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[PREVIEW] Fatekeeper : une mise en bouche qui éclate la rétine, mais qui botte des culs

Par : Mathmoite
4 juin 2026 à 22:26

Créer des First-Person Slashers convainquants n’a jamais été une chose aisée. Malgré quelques succès comme certains Warhammer, la série Chivalry mais aussi Mordhau, nous n’avons jamais vraiment pu mettre les mains sur un digne héritier du chef-d’œuvre d’Arkane, Dark Messiah of Might & Magic. Bon nombre ont voulu s’y essayer, mais se sont cassés les dents. Après plusieurs mises en avant par l’éditeur THQ Nordic, Fatekeeper avait donc de quoi titiller notre curiosité et celle de l’élite des joueurs PC Master Race : vous, lecteurs de NoFrag. Aux commandes, on retrouve Paraglacial, un petit studio indé qui, pour un premier projet, n’a pas choisi la facilité. Nous pondre un Action-RPG qui lorgne très clairement du côté des mécaniques et du feeling de Dark Messiah. Les mains posées sur le clavier, je me suis plongé dès la sortie dans un univers de Dark Fantasy qui m’a fait passer par toutes les émotions.

Genre :  Action, RPG | Développeur : Paraglacial | Éditeur : THQ Nordic | Plateforme : Steam | Prix : 10  | Langues : Anglais | Configuration recommandée : i7-10700K/Ryzen 5 3600X, RTX 3070/RX 6800 XT, 32 Go de RAM | Date de sortie : 02/06/2026 en accès anticipé | Durée : 3-4 heures

Preview réalisée sur une version Steam.

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Silence, Maître Splinter nous raconte une histoire

Fatekeeper nous plonge dans un monde mystérieux. On y incarne un guerrier fatigué de sa première expédition qui doit se rendre à Haven, un ancien sanctuaire fortifié sur une île appelé Solace. Malheureusement, celle-ci est envahie de monstres altérés par une étrange infection. Avec vous se trouve Muran Tor, une sorte de rat qui fait office de mentor, ce dernier nous guidant à travers les ruines. Le contraste entre ce drôle de rongeur, son humour et l’atmosphère sombre du monde fonctionne plutôt bien. Les lignes de dialogue apportent un peu d’explication au lore et à un scénario qui reste pour l’instant assez vague.

Un bon mélange des genres

Les mécaniques de jeu sont assez connues et les inspirations issues des Dark Souls sont bel et bien présentes. Fatekeeper n’est pas qu’un simple jeu d’épée, et attaquer tous les adversaires de la même manière ne fonctionnera pas. Vous devrez observer les patterns de chaque ennemi et prendre votre temps. Si vous foncez tête baissée, c’est la mort assuré. On retrouve également les célèbres feux de camp pour sauvegarder la progression et contrairement au très prometeur Valor Mortis, la menace ne revient pas. L’autre partie du gameplay fera sans aucun doute penser à Dark Messiah, puisque de nombreuses interactions avec le décor sont possibles, sans compter ce fin mélange de sorts et d’acier. Les démembrements sont également très inspirés du jeu d’Arkane, puisqu’ils changent la donne lors des affrontements.

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Des combats viscéraux mais encore trop rigides

Le système de combat est plutôt bien pensé, même s’il manque encore d’ajustement. Les intentions sont bonnes et il faudra un peu de temps avant de s’habituer au rythme lors des combats. Les affrontements à l’épée, à la hache ou à la dague sont dans l’ensemble assez soignés, mais ne sont pas faciles à prendre en main pour autant. On peut effectuer des attaques rapides, des attaques lourdes, mais aussi des parades. Par contre, je vous conseille vivement de vous pencher sur le keybinding, vraiment calamiteux par défaut. Qui utilise « R » pour parer ? Notre personnage dispose aussi d’un dash pour se sortir du pétrin ou esquiver une attaque, et d’un coup de pied qui peut aider à désorienter les monstres munis d’un bouclier ou les propulser, tel un spartiate dans un gouffre abyssal. Sans grande surprise, toutes ces actions consomment évidement de l’endurance, qui fondra comme neige au soleil lors des affrontements contre plusieurs ennemis à la fois. Même si celle-ci remonte assez vite, on se retrouve régulièrement à sec au pire moment. Les mouvements sont un peu trop rigides, ce qui apporte aux attaques des lenteurs qui ternissent l’expérience et provoqueront assez souvent une mort soudaine avec un arrière-goût de frustration. Notre héro manque cruellement de dextérité, et en pratique, cela occasionne des combats assez brouillons. On s’empêtre dans les commandes et on peste sur l’impossibilité de s’extirper de certaines situations. Cette lourdeur gâche donc un peu le plaisir des affrontements et pardonne très peu, surtout face à des grappes d’ennemis agressifs qui eux n’auront aucun mal à vous anéantir.

Pour tenter de compenser la rigidité des armes blanches, on va pouvoir compter sur la magie. Quatre types de sorts sont disponibles : le feu, le givre, la télékinésie et le souffle. On peut bien sûr s’en servir de manière classique pour geler un assaillant ou cramer des monstres, mais le gameplay devient nettement plus intéressant quand on commence à jouer avec le décor. Propulser un ennemi dans les piques avec un sort de souffle ou lui balancer un objet lourd à la tronche grâce à la télékinésie rappelle immédiatement les meilleures heures de Dark Messiah. L’utilisation de la magie pour le déclenchement de pièges environnementaux fonctionne d’ailleurs assez bien. Il faudra cependant utiliser ces pouvoirs avec parcimonie, puisque la mana se consume également très vite. Pensez donc à utiliser les chaudrons d’alchimie pour fabriquer des potions de soin, de sorts ou pour rendre les attaques plus efficaces.

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Une multitude de choix mais…

Paraglacial est peut-être un petit studio, mais il cache de grosses ambitions quand il s’agit de la progression du personnage. L’arbre de compétences — divisé en quatre grands axes : la santé, l’alchimie, la magie et les dégâts d’armes — a été pensé pour encourager le theorycrafting et la création de builds très typés. D’ailleurs, les développeurs ont partagé quelques exemples de spécialisations juste ici. Le hic, c’est que pour naviguer parmi toutes ces compétences, le studio a opté pour un système de paliers en anneaux. Lorsque vous choisissez un nœud de départ, vous vous retrouvez complètement verrouillé dans cette voie. Il est alors impossible d’aller choisir un autre talent ailleurs, tant que vous n’avez pas grimpé tout le segment pour atteindre un fameux « nœud bleu », qui sert de carrefour pour bifurquer vers une autre spécialisation. Un choix pour le moins frustrant puisque si vous réalisez qu’après deux heures de jeu, la magie consomme trop et que vous préférez basculer sur un autre build, vous l’avez dans l’os. Actuellement, réinitialiser ses points de compétences est tout simplement impossible, et c’est vraiment dommage pour un début d’accès anticipé.

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Une claque visuelle

Utiliser l’Unreal Engine 5 c’est bien, mais savoir s’en servir c’est encore mieux. Manifestement, les Allemands de Paraglacial le maîtrisent sur le bout des doigts car l’île de Solace est tout simplement magnifique. La progression nous emmène à travers des environnements somptueux qui paraissent figés dans le temps. On déambule au milieu de ruines, où d’anciennes statues de pierre ont été sculptées directement dans la roche. C’est vraiment beau à regarder. La direction artistique est clairement réussie, l’aspect ultraréaliste se mêlant parfaitement avec l’univers Dark Fantasy. Pour autant, Fatekeeper tourne comme un charme : il est très facile de caper la fréquence max de son écran en touchant à peine à la configuration, même sur des machines modestes. À noter que pour l’instant, le FOV n’est malheureusement pas encore ajustable. Côté level design, la construction des niveaux est en majorité assez linéaire, avec peu d’espaces ouverts, hormis quelques cours qui font office d’arènes pour les affrontements. Le jeu propose différents embranchement qui permettent de dénicher des consommables (nourriture, potions) et aussi de piéger nos ennemis. C’est bien pensé et l’utilisation des sorts et du coup de pied mentionnés plus haut permettrons à notre personnage d’envoyer valser avec style nos chers camarades quelques mètres plus bas.

Un premier jet très prometteur

Ces premières heures de Fatekeeper montrent clairement les intentions des développeurs. Celle de créer un très bon Action-RPG. L’ombre de Dark Messiah plane sur chaque coup de pied bien placé, et c’est jouissif. Visuellement, c’est splendide et très bien optimisé. Le titre de Paraglacial a de sérieux arguments à faire valoir et on a hâte de voir comment le jeu évoluera durant cet accès anticipé. Certes, on peut tiquer sur une expérience parfois ternie par la rigidité des combats, rendant les affrontements brouillons et vite frustrants. Le système de progression n’est pas assez malléable et le sound design a encore besoin d’être travaillé, mais pour 10 €, la proposition reste plus qu’honnête. Pour la rédac, c’est un grand oui.

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[TEST] Luna Abyss : un FPS bullet-hell intriguant qui manque de challenge

Par : Loulou
2 juin 2026 à 23:26

En 2023, le studio Kwalee Labs (anciennement Bonsai Collective) dévoilait son FPS bullet-hell et de plateforme, Luna Abyss, qui nous avait intrigué par sa direction artistique et son gameplay. Tellement qu’on avait hâte de mettre les mains dessus, afin de découvrir s’il y avait un peu plus que ces visuels aguicheurs et ces boulettes en surnombre. Alors qu’on craignait une prise en main un peu compliquée, il s’avère finalement plutôt simple à appréhender, malgré des combats bien nerveux.

Genre : Bullet-Hell et de Plateforme | Développeur : Kwalee Labs | Éditeur : Kwalee | Plateforme : Steam | Prix : 30 € | Langues : Anglais, sous-titres en français (textes) |Configuration recommandée : i5-10600K/Ryzen 5 3600, GTX 1660/RX 590, 8 Go de RAM | Date de sortie : 21/05/2026 | Durée : Environ 9 heures en difficulté moyenne

Test réalisé sur une version Steam fournie par le développeur.

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Une histoire à la fois confuse et intrigante

Sur une lune rouge bien mystérieuse, vous incarnez une prisonnière condamnée à purger une peine de prison d’un nombre d’années absurde. Pour réduire votre peine, une seule solution : remplir diverses missions données par une geôlière ayant l’apparence d’une tête géante. On ne peut pas nier l’originalité de la proposition, et je dois admettre que j’ai bien aimé, malgré des retournements plutôt prévisibles et des portions d’intrigue pour le moins nébuleuses. Bien qu’il y ait un système de dialogue à choix multiple lors de la rencontre avec certains protagonistes, j’ai été déçu que les choix n’aient aucune influence sur la narration ou les relations avec les PNJ. Dans Luna Abyss, la progression est linéaire : il faudra avancer en utilisant les divers pouvoirs et armes acquises tout en évitant les pièges pour atteindre les différentes arènes où débuteront vos combats. Néanmoins, pour essayer de briser ce sentiment d’avancer bêtement en ligne droite, vous pourrez améliorer votre santé en dénichant des coffres planqués par ici, par là, ou des cristaux rouges dont je n’ai toujours pas compris l’utilité. De mon côté, je n’ai pas ressenti de lassitude et le tout étant scripté, vous obtiendrez vos pouvoirs ou armes en temps voulu. Étant un peu complétiste sur les bords et vu qu’il n’est pas possible de revenir sur mes pas, j’ai apprécié le fait de pouvoir refaire les niveaux terminés, afin de trouver un secret qui m’aurait échappé.

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Des combats nerveux parfois trop simples

Pour mener à bien votre périple dans cette lune inhospitalière, vous déloquerez quatre armes améliorables (fusil éclaireur, brise-bouclier, lance du monarque et broyeur atomique) ayant une portée et une puissance qui leurs sont propres, pour combattre et débloquer des accès. Contrairement aux armes conventionnelles, cet arsenal fonctionne à l’énergie, ce qui provoque une surchauffe avec un délai de refroidissement plus ou moins long en fonction de l’utilisation. Durant les combats, vous devrez donc apprendre les patterns et les faiblesses de vos adversaires pour jongler habilement avec vos différentes pétoires. À l’instar de DOOM ETERNAL, il sera nécessaire de prioriser vos cibles pour ne pas vous retrouver constamment sous une pluie de projectiles. Pour ma part, j’ai trouvé le feeling correct, même si le brise-bouclier et la lance du monarque sont deux atouts majeurs contre la plupart du bestiaire. Mais si jusque-là, vous imaginiez un FPS classique, je vous arrête tout de suite : notre personnage dispose d’un verrouillage sur les ennemis. Attendez, ne partez pas tout de suite ! Moi aussi, je pensais que c’était une idée de merde pour un jeu qui se fait au clavier/souris. Mais avec le nombre de projectiles qu’on vous balancera à la gueule, vous serez bien content d’avoir cette ancre virtuelle pour les éviter, tout en tirant. En revanche, si ne pas l’utiliser est sans doute une très mauvaise idée pour vos nerfs, j’ai trouvé que son usage facilitait un peu trop les combats, au point d’en gâcher leur intensité. Un difficile équilibrage que les développeurs n’ont manifestement pas tout à fait réussi.

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De plus, vous obtiendrez des capacités telles que le dash, le double saut, le grappin, l’exécution pérégrine, la possession et le bouclier. Les trois premiers seront utiles pour les phases de plateforme et pour éviter les projectiles, car votre personnage est loin d’être véloce de base. Les deux derniers sont ceux que j’ai le plus apprécié. Par exemple, j’ai pu prendre le contrôle du Goliath, une créature avec une gatling montée sur son dos, pour défourailler des vagues d’ennemis ; dommage que cette phase soit unique dans le jeu. Pour le bouclier, ce dernier m’a permis de survivre plus d’une fois contre des bestioles, surtout les kamikazes. Enfin, l’exécution pérégrine vous servira uniquement à recouvrer de la santé en effectuant une action sur un ennemi à l’article de la mort. Pour ma part, j’ai trouvé que la difficulté ne résidait pas dans les combats, mais dans la partie plateforme qui demandait d’être précis tout jaugeant la puissance de la course et des sauts. J’ai trouvé les affrontements en eux-mêmes assez équilibrés et mes quelques défaites ont surtout été dues à l’effet de surprise en découvrant un nouvel ennemi et ses patterns spécifiques.

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Du côté du bestiaire, vous rencontrerez et affronterez plus d’une dizaine de créatures comprenant quelques variants puissants. Chacune d’entre elles dispose d’attaques distinctes et certaines possèdent même des boucliers à détruire. Vous serez constamment sous le feu des bullets, mais vu l’absence de mobilité de vos adversaires et la présence de couvertures indestructibles dans l’arène, la pression redescendra rapidement. Après quelques confrontations, vous constaterez très vite que la stratégie à adopter sera la même, à savoir se couvrir puis tirer. En revanche, j’ai réellement ressenti toute la nervosité et le stress du bullet-hell durant mes combats avec les boss massifs dans des arènes circulaires sans couverture.

Une direction artistique et une ambiance musicale somptueuses

Du côté des environnements à explorer, hormis quelques rares excursions en extérieur, votre quête vous conduira en grande partie dans des réseaux souterrains et industriels d’un monde corrompu, teinté de rouge et de noir. Dit comme ça, ça peut paraître un peu glauque et morose, mais j’ai au contraire totalement adhéré à la direction artistique et l’ambiance musicale. Elles sont sublimes et contribuent grandement à l’atmosphère mystique du jeu. Le design des lieux et des personnages (alliés ou ennemis) bien qu’étrange, est plutôt réussi. Les musiques, surtout celles du style ecclésiastique, sont de bonne facture. Sur l’aspect technique, je n’ai pas rencontré de problèmes particuliers ni de bugs.

Une très belle aventure qui manque de challenge

Luna Abyss brille avant tout pour sa direction artistique et ses musiques, bien plus que ses combats nerveux, mais plutôt simples à appréhender. En effet, certaines capacités contribuent grandement à diminuer la difficulté et l’intensité des affrontements. Heureusement, l’arsenal procure un bon feeling et les boss offrent un peu plus de challenge. Pour le reste, on se consolera avec un bestiaire varié, et l’obligation de pousser le curseur de difficulté un peu plus haut pour tenter d’équilibrer les choses tant bien que mal.

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[PREVIEW] Subnautica 2 : on y replonge avec plaisir

22 mai 2026 à 23:03

Le premier Subnautica était une vraie bonne surprise : une de celles qu’on n’attendait pas et qu’on n’oublie pas. Below Zero, lui, nous avait ramenés à la surface dans le mauvais sens du terme : trop sage, trop court, trop tiède. Difficile de ne pas aborder Subnautica 2 avec une prudence teintée de méfiance. Et pourtant. Après six heures à ne pas voir le temps passer, comme 467 000 autres joueurs selon SteamDB, force est d’admettre qu’Unknown Worlds a retenu la leçon.

Genre : Survie et craft | Développeur : Unknown Worlds | Éditeur : Unknown Worlds Plateforme : Steam, Epic Games Store | Prix : 29,99 € | Langues : Anglais, sous-titres en français | Configuration recommandée : i7-13700 / Ryzen 7 7700X, RTX 3070 / RX 6700 XT, 16 Go de RAM | Date de sortie : 14/05/2026 en accès anticipé | Durée : Actuellement, 6 à 8 heures pour l’histoire, beaucoup plus si on souhaite continuer à façonner sa base.

Preview réalisée par ElGringo avec une version Steam.

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Même recette, meilleure exécution

Niveau gameplay, inutile de chercher la surprise : on est toujours dans un metroidvania sous-marin où chaque biome, chaque profondeur reste inaccessible tant qu’on n’a pas débloqué l’équipement adéquat. Les déplacements sont agréables et la montée en puissance est bien dosée : on débute à la godille, on finit par filer comme une torpille, ce qui donne envie d’aller toujours plus loin de la base. Ce genre de feeling fait penser que les développeurs jouent à leur propre jeu, ce qui n’est pas le standard de nos jours… Pour un jeu de survie, la mort n’est pas vraiment un problème : on perd l’inventaire, pas l’équipement. Le vrai risque n’existe pas. Ceux qui espéraient que la suite corrige le tir et réintroduise une vraie peur de mourir seront déçus. C’est un choix assumé qui fait partie de l’ADN de la franchise — sans trop spoiler, la mort s’intègre même à la narration cette fois.

La direction artistique reste fidèle aux précédents opus de la série — et c’est tant mieux. En journée, la lumière filtre à travers la colonne d’eau avec ce rendu organique qui avait fait le charme du premier. La nuit, c’est l’avalanche de couleurs et de bioluminescence qui transforme chaque plongée en spectacle. Ça n’a pas vieilli, bien au contraire. Le bond graphique est saisissant, même en moyen, et les effets plus fins du moteur lui donnent même un second souffle. Seul point d’agacement : le FOV n’est pas réglable. Choix artistique assumé pour renforcer l’effet de plongée — défendable sur le papier, déroutant en pratique pour qui joue habituellement large, mais on s’y fait. Ou alors, on se tournera vers les mods. En 1080p, sur une config d’entrée de gamme (i5-12400F, RX 7600, FSR en équilibré), on tourne à 60-70 fps en qualité moyenne. Sur une config milieu de gamme (RTX 3070, Ryzen 7 5800X, 32 Go, DLSS équilibré), on oscille entre 45 et 60 fps à fond. Ce n’est pas transcendant, mais c’est un early access, on a vu bien pire.

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La faune mordille plus qu’elle ne dévore

On notera quand même que la menace aquatique reste très soft. Les premiers poissons dangereux infligent environ 15 % de dégâts — de quoi faire sursauter, pas de quoi trembler. La flore aussi peut être hostile, mais elle n’est pas là pour bloquer complètement le joueur. Les développeurs ont visiblement choisi de maintenir l’ambiance contemplative plutôt que de basculer dans le survival hardcore, ce qui conviendra à ceux qui veulent explorer sans stress, moins à ceux qui voulaient plus de mordant (sans mauvais jeu de mots). Un seul léviathan est présent dans cette portion, mais il est nettement plus travaillé que ses prédécesseurs. Branchies, tentacules, comportement, tout est fait pour imposer, et j’avoue que je n’ai pas tenté de l’approcher.

La construction de base a été retravaillée intelligemment. Fini le plomb obligatoire pour stabiliser quoi que ce soit : on passe maintenant plus de temps à vraiment concevoir qu’à compenser les défauts du système. On peut désormais créer des salles sur mesure, pousser les murs, dessiner des patterns de fenêtres, et les échelles ont enfin été traitées comme des éléments à part entière. C’est un vrai plus pour ceux qui passaient autant de temps dans leur base que dans l’eau.

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Une mise en bouche réussie

On retrouve la narration environnementale du premier opus, avec une IA qui distribue des points d’intérêt à visiter — l’équivalent des balises de détresse de Subnautica, mais avec un peu plus de profondeur dans l’écriture. Rien de révolutionnaire, mais ça fait le job pour donner une direction sans forcer la main, tout en restant suffisamment intéressant pour pousser à explorer davantage. La storyline principale avoisine les 6 à 8 heures dans l’état actuel. Un véhicule améliorable est disponible, mais n’espérez pas vous enfoncer dans les failles dès maintenant, il est plafonné à 250 mètres de profondeur, les améliorations correspondantes n’étant pas encore intégrées.

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De la coop à double tranchant

L’avis d’Estyaah après 3 heures de jeu en coop : une expérience agréable, mais que je n’ai pas spécialement envie de prolonger en coopération. En revanche, le peu du scénario que j’ai pu suivre m’a plutôt intéressé, et j’aurais tendance à vouloir plutôt relancer uniquement en solo pour en profiter un maximum.

C’est probablement l’évolution la plus visible de ce suite, et elle mérite mieux qu’une mention en passant. Non pas parce qu’elle transforme radicalement l’expérience, bien au contraire. La coopération est intégrée proprement, dès l’intro, sans couture visible, mais un deuxième joueur ne change fondamentalement rien à la dynamique. On joue à plusieurs côte à côte plutôt qu’ensemble, il n’y a pas d’interraction spécifique entre les joueurs. Cela permettra juste d’amasser plus vite les ressources et de vivre de petites aventures en étant accompagné. C’est à la fois une force et une faiblesse. L’objectif n’est pas vraiment le scénario : on avance sans trop y penser, parce qu’il faut toujours aller plus loin ou construire une base encore plus grande. La dimension créative du jeu prend alors beaucoup plus de place, puisqu’elle devient l’aspect majeur en coopération. Au contraire, jouer en solo reste nettement plus immersif, car on prête attention aux bribes d’histoires disséminées çà et là, et le sentiment de solitude et d’isolement apporte un vrai plus à l’expérience.

Comme un poisson dans l’eau

Subnautica 2 ne réinvente pas la roue, mais ce n’était probablement pas l’intention. Il prend ce qui fonctionnait, le peaufine, et livre une expérience qui devrait satisfaire les fans de la première heure sans surprendre grand monde. Les améliorations de la construction de base et le travail apporté au léviathan sont de bons signes. On notera que malgré la communication autour de ce point, la coopération n’est finalement pas au centre du gameplay, mais permet tout de même de profiter d’une excellente ambiance pour jouer aux Lego avec les potes. L’immersion en solo reste inégalée et c’est là que vous ressentirez le plus d’émotions. La question reste entière quant à la profondeur de la trame finale et la richesse des biomes à venir, mais on peut déjà dire que c’est très bien parti.

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[TEST] The Adventures of Sir Kicksalot : simple, brutal et étonnamment efficace

19 mai 2026 à 18:33

Un immersive sim développé par une seule personne et avec un style qui n’est pas sans rappeler l’œuvre de Mojang ? C’est avec un peu d’appréhension que nous avions découvert il y a plus d’un an, The Adventures of Sir Kicksalot. Et à notre grande surprise, celui-ci était développé par un français : Stéphane Le Roy, alias eldidou. Une fois le jeu en main, le constat est simple : une très bonne surprise mêlant habilement l’absurde à l’immersion.

Genre : Immersive Sim | Développeur : Stéphane Le Roy | Éditeur : Stéphane Le Roy Plateforme : Steam | Prix : 9,75 € | Langues : Sous-titres en français, anglais | Configuration recommandée : Intel Core i7-7700HQ 2.8GHz, carte graphique,  2 Go de RAM  | Date de sortie : 15/05/2026 | Durée : 5 à 6 heures pour l’histoire principale, mais beaucoup plus pour tester toutes les possibilités.

Test effectué sur une version fournie par le développeur.

20260514152702 1 scaledPaf, coup de pied dans ta gueule !

Dans The Adventures of Sir Kicksalot, vous incarnez un chevalier qui se lance à l’aventure pour sauver une princesse des mains de ses ravisseurs, sauf que tout ne se passe pas comme prévu. Sans en dire plus, et bien que le scénario ne soit là que pour apporter un prétexte, le développeur réussit à nous plonger dans cette improbable histoire et son univers complètement barré. Le principe du jeu est plutôt simple : vous êtes lâchés dans un niveau, et il faudra atteindre la sortie en accomplissant des objectifs, tout en essayant de jouer l’infiltration, ou en utilisant tout ce qui est à portée de main pour vous débarrasser des ennemis sur votre chemin. Pour cela, le jeu a été  plutôt bien pensé. On commence souvent avec des armes simples, épée ou bâton, puis on s’équipe en fouillant les lieux ou en dépouillant les cadavres. Mais Sir Kicksalot ne porterait pas ce nom si l’arme la plus importante n’était pas… le coup de pied.

Et ça tombe bien : tout est pensé pour vous pousser à utiliser le kick. Comme pour les armes de mêlée, les sensations sont bien là, c’est très brutal, c’est vif, et on apprécie enchaîner coups de pied, coups de massue et sortilège de glace pour se débarrasser le plus rapidement possible de tout ce qui croise notre chemin. L’arsenal repose principalement sur les armes tranchantes et les armes de trait. Le combat en mêlée est soigné, permettant de porter des coups directs ou déportés, une petite touche parfaite pour décapiter un mage avant de lui voler sa tête et sa baguette magique pour aller s’occuper ensuite des novices à l’école de sorcellerie (tout le monde va très bien, évidemment). Néanmoins, le système a ses limites, et on se retrouve parfois dans l’impossibilité de porter un coup déporté à cause de l’environnement (un mur, un objet), ce qui s’avère un peu embêtant.

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À la manière de Dark Messiah of Might & Magic, The Adventures of Sir Kicksalot est un immersive sim. Une bonne partie de votre environnement est potentiellement une arme : meubles, objets de décoration, presque tout peut être très mortel à partir du moment où la situation s’y prête. On se retrouve très vite à réfléchir à deux fois avant de dégainer son arme, en préférant un coup de pied dans la gueule d’un ennemi pour l’empaler sur un mur hérissé de pics ou l’écraser sous un lustre médiéval. Le jeu propose aussi un système de progression qui offre trois branches : le combat, la furtivité et la magie, avec des pouvoirs élémentaires (feu, vent, glace). D’autres améliorations enrichissent le gameplay, comme par exemple enflammer son épée une fois le pouvoir du feu débloqué. L’ensemble offre un gameplay bien dosé, des combats exigeants et des animations qui retranscrivent efficacement les impacts. L’infiltration fonctionne correctement, permettant de parcourir certains niveaux dans l’obscurité, à la manière de Garret dans la série Thief: The Dark Project. Les ennemis utilisent eux aussi l’environnement : ils peuvent vous pousser dans le vide, ramasser des armes au sol ou se soigner avec des potions proches. Techniquement, rien à signaler, le jeu tourne sur n’importe quelle machine, mais j’ai rencontré quelques soucis mineurs comme des ennemis coincés ou des problèmes de pathfinding. C’était heureusement anecdotique et bien souvent résolu en quelques secondes.

Un level design très simple, bla bla bla

Les 16 niveaux de la campagne ne sont pas très grands et oscillent entre le très bon et le passable. Certains sont très linéaires, d’autres plus ouverts. La direction artistique ne plaira pas à tout le monde, mais elle est cohérente, travaillée, et offre une belle verticalité. La campagne permet de visiter des forteresses, des châteaux, une cité dans le ciel, des grottes, et ainsi que différents lieux qu’on vous laisse découvrir. On regrette toutefois une approche immersive parfois inégale : le jeu est parfois directif et aurait gagné à offrir davantage de liberté. Au‑delà de la simple exploration, chaque niveau regorge de petites trouvailles : messages oubliés, livres mystérieux, rencontres étranges, secrets et énigmes qui apportent leur dose d’humour et de bizarrerie. Le développeur en a clairement à revendre, et derrière chaque absurdité se cache souvent un message bien dissimulé.

Exigeant, agréable, drôle, et avec une réalisation exemplaire

Stephane Le Roy propose ici un immersive à la fois exigeant, agréable, drôle, et avec une réalisation exemplaire pour un jeu indépendant.  Les niveaux, sans être trop courts, se terminent assez rapidement. Et même si l’on regrette la durée de vie de l’histoire principale, la variété des approches et la personnalisation des compétences offrent une vraie rejouabilité. The Adventures of Sir Kicksalot est une excellente surprise, une expérience originale, et un jeu que l’on recommande sans hésiter, d’autant plus que le développeur envisage un éditeur de niveaux et le support du Steam Workshop.

Vous avez du mal à vous y retrouver dans le catalogue Steam ? Alors suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à trier le bon grain de l’ivraie.

[TEST] Call of the Elder Gods : on ne regrette pas d’avoir décroché

Par : Estyaah
17 mai 2026 à 09:44

Sorti fin 2020, Call of the Sea, le premier jeu du studio madrilène Out of the Blue Games, avait conquis les joueurs : les visuels en cel shading plutôt colorés contrastaient habilement avec le thème, inspiré de l’univers de Lovecraft avec ses cultistes fanatiques et ses Grands Anciens tentaculaires. À la rédaction, le testeur de l’époque n’avait pas trouvé le challenge suffisant pour le qualifier autrement que comme un simple walking sim saupoudré de puzzles, et n’avait pas été complètement séduit par la narration. Cinq ans plus tard, les développeurs espagnols remettent le couvert pour la suite, Call of the Elder Gods et on le voyait tout de même arriver d’un bon œil. La démo nous avait conquis, alors on était assez impatients de mettre les mains dessus. Au final, l’équipe a repris exactement la même recette en l’améliorant légèrement, offrant une expérience courte, mais très agréable.

Genre : Puzzle game narratif | Développeur : Out of the Blue Games | Éditeur : Kwalee Plateforme : Steam | Prix : 22 € | Langues : Anglais, sous-titres en français | Configuration recommandée : i5-11600K / Ryzen 5 5600X, GTX 1650 / RX 580, 8 Go de RAM | Date de sortie : 12/05/2026 | Durée : 6 à 7 heures

Test effectué sur version Steam fournie par l’éditeur.

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Une bien belle tonalité

Je dois bien reconnaître que je suis assez friand de la direction artistique de Call of the Elder Gods. Le jeu se pare régulièrement de couleurs vives et éclatantes, et certains panoramas sont impressionnants. D’autre part, les environnements relativement restreints et le cel shading permettent d’obtenir d’excellentes performances malgré l’utilisation de l’Unreal Engine 5, même sur mon PC portable avec une RTX 4060 et 16 Go de RAM. Cette particularité visuelle vient appuyer une narration plutôt convaincante, notamment grâce à un très bon doublage (en anglais uniquement). Cependant, on incarne deux protagonistes alternativement, ce qui a pu me faire parfois « sortir des personnages ». La première partie de l’aventure se déroule exclusivement dans la peau d’Evangeline, et on finit naturellement par s’y attacher. La première bascule est donc un peu étrange, mais cela s’atténue à mesure que l’on découvre le professeur Everhart. On retrouve également Norah, le personnage principal du précédent opus, en qualité de narrateur omniscient, ce qui forme, avec les deux autres, un trio assez original. Côté scénario, en revanche, peu de surprises. L’univers est toujours très inspiré de Lovecraft, mais version pour enfant : comprendre qu’il n’y a pas vraiment d’horreur cosmique, c’est plutôt le monde des Bisounours, avec de gentils Grands Anciens. On notera tout de même la présence de quelques nazis pour la forme. Cela reste néanmoins fascinant et j’ai beaucoup apprécié l’histoire, même si l’aventure est un peu courte. Les niveaux sont entrecoupés de cinématiques composées de dessins fixes qui font un peu cheap, mais toujours moins que si les développeurs avaient mal animé des modèles 3D.

Un numéro bien rôdé

Du côté du gameplay, Out of the Blue a repris les mécaniques de Call of the Sea sans dévier d’un poil. On explore toujours les niveaux pour collecter des indices, qui viennent s’inscrire dans notre carnet – optionnel, si vous préférez le faire à la main –, permettant ensuite de résoudre des énigmes plus ou moins difficiles. Celles-ci se divisent en deux catégories : les petits puzzles de logique assez simples, et les problèmes de déduction franchement plus retors, mais accessibles. On est loin d’un Blue Prince ou d’un The Witness, et on ne sera jamais réellement bloqué : toutes les informations sont disponibles facilement – notamment si on se sert du carnet. Le jeu réussit cependant à rendre chaque déclic assez gratifiant, ce qui est le principal pour ce type de jeu.

Répondre à l’appel

Call of the Elder Gods est un très bon petit puzzle game narratif. La direction artistique, avec son cel shading, est très réussie, offrant des scènes franchement superbes. Côté narration, l’imaginaire lovecraftien reste toujours aussi accrocheur, même si on peut oublier la terreur et l’horreur cosmique. Ici, tout est plus lumineux, presque feel good, mais avec un peu de nostalgie. Quelques énigmes nécessitent de se creuser un peu les méninges, mais la plupart se résolvent sans trop forcer. Pour autant, les résoudre est toujours satisfaisant. Une très bonne aventure de 6 ou 7 heures à faire après (ou avant) Call of the Sea, qui proposait déjà les mêmes mécaniques.

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[PREVIEW] Better Than Dead, la vengeance va devoir attendre

Par : Mathmoite
16 mai 2026 à 08:21

Quand on a découvert le trailer de Better Than Dead en août 2025, on était dubitatif sur le projet. Encore un bodycam FPS qui ne sera pas terminé. Sorti en accès anticipé depuis le 12 mai, l’unique développeur MONTE GALLO nous propose une expérience très courte dans un Hong Kong des années 90, et malgré un gunfeel plutôt réussi, le reste de l’aventure est malheureusement bien trop pauvre en tout point pour qu’on s’y attarde davantage.

Genre : Bodycam FPS | Développeur : MONTE GALLO | Éditeur : MicroProse Software | Plateforme : Steam | Prix : 15,49 € | Langues : Anglais | Configuration recommandée : i7-12700 / Ryzen 7 5800X, RTX 3070 (8 GB) / AMD Radeon RX 6800, 16 Go de RAM | Date de sortie : 12/05/2026 en accès anticipé | Durée : 2 heures

Preview réalisée sur une version Steam fournie par le développeur.

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La vengeance dans la peau

Dans Better Than Dead, vous incarnez une fille dont l’intimité a été violée. C’est dans une petite pièce, avec pour seule compagnie une arme de poing et votre caméra que le jeu commence. On y découvre des sous-sols lugubres faisant office de studio porno clandestin qui feraient pâlir d’envie Jeffrey Epstein. Vous l’aurez deviné, vous êtes là pour vous venger et venir à bout de cette organisation criminelle. C’est au travers de divers endroits comme des restaurants, des hôtels, des chantiers que vous devrez effectuer souvent le même objectif : sauver une fille ou encore tuer un chef. La progression est linéaire et les missions durent en moyenne une à quatre minutes. Un récapitulatif de votre performance fera son apparition en fin de raid, affichant le temps écoulé et le nombre d’ennemis et civils tués. Il n’y a, pour le moment, aucun niveau de difficulté. Seul le nombre d’ennemis augmentera au fur et à mesure de cette courte aventure. Le côté challenge n’est pas assez mis en avant. On aurait aimé des récompenses en fin de mission pour apporter de la rejouabilité, mais à ce stade d’avancement, rien n’est mis en place. Imaginez jouer à Hotline Miami avec une seule arme et sans aucune compétence. Oui, c’est ennuyeux.

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T’AIM ou t’AIM pas

Qu’on se le dise, Better Than Dead n’est pas un FPS comme les autres. Ici, vous n’aurez qu’une seule arme et comme votre personnage est une pauvre fille fragile, vous ne savez pas viser. Fort heureusement, vos munitions étant illimitées, vous arriverez par la force des choses à faire mouche. Du côté des mouvements, il y aura une certaine adaptation avec la vue bodycam, mais le reste est très classique. On notera quand même l’ajout d’un bullet time qui se déclenche en faisant une glissade, mais qui n’apporte vraiment pas grand-chose. Le développeur a voulu implémenter une mécanique de jeu basée sur le rythme. En gros, rester immobile et échanger des tirs vous fera tuer. Par contre, si vous êtes en mouvement, vous aurez plus de chances de rester en vie. Tuer des civils vous pénalisera également, mais je n’ai pas vu de différence sur ces aspects tellement le gameplay est vide à ce stade du développement.

Malgré cela, le gunfeel est plutôt chouette. Malheureusement, ça ne suffit pas pour prendre un quelconque plaisir, puisque l’expérience manque cruellement d’équilibre et de finition. Les maps ne sont pas terminées, les IA sont d’une débilité déconcertante et pour le sound design, on repassera. Graphiquement, je n’ai pas retrouvé la même qualité que dans les trailers et les textures sont beaucoup trop cheap. En terme de photoréalisme, on a vu mieux.

Une sortie Prématué ?

Better Than Dead est-il sympa ? Il peut le devenir, mais à ce stade de développement, ne vous attendez pas à grand-chose. Les idées sont là, le fond aussi, mais pour la forme ce n’est pas pour aujourd’hui. Avec une durée de vie ridicule, un manque de finition et des choix de gameplay douteux, le tarif de 15 € semble un peu élevé. Pour autant, on espère que sa sortie précipitée ne va pas plomber la poursuite du développement, car le concept est tout de même intéressant et le gunfeel plutôt viscéral.

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[PREVIEW] FLAW, un rétro-FPS qui manque de cuisson

Par : Loulou
12 mai 2026 à 14:47

En 2024, durant le Steam Néo Fest, notre rédac avait découvert le rétro-FPS FLAW qui nous avait intrigué, non pas pour son gunplay, mais par sa direction artistique inspirée de Quake et Unreal. Développé par un dev indé solo, le jeu nous semblait bien parti pour s’orienter vers un gameplay nerveux et gore. Finalement, force est de constater que cet accès anticipé en est bien loin. On se retrouve donc avec une proposition plutôt déséquilibrée qui aurait dû bénéficier de quelques mois de plus avant d’être présentée.

Genre : Rétro-FPS | Développeur : Plasmeo | Éditeur : Plasmeo | Plateforme : Steam | Prix : 15 € | Langues : Français (textes et voix) | Configuration recommandée : Ryzen 5 5600X, Radeon RX Vega, 16 Go de RAM | Date de sortie : 12/05/2026 en accès anticipé | Durée : Entre 5 et 7 heures

Preview réalisée sur une version Steam fournie par le développeur.

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COUCOU !

La promesse d’un avenir meilleur qui vire au cauchemar

À peine arrivé à bord du vaisseau l’Aube Flamboyante, vous êtes victime d’un kidnapping suite à l’abordage d’une race alien vivant dans la Bordure Extérieure. Puis, sur une planète inconnue, vous vous réveillez dans une prison en attendant d’être le prochain cobaye d’expériences potentiellement intrusives, mais vous préférez prendre les armes pour tenter de vous échapper et regagner la Terre. Un pitch pour le moins classique qui a le mérite d’avoir des textes et des doublages amateurs entièrement en français, ce qui fait plaisir. Étant présenté comme un hommage aux FPS des années 90-2000, FLAW propose une direction artistique plutôt réussie et empruntée à l’univers de Quake pour ses couleurs ternes avec des environnements intérieurs (hangars, égouts, laboratoires…) et extérieurs (déserts). Néanmoins, question de goût, je ne suis pas particulièrement fan du design des être humains, contrairement aux créatures.

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Durant cette aventure, j’ai rencontré quelques soucis de finition dans les décors du jeu. En effet, les ennemis comme votre héros peuvent traverser en partie, voire totalement certains murs et conduits d’aération. Du côté du game design, je me suis heurté à quelques difficultés également. Par exemple, je n’avais pas compris instinctivement que les bidons gris lumineux étaient des caisses d’approvisionnement. Et ne parlons pas de ces minuscules interrupteurs blanc-gris à peine discernables des pixels des murs. De plus, votre héros possède une portée de coups au corps-à-corps digne de Mimie Mathy, ce qui brise bien les burnes, plutôt que ces putains de bidons. Autre détail, pour le moins mineur certes, il n’y a pas de transition entre les différents niveaux et le seul indice sera le message de chargement accompagné de la sauvegarde automatique, ce qui fait qu’on se demande parfois ce qu’on peut bien foutre là.

Une aventure déséquilibrée et punitive

Pour vous défendre survivre dans ce monde hostile, vous pourrez compter sur un arsenal plutôt maigre comprenant un fusil à pompe, une mitraillette, un fusil lourd, deux pistolets, un lance-harpons et des grenades. Et contrairement aux piliers du FPS, pas question ici d’embarquer tout l’arsenal d’un coup, on est limité à trois emplacements. Malheureusement, les gestion des munitions et la puissances des pétoires sont mal équilibrées. Lors de vos premières explorations et confrontations, vous constaterez très vite que récupérer des munitions sera une mission ardue. Ajouté à cela l’absence de puissance et la dispersion de certaines armes, vous vous retrouverez à vider des chargeurs entiers sur des ennemis trop nombreux, avec comme seule récompense, une mort prématurée. Durant ma session, j’ai énormément peiné à trouver des munitions jusqu’à un certain niveau, où l’équilibrage semblait complètement différent, rendant le reste l’aventure moins désagréable. Si j’avais le choix, je n’aurais joué qu’avec le pompe et le fusil face à ces éponges à balles. Globalement, le gunfeel est plutôt correct si on est à bon distance. Mention spéciale pour le lance-harpon surpuissant qui tue en un coup tous types d’ennemis. Du côté du héros, vous serez plus proche de Bernard de la compta qu’un Rambo et vous devrez constamment vous couvrir en espérant que les tirs ne traversent pas le mur.

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Face à vous, des mutants et des cyborgs mortels brilleront surtout par leur résistance. Contrairement à votre héros, ces derniers absorberont la plupart des dégâts sans broncher (oubliez les headshot bien placés et les explosions de bidons rouges). De plus, l’IA ennemie plutôt agressive pourra vous poursuivre seule ou en groupe, vous tirer dessus depuis une couverture et se jeter à plat ventre. En revanche, si comme moi, vous tombez sur un adversaire lourdement armé obnubilé par son pathfinding plutôt que de vous avoiner, vous aurez sans doute l’opportunité de lui faire bouffer du plomb sans trop de problèmes. Si on met de côté ce genre d’exceptions, les combats sont tout de même très ardus. Si vous aimez le challenge, vous allez être servis, mais pour autant, il ne m’a pas semblé que cette difficulté soit réellement maîtrisée : elle était franchement déséquilibrée.

Une expérience brute à peaufiner

Même si on ressent de la bonne volonté dans ce projet, et un hommage évident aux FPS fondateurs des années 90-2000, l’accès anticipé de FLAW souffre d’un sérieux déséquilibre dans son gameplay qui en rebutera plus d’un. En plus, certains bugs rajouteront une couche punitive supplémentaire malvenue. Se retrouver à court de munitions face à des ennemis résistants n’est pas une perspective des plus réjouissantes, surtout lorsque le descriptif de la page Steam indique explicitement que FLAW s’inspire de jeux tels que Halo, Unreal, Half-Life ou encore Quake. Les puristes de la première heure resteront probablement sceptiques en se frottant au jeu. Mais tout n’est pas perdu : on ne peut qu’espérer que le studio indé Plasmeo retrousse ses manches et mette à profit les années à venir pour améliorer son jeu jusqu’à la 1.0 prévue pour 2028.

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[PREVIEW] Far Far West : un fast-FPS coopératif indé et déjanté qui tape dans le cinq-cent mille

Par : Estyaah
11 mai 2026 à 19:03

On ne va pas vous mentir, on ne s’était pas franchement intéressés à Far Far West lors de ses différentes présentations. Les playtests ne nous avaient pas accrochés tant que ça, et on voyait le titre comme un énième jeu coop misant tout sur le fun au détriment des sensations de jeu. Aussi, c’est avec un peu d’appréhension qu’on s’est lancés dans l’aventure proposée par le petit studio lyonnais, craignant qu’on s’emmerde au bout de 30 minutes. Mais si la mayonnaise met un peu de temps à prendre, le jeu s’avère finalement plutôt addictif, expliquant en partie son incroyable succès pour un projet indépendant.

Genre : Roguelite coopératif | Développeur : Evil Raptor | Éditeur : Fireshine Games Plateforme : Steam | Prix : 20 € | Langues : Français, anglais | Configuration recommandée : i5-10600KF / Ryzen 5 3600X, RTX 2060 / RX 5600XT, 16 Go de RAM | Date de sortie : 28/04/2026 en accès anticipé | Durée : Quelques dizaines d’heures avant de se lasser

Test réalisé à quatre en coopération avec des versions Steam fournies par l’éditeur.

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Une certaine maîtrise du gameplay

Si vous suivez un tant soit peu des streameurs français, il y a peu de chances que vous soyez passés à côté de Far Far West. En effet, l’éditeur Fireshine Games semble avoir été plutôt efficace, et le jeu s’est retrouvé mis en avant un peu partout. Résultat, des performances incroyables pour un petit jeu indé. Cependant, si certains le comparent à un Sea of Thieves, il n’a clairement rien à voir avec ça. Là où le titre de Rare propose de vivre des aventures multijoueur émergentes, permettant aux gens d’apprécier le titre malgré un gameplay chiant comme la mort – surtout les combats à pied –, Far Far West s’appuie au contraire sur une très bonne maîtrise des mécaniques du fast-FPS coopératif en PvE et de la montée en puissance pour accrocher les joueurs. Attention cependant, le plaisir n’est pas immédiat : sur les premières heures, on ne peut pas dire qu’on était franchement convaincus, parce que le feeling de base des armes est plutôt nul. Il faudra se farcir quelques missions un peu molles, avant de se retrouver avec des pétoires qui envoient de la patate, grâce à une ribambelle d’améliorations plus ou moins sérieuses. La composante roguelite met donc du temps à décoller, mais elle est vraiment réussie : on a toujours envie de débloquer la prochaine arme, le prochain niveau ou le prochain sort.

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Une composante roguelite addictive, portée par un gunfeel jouissif

Le jeu s’articule autour d’un hub, qui permet de faire progresser de manière permanente son personnage et son équipement. Une mécanique très bien maîtrisée, qui rend l’expérience plutôt addictive. Des ressources récupérées en raid permettent d’acheter des cartes joker à appliquer sur ses armes ou son personnage (pourcentages de chances d’avoir des balles explosives, sauter plus haut, faire un bruit de poulet quand on tire…), tandis qu’il faudra récupérer des fragments d’armes – un à deux par run maximum – pour débloquer de nouveaux joujous. D’un autre côté, il faudra aussi accumuler de l’or pour les acheter ou les améliorer (dégâts, cadence de tir, nombre de munitions, etc.). Enfin, l’XP intervient sur quasiment tous les aspects du jeu, notamment les sorts. Ces derniers permettent de varier le gameplay (feu, acide, soins, électricité et pièges) et sont très complémentaires en coopération. Ils sont pratiquement indispensables lorsque l’on commence à monter en difficulté. Parce que s’il est préférable de commencer en facile pour la toute première mission, on va rapidement s’emmerder et donc chercher un peu plus de challenge.

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Pour se lancer dans la bagarre, il suffit de choisir l’un des contrats proposés, matérialisés par des couples événement/boss qui seront placés aléatoirement sur les sept cartes de l’accès anticipé (dont trois sont à débloquer). Une fois l’objectif principal atteint, il faut dégommer le boss, puis s’extraire en appelant un train. Mais ce n’est pas le seul truc à faire, puisque des sortes de quêtes sont aussi placées aléatoirement, et permettent de gagner de l’XP, mais surtout des cartes jocker. Ce sont les mêmes que celles que l’on peut débloquer de manière permanente dans le hub, sauf qu’ici, elles ne sont valables que pour le run en cours. La différence, c’est qu’on peut en cumuler beaucoup plus ! Les développeurs n’ont pas été avares, et ont priorisé le fun plutôt qu’un équilibrage sur le fil du rasoir. Certes, au bout de quelques heures, on roulera sans trop de difficulté sur les vagues d’ennemis, mais il suffira de sélectionner un niveau plus ardu pour immédiatement roter du sang. Ok, c’est parfois un peu fouillis, avec ces grosses explosions et ces sorts de toutes les couleurs, mais quand on a les bons bonus, le feeling est assez jouissif. Les mouvements sont rapides, il y a du dash, parfois du double saut, du crowd control… Et même une monture pour aller rapidement d’un endroit à un autre, et éviter de s’emmerder entre les points d’intérêt. On notera également que les développeurs ont disséminé plein de petits secrets – souvent comiques – sur les maps, poussant un peu à l’exploration.

Après, il ne faut pas non plus se voiler la face, la boucle de gameplay ne semble pas infinie. En deux sessions de moins de trois heures chacune, on a rencontré tous les différents boss proposés, et on commençait à se balader en « difficile », le troisième des cinq niveaux de difficulté actuellement disponibles. En revanche, le goût de reviens-y est bien présent, incitant même à lancer quelques missions en solo, histoire de faire un tour de plus dans les paysages désolés du Far West cybernétique. Même si c’est évidemment moins amusant tout seul, c’est tout de même assez plaisant.

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Un spectacle son et lumière radical

La direction artistique est plutôt réussie. On adhère ou pas, mais elle est très cohérente : on a des robots chasseurs de prime en cel shading dans des décors de western post-apocalyptique peuplés de squelettes et autres monstres plus ou moins comiques. Les explosions sont très sympas, et les champignons nucléaires ont un superbe rendu. Par contre, autant prévenir tout de suite : on a tous détesté la musique. Non pas qu’elle soit ratée, bien au contraire… Mais elle plaira sans doute plus à votre petit-neveu de 7 ans qu’à une bande de quadragénaires qui passent leur temps à jouer à des simulateurs de meurtres. Côté finition, c’est exemplaire : aucun bug, pas de friction particulière. Malgré son statut d’accès anticipé, Far Far West est sur un niveau bien supérieur à la plupart des jeux en version finale. Les performances sont également très correctes, on n’a pas rencontré de ralentissement, quelles que soient les machines.

Difficile de ne pas apprécier

Far Far West est très bien réalisé pour un accès anticipé : sa finition est exemplaire, et on s’y amuse beaucoup. C’est vrai que l’aspect visuel et sonore peuvent diviser, mais le gameplay coopératif PvE fonctionne parfaitement, notamment grâce à des mécaniques de fast-FPS très bien maîtrisées. Il faudra insister un peu pour dépasser les premières heures avec un gunfeel mou du bulbe, et arriver sur des affrontements allant jusqu’au jouissif, grâce à quelques améliorations sur les différentes armes proposées. Pour l’instant, la variété des boss et d’événements permet de s’amuser quelques dizaines d’heures, mais ceux qui n’aiment pas spécialement le grind pourraient se lasser rapidement. En revanche, le titre n’en est qu’à ses débuts d’early access, et compte tenu du succès incroyable qu’il a rencontré, il y a fort à parier que la petite équipe française d’Evil Raptor nous fasse un bon suivi.

Si vous êtes intéressés par Far Far West, notre partenaire Gamesplanet le propose à –10 %, soit 18 €. Et en plus, ça nous fait gagner quelques centimes au passage.

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[TEST] Mouse: P.I. For Hire est comme un camembert : plâtreux au début, dégoulinant de générosité à la fin

Par : Estyaah
3 mai 2026 à 19:49

Annoncé très tôt dans sa production, Mouse: P.I. For Hire avait marqué dès les premières vidéos de présentation grâce à sa direction artistique inspirée des dessins animés en noir et blanc des années 30. Néanmoins, on restait assez dubitatifs sur la capacité du studio polonais Fumi Games à produire un gameplay aussi intéressant que son univers. Si lors de sa sortie, le titre a immédiatement été encensé par la critique, les premières missions ne nous donnaient pas vraiment envie de continuer, à cause d’un gunfeel franchement mou du cul. Mais en insistant quelques heures de plus, Mouse: P.I. For Hire révèle enfin son plein potentiel : un fast-FPS classique, nerveux et gore, mais surtout enrobé d’une myriade de détails comiques très bien exécutés qui forgent une ambiance au poil.

Genre : Fast-FPS | Développeur : Fumi Games | Éditeur : PlaySide Plateforme : Steam | Prix : 30 € | Langues : Voix en anglais, sous-titres en français | Configuration recommandée : i5 9600 / Ryzen 3600, RTX 3060 / Intel Arc B570 / RX 7600, 16 Go de RAM | Date de sortie : 16/04/2026 | Durée : Entre 12 et 14 heures

Test réalisé avec une clé Steam fournie par l’éditeur.

Ambiance film noir (et blanc)

Techniquement irréprochable
Le jeu tourne parfaitement sur à peu près n’importe quelle config, et la finition est exemplaire. Je n’ai rencontré aucun bug ni ralentissement, que ce soit sur un PC portable ou une tour de gamerz.

Il suffit de regarder Mouse: P.I. For Hire quelques secondes pour constater que sa direction artistique est pour le moins atypique. Certes, le platformer 2D Cuphead l’avait déjà employée avec succès (et en couleurs), mais aucun FPS n’avait encore proposé ce style directement inspiré de Mickey Mouse. Ici, tout est en noir et blanc. Et si la map est en 3D comme dans tous les FPS modernes, les personnages et certains objets sont des sprites 2D qui nous font toujours face. Pour autant, les deux se marient très bien, et les animations sont excellentes. En plus de cette orientation artistique particulière, les développeurs ont choisi de raconter une histoire dans la plus pure tradition du film noir : le personnage principal est un détective privé désabusé, avec une voix off qui commente les différentes situations et une musique jazzy du plus bel effet. Ça ne se prend évidemment pas au sérieux, et la narration regorge de jeux de mots, souvent sur le thème des souris ou du fromage, forcément d’un goût douteux. Mais c’est ce qui donne cette ambiance décalée et très humoristique. Il faut également saluer la prestation de l’ensemble de l’équipe de doublage (en anglais), qui a fait un travail admirable. C’est extrêmement bien joué, et on sent qu’ils se sont vraiment amusés, Troy Baker (Indiana Jones et le Cercle Ancien) en tête. Les sous-titres ont aussi bénéficié d’une grande attention, puisqu’on est plus proche d’une adaptation que d’une traduction littérale. On retrouvera, par exemple, des noms de fromages français, ou des textes qui riment dans la langue de Molière quand ils rimaient pour nos amis d’outre-Manche. Un sacré boulot, compte tenu de la longueur plutôt exceptionnelle de l’aventure pour un titre solo : il faudra compter entre 12 et 14 heures pour la terminer. Une générosité qui se retrouve dans les secrets dissimulés un peu partout dans les niveaux, dotés de pas mal de verticalité. En revanche, il arrive assez souvent qu’on ne puisse pas revenir en arrière pour continuer l’exploration, ce qui est très frustrant quand on cherche des plans pour améliorer son équipement.

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Pistolet à bouchon

Si l’ambiance et les détails sont incroyables et très originaux, le gameplay, lui, est plutôt classique. Surtout sur les premières heures, puisque l’on ne dispose que de quelques armes basiques au feeling anémique. C’est mou et on se fait chier comme un rat mort. Il aura fallu que je m’accroche entre quatre et cinq heures avant de commencer à vraiment m’amuser dans les combats, grâce à l’amélioration des pétoires et à la découverte de nouveaux moyens de réduire les ennemis en cendres. Autant dire qu’il faut être sacrément motivé. Mais je pense que ça vaut tout de même le coup, car une fois passé ce cap, on est récompensé par une sorte de Tommy Gun très efficace, puis par un lance-acide franchement jouissif, qui fait fondre les adversaires en ne laissant que leur squelette. Les animations de mort, de manière générale, sont très rigolotes, et parfois même un peu gores. Dommage qu’elles ne soient pas très variées. Les combats se déroulent principalement dans des sortes d’arènes, parsemées de bidons explosifs, fortuitement placés sur le passage des IA qui arrivent vers nous par vagues. On n’est pratiquement jamais submergés, mais cela nécessite quand même d’être assez vif de la souris. On sent que les développeurs se sont inspirés de DOOM 2016 pour cet aspect, bien qu’ils n’en atteignent évidemment jamais la maestria. Si j’ai choisi de faire l’aventure en « normal » pour suivre le chemin par défaut proposé par le studio, j’ai trouvé la majeure partie des affrontements trop faciles. Même les boss – tous très originaux – ne posent pas vraiment de problèmes. Envisagez de sélectionner « difficile » pour avoir un challenge plus adapté au skill de roxxor dont vous êtes forcément doté, puisque vous lisez NoFrag.

En plus de ce core gameplay de fast-FPS, Mouse: P.I. For Hire propose un jeu de deck building (heureusement optionnel) autour du baseball, dont je n’ai pas vraiment saisi l’intérêt. OK, ça fonctionne, mais après deux ou trois parties, le temps de comprendre les règles, on roule sur l’adversaire. Cela permet de gagner une pièce à chaque fois, et il en faudra 20 pour débloquer un secret utilisable en jeu. Ces parties de cartes sont donc uniquement un moyen de gonfler artificiellement la durée de jeu. On aurait aimé au minimum pouvoir passer les animations pour accélérer le processus. Enfin, les phases où l’on place les indices récoltés lors des missions sur un tableau de liège laissaient espérer une petite brique de gameplay autour de l’enquête, mais il n’en est rien : notre personnage commente rapidement l’indice, puis fait tout seul les déductions, révélant ainsi le prochain lieu à visiter.

Long à la détente, mais tout de même excellent

Mouse: P.I. For Hire est un jeu extrêmement généreux. L’ambiance film noir mêlée à la direction artistique en noir et blanc inspirée des dessins animés des années 30 fonctionne très bien. D’autant plus que c’est bourré d’humour plus ou moins gras et soutenu par un travail de doublage excellent. Rien que pour les détails et l’atmosphère, le titre mérite clairement qu’on s’y attarde. On regrette juste que le gameplay ne soit pas à la hauteur sur les premières heures, nécessitant de persévérer en se faisant un peu chier le temps d’améliorer son arsenal. Heureusement, on parvient à prendre du plaisir dans les combats ensuite, que ce soit contre les adversaires vraiment bien animés ou les boss franchement originaux. Cela reste du fast-FPS assez classique, mais efficace, voire parfois jouissif avec certaines armes.

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors, suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

[TEST] Tides of Tomorrow ? : l’émergence d’un nouveau genre

Par : Estyaah
21 avril 2026 à 15:01

Connus pour le walking sim Road 96, qui avait un peu fait parler de lui grâce à sa technique originale et son thème assez lourd, les montpelliérains de Digixart décident de quitter la route pour l’océan avec Tides of Tomorrow 🌊. Avec des visuels assez aguicheurs et le sujet de la crise environnementale, le jeu n’était cependant pas évident à comprendre lors des premières présentations : on nous promettait une aventure narrative avec des embranchements qui affecteraient d’autres joueurs, et dans laquelle on pouvait en suivre encore d’autres qui modifieraient notre univers. Un jeu asymétrique multijoueur pour une sorte de walking sim ? Assurément une première. C’est donc avec une certaine curiosité que l’on s’est plongés dans Tides of Tomorrow 🌊 pour détricoter le concept.

Genre : Aventure narrative multijoueur | Développeur : Digixart | Éditeur : THQ Nordic Plateforme : Steam | Prix : 30 € | Langues : Voix en anglais, sous-titres en français | Configuration recommandée : i5 8600K / Ryzen 5 3600XT, RTX 2060 Super / RX 5700XT, 16 Go de RAM | Date de sortie : 22/04/2026 | Durée : Entre 10 et 15 heures pour une première partie, mais pas moins pour une seconde partie.

Test réalisé avec une clé Steam fournie par l’équipe de développement.

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Un pavé dans la mare

Si vous voulez me suivre (promis, j’ai pas été vache !), vous pouvez entrer ce code pour me retrouver : 7033-1047

Si le concept de Tides of Tomorrow 🌊 n’est pas évident à saisir de prime abord, le pratiquer est finalement assez intuitif. L’univers est divisé en plusieurs lieux, comme la Forteresse, Terre-Épave ou la Citadelle. À chaque fois, on devra choisir la zone de la prochaine mission parmi deux propositions – et parfois un événement annexe optionnel qui ne fait pas progresser l’histoire – ainsi que le Tidewalker que l’on veut suivre. C’est en réalité un autre joueur qui a déjà fait cette mission avant nous. Et en fonction de ses choix, il est catégorisé comme plutôt pro-humanité, pro-nature, fauteur de trouble ou survivaliste. Cela donne une idée de l’influence qu’il a pu avoir sur le lieu que l’on va visiter. Ensuite, une fois sur place, les PNJ réagissent à notre présence suivant les actions du précédent joueur. S’il a été plutôt conciliant, ils vont être avenants, vont parfois nous aider ou nous donner des ressources. Au contraire, s’il a mis le bazar ou volé des choses, les PNJ vont nous être hostiles. Ne vous attendez cependant pas à combattre, ce n’est pas possible dans le jeu – hormis dans quelques séquences scriptées. Évidemment, on influera aussi sur le monde, et si un autre joueur choisit de nous suivre – on ne le saura pas –, il devra se débrouiller avec les conséquences de nos choix. Il est donc possible de jouer en coopération, puisqu’en décidant de laisser plus de ressources à certains endroits, on donne parfois plus de chances au suivant d’atteindre ses objectifs. On peut d’ailleurs visualiser certaines actions de notre prédécesseur via les flots du temps, une sorte de vision permettant d’avoir des indices sur ce qu’il faut faire. Cela pourra révéler des caches de ressources, un levier dissimulé ou quelle ligne de dialogue privilégier avec tel ou tel personnage. Si la plupart des joueurs adopteront sans doute une approche coopérative, il est tout à fait possible d’induire son suiveur en erreur, voire lui tendre des pièges…

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Mais même dans le meilleur des cas, ce ne sera pas une promenade de santé. Le titre propose globalement plusieurs choix moraux, et il ne sera pas facile de s’y contraindre. Loin de proposer une vision manichéenne de la crise environnementale, Tides of Tomorrow 🌊 nous place devant des dilemmes parfois déchirants, à moins que vous n’ayez l’empathie d’une huître. Le travail au scénario est franchement admirable, car il n’y a pas de chemin évident ni de réponse absurde, même si quelques rebondissements restent prévisibles. Et c’est plutôt un gros morceau : pour terminer ma partie, j’ai mis environ 11 heures. Il est évidemment possible de relancer une nouvelle histoire en choisissant d’autres points de vue, mais ce ne sera pas plus rapide. Les situations ne seront pas obligatoirement les mêmes que lors du premier run et les personnages n’auront pas forcément les mêmes comportements – surtout s’ils sont morts dans cette nouvelle timeline.

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Un walking sim à contre-courant

Si l’on devait ranger Tides of Tomorrow 🌊 dans une case, il irait probablement avec les walking sim : une grande partie du jeu réside dans le choix des dialogues, qui dessinent une branche plutôt qu’une autre dans notre univers. Pourtant, on peut courir et même faire des glissades ! En revanche, les sauts sont limités : on ne peut les réaliser que lorsqu’il y a un rebord et une zone d’atterrissage possible. On peut donc faire parkour, mais jamais se planter. Je pensais initialement que c’était très restrictif, mais cela semble au contraire procédural, car on peut déclencher des bonds sur de petits dénivelés d’un chemin « normal », alors que ça n’apporte rien à ces endroits. Cela donne une très grande fluidité dans les mouvements, et on ne s’emmerde jamais dans les déplacements. Ce qui nous amène à une autre particularité : le jeu est beaucoup plus qu’un simple walking sim. Certaines phases nous mettent aux commandes d’un petit bateau ou d’un sous-marin, et c’est également très agréable à utiliser, car la prise en main est simple et efficace. On peut aussi participer à des courses aquatiques, détruire des bateaux adverses avec le lance-grenades de son esquif tout en évitant les projectiles adverses, faire des séquences d’infiltration, de fuite… On aurait beau être moins réceptif à certains types de gameplay, il faut reconnaître qu’ils sont tous très bien exécutés.

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Ondes et ondelettes

Tides of Tomorrow 🌊 est une réussite visuelle : les couleurs sont principalement vives et saturées, et se marient parfaitement à l’effet dessiné, proche du cel shading. Le jeu nous offre de formidables panoramas, et on sent que les artistes en sont particulièrement fiers : on y trouve parfois une chaise pour se poser, avec une musique apaisante et mélancolique. On notera d’ailleurs la grande qualité de la bande-son, qui participe à l’ambiance des différents lieux. Mais c’est surtout le doublage (en anglais uniquement) qui nous immerge totalement : c’est vraiment bien joué et totalement crédible. Les sous-titres en français sont évidemment parfaits, mais le contraire aurait été étonnant, puisque le studio est français. Même si ce n’est pas une grosse équipe, on ressent le soutien de THQ Nordic (filiale d’Embracer Group) : la finition est très bonne, il y a beaucoup de contenu et la production value est assez impressionnante. Niveau technique, l’expérience est globalement très solide, mis à part quelques chutes de framerate à de rares moments, mais finalement assez peu gênantes dans ce type de jeu.

Une vague qui nous emporte

Tides of Tomorrow 🌊 est le premier jeu du genre : une aventure narrative multijoueur asynchrone. Et ce n’est pas anecdotique, c’est le cœur du gameplay du titre. Le plus fou, c’est que ça marche ! On évolue au sein d’un univers qui a été affecté par un précédent joueur, et qui le sera par notre passage, à la fois dans la suite de notre histoire et pour d’éventuels autres joueurs qui nous suivraient. Une grande partie du jeu se focalise sur les dialogues, mais c’est vraiment beaucoup plus qu’un walking sim. Les phases en bateau ou de parkour en sont la preuve, on plonge parfois dans le jeu d’action. En plus, la réalisation est admirable : c’est beau, les déplacements sont fluides, les doublages sont excellents… L’immersion est vraiment bonne, générant pas mal d’empathie, ce qui rend les choix moraux tout en nuances plutôt difficiles à faire. On sent une certaine expertise dans la narration, qui vient appuyer le propos du changement climatique assez frontalement. Et le titre de Digixart réussit à faire ressentir la difficulté d’une lutte qui semble désespérée, mais potentiellement surmontable grâce à la coopération. Une expérience à faire.

Si vous êtes intéressé par Tides of Tomorrow, notre partenaire Gamesplanet proposera le jeu à sa sortie (demain) pour un prix encore non communiqué, mais probablement similaire à celui de Steam (30 €). La différence, c’est qu’on gagne quelques centimes au passage.

Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

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