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L’agent Muse de Meta s’appuie sur des humains pour sa fonction d’appels téléphoniques

23 septembre 2026 à 15:42
Encore et toujours le turc automate
Muse peut donner votre adresse à n’importe qui ou fouiller vos messages sans permission

L’agent IA de Meta qui propose aux internautes de faire leurs emplettes et de prendre leur rendez-vous à leur place est grandement inspiré d’OpenClaw, avoue l’un des responsables de l’entreprise. Mais la fonction d’appels ajoutée le 17 septembre s’appuie aussi sur un call center où de vrais humains passent des coups de fil à la place de l’IA.

L’IA coûte cher, les agents ne vont pas assez vite ? Pas de problème pour Meta, qui a essayé de rattraper son retard sur la concurrence en lançant Muse, son agent IA, capable de prendre en charge toutes sortes d’actions pour le compte de l’utilisateur. Histoire de ne pas perdre trop de temps en R&D, le géant des réseaux sociaux s’est grandement inspiré d’OpenClaw.

Un agent très très proche d’OpenClaw

C’est ce qu’a avoué Nat Friedman, responsable produit chez Meta Superintelligence Labs (MSL) dans un post sur X. « En tant que produit, il s’inspire très fortement d’OpenClaw » explique-t-il, tout en assurant que l’agent de Meta a été créé « from scratch ». « Je pense que beaucoup de gens s’en sont inspirés. Notre objectif avec Muse était de créer quelque chose de similaire à OpenClaw, que nous pourrions rendre sûr, sécurisé et facile à utiliser, et qui puisse s’adapter à des milliards d’utilisateurs », ajoute-t-il.

Nat Friedman répondait à un message affirmant que « Muse, c’est LITTÉRALEMENT OpenClaw pour les gens normaux ». Ce message était accompagné d’une capture d’écran montrant une réponse de Muse comparant des noms de fichiers de configuration entre les différents systèmes. Cette inspiration n’est pas fortuite : il se trouve en effet que Meta avait tenté d’acquérir OpenClaw avant qu’OpenAI ramasse la mise.

Meta est pressé et ne s’embarrasse pas trop des éventuels obstacles sur sa route : il a ainsi délogé manu militari le groupe de musique Muse de ses réseaux sociaux (Instagram, Facebook, et même X) pour y greffer ceux de son agent. Et Muse a été repéré par la patrouille en train de faire les courses sur Amazon sans que ce dernier soit prévenu.

Une nouvelle fonctionnalité… backupée par un call center

Ce même empressement pourrait aussi expliquer pourquoi Meta a voulu attribuer à Muse des actions qu’il ne peut réaliser seul, sans l’aide d’un humain. Dans l’histoire de l’IA, beaucoup d’entreprises ont été accusées de cacher du travail humain derrière un storytelling d’automatisation des tâches, Waymo faisant par exemple débloquer ses taxis par des personnes travaillant aux Philippines.

Meta rejoint ainsi cette longue liste après avoir lancé en test une fonction « pour les appels sortants vers des entreprises américaines ». Alexandr Wang, directeur de l’IA chez Meta, s’enorgueillait le 17 septembre dernier : « Nous étendons notre version bêta de Muse aux appels téléphoniques ! ».

Mais selon des informations de 404 Media, lors de la présentation de cette fonctionnalité aux employés de Meta, la direction leur a expliqué avoir « ajouté une couche d’agents humains pour garantir la bonne exécution des appels ».

D’après le message interne obtenu par nos confrères, « Muse ne se contente pas de composer un numéro. Il appelle une entreprise en votre nom, gère la conversation, traite votre demande et vous en rend compte à l’aide d’une transcription et d’un résumé ». « De plus, il ne fonctionne plus seul. Muse est désormais capable de transférer les demandes à un agent humain qualifié, qui passe l’appel et s’en charge », est-il ajouté.

Face à des employés circonspects concernant la mauvaise presse que cela pouvait attirer ainsi que par les problèmes de confidentialité potentiels, la direction de Meta leur a assuré que les sous-traitants avaient suivi « de nombreuses formations afin de garantir la sécurité et la protection de toutes vos données ».

« Les tests internes, également appelés “dogfooding”, sont au cœur du processus de développement des produits. Bien que les réactions des employés aient été extrêmement positives, l’objectif principal est de recueillir des retours afin de pouvoir mettre en place des mesures de sécurité et de protection de la vie privée, et d’améliorer les fonctionnalités avant leur lancement public », a répondu Meta au site web. « Nous travaillons avec les commerçants pour continuer à améliorer cette fonctionnalité d’appel potentielle, et nous ne la déploierons que lorsqu’elle sera prête et accompagnée des mentions d’information appropriées ».

Deux Snapdragon 8 Elite Gen 6 pour faire tourner l’IA sans saturer la mémoire

23 septembre 2026 à 15:17
Deux puces sinon rien
Deux Snapdragon 8 Elite Gen 6 pour faire tourner l’IA sans saturer la mémoire

Qualcomm a dévoilé la puce annuelle des futurs smartphones Android haut de gamme. Elle se décline en deux versions : Snapdragon 8 Elite Gen 6 et une version Extreme. Les deux SoC mettent l’accent sur le traitement IA en local, et signe des temps, sur l’optimisation de l’usage de la mémoire.

Comme chaque année, Qualcomm sort le dictionnaire des hyperboles pour qualifier les capacités de sa nouvelle puce mobile destinée aux smartphones Android premium : elle est forcément la plus puissante jamais conçue. Ça n’a pas raté avec la fournée 2026, mais il y a au moins une nouveauté : ce n’est pas une puce qui a été présentée, mais deux. La Snapdragon 8 Elite Gen 6 est la successeure directe de l’Elite Gen 5 de l’an dernier, et en parallèle les constructeurs pourront opter à la place pour une Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 encore plus balaise.

Deux puces, un cache et beaucoup d’IA

Qualcomm, qui dispute à Intel le titre du catalogue de noms les plus inutilement alambiqués, a intégré dans chacun de ses systèmes-sur-puce un CPU doté de deux cœurs « Prime » Oryon de 4e génération cadencés à 5 GHz – une première sur smartphone – et six cœurs performants jusqu’à 4 GHz, combinés à 16 Mo de cache Oryon Flex. La fiche technique est disponible par ici pour le 8 Elite Gen 6 et là pour la version Extreme.

Ce cache est au cœur d’un des principaux arguments de vente avancés par Qualcomm : les nouvelles puces sont efficaces même quand le smartphone intègre moins de mémoire. Les données nécessaires au traitement d’une tâche par les cœurs Prime sont stockées dans cette réserve plutôt que transférées dans la mémoire vive de l’appareil.

« Flex Cache réduit la fréquence à laquelle les cœurs doivent accéder à la mémoire système, ce qui permet de préserver les performances même lorsque la mémoire disponible est limitée », résume l’entreprise. Une évolution « plus importante que jamais » au vu de la crise de la mémoire qui affecte l’ensemble de l’industrie des smartphones.

En termes de performances, Qualcomm avance un gain de 10 % pour le processeur du Snapdragon 8 Elite Gen 6, et de 13 % pour celui du Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 (bien que le CPU soit identique sur les deux modèles) par rapport au Snapdragon 8 Elite Gen 5.

GPU Adreno avec ou sans Neural Fusion, Wi-Fi 8

Les puces contiennent un GPU Adreno (sans détail, comme toujours) secondé sur la déclinaison Extreme par un Neural Fusion, qui regroupe plusieurs techniques de traitement IA (génération d’images et upscaling) qui améliorent la fidélité graphique.

Neural Fusion est censé minimiser les artefacts traditionnels des jeux mobiles : scintillements, images fantômes pour les objets en mouvement, rendu flou. Le GPU de la puce Extreme bénéficie également de trois cœurs dédiés au traitement IA (« Adreno Matrix ») et de 18 Mo de mémoire haute performance pour accélérer le calcul des tâches d’upscale et de génération d’images. Les éditeurs doivent adapter leurs jeux pour tirer profit de cette technologie : Qualcomm annonce une vingtaine de partenaires et des jeux comme Diablo Immortal et Honkai: Star Rail.

Le circuit graphique des nouvelles puces se veut 35 % plus rapide pour la Snapdragon 8 Elite Gen 6, et 44 % pour l’Extreme. Le troisième pilier de ces SoC est bien évidemment le NPU (neural processing unit) Hexagon jusqu’à 45 TOPS, de 14 à 35 % plus rapide selon la puce. Son efficacité énergétique, c’est-à-dire ses performances à consommation égale, progresse quant à elle jusqu’à 33 %. L’Extreme intègre en bonus un Element Accelerator doté d’une mémoire partagée 50 % plus importante.

Pour la connectivité, Qualcomm intègre son dernier FastConnect 8800 présenté en mars. Il intégre du Wi-Fi 8 et de la 5G bien évidemment.

La journée type selon Qualcomm…

Qualcomm a bien l’intention de prendre le train de l’IA agentique et propose même le déroulé d’une journée facilitée par les agents IA propulsés par les appareils (smartphones, ordinateurs, lunettes…) équipés de ses SoC nouvelle génération : tri des courriels le matin, gestion des rendez-vous, enregistrement et résumé des réunions, aides pour le travail… Le tout géré automatiquement par des agents travaillant en tâche de fond. Une vision de l’avenir ou un épisode de Black Mirror ?

On devrait être fixé assez rapidement, puisque les premiers smartphones dotés de ces Snapdragon ne tarderont pas. Motorola a ainsi déjà annoncé que le Signature 27 fonctionnera avec la Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6. C’est d’ailleurs le premier modèle que l’on pourra acheter avec GrapheneOS au lieu d’Android.

Inclusion dans la tech : ce que les femmes disent de leurs parcours

23 septembre 2026 à 13:13
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Inclusion dans la tech : ce que les femmes disent de leurs parcours

En plein raidissement politique contre les logiques d’inclusion, des professionnelles de la tech témoignent de leur expérience, entre persistance de stéréotypes et amélioration de leurs conditions de travail.

L’industrie de la tech manque-t-elle « d’énergie masculine », comme le laissait entendre Mark Zuckerberg début 2025, au micro du podcasteur Joe Rogan ? À l’époque, déjà, l’affirmation laissait dubitatif, dans la mesure où les effectifs de Meta n’avaient jamais dépassé un ratio de 37,1 % de femmes pour 62,9 % d’hommes (en 2022).

Mais Wired est allé plus loin en sondant 634 femmes employées à des postes d’ingénierie (à 38 %), de stratégie ou de conformité (25%), spécialisées dans la donnée (14 %) ou d’autres postes de l’industrie numérique sur divers éléments de leur vie professionnelle. De la femme de trente ans d’expérience qui rapporte subir encore des collègues qui lui « parlent comme si [elle était] une idiote » à celle soupçonnée de coucher pour obtenir certaines tâches, leurs récits ressemblent à ceux de nombre de femmes employées dans des secteurs masculins. 47 % des professionnelles de la tech interrogées déclarent même que leur industrie n’a pas changé ou est devenue pire pour les femmes.

10 ans après la vague #MeToo, 15 ans après la publication de l’essai Lean In, de l’ex-numéro 2 de Meta Sheryl Sandberg, qui appelait les femmes « s’affirmer » et simplement « se saisir » du pouvoir dans leur environnement professionnel, le constat est amer. Il varie néanmoins selon le niveau de granularité analysé : dans le détail, 70 % des femmes interrogées s’estiment payées de manière équitable, une sur deux (64 %) sont satisfaites de leurs carrières et trois sur quatre (76 %) considèrent que leur employeur prend les sujets de harcèlement et de discriminations sérieusement.

Satisfaction moins forte dans les plus grandes entreprises

Mais derrière ces chiffres aux apparences plus positives, plus d’un tiers des femmes interrogées rapportent des faits de harcèlement ou de biais fondés sur le genre dans le traitement qu’elles reçoivent au travail. Ainsi de celle qui se rappelle d’un de ses patrons, « qui insistait pour que je marche devant lui pour " améliorer la vue " », ou de celle qui a appris qu’un « groupe d’hommes classait régulièrement les détails anatomiques des femmes sur Slack », l’application de messagerie largement utilisée dans les entreprises.

Le sentiment de satisfaction exprimé par les femmes interrogées varie beaucoup selon la taille de l’entreprise : faible chez celles qui travaillent seules ou en freelance, il grimpe dans les sociétés de moins de 50 à moins de 500 employés, pour baisser de nouveau chez celles de 500 à 5000 employés, et dégringoler dans les plus grandes. Outre les questions purement liées au genre, cette insatisfaction est aussi liée à une ambiance de travail généralisée : une designeuse de la tranche d’âge 25 - 34 ans raconte ainsi avoir eu de multiples collègues lui dire « je ne sais pas qui je suis en dehors de mon travail » ou « mon travail est si prenant qu’il constitue l’intégralité de mon identité ». « J’ai perdu le compte du nombre de personnes qui m’ont dit ça, en particulier quand ils travaillent dans l’une des cinq plus grandes », autrement dit chez Alphabet, Apple, Meta, Amazon ou Microsoft.

Plusieurs sont satisfaites, sans nier les difficultés qui subsistent. « Mes collègues préférés sont des hommes, mais certains estimeront toujours par défaut qu’une opinion des femmes est nécessairement moins utile », raconte l’une d’elles. Et de préciser que « cette attitude n’a pas évolué sur les 10 à 15 dernières années ». Une de ses collègues de la tranche d’âge 55 - 64 ans, qui travaille depuis plus de 20 ans aux opérations d’une grande société de l’industrie, estime que l’environnement a globalement évolué positivement. Principal indicateur mentionné : elle se retrouve beaucoup plus rarement à être la seule femme présente qu’il y a une à deux décennies.

Un contexte (géo)politique qui freine les progrès

Au fil de la dernière décennie, les principales sociétés de la tech se sont mises à publier des données sur la diversité de leurs effectifs, et la part de femmes et de minorités relevée a peu à peu augmenté, sans atteindre la parité. Mais le retour de Donald Trump au pouvoir, soutenu, cette fois-ci, par l’essentiel des patrons de l’industrie, a acté un changement d’ambiance très net. Tout projet dédié à améliorer la diversité, l’équité et l’inclusion (réunis sous le sigle DEI) s’est vu frapper du sceau de l’infamie. Juridiquement parlant, les entreprises installées aux États-Unis ont craint d’être poursuivies sur la même base que l’université Harvard, dont la Cour suprême avait qualifié la politique d’admission de « discrimination positive raciale », décrétée en violation du 14ᵉ amendement de la Constitution américaine.

Meta, Microsoft et Alphabet ont cessé de partager les données relatives à la diversité de leurs effectifs. Parmi celles qui le font, la part de femmes à des postes techniques reste terriblement basse (17,4 % chez Nvidia). En parallèle de ce vent contraire sensible jusqu’en Europe – on se rappelle de l’allemand SAP, qui a mis fin à ses objectifs généraux d’atteindre 40 % d’effectifs féminins pour plaire aux requêtes américaines –, le déploiement de l’IA générative modifie les tâches de tous les travailleurs de la tech, travailleuses comprises.

Parmi celles interrogées par Wired, le recours à l’IA est perçu comme pratique, utile, ou inquiétant dans la mesure où il pourrait remplacer certains emplois ou les vider de sens. Alors que 86% des professionnelles interrogées déclarent l’utiliser au moins quelques fois par semaine, 51 % se déclarent relativement inquiètes et 27 % plutôt inquiètes de voir ce type de technologie renforcer les biais de l’industrie. En cela, elles participent aux questionnements qui agitent toute l’industrie.

Aux entreprises de s’adapter

Sur la question générale de la diversité dans la tech, en revanche, certaines des promotrices de l’approche consistant à former les femmes et à renforcer leur confiance en elles pour espérer équilibrer les effectifs changent de discours. Ainsi de Sheryl Sandberg, qui estime désormais que si plus de femmes quittent les entreprises avant d’atteindre des postes à responsabilités, ce n’est pas par manque d’ambition, mais parce que les entreprises ne se préoccupent pas de leurs besoins. « Lorsque les entreprises ont plus de femmes parmi leurs cadres, les performances sont meilleures, déclare-t-elle à Business Insider. Nous savons aussi qu’elles promeuvent de meilleures politiques, un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, un plus grand soin de leurs employés. »

Ces propos prolongent ceux d’autres spécialistes des questions de diversité dans le recrutement. Ainsi de Caroline Ramade, qui soulignait auprès de Next les biais visibles de promotion des femmes dans les industries françaises et européennes de la tech à mesure que les carrières progressent. Ou encore des travaux menés à toutes les étapes de la filière, des collèges et lycées aux formations supérieures comme celles de l’école 42, puis à certaines cultures d’entreprise, pour tenter de favoriser la diversité en adaptant les conditions de travail pour tout le monde. 


Discord déploie finalement sa vérification d’âge basée sur des « groupes d’âge »

23 septembre 2026 à 09:46
Âge déraison
Discord déploie finalement sa vérification d’âge basée sur des « groupes d’âge »

Discord a commencé le déploiement mondial de ses outils de contrôle de l’âge. La plateforme affirme que 90 % des utilisateurs ne seront pas concernés, et promet à ceux qu’elle ne peut pas cataloguer automatiquement comme des adultes plusieurs options de vérification.

Alors que la France et l’Europe affichent publiquement leur intention d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes publics mineurs, Discord prend les devants. La plateforme vient en effet d’annoncer le début du déploiement de sa propre solution de contrôle de l’âge. La décision avait été annoncée en début d’année, avant qu’une bronca des utilisateurs ne pousse Discord à temporiser de quelques mois.

« Les législateurs d’innombrables pays et États se font entendre et nous disent qu’ils veulent des protections plus solides pour les adolescents, de l’Union européenne à l’Indonésie. À mes yeux, cela rend plus forte que jamais la nécessité de montrer que cela peut être fait dans un cadre qui préserve la confidentialité », justifie Stanislav Vishnevskiy, cofondateur et directeur technique de Discord.

Les utilisateurs classés en trois groupes

Chez Discord, la mesure poursuit officiellement deux objectifs : limiter l’accès aux moins de 13 ans, et protéger les mineurs de 13 à 17 ans de l’exposition à des contenus sensibles ou de sollicitations inappropriées. Pour ce faire, la plateforme indique avoir élaboré un dispositif qui devrait permettre à 90 % de ses utilisateurs de ne pas avoir à justifier de leur âge.

Celui-ci prend la forme d’un outil chargé de catégoriser les utilisateurs en trois groupes : les adultes confirmés, pour qui rien ne change par rapport à l’existant, les adolescents de 13 à 17 ans, et les profils non confirmés, pour lesquels la plateforme n’a pas réussi à trancher. Les internautes placés dans les deux derniers groupes devront montrer patte blanche pour activer ou réactiver l’affichage des contenus protégés sur leur profil et accepter de recevoir des demandes d’inconnus.

Comment s’opère cette classification ? Discord évoque des signaux liés au compte : « depuis quand celui-ci existe, à quels types de serveurs vous appartenez, etc. », tout en assurant qu’aucun serveur individuel ne détermine le groupe d’âge. Elle promet par ailleurs n’examiner ni les messages, ni les appels, « ni aucun autre contenu ».

Une classification confiée à un modèle d’apprentissage automatique

Un billet plus technique décrit la méthode mise en œuvre : basée sur un modèle d’apprentissage automatique, elle étudie plusieurs critères tels que la façon dont le compte s’inscrit dans le graphe social global de Discord, les métadonnées liées au compte, des indicateurs d’engagement, et des signaux relatifs aux communautés avec lesquels l’utilisateur interagit le plus.

Discord invite à vérifier dans quel groupe vous avez été placé via l’entrée « Statut du compte » des paramètres utilisateur. Le déploiement est cependant censé s’étaler sur plusieurs jours, ce qui signifie que l’entrée Groupe d’âge n’est pas encore affichée chez tout le monde.

Quid de la vérification ? En février, Discord avait d’abord évoqué un contrôle basé sur une pièce d’identité et une reconnaissance faciale, opéré par un prestataire tiers de type Persona. La plateforme a depuis fait marche arrière, et promet désormais un éventail d’options plus varié.

« Nous avons examiné minutieusement chaque méthode avant de l’approuver, et les données que vous fournissez à Discord et à nos fournisseurs sont utilisées uniquement pour déterminer votre groupe d’âge ; il ne vous reste donc plus qu’à choisir l’option avec laquelle vous êtes le plus à l’aise. »

Plusieurs méthodes de vérification d’âge

Les méthodes proposées sont les suivantes : validation par carte de crédit au travers d’un micro paiement via Stripe et d’une vérification de l’âge du détenteur opérée par le service tiers k-ID ; autorisation du partage de la tranche d’âge via l’App Store d’Apple ou via le Google Play Store, contrôle d’un passe d’identité déjà enregistré dans Google Wallet (non disponible en France) ; ou vérification d’un justificatif d’âge AgeKey.

« En lançant une approche globale avec des options non biométriques, nous prenons de l’avance sur des lois qui pourraient nous imposer de mettre en œuvre une solution moins axée sur la protection de la vie privée. Les décisions que les législateurs et politiques prennent actuellement définiront la manière dont les plateformes avanceront en matière de sécurité des adolescents et de confidentialité pour les années à venir, et j’encourage les gens à faire entendre leur point de vue là où ils vivent », conclut Stanislav Vishnevskiy.

La FAQ qui suit son annonce se veut rassurante pour les utilisateurs allergiques au principe même de vérification d’âge. Pour les comptes classés comme adolescents ou non confirmés, les mesures de protection s’appliquent, mais « l’expérience Discord centrale (envoyer des messages à des amis, rejoindre des appels vocaux ou des serveurs qui ne font pas l’objet d’une restriction d’âge) reste la même ».

Windows 11 : une mise à jour optionnelle améliore l’Explorateur et la touche Copilot

23 septembre 2026 à 08:53
En préversion-pas-pour-tout-le-monde
Windows 11 : une mise à jour optionnelle améliore l’Explorateur et la touche Copilot

La nouvelle mise à jour fonctionnelle peut être récupérée dans Windows Update. Elle contient des améliorations bienvenues, notamment pour l’Explorateur et la touche Copilot.

Microsoft propose depuis ce 22 septembre une mise à jour optionnelle (KB5124010) dans Windows 11. Elle sert à tester, pour les utilisateurs en mal d’aventure, les nouveautés fonctionnelles qui seront déployées le mois prochain avec le Patch Tuesday du 14 octobre. Pour l’installer, il faut aller dans Windows Update > Options avancées > Mises à jour facultatives.

Ces mises à jour sont devenues intéressantes depuis plusieurs mois dans le sillage de l’initiative K2. Microsoft semble en effet décidée à redorer le blason de son système, l’entreprise communiquant abondamment sur les chantiers en cours : performances, composants natifs, recul de l’IA, fluidification des usages, etc.

Vers une touche Copilot personnalisable

Parmi ces chantiers, Microsoft avait évoqué la possibilité de réaffecter la touche Copilot. Celle-ci est disponible sur un nombre croissant d’ordinateurs portables (voire fixes) vendus par les constructeurs. Sur les modèles estampillés Copilot+ (essentiellement basés sur des puces Snapdragon), elle est systématiquement présente. Actuellement, elle peut soit garder son comportement (ouvrir Copilot), soit lancer une application, soit ouvrir la recherche.

Source : Windows Latest

Avec la mise à jour, deux nouvelles possibilités font leur apparition : menu contextuel et Ctrl droit. L’arrivée de cette dernière est une bonne nouvelle, car la touche Copilot remplace souvent Ctrl droit, perturbant l’utilisation classique du clavier. Selon Windows Latest, une prochaine mise à jour devrait apporter une ligne « Ne rien faire ». On peut toujours rêver d’une future amélioration qui laisserait la possibilité d’affecter n’importe quelle action à la touche Copilot, voire une série d’actions (macro) comme sur certains claviers.

Du mieux pour l’Explorateur et le Bluetooth

La mise à jour contient plusieurs autres améliorations bienvenues. L’une des plus importantes est le retour de la prévisualisation des documents dans le panneau Aperçu de l’Explorateur. Cette fonction était inopérante à cause d’une ancienne faille dans NTLM, mais est de retour pour tous les documents non HTML. L’Explorateur reçoit d’autres bonus : mémorisation de l’état des sections dans l’onglet Accueil, miniatures améliorées pour les fichiers dans le cloud, une réorganisation de la vue Détails et la correction d’un bug qui provoquait la disparition du contenu de la barre d’adresse quand on cherchait à la modifier.

Parmi les autres ajouts, signalons aussi l’arrivée du support d’Emoji 17.0, la correction d’un problème avec les fonds d’écran qui pouvait laisser un simple fond noir, le support des panoramas de photos en fond pour les écrans multiples, ou encore l’apparition d’un réglage permettant de lancer toutes les applications en taille maximisée.

On note aussi une amélioration significative du Bluetooth, en particulier sa fiabilité via la correction de nombreux problèmes. Ce n’est pas un mal, tant le Bluetooth peut être capricieux sur le système de Microsoft.

Attention cependant si vous installez la mise à jour pour avoir ces nouveautés, car toutes ne seront pas forcément là tout de suite, y compris pour le Bluetooth. Microsoft garde cette drôle d’habitude de diffuser certaines améliorations dans le temps, avec un déploiement progressif. Certaines améliorations pourront donc mettre plusieurs jours avant d’être effectivement disponibles. Un fonctionnement pénible, d’autant qu’il affecte tout autant les préversions du système, pourtant conçues pour tester les nouveautés dans des environnements spécifiques.

☕️ [MàJ] Caramba, encore raté : la transposition de NIS2 est de nouveau repoussée

6 octobre 2026 à 12:48


Mise à jour du 6 octobre 2026 à 14h42. Prévu pour demain, l’examen du projet de loi résilience des infrastructures critiques (NIS2, REC et DORA) est de nouveau repoussé. La décision a été actée lors de la conférence des présidents ce mardi 6 octobre. La raison tient officiellement au calendrier chargé, notamment avec la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.

« J’ai bon espoir qu’on pourra réinscrire le texte d’ici quinze jours ou trois semaines », explique Éric Bothorel, rapporteur du projet de loi, à notre consœur de Projet Arcardie. Aucune date n’est pour le moment arrêtée.


Article original du 22 septembre. Le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité est programmé à l’Assemblée nationale à partir du mercredi 7 octobre 2026. Il s’agit, pour rappel, de transposer en France les directives européennes NIS2, DORA et REC.

La France est largement en retard sur le calendrier puisque la date limite était fixée au 17 octobre 2024. Avec la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024, le texte n’était plus la priorité du moment. Début 2025, la transposition passait l’étape du Sénat.

Illustration : Flock

Le texte était ensuite bloqué à cause « d’un point de clivage politique : l’article 16 bis, introduit au Sénat », comme l’expliquait la Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP). Le texte a été adopté en commission spéciale en septembre 2025 et attend sagement depuis.

L’article 16 bis est le suivant :

« Il ne peut être imposé aux fournisseurs de services de chiffrement, y compris aux prestataires de services de confiance qualifiés, l’intégration de dispositifs techniques visant à affaiblir volontairement la sécurité des systèmes d’information et des communications électroniques tels que des clés de déchiffrement maîtresses ou tout autre mécanisme ou processus permettant un accès non consenti aux données protégées ».

La CSNP espérait « un examen du texte en juillet 2026, et ce sous réserve de la convocation d’une session extraordinaire ». Raté, mais cette fois, c’est normalement la bonne : le texte est bien à l’agenda législatif, à partir du mercredi 7 octobre… soit deux ans après que le « Gouvernement a engagé la procédure accélérée sur ce texte le mardi 15 octobre 2024 ».

L’article 16 bis devrait de nouveau faire parler de lui…

Le site de paris Polymarket veut convaincre l’Europe qu’il n’est pas un site de paris

23 septembre 2026 à 06:27
Le pari du lobbying
Le site de paris Polymarket veut convaincre l’Europe qu’il n’est pas un site de paris

Polymarket aimerait se faire une place en Europe, malgré les interdictions d’exercer dans plusieurs pays, dont la France. Si la porte est fermée, pourquoi ne pas essayer la fenêtre ? Le site de paris s’est en effet lancé dans un grand numéro de lobbying sur le Vieux continent.

L’accès à Polymarket est bloqué en France par les FAI depuis cet été, car le site « fait la promotion d’une offre illégale de jeux d’argent et de hasard », reproche l’Autorité nationale des jeux (ANJ). Le régulateur avait ordonné la mise en œuvre du géoblocage en novembre 2024, mais il restait possible d’accéder à la page d’accueil depuis l’Hexagone.

Plusieurs pays européens ont également pris des mesures contre l’accès à Polymarket, à l’instar de l’Espagne. L’entreprise new yorkaise cherche pourtant à se développer à l’international et tout particulièrement en Europe, mais cette expansion se heurte aux législations nationales sur les jeux d’argent.

Une montagne à gravir

C’est pourquoi le site de paris a lancé une vaste campagne de lobbying pour convaincre les autorités européennes et britanniques qu’il devrait être régulé comme un service financier sous la directive MiFID plutôt que comme une plateforme de jeux d’argent et de hasard. Le Financial Times rapporte que des représentants de Polymarket ont rencontré des régulateurs à Londres, à Bruxelles et partout en Europe.

Dans le détail, Polymarket aurait rencontré Verena Ross, la présidente de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) en juin, ainsi que des responsables de la Commission européenne. L’idée est d’obtenir un agrément pour que les particuliers (dont certains utilisent un VPN pour tout de même parvenir à parier) puissent avoir accès au site.

Capture d’écran de la page d’accueil de Polymarket.

Polymarket estime en effet que ses contrats devraient être assimilés à des produits dérivés plutôt qu’à des paris. Un argument qui a porté aux États-Unis : c’est la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), le régulateur américain des marchés de produits dérivés, qui supervise l’activité de la plateforme. Certains États américains s’y opposent toutefois et cherchent à appliquer au site leur législation sur les jeux d’argent.

Polymarket a rejoint en septembre le lobby Blockchain For Europe et discuterait avec d’autres groupes industriels européens.

Un service gangrené par les délits d’initiés

On ignore encore si cette offensive de lobbying portera ses fruits en Europe continentale, mais la requalification en service financier ne va pas de soi. Polymarket a une montagne à gravir : dans son rapport semestriel publié le 10 septembre (PDF), l’AEMF écrit que les marchés prédictifs sont « gangrenés par les opérations d’initiés » et représentent « des risques concernant la protection des investisseurs et l’intégrité des marchés ».

De l’autre côté de la Manche, le régulateur financier FCA envisage de revoir les règles encadrant l’accès des particuliers aux sites de marchés prédictifs. Il estime toujours que l’interdiction se justifie au regard du caractère spéculatif et du risque élevé qui pèse sur ces options binaires – un produit financier reposant sur une issue « oui ou non ». La FCA pourrait toutefois accepter de superviser les paris sur les événements financiers ou certains événements climatiques.

Les jeux portant sur les résultats politiques ou sportifs continueraient de dépendre de l’autorité de régulation des jeux d’argent. Un distinguo qui ne ferait pas les affaires de Polymarket, dont l’essentiel des revenus provient de ce type de paris.

La plateforme n’est pas étrangère aux controverses et aux manipulations. Pour promouvoir son activité, elle aurait ainsi payé des influenceurs pour produire des contenus bidonnés. C’est aussi le paradis des délits d’initiés : un soldat américain a ainsi été arrêté après un gain faramineux sur la chute du président du Venezuela. En France, une enquête a été ouverte au mois de mai après des paris sur la météo, posés après que des capteurs installés à l’aéroport de Roissy eurent été piratés.

Claude Opus 5.5, GPT-6 Sol et Luna : Anthropic et OpenAI se battent sur les prix

23 septembre 2026 à 05:30
La foire aux LLM
Claude Opus 5.5, GPT-6 Sol et Luna : Anthropic et OpenAI se battent sur les prix

Anthropic et OpenAI ont dévoilé presque simultanément leurs nouveaux modèles. Avec Claude Opus 5.5, le premier mise sur la puissance et réduit les coûts. Le second lance GPT-6 Sol et Luna, deux déclinaisons moins performantes qu’Astra, mais nettement plus abordables.

Premier arrivé (à quelques minutes près), premier servi. Anthropic a donc annoncé Claude Opus 5.5, qui devient le modèle phare de l’entreprise. Évidemment plus puissant que son prédécesseur direct Opus 5, il bat également Fable 5.1 lancé début septembre dans les benchmarks proposés par Anthropic. Il fait aussi mieux que GPT-6 Astra, sauf sur la recherche agentique (Terminal-Bench-Science 0.1) et sur AutomationBench, le test des agents en conditions de travail réelles.

Opus 5.5 se distingue particulièrement sur le code, les agents autonomes, l’analyse métier et le travail de recherche. Anthropic met aussi en avant des gains significatifs sur les longues tâches de développement, sur les migrations de code et les workflows complexes.

Le groupe IA admet néanmoins que l’écart entre Opus 5.5 et Fable 5.1 sur ces tâches est « plus faible » que ce que laissent penser les tests. « À ce niveau de performance, explique Anthropic, nous constatons que les écarts entre les scores des benchmarks reflètent de moins en moins fidèlement les différences observées dans des situations réelles. »

Le plus intéressant finalement dans cette annonce, c’est la baisse de prix. Opus 5.5 est annoncé environ 40 % moins cher qu’Opus 5 sur des charges de travail typiques. Les tarifs sont de 4 dollars par million de tokens en entrée, et 20 dollars par millions en sortie. Les lectures de cache sont de 0,20 dollars par million. Pour ne rien gâcher, le modèle génèrerait ses réponses 30 % plus rapidement qu’Opus 5.

À l’heure où les acteurs de l’IA jouent à se faire peur en annonçant l’extermination de l’humanité, Anthropic – jamais le dernier pour hurler avec les loups – annonce des garde-fous solidement mis en place pour éviter qu’Opus 5.5 dérape. Le modèle est doté des mêmes mesures de protection que celles de Fable 5.1 en cybersécurité, biologie et distillation. Le cas échéant, les requêtes sont redirigées vers un autre modèle.

« Les utilisateurs pourront repérer et corriger des bugs dans leur code dans le cadre du cycle habituel de développement logiciel, mais la plupart des tâches liées à la cybersécurité seront redirigées vers Opus 4.8 », détaille l’entreprise. Les organisations qui voudront aller plus loin devront passer par le Cyber Verification Program.

GPT-6 Sol et Luna attaquent sur les tarifs

Quasiment dans la foulée de son principal rival, OpenAI a lancé GPT-6 Sol et GPT-6 Luna. Les grands esprits se rencontrent, mais pas les modèles : ceux d’OpenAI sont moins puissants et ne vont pas aller se frotter à Opus 5.5 (c’est le rôle de GPT-6 Astra) mais ils se veulent plus économiques. Sol vise les tâches du quotidien, Luna la vitesse et les budgets serrés pour les tâches fréquentes.

Et c’est les soldes chez le créateur de ChatGPT, avec des prix réduits de moitié par rapport à GPT-5.6. En entrée, GPT-6 Sol revient à 2 dollars le millions de tokens et 10 dollars en sortie. Luna coûte 0,10 dollar par million de tokens en entrée, et 0,50 dollar en sortie. OpenAI annonce aussi une meilleure mise en cache des longs contextes, avec 90 % de réduction sur les jetons d’entrée déjà mis en cache.

Sur AutomationBench, GPT‑6 Sol obtient 33,2 % pour 0,27 $ par tâche, contre 26,9 % pour Claude Opus 5, annoncé comme environ onze fois plus coûteux. Les deux modèles font des progrès en programmation et en manipulation d’interfaces graphiques, mais Astra conserve logiquement la tête.

Reçu — 22 septembre 2026 ⏭ Next - Articles gratuits

[màj] Les pirates de ShinyHunters affirment détenir les données de milliers d’employés du FBI

22 septembre 2026 à 19:16
Le FBI piégé
[màj] Les pirates de ShinyHunters affirment détenir les données de milliers d’employés du FBI

Le FBI a été visé par une attaque de ShinyHunters. Le groupe de pirates serait en possession de données concernant des milliers d’employés de l’Agence fédérale. Parmi les informations volées : noms, adresses, numéros de téléphone et des données sur la famille des employés.

Pour prouver leur intrusion, les pirates ont détourné le site de recrutement du FBI. Pendant quelques minutes, on pouvait y lire que « le site a été saisi par ShinyHunters » et que « toutes les données du FBI ont été compromises, notamment des données personnelles et médicales sensibles concernant les employés actuels et anciens du FBI ».

Le groupe déclare aussi posséder « bien plus de données que ce que nous affirmons ici ». Avant de terminer par une formule typique de Donald Trump : « Merci de l’attention que vous porterez à cette affaire. »

Le site de recrutement piraté du FBI. Capture d’écran : vxdb

Le même site a rapidement affiché un message d’erreur prévenant que le portail de candidature est actuellement indisponible, toujours en ligne à l’heure où nous publions. Le site principal fbi.gov a lui aussi été placé en indisponibilité, d’après nos constatations.

Un échantillon des données fourni au site 404media semble bien confirmer la nature et l’ampleur du vol de données. Selon nos confrères, ShinyHunters a exploité une faille zero-day dans PeopleSoft, un logiciel Oracle, pour obtenir un accès aux serveurs AWS GovCloud et siphonner les données. Il y en aurait pour 2 à 3 To.

Le FBI sommé de retirer ses accusations

ShinyHunters est bien connu des services, en France comme à l’étranger. On leur doit de nombreux vols de données qu’ils tentent ensuite de rançonner. Pour le FBI, les choses sont un peu différentes. Un « avis public » placardé sur le site du groupe accuse l’agence fédérale d’avoir porté des accusations mensongères envers l’organisation dans un bulletin publié au deuxième trimestre.

Shinyhunters a publié un message adressé au FBI sur son site onion – capture d’écran Next

Au lieu d’argent, les pirates exigent la modification ou le retrait du bulletin en question dans la semaine, au risque de la divulgation des données subtilisées. Ils réfutent notamment les allégations du FBI selon lesquels ShinyHunter met en œuvre des méthodes relevant du harcèlement ou de menaces personnelles adressées à leurs victimes.

Ils nient par ailleurs tout lien avec « The Com », un réseau criminel international décentralisé de pirates opérant aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Ciblé par des enquêtes du FBI et d’Europol, ce réseau rassemble des sous-groupes impliqués dans la cybercriminalité, mais aussi dans l’exploitation sexuelle des enfants.

Dans le message de ShinyHunters, The Com est qualifié d’« élément de propagande inventé par le secteur de la sécurité informatique ayant endoctriné d’anciens responsables du FBI et du ministère de la Justice au point de les amener à donner une existence officielle à cette absurdité ». Le bulletin ne fait pas référence à The Com, en revanche il explique que les acteurs malveillants comme ShinyHunters peuvent prétendre à tort posséder des documents compromettantes sur leurs victimes, comme des photographies ou des vidéos embarrassantes de leurs victime.

Ils peuvent aussi recourir à des stratégies de harcèlement, comme l’envoi de SMS menaçants ou des appels téléphoniques aux victimes et aux membres de leur famille. ShinyHunters affirme « sans équivoque » n’avoir jamais menacé les familles ou détenu des informations compromettantes de leurs victimes. « NOUS NE PRATIQUONS PAS LA SEXTORSION », écrivent-ils en majuscules.

L’avis, qui n’est pas « motivé par des considérations financières », est présenté comme le moyen pour ShinyHunters de faire valoir leur droit à la libre expression tel qu’inscrit dans le Premier amendement de la Constitution américain. « [Nous] luttons contre la désinformation ». Pour l’instant, le FBI n’a pas encore réagi publiquement.

Mise à jour 23/09 – Le FBI a officiellement réagi à la fuite de données de ses serveurs. « L’origine de la faille [n’a] pas encore été déterminée », explique l’agence qui ne peut pas encore dire si elle provient « d’un tiers ou de l’environnement informatique du FBI ». L’enquête est en cours, et le FBI travaille avec ses prestataires pour atténuer tous les risques possibles.

☕️ Aux États-Unis, le secrétaire au Trésor tient OpenAI pour responsable de ses agents

22 septembre 2026 à 15:29


Depuis l’incident impliquant Hugging Face, OpenAI marche sur une corde raide. L’entreprise est lancée dans un délicat jeu d’équilibrisme, entre pression sur la publication de données techniques et la nécessité financière de ne pas perdre la confiance du public. OpenAI prépare également son entrée en bourse et a besoin que sa valeur reste au beau fixe. Le 15 septembre, le Financial Times, cité par Bloomberg, évoquait ainsi un prochain tour de table qui valoriserait OpenAI à plus de 1 200 milliards de dollars. Interrogé sur le sujet, Sam Altman avait répondu que l’opération n’aurait pas lieu avant 2027.

La machine commence cependant à se gripper. Le narratif bâti sur le marketing de la peur et la foi inébranlable sur l’avenir de l’IA et des agents se fissure face à une pluie de critiques. Beaucoup remettent en question la volonté affichée de ralentir le développement des modèles de frontière pour se concentrer sur l’élaboration d’un cadre réglementaire. La Maison-Blanche n’a pas caché son hostilité à cette idée notamment.

Illustration : Flock

Le 21 septembre, le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent est même allé plus loin au micro de CNBC : l’incident Hugging Face revient selon lui à « la responsabilité de la direction d’OpenAI, pas d’un tas d’agents ». Il a indiqué partager l’analyse de Daniel Huttenlocher, co-directeur d’un laboratoire de recherche du MIT, pour qui les humains sont responsables, et non l’IA. Ces entreprises « doivent assumer leurs responsabilités », a ajouté Scott Bessent.

Cette déclaration n’est pas isolée. Elle prolonge la position que Bessent avait défendue le 15 septembre devant la commission des services financiers de la Chambre des représentants, souligne CNBC. Le secrétaire au Trésor s’y était opposé à toute exemption de responsabilité légale pour les entreprises d’IA, estimant qu’elle servirait davantage leurs intérêts commerciaux que la sécurité du public.

La prise de position est loin d’être anodine, car elle qualifie l’incident de défaillance de gouvernance humaine, plutôt que d’illustration de la puissance intrinsèque de leurs agents et de leurs comportements imprévisibles. Le 2 septembre, nous relevions d’ailleurs les mêmes éléments, en soulignant que le rapport complet d’OpenAI montrait effectivement une succession de défaillances humaines.

À noter qu’au cours de la même interview, le secrétaire au Trésor a indiqué la possible mise en place d’un téléphone rouge avec Pékin sur les questions, et la possible nomination d’un nouveau « tsar de l’IA » pour gérer ce type de dossier.

Racheté 35 300 €, Lycos.fr revient : « On n’avait pas prévu que ça aille aussi vite »

22 septembre 2026 à 15:07

Racheté 35 300 €, Lycos.fr revient : « On n’avait pas prévu que ça aille aussi vite »

Lycos.fr reprend du service. Racheté aux enchères pour 35 300 euros, le vénérable nom de domaine accueille un nouveau projet de portail porté par l’acquéreur. Il ambitionne d’y proposer page personnelle, moteur de recherche et agrégateur de médias, sans lien avec la société historique du même nom.

Comme souvent dans ce genre de cas, les enchères se sont jouées dans la dernière ligne droite : proposé à la vente sur le site spécialisé WebExpire, le nom de domaine lycos.fr a trouvé preneur lundi 21 septembre pour 35 300 euros.

Cette fois, hors de question de laisser le nom de domaine dormir en mode parking. Quelques heures plus tard, une nouvelle page d’accueil s’affiche aux yeux des internautes curieux. Elle propose de réserver une adresse en lycos.fr/votrenom en échange d’une adresse email pour obtenir, au lancement, « votre page personnelle sur l’une des adresses les plus connues du Web français ».

À ce service, baptisé Lycos ID, le nouvel acquéreur promet d’ajouter un agrégateur de médias, avec une actualité « rangée et mise à jour en continu », ainsi qu’un moteur réunissant « actualités, articles et profils Lycos ID dans une seule barre de recherche ».

La page d’accueil du site Lycos.fr au mardi 22 septembre – capture d’écran Next

Le retour d’une vedette d’antan

L’ambition dessinée ici rappellera certainement des souvenirs à ceux qui, parmi les lecteurs de Next, surfaient déjà en ligne au tournant du nouveau millénaire. Lycos.fr, édité par la société Lycos Europe gmbh, est en effet l’un des plus célèbres représentants de la génération des grands portails Web qui mêlaient messagerie, pages perso et surtout recherche en ligne entre la fin des années 90 et le début des années 2000.

Né en 1994 sous la forme d’un projet de recherche et installé en tant que société commerciale un an plus tard, Lycos a d’abord connu une ascension fulgurante et un développement mondial (en 2000, Lycos vantait son célèbre slogan « va chercher » à la télévision française), avant de lentement péricliter, balloté entre une succession d’actionnaires.

Le portail, identifiable à son logo en forme de retriever noir, a officiellement disparu du Web européen le 15 février 2009, même si le moteur de recherche américain est longtemps resté accessible par le biais des différentes extensions nationales du nom de domaine lycos, dont le .fr.

Un départ sur les chapeaux de roue

Jusqu’à ce que ce dernier soit finalement libéré, proposé aux enchères, et donc racheté, avec mise en place de cette page d’inscription en forme d’apéritif pour un lancement à venir. La conclusion des enchères a toutefois suscité plusieurs commentaires publics, sur les réseaux sociaux, de spécialistes des noms de domaine et du référencement, contribuant à braquer les projecteurs sur le nouveau lycos.fr.

« On a récupéré le domaine hier, on n’a encore rien annoncé, et il y a déjà des milliers d’inscriptions. On n’avait pas prévu que ça aille aussi vite, ce sont les gens qui ont décidé pour nous, et ça confirme que ce nom réveille quelque chose de bien réel », confie à Next Benjamin Romei, fondateur d’ADN Contents, la société qui a remporté les enchères (par ailleurs éditrice de médias thématiques). Qui entend bien donner une seconde vie à cette vénérable adresse : « L’idée tient en une phrase : refaire de Lycos une porte d’entrée simple du web français ».

D’où cette triple ambition affichée, avec un moteur de recherche constitué sur un index en propre et un agrégateur de médias attendu dans les prochains jours, tous deux en bêta, et le futur service de page personnelle pour lequel les plus impatients ont déjà réservé une adresse à leur nom (vanity URL). « Lycos ID est une carte de visite en ligne, à une adresse que tout le monde connaît », résume Benjamin Romei.

À défaut d’avoir Next.fr, nous aussi on veut notre vanity URL – capture d’écran Next

L’entrepreneur indique envisager un modèle économique hybride, basé pour partie sur la publicité, et sur des options premium associées aux pages personnelles. Il précise ne pas vouloir se limiter aux nostalgiques. « Le premier cercle, c’est ceux qui ont grandi avec Lycos, Caramail et Multimania. Pour eux, ce nom réveille quelque chose. Mais on espère bien toucher d’autres générations : on ne veut pas faire un musée ».

L’épée de Damoclès du recours d’un ayant-droit

Reste une inconnue de taille. L’entrepreneur ne prend-il pas un risque à racheter et à exploiter un nom de domaine associé à une marque à la notoriété certes ternie, mais historiquement bien établie ?

Outre l’éventualité d’une action en contrefaçon, le fait que le domaine concerné soit en .fr signifie que le nouveau propriétaire s’expose à la possibilité d’une réclamation extra judiciaire formulée directement auprès de l’Afnic, l’office d’enregistrement des extensions nationales, notamment via la procédure Syreli.

Encore faut-il qu’il subsiste un ayant droit. À l’échelle française, une recherche dans les bases de données de l’INPI confirme que les différents enregistrements de marque liés à des activités numériques (édition de site, publicité en ligne) sont expirés de longue date. D’après les données disponibles auprès du bureau américain des brevets (USPTO), la marque Lycos en tant qu’activité Web semble également avoir été abandonnée depuis 2020. Le site lycos.com a par ailleurs pris des airs de coquille vide, avec un index de recherche limité à la portion congrue, et des mentions légales qui ne mentionnent plus grand chose.

Le nouvel acquéreur n’ignore pas la question, mais se dit confiant : « On a fait ce travail sérieusement, en amont, avant même de se lancer. La situation de ce nom n’est pas la même selon les territoires, et notre projet est français : pensé ici, pour le public d’ici, sur un .fr laissé à l’abandon depuis des années. On est accompagnés sur le juridique, on suit la situation de près et des démarches sont en cours. »

À ce stade, la page lycos.fr ne pousse toutefois pas la filiation jusqu’à reprendre la silhouette du célèbre retriever.

Nouvelle saignée chez Xbox, Halo et Rare passent sous la coupe d’Activision

22 septembre 2026 à 14:57
Le patrimoine Xbox en pièces
Nouvelle saignée chez Xbox, Halo et Rare passent sous la coupe d’Activision

Nouvelle purge chez Xbox. Après une première charrette de licenciements début juillet, l’activité jeux vidéo de Microsoft poursuit sa réorganisation ou plutôt son « reset ». La potion est amère pour plusieurs studios, dont certains risquent de mettre la clé sous la porte.

En juillet, Xbox s’amputait de cinq studios et annonçait la suppression de 3 200 postes, la moitié immédiatement, le reste durant le courant de l’exercice fiscal en cours (fin juin 2027). Une nouvelle coupe claire a été annoncée ce mardi 22 septembre : 268 licenciements répartis entre les studios Halo, d’autres studios internes chez Xbox, ainsi que dans les équipes de direction et les services centraux.

Matt Booty, le chef des contenus Xbox et bras droit de la directrice générale Asha Sharma, explique que ce nouveau serrage de vis permet au groupe de « réaliser environ les trois quarts de la restructuration ». En plus de ces suppressions de postes, il annonce aussi une réorganisation des studios. Le changement le plus important concerne la franchise Halo, véritable symbole de Xbox : le prochain jeu sera développé directement par Activision, séparément du travail réalisé par le studio pour Call of Duty.

Le prochain Halo sera réalisé par Activision

Les studios Halo (anciennement 343 Industries) n’ont pas su concrétiser les espoirs de renouvellement de la licence créée à l’origine par Bungie. Leur avenir s’écrit désormais en pointillés : Microsoft va les cantonner à un rôle de support pour la communauté de joueurs et la gestion du dernier volet en date, Halo Infinite, sorti en 2021. Activision reprend également World’s Edge, le studio qui développe Age of Empires.

Le poids lourd Bethesda va absorber le studio Obsidian, pour qui il va développer un projet de nouveau Fallout et continuer à alimenter Grounded en contenus frais. Les studios Playground et Turn 10 vont fusionner, ce qui pour le coup a une certaine logique : le premier développe le jeu de course arcade Forza Horizon, le second la simulation réaliste Forza Motorsport. Ils travailleront ensemble sur la franchise Forza ainsi que sur Fable, dont un nouvel épisode sort en février prochain. Sur le versant mobile, King (Candy Crush) absorbe Microsoft Casual Games qui développe et exploite le fameux jeu Solitaire.

Enfin, le dernier changement est certes symbolique, mais il risque de faire saigner les cœurs des nombreux joueurs : Rare va rejoindre Activision. Le studio anglais fondé en 1985 est une institution du jeu vidéo, avec des titres comme Banjo-Kazooie, Donkey Kong Country, GoldenEye 007, Perfect Dark, Killer Instinct… Racheté en 2002 par Microsoft, il continue d’exploiter Sea of Thieves, récemment porté sur PS5. Sous la férule d’Activision, il est difficile d’être optimiste pour l’avenir de Rare.

La restructuration ne s’arrête pas là. Le studio anglais Ninja Theory pourrait fermer ses portes après deux tentatives ratées de revente. Chez Arkane, la consultation avec les salariés dans le cadre d’un PSE se poursuit jusqu’à la fin de l’année pour déterminer le futur du studio français.

La direction de Xbox entend regrouper ses investissements dans les grosses franchises connues, à l’instar d’Elder Scrolls, Halo ou encore Fallout. C’est ce qui explique aussi la reprise du projet Physint d’Hideo Kojima, abandonné par PlayStation il y a quelques jours. Le prochain jeu d’espionnage du créateur de Metal Gear Solid va coûter très cher, ce qui peut paraitre complètement paradoxal pour une entreprise qui taille dans le vif. Mais c’est une question d’image de marque, alors que les mauvaises nouvelles ne cessent de s’empiler.

Vie privée : le cas LG braque à nouveau les projecteurs sur les TV connectées

22 septembre 2026 à 14:23
On remet une pièce
Vie privée : le cas LG braque à nouveau les projecteurs sur les TV connectées

Le problème des TV connectées s’étend au-delà des téléviseurs LG pointés ces dernières semaines. Si le constructeur coréen a essuyé l’essentiel des critiques, plusieurs observateurs rappellent que la problématique est en place depuis longtemps.

Tout est parti d’une série de vidéos de la chaîne Gamers Nexus. Elle y expose ses découvertes sur plusieurs téléviseurs TV OLED de la marque LG. Dans les grandes lignes : les modèles testés sont bavards, possèdent des réglages de vie privée inutilement complexes et possèdent des failles de sécurité importantes. Ces dernières, quand elles sont exploitées, permettent de modifier jusqu’aux mots d’activation pour la reconnaissance, permettant l’écoute dans la pièce.

LG a réagi il y a peu via un communiqué, accusant essentiellement ces vidéos de mentir et de vouloir répandre la peur. Gamers Nexus a répondu à son tour, détricotant les arguments de l’entreprise, jusqu’à faire intervenir un avocat dans la vidéo. Selon ce dernier, les mots ont été soigneusement choisis par LG dans son communiqué, notamment sur la collecte de données alimentant l’ACR (reconnaissance automatique de contenu), mécanisme permettant de faire remonter les habitudes de visionnage par télémétrie.

L’ACR a concentré l’essentiel des critiques, jusqu’à faire remonter des constatations vieilles de plusieurs années, dont la capture active des signaux sur la liaison HDMI. Ainsi, l’ACR intervient également quand le téléviseur est utilisé comme simple écran, mais les informations ne peuvent pas être émises si l’appareil n’est pas connecté à internet.

Un vieux problème

Dans notre dernier article sur le sujet, nous relevions que LG était possiblement dans une position inconfortable. Il est en effet difficile d’éteindre l’incendie autour des questions de vie privée sans évoquer l’ACR, et ce mécanisme ne peut pas être abordé sans jeter tout le reste de l’industrie sous le bus. Dans ce domaine, LG est un constructeur parmi d’autres, même s’il jouit d’une présence importante, grâce à la renommée de ses dalles. Gamers Nexus évoque ainsi un parc de 216 millions de téléviseurs connectés dans le monde.

Chez The Verge, John Higgins est spécialisé dans les tests de TV et de matériel audio. Pour notre confrère, la situation est claire : « Ce n’est pas seulement LG. Toutes les chaînes de télévision vous espionnent ». L’une des clés selon lui pour comprendre le problème est la concurrence féroce que se livrent les constructeurs. Elle a entrainé une chute constante des prix des TV, « au point que certaines entreprises les vendent à perte », affirme John Higgins.

Il rappelle que les techniques d’ACR sont en place depuis longtemps, ces empreintes étant d’ailleurs utilisées pour d’autres buts que la publicité, par exemple les études d’audience par des entreprises comme Nielsen. Ces mécaniques sont omniprésentes dès que l’on parle d’un téléviseur connecté. Il indique d’ailleurs procéder toujours de la même manière pour ses tests : une adresse Gmail jetable, la désactivation de tout ce qui peut l’être pour la publicité, l’acceptation des conditions pour la reconnaissance que lorsqu’il veut tester la fonction, etc.

Dans une utilisation quotidienne, il recommande globalement la même approche, voire davantage : « Pour aller plus loin, coupez le Wi-Fi, débranchez le câble Ethernet de la télévision et utilisez-le essentiellement comme une télévision simple ». Il recommande alors de passer par un appareil de streaming dédié. Dans son cas, une Apple TV 4K : « Non pas parce que je pense qu’Apple ne récolte pas de données, mais parce qu’elle n’utilise pas ACR et que je fais plus confiance à ses protocoles de sécurité qu’à n’importe quel fabricant de téléviseurs ou Google ».

Un petit avertissement contre Gamers Nexus

Pour John Higgins, « il n’y a vraiment aucun moyen de se protéger complètement contre la collecte de données de votre télévision, de votre appareil de streaming ou des services de streaming ». Il estime qu’il y a tout simplement trop d’argent « gagné au détriment des consommateurs », le changement ne pouvant venir que des gouvernements.

Interrogé par le journaliste, Thorin Klosowski, de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), abonde : « Nous avons besoin d’une loi fédérale complète sur la vie privée qui couvre ce type de collecte et d’utilisation abusive de données. Plus précisément, un appareil nécessitant un consentement volontaire, sans astuces de conception trompeuses pour obtenir ce consentement, et une exigence de minimisation des données, ce qui limiterait les entreprises à n’utiliser les données que pour ce qui est nécessaire à la fourniture du service ». En Europe, ces questions sont régies par le RGPD.

Si John Higgins regrette que les consommateurs doivent se « protéger activement des entreprises » vendant les produits, il regrette aussi le ton employé parfois par Gamers Nexus. Il note par exemple que les reproches les plus graves faits à LG sont basés sur l’exploitation d’une faille permettant l’obtention d’un accès root.

Le constructeur peut être critiqué sur ces problèmes de sécurité, selon lui, mais pas sur les usages faits de ces failles, puisqu’un accès root permet de réaliser pratiquement n’importe quelle opération. En Europe, ces questions sont justement à la source du Cyber Resilience Act, qui entrera pleinement en vigueur en décembre 2027. En outre, s’il ne remet pas en cause les découvertes « accablantes » réalisées par la chaîne, John Higgins regrette l’emploi d’expressions comme « ça pourrait » ou « nous pensons ».

Reste que les vidéos de la chaîne et la couverture médiatique au sens large auront remis au goût du jour le sujet. « À moins de se déconnecter complètement et de vivre dans une cabane en forêt avec une simple télévision et une collection de blu-rays, le mieux que nous puissions faire est de limiter autant d’informations partagées que possible », conclut The Verge.

Ce 19 septembre, Flock avait justement un mot à dire sur le sujet.

☕️ Paramount obtient finalement le feu vert pour avaler Warner

22 septembre 2026 à 13:56


Paramount Skydance vient de lever un gros obstacle sur le long chemin vers l’acquisition de Warner Bros. Discovery. Le groupe de David Ellison a trouvé un accord avec la Californie et plusieurs autres États qui tentaient de bloquer l’opération en justice. Le dirigeant, fils de Larry Ellison le cofondateur d’Oracle, a annoncé à ses troupes que la transaction devrait être finalisée dans les deux semaines.

Au terme d’une négociation de plusieurs jours, le groupe Paramount a arraché un accord avec le procureur général de Californie, qui agissait en son nom et celui des procureurs généraux de onze autres États, ainsi qu’avec la Writers Guild of America. « Nous avons obtenu toutes les autorisations nécessaires à cette fusion et pouvons désormais avancer vers sa finalisation », se réjouit-il en annonçant que les studios resteront à Hollywood – il avait en effet menacé de quitter la Californie.

Le château d’eau de Warner Bros, par Silas Lundquist, Licence Unsplash

Le projet d’accord judiciaire entre les deux entreprises et les procureurs, que la juge Araceli Martínez-Olguín doit encore valider, contient un certain nombre d’engagements de la part de Paramount qui s’appliqueront pendant cinq ans (PDF). La nouvelle entité devra sortir en salles au moins 30 films par an, avec une fenêtre d’exclusivité de 45 jours minimum. Si le nombre minimal de sorties n’est pas atteint, le groupe pourrait être obligé de céder Miramax et verser 30 millions de dollars pour chaque film manquant à l’appel.

Ce volume sera difficile à tenir, mais pas impossible : les deux studios prévoient en effet une quinzaine de films de cinéma chacun cette année, contre 19 en 2025.

Un conseil éditorial pas si indépendant

En ce qui concerne l’indépendance de CBS News et de CNN, Paramount créera un conseil de surveillance éditoriale composé de cinq journalistes qui seront nommés par… le conseil d’administration du groupe. En termes d’indépendance, on a probablement fait mieux. Ce conseil pourra définir de grands principes éditoriaux, arbitrer les différends entre journalistes et direction, examiner les questions de biais éditoriaux, et surveiller l’indépendance des rédactions vis-à-vis de la direction, des propriétaires et des actionnaires.

Les premiers pas de ce conseil seront très intéressants à suivre : les Ellison sont des proches de Trump, qui vient d’interdire à CNN l’accès à la salle de presse de la Maison-Blanche au mépris de liberté d’expression inscrite au Premier amendement de la Constitution du pays.

Quoi qu’il en soit, ce conseil de surveillance est une des raisons qui ont convaincu les États américains de mettre fin à leur offensive judiciaire. Sans accord, un procès aurait dû avoir lieu en mars prochain. Cette résolution à l’amiable est une bonne nouvelle pour les finances de Paramount, qui s’était engagé à verser des pénalités de 7 millions de dollars par jour à compter du 1er octobre si l’opération à 110 milliards de dollars (!) traînait en longueur.

La fusion va déboucher sur la création d’un des principaux studios de production audiovisuel au monde. Il contrôlera en effet Paramount et Warner, ainsi que Skydance, Miramax, Nickelodeon, New Line, les studios DC (et bien d’autres actifs), sans oublier l’activité jeux vidéo qui fait partie de la dot sans être une priorité du groupe.

SpaceXAI lance son modèle Grok 4.7, dont les performances déçoivent

22 septembre 2026 à 09:54
Overhyped
SpaceXAI lance son modèle Grok 4.7, dont les performances déçoivent

SpaceXAI a lancé son nouveau modèle Grok 4.7 ce 21 septembre. Si Elon Musk vantait l’arrivée de cette version, les résultats indépendants ne semblent pas à la hauteur des attentes. En revanche, le LLM garde pour lui l’avantage d’une tarification plus douce que certains des gros modèles lancés ces derniers mois.

Mise à jour du 23 septembre : Dans la version originale de l’article, nous avons mentionné les prix sans évoquer la consommation de tokens à l’usage. Nous avons modifié cette partie, Grok 4.7 se révélant nettement plus verbeux que son prédécesseur, avec des conséquences sur la facture.

Article original du 22 septembre :

La version 4.7 de Grok repose sur un nouveau modèle de base, plus grand que pour Grok 4.6. Dans son annonce, SpaceXAI indique qu’il a été entraîné par renforcement plus longtemps, sur des tâches plus difficiles, avec un accent sur les problèmes qui demandent plusieurs heures de travail. L’entreprise affirme que le modèle vérifie mieux son propre travail et gère mieux les contextes longs. Le modèle a aussi été entraîné pour fonctionner nativement dans l’environnement Grok Bot.

Dans la documentation fournie, on peut lire que le modèle grok-4.7 dispose d’une fenêtre de 500 000 jetons (tokens), ses connaissances s’arrêtant en mai 2026. Sans surprise, le LLM est multimodal (texte et images en entrée) et produit du texte en sortie. On retrouve en outre les quatre mêmes niveaux de raisonnement : bas, moyen, haut (par défaut) ou très haut (xhigh). Appel de fonctions, recherche web ou sur X, ou encore exécution de code sont autant de possibilités mises en avant par SpaceXAI.

La société d’Elon Musk met en avant de nombreuses qualités en phase avec les discussions actuelles autour de la sécurité. Elle évoque par exemple « de solides capacités de défense cyber » tout en gardant « de faibles taux de refus d’utilisation légitime ». Grok 4.7 aurait obtenu le score le plus élevé sur HackberBench 0.3 et n’aurait autorisé que 3,3 % des prompts risqués. En outre, le nouveau LLM se montrerait plus robuste face aux tentatives de jailbreak.

Des performances en deçà des attentes

Sur le chapitre des performances, la situation est plus complexe. Selon les chiffres avancés par l’entreprise, Grok 4.7 se débrouille bien sûr très bien. Cependant, on remarque vite que le tableau donné par SpaceXAI ne compare pas toujours les mêmes éléments. Par exemple, Grok 4.7 est testé en mode de raisonnement xHigh alors que Grok 4.6 est testé en High.

Source : SpaceXAI

Cela n’empêche pas l’entreprise de revendiquer de très bonnes performances, surtout face à son modèle précédent et dans des domaines particuliers. « Grok 4.7 est meilleur pour créer des documents et des présentations. Dans GDPval et AA Briefcase, l’IA est sollicitée pour travailler sur des tâches réalisées par des professionnels tels que des avocats, des infirmiers et des analystes financiers. Grok 4.7 améliore Grok 4.6 sur les deux benchmarks et se comporte de manière comparable à d’autres modèles Frontier », affirme ainsi SpaceXAI.

Sur X, on trouve déjà de nombreux commentaires et tests réalisés, plus ou moins spécifiques. Côté positif, on note par exemple le tweet d’Auggie qui relève un taux de 100 % sur son test de « détection d’erreurs » sur la musique, un score que seul avait atteint Astra. Le même testeur a en revanche été moins enthousiasmé sur Bach Benchmark (qui demande aux LLM de composer des chorals à quatre voix dans le style de Bach). Si l’on en croit Artificial Analysis, les revendications de SpaceXAI sur la création de documents sont avérées, avec en particulier un bond significatif sur le test Analytical Quality Elo.

Toutefois, les retours négatifs sont plus nombreux. Pour Jose Antonio Lanz par exemple, Grok 4.7 n’a rien d’un mauvais modèle, mais il est derrière la concurrence, particulièrement Astra ou même Sonnet 5 selon les essais réalisés. Il souligne d’ailleurs qu’Elon Musk avait lui-même cherché à diminuer les attentes autour de son modèle, en indiquant dans un tweet le 14 septembre que Grok 4.7 serait davantage à comparer à Opus 5 que 5.1. Il en profite pour annoncer que Grok 4.8 sera une « amélioration notable », que Grok 4.9 sera « probablement » au niveau d’Astra et Fable et que Grok 5 sera « peut-être meilleur que tout le reste ». Plusieurs personnes ont alors fait remarquer qu’OpenAI et Anthropic allaient eux aussi lancer de nouveaux modèles pendant ces laps de temps.

Selon The Decoder, Grok 4.7 obtient 46 à l’indice Artificial Analysis (v4.3.2), qui agrège dix tests. Il se place ainsi en milieu de peloton, derrière Claude Fable 5.1 et GPT-6, à 53 chacun. Sur Terminal-Bench 4.0, l’évaluation donne 26 %, bien en dessous des 38 % annoncés par xAI, et très loin des 60 % atteints par Astra et des 55 % de Fable 5.1.

Tarifs identiques, mais plus gourmand en tokens

Si les performances semblent globalement décevantes, Grok 4.7 se débrouille mieux que son prédécesseur dans la quasi-totalité des scénarios, sans toucher aux prix. On reste donc sur 2 dollars par million de jetons en entrée et 6 dollars par million en sortie. Une variante Fast est disponible, servie par une infrastructure plus rapide, avec une facturation doublée. Elle n’est cependant disponible que via Cursor et Grok Build, pas sur l’API publique. Sur cette dernière, tous les cas d’usage passant par Grok 4.6 ont automatiquement basculé sur le nouveau modèle.

SpaceXAI joue d’ailleurs la carte du rapport performances/prix en comparant sa grille tarifaire à celles de concurrents. GPT-5.6 Sol et Claude Fable 5.1 sont dans la ligne de mire, avec respectivement 4/20 dollars et 10/50 dollars.

Cependant, cette grille tarifaire ne raconte pas toute l’histoire. Selon des tests réalisés par Artificial Analysis, Grok 4.7 est plus gourmand en tokens que son prédécesseur. L’écart est a priori significatif : 81 000 jetons de sortie par tâche Intelligence Index pour Grok 4.7 xHigh, contre 38 000 pour Grok 4.6 xHigh et 27 000 pour GPT-6 Astra Max. Selon Artificial Analysis, Grok 4.7 est particulièrement verbeux, avec 240 millions de tokens générés pendant ses tests, contre une médiane de 88 millions.

Le positionnement général est ainsi celui d’un modèle faisant mieux que Grok 4.6 pour le même prix par tokens, mais possiblement plus lourd sur la facturation et l’usage des quotas. Il n’y a donc pas de rupture, et on reste sur l’interrogation classique du choix du modèle en fonction du scénario d’usage envisagé. Grok 4.7 illustre la manière dont un LLM peut s’avérer plus cher à l’utilisation que son prédécesseur, même quand le prix par token ne bouge pas ou diminue, comme nous l’avions montré avec Opus 4.7 d’Anthropic.

Enfin, on notera que le calendrier des sorties des prochaines versions ne semble pas ralentir, puisque Grok 4.8 serait proposé dans un mois. Une affirmation à prendre avec des pincettes, Grok 4.7 ayant été repoussé plusieurs fois. Le rythme cadre mal cependant avec le positionnement d’Elon Musk sur la nécessité de ralentir le développement des modèles de frontière. Il a publiquement soutenu l’idée de Dario Amodei, CEO d’Anthropic, de calmer le jeu et de réfléchir à un cadre clair pour mesurer l’alignement des modèles. Comme nous l’avions relevé toutefois, ces déclarations d’intentions ne semblent pas suivies d’actions concrètes.

Deepfakes haineux : les règles de Meta ne sont pas à la hauteur

22 septembre 2026 à 06:43
Les victimes ignorées, Meta désavouée
Deepfakes haineux : les règles de Meta ne sont pas à la hauteur

Meta doit en faire plus contre les deepfakes diffusant des discours haineux. Cet appel à agir ne vient pas d’une organisation opposée au mastodonte des réseaux sociaux, mais de l’Oversight Board, le conseil de surveillance indépendant de l’entreprise chargé d’examiner certaines décisions de modération des contenus.

L’Oversight Board, créé par Facebook en 2019 et opérationnel depuis 2020, peut rendre des décisions contraignantes sur certains contenus. Son pouvoir est cependant limité, car l’entreprise de Mark Zuckerberg n’est pas tenue de mettre en œuvre les recommandations générales que le comité peut proposer. Néanmoins, les dossiers dont il se saisit et qu’il met en lumière permettent de mesurer les limites, voire les incohérences, de la politique de modération de Meta.

Une fausse vidéo politique laissée en ligne pendant dix mois

C’est le cas pour deux dossiers dont les décisions ont été publiées le 17 septembre, et qui concernent des deepfakes générés par IA. Le premier est une vidéo partagée sur Facebook en novembre 2025 dans laquelle on peut entendre une conseillère municipale du Parti travailliste écossais affirmer : « Les réfugiés sont les bienvenus ici, même s’ils violent nos femmes, car les Blancs le font aussi. »

Un examen un peu plus approfondi du document permet de conclure à une vidéo générée par IA. Malgré plusieurs demandes et appels de la conseillère en question et d’une autre victime, le post est resté public. Meta a conclu lors de l’appel du comité que la vidéo n’enfreignait pas les standards communautaires et qu’elle ne méritait pas une étiquette IA. Le Board a finalement annulé la décision de maintenir le contenu et a exigé son retrait – Meta a effectivement annoncé la suppression de la vidéo, dix mois après sa mise en ligne.

Le comité a désavoué Meta sur la qualification du contenu. Selon la majorité des membres du Board, la vidéo associait l’ensemble d’un groupe (les réfugiés) à la criminalité et aux violences sexuelles. Elle aurait donc dû être supprimée au titre des règles sur les conduites haineuses.

Et si Meta a jugé bon de n’en rien faire, alors la vidéo aurait tout de même dû être étiquetée « IA à haut risque ». Les règles de l’entreprise concernant l’étiquetage IA pour les hypertrucages sont jugées inadéquates. Dans leur majorité, les membres du comité estiment que Meta devrait se doter de règles plus solides concernant les deepfakes :

  • en élargissant les situations dans lesquelles l’étiquette « IA à haut risque » peut s’appliquer ;
  • en prenant plus de mesures pour restreindre la diffusion de contenus trompeurs générés par l’IA ;
  • en renforçant les sanctions contre les comptes qui publient ce genre de contenus de manière répétée ;
  • et en faisant preuve de plus de transparence sur les conditions d’application de ces étiquettes.

De manière plus générale, le comité estime que ce dossier met en lumière le fait que « les femmes politiques, les journalistes et les militantes sont visées de manière disproportionnée par des deepfakes qui déforment leurs positions, notamment dans le cadre de campagnes de harcèlement ». Les personnalités moins connues manquent souvent de moyens pour répondre à ces harcèlements.

Des attaques violentes visant les femmes

Le deuxième cas concerne une jeune femme musulmane vivant en Europe, interviewée par une télévision. On la voit en tant que bénévole d’une campagne visant à améliorer l’éducation à la santé menstruelle et à combattre la stigmatisation des problèmes de santé touchant les femmes et les filles issues de minorités ethniques.

La vidéo a été manipulée et diffusée sur plusieurs réseaux sociaux pour tourner la personne en ridicule, « en créant un contraste apparent entre son engagement en faveur de la santé et son apparence physique, dans le but manifeste de laisser entendre qu’elle n’était pas légitime pour s’exprimer sur ces questions ». Ces vidéos et images générées par IA ont cumulé des dizaines de millions de vues sur différentes plateformes, dont celles de Meta.

Les appels de la victime auprès de Meta pour faire retirer ces contenus ont reçu une fin de non recevoir. « Meta a depuis confirmé au Conseil que sa décision de ne pas intervenir sur cette publication, en la maintenant sur la plateforme sans lui apposer d’étiquette signalant un contenu généré par IA, était conforme à ses règles », précise l’exposé des faits.

Ce n’est qu’après que le Board l’a interrogée sur des commentaires dénigrants publiés sous la vidéo que Meta est intervenue pour les supprimer. Confirmant au passage qu’ils enfreignaient l’interdiction des comparaisons déshumanisantes inscrite dans les règles relatives à l’intimidation et au harcèlement.

Le conseil est allé plus loin : il a annulé la décision de Meta de maintenir la publication en ligne et ordonné son retrait. Selon la majorité de ses membres, la vidéo constituait elle-même une forme de harcèlement, puisqu’elle utilisait l’IA pour falsifier les paroles et les actes de la jeune femme, l’humilier en raison de son apparence et alimenter une campagne plus large dirigée contre elle.

Le comité recommande à Meta :

  • d’élargir la définition des « images manipulées non sollicitées » afin d’y inclure les deepfakes montrant une personne en train de dire ou de faire des choses qu’elle n’a pas dites ni faites ;
  • d’ajouter les contenus enfreignant cette règle à une base de contenus de référence, afin que leurs copies puissent être automatiquement repérées et supprimées ;
  • de considérer les indices indiquant qu’un contenu a été généré ou manipulé par l’IA comme un facteur aggravant, pour traiter en priorité les signalements concernés.

Là aussi, ce cas illustre les risques que l’IA générative fait peser sur les femmes et les filles, « les abus gagnant en ampleur, en rapidité et en gravité ». Le Board rappelle le rapport publié l’an dernier par ONU Femmes, selon lequel ces attaques sont souvent délibérées et coordonnées, « et visent à réduire au silence les femmes présentes dans la vie publique ».

Ces vidéos générées par IA ont des répercussions importantes sur les droits des utilisateurs des plateformes de Meta, « notamment sur le droit des femmes musulmanes, et plus généralement des femmes et des filles, à participer à la vie publique. »

☕️ OpenAI tente de renouer le dialogue avec les mathématiciens

22 septembre 2026 à 06:13


Du rififi chez les matheux. OpenAI a affirmé ces derniers mois que ses modèles résolvaient des problèmes mathématiques sur lesquels les spécialistes se cassent les dents et la tête depuis des années — dont certains du mathématicien Paul Erdős ou plus récemment, les équations de Navier-Stokes, tout en étant accusée de mauvaises pratiques scientifiques.

Illustration : Flock

Ces annonces tonitruantes ont suscité une vague de colère de la part de la communauté des mathématiques, aussi bien en France qu’à l’international. La Société mathématique de France (SMF), avec toute la communauté internationale des chercheurs et chercheuses en maths, s’interroge sur les questions éthiques posées par l’IA générative (pillage bibliographique, coût énergétique et écologique…) et sur la déprédation scientifique de ces « résolutions ».

25 lauréats de la médaille Fields ont de leur côté cosigné une déclaration intitulée « A Severe Misalignment of AI in Mathematics » (« Un grave défaut d’alignement de l’IA en mathématiques »). Ils y déplorent la volonté des grands acteurs de l’IA de « nuire à la science des mathématiques », constatant une divergence entre ces entreprises et la communauté mathématique.

Dans un billet publié ce lundi 21 septembre, OpenAI annonce sa volonté d’engager un « dialogue réfléchi » avec la communauté et s’est rapproché d’un groupe consultatif indépendant en mathématiques qui « servira de passerelle avec la communauté mathématique et le grand public, en donnant aux mathématiciens une voix dans la façon dont nous avançons ».

Parmi les premiers membres de ce comité, on trouve François Charles, Camillo De Lellis, Timothy Gowers, Martin Hairer, Nikhil Srivastava, Ulrike Tillmann, Ravi Vakil, Edward Witten et Melanie Matchett Wood. Ils ne sont pas rémunérés par OpenAI pour leur participation.

Des questions presque aussi difficiles à résoudre que des équations

Le billet est très court et donne assez peu de détails. Ce groupe conseillera OpenAI sur l’évaluation et la communication des résultats de l’IA en matière de maths. Il aidera également à apprécier l’importance de ces résultats, à coordonner leur diffusion et à respecter les normes universitaires et professionnelles de la recherche mathématique.

Le groupe est aussi libre de formuler des recommandations non sollicitées, de commenter l’impact d’OpenAI sur les mathématiques, et de rendre publics ses avis. Étant donné son caractère consultatif, l’entreprise pourra suivre ses avis… ou pas. OpenAI restera libre du rythme de ses développements en maths.

Son premier travail est de trouver la manière de coordonner la publication d’un grand nombre de résultats importants qui auraient été obtenus par son modèle interne. OpenAI indique en effet que ce nouveau modèle, celui qui aurait résolu les équations de Navier–Stokes, a aussi trouvé des solutions à une centaine d’autres problèmes.

La startup ne cache pas que l’avenir ne sera pas forcément doré sur tranche : « Des questions difficiles restent à résoudre quant à la manière dont l’IA peut contribuer à la compréhension des mathématiques et dont les bénéfices de ces capacités peuvent profiter à l’ensemble de la communauté ». Pas de quoi réchauffer les relations tendues entre OpenAI et les mathématiciens, même si ce groupe est un geste en leur direction.

Certains mathématiciens demandent tout bonnement à OpenAI d’arrêter d’utiliser les maths comme benchmark de ses modèles. « Cessez d’essayer de donner l’impression que vous avez « résolu les maths » : c’est de toute façon impossible, et vous ne faites que rendre la résolution de problèmes aussi inutile que la production d’heures de vidéos sans intérêt sur l’IA », réagit ainsi le mathématicien David Madore.

Muse, l’agent IA de Meta, est interdit de faire les courses chez Amazon

22 septembre 2026 à 05:30

Muse, l’agent IA de Meta, est interdit de faire les courses chez Amazon

Amazon ferme la porte de son magasin à Muse, l’agent IA de Meta. Ce dernier est capable de fureter dans les allées virtuelles du géant du commerce en ligne pour y faire les emplettes de l’utilisateur. Mais Amazon n’a jamais donné son accord.

Le client est toujours roi, sauf quand il se cache derrière une IA. Amazon fait la guerre aux agents qui ne se déclarent pas comme tels. En novembre dernier, l’entreprise portait ainsi plainte contre Perplexity : l’agent intégré à Comet, le navigateur maison, est soupçonné de violer les conditions d’utilisation de la boutique en ligne.

Amazon ne veut pas d’agents incognito

C’est le cas aussi pour Muse, l’agent IA lancé le 8 septembre. Il est en mesure de faire les courses pour le compte de l’utilisateur, y compris donc sur Amazon. Ça n’a pas duré longtemps : depuis ce dimanche 20 septembre, les utilisateurs de Muse qui le lâchent dans le supermarché en ligne se font accueillir par une fenêtre les informant qu’un agent non autorisé enfreint les conditions d’utilisation d’Amazon.

« Nous estimons qu’il est assez évident que les applications tierces proposant d’effectuer des achats auprès d’autres entreprises pour le compte de clients doivent agir en toute transparence et respecter la décision des fournisseurs de services de participer ou non à ce type d’expérience », a déclaré un porte-parole du groupe à Geekwire.

Pour Amazon, l’enjeu est de taille. L’activité publicitaire représente une manne pour le groupe : 68,6 milliards de dollars générés durant l’exercice 2025. Or, ce ne sont pas les agents qui vont cliquer sur les produits sponsorisés et les acheter.

Au moment de la plainte contre Perplexity, Amazon expliquait qu’un agent ou plus largement un service qui effectue des achats au nom d’un client doit fonctionner de manière transparente et respecter les décisions des fournisseurs sur leur participation. Des agences de voyage en ligne, ou encore des plateformes de livraison de repas acceptent ces conditions d’utilisation.

Meta défend la sécurité de Muse

Amazon estime que les agents qui ne respectent pas ses règles sont susceptibles de dégrader fortement l’expérience d’achat et le service client : manque de personnalisation et d’historique d’achat, erreurs dans les estimations des tarifs de livraison… Il y a également une problématique de sécurité. Puisque l’agent ne s’identifie pas, l’entreprise considère qu’un tiers non déclaré fouine dans les comptes des clients, réalise des transactions et exploite des données sensibles sans le consentement d’Amazon.

« Les applications tierces dotées de capacités agentiques, comme Muse, sont soumises aux mêmes obligations, et nous avons demandé à Meta de retirer Amazon de l’expérience », conclut le porte-parole.

Lors de la présentation de Muse, Meta a expliqué que son assistant IA fonctionnait dans une machine virtuelle sécurisée avec son propre navigateur web, et demandait l’autorisation de l’utilisateur à chaque étape sensible comme un achat en ligne. Un second agent, Sentinel, est chargé de surveiller les moindres faits et gestes de Muse et il doit autoriser tout ce qu’il envoie sur internet.

Meta a ajouté que Muse n’avait accès ni aux mots de passe, ni aux moyens de paiement de l’utilisateur. Les identifiants fournis par ce dernier sont hébergés dans un espace sécurisé, ce qui permet à Muse de « les utiliser sans les voir ». Des discussions ont lieu entre Amazon et Meta depuis dimanche soir au sujet de Muse.

L’ironie de l’histoire, c’est qu’Amazon a été pris les doigts dans le pot de confiture en lançant ses propres agents à l’assaut des petites boutiques en ligne qui refusent de vendre leurs produits dans les linéaires du mastodonte.

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Google combine Android, ChromeOS et Gemini pour les portables Googlebook

21 septembre 2026 à 16:22
Chromebook avec une moustache
Google combine Android, ChromeOS et Gemini pour les portables Googlebook

Après avoir échoué à imposer le Chromebook auprès du grand public – même si ces appareils restent populaires dans certains marchés comme celui de l’éducation –, Google remet donc une pièce dans la machine avec sa toute nouvelle famille Googlebook. Des portables fabriqués par des constructeurs partenaires, fonctionnant sur un système d’exploitation qui combine ChromeOS à Android, avec une bonne rasade d’IA par-dessus, le tout à des prix dignes d’un MacBook Air, à partir de 1 099 euros : c’est le pari du géant du web.

Google retente sa chance dans le secteur du portable. Après une première présentation mi-mai, le géant du web lance les premiers Googlebook et cette fois, pas question de vendre des machines au rabais comme le furent les premiers Chromebook. Ces appareils émargent dans la catégorie « haut de gamme », selon les propres mots de Google, avec des prix à l’avenant.

x86 ou Arm, pas de jaloux

Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo sont les constructeurs partenaires de ce lancement, avec des modèles qui débutent à 1 099 euros. Au menu : « matériaux premium » (aluminium, alliage de magnésium, fibre de carbone), écrans tactiles OLED 2,8K pour les mieux dotés, trackpad en verre avec retour haptique ou mécanique, clavier rétroéclairé, barre lumineuse discrète sur le capot.

Sous le capot, les Googlebook ont le choix entre une puce Intel (Core Ultra Series 3 Panther Lake) et une puce Qualcomm (Snapdragon X Elite) ; des modèles avec du silicium MediaTek sont également prévus. Ils embarquent de 16 à 32 Go de mémoire unifiée, et de 256 Go à 1 To de stockage.

Il s’agit d’ordinateurs portables dans tous les cas (le Googlebook 14 d’Acer peut se transformer en tablette), mais d’autres formats ne sont pas exclus à l’avenir. Rick Osterloh, vice-président de Google en charge du matériel et des services, évoque rapidement chez The Verge la possibilité d’autres designs, et pourquoi pas des ordinateurs de bureau. L’équipe qui en interne s’occupe de la gamme Pixel pourrait proposer son propre Googlebook.

C’est surtout sur la partie logicielle que la gamme Googlebook sort du lot. Le système d’exploitation, baptisé Googlebook OS (pourquoi faire compliqué) repose sur un socle partagé entre ChromeOS et Android. L’idée générale est qu’un utilisateur de smartphone Android se sente comme chez lui sur un Googlebook.

Image : Google

Ainsi, les paramètres Android, les mots de passe, les réseaux Wi-Fi et les messages sont synchronisés entre le portable et le téléphone. Une fonction de continuité permet de passer d’un appareil à l’autre et inversement. Google n’invente rien ici : les utilisateurs d’iPhone et de Mac connaissent ce type de fonctionnement transparent depuis des années.

Un petit air d’Apple

Les Googlebook ont accès au Play Store, donc à des millions d’applications Android et Google promet qu’ « un grand nombre est optimisé pour les grands écrans, le clavier et la souris ». L’entreprise évoque des logiciels comme Photoshop et Lightroom, mais il s’agit des versions mobiles.

Les jeux Android sont de la partie évidemment, tout comme le service GeForce Now de streaming de jeux. Il est aussi possible de projeter une app depuis son smartphone vers le portable, et d’accéder aux fichiers et documents stockés sur le téléphone ; il apparait en fait tout simplement dans la fenêtre de l’explorateur de fichiers.

Googlebook a été « conçu pour Gemini Intelligence » – image : Google

L’autre grande affaire des Googlebook est l’intégration profonde de Gemini. Les portables intègrent un NPU jusqu’à 45 TOPS, de quoi leur assurer le traitement en local de fonctions d’IA regroupées sous la bannière « Gemini Intelligence ». Google met en avant le « Pointeur magique » qui permet à Gemini d’interagir avec le contenu affiché à l’écran en secouant le curseur de la souris.

Une fonction de dictée améliorée met en forme les mémos vocaux pour être partagés par écrit. Le bureau du Googlebook pourra être personnalisé avec des widgets créés par l’utilisateur. Les Googlebook intègrent également Antigravity, la plateforme maison qui permet de concevoir des agents IA et déployer des applications depuis la machine.

Les précommandes ont débuté auprès des distributeurs français, pour une disponibilité le 5 octobre. Pour l’occasion, Google livre 12 mois d’abonnements à sa formule IA Pro, 5 To de stockage en ligne, et surtout dix ans garantis de mises à jour logicielles.

IA : le nouveau modèle Jev se veut le champion des « décisions typées »

21 septembre 2026 à 15:41
Ceci n'est pas un LLM
Claude Opus 5.5, GPT-6 Sol et Luna : Anthropic et OpenAI se battent sur les prix

La société TypeSafe AI a présenté il y a quelques jours un nouveau modèle d’IA. Baptisé Jev, il se propose de traiter certaines opérations bien plus rapidement que les LLM « traditionnels », pour beaucoup moins cher. La comparaison reste cependant délicate.

L’annonce a fait l’effet d’une petite bombe sur les réseaux sociaux, particulièrement sur X : la société TypeSafe AI, fondée par Diogo Almeida, a annoncé son nouveau modèle de frontière, Jev.

Diogo Almeida se présente comme co-inventeur de ChatGPT. Un titre un peu exagéré. Il a travaillé effectivement sur les méthodes qui ont rendu capables les modèles GPT de suivre des instructions et de converser avec les utilisateurs. Mais il serait plus juste de dire qu’il est le co-inventeur du RLHF (Reinforcement Learning from Human Feedback), c’est-à-dire l’apprentissage par renforcement à partir de rétroaction humaine. Il est effectivement l’un des auteurs d’un papier fondateur sur la question.

Jev, en tout cas, n’est pas un LLM : il ne peut pas créer de texte ni même aider à la programmation. Il est décrit comme le premier « System One Model », une nouvelle catégorie de modèles conçus pour prendre des décisions rapides et structurées, que des services ou applications peuvent ensuite utiliser directement.

Ce qu’est Jev

Le modèle est comparé par TypeSafe AI à un appel de fonction : un état non structuré en entrée, des décisions probabilistes typées en sortie. Concrètement, on lui envoie un état (le contexte) et des questions portant sur cet état. Les réponses possibles sont fixées à l’avance par un schéma. Jev répond ensuite via trois primitives : le choix d’une option dans un ensemble, une note sur une échelle ordonnée, et un oui ou non calibré.

Pour bâtir Jev, TypeSafe AI dit avoir construit une nouvelle architecture de modèle, un échantillonneur parallèle et une nouvelle méthode de renforcement baptisée RLCD, pour « Reinforcement Learning for Calibrated Decisions ». L’échantillonneur parallèle signifie que toutes les questions d’une requête sont évaluées en parallèle, contrairement à un LLM dont chaque nouvel élément dépend du précédent.

Plusieurs points forts sont mis en avant, notamment la calibration via RLCD. Selon l’entreprise, cet entrainement doit permettre des réponses assorties de probabilités « honnêtes ». Dans ce contexte, une confiance plus élevée (donnée sous forme de pourcentage) signifie une meilleure exactitude. En outre, TypeSafe affirme que Jev ne peut pas halluciner, puisque la sortie est contrainte par le schéma. Il faut cependant lire entre les lignes : dans ce contexte, Jev garantit le respect du format, pas la justesse du format. En d’autres termes, Jev ne peut rien « inventer », mais il peut se tromper de catégorie.

Vite, un exemple !

Pour mieux comprendre l’intérêt de ce nouveau modèle, mieux vaut un exemple. Imaginons un service client qui reçoit 10 000 e-mails par jour. Pour chacun, un programme doit prendre plusieurs décisions : le client est-il mécontent ? Faut-il envoyer le message au service facturation, technique ou commercial ? Est-ce urgent ?

Aujourd’hui, ce type de tâche est souvent confié à un LLM comme GPT ou Claude. On lui envoie l’e-mail avec une consigne du type « dis-moi si c’est urgent », et il répond par une phrase : « Oui, ce message semble urgent car le client menace de résilier ». Problème, un programme informatique ne « comprend » pas les phrases. Il faut donc un travail supplémentaire pour extraire le « oui » de cette phrase. De plus, le modèle peut répondre à côté, ajouter des commentaires inutiles ou inventer une catégorie qui n’existe pas. Enfin, écrire une phrase mot par mot prend du temps et coûte cher.

Jev ne fonctionne pas avec des phrases, mais avec trois primitives. On applique une liste de questions dont les réponses sont fixées à l’avance :

  • Le client est-il mécontent ? Oui/Non
  • Quel service doit traiter cet e-mail ? Facturation/Technique/Commercial
  • Quelle urgence sur une note de 1 à 5 ?

Si on continue dans cet exemple, on obtiendra une réponse du type : « oui (92 % de certitude), facturation (85 %), urgence 4 (70 %) ». Cela revient à donner un formulaire à remplir pour répondre à une question plutôt que demander son avis à une personne.

Les données émises par Jev sont formatées et peuvent être reprises telles quelles par d’autres éléments de traitement de la chaine. Quand TypeSafe affirme que son modèle ne peut pas halluciner, cela signifie que Jev ne peut pas répondre par exemple « Juridique » pour le service à contacter. En revanche, rien ne l’empêche de se tromper sur le service à effectivement contacter. On peut alors appliquer un filtre pour automatiser l’envoi à une équipe humaine pour toutes les réponses dont le score de confiance est inférieur à 80 %.

L’efficacité mise en avant

L’un des éléments les plus repris par la presse est l’efficacité du modèle. Sur les tâches pour lesquelles il a été pensé, le temps de réponse annoncé va de 70 à 500 ms, soit 40 à 200 fois plus rapide que les modèles de pointe pour des requêtes de ce type. Le prix est de 0,042 dollar par million de jetons en entrée, et la sortie est gratuite. À titre de comparaison, GPT-5.6 Terra coûte 2 dollars par million de jetons en entrée et 12 dollars en sortie.

Dans sa présentation, TypeSafe donne des chiffres mais émet elle-même des réserves. Ainsi, les gains maximaux peuvent être très précisément de x193,6 sur les performances et x444,6 moins cher. Ces chiffres viennent de quatre chaines de traitement interne : réponse aux incidents de sécurité, observation de traces d’agents, traitement de factures et service client.

Même si TypeSafe évoque une certaine prudence, il est difficile pour l’instant de jauger des performances réelles comme de la facture finale, car le modèle n’est disponible pour tout le monde que depuis le 20 septembre, sans liste d’attente. Si l’on en croit certains retours d’entreprises ayant testé le modèle, le gain semble avéré.

En outre, l’annonce de Jev est déjà contestée. Selon Nandakishor Mukkunnoth, fondateur de ConvAI Innovations, l’idée n’est pas nouvelle. Dans un billet, il indique être à l’origine des recherches qui ont mené à cette technique, dont il revendique la paternité. Il ne reproche pas à TypeSafe d’avoir copié du code, mais de ne pas avoir cité des travaux antérieurs. Sur Hacker News, plusieurs personnes notent que ce type de mésaventure est malheureusement courant, mais que l’apport de TypeSafe est surtout d’avoir réussi à en faire un produit concret.

Ce qui n’a pas empêché Nandakishor Mukkunnoth de publier une alternative libre, nommée Laya. D’autres modèles libres sont apparus en quelques jours. Si l’on en croit les premiers tests réalisés indépendamment, tous les modèles affichent des performances moindres que Jev. Si l’on donne un score de référence de 1 à ce dernier, les 78 tests effectués font ressortir des notes alternant entre 0,5 et 0,7, Laya étant dans la moyenne.

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