a découvert presque par inadvertance qu’il pouvait prendre le contrôle à distance de près de 7 000 aspirateurs robots haut de gamme DJI.
Le deuxième motif d’inquiétude, c’est que les constructeurs concernés réagissent avec une diligence toute relative aux alertes. Si DJI a très vite corrigé les failles de ses robots en se coordonnant avec l’auteur de la découverte, d’autres lambinent, et mettent des semaines, voire des mois, à combler des failles pourtant béantes. L’examen des vulnérabilités en question participe de mes angoisses : on ne parle pas d’attaques sophistiquées, menées à grands coups de rootkits et de virus. Les portes sont souvent liées à des identifiants laissés en clair dans le code et à l’oubli de protections pourtant basiques dans le monde des réseaux.
Le troisième point découle du deuxième, en lien avec les possibilités offertes par l’IA. Je ne parle pas des Mythos, Fable, Atlas et autres modèles de pointe qui alimentent les discours ambigus des acteurs spécialisés en matière de cybersécurité. Non, je fais référence à un Claude ou ChatGPT courant qui, correctement interrogé, est capable en quelques prompts de disséquer le code d’une application mobile pour en identifier tous les éléments problématiques. Je dis ça en connaissance de cause, puisque je l’ai fait pour contrôler certaines des allégations relatives aux failles de sécurité mentionnées plus haut, ou pour vérifier l’histoire de ce prestataire des dispensaires de cannabis qui stockait en clair les pièces d’identité de ses clients…
Le piège de la simplicité
Dans la grande famille des objets connectés, plusieurs ont besoin de « voir » chez moi pour faire leur boulot, à commencer bien sûr par les caméras de vidéosurveillance. Les robots aspirateurs ou robots tondeuses s’y mettent aussi : pour mieux détecter leur environnement, les meubles ou les objets laissés au sol, ils s’appuient sur des batteries de capteurs, notamment optiques. Cette capacité est attendue, et bienvenue, mais elle s’accompagne d’une zone d’ombre : où sont opérés les traitements informatiques nécessaires à la détection de mouvement de la caméra, ou à l’analyse des objets observés par le robot aspirateur ?
La question n’est pas anodine. Comme beaucoup, j’ai attaqué le sujet de la vidéosurveillance chez moi avec une caméra IP Wi-Fi chopée à l’occasion d’une promo sur Internet il y a quelques années. Pour l’utiliser, je devais passer par l’application mobile du constructeur : c’est elle qui permet de recevoir les images ou les alertes à distance. Lors de l’installation, je suis passé rapidement sur les conditions d’utilisation et le parcours d’explications qui mentionnaient vaguement une possibilité de stockage dans le cloud, pressé que j’étais d’en tester le fonctionnement. C’est après coup, au moment de me connecter pour la première fois à distance à la caméra, que je me suis dit « hey, mais au fait, elles passent par où les images ? ».
Mon illumination est rhétorique : je sais très bien que ces images transitent par un serveur distant (le cloud du fabricant), qui gère ensuite l’envoi d’une alerte sur mon téléphone. Ce qui est moins évident en revanche, c’est ce qu’il advient des images ainsi envoyées : sont-elles stockées, analysées, utilisées à des fins d’entraînement, ou autre ? Et accessoirement, qui peut y accéder ? Compte tenu des nombreuses failles évoquées plus haut, il y a un risque, difficile à mesurer mais confirmé par l’expérience, que des images de mon intérieur circulent auprès de personnes malintentionnées. Bon, à la rigueur, s’il s’agit du portrait d’un cambrioleur ou de la langue pendante du chien, je m’en remettrai. Mais si ce sont mes enfants qui déclenchent la détection de mouvement, c’est une autre paire de manches. Exit la caméra premier prix.
Il se trouve que moi, comme bon nombre de lecteurs de Next sans doute, je suis sensibilisé à ces questions. Je suis aussi en mesure de circonvenir le problème. Je dispose chez moi de l’équipement nécessaire pour créer un réseau local privé, coupé d’Internet. Mes nouvelles caméras IP envoient désormais leurs images vers mon serveur domestique, sur lequel un logiciel déconnecté d’Internet, Frigate, réalise la détection de mouvement et peut, au besoin, déclencher via Home Assistant une alerte vers nos deux téléphones.
Pour un geek, cette configuration n’est pas particulièrement complexe (un routeur capable de gérer plusieurs réseaux locaux, des caméras choisies pour leur capacité à travailler en local, un serveur domestique chargé de coordonner l’ensemble), mais elle n’est pas triviale. D’abord parce qu’elle suppose une réflexion préalable, et quelques heures de paramétrage. Ensuite, parce qu’elle représente un investissement financier non négligeable, de l’ordre de quelques centaines d’euros.
Revenons-en à nos poils de chien
Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos poils de chien. Ce n’est jamais expliqué très clairement dans les modes d’emploi, mais les aspirateurs robots fonctionnent un peu comme les caméras IP : ils disposent de commandes locales (les boutons physiques par exemple) et parfois d’intégrations dans des applications domotiques (Home Assistant, Apple HomeKit), mais le plus souvent, les fonctions avancées (détection d’objets, programmation pièce par pièce) ne sont accessibles qu’au travers de l’application mobile du fabricant, soi-disant parce qu’elles supposent des traitements réalisés à distance, sur ses propres infrastructures informatiques.
Qu’à cela ne tienne, je vais faire comme avec mes caméras : chercher un modèle d’aspirateur répondant à mes attentes (capacité à vider son bac à poussières à sa base, serpillière, gestion d’une programmation à distance pièce par pièce, cartographie de la maison pour optimiser le parcours, intégration dans Home Assistant pour éviter l’enfermement dans un écosystème propriétaire), mais avec un fonctionnement exclusivement en local, c’est-à-dire isolé d’Internet.
La démarche est aussi un enjeu de pérennité : s’il tourne uniquement en local, mon robot est à l’abri d’une éventuelle panne du cloud, ou d’une fermeture décidée arbitrairement par son fabricant (n’est-ce pas, les éditeurs de jeux vidéo ?).
Bref, deux-trois recherches sur Internet devraient bien me permettre de trouver ça ? Que nenni.
J’ai d’abord consulté quelques tests récents de médias tech, pour essayer d’isoler un ou deux robots considérés comme de bons rapports qualité-prix, sachant que je ne souhaite pas dépenser une somme à quatre chiffres pour une serpillière à roulettes. J’ai bien noté quelques références intéressantes saluées pour leur autonomie, leur aspiration ou leur gestion des obstacles, mais aucun des articles concernés n’abordait la question de la confidentialité. Seule exception : les tests et actus consacrés à l’entreprise états-unienne Matic, qui revendique une approche privacy first, mais ne distribue pas ses robots sur le Vieux Continent.
Je me suis donc tourné vers les forums et Reddit, où d’autres se sont déjà posé la même question. Et j’ai découvert, un peu surpris, qu’il n’y avait pas de solution évidente. Ou plutôt, pas de solution sans compromis.
Je vous la fais courte : la quasi-totalité des robots du marché qui disposent de fonctionnalités avancées imposent l’utilisation de l’application dédiée, et donc l’exploitation de données dans le cloud. Les fabricants présentent généralement ça comme une nécessité technique, et assurent offrir des garanties de pseudonymisation, voire des flux chiffrés, mais ils refusent que l’on coupe le cordon.
À défaut, le robot est limité à des fonctions de base (qui peuvent se révéler suffisantes mais ne répondent pas à mes attentes). Certains modèles récents affichent une compatibilité avec la norme Matter pour permettre un contrôle local natif plus étendu, en Wi-Fi ou en Thread, mais là aussi le niveau de contrôle reste limité.
Pour celui ou celle qui voudrait aller plus loin, la voie la plus complète, mais aussi la plus complexe, consiste à rooter l’appareil (remplacer son logiciel par une alternative non officielle). Plusieurs modèles courants (Dreame, Ecovacs, Roborock, Eureka) peuvent être déverrouillés au moyen du firmware Valetudo, mais la manipulation revêt plus ou moins de complexité selon les robots.
Pour certains, un simple flash via un PC sous Linux suffit. Pour d’autres, il faut intervenir physiquement sur la carte mère et donc rompre les scellés de garantie. Il y a quelque chose d’assez satisfaisant dans le fait de voir qu’une initiative particulière permet de court-circuiter le verrouillage orchestré par toute une industrie, mais celle-ci n’est valable que sur certains modèles (et parfois même uniquement sur certaines générations d’un modèle donné), et la manipulation a de quoi refroidir bon nombre d’utilisateurs néophytes.
Si l’on écarte cette piste « expert », l’acquéreur potentiel de robot aspirateur se retrouve confronté à trois choix : accepter de laisser ses données circuler vers un cloud extérieur, tirer un trait sur une partie des fonctionnalités associées, ou tout simplement continuer à passer l’aspirateur à la main. En ces temps qui imposent de réfléchir à l’impact environnemental de la tech, la dernière n’est probablement pas la plus mauvaise des solutions.
Reste que si l’on souhaite tout de même s’équiper, l’industrie nous place face à un choix cornélien : fonctions avancées ou vie privée ? De mon côté, je sais que je ne transigerai pas. Je me prépare donc soit à chercher un robot à prix raisonnable susceptible de passer par la case Valetudo, soit à compromettre les relations diplomatiques familiales en opposant mon veto au robot.
De la nécessité d’informer correctement
Chacun prend bien les risques qu’il souhaite, tant qu’il les a correctement soupesés. Avant de m’équiper plus sérieusement, j’ai utilisé pendant quelques semaines mes caméras connectées avec la Chine, parce qu’elles me rendaient un service dont j’estimais avoir besoin, mais je l’ai fait de façon précautionneuse, en veillant à n’activer les appareils que quand la maison était vide de tout occupant.
Ce qui m’ennuie, et motive en réalité ce long laïus, ce sont tous les utilisateurs d’objets connectés qui acceptent tacitement d’exposer leur vie privée à un risque parce qu’on ne leur a pas expliqué la nature du risque en question. J’ai posé quelques questions naïves à des gens de mon entourage ces dernières semaines, en mode : « Au fait, tu es sûr que c’est sécurisé ton robot ? Il a quand même une caméra et des fonctions qui permettent d’en prendre le contrôle à distance ? ». Dans certains cas, j’ai eu droit à des retours de type : « Ho ben oui, l’application est sur mon téléphone protégé par mot de passe, donc c’est sûr ».
Mauvaise réponse :/
La situation n’a cependant rien d’inéluctable.
Du côté des particuliers, il me semble primordial de sensibiliser sans relâche sur le sujet, et c’est bien sûr l’objectif premier de cet édito. Je prêche probablement des convaincus parmi les lecteurs assidus de Next, mais puisse ce texte contribuer à informer des internautes moins au fait des subtilités techniques de nos objets connectés.
Je profite de l’occasion pour en appeler à mes consœurs et confrères de la presse : bon nombre de médias consacrent d’innombrables news, tests et bons plans relatifs aux aspirateurs robots. Pourquoi ne pas intégrer à vos revues un paragraphe et des éléments de notation spécifiques au respect de la vie privée et à la confidentialité des données ? Vos tests y gagneraient en qualité, et n’y perdraient probablement pas tant que ça en conversion vers des liens affiliés.
Le dernier message s’adresse aux fabricants, avec un premier appel évident : quand allez-vous enfin prendre le mors aux dents et faire une passe complète d’audits sur vos outils afin d’en améliorer la sécurité ? Au-delà de cette simple mesure de bon sens, vous avez une carte à jouer en proposant des produits intelligents, mais véritablement respectueux de la vie privée. Plutôt que de simplement respecter a minima les exigences du RGPD ou du futur Cyber Resilience Act (CRA), faites de la confidentialité un argument commercial.
Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour la paix de mon ménage !
Onze jours après avoir été désigné comme organisation terroriste par l’administration Trump, le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati a annoncé mettre un terme à ses activités. Il explique ne plus pouvoir garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services de messagerie ou d’hébergement, qui fermeront bientôt. Dans toute l’Europe, associations et mouvements en faveur des libertés numériques alertent sur cette attaque sans précédent contre un hébergeur alternatif.
Autistici/Inventati (A/I) baisse le rideau. Le collectif, né en Italie, désigné le 26 août dernier comme organisation terroriste par l’administration Trump, affirme ne pas pouvoir être en mesure de garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services. « A/I ferme ses portes. Le collectif Autistici/Inventati cesse ses activités et interrompra prochainement tous les services qu’il propose », explique-t-il dans un billet daté du 6 septembre.
Depuis le 26 août, il affichait pourtant sa volonté de résister face à cette désignation, qui a entraîné le gel, via DNS, du nom de domaine de son site principal, autistici.org, puis la suspension de son compte PayPal, et la résiliation des services financiers que lui prodiguait sa banque italienne, Banca Etica.
Le 2 septembre, Autistici/Inventati avait ainsi lancé un nouveau site, keepitfree.ai, pensé spécifiquement pour servir de point de liaison entre le collectif, ses utilisateurs et ses soutiens. Il y rappelait que même si A/I ne peut pas être qualifié de structure « neutre », en raison de son orientation idéologique assumée, la structure n’avait jamais été condamnée pour un quelconque crime, que ce soit aux États-Unis ou en Italie.
Quatre jours plus tard, changement de ton. « La possibilité que notre travail puisse avoir des conséquences juridiques et financières pour nos proches – ou même pour ceux qui ont simplement un lien avec nous – ne nous laisse pas le choix. Chaque jour passé en ligne après le 26 août 2026 a été une victoire, mais nous sommes maintenant contraints d’arrêter », écrit A/I dans le billet qui annonce sa dissolution.
Le collectif annonce dans le même temps la fermeture prochaine de ses services, à commencer par la messagerie autistici.org et la plateforme noblogs.org, et suggère à leurs utilisateurs de prendre les devants en sauvegardant leurs données :
« Nous vous enverrons prochainement des instructions pour sauvegarder le contenu de vos blogs, boîtes mail et sites web, ainsi que des recommandations plus techniques. Cependant, gardez à l’esprit que, tout comme le domaine autistici.org est devenu inaccessible sans préavis, nous pourrions rencontrer des problèmes similaires et imprévisibles dans les prochains jours. »
De nombreux soutiens affichés
L’annonce de la disparition d’A/I intervient alors que de nombreuses structures, associations et collectifs engagés en faveur de la liberté d’expression sur Internet, ont affiché leur soutien explicite. Outre la lettre ouverte de Sabot Media cosignée par Framasoft et la Quadrature du Net entre le 31 août et le 1er septembre, une trentaine d’organisations ont donné de la voix au travers d’une tribune publiée le 3 septembre par le réseau European Digital Rights (EDRi).
Tous dénoncent une attaque d’une gravité sans précédent contre le principe même de neutralité des infrastructures, et le risque que fait peser la sanction des États-Unis sur tous les fournisseurs de services alternatifs aux acteurs commerciaux dominants.
« Cette décision déplace la responsabilité des actes commis par les hébergés sur les hébergeurs. Et quand la menace qu’on fait peser sur toi est celle d’être qualifié d’organisation terroriste internationale, ce n’est pas la même chose qu’une fermeture administrative, ou qu’une réquisition de la police. Ici, la sanction est d’une violence extrême », analyse Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft, initiatrice du Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts et solidaires (Chatons).
Le renoncement d’A/I parait, dans ce contexte, compréhensible. « Même si tu restes vindicatif, c’est difficile de te dire que tu vas te battre avec des cure-dents contre un porte-avion. Le rapport de force qui se met en place, une fois désigné comme organisation terroriste internationale, est intenable, donc il vaut sans doute mieux jouer la fluidité, quitte à renaître ailleurs », estime Pierre-Yves Gosset, qui rappelle les conséquences de la vindicte états-unienne sur la vie personnelle et la famille du juge Guillou, littéralement coupé de tout un pan de sa vie numérique en raison d’un décret signé par Donald Trump.
Outre le coup de boutoir frontal que constitue cette désignation comme organisation terroriste internationale, A/I subit également des assauts par la bande. Fin août, le collectif indiquait que sa plateforme noblogs.org, notoirement connue pour héberger des blogs de mouvements antifa parfois adeptes de la désobéissance civile, avait fait l’objet d’attaques informatiques, qui s’étaient traduites par le défaçage, pendant quelques heures, de sa page d’accueil.
Prévenir l’hypothèse du kill switch
Quelques jours plus tard (et sans qu’un lien direct avec la cyberattaque ait été établi), le site militant pro-Trump Datarepublican a publié une cartographie des 7 673 sites hébergés par noblogs. « NoBlogs, la tristement célèbre infrastructure antifa mondiale, sera fermée. Mais n’ayez crainte, les autorités détiennent tout le contenu, et nous le conserverons en mémoire sur TrumpBlogs », ironise sur X l’instigatrice de la plateforme.
Qu’adviendra-t-il des utilisateurs des services opérés jusqu’ici par A/I ? L’ONG norvégienne Electronic Forpost Norge (EFN) a annoncé dimanche qu’elle reprendrait une partie de l’infrastructure précédemment gérée par le collectif d’origine italienne. Les autres internautes qui cherchent des moyens de communication garantissant l’anonymat, ou l’alternative aux grands outils états-uniens, devront quant à eux trouver une nouvelle crèmerie, peut-être moins facilement identifiable que ne l’était A/I, dont les 25 ans d’histoire ont été émaillés de quelques coups d’éclat.
L’action contre Autistici/Inventati fait quoi qu’il en soit peser un risque nouveau sur les hébergeurs alternatifs qui, même sans afficher de coloration politique particulière, prennent le précédent très au sérieux. « C’est peut-être le point positif de cette histoire. Elle nous oblige à nous poser des questions, à réévaluer notre modèle de menaces et à anticiper la façon dont on répondrait si on était concernés », remarque Pierre-Yves Gosset.
Cette distribution Linux se destine avant tout aux Mac équipés de puces Apple Silicon, que l’entreprise a inaugurées il y a six ans avec sa puce M1. Alors que les premières machines M6 sont depuis peu sur le marché, Asahi annonce la prise en charge des puces M3. Mais attention, il reste beaucoup de travail.
Asahi Linux vise à porter Linux sur les Mac équipés de puces Apple Silicon. Il s’agit d’un travail de titan, car l’architecture d’Apple n’est pas ouverte. Les développeurs procèdent donc par tâtonnement et rétro-ingénierie, sans aucune documentation technique pour les y aider. Apple n’a aucun intérêt en effet à documenter sa technologie, puisqu’elle est la seule à l’utiliser et qu’elle est consciente des très bonnes performances de ses puces, constituant un avantage concurrentiel certain.
Pour avancer, les développeurs doivent ainsi analyser les microprogrammes (firmwares), la mémoire et le comportement des composants (contrôleur d’affichage, processeur de sécurité, contrôleur mémoire unifiée, etc.). Il faut ensuite en déduire un fonctionnement reproductible pour l’intégrer dans un système d’exploitation libre. La distribution de référence est Fedora Asahi Remix, mais le travail effectué est notamment repris dans le noyau Linux.
Un gros pas vers les puces M3
Comme indiqué par Phoronix le 6 septembre, le support officiel des Mac équipés de puces Apple M3 (M3, M3 Pro, M3 Max) vient d’être intégré à l’installateur du projet. Seule exception, la version Ultra de la puce, que l’on peut retrouver dans le Mac Studio dans sa configuration maximale.
Le niveau de prise en charge est proche de celui déjà obtenu sur les puces M1 et M2 (et leurs variantes). Le support comprend notamment la webcam, les microphones intégrés, l’USB, le décodage vidéo matériel avec support de l’AV1, le Wi-Fi et le Bluetooth.
Attention cependant, car les mêmes limites initiales qu’avec les générations M1 et M2 recommencent, à cause de deux composants qui donnent du fil à retordre aux développeurs. D’abord, le contrôleur d’affichage (DCP, Display Controller Processor), un coprocesseur dédié et propriétaire introduit avec la puce A14 (iPhone 12). Son support n’est que très partiel, car il a fallu passer par un hyperviseur interceptant les appels entre macOS et la puce. En conséquence, la machine ne peut pas être mise en veille et le HDMI ne fonctionne pas.
De même, le support du GPU reste expérimental. Les performances sont donc très limitées et son utilisation consomme beaucoup plus d’énergie qu’elle ne le devrait. Lors de la conférence X.Org qui se tiendra du 28 au 30 septembre, une partie de l’équipe de développement viendra rendre compte des progrès accomplis sur ce point.
Un travail de longue haleine.
Dans le billet d’annonce sur le site officiel de la distribution, James Calligeros (l’un des développeurs d’Asahi) indique cependant que l’équipe aura davantage d’informations sur ces sujets dans les mois à venir. Comme avec les générations M1 et M2, il est très probable que les développeurs finiront par obtenir le support complet du GPU et du DCP. Sur les deux premières générations, GPU a atteint la conformité officielle (auprès du Khronos Group) pour OpenGL 4.6, OpenCL 3.0 et Vulkan 1.3 (ainsi qu’OpenGL ES 3.2)
Le travail reste cependant « ingrat », car il faut recommencer à chaque nouvelle génération de puces, à cause des changements d’architecture et autres améliorations apportées chaque année. Il en ira de même pour le support des puces M4.
En outre, il faut garder en tête que « pleinement fonctionnel » a une définition particulière dans le cadre d’Asahi. L’appellation indique surtout que toutes les fonctions de base sont supportées et que la machine a, dans l’ensemble, le comportement que l’on peut en attendre dans une utilisation quotidienne. Des fonctions restent indisponibles, comme le HDR ou certaines configurations Thunderbolt (pour les machines qui l’ont).
Une lente intégration dans le noyau Linux
Une partie du travail réalisé par les développeurs d’Asahi atterrit ensuite dans le noyau Linux lui-même. Le processus est bien sûr plus lent et sélectif, car seuls les composants jugés suffisamment matures sont intégrés. Ils sont alors soumis aux mainteneurs des sous-systèmes concernés (DRM pour l’affichage, IOMMU pour la gestion mémoire, etc.), selon le processus habituel de relecture par correctifs.
On retrouve ainsi des composants comme le pilote DCP de base, le contrôleur IOMMU pour la mémoire, le pilote SMC (contrôleur de gestion système) ou encore les contrôleurs GPIO. Le pilote graphique complet, en revanche, n’en fait pas partie. D’une part, il est nettement plus volumineux que les autres composants.
D’autre part, il est en grande partie écrit en Rust, ce qui avait soulevé des tensions sur les discussions d’intégration au noyau. Ces tensions avaient poussé Hector Martin, fondateur et responsable historique du projet, à démissionner de son rôle de mainteneur et de la direction. La décision était intervenue notamment à la suite de remontrances de Linus Torvalds. Ce dernier indiquait alors ne pas être contre Rust dans le noyau (le code Rust y est en augmentation depuis trois ans), mais il n’avait pas apprécié qu’Hector Martin passe par les réseaux sociaux pour tenter de convaincre la communauté.
L’évolution n’a pas tardé. Alors que le projet Opération Bluebird, monté par deux salariés de Twitter, époque pré-rachat par Elon Musk, lançait fin août le service Twitter.now, les voilà forcés de le renommer pour tweet.app.
Le changement fait suite à la décision écrite du juge Colm Connolly, dans laquelle ce dernier indique qu’utiliser le nom « Twitter » créerait trop de confusion dans l’esprit des consommateurs et enfreindrait le droit des marques.
Autrement dit, contrairement à la lecture adoptée initialement par les équipes d’Operation Bluebird, ces derniers n’ont pas le droit d’utiliser le nom Twitter, quand bien même celui-ci n’est plus utilisé par la plateforme X ni par l’entreprise SpaceXAI.
Le juge décrète en revanche que X a probablement abandonné le terme « tweet » et son logo en forme d’oiseau, ce qui signifie que ces deux éléments sont réutilisables. Le site web du nouveau réseau social a aussitôt évolué de Twitter.now vers Tweet.app.
Page d’accueil de Tweet.app : seul le nom a changé depuis le lancement de « twitter.now ». / Capture d’écran
Dans sa foire aux questions, il indique : « Le 3 septembre 2026, un tribunal fédéral a refusé de nous interdire l’utilisation de la marque "Tweet" et du logo représentant un oiseau, estimant que nous étions en mesure de prouver que la société X avait abandonné ces deux éléments. »
Fin août, l’ancien juriste de Twitter Stephen Coates et son associé Michael Peroff lançaient la prévision de leur réseau social.
Pour limiter les premiers accès et obtenir des financements, le réseau n’est pour le moment accessible qu’en contrepartie de 20 à 40 dollars. Auprès de TechCrunch, l’entreprise a indiqué que 172 000 personnes avaient déjà ouvert un compte, donc réservé un nom d’utilisateur.
Deux véhicules Tesla équipés du FSD, le dispositif de conduite autonome du constructeur automobile, vont être testés sur route en France. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait pourtant dit non au FSD en juillet ; une discussion avec Elon Musk a arrondi les angles.
Non en juillet, oui en septembre : il n’aura fallu que deux mois et une discussion avec Elon Musk pour que Philippe Tabarot revienne sur sa décision. « Avec la mise à disposition de deux véhicules équipés de FSD par Tesla, nous entrons désormais dans une nouvelle étape : celle des essais sur route », explique-t-il.
Le feu rouge passe à l’orange
Les arguments avancés le 22 juillet par le ministre des Transports pour refuser le FSD tenaient pourtant la route, si l’on ose dire. Il reprochait au système de « conduite autonome supervisée » – ce qui n’est pas la même chose qu’une conduite totalement autonome – que dans certains cas, les véhicules peuvent aller jusqu’à 50 % au-dessus de la limite de vitesse autorisée. Il pointait aussi du doigt les mécanismes de Tesla pour garantir que le conducteur soit toujours parfaitement attentif durant la conduite.
Philippe Tabarot a eu un « échange constructif » avec le milliardaire le 2 septembre dernier autour du FSD. Il explique que « depuis plusieurs mois, les autorités françaises travaillent étroitement avec Tesla sur les adaptations techniques qui permettront à la France de soutenir son homologation, qui sera décidée au niveau européen dans les prochaines semaines. »
Les premiers essais sur route sont la prochaine étape, avec ces deux véhicules équipés du FSD. Ce sera l’occasion de tester en conditions réelles la fierté des routes françaises : les ronds-points !
En réalité, le ministre n’a rien contre ces technologies ; comme il l’expliquait en juillet, « la France soutient ces technologies et leur déploiement doit se faire dans un cadre de confiance qui permet d’évaluer les systèmes et de déterminer les ajustements du FSD nécessaires pour garantir un haut niveau de sécurité. » Il souhaite que les premiers véhicules homologués puissent rouler sur les routes de l’Hexagone dès l’année prochaine.
Tesla veut une approbation à l’échelle européenne
Non content d’échanger avec le ministre français en visio, Tesla travaille de son côté sa communication et ses chiffres avec une échéance stratégique en vue. D’après le constructeur, c’est en effet aux alentours du 6 octobre prochain que doit intervenir le vote du comité technique européen (TCMV) pour l’approbation élargie du système « FSD Supervised » à l’échelle de l’Union européenne.
Rappelons que l’entreprise ne dispose pour l’instant que d’autorisations données à l’échelle nationale dans cinq pays (Pays-Bas, Danemark, Belgique, Estonie, Lituanie). Pour déployer plus largement le FSD, elle demande une dérogation au règlement européen UNECE R171.01 qui encadre la mise en œuvre des fonctions de conduite assistée de niveau 2.
À cette fin, Tesla a publié le 1er septembre un plaidoyer qui demande cinq dérogations (dont la possibilité de temporairement dépasser la vitesse maximale en fonction des conditions de trafic). À l’appui de cette demande, le constructeur avance une longue liste de chiffres présentés comme autant de preuves de l’efficacité de sa technologie.
Issues de trajets réalisés en Europe ou aux États-Unis, ces statistiques démontrent, selon Tesla, une diminution significative des événements inopportuns (freinages d’urgence, accélérations brusques) par rapport aux aides à la conduite déjà autorisées. Elles révèleraient également « des taux de collision majeurs inférieurs de 40 à 69% (IRR 0,31 - 0,60) et 48 à 59% de taux de collision mineurs inférieurs (IRR 0,41 - 0,52) dans toutes les classes de route ». L’IRR désigne pour mémoire le rapport des taux d’incidence (incident rate ratio) entre deux groupes distincts, ici les véhicules équipés du FSD et ceux qui disposent d’ADAS homologuées.
Le Cybercab force le passage
Pendant ce temps, le forcing de Tesla pour faire rouler le Cybercab a payé : le véhicule sans volant ni pédale tourne en effet sur les routes d’Austin, au Texas, depuis jeudi dernier. La voiture deux places, présentée en grande pompe en octobre 2024, rongeait son frein depuis, en attendant d’obtenir les autorisations nécessaires.
Le constructeur avait lancé l’an dernier une app Robotaxi qui permettait certes de commander une course dans une voiture autonome, mais il s’agissait jusqu’à présent de Model Y, avec un volant et des pédales donc, et parfois accompagnées d’un chauffeur de sécurité. 45 Cybercab renforcent une flotte qui comprend désormais 420 véhicules à Austin. Attention, il s’agit de voitures enregistrées, pas nécessairement de robotaxis réellement en exploitation.
Selon le décompte d’AP, Tesla aurait en circulation environ 200 robotaxis sans chauffeur dans six villes au Texas et en Floride. En comparaison, Waymo fait rouler plus de 4 000 véhicules dans 14 villes.
Quoi qu’il en soit, la fête s’est terminée en gueule de bois. Vendredi, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) ouvrait une enquête pour déterminer si Tesla avait vraiment le droit de dire que le Cybercab respectait les normes fédérales actuelles, les Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS). L’entreprise a probablement estimé que certaines obligations pensées pour un conducteur humain ne valent pas pour un véhicule complètement autonome.
Aux États-Unis, les constructeurs peuvent auto-certifier leurs véhicules. Ils n’ont pas toujours besoin d’une autorisation préalable détaillée ; en revanche, l’administration en charge de la sécurité routière peut toujours contrôler et imposer des mesures si la déclaration ne correspond pas à la réalité ou ne respecte pas les standards.
Image : Tesla
Le nœud du problème ici, c’est que le Cybercab ne possède aucune commande qui permettrait à un humain de prendre la main. La NHTSA demande donc à Tesla de détailler le raisonnement technique de l’entreprise ; il ne s’agit pas d’une interdiction, ni de la conclusion que le Cybercab est illégal. Mais l’agence fédérale peut exiger des documents, contester la conformité ou obliger le constructeur à modifier le véhicule.
Il parait cependant peu probable que la NHTSA fasse preuve du plus grand zèle dans son enquête puisqu’elle est en train de moderniser les règles pour les véhicules autonomes, notamment sur les pédales de frein, essuie-glaces, éclairage et rétroviseurs. Mais tant que ces nouvelles règles ne sont pas finalisées, les anciennes restent applicables. Tesla est donc allée plus vite que la musique et ne peut pas agir comme si la réforme était déjà faite.
Comme le rappelle TechCrunch, Tesla aurait pu emprunter la même voie réglementaire que Zoox. La filiale d’Amazon avait elle aussi auto-certifié son véhicule, une sorte de cube sur roues sans volant ni pédales, en 2022. La NHTSA avait alors ouvert le même type d’enquête. Chemin faisant, Zoox a fini par décrocher le feu vert final en juillet dernier pour lancer un service commercial payant à Las Vegas.
Microsoft veut catalyser le marché des développeurs travaillant avec l’IA. L’éditeur a dévoilé le « projet Zenith », un Windows 11 spécialement configuré pour répondre aux besoins de cette clientèle, sur des PC ultra-gonflés. Était-ce bien nécessaire ?
Microsoft veut faire de Windows « la meilleure plateforme pour les développeurs » – il est vrai que sans trop forcer, Apple s’est taillée une réputation enviable dans ce domaine, avec ses Mac à puce Mx et leur mémoire unifiée. À tel point que le constructeur en fait désormais un argument central.
Le projet Zenith est une « expérience » Windows 11 optimisée pour les développeurs. Il s’agit de Windows 11 « sans distraction » destiné à des machines équipées de 64 Go de mémoire unifiée (ou plus si on veut vraiment casser la tirelire) et d’une bande passante de 250 Go/s minimum.
Les premiers modèles compatibles Zenith fonctionneront sur des puces Ryzen AI Halo d’AMD. Il est aussi plus que probable que les futurs PC avec puce RTX Spark de NVIDIA seront pris en charge. Ces machines peuvent faire tourner en local des modèles IA de 30 milliards de paramètres.
Image : Lenovo
À l’occasion de l’IFA, Lenovo a présenté son ThinkCentre X Ultra, l’un des premiers ordinateurs de bureau répondant aux critères du projet Zenith. Il intègre une puce AI Max+ PRO 495, prend en charge jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée, et on peut les connecter en cluster (jusqu’à 4 unités).
Prêt-à-coder très encadré
Microsoft en fait des caisses, mais en réalité ce projet n’est rien d’autre qu’un Windows 11 qui vient avec des réglages prédéfinis et des logiciels déjà installés. Le Terminal de Windows et Visual Studio Code seront ainsi épinglés par défaut à la barre des tâches ; l’Explorateur de fichiers présentera les extensions de fichiers, les fichiers masqués, le chemin complet dans la barre de titre et le volet des détails, avec la prise en charge des chemins longs activés.
La recherche, le menu Démarrer et la barre des tâches seront également configurés « pour le développement » : la Palette de commandes des PowerToys est activée dans les deux premiers ; les conseils du menu Démarrer et les notifications de compte sont désactivés pour limiter les distractions. L’espace de travail est annoncé comme « plus épuré » sans les fichiers et dossiers récemment utilisés.
Image : Microsoft
Au chapitre des logiciels préinstallés, les PC du projet Zenith seront livrés avec Visual Studio Code bien évidemment, GitHub Copilot, des terminaux, des interfaces en ligne de commande, divers langages, .NET 10, Windows Subsystem for Linux (WSL) 2…
« Ces choix créent un point de départ calme et pertinent pour le développement », affirme Microsoft. Fort heureusement, tous ces réglages peuvent être modifiés et désactivés en fonction de ses besoins. « Vous pouvez continuer à configurer, étendre et personnaliser votre environnement autour des outils, langages et frameworks que vous préférez. » Ouf ! Selon l’éditeur, il s’agit simplement de partir d’une « meilleure base ».
Tout cela représente un gain de temps assez marginal, et même un intérêt finalement assez modeste. Chaque développeur a ses petites habitudes, et par ailleurs la configuration aux petits oignons d’un PC ne nécessite plus une gymnastique de tous les instants. Une fois qu’une config’ est calée, en règle générale, le sujet n’est pas censé revenir sur le tapis tous les quatre matins.
Cet été, Next vous propose des mini-jeux. Aujourd’hui, nous allons tester vos connaissances avec une version maison du jeu Tu te mets combien. Les premières questions sont faciles, mais cela se corse rapidement !
Attention à la première question, il y a un piège. Les autres sont toutes évidentes ; ou alors c’est le contraire, allez savoir ! Pour la 10ᵉ question, nous allons être gentils, vous avez droit à une marge de ± 1 signe, sinon c’est trop dur (qu’est-ce qu’on est sympa quand même) !
Pour les autres, les réponses se trouvent parfois dans des actualités Next, parfois dans un de nos magazines, parfois… on ne sait pas trop où ; à vous de chercher.
Réfléchissez-y et notez vos réponses quelque part. La semaine prochaine, nous vous expliquerons comment participer à notre concours pour tenter de gagner des cadeaux, notamment des dessins de Flock.
Voici nos 10 questions :
Next est-il un site avec du contenu porno ou des actualités sur la tech ?
Le site de Next est-il basé sur WordPress, Skyblog ou MySpace ?
Comment s’appelait Next avant son rachat ?
À la date du 5 septembre, combien de sites sont identifiés dans notre extension Gen AI ?
Quelle est l’impédance maximale trouvée sur un vieux câble USB pendant nos tests ?
Avant d’être journaliste : qu’a fait d’improbable Jean-Marc ; qu’a transporté Vincent ?
Arrivé sur Next pour parler de stockage, de quelle marque parlait la première actu de Seb ?
Chez LCDI, combien coûtait dans les années 90 un disque dur Corner de 420 Mo ?
Quelle relation ont eue Mathilde et Jean-Marc avant de travailler ensemble sur Next ?
Il y a 15 ans, en septembre 2011, combien de signes ont été publiés dans les actus Next ?
L’enquête lancée par la section cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l’office anti-cybercriminalité (Ofac) suite au piratage de la plateforme cet été de la Direction générale des finances publiques a débouché sur l’interpellation de deux suspects, rapporte Franceinfo.
Illustration : Flock
Suite à son interpellation le 18 août, un homme de 18 ans a été mis en examen le 20 août et placé en détention provisoire. Un second suspect âgé de 16 ans, interpellé le 26 août, a été libéré après sa garde à vue. Son matériel sera cependant utilisé par les enquêteurs. Le premier suspect, domicilié en région parisienne, ferait partie du groupe de pirates ZeroBytes bien connu des services. Outre la DGFiP, il serait derrière les piratages ces derniers mois de l’Éducation nationale, France Travail, ou encore SFR.
Le suspect n’est pas un perdreau de l’année : il avait en effet été mis en examen en juin 2024 et janvier 2025 dans deux dossiers concernant des attaques informatiques, et placé sous contrôle judiciaire dans ces deux cas.
Il a été mis en examen pour les chefs d’accusation d’« accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données (STAD) à caractère personnel en bande organisée », pour « modification frauduleuse, extraction, transmission, reproduction et détention de données contenues dans un STAD à caractère personnel en bande organisée », ainsi que pour « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans d’emprisonnement ».
L’enquête se poursuit pour interpeller les autres personnes mises en cause dans le piratage du fisc.
Sync-in est une solution d’hébergement et de synchronisation de fichiers libre et open source (licence AGPL 3). Après une version 2.4 en juin, la 2.5 vient de paraître, avec à son bord plusieurs nouveautés importantes.
Elle introduit d’abord un système de favoris, une vue dédiée dans laquelle on peut placer aussi bien des fichiers que des espaces collaboratifs et des partages. On y trouve également des filtres, options de tri, informations sur leur emplacement ainsi qu’un affichage en liste ou en galerie.
Sync-in 2.5 introduit aussi un panneau de sélection. Il s’ouvre automatiquement lorsqu’on clique sur l’icône d’un fichier, avec ou sans sélection multiple. Dans le panneau, on trouve des informations sur les éléments choisis, dont la taille totale et un accès aux fonctions disponibles.
L’activité récente a été unifiée : les fichiers et commentaires sont réunis dans la même chronologie, que l’on peut organiser par période, avec possibilité de filtrer par type d’activité. La nouvelle mouture améliore aussi les copies, déplacements et envois, avec un volet repensé et la possibilité d’ignorer les fichiers quand des conflits sont détectés. Citons en outre une amélioration générale de l’accessibilité, ainsi qu’une meilleure recherche en texte intégral.
La version 2.5 comporte en outre quelques changements importants liés à la sécurité. Le plus significatif est sans doute l’obligation par défaut d’avoir une adresse e-mail vérifiée lorsque l’on passe par un fournisseur OIDC (OpenID Connect). Si c’est impossible pour une raison ou une autre, la personne chargée de l’administration du serveur devra modifier la valeur de l’option auth.oidc.security.requireVerifiedEmail pour false.
L’État français a décidé de rebooster sa recherche dans le nucléaire de fission en lançant un nouveau programme de recherche sur le thème financé par le plan d’investissement public France 2030. Dans son communiqué de presse annonçant la création de ce programme, le CNRS l’ancre dans une « volonté d’accompagner la transition énergétique ».
Le programme est doté de 18 millions d’euros sur six ans et est piloté par le CNRS en collaboration avec le CEA.
Réacteur centrale nucléaire. Nicolas HIPPERT, Unsplash
L’idée du programme semble de réactiver une recherche sur le nucléaire en perte de vitesse, avec la volonté de :
Produire de nouvelles connaissances fondamentales ;
Renforcer les infrastructures expérimentales indispensables à ces recherches ;
Former une nouvelle génération de scientifiques spécialisés dans l’énergie nucléaire.
La moitié des 18 millions d’euros partira directement dans le financement de personnels de recherche, notamment de contrats doctoraux et postdoctoraux (les postes de chercheurs titulaires étant très peu financés sur des programmes de recherche de ce genre en France).
L’autre moitié du financement servira aux équipements et infrastructures scientifiques « comme des accélérateurs de particules, des réacteurs expérimentaux ou des laboratoires de radiochimie ».
Concernant les objectifs de recherche, le programme se donne l’ambition de produire des données fondamentales sur les processus nucléaires mais aussi d’analyser le comportement du corium, « un mélange de matériaux formé lorsqu’un cœur de réacteur fond durant un accident ». Les chercheurs devront aussi aller à la découverte du devenir des noyaux radioactifs (pour comprendre comment gérer leur fin d’utilisation).
Enfin, le programme prévoit le développement de « nouveaux matériaux capables de résister durablement aux fortes irradiations auxquelles sont soumis les réacteurs nucléaires ».