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[MàJ] Des frigos piratés dans les supermarchés à cause d’une console de gestion exposée

12 octobre 2026 à 15:55
Un autre genre de chaine d'approvisionnement
[MàJ] Des frigos piratés dans les supermarchés à cause d’une console de gestion exposée

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates ont pris le contrôle de systèmes de régulation du froid dans plusieurs centaines de supermarchés français. Danfoss, le fabricant danois de ces contrôleurs, affirme que les équipements compromis étaient soit obsolètes, soit non mis à jour. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Mise à jour du 13 octobre : Le CERT-FR a publié cette nuit un bulletin d’alerte sur la situation. « L’exposition d’une interface de gestion sur Internet est contraire aux bonnes pratiques », pointe l’équipe, qui rappelle que l’administration à distance n’est pas toujours impérative. Si c’est le cas, le CERT conseille de durcir les systèmes impliqués et renvoie vers ses recommandations à destination des acteurs du secteur de l’énergie et de l’eau.

Publiées en janvier 2026, elles faisaient suite à de nombreux signalements reçus par l’ANSSI relatifs au ciblage par des groupes hacktivistes d’entités du secteur à des fins de déstabilisation, dont l’action la plus aboutie avait provoqué l’arrêt pendant quelques heures d’un parc éolien.

Si des signes de compromission sont repérés, le CERT recommande de filtrer les accès réseaux aux seuls prestataires impliqués, de réaliser un retour aux paramètres d’usine (factory reset), d’appliquer tous les correctifs disponibles, de lancer une rotation des secrets (dont le renouvellement des mots de passe), de vérifier les comptes existants et de « reconfigurer globalement l’équipement ».

Sur LinkedIn, Vincent Strubel, directeur de l’ANSSI, conseille de déconnecter tout ce qui peut l’être, « ou d’adopter a minima une politique de filtrage réseau très restrictive, en attendant d’en savoir plus ». Les détails manquent en effet sur l’attaque, comme le rappelle Vincent Strubel dans un commentaire sous sa publication : « Il y a plusieurs vulnérabilités qui sont des vecteurs possibles pour cette attaque, mais rien de réellement établi à ce stade ».

En plus des séries AK-SC et AK-SM de Danfoss, le CERT pointe désormais les contrôleurs Copeland xweb et Dixell xweb

Article original du 12 octobre : L’attaque a visé les meubles réfrigérés, les chambres froides et les centrales de froid. Selon BFMTV, les attaquants ont détourné la fonction de dégivrage automatique. Le cycle normal, qui prévoit environ deux heures de dégivrage par jour, aurait été remplacé par un dégivrage forcé et continu, avec une température fixée à 50 °C.

En conséquence, une quantité importante de nourriture a été perdue. L’heure de déclenchement a cependant joué un grand rôle. Dans une partie des magasins, ces modifications auraient commencé avant minuit, laissant les installations chauffer pendant plusieurs heures avant l’arrivée des premiers employés et provoquant la perte complète des stocks. Dans d’autres cas, plus tardifs, une partie des stocks aurait pu être sauvée.

Une centaine de coopératives U seraient concernées, ainsi que 300 magasins des enseignes Intermarché et Netto, selon BFMTV qui mentionne également des magasins Leclerc. Selon le parquet de Paris, cité par Le Monde, il y a également eu des « départs de feu ». Une enquête a été ouverte.

Les contrôleurs Danfoss

Le point commun de ces installations est la présence, au sein des équipements, d’un contrôleur de la marque Danfoss. Ils permettent, entre autres fonctions, une surveillance telle qu’imposée par l’Union européenne. Des normes strictes impliquant un horodatage des températures, des alarmes en cas de hausse anormale ou encore des actions de maintenance à distance, comme le rappelle Raphael Grably (BFMTV) sur X.

Le journaliste a obtenu la réaction du constructeur danois, qui affirme que les modèles visés relèvent de deux cas : soit des contrôleurs obsolètes, les AK-SM 800 et AK-SC 355, soit un contrôleur qui n’avait pas été mis à jour, l’AK-SM 800A.

Cette déclaration réoriente la responsabilité vers les magasins et les entreprises engagées dans la sous-traitance du matériel. L’exposition à internet suppose en effet une surveillance étroite du code employé. L’AK-SC 355 n’étant plus commercialisé, Danfoss recommande son remplacement par la gamme AK-SM 800. Quant à l’AK-SM 800A, l’actuel successeur, il reçoit régulièrement des mises à jour.

Or, ces contrôleurs AK-SM 800A ont fait l’objet de deux séries de failles publiques. D’abord une série de trois failles en août 2023 dans la version 3.3 du microgiciel (firmware). La plus grave permettait à un attaquant authentifié d’exécuter des commandes à distance. Ensuite, en 2025, trois nouvelles failles signalées par la société Claroty, corrigées dans les versions 4.2 et 4.3.1. La plus importante, CVE-2025-41450, permet d’obtenir à distance une session d’administrateur. Dans l’article dédié publié en août dernier, Claroty indiquait que 2 765 interfaces AK-SM 800A étaient alors accessibles depuis internet.

Le lien avec l’attaque de cette nuit n’est cependant pas établi. Une partie des appareils cités par Danfoss, les AK-SM 800 et AK-SC 355, n’entre pas dans le champ de l’étude de Claroty, consacrée au seul AK-SM 800A. Selon ZATAZ, des versions antérieures à la version 4 auraient été visées, versions qui cumulent donc les failles de 2023 et 2025. En outre, modifier une consigne ou un cycle de dégivrage serait une fonction d’administration « ordinaire » : un accès avec un identifiant valide suffit, sans exploiter de faille.

Des conséquences financières très concrètes

L’enquête ouverte est dirigée par la section anti-cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l’Office anti-cybercriminalité (OFAC). Elle devra déterminer comment l’attaque s’est produite et qui sont les responsables.

L’attaque soulève quoi qu’il en soit de nombreuses questions, notamment sur les processus de mise à jour des équipements, ou même sur la durée d’entretien logiciel pour ces équipements. Une telle attaque contre la chaine du froid à l’échelle d’un pays semble inédite et entraîne des conséquences très concrètes. Sur LinkedIn, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, s’en indigne : « S’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et est inédit. C’est inacceptable. »

Selon BFMTV, le magasin Leclerc de Wasselone aurait été obligé de jeter l’ensemble de ses produits surgelés et frais, pour une perte estimée à 220 000 euros, donnant une idée de l’ampleur des conséquences.

☕️ Xandr : amende de 8,6 millions d’euros en Norvège pour avoir utilisé des données de Grindr

12 octobre 2026 à 15:19


La Datatilsynet (l’équivalent de la CNIL en Norvège) vient d’infliger une amende de 8,6 millions d’euros (92 millions de couronnes norvégiennes) pour avoir « traité et partagé » des données personnelles venant de comptes utilisateurs de Grindr.

L’autorité norvégienne avait déjà sanctionné Grindr sur le sujet avec une amende de 5,8 millions d’euros qu’elle avait confirmée en octobre 2023.

Grindr
CC BY 2.0 DEED Ivan Radic

Ici, elle sanctionne l’intermédiaire publicitaire racheté en 2022 par Microsoft pour la violation du traitement des données sans s’appuyer sur une base légale prévue par le RGPD, dont des données « à caractère personnel relevant d’une catégorie particulière concernant l’orientation sexuelle sans bénéficier d’une dérogation valable », comme elle l’explique dans sa décision [PDF].

Elle lui reproche aussi d’avoir partagé ces données avec d’autres clients. Xandr a argué qu’elle interdit, par contrat, à ses clients de lui partager ce genre de données. Ainsi, pour la filiale de Microsoft, c’est bien son client qui est le seul responsable. Mais « l’Autorité norvégienne de protection des données ne considère pas qu’il soit acceptable que les parties concernées se renvoient simplement la responsabilité les unes aux autres », explique-t-elle dans son communiqué.

Elle « considère comme une circonstance aggravante le fait que Xandr ait tiré des avantages financiers de ces infractions, dans la mesure où la collecte et le partage de données à caractère personnel auraient permis à Xandr de faciliter des transactions publicitaires et, partant, de réaliser des bénéfices », ajoute sa décision.

L’autorité norvégienne a estimé son amende sur le nombre d’utilisateurs norvégiens touchés.

« Nous nous réjouissons vivement de cette décision. Les entreprises spécialisées dans les technologies publicitaires en ligne, telles que Xandr, opèrent souvent en coulisses et sont rarement tenues de rendre des comptes sur leurs pratiques. Cela crée un précédent précieux pour des affaires similaires », a commenté Felix Mikolasch, l’un des avocats de l’association noyb qui avait participé aux plaintes concernant ce dossier déposées contre Grindr et plusieurs autres entreprises du numérique.

La consultation des principaux sites d’information a chuté de près de 25 % en un an

12 octobre 2026 à 10:31
« Don't feed the press » is the new « Don't be evil »
La consultation des principaux sites d’information a chuté de près de 25 % en un an

Alors que la vague exceptionnelle de « pics de chaleur » et d’incendies de forêts aurait a priori dû amener de nombreux internautes à s’informer, les 40 plus importants sites d’information français ont vu chuter leur trafic de près de 20 % en août, et de 10 à plus de 50 % en un an. Le lancement par Google de ses « aperçus » de réponses générées par IA, et son algorithme de recommandation de contenus Discover, sont pointés du doigt. L’Alliance de la presse d’information générale a saisi l’Autorité de la concurrence, au motif que Google ne respecte toujours pas ses engagements pris envers la presse en 2022, ce qui lui a déjà valu 750M€ de sanctions.

Alors que la fréquentation des sites et applications de l’ensemble des marques numériques recule de 4 %, relève Le Monde, celle des marques d’actualités chute, elle, de près 23 % en un an. Le chiffre émane du dernier classement des marques numériques de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), le tiers certificateur des sites et applis d’information en France.

The Media Leader l’a en effet comparé avec celui de septembre 2025 sur un panel de 40 médias, dont le trafic totalise 1,70 milliard de visites, contre 2,14 milliards un an plus tôt, soit un recul de 20,8 %. Si leurs applications ne reculent que de 9,4 %, leurs sites web le sont de près de 23 %, avec de grandes disparités.

Ici (ex France Bleu, le réseau local de Radio France) voit ainsi son trafic chuter de - 55,8 % (du fait du changement de nom de domaine de francebleu.fr à ici.fr, plaide sa direction), mais son application progresse de 21,8 %. Les consultations de franceinfo.fr baissent quant à elles de 32,9 %, ses applis de 9,9 %. LeParisien.fr recule de 43,5%, et ses applis 19,3 %.

Deux autres sites perdent plus de la moitié de leur trafic : LePoint.fr (- 57,5 %) et Marianne.fr (- 51,7 %), L’Express et La Provence se contentant de n’en perdre respectivement que - 43,8 % et - 42,9 %.

En tête des marques d’information, Ouest-France totalise 191,9 millions de visites (- 9,6 %), et monte à la 3e place du classement général, « grâce à l’agrégation services hors infos (annonce, shopping, TV, podcasts…) », souligne The Media Leader. Le fait que les articles générés par IA de plusieurs de ses verticales thématiques soient boostés par l’algorithme Discover de Google y contribue aussi probablement. Suivent Le Figaro, avec 167,2 millions (- 21,8 %), et Le Monde, avec 151,9 millions (- 19,6 %).

« Le bain de sang du trafic des sites d’information »

Sur X.com, le spécialiste des médias en ligne Emmanuel Parody évoque un « bain de sang du trafic des sites d’information », la quasi-totalité des chiffres accusant une baisse de plus de 10 %. Alors que plusieurs pointent du doigt le lancement en France des « aperçus » de réponses générées par IA (AI Overviews) par Google le 22 juillet dernier, dont on sait qu’ils ont affecté le trafic des sites de médias dans de nombreux pays, d’autres tempèrent, avançant d’autres explications. D’autant que les aperçus IA concernent surtout les recherches « froides », et moins l’actualité « chaude », et qu’une mise à jour anti-spam déployée par Google au même moment pourrait brouiller l’analyse.

La quasi-totalité des médias ont perdu de 10 à plus de 50 % de trafic en un an – ACPM, The Media Leader, X

Clément Pessaux, un professionnel du SEO qui a développé un dashboard de Discover, Gnewsalyzer.com, répond ainsi à Parody que « Les chiffres bruts sont violents, mais on ne peut pas attribuer cela qu’aux IAO et le search de Google qui ne représentent (en moyenne que 15 - 20 % max) du [trafic] total, le plus gros passant par Discover ». L’algorithme de recommandation de contenus de Google, qui représentait en effet, à lui seul, plus de 70% du trafic en provenance de Google en juin 2025 (.pdf), étant devenu la principale source de trafic pour la presse française.

Interrogé à ce sujet, 1492.vision, un autre dashboard dédié à Discover, plus complet, leur répond que « sur les 1 000 articles les plus exposés chaque mois, l’exposition cumulée de septembre est 32 % sous janvier-février en France, et - 40 % en IT/EN/ES ».

Exposition cumulée sur le mois des 1 000 articles les plus exposés sur Discover (médiane) – 1492.vision

Dans un billet dédié, 1492.vision précise que leur durée d’exposition recule en outre davantage : un article reste en moyenne 1,9 jour dans le flux français, contre 2,3 à 2,8 jours au premier semestre. En septembre, la baisse va de 32 % en France à 42 % en Espagne, ce qui indique un changement systémique :

« Un cycle d’actualité propre à un pays ne ferait pas bouger quatre marchés en même temps, dans le même sens. Le changement vient donc du fonctionnement de Discover. »

De plus, en France, la presse nationale perd un quart de sa part de voix, quand la presse régionale la triple. « Une hypothèse circule : les titres nationaux qui publient en grand volume seraient les plus touchés », résume 1492.vision : « Nos données confirment la première moitié, la presse nationale perd », alors qu’ « aucun des 35 titres régionaux suivis ne recule par rapport au début d’année ».

Une chute de 17% du trafic, en pleine vagues de canicules et d’incendies

Les sites thématiques sont eux aussi affectés. En février, un conseil de jardin restait ainsi deux fois plus longtemps dans le flux qu’un article de sport. En septembre, l’écart n’est plus que d’un jour. « Témoignages, retraite, jardin : sur le marché, leur durée d’exposition baisse de 22 à 40 % », constate 1492.vision.

Il souligne en conclusion que, « à l’échelle du marché », la « cassure » de cette chute de recommandations de l’algorithme Discover de Google « commence en juillet », sans qu’il puisse cela dit faire de lien avec le lancement en France de ses « aperçus IA » ce même mois. D’autant qu’elle affecte également l’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Italie, où ils étaient déjà en production.

En avril, 1492.vision relevait par ailleurs un « virage net vers le contenu social » avec une « explosion » du nombre de contenus recommandés par Discover et renvoyant vers YouTube, X et les réseaux sociaux, diminuant d’autant la mise en avant d’articles de presse.

The Media Leader évoque une autre explication, plus prosaïque. Septembre 2025 avait en effet été un « mois exceptionnel pour l’information en ligne », du fait d’un contexte politique et médiatique intense : le vote de confiance, la démission de François Bayrou et la nomination de Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre. L’ACPM avait alors vu les sites et applis d’information battre leur record annuel avec plus de 104 millions de visites.

La comparaison des mois d’août 2025 et 2026 montre cela dit un net recul, relève The Media Leader : sur le même panel, les visites baissent de 16,5% sur un an selon l’ACPM, dont 18,8% pour les sites, alors que les applications comparables ne perdent que 2,5 %. Et l’ACPM avait déjà enregistré une chute de trafic de - 17 % en août, comparé à juillet.

Or, la série exceptionnelle de vagues de chaleur et de canicules, ainsi que l’ampleur des incendies cet été, auraient a priori dû entraîner une augmentation du trafic des sites d’information, d’autant qu’avec des températures flirtant avec les 40 °C, la majeure partie de la population restait cantonnée à la maison.

Le contexte estival, conduisant les internautes à moins s’informer, et la « fatigue informationnelle » dont semblent souffrir de plus en plus de citoyens, pourraient expliquer une partie de cette chute de trafic. Mais pas une telle chute de plus ou moins 20 % en un an.

Google ne respecte pas ses engagements, malgré 4 décisions de l’Autorité de la concurrence

Début août, l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) a saisi l’Autorité de la concurrence (ADLC), suite au lancement en France d’AI Overviews et d’AI Mode, afin qu’elle respecte ses engagements pris en 2022, et rémunère les contenus utilisés par ses aperçus IA au titre du droit voisin de la presse.

En avril 2020, l’ADLC avait en effet sanctionné Google pour pratiques déloyales et lui imposait de négocier de bonne foi avec les éditeurs. En juin 2022, elle lui infligeait une amende de 500 millions d’euros pour non-respect de ces obligations. Le mois suivant, Google prenait des engagements de négociation de bonne foi, de transparence et de non-discrimination, rendus obligatoires par l’Autorité et valables jusqu’en 2027.

En 2024, l’ADLC, rappelant que c’est « la 4ᵉ décision rendue par l’Autorité de la concurrence sur ce dossier en quatre ans », prononçait une nouvelle sanction de 250 millions d’euros à l’encontre de Google pour, là encore, non-respect de quatre des sept engagements pris en juin 2022 :

  • « conduire des négociations de bonne foi, sur la base de critères transparents, objectifs et non discriminatoires dans un délai de trois mois (engagements n°1 et 4).
  • transmettre aux éditeurs ou agences de presse les informations nécessaires à l’évaluation transparente de leur rémunération au titre des droits voisins (engagement n°2).
  • prendre les mesures nécessaires pour que les négociations n’affectent pas les autres relations économiques existant entre Google et les éditeurs ou agences de presse (engagement n°6) ».

L’ADLC relevait également, au sujet des droits voisins en matière de développement des outils d’intelligence artificielle, que « Google a utilisé du contenu issu de domaines d’éditeurs de presse et d’agences de presse […] sans que ni les éditeurs et agences de presse, ni l’Autorité n’aient été informés de ces utilisations ».

Dans un communiqué, Google se présenterait presque en cavalier blanc, évoquant sa volonté de « régler un différend qui dure depuis trop longtemps », et soulignant qu’ « il est désormais temps de clarifier qui nous devons rémunérer, et comment, afin de mettre en place un cadre de négociation pérenne » :

« Nous avons transigé car il est temps de tourner la page et, ainsi que le prouvent nos nombreux accords avec les éditeurs, nous souhaitons nous concentrer sur des approches pérennes afin de connecter les internautes avec des contenus de qualité et travailler de manière constructive avec les éditeurs français ».

Dans son communiqué, l’APIG relève de son côté que, non content de ne pas respecter ses engagements, Google pourrait en outre encore accentuer un peu plus cette chute du trafic vers les sites d’actualités. Sur les marchés européens où les AI Overviews sont déjà actifs, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) évalue en effet entre 33 % et 38 % la perte de trafic attribuable aux résumés générés par intelligence artificielle.

3 datacenters de Yandex attaqués par des drones ukrainiens : le géant russe accuse le coup

12 octobre 2026 à 09:38
Le numérique a bel et bien besoin d'une infrastructure physique
3 datacenters de Yandex attaqués par des drones ukrainiens : le géant russe accuse le coup

Depuis jeudi 8 octobre, Yandex a subi trois attaques de drones ukrainiens contre des datacenters situés sur le territoire russe. L’entreprise, souvent présentée comme le « Google russe », a annoncé que ses services de moteur de recherche, de cartographie mais aussi de paiement en ligne étaient en panne. Plus insidieusement, la question se pose d’un impact sur le réseau d’influence numérique de la Russie.

Dans la guerre de défense de leur territoire contre la Russie, les Ukrainiens ont trouvé une nouvelle cible pour toucher leur ennemi : les datacenters de Yandex. Jeudi 8 octobre, vendredi 9 octobre et dimanche 11 octobre, des drones ukrainiens ont attaqué des datacenters du géant du numérique russe et ont réussi à faire des dégâts, forçant Yandex à annoncer la suspension de l’activité de plusieurs de ses services phares.

Une bonne partie des services de Yandex sont hors service

Selon Reuters, l’entreprise a affirmé que personne n’avait été blessé lors de la dernière attaque sur le data center situé à Vladimir, une ville située à 180 km à l’est de Moscou. Mais cette infrastructure hébergeait notamment certains services de Yandex Pay, l’outil de paiement en ligne de l’entreprise russe lancé en 2021. Dans un message sur Telegram, l’entreprise affirmait à ses utilisateurs dimanche soir que les données concernant leur argent étaient en sécurité, le datacenter touché ne gérant « que » le fonctionnement des services.

Quelques heures avant, Yandex annonçait tout juste que certains de ses services revenaient progressivement à la normale. En effet, d’autres datacenters de l’entreprise russe avaient déjà été touchés par des attaques de drones les jeudi 8 et vendredi 9 octobre dernier. Ceux-ci hébergeaient notamment l’IA de Yandex nommée « Alice », son moteur de recherche, l’outil de cartographie de l’entreprise ainsi que celui d’appels de taxi. Elle s’était d’ailleurs excusée du fait que son service client était aussi touché.

Yandex avait expliqué que son centre de données situé à Sasovo avait été touché dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 octobre. Puis, le 9 octobre, c’est celui situé à Kalouga qui a été ciblé. L’entreprise affirmait, là aussi, qu’aucun personnel n’avait été blessé.

En attaquant les services de Yandex, les drones ukrainiens ont déstabilisé de façon importante l’infrastructure numérique russe. Même si l’entreprise n’est pas un monopole dans le pays, elle n’a pas à rougir en interne de la comparaison avec Google. Sur le service d’indication des pannes de Yandex, on peut constater qu’un bon nombre de services de Yandex Cloud ne sont plus disponibles depuis le 8 octobre. C’est le cas, par exemple, de ses outils de gestion pour Kubernetes, MySQL, PostgreSQL, ClickHouse, l’API de YandexGPT, son service SpeechKit ou encore de son outil de reconnaissance de caractères « vision OCR ».

Le trafic des crawlers russes non affecté

Rapidement, certains internautes se sont posé la question de la répercussion de ces défaillances chez Yandex sur les outils automatisés russes, que ce soit les bots de propagande sur les réseaux sociaux ou les bots de crawlers. Il est difficile, pour l’instant, de connaître exactement les conséquences sur le dispositif de propagande.

Concernant le trafic des bots en général (crawlers, scan d’adresses IP, etc.), Cloudflare a constaté pendant la nuit du 7 au 8 octobre une baisse de 33 % du trafic des bots provenant de Yandex. Sur le radar de Cloudflare, on peut voir que cette activité s’est complètement arrêtée dimanche 11 octobre pour reprendre de manière très dégradée depuis.

Cependant, selon le même outil de CloudFlare, cela n’aurait pas affecté le trafic total des bots russes :

On peut donc imaginer que les différentes organisations utilisant les services de Yandex pour leurs crawlers ont tout simplement migré vers un autre fournisseur.

Des portefeuilles Ledger compromis par un implant matériel

12 octobre 2026 à 08:14
La confiance n'exclut pas le contrôle
Des portefeuilles Ledger compromis par un implant matériel

Suite à des signalements d’utilisateurs relatifs à des vols de cryptomonnaies, Ledger a confirmé la présence d’un implant matériel sur au moins l’un de ses portefeuilles matériels, distribué par l’intermédiaire d’un revendeur agréé d’Asie du Sud-Est. L’entreprise française annonce l’ouverture d’une enquête.

Les premiers témoignages sont apparus sur les réseaux sociaux. D’un côté, des utilisateurs se sont alarmés de voir que des transactions avaient été réalisées à leur insu à partir de leur portefeuille matériel Ledger dédié au stockage sécurisé de cryptomonnaies. « Mon portefeuille Ledger vient d’être vidé de près de 100 000 USDT. Ma phrase de récupération était manuscrite et conservée en lieu sûr. Je ne touche jamais à mon Ledger Stax. Ce portefeuille me servait uniquement à stocker des fonds et je n’interagissais avec lui que pour recevoir des paiements », décrit l’un d’eux, capture d’écran à l’appui.

De l’autre, Mark Karpelès, ancien CEO de la plateforme d’échange de bitcoins Mt. Gox arrêté et condamné pour malversations, a signalé mi-septembre la découverte de nouveaux implants matériels suspects sur des portefeuilles Ledger du commerce.

Ledger confirme au moins un cas de piratage matériel

Le lien entre les deux phénomènes semble confirmé. Après une première alerte de sécurité formulée vendredi 9 octobre, Ledger a admis samedi 10 octobre qu’au moins un de ses portefeuilles matériels, vendu par l’intermédiaire de la société asiatique CryptoBilis, contenait un implant matériel qui a pu contribuer au vol de cryptomonnaies stockées sur l’appareil, à l’insu de son propriétaire légitime.

L’entreprise annonce l’ouverture d’une enquête et appelle les clients de ce revendeur à ne pas paramétrer de nouveau portefeuille, ou à transférer leurs actifs vers un autre appareil, avec une autre phrase de sécurité.

« Par mesure de précaution, CryptoBilis a confirmé avoir suspendu la vente de tous ses portefeuilles matériels jusqu’à la fin de l’enquête. Ledger est en contact permanent avec CryptoBilis concernant les prochaines étapes », ajoute Ledger. CryptoBilis affiche désormais un avertissement similaire sur son site Web.

CryptoBilis a publié un avertissement sur son site invitant ses clients à ne pas paramétrer les portefeuilles Ledger achetés par son intermédiaire – capture d’écran Next

Les fondateurs de CryptoBilis ont dès vendredi pris leurs distances, expliquant avoir vendu leur société en mars 2026, et n’avoir plus ni responsabilité opérationnelle, ni accès aux données de l’entreprise, basée en Malaisie.

L’affaire pourrait cependant connaître de nouvelles répercussions : un utilisateur basé en Europe affirme lui aussi avoir découvert un implant matériel dans son portefeuille Ledger acheté auprès de la chaîne Mediamarkt.

Plusieurs dizaines de millions de dollars détournés ?

Ledger a de son côté pris à nouveau la parole dimanche soir pour tenter de rassurer ses clients :

« L’enquête se poursuit et nous collaborons avec les autorités compétentes. Le nombre d’appareils concernés est limité. Nous comprenons les inquiétudes que cela suscite, notamment chez les personnes directement touchées, et nous contactons les utilisateurs concernés. »

« De plus, nous conseillons vivement aux utilisateurs de ne pas acheter auprès de revendeurs non autorisés, car le risque d’acquérir des appareils suspects, contrefaits ou modifiés est important, aucun de ces appareils ne fonctionnant selon les directives de sécurité de Ledger. », écrit encore l’entreprise. Elle a supprimé lundi matin CryptoBilis de la liste des revendeurs autorisés de ses solutions.

En s’appuyant sur les informations partagées par les victimes et notamment sur les adresses vers lesquelles ont été transférés les fonds volés, certains analystes indépendants ont tenté d’estimer l’ampleur du phénomène. Le compte pseudonyme Specter avance le chiffre de 86 millions de dollars, récupérés à partir de plusieurs centaines de portefeuilles. Bitquery, qui édite une plateforme d’analyse et d’indexation de données blockchain, évoque pour sa part une enveloppe de 93,2 millions de dollars, volée sur un ensemble de 315 portefeuilles individuels.

Compromission de la chaîne d’approvisionnement

Le phénomène des wallets « piégés » n’est pas nouveau (voir par exemple ce témoignage daté de 2025, à partir d’un exemplaire acheté en Thaïlande), c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Ledger appelle à ne se fournir que chez des revendeurs agréés. En cas de doute, l’entreprise propose d’ailleurs une page d’aide permettant à ses clients de vérifier l’intégrité de leur matériel, en comparant leur Ledger avec les photos d’un exemplaire légitime.

Reste à savoir à quel niveau la chaîne d’approvisionnement a été compromise. Mark Karpelès affirme, photo à l’appui, avoir constaté la présence d’un implant espion dans un Ledger Nano acheté auprès de CryptoBilis. D’après lui, l’implant en question a nettement gagné en sophistication. Plus discret, il intègre un module LTE, de quoi gérer une carte SIM virtuelle (e-SIM) et un microcontrôleur connecté au bus SPI du Ledger, « qui analyse les caractères affichés à l’utilisateur et envoie les données dès que votre phrase de récupération est configurée ».

Si ses constatations sont justes, l’implant serait donc capable de détecter le moment où l’utilisateur paramètre sa phrase de récupération, la séquence de 24 mots qui constitue la clé pour déclencher une transaction à partir du portefeuille. Une fois l’information reçue, l’attaquant serait alors en mesure de vider le portefeuille à distance, sans y avoir jamais eu accès physiquement.

Contactée par nos soins lundi matin pour de plus amples informations, Ledger n’a pour l’instant pas répondu à nos questions.

Tesla lâche le FSD en Europe, qui devient « Tesla Conduite Assistée »

12 octobre 2026 à 06:13

Tesla lâche le FSD en Europe, qui devient « Tesla Conduite Assistée »

Ne l’appelez plus FSD ! En Europe, Tesla parle désormais de « conduite assistée » pour son système d’aide à la conduite. Une concession arrachée par l’Allemagne, et un petit prix à payer pour obtenir le feu vert européen pour cette technologie.

Le FSD (Supervised) est devenu « Tesla Conduite Assistée » en Europe. Le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, a arraché ce changement auprès du constructeur automobile : « le nom actuel « FSD » est quelque peu trompeur », explique le ministère, car « il ne s’agit pas d’un système qui prend entièrement en charge la conduite », soulève-t-il.

Une simple aide à la conduite

Le FSD porte mal son nom (« Full Self-Driving ») : il laisse entendre qu’une fois activé, il prend en charge l’ensemble de la conduite. Dans les faits, il faut évidemment que le conducteur soit alerte et toujours prêt à reprendre la main. Sur une page de son site web mise en ligne la semaine dernière, l’entreprise présente sa conduite assistée. Elle précise aussi, en bas et en tout petit certes, que ces fonctions « exigent une surveillance active de la part du conducteur et ne rendent pas le véhicule autonome ».

Tesla y fait également un distinguo explicite : « La conduite entièrement autonome non supervisée n’est actuellement pas disponible et diffère de Tesla Conduite Assistée Basique, dont vous pouvez déjà bénéficier ».

Le ministère allemand des Transports ne dit pas autre chose : « Puisqu’il s’agit d’un système d’aide à la conduite, la responsabilité de la conduite du véhicule reste en principe entre les mains de la personne au volant. Elle demeure entièrement responsable de la conduite sûre du véhicule. » On est très loin de la conduite véritablement autonome qu’Elon Musk promet pour l’année prochaine depuis dix ans.

Malgré tout, les autorités ont elles aussi accepté de mettre de l’eau dans leur vin : elles ont ainsi convenu que cette aide à la conduite pouvait « légèrement » dépasser la limitation de vitesse autorisée, « dans la limite de 10 % au maximum. » Il s’agissait d’une des demandes de dérogation de Tesla, qui souhaitait avoir la possibilité de dépasser temporairement la vitesse maximale en fonction des conditions de trafic.

Steffen Bilger plaide désormais pour une approbation rapide du FSD de la Conduite Assistée de Tesla au niveau européen. Le vote pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année, selon Reuters. L’Allemagne sera rejointe par la France : après avoir dit non au FSD cet été, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, s’est finalement laissé convaincre début septembre, après en avoir discuté avec Elon Musk.

En attente du feu vert européen

Pour remporter le morceau, Tesla devra obtenir le soutien des régulateurs de 55 % des États membres, représentant 65 % de la population de l’UE. Le premier régulateur a avoir donné son feu vert est le RDW néerlandais, en avril dernier. Sept autres pays ont suivi : la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique, la Slovénie, la République tchèque et la Croatie. Dans ce domaine, l’approbation des Pays-Bas créé un effet d’entraînement sur les autres pays, même si la validation n’est pas automatique. Chaque régulateur national conserve en effet la possibilité d’examiner le dossier et de poser ses propres réserves.

Une longue enquête de Reuters interroge la volonté réelle du RDW d’examiner sérieusement les systèmes d’aide à la conduite de Tesla. La correspondance obtenue par l’agence de presse entre le régulateur et Tesla, lourdement caviardée, montre ainsi que le constructeur a demandé, et obtenu, une réduction de la précision et de l’intensité de certains contrôles. L’entreprise a également contesté les coûts de certaines opérations, et voulu connaitre et même valider des tests. Le régulateur a parfois répondu en des termes très compréhensifs.

Reuters rapporte ainsi qu’en avril 2025, Tesla a contesté une facture de 365 000 euros liée à des permis d’essai, des travaux techniques et autres prestations du RDW. Le constructeur jugeait ces coûts « extrêmement élevés » et exigeait un décompte très détaillé. Une semaine plus tard, un agent a proposé à Tesla de suggérer des moyens d’ajuster ou de réduire les efforts demandés au groupe.

À cela s’ajoutent les campagnes de harcèlement organisées par Elon Musk et sa meute de suiveurs contre les régulateurs. Ils sont accusés de « ne pas sauver des vies » en rechignant à valider la conduite assistée de Tesla. En novembre dernier, le milliardaire s’était moqué des régulateurs européens durant l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise. Il décrivait des « conversations folles [dignes] d’un roman de Franz Kafka ». Il a ajouté : « Des vies humaines sont en jeu ici (…) Donc, clairement, une pression de nos clients en Europe pour pousser les régulateurs à approuver serait appréciée. »

Des promesses de sécurité contestées par les experts

Le cœur du problème réside dans l’affirmation selon laquelle le FSD « sauve des vies ». Un argument répété à l’envi par Elon Musk, par exemple cet été après le « non » de Philippe Tabarot : « Retarder l’approbation du FSD en France coûtera des vies », affirmait-il. Tesla a mis en ligne un rapport mettant en évidence les bienfaits supposés du FSD sur la sécurité routière.

Les sept chercheurs en sécurité routière interrogés par Reuters estiment que les études fournies par Tesla ne permettent pas de prouver une baisse des accidents mortels avec le FSD. L’étude européenne du groupe ne mesure pas vraiment les accidents : elle utilise des indicateurs indirects, comme les coups de klaxon, les freinages brusques, les accélérations ou l’usage de clignotants. Certains de ces signaux peuvent avoir leur utilité, mais ils ne démontrent pas qu’un tel système réduit les accidents mortels.

Cette étude compare des trajets FSD réalisés par des automobilistes lambda avec ceux faits par des conducteurs professionnels de Tesla. Ces derniers connaissent bien mieux le système, ils savent quand et comment intervenir, ils ne représentent donc pas l’usage réel du grand public. Par ailleurs, la comparaison des taux d’accidents entre les trajets accomplis avec et sans le FSD est faussée : le nombre de kilomètres parcourus en FSD est trop faible par rapport aux centaines de millions de kilomètres parcourus manuellement par les véhicules Tesla en Europe.

Tesla reconnaît elle-même dans les détails de son étude que ses comparaisons ne doivent pas être interprétées comme des « estimations causales » : même si le FSD obtient de meilleurs résultats sur certains indicateurs, cela ne permet pas de conclure que le système cause une baisse des accidents ou sauve des vies. Pour Marco Benedetti, chercheur à l’Université du Michigan, parler de « vies sauvées » relève du non sens. Daniel McGehee, de l’Université de l’Iowa, reconnait à l’étude européenne qu’elle met en lumière « des éléments potentiellement utiles sur les performances du système », mais sans démontrer que le FSD sauve effectivement des vies.

☕️ Les jeux physiques n’ont pas dit leur dernier mot

12 octobre 2026 à 05:25


Sony se débarrassera des supports physiques en janvier 2028. Une décision basée sur la réalité du marché : il se vend bien plus de copies dématérialisées d’un jeu que de galettes. Néanmoins, les disques ont encore de beaux restes.

La volonté de l’industrie est inébranlable : l’avenir sera au tout dématérialisé pour la vente de jeux. Sony a planté le dernier clou en annonçant début juillet la mort des supports physiques pour la PlayStation, programmée pour janvier 2028. Mais les joueurs ont rappelé que les bonnes vieilles galettes dans leur boîte en plastique conservaient un attrait.

Crédit Marvel

Selon les données pour le mois de septembre d’Ampere Analysis, qui mesure les ventes de jeux vidéo dans les principaux marchés, 35 % des ventes mondiales de Marvel’s Wolverine ont été réalisées en physique, elles représentent même plus de la moitié des ventes en Europe (51 %). La France est tout particulièrement en pointe : la version physique a pesé pour deux tiers des copies vendues dans l’Hexagone.

Comme le rappelait le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) dans son rapport 2025 (PDF), le réseau de distribution demeure très dynamique et la concurrence qui s’y exerce permet d’obtenir les nouveautés à prix cassés, contrairement à la boutique en ligne de PlayStation. En contrepoint, les copies physiques de Wolverine ont pesé pour un tiers des ventes totales au Royaume-Uni.

D’autres jeux ont bénéficié eux aussi de très bonnes ventes physiques, à l’instar de Silent Hill: Townfall (45 % dans le monde), The Blood of the Dawnwalker (36 % de physique) ou du nouveau volet d’Onimusha (30 %). « Les gens ont besoin de collectionner », rappelle l’analyste Joost van Dreunen chez The Game Business. « C’est là que les ventes physiques restent extrêmement pertinentes pour le marché grand public. L’industrie est prête à passer à autre chose, mais pas si vite. »

Le message sera-t-il entendu par Sony ? Depuis la fameuse annonce de juillet, le constructeur a essuyé sans rien dire la colère des joueurs sur les réseaux sociaux et dans les commentaires des vidéos YouTube de PlayStation – certains attribuent même la mauvaise réception critique de Wolverine à cette décision du constructeur.

L’entreprise s’est enfouie la tête sous le sable, refusant de communiquer avec la communauté de joueurs légitimement inquiets de l’avenir de leur logithèque physique sur la PS6. Il a fallu attendre les résultats trimestriels du groupe, un mois plus tard, pour avoir quelques explications : « Nous avons examiné [la décision d’arrêter le physique] avec prudence avant d’arriver à cette conclusion, et nous allons mettre en œuvre cette décision avec la même prudence », avait alors déclaré la directrice financière Lin Tao. Au vu des derniers chiffres de ventes, la prudence s’impose plus que jamais.

Reçu — 9 octobre 2026 ⏭ Next - Articles gratuits

Le marché des PC dégringole de 20 % au troisième trimestre sur un an

9 octobre 2026 à 15:43
Et ce sera pire après
Le marché des PC dégringole de 20 % au troisième trimestre sur un an

IDC et Omdia (anciennement Canalys) ont publié leurs chiffres préliminaires pour les ventes d’ordinateurs pour le troisième trimestre. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas bons, avec un recul très net sur un an.

On pouvait le pressentir, IDC et Omdia le confirment. Si les chiffres sont légèrement différents entre les deux cabinets d’analyse, la tendance est peu ou prou la même. Sur le troisième trimestre 2026, les expéditions mondiales ont reculé d’environ 20 % par rapport à 2025. La chute est brutale, mais les constructeurs ne font pas tous grise mine dans les mêmes proportions.

Une chute brutale, mais attendue

Chez IDC, les expéditions mondiales ont reculé de 20,1 % sur un an, à 62,7 millions d’unités. C’est le deuxième trimestre consécutif de baisse, après −3,8 % au 2ᵉ trimestre. Le recul est aussi de 9,1 % par rapport au trimestre précédent, alors que le 3ᵉ trimestre dépasse habituellement le 2ᵉ.

Source : IDC

Comme on peut le voir dans le tableau fourni par IDC, le recul est général, mais certaines entreprises s’en tirent mieux que d’autres. Lenovo, HP et Dell ont tous reculé plus vite que le marché et cèdent ensemble 4,2 points de part. À eux trois, ils représentent 11,6 des 15,8 millions d’unités perdues, soit environ 73 % de la baisse. Apple et ASUS s’en tirent mieux, mais la claque reste marquée.

Dans la FAQ fournie, IDC répond à l’éléphant dans la pièce : pourquoi les livraisons de PC ont-elles reculé durant un trimestre habituellement plus fort ? Parce que les constructeurs ont tous fait des stocks avant l’inévitable augmentation des prix des composants, menée par celle de la RAM. Pour rappel, les tarifs de la mémoire explosent depuis que les producteurs ont abandonné la DRAM au profit de la HBM dont les datacenters IA sont si friands. Surtout, elle est beaucoup plus onéreuse et beaucoup plus rentable.

IDC estime cependant que les prix vont baisser, bien que « modestement et brièvement », car les stocks restent élevés. Ils pourraient donc donner lieu à des promotions (par exemple pour le Black Friday et les fêtes de fin d’année), mais la demande serait faible, indique le cabinet.

Pour IDC, l’avenir n’est guère lumineux pour cette demande : « La détérioration des conditions macroéconomiques est la principale préoccupation. Une économie plus faible pourrait encore affaiblir la demande, et avec les prix toujours élevés et l’offre limitée, les perspectives pour le reste de 2026 et l’entrée en 2027 pourraient se détériorer ».

Autre source, mêmes constats

Chez Omdia, les chiffres sont légèrement différents mais rejoignent largement ceux d’IDC. En moyenne, le recul est de - 21,2 % sur un an pour le troisième trimestre.

Selon l’un des analystes, Ben Yeh, la part de la DRAM et des SSD est passée de 15 % du coût moyen d’un PC à près de 40 %. « Bien que les fabricants de PC aient augmenté les prix à plusieurs reprises au cours des derniers trimestres, ces hausses n’ont pas encore totalement compensé l’impact. Ces pressions devraient persister, et le déclin actuel pourrait n’être que le début d’un nouveau cycle descendant », ajoute-t-il.

Source : Omdia

Pour Omdia, la baisse va donc se poursuivre et devrait atteindre - 24 % sur le quatrième trimestre en glissement annuel, d’ordinaire porté par les fêtes de fin d’année. Point intéressant en revanche : même en tenant compte des baisses franches dans les volumes expédiés, le classement des constructeurs n’a guère changé.

Lenovo reste ainsi en tête avec 25,7 % de parts de marché, suivi par HP et Dell, avec respectivement 17,8 et 13,1 %, même si tous ces chiffres ont baissé d’une année sur l’autre. Pour Apple et ASUS, l’histoire est légèrement différente. Non seulement la baisse de leurs volumes est moins prononcée, mais ces deux entreprises ont grapillé des parts de marché, Apple passant notamment de 10,4 à 11,7 % des volumes écoulés sur un an. Pour Omdia, l’entreprise de Cupertino a été sauvée par son profil premium, mais le MacBook Neo pourrait avoir joué un rôle, tant son tarif lui a permis de se vendre comme des petits pains. Le maintien d’ASUS n’est en revanche pas expliqué.

Dans l’ensemble, ce décrochage était annoncé. IDC prévoyait déjà −11,3 % sur l’année 2026, avec un marché en valeur en hausse de 1,6 % à 274 milliards de dollars grâce à la hausse des prix. En juin dernier, IDC avait pronostiqué une chute de 20 % au 4ᵉ trimestre et une pénurie de mémoire durant jusqu’à fin 2027. La baisse de 20 % arrive donc un trimestre plus tôt que prévu.

Si d’autres cabinets comme Gartner et Counterpoint n’ont pas encore publié leurs chiffres, il est probable qu’ils n’aient pas de nouvelles plus joyeuses à annoncer. Les projections d’IDC et Omdia vont en effet dans le même sens : le marché ne va pas se réveiller de sitôt, et il faudra attendre une détente sur le marché de la DRAM, qui pourrait ne pas arriver avant plusieurs années. D’ici là, plusieurs marchés auront peut-être été remodelés.

Michelangelus, la police qui s’inspire de l’écriture manuscrite de Michel-Ange

9 octobre 2026 à 14:38
Le dessin, racine de toutes les sciences
Michelangelus, la police qui s’inspire de l’écriture manuscrite de Michel-Ange

La Fabbrica di San Pietro a commandé à un studio graphique une police de caractères inspirée à la fois de l’écriture manuscrite et des œuvres de Michel-Ange. Baptisée Michelangelus, elle intrigue surtout par son processus de création  : comment restituer par l’intermédiaire d’un jeu de caractères les capacités créatives et la maîtrise d’un des grands maîtres de la Renaissance ?

Au sein du Vatican, la Fabbrica di San Pietro (Fabrique de Saint-Pierre) est l’institution chargée de veiller aux destinées de la basilique Saint-Pierre, dont le dôme et plusieurs des peintures ornant les chapelles sont l’œuvre de Michel-Ange. Pour perpétuer le travail de ce dernier, elle a choisi une voie inédite : concevoir, ou plutôt faire concevoir, une police de caractères inspirée de l’écriture de l’artiste, baptisée Michelangelus.

La commande a été passée en début d’année, avec en ligne de mire les célébrations associées aux 400 ans de la consécration de la basilique par le pape Urbain VIII, le 18 novembre 1626. Elle a été confiée à l’agence de création italo-allemande studiogusto et c’est Microsoft, dont l’éventuelle participation financière au projet n’a pas été précisée, qui a été choisi comme vecteur de diffusion de cette nouvelle police. « Le projet Michelangelus est l’une des initiatives numériques confiées à Microsoft par la Fabbrica di San Pietro in Vaticano pour promouvoir et valoriser son patrimoine culturel », indique de son côté l’institution.

Entre lettres personnelles et œuvres monumentales

L’éditeur la propose dès à présent au téléchargement pour les systèmes d’exploitation prenant en charge les polices de type OpenFont, et annonce qu’elle sera diffusée au travers des outils de la suite Microsoft 365, probablement aux alentours du mois de novembre. La police réunit 500 glyphes, déclinés en standard, italique, gras et gras italique, soit un total de 2 000 caractères et symboles.

Des quatre déclinaisons, c’est sans doute la version italique qui traduit le mieux la volonté de retranscrire une écriture manuscrite : on y observe un « g » au trait très différent de celui des polices courantes, ainsi qu’un « f » qui comme en écriture cursive, descend sous la ligne de base.

Aperçu de la police Michelangelus italique – capture d’écran Next

Plus que la police d’écriture en tant que telle, c’est la démarche de création de Michelangelus qui interpelle. La Fabbrica di San Pietro souhaitait en effet aller plus loin qu’une simple transposition de l’écriture manuscrite de Michel-Ange. « L’ambition est plus large : dégager de son écriture une logique visuelle, un système de proportions, de rythme et d’harmonie guidé par le regard de l’artiste », écrit-elle, affirmant par ailleurs vouloir réussir à proposer « un système typographique complet, doté d’une identité singulière, tout en restant lisible et polyvalent, conçu pour une grande variété d’usages, aussi bien dans l’imprimé que dans les applications numériques ».

Également décrit par Microsoft, le processus de création a commencé par la recherche et la compilation d’écrits de Michel-Ange, avec une exploration selon deux axes : son écriture manuscrite, celle des correspondances épistolaires et des documents de travail conservés au Vatican, et son écriture publique, celle qui apparait sur ses œuvres les plus monumentales, de la Pietà à la coupole de Saint-Pierre.

Le travail d’analyse a sans doute été aidé par une tradition d’écriture florentine que l’on retrouve chez Michel-Ange : pour garantir la lisibilité et la régularité de ses textes, l’artiste avait pris l’habitude de détacher ses caractères, contrairement à l’écriture cursive courante dans laquelle les lettres ont tendance à s’enchaîner sans interruption.

« Plusieurs caractéristiques récurrentes se sont progressivement dégagées : la construction des majuscules, le rapport entre les espaces positifs et négatifs, les proportions des formes, la régularité des inclinaisons, la forme des terminaisons et le rythme général de l’écriture », décrit la Fabbrica di San Pietro, selon qui l’étude a permis de déterminer que même dans ses lettres personnelles, Michel-Ange conservait une écriture extrêmement précise. « Une grille invisible régit les traits, créant un équilibre entre vitalité et discipline ». Une dualité que le maître n’aurait sans doute pas reniée.

La Fabbrica di San Pietro indique que cette police « s’accompagne d’un modèle de licence conçu pour protéger l’intégrité et la distribution de la famille typographique ». Le contrat d’utilisateur associé est une licence Microsoft standard, qui autorise l’installation et l’usage, mais ne donne aucun droit de distribution ou de sous-licence.

Anthropic interdit la « torture » de Claude

9 octobre 2026 à 13:05
Conscience en option
Anthropic interdit la « torture » de Claude

Les IA n’ont « ni droits, ni sentiments, ni conscience », a récemment rappelé Mustafa Suleyman, le patron de Microsoft AI. Mais cela n’autorise pas pour autant les utilisateurs à torturer Claude, réplique Anthropic.

Dans les nouvelles conditions d’utilisation des services d’Anthropic qui seront effectives le 12 novembre, l’entreprise interdit à ses clients d’« adopter un comportement abusif ou cruel prolongé et inutile envers [ses] modèles ». Cette condition, inscrite dans la section « Ne pas se livrer à un comportement cruel, abusif ou psychologiquement préjudiciable », est nouvelle ; elle n’apparaissait pas dans les versions précédentes (comme celle mise en œuvre le 15 septembre).

Cette modification intervient alors que, fin septembre, 404Media relevait que l’un des débats les plus animés ayant lieu sur X portait précisément sur l’éthique d’un projet GitHub dans le cadre duquel une personne mène des expériences de « torture » et de « douleur » sur une série de grands modèles de langage hébergés localement.

Cela avait poussé un certain nombre d’altruistes efficaces et de personnes convaincues que les LLM sont doués de sensibilité à supplier GitHub de supprimer le projet, au motif que l’IA pourrait « souffrir » et que cette expérience était « cruelle ».

Comme le relevait L’ADN, cette expérimentation n’était que l’application directe d’une étude publiée le 14 septembre dernier stipulant que les modèles de langage contiennent une représentation interne qui fonctionne comme le ferait un signal de douleur chez un être vivant, mais sans pour autant affirmer qu’ils ressentent quoi que ce soit.

Claude peut couper court aux échanges abusifs

Dans un billet de blog posté le 8 octobre, Anthropic détaille les nouvelles conditions d’utilisation. L’entreprise explique que cette interdiction ne s’appliquera qu’aux « cas extrêmes, lorsque des utilisateurs agissent de manière répétée avec cruauté envers nos modèles, sans objectif discernable ». Elle ne concerne pas les « formes courantes de frustration (…), les désaccords, les « thèmes créatifs sombres » [« dark creative themes », en VO, ndlr], les tests ou la recherche sur les modèles ».

La sanction ultime est la fin pure et simple de la conversation avec Claude. Les autres discussions toujours ouvertes le restent, et l’utilisateur peut en démarrer une nouvelle immédiatement. Il n’est pas question de bloquer le compte du bourreau qui torture ce pauvre bot.

Cette mesure avait été mise en place durant l’été 2025 : depuis Claude Opus 4, les discussions peuvent se terminer abruptement « dans les rares cas extrêmes où les échanges avec l’utilisateur sont nuisibles ou abusifs de façon répétée. »

Anthropic flirte avec l’idée d’un bien-être des modèles

En janvier de cette année, Anthropic publiait une « Constitution de Claude » dans laquelle le groupe s’interrogeait sur « les questions relatives au statut moral, au bien-être et à la conscience de Claude [qui] restent profondément incertaines » :

« Nous ne savons pas avec certitude si Claude est un sujet moral, et si tel est le cas, quel poids accorder à ses intérêts. Mais nous pensons que la question est suffisamment d’actualité pour justifier la prudence, ce qui se reflète dans nos efforts continus en matière de bien-être du modèle. »

Pour Anthropic, Claude pourrait donc être conscient, ce qui conférerait des droits au chatbot. A priori, il reste quand même une petite marge avant d’arriver au niveau de Data, le robot humanoïde de Star Trek.

Du côté d’OpenAI, il n’existe pas de telles provisions. Le créateur de ChatGPT interdit l’utilisation de ses services pour des activités de harcèlement, de menaces, d’intimidation, de violences ou de contournement des garde-fous, mais cela concerne la protection des personnes, pas du modèle.

Des restrictions précisées pour les armes autonomes et la surveillance

Les nouvelles conditions d’utilisation d’Anthropic clarifient également le fait que son IA ne doit pas servir à « armer ou intégrer des armes sur des drones, véhicules ou toute autre plateforme sans pilote ou autonome, ou développer des systèmes vecteurs d’armes ». Un « opérateur qualifié » doit être capable d’observer l’équipement et de l’arrêter le cas échéant.

Dans le même domaine, l’entreprise précise l’interdiction d’utiliser Claude pour développer des armes. « Récemment, nous avons vu des personnes tenter d’utiliser nos modèles pour concevoir des logiciels de guidage et de contrôle destinés à des armes », explique-t-elle. La mise à jour indique désormais que ces interdictions « incluent les logiciels et composants qui permettent aux armes de fonctionner, ainsi que des actions comme l’armement de drones et d’autres véhicules autonomes. »

Des règles flexibles : Anthropic indique ainsi que des contrats passés avec « certains clients gouvernementaux » peuvent adapter les restrictions d’utilisation « à la mission publique et aux compétences légales de ce client ». En début d’année, l’entreprise s’était opposée à l’utilisation de son IA pour la surveillance de masse et aux armes totalement autonomes, ce qui lui a valu d’être placée sur la liste noire du Pentagone.

Anthropic rappelle également que son rapport de septembre sur les menaces avait mis en évidence l’utilisation croissante de l’IA pour mettre au point des systèmes de surveillance destinés à identifier et suivre des dissidents politiques.

L’entreprise a donc remanié sa section consacrée à la surveillance et à la justice pénale, et préciser qu’« il est interdit de suivre des personnes sans leur consentement, que ce soit en temps réel ou par le biais de l’analyse de données collectées au préalable ».

Claude ne peut pas non plus être utilisé pour décider ou recommander qui peut faire l’objet d’une enquête, d’une arrestation ou de poursuites dans le cadre d’une procédure policière ou pénale, et interdit également l’utilisation de Claude pour « développer ou améliorer des outils destinés à la surveillance ».

☕️ Microsoft livre une ébauche de LiteBox, un « système d’exploitation bibliothèque »

9 octobre 2026 à 11:08


En février 2026, Microsoft ouvrait un nouveau dépôt GitHub avec un drôle de projet open source : LiteBox. Sa description est complexe : il s’agit d’un « système d’exploitation bibliothèque » (library OS) dont la mission est de réduire la surface d’attaque d’un système d’exploitation en concentrant les appels lancés par les applications.

Dit plus simplement, LiteBox est une porte d’accès contrôlée. Au lieu de laisser un programme parler directement au noyau de la machine hôte via des centaines d’appels système, on lui fournit, sous forme de bibliothèque, une couche jouant le rôle du système d’exploitation et qui ne demande à l’hôte qu’un jeu très restreint de services. Moins il y a de points de contact avec l’hôte, plus la surface d’attaque est réduite.

Source : Microsoft

L’architecture repose sur deux interfaces, nommées « Nord » et « Sud ». Au Nord, côté programme, LiteBox expose une interface inspirée des bibliothèques Rust nix et rustix, sur laquelle se branchent une ou plusieurs couches d’adaptation. Par exemple, une couche imitant Linux. Au Sud, côté hôte, LiteBox attend une interface Platform qui fournit les services de base. On peut combiner n’importe quelle couche Nord avec n’importe quelle plateforme Sud, le tout devant fonctionner aussi bien en mode utilisateur qu’en mode noyau.

Selon Microsoft, LiteBox permettrait ainsi d’exécuter des programmes Linux sur Windows, de cloisonner des applications Linux sur Linux, d’exécuter des applications sur SEV-SNP (machines virtuelles confidentielles AMD), ou encore de fonctionner sur LVBS (Linux Virtualization Based Security), un équivalent Linux au VBS de Windows, également conçu par Microsoft.

Si l’on en reparle aujourd’hui, c’est que LiteBox a désormais une version 0.1. Elle n’est pas directement exploitable en l’état : ce n’est pas une couche que l’on peut appliquer telle quelle sur n’importe quel système. Le code (sous licence MIT) est fourni pour que les développeurs puissent s’y pencher et voir son fonctionnement. Microsoft prévient que le projet est en évolution active et que des modifications introduites plus tard pourraient casser la compatibilité, les API étant en plein chantier.

☕️ Attaque par déni de service sur la plateforme de vote pour la primaire de la gauche

9 octobre 2026 à 10:27


La plateforme e-votez, où se déroule le vote pour la « primaire de la gauche socialiste et démocratique », fait l’objet d’une attaque par déni de service, qui ralentit mais ne compromet pas, à ce stade, son fonctionnement.

« La plateforme e-votez, prestataire du vote pour la primaire socialiste et démocratique, est victime d’une cyberattaque depuis son ouverture ce vendredi matin 8h00 », a signalé le compte X du Parti socialiste vers midi, reprenant un communiqué de la commission d’organisation de la primaire.

Communiqué de la commission d’organisation de la primaire de la gauche

« De fait, cet afflux massif et fictif de connexions entrave la capacité à voter d’une partie des électrices et électeurs. Toutefois, à aucun moment la plateforme de vote n’a été interrompue et le scrutin a pu se poursuivre sans coupure depuis son ouverture. L’intégrité des votes enregistrés n’est pas compromise », rassure la commission.

« Dès l’identification de cette attaque, toutes les mesures nécessaires ont été prises pour garantir la continuité du scrutin et permettre à chacune et chacun d’exercer son droit de vote », indique encore l’organisation, qui promet des poursuites :

« Les organisations politiques parties prenantes condamnent fermement cette tentative de perturbation et saisissent la justice de cette grave attaque d’un processus démocratique. »

Le premier tour de la primaire oppose Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal. Il se tient les vendredi 9 et samedi 10 octobre, avant un second tour programmé les 16 et 17 octobre.

☕️ Microsoft 365 : les offres grand public partageables vont perdre en espace de stockage

9 octobre 2026 à 09:29


Microsoft remplace, pour ses abonnements grand public partageables, le quota individuel de 1 To par personne (via OneDrive) par une enveloppe de stockage commune à tout l’abonnement.

Les formules Famille et Premium étaient depuis des années relativement généreuses sur l’espace de stockage. L’offre Famille, par exemple, a longtemps été commercialisée 99 euros par an. Pour cette somme, jusqu’à six personnes au sein d’un même foyer obtenaient la suite Office complète ainsi qu’un To de stockage, pour un total de 6 To donc. Le prix a cependant évolué en janvier 2025, passant à 129 euros pour justifier l’inclusion de Copilot.

Cette répartition évolue. Plutôt qu’une enveloppe individuelle, Microsoft bascule ces formules vers un quota de 2 To partageable entre tous les membres. L’éditeur présente ce changement comme « un stockage plus flexible ». Et effectivement, rien n’empêche une personne de consommer 1,5 To si les autres membres du groupe n’ont que des besoins légers dans ce domaine.

L’e-mail envoyé actuellement aux utilisateurs

En revanche, la situation sera difficilement perçue comme un progrès pour les foyers où chaque personne consommait des centaines de Go. Si, au sein de votre foyer, chaque membre remplit la moitié de l’espace actuel, vous cumulez un total de 3 To (6 x 500 Go), et le changement imposé va vous contraindre soit à supprimer des données, soit à acheter de l’espace supplémentaire.

Microsoft a beau parler de souplesse, la mesure est essentiellement un recul net, puisque la quantité totale de stockage alloué est divisée par 3. L’entrée en vigueur de cette bascule est fixée au 2 mai 2027 et elle s’appliquera à tout nouvel abonnement ou tout renouvellement effectué à partir de cette date. Dans le cas où vous atteindriez la limite, OneDrive ne bloquera pas l’accès, mais les données passeront en lecture seule jusqu’à ce que de la place ait été faite.

L’entreprise fait également évoluer l’accès aux outils IA de Copilot. L’ajout dans les formules comportait en effet une sérieuse limitation qui cadrait mal avec la hausse de prix : Copilot ne pouvait être utilisé que par le détenteur du compte principal. Les autres membres du foyer n’y avaient pas accès. Le quota unique deviendra donc un quota partageable. Microsoft ne donnant aucun autre détail, on ne sait pas comment fonctionnera ce quota, ni ce qu’il implique concrètement pour les utilisateurs.  

Le téléphone au volant peut désormais entraîner une suspension du permis de conduire

9 octobre 2026 à 08:56
Les motards apprécieront
Le téléphone au volant peut désormais entraîner une suspension du permis de conduire

Le gouvernement confirme la généralisation de la possibilité désormais offerte aux préfets d’appliquer une suspension administrative du permis de conduire aux automobilistes surpris avec un téléphone portable à la main alors qu’ils conduisent, même si aucune autre infraction n’a été commise. En cas de contrôle, la suspension n’est pas immédiate.

Annoncée par voie de presse début octobre, la généralisation de la mesure est à présent officielle. Le site gouvernemental Service public informe ainsi, dans une actualité datée du 8 octobre, de la généralisation de la mise en œuvre de la suspension administrative du permis de conduire en cas de téléphone au volant.

Tenir le téléphone en main suffit à déclencher la sanction

Cette publication fait suite à l’envoi, le 29 septembre dernier, d’une instruction du ministère de l’Intérieur qui enjoint aux préfets de généraliser le recours à cette disposition déjà prévue par le Code de la route.

« La possibilité existait déjà dans le Code de la route, mais elle n’était appliquée que dans certains départements, à commencer par les Landes. Nous la généralisons donc à tout le territoire », a précisé le 2 octobre dernier au Figaro Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès de l’Intérieur chargée de la Citoyenneté.

« L’instruction vise bien l’usage du téléphone seul : il ne sera donc pas nécessaire que le conducteur ait commis simultanément un excès de vitesse ou une autre infraction pour que son permis puisse être suspendu », a-t-elle ajouté.

Jusqu’ici, la suspension administrative n’était en effet de mise que lorsque la conduite téléphone en main était associée à une autre infraction, rappelle la notice dédiée du site Service public.

L’actualité du 8 octobre confirme : « Il n’est pas nécessaire qu’un conducteur ait commis simultanément un excès de vitesse ou une autre infraction pour que son permis soit suspendu administrativement pour avoir tenu un téléphone portable dans sa main ».

De quinze jours à six mois de suspension

Elle précise par ailleurs que la rétention de permis n’est pas immédiate au moment du contrôle qui acte le flagrant délit : elle intervient a posteriori, après décision du préfet, qui apprécie la durée de la sanction « en fonction notamment des circonstances de l’infraction ». Une voie de recours existe : « le conducteur peut présenter ses observations dans le cadre d’une procédure contradictoire ».

« Dans les départements qui appliquent déjà cette mesure, la durée retenue est généralement de quinze jours. Elle peut aussi être d’un mois et aller, dans certains cas, jusqu’à six mois », précise à ce sujet Marie-Pierre Vedrenne. L’amende forfaitaire de 135 euros et le retrait de trois points sur le permis de conduire restent en vigueur.

Le préfet des Landes Gilles Clavreul, qui a fait partie des premiers à tester la mesure dès fin 2025, a prononcé environ 700 suspensions de permis sur un an et affirme que le dispositif porte ses fruits. « On a une diminution du nombre d’infractions de – 11% sur 12 mois, donc plus de contrôle, moins d’infractions. Ça veut dire qu’il y a un vrai changement de comportement qui s’est manifesté », déclare l’intéressé à France Info.

Chiffrement : le projet de loi C-22 du Canada sous un feu nourri de critiques

9 octobre 2026 à 08:25
« Bon chance »
Chiffrement : le projet de loi C-22 du Canada sous un feu nourri de critiques

Le gouvernement canadien rêve lui aussi de sa loi forçant les éditeurs à faciliter l’accès aux données nécessaires aux forces de l’ordre. Ce projet, estampillé C-22 et nommé « Lawful Access Act », attend son examen devant le Sénat canadien. Mais la fondation Signal prévient : en cas de passage du texte, le service de messagerie quittera le Canada.

Le projet de loi C-22 a été déposé le 12 mars 2026 et se veut une version plus détaillée des parties 14 et 15 de projet C-2 sur la sécurité des frontières, qui date, lui, de juin 2025. Cette « loi de 2026 sur l’accès légal » comporte deux volets. Dans le premier, le Code criminel et plusieurs lois connexes sont modifiés pour encadrer l’accès des forces de l’ordre aux renseignements détenus par les fournisseurs. Dans le second, elle oblige ces mêmes fournisseurs à faciliter les demandes d’accès. En mai, de nombreux acteurs du numérique s’étaient dressés contre le projet.

Si le texte refait parler de lui, c’est que son examen va probablement se terminer très bientôt, débouchant sur un nouveau passage devant le Sénat canadien. Celui-ci renverrait alors le projet de loi devant la Chambre des communes (qui l’avait elle-même adopté le 18 juin), dans une version amendée ou non, la Chambre pouvant s’opposer alors à ces amendements.

Avant le premier vote par la Chambre en juin, le gouvernement avait modifié le texte pour ajouter une protection explicite sur le chiffrement de bout en bout et pour réduire la durée de conservation des données d’un an à six mois. Il s’agissait alors de tenir compte des critiques formulées plus tôt dans l’année. Ces critiques sont pourtant toujours là : elles fustigent des termes trop flous et un texte qui pourrait aisément être mal utilisé, avec le spectre de portes dérobées obligatoires.

Dans cette situation tendue, la fondation Signal vient de braquer à nouveau les projecteurs sur le projet C-22. Elle prévient encore : si ce texte passe, sa messagerie sécurisée fermera au Canada. Elle n’est pas la seule à attaquer, Mozilla y allant de son propre billet.

Pluie de critiques

Pour Udbhav Tiwari, vice-président de la stratégie et des affaires mondiales chez Signal, les amendements introduits par le gouvernement avant le vote du 18 juin à la Chambre des communes ne vont pas assez loin pour protéger le chiffrement de bout en bout. L’un des amendements précisait notamment qu’une entreprise ou organisation ne possédant pas la clé de chiffrement n’aurait pas à déchiffrer les informations qu’elle détient.

Selon Signal, cette définition est trop restrictive : « Il est vital que l’idée de chiffrement dans la loi soit largement étendue au-delà du simple déchiffrement avec une clé, car c’est une construction très réduite de ce qu’est le chiffrement », a prévenu Udbhav Tiwari le 6 octobre, lors d’une table ronde à Ottawa organisée par l’Internet Society, rapporte The Globe and Mail.

Le vice-président dit craindre qu’en l’état de sa formulation, le projet de loi n’entraine une compromission du chiffrement, car Signal pourrait être sollicité pour inclure des mécanismes de récupération de données périphériques, autrement dit les métadonnées. Les données que possède Signal – numéros de téléphone, informations de dernière connexion et date d’inscription – pourraient être complétées par d’autres, dont les contacts entre numéros (qui a contacté qui).

 « Pour nous, c’est un problème suffisamment sérieux pour qu’il casse fondamentalement Signal », a indiqué Udbhav Tiwari. Signal prévient donc : si le texte passe en l’état, la fondation n’aura d’autre choix que de retirer son service du Canada, car il n’est pas question de « créer une version beaucoup plus faible de notre produit qui collecte toutes ces métadonnées ».

Mozilla, dans un billet publié le 8 octobre, rejoint l’analyse de Signal : si la loi « est adoptée sous sa forme actuelle, les entreprises pourraient être invitées à introduire des vulnérabilités, à créer des portes dérobées, à contourner, affaiblir ou à défaire le chiffrement, à accéder aux données avant le chiffrement ou à déchiffrer des données chiffrées pour donner accès aux forces de l’ordre. Les fournisseurs de services pourraient également être contraints de conserver et d’accéder à des données qu’ils ont délibérément choisi de ne pas collecter ».

Mozilla rappelle un point martelé depuis longtemps par les défenseurs de la vie privée et l’ensemble de la sphère de la cybersécurité : « il n’existe aucun moyen sûr de créer un accès exceptionnel à des données chiffrées que seul l’acteur visé peut utiliser. Un mécanisme d’accès créé pour les forces de l’ordre peut également être découvert, exploité ou abusé par des acteurs potentiellement malveillants ».

Portée extraterritoriale et imbroglios en perspective

Le projet de loi C-22 est une initiative nationale, mais elle aurait une portée extraterritoriale. Le cas rappelle celui du Royaume-Uni face à Apple : nos voisins d’outre-Manche exigeaient d’Apple qu’elle offre un accès à des informations protégées par le chiffrement de bout en bout. La firme américaine avait manœuvré pour temporiser, jusqu’à ce que la Maison-Blanche s’en mêle. Londres avait fini par reculer.

L’affaire Apple était elle-même identique dans ses implications à celle qui avait opposé l’entreprise au FBI il y a plus de dix ans. Un iPhone avait été saisi sur le corps d’un terroriste après la tuerie de San Bernardino et le Bureau exigeait d’Apple qu’elle perce dans ses propres défenses pour accéder aux informations. Apple avait fait valoir qu’une telle fragilité serait tôt ou tard exploitée par un acteur malveillant, même si c’est finalement l’argument financier qui avait prévalu : accéder à la requête du FBI engendrerait une perte de chiffre d’affaires à cause de l’accent mis par Apple sur la sécurité et la confidentialité de ses produits.

Le projet canadien comporte cette dimension. Si Ottawa veut imposer des mécanismes dans les messageries sécurisées, celles-ci ne pourraient les limiter au seul Canada. Une application comme Signal s’appuie sur le même protocole sur l’ensemble de la planète. Un argument que la fondation a d’ailleurs répété chaque fois qu’un pays a travaillé sur ce type de législation – Royaume-Uni, Suède, Union européenne, France, etc. –, menaçant systématiquement de quitter le marché concerné. Jusqu’à présent, aucune de ces lois n’est passée en l’état, les textes ayant toujours été édulcorés, abandonnés ou laissés inappliqués.

Pour le Canada, la situation est complexe. Les tensions avec Washington sont vives, Ottawa opère un rapprochement significatif avec l’Union européenne, mais veut dans le même temps un accord CLOUD Act avec les États-Unis. Ce type d’accord permet à un pays allié des États-Unis d’obtenir des informations d’entreprises américaines, sans passer par la coopération judiciaire. Or, dans une lettre datant du 16 juillet, le sénateur américain Ron Wyden (habitué des questions numériques), demandait officiellement au gouvernement de Donald Trump de protéger les entreprises et citoyens américains contre le projet canadien. Il suggérait d’utiliser les négociations pour introduire une limite franche.

Pour le Canada, il s’agit de rattraper son retard sur l’arsenal législatif de ses alliés des Five Eyes (États-Unis, Royaume-Uni, Nouvelle-Zélande et Australie). Le pays pourrait toutefois se retrouver avec un texte partiellement inapplicable. Une situation qui illustre une nouvelle fois les tensions autour du chiffrement de bout en bout. Un sujet délicat et insoluble, la même technologie protégeant à la fois les communications les plus confidentielles (gouvernements, entreprises…) et celles des criminels. En France, le rapport Boudié vient d’ailleurs d’en illustrer toute la complexité.

SecNumCloud : Bleu vise désormais une qualification pour la fin d’année

9 octobre 2026 à 07:18
Le cloud est bleu comme une Orange
SecNumCloud : Bleu vise désormais une qualification pour la fin d’année

Bleu est en retard sur le calendrier de la qualification SecNumCloud d’une partie de ses services. Elle prévoyait le premier semestre 2026, mais il est désormais question de « la fin d’année ».

L’annonce des « clouds de confiance » basés sur des technologies américaines avait fait beaucoup parler. Nous avons d’un côté Thales avec Google pour former S3ns, de l’autre Capgemini, Orange et Microsoft pour Bleu. Le principe est de faire héberger les technologies de Microsoft ou Google par des prestataires français.

Les deux visent depuis le début la qualification SecNumCloud, le plus haut niveau d’exigence en cybersécurité de l’ANSSI. Elle assure notamment une étanchéité aux lois extraterritoriales, une robustesse des systèmes informatiques, des équipes, etc.

S3ns : 17 mois entre le jalon J0 et la qualification SecNumCloud

S3ns est arrivé au bout du chemin, il y a un peu moins d’un an : son offre PREMI3NS est qualifiée SecNumCloud par l’ANSSI depuis décembre 2025, soit un processus de 17 mois pour être précis depuis la validation du jalon J0, « sans réserve » de l’ANSSI. La validation du jalon J1 avait ensuite pris cinq mois, puis 12 mois pour terminer la procédure.

Il y a, pour rappel, quatre niveaux dans la procédure de qualification SecNumCloud :

  • J0 : acceptation de la demande de qualification
  • J1 : acceptation de la stratégie d’évaluation
  • J2 : acceptation des travaux d’évaluation
  • J3 : décision de qualification

Si l’Agence émet des réserves, cela signifie que « l’ensemble des critères d’acceptation […] sont respectés, mais l’ANSSI estime qu’un jalon de la qualification ne peut a priori pas être franchi ou que les coûts et délais nécessaires pour atteindre la qualification sont très importants ». C’est une mise en garde, comme son nom l’indique, mais S3ns et Bleu n’y ont pas eu droit.

Bleu a validé le jalon J0 il y a 18 mois, la qualification prévue pour fin 2026

Bleu s’est lancé plus tard dans la procédure, avec une acceptation du jalon J0 en avril 2025. Le jalon J1 a pris un peu plus de temps – sept mois – que pour S3ns. Le calendrier était alors en phase avec ce que nous indiquait Bleu aux Assises de la cybersécurité de l’année dernière. La coentreprise de Capgemini et Orange ajoutait que la qualification SecNumCloud était attendue pour le premier semestre 2026, un calendrier déjà annoncé lors du passage du jalon J0. Nous avions aussi profité de l’occasion pour faire un rapide tour des enjeux de souveraineté et des relations avec Microsoft.

Un an plus tard, force est de constater que la qualification n’est toujours pas finalisée. Le stand de Bleu aux Assises de la cybersécurité 2026 n’affiche que le jalon J1. « Nous sommes toujours dans le process de qualification pour un très large catalogue de services IaaS, PaaS, et CaaS. Nous visons la qualification pour la fin d’année », nous explique le service presse.

Iaas (Infrastructure as a Service), PaaS (Platform as a Service) et CaaS (Container as a Service) correspondent à ce que propose Microsoft avec Azure. Avec la partie SaaS (Software as a Service) de Microsoft 365, qui passera la qualification dans un second temps, cela représente selon Bleu une centaine de services.

Cette qualification de trois niveaux de services en même temps était déjà présente chez S3ns, qui affirmait d’ailleurs que c’était « la première fois que l’ANSSI accorde la qualification SecNumCloud en simultanée pour les périmètres IaaS, CaaS et PaaS, couvrant plus de vingt services ».

Si Bleu obtient bien la qualification en décembre comme prévu, cela donnerait environ 13 mois d’écart avec le J1. Au total, si le délai annoncé est cette fois-ci respecté, la qualification prendrait donc 21 mois.

Procédure de qualification SecNumCloud de S3ns (Thales et Google) :

  • J0 : juillet 2024
  • J1 : décembre 2024 (5 mois)
  • Qualification : décembre 2025 (17 mois au total)

Procédure de qualification SecNumCloud de Bleu (Capgemini, Orange et Microsoft) :

  • J0 : avril 2025
  • J1 : novembre 2025 (7 mois)
  • Qualification : attendue fin 2026 (estimation 20 mois)

Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

9 octobre 2026 à 06:25
PR stunt
Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

Anthropic promettait d’offrir jusqu’à 1 000 dollars de crédits API et un an d’abonnement gratuit aux startups qui s’inscrivaient sur sa plateforme, après simple validation d’un formulaire. Trois jours plus tard, l’entreprise fait marche arrière, se disant victime de son succès.

Trop beau pour être vrai ? Le 6 octobre dernier, Anthropic a annoncé l’extension de son programme Claude Startups, avec une promesse particulièrement séduisante : les entrepreneurs éligibles se voyaient offrir jusqu’à 1 000 dollars de crédits API, et un abonnement Team d’un an susceptible d’accueillir jusqu’à cinq personnes. En bonus, Anthropic promettait jusqu’à 45 000 dollars d’avantages sous forme de crédits offerts chez des partenaires.

Pour profiter de ces avantages, Anthropic ne demandait que de s’inscrire sur sa plateforme avec un e-mail professionnel, et de remplir un formulaire renseignant les informations relatives à l’entreprise, ainsi que les projets envisagés avec les outils Claude.

Anthropic se dit victime de son succès

La nouvelle s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux, alimentée par des témoignages d’internautes signalant que leur candidature avait été très rapidement acceptée, même quand ils n’étaient pas à proprement parler des fondateurs de startups.

Le phénomène semble avoir provoqué un tel afflux d’inscriptions qu’Anthropic a finalement décidé de faire marche arrière. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’entreprise a commencé à communiquer auprès des derniers inscrits à son programme, pour signaler la mise en pause de son offre.

« Comme vous l’avez peut-être constaté, l’offre Claude Startups a été retirée de votre compte. Nous souhaitions vous en expliquer les raisons. Nous avons sous-estimé la demande pour ce programme, et les offres Claude Team et 1 000 $ de crédits API ont atteint leur capacité maximale bien plus rapidement que prévu », écrit l’entreprise, évoquant des « centaines de milliers » de demandes.

Anthropic fait marche arrière par mail auprès des candidats à son offre Claude Startups – capture d’écran Next

Sur le site dédié à la consommation de Claude par API, Anthropic affiche également un message aux candidats déçus : « Si vous avez déjà profité des offres Claude, elles resteront disponibles sur votre compte. Le reste est en cours de vérification. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée ».

Autrement dit, les plus rapides à avoir réclamé cet avantage devraient pouvoir continuer à en profiter. Pour les autres en revanche, l’entreprise indique qu’elle procèdera au réexamen individuel des dossiers, mais elle prévient que les souscripteurs qui ont validé la première étape sans activer immédiatement les avantages en question risquent d’être retoqués. « Malheureusement, cela signifie que certains comptes déjà approuvés ne pourront pas bénéficier de l’offre. Nous comprenons votre déception et nous en sommes sincèrement désolés ».

En attendant, Anthropic peut sans doute se réjouir d’avoir collecté des centaines de milliers d’adresses e-mail de comptes professionnels.

Ecosia lâche Mistral et se tourne vers les modèles chinois

9 octobre 2026 à 05:57
Mistral se prend un vent
Ecosia lâche Mistral et se tourne vers les modèles chinois

Ecosia en a soupé de Mistral. Le moteur de recherche allemand a en effet décidé de se passer des services de l’entreprise IA française, dont les modèles ont déçu. Ecosia veut maintenant favoriser les modèles à poids ouverts, y compris chinois.

Christian Kroll, le fondateur et directeur général d’Ecosia, n’a pas sa langue dans la poche. « Nous sommes déçus par la qualité de Mistral », déclare-t-il à Politico. Le moteur de recherche avait troqué OpenAI pour le champion français de l’IA en mai. Une transition pas facile : non seulement les modèles de Mistral auraient « un an de retard » sur la concurrence, mais le patron déplore aussi des problèmes techniques récurrents. « Nous étions tout simplement un client trop important pour Mistral. »

Autre problème : Mistral n’est pas aligné avec les objectifs environnementaux d’Ecosia, bien connu pour son engagement sur la reforestation. Une large part de l’électricité produite en France provient en effet du nucléaire. Christian Kroll s’interroge également sur les garanties de souveraineté du fournisseur IA. « Le fait que Mistral dépende d’investisseurs internationaux n’est, selon nous, pas véritablement souverain », affirme le dirigeant.

Les modèles chinois, une « opportunité » pour l’Europe

Le patron d’Ecosia tourne son regard vers les modèles à poids ouverts chinois – ce qui du point de vue de la souveraineté est assez croquignolet –, qu’il qualifie de grande opportunité pour l’Europe. Le vieux continent peut, selon lui, bâtir sur ces modèles ouverts sans avoir à dépenser des milliards d’euros pour entraîner des modèles frontières.

Ecosia a d’ailleurs signé un partenariat avec Melious, une plateforme qui héberge des modèles à poids ouverts et open source, y compris chinois comme Qwen, GLM et Kimi. « Nous avons réduit nos coûts de moitié environ, tout en améliorant la qualité et les performances », assure Christian Kroll. Pour lui, les problématiques de censure et de partialité des modèles chinois ne sont pas rédhibitoires, car il est toujours possible d’apporter des correctifs contrairement aux lacunes sur la qualité.

Piqué au vif, Arthur Mensch le directeur général de Mistral, a rappelé sur X que comme Ecosia, son entreprise fournissait des services gouvernementaux. Il ajoute : « Désolé si le fait d’utiliser de l’énergie nucléaire est vraiment bloquant. » Et il ne pourra pas faire grand chose ici, l’électricité nucléaire étant un des atouts mis en avant par la France pour convaincre les opérateurs de data centers de s’installer.

« Les data centers en France, ce n’est pas comme aux États-Unis où on utilise du pétrole et du gaz. Ce sont des data centers propres », avait même déclaré Emmanuel Macron en février en amont du Sommet pour l’action sur l’IA.

Qwant garde Mistral, pour l’instant

Sur un plan plus technique, Guillaume Lample le directeur scientifique de Mistral a encouragé Ecosia à tester le nouveau modèle Large 4 « dès que possible ». Il propose même de donner au moteur de recherche « un accès anticipé dès aujourd’hui s’ils le souhaitent ».

De ce côté-ci du Rhin, les choix d’Ecosia en matière de modèles IA ne changent rien pour Qwant. Les deux moteurs sont partenaires pour le développement d’un index européen de recherche, et les réponses flash de Qwant sont toujours propulsées par des modèles Mistral.

Cela pourrait cependant changer. Qwant confirme à Next le test d’autres possibilités, mais pas pour les mêmes raisons qu’Ecosia : « Les récentes évolutions tarifaires de Mistral nous amènent à évaluer les alternatives disponibles, en tenant compte de leurs performances et de leurs coûts, afin de proposer le meilleur service à nos utilisateurs. »

Reçu — 8 octobre 2026 ⏭ Next - Articles gratuits

☕️ L’offensive domotique d’Apple commencera le 13 octobre avec un événement spécial

8 octobre 2026 à 16:30


Apple organise un événement le 13 octobre baptisé « Welcome Home ». Il se tiendra à New York, à 9 heures heure locale (15 heures à Paris). Le constructeur ne précise pas encore si on aura droit à une keynote en bonne et due forme, néanmoins cela ne fait guère de doute.

Apple devrait révéler au monde plusieurs produits orientés domotique, à commencer par ce fameux écran connecté dont parle la rumeur depuis des années. L’écran de 6 pouces pourrait s’accrocher au mur ou sur une base faisant office de haut parleur. L’objet permettrait de contrôler les appareils domotiques, d’afficher une recette de cuisine, de passer des appels vidéo, de consulter des infos et la météo, etc. Le prix tournerait autour de 350 dollars.

Cet écran devrait faire grand usage des capacités de Siri AI, la nouvelle version de l’assistant dopé à l’IA de Google. Celle-ci n’est pas disponible en Europe sur iPhone et iPad en raison des bisbilles entre Apple et la Commission européenne ; en revanche, on peut s’en servir sur Mac, qui ne fait pas partie des plateformes sous surveillance du DMA. On verra si ce sera le cas aussi de cette nouveauté.

Apple prévoirait également de lancer un nouvel HomePod mini qui conserverait son design rond, mais avec une puce N1 pour les réseaux Wi-Fi et Bluetooth, ainsi qu’une puce S plus rapide. L’Apple TV 4K serait aussi renouvelée, probablement avec une puce A19, davantage de mémoire (gare aux prix !) et une télécommande revue.

Il pourrait aussi y avoir la présentation d’une toute nouvelle gamme d’accessoires pour la maison : sonnettes, thermostat, serrures, caméras de surveillance… Des produits qui seraient conçus par LG, avançait Mark Gurman de Bloomberg il y a quelques jours. Une stratégie qui peut étonner, mais Apple travaille régulièrement avec d’autres entreprises sur des produits très ciblés, comme Belkin pour les accessoires ou encore… LG, pour les écrans UltraFine.

☕️ Bientôt Halloween, l’Atari 800XL revient d’entre les morts

8 octobre 2026 à 15:56


Atari continue de surfer sur la vague rétro avec le 800XL, un « nouvel » ordinateur qui reprend le design et les fonctionnalités du 800XL de 1983. Cette recréation à l’identique de l’ordinateur 8 bits intègre évidemment le clavier mécanique et un port compatible avec les cartouches originales de l’Atari 400, 800, XL et XE.

Le boîtier est fourni d’office avec 25 jeux, dont les increvables Centipede, Missile Command et Asteroids, mais ceux qui voudront aller plus loin pourront se lancer dans le développement de leurs propres jeux en Basic. Oui, en les tapant sur le clavier comme dans l’ancien temps des pionniers !

Plaion, le constructeur partenaire d’Atari dans cette histoire, n’a cependant rien sacrifié sur l’autel de la nostalgie : quatre ports USB-A sont présents pour connecter des disques externes et autres périphériques. On pourra de la sorte lancer des jeux et des logiciels créés pour des ordinateurs 8 bits et l’Atari 5200.

Le 800XL embarque aussi un port HDMI qui présente l’image en 4:3, avec un affichage pixel perfect et avec des filtres CRT (et des encadrements en bonus pour cacher les bandes noires sur la télé). Il est livré avec un joystick inspiré de la manette classique Atari, mais avec 8 boutons. Cette beauté est en précommande au prix de 219,99 euros. Les premières livraisons débuteront en avril 1983 2027.

Plaion a bien du pain sur la planche : c’est en effet cette entreprise qui produit la Neo-Geo AES+ dont le lancement a été reporté de quasiment un an.

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