Vue normale

[TEST] Tides of Tomorrow ? : l’émergence d’un nouveau genre

Par : Estyaah
21 avril 2026 à 15:01

Connus pour le walking sim Road 96, qui avait un peu fait parler de lui grâce à sa technique originale et son thème assez lourd, les montpelliérains de Digixart décident de quitter la route pour l’océan avec Tides of Tomorrow 🌊. Avec des visuels assez aguicheurs et le sujet de la crise environnementale, le jeu n’était cependant pas évident à comprendre lors des premières présentations : on nous promettait une aventure narrative avec des embranchements qui affecteraient d’autres joueurs, et dans laquelle on pouvait en suivre encore d’autres qui modifieraient notre univers. Un jeu asymétrique multijoueur pour une sorte de walking sim ? Assurément une première. C’est donc avec une certaine curiosité que l’on s’est plongés dans Tides of Tomorrow 🌊 pour détricoter le concept.

Genre : Aventure narrative multijoueur | Développeur : Digixart | Éditeur : THQ Nordic Plateforme : Steam | Prix : 30 € | Langues : Voix en anglais, sous-titres en français | Configuration recommandée : i5 8600K / Ryzen 5 3600XT, RTX 2060 Super / RX 5700XT, 16 Go de RAM | Date de sortie : 22/04/2026 | Durée : Entre 10 et 15 heures pour une première partie, mais pas moins pour une seconde partie.

Test réalisé avec une clé Steam fournie par l’équipe de développement.

Tides of Tomorrow 11 scaled
Tides of Tomorrow 06 scaled
Tides of Tomorrow 17 scaled

Un pavé dans la mare

Si vous voulez me suivre (promis, j’ai pas été vache !), vous pouvez entrer ce code pour me retrouver : 7033-1047

Si le concept de Tides of Tomorrow 🌊 n’est pas évident à saisir de prime abord, le pratiquer est finalement assez intuitif. L’univers est divisé en plusieurs lieux, comme la Forteresse, Terre-Épave ou la Citadelle. À chaque fois, on devra choisir la zone de la prochaine mission parmi deux propositions – et parfois un événement annexe optionnel qui ne fait pas progresser l’histoire – ainsi que le Tidewalker que l’on veut suivre. C’est en réalité un autre joueur qui a déjà fait cette mission avant nous. Et en fonction de ses choix, il est catégorisé comme plutôt pro-humanité, pro-nature, fauteur de trouble ou survivaliste. Cela donne une idée de l’influence qu’il a pu avoir sur le lieu que l’on va visiter. Ensuite, une fois sur place, les PNJ réagissent à notre présence suivant les actions du précédent joueur. S’il a été plutôt conciliant, ils vont être avenants, vont parfois nous aider ou nous donner des ressources. Au contraire, s’il a mis le bazar ou volé des choses, les PNJ vont nous être hostiles. Ne vous attendez cependant pas à combattre, ce n’est pas possible dans le jeu – hormis dans quelques séquences scriptées. Évidemment, on influera aussi sur le monde, et si un autre joueur choisit de nous suivre – on ne le saura pas –, il devra se débrouiller avec les conséquences de nos choix. Il est donc possible de jouer en coopération, puisqu’en décidant de laisser plus de ressources à certains endroits, on donne parfois plus de chances au suivant d’atteindre ses objectifs. On peut d’ailleurs visualiser certaines actions de notre prédécesseur via les flots du temps, une sorte de vision permettant d’avoir des indices sur ce qu’il faut faire. Cela pourra révéler des caches de ressources, un levier dissimulé ou quelle ligne de dialogue privilégier avec tel ou tel personnage. Si la plupart des joueurs adopteront sans doute une approche coopérative, il est tout à fait possible d’induire son suiveur en erreur, voire lui tendre des pièges…

Tides of Tomorrow 20 scaled
Tides of Tomorrow 07 scaled
Tides of Tomorrow 13 scaled
Tides of Tomorrow 01 scaled

Mais même dans le meilleur des cas, ce ne sera pas une promenade de santé. Le titre propose globalement plusieurs choix moraux, et il ne sera pas facile de s’y contraindre. Loin de proposer une vision manichéenne de la crise environnementale, Tides of Tomorrow 🌊 nous place devant des dilemmes parfois déchirants, à moins que vous n’ayez l’empathie d’une huître. Le travail au scénario est franchement admirable, car il n’y a pas de chemin évident ni de réponse absurde, même si quelques rebondissements restent prévisibles. Et c’est plutôt un gros morceau : pour terminer ma partie, j’ai mis environ 11 heures. Il est évidemment possible de relancer une nouvelle histoire en choisissant d’autres points de vue, mais ce ne sera pas plus rapide. Les situations ne seront pas obligatoirement les mêmes que lors du premier run et les personnages n’auront pas forcément les mêmes comportements – surtout s’ils sont morts dans cette nouvelle timeline.

Tides of Tomorrow 14 scaled
Tides of Tomorrow 22 scaled
Tides of Tomorrow 09 scaled

Un walking sim à contre-courant

Si l’on devait ranger Tides of Tomorrow 🌊 dans une case, il irait probablement avec les walking sim : une grande partie du jeu réside dans le choix des dialogues, qui dessinent une branche plutôt qu’une autre dans notre univers. Pourtant, on peut courir et même faire des glissades ! En revanche, les sauts sont limités : on ne peut les réaliser que lorsqu’il y a un rebord et une zone d’atterrissage possible. On peut donc faire parkour, mais jamais se planter. Je pensais initialement que c’était très restrictif, mais cela semble au contraire procédural, car on peut déclencher des bonds sur de petits dénivelés d’un chemin « normal », alors que ça n’apporte rien à ces endroits. Cela donne une très grande fluidité dans les mouvements, et on ne s’emmerde jamais dans les déplacements. Ce qui nous amène à une autre particularité : le jeu est beaucoup plus qu’un simple walking sim. Certaines phases nous mettent aux commandes d’un petit bateau ou d’un sous-marin, et c’est également très agréable à utiliser, car la prise en main est simple et efficace. On peut aussi participer à des courses aquatiques, détruire des bateaux adverses avec le lance-grenades de son esquif tout en évitant les projectiles adverses, faire des séquences d’infiltration, de fuite… On aurait beau être moins réceptif à certains types de gameplay, il faut reconnaître qu’ils sont tous très bien exécutés.

Tides of Tomorrow 15 scaled
Tides of Tomorrow 12 scaled
Tides of Tomorrow 21 scaled
Tides of Tomorrow 08 scaled

Ondes et ondelettes

Tides of Tomorrow 🌊 est une réussite visuelle : les couleurs sont principalement vives et saturées, et se marient parfaitement à l’effet dessiné, proche du cel shading. Le jeu nous offre de formidables panoramas, et on sent que les artistes en sont particulièrement fiers : on y trouve parfois une chaise pour se poser, avec une musique apaisante et mélancolique. On notera d’ailleurs la grande qualité de la bande-son, qui participe à l’ambiance des différents lieux. Mais c’est surtout le doublage (en anglais uniquement) qui nous immerge totalement : c’est vraiment bien joué et totalement crédible. Les sous-titres en français sont évidemment parfaits, mais le contraire aurait été étonnant, puisque le studio est français. Même si ce n’est pas une grosse équipe, on ressent le soutien de THQ Nordic (filiale d’Embracer Group) : la finition est très bonne, il y a beaucoup de contenu et la production value est assez impressionnante. Niveau technique, l’expérience est globalement très solide, mis à part quelques chutes de framerate à de rares moments, mais finalement assez peu gênantes dans ce type de jeu.

Une vague qui nous emporte

Tides of Tomorrow 🌊 est le premier jeu du genre : une aventure narrative multijoueur asynchrone. Et ce n’est pas anecdotique, c’est le cœur du gameplay du titre. Le plus fou, c’est que ça marche ! On évolue au sein d’un univers qui a été affecté par un précédent joueur, et qui le sera par notre passage, à la fois dans la suite de notre histoire et pour d’éventuels autres joueurs qui nous suivraient. Une grande partie du jeu se focalise sur les dialogues, mais c’est vraiment beaucoup plus qu’un walking sim. Les phases en bateau ou de parkour en sont la preuve, on plonge parfois dans le jeu d’action. En plus, la réalisation est admirable : c’est beau, les déplacements sont fluides, les doublages sont excellents… L’immersion est vraiment bonne, générant pas mal d’empathie, ce qui rend les choix moraux tout en nuances plutôt difficiles à faire. On sent une certaine expertise dans la narration, qui vient appuyer le propos du changement climatique assez frontalement. Et le titre de Digixart réussit à faire ressentir la difficulté d’une lutte qui semble désespérée, mais potentiellement surmontable grâce à la coopération. Une expérience à faire.

Si vous êtes intéressé par Tides of Tomorrow, notre partenaire Gamesplanet proposera le jeu à sa sortie (demain) pour un prix encore non communiqué, mais probablement similaire à celui de Steam (30 €). La différence, c’est qu’on gagne quelques centimes au passage.

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

[TEST] Resident Evil Requiem : un orchestre symphonique avec des solos de kazoo

Par : Mathmoite
17 mars 2026 à 19:40

Cinq années se sont écoulées depuis la sortie de Resident Evil Village, un titre « plus orienté action et bien moins effrayant ». Afin de fêter trois décennies d’existence de l’une des plus grandes licences des survival horror, Capcom se devait de revenir aux fondamentaux avec ce nouveau Resident Evil Requiem. Avec un RE Engine en pleine forme et cette vue FPS qu’on aime tant, on a pu découvrir un malin mélange de gameplay qui, malgré les clins d’œil abusifs et l’absence de prise de risque, nous offre de bonnes sensations.

Genre : Survival Horror | Développeur : Capcom | Éditeur : Capcom | Plateforme : Steam | Prix : 69,99 € | Langues : Anglais et français | Configuration recommandée :  i7-8700 / Ryzen 5 5500, RTX 2060 Super 8GB / Radeon RX 6600 8GB, 16 GB de RAM | Date de sortie : 27/02/2026 | Durée : Environ 12 heures pour une première partie.

Test effectué sur la version Steam.

Requiem 2
Requiem 3
Requiem 4
Requiem 5
Requiem 6

Vous en reprendrez bien une louche ?

Soyons franc, Capcom ne s’est pas trituré les méninges pour ce trentième anniversaire. On suit les destins croisés de Grace Ashcroft, une jeune analyste du FBI envoyée seule par sa hiérarchie – quelle idée de con – dans un hôtel abandonné où une énième mort mystérieuse a été signalée, et de ce bon vieux Leon S. Kennedy, qui enquêtait lui aussi en tant qu’agent de la Division des Opérations de Sécurité (DSO), une agence anti bioterrorisme sous la juridiction du gouvernement fédéral des États-Unis. Tous les deux vont se retrouver au beau milieu d’un bordel biologique où le Virus T continue de faire parler de lui. Et c’est au travers de cette histoire que l’on explorera différents lieux dont certains bien connus de la licence. Un manoir qui ressemble à celui de Spencer ou encore celui de Village, mais en plus moderne, des labos souterrains, des égouts et bien entendu, le grand retour à Raccoon city. On a l’impression que l’équipe du studio a vraiment eu cette volonté de brosser les fans dans le sens du poil sans trop prendre de risques. Si la narration s’avère franchement intéressante les premières heures avec une tension d’horreur psychologique très présente, celle-ci s’estompe peu à peu avec un Leon armé jusqu’aux dents qui fera disparaitre cette ambiance horrifique au détriment du bourrinage pur et dur. C’est dommage, car il y avait matière à ne pas laisser l’action effacer le coté survival de la franchise, mais Capcom a préféré la sécurité du fan service avec parfois trop de clins d’œil et de répliques de série B.

Requiem 7
Requiem 8
Requiem 9
Requiem 10
Requiem 11
Requiem 12

Un gameplay à deux vitesses

Malgré ses défauts, l’alchimie de nos deux héros fonctionne plutôt bien et c’est au travers de ce duo que le gameplay se montre intéressant. D’un coté, nous avons Grace qui tremble au moindre bruit et qui n’est pas taillée pour affronter l’horreur que propose Resident Evil Requiem, et de l’autre, Leon, qui est uniquement là pour repeindre les murs à coups de cervelle de monstre. Le fait de pouvoir traverser le jeu intégralement à la première personne accentue l’immersion, renforçant le côté étriqué des nombreux couloirs que composent les différents niveaux. Avec notre héroïne, ça fonctionne merveilleusement bien. Elle tremble quand elle tient une arme et on peut clairement ressentir son manque d’expérience. Du coté de l’ancien flic de Raccoon city, le feeling est également très réussi. Les armes ont du punch et sa hache permet des finish plutôt brutaux. Dommage que le FOV soit extrêmement serré. Heureusement, il existe déjà des mods qui règlent cela.

Les connaisseurs de la saga ne seront pas dépaysés par la progression des personnages ni par le craft. On retrouve un gameplay très axé survival avec un espace d’inventaire assez limité, mais qui peut s’étendre par la suite, et un système pour confectionner les soins et les munitions. La vraie nouveauté de cet épisode, c’est la récolte de sang de zombie exclusive aux phases avec Grace. Elle doit collecter des échantillons contaminés directement au sol ou sur les dépouilles pour concocter ses propres sérums et stimulants. C’est original, mais comme pour les munitions, le jeu s’avère beaucoup trop généreux. Cette mécanique disparaît totalement quand on passe avec Leon, qui préfère vider ses chargeurs sur tout ce qui bouge pour gagner des points de crédit. À chaque élimination, plus le frag est propre (headshot, exécution au couteau, éliminations multiples), plus le compteur grimpe, permettant de débloquer, via des terminaux, des munitions, des armes, et des modules d’amélioration pour celles-ci.

Requiem 21
Requiem 20
Requiem 19
Requiem 18

Les couloirs de la mort qui tue

Si l’ambiance visuelle est franchement une réussite, le level design, lui, sent clairement le réchauffé et la paresse. En dehors d’un passage plus ouvert dans les rues et bâtiments de Raccoon City – qui permet de respirer un peu et jouer avec la verticalité –, le reste se résume à d’interminables couloirs et des classiques allers-retours pour récupérer les différents objets nécessaires à l’ouverture du prochain passage. Le plus frustrant reste sans doute la présence de quelques murs invisibles. Même un agent de la DSO comme monsieur Kennedy se retrouve bloqué par un tas de cartons ou une table basse. Capcom reste prisonnier de ses vieilles mécaniques et de sa structure globalement rigide, nous rappelant que derrière la beauté du RE Engine, on est toujours dans un jeu de 1996 déguisé en FPS moderne. Où est la prise de risque ? Certainement pas pendant cette poursuite à moto à la troisième personne ou l’on doit tirer sur des putains de barils rouge pour libérer le chemin et vider une quinzaine de chargeurs sur des chiens mutants. Ce passage a été le point de rupture, faisant basculer le jeu du survial au nanar plus ou moins assumé.

Concernant l’audio, on appréciera l’attention aux détails renforçant la tension avec Grace. Le sol qui craque, la pluie qui tombe, les hurlements des monstres, tout est vraiment bien géré. Le son des armes aussi est vraiment bien retranscrit, renforçant un gunfeel très propre. Les doublages en français tiennent globalement la route, même s’ils sont ternis par les interminables punchlines de Leon qui rappellent les films d’action des années 90. Leon est badass, les répliques fonctionnent bien, mais à petite dose.

Requiem 16
Requiem 17
Requiem 15
Requiem 13

God bless RE Engine

S’il y a bien un domaine où Capcom n’a pas à rougir, c’est la technique. Le RE Engine est juste impressionnant. Visuellement, Resident Evil Requiem propose une atmosphère assez incroyable. C’est beau et fluide. Les technologies du Ray-tracing et Path-tracing rendent chaque scène ultra réaliste sans mettre à genoux les configurations moyennes. Grâce à une optimisation franchement correcte, on atteint facilement les 144 FPS en 1440p. On notera également une absence de temps de chargement (merci les cinématiques), rendant le titre super plaisant à jouer. Certes, on peut lui reprocher des visages parfois trop luisants ou quelques textures qui bavent quand on s’en approche, mais globalement c’est vraiment très beau et stable. La gestion du gore et les démembrements localisés sont aussi superbement efficaces. La hache et le fusil à pompe peuvent en témoigner. La physique des impacts est toujours aussi chouette. Si parfois, le fond manque un peu d’originalité, la direction artistique de ce Requiem s’en sort à merveille. Les artistes du studio ont fait un superbe travail. Chaque lieu est extrêmement bien représenté et le bestiaire a vraiment de la gueule. Le fait d’y jouer à la première personne permet d’apprécier d’autant plus ce niveau de détail. On profite alors au mieux de la variété dans les zombies, qui ont plusieurs sortes d’archétypes reflétant leur vie passée, à l’image de ces chanteuses d’opéra qui nous cassent les oreilles ou ces bébés avec un « léger » embonpoint.

Le chant des morts qui sonne pas si faux que ça

Resident Evil: Requiem offre ici une aventure complète en rassemblant les ingrédients nécessaires au genre. De l’horreur viscérale, de l’action nerveuse et du gore à foison. L’équilibre est finalement bien ajusté et ce Requiem ne sonne pas faux. On pourra cependant lui reprocher un scenario parfois incrédule et un gameplay qui manque de prise de risque, restant parfois prisonnier de ses vieilles mécaniques de jeu. Le duo Grace et Léon se complète pourtant à merveille, permettant de se défouler après des passages oppressants et brillamment mis en scène. Si le titre ne se démarque pas franchement par son originalité, il reste très appréciable à faire et à refaire pour débloquer les nombreux bonus et caméos que propose Capcom. Un bel hommage pour un trentième anniversaire.

Si vous êtes intéressé par Resident Evil Requiem, notre partenaire Gamesplanet propose une réduction de 10 %, ce qui fait le jeu à 63 €.

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

[TEST] Starship Troopers: Ultimate Bug War! : un très bon feeling, mais un jeu court et répétitif

Par : Loulou
16 mars 2026 à 23:53

Dévoilé en fin d’année dernière, Starship Troopers: Ultimate Bug War!, développé par Auroch Digital (Warhammer 40 000: Boltgun et Warhammer 40 000: Boltgun 2), se présente comme un rétro-FPS d’action solo se déroulant dans l’univers de la licence Starship Troopers. On avait pu jouer à la démo et nous en étions ressortis convaincus. Le gunplay était plutôt réussi et le niveau proposé, Zegema Beach, proposait une grande carte avec des objectifs éparpillés, et peuplée de soldats et bugs disposés par-ci, par-là. Sorti ce 16 mars, Starship Troopers: Ultimate Bug War!, est une expérience réussie et respectueuse de son matériau de base, mais qui montre vite ses limites avec une campagne répétitive et pourtant un peu courte.

Genre : Rétro-FPS action | Développeur : Auroch Digital | Éditeur : Dotemu et Game Source Entertainment | Plateforme : Steam, GoG | Prix : 24,99 € | Langues : Anglais, français | Configuration recommandée : Core i5-8600K / Ryzen 5 2500X, 16 Go de RAM, GTX 1060 / RX 5600 | Date de sortie : 16/03/2026 | Durée : entre quatre et cinq heures

Test réalisé avec une clé Steam fournie par l’éditeur.

STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR SOLDIER 9
STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR SOLDIER 10

Engagez-vous pour obtenir la citoyenneté !

Starship Troopers: Ultimate Bug War! nous narre l’histoire de Samantha « Sammy » Dietz via une simulation développée par la FedDev. Afin d’immerger le joueur, le studio Auroch Digital a eu la bonne idée de reprendre les spots de propagande en prises de vue réelles avec l’appui de Casper Van Dien alias Johnny Rico (l’un des personnages principaux du film Starship Troopers), et bien d’autres personnages qui brisent le quatrième mur. En effet, dès le départ, le commandant Rico et le major Samantha Dietz s’adressent directement à vous et proposent d’obtenir votre citoyenneté en participant à un module de formation expérimentale retraçant les faits d’armes du major. Me concernant, je suis plutôt partagé. D’un côté, j’ai bien aimé l’implication des acteurs et le respect accordé à l’univers de Starsphip Troopers. De l’autre côté, briser le quatrième mur en nous considérant toujours comme « un joueur » au lieu d’être vraiment « une recrue » à part entière m’a complétement sorti de la trame principale. Est-ce un moyen pour la Fédération de convaincre notre jeunesse des bienfaits de la citoyenneté et suis-je passé à côté du propos ? J’aurais préféré que les missions à effectuer soient uniquement des témoignages de Samantha que nous revivions afin de nous convaincre de nous joindre à la cause.

STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR 1
STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR SOLDIER 1

Bon, laissons de côté le défaut d’immersion, il est grand temps de débuter votre service pour obtenir votre citoyenneté. La campagne principale, offrant la possibilité d’incarner un soldat et un bug, se découpe en treize missions sur de grandes cartes. À chaque fois, il faudra rejoindre les points d’intérêt pour déclencher l’objectif associé et vos actions vous permettront d’engranger des points pour le score final. En soi, les missions restent toujours identiques que ce soit du côté humain (placer des bombes, détruire des ennemis spécifiques, activer des mécanismes, défendre une position…) ou bug (tout détruire sans réfléchir) et elles deviennent vites répétitives. Heureusement, cette lassitude est contrebalancée par la courte durée de la campagne. En effet, en difficulté « Soldat » (normal), vous risquez de rouler sur le jeu aussi vite qu’une invasion de bugs sur Zegema Beach, soit entre quatre et cinq heures de jeu. Je vous conseille donc plutôt de sélectionner le cran d’au-dessus si vous recherchez un minimum de challenge.

Une campagne, deux visions, mais un même objectif

En tant que soldat de la Fédération, vous aurez accès un arsenal varié, des armes spéciales puissantes et un peu d’aide des vaisseaux en orbite. Chaque pétoire a un bon feeling et dispose d’un tir secondaire. Par contre, vos munitions fondront comme neige au soleil, mais vous pourrez compter sur les caisses d’approvisionnement disséminées sur la carte ou demander un tir orbital vous offrant quelques munitions et armes au hasard, ce qui sera très utile. Vous pourrez compter sur les PNJ en les recrutant, mais vu qu’ils sont cons comme leurs pieds, ces derniers feront le piquet de grève en se positionnant devant votre ligne de mire, et au mieux, serviront d’appâts lors de vagues d’ennemis. Les balises (bombardements, tirs lourds depuis notre navette, largage de robot de combat…) quant à elles, vous permettront d’effectuer principalement des tirs de barrage, mais je trouve bien dommage que l’on n’ait pas une prévisualisation de la zone impactée avant de lancer ladite balise. Dans l’ensemble, j’ai plutôt apprécié les combats nerveux, surtout les phases de défense avec des vagues de bugs. En revanche, il ne faut pas s’attendre à un déferlement, mais plutôt une dizaine d’ennemis avec la présence de spéciaux.

STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR SOLDIER 2
STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR SOLDIER 3
STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR SOLDIER 4
STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR SOLDIER 5
STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR SOLDIER 6
STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR SOLDIER 7
STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR SOLDIER 8

Du côté de nos amis les arachnides, le bestiaire est assez varié. Vous aurez les classiques arachnides, sa version tigre, le cuirassé, les volants, les lanceurs d’acides, les lanceurs de plasma, les soldats corrompus, le cerveau et le fameux assassin, seule nouveauté, que l’on pourra incarner. Les comportements des adversaires sont identiques, à savoir que dès qu’ils vous voient, ils vous foncent dessus pour vous faire la peau. Pour l’assassin, j’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas d’interaction à proprement parler durant la campagne du soldat, sauf à la toute fin. Ce nouvel insecte est aussi anecdotique que sa propre campagne. Bien que ce dernier dispose de trois transformations, vous procéderez de la même façon en débutant avec sa forme criquet pour atteindre votre objectif, puis vous passerez en guerrier pour massacrer tout le monde, et enfin, pour ne pas finir comme un moustique sur un pare-brise, vous vous transformerez en cuirassé afin de recouvrer votre vie et armure, ou abattre les ennemis les plus coriaces. Peu importe la mission, ce sera toujours le même objectif (pour rappel, tout détruire) sur les cartes déjà visitées par votre alter ego humain et vous trouverez donc peu d’intérêt à faire ou à refaire les missions, sauf pour la difficulté et le scoring. Je pense que ce nouvel insecte aurait pu être intéressant sur un jeu axé sur la stratégie, car c’est ici purement du massacre bête et méchant.

STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR BUG 1
STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR BUG 2
STARSHIP TROOPERS ULTIMATE BUG WAR BUG 3

Une simulation réussie sans grande prétention

Visuellement, Starship Troopers: Ultimate Bug War! propose un aspect retro qui tient la route, et j’ai franchement bien aimé. Les gros pixels se mêlent à des effets plus modernes, comme les développeurs l’avaient déjà fait sur leur précédent jeu. Il n’y a donc pas de surprise côté direction artistique, mais j’ai été tout de même déçu : où sont les gros moments épiques avec des milliers d’ennemis à l’écran ? Quitte à faire un jeu rétro en 2026, j’aurais bien aimé qu’ils utilisent un peu plus de ressources de mon CPU et qu’ils augmentent le nombre d’arachnides, pour éviter cette sensation de vide dans les grandes maps. D’autant que je n’ai pas rencontré de « bugs » – hormis ceux prévus –, ni de problèmes de performances. Enfin, la musique n’est pas aussi marquante que la bande originale du film, malgré un effort fait pour conserver l’esprit de la licence.

Un défouloir amusant, toute proportion gardée

Starship Troopers: Ultimate Bug War! est un rétro-FPS correct, mais sa durée de vie est plutôt courte et ses missions sont répétitives. Vous pourrez trouver votre compte en tant que soldat de la Fédération, mais il faudra aller sur les difficultés les plus élevées. Le feeling des armes est plutôt bon et voir aussi bien vos alliés stupides que vos ennemis voraces servir de chair à canon pour la réussite de votre mission, est assez plaisant. Du côté des arachnides, le gameplay de l’assassin n’est pas inintéressant, mais on ne peut pas dire que sa « campagne » (si on peut appeler ça comme ça) soit particulièrement marquante. Elle permet surtout de gonfler artificiellement la durée de vie du jeu, qui reste tout de même un peu famélique. Ainsi, Starship Troopers: Ultimate Bug War! n’est pourtant pas désagréable, mais ne restera pas dans les annales de la Fédération.

Si Starship Troopers: Ultimate Bug War! vous intéresse, vous pouvez profiter de la promotion de lancement à -20 % sur Steam jusqu’au 23 mars, soit environ 20 €.

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors, suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

[TEST] Marathon : un extraction shooter imparfait mais terriblement efficace dans ses affrontements

Par : Balna
12 mars 2026 à 21:09

Je me confesse : j’aime bien les extraction shooters. J’y retrouve tout ce que j’aime dans les FPS multijoueurs : des affrontements tendus, une gestion constante de l’équilibre risques / récompenses, et, cerise sur le gâteau, la joie non dissimulée que je retrouve parfois à récupérer tout l’équipement d’un joueur que j’aurais abattu, alors qu’il s’apprêtait à s’extraire. Et si on m’avait dit, il y a quelques années encore, que je ferais un jour l’éloge d’un jeu Bungie, je pense que j’aurais crié au complot. Et pourtant. Installez-vous bien, prenez une camomille, tout va bien se passer.

Genre : Extraction Shooter | Développeur : Bungie | Éditeur : Bungie | PlateformeSteam | Prix : 39,99  | Langues : Anglais, Français | Configuration recommandée : CPU AMD Ryzen 5 3500 / Intel Core i5-10400, GPU AMD Radeon RX 5700 XT (8GB) / Nvidia RTX 2080 (6GB), 16 GB de RAM | Date de sortie : 05/03/2026

Test effectué sur la version Steam fournie par notre partenaire Gamesplanet.

Marathon 1
Marathon 16
Marathon 4

Un environnement au service du PvP

Certes, Marathon se repose sur des ressorts éprouvés : collecter des objets de diverses valeurs, disséminés sur trois cartes différentes, avant de s’extraire. Si possible en évitant de se faire flinguer par les autres joueurs. Mais pour espérer avoir sa part du gâteau sur un marché aussi concurrentiel que celui de l’extraction shooter, le dernier bébé de Bungie devra d’abord trancher une question essentielle : qu’apporte-t-il vraiment au genre ? Si Hunt : Showdown 1896 mise sur son ambiance, et Escape From Tarkov sur sa personnalisation et son sens de l’immersion, Marathon, quant à lui, affiche d’emblée ses couleurs : tout gravitera autour de ses affrontements en PvP.

En effet, Marathon n’est pas un extraction shooter consensuel, qui caresserait dans le sens du poil des joueurs venus se battre contre des IA un peu nazes, tout en évitant si possible le combat avec d’autres joueurs. Oh que non, pas de ça ici ! Les affrontements avec l’IA, même s’ils nécessiteront d’être approchés avec beaucoup de prudence, ne serviront souvent que de prétexte à attirer d’autres joueurs par le bruit qu’ils génèreront. Et autant vous prévenir d’emblée : le PvP est rapide, violent et très punitif. Le Time To Kill (TTK), qui est extrêmement bas, fait la part belle aux affrontements éclairs et aux embuscades surprises. Quelques rafales suffiront généralement à mettre vos adversaires au tapis. Si cela peut sembler excessivement punitif, il est bon de noter qu’il sera toujours possible d’être relevé par ses alliés, même après avoir été achevé au sol. Malgré tout, il ne faudra pas espérer être capable de survivre plus d’une poignée de secondes, si vous osiez avoir l’audace de trop vous éloigner de vos coéquipiers.

Marathon 15
Marathon 6
Marathon10

Course de relai

Si Marathon fait la part belle aux parties en équipe, il intègre également une file solo. Les règles du jeu changent totalement : hors de question de se lancer aveuglément dans des affrontements contre l’IA, chaque déplacement devra être planifié, et le jeu nous surprend même en proposant un gameplay bien plus porté sur l’infiltration.

Parce que oui, Marathon se joue principalement en équipe de trois. Et histoire de donner une saveur supplémentaire à ses affrontements, Bungie a fait le choix d’intégrer dans son titre un système de classes (ou shells), qui embarquent chacune trois compétences. Si l’intention est bonne, et aura le bon goût de nous rappeler le gameplay d’un certain Apex Legends, l’exécution est tout autre : comme le TTK est extrêmement court, la plupart des classes n’auront généralement pas l’occasion d’utiliser leurs compétences en combat. Reste donc la classe du médecin, qui est à l’heure actuelle ma valeur sûre, d’autant plus quand on voit le prix exorbitant des soins. On déplorera l’absence d’une file de matchmaking dédiée aux duos, et les malchanceux qui n’ont pas réussi à trouver deux amis pour les accompagner dans leurs raids se contenteront de compagnons d’infortune, trouvés sur le tas grâce à la recherche de groupe. Fort heureusement, les outils de communication en jeu sont plutôt efficaces et bien foutus, puisque basés sur un système de ping contextuel qui permet pas mal de flexibilité. Sur les dizaines de parties que j’ai pu faire, je n’ai pas ressenti le besoin d’utiliser mon micro pour donner des informations à mes éphémères alliés, un bon point à noter.

Les missions, qui permettent de débloquer de nouveaux objets et différents bonus passifs auprès des factions, ont le bon goût de ne pas nécessiter un wiki ouvert sur un deuxième écran pour être accomplies – une prouesse dans le monde des extraction shooters. Généralement, elles sont plutôt simples, et consisteront la plupart du temps à rejoindre un emplacement pour pirater un terminal. Ici encore, on comprend très vite qu’elles serviront surtout de prétexte à vous faire prendre des risques, puisqu’elles se situeront majoritairement dans les zones où vous aurez le plus de chances de croiser d’autres joueurs.

Marathon 13
Marathon 14
Marathon 7

Un équilibrage sévère mais juste

Disons-le clairement, l’économie semble avoir été calibrée par un ministre du budget français. Le moindre pack de soin, qui ne restaure qu’un quart de la santé (soit l’équivalent d’une à deux balles qu’on se serait pris dans le buffet), coûte la bagatelle de 400 crédits, quand un objet de valeur en rapporte environ 50 à la vente. Autant vous dire qu’entre les munitions, les recharges de boucliers, les kits permettant de retirer les statuts négatifs et autres modifications d’armes, vous allez devoir trimer avant de pouvoir sortir l’équipement top-moumoute de vos rêves. Fort heureusement, Bungie a pensé à tout, et vous proposera plusieurs packs d’équipements gratuits, chacun aux couleurs d’une des six factions du jeu, qui contiendront le minimum syndical pour vous lancer dans des raids, tout en étant largement suffisant pour tuer un joueur équipé. La stratégie la plus efficace semble encore d’enchaîner les parties avec un pack gratuit, puis de récupérer l’équipement de nos adversaires. Quoi qu’il en soit, on préfèrera dépenser nos rares crédits dans le système d’améliorations du personnage.

Malgré ces quelques défauts, Marathon a ce goût de reviens-y. Ce petit truc qui nous pousse à relancer des raids, dans l’espoir de décrocher le jackpot au détour d’une embuscade contre une équipe qui serait aux prises avec l’IA. Ses armes, dont les sensations de tir sont étonnamment bonnes, sont plutôt variées : Bungie oblige, on retrouvera pas mal d’armes énergétiques, mais entre les fusils d’assaut, shotguns, fusils de précision et autres SMG, tout le monde devrait y trouver son compte. Les développeurs ont su trouver un bon point d’équilibre concernant la vitesse des déplacements, qui ne sont ni artificiellement trop rapides pour permettre aux joueurs d’adopter différentes tactiques en combat, ni suffisamment lents pour qu’on s’ennuie entre les affrontements. Petit bémol cependant pour les zones extérieures, qui sont dénuées d’intérêt. On aurait apprécié des environnements plus marqués visuellement, on se contentera ici de rochers fades et d’une végétation un peu moche.

La direction artistique, qu’on qualifiera de clivante afin de ne blesser aucune sensibilité, aura au moins le mérite d’être cohérente et assumée de bout en bout : des menus aux décors, en passant par les écrans de chargement et la musique, on est réellement transportés dans un univers alternatif, où les couleurs flashy côtoient une ambiance malgré tout très sombre. Et même si l’interface est une des pires abominations qu’il m’ait été donné d’expérimenter, entre des items illisibles qui se ressemblent tous et des menus dans lesquels il est horrible de naviguer, elle participe tout de même à l’ambiance cyberpunk qui transpire par tous les interstices du titre.
Techniquement, enfin, on notera une optimisation globalement bonne : je n’ai noté aucune chute de framerate (du moins sur mon 9800X3D et ma 4070 Ti), le netcode semble solide (aucun effet de rubberbanding), et les temps de chargements sont très rapides. Oui, ça peut sembler anodin, mais en comparaison d’Escape From Tarkov, dont les temps d’attente excèdent régulièrement les huit à dix minutes, c’est important de le noter. Comble du comble, Marathon ne pèse que 18 Go. Quelle sorcellerie est-ce donc ? Bon, il n’y a effectivement que trois maps pour l’instant – une quatrième devrait bientôt arriver -, mais cela reste tout de même impressionnant pour un AAA.

Un bon extraction shooter qui assume son parti pris

Loin d’être parfait, Marathon est un solide extraction shooter qui rattrape ses quelques points faibles en mettant le paquet sur ses affrontements en PvP, qui sont dynamiques, exigeants et punitifs, tout en étant servi par une direction artistique certes clivante, mais qui reste lisible même lors des échanges les plus violents. Malgré son interface affreuse qui nécessitera des heures avant d’être domptée, les parties s’enchaînent rapidement. Attention toutefois : si votre truc, c’est d’éviter le combat avec les autres joueurs pour vous concentrer sur le loot et l’exploration, passez votre tour. Si à l’inverse, vous cherchez des affrontements tendus et viscéraux, je ne saurais que trop vous le recommander.

Si Marathon vous intéresse, notre partenaire Gamesplanet propose une réduction de 10 %, ce qui fait le jeu à 36 €.

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors, suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

[TEST] John Carpenter’s Toxic Commando : des moments de plaisir intenses, mais courts, et un équilibrage à l’arrache

Par : Estyaah
11 mars 2026 à 17:06

Annoncé en 2023 pour une sortie en 2024, John Carpenter’s Toxic Commando semblait être une sorte de spin-off de World War Z, un TPS avec une vue subjective bricolée dans un stand alone, qui mettait déjà en scène des hordes de zombies. Mais on n’avait ensuite plus du tout entendu parler du projet, les développeurs ayant sans doute été appelés en renforts pour terminer le AAA Warhammer 40,000: Space Marine 2, un TPS qui a eu un sacré succès fin 2024. On pensait donc le jeu abandonné, mais en août dernier, on a eu la surprise de découvrir que Focus Entertainment prévoyait sa sortie pour ce début d’année 2026. Après une courte campagne mercatique relativement efficace, puis une bonne démo proposée il y a quelques semaines, on était plutôt enthousiastes de plonger dans une marée de morts-vivants, au son d’un bon morceau de synthwave.

Genre : Zombies en coopération | Développeur : Saber Interactive | Éditeur : Focus Entertainment | Plateforme : Steam | Prix : 39,99 € | Langues : Anglais, français | Configuration recommandée : Ryzen 5 5600X / Core i5-11600K, 16 Go de RAM, RX 6800 XT / RTX 3060 Ti | Date de sortie : 12/03/2026 | Durée : une dizaine d’heures pour terminer l’histoire en normal, beaucoup plus pour les autres difficultés.

Test réalisé à quatre en coopération avec des versions Steam fournies par l’éditeur.

Pan pan, boom boom et synthétiseur

On ne va pas vous mentir, le scénario dans les FPS coopératifs, ce n’est pas forcément le sujet auquel on s’intéresse en premier. L’expérience avec les potes réduit souvent à néant toute tentative de faire lire le moindre texte, car il y aura toujours un débile pour courir tout seul au-devant d’une vague de zombies, parce qu’il veut TUER TUER TUER. Mais placer un « John Carpenter’s » de manière si ostentatoire dès le titre ne pouvait que nous forcer à dévier de notre trajectoire initiale, pour nous intéresser à sa participation. Il paraît que le bonhomme apprécie les jeux vidéo, et son investissement dans le nouveau titre de Saber Interactive semble le démontrer : Focus nous indique qu’il a composé la musique comme il le fait régulièrement pour ses films et qu’il était le directeur narratif du projet. Ce n’est donc pas juste une méthode supplémentaire pour attirer les quarantenaires nostalgiques des films des années 80. Concrètement, ça se traduit par un scénario raconté par de courtes cinématiques délicieusement nanardesques, une esthétique réussie, et surtout, des zombies, des gros monstres et beaucoup de sang.

Un équilibrage approximatif, mais un feeling souvent jouissif

Pour proposer un gameplay intéressant en coopération, les développeurs de John Carpenter’s Toxic Commando se sont tournés vers des mécaniques de RPG. Il y a quatre classes possédant ses pouvoirs spécifiques, qui sont globalement complémentaires et se répartissent en deux plutôt offensives, et deux défensives. Cependant, on note une chose commune : l’arbre de compétences est mal équilibré et globalement bien à chier. On dispose d’un pouvoir « gratuit » à choisir parmi ceux débloqués par son niveau de classe, mais il y en a toujours un qui se démarque largement des autres, et qu’il serait ridicule de ne pas prendre. Comme c’est mal pensé, plus de la moitié des compétences sont complètement nazes ou ne fonctionnent tout simplement pas avec la capacité que tout le monde va prendre. Cela donne donc l’illusion d’une profusion de possibilités, alors qu’en réalité, chacun a son chemin tout tracé. Pour autant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain : ces capacités spéciales sont très pratiques (soin de groupe, bulle protectrice), voire jouissives pour certaines (boules de feu, drone d’attaque).

Du côté des armes, on sent que l’équipe a voulu mettre le fun à disposition dès le départ. Pas besoin de faire 500 headshots à plus de 200 mètres en fermant les yeux avec un pistolet à bouchons pour débloquer un DMR, tout est directement disponible. Et le feeling est franchement réussi. Le sound design met bien en valeur les coups de feu, surtout qu’on est souvent dans des vallées, et que l’écho se mêle aux hurlements de nos ennemis. On sent que les devs ont porté une attention particulière aux fusils à pompe, car ils ont un sacré punch et procurent un excellent sentiment de puissance. Les fusils d’assaut, ou même les pistolets, sont également très agréables à utiliser, un sentiment renforcé par le fait qu’on embarque un nombre aberrant de munitions. Les combats sont donc particulièrement jouissifs, d’autant que le système de gore et de démembrement fonctionne à plein régime. Hormis sur quelques ennemis spécifiques, les balles impactent bien les différents monstres, et les animations de mort sont plutôt chouettes. En revanche, les corps disparaissent, mais on se doute que c’est pour éviter de transformer votre PC en four à pizza.

Si toutes les armes sont accessibles dès le début, elles possèdent des niveaux, qui évoluent en fonction du nombre de zombies dégommés à chaque mission. Cela permet de débloquer des accessoires qu’il faudra acheter avec de la ressource in-game, le bourbif. Mais il ne faut pas s’attendre à tout débloquer en quelques parties, car ils coûtent extrêmement cher : environ la moitié de ce qu’on peut ramasser en une mission. Et il y en a un paquet, ce qui encourage donc à n’utiliser qu’une seule arme pour l’optimiser et augmenter plus rapidement sa puissance. Le jeu propose également des skins d’arme absolument ridicules, donc indispensables, tous accessibles avec une autre ressource trouvable dans les niveaux.

John Carpenters Toxic Comando 14 scaled
John Carpenters Toxic Comando 11 scaled
John Carpenters Toxic Comando 21 scaled
John Carpenters Toxic Comando 10 scaled

Problèmes de rythme et dapoxétine

Une mission s’articule généralement sous cette forme : une phase d’exploration de la carte avec plusieurs points d’intérêt à visiter pour améliorer son équipement et trouver des pièces mécaniques, et un objectif ou deux. Le level design est vraiment réussi : on est coincés entre les montagnes, il y a des ravins, des collines, des zones marécageuses, et tout est parfaitement cohérent. Cependant, les maps ne sont pas immenses, d’autant plus qu’on dispose de véhicules au comportement franchement sympa. On voit que l’équipe a aussi pioché du côté de la série des MudRunner pour apporter des briques de gameplay un peu originales, mais on reste heureusement sur quelque chose de très accessible. On peut parfois s’embourber – ce qui fait sortir les zombies –, mais on dispose généralement d’un grappin qui nous permet de nous treuiller hors de la flaque. C’est plutôt cool, mais un peu anecdotique, surtout qu’on s’arrête toutes les 30 secondes pour explorer un endroit qui était marqué sur la carte. On y affronte alors quelques poignées de zombies, voire une petite vague avec quelques spéciaux, mais ça reste tranquille. On va donc avoir entre 30 et 45 minutes d’alternances entre de petites échauffourées et des moments calmes, jusqu’à arriver à l’objectif principal.

Et c’est là que Toxic Commando prend toute son ampleur. Grâce aux fameuses pièces mécaniques récupérées çà et là, on peut réparer des tourelles, mortiers, grillages électriques ou fils barbelés, afin de protéger une zone à défendre pour un temps limité. On peut également ouvrir des caisses contenant une arme plus puissante, que notre personnage peut porter en plus de ses deux armes de bases, mais qu’il ne pourra pas recharger. Il y a notamment un railgun pouvant abattre un spécial en un coup, un lance-grenades, ou une mitrailleuse lourde. Une fois toute l’équipe prête, on déclenche les vagues, et c’est le panard… pour deux ou trois minutes seulement. Une éjaculation précoce d’autant plus frustrante qu’il suffirait de proposer plusieurs phases de ce type à chaque mission, histoire de prolonger le plaisir. On passera sur un autre passage particulièrement jouissif en power trip, malheureusement unique.

John Carpenters Toxic Comando 13 scaled
John Carpenters Toxic Comando 08 scaled
John Carpenters Toxic Comando 07 scaled

Une courbe de difficulté inversée

Si le jeu est très sympa en coop, il semble assez compliqué en solo, car les bots ne vont pas défendre des zones spécifiques, et il faudra courir tout seul pour les protéger. Quasiment impossible en difficile.

En normal, le jeu est globalement très facile, si l’on exclut la première mission. On ressent un défaut un peu inhérent à la liberté laissée par les développeurs de choisir (presque) n’importe quelle mission : la courbe de difficulté est descendante. Ça s’explique assez facilement : au début, on n’a que nos capacités de niveau 1, et notre arme sort d’usine. Dès la seconde partie, on a pu débloquer quelques compétences et ajouté un accessoire ou deux sur notre pétoire. Au bout d’un moment, on peut même améliorer ses dégâts en augmentant sa rareté, facilitant d’autant plus la suite de l’aventure. Si on souhaite un peu plus de challenge, on peut s’orienter vers le « difficile ». Mais là encore, il est possible que l’équilibrage ne soit pas optimal, car il faudra avoir grindé et sérieusement monté de niveau pour ne pas se faire rétamer comme de grosses merdes. On perçoit qu’il faut beaucoup mieux s’organiser, et ne pas y aller à l’improviste. C’est enthousiasmant, mais uniquement accessible quand on aura terminé l’histoire au moins une fois, et qu’on aura refait encore plusieurs autres fois quelques missions. Il faut donc pas mal d’investissement pour avoir une résistance acceptable, sans être complètement débile. Mais encore une fois, ce sera un cap à passer, puis une gentille glissade de plus en plus facile. On imagine qu’il aurait fallu un niveau de difficulté intermédiaire pour lisser la progression.

John Carpenters Toxic Comando 16 scaled
John Carpenters Toxic Comando 22 scaled

Une technique impressionnante

Impossible de ne pas évoquer le Swarm Engine, ce moteur de Saber permettant d’afficher des centaines de zombies qui se déplacent par vagues de manière très crédible pour déferler sur les quatre survivants. On se rappelle que cela fonctionnait déjà très bien dans World War Z, mais il faut croire que les développeurs ont encore perfectionné leur art. Malgré un nombre réellement impressionnant de monstres à l’écran – et une version du jeu pas tout à fait définitive –, le framerate est resté globalement stable sur toutes les machines de la rédac’, qui vont d’une RX 6700 XT autour des 100 FPS en 1440p, jusqu’à une RTX 4090 à plus de 100 FPS en 4K. Pour autant, le titre est franchement joli, grâce à un rendu à la limite du cel shading, et une direction artistique franchement chouette. D’autre part, on n’a rencontré aucun bug, la finition est plutôt correcte.

Pour une fois qu’on est nombreux à tester le jeu, on en profite pour partager les configurations et les performances :

Conf Réglages Framerate
7800x3D / 32 Go DDR5 / RTX 4090 2160p, DLSS qualité, high 100/110 FPS, rares chutes à 80 FPS
5700x / 32 Go DDR4 / RX 6700 XT 1440p, high autour de 100 FPS, quelques chutes à 80 FPS
9800x3D / 32 Go DDR5 / RTX 4070Ti 1440p, DLAA, framegen x2, high 120 FPS
i5 12700k / 32 Go DDR4 / RTX 4080 1080p, DLAA, framegen x2, high entre 120 FPS et 200 FPS

Très fun, mais un peu frustrant

John Carpenter’s Toxic Commando est un très bon jeu coopératif. Le gunfeel est très chouette, les hordes de zombies sont impressionnantes, la conduite des véhicules est sympathique et la finition est exemplaire. Cependant, on regrette des problèmes de rythme imposés par la recherche d’équipement sur des cartes pourtant pas immenses, aboutissant à des phases de défense absolument jouissives, mais toujours beaucoup trop courtes. On en ressort un peu frustrés d’avoir aussi vite lâché la purée, pour repartir sur une nouvelle longue phase de préparation. On pourra aussi déplorer la difficulté décroissante, rendant le jeu rapidement très facile, ou demandant de sérieusement grinder pour être en capacité de passer au niveau supérieur. On a néanmoins passé de très bons moments sur nos quelques parties à quatre, car les mécaniques gameplay sont tout de même très agréables et les différentes classes se complètent très bien. Et ceux qui aiment faire et refaire les mêmes choses pour augmenter leurs stats ont de quoi faire. Nous, on espère juste que Saber ait encore quelques éléments en réserve, ou qu’ils règlent ce problème de rythme en ajoutant plus de ces excellentes phases de défense.

Si vous êtes intéressé par John Carpenter’s Toxic Commando, notre partenaire Gamesplanet propose une réduction de 14 % avec le code promo COMMANDO, ce qui fait le jeu à 34 € et des bananes.

Gamesplanet Toxic Commando

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors, suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

[PREVIEW] Incursion Red River passe en 1.3 : rendez-vous dans 15 ans pour un potentiel bon jeu

1 mars 2026 à 17:07

On ne vous avait parlé d’Incursion Red River qu’au moment de sa sortie en accès anticipé, car lorsqu’on l’avait essayé peu après, on avait considéré qu’il ne valait même pas la peine d’être évoqué. Deux ans plus tard, la version 1.3 est de sortie, et ElGringo, membre de la communauté NoFrag, a décidé d’aller y faire un tour. Son verdict n’est malheureusement pas meilleur qu’en 2024, car si l’intention de proposer une expérience tactique est toujours là, l’enfer du Vietnam se trouve pour l’instant surtout dans le level design.

Genre : Extraction shooter PvE | Développeur : Games Of Tomorrow GmbH | Éditeur : Games Of Tomorrow GmbH | Plateforme : Steam | Prix : 21,56 € | Langues : Anglais | Configuration recommandée : Intel i5-9600K / Ryzen 5 3600, RTX 2080 / RX 5700 XT | Date de sortie en accès anticipé : 10/04/2024 | Durée : quelques heures avant de se lasser

Preview rédigée par ElGringo et effectuée sur une version Steam.

Techniquement discutable

Commençons par la technique. Les bugs sonores sont pénibles : préparez-vous à subir le chant infini de grillons sous stéroïdes et à entendre les bruits de vos propres tirs sauter sans raison. Côté fluidité, le framerate est stable, mais on observe un stuttering très prononcé dès que l’IA passe en état d’alerte (pratique pour savoir qu’on est repéré, mais moins pour viser). C’est un effet secondaire du nouveau comportement, j’y reviendrai. Lumen est disponible en expérimental, mais je n’ai remarqué aucune différence visuelle pour 15 FPS de moins. Le jeu reste cependant assez beau – indépendamment d’une direction artistique sans âme – et tourne à 70-80 FPS minimum sur la nouvelle carte en réglage max sans Lumen (en 1080p avec un Ryzen 7 5800X et une RTX 3070). Les effets météo ont été revus : les orages sont impressionnants, mais la visibilité en pâtit. Et même s’il pleut moins souvent que chez la concurrence, n’espérez sniper que lorsqu’il fait beau…

Du côté des armes (comme le nouveau MPX, par exemple), c’est toujours mal équilibré. On ne sent presque aucune différence entre du 9 mm et de la 7,62 russe. Je ne parle même pas des shotguns, qui one-tap à 20 mètres avec un son de pulvérisateur pour laver les vitres. Dommage pour un titre qui propose autant de gunporn.

Incursion Red River 05 gunporn2
Incursion Red River 06 inventaire
Incursion Red River 15 soins1

Des mécaniques éculées, mais pourtant mal maîtrisées

Sur le plan du gameplay, Incursion Red River souffle le chaud et le froid. Le système de soin est toujours trop simple : painkiller pour des points de vie temporaires, bandage si saignement, et health injector pour récupérer des points de vie définitifs. Il y aurait de la regen, qu’on jouerait à Call Of’. De plus, c’est assez mal fait : prendre des painkillers pour faire remonter sa vie est terriblement plus long que de se faire une piqûre, qui elle, vous soigne définitivement.

Incursion Red River 21 missions2
Incursion Red River 10 nature1

Les nouvelles missions scénarisées font le job, mais les objectifs secondaires manquent cruellement de diversité. Par exemple, j’ai détruit au moins six fois l’école sur la carte Delta en moins de deux jours ingame, du moins en théorie, car je n’ai jamais entendu l’explosion des bombes que j’ai placées… Même constat pour le nouveau système de ressources, dont l’idée de base est originale : plutôt que de rentrer avec cinq sacs de ciment, il faut les marquer avec un traceur, ce qui les valide immédiatement. Et pour les trouver, votre PDA bipe si vous vous en approchez. Le souci, c’est que les emplacements de loot sont fixes, l’intérêt retombe donc à zéro au bout de quelques raids.

Comme dans tout bon extraction shooter qui se respecte, nous avons à notre disposition un hideout. Et comme dans tout bon extraction shooter qui se respecte, nous pouvons l’améliorer. Et comme dans tout bon extraction shooter qui se respecte, il vous faudra extraire toute une ribambelle d’objets insolites (un globe terrestre pour upgrader son terminal, ou une cruche antique pour améliorer la structure…), prenant une place non négligeable dans votre petit sac à dos. Cela oblige donc à jouer à Tetris alors qu’un ennemi peut potentiellement vous distribuer le contenu de son chargeur dans la figure à tout moment. C’est le contraire des ressources, qui ne prennent pas de place dans votre inventaire.

Une nouvelle carte avec les mêmes défauts que les précédentes

Une nouveauté intéressante à noter concerne la structure du jeu : les cartes sont désormais attribuées à chaque faction, chacune hébergeant les soldats d’un des trois camps (Américains, Russes ou Vietnamiens). Les missions secondaires pour monter sa réputation sont donc limitées : vous ne trouverez pas de missions de sabotage pour le compte des Américains sur la carte contrôlée par les Américains. Là encore, c’est une bonne idée, mais cela reste figé : Quarry sera toujours contrôlé par l’UICS, malgré vos actions. Et l’arrivée d’une nouvelle carte illustre bien les problèmes sur la boucle de gameplay actuelle du titre. L’eau (lacs et rivières) y est bizarrement infranchissable, forçant des détours absurdes. Les zones d’extraction qui s’ouvrent et se ferment sont inutilement complexes à atteindre : il m’est souvent arrivé de constater que je ne parviendrais pas au point d’extraction avant sa fermeture, et que les seuls ouverts (ou qui s’ouvriront) sont à l’autre bout de la carte, m’obligeant à marcher de longues minutes dans des zones mortes et sans le moindre intérêt. Et quand vous tombez sur des bâtiments, les maisons sont complètement vides et les infrastructures plus grosses, comme l’école, sont impossibles à visiter. Je ne parle même pas de l’omniprésence de murs invisibles, qui forcent à passer par les couloirs arbitraires que les développeurs ont prévus. Vous me direz « mais c’est une alpha ! », je vous répondrais « trois cartes en deux ans ». Même Battlefield 6 fait mieux !

Ne partez pas ! Au moins une chose est réussie : l’IA

Mais la grande nouveauté est l’arrivée de Solarint dans l’équipe de dev, qui est le créateur de SAIN pour SPTarkov. Pour ceux qui n’ont pas testé, il s’agit d’un overhaul (mod d’amélioration) pour la version non officielle d’Escape from Tarkov, qui modifie le comportement de l’IA (déjà correcte) du jeu. Fini les headshots depuis un buisson avec la pétoire du grand-père ! Il reprend donc le même principe dans Incursion Red River. Les IA ont un comportement réaliste : les ennemis se couvrent les uns les autres, se placent correctement pour lancer un assaut, attendent patiemment dans les recoins, se replient lorsque la situation n’est pas à leur avantage, etc… Il est donc impossible de vider tranquillement un point d’intérêt puis de le looter calmement : le bruit alerte les patrouilles voisines, et vous vous retrouverez rapidement encerclé. Quelques ajustements sont possibles : par exemple, une IA n’a pas les mêmes réflexes en alerte ou en patrouille. Vous pouvez donc les surprendre. De plus, elles vont faire du tir réflexe assez peu précis si elles vous repèrent en premier. Ce n’est pas très réaliste (en général, on vise avant de tirer), mais ça permet d’éviter la balle fatale depuis le buisson et de vous mettre à couvert. Par contre, ne confondez pas tir de sommation et incompétence : passées quelques balles dans la nature, la suivante sera pour votre tête. Comme dans SAIN, vous pouvez jouer sur quasiment tous les sliders de l’IA : temps de réaction, distance à laquelle elle entend les sons, angle de vue, etc… Ça permet aux plus aguerris de souffrir un peu, ou aux débutants de ne pas perdre leur précieux M4 trouvé par hasard sur un cadavre.

Si vous voulez voir du gameplay de cette nouvelle IA, voici un démonstration assez représentative trouvée sur YouTube :

Allez donc voir ailleurs

Incursion Red River est rempli de bonnes idées à moitié implémentées, mais le contenu et le gameplay global sont beaucoup trop pauvres à l’heure actuelle pour captiver bien longtemps. Certes, l’IA est franchement cool, mais malheureusement, c’est tout le reste qui pêche. Vu le rythme de développement, on peut sereinement estimer qu’il faudra attendre encore une quinzaine d’années avant d’avoir un vrai bon jeu entre les mains. Il n’est cependant pas désagréable pour une soirée ou deux, mais la concurrence fait beaucoup mieux. Enfin, si les retours étaient plutôt indulgents lors de sa sortie en accès anticipé en 2024, car il était vendu autour des 15 €, son augmentation à plus de 21 € pourrait jouer en sa défaveur dans les mois à venir.

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

[TEST] Don’t Stop, Girlypop! : une agression visuelle, mais un gameplay jouissif

Par : Estyaah
24 février 2026 à 01:54

On ne va pas vous mentir, le premier contact avec Don’t Stop, Girlypop! nous avait laissé quelque peu dubitatifs. La direction artistique exagérément girly était un peu dure à assimiler, et le gameplay, bien que nerveux, ne semblait pas franchement proposer de sensations. Il aura fallu qu’on mette les mains sur la démo pour constater qu’on s’était trompés sur un point : le feeling est vraiment cool. Et la version complète le confirme largement : on s’amuse beaucoup, aussi bien grâce aux mouvements qu’avec l’ambiance à prendre au 1000e degré. Mais on se demande tout de même si le développement n’a pas été soutenu par le lobby des ophtalmos.

Genre : Fast-FPS | Développeur : Funny Fintan Softworks | Éditeur : Kwalee | Plateforme : Steam | Prix : 19,99 € | Langues : Anglais | Configuration recommandée : Intel i5 11600K, RTX 2060 6 Go, 16 Go de RAM | Date de sortie : 29/01/2026 | Durée : moins de 5 heures, mais heureusement pour vos yeux.

Test effectué avec une version Steam fournie par les développeuses.

Hyperpop, dérision et explosion de rétine

Don’t Stop, Girlypop! est un jeu réalisé par un studio composé, à l’origine, de deux développeuses. Le message qu’elles veulent faire passer ? Difficile à cerner précisément. Nos sens sont tellement saturés par les couleurs flashy et les musiques hyperpop qu’il est difficile de situer quel est le niveau de lecture à adopter. Le jeu est rempli d’humour, et l’aspect girly est poussé à son paroxysme. Le rose est omniprésent, et il est même possible de customiser ses armes et vêtements par l’intermédiaire de menus d’une sobriété exemplaire. C’est évidemment très exagéré, mais on n’est pas si loin d’un CallOf’ ou d’un Battlefield sur le principe. La grosse différence, c’est qu’il n’y a ici pas de battlepass ni de skin à 20 €. En plus des couleurs à faire pâlir un incel en trois secondes, les effets visuels viennent agresser la rétine à la moindre occasion, jusqu’à une confusion délicieusement aberrante lors des combats les plus énervés. Enfin, la bande son ne dénote pas avec l’univers, et on se surprendra même à apprécier quelques morceaux lors de nos ballets aériens survitaminés. La production de ces derniers est excellente, que l’on aime ou non le genre.

Dont Stop Girlypop 16 scaled
Dont Stop Girlypop 12 scaled
Dont Stop Girlypop 09 scaled
Dont Stop Girlypop 06 scaled

Air control, fusil à pompe et bisous magiques

Même si on n’est pas toujours malins chez NoFrag, j’ai tout de même compris que Don’t Stop, Girlypop! était une critique du capitalisme, incarné par un grand méchant uniquement motivé par l’argent qu’il récupère en minant et détruisant la planète de notre héroïne. Ah, les filles, elles inventent vraiment n’importe quoi ! Et pour combattre son armée, composée majoritairement de sortes d’insectes robotiques, on devra utiliser le pouvoir de l’Amour, asséné à grands coups de fusil à pompe, de pistolet-mitracœur ou de railgun. Un des éléments mis en avant, notamment via le titre, est qu’il ne faut jamais s’arrêter : plus on se déplace vite, plus on fait de dégâts – jusqu’à un certain seuil. Étrangement, cet aspect est finalement assez anecdotique : on atteint le maximum en moins de deux secondes, ce qui fait qu’on est quasiment toujours à la puissance max. Et compte tenu du gameplay, on n’est effectivement jamais statique. Pour que cela se fasse dans de bonnes conditions, les développeuses nous donnent un air control aux petits oignons, un dash et un slide bien pratique. Au fil des arènes, cela devient même jouissif d’enchaîner nos adversaires en virevoltant et en évitant leurs attaques.

Dont Stop Girlypop 03 scaled
Dont Stop Girlypop 07 scaled
Dont Stop Girlypop 11 scaled
Dont Stop Girlypop 14 scaled

La progression est très organique, puisqu’on nous présente les ennemis au fur et à mesure, ainsi que des moyens de s’en débarrasser, lors de confrontations sous forme de combats de boss. On pourra juste parfois reprocher un poil de répétitivité lorsque l’on enchaîne plusieurs arènes d’affilée. En effet, le gameplay n’évoluera plus trop une fois nos armes préférées identifiées. Heureusement que le feeling déchire. Il n’y a pas de notion de munitions, mais on recharge tout de même. Cependant, la sélection – quasiment instantanée – d’une autre pétoire recharge automatiquement la précédente, ce qui encourage la bascule régulière. En bref, c’est nerveux, viscéral et absolument brouillon, mais finalement très maîtrisé.

Épileptique, mais sympathique

Malgré ses atours, Don’t Stop, Girlypop! est un très bon fast-FPS. L’air control est admirable, les mouvements sont vifs et exploser ses ennemis dans une gerbe de cœurs est assez jouissif. L’aspect visuel ultra-girly volontairement over the top apporte une touche résolument ironique et humoristique assez sympa, en plus de faire rager les plus rétrogrades des Tru G4m3rz, tandis que la vibe hyperpop nous emporte dans les airs, et rythme nos flickshots avec une cadence bien énervée. Attention tout de même à garder du collyre à portée de main, on n’est jamais trop prudent.

Si vous êtes intéressé par Don’t Stop, Girlypop!, il est actuellement à –10 % chez notre partenaire Gamesplanet, soit 18 €.

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

❌