❌

Vue normale

Reçu — 6 octobre 2026 ⏭ Next - Articles gratuits

Nouvelle alerte sur la prolifération de deepfakes nourrissant la désinformation en santé

6 octobre 2026 à 15:35
S'abonner à Next rend le poil doux et brillant
Nouvelle alerte sur la prolifération de deepfakes nourrissant la désinformation en santé

Plusieurs vidéos diffusées sur Facebook contrefaisaient l’image d’une présentatrice de TF1 et d’un médecin des Hôpitaux de Paris pour inciter les internautes à acheter un prétendu remède miracle. L’AP-HP indique avoir porté plainte et demandé le retrait des vidéos concernées à Meta. Elle alerte sur le danger que représentent ces deepfakes en matière de santé publique. Nous nous sommes procuré l’une des vidéos concernées, qui exploite délibérément les codes de la désinformation complotiste.

Dépêchez-vous de lire cette actu avant que Big Pharma ne la fasse supprimer, ils ne veulent pas que vous appreniez la vérité ! L’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) et Sorbonne Université ont alerté, lundi 5 octobre, dans un communiqué commun, sur la circulation de vidéos mettant en scène l’un de leurs médecins, dont l’image et la voix ont été manipulées à l’aide de l’intelligence artificielle générative. Un cas typique de deepfake, exploité ici pour assurer la promotion d’une soi-disant recette miracle contre les maux courants qui affectent notamment les personnes âgées.

Des deepfakes dangereux pour la santé des patients

De quoi alarmer l’AP-HP et Sorbonne Université, qui redoutent des conséquences désastreuses. « Au-delà de l’atteinte portée à l’image du médecin et à celle de l’AP-HP, la diffusion de tels contenus constitue un véritable danger pour la santé des patients : ils peuvent conduire des internautes à adhérer à de fausses informations ou à recourir à des produits dont l’efficacité et la sécurité ne reposent sur aucune donnée scientifique », s’inquiètent les deux institutions.

Elles indiquent avoir « déposé plainte et saisi notamment Meta afin d’obtenir le retrait de ces vidéos ». La plateforme semble s’être exécutée mais « d’autres vidéos similaires ont de nouveau été diffusées sur Facebook », s’inquiète l’AP-HP.

Les deux institutions rappellent le devoir de réserve auquel sont soumis ses membres : « En tant que service public hospitalier, l’AP-HP ne fait pas la promotion commerciale de services ou de produits sur les réseaux sociaux ». Et concluent sur un constat désabusé : « l’utilisation de l’image d’un professionnel de santé ou de l’identité visuelle d’un établissement hospitalier ne constitue en aucun cas une garantie de l’authenticité ou de la fiabilité d’une publication ».

Une narration fidèle aux codes complotistes

La vidéo en question, que nous nous sommes procurée, prend la forme d’un faux reportage télévisé d’environ cinq minutes qui usurpe l’identité visuelle de TF1. Introduit par la présentatrice du journal Anne-Claire Coudray, il déroule d’abord le témoignage d’une dame de 82 ans, qui assure avoir exploré sans succès toutes les voies de la médecine conventionnelle pour soulager ses douleurs et ses problèmes de sommeil. Elle enchaine sur sa révélation : ses maux ne sont pas liés au vieillissement ou à une quelconque maladie, mais à la présence de parasites dans son organisme. Elle affirme avoir été, enfin, soulagée par une méthode naturelle.

Le pseudo-reportage embraye ensuite avec la soi-disant intervention du professeur Renaud Piarroux, médecin biologiste, spécialisé notamment en parasitologie et en infectiologie. Le choix de ce médecin ne doit rien au hasard : sans être un habitué des plateaux TV, il compte à son actif de nombreuses interventions dans les médias, particulièrement pendant la période du Covid. Dans la vidéo en question, on voit le professeur Piarroux expliquer d’une voix monocorde que la cause de la plupart des symptômes dont souffre la population n’est « ni le stress, ni l’âge, mais les parasites », dont il est possible de se débarrasser grâce à une méthode simple.

«  La France est en choc !  »

Il enchaîne en affirmant que l’industrie médicale fait tout son possible pour cacher cet état de fait et invoque pour soi-disant preuve que sa vidéo gratuite révélant la vérité a déjà été supprimée plusieurs fois, car si plus de gens connaissaient cette méthode, « plus personne n’achèterait de produits chimiques en pharmacie ». La voix contrefaite poursuit en affirmant que plus de 85 000 personnes se sont déjà soignées grâce à ce secret, et qu’il est urgent de cliquer sur le lien qui accompagne la vidéo pour en profiter tant qu’il est encore temps.

Outre le ton quelque peu mécanique, de nombreux indices sont à même de mettre la puce à l’oreille des internautes avertis, ou même des fidèles des JT de TF1. La réalisation est complètement statique, les images d’illustration reviennent plusieurs fois au cours de la même séquence, et les sous-titres comportent de nombreuses fautes d’orthographe, sans même parler des coupes approximatives ou du bandeau rouge « La France est en choc ! Les parasites sont déjà l’intérieur de vous ! » que même Cnews n’oserait pas.


La vidéo d’origine et ses copies ou variantes ont néanmoins circulé sur plusieurs profils, pages et groupes Facebook, orientés notamment vers les médecines parallèles et les théories antivaccination.

La santé, terrain de jeu propice à tous les détournements

Si l’alerte conjointe lancée par les deux institutions est inédite, l’exploitation de l’image de personnalités du monde de la santé à des fins de désinformation n’est pas une première, loin de là. Avant même l’avènement de l’IA générative, le médecin et animateur TV Michel Cymes relatait déjà en 2020 à quel point il était difficile de faire disparaître de Facebook des publicités usurpant son image.

Depuis, le phénomène s’est encore accentué : au printemps 2024, l’AFP signalait par exemple des campagnes frauduleuses, basées sur des deepfakes générés par IA mettant en scène le même Michel Cymes, mais aussi Didier Raoult et d’autres personnalités médiatiques (Jean Reno, Gilles Bouleau) pour vendre de soi-disant traitements miracles contre le diabète.

D’autres capitalisent sur l’IA pour participer à la vague des influenceurs bien-être, les créateurs de contenu qui profitent de leur popularité pour vendre, ou inciter à acheter, des produits censés guérir certains maux ou améliorer l’apparence physique. Outre-Atlantique, le phénomène a déjà pris des proportions industrielles : en juillet dernier, une enquête du New York Times révélait ainsi la présence, sur les réseaux sociaux, de centaines d’influenceurs virtuels, générés par IA, se faisant passer pour des professionnels de santé à des fins mercantiles.

L’IA sert aussi parfois à allumer des contrefeux. En France, le syndicat des jeunes médecins généralistes ReAGJIR a par exemple entrepris début 2025 d’exploiter l’IA pour contrefaire les vidéos d’influenceurs conseillant des pratiques absurdes ou dangereuses à leurs abonnés. « Ainsi, l’influenceuse qui prônait l’utilisation de gousses d’ail pour arrêter une grippe explique, blême et le nez rougi, avoir été victime d’une infection nasale, tandis que le Tiktokeur qui recommandait l’ingestion de bleu de méthylène explique, le visage bleui, la méthémoglobinémie qui en a résulté », expliquait alors le syndicat, qui conclut ses vidéos par une révélation de la supercherie, et un appel à systématiquement se référer à un professionnel de santé pour tout avis médical.

Reste que, entre quête de viralité, recherche de profits faciles et propension au complotisme, les contenus problématiques continuent à circuler sur les réseaux sociaux, tandis que les plateformes affirment respecter leurs obligations réglementaires en matière de modération. Le ministère de la Santé avait annoncé en janvier 2026 le lancement d’une série de mesures visant à endiguer le phénomène, dont la création d’un « observatoire de la désinformation en santé » qui se fait toujours attendre.

Mistral lance une préversion de son LLM frontière Mistral Large 4, surnommé « Le Chonk »

6 octobre 2026 à 15:16
Il revient !
Mistral lance une préversion de son LLM frontière Mistral Large 4, surnommé « Le Chonk »

Mistral vient de lancer une préversion publique de son nouveau LLM de frontière Mistral Large 4. Surnommé « Le Chonk », il doit remettre l’entreprise française dans la course, après de longs mois de quasi-silence sur les grands modèles.

Mistral Large 4 affiche 1 050 milliards de paramètres, dont 49 milliards actifs simultanément, dans une architecture MoE (Mixture of Experts) désormais classique. La fenêtre de contexte est d’un million de tokens. Dans sa présentation, Mistral évoque un entraînement depuis zéro sur la base de 3 800 puces Grace Blackwell de NVIDIA dans ses propres centres de calcul en Europe.

S’agissant d’une préversion, l’entrainement est toujours en cours. Mistral indique que d’ici la publication de la version le 26 octobre, une version privée du modèle est mise entre les mains de « partenaires sélectionnés, en leur donnant accès à une version de nos endpoints avec une modération allégée et des fonctionnalités plus avancées dans le domaine de la cybersécurité, et en leur distribuant les poids de la préversion du modèle ». Les poids seront d’ailleurs publiés le 26 octobre également, en même temps que des informations plus précises.

L’entreprise semble sûre de son fait : « Le Chonk fait progresser l’état de l’art des modèles à poids ouverts en matière de fonctionnalités agentiques génériques. Sur les métriques agrégées, il se classe parmi les meilleurs modèles à poids ouverts et est de loin le meilleur en Europe et aux États-Unis. Parmi les modèles à poids ouverts, Le Chonk est à l’état de l’art sur les tâches de cybersécurité, sur les tâches liées à la production industrielle et à la finance, ainsi que sur l’usage multimodal. »

Les benchmarks publiés vont bien sûr dans ce sens, avec 61,7 % sur DeepSWE v1.1, 59,4 % sur SWE-Atlas-QnA et 28,3 % sur Terminal-Bench 4, soit 49,8 % à l’indice combiné, devant DeepSeek V4 Pro 0813 et Qwen3.8 Max. Des scores que l’on retrouve sur Artificial Analysis, qui place ML4 dans la moyenne haute des LLM en matière d’intelligence et de rapidité. En revanche, le site classe le nouveau LLM comme très verbeux. De fait, malgré une tarification intéressante de 1,36 dollar par million de jetons en entrée et 4,18 dollars en sortie, cette verbosité peut avoir une grande influence. Étrangement, Artificial Analysis évoque une fenêtre de contexte de 524 000 jetons, mais ce chiffre pourrait venir d’une préversion antérieure.

Un accent sur la cybersécurité

Selon Mistral, ML4 est « l’un des modèles d’IA les plus puissants au monde pour la cybersécurité », classé dans le Top 5 du Cyber Index d’Artificial Analysis, devançant « largement les modèles à poids ouverts développés hors de Chine ». Dans les tests du Cyber Index, ML4 aurait ainsi obtenu 82 %, soit le meilleur score à ce jour, et 93 % sur Cybench, se classant parmi les meilleurs modèles à poids ouverts.

L’entreprise française se fait un plaisir de s’engouffrer dans cette porte ouverte, abordant directement le problème des risques que de telles performances peuvent faire courir. Un quasi non-sujet pour Mistral, car il s’agit avant tout de défense. Elle pointe les modèles fermés comme Claude Opus 5.5 et GPT-6 Astra, qui obtiennent zéro au Cyber Index car ils refusent d’exécuter des tâches.

« C’est d’autant plus important que les acteurs malveillants font de plus en plus de jailbreaks de ces mêmes modèles pour soutenir une cyberactivité offensive : les défenseurs ont besoin de systèmes pouvant égaler ces capacités sans être contraints par les mêmes refus », ajoute Mistral. L’incident Hugging Face n’est pas directement cité, mais on se souvient que l’entreprise s’était plainte de ne pas avoir pu analyser les premières traces de l’attaque qu’elle subissait parce que les modèles fermés se cabraient devant les questions de cybersécurité. Ironie, Hugging Face s’était alors tournée vers un modèle chinois, GLM 5.2.

Enfin, pour le travail de bureau, Mistral indique 59,9 % sur AutomationBench. Sur des tâches financières et juridiques évaluées par vals.ai, il dépasserait GPT-6 Astra, et il est en tête des modèles ouverts sur le test juridique de Harvey. Pour l’ancrage visuel, il obtient 42 % contre 41 % pour GPT-6 Astra sur Dense 200, un écart minime.

De quoi remplacer prochainement GLM 5.3 dans Vibe Code avec un modèle maison ?

AI Slop : Google met en pause son programme de bug bounty pour le logiciel libre

6 octobre 2026 à 14:54

AI Slop : Google met en pause son programme de bug bounty pour le logiciel libre

Google a suspendu son programme de bug bounty Open Source Software Vulnerability Rewards Program (OSS VRP). L’entreprise explique qu’elle reçoit trop de rapports erronés générés par IA.

Depuis le 1er octobre dernier, Google n’accepte « plus les signalements de vulnérabilités de produits soumis au programme OSS VRP [Open Source Software Vulnerability Rewards Program] », a-t-elle expliqué sur la page dédiée à ce programme.

L’entreprise avait ouvert ce programme spécifique aux logiciels libres en 2022. Elle expliquait à l’époque qu’ « en fonction de la gravité de la faille de sécurité et de l’importance du projet, les récompenses varieront entre 100 et 31 337 dollars ». L’idée était notamment de faire émerger les vulnérabilités de la supply chain, mais aussi les problèmes de design informatique causant des problèmes de sécurité, par exemple.

« Une forte augmentation des soumissions automatisées »

Mais le système mis en place par Google pour recueillir ces signalements (qui peuvent donc être lucratifs pour leurs auteurs) montre des signes de fragilité face à l’affluence des signalements de plus en plus automatisés via l’IA générative. Comme Apple cet été, Google ferme le robinet.

L’entreprise le dit dans un message posté sur X : « Cette interruption est due à une forte augmentation des soumissions automatisées, dont la grande majorité n’est pas valide. Nous allons poursuivre le remaniement et le travail sur cet aspect du programme OSS VRP et nous nous engageons à faire le point au premier trimestre 2027 ».

Tous les programmes de bug bounty de Google ne sont pas touchés : uniquement l’OSS VRP. L’entreprise redirige donc les personnes qui voudraient signaler une faille notamment vers son programme Patch Rewards.

Ces entreprises, qui par ailleurs font la course aux modèles d’IA générative, n’ont pas trouvé la solution pour éviter la submersion de contenus générés par IA de qualité médiocre qui les empêche de traiter convenablement les signalements réellement utiles.

« Impact psychologique considérable »

Mais ce problème touche d’autres organisations. Ainsi, en janvier dernier, le créateur du fameux logiciel libre cURL, Daniel Stenberg, avait annoncé : « Le programme de bug bounty de cURL n’existe plus. Il prendra officiellement fin le 31 janvier 2026 ». « La gestion de ces soumissions incessantes de contenus de mauvaise qualité a un impact psychologique considérable et prend parfois beaucoup de temps à démystifier. C’est du temps et de l’énergie complètement gaspillés, qui sapent en outre notre envie de vivre », expliquait-il.

Du côté de la communauté du noyau Linux, le sujet est vu différemment. Si Linus Torvalds avait pesté un moment contre les nombreux rapports d’erreurs générés par les LLM et peu efficaces, cet été il avait changé d’avis sur le sujet et refusait de rejeter en bloc les rapports d’erreurs générés de la sorte, se disant prêt à peser de tout son poids de mainteneur principal du noyau si nécessaire. Il faut préciser qu’on ne parle pas ici de signalements faisant appel à rétribution. Le système des bug bounty attribuant une récompense aux signalements, avec une somme plus importante en fonction de l’importance du bug pousse sans doute davantage certains à utiliser des systèmes automatisés de signalements de bugs, sans se préoccuper de leur qualité et de la possible submersion du système.

☕️ Apple veut savoir combien de fois Google fait la pub de Chrome dans Safari

6 octobre 2026 à 13:34


Google ne manque jamais une occasion de faire la promotion de Chrome ou de sa propre application de recherche dans Safari, tout particulièrement sur iPhone. Apple voudrait en avoir le cœur net et mesurer précisément le volume et la fréquence de ces bannières et de ces panneaux souvent envahissants.

Illustration : Flock

La bêta 2 d’iOS 27.2 contient en tout cas des outils de télémétrie pour relever l’usage que fait Google de ces promotions dans Safari, d’après le code découvert par le site 9to5Mac. Cela ne veut pas nécessairement dire qu’ils seront présents dans la version finale d’iOS 27.2, mais leur présence dans la bêta confirme l’expérimentation par Apple de cette fonction.

Safari injecte un script JavaScript dans certaines pages du site de Google : accueil et résultats de recherche. Il cherche les bannières et les éléments visuels qui incitent les utilisateurs à lancer Chrome ou l’app Google. Lorsqu’une de ces promotions est détectée, le navigateur peut enregistrer plusieurs informations : si elle a été affichée, si l’utilisateur a interagi avec elle, ou encore s’il semble connecté à un compte Google.

Apple est ainsi en mesure de déterminer si l’utilisateur a accepté ou ignoré les sollicitations de Google. Reste à savoir pour quoi faire. 9to5Mac avance l’idée que ces outils pourraient être indispensables dans un cadre réglementaire. Dans l’UE, le règlement sur les marchés numériques oblige Apple à proposer aux internautes le choix du navigateur et du moteur de recherche. Mais pourquoi dans ce cas se limiter à Chrome ?

Le constructeur informatique n’a en tout cas rien officialisé ni documenté la fonction.

☕️ La Norvège va interdire temporairement les lunettes connectées dans certains lieux publics

6 octobre 2026 à 09:36


Le gouvernement norvégien avait déjà annoncé qu’il voulait durcir la législation du pays concernant l’utilisation des lunettes connectées alors que la grogne s’amplifie contre les lunettes Meta un peu partout. Il explique maintenant que ce durcissement devrait passer par une « interdiction temporaire » de ces lunettes dans certains lieux publics.

« Le temps de mener une étude approfondie et d’avoir un débat éclairé qui pourra jeter les bases d’une réglementation durable », précise le ministre de la Numérisation et de la Gouvernance publique, Torgeir Micaelsen, qui semble reprendre le dossier des mains de la ministre chargée du numérique, Karianne Tung. Celle-ci avait montré des signes de réticence à toute nouvelle législation sur le sujet au début de l’été.

Sans qu’un texte de loi ne soit encore rédigé, le communiqué évoque comme potentiels lieux interdits à ces lunettes les parcs, les plages, les musées, les aires de jeux, les parcs d’attractions, ainsi que les manifestations sportives, musicales et culturelles. Les lieux de scolarisation de la maternelle au lycée, voire aux établissements d’enseignement supérieur devraient figurer dans la liste aussi.

L’interdiction de ces lunettes connectées ne serait pas totale en Norvège. Le gouvernement évoque, comme l’explique Reuters, la possibilité de les utiliser dans des lieux purement privés et certains endroits où l’utilisation ne présente aucun risque d’être filmé sans son consentement.

Google commencerait à payer les sites web pour les contenus utilisés dans les Aperçus IA

6 octobre 2026 à 09:10
Un prix à la tête du contenu
Google commencerait à payer les sites web pour les contenus utilisés dans les Aperçus IA

Les « aperçus IA » qui s’affichent en tête des résultats d’une recherche Google sont générés à partir de contenus produits par des sites web. Après avoir capté une partie de leur trafic grâce à ces résumés, Google aurait commencé à rémunérer des éditeurs pour leurs contenus.

Avec les AI Overviews (Aperçus IA en France), Google prive les sites web d’une partie de leur trafic et donc, de leurs revenus publicitaires. Les internautes ne sont plus incités à se rendre sur ces sites, se contentant bien souvent des résumés générés par IA. C’est la double peine pour les éditeurs, qui se font voler à la fois leurs contenus et leurs lecteurs. Et cela explique aussi la méfiance de plus en plus grande de plusieurs d’entre eux, qui envisagent tout simplement de couper les ponts avec le moteur de recherche dominant.

Fin 2025, la Commission européenne ouvrait une enquête sur Google, accusé de fausser la concurrence en imposant des conditions abusives aux éditeurs et aux créateurs de contenu qui désavantagent les développeurs d’IA concurrents.

Poussé par les régulateurs, Google a dû mettre en place cet été un réglage permettant aux éditeurs d’interdire la collecte de leurs articles pour entraîner les modèles IA de l’entreprise. Tout en autorisant tout de même l’indexation de ces mêmes articles, pour les intégrer dans les résultats de recherche classiques.

Le baiser de la mort

Mais avant de générer des aperçus IA, faut-il encore avoir la matière première : les contenus. Et Google a toujours besoin des sites web. Le site The Information rapporte l’existence d’un programme pilote lancé il y a moins d’un an ; il rémunère une centaine d’éditeurs de sites web. Les sommes varient en fonction de la contribution de leurs contenus aux réponses générées par l’IA dans son moteur de recherche, ainsi que dans le mode IA et dans le chatbot Gemini.

Un éditeur anonyme aurait, depuis son inscription au programme, touché entre 50 000 et 60 000 dollars, ce qui ne représente qu’une petite partie de son activité. Un autre perçoit plus d’un million de dollars par an, ce qui est une part plus significative de son chiffre d’affaires. Les sommes peuvent sembler importantes, mais tout dépend de la taille des éditeurs et de leurs rédactions. Certains sites doivent se contenter de moins de 1 000 dollars sur plusieurs mois.

Pour les petits sites qui participent à ces tests, les sommes versées par Google pèseraient pour moins de 0,1 % de leurs revenus publicitaires, d’après les sources de The Information. La petitesse de ces enveloppes auraient même dissuadé des éditeurs plus importants de se lancer. Ce faisant, ils espèrent pousser Google à mieux valoriser les contenus utilisés pour l’entraînement des IA.

Un modèle pour le secteur de la presse en ligne ?

Plus pragmatiques, d’autres éditeurs espèrent comprendre le type de contenus favorisés par Google et son IA, afin d’optimiser leurs articles et profiter de la manne. Un dirigeant d’un éditeur indique que Google décide seule de la valeur des contenus afin de garder le mystère sur la boîte noire de son système de génération IA.

Des participants au programme n’auraient aucune idée de la manière dont Google calcule les rémunérations, ni ce que Google considère comme une contribution significative à un aperçu IA. Des contenus consacrés à des sujets niches (comme les anime ou les jeux vidéo) mais suscitant un fort intérêt de la part des internautes, semblent toutefois rapporter davantage.

Beaucoup des participants espèrent que ce programme fera figure de modèle à suivre pour les autres acteurs de l’IA qui ont tendance à jeter par dessus bord le copyright au nom d’un « usage légitime » qui a parfois bon dos. Il faudra au préalable que Google officialise l’initiative et que davantage d’éditeurs y participent.

☕️ [MàJ] Finlande : Google contraint de mettre en pause ses projets de datacenter

7 octobre 2026 à 10:22


Mise à jour, mercredi 7 octobre, 12h20 : La Finlande a finalement pris le mors aux dents et décidé, dans une déclaration datée du 6 octobre, de contraindre Google et sa filiale locale, Tuike Finland Oy, à suspendre les travaux d’édification des datacenters de Muhos et de Kajaani, en attendant que les études d’impact environnemental aient été menées à leur terme.

Les deux décisions associées (une par datacenter) émanent de l’Agence nationale responsable des licences et de la supervision, l’organisme chargé, entre autres missions, de la supervision de la protection de l’environnement. D’après cette dernière, des travaux concrets de déforestation ont été engagés avant qu’elle ait pu procéder aux évaluations prévues par la loi finlandaise sur l’environnement. Elle ordonne donc l’interruption des travaux, et affirme s’efforcer principalement « de veiller à ce que l’exploitant remédie volontairement à la situation ».

Le message semble avoir été entendu par Google. « Nous comprenons les préoccupations et reconnaissons ne pas avoir été à la hauteur de nos propres exigences dans ce cas précis », a déclaré un porte-parole de l’entreprise à CNBC. Le groupe défend cependant le bien-fondé de son approche. « Nous avons agi de bonne foi, conformément à la loi forestière, et avons réalisé des inventaires de la nature et mis en place des mesures pour protéger les zones à haute valeur écologique », ajoute le porte-parole.


Publication initiale, mardi 6 octobre, 10h50 :

Au nord de la Finlande, plus de 300 hectares de forêts ont été rasés pour permettre la construction d’un ensemble de centres de données pour Google. Ceci avant même que le projet n’ait obtenu l’audit environnemental que le régulateur national l’avait enjoint à réaliser, rapporte Wood Central.

« C’est soit de l’incompétence grossière de la part de la société chargée du projet finlandais de Google, Tuike Finland Oy, soit un dédain grossier de la réglementation finlandaise. Dans le pire des cas, c’est les deux », estimait la directrice de l’Association finlandaise pour la conservation de la nature Hanna Halmeenpää auprès du média Kaleva, mi-septembre.

Au mois d’avril, la filiale finlandaise de Google avait argumenté auprès du régulateur qu’elle n’avait pas besoin d’audit environnemental. Elle espérait pouvoir obtenir ses permis de construire en l’absence de ces travaux. 


En mai, l’administration l’a détrompé : le projet devait suivre le cours normal des autorisations, dans la mesure où la loi locale oblige à des audits environnementaux pour tout rasage permanent de forêt sur plus de 200 hectares.

Illustration : Flock

Des images satellites montrent que des coupes ont néanmoins été menées entre le mois de mai et le mois d’août, en l’absence des travaux demandés par le régulateur.

Ces images montrent aussi que quatre sites naturels supposément protégés dans le plan local d’urbanisme ont été passés au bulldozer. L’association finlandaise pour la conservation de la nature déclare n’avoir jamais rencontré de cas comparable en 86 ans d’existence.

Directrice de l’enquête ouverte par l’Autorité finlandaise en charge des licences et de la supervision, Sari Myllyoja indique que son unité explorerait les réactions possibles.

Localisé dans les villes de Muhos et Kajaani, le projet s’étend sur 1400 hectares, vendus il y a deux ans à Google par le gouvernement finlandais. La société américaine a annoncé investir 13 milliards de dollars pour y construire des centres de données, ce qu’elle déclare être son plus gros investissement unique en Europe.

Fin septembre, la municipalité de Muhos informait l’Autorité des licences et de la supervision qu’elle n’avait fourni aucun permis de construire pour ces travaux. L’équipe de Sari Myllyoja déclare attendre les clarifications de la filiale de Google pour comprendre en vertu de quels permis celle-ci a lancé ses travaux.

☕️ Lookups : la ministre du Numérique signale un nouveau site de données volées au parquet

6 octobre 2026 à 07:15


Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, a annoncé lundi 5 octobre avoir saisi la procureure de Paris, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, au sujet d’un moteur de recherche donnant accès à des données personnelles issues de fuites de cybersécurité. C’est la deuxième fois que la ministre recourt à cette procédure depuis le mois de juin.

Les sites en question, parfois déclinés sous forme de canaux Telegram ou Discord, permettent pour mémoire d’effectuer des recherches nominatives dans des bases de données agrégées à partir des fichiers issus de fuites de données.

Historiquement cantonnés au dark web et souvent qualifiés de « lookups », ils s’affichent désormais sur le web ouvert, et développent de véritables offres commerciales avec abonnement, accès via API, ou promesse d’effacement des données personnelles contre monnaie sonnante et trébuchante.

La portée d’une telle action parait toutefois limitée : elle restreint peut-être la visibilité sur le moteur de recherche en question, mais elle ne garantit absolument pas que les données concernées continuent de circuler via les fichiers d’origine. « Aux personnes concernées, ne payez jamais pour faire retirer vos données », appelle la ministre.

un portrait de la valeur des données biométriques pour un pirate
Illustration : Flock

L’avertissement est justifié. Confier des données personnelles à ces moteurs, pour s’inscrire ou pour souscrire leurs services payants, constitue en effet un risque supplémentaire, puisqu’elles peuvent servir à consolider les informations déjà présentes en base.

La déclaration d’Anne Le Hénanff intervient quelques jours après que le sujet des lookups est revenu sur le devant de la scène médiatique, notamment en raison d’articles de RTL, relayés par M6, illustrant comment ces outils permettent de mettre au jour les informations personnelles ou les coordonnées de personnalités publiques.

Le phénomène et son exposition n’ont pourtant rien de nouveau. En juin, une enquête de France Info avait mis en lumière une autre plateforme qui revendiquait l’accès à 1,2 milliard de données personnelles.

Comme nous le relations alors, la ministre du Numérique avait déjà annoncé à cette occasion saisir le parquet de Paris, déjà au travers de l’article 40. Le député Renaissance des Côtes-d’Armor, Éric Bothorel, avait lui aussi déclaré avoir saisi la justice « pour 3 sites qui compilent des fuites de données et les rendent publiques », tout en rappelant que « le recel de data volées est un crime ».

Si d’après France Info, aucune condamnation n’avait encore été prononcée dans une affaire de lookups au 21 août dernier, le parquet n’ignore pas le sujet et n’a d’ailleurs pas attendu la médiatisation du phénomène pour s’y intéresser. En mai dernier, on apprenait ainsi que l’administrateur présumé d’un de ces moteurs de recherche avait été mis en examen et placé en détention provisoire.

En Europe, OpenAI tatoue les textes de ChatGPT pour se conformer à l’AI Act

6 octobre 2026 à 06:16
Si c'est tatoué, c'est pas à toi
En Europe, OpenAI tatoue les textes de ChatGPT pour se conformer à l’AI Act

OpenAI déploie son outil de filigrane sur le texte généré par ChatGPT. Cette fonctionnalité, réservée au Vieux continent en vertu de l’AI Act, demeure une solution imparfaite à un problème complexe.

Après Anthropic qui a intégré une fonction de filigrane dans le texte généré par Claude (depuis Fable 5.1 plus précisément), c’est au tour d’OpenAI de respecter l’obligation européenne de permettre l’identification d’un texte généré par ChatGPT. Cette mesure, inscrite dans l’AI Act, est en vigueur depuis début août – les systèmes d’IA présents sur le marché ont jusqu’au 2 décembre pour respecter les obligations de marquage technique.

Le filigrane est dans les mots

OpenAI a donc dévoilé sa feuille de route pour le tatouage des textes. La technologie, baptisée textGrain, ajoute un « signal statistique invisible » sur les choix des mots. Autrement dit, c’est une technique qui « modifie subtilement la manière dont le modèle choisit de façon aléatoire entre plusieurs mots ou fragments de mots possibles au fil de la génération [du texte] », explicite l’entreprise dans une fiche technique.

« Sur l’ensemble d’un passage, ces choix créent un motif qu’un détecteur peut repérer, même après certaines modifications du texte. » Le résultat est censé être invisible aux yeux du lecteur, la technique n’ajoutant « aucun caractère caché, espace invisible ou signe de ponctuation inhabituel ». Anthropic a choisi une solution similaire.

Pangram, qui a beaucoup fait parler ces dernières semaines suite à l’affaire Thélyson Orélien, analyse les textes après leur génération, en se basant sur des caractéristiques comme le choix des mots. Il ne détecte pas les signaux intégrés à même les textes, comme c’est le cas des filigranes.

Toutes les langues ne se valent pas

Le code des bonnes pratiques sur la transparence des contenus de l’AI Act n’impose pas de watermark sur les textes de moins de 200 tokens, ce qui représente environ 150 mots en anglais. De toute manière, les techniques de filigrane ne sont pas efficaces sur les textes courts, comme le rappelle OpenAI.

Image : OpenAI

Le taux de détection varie en fonction de la langue, certaines d’entre elles se montrant « plus faciles à détecter que d’autres ». Sur les tests réalisés par l’entreprise – 500 prompts générés en anglais, puis traduits –, l’espagnol obtient le meilleur taux de détection (69 %), le roumain affichant le taux le plus faible (42,2 %). Avec un taux qui dépasse 60 %, le français est plus proche de l’espagnol.

OpenAI ajoute à textGrain un paramètre d’ajustement de l’intensité pour renforcer ou réduire le signal du filigrane en fonction des domaines. Le taux de détection de certaines langues, qui se situe normalement sous le seuil des 60 %, s’améliore grâce à ce paramètre. L’entreprise a l’intention de proposer sa technologie en open source.

Image : OpenAI

OpenAI explique que les détecteurs peuvent commettre deux types d’erreurs de détection : faux positifs (signaler la présence d’un filigrane qui n’existe pas) et faux négatifs (ne pas repérer la présence d’un filigrane existant). Sur des passages de 400 tokens, avec un taux de faux positifs cible de 1 %, le détecteur a identifié un filigrane dans 95 % des cas – mais tout dépend du contenu. Sur les textes portant sur la psychologie, le taux de détection est particulièrement élevé ; il l’est beaucoup moins quand il s’agit de mathématiques, où le choix des mots est plus limité.

Brouiller les pistes

Autre limite : modifier les textes générés par IA a un impact sur le taux de détection. Un taux de détection à 92 % peut tomber à 66 % si 10 % des mots ont été remplacés par des synonymes. Remplacer 25 % des mots fait chuter le taux à 17 %. Ce qui est logique, au vu du fonctionnement du filigrane.

L’entreprise prévient aussi que les filigranes sur le texte ne sont pas la panacée. Un watermark ne mesure pas la contribution d’un humain, il se contente de dire qu’un modèle a généré ou modifié un texte. Il ne détermine pas non plus à qui appartient le texte ou qui en est le responsable. Il n’identifie pas non plus l’utilisateur et ne mesure pas la fiabilité du texte. Enfin, l’absence d’un filigrane ne prouve pas qu’un texte a été écrit par un humain.

textGrain est disponible dès aujourd’hui dans l’API, où la fonction peut être activée via les réglages (uniquement dans l’UE). Il se déploiera au sein de ChatGPT et Codex dans les prochaines semaines. En revanche, l’accès à l’outil de détection demeure encore la chasse gardée des chercheurs et des organisations sélectionnés qui travaillent à l’amélioration de la fiabilité de l’outil.

Meta : Muse se souvient de beaucoup de choses sur l’utilisateur, mais aussi ses proches

6 octobre 2026 à 05:31
Tous fichés
Meta : Muse se souvient de beaucoup de choses sur l’utilisateur, mais aussi ses proches

ChatGPT, Claude ou Gemini ont une mémoire qui leur permettent d’enregistrer certaines informations importantes sur leurs utilisateurs, afin de se « souvenir » d’un détail, d’un nom, d’un événement ou d’une date utile à une réponse. C’est le cas aussi de Muse, mais le nouvel agent de Meta pousse le principe beaucoup plus loin.

Avec Muse, Meta semble enfin avoir trouvé sa voie dans la course à l’IA. L’agent, lancé le 6 septembre mais toujours indisponible dans l’Union européenne, va bien plus loin qu’un « simple » chatbot : il peut chasser des informations sur internet en permanence et agir au nom de l’utilisateur, par exemple pour réserver un restau ou faire des courses (ce qui déplaît beaucoup à Amazon). Le succès de Muse ne tombe pas du ciel : Meta s’est fortement inspirée d’OpenClaw pour développer son propre agent. Et l’entreprise peut aussi compter sur l’immense surface de ses réseaux sociaux pour se donner une confortable longueur d’avance.

Le Charm dévoilé par Mark Zuckerberg durant la dernière conférence Meta Connect.

Le succès de Muse n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd : OpenAI a présenté pas plus tard que la semaine dernière son propre agent IA, Dots. Et Meta compte bien battre le fer tant qu’il est chaud. Muse est mis à toutes les sauces dans les autres produits et services du groupe, qu’il s’agisse de lunettes connectées… ou de Tamagotchi.

Les petites fiches de Muse

Mais Meta traîne derrière elle suffisamment de casseroles sur la vie privée pour que le fonctionnement de Muse mérite qu’on y regarde de plus près. Karan Joshi, chercheur en sécurité indépendant, a pu extraire un grand volume d’instructions et de prompts de l’agent, simplement en utilisant astucieusement l’interface de discussion. Il en a partagé une copie avec Wired, ce qui permet de jeter un œil dans les cuisines.

Il se trouve que Muse crée une page pour chaque personne importante dans la vie de l’utilisateur. Il s’agit de compiler des informations sur la famille, les intimes, les amis, les collègues, les personnes suivies par l’utilisateur. Cette mémoire, en fait des fichiers de texte structuré, se remplit au fur et à mesure des événements et des interactions ; ces données permettent à l’agent de construire une « représentation » des relations, avec le degré de proximité, l’historique, et même des pistes pour les renforcer.

D’après la documentation fournie par Karan Joshi, une « page » s’enrichit progressivement avec des sections : « Faits », « Historique », « Relation », « Points communs », « Sujets en suspens » et « Renforcement ». Muse doit uniquement utiliser les éléments qu’il a sous la main, et ne pas inventer des informations même si la page est vide.

Selon les instructions de Meta, Muse doit conserver « les sujets qui reviennent régulièrement (le déménagement, l’objectif commun d’épargne) », où vivent les relations de l’utilisateur, ce qu’elles font dans la vie. Le modèle peut également enregistrer les dates importantes comme les anniversaires, et des éléments de contexte comme une dispute terminée (certains parlent de beaucoup de choses très personnelles avec leur bot), une réunion importante la semaine dernière, un voyage…

L’enregistrement de l’état des relations est aussi manifestement important pour Muse : degré de proximité, sur quoi repose telle relation, ce dont cette relation peut avoir besoin… La section « Renforcements » peut d’ailleurs suggérer des moyens d’améliorer une relation : rappeler une date à ne pas oublier, une raison d’appeler…

Le plombier n’a rien demandé

« Pour qu’un agent soit utile et puisse réellement vous aider à atteindre vos objectifs, il doit disposer d’un certain contexte sur vous et sur les personnes avec lesquelles vous interagissez », explique un porte-parole de Meta. « Muse rassemble ces informations à partir de données publiques et de ce que vous avez choisi de partager. C’est ainsi qu’il peut se souvenir que la personne qui vous a envoyé une facture est en fait le plombier que vous aviez précédemment engagé pour effectuer des travaux dans votre salle de bains, ou encore l’envoi à votre conjoint de ses fleurs préférées. »

Une déclaration apparemment de bon sens, à laquelle on peut ajouter l’infrastructure de Muse. Il s’agit d’une machine virtuelle dans laquelle sont stockés les données de l’utilisateur et le contexte. Les agents tiers n’y ont pas accès sans autorisation, et l’utilisateur peut déconnecter les services tiers connectés à Muse, ou tout simplement en effacer la mémoire.

Muse va néanmoins plus loin que d’autres bots IA dans le stockage d’informations sur les personnes connues de l’utilisateur. ChatGPT possède une mémoire structurée, mais OpenAI la présente comme une synthèse évolutive du contexte entourant l’utilisateur. L’IA sélectionne les infos jugées pertinentes et la synthèse se met à jour et s’enrichit au fil du temps.

Le système de Meta organise les informations sur la relation qu’entretient un utilisateur avec une personne, leur historique, le degré de proximité, les sujets en suspens et peut même proposer des moyens de renforcer cette relation. Le problème ici, c’est la réputation exécrable de Meta quand il s’agit de manipuler les données personnelles, comme on l’a vu encore très récemment avec… Muse :

Enfin, le conjoint, les collègues, ou ce fameux plombier n’ont rien demandé, et surtout pas à être intégrés dans les petites fiches de Muse. Mais il suffit que l’utilisateur ait évoqué ces relations pour que ces personnes se retrouvent dans la mémoire de l’agent. L’utilisateur a certes accepté de partager des données publiques, mais pas nécessairement de ficher son entourage.

Reçu — 5 octobre 2026 ⏭ Next - Articles gratuits

Face aux chansons générées par IA, Sony Music multiplie les demandes de retrait

5 octobre 2026 à 15:36
Faux tubes, vrais retraits
Face aux chansons générées par IA, Sony Music multiplie les demandes de retrait

Sony Music prend le taureau par les cornes pour lutter contre les streams illégaux de chansons générées par IA. Fin septembre, la major a demandé aux plateformes le retrait de plus de 260 000 morceaux, un volume multiplié par deux par rapport aux trois premiers mois de l’année.

« Nous continuerons à faire respecter les droits de nos artistes et nous attendons des plateformes qu’elles agissent rapidement et empêchent la réapparition des mêmes contenus », a affirmé Sony Music au Financial Times. « Mais la tâche devient de plus en plus difficile », ajoute l’entreprise, une des trois majors de l’industrie du disque avec Universal (UMG) et Warner (WMG).

Le groupe a demandé aux plateformes de streaming de retirer plus de 260 000 morceaux fin septembre, alors que ce volume avait été de 135 000 fin mars. Ces titres sont des deepfakes générés par IA d’artistes signés par Sony (Adele, Queen, Michael Jackson…). Le phénomène prend « une ampleur considérable, porte préjudice aux artistes, trompe les fans et compromet une utilisation éthique de l’IA », précise la maison de disques.

Les bots écoutent les bots

Les services de streaming sont noyés sous les chansons générées par IA. Deezer avait ainsi indiqué qu’elles représentaient plus de la moitié des nouveaux morceaux téléversés en juillet. Ces titres sont très peu écoutés, et quand ils le sont, c’est souvent lié à des cas de fraude aux streams. Des bots « écoutent » ces chansons, ce qui en retour génère des revenus pour les fraudeurs, spoliant au passage les artistes légitimes.

Le rapport semestriel de la Sonic Intelligence Academy publié le mois dernier montre que plus de 9 chansons sur 10 (92,8 %) des morceaux soumis avaient été générés par Suno. Avec cette nuance : le pourcentage porte sur l’échantillon de l’étude, soit 1 743 titres provenant de 886 artistes dans 54 pays. Sur cet échantillon, 77,6 % ont été distribués aux plateformes par DistroKid, un distributeur payant permettant à ses clients d’être diffusé sur plus de 150 plateformes. Ces chiffres donnent toutefois une petite idée de la provenance de ces titres.

Sony Music et Universal poursuivent d’ailleurs Suno en septembre. La start-up est accusée d’avoir copié des enregistrements sans autorisation pour entraîner ses modèles IA. DistroKid est aussi la cible d’UMG, qui a porté plainte contre le distributeur le 15 septembre (PDF). Ce dernier se serait livré à « des pratiques commerciales trompeuses et à des violations flagrantes du droit d’auteur ». Plus précisément, DistroKid aurait contribué « à faire passer les morceaux IA pour ce qu’ils ne sont pas, et à en tirer profit ».

La riposte contre la fraude aux streams s’organise dans la filière, qui a couché sur le papier un ensemble de pratiques pour aider les acteurs du secteur – en particulier les distributeurs – à prévenir, détecter et traiter la fraude.

De leur côté, les plateformes ont mis en place des systèmes de badges pour indiquer aux auditeurs que tel artiste ou telle chanson est générée par IA. Bien souvent, les écoutes de ces morceaux sont démonétisées dès leur mise en ligne.

☕️ Apple annonce un renforcement des autorisations d’accès au disque dans macOS

5 octobre 2026 à 14:16


Le 2 octobre, Apple a fait savoir par une courte note destinée aux développeurs que des changements allaient être introduits pour renforcer l’accès complet au disque dans macOS.

L’entreprise indique que de nombreux contrôles ont été mis en place avec le temps sur son système, mais que l’autorisation d’accès complet au disque permet largement de les contourner. Le fonctionnement était voulu pour « permettre aux applications de sauvegarde de fonctionner correctement sur Mac ».

Cependant, des « développeurs utilisent l’accès complet au disque de manières qui pourraient mettre les utilisateurs en danger, exposant tout ce qui se trouve sur leurs systèmes – y compris les fichiers, les courriels, les messages, et même l’historique de navigation – sans que les utilisateurs en aient pleinement connaissance et compréhension », indique Apple. L’entreprise ajoute que dans les applications de communication, la confidentialité des personnes en contact pourrait également être menacée.

L’entreprise ne compte pas supprimer l’accès disque complet, dont de nombreuses applications ont besoin, par exemple pour de la prise de contrôle à distance via Anydesk ou Teamviewer. En revanche, elle va introduire « des contrôles supplémentaires pour garantir que les utilisateurs qui souhaitent réellement accorder à une application ce niveau d’accès extraordinaire ne puissent le faire qu’avec une action très explicite ». Apple estime ce chantier « crucial », car « les agents IA deviennent de plus en plus capables et autonomes », l’entreprise semblant craindre que les risques associés augmentent « considérablement ».

La note est courte et ne contient aucun détail. Apple ne dit même pas quand ces changements vont être introduits. L’actuelle version 27.2 bêta de macOS ne contient pas ces modifications, mais on peut imaginer que le nouveau contrôle sera présent dans la mouture 27.3.

Le calendrier est également particulier. Comme le souligne TechCrunch, l’annonce survient quelques jours après que le journaliste Jason Aten a affirmé que Muse (Meta) avait lu ses conversations privées. Il assure qu’il n’a jamais donné à Muse l’accès au disque complet, mais que ce dernier lui a quand même suggéré un sujet sur la base d’éléments n’apparaissant que dans l’application Messages sur son Mac. Meta conteste cette version, affirmant que la lecture des conversations dans Messages exige non seulement l’accès complet au disque, mais aussi l’activation du connecteur spécifique Muse pour l’application d’Apple.

☕️ IA et copyright : en appel, Thomson Reuters gagne de nouveau contre Ross Intelligence

5 octobre 2026 à 13:58


En février 2025, déjà, la société d’information financière Thomson Reuters gagnait un premier procès contre la start-up d’IA juridique Ross Intelligence. Pour entraîner ses systèmes, cette dernière était accusée d’avoir utilisé la base de données Westlaw, dont Thomson Reuters possède le copyright.

Le juge avait alors qualifié cet usage de non « transformateur ». Il précisait alors que seule une forme d’IA « non générative » était à l’examen – si ses déboires judiciaires se sont poursuivis depuis, Ross Intelligence a mis la clé sous la porte en 2021, soit avant la sortie des principaux modèles génératifs.

Balance de la justice

En appel, les représentants de la société défunte argumentaient que son recours aux données de Thomson Reuters relevait du « fair use », ou usage raisonnable. En 2020, la société d’information financière avait accusé Ross Intelligence d’avoir utilisé tous les chapôs des articles de la base de données Westlaw, c’est-à-dire les quelques lignes résumant les décisions de justice détaillées dans leur version intégrale et payante, pour entraîner ses modèles.

D’après la juge Tamika Montgomery-Reeves, qui vient de trancher en appel, cet usage est de nouveau estimé « non transformateur ». À ce titre, y recourir pour développer un produit concurrent ne permet pas de recevoir l’argument du fair use.

Ni les avocats ni un porte-parole de Ross Intelligence n’ont souhaité commenter. Un porte-parole de Thomson Reuters indique en revanche qu’une « protection forte du copyright est essentiel pour promouvoir l’innovation et protéger la propriété intellectuelle qui alimente » ses propres outils d’IA.

☕️ Huawei et Qualcomm font affaire malgré les restrictions américaines

5 octobre 2026 à 12:58


Malgré les restrictions imposées par les États-Unis, les affaires continuent pour Huawei. Le géant chinois et Qualcomm ont annoncé un accord pluriannuel de licences de brevets sur des technologies comme la 5G, l’IA, les réseaux, l’informatique. Qualcomm va également acquérir « certains brevets américains » de Huawei (ils ne sont pas précisés) dans ces domaines.

Logo de Huawei sur un drap
Crédit : Licence Creative Commons by Web Summit

« Cet accord reflète l’engagement commun des deux entreprises en faveur du respect des droits de propriété intellectuelle et de pratiques de licence conformes aux principes FRAND [conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires] », ajoute le communiqué de presse commun. L’accord reflète la « reconnaissance par Qualcomm » des technologies de Huawei et de sa propriété intellectuelle, poursuit John Han, directeur général de l’activité licences au sein de l’entreprise américaine.

Huawei est sur la liste noire du Département du Commerce depuis 2019, ce qui impose aux entreprises US d’obtenir une licence avant d’exporter, de réexporter ou de transférer au groupe chinois des produits et composants soumis aux règles américaines d’exportation. Les restrictions n’ont pas cessé de s’empiler depuis, les autorités craignant que la technologie américaine puisse être utilisée pour nuire à la sécurité nationale.

Huawei a donc dû fortement investir ces dernières années pour développer ses propres technologies, avec des résultats pour le moins intéressants qui entraînent dans leur sillage toute l’industrie chinoise. Ce qui participe à accélérer l’indépendance technologique du pays vis à vis des États-Unis.

Le 26 août dernier, Huawei avait par ailleurs annoncé un accord avec HP portant sur des licences croisées de brevets portant sur la technologie Wi-Fi. Curieusement, HP a pris ses distances avec Huawei, en parlant de « mauvaise interprétation » pour cet accord « faisant passer le règlement d’un litige juridique pour un partenariat plus large. » HP a martelé que Huawei n’était pas un de ses fournisseurs, pas plus que HP n’est un fournisseur de Huawei.

Cette fois, pas de dissension ou de mauvaise compréhension entre Huawei et Qualcomm. Néanmoins, leur accord est soumis à des autorisations réglementaires.

Union européenne : 138 députées victimes de deepfakes pornographiques

5 octobre 2026 à 12:12
Et 9 de leurs collègues hommes
Union européenne : 138 députées victimes de deepfakes pornographiques

7,3 % des femmes élues au sein d’une Assemblée nationale européenne sont visées par des deepfakes pornographiques, calcule l’ONG Agora Digitale Transformation. Plus de deux fois plus nombreux au sein de ces chambres de représentation politique, leurs homologues masculins sont 0,2 % à subir ce type de désagrément qui peut servir à entacher la réputation ou alimenter des cyberharcèlements.

Les femmes parlementaires européennes encourent 33 fois plus de risques de retrouver leurs images manipulées ou associées à des deepfakes sexistes ou sexuels que leurs collègues masculins. Tel est le résultat auquel aboutit le think tank allemand Agora Digitale Transformation, après avoir répertorié le nombre d’élus au sein de parlements de pays européens dont l’image avait été utilisée pour générer des deepfakes pornographiques ou associées, d’une manière ou d’une autre, à ce type d’imagerie générée par IA.

Concrètement, sur 5 872 membres de parlements européens, l’ONG a identifié 138 femmes parlementaires victimes de ce type de manipulation d’images. Ces dernières sont issues de 22 des 27 États membres. Parmi leurs collègues hommes, pourtant plus de deux fois plus nombreux, neuf sont visés par ce type de manipulation.

Dans le détail, Agora Digitale Transformation établit que l’exposition à ce type de violence numérique touche plus fréquemment les femmes – comme c’est le cas pour diverses autres professions exposées, ou pour le grand public –, mais aussi celles et ceux qui bénéficient d’une plus grande visibilité institutionnelle.

Le fait que leurs pays d’origine aient passé des lois spécifiquement dédiées à lutter contre les deepfakes pornographiques, comme c’est le cas en France ou en Italie, ne semble pas influer sur ces risques. Députée France Insoumise au Parlement européen, la Française Emma Fourreau s’est par exemple émue au mois de juillet de voir son image manipulée par IA par des comptes d’opposants politiques.

Élus dans les parlements monocaméraux ou les chambres basses européennes

Au total, Agora Digitale Transformation s’est penché sur les cas de 6 218 membres des chambres basses (l’Assemblée nationale en France) ou des parlements nationaux, lorsqu’ils sont constitués d’une chambre unique, dans les 27 États membres de l’Union. Après exclusion des sièges vacants, des personnes non-binaires et des membres non-attachés à un parti, elle a testé les noms de 94,4 % de ces représentants élus sur 160 noms de domaines connus pour leur hébergement de deepfake pornographique, de « celebrity leaks », c’est-à-dire des images publiques ou intimes de célébrités, et d’autres images sexistes ou sexuelles de femmes dans l’espace public.

En s’appuyant sur des requêtes vers l’API de Google, elle a ensuite classifié les résultats positifs selon six catégories : est-ce que des deepfakes NCII (non-consensual intimate images, images sexuelles non-consenties) étaient hébergés de manière active par le site web ? Est-ce qu’un outil de génération d’image était lié aux informations biographiques d’une personne dont le nom était explicitement cité ? Est-ce que le résultat incluait des images brutes ? Est-ce qu’il existait des traces de précédentes recherches pour le même type de contenu lié à la personne étudiée ?

Constat principal : les noms de 7,3 % des 1 888 députées femmes ainsi testés ont renvoyé des résultats positifs, contre ceux de 0,2 % des 3 837 hommes députés. Cela signifie qu’une élue sur quatorze risque de voir son image détournée à des fins sexistes ou sexuelles, contre un élu sur 500.

Des applications de « nudification » liées aux comptes de personnes réelles

Agora Digitale Transformation constate par ailleurs que les femmes aux postes à responsabilités – dirigeantes de parti, membres de cabinets ministériels – sont surreprésentées dans ces manipulations d’images. « Atteindre une plus grande visibilité médiatiques a un coût pour les femmes que les hommes atteignant des statuts similaires n’ont pas à payer », note le think tank. Les membres de partis de droite et de gauche sont par ailleurs légèrement surexposés par rapport à leurs collègues de partis centristes.

L’ONG relève par ailleurs l’existence de sites web qu’elle qualifie de « portails ». Ces derniers consistent à proposer du contenu officiel représentant un ou une parlementaire, et à y accoler des liens vers des applications dédiées à générer de l’imagerie sexualisée ou dénudée.

Dans son échantillon, elle indique que 61 sites web agissent de cette manière, en fournissant directement les images initiales susceptibles d’être détournées, tandis que 36 suggèrent de dénuder divers parlementaires, sans fournir les images initiales. Chaque fois, en revanche, ils fournissent des éléments biographiques pour reconnaître facilement la personne, et ses comptes sur les réseaux sociaux. Ces portails incluent des représentations sexistes ou sexuelles générées par IA pour trois parlementaires. Ils fournissent quelquefois des « notations » des corps des femmes ainsi visées.

Des productions de sites suspendus par les autorités restent indexées

Autre enjeu : au cours de l’enquête, le site CFake a été suspendu par une action conjointe des forces de l’ordre françaises et états-uniennes. En juillet 2026, son administrateur, un informaticien niçois de 47 ans, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, à 10 000 euros d’amende, à la confiscation d’une partie de ses cryptoactifs et au versement de 83 000 euros d’indemnisation aux parties civiles

Agora Digitale Transformation est parvenue, dans certaines configurations, à retrouver plusieurs dizaines d’index de recherche liant des noms de parlementaires à des contenus supprimés de CFake. Ces derniers apparaissaient toujours dans l’API Google Custom Search plus d’un mois après leur suppression par les autorités. Si cela ne signifie pas que ces résultats soient simplement reproductibles via l’interface utilisateur du moteur de recherche, ce constat fait écho au récent article des universitaires Sarah Morgan, Sophie J. Nightingale et Hany Farid, dans lequel ces derniers pointent les dysfonctionnements du déréférencement de contenu illégal par des acteurs comme Google, Cloudflare ou Namecheap.

Aux traditionnels appels à mettre des garde-fous en place dans les systèmes d’IA, pour les empêcher de générer des contenus non consentis, et à étendre le recours à la norme C2PA, qui permet de tracer les contenus, Agora Digitale Transformation enjoint donc à travailler sur la persistance des index de recherche. Tant que ceux-ci continuent de lier des noms de personnes réels à des contenus sexistes ou sexuels, quand bien même devenus inaccessibles, ils participent à perpétuer dans le temps les risques réputationnels et les éventuels effets psychologiques subis par les victimes.

Plus qu’à la multiplication de législation, l’ONG appelle enfin à mettre en œuvre les textes déjà existants. Aux Pays-Bas, par exemple, il n’existe pas de lois visant spécifiquement les deepfakes, mais ceux-ci sont activement poursuivis en s’appuyant sur des textes plus généraux, relatifs aux manipulations d’images ou à la protection de la vie privée. L’enjeu est d’autant plus important que dans divers pays, dont la France, les échéances électorales approchant risquent de multiplier les cas de manipulation de l’image de personnalités politiques.

☕️ Le navigateur Orion pour Mac abandonne ses versions Linux et Windows

5 octobre 2026 à 10:04


Orion est un navigateur conçu d’abord pour macOS. Après une version 1.0 sortie en novembre 2025 et une 1.1 en juin, Orion s’est fait un petit nom dans le domaine des butineurs.

Orion est bâti autour de WebKit, le moteur utilisé par Safari, avec l’idée bien sûr d’une intégration poussée dans l’écosystème Apple. L’équipe de développement met largement l’accent sur la vie privée : aucune télémétrie par défaut, un blocage intégré des traqueurs et publicités, des fonctions avancées comme des conteneurs multi-comptes, ou encore la compatibilité avec les extensions Chrome et Firefox. Celle-ci n’est pas toujours parfaite, mais elle a le mérite d’exister.

Il était également prévu qu’Orion arrive sur Linux et Windows, mais les plans ont changé. Dans un billet daté du 2 octobre, son éditeur Kagi renonce en effet à ces versions. La raison principale est la petite taille de l’équipe face au défi immense de maintenir trois bases de code. Contrairement à Chromium, WebKit n’a pas l’avantage d’être « prêt à l’emploi » sur plusieurs plateformes.

Screenshot

En conséquence, la bêta actuelle pour Linux ne sera plus mise à jour, même si on peut encore l’utiliser. La version Windows, qui devait sortir avant la fin de l’année, est elle aussi abandonnée. Kagi promet que tout le code travaillé pour ces deux plateformes sera prochainement rendu open source, afin que la communauté le récupère si elle souhaite poursuivre le travail de son côté. Des détails seront publiés au cours des 30 prochains jours à ce sujet.

L’éditeur évoque en outre des craintes de certains utilisateurs, selon lesquelles la société pourrait se disperser en tentant l’aventure du multiplateforme. L’entreprise semble donc leur donner raison et annonce que les versions macOS et iOS seront désormais les seules : « L’équipe et les ressources réparties sur les plateformes se concentrent à rendre Orion plus rapide, plus stable [et avec plus de capacités] sur les appareils Apple. Attendez-vous à des améliorations régulières dans les mois à venir ».

☕️ Sept ans après son lancement, la NVIDIA Shield TV Pro voit son prix grimper à 299 euros

5 octobre 2026 à 09:56


Toujours vaillante en dépit de son architecture vieille de dix ans, la console NVIDIA Shield TV compte au rang des nouvelles victimes des tensions liées à l’approvisionnement en mémoire provoquées par la course à l’IA.

NVIDIA, qui ne commercialise plus que la version Shield TV Pro, lancée en 2019, vient en effet de majorer son prix de 100 dollars aux États-Unis, comme l’a remarqué Ars Technica. Initialement facturé 199,99 dollars, le boîtier est désormais affiché au prix public de 299,99 dollars, soit une hausse brutale de 50 %.

Un porte-parole de l’entreprise a confirmé le changement de prix, acté au 2 octobre. Sans surprise, il invoque l’augmentation générale du coût des composants, qui affecte toute l’industrie.

Le changement a été répercuté au niveau européen, constate iGeneration : le site de NVIDIA référence désormais le boîtier à 299 euros, alors que la plupart des revendeurs l’affichaient, ou l’affichent encore, à son précédent tarif de 220 euros.

Bien qu’en rupture de stock, la Shield TV Pro voit son prix s’envoler de 80 euros – capture d’écran

Bien que la Shield soit toujours suivie sur le plan logiciel par NVIDIA, on peut toutefois observer que la console est affichée en rupture de stock chez le fabricant, mais aussi chez la plupart des revendeurs, des deux côtés de l’Atlantique.

Pourquoi dans ce contexte réviser son prix à la hausse, alors même que la production de nouvelles Shield ne semble pas être une priorité ? « Augmenter son prix de 50% permet à la fois de ne pas inciter les gens à l’achat et donc d’éloigner la pression d’un éventuel revendeur réclamant des stocks. Tout en couvrant le coût de production en cas de demande » analyse Pierre Lecourt de Minimachines.

La Shield TV Pro embarque pour mémoire une puce Tegra X1 avec 3 Go de mémoire vive et associée, dans la version lancée en 2019, à 16 Go de stockage sur mémoire flash (le modèle initial embarquait un disque dur de 500 Go).

Si l’offre en matière de boîtier TV sous Android s’est largement développée depuis, la Shield a connu un certain succès (voire un succès certain) pour ses capacités à avaler sans broncher les vidéos 4K, servies par exemple depuis un NAS ou un serveur domestique, avec prise en charge du Dolby Vision et du HDR10.

☕️ Android : la vérification des développeurs tiers débute dans quatre pays

5 octobre 2026 à 09:44


En mars 2026, Google a annoncé de profondes modifications pour le « sideloading » des applications sur Android. Le sideloading désigne la possibilité d’installer des applications en passant par d’autres moyens que le Play Store ou même les boutiques tierces. C’est une marque de fabrique d’Android jusqu’ici et un facteur de différenciation face à l’iPhone et son « jardin fortifié ».

Les annonces de Google n’enterraient pas le sideloading. En revanche, les règles allaient être bouleversées, et plusieurs sont entrées en vigueur le 30 septembre dans quatre pays : Brésil, Indonésie, Singapour et Thailande.

Sur les appareils encore supportés et disposant d’Android 7 ou d’une version ultérieure, les applications distribuées via les boutiques participantes doivent avoir un développeur vérifié. Traduction : une personne enregistrée auprès de Google, avec ses coordonnées et une preuve d’identité, généralement le scan d’une pièce d’identité officielle. C’est ce programme, Android Developer Verification, qui est entré en vigueur il y a quelques jours.

Si cette vérification est limitée à quatre pays, Google a annoncé que la généralisation aura lieu en 2027 pour l’ensemble des marchés. Le mécanisme de vérification n’appose pas seulement un badge de vérification, il lie l’identité du développeur à ses applications et ses clés de signature. Pour Google, c’est une question de traçabilité et de sécurité.

Quand la transition sera terminée, le sideloading deviendra nettement plus complexe. Quand vous souhaiterez installer une application récupérée depuis un site, sans passer par une boutique, il faudra en effet activer le mode Développeur dans les options de l’appareil.

Ensuite, après un redémarrage, Google réclamera un délai de 24 heures. Comment l’entreprise justifie-t-elle ce délai ? Par la nécessité de lutter contre les arnaques reposant sur l’ingénierie sociale et la pression en temps réel. Précisons que le délai n’intervient qu’une fois pour toutes les installations, pas pour chacune. En outre, ADB (Android Debug Bridge) reste en place pour les développeurs.

Source : Google

Si cette mesure casse en effet certains scénarios malveillants, elle risque d’avoir un impact lourd pour les boutiques non agréées et le sideloading en général, car la motivation peut vite disparaître devant une telle procédure. La liste initiale des boutiques agréées comprend le Play Store, le Galaxy Store, l’App Market d’HONOR, l’App Market d’OPPO, GetApps de Xiaomi, le V-Appstore de Vivo et le Palm Store de Transsion. Notons que la vérification des développeurs n’est pas forcément un gage de sécurité.

Ce changement fait partie d’un mouvement plus large de restrictions autour d’Android. Google semble en effet serrer la vis sur de nombreux aspects, plusieurs étant pointés du doigt par GrapheneOS, qui critique largement les changements intervenus dans la gestion des correctifs pour AOSP (Android Open Source Program).

Facturation électronique : fuite d’informations chez VosFactures à cause d’un prestataire

5 octobre 2026 à 09:09
Quelque part en Pologne
Facturation électronique : fuite d’informations chez VosFactures à cause d’un prestataire

Alors que l’obligation de facturation électronique est entrée en vigueur le 1ᵉʳ septembre, une première plateforme agréée annonce une fuite de données. Elle n’a pas été directement attaquée, la brèche venant d’un prestataire polonais. Le problème a cependant été assez sérieux pour que l’administration coupe temporairement ses échanges avec la plateforme.

Une plateforme agréée par l’État, VosFactures, a vu une partie des données de ses utilisateurs consultée après le piratage de son prestataire polonais Fakturownia. L’intrusion a été détectée le 27 septembre et l’accès a été coupé le 28. Le lendemain, la plateforme VosFactures a été avertie. Les 500 000 clients que revendique la plateforme ont alors commencé à être contactés.

Dans le courrier envoyé, affiché par FuitesInfos, on apprend qu’une « personne non autorisée » est parvenue à exploiter une vulnérabilité dans un mécanisme de génération de fichiers PDF à partir de modèles de factures. Cette exploitation a ensuite permis au pirate d’accéder à certains fichiers de configuration sur des serveurs du prestataire, dont des clés applicatives et des identifiants. À partir de ces informations, le pirate a réussi à déclencher des commandes arbitraires sur plusieurs serveurs applicatifs et à accéder à une copie miroir de la base de données de production.

Dans le courrier, VosFactures insiste sur plusieurs points, dont le fait que ses serveurs n’ont pas été directement attaqués. « Toutefois, certaines données relatives aux utilisateurs de VosFactures étaient traitées par ce prestataire dans le cadre de la fourniture de services techniques à FACTUALI SAS [l’opérateur de VosFactures, ndlr]. Une personne non autorisée a ainsi pu accéder à certaines données relatives aux comptes VosFactures, au clients et fournisseurs de nos utilisateurs ainsi qu’à une partie des documents générés au moyen du service », indique la plateforme dans ses e-mails.

L’entreprise rappelle également que sa propre infrastructure bénéficie de la qualification SecNumCloud de l’ANSSI, rappelant ses obligations en matière de protection des systèmes, de sécurité des données et de maitrise de leur hébergement. « À ce stade, aucun élément dont nous disposons ne révèle une compromission directe de l’environnement SecNumCloud propre à FACTUALI SAS », ajoute le courriel.

Une portée des risques encore floue

VosFactures prévient des risques habituels dans ce type de cas : les éternelles tentatives d’hameçonnage (phishing) par e-mail ou SMS, d’usurpation d’identité, de fraude au changement de coordonnées bancaires ou aux faux fournisseurs, d’accès non autorisé à d’autres services en cas de réutilisation du même mot de passe, ou encore de prise de contact frauduleuse en se faisant passer par VosFactures. Sans surprise, la plateforme recommande la plus grande prudence, avec les règles élémentaires d’hygiène numérique.

Selon FuitesInfos, l’entreprise a envoyé un deuxième e-mail pour avertir que l’ensemble des codes API fournis jusqu’à présent étaient invalidés au 1ᵉʳ octobre. Pour les clients concernés, cela signifie une rupture dans les intégrations, par exemple dans des logiciels de comptabilité. Il faut donc générer de nouveaux codes et mettre à jour les connexions concernées.

Fakturownia a également communiqué sur l’incident le 1ᵉʳ octobre, l’entreprise polonaise indiquant elle aussi avoir contacté ses clients, corrigé la faille et averti le Bureau de protection des données personnelles et le CERT polonais. Toutefois, les données dérobées sont beaucoup plus nombreuses chez le prestataire, avec notamment les mots de passe hachés, les numéros IBAN, le détail des factures ou encore les historiques des paiements. Les courriels de VosFactures étant peu précis sur ce point, nous avons contacté l’entreprise pour obtenir plus de détails et mettrons à jour cette actualité en cas de réponse.

Selon la presse polonaise, un pirate se faisant appeler Fingerprint a revendiqué l’attaque. Il dit être en possession d’une base de données de 6 To, mais ce chiffre n’a pas pu être vérifié.

Suspension temporaire des échanges avec l’AIFE

L’information a en tout cas fortement déplu à l’AIFE, l’Agence pour l’informatique financière de l’État. Sur son portail Chorus Pro (service de réception des factures fournisseurs pour les administrations publiques), on peut voir encore à l’heure actuelle un bandeau rouge. Il a été mis en place le 1ᵉʳ octobre pour avertir d’une suspension provisoire des échanges entre la plateforme agréée concernée et l’AIFE.

« À l’issue de l’examen des éléments techniques communiqués par la PA concernant cet incident, il apparaît que la situation opérationnelle des services de la PA et les mesures de sécurité prises ne justifient pas le maintien de la suspension. Les échanges entre la PA et les services opérés par l’AIFE ont donc été rétablis et restent naturellement sous surveillance comme pour l’ensemble des partenaires », indique cependant le bandeau, mis à jour pendant le week-end.

L’information tombe mal quoi qu’il en soit. L’arrivée de la facturation électronique ne s’est pas faite en douceur, de nombreuses petites entreprises se sentant lésées par ce passage forcé. L’obligation augmente mécaniquement la pression sur la sécurité des données puisque toute entreprise doit passer par l’une des plateformes agréées, dont la liste est fournie par le ministère de l’Économie et des Finances.

Donald Trump nomme un tsar de l’IA et crée une Super Intelligence Force

5 octobre 2026 à 08:41
Epilation requise
Bruxelles cherche à taxer les grandes entreprises américaines du numérique sans les nommer

Donald Trump a annoncé dimanche que Jay Clayton, directeur du renseignement national, devenait son nouveau tsar de l’IA, en charge du pilotage d’une nouvelle Super Intelligence Force (SIF). Cette dernière est chargée de rendre d’ici 120 jours un rapport sur les risques et les opportunités de l’intelligence artificielle.

Nommé directeur du renseignement national en juin dernier, Jay Clayton vient de gagner une nouvelle casquette : celle de « tsar de l’IA », c’est-à-dire conseiller spécial du président des États-Unis sur les sujets liés à l’intelligence artificielle.

À ce titre, qui se cumule à ses fonctions de supervision du renseignement à l’échelle nationale, Jay Clayton se voit confier le pilotage d’une mission baptisée Super Intelligence Force, ou SIF, chargée de coordonner l’action fédérale en matière d’encadrement et de développement de l’intelligence artificielle, que Donald Trump préfère désormais appeler « super intelligence ».

Une Super Intelligence Force pour coordonner l’action fédérale

Trump a annoncé la création de cette nouvelle entité dimanche sur son réseau social :

« La Super Intelligence Force a pour mission de coordonner les efforts du gouvernement fédéral afin de garantir que l’Amérique conserve son leadership mondial dans le domaine de la super intelligence, considéré par beaucoup comme plus important que la révolution industrielle et Internet, et qui protégera les intérêts et améliorera la vie de tous les Américains ».

Pour conduire cette mission, Jay Clayton sera entouré de trois vice-présidents : Andrew Ferguson, patron de la FTC (droit des consommateurs) ; Scott Kupor, le directeur de l’Office of Personnel Management, l’agence fédérale chargée de la fonction publique ; et Emil Michael, sous-secrétaire à la Défense chargé de la recherche et de l’ingénierie. Le quatuor rendra compte directement au président des États-Unis (« MOI! », écrit Trump) et à sa cheffe de cabinet, Susie Wiles.

Jay Clayton avait révélé le projet quelques heures plus tôt au Wall Street Journal. Il précise à ce dernier disposer d’une fenêtre de 120 jours pour formuler ses premières recommandations, extensible en cas de besoin.

Consulté par le quotidien économique, le document qui sert de socle à la création de la SIF prévoit que ce comité travaille à « des plans de réponse aux menaces que les technologies de l’information permettent de faire peser sur notre société, tout en prévenant la surréglementation et la mainmise des autorités sur le système, qui étoufferaient l’innovation et la concurrence ».

Il évoque notamment un modèle d’évaluation des risques élaboré en coordination avec les entreprises du secteur, un peu sur le modèle de ce que font déjà la SEC, le gendarme de la bourse, et la Réserve fédérale dans le domaine financier.

Rassurer sans réguler ?

En pratique, ce sont donc les acteurs de l’IA qui seront chargés de concevoir les outils dédiés à cette gestion du risque, la task force intervenant à la fois comme un interlocuteur et comme une courroie de transmission vers d’éventuelles actions gouvernementales ou fédérales visant à prévenir les risques en question. Autrement dit, la Super Intelligence Force n’a rien d’un régulateur : son rôle devrait se borner à la formulation de recommandations à l’issue de la fenêtre initiale de 120 jours.

Cette capacité d’intervention limitée s’inscrit dans le prolongement des annonces formulées par Donald Trump à l’issue d’un dîner organisé le 29 septembre avec les dirigeants des principales entreprises d’IA des États-Unis. La rencontre a abouti sur la signature d’un accord non contraignant, selon lequel les acteurs du secteur s’engagent à mettre en œuvre des contrôles renforcés pour surveiller les risques soulevés par leurs modèles de pointe et à ouvrir leurs portes à des auditeurs externes.

Tout ça pour ça ? S’il maintient qu’il ne faut pas réguler le secteur, notamment pour que les États-Unis conservent leur rang dans la course à l’IA de pointe face à la Chine, Trump admet peut-être à demi-mots que l’opinion publique américaine a besoin de garanties quant à une forme de contrôle gouvernemental sur le développement du secteur.

D’après le Wall Street Journal, plusieurs de ses conseillers, dont sa cheffe de cabinet Susie Wiles et le secrétaire au Trésor Scott Bessent défendent cette idée, notamment pour contrer l’impopularité grandissante de l’IA aux États-Unis.

Cette dernière s’incarne au niveau local par les protestations contre l’implantation de nouveaux datacenters, devenues un véritable sujet électoral, mais elle infuse aussi plus largement, avec des craintes liées à la cybersécurité, ou à l’avènement de nouvelles formes d’attaques (chimiques, biologiques, etc.), elles-mêmes alimentées par le marketing de la peur des entreprises d’IA.

En attendant de voir si la création du SIF rassure l’électeur moyen, la double casquette de Jay Clayton risque de réveiller certaines défiances chez les défenseurs de la vie privée, remarque Politico : treize ans après les révélations d’Edward Snowden, elle crée en effet une proximité inédite entre renseignement national et politique fédérale en matière d’IA.

❌