Vue normale

[TEST] Iron Blight : un bon petit survival-horror rétro à la sauce soviétique

Par : Mathmoite
3 septembre 2026 à 19:25

Parmi les nombreuses productions indépendantes surfant sur la nostalgie des années 90, on a découvert Iron Blight. Conçu par un seul développeur – qui travaille également sur Aquametsis –, celui-ci tente un pari intéressant. S’inspirer des grands classiques de l’horreur comme la franchise Resident Evil, tout en combinant l’esthétique du rétro-FPS à des mécaniques de survie et de tir modernes et dynamiques. Étant un amateur de jeux de survie, il ne m’en fallait pas plus pour plonger la tête la première dans cette ambiance austère et froide, tout droit sortie du bloc soviétique.

Genre :  Survival-Horror | Développeur : Ronesans Interactive | Éditeur : Rock Paper Publisher | Plateforme : Steam | Prix : 13,50  | Langues : Anglais, français | Configuration recommandée :  i5-7600, GTX 1060, 8 Go de RAM | Date de sortie : 24/08/2026 | Durée : Environ 5 heures

Test réalisé sur une version Steam.

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Une nuit pas comme les autres

L’histoire prend place dans les années 90, en plein bloc de l’Est. On y incarne un personnage ordinaire sans passé défini, parti sur son lieu de travail vérifier la situation après de mauvais échos venus des quartiers voisins. Alors qu’il avait quitté son domicile avec la promesse de revenir au plus vite auprès de sa compagne, les événements dérapent rapidement. Piégé dans un dortoir, un message d’alerte à la radio ordonne le confinement général face à une violente épidémie qui frappe la ville. Refusant de rester les bras croisés à attendre les secours, notre héros s’échappe pour traverser l’enfer urbain et sauver sa femme. Le scénario ne réinvente pas la roue et reste en somme assez classique, mais il suffit largement à poser une intrigue et à donner une bonne raison de s’aventurer dans cet enfer.

Un gameplay sous tension plutôt efficace

Sous ses faux airs de simple shooter, Iron Blight brille surtout par sa boucle de gameplay très bien maîtrisée. Elle reste variée tout au long des deux gros chapitres que propose l’aventure, et on ne s’ennuie jamais. Le premier niveau se déroule dans un gigantesque dortoir labyrinthique, suivi d’un second volet bien plus ouvert, au cœur d’une ville aux multiples bâtiments à fouiller. On y retrouve toute la sève du survival-horror, où chaque endroit pourra être exploré pour y dénicher des outils indispensable à la progression. Retirer une barricade, résoudre une énigme ou faire sauter un verrou sera le quotidien du héros. Cette progression sera souvent récompensée par la découverte de nouvelles armes et d’améliorations pour celles-ci. Si fouiller chaque pièce n’est pas forcément obligatoire, on appréciera tout de même de glaner soins et munitions après un rude combat. Pendant notre périple, la gestion de l’équipement sera responsable de nombreuse tensions. Muni d’un petit sac à dos au début de l’aventure, on pourra l’échanger pour des modèles de plus grande capacité par la suite. Ces extensions soulagent, sans jamais supprimer le problème du manque de place, obligeant à trancher sans cesse entre embarquer un arsenal varié, stocker des munitions ou conserver de précieux emplacements pour les soins.

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Escape from Prasnova

Côté affrontements, Iron Blight met à disposition de nombreuses armes. Pistolet, revolver, fusil à pompe, fusil à verrou ou encore fusil mitrailleur. Des armes de corps-à-corps sont aussi disponibles. Celles-ci manquent d’équilibrage et on préfèrera plutôt utiliser la poudre qu’un tuyau ou un gourdin, surtout lors des vagues d’ennemis. L’arsenal bénéficie d’une belle variété d’accessoires comme des silencieux, des lasers ou encore des lunettes. Le gunfeel est franchement bon, avec des combats assez soignés. Ce qui match parfaitement, c’est l’idée d’imposer un réarmement manuel via la barre d’espace. Qu’il s’agisse de manœuvrer le verrou d’une carabine ou de chambrer une cartouche de fusil à pompe en pleine panique, il faudra parfois bien anticiper si vous ne voulez pas finir dévoré. Pour couronner le tout, les armes à feu s’enrayent régulièrement après plusieurs tirs nourris. Se retrouver face à une marée de zombies avec une douille coincée dans la culasse crée des montées de stress, transformant certains affrontements en un exercice de survie assez gratifiant. Dans ces moments critiques, vous aurez la possibilité d’utiliser le coup de pied dans le but d’étourdir et de repousser les assaillants et ainsi gagner de précieux mètres le temps de recharger votre arme.

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Du pixel soigné.

Avec ses graphisme façon PS1, Iron Blight s’appuie sur une esthétique assez froide. Les ruelles de la ville fictive de Prasnova sont particulièrement sombres, avec juste assez d’éclairage pour donner une ambiance de film d’horreur. Le niveau des dortoirs, avec ses lumières jaunâtres et son papier peint kitch, rappelle clairement les années 90. L’atmosphère gagne encore en profondeur avec les cris de terreur qui résonnent, les bruits sourds derrière les cloisons et le son des armes. Ces bruitages viennent briser le silence qui règne en maître dans la ville. Côté perf, rien à dire : le jeu ne consomme quasiment rien. Les petites configs pourront pleinement profiter de l’expérience.

Un survival-horror sans prétention, mais vraiment chouette

Sans prétendre révolutionner le genre, Iron Blight coche toutes les cases d’un vrai survival-horror à l’ancienne. Entre sa gestion de l’inventaire, ses sensations de tir et son ambiance horrifique bien présente, le titre livre une copie particulièrement propre et prenante. Il y a du choix dans les armes, le bestiaire est plutôt varié : c’est franchement chouette. L’aventure est encore plus remarquable quand on sait qu’il s’agit de l’œuvre d’un seul développeur. Même si certaines animations manquent parfois de finition, on passe malgré tout un bon moment. Si vous êtes nostalgiques des classiques des années 90 et amateurs d’ambiance de fin du monde, vous pouvez foncer les yeux fermés. 

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors, suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

[TEST] S.T.A.L.K.E.R. 2 – Cost of Hope : un DLC convaincant, mais un patch 2.0 en demi-teinte

Par : Balna
19 août 2026 à 13:07

Dans un pari relativement ambitieux, les Ukrainiens de GSC Game World ont décidé de faire coïncider la sortie du premier contenu additionnel majeur de S.T.A.L.K.E.R. 2 avec celle de la mise à jour 2.0, censée corriger une bonne partie des écueils relevés depuis la sortie. Cette double sortie cristallise les attentes d’une communauté qui ne réclame qu’une chose : l’arrivée de mécaniques annoncées de longue date, ou tout simplement présentes dans les précédents épisodes de la licence, mais toujours absentes de S.T.A.L.K.E.R. 2 malgré les nombreuses mises à jour apportées par GSC Game World. Alors, péché d’orgueil ou tournant majeur ?

Genre : FPS en monde ouvert | Développeur : GSC Game World | Éditeur : GSC Game World | PlateformeSteam, Epic et GoG | Prix : 29,99 | Langues : Anglais, Ukrainien (sous-titrage français) | Configuration recommandée : CPU Ryzen 7 5800X / Core i7-11700, GPU Radeon RX 6800 XT / RTX 3070 Ti, 32 GB de RAM | Date de sortie : 20/08/2026

Test effectué sur la version Steam fournie par GSC Game World.

Configuration de test : CPU Ryzen 7 9800X3D, GPU RTX 4070 Ti, 32Go de RAM.

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Une intrigue maîtrisée

Bonne nouvelle si vous n’avez plus votre ancienne sauvegarde sous la main : une option vous permettra de vous lancer directement dans le contenu de Cost of Hope, tout en faisant sauter l’insupportable prologue du jeu de base. Une bonne nouvelle si, comme moi, vous aurez passé les six derniers mois à corrompre minutieusement chacune de vos sauvegardes à grand renfort de mods.

Ce premier DLC apporte deux grandes nouvelles régions – la Forêt de Fer et la Centrale de Tchernobyl. La première sera très rapidement accessible, tandis que la seconde n’arrivera que dans le dernier tiers de votre progression. On va pas y aller par quatre chemins : qu’il s’agisse de l’ambiance, des visuels ou de leur originalité, ces deux nouvelles régions s’inscrivent parmi les meilleurs contenus créés par GSC Game World. La Forêt de Fer a une thématique très marquée visuellement, et qui change beaucoup de ce qu’on a l’habitude de voir dans la Zone. Mais forcément, la star du DLC, c’est la centrale, qui a été intégralement modélisée. Tout en verticalité, c’est une des zones les plus dangereuses, pour des raisons évidentes – le compteur Geiger hurle constamment et des anomalies uniques bloqueront votre progression. Pour autant, l’exploration des nouvelles régions est toujours un plaisir. Les points d’intérêt sont nombreux sur la carte, la plupart des bâtiments sont totalement explorables, et on sent que les développeurs sont sincèrement attachés à l’univers qu’ils ont construit. Les zones fourmillent de détails, de petits recoins qui n’existent pas forcément pour donner une récompense autre que le plaisir des yeux du joueur. Le seul bémol, c’est qu’on passera finalement assez peu de temps dans ces nouvelles régions pendant la progression de la trame narrative du DLC, puisqu’on sera pas mal baladés à travers les régions du jeu de base – certainement pour mettre en valeur le travail effectué avec la mise à jour 2.0, et c’est bien compréhensible. Heureusement, il sera toujours possible de retourner explorer les lieux du DLC une fois l’histoire terminée.

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Du point de vue de la narration, Cost of Hope semble bien plus maîtrisé que le jeu de base, dont l’intrigue avait trop tendance à s’embourber dans des délires philosophiques et métaphysiques. Le récit remet les pieds sur terre avec ce DLC, en se recentrant sur deux factions emblématiques de S.T.A.L.K.E.R., la Liberté et le Devoir. Les personnages, s’ils sont certes assez archétypaux, sont tout de même suffisamment bien écrits pour qu’on puisse comprendre leurs motivations, et on arrivera au moins à s’impliquer suffisamment pour choisir une des deux fins proposées à l’issue de la trame narrative. On regrettera juste le rythme du DLC : il m’a fallu une vingtaine d’heure pour le boucler, et j’ai quand même parfois eu le sentiment qu’il était rallongé artificiellement. On passe énormément de temps dans certaines zones intégralement scriptées, qui, même si elles  sont correctes, nous coupent parfois du monde ouvert pendant plus de deux heures. Le passage à Limansk, s’il est particulièrement réussi avec son ambiance qui rappelle Ravenholm dans Half-Life 2, se tire vraiment en longueur, et il n’aurait pas été moins bon s’il avait été deux fois moins long. Cela donne le sentiment que GSC Game World peine à faire confiance à son gigantesque monde ouvert, et se sent constamment obligé de remettre le joueur sur des rails pour l’occuper.

Une relecture du monde ouvert

Et c’est bien dommage, parce que tout le contenu additionnel de S.T.A.L.K.E.R. 2 ne bénéficie au final que très peu de toutes les nouveautés apportées par sa très attendue mise à jour 2.0. Déjà, visuellement, le monde ouvert est plus beau que jamais, en grande partie grâce à la migration vers Unreal Engine 5.5.4, mais surtout grâce à la refonte de plusieurs éléments visuels. La végétation a été largement remplacée par de nouveaux assets qui mettent plus que jamais en avant la beauté de la Zone. On a beaucoup moins le sentiment de voir un énième jeu en open world générique sous Unreal Engine 5. Cette évolution s’accompagne au passage d’un petit changement de direction artistique, puisque la Zone paraît désormais beaucoup plus colorée et moins morte qu’auparavant. Les nouveaux effets de brouillard, quant à eux, accompagnent à merveille l’ambiance ultra pesante de la Forêt de Fer. En revanche, la luminosité et l’éclairage des zones, même s’ils sont mieux gérés que par le passé – notamment sur les transitions extérieur / intérieur –, renvoient toujours des résultats très inégaux. Le ghosting – cette petite traînée floue qui transformait la scène en bouille visuelle dès lors qu’on marchait en forêt – est toujours un peu présent, même si on notera tout de même que le jeu est bien plus lisible visuellement qu’auparavant. Difficile de juger de l’optimisation en l’état, la configuration de test étant plutôt musclée, mais j’ai eu le sentiment que le jeu galérait toujours dans les scènes chargées de PNJ et les principaux hubs, ce qui se caractérise par une insupportable augmentation de l’input lag. Les développeurs avaient promis que la migration serait accompagnée d’un gros travail d’optimisation, mais je doute qu’il faille s’attendre à des miracles.

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Au menu des ajouts bien intégrés, on notera également la possibilité de moduler soi-même la difficulté du jeu, selon plusieurs paramètres plutôt bien pensés (combats, exploration, dégâts environnementaux, etc). Par contre, pourquoi ne pas avoir profité de ce menu pour permettre au joueur de diminuer la quantité de butin obtenu absolument partout ? Il y a bien un paramètre lié à l’économie, mais il ne concerne que les prix d’achats et de vente des objets. On passera donc encore le plus clair de son temps à être surchargé par les dizaines de bouteilles de vodka et de soins que le jeu nous balance à la tronche. Les jumelles, même si elles figurent parmi les fonctionnalités les plus attendues par les joueurs, passent un peu à côté de leur intérêt… Puisque le A-life – le moteur de simulation de vie dans la Zone – n’est toujours pas capable d’afficher des PNJ à plus de 100m.

Still A-life

GSC a également profité de ce patch 2.0 pour publier son SDK complet, le Zone Kit, qui devrait permettre à la communauté d’ajouter des mécaniques complexes (systèmes de jeu, contenu scénarisé, éléments audio). Si vous êtes un peu patients, la plupart des mods emblématiques devraient devenir compatible avec la 2.0 dans les semaines qui suivent la sortie du DLC.

Est-ce que cela veut dire que rien n’a changé du côté du A-life ? Pas vraiment. En 30 heures de jeu, j’ai quand même eu le sentiment de croiser davantage de cadavres déjà fouillés, preuve que le système semble fonctionner. On a également moins le sentiment que la Zone est un champ de bataille permanent, sentiment qui était dû jusque-là à la présence constante de bandits ou de mutants dans notre environnement proche. Les groupes de S.T.A.L.K.E.R.S sont placés avec beaucoup plus de parcimonie – principalement autour des feux de camp, abribus et autres petits points d’intérêt –, et il arrive même qu’on ne croise personne pendant plusieurs minutes de marche, incroyable ! Malgré tout, on pourra déplorer que ces nouveautés n’aillent pas plus loin, et se contentent de suivre la voie ouverte par les modders et la communauté depuis plusieurs mois déjà.

Faut-il pour autant conclure que cette mise à jour n’est pas à la hauteur des attentes ? Difficile d’être enthousiaste alors que les changements sont si difficilement perceptibles. Je n’ai pas noté de grandes différences du côté de l’IA en combat, qui, si elle se met bien à couvert et semble essayer de contourner le joueur, répond toujours avec les mêmes comportements prévisibles identiques : se mettre à couvert derrière une caisse, tirer une rafale, éventuellement jeter une grenade, puis crever bêtement.

Vous pouvez retrouver mon test au format vidéo :

Ou si vous voulez juste voir du gameplay non commenté, vous pouvez jeter un oeil ici :

Une extension convaincante, mais teintée d’amertume

Que vous soyez un joueur de longue date ou si vous attendiez la mise à jour 2.0 pour vous lancer dans l’aventure S.T.A.L.K.E.R. 2, Cost of Hope est un DLC convaincant. Le contenu ajouté est rafraîchissant et compte parmi les meilleurs ajouts faits à ce jour par GSC Game World, dont l’exploration restera le plus grand point fort. Si en revanche, vous attendiez de cette extension une véritable révolution, je ne saurais que trop vous recommander d’attendre le travail des modders. S.T.AL.K.E.R. 2 reste fondamentalement le même : une expérience relativement linéaire plantée au milieu d’un monde ouvert qui ne demande qu’à être exploité à son plein potentiel. Vivement les mods.

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors, suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

[TEST] Torn Banner revient d’entre les morts avec la version 1.0 de No More Room in Hell 2

Par : Estyaah
13 août 2026 à 16:30

Le 11 août dernier, Torn Banner Studios a publié la version 1.0 de No More Room in Hell 2. Rappelez-vous, le jeu était sorti en accès anticipé dans un état absolument catastrophique en 2024, provoquant la colère des joueurs et des avis assez peu reluisants. Cependant, au fil des mois, les développeurs se sont attachés à réparer leurs conneries et à corriger les bugs. Du contenu est également arrivé peu à peu, et nous avons régulièrement jeté un œil aux mises à jour. Contrairement à beaucoup de causes perdues d’avance et malgré de gros soucis encore présents – notamment de performances –, on s’y amusait déjà pas mal. Après un échange avec le studio, qui nous a permis de récupérer quelques clefs à distribuer à la communauté, nous sommes partis à l’aventure en coopération à huit pour tester cette version 1.0.

Genre : Zombies/coop | Développeur : Torn Banner Studios Éditeur : Torn Banner Studios Plateforme : Steam | Prix : 28,99 € | Langues : Anglais, sous-titres en français Configuration recommandée : i7-10700K / Ryzen 5 5500GT, RTX 2070 / Radeon RX 5700 XT, 16 Go de RAM | Date de sortie : 11/08/2026 Durée : quarante à cinquante heures pour titiller la plus haute difficulté

Test effectué sur des versions Steam commerciales et fournies par le développeur.

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Des bases classiques, mais des bases solides

Dans No More Room in Hell 2, le but est de remplir des objectifs disséminés sur une vaste carte peuplée de zombies, puis de s’extraire. Notre personnage gagne des niveaux et des compétences à chaque expédition, s’il en revient vivant. Dans le cas contraire, on en choisit un autre parmi plusieurs, disposant de quelques skills vaguement décrites, mais en repartant au niveau 1. On peut rapprocher cette mécanique de celle de Hunt: Showdown 1896 avec ses chasseurs. Comme dans le jeu de Crytek, on peut aussi acheter du matériel avec des ressources lootées en raid, puis l’assigner à notre survivant. Mais tout sera également perdu en cas de mort. Si ce n’est pas franchement nécessaire en débutant, voire en normal, cela devient indispensable dans les deux autres niveaux de difficulté. Il est même recommandé de monter ses personnages avant de choisir difficile ou cauchemar. Mais on ne peut pas uniquement se reposer sur ses capacités : la coopération est primordiale.

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Le vrai sens de la coopération

Il est possible de jouer jusqu’à huit – ce que nous avons fait le soir de la sortie –, mais de base, le jeu propose un matchmaking pour rejoindre des inconnus. C’est forcément un peu plus aléatoire, puisqu’on peut tomber sur Jean-Kevin qui pensait jouer au mode Zombies de Call Of’ sur sa Xbox, mais on peut parfois rejoindre de bons lobbies. Il faudra se protéger mutuellement pour réaliser certaines actions ou fuir les hordes ponctuelles, et l’expérience est toujours bonne quand tout le monde y met du sien. En cas de blessure, on peut évidemment utiliser des bandages ou des kits de soin, mais il arrive qu’on se fasse infecter. Dans ce cas, des pilules pourront repousser l’échéance, mais pas nous guérir complètement. Heureusement, les développeurs ont pensé à la fonction suicide pour éviter de devenir un plus gros fardeau pour le reste de l’équipe, si on le fait à temps… La coordination est aussi un point important : n’imaginez pas prendre n’importe quel fusil à pompe qui traîne, sinon vous risquez de vous battre avec vos coéquipiers pour la moindre cartouche. En effet, le jeu propose au moins sept calibres différents, qu’il est préférable de répartir au maximum entre les membres du groupe dès la difficulté normale.

Un feeling viscéral

S’il est toujours préférable d’éclater un zombie à l’arme de mêlée pour éviter de rameuter tout le quartier, certains passages nécessitent d’employer les grands moyens. De ce côté-là, Torn Banner a plutôt réussi son coup : les armes à feu ont un excellent feeling, notamment les fusils et carabines qui explosent les têtes de nos ennemis dans un délicieux bruit dégoulinant, ce qui est assez jouissif. Mais si le concept fait vaguement penser à Left 4 Dead, les mouvements sont beaucoup plus lents et rigides, le gameplay se voulant plus hardcore et « réaliste ». La gestion de la stamina est primordiale pour ne pas se faire défoncer, d’autant plus que l’on est beaucoup plus vulnérable à l’infection lorsque l’on est épuisé. Il faudra donc bien saisir les timings des attaques au corps-à-corps pour ne pas être trop frustré. D’ailleurs, le feeling des tuyaux, des marteaux, des tiges de fer ou des pelles est tout aussi excellent, surtout lorsque des morceaux de chair se détachent de nos pauvres adversaires après un coup bien placé.

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Un vaste terrain de jeu

Côté contenu, la version 1.0 de No More Room in Hell 2 est plutôt généreuse. Une nouvelle carte à objectifs a été ajoutée, portant leur nombre à six. Un mode de jeu Survie avec des vagues de zombies sur trois cartes spécifiques fait également son apparition. Le premier mode est vraiment chouette, notamment grâce à la taille assez impressionnante de chacune des cartes et à l’aspect aléatoire des objectifs à remplir. Elles racontent toutes une histoire, avec de-ci, de-là, un peu de narration environnementale. Cela permet une très bonne rejouabilité et évite de se lasser trop vite. En revanche, on a été un peu moins convaincus par le mode Survie, dont l’objectif est fatalement un peu plus basique. Il faut juste protéger certaines zones pendant quelques vagues avant de tenter de s’extraire. Il est probable que ce soit plus intéressant avec des personnages de haut niveau, capables de se débarrasser plus rapidement des hordes d’ennemis que les survivants sortis du berceau. Dans tous les cas, il y en a pour quelques dizaines d’heures, d’autant que certains équipements à acheter sont verrouillés derrière un niveau de compte, dissocié de celui des personnages.

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Comme quoi, on peut avoir de bonnes perfs avec l’UE5 !

Si l’accès anticipé ne brillait pas spécialement par son optimisation, il semble que les développeurs aient réussi à résoudre la majorité des soucis. Dans notre groupe de huit joueurs, certains possédaient des machines de milieu de gamme (RTX 3070, Ryzen 7 5800X), mais tout le monde a trouvé le jeu parfaitement fluide (plus de 100 FPS). Je n’ai eu aucun souci à streamer à plus de 130 FPS alors que j’avais tout mis à fond en 4K, avec le DLSS en qualité et le framegen activés, sur mon 7800X3D et ma RTX 4090. Visuellement, les menus sont un peu cracra, mais tout le reste est franchement réussi. Les environnements sont beaux et détaillés, les lumières sont chouettes, les zombies sont crédibles. Lors de notre session, un seul d’entre nous a crashé avant le démarrage du second run, ce qui n’a donc pas trop été gênant.

Si vous voulez voir ce que ça donne sur une soirée, voici la rediffusion de notre épopée :

Que de progrès depuis l’accès anticipé !

La version 1.0 de No More Room in Hell 2 n’a plus rien à voir avec ses débuts en accès anticipé en 2024. Les serveurs sont parfaitement stables, les performances sont étonnamment bonnes et l’équilibrage est aux petits oignons. L’expérience en coopération à huit joueurs est excellente, mais même à trois ou quatre, en rejoignant des inconnus, il y a largement moyen de s’amuser. Le feeling des armes à feu est plus que correct, et les armes de corps-à-corps sont franchement jouissives. Certes, le gameplay hardcore et un peu rigide ne plaira pas à tout le monde, mais il est réussi. Ne vous fiez pas aux avis encore très mauvais sur Steam : ils sont soit obsolètes, soit complètement hors sujet.

Si vous êtes intéressés par No More Room in Hell 2, sachez qu’il est actuellement en promotion à –35 % sur Steam jusqu’au 25 août, soit 19 €.

Vous avez du mal à vous y retrouver dans le catalogue Steam ? Alors suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à trier le bon grain de l’ivraie.

[TEST] Agent 64: Spies Never Die : Au service secret de Sa Nostalgie

Par : Estyaah
11 août 2026 à 16:48

Sorti en 1997 sur Nintendo 64, GoldenEye 007 avait marqué une génération de joueurs console, grâce à des parties endiablées avec ses copains après le goûter. Les joueurs PC, pendant ce temps, se moquaient de sa maniabilité ridicule tout en fraggant sur Quake, mais pleuraient secrètement de ne pas avoir d’écran splitté pour leur titre phare. Autant vous dire que l’annonce d’Agent 64: Spies Never Die, un successeur spirituel indépendant, nous avait plutôt surpris en 2021. En effet, réaliser un hommage à un jeu console ne paraissait pas spécialement pertinent sur la PC Master Race, et la première démo ne nous avait pas franchement convaincus. Mais l’unique développeur derrière le projet a tout de même persévéré pour nous livrer sa vision du concept, avec seulement quatre ans de retard sur la prévision initiale. On a donc pu découvrir un jeu plein de nostalgie, avec une difficulté étonnamment relevée, mais qui réussit tout de même à être amusant pour nous, l’Élite des gamers.

Genre : rétro-FPS | Développeur : Replicant D6 Éditeur : Replicant D6 Plateforme : Steam | Prix : 21,64 € | Langues : sous-titre en français, en anglais… Configuration minimum : i5-7500 / Ryzen 5 1600, GTX 1050Ti, 8 Go de RAM | Date de sortie : 11/08/2026 Durée : 6 h pour la campagne scénarisée, beaucoup plus pour les défis et le multijoueur

Test effectué sur des versions Steam fournies par le développeur.

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Permis de jouer

Tout le monde ne peut pas avoir bon goût. Mais ça n’a pas empêché Replicant D6 de mettre tout son cœur dans la réalisation d’Agent 64: Spies Never Die, un hommage, pour ne pas dire un successeur spirituel, à GoldenEye 007. En effet, dès les premières secondes de la campagne solo (ou coop), on est catapultés 30 ans en arrière avec un scénario aussi nanardesque que délicieusement improbable, dans un style qui colle parfaitement à l’idée qu’on pourrait se faire d’un jeu d’espionnage de l’époque. On incarne un vieil agent secret, parfois épaulé par sa fille, à la poursuite d’un ancien collègue devenu un grand méchant. Les environnements respectent les codes classiques vidéoludiques : une tour, un musée, un château, une base secrète et même une base spatiale… En revanche, le développeur a eu la bonne idée de nous épargner la plaie des titres de l’époque : il n’y a pas de passage dans les égouts.

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On ne vise que deux fois

Mais il y avait de quoi s’inquiéter côté gameplay : en effet, comment retranscrire les mouvements flottants et désagréables d’une manette de Nintendo 64 dans un FPS avec une souris ? Le développeur a utilisé une méthode de visée freeaim type 2, telle que décrite dans le célèbre dossier de Drloser publié en 2011, donnant un feeling franchement correct. Le principe, c’est que la souris déplace le modèle de l’arme plus rapidement que la caméra, qui se déplace tout de même sans délai. Cela permet un mouvement dynamique et demande au joueur de tirer au jugé en fonction de l’orientation de l’arme (il n’y a pas de crosshair). Et ça marche vraiment bien à courte et moyenne portée. Si l’on souhaite être plus précis, le clic droit permet d’afficher un viseur qui se déplace sur tout l’écran, mais empêche tout mouvement de caméra. C’est très déstabilisant au départ, car on ne peut presque plus se déplacer – hormis un très léger strafe –, mais on parvient à saisir le truc au bout de quelques minutes. Comme cette mécanique n’est pas obligatoire, la plupart des séquences sont très dynamiques et même assez agréables. Les ennemis, quant à eux, ne brillent ni par leur intelligence ni par leur bêtise. Une fois qu’ils vous ont repéré, ils font une petite galipette, généralement pour se mettre à couvert, puis se mettent à vous tirer dessus. Le temps entre le moment où ils commencent à avoiner et le moment où ils vous touchent est lié à la difficulté choisie, et semble fixe. Dans un contexte de jeu rétro, ce comportement m’a paru parfaitement cohérent.

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Difficilement vôtre

On n’a pas pu tester le mode multi classique, mais on a toutes les raisons de croire qu’on peut franchement s’amuser pendant quelques soirées : c’est déjà pas mal contre des bots, ce sera forcément mieux contre de vrais joueurs.

En solo, la campagne peut facilement occuper six bonnes heures. Elle est divisée en trois actes, accessibles à condition d’avoir récupéré suffisamment de « cyphers », qui sont attribués en fonction de la difficulté choisie dans les missions précédentes. J’ai fait le jeu en mode Agent Spécial (normal), et il a fallu réaliser quelques défis supplémentaires pour débloquer le dernier acte. Peut-être est-ce parce que je n’ai pas voulu utiliser la visée automatique, mais j’ai trouvé le jeu assez difficile de base. Les quelques niveaux que j’ai réussis en Agent 64 (difficile) m’ont convaincus qu’il valait mieux que je redescende d’un cran pour préserver ma santé mentale. En revanche, le jeu ne m’a pas paru injuste, seulement très exigeant et sans doute plutôt taillé pour cette visée auto. La tâche est néanmoins plus facile en coopération (possible jusqu’à quatre joueurs) : il nous a fallu seulement trois heures pour la terminer à deux (en normal). Pour prolonger l’expérience, de nombreux défis à difficulté variable, avec tout un tas de modificateurs, sont proposés en solo ou en coop. Il y a du team deathmatch, de la capture de zone et de la capture mallette contre des bots. On s’y amuse bien, et ces modes peuvent faire office d’échauffement avant de se lancer dans du multijoueur pur – que l’on n’a malheureusement pas pu essayer, le jeu n’étant pas encore disponible pour tous au moment de notre test.

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Rien que pour vos jeux

La direction artistique low-poly, bien que propulsée par Unity, fait totalement illusion. Du point de vue d’un PCiste, on se croirait sur N64, mais avec un filtre 4K pour les textures, évidemment. C’est simple sans être simpliste, très cohérent, et on n’y prête pas plus attention au bout de quelques minutes. Certes, les effets visuels ne sont pas extravagants, mais encore une fois, ça colle avec l’objectif de reproduire le style de GoldenEye 007. Petit problème cependant, Replicant D6 n’a pas réussi à reproduire le framerate dégueulasse des consoles de l’époque, puisque le jeu se permet de tourner à plus de 50 FPS en 1080p sur un PC portable de 2016 sous Linux, doté d’un i5-6300U, sans carte graphique dédiée. Et il tourne évidemment comme un charme sur des machines récentes. D’autre part, je n’ai pas rencontré de bugs lors de mes sessions en solo ou en coop, et si certains semblent avoir eu quelques problèmes mineurs, des patchs ont été déployés très rapidement pour les corriger.

L’espion que j’ai aimé

Alors qu’on pensait détester Agent 64: Spies Never Die, compte tenu du peu d’attachement que l’on avait à GoldenEye 007, son inspiration de base, on a finalement bien apprécié l’expérience. L’unique développeur du projet a réussi à simuler des contrôles qui font penser à ce qui existait sur Nintendo 64, tout en offrant une très bonne maîtrise du personnage, pas mal de dynamisme et un feeling étonnamment correct. La méthode de visée qui fige les mouvements est certes déstabilisante, mais finit par devenir naturelle dans certaines situations. Par contre, ne vous attendez pas à une promenade de santé, le challenge est franchement relevé. Et en plus de la campagne solo ou coop, le développeur propose un tas de défis plus ou moins ardus pour prolonger l’aventure. Enfin, on a toutes les raisons de croire que le multijoueur a un bon potentiel pour occuper quelques soirées. Si vous avez envie de vous plonger dans un trip nostalgique, n’allez pas sur un remaster fainéant sous Unreal Engine 5 avec des voix générées par IA et facturé 60 balles, mais plutôt sur un projet porté par un passionné qui a mis ses tripes dedans, pour trois fois moins cher.

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[TEST] Looking for Fael : un puzzle game injustement boudé

Par : Estyaah
4 août 2026 à 23:23

Dès l’annonce de Looking for Fael, on avait été intrigués par la proposition du studio montpelliérain Swing Swing Submarine (Season after Fall) : des visuels pastel et des énigmes qu’on annonçait inspirés de Myst. Presque un an plus tard, la démo nous avait bien plu, et on s’attendait à voir la version complète arriver dans la foulée. Mais il aura fallu encore attendre une année supplémentaire pour le voir débarquer très discrètement sur Steam (merci l’absence de notification au lancement !) et profiter d’une expérience plutôt relevée, mais finalement assez accessible et très plaisante.

Genre : Puzzle game | Développeur : Swing Swing Submarine, La Poule Noire, ARTE France Éditeur : ARTE France Plateforme : Steam | Prix : 19,99 € | Langues : Français, anglais, allemand | Configuration minimale : i5-4690K, GTX 1060, 8 Go de RAM | Date de sortie : 16/07/2026 Durée : 6 à 7 heures pour l’histoire de base, 3 à 4 heures supplémentaires pour les puzzles optionnels

Test effectué sur une version commerciale.

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Entre rêve et technologie

Suite à un message sur son répondeur, notre personnage se lance à la recherche de Fael, son colocataire, perdu dans leur appartement. L’histoire, complètement surréaliste, mêle science-fiction et onirisme, dans une sorte de poursuite calme et sans pression, avec des environnements très sympas visuellement. Évidemment, ça se permet de tourner sur une patate sans aucun problème, tout en restant agréable à l’œil. La direction artistique, avec ses tons pastel, marche très bien, et le sound design l’accompagne à merveille. Les doublages – uniquement des messages enregistrés – sont de bonne qualité (et en français). Ils permettent d’ajouter de l’épaisseur à l’histoire en donnant de la personnalité à Fael.

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Une sacrée maîtrise des mécaniques

La grande force de Looking for Fael, ce sont les énigmes diégétiques. On doit retrouver un code par-ci, faire le lien entre deux pièces par-là, le tout dans des environnements où se mélangent parfois plusieurs univers parallèles. La difficulté est progressive, mais elle atteint rapidement un niveau plutôt élevé. Il faudra beaucoup expérimenter, observer le moindre détail et tenter de faire des rapprochements entre tous les éléments aperçus à gauche et à droite. Une fois que tout s’emboite dans notre cerveau et qu’on arrive à mettre la solution en place, la résolution s’avère très satisfaisante. Non pas que le jeu nous fasse croire qu’on est si intelligent que ça, mais les mécaniques sont souvent vraiment malignes. Comme dans Blue Prince, la prise de screenshots et de notes est quasiment indispensable, même si c’est ici moins tiré par les cheveux et un peu plus accessible. À noter qu’à l’instar de Dimhaven – The Lost Source, un système d’indices progressifs est proposé si vous venez à être complètement paumé. Mais ce n’est pas intégré au jeu : il faut scanner un QR code pour accéder à une page sur le site de l’éditeur.

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Il faut parfois persévérer

Dans les premières minutes du jeu, on récupère une petite console portable, la Game Leaf (une réplique de Game Boy Advance SP), qui nous sert à résoudre des puzzles inspirés de Sokoban et Tetris. Ils permettent d’accéder à de nouvelles pièces et de débloquer de nouvelles zones. On en croisera donc un très grand nombre tout au long de l’aventure. Si les premiers sont très simples, on arrive rapidement à se faire des nœuds au cerveau. À tel point que je ressortais frustré de ma première session de deux heures : je trouvais cette mécanique inutilement difficile et uniquement un prétexte pour ajouter des puzzles qui n’ont pas grand-chose à voir avec la choucroute. Mais en prenant un peu de recul, j’ai réussi à aborder ces séquences plus posément, et elles ne m’ont plus réellement posé de problème. J’ai même fini par enchaîner tous les challenges optionnels avec avidité pour voir tout ce que les développeurs avaient à proposer. Bref, il faut parfois un peu persévérer pour apprécier cette mécanique.

Une très bonne expérience

Looking for Fael est un excellent puzzle game. La narration est plutôt sympa et relie habilement les différentes énigmes. Les visuels et le sound design apportent une ambiance calme et apaisante, franchement agréable. Du côté de la mécanique principale, la difficulté devient assez rapidement élevée, mais tout reste logique et accessible. Les petits puzzles inspirés de Tetris sont néanmoins parfois frustrants. Rien d’insurmontable cependant, si l’on prend son temps. En revanche, les énigmes liées à l’environnement sont excellentes : elles nécessitent une bonne dose d’observation, une logique solide, et provoquent une grande satisfaction lors de leur réalisation. Bref, une très bonne expérience qui peut facilement occuper une petite douzaine d’heures si l’on cherche à tout compléter, mais qui n’a malheureusement pas vraiment décollé sur Steam. On ne voit pourtant pas vraiment pourquoi, mis à part un potentiel manque de communication. Si vous aimez le genre, aucune raison de vous en priver.

Si vous êtes intéressés par Looking for Fael, notre partenaire Gamesplanet le propose à –10 %, soit 18 €. Et en plus, ça nous fait gagner quelques centimes au passage.

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[TEST] DOOM: The Dark Ages | Revelations : comme une odeur de baroud d’honneur pour id Software

Par : Estyaah
19 juillet 2026 à 14:08

Même s’il avait un peu chamboulé nos habitudes avec son gameplay beaucoup plus ancré au sol que DOOM Eternal, DOOM: The Dark Ages nous avait franchement séduits. Il était toujours aussi frénétique, viscéral et simplement magistral, malgré quelques errements dans un mecha ou à dos de dragon. Évidemment, impossible de le deviner sans l’essayer, et c’est sans doute pourquoi beaucoup se sont plaints de son apparente mollesse, uniquement due aux présentations à la manette sous Lexomil. Aussi, quand le DLC Revelations a été révélé début juin, on n’a pas forcément été très surpris de découvrir un trailer un peu plus dynamique, mais surtout, une nouvelle mécanique de gameplay plus aérienne : la lance à chaîne. Un mois plus tard, clavier et souris en main, on ne peut que se rendre à l’évidence : c’est excellent.

Merci aux développeurs d’id Software, dont les deux tiers ont été licenciés la veille de la sortie par Microsoft.

Genre : DOOM | Développeur : id Software | Éditeur : Bethesda Softworks Plateforme : Steam | Prix : 19,99 € | Langues : Français, anglais… | Configuration recommandée : i7 12700K / Ryzen 7 5700X, RTX 3080 / RX 6800, 32 Go de RAM | Date de sortie : 07/07/2026 | Durée : une bonne douzaine d’heures

Test effectué avec une version Steam fournie par Gamesplanet.

DOOM: The Dark Ages | Revelations
DOOM: The Dark Ages | Revelations

Un contexte particulier

Cela fait quelques années que l’industrie vidéoludique se porte mal. Et si id Software avait pu passer entre les gouttes lors des licenciements massifs de 2025, la nouvelle direction de la branche jeux vidéo chez Microsoft ne les a pas oubliés, cette fois. Comme on le rapportait début juillet, pas moins de 136 développeurs ont pris la porte, la veille de la sortie du DLC sur lequel ils ont travaillé. D’après les communications qui ressemblent à une opération de damage control, ils seraient revenus à un effectif comparable à celui de DOOM 2016, et le studio de Francfort, qui s’occupe notamment du développement du moteur id Tech, n’aurait pas été touché. Tout ça pour dire qu’un bon jeu ou même un succès critique ne garantit jamais l’intégrité du studio qui le développe, surtout quand des financiers sans aucune connaissance du milieu sont aux commandes.

DOOM: The Dark Ages | Revelations
DOOM: The Dark Ages | Revelations
DOOM: The Dark Ages | Revelations

Ah bon, il y avait une histoire ?

Vous vous souvenez de l’histoire de DOOM: The Dark Ages ? Non ? Moi non plus, mais les développeurs tiennent absolument à nous refourguer du lore dans ce DLC. Et ils le font en enlevant le plus de vêtements possibles au DOOM Slayer. Du coup, sans doute troublé par ses pectoraux saillants, j’ai aussi oublié celle de ce DLC. Tout au plus, je peux vous dire qu’il traîne quelques fêlures et regrets, qui nous sont racontés via de courtes séquences jouables dans un univers plus proche du nôtre, et dans des cinématiques toujours aussi nanardesques. Mais sachez que du début à la fin de Revelations, il faudra tuer tout ce qui bouge, le plus rapidement possible. C’est DOOM, quoi.

Une maîtrise incontestée du genre

La bande-son aussi a pris du galon : elle semble avoir un peu plus de corps que dans le jeu de base, et elle nous accompagne en rythme dans notre folie meurtrière, pour notre plus grand plaisir.

On ne va pas y aller par quatre chemins, DOOM: The Dark Ages | Revelations est une franche réussite. Même si le jeu de base était déjà excellent, l’abandon du dragon à la zob et du mecha oubliable donne une expérience de haut niveau du début à la fin. La particularité de ce DLC est la lance à chaîne, qui vient remplacer – pendant une bonne partie du jeu – le bouclier qui maintenait le personnage proche du sol. Comme avec ce dernier, il est possible de renvoyer les attaques vertes de nos adversaires, mais le timing est très différent, ce qui fait qu’il faut un bon temps d’adaptation avant de maîtriser de nouveau notre DOOM Guy. La fonction grappin est évidemment la mécanique qui change tout : l’action est tout de suite très aérienne, et on peut se déplacer rapidement dans les arènes, qui disposent parfois de points d’ancrage fixes, en plus des ennemis auxquels on peut également s’accrocher. Le feeling est génial : on virevolte avec frénésie, tout en décimant les démons dans de grandes gerbes de sang, tel un RH de Microsoft laché dans les locaux d’id Software un lundi matin. Il n’y a pas de nouvelles armes, mais elles sont toujours aussi viscérales et jouissives à utiliser. Attention, ceux qui avaient été déçus de ne plus pouvoir jouer à pierre/feuille/ciseau après DOOM Eternal seront peut-être toujours contrariés : il est possible de tout faire avec une seule arme, tant qu’on a des munitions.

Un équilibrage au poil, et à la carte

Comme pour le bouclier de The Dark Ages, la lance dispose d’améliorations déblocables avec de la monnaie de singe trouvée dans les différents niveaux. J’ai particulièrement apprécié celle permettant de tourner autour d’un ennemi tout en le mitraillant. Si le jeu nous met face à de plus en plus de menaces, il s’avère que l’équilibrage est plutôt pas mal, puisqu’on dispose aussi de plus de moyens pour les exploser. En revanche, j’ai trouvé un boss en particulier un peu moins intéressant, car il ne permettait pas vraiment de laisser exprimer toute ma créativité meurtrière.

J’ai joué en ultraviolence – comme pour le jeu de base – mais le changement de mécanique avec la lance à chaîne n’est pas flatteur pour l’égo. J’ai dû refaire certaines arènes un très grand nombre de fois, avant de me résigner à réduire le pourcentage de dégâts sur mon personnage à 100 % au lieu des 200 % par défaut. C’est l’avantage de l’excellent système mis en place par id Software dans The Dark Ages : tout est paramétrable au poil de cul (fenêtre de parade, vitesse des projectiles, multiplicateur de dégâts…). Sans rechercher tous les secrets, il m’aura fallu une bonne douzaine d’heures pour arriver à la fin du DLC – les quatre Arènes de Maître –, qui, chose étonnante, ne sont accessibles qu’après les crédits.

Peut-être le dernier bon jeu d’id Software

DOOM: The Dark Ages | Revelations est très réussi. Il reprend tout ce qui était bien dans le jeu de base – le feeling viscéral, la frénésie, le moteur graphique –, en laissant de côté les errements poussés par une direction en roue libre – le dragon et le mecha. Avec sa nouvelle mécanique de gameplay sous forme d’une lance à chaîne qui sert de grappin, l’action est beaucoup plus aérienne et verticale, encore plus frénétique. La difficulté semble aussi un peu plus relevée, mais pas de panique, le menu avec ses dizaines d’options pour tout ajuster est toujours là. Si vous avez déjà The Dark Ages, ce DLC est un indispensable. C’est donc encore un chef-d’œuvre de la part d’id Software, qui aurait pu continuer sur sa lancée. Mais Microsoft en a décidé autrement en dégageant les deux tiers des effectifs. On croise les doigts pour que les survivants puissent tenir la barque à flot, et on souhaite aux autres de rebondir sur des projets intéressants.

Si vous êtes intéressés par DOOM: The Dark Ages | Revelations, notre partenaire Gamesplanet le propose à –10 %, soit 18 €. Et en plus, ça nous fait gagner quelques centimes au passage.

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[TEST] Dimhaven – The Lost Source : un joli puzzle game avec une pointe de frustration

Par : Estyaah
19 juillet 2026 à 14:07

Découvert grâce à sa démo il y a un peu plus d’un an, Dimhaven: The Lost Source nous avait fait forte impression : un puzzle game exigeant, une très jolie direction artistique rétro avec des effets modernes, et de l’humour. On s’est donc empressé de tester le jeu complet dès sa sortie, pour s’assurer que les promesses tenaient tout au long de l’aventure. Et si l’expérience est globalement réussie, certains défauts viennent tout de même un peu gâcher la fête.

Genre : Puzzle game | Développeur : Zadbox Entertainment | Éditeur : Blue Brain Games, Zadbox Entertainment Plateforme : Steam | Prix : 26 € | Langues : Anglais, sous-titres en français | Configuration minimale : i5 2,5 GHz, GTX 1060 / RX 580, 4 Go de RAM | Date de sortie : 23/06/2026 | Durée : 8 à 9 heures

Test réalisé avec une version Steam fournie par le développeur.

Dimhaven: The Lost Source

Un léger syndrome Netflix

Le pitch de départ est assez simple : on incarne une conservatrice de musée qui part à la recherche de son oncle disparu à Dimhaven, une étrange île dont le seul accès se fait en parachute. Si ce détail peut paraître absurde, le reste du monde est finalement assez terre-à-terre. On n’est clairement pas dans un point & click LucasArts. Cependant, s’il n’est pas difficile de suivre la trame au début, le scénario part progressivement dans tous les sens, et on finit par s’en tamponner sévèrement sur la fin. L’humour, bien présent dès l’arrivée sur l’île – notamment dans la séquence de la démo –, s’étiole au fur et à mesure pour presque disparaître dans le dernier tiers. C’est franchement dommage, parce qu’il était plutôt subtil et bien amené. Mais pas de quoi en faire un drame : il faudra se contenter d’un ton un peu plus sérieux.

Quand la malice devient de la frustration

On dispose d’un appareil photo et de la possibilité d’annoter ses œuvres, ce qui est plutôt malin pour éviter de sortir du jeu pour gérer ses notes.

Dimhaven: The Lost Source est un puzzle game difficile. S’il peut parfois faire penser à Myst ou Riven, il se montre nettement plus exigeant. Il ne prend pas par la main, et il faut trouver soi-même le lien entre les maigres indices disséminés dans l’environnement. Si le sentiment de satisfaction est excellent quand on parvient à résoudre les énigmes, on reste parfois comme une poule devant un couteau avec certains puzzles. Et contrairement aux mythiques jeux de Cyan, impossible d’aller faire autre chose pour tenter de se débloquer plus tard : la progression est ici parfaitement linéaire. Pour contourner le problème, les développeurs ont inclus un système d’indices progressifs pour mettre les joueurs sur la bonne voie. Malheureusement, il arrive qu’on comprenne tout à fait ce qu’on doit faire, sans pour autant saisir la manière de le faire. Et c’est particulièrement frustrant. Cela ne m’est arrivé qu’une seule fois, plutôt vers la fin, mais comme il n’y a pas tant de puzzles différents, c’est tout de même à noter. Dans le même sens, il faudra bien se méfier de la traduction française, globalement correcte, exceptée sur l’une des énigmes (celle avec les convertisseurs), qui contient des erreurs et un contresens, laissant croire qu’une énigme pouvait être résolue de plusieurs façons, alors qu’une seule solution était réellement prise en compte. Malgré ces défauts, l’expérience globale est très bonne : il faut simplement insister sur chaque solution, car il est parfois compliqué de savoir si on est sur la bonne voie.

Dimhaven: The Lost Source : environnement
Dimhaven: The Lost Source : environnement
Dimhaven: The Lost Source
Dimhaven: The Lost Source : environnement

Une superbe direction artistique

On l’avait déjà remarqué dans la démo, Dimhaven: The Lost Source possède une direction artistique très réussie. Les visuels mêlent un filtre rétro aux pixels presque grossiers à des effets de lumière modernes qui subliment l’ensemble. C’est vraiment beau, et la bande-son renforce parfaitement l’ambiance à la fois mystérieuse et mélancolique. Le tout est accompagné d’un doublage en anglais de grande qualité, offrant une très bonne l’immersion. Côté perf, rien à signaler, le jeu pourra tourner sur une patate sans trop de problèmes. À noter que j’ai rencontré quelques bugs gênants, comme la disparition de l’inventaire des objets que je venais de récupérer. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises, m’obligeant à refaire quelques séquences. Comme il est possible de sauvegarder à tout moment, j’ai pris l’habitude de faire un quick save avant d’attraper la moindre merdouille qui traîne. Mais l’équipe de dev semble assez réactive, il est possible que le problème soit déjà réglé.

Une belle expérience pour utilisateur averti

Dimhaven: The Lost Source est un très joli puzzle game plutôt réussi. Si son scénario perd un peu en intérêt – et d’humour – au fil de l’aventure, l’ambiance reste excellente, grâce à une magnifique direction artistique, un sound design convaincant et un doublage solide. Les énigmes sont difficiles et très satisfaisantes à résoudre, mais elles manquent parfois un peu d’indices diégétiques pour éviter la frustration, qui peut survenir malgré les aides intégrées par les développeurs. Quelques bugs et de mauvaises traductions viennent parfois assombrir le tableau, mais l’équipe semble assez dynamique, et pourrait les corriger dans les prochains mois. Au final, cela reste une très bonne expérience, mais elle s’adresse avant tout aux connaisseurs du genre. Dans le doute, testez la démo.

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors, suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

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