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Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

7 septembre 2026 à 10:41
Extinction du domaine de la lutte
Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

Onze jours après avoir été désigné comme organisation terroriste par l’administration Trump, le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati a annoncé mettre un terme à ses activités. Il explique ne plus pouvoir garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services de messagerie ou d’hébergement, qui fermeront bientôt. Dans toute l’Europe, associations et mouvements en faveur des libertés numériques alertent sur cette attaque sans précédent contre un hébergeur alternatif.

Autistici/Inventati (A/I) baisse le rideau. Le collectif, né en Italie, désigné le 26 août dernier comme organisation terroriste par l’administration Trump, affirme ne pas pouvoir être en mesure de garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services. « A/I ferme ses portes. Le collectif Autistici/Inventati cesse ses activités et interrompra prochainement tous les services qu’il propose », explique-t-il dans un billet daté du 6 septembre.

Un revirement soudain

Depuis le 26 août, il affichait pourtant sa volonté de résister face à cette désignation, qui a entraîné le gel, via DNS, du nom de domaine de son site principal, autistici.org, puis la suspension de son compte PayPal, et la résiliation des services financiers que lui prodiguait sa banque italienne, Banca Etica.

Le 2 septembre, Autistici/Inventati avait ainsi lancé un nouveau site, keepitfree.ai, pensé spécifiquement pour servir de point de liaison entre le collectif, ses utilisateurs et ses soutiens. Il y rappelait que même si A/I ne peut pas être qualifié de structure « neutre », en raison de son orientation idéologique assumée, la structure n’avait jamais été condamnée pour un quelconque crime, que ce soit aux États-Unis ou en Italie.

Quatre jours plus tard, changement de ton. « La possibilité que notre travail puisse avoir des conséquences juridiques et financières pour nos prochesou même pour ceux qui ont simplement un lien avec nous – ne nous laisse pas le choix. Chaque jour passé en ligne après le 26 août 2026 a été une victoire, mais nous sommes maintenant contraints d’arrêter », écrit A/I dans le billet qui annonce sa dissolution.

Le collectif annonce dans le même temps la fermeture prochaine de ses services, à commencer par la messagerie autistici.org et la plateforme noblogs.org, et suggère à leurs utilisateurs de prendre les devants en sauvegardant leurs données :

« Nous vous enverrons prochainement des instructions pour sauvegarder le contenu de vos blogs, boîtes mail et sites web, ainsi que des recommandations plus techniques. Cependant, gardez à l’esprit que, tout comme le domaine autistici.org est devenu inaccessible sans préavis, nous pourrions rencontrer des problèmes similaires et imprévisibles dans les prochains jours. »

De nombreux soutiens affichés

L’annonce de la disparition d’A/I intervient alors que de nombreuses structures, associations et collectifs engagés en faveur de la liberté d’expression sur Internet, ont affiché leur soutien explicite. Outre la lettre ouverte de Sabot Media cosignée par Framasoft et la Quadrature du Net entre le 31 août et le 1er septembre, une trentaine d’organisations ont donné de la voix au travers d’une tribune publiée le 3 septembre par le réseau European Digital Rights (EDRi).

Tous dénoncent une attaque d’une gravité sans précédent contre le principe même de neutralité des infrastructures, et le risque que fait peser la sanction des États-Unis sur tous les fournisseurs de services alternatifs aux acteurs commerciaux dominants.

« Cette décision déplace la responsabilité des actes commis par les hébergés sur les hébergeurs. Et quand la menace qu’on fait peser sur toi est celle d’être qualifié d’organisation terroriste internationale, ce n’est pas la même chose qu’une fermeture administrative, ou qu’une réquisition de la police. Ici, la sanction est d’une violence extrême », analyse Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft, initiatrice du Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts et solidaires (Chatons).

Le renoncement d’A/I parait, dans ce contexte, compréhensible. « Même si tu restes vindicatif, c’est difficile de te dire que tu vas te battre avec des cure-dents contre un porte-avion. Le rapport de force qui se met en place, une fois désigné comme organisation terroriste internationale, est intenable, donc il vaut sans doute mieux jouer la fluidité, quitte à renaître ailleurs », estime Pierre-Yves Gosset, qui rappelle les conséquences de la vindicte états-unienne sur la vie personnelle et la famille du juge Guillou, littéralement coupé de tout un pan de sa vie numérique en raison d’un décret signé par Donald Trump.

Outre le coup de boutoir frontal que constitue cette désignation comme organisation terroriste internationale, A/I subit également des assauts par la bande. Fin août, le collectif indiquait que sa plateforme noblogs.org, notoirement connue pour héberger des blogs de mouvements antifa parfois adeptes de la désobéissance civile, avait fait l’objet d’attaques informatiques, qui s’étaient traduites par le défaçage, pendant quelques heures, de sa page d’accueil.

Prévenir l’hypothèse du kill switch

Quelques jours plus tard (et sans qu’un lien direct avec la cyberattaque ait été établi), le site militant pro-Trump Datarepublican a publié une cartographie des 7 673 sites hébergés par noblogs. « NoBlogs, la tristement célèbre infrastructure antifa mondiale, sera fermée. Mais n’ayez crainte, les autorités détiennent tout le contenu, et nous le conserverons en mémoire sur TrumpBlogs », ironise sur X l’instigatrice de la plateforme.

Qu’adviendra-t-il des utilisateurs des services opérés jusqu’ici par A/I ? L’ONG norvégienne Electronic Forpost Norge (EFN) a annoncé dimanche qu’elle reprendrait une partie de l’infrastructure précédemment gérée par le collectif d’origine italienne. Les autres internautes qui cherchent des moyens de communication garantissant l’anonymat, ou l’alternative aux grands outils états-uniens, devront quant à eux trouver une nouvelle crèmerie, peut-être moins facilement identifiable que ne l’était A/I, dont les 25 ans d’histoire ont été émaillés de quelques coups d’éclat.

L’action contre Autistici/Inventati fait quoi qu’il en soit peser un risque nouveau sur les hébergeurs alternatifs qui, même sans afficher de coloration politique particulière, prennent le précédent très au sérieux. « C’est peut-être le point positif de cette histoire. Elle nous oblige à nous poser des questions, à réévaluer notre modèle de menaces et à anticiper la façon dont on répondrait si on était concernés », remarque Pierre-Yves Gosset.

Asahi Linux progresse sur les Mac Apple Silicon avec le support de la puce M3

7 septembre 2026 à 09:20
Travail ingrat
Asahi Linux progresse sur les Mac Apple Silicon avec le support de la puce M3

Cette distribution Linux se destine avant tout aux Mac équipés de puces Apple Silicon, que l’entreprise a inaugurées il y a six ans avec sa puce M1. Alors que les premières machines M6 sont depuis peu sur le marché, Asahi annonce la prise en charge des puces M3. Mais attention, il reste beaucoup de travail.

Asahi Linux vise à porter Linux sur les Mac équipés de puces Apple Silicon. Il s’agit d’un travail de titan, car l’architecture d’Apple n’est pas ouverte. Les développeurs procèdent donc par tâtonnement et rétro-ingénierie, sans aucune documentation technique pour les y aider. Apple n’a aucun intérêt en effet à documenter sa technologie, puisqu’elle est la seule à l’utiliser et qu’elle est consciente des très bonnes performances de ses puces, constituant un avantage concurrentiel certain.

Pour avancer, les développeurs doivent ainsi analyser les microprogrammes (firmwares), la mémoire et le comportement des composants (contrôleur d’affichage, processeur de sécurité, contrôleur mémoire unifiée, etc.). Il faut ensuite en déduire un fonctionnement reproductible pour l’intégrer dans un système d’exploitation libre. La distribution de référence est Fedora Asahi Remix, mais le travail effectué est notamment repris dans le noyau Linux.

Un gros pas vers les puces M3

Comme indiqué par Phoronix le 6 septembre, le support officiel des Mac équipés de puces Apple M3 (M3, M3 Pro, M3 Max) vient d’être intégré à l’installateur du projet. Seule exception, la version Ultra de la puce, que l’on peut retrouver dans le Mac Studio dans sa configuration maximale.

Le niveau de prise en charge est proche de celui déjà obtenu sur les puces M1 et M2 (et leurs variantes). Le support comprend notamment la webcam, les microphones intégrés, l’USB, le décodage vidéo matériel avec support de l’AV1, le Wi-Fi et le Bluetooth.

Attention cependant, car les mêmes limites initiales qu’avec les générations M1 et M2 recommencent, à cause de deux composants qui donnent du fil à retordre aux développeurs. D’abord, le contrôleur d’affichage (DCP, Display Controller Processor), un coprocesseur dédié et propriétaire introduit avec la puce A14 (iPhone 12). Son support n’est que très partiel, car il a fallu passer par un hyperviseur interceptant les appels entre macOS et la puce. En conséquence, la machine ne peut pas être mise en veille et le HDMI ne fonctionne pas.

De même, le support du GPU reste expérimental. Les performances sont donc très limitées et son utilisation consomme beaucoup plus d’énergie qu’elle ne le devrait. Lors de la conférence X.Org qui se tiendra du 28 au 30 septembre, une partie de l’équipe de développement viendra rendre compte des progrès accomplis sur ce point.

Un travail de longue haleine.

Dans le billet d’annonce sur le site officiel de la distribution, James Calligeros (l’un des développeurs d’Asahi) indique cependant que l’équipe aura davantage d’informations sur ces sujets dans les mois à venir. Comme avec les générations M1 et M2, il est très probable que les développeurs finiront par obtenir le support complet du GPU et du DCP. Sur les deux premières générations, GPU a atteint la conformité officielle (auprès du Khronos Group) pour OpenGL 4.6, OpenCL 3.0 et Vulkan 1.3 (ainsi qu’OpenGL ES 3.2)

Le travail reste cependant « ingrat », car il faut recommencer à chaque nouvelle génération de puces, à cause des changements d’architecture et autres améliorations apportées chaque année. Il en ira de même pour le support des puces M4.

En outre, il faut garder en tête que « pleinement fonctionnel » a une définition particulière dans le cadre d’Asahi. L’appellation indique surtout que toutes les fonctions de base sont supportées et que la machine a, dans l’ensemble, le comportement que l’on peut en attendre dans une utilisation quotidienne. Des fonctions restent indisponibles, comme le HDR ou certaines configurations Thunderbolt (pour les machines qui l’ont).

Une lente intégration dans le noyau Linux

Une partie du travail réalisé par les développeurs d’Asahi atterrit ensuite dans le noyau Linux lui-même. Le processus est bien sûr plus lent et sélectif, car seuls les composants jugés suffisamment matures sont intégrés. Ils sont alors soumis aux mainteneurs des sous-systèmes concernés (DRM pour l’affichage, IOMMU pour la gestion mémoire, etc.), selon le processus habituel de relecture par correctifs.

On retrouve ainsi des composants comme le pilote DCP de base, le contrôleur IOMMU pour la mémoire, le pilote SMC (contrôleur de gestion système) ou encore les contrôleurs GPIO. Le pilote graphique complet, en revanche, n’en fait pas partie. D’une part, il est nettement plus volumineux que les autres composants.

D’autre part, il est en grande partie écrit en Rust, ce qui avait soulevé des tensions sur les discussions d’intégration au noyau. Ces tensions avaient poussé Hector Martin, fondateur et responsable historique du projet, à démissionner de son rôle de mainteneur et de la direction. La décision était intervenue notamment à la suite de remontrances de Linus Torvalds. Ce dernier indiquait alors ne pas être contre Rust dans le noyau (le code Rust y est en augmentation depuis trois ans), mais il n’avait pas apprécié qu’Hector Martin passe par les réseaux sociaux pour tenter de convaincre la communauté.

☕️ La start-up qui veut relancer Twitter modifie le nom de son service pour Tweet.app

7 septembre 2026 à 08:50


L’évolution n’a pas tardé. Alors que le projet Opération Bluebird, monté par deux salariés de Twitter, époque pré-rachat par Elon Musk, lançait fin août le service Twitter.now, les voilà forcés de le renommer pour tweet.app.

Le changement fait suite à la décision écrite du juge Colm Connolly, dans laquelle ce dernier indique qu’utiliser le nom « Twitter » créerait trop de confusion dans l’esprit des consommateurs et enfreindrait le droit des marques.

Autrement dit, contrairement à la lecture adoptée initialement par les équipes d’Operation Bluebird, ces derniers n’ont pas le droit d’utiliser le nom Twitter, quand bien même celui-ci n’est plus utilisé par la plateforme X ni par l’entreprise SpaceXAI.

Le juge décrète en revanche que X a probablement abandonné le terme « tweet » et son logo en forme d’oiseau, ce qui signifie que ces deux éléments sont réutilisables. Le site web du nouveau réseau social a aussitôt évolué de Twitter.now vers Tweet.app.

Page d’accueil de Tweet.app : seul le nom a changé depuis le lancement de « twitter.now ». / Capture d’écran

Dans sa foire aux questions, il indique : « Le 3 septembre 2026, un tribunal fédéral a refusé de nous interdire l’utilisation de la marque "Tweet" et du logo représentant un oiseau, estimant que nous étions en mesure de prouver que la société X avait abandonné ces deux éléments. »

Fin août, l’ancien juriste de Twitter Stephen Coates et son associé Michael Peroff lançaient la prévision de leur réseau social.


Pour limiter les premiers accès et obtenir des financements, le réseau n’est pour le moment accessible qu’en contrepartie de 20 à 40 dollars. Auprès de TechCrunch, l’entreprise a indiqué que 172 000 personnes avaient déjà ouvert un compte, donc réservé un nom d’utilisateur.

Après avoir dit non, la France entrouvre la porte au FSD de Tesla

7 septembre 2026 à 07:23
Non mais oui
Après avoir dit non, la France entrouvre la porte au FSD de Tesla

Deux véhicules Tesla équipés du FSD, le dispositif de conduite autonome du constructeur automobile, vont être testés sur route en France. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait pourtant dit non au FSD en juillet ; une discussion avec Elon Musk a arrondi les angles.

Non en juillet, oui en septembre : il n’aura fallu que deux mois et une discussion avec Elon Musk pour que Philippe Tabarot revienne sur sa décision. « Avec la mise à disposition de deux véhicules équipés de FSD par Tesla, nous entrons désormais dans une nouvelle étape : celle des essais sur route », explique-t-il.

Le feu rouge passe à l’orange

Les arguments avancés le 22 juillet par le ministre des Transports pour refuser le FSD tenaient pourtant la route, si l’on ose dire. Il reprochait au système de « conduite autonome supervisée » – ce qui n’est pas la même chose qu’une conduite totalement autonome – que dans certains cas, les véhicules peuvent aller jusqu’à 50 % au-dessus de la limite de vitesse autorisée. Il pointait aussi du doigt les mécanismes de Tesla pour garantir que le conducteur soit toujours parfaitement attentif durant la conduite.

Philippe Tabarot a eu un « échange constructif » avec le milliardaire le 2 septembre dernier autour du FSD. Il explique que « depuis plusieurs mois, les autorités françaises travaillent étroitement avec Tesla sur les adaptations techniques qui permettront à la France de soutenir son homologation, qui sera décidée au niveau européen dans les prochaines semaines. »

Les premiers essais sur route sont la prochaine étape, avec ces deux véhicules équipés du FSD. Ce sera l’occasion de tester en conditions réelles la fierté des routes françaises : les ronds-points !

En réalité, le ministre n’a rien contre ces technologies ; comme il l’expliquait en juillet, « la France soutient ces technologies et leur déploiement doit se faire dans un cadre de confiance qui permet d’évaluer les systèmes et de déterminer les ajustements du FSD nécessaires pour garantir un haut niveau de sécurité. » Il souhaite que les premiers véhicules homologués puissent rouler sur les routes de l’Hexagone dès l’année prochaine.

Tesla veut une approbation à l’échelle européenne

Non content d’échanger avec le ministre français en visio, Tesla travaille de son côté sa communication et ses chiffres avec une échéance stratégique en vue. D’après le constructeur, c’est en effet aux alentours du 6 octobre prochain que doit intervenir le vote du comité technique européen (TCMV) pour l’approbation élargie du système « FSD Supervised » à l’échelle de l’Union européenne.

Rappelons que l’entreprise ne dispose pour l’instant que d’autorisations données à l’échelle nationale dans cinq pays (Pays-Bas, Danemark, Belgique, Estonie, Lituanie). Pour déployer plus largement le FSD, elle demande une dérogation au règlement européen UNECE R171.01 qui encadre la mise en œuvre des fonctions de conduite assistée de niveau 2.

À cette fin, Tesla a publié le 1er septembre un plaidoyer qui demande cinq dérogations (dont la possibilité de temporairement dépasser la vitesse maximale en fonction des conditions de trafic). À l’appui de cette demande, le constructeur avance une longue liste de chiffres présentés comme autant de preuves de l’efficacité de sa technologie.

Issues de trajets réalisés en Europe ou aux États-Unis, ces statistiques démontrent, selon Tesla, une diminution significative des événements inopportuns (freinages d’urgence, accélérations brusques) par rapport aux aides à la conduite déjà autorisées. Elles révèleraient également « des taux de collision majeurs inférieurs de 40 à 69% (IRR 0,31 - 0,60) et 48 à 59% de taux de collision mineurs inférieurs (IRR 0,41 - 0,52) dans toutes les classes de route ». L’IRR désigne pour mémoire le rapport des taux d’incidence (incident rate ratio) entre deux groupes distincts, ici les véhicules équipés du FSD et ceux qui disposent d’ADAS homologuées.

Le Cybercab force le passage

Pendant ce temps, le forcing de Tesla pour faire rouler le Cybercab a payé : le véhicule sans volant ni pédale tourne en effet sur les routes d’Austin, au Texas, depuis jeudi dernier. La voiture deux places, présentée en grande pompe en octobre 2024, rongeait son frein depuis, en attendant d’obtenir les autorisations nécessaires.

Le constructeur avait lancé l’an dernier une app Robotaxi qui permettait certes de commander une course dans une voiture autonome, mais il s’agissait jusqu’à présent de Model Y, avec un volant et des pédales donc, et parfois accompagnées d’un chauffeur de sécurité. 45 Cybercab renforcent une flotte qui comprend désormais 420 véhicules à Austin. Attention, il s’agit de voitures enregistrées, pas nécessairement de robotaxis réellement en exploitation.

Selon le décompte d’AP, Tesla aurait en circulation environ 200 robotaxis sans chauffeur dans six villes au Texas et en Floride. En comparaison, Waymo fait rouler plus de 4 000 véhicules dans 14 villes.

Quoi qu’il en soit, la fête s’est terminée en gueule de bois. Vendredi, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) ouvrait une enquête pour déterminer si Tesla avait vraiment le droit de dire que le Cybercab respectait les normes fédérales actuelles, les Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS). L’entreprise a probablement estimé que certaines obligations pensées pour un conducteur humain ne valent pas pour un véhicule complètement autonome.

Aux États-Unis, les constructeurs peuvent auto-certifier leurs véhicules. Ils n’ont pas toujours besoin d’une autorisation préalable détaillée ; en revanche, l’administration en charge de la sécurité routière peut toujours contrôler et imposer des mesures si la déclaration ne correspond pas à la réalité ou ne respecte pas les standards.

Image : Tesla

Le nœud du problème ici, c’est que le Cybercab ne possède aucune commande qui permettrait à un humain de prendre la main. La NHTSA demande donc à Tesla de détailler le raisonnement technique de l’entreprise ; il ne s’agit pas d’une interdiction, ni de la conclusion que le Cybercab est illégal. Mais l’agence fédérale peut exiger des documents, contester la conformité ou obliger le constructeur à modifier le véhicule.

Il parait cependant peu probable que la NHTSA fasse preuve du plus grand zèle dans son enquête puisqu’elle est en train de moderniser les règles pour les véhicules autonomes, notamment sur les pédales de frein, essuie-glaces, éclairage et rétroviseurs. Mais tant que ces nouvelles règles ne sont pas finalisées, les anciennes restent applicables. Tesla est donc allée plus vite que la musique et ne peut pas agir comme si la réforme était déjà faite.

Comme le rappelle TechCrunch, Tesla aurait pu emprunter la même voie réglementaire que Zoox. La filiale d’Amazon avait elle aussi auto-certifié son véhicule, une sorte de cube sur roues sans volant ni pédales, en 2022. La NHTSA avait alors ouvert le même type d’enquête. Chemin faisant, Zoox a fini par décrocher le feu vert final en juillet dernier pour lancer un service commercial payant à Las Vegas.

Projet Zenith : Microsoft drague les développeurs IA avec un Windows 11 prémâché

7 septembre 2026 à 05:49
Le tapis rouge pour le dév IA
Projet Zenith : Microsoft drague les développeurs IA avec un Windows 11 prémâché

Microsoft veut catalyser le marché des développeurs travaillant avec l’IA. L’éditeur a dévoilé le « projet Zenith », un Windows 11 spécialement configuré pour répondre aux besoins de cette clientèle, sur des PC ultra-gonflés. Était-ce bien nécessaire ?

Microsoft veut faire de Windows « la meilleure plateforme pour les développeurs » – il est vrai que sans trop forcer, Apple s’est taillée une réputation enviable dans ce domaine, avec ses Mac à puce Mx et leur mémoire unifiée. À tel point que le constructeur en fait désormais un argument central.

Le projet Zenith est une « expérience » Windows 11 optimisée pour les développeurs. Il s’agit de Windows 11 « sans distraction » destiné à des machines équipées de 64 Go de mémoire unifiée (ou plus si on veut vraiment casser la tirelire) et d’une bande passante de 250 Go/s minimum.

Les premiers modèles compatibles Zenith fonctionneront sur des puces Ryzen AI Halo d’AMD. Il est aussi plus que probable que les futurs PC avec puce RTX Spark de NVIDIA seront pris en charge. Ces machines peuvent faire tourner en local des modèles IA de 30 milliards de paramètres.

Image : Lenovo

À l’occasion de l’IFA, Lenovo a présenté son ThinkCentre X Ultra, l’un des premiers ordinateurs de bureau répondant aux critères du projet Zenith. Il intègre une puce AI Max+ PRO 495, prend en charge jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée, et on peut les connecter en cluster (jusqu’à 4 unités).

Prêt-à-coder très encadré

Microsoft en fait des caisses, mais en réalité ce projet n’est rien d’autre qu’un Windows 11 qui vient avec des réglages prédéfinis et des logiciels déjà installés. Le Terminal de Windows et Visual Studio Code seront ainsi épinglés par défaut à la barre des tâches ; l’Explorateur de fichiers présentera les extensions de fichiers, les fichiers masqués, le chemin complet dans la barre de titre et le volet des détails, avec la prise en charge des chemins longs activés.

La recherche, le menu Démarrer et la barre des tâches seront également configurés « pour le développement » : la Palette de commandes des PowerToys est activée dans les deux premiers ; les conseils du menu Démarrer et les notifications de compte sont désactivés pour limiter les distractions. L’espace de travail est annoncé comme « plus épuré » sans les fichiers et dossiers récemment utilisés.

Image : Microsoft

Au chapitre des logiciels préinstallés, les PC du projet Zenith seront livrés avec Visual Studio Code bien évidemment, GitHub Copilot, des terminaux, des interfaces en ligne de commande, divers langages, .NET 10, Windows Subsystem for Linux (WSL) 2…

« Ces choix créent un point de départ calme et pertinent pour le développement », affirme Microsoft. Fort heureusement, tous ces réglages peuvent être modifiés et désactivés en fonction de ses besoins. « Vous pouvez continuer à configurer, étendre et personnaliser votre environnement autour des outils, langages et frameworks que vous préférez. » Ouf ! Selon l’éditeur, il s’agit simplement de partir d’une « meilleure base ».

Tout cela représente un gain de temps assez marginal, et même un intérêt finalement assez modeste. Chaque développeur a ses petites habitudes, et par ailleurs la configuration aux petits oignons d’un PC ne nécessite plus une gymnastique de tous les instants. Une fois qu’une config’ est calée, en règle générale, le sujet n’est pas censé revenir sur le tapis tous les quatre matins.

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