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[MàJ] L’Ukraine accuse Starlink d’avoir restreint l’accès à Internet de ses forces militaires

15 octobre 2026 à 07:07
Un (sans) fil à la patte
[MàJ] L’Ukraine accuse Starlink d’avoir restreint l’accès à Internet de ses forces militaires

Un proche du gouvernement ukrainien affirme que Starlink a restreint le fonctionnement de son réseau à destination des appareils et drones en mouvement des forces militaires engagées contre la Russie. La Pologne a publiquement interpellé Elon Musk à ce sujet. L’entreprise n’a pas confirmé son intervention dans ces restrictions, alors que les tensions entre Donald Trump et l’Ukraine s’accentuent.

Mise à jour, 15 octobre, 9h07 : Elon Musk s’est finalement exprimé sur la situation ukrainienne mercredi soir (heure française), et l’entrepreneur a très explicitement renvoyé la responsabilité de ces restrictions à Washington, et plus précisément à Donald Trump :

« Les systèmes Starshield sont la propriété du gouvernement américain et sont contrôlés par lui. Toute limitation de vitesse ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine et, en dernier ressort, par le président des États-Unis. »

Musk répondait à un message de Mykhailo Fedorov, l’ex ministre de la Défense ukrainien, qui signalait un début de restauration du service Starshield pour les appareils évoluant jusqu’à 160 km/h. Le patron de SpaceX en a profité pour rappeler la distinction entre Starshield et Starlink vis-à-vis des usages militaires.

« Starlink est un service commercial détenu et exploité par SpaceX. Son utilisation est limitée aux activités civiles ou défensives et ne peut en aucun cas servir à des fins militaires offensives, ce qui serait inapproprié pour une entreprise commerciale. »

Donald Trump, généralement prompt à commenter publiquement ses décisions, ne s’est pour l’instant pas exprimé sur le sujet.

Publication initiale, 14 octobre, 17 heures :

Tour à tour, l’activiste Serhii Sternenko et l’expert en technologies militaires Serhii Beskrestnov, conseiller rangé aux côtés du président Volodymyr Zelensky, ont signalé mercredi 14 octobre au matin des restrictions constatées au niveau de l’accès à Internet fourni par Starlink aux forces militaires engagées dans la guerre contre la Russie.

« Les terminaux Starlink ont ​​été limités ce soir. La communication a commencé à se dégrader en mouvement à des vitesses supérieures à 160 km/h. Ceci a perturbé plusieurs missions importantes », a affirmé le premier sur Telegram, mercredi vers 7 h du matin. Le second a soutenu explicitement l’hypothèse une heure plus tard :

« Je peux confirmer que SpaceX a mis en place une limitation de vitesse pour les terminaux Starlink en mouvement [hier soir]. Nos forces de défense n’ont pas été informées de cette limitation, ce qui a entraîné la perturbation de plusieurs missions ».

Des restrictions sur les appareils en mouvement

D’après lui, les restrictions en question ne concernaient pas la couverture standard Starlink, mais l’offre plus spécifique Starshield, le sous-ensemble de la constellation SpaceX dédié aux usages gouvernementaux et militaires. Ici, elles porteraient sur un usage bien spécifique : la connexion fournie aux appareils en mouvement.

« Cette limitation s’applique actuellement au système Starshield militaire et est fixée à 160 km/h », écrit ainsi Serhii Beskrestnov. Les avions de combat, les drones ou les missiles dont les opérations dépendent de Starshield ont été bridés dès que leur vitesse atteignait cette limite.

Pour Sternenko comme pour Beskrestnov, ces restrictions ne peuvent pas être vues comme un accident. « Cette action n’est manifestement pas une coïncidence et est liée au contexte politique actuel », affirme le premier. « SpaceX prend vraisemblablement ces mesures à la demande de l’administration Trump », estime le second.

Relayé notamment par la presse ukrainienne, l’incident a fait réagir publiquement le ministre des Affaires étrangères polonais, Radosław Sikorski. Sur X, il a directement interpellé Elon Musk, patron de SpaceXAI (en passe d’être renommée SpaceXSI).

« Hey @elonmusk, grand homme, vous instrumentalisez encore la politique avec vos produits ? En tant que clients européens, nous vous surveillons ».

L’invective « grand homme » (« big man » en VO) fait référence à une passe d’armes survenue sur X en mars 2025 entre Radosław Sikorski, Elon Musk et Marco Rubio, le secrétaire d’État américain. À l’époque, le patron de SpaceX avait affirmé sur son réseau social que toute la ligne de défense ukrainienne s’effondrerait s’il coupait l’accès à Starlink.

Le ministre polonais lui avait alors rétorqué qu’une telle décision entraînerait la recherche d’un autre fournisseur, et soulignait que son gouvernement finançait la moitié des 42 000 terminaux Starlink alors en circulation en Ukraine, pour environ 50 millions de dollars par an. Elon Musk lui avait alors répondu : « Tais-toi, petit homme. Tu ne paies qu’une infime partie du coût. Et rien ne remplace Starlink ».

Dans son message initial, Elon Musk promettait à l’époque qu’il n’interviendrait pas sur les capacités fournies à l’Ukraine :

« Même si je désapprouve totalement la politique ukrainienne, Starlink ne coupera jamais ses terminaux… Nous ne ferions jamais une chose pareille et nous ne l’utiliserions jamais comme monnaie d’échange. »

Starlink, présent officiellement en Ukraine depuis 2022, a déjà appliqué des restrictions sur certains usages militaires et notamment sur le contrôle à distance de drones, comme le soulignait la BBC en 2023.

Depuis la mise en place du blocage de Starlink en Russie en février 2026, le réseau satellitaire fonctionne en Ukraine sur la base d’une liste blanche d’appareils autorisés par le gouvernement, et certaines restrictions de limitation de vitesse en mouvement peuvent toujours s’appliquer, prévient le service sur ses pages grand public.

Officiellement, Kiev garde cependant la main sur les usages de Starlink à des fins militaires, notamment pour les drones, qui recourent à une antenne satellitaire pour tenter de se prémunir des dispositifs de brouillage russes.

Des restrictions sur fond de refroidissement entre Kiev et Washington ?

La donne aurait-elle changé ? Les restrictions constatées par l’Ukraine interviennent alors que le pays s’inquiète d’un affaiblissement du soutien prodigué par les États-Unis, notamment en matière de renseignement consacré à la détection des frappes russes.

Volodymyr Zelensky a notamment déploré mercredi n’avoir reçu aucune information préventive de ses alliés alors que des frappes russes ont touché Kiev, Dnipropetrovsk et Zaporijia dans la nuit du 13 au 14 octobre. Des attaques ciblées ont également visé des centrales électriques autour de Kiev et de Kharkiv, alors que Donald Trump s’était félicité quelques jours plus tôt d’avoir réussi à mettre en place un cessez-le-feu bilatéral sur les infrastructures énergétiques en vue de l’hiver imminent.

Dans le même temps, Washington a clairement durci son discours vis-à-vis de l’Ukraine. Donald Trump a affirmé samedi 9 octobre que le pays aurait tout intérêt à élire un nouveau dirigeant, accusant ce dernier d’être responsable de la crise pétrolière en cours. Le même jour, il annonçait un accord avec Moscou portant sur l’achat de diesel russe, une première depuis 2022 et la mise en place des sanctions internationales sur la Russie.

Ni Musk, ni SpaceX, n’ont pour l’instant réagi formellement aux allégations ukrainiennes.

L’opérateur européen Eutelsat, dont l’État français est devenu le premier actionnaire, s’était dit par le passé prêt à prendre le relais de Starlink si nécessaire. « On a les mêmes compétences avec une couverture globale, mais la différence se situe dans notre capacité à voler un peu plus haut. Nous sommes à 1.200 kilomètres, contre 400 pour Starlink », faisait valoir sa directrice générale de l’époque, Eva Berneke, reconnaissant toutefois qu’Eutelsat ne pouvait pas lutter face à son concurrent américain pour ce qui est de la capacité.

Paris dénonce une guerre informationnelle contre l’Europe et vise Elon Musk

14 octobre 2026 à 14:01
Le poison X
Paris dénonce une guerre informationnelle contre l’Europe et vise Elon Musk

Les « campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk » ont été dénoncées par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans un discours offensif contre les tentatives d’ingérence étrangère dans le débat démocratique en Europe.

La démocratie est « contagieuse » et les régimes autoritaires la redoutent « comme un virus mortel », a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot durant le discours de clôture d’un forum organisé par l’OCDE. Rien n’inquiète plus les régimes autoritaires que la propagation de la démocratie chez eux, assure le ministre. « C’est pourquoi ils font tout pour l’empêcher par la force, le chantage, la désinformation, la manipulation des élections. »

Sur ce dernier front, celui de la désinformation et la manipulation des médias, Jean-Noël Barrot avait plusieurs cartouches à tirer contre « les adversaires de la démocratie » qui « exploitent nos divisions, instrumentalisent l’immigration, la laïcité ou encore le conflit israélo-palestinien pour attiser les haines et les tensions ».

Le soutien assumé de Musk à l’extrême droite

Parmi ces adversaires identifiés : Elon Musk. Le ministre dénonce des « campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk contre des dirigeants européens pour peser sur les débats nationaux en exploitant la viralité de son réseau social ». Le soutien de Donald Trump a déjà fait connaitre sa préférence pour l’élection présidentielle de 2027 : Marine Le Pen. La candidate du RN est qualifiée de « dernier espoir pour la France ».

Ce n’est pas la première fois que Musk offre publiquement son soutien à l’extrême droite et aux mouvements de déstabilisation de la démocratie. L’AfD allemand en bénéficie aussi, ainsi que les mouvements séparatistes au Canada. Il s’est ainsi prononcé en faveur de l’indépendance des provinces du Québec, de l’Alberta (un référendum sur le sujet sera justement organisé le 19 octobre) et du Saskatchewan.

Pour le journaliste canadien Paris Marx, il ne faut pas nécessairement prendre ce que raconte Elon Musk au pied de la lettre : « [c’est un] troll de droite ayant un problème avec les pays qu’il perçoit comme plus progressistes ou plus à gauche que ses propres opinions politiques », explique-t-il à la CBC. Cela n’empêche pas son réseau social de diffuser très largement la parole extrémiste et la désinformation, ce qui pèse sur les débats nationaux.

Riposte diplomatique contre la désinformation

Jean-Noël Barrot prend aussi pour cible « une entreprise israélienne qui crée de faux comptes français pour mettre en scène des affrontements artificiels sur la question palestinienne », un « groupe azerbaïdjanais qui organise des congrès à Nouméa pour lancer des appels à la révolte en outre-mer et faire circuler des projets de constitution provocants », ou encore « des campagnes insidieuses suggérant que la prochaine élection présidentielle française sera truquée ».

Il prend l’exemple de la « communauté MAGA » qui instrumentalise le mouvement lycéen battant le pavé en ce moment. Donald Trump lui-même a mené cette bataille de la désinformation en affirmant sur son réseau social que « ce qui se passe en France n’est rien d’autre qu’une immigration de masse hors de contrôle », amplifiant ainsi le discours de l’extrême droite française sur le sujet.

Le ministre entend dénoncer « tous les acteurs qui nous attaquent, quels qu’ils soient, que l’on soit compétiteur ou partenaire, pas d’immunité pour ceux qui s’en prennent à la France, à son image, à ses intérêts. » Parmi les dispositifs mis en place par l’État, il cite Viginum, les comptes French Response sur les réseaux sociaux, ou encore l’expulsion de Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de la chaîne russe RT France et chroniqueuse pro-Poutine chez Cnews.

Face aux acteurs de la déstabilisation qui « ont recours à des influenceurs rémunérés ou mandatés qui exploitent la viralité offerte par les plateformes numériques », le quai d’Orsay oppose « une force de frappe informationnelle » s’appuyant sur « 400 acteurs de terrain de notre réseau diplomatique, première ligne de la guerre informationnelle ». Il y a également Canal France International qui forme chaque année « des milliers de journalistes à faire leur métier de manière autonome ».

Les banques sommées par les régulateurs de se préparer aux cyberattaques IA

14 octobre 2026 à 12:49
Branle-bas bancaire
Les banques sommées par les régulateurs de se préparer aux cyberattaques IA

Les banques centrales s’inquiètent du rôle de plus en plus important joué par l’IA et les agents dans la gestion des établissements financiers. Des cyberattaques dopées à l’IA pourraient faire tanguer des services bancaires critiques et fragiliser les marchés financiers.

Branle-bas de combat chez les plus grands régulateurs financiers de la planète. La Banque centrale européenne (BCE) a ainsi donné jusqu’à la fin du mois aux banques du vieux continent pour produire des plans de résistance aux cyberattaques rendues possibles (ou amplifiées) par l’IA, selon des informations de Reuters.

La BCE exige des plans de crise

Les banques européennes doivent être en mesure de désactiver puis de redémarrer leurs systèmes de manière contrôlée, d’améliorer leurs dispositifs de sauvegarde et de reprise de l’activité après un incident, et de cartographier les prestataires tiers pour identifier les dépendances stratégiques. Francfort veut également que les banques européennes renforcent leur préparation face à des attaques menées par l’IA – l’idée étant que la reprise rapide est aussi importante que la prévention.

Les inquiétudes sont similaires de l’autre côté de la Manche. La Banque d’Angleterre a demandé aux grands représentants du secteur d’examiner leurs plans de reprise, de prévoir des systèmes de secours indépendants capables de redémarrer en cas de compromission des systèmes principaux, et d’utiliser l’IA de frontière pour repérer les vulnérabilités et d’accélérer le développement et la mise en œuvre des correctifs. Dans l’immédiat, le régulateur britannique ne veut pas produire de nouvelles exigences techniques, il préfère favoriser la collaboration.

Enfin, l’agence de presse rapporte qu’aux États-Unis, la Fed a demandé aux banques du pays de remonter leur usage des modèles d’IA, leur recours éventuel à des modèles chinois, leur utilisation d’agents IA dans la sécurité des systèmes et les limites imposées à ces mêmes agents, et leur capacité à surveiller des systèmes de plus en plus autonomes. Le régulateur américain réclame surtout de l’information, sans dire quoi faire aux banques pour le moment.

La prévention ne suffit plus

Les banques centrales craignent que l’IA rende les attaques informatiques contre le système financier plus rapides et plus difficiles à contenir. Par ailleurs, comme beaucoup d’autres entreprises, les banques adoptent cette technologie, parfois plus vite qu’elles ne mettent en place les contrôles et les garde-fous indispensables. Des agents IA peu ou pas supervisés, ou agissant de manière autonome, pourraient mettre un sacré souk dans l’édifice sécuritaire autour de l’IA dans le secteur bancaire.

Toutes ces précautions représentent un coût certain pour la maintenance des systèmes, mais elles n’en sont pas moins nécessaires pour éviter une catastrophe. Et, si cela devait malgré tout arriver, les banques doivent tenir le choc et pouvoir relancer les services essentiels.

Ces craintes ne sont pas que des vues de l’esprit. Depuis des mois, OpenAI et Anthropic tirent la sonnette d’alarme sur la dangerosité de leurs propres agents. Un discours de peur bien pratique pour faire mousser leurs futures valorisations boursières, mais qui repose aussi sur de vraies attaques d’agents contre des infrastructures et des sites web.

☕️ Linux Mint 27 « Adrien », basée sur Ubuntu 26.04, sera disponible à Noël

14 octobre 2026 à 08:21


Linux Mint est une distribution populaire. Basée uniquement sur les versions LTS (Long Term Support) d’Ubuntu, elle se distingue par un soin particulier porté à son interface, guidée par la philosophie de GNOME 2.X plutôt que par la branche 3. Dans son approche, elle rappelle donc plutôt KDE (dont on fête les 30 ans aujourd’hui), avec notamment une barre des tâches et un menu principal.

Dans un billet publié le 13 octobre, le développeur principal de Linux Mint, Clément Lefebvre, indique que la prochaine édition majeure se nomme « Adrien ». Cette version 27 sera basée pour la première fois sur Ubuntu 26.04, impliquant une modernisation de sa base, puisque l’actuelle mouture est fondée sur Ubuntu 24.04.

Le développeur indique qu’il s’agira de la première version à résulter du changement de rythme dans la parution de Mint, puisque le cycle du système est passé de 6 à 12 mois. « Je travaille sur Linux Mint depuis plus de 20 ans maintenant. Je ne pense pas avoir déjà vu autant de changements et de nouvelles fonctionnalités implémentés pour une seule version. C’est vraiment excitant et ça me fait un peu peur parce que cela signifie aussi que nous allons être très occupés pendant la phase bêta », indique Clément Lefebvre.

Linux Mint 22 selon Flock
Illustration : Flock

Il donne plusieurs informations intéressantes. D’abord, la date de sortie : Linux Mint 27 sortira à Noël. Ensuite, une explication sur le numéro de version. Pourquoi passer de 22.3 actuellement à 27 ? Justement parce que le cycle est désormais annuel et que Clément Lefebvre préfère que les nouvelles versions aient simplement le numéro de l’année à venir, donc 27 pour la mouture sortant à Noël.

Enfin, outre une nouvelle application pour les alarmes, Linux Mint 27 sera disponible « au moins » en éditions Cinnamon, Xfce et MATE. Aucun mot pour l’instant sur la prochaine LMDE (Linux Mint Debian Edition).

Clément Lefebvre signale au passage qu’il « se passe beaucoup de choses en coulisses », évoquant le travail sur trois autres projets nommés Superlight (moniteur système), Unfold (gestionnaire d’archives) et Velocitty (émulateur de terminal), qui seront détaillés courant novembre.

Patch Tuesday : Microsoft bat un nouveau record avec 1 411 failles corrigées

14 octobre 2026 à 07:12
Pas le temps d'attendre
Patch Tuesday : Microsoft bat un nouveau record avec 1 411 failles corrigées

Pour le cinquième mois consécutif, Microsoft bat son record de failles de sécurité corrigées dans ses produits. Le Patch Tuesday d’octobre vient ainsi colmater le nombre impressionnant de 1 411 vulnérabilités. Parmi elles, trois sont de type 0-day, dont une déjà exploitée.

Ce 13 octobre, Microsoft a publié des correctifs pour un nombre record de 1 411 failles, dont une activement exploitée et deux 0-day, c’est-à-dire dont les détails étaient déjà connus au moment de la publication de leur correctif. Parmi le lot global, 70 sont critiques : 57 exécutions de code à distance, 11 élévations de privilèges et 2 usurpations.

Ce chiffre de 1 411 failles est donné par Bleeping Computer. Il est d’autant plus impressionnant que nos confrères n’ont compté que les vulnérabilités effectivement corrigées par les mises à jour publiées mardi soir. Ils n’ont pas intégré les 348 failles corrigées plus tôt dans le mois, notamment dans Azure API Center, Azure App Service, Azure Event Grid, Azure SRE Agent, Mariner, Microsoft Bookings, Dataverse, Exchange Server et Partner Center.

Trois failles dangereuses, dont une déjà exploitée

Dans le lot, trois failles ressortent particulièrement. La plus importante est CVE-2026-96951 car elle est activement exploitée. Critique (score CVSS de 8,8 sur 10), elle peut être exploitée par injection de commande dans le Shell Windows, permettant alors de contourner la fonction de sécurité « Mark of the Web », qui marque la provenance internet apposée aux fichiers téléchargés. On ne sait pas qui a découvert la faille.

Vient ensuite CVE-2026-108398, une vulnérabilité de contournement des fonctionnalités de sécurité du .NET Framework. « Un chemin de recherche non fiable dans .NET Framework permet à un attaquant autorisé de contourner localement une fonctionnalité de sécurité », explique Microsoft. Plus précisément, l’exploitation permet le contournement du contrôle des applications de Windows Defender (WDAC) et donc de lancer des applications non autorisées, sans interaction utilisateur. La faille est critique, avec là aussi un score CVSS de 8,8, et a été découverte par James Forshaw du Project Zero de Google.

Enfin, CVE-2026-92707 est de niveau plus modéré, avec un score de 5,3. « Une allocation mémoire séquentielle mal contrôlée dans .NET permet à un attaquant non autorisé de refuser un service sur un réseau », indique Microsoft. L’éditeur ne précise pas en revanche qui l’a découverte.

Le nombre de failles critiques, la vulnérabilité déjà exploitée et les deux autres failles 0-day rendent l’installation des correctifs urgente. Il est chaudement recommandé de les appliquer aussi rapidement que possible, le processus réclamant un redémarrage de la machine.

L’IA tourne à plein régime

Comme les mois précédents, le déluge de correctifs est une conséquence directe de deux machineries lourdes mises en place par Microsoft plus tôt dans l’année. D’abord MDASH (Microsoft Security multi-model agentic scanning harness), son harnais multi-agents de détection et de remédiation de vulnérabilités, présenté en mai. Puis en juillet, ce fut au tour du projet Perception, se servant de MDASH, du modèle MAI-Cyber-1-Flash et d’autres modèles, Microsoft affirmant depuis être le maître dans la détection de failles.

L’éditeur revendique ainsi depuis plusieurs mois l’utilisation très intensive de l’IA pour détecter et corriger les failles, provoquant une explosion des correctifs chaque mois. Septembre avait déjà marqué les esprits, Microsoft frôlant le millier de correctifs, mais ce record est battu à plate couture en octobre, avec un écart d’environ 450 failles supplémentaires.

Ce mouvement n’est pas spécifique à Microsoft. On le retrouve également chez Apple et dans un nombre croissant de projets libres, à commencer par le noyau Linux lui-même. La gestation du noyau 7.3 est ainsi marquée par des Release Candidates plus volumineuses qu’habituellement, chacune corrigeant une longue liste de problèmes. Linus Torvalds himself se sert couramment de l’IA (Claude en l’occurrence) pour des correctifs et autres améliorations.

L’Europe veut rendre les lunettes connectées beaucoup moins discrètes

14 octobre 2026 à 06:27
Souriez, vous êtes filmés à votre insu
L’Europe veut rendre les lunettes connectées beaucoup moins discrètes

Ne pas interdire les lunettes connectées mais en encadrer très fermement les usages : c’est en substance la déclaration adoptée par le Comité européen de la protection des données. Le régulateur veut imposer davantage de transparence à ces appareils qui se fondent dans le décor, mais rappelle aussi que leurs porteurs engagent leur responsabilité.

Le Comité européen de la protection des données (EDPB) a adopté une déclaration sur les lunettes connectées de type Meta Ray-Ban. Ces appareils font couler beaucoup d’encre en raison des menaces qu’ils font peser sur la vie privée et de leur utilisation malveillante (les fameuses « pervert glasses »). Le régulateur liste un certain nombre de recommandations pour les constructeurs, mais aussi pour les utilisateurs qui doivent prendre leur responsabilité.

Lorsque l’usage dépasse le cadre strictement personnel, ils peuvent eux-mêmes être soumis aux obligations du RGPD. Ce qui signifie informer clairement et explicitement les personnes alentour lors de l’utilisation de leurs montures, en particulier quand elles enregistrent de la vidéo et du son.

« Les utilisateurs de lunettes connectées devraient toujours veiller à respecter la vie privée et la dignité des autres personnes, et à ne pas entreprendre avec leurs lunettes connectées d’actions susceptibles de leur porter préjudice. Informer explicitement les autres personnes de l’utilisation de lunettes connectées est pertinent à cet égard. »

C’est d’autant plus nécessaire dans « certains contextes », comme dans des établissements de santé, des vestiaires, des piscines, des plages, des toilettes, ou encore là où se trouvent des mineurs. L’EDPB relève aussi que l’utilisation de lunettes connectées sur le lieu de travail peut « soulever des préoccupations concernant la surveillance des employés et la confidentialité des informations de l’organisation, y compris les secrets d’affaires et la propriété intellectuelle. »

Des voyants pas si visibles

Tout traitement de données personnelles entrant dans le champ du RGPD doit reposer sur une base légale valable. Le consentement en fait partie, en particulier quand le droit à l’image est en jeu (l’usage strictement personnel reste, lui, en principe hors du champ du RGPD). Recueillir ce consentement est plus facile à dire qu’à faire, surtout avec des appareils qui savent se fondre dans le décor. C’est pourquoi l’EDPB insiste aussi sur la responsabilité des constructeurs et des fournisseurs de services associés et ce, dès la conception de leurs produits.

« [Les fabricants] devraient envisager de combiner un large éventail de mécanismes de transparence lors de la conception et du développement de lunettes connectées, y compris des mesures qui assurent par défaut une transparence immédiate, au moment même où le traitement a lieu, ainsi que la fourniture des informations requises par le RGPD. »

Concrètement, le Comité évoque des indicateurs visuels et sonores. On connait la diode LED des lunettes Meta qui s’active lors de l’enregistrement vidéo, cela pourrait être un signal audio au moment d’une prise de photo ou des notifications de proximité sur les smartphones. Mais attention : « il est nécessaire de s’assurer [que ces mesures techniques] soient efficaces, impossibles ou difficiles à contourner, et mises à jour chaque fois que nécessaire. »

L’EDPB relève aussi le peu d’efficacité de la loupiote, qui peut être « difficile, voire impossible » à percevoir pour les personnes malvoyantes. Elle peut aussi être confondue avec un reflet ou un éclat de soleil.

Une simple LED ne suffit pas pour la transparence

Alors que les technologies de plus en plus miniaturisées permettent de créer des lunettes connectées ressemblant comme deux gouttes d’eau à des montures classiques, le Comité européen plaide pour l’inverse. « D’autres éléments dans la conception des lunettes pourraient être envisagés afin d’aider les non-utilisateurs à distinguer les lunettes connectées des lunettes ordinaires », explique-t-il.

Parmi les autres mesures que les constructeurs devraient mettre en œuvre, l’EDPB suggère une limitation de l’enregistrement en continu, la réduction des durées de conservation, le floutage ou l’anonymisation des personnes alentour, le traitement direct sur l’appareil quand c’est possible, la désactivation par défaut du stockage persistant quand il n’est pas nécessaire, voire des restrictions géographiques dans les lieux sensibles.

Enfin, l’EDPB appelle au développement de standards communs à l’industrie et à des campagnes de sensibilisation, afin que le grand public puisse identifier ces appareils et « comprendre quel type de traitement de données peut avoir lieu dans différentes situations. »

L’EDPB est un organisme indépendant créé en 2018 qui regroupe les autorités nationales de protection des données des pays de l’Espace économique européen. Il veille à l’application cohérente du RGPD dans les pays de l’EEE. Ses recommandations n’ont pas force de loi, mais elles orientent l’interprétation du règlement par les autorités de protection des données et peuvent aussi éclairer la Commission européenne. La problématique des lunettes connectées a provoqué pas mal de remous en Europe ces derniers mois, d’une interdiction temporaire en Norvège à une campagne de publicité négative très agressive au Royaume-Uni.

Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

14 octobre 2026 à 05:42
L'anarchie devient laboratoire
Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

Xbox prend la vague des portages de jeux infusés à l’IA en lançant un nouveau labo chargé d’explorer ces technologies qui bousculent déjà l’industrie du jeu vidéo.

L’émergence des nouvelles techniques de décompilation, de recompilation et de mash-ups de jeux rendus possibles par l’IA générative n’a pas laissé Xbox indifférent. Le consolier voit ici non pas une menace, mais une opportunité d’expérimenter des technologies qui font exploser les limites des jeux vidéo, en faisant tourner des titres nativement sur des systèmes normalement incompatibles, ou en combinant des univers qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

Au-delà de la question épineuse de la propriété intellectuelle, tout cela demeure très anarchique avec des résultats parfois bizarres qui font enrager les historiques de la scène du modding et du rétro-gaming, assez légitimement d’ailleurs. Eux qui ont passé des années à suer sang et eau pour comprendre les moindres détails du code source des jeux, l’IA y parvient sans broncher et en claquant des doigts ou presque. La décompilation de code par IA est d’ailleurs une problématique que l’on retrouve pour tous les logiciels.

Observer le chaos de près

Xbox ne veut pas laisser passer le train, et vient donc de lancer une nouvelle structure, Xbox Labs, qui regroupe « un petit groupe de créateurs de jeux, d’ingénieurs et de scientifiques dont le rôle est de transformer les idées émergentes en expériences concrètes pour nos joueurs et nos développeurs », explique Asha Sharma, la directrice générale de la division de Microsoft.

« Ces dernières semaines, nous avons vu des jeux rapidement décompilés puis reconstruits pour fonctionner sur du matériel pour lequel ils n’avaient jamais été conçus à l’origine », explique-t-elle. « Des versions Windows PC ont été traduites pour tourner sur Apple Silicon », comme par exemple ce portage natif de la version Windows (x86) d’Alan Wake 2 sur un Mac M3 Ultra (Arm) réalisé par Gemini 4 Argon. On voit aussi des jeux tourner dans des navigateurs web, à l’image du premier Halo. « Plus surprenant peut-être, nous avons vu nombre des plus grands jeux au monde être remixés dans le code source d’un autre. »

Pour Asha Sharma, cette effervescence et ces expérimentations sauvages « remettent en cause des idées longtemps tenues pour acquises dans notre industrie : le lien entre logiciel et matériel, la frontière entre création et jeu, et la façon dont les gens découvrent et vivent les jeux. »

Le diagnostic est correct, mais le rôle des Xbox Labs dans tout ça reste très flou pour le moment, et le site web ne permet que de s’enregistrer dans la mailing list. « Nous construirons ouvertement, apprendrons de ce que les gens font, et mesurerons notre réussite à l’aune du nombre croissant de personnes qui jouent et créent », indique-t-elle.

On pourrait imaginer que Xbox ferme les yeux sur l’exploitation sauvage de ses franchises, et pourquoi pas facilite la vie des « créateurs » en fournissant du code source. Pour la dirigeante, il est facile d’entrevoir « tout le potentiel qu’il y a à rendre les grands jeux plus accessibles, à donner une nouvelle vie aux anciens titres et à permettre à davantage de joueurs de devenir créateurs et cocréateurs. » Tout cela, ce sont « indéniablement » de bonnes nouvelles, même si elles remettent en question les modèles économiques existants « et parfois précisément parce qu’elles le font. »

Reçu — 13 octobre 2026 ⏭ Next - Articles gratuits

NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

13 octobre 2026 à 16:23
L'IA sur ordonnance
NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

Doctolib, déjà très impliqué dans le développement d’outils basés sur l’IA, appuie encore sur le champignon grâce à un investissement de NVIDIA. Le géant américain prend une participation minoritaire au capital de la plateforme française.

Aucun chiffre n’a été révélé dans la communication de Doctolib, mais cet investissement du mastodonte de l’IA va au delà du symbole même si les sommes en jeu sont une goutte d’eau pour les finances de NVIDIA. Il s’agit en effet « d’accélérer nos recrutements et nos développements IA », déclare Stanislas Niox-Chateau, le cofondateur et directeur général de la plateforme. Elle aura aussi accès aux experts de NVIDIA qui épauleront « la centaine de scientifiques, ingénieurs et designers » qui développent ces solutions IA.

Doctolib utilise les technologies NVIDIA depuis un an pour concevoir ses propres modèles IA « avec le plus haut standard de précision médicale ». Ils sont utilisés dans les agents IA proposés par l’entreprise aux soignants « pour les aider à mieux soigner ».

Une piqûre de NVIDIA

L’assistant de consultation, qui s’appuie sur un modèle de reconnaissance de la parole spécialisé dans la langue française et le vocabulaire médical, a documenté plus de 12 millions de consultations. Des assistants IA spécialisés dans la facturation, le secrétariat, la gestion documentaire et la codification, sont également disponibles pour les professionnels de la santé.

Cet investissement de NVIDIA permettra d’étendre la disponibilité de l’assistant IA personnel des patients. Testé actuellement par 400 000 Français, il sera proposé à tous les utilisateurs en 2027.

Voir NVIDIA investir directement dans Doctolib peut soulever des craintes concernant la souveraineté et la gestion des données. Au mois de juin, la plateforme nous avait assuré qu’elle ne livrait pas les informations de ses utilisateurs aux grands acteurs américains de l’IA. En juillet, elle amorçait la pompe de ces mêmes données pour ses recherches en IA, sans demander de consentement.

Ces problématiques – de souveraineté en particulier – et les controverses qui s’en sont suivies ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Doctolib précise ainsi que l’argent de NVIDIA va servir à accélérer le développement de modèles à poids ouverts et open source, « et investir encore davantage dans les infrastructures européennes qui les font fonctionner. »

Un investissement symbolique ?

D’après le Figaro, la prise de participation de NVIDIA se ferait à hauteur de quelques millions d’euros, une entrée au capital symbolique si l’on compte que Doctolib était valorisée aux alentours de 3,6 milliards d’euros en avril dernier.

L’annonce a été faite par Jensen Huang, de passage à Paris mardi 13 octobre, avant la conférence GTC de Berlin dont il donnera le coup d’envoi le 21 octobre prochain.

Mise à jour 20 h — Il n’y a pas que Doctolib. Entalpic, Genesis AI et Pigment vont eux aussi bénéficier d’un coup de pouce financier de NVIDIA. Entalpic développe des matériaux avancés pour les semi-conducteurs, Genesis AI conçoit des robots dopés à l’IA, et Pigment a créé une plateforme de planification pour les entreprises.

Elon Musk est devenu le plus gros donateur républicain de l’histoire des États-Unis

13 octobre 2026 à 15:07
Money must be funny
Elon Musk est devenu le plus gros donateur républicain de l’histoire des États-Unis

En amont des élections de mi-mandat qui doivent se tenir en novembre aux États-Unis, Elon Musk a déjà donné plus d’argent au parti républicain que pendant la campagne de l’élection présidentielle de 2024.

267 millions de dollars, c’est le montant déversé à bas bruit par Elon Musk dans divers groupes Républicains et dans son super PAC (comité d’action politique) depuis le mois de juin.

De même qu’en amont de l’élection présidentielle qui s’est tenue aux États-Unis en novembre 2024, l’homme le plus riche du monde utilise sa fortune pour influencer les élections de mi-mandat qui se tiendront dans quelques semaines dans le pays, qui a Donald Trump à sa tête pour la deuxième fois.

Dans le détail, le patron de SpaceX a versé 159 millions de dollars au Senate Leadership Fund, le principal Super PAC de soutien aux candidats républicains du Sénat local. À elle seule, cette opération représente la plus grosse donation politique de l’histoire des États-Unis, indique le New-York Times. Mais Elon Musk a aussi mobilisé l’America PAC, qu’il avait créé en 2024.

Si l’on étudie ses donations sur une année calendaire, alors Elon Musk a déjà donné 366 millions de dollars pour favoriser des politiques, républicaines, soit plus que les 290 millions de dollars versés pour la dernière élection présidentielle.

Un avantage financier net sur le camp démocrate

Cet été, le multimilliardaire avait donné plus de 76 millions de dollars à son America PAC. Cet argent a servi à financer la diffusion du programme républicain à travers le pays, pour parvenir à toucher de potentiels électeurs difficiles à atteindre. L’organisation politique est directement active dans sept batailles sénatoriales, et dans plus d’une trentaine d’autres pour des sièges à la Chambre des représentants (équivalent de l’Assemblée nationale au sein du Congrès des États-Unis).

Face à ce flot d’argent, aucun milliardaire soutien du camp démocrate ne dépense autant. En termes strictement financiers, donc, le parti républicain jouit d’un avantage certain. Et ce, quand bien même Elon Musk avait annoncé qu’il serait nettement moins présent dans la politique des États-Unis en mai 2025, à l’issue de son expérience du DOGE, cet éphémère « ministère de l’efficacité gouvernementale ».

Si cette époque s’était soldée par de nettes frictions entre lui et Donald Trump, leurs relations se sont visiblement suffisamment réchauffées pour qu’il finance les fonds pré-cités, ainsi qu’une série d’autres organisations comme le Congressional Leadership Fund (dédié aux élections au sein de la Chambre des représentants), le Lone Star Liberty PAC (qui soutient le candidat républicain texan au Sénat), et quelques autres.

Focalisation texane

Certains sujets très liés à ses activités sont devenus le cœur de débats politiques dans diverses régions des États-Unis. C’est notamment le cas des centres de données, dont les plus gros sont accusés d’accélérer la pollution et de tirer à la hausse le prix de l’électricité par les riverains. En la matière, SpaceXAI s’est notamment illustrée en lançant la construction rapide de Colossus et Colossus 2, deux supercalculateurs dédiés à alimenter le robot Grok, dont une large partie de l’énergie est tirée de turbines à gaz.

Certains sondages donnent même le candidat démocrate gagnant au Texas, État historiquement très républicain, et où Elon Musk a déplacé en 2024 le siège social des ses entreprises avant de s’arranger pour transformer le site de SpaceX à Boca Chica en ville à part entière.

Sur place, l’homme le plus riche du monde a donc directement financé l’impression et la distribution de tracts dans des milliers de foyers dont le message interroge par exemple : « Des Démocrates radicaux socialistes gagnent les élections partout en Amérique. Le Texas sera-t-il le prochain ? » À ce tractage, s’ajoute le financement d’actions de mailings, d’appels téléphoniques ou de SMS politiques, dont le contenu s’attelle le plus généralement à diminuer le camp démocrate. De tels efforts centralisés sur un seul État, dans une campagne de mi-mandat, sont relativement inhabituels, souligne le New York Times. Habituellement, les candidats locaux recourent plus simplement à des publicités télévisées.

Sur place, les financements de Musk se distinguent par ailleurs par leur focalisation sur des habitants conservateurs susceptibles de passer leur tour le jour du vote, plutôt que sur des électeurs indécis. Pour toucher ces personnes, l’entrepreneur impose à ses troupes de mobiliser toute une rhétorique antitrans. L’une des filles d’Elon Musk est elle-même trans, et a pris publiquement la parole sur leurs oppositions personnelles et politiques, tandis que son père a laissé entendre que la transition de son enfant avait joué un rôle dans son implication grandissante dans les affaires politiques.

Par rapport aux années récentes, l’activisme politique d’Elon Musk a muté. En privé comme en public – notamment sur X, où il n’a mentionné le sujet qu’une poignée de fois dans les dernières semaines –, il semble aborder beaucoup moins fréquemment le sujet qu’il ne le faisait en amont de l’élection présidentielle. Pour autant, les montants publiquement connus de ses donations montrent qu’il reste impliqué. Les 276 millions de dollars dépensés ces derniers mois ne sont que la face émergée d’un iceberg plus vaste : par l’intermédiaire de groupes qui n’ont pas l’obligation de faire la transparence sur la source de leurs financements, Musk aurait fait des donations de l’ordre du million de dollars à destination de certains candidats.

Apple laisse son nouvel écran connecté HomeView à la porte de l’UE

13 octobre 2026 à 14:49
Pas de maison connectée pour les Européens
Apple laisse son nouvel écran connecté HomeView à la porte de l’UE

Apple lance sa nouvelle offensive pour la maison connectée. Apple TV, HomePod mini, gamme d’objets connectés, et surtout un appareil complètement inédit dans la gamme du constructeur, le HomeView, tour de contrôle de tout ce petit bazar… Hélas, cet écran connecté ne sera pas commercialisé dans l’Union européenne.

La rumeur disait donc vrai depuis des mois, voire des années : Apple mitonnait bien un écran connecté à poser sur le comptoir de la cuisine, la table de nuit ou encore à poser au mur. Le HomeView ressemble à une combinaison d’Apple Watch avec un iPad : c’est un écran carré de 6,98 pouces (1 088 x 1 088, 220 ppi).

Image : Apple

L’appareil embarque un système True Tone, qui ajuste la température de couleur de l’écran selon la luminosité de la pièce. Il est doté d’une luminosité de 500 nits maximum et de 0,3 nit minimum (une précision utile pour ceux qui l’installeront dans la chambre).

Le petit tableau de bord de la maison

Un capteur photo de 12 mégapixels avec fonction de Cadre centré – elle « suit » les mouvements de l’utilisateur –, secondée par quatre micros seront utiles pour les appels vidéo FaceTime. La caméra est également capable de reconnaissance faciale et les micros de reconnaissance vocale : chaque membre du foyer pourra ainsi être identifié par l’appareil. Ce dernier affichera alors les informations personnelles de chacun, ainsi que leurs interfaces (jusqu’à 6 comptes iCloud pris en charge).

Image : Apple

L’engin fonctionne avec une puce A18, a priori la même que dans l’iPhone 16 (restons prudents, il arrive qu’Apple module le nombre de cœurs GPU en fonction du produit). L’interface ressemble un peu aux cadrans de l’Apple Watch, avec de nombreuses possibilités de personnalisation. Pas d’App Store pour le HomeView, mais une batterie d’apps maison : FaceTime évidemment, mais aussi Messages et Safari.

Une poignée d’apps tierces seront tout de même disponibles, comme Spotify. Apple a fait un choix intéressant : les apps compatibles CarPlay pourront s’afficher sur le HomeView. Le constructeur veut surtout faire de cet appareil la démonstration des capacités de Siri AI… pour peu que chaque habitant de la maison possède un iPhone ou un iPad compatible. L’appareil est tout de même capable d’utiliser l’assistant en solo pour répondre à des questions sur l’actualité et la découverte musicale.

Image : Apple

Cet écran se décline en deux versions : la première avec une base qui lui donne un petit air d’iMac « tournesol », il est même possible d’ajuster l’angle de la dalle. Si l’appareil embarque son propre système audio (deux haut-parleurs), la base améliore la qualité audio en y ajoutant des basses plus imposantes. La seconde permet de l’accrocher à un mur, mais Apple n’a pas jugé nécessaire d’inclure le système d’accrochage, qui est donc vendu séparément. Les prix des fixations vont de 59,95 à 129,95 dollars tout de même. De plus, le HomeView ne peut même pas être utilisé comme petite tablette puisqu’il doit être branché à une prise électrique.

Dans les deux cas, le prix est le même : 299 dollars. Pas la peine de faire chauffer la carte bancaire tout de suite : non seulement la commercialisation ne débutera qu’à partir du 13 novembre (les précommandes débutent aujourd’hui), mais surtout le HomeView ne sera pas disponible dans l’Union européenne.

L’entreprise est toujours aux prises avec la Commission européenne sur le cas Siri AI ; « Apple collabore activement avec l’UE pour tenter de trouver une solution », explique-t-elle dans un communiqué perfidement traduit et publié sur son site français.

Les Apple TV et HomePod flambent

Qui dit maison connectée, dit accessoires en tout genre. Avec l’« Apple Home Collection », le constructeur lance une série de produits domotiques : caméras d’intérieur et d’extérieur, thermostats, sonnettes vidéo, serrures, capteur d’humidité. Ce ne sont cependant pas des appareils avec un logo de pomme au dos : l’entreprise a préféré faire appel à des partenaires pour les fabriquer, en l’occurrence LG et Schneider Electric.

Image : Apple

Tous ces produits prennent en charge le protocole réseau basse consommation Thread ainsi que la plateforme Matter, et fonctionnent évidemment main dans la main avec Siri. La disponibilité de ces accessoires débutera en décembre, du moins aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. L’UE est encore exclue de la fête.

Apple profite de l’occasion pour dévoiler de nouveaux Apple TV et HomePod mini qui ont chacun la même particularité amusante : ils sont hors de prix. La box de streaming est désormais proposée à 349 euros, soit 50 euros de plus que le précédent modèle – qui avait pris 110 euros (!) dans la vue au mois de juin. La version 64 Go a disparu du catalogue, ce qui aurait permis de réduire un peu le feu de la facture.

Pour ce prix, le boîtier intègre 128 Go de stockage, une puce A19 (celle qui motorise l’iPhone 17), le support du Wi-Fi 7 et du Bluetooth 6, et on peut aussi y brancher jusqu’à 4 HomePod. Apple met surtout en avant Siri AI (ce qui implique au moins 8 Go de RAM)… qui n’est pas disponible dans l’UE. Sur le vieux continent, il faudra se contenter de Siri tout court.

À l’instar de l’Apple TV, le HomePod mini 2 reprend lui aussi le design de son prédécesseur, mais pas son prix : la petite boule audio coûte désormais 169 euros, soit 30 euros de plus qu’auparavant. L’appareil intègre une puce S10, une nouvelle fonction d’illumination sonore qui s’anime au rythme de la musique, et peut surtout faire office de haut-parleur par défaut pour un Mac (l’enceinte peut déjà diffuser du son depuis un Mac en passant par AirPlay).

Le marché des smartphones recule lui aussi de 20 % au troisième trimestre

13 octobre 2026 à 14:03
Les smartphones, ces PC comme les autres
Le marché des smartphones recule lui aussi de 20 % au troisième trimestre

Quelques jours après les chiffres sur le marché des PC, ceux des smartphones révèlent une réalité quasi identique : un fort recul, entrainé largement par la hausse spectaculaire des prix de la mémoire vive.

Le 9 octobre, nous indiquions que le marché des PC avait plongé de 20 %, chiffre que l’on retrouvait chez plusieurs cabinets d’analyse, dont IDC et Omdia (anciennement Canalys). Ce chiffre correspondait au recul des expéditions mondiales, comparé à celui du troisième trimestre 2025. Ce recul brutal était expliqué en grande partie par le prix de la RAM et, dans une moindre mesure, par celui de la NAND (utilisée dans les SSD). Selon Omdia, le prix du duo RAM-NAND représente 40 % de celui d’un PC neuf en moyenne, contre 15 % un an plus tôt.

PC, smartphones, même combat

Sans trop de surprise, la situation est identique pour les smartphones. Les chiffres publiés par Counterpoint montrent la même ampleur : le troisième trimestre a enregistré une chute de 20 % des expéditions mondiales par rapport au même trimestre l’année dernière. Le cabinet d’analyse met amplement en avant les tarifs de la RAM comme facteur principal, avec à la clé une augmentation moyenne de 20 % des prix des smartphones depuis le début.

La situation est semblable sur d’autres points. Sur le marché PC, cette dégringolade n’a entraîné aucun remaniement dans le classement des plus gros constructeurs. Il en va de même pour les smartphones, Samsung restant en première place avec 23 % de parts de marché, Apple étant juste derrière avec 22 %. Les deux entreprises ont perdu des plumes, mais moins que leurs concurrents. Xiaomi, par exemple, chute lourdement avec une baisse de plus de 30 % sur un an.

Pour Apple, les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises, car c’est la première fois que la société de Cupertino dépasse la barre des 20 % à l’échelle mondiale sur un troisième trimestre. Deux raisons sont avancées par Counterpoint. D’abord, l’absence d’iPhone 18 non Pro, se traduisant par des approvisionnements moindres des distributeurs et donc des livraisons moindres. Ensuite, la hausse des prix n’est arrivée qu’en fin de trimestre. Les iPhone 18 Pro et Pro Max ayant connu un meilleur démarrage que leurs prédécesseurs (surtout en Chine), Apple arrive à s’en sortir.

Counterpoint confirme également que le haut de gamme s’en sort mieux que l’entrée et le milieu de gamme. En aout dernier, nous indiquions déjà que la crise de la mémoire plombait ces segments. À eux seuls, la RAM et la NAND peuvent représenter les deux tiers du prix d’un appareil, privilégiant les constructeurs ayant investi le secteur premium, dont Samsung et Apple.

Horizon bouché

Peut-on apercevoir une embellie à l’horizon ? Pas vraiment. Si l’on en croit Trendforce, le marché de la NAND pourrait commencer à entrevoir une petite amélioration durant le second semestre 2027, mais celui de la RAM restera très tendu jusqu’à nouvel ordre.

Les habitudes de la clientèle évoluent également, selon Counterpoint : « Les consommateurs conservent leurs appareils plus longtemps que prévu, envisageant de plus en plus les appareils reconditionnés et privilégiant les appareils de plus grande valeur, tandis que les fabricants ajustent leurs portefeuilles, leurs prix et leurs stratégies de marché pour protéger leur rentabilité ».

Mais le cabinet est pessimiste sur la suite pour l’instant : « Une reprise significative des volumes globaux est peu probable tant que les coûts des composants et les conditions d’approvisionnement ne s’amélioreront pas ».

☕️ [màj] Donald Trump renonce à la diffusion de l’exécution d’un condamné à mort

15 octobre 2026 à 15:07


Mise à jour 15/10 – Finalement, une petite lueur d’humanité à la Maison-Blanche. Donald Trump a déclaré sur son réseau social que l’exécution de Nidal Malik Hasan ne sera pas diffusée en direct. « Je pense que diffuser l’exécution en direct, à la vue de tous, aurait pu avoir un puissant effet dissuasif en montrant au monde comment l’Amérique traite les terroristes et les ORDURES comme Hasan », écrit-il dans son style habituel. « Mais beaucoup de personnes bien intentionnées préféreraient ne pas le regarder mourir (…). Il mourra, comme prévu, fusillé par un peloton d’exécution, mais cet événement ne sera pas diffusé en direct », indique-t-il.

Article original, 13/10 – Le 3 décembre, Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé à Fort Hood. C’est le résultat d’une condamnation après que ce dernier a assassiné 13 personnes sur les lieux, en 2009. Approuvée début octobre par la Maison-Blanche, une telle mise à mort par un peloton d’exécution serait une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le 8 octobre, le Pentagone a par ailleurs annoncé que cette exécution serait publique, c’est-à-dire filmée et diffusée en direct. D’après le New-York Times, une telle publicité « n’a pas été mise en place aux États-Unis depuis près d’un siècle ».

Les réactions ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. L’ONU a déclaré qu’un tel projet relevait de la torture, son porte-parole déclarant la perspective « qu’un gouvernement exécute quelqu’un en public, devant des caméras en direct » de « franchement odieuse ».

Le ministre de l’Environnement australien a qualifié le projet d’ « immonde » – il a globalement été suivi par tous les bords politiques –, tandis que le commissaire à la sécurité numérique locale a déclaré que les « services numériques avaient la responsabilité de protéger les utilisateurs des contenus dangereux, en vertu des réglementations australiennes relatives à la sécurité en ligne ».

Illustration : Flock

Dans une même logique, l’Union européenne a averti les plateformes numériques : à elles d’appliquer « avec diligence leurs propres règles d’utilisation », a indiqué le porte-parole de la Commission Thomas Regnier.

Et de souligner que Meta « interdit explicitement la diffusion en direct des exécutions capitales », tandis que « X et TikTok interdisent les contenus choquants ou faisant l’apologie de la violence ». Citant le Règlement sur les services numériques, il a rappelé l’existence de « règles claires » en Europe, qui lui permettraient d’éviter la diffusion d’une exécution si les plateformes ne la limitaient pas d’elles-mêmes.

Plusieurs chefs religieux ont aussi pris la parole, du pape Léon XIV, qui condamne la peine de mort, à l’archevêque de l’armée états-unienne, qui a appelé les soldats catholiques à refuser de participer au peloton d’exécution, dans la mesure où la peine de mort est contraire à leurs enseignements religieux.

Devant cette levée de boucliers, le vice-président JD Vance a exprimé des doutes sur la probabilité que l’exécution soit effectivement diffusée en direct et en ligne. Donald Trump lui-même, après avoir clairement « approuvé » le projet devant les médias, a finalement déclaré qu’il « prendrait une décision » sur le sujet, dans un futur indéterminé.

☕️ No Man’s Sky va débarquer sur iPhone et iPad

13 octobre 2026 à 10:32


Le studio Hello Games est connu pour l’une des plus belles « remontadas » du jeu vidéo. No Man’s Sky, à sa sortie il y a dix ans, était bien loin des promesses faites pendant son développement, notamment par le fondateur et patron de l’entreprise, Sean Murray. Hello Games n’a cependant pas lâché l’affaire : le titre a accumulé des dizaines de mises à jour de contenu gratuites. Aujourd’hui, les annonces sur X sont souvent suivies de plaisanteries par des joueurs « suppliant » Sean Murray de les laisser payer pour du contenu.

Le titre s’est également fait un nom en sortant sur de nombreux supports : Windows d’abord, puis macOS et finalement toutes les consoles. Sur Linux, le jeu fonctionne via Proton. Et voilà que le studio veut franchir une nouvelle étape : porter le jeu sur iOS.

Dans sa vidéo d’annonce, Sean Murray indique que l’idée est venue d’abord sous forme de défi technique, comme pour les portages en réalité virtuelle et sur la première Switch. Sur iOS, le jeu serait maintenu sous la barre des 4 Go et aurait un impact limité sur l’autonomie (ce qui reste bien sûr à confirmer).

Il y aura toutefois des limitations. Certes le jeu embarquera l’ensemble des contenus déjà disponibles sur les autres plateformes (y compris la construction des corvettes), mais il sera dépourvu de multijoueur. En outre, les colonies planétaires ne seront disponibles que sur les iPhone 15 Pro ou des modèles plus récents. Pour le reste, le jeu réclame iOS ou iPadOS 26 avec une puce A12 au moins. Côté smartphones, cela correspond à l’iPhone 11.

Le jeu sera disponible le 29 octobre pour 19,99 dollars, accompagné d’une démo jouable. La fiche sur l’App Store permet de le réserver, l’achat se faisant a priori sous forme in-app depuis la démo. Le titre est également mis à l’honneur par Apple dans le communiqué de lancement de son Indie Game Week.

Epic Games reporte son jeu Disney et bascule en mode « AI first »

13 octobre 2026 à 09:47
« Survivre »
Epic Games reporte son jeu Disney et bascule en mode « AI first »

Epic Games travaillait sur un jeu de tir réunissant des personnages des univers Marvel et Star Wars, mais le titre n’a désormais plus de date de sortie. Parallèlement, les développeurs du titre auraient reçu pour consigne d’utiliser désormais l’IA pour l’ensemble du code et des visuels.

La coopération entre Epic Games et Disney devait accoucher d’un jeu de tir en mars 2027. Selon Bloomberg, ce titre aurait accumulé un retard significatif, au point de ne plus avoir de date de sortie. Si ce retard fait désormais autant parler, c’est pour la réponse d’Epic Games à ce problème : laisser faire l’IA autant que possible.

Epic Games confirme

Selon nos confrères, les développeurs auraient reçu de nouvelles consignes. La principale serait de laisser l’écriture du code et la production des visuels à des outils comme Claude (Anthropic), les développeurs étant alors chargés d’encadrer et d’orienter le contenu fourni par les LLM. Une partie du personnel s’interrogerait sur la manière dont les erreurs de l’IA seront corrigées et douterait de la réussite de l’initiative, ajoute Bloomberg.

Sans aller dans les détails, Epic Games a confirmé ce passage renforcé à l’IA. Jake Jones, directeur de la communication, a ainsi déclaré que l’entreprise adoptait effectivement un développement accéléré par l’IA, piloté par ses propres développeurs.

Tim Sweeney en personne, fondateur et dirigeant du studio, a réagi sur X à ce sujet :

« Nous effectuons un virage stratégique majeur ici chez Epic, en réorganisant les développeurs pour les réorienter vers une accélération maximale de l’IA. L’objectif n’est pas de faire les mêmes choses avec moins de personnes, mais de permettre à tout le monde ici de construire PLUS et MIEUX de choses, et d’apporter ces avantages à toutes les équipes utilisant Unreal »

Disney, en revanche, n’a pas commenté.

Une conviction ancienne

Les positions du patron d’Epic Games sur l’IA sont connues depuis longtemps. En juin dernier par exemple, Tim Sweeney avait défendu chez IGN l’idée que de petites équipes seraient bientôt capables de bâtir de vastes mondes peuplés de personnages aux dialogues générés. En novembre 2025, il s’en était pris aux mentions d’usage de l’IA exigées par Steam, les jugeant inutiles. Il estimait que ces outils interviendraient dans presque toutes les productions.

Ces prises de position ont cependant une saveur différente quand on les replace dans le contexte économique d’Epic Games. La société a procédé à plus d’un millier de licenciements en mars 2026, évoquant alors un contexte général difficile pour l’industrie du jeu vidéo, avec une croissance ralentie, des investissements plus faibles ou encore un plafonnement des ventes de consoles. La baisse de popularité de Fortnite était également un élément important dans cette communication.

Toutefois, Tim Sweeney assurait que les LLM n’étaient pas responsables de ces licenciements : « Puisque le sujet est désormais d’actualité, je tiens à préciser que les licenciements ne sont pas liés à l’IA. Dans la mesure où elle améliore la productivité, nous souhaitons disposer d’un maximum de développeurs talentueux pour créer du contenu et des technologies de pointe. »

Le contrat avec Disney

Le partenariat avec Disney occupe probablement une place centrale dans cette stratégie. Annoncé en février 2024, il s’est accompagné d’une prise de participation de 1,5 milliard de dollars de Disney dans Epic. L’ambition était claire : construire un univers persistant relié à Fortnite en puisant dans les licences Marvel et Star Wars. Ce partenariat avait cependant rencontré un couac lié à l’IA dès mai 2025, quand un Dark Vador à la voix synthétique avait proféré des grossièretés dans Fortnite avant qu’un correctif ne soit déployé, comme l’indiquait alors Ars Technica.

Selon Bloomberg, il s’agit de la première tentative d’un grand éditeur de fonder un jeu principalement sur l’IA. L’article rappelle d’ailleurs l’enquête annuelle de la Game Developers Conference, menée début 2026 auprès de plus de 2 300 professionnels. Elle montrait l’écart avec les usages courants : 36 % des répondants utilisaient l’IA générative dans leur travail, essentiellement pour la recherche et la réflexion préalable (81 % d’entre eux), loin devant l’aide au code (47 %) et le prototypage (35 %).

Cette enquête comportait en outre un résultat marquant : la proportion de développeurs estimant que l’IA générative avait un impact négatif sur l’industrie avait bondi de 30 % en 2025 à 52 % cette année. « Les travailleurs des arts visuels et techniques (64 %), du game design et du narratif (63 %) et de la programmation (59 %) ont les opinions les plus défavorables », ajoutait le rapport.

Des chiffres à relier au scepticisme évoqué par Bloomberg chez les employés d’Epic Games après réception des nouvelles consignes. Selon plusieurs personnes interrogées (qui ont tenu à garder l’anonymat), l’annonce ferait l’objet de nombreuses plaisanteries sarcastiques, d’autres estimant plus sérieusement que le studio n’aura pas les bénéfices escomptés, notamment à cause des erreurs propres aux IA génératives.

Tim Sweeney ne semble pas se faire d’illusion sur la transformation en cours. Interrogé sur la possibilité qu’une telle bascule puisse accélérer une entrée en bourse, le patron a répondu sur X : « Notre objectif plus modeste est de survivre à la révolution de l’IA, d’aider d’autres développeurs à faire de même, et d’en ressortir en produisant un meilleur code et un meilleur contenu plus rapidement ».

Pour le FMI, une chute des cours de l’IA menacerait la stabilité financière mondiale

13 octobre 2026 à 08:59
Les sept dangers publics
Pour le FMI, une chute des cours de l’IA menacerait la stabilité financière mondiale

Alors que les gains économiques produits par l’IA « pourraient ne pas être aussi importants que prévus », le FMI souligne le fait qu’une correction des actifs spécifiques à ce marché pourrait avoir des répercussions sur la stabilité financière mondiale.

Une chute des cours des sociétés constructrices d’intelligence artificielle, en provoquant des secousses sur les marchés mondiaux, pourrait mettre la stabilité financière planétaire en danger, indique le FMI.

Dans son rapport bisannuel sur la stabilité financière dans le monde, l’institution internationale relève trois principaux risques, dont deux liés à l’industrie technologique : une potentielle correction des prix des actifs liée à « une diminution ou une moindre pérennité des investissements et de la rentabilité dans l’intelligence artificielle », une résurgence de l’inflation ou d’inquiétudes budgétaires susceptibles de faire grimper les rendements d’obligations souveraines. Mais elle évoque aussi les risques grandissants que font peser les cybermenaces sur les services financiers, dans la mesure où ces derniers sont « de plus en plus dématérialisés et interconnectés ».

Une correction des valorisations de l’IA aurait des conséquences mondiales

« Les conséquences d’une correction de l’IA pourraient être mondiales », indique le rapport. Le FMI relève par ailleurs qu’un nombre croissant d’éléments laissent supposer que les capacités de l’IA peuvent être fournies grâce à des niveaux d’investissement « plus faibles » que ceux constatés actuellement, et que les « gains économiques potentiels pourraient ne pas être aussi importants que prévus ».

Il souligne aussi que les effets de levier pourraient « exacerber le choc » d’une correction financière. En la matière, le FMI souligne trois principaux effets de levier. Le premier concerne les investissements dans des centres de données hyperscalers, dont la part dans les émissions mondiales d’obligations « investment-grade » (c’est-à-dire notées entre AAA et BBB- par les sociétés de notation, donc jugées à faible probabilité de défaut de remboursement) est passée de 1 à 10 % depuis 2024.

Par ailleurs, les économies avancées ont globalement augmenté leur exposition à des actions liées à l’intelligence artificielle, le plus souvent via des actions de fonds spéculatifs. Enfin, et toujours sur la même période, les investisseurs particuliers ont aussi augmenté leur exposition à effet de levier aux actions du secteur de l’IA par l’intermédiaire de fonds négociés en bourse (ETF).

Le FMI ajoute que le mode de financement interne de l’industrie de l’IA renforce ces risques généraux. En la matière, il étudie le cas des 14 entreprises et relève qu’à elles seules, depuis 2023, ces dernières ont réalisé 300 milliards de dollars d’investissements les unes dans les autres.

Tous les marchés ne sont pas exposés de la même manière aux risques d’une correction des valorisations de l’industrie de l’IA. Les économies asiatiques, en particulier la Corée du Sud et Taïwan, sont les plus exposées, tandis que l’Union européenne et le Royaume-Uni, comme les marchés émergents, le sont moins. Pour autant, le FMI souligne qu’en cas de tension du marché de l’IA, même une exposition relativement faible pourrait exposer à des effets rebonds, ne serait-ce que via la détention d’actions états-uniennes.

Le rôle des fonds spéculatifs en question

Au lancement du rapport, le directeur adjoint du FMI Athanasios Vamvakidis a souligné que l’exposition mondiale aux actifs états-uniens était « plus haute qu’elle n’avait jamais été ». Or, sept entreprises seulement, quelquefois réunies sous le sobriquet de « sept magnifiques », concentrent à elles seules 35 % de la valorisation de l’indice S&P 500, qui réunit les 500 plus grandes sociétés cotées sur les bourses des États-Unis. Ces sept entreprises sont Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla.

Le rapport s’arrête par ailleurs sur le rôle des fonds spéculatifs, qui « deviennent des acteurs de plus en plus importants sur les marchés financiers mondiaux ». S’il est décrit comme encore « relativement modeste », ce secteur détient néanmoins trois fois plus d’actifs qu’en 2013, autour de 13 000 milliards de dollars. Et s’il peut avoir un « effet positif sur la liquidité de marché, le processus de détermination des prix et le partage des risques en période calme », il est décrit comme susceptible d’ « accroître la volatilité » et de « menacer la liquidité » en période de tension.

Sur le plan cyber, l’institution souligne qu’une attaque majeure qui affecterait des systèmes de paiement, d’échanges en bourse, ou qui empêcherait d’accéder à des dépôts « pourrait causer des pertes immédiates et diminuer la confiance ». Si elle visait un acteur central, que ce soit une banque majeure, ou même un fournisseur de cloud ou d’autres services numériques essentiels au secteur financier, alors la crise pourrait facilement muter en « choc de confiance plus large » ou perturber « l’octroi de crédits et la prestation de services financiers », ce qui pourrait créer des tensions en cascade.

En la matière, elle souligne la numérisation croissante des activités et l’augmentation des surfaces d’attaque qui en découle ; la dépendance croissante, elle aussi, « à un nombre limité de fournisseurs technologiques critiques » ; et la constante sophistication des attaques. Si elle salue la résilience des plus grandes banques, elle souligne que de nombreux acteurs plus petits sont moins bien préparés.

Le FMI appelle notamment les pouvoirs publics à « maîtriser les effets de levier dans les expositions liées à l’IA lorsqu’ils sont excessifs » et à concentrer en priorité les actions de cyberrésilience « sur la continuité des services essentiels, en renforçant les capacités en matière de cybersécurité, le signalement des incidents, la surveillance des risques liés aux tiers et les tests de résilience ».

Meta revient dans la course aux modèles frontière avec Muse Wonder

13 octobre 2026 à 06:22
Hysteria
Meta revient dans la course aux modèles frontière avec Muse Wonder

Meta a lancé lundi Muse Wonder, sa nouvelle famille de modèles de pointe dont les performances rivalisent avec celles d’Opus 5.5 et de GPT-6. Les modèles concernés, présentés comme particulièrement doués pour les tâches au long cours et les missions déléguées à un agent, sont accessibles via API ou au travers d’un abonnement Muse Code.

Après de multiples redémarrages, des restructurations et des (dizaines de) milliards de dollars investis dans son Meta Superintelligence Labs, la maison-mère de Facebook affirme être revenue dans la course aux modèles de pointe. Meta a en effet présenté lundi 12 octobre une famille de deux grands modèles de langage généralistes baptisée Muse Wonder, dont les performances sont censées tenir la dragée haute aux références concurrentes que sont Opus 5.5 chez Anthropic et GPT-6 Astra chez OpenAI.

« La série Muse Wonder atteint des résultats de pointe sur les principaux critères de référence pour les agents personnels et professionnels, la mémoire et le code », revendique Meta, qui affirme avoir consacré 14 mois de travaux à ces nouveaux modèles, entraînés dans son premier datacenter majeur dédié à l’IA, Prometheus.

Un modèle au niveau des concurrents

D’après Meta, la version Muse Wonder Full obtiendrait ainsi un score de 56 dans la suite de tests de performances d’Artificial Analysis, contre 58 pour Claude Opus 5.5 et 53 pour Claude Fable 5.1 ou GPT-6 Astra. La version standard Muse Wonder affiche quant à elle un score global de 52, équivalent à celui de GPT-6.1 Sol et en retrait de seulement 1 point par rapport à Gemini 4 Argon. Le précédent modèle de pointe de Meta, Spark 1.3, culminait quant à lui à 48.

Meta revendique un bond significatif dans le classement Artificial Analysis – crédit Meta

Sur des tests plus spécifiques, Meta revendique (sur la base de ses propres relevés) la première place en code, notamment sur les tâches au long cours, mais aussi en automatisation de processus, en finances ou sur des missions relevant du juridique.

C’est aussi, et surtout, vers l’utilisation de l’IA générative en tant qu’agent que se sont concentrés les efforts de Meta, c’est-à-dire la capacité du modèle à orchestrer et à mettre en œuvre lui-même les ressources nécessaires au traitement d’une requête complexe. Sur ce volet, Meta avance deux optimisations spécifiques.

La première, baptisée Active Memory, consiste en la capacité à se rappeler des échanges passés avec l’utilisateur, pour que le modèle tienne toujours compte du contexte général et des informations données lors de précédentes requêtes. Meta utilise ici une appellation marketing pour une fonction intégrée à tous les modèles concurrents. Elle revendique cependant une efficacité supérieure : en la matière, Muse Wonder obtient un score de 85,6 % sur un benchmark interne, contre 81,5 % pour Opus 5.5 ou 81,4 % pour GPT-6 Astra.

La seconde, Active Focus, relève elle aussi du marketing, puisqu’elle désigne la façon dont le modèle est censé persévérer et explorer des chemins de traverse lors de la résolution d’un problème complexe. Là aussi, Meta met en avant une évaluation interne, qui confère à Muse Wonder Full un score de 54,2 %, contre 47,7 % pour GPT-6 Astra, 45,8 % pour Opus 5.5 et 44,9 % pour Muse Wonder.

Un focus sur les tâches agentiques

D’après Meta, les deux nouveaux modèles présenteraient aussi des capacités d’adaptation intéressantes lorsqu’ils sont confrontés à des requêtes inédites, précisément parce qu’ils ont été entraînés sur un corpus particulièrement large.

« Cette amélioration s’explique par le fait que Muse Wonder et Muse Wonder Full s’appuient sur des modèles de base plus vastes et plus robustes : une base plus solide génère des gains post-entraînement qui se transposent plus efficacement aux tâches inconnues. Cette polyvalence est particulièrement importante pour les agents personnels, qui doivent gérer de nombreuses combinaisons d’objectifs, d’outils et de contraintes – dont certaines ne peuvent être anticipées lors de l’entraînement », décrit l’entreprise.

L’argument n’est pas anodin pour Meta : le groupe commercialise depuis le 8 septembre dernier aux États-Unis l’accès à un agent grand public, Muse, censé pouvoir réaliser des tâches du quotidien (achats en ligne, réservations, réponse aux messages ou aux appels téléphoniques etc.) pour le compte de ses utilisateurs. Initialement basé sur les modèles Muse Spark et souffrant de quelques lacunes, ce dernier devrait rapidement profiter des capacités offertes par Muse Wonder.

En matière de code ou de requêtes dangereuses, Meta assure enfin avoir particulièrement bien protégé ses modèles Muse Wonder, « tout en préservant l’accès aux capacités cyber de pointe à des fins défensives ».

Des prix calés sur ceux d’Anthropic

Si Meta dispose déjà d’une immense base de contacts via ses outils sociaux, reste la question du prix. Au lancement de l’agent de programmation Muse Code, en août dernier, Meta affichait des tarifs très compétitifs pour tenter d’imposer ses modèles Spark face à une concurrence supérieure sur le plan des performances.

4 dollars le million de tokens en entrée, 20 dollars en sortie, Meta a calqué ses prix sur ceux d’Anthropic – capture d’écran Next

Les nouveaux venus s’affichent à un prix censé refléter leur nouvelle promesse. Muse Wonder, doté d’une fenêtre de contexte d’un million de tokens, est facturé 4 dollars le million de tokens en entrée contre 20 dollars en sortie via API, et 0,20 dollar pour la lecture du cache, soit exactement les tarifs pratiqués par Anthropic pour Claude Opus 5.5. La version Wonder Full est quant à elle réservée aux souscripteurs d’un abonnement Muse Code, à partir de la formule « Utilisation intensive » facturée (en France) 42,99 euros par mois.

Notons pour finir que les modèles Muse Wonder sont pour l’instant réservés à Meta, et distribués de façon « fermée » : il n’est pas possible de télécharger les poids ou de les installer en local. Le groupe n’a toutefois pas abandonné l’approche ouverte, mais il faudra à ce niveau se contenter de Muse Glimmer, un modèle moins ambitieux (30 milliards de paramètres), distillé à partir de la famille Muse Spark.

Reçu — 12 octobre 2026 ⏭ Next - Articles gratuits

[MàJ] Des frigos piratés dans les supermarchés à cause d’une console de gestion exposée

12 octobre 2026 à 15:55
Un autre genre de chaine d'approvisionnement
[MàJ] Des frigos piratés dans les supermarchés à cause d’une console de gestion exposée

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates ont pris le contrôle de systèmes de régulation du froid dans plusieurs centaines de supermarchés français. Danfoss, le fabricant danois de ces contrôleurs, affirme que les équipements compromis étaient soit obsolètes, soit non mis à jour. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Mise à jour du 13 octobre : Le CERT-FR a publié cette nuit un bulletin d’alerte sur la situation. « L’exposition d’une interface de gestion sur Internet est contraire aux bonnes pratiques », pointe l’équipe, qui rappelle que l’administration à distance n’est pas toujours impérative. Si c’est le cas, le CERT conseille de durcir les systèmes impliqués et renvoie vers ses recommandations à destination des acteurs du secteur de l’énergie et de l’eau.

Publiées en janvier 2026, elles faisaient suite à de nombreux signalements reçus par l’ANSSI relatifs au ciblage par des groupes hacktivistes d’entités du secteur à des fins de déstabilisation, dont l’action la plus aboutie avait provoqué l’arrêt pendant quelques heures d’un parc éolien.

Si des signes de compromission sont repérés, le CERT recommande de filtrer les accès réseaux aux seuls prestataires impliqués, de réaliser un retour aux paramètres d’usine (factory reset), d’appliquer tous les correctifs disponibles, de lancer une rotation des secrets (dont le renouvellement des mots de passe), de vérifier les comptes existants et de « reconfigurer globalement l’équipement ».

Sur LinkedIn, Vincent Strubel, directeur de l’ANSSI, conseille de déconnecter tout ce qui peut l’être, « ou d’adopter a minima une politique de filtrage réseau très restrictive, en attendant d’en savoir plus ». Les détails manquent en effet sur l’attaque, comme le rappelle Vincent Strubel dans un commentaire sous sa publication : « Il y a plusieurs vulnérabilités qui sont des vecteurs possibles pour cette attaque, mais rien de réellement établi à ce stade ».

En plus des séries AK-SC et AK-SM de Danfoss, le CERT pointe désormais les contrôleurs Copeland xweb et Dixell xweb

Article original du 12 octobre : L’attaque a visé les meubles réfrigérés, les chambres froides et les centrales de froid. Selon BFMTV, les attaquants ont détourné la fonction de dégivrage automatique. Le cycle normal, qui prévoit environ deux heures de dégivrage par jour, aurait été remplacé par un dégivrage forcé et continu, avec une température fixée à 50 °C.

En conséquence, une quantité importante de nourriture a été perdue. L’heure de déclenchement a cependant joué un grand rôle. Dans une partie des magasins, ces modifications auraient commencé avant minuit, laissant les installations chauffer pendant plusieurs heures avant l’arrivée des premiers employés et provoquant la perte complète des stocks. Dans d’autres cas, plus tardifs, une partie des stocks aurait pu être sauvée.

Une centaine de coopératives U seraient concernées, ainsi que 300 magasins des enseignes Intermarché et Netto, selon BFMTV qui mentionne également des magasins Leclerc. Selon le parquet de Paris, cité par Le Monde, il y a également eu des « départs de feu ». Une enquête a été ouverte.

Les contrôleurs Danfoss

Le point commun de ces installations est la présence, au sein des équipements, d’un contrôleur de la marque Danfoss. Ils permettent, entre autres fonctions, une surveillance telle qu’imposée par l’Union européenne. Des normes strictes impliquant un horodatage des températures, des alarmes en cas de hausse anormale ou encore des actions de maintenance à distance, comme le rappelle Raphael Grably (BFMTV) sur X.

Le journaliste a obtenu la réaction du constructeur danois, qui affirme que les modèles visés relèvent de deux cas : soit des contrôleurs obsolètes, les AK-SM 800 et AK-SC 355, soit un contrôleur qui n’avait pas été mis à jour, l’AK-SM 800A.

Cette déclaration réoriente la responsabilité vers les magasins et les entreprises engagées dans la sous-traitance du matériel. L’exposition à internet suppose en effet une surveillance étroite du code employé. L’AK-SC 355 n’étant plus commercialisé, Danfoss recommande son remplacement par la gamme AK-SM 800. Quant à l’AK-SM 800A, l’actuel successeur, il reçoit régulièrement des mises à jour.

Or, ces contrôleurs AK-SM 800A ont fait l’objet de deux séries de failles publiques. D’abord une série de trois failles en août 2023 dans la version 3.3 du microgiciel (firmware). La plus grave permettait à un attaquant authentifié d’exécuter des commandes à distance. Ensuite, en 2025, trois nouvelles failles signalées par la société Claroty, corrigées dans les versions 4.2 et 4.3.1. La plus importante, CVE-2025-41450, permet d’obtenir à distance une session d’administrateur. Dans l’article dédié publié en août dernier, Claroty indiquait que 2 765 interfaces AK-SM 800A étaient alors accessibles depuis internet.

Le lien avec l’attaque de cette nuit n’est cependant pas établi. Une partie des appareils cités par Danfoss, les AK-SM 800 et AK-SC 355, n’entre pas dans le champ de l’étude de Claroty, consacrée au seul AK-SM 800A. Selon ZATAZ, des versions antérieures à la version 4 auraient été visées, versions qui cumulent donc les failles de 2023 et 2025. En outre, modifier une consigne ou un cycle de dégivrage serait une fonction d’administration « ordinaire » : un accès avec un identifiant valide suffit, sans exploiter de faille.

Des conséquences financières très concrètes

L’enquête ouverte est dirigée par la section anti-cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l’Office anti-cybercriminalité (OFAC). Elle devra déterminer comment l’attaque s’est produite et qui sont les responsables.

L’attaque soulève quoi qu’il en soit de nombreuses questions, notamment sur les processus de mise à jour des équipements, ou même sur la durée d’entretien logiciel pour ces équipements. Une telle attaque contre la chaine du froid à l’échelle d’un pays semble inédite et entraîne des conséquences très concrètes. Sur LinkedIn, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, s’en indigne : « S’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et est inédit. C’est inacceptable. »

Selon BFMTV, le magasin Leclerc de Wasselone aurait été obligé de jeter l’ensemble de ses produits surgelés et frais, pour une perte estimée à 220 000 euros, donnant une idée de l’ampleur des conséquences.

☕️ Xandr : amende de 8,6 millions d’euros en Norvège pour avoir utilisé des données de Grindr

12 octobre 2026 à 15:19


La Datatilsynet (l’équivalent de la CNIL en Norvège) vient d’infliger une amende de 8,6 millions d’euros (92 millions de couronnes norvégiennes) pour avoir « traité et partagé » des données personnelles venant de comptes utilisateurs de Grindr.

L’autorité norvégienne avait déjà sanctionné Grindr sur le sujet avec une amende de 5,8 millions d’euros qu’elle avait confirmée en octobre 2023.

Grindr
CC BY 2.0 DEED Ivan Radic

Ici, elle sanctionne l’intermédiaire publicitaire racheté en 2022 par Microsoft pour la violation du traitement des données sans s’appuyer sur une base légale prévue par le RGPD, dont des données « à caractère personnel relevant d’une catégorie particulière concernant l’orientation sexuelle sans bénéficier d’une dérogation valable », comme elle l’explique dans sa décision [PDF].

Elle lui reproche aussi d’avoir partagé ces données avec d’autres clients. Xandr a argué qu’elle interdit, par contrat, à ses clients de lui partager ce genre de données. Ainsi, pour la filiale de Microsoft, c’est bien son client qui est le seul responsable. Mais « l’Autorité norvégienne de protection des données ne considère pas qu’il soit acceptable que les parties concernées se renvoient simplement la responsabilité les unes aux autres », explique-t-elle dans son communiqué.

Elle « considère comme une circonstance aggravante le fait que Xandr ait tiré des avantages financiers de ces infractions, dans la mesure où la collecte et le partage de données à caractère personnel auraient permis à Xandr de faciliter des transactions publicitaires et, partant, de réaliser des bénéfices », ajoute sa décision.

L’autorité norvégienne a estimé son amende sur le nombre d’utilisateurs norvégiens touchés.

« Nous nous réjouissons vivement de cette décision. Les entreprises spécialisées dans les technologies publicitaires en ligne, telles que Xandr, opèrent souvent en coulisses et sont rarement tenues de rendre des comptes sur leurs pratiques. Cela crée un précédent précieux pour des affaires similaires », a commenté Felix Mikolasch, l’un des avocats de l’association noyb qui avait participé aux plaintes concernant ce dossier déposées contre Grindr et plusieurs autres entreprises du numérique.

La consultation des principaux sites d’information a chuté de près de 25 % en un an

12 octobre 2026 à 10:31
« Don't feed the press » is the new « Don't be evil »
La consultation des principaux sites d’information a chuté de près de 25 % en un an

Alors que la vague exceptionnelle de « pics de chaleur » et d’incendies de forêts aurait a priori dû amener de nombreux internautes à s’informer, les 40 plus importants sites d’information français ont vu chuter leur trafic de près de 20 % en août, et de 10 à plus de 50 % en un an. Le lancement par Google de ses « aperçus » de réponses générées par IA, et son algorithme de recommandation de contenus Discover, sont pointés du doigt. L’Alliance de la presse d’information générale a saisi l’Autorité de la concurrence, au motif que Google ne respecte toujours pas ses engagements pris envers la presse en 2022, ce qui lui a déjà valu 750M€ de sanctions.

Alors que la fréquentation des sites et applications de l’ensemble des marques numériques recule de 4 %, relève Le Monde, celle des marques d’actualités chute, elle, de près 23 % en un an. Le chiffre émane du dernier classement des marques numériques de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), le tiers certificateur des sites et applis d’information en France.

The Media Leader l’a en effet comparé avec celui de septembre 2025 sur un panel de 40 médias, dont le trafic totalise 1,70 milliard de visites, contre 2,14 milliards un an plus tôt, soit un recul de 20,8 %. Si leurs applications ne reculent que de 9,4 %, leurs sites web le sont de près de 23 %, avec de grandes disparités.

Ici (ex France Bleu, le réseau local de Radio France) voit ainsi son trafic chuter de - 55,8 % (du fait du changement de nom de domaine de francebleu.fr à ici.fr, plaide sa direction), mais son application progresse de 21,8 %. Les consultations de franceinfo.fr baissent quant à elles de 32,9 %, ses applis de 9,9 %. LeParisien.fr recule de 43,5%, et ses applis 19,3 %.

Deux autres sites perdent plus de la moitié de leur trafic : LePoint.fr (- 57,5 %) et Marianne.fr (- 51,7 %), L’Express et La Provence se contentant de n’en perdre respectivement que - 43,8 % et - 42,9 %.

En tête des marques d’information, Ouest-France totalise 191,9 millions de visites (- 9,6 %), et monte à la 3e place du classement général, « grâce à l’agrégation services hors infos (annonce, shopping, TV, podcasts…) », souligne The Media Leader. Le fait que les articles générés par IA de plusieurs de ses verticales thématiques soient boostés par l’algorithme Discover de Google y contribue aussi probablement. Suivent Le Figaro, avec 167,2 millions (- 21,8 %), et Le Monde, avec 151,9 millions (- 19,6 %).

« Le bain de sang du trafic des sites d’information »

Sur X.com, le spécialiste des médias en ligne Emmanuel Parody évoque un « bain de sang du trafic des sites d’information », la quasi-totalité des chiffres accusant une baisse de plus de 10 %. Alors que plusieurs pointent du doigt le lancement en France des « aperçus » de réponses générées par IA (AI Overviews) par Google le 22 juillet dernier, dont on sait qu’ils ont affecté le trafic des sites de médias dans de nombreux pays, d’autres tempèrent, avançant d’autres explications. D’autant que les aperçus IA concernent surtout les recherches « froides », et moins l’actualité « chaude », et qu’une mise à jour anti-spam déployée par Google au même moment pourrait brouiller l’analyse.

La quasi-totalité des médias ont perdu de 10 à plus de 50 % de trafic en un an – ACPM, The Media Leader, X

Clément Pessaux, un professionnel du SEO qui a développé un dashboard de Discover, Gnewsalyzer.com, répond ainsi à Parody que « Les chiffres bruts sont violents, mais on ne peut pas attribuer cela qu’aux IAO et le search de Google qui ne représentent (en moyenne que 15 - 20 % max) du [trafic] total, le plus gros passant par Discover ». L’algorithme de recommandation de contenus de Google, qui représentait en effet, à lui seul, plus de 70% du trafic en provenance de Google en juin 2025 (.pdf), étant devenu la principale source de trafic pour la presse française.

Interrogé à ce sujet, 1492.vision, un autre dashboard dédié à Discover, plus complet, leur répond que « sur les 1 000 articles les plus exposés chaque mois, l’exposition cumulée de septembre est 32 % sous janvier-février en France, et - 40 % en IT/EN/ES ».

Exposition cumulée sur le mois des 1 000 articles les plus exposés sur Discover (médiane) – 1492.vision

Dans un billet dédié, 1492.vision précise que leur durée d’exposition recule en outre davantage : un article reste en moyenne 1,9 jour dans le flux français, contre 2,3 à 2,8 jours au premier semestre. En septembre, la baisse va de 32 % en France à 42 % en Espagne, ce qui indique un changement systémique :

« Un cycle d’actualité propre à un pays ne ferait pas bouger quatre marchés en même temps, dans le même sens. Le changement vient donc du fonctionnement de Discover. »

De plus, en France, la presse nationale perd un quart de sa part de voix, quand la presse régionale la triple. « Une hypothèse circule : les titres nationaux qui publient en grand volume seraient les plus touchés », résume 1492.vision : « Nos données confirment la première moitié, la presse nationale perd », alors qu’ « aucun des 35 titres régionaux suivis ne recule par rapport au début d’année ».

Une chute de 17% du trafic, en pleine vagues de canicules et d’incendies

Les sites thématiques sont eux aussi affectés. En février, un conseil de jardin restait ainsi deux fois plus longtemps dans le flux qu’un article de sport. En septembre, l’écart n’est plus que d’un jour. « Témoignages, retraite, jardin : sur le marché, leur durée d’exposition baisse de 22 à 40 % », constate 1492.vision.

Il souligne en conclusion que, « à l’échelle du marché », la « cassure » de cette chute de recommandations de l’algorithme Discover de Google « commence en juillet », sans qu’il puisse cela dit faire de lien avec le lancement en France de ses « aperçus IA » ce même mois. D’autant qu’elle affecte également l’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Italie, où ils étaient déjà en production.

En avril, 1492.vision relevait par ailleurs un « virage net vers le contenu social » avec une « explosion » du nombre de contenus recommandés par Discover et renvoyant vers YouTube, X et les réseaux sociaux, diminuant d’autant la mise en avant d’articles de presse.

The Media Leader évoque une autre explication, plus prosaïque. Septembre 2025 avait en effet été un « mois exceptionnel pour l’information en ligne », du fait d’un contexte politique et médiatique intense : le vote de confiance, la démission de François Bayrou et la nomination de Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre. L’ACPM avait alors vu les sites et applis d’information battre leur record annuel avec plus de 104 millions de visites.

La comparaison des mois d’août 2025 et 2026 montre cela dit un net recul, relève The Media Leader : sur le même panel, les visites baissent de 16,5% sur un an selon l’ACPM, dont 18,8% pour les sites, alors que les applications comparables ne perdent que 2,5 %. Et l’ACPM avait déjà enregistré une chute de trafic de - 17 % en août, comparé à juillet.

Or, la série exceptionnelle de vagues de chaleur et de canicules, ainsi que l’ampleur des incendies cet été, auraient a priori dû entraîner une augmentation du trafic des sites d’information, d’autant qu’avec des températures flirtant avec les 40 °C, la majeure partie de la population restait cantonnée à la maison.

Le contexte estival, conduisant les internautes à moins s’informer, et la « fatigue informationnelle » dont semblent souffrir de plus en plus de citoyens, pourraient expliquer une partie de cette chute de trafic. Mais pas une telle chute de plus ou moins 20 % en un an.

Google ne respecte pas ses engagements, malgré 4 décisions de l’Autorité de la concurrence

Début août, l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) a saisi l’Autorité de la concurrence (ADLC), suite au lancement en France d’AI Overviews et d’AI Mode, afin qu’elle respecte ses engagements pris en 2022, et rémunère les contenus utilisés par ses aperçus IA au titre du droit voisin de la presse.

En avril 2020, l’ADLC avait en effet sanctionné Google pour pratiques déloyales et lui imposait de négocier de bonne foi avec les éditeurs. En juin 2022, elle lui infligeait une amende de 500 millions d’euros pour non-respect de ces obligations. Le mois suivant, Google prenait des engagements de négociation de bonne foi, de transparence et de non-discrimination, rendus obligatoires par l’Autorité et valables jusqu’en 2027.

En 2024, l’ADLC, rappelant que c’est « la 4ᵉ décision rendue par l’Autorité de la concurrence sur ce dossier en quatre ans », prononçait une nouvelle sanction de 250 millions d’euros à l’encontre de Google pour, là encore, non-respect de quatre des sept engagements pris en juin 2022 :

  • « conduire des négociations de bonne foi, sur la base de critères transparents, objectifs et non discriminatoires dans un délai de trois mois (engagements n°1 et 4).
  • transmettre aux éditeurs ou agences de presse les informations nécessaires à l’évaluation transparente de leur rémunération au titre des droits voisins (engagement n°2).
  • prendre les mesures nécessaires pour que les négociations n’affectent pas les autres relations économiques existant entre Google et les éditeurs ou agences de presse (engagement n°6) ».

L’ADLC relevait également, au sujet des droits voisins en matière de développement des outils d’intelligence artificielle, que « Google a utilisé du contenu issu de domaines d’éditeurs de presse et d’agences de presse […] sans que ni les éditeurs et agences de presse, ni l’Autorité n’aient été informés de ces utilisations ».

Dans un communiqué, Google se présenterait presque en cavalier blanc, évoquant sa volonté de « régler un différend qui dure depuis trop longtemps », et soulignant qu’ « il est désormais temps de clarifier qui nous devons rémunérer, et comment, afin de mettre en place un cadre de négociation pérenne » :

« Nous avons transigé car il est temps de tourner la page et, ainsi que le prouvent nos nombreux accords avec les éditeurs, nous souhaitons nous concentrer sur des approches pérennes afin de connecter les internautes avec des contenus de qualité et travailler de manière constructive avec les éditeurs français ».

Dans son communiqué, l’APIG relève de son côté que, non content de ne pas respecter ses engagements, Google pourrait en outre encore accentuer un peu plus cette chute du trafic vers les sites d’actualités. Sur les marchés européens où les AI Overviews sont déjà actifs, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) évalue en effet entre 33 % et 38 % la perte de trafic attribuable aux résumés générés par intelligence artificielle.

3 datacenters de Yandex attaqués par des drones ukrainiens : le géant russe accuse le coup

12 octobre 2026 à 09:38
Le numérique a bel et bien besoin d'une infrastructure physique
3 datacenters de Yandex attaqués par des drones ukrainiens : le géant russe accuse le coup

Depuis jeudi 8 octobre, Yandex a subi trois attaques de drones ukrainiens contre des datacenters situés sur le territoire russe. L’entreprise, souvent présentée comme le « Google russe », a annoncé que ses services de moteur de recherche, de cartographie mais aussi de paiement en ligne étaient en panne. Plus insidieusement, la question se pose d’un impact sur le réseau d’influence numérique de la Russie.

Dans la guerre de défense de leur territoire contre la Russie, les Ukrainiens ont trouvé une nouvelle cible pour toucher leur ennemi : les datacenters de Yandex. Jeudi 8 octobre, vendredi 9 octobre et dimanche 11 octobre, des drones ukrainiens ont attaqué des datacenters du géant du numérique russe et ont réussi à faire des dégâts, forçant Yandex à annoncer la suspension de l’activité de plusieurs de ses services phares.

Une bonne partie des services de Yandex sont hors service

Selon Reuters, l’entreprise a affirmé que personne n’avait été blessé lors de la dernière attaque sur le data center situé à Vladimir, une ville située à 180 km à l’est de Moscou. Mais cette infrastructure hébergeait notamment certains services de Yandex Pay, l’outil de paiement en ligne de l’entreprise russe lancé en 2021. Dans un message sur Telegram, l’entreprise affirmait à ses utilisateurs dimanche soir que les données concernant leur argent étaient en sécurité, le datacenter touché ne gérant « que » le fonctionnement des services.

Quelques heures avant, Yandex annonçait tout juste que certains de ses services revenaient progressivement à la normale. En effet, d’autres datacenters de l’entreprise russe avaient déjà été touchés par des attaques de drones les jeudi 8 et vendredi 9 octobre dernier. Ceux-ci hébergeaient notamment l’IA de Yandex nommée « Alice », son moteur de recherche, l’outil de cartographie de l’entreprise ainsi que celui d’appels de taxi. Elle s’était d’ailleurs excusée du fait que son service client était aussi touché.

Yandex avait expliqué que son centre de données situé à Sasovo avait été touché dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 octobre. Puis, le 9 octobre, c’est celui situé à Kalouga qui a été ciblé. L’entreprise affirmait, là aussi, qu’aucun personnel n’avait été blessé.

En attaquant les services de Yandex, les drones ukrainiens ont déstabilisé de façon importante l’infrastructure numérique russe. Même si l’entreprise n’est pas un monopole dans le pays, elle n’a pas à rougir en interne de la comparaison avec Google. Sur le service d’indication des pannes de Yandex, on peut constater qu’un bon nombre de services de Yandex Cloud ne sont plus disponibles depuis le 8 octobre. C’est le cas, par exemple, de ses outils de gestion pour Kubernetes, MySQL, PostgreSQL, ClickHouse, l’API de YandexGPT, son service SpeechKit ou encore de son outil de reconnaissance de caractères « vision OCR ».

Le trafic des crawlers russes non affecté

Rapidement, certains internautes se sont posé la question de la répercussion de ces défaillances chez Yandex sur les outils automatisés russes, que ce soit les bots de propagande sur les réseaux sociaux ou les bots de crawlers. Il est difficile, pour l’instant, de connaître exactement les conséquences sur le dispositif de propagande.

Concernant le trafic des bots en général (crawlers, scan d’adresses IP, etc.), Cloudflare a constaté pendant la nuit du 7 au 8 octobre une baisse de 33 % du trafic des bots provenant de Yandex. Sur le radar de Cloudflare, on peut voir que cette activité s’est complètement arrêtée dimanche 11 octobre pour reprendre de manière très dégradée depuis.

Cependant, selon le même outil de CloudFlare, cela n’aurait pas affecté le trafic total des bots russes :

On peut donc imaginer que les différentes organisations utilisant les services de Yandex pour leurs crawlers ont tout simplement migré vers un autre fournisseur.

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