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3 domaines où la compétition fait progresser les pneus

23 octobre 2026 à 21:51

Faut-il encore courir pour avancer ? Bancs d’essai de l’automobile mondiale pendant des décennies, les sports mécaniques sont toujours un puissant accélérateur de développement. C’est en tout cas le pari de Michelin, numéro 1 mondial dans l’univers des pneus. 

« Nos pneus de route sportifs n’ont jamais été aussi proches de la compétition », nous dit Cyrille Roget, directeur de la communication scientifique et innovation du groupe. 

On pourra le constater avec la prochaine génération de pneumatiques « hautes performances » destinée aux véhicules sportifs et de prestige. Ces gommes inédites entrent aujourd’hui dans la phase finale de leur développement. 

En marge des 6 Heures de Barcelone, avant-dernière épreuve du Championnat du monde d’endurance (WEC), le manufacturier français nous a dévoilé trois axes où l’expérience en piste contribue au pneu de demain. 

1 – Un test grandeur nature pour les pneus

Avec environ 700 ch, 350 km/h en vitesse de pointe et jusqu’à 3 g d’accélération latérale en virage, les voitures de la catégorie Hypercar offrent des repères hors du commun pour un fabricant soucieux de proposer des pneus de série performants. 

À l’occasion des 6 Heures de Barcelone, Michelin lançait d’ailleurs un nouveau pneu pluie. Pierre Alves, responsable des programmes endurance, détaille le cahier des charges : 

« Notre objectif était d’améliorer l’adhérence sur sol mouillé, la longévité et la résistance au “blistering”, cette formation de cloques à la surface de la bande de roulement qui peut survenir lorsque la piste sèche ». 

Ce nouveau pneumatique intégrait de surcroît 57 % de matériaux renouvelables ou recyclés. Une proportion inédite dans les championnats majeurs. 

« La course nous permet d’avoir des boucles très rapides pour tester ces matériaux, avec des performances d’adhérence de très haut niveau », souligne Cyrille Roget. 

2 – Des élastomères innovants pour les pneus

Les sports mécaniques interviennent souvent dans la phase de préconception, environ 5 ans avant la mise à la route. Il s’agit de valider, dans des conditions extrêmes, les innovations imaginées par les ingénieurs dans leurs recherches de long terme. 

Mais certaines technologies empruntent des chemins encore plus complexes. Cyrille Roget remonte ainsi à l’année 2007 : « À cette époque, pour nos pneus sportifs de route, on cherchait des élastomères capables de passer des plafonds de verre en termes d’adhérence ».

En même temps, les gommes devaient conserver leurs propriétés de longévité et de résistance au roulement. « Nos chercheurs avaient développé une manière de faire des élastomères si atypique que nous avions appelé cette technologie black diamond ».(« diamant noir ») 

Malheureusement, les premiers essais de fabrication ne furent pas aussi concluants que la théorie. En 2018, Michelin Motorsport se pencha à nouveau sur ce processus et trouva des clés inédites. « C’est la compétition qui a financé la recherche pour sortir de ce cul-de-sac technique », indique Cyrille Roget. 

Les procédés d’industrialisation, les températures d’extrusion ou les mélanges furent remaniés. Les résultats apparaissent aujourd’hui dans les Pilot Sport Endurance, utilisés aux 24 Heures du Mans et tout au long du WEC. Et cette technologie est en route vers le pneu de série à vocation sportive. 

3 – Des simulations toujours plus précises

La simulation profite aussi de la piste. Les modèles sont sans cesse améliorés grâce aux millions de données recueillies lors des week-ends de course. 

Surtout, Michelin a développé au cours des deux dernières décennies un modèle spécifique pour la compétition nommé TameTire. Il s’agit d’un simulateur thermomécanique capable de prévoir et retranscrire la température, la pression ou les déformations du pneu pour en prédire le comportement. 

Photo : Michelin Motorsport

En sport auto, il s’agissait surtout d’optimiser les stratégies et les réglages des voitures en anticipant l’usure ou la température interne. Mais le modèle sert aussi aujourd’hui à accélérer le développement des voitures de route les plus performantes. 

« Le comportement dynamique d’un véhicule, c’est une signature pour une marque automobile, explique Cyrille Roget. Pendant la phase amont de conception, le constructeur avait parfois des modifications à faire sur son véhicule et nous sur nos pneumatiques. Ce type de boucle physique prenait énormément de temps ». 

« Avec un outil comme TameTire, on est capables de réaliser des boucles virtuelles jusqu’à ce que le pilote d’essai, dans le simulateur, nous dise : “voici l’équilibre que je cherche” ». 

Le développement peut alors aller plus loin dans le détail sur une durée similaire. Ou encore accélérer la sortie du véhicule sur le marché. Ce qui laissera plus de temps pour profiter des innovations au volant… 

A suivre : notre rubrique endurance

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6 Heures de Barcelone – WEC : les infos de l’avant-course, Genesis en pole

17 octobre 2026 à 18:27

Déjà dans l’histoire de l’endurance. Avant même le départ, les 6 Heures de Barcelone, avant-dernière manche du Championnat du monde d’endurance 2026 (WEC), proposent déjà de l’inédit. 

Genesis en pole

La Genesis n°17 s’envolera, dimanche midi, depuis la pole position sur le circuit de Montmeló. C’est une première pour la marque, qui a débuté dans la catégorie en avril dernier. 

« Je suis vraiment heureux, a déclaré le patron de l’équipe Genesis Magma Racing, Cyril Abiteboul. Dans le sport, il n’y a pas de meilleure façon de montrer la quantité et la qualité du travail accompli que d’obtenir un bon résultat. Nous avons fait des déclarations, nous avons dit que la voiture était bonne, que les pilotes étaient très compétents et que l’équipe trouvait sa cohésion. Mais le dire est une chose. Le montrer dans une séance en est une autre ». 

Cette première pole position, réalisée aux 6 Heures de Barcelone, est aussi le résultat d’un tour remarquable bouclé dans la séance Hyperpole par le jeune Français Mathys Jaubert. Son 1’30’’166 était 170 millièmes de seconde plus rapide que la Toyota n°8 de Ryo Hirakawa, leader du championnat. 

« La voiture était parfaitement dans sa fenêtre de performance, expliquait le pilote de 21 ans quelques minutes après sa première pole position à l’échelon mondial. Nous avons changé quelques stratégies entre la séance de qualification et l’Hyperpole ce qui nous a fait faire un pas en avant. Après, il s’agissait de mettre tous les ingrédients ensemble ». 

Genesis : à l’aise dans le rapide

Lors des essais libres, les Genesis semblaient déjà particulièrement en forme. Pilote de la Genesis n°19, Paul-Loup Chatin explique : « C’était clair dès notre première sortie en piste avec cette voiture : nous avons un bon potentiel dans les virages à grande vitesse. Et bien sûr, le tracé va dans ce sens, d’autant plus maintenant que le dernier secteur a retrouvé son tracé d’origine ». 

Pour ces 6 Heures de Barcelone, les organisateurs ont choisi d’escamoter l’odieuse chicane, rendant la dernière partie du tracé plus fluide… Une bonne nouvelle pour la voiture coréenne au moment où Genesis entend transformer ses bons fondamentaux en résultats. Pour l’heure, et malgré de belles performances, les équipages n’ont rapporté que dix points au championnat. Le meilleur résultat à ce jour est une 7e place à Austin (Etats-Unis).

« Nous n’avons pas su traduire notre rythme en résultats concrets, en particulier avec la voiture n°19, analyse Mathieu Jaminet, l’un de ses pilotes. Les deux dernières courses, à Fuji et à Austin, en sont le meilleur exemple. Nous avions le rythme pour figurer sans aucun doute dans le top 7 ou 8, et même plus haut dans le classement. Et pourtant, nous n’avons toujours aucun point à notre actif ». 

Cette deuxième Genesis s’élancera en troisième position, malgré une petite alerte technique dans la séance Hyperpole. Le résultat d’ensemble du constructeur impressionne. Reste à confirmer en course. 

Toyota pour le titre

La marque nipponne peut décrocher la couronne constructeurs ce dimanche. Mais Toyota aura besoin d’un bon résultat d’ensemble : « Ça ne sera pas facile. Les cartes ne sont pas seulement dans nos mains, parce que ça dépend aussi de celui de nos concurrents, admet David Floury, directeur technique de Toyota Racing. L’objectif, c’est de se focaliser, comme on l’a fait cette année. Je pense qu’on a une bonne dynamique ». 

Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa l’avaient emporté lors de la dernière manche à Fuji (Japon) aux commandes de la n°8. Le trio compte 10 points d’avance sur l’équipage de la Toyota n°7 (Conway, Kobayashi, de Vries) au championnat pilotes. Là aussi, le couronne peut être attribuée ce week-end en cas de résultat favorable.

Photo : DPPI / WEC

BMW dans le dur

Si l’Hélice est encore dans la course au titre à l’occasion de ces 6 Heures de Barcelone, les dernières sorties ont été décevantes. Tout comme les qualifications. Les deux voitures ont été éliminées dès la première partie, ratant la séance Hyperpole. Elles prendront le départ aux 14e et 16e places. 

Le tracé catalan ne correspond pas aux caractéristiques de la M Hybrid V8, nous confirme René Rast, pilote de la n°20, actuellement troisième au championnat avec son partenaire Robin Frijns. 

« De manière générale, il semble que nous soyons un peu plus en difficulté cette année sur les circuits qui comportent beaucoup de virages », constate l’Allemand, vainqueur à Spa et deuxième au Mans. Il est vrai que Montmeló est nettement plus sinueux. Et son asphalte est plus ancien, limitant l’adhérence et épuisant les pneumatiques. BMW devra être créatif pour conserver ses chances. 

Alpine : exit l’option Geely

Le programme Alpine prendra fin après la finale de Monza (Italie), début novembre. Et le constructeur chinois Geely, longtemps pressenti pour reprendre l’effort, n’a finalement pas signé. 

Philippe Sinault, patron de l’équipe, l’a confirmé à nos confrères de L’Equipe : « C’était du sérieux, on a discuté très longtemps, il y avait un réel intérêt de leur part. Mais ça ne se fera pas, et ce n’est pas une bonne nouvelle ». 

La structure Signatech, chargée depuis trois saisons de l’exploitation des Alpine Hypercar, cherche désormais des alternatives. Des contacts sont en cours mais à un niveau moins avancé que le dossier Geely. Le temps presse : les engagements sont bouclés en novembre. « Je me dois d’être optimiste », assure Philippe Sinault. 

Pilote de l’Alpine n°35, Charles Milesi abonde : « Dans l’équipe, ce n’était le choix de personne d’arrêter. C’est pour ça qu’on est tous soudés. Pour le moment, ça s’est plutôt bien passé, même si on aurait pu optimiser un peu plus les résultats ici et là ». 

Les Alpine partiront des 4e et 7e places dimanche midi. 

Photo : DPPI / WEC

Alors, ces 6 Heures de Barcelone ? 

Le tracé catalan est arrivé cet été au calendrier après les annulations des manches au Qatar et à Bahreïn. C’est une première en WEC pour ce circuit. 

Si la grande tribune face aux stands sonnait un peu creux vendredi, elle était nettement plus garnie samedi. L’un des pilotes les plus encouragés est Miguel Molina, vainqueur des 24 Heures du Mans 2024. Il est aussi natif de Gérone, à 50 minutes du circuit. 

« Je pense que ça va être un beau week-end, s’enthousiasme le Ferrariste. Je suis très attaché à ce circuit depuis longtemps, j’ai beaucoup roulé au début de ma carrière de pilote. Donc, arriver ici en tant que pilote officiel Ferrari, en lutte pour la victoire, c’est le moment fort de ma carrière ». 

Parmi les régionaux engagés dans la catégorie Hypercar, on relève aussi Alex Riberas (Aston Martin) et Daniel Juncadella (Genesis). 

Les organisateurs attendent environ 20 000 spectateurs ce week-end. Pas mal, quand on sait que l’évènement n’a été officiellement programmé qu’à la fin de mois de juillet. Et que la météo n’est pas très encourageante (on en reparle plus loin). 

Dur avec les pneus

Le tracé de Barcelone est particulièrement retors avec les pneumatiques. « Sur un tiers de la piste, soit près d’un kilomètre et demi, le pneu est soumis à plus de 2 G d’efforts latéraux », nous décrypte Pierre Alves, directeur des opérations endurance chez Michelin. 

« C’est le circuit le plus énergétique du championnat. A Spa, le pneu a le temps de respirer un peu en ligne droite. Ici, ça n’arrête jamais ». L’enjeu sera donc de préserver les gommes pour effectuer deux relais avec le même train. Les pilotes doivent donc surveiller la température interne du pneu, affichée sur le volant. Ou encore limiter au maximum les dérives. 

A moins que… 

Et la pluie s’invite aux 6 Heures de Barcelone…

L’agence météo espagnole est très pessimiste pour ce dimanche. L’Aemet a même diffusé une alerte orange pour pluies abondantes sur le littoral catalan. Dans le paddock, tous les téléphones portables ont sonné avec un message appelant à la prudence, samedi en début d’après-midi, alors que le ciel était encore dégagé.

Une course humide à l’occasion de ces 6 Heures de Barcelone constituerait un saut dans l’inconnu pour les équipes. D’autant qu’elles découvrent ici pour la première fois le nouveau pneumatique pluie proposé par Michelin. 

Stratégies alternatives

Cette saison, on a vu beaucoup d’équipes rentrer aux stands plus tôt que prévu pour bénéficier d’une piste claire. L’objectif est de doubler les adversaires au moment où ils doivent s’arrêter à leur tour. 

C’est ainsi que la BMW n°15 s’était extraite du peloton à Spa-Francorchamps pour l’emporter. Ou comment les deux voitures de l’écurie Toyota sont revenues dans le groupe de tête aux 24 Heures du Mans, après des qualifications décevantes. 

« Si la piste reste sèche, on verra ce week-end de nombreuses stratégies pour bénéficier d’une piste dégagée », prévoit René Rast. Il a l’oeil de l’expert. Il était l’un des trois pilotes victorieux en Belgique grâce à cette astuce. 

Charles Milesi (Alpine) explique : « La différence de rythme est énorme, surtout quand on est en pack ou dans le trafic. Parfois, l’écart peut être entre une seconde et demie et trois secondes par tour ». 

Ferrari l’a bien remarqué aussi : « C’est quelque chose qui prend de plus en plus d’importance en WEC, admet Mauro Barbieri, responsable de la performance et des simulations au sein de l’équipe transalpine. 

« C’est un aspect sur lequel nous nous concentrons généralement lors de nos réunions stratégiques d’avant-course, puis que nous surveillons de près pendant la course elle-même. Cela peut être déterminant ». 

McLaren suit le plan

James Barclay, chef d’orchestre du programme McLaren en Hypercar, a fait part de son optimisme à cinq mois des débuts en compétition de la MCL-HY. 

« Depuis le premier roulage à Varano en mai, nous avons effectué six séances de tests, si l’on exclut certains extras comme des essais aérodynamiques en ligne droite. Cela a été un processus vraiment positif, non seulement en termes de validation, mais aussi pour commencer par rendre la voiture opérationnelle et tester la durée de vie des pièces, ce que nous continuons d’ailleurs à faire. »

« Nous avons évidemment encore du chemin à parcourir jusqu’au début de l’année prochaine, mais une étape importante approche également avec l’homologation ». 

Celle-ci aura lieu d’ici la fin de l’année calendaire. Et il ne faudra pas se rater : la voiture sera en effet gelée dans cette configuration pour plusieurs saisons. 

La première campagne de McLaren l’an prochain sera-t-elle aussi encourageante que celle de Genesis cette année ? 

A lire sur Le Blog Auto

6 Heures de Fuji : Alpine était si près…

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Petit Le Mans 2026 : pour Porsche, une victoire pas comme les autres

7 octobre 2026 à 05:38

Une victoire de plus pour la Porsche 963. Mais le succès de la marque allemande à l’occasion de Petit Le Mans 2026, dernière manche du championnat nord-américain d’endurance IMSA, avait une saveur toute particulière. 

Ce triomphe est le premier d’une 963 sur le tracé de Road Atlanta (Etats-Unis). Si l’attelage Porsche-Penske y avait remporté des titres, Petit Le Mans ne figurait pas encore à son palmarès. La classique en fait désormais partie.  

« Je ne sais vraiment pas comment on a réussi, réagissait Laurens Vanthoor, pilote de la Porsche victorieuse, peu après avoir franchi le damier après dix heures d’épreuve sur le circuit de Road Atlanta. Une saison difficile se conclut donc sur un haut fait. Après cette course à suspense, je suis épuisé, mais très heureux. »

Il y avait de quoi. Traditionnellement ardue en raison d’un trafic digne du périphérique parisien, l’épreuve automnale a aussi été perturbée par la météo. En dix heures, la course a été neutralisée à 16 reprises. L’impact d’éclairs à quelques encablures du tracé a même poussé les organisateurs à interrompre la ronde par un drapeau rouge pendant quelques minutes. 

Petit Le Mans 2026 : Vanthoor remarquable

Le succès de la Porsche n°6 de Kévin Estre, Laurens Vanthoor et Matt Campbell a aussi été long à se dessiner. Lancée sur le mouillé, la course a d’abord été dominée par les véloces Acura, effectuant en Géorgie leur ultime sortie avant la mise en pause du programme. 

En revanche, une série d’impromptus comme l’accrochage entre la BMW n°25 et l’Acura n°93 ou encore une rixe entre la Cadillac n°31 – sacrée championne le week-end dernier – et l’Aston Martin n°23 a redistribué les cartes. Tout comme les neutralisations et relances, qui n’ont cessé de regrouper le peloton.  

Les stratèges de l’équipe « usine » Porsche-Penske ont notamment géré avec brio les difficiles choix stratégiques imposés par ce Petit Le Mans 2026. D’abord en choisissant les bons pneus Michelin Pilot Sport Endurance dans des conditions météo changeantes. Ensuite en parvenant à placer la n°6 en tête de la course en fin d’épreuve. 

Au volant, Laurens Vanthoor a brillé. Le Belge a dépassé la Cadillac n°10 à un peu plus d’une heure de l’arrivée. Et dans les derniers instants, après une ultime période de neutralisation, il a résisté au retour de la BMW n°24. Sur la ligne d’arrivée, la Porsche n°6 comptait à peine plus d’une seconde d’avance sur sa rivale. 

Photo : Porsche

« Ce qu’a fait Laurens Vanthoor en fin de course est simplement impressionnant, s’enthousiasmait Urs Kuratle, patron du programme usine LMDh. Il devait notamment conduire de manière conservatrice pour s’assurer que la quantité de carburant serait suffisante pour rejoindre l’arrivée ». 

Kévin Estre, vainqueur, abondait : « Quelle belle soirée ! Dans la numéro 6, nous avons connu tellement de malchance cette saison. Nous avons enfin décroché une grande victoire. Un très grand merci à Laurens Vanthoor, qui s’est battu comme un lion dans le dernier relais. Pour moi, il est l’homme de la course ». 

Petit Le Mans 2026 : des changements en vue

Star de l’endurance, le Français Kévin Estre n’avait pour sa part jamais triomphé en IMSA. Et comme l’indique son propos, ce succès à Petit Le Mans apparaît aussi comme le dénouement d’une campagne frustrante. Porsche a notamment perdu son titre de champion IMSA au bénéfice de Cadillac et de Jack Aitken. 

Au-delà, l’atmosphère entre les deux équipages Porsche-Penske n’avait pas été au beau fixe, en mars, après une dispute sur les consignes d’équipes à l’arrivée des 12 Heures de Sebring. Puis Porsche a connu un passage à vide sur les manches printanières et estivales. « C’est une bonne manière de conclure une saison qui n’a pas été facile », admettait Urs Kuratle. 

De plus, l’équipe Porsche-Penske va connaître des changements dans les prochains mois. Kévin Estre et Laurens Vanthoor ne seront probablement plus 100 % Porsche en 2027. Leur première association remontait aux 24 Heures du Mans 2015, à bord d’une Ligier JSP2-Honda de la catégorie LMP2. 

Mais c’est surtout sous les couleurs de Porsche qu’ils ont connu ensemble le plus grand nombre de succès. Par exemple, le Français et le Belge avaient remporté la catégorie GTE Pro dans la Sarthe à bord d’une 911 RSR à la livrée « cochon rose » en 2018 (avec Michael Christensen). 

Promus au sein du projet 963 pour les catégories GTP/Hypercar, les deux hommes ont aussi remporté la couronne de champions du monde d’endurance 2024. Ils étaient alors associés à André Lotterer. 

Photo : Porsche

L’an prochain, Laurens Vanthoor ira piloter chez McLaren en championnat du monde (WEC), tout en gardant un pied chez Porsche pour les manches les plus longues de l’IMSA. La suite de l’histoire pour Kévin Estre n’a pas encore été confirmée.  

Leur partenaire de cette année, Matt Campbell ira pour sa part chez Ford. L’Australien avait été champion IMSA en 2025 avec Porsche-Penske. Thomas Laudenbach, le patron du programme, devra réorganiser son équipe l’an prochain.

Porsche remporte la Michelin Endurance Cup

La voiture sœur a connu un destin plus fâcheux. A 1h30 de l’arrivée, la n°7, alors pilotée par Felipe Nasr, s’est accrochée avec une autre voiture. En l’occurrence, la Porsche 911 GT3-R de l’équipe AO Racing. Le Brésilien s’est extrait du cockpit heureusement indemne. 

Une péripétie qui n’empêche pas Felipe Nasr, le Français Julien Andlauer et l’Allemand Laurin Heinrich de s’adjuger la palme en Michelin Endurance Cup, regroupant les cinq épreuves les plus longues de l’IMSA (Daytona, Sebring, Watkins Glen, Road America, Petit Le Mans). Un résultat logique, sachant que la marque allemande a remporté trois de ces épreuves cette année. 

Ce trophée est lié au manufacturier français depuis maintenant plusieurs années. Michelin sera d’ailleurs le fournisseur officiel de l’IMSA jusqu’en 2035. L’industriel a également remporté l’appel d’offres lancé par l’ACO et de la FIA concernant le championnat du monde d’endurance (WEC). Bib’ équipera les Hypercars jusqu’en 2032. 

A lire :

Petit Le Mans : les 3 clés de la course

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Petit Le Mans 2026 : les trois clés de la course

3 octobre 2026 à 08:12

Petit Le Mans 2026 : les enjeux

Petit Le Mans 2026 : dernier rendez-vous et des titres en jeu. Comme toujours, la classique automnale de l’IMSA, disputée ce week-end sur 10 heures en Géorgie, distribuera les couronnes aux pilotes, équipages et constructeurs. 

Dans la catégorie reine GTP, les jeux sont quasiment faits. Sauf grosse surprise – par exemple un forfait – le Britannique Jack Aitken (Cadillac n°31) devrait remporter la distinction la plus importante de sa carrière. 

Son seul adversaire mathématique, l’inattendu Laurin Heinrich (Porsche) compte 151 points de retard après les qualifications. Cadillac est parallèlement tout près de s’attribuer son premier titre constructeur depuis 2023.

Toutefois, Aitken l’a promis : « on arrive ! ». L’Anglo-Coréen ne mènera donc pas une course d’attente avec ses équipiers Frederik Vesti et Earl Bamber à bord de la Cadillac Action Express n°31. Ses débuts parfois brouillons en endurance ne sont qu’un souvenir : il est devenu l’une des vedettes de la discipline. 

Les intrigues de ce Petit Le Mans 2026 sont également nombreuses au sein du plateau de 11 voitures. Acura stoppera son programme avec l’ARX-06 après le damier. Tom Blomqvist (Acura n°60) a réalisé la pole position vendredi. Un dernier triomphe, avec une livrée de circonstance, aurait la saveur d’une consolation. 

Photo : Acura

L’usine Porsche-Penske n’a rien gagné depuis les 12 Heures de Sebring. Et l’équipage de la n°6 composé de Kévin Estre, Laurens Vanthoor et Matt Campbell ambitionne sans doute effacer l’inquiétant spectre d’une année sans victoire. 

Fort de sa victoire récente à Indianapolis, l’alliance germano-belge BMW-WRT veut triompher pour la première fois dans une manche de la Michelin Endurance Cup, regroupant les courses de longue durée. 

Luttes passionnantes en LMP2 et GTD

Dans la catégorie LMP2, la lutte pour le titre demeure très ouverte. Le Français Tom Dillmann (Oreca Inter Europol n°43) pourrait gagner sa deuxième couronne après 2024. Associé à Jeremy Clarke, il compte dix points d’avance sur le tandem George Kurtz/Alex Quinn.

La lutte promet aussi d’être passionnante en GTD Pro. La Corvette n°4 de Tommy Milner et Nicky Catsburg est en tête des tableaux avec 42 points d’avance sur la BMW M4 pilotée par Connor De Phillippi et Neil Verhagen après les qualifications. Une victoire rapporte 350 points.

La Lamborghini Temerario d’Andrea Caldarelli et Sandy Mitchell reste dans la course au titre avec un écart de 60 unités à combler. Les deux pilotes du Taureau seront accompagnés ce week-end par le Français Franck Perera. 

Petit Le Mans 2026 : les pneus

Road Atlanta clôture la saison d’IMSA. Or, c’est au coup d’envoi de la campagne, en janvier, à Daytona, que Michelin avait lancé sa nouvelle gamme pneumatique Pilot Sport Endurance. Ces gommes incorporent notamment 50 % de matériaux renouvelables ou naturels. 

Le manufacturier avait notamment pour ambition de faciliter la mise en température. Cet exercice difficile – les couvertures chauffantes étant proscrites – rendait le pilotage pointu dans les premiers tours. La nouvelle gamme améliore la situation. 

« La montée en température est fantastique, se satisfait Matthieu Bonardel, directeur de Michelin Motorsport. Nous n’avons plus de remarques de la part des pilotes, ce n’est même plus un sujet. Ils peuvent attaquer dès le début de leur relais. Nous voulions progresser, mais je pense que nous sommes allés au-delà de ce que nous envisagions ».

Ce week-end, la dotation pneumatique s’élève à neuf trains de Pilot Sport Endurance de mélange medium. « C’est un circuit très thermique, explique l’ingénieur. Il n’est pas très usant, mais le revêtement est très lisse en termes de macrotexture et très rugueux, un peu comme du papier de verre. Cela génère beaucoup de grip, mais aussi beaucoup de température parce que, quand on n’use pas, la chaleur perdure. »

La plupart des concurrents tenteront ainsi de doubler leurs relais pendant la journée afin de conserver un maximum de pneus frais pour la fin de l’épreuve, disputée de nuit. 

Petit Le Mans : le terrain

Road Atlanta est un circuit court (4,088 km). Et 54 équipages s’élanceront ce samedi soir. Ce qui revient à une moyenne d’une voiture tous les 76 mètres de piste. 

Une densité unique en endurance : le rapport est par exemple d’une voiture tous les 220 mètres au Mans. On comprend alors que le nombre d’altercations ou de rixes entre les concurrents soit plus élevé sur le tracé géorgien qu’ailleurs. 

Ajoutons le fait que la piste est sinueuse, avec surtout une série de « esses » rendant plus périlleux les dépassements entre les voitures des quatre catégories. Si l’on rajoute encore la nervosité liée aux enjeux sportifs, on obtient un cocktail détonnant. 

La direction de course ordonna 6 neutralisations l’an passé. 5 en 2024. Et 13 en 2023. L’irruption de la voiture de sécurité (ou full course yellow) regroupe le peloton et peut donc redistribuer les cartes. 

Petit Le Mans est donc habituellement une course hachée, où les concurrents tentent de rester dans le même tour que les leaders. Puis donnent tout dans les dernières heures… 

La cadence de ces neutralisations peut d’ailleurs avoir un impact sur le sprint final. Ce fut le cas en 2025. Si les quatre dernières heures se déroulèrent sous régime de drapeau vert, toutes les voitures eurent besoin d’un ultime ravitaillement dans les dernières minutes. 

Ceci ouvrit le jeu stratégique, permettant à des outsiders de se glisser dans la lutte pour le podium. La Lamborghini n°63 de Romain Grosjean ou l’Aston Martin n°23 de Roman De Angelis animèrent ainsi les derniers tours de nuit. 

Il y aura du suspense jusqu’au bout.

Petit Le Mans 2026

  • Départ samedi à 18h10 (heure française)
  • Diffusion TV : IMSA-TV et Automoto La Chaîne

A lire :

Le grand bloc notes des 12 Heures de Sebring

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WEC 6H de Fuji : Alpine avait course gagnée avant de tout perdre

27 septembre 2026 à 09:01

Les 6 Heures de Fuji ont été une course à rebondissements. Après la dernière voiture de sécurité, Toyota et BMW ont montré leur talent en stratégie. La Toyota #8 s’impose et prive Alpine pourtant plus rapide ce weekend.

La pluie a considérablement perturbé le weekend

Ces 6 Heures de Fuji ont été très particulières. En effet la pluie tombe abondamment le samedi et les conditions de piste ne sont pas sures. En conséquence, les qualifications sont annulées. Et pour établir la grille, on prend les meilleurs temps réalisés lors des trois séances d’essais libres.

A ce petit jeu, c’est Alpine avec la #36 et Victor Martins qui partira en pole. Elle devait devancer l’Aston Martin #007 mais elle a pris deux places de pénalité pour un accrochage. C’est donc la deuxième Alpine #35 qui l’accompagne en première ligne. Du tout bon pour Alpine pour l’une des dernières courses (on y reviendra). La Genesis GMR-001 sera 3e.

Derrière, on sent que le weekend sera long pour Toyota et BMW qui se battent pour le titre constructeur et pilotes. Les Toyota sont 8 et 13e ! Chez BMW on est 14 et 17e ! Les Peugeot sont 9 et 15e.

Bref, tout semblait au beau fixe pour Alpine. Mais en endurance, il faut savoir s’adapter aux faits de course. Et ces faits de course ont été nombreux. Pendant les 3 premières heures, les Alpine ont déroulé leur programme respectif (différent). L’Aston Martin est 3e et la Toyota #8 est remontée à la 4e place. Chez Toyota on a la science de la course.

Dans les péripéties, la Toyota #7 avec De Vries revenait sur l’Alpine #35 en début de course. Les deux voitures frottent et la Toyota part en tête-à-queue. Chez Peugeot c’est la soupe à la grimace avec des soucis de boîte apparus très tôt sur la #93 qui abandonne. Evidemment, le circuit de Fuji est « petit » est donc les contacts entre hypercars et LMGT3 sont nombreux. BMW y perdra un pneu pour la #20 lors d’un contact avec la Ferrari #51. La Peugeot #94 a frotté avec une Aston Martin GT3 (qui a fini hors piste).

Les LMGT3 ont connu un accrochage « massif » en début de course. Bref, c’était animé.

Alpine privée d’un doublé qui lui tendait les bras

Mais le rebondissement ultime arrive dans la dernière heure. Alors que les deux Alpine sont en tête devant l’Aston Martin 009, l’Aston Martin #27 de Drudi touche la McLaren #58 en bout de ligne droite. La McLaren part dans le rail. Le pilote va bien, mais le rail est touché. C’est une voiture de sécurité qui sort à 56 minutes environ de la fin de course.

En endurance, la pit lane est fermée. Il faut donc attendre que tout le monde soit regroupé pour qu’elle ouvre. Autant dire que la moindre seconde dans les stands se paie en piste. Et c’est justement là que Toyota et BMW ont usé de leur science de la course.

En effet, Toyota et BMW n’ont pas remis le plein d’énergie, pariant sur un safety car long, le temps de réparer le rail. Chez Alpine, on a mis plus d’énergie, et surtout sur la 36 on a mis deux pneus tendres neufs. Ce décalage de tactique fait reculer les Alpine une fois revenues en piste.

La pluie semblait se renforcer, histoire de jeter un peu plus d’incertitude. Certains tentent le pari des intermédiaires. Mais la pluie ne tombera pas plus que cela finalement. Et comme prévu par Toyota et BMW, la réparation du rail dure. 36 minutes de voiture de sécurité, il ne reste que 19 minutes de course.

Devant, Martins double rapidement Milesi avec les pneus neufs d’un côté. Il faut aller rapidement attaquer la BMW. Il mettra plusieurs tours car Vanthoor se défend avec toute son expérience. Martins a 2 secondes de retard sur Toyota…il rattrape très vite Hirakawa qui a gardé un peu d’énergie pour pouvoir se défendre. 3 petits tours pour tenter de passer…cela ne le fera pas.

Les Ferrari ont été « absentes » de ce weekend. Jamais en rythme elles ont dû batailler en piste avec les problèmes que cela apporte.

Classement Hypercar des 6 Heures de Fuji 2026 WEC

Au final, Toyota remporte une victoire totalement inespérée. Mais l’écurie Toyota est sans doute l’une des meilleure en exécution de course, et surtout ils savent s’adapter aux faits de course instantanément. En décidant de changer les pneus, et de mettre plus d’énergie, Alpine a sans doute perdu un doublé qui s’offrait à eux. Mais c’est facile à dire depuis son canapé.

Pour revenir sur la remarque du début de l’article, Alpine a décidé d’arrêter le WEC. C’est acté. Mais, Alpine chercherait à continuer d’engager les voitures, sous un autre nom. Et ce nom pourrait être son partenaire chinois Geely ! Les A424 seraient alors rebadgées et l’écurie resterait avec Sinault. Mais, pour le moment aucune confirmation.

A noter qu’Alpine a décidé d’écarter Fred Makowiecki et Antonio Felix da Costa pourtant les plus expérimentés et qui auraient pu parler d’une tactique différentes. Mais, cela pourrait montrer ce que donnerait Alpine avec les deux fois deux pilotes, pour convaincre Geely. Mouais.

Pos.N°TeamLaps
1#8TOYOTA RACING203
2#36ALPINE ENDURANCE TEAM203
3#15BMW M TEAM WRT203
4#35ALPINE ENDURANCE TEAM203
5#38CADILLAC HERTZ TEAM JOTA203
6#94PEUGEOT TOTALENERGIES203
7#12CADILLAC HERTZ TEAM JOTA203
8#7TOYOTA RACING203
9#009ASTON MARTIN THOR TEAM203
10#51FERRARI AF CORSE203
11#19GENESIS MAGMA RACING203
12#83AF CORSE202
13#20BMW M TEAM WRT202
14#007ASTON MARTIN THOR TEAM202
15#17GENESIS MAGMA RACING202
16#50FERRARI AF CORSE145
17#93PEUGEOT TOTALENERGIES67

En LMGT3, les Corvette en tête lors du dernier drapeau vert n’ont pu résister à la BMW #32 et l’Aston Martin #27. 3e place pour la #34 tout de même.

Pos.N°TeamLaps
1#32TEAM WRT187
2#27HEART OF RACING TEAM187
3#34RACING TEAM TURKEY BY TF187
4#54VISTA AF CORSE187
5#33TF SPORT187
6#69TEAM WRT187
7#91MANTHEY DK ENGINEERING187
8#10GARAGE 59187
9#77PROTON COMPETITION187
10#78AKKODIS ASP TEAM187
11#87AKKODIS ASP TEAM185
12#92THE BEND MANTHEY181
13#79IRON LYNX178
14#21VISTA AF CORSE184
15#58GARAGE 59160
16#23HEART OF RACING TEAM37
17#88PROTON COMPETITION1
18#61IRON LYNX1

Les classements WEC 2026

Au championnat du monde WEC, Toyota étend sa domination sur BMW avec 23 points d’avance. Il reste deux courses et les japonais peuvent remporter un titre alors que la voiture n’est pas la plus rapide en piste (merci les Bop et autres). Sauf que la science de la course et savoir chopper les points là où ils sont font la différence.

Ferrari a pris un gros coup de bambou à Fuji et ne marque qu’un petit point ! Résultat Alpine revient à 19 points, à égalité avec Cadillac. Et dire que le programme pourrait être jeté aux orties.

Au championnat pilotes, les pilotes de la Toyota #8 dépassent leurs concurrents et coéquipiers de la #7. Ils prennent les commandes du championnat avec 10 points d’avance. Les ex-numéro 1 de la BMW #20 marque 0 point et reculent en 3e position.

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WEC : la FIA envisage-t-elle de se passer de l’ACO et des 24 Heures du Mans pour 2027 ?

18 septembre 2026 à 07:46

La FIA et l’ACO restent sans accord pour la WEC 2027. Un autre promoteur pourrait être choisi pour organiser le championnat à l’avenir.
Cela jette une zone d’ombre sur l’intégration des 24 Heures du Mans au calendrier FIA WEC 2027. Mais qui voudra d’un championnat sans ce monument du sport automobile d’endurance ?

Les contrats entre la FIA et l’ACO auraient expiré en juin

C’est le média allemand Auto Motor und Sport qui sort l’information. Le désaccord entre la FIA et l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) porte notamment sur les nouveaux contrats encadrant leur collaboration. Ceux-ci ont en effet expiré en juin 2026 et le renouvellement achope.

Le premier contrat confie à Le Mans Endurance Mangement (LMEM), une filiale de l’ACO, l’organisation du championnat du monde d’endurance. Le second prévoit que les 24 Heures de Le Mans figurent au calendrier de la WEC.

Ces accords définissent également plusieurs éléments de leur coopération, dont les contributions financières versées à la FIA pour les titres mondiaux, les droits de participation aux décisions, ainsi que les responsabilités de chaque partie.

La FIA réclamerait davantage de moyens et de pouvoir

Réélu – sans concurrence – en décembre 2025, le président de la FIA Mohammed ben Sulayem avait engagé une renégociation des contrats liés aux différents championnats du monde automobiles.

Selon des sources internes citées dans le communiqué, la FIA souhaite notamment obtenir davantage de moyens financiers, de pouvoir et de participation aux décisions techniques. Elle demande également une visibilité accrue sur les circuits.

Des accords récents ont déjà été conclus avec les promoteurs de la Formule 1 et de la Formule E, ainsi que dans le cadre de la commercialisation du championnat du monde des rallyes. La WEC reste, selon le communiqué, le dernier dossier non réglé. Il faut dire que la FIA semble gourmande sur le montant et surtout désireuse d’évincer l’Automobile Club de l’Ouest qui a la main mise sur le règlement et les 24 Heures du Mans.

Un changement de promoteur à l’étude ?

Les négociations avec l’ACO n’ayant pas abouti, la FIA étudierait désormais la possibilité de confier l’organisation de la WEC à un autre promoteur.

Une procédure d’appel d’offres publique pourrait même être lancée pour désigner cet éventuel nouveau promoteur. Une façon de mettre la pression sur l’ACO et Pierre Fillon ? Ouh là ! La pression n’est peut-être pas dans ce camp.

Quel avenir pour les 24 Heures de Le Mans ?

Si la FIA et l’ACO se séparaient, les 24 Heures de Le Mans pourraient ne plus faire partie du championnat du monde d’endurance.

Auto Motor und Sport évoque également des conséquences possibles sur les décisions concernant le règlement technique de la catégorie Hypercar à partir de 2030. Ces choix sont actuellement liés à l’ACO et à son partenaire américain IMSA.

La coopération entre l’ACO, la FIA et l’IMSA pourrait elle aussi être affectée par une rupture entre les deux premières organisations. En gros, scission pure et simple, ou accord boiteux.

Qui voudra d’un championnat sans les 24 Heures du Mans ?

Pour le moment, ce sont des rumeurs, mais le média est souvent assez bien informé. Si le clash devait aller au bout, ce ne serait pas une première. En 1990, l’ACO entre en bras de fer avec Jean-Marie Balestre alors « triple-président » (FIA, FISA et FFSA). Balestre veut (déjà) que l’ACO paie beaucoup plus pour que les 24 Heures du Mans soient au calendrier du Championnat du Monde des Voitures de Sport (WSC).

Pour contraindre l’ACO, la FIA refuse d’homologuer tout circuit ayant une ligne droite de plus de 2 km. Les Hunaudières, symbole du grand circuit du Mans doivent être coupées. Ce sera la création des chicanes et la fin des 400 km/h de pointe. L’édition 1990 est hors championnat.

Mais, le temps a changé. Désormais, le WEC dépend totalement des 24 Heures du Mans. Aucun constructeur ne s’engagerait à plusieurs dizaines de millions d’euros de budget si c’est pour que les 24 Heures ne soient pas au calendrier.

Et si le règlement interdit les voitures du WEC de s’aligner, ou alors avec une pénalité « subtile », il n’y aura aucun intérêt à y aller. Sauf que les 24 Heures existeront toujours, avec ou sans le WEC ! « MBS » veut jouer, mais il n’est pas certain qu’il ait toutes les cartes en main cette fois-ci.

Un peu de dystopie : ACO contre WEC

Imaginons que la FIA (enfin son Président) s’entête et qu’il y a scission avec l’ACO. Rien n’empêcherait les 24 Heures du Mans de se tenir, hors FIA (la rancune…). Et rien n’empêcherait l’ACO d’organiser un mini-championnat en prenant quelques circuits mythiques prêts à affronter l’ire de MBS. Le Mans, Le Castellet, Spa-Francorchamps, Monza et pourquoi pas une virée Outra-Atlantique avec l’IMSA ?

Ironiquement, après le bras de fer FISA-ACO, le WSC a sombré. Devenus trop puissants, les moteurs pouvaient aller briller en Formule 1, plus attractive. Un désengagement qui a sonné le glas du WSC. Le titre de « World Sportscar » est alors récupéré par…l’IMSA (International Motor Sports Association). Bis repetita avec la querelle WEC ACO ?

A trop vouloir être omni-président, le Président de la FIA pourrait bien se brûler les ailes.

Mise à jour : La FIA n’a pas tardé à réagir et confirme qu’un accord est déjà là pour 2027, ce que l’ACO avait annoncé à Ouest-France. Cependant, rien n’est dit sur l’après 2027.

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WEC Lone Star Le Mans 2026 : Hold-up de Ferrari au Texas, premier podium pour Alpine !

7 septembre 2026 à 20:02

Le circuit des Amériques (COTA) a offert un final absolument dantesque pour la cinquième manche du championnat FIA WEC. Alors que Toyota semblait foncer vers une victoire incontestée, un coup de théâtre mécanique dans les ultimes minutes a offert la victoire à la Ferrari n°50. Derrière ce duel de géants, Alpine signe son tout premier podium de la saison.

Le coup de tonnerre Toyota, l’offrande pour Ferrari

La course semblait pourtant pliée. Le départ fut un peu chaotique avec une pluie soudaine sur la partie « du fond » du circuit. Mais elle était séchante et cela a contraint les écuries à débuter en pneus slicks sur une piste piégeuse. On pensait que cela allait être le chaos, mais les pilotes se sont bien tenus, enfin sur les premiers tours. La nature est revenue au galop et les manoeuvres « délicates » ont commencé.

La hiérarchie s’est progressivement stabilisée et les écuries ont commencé à dérouler leurs tactiques et leurs programmes. Partie depuis la pole position, la Ferrari 499P n°51 a dominé les deux premières heures avant de reculer drastiquement dans le trafic.

C’est alors la Toyota GR010 Hybrid n°7, emmenée par Nyck de Vries, Kamui Kobayashi et Mike Conway, qui a dicté son rythme. Maîtrisant parfaitement les débats et résistant à une relance tardive derrière la Safety Car, le prototype nippon s’envolait vers un succès mérité.

Comme une répétition des 24 Heures du Mans 2016

Mais à seulement 12 minutes du drapeau à damier, le destin a basculé : une panne hydraulique soudaine a privé Nyck de Vries de direction, le contraignant à immobiliser sa monture dans le garage. Cette fois, ce n’est pas le turbo, mais on ne peut s’empêcher de songer qu’en juin, il y a 10 ans, Toyota remportait les 23h56 du Mans mais perdait l’édition des 24 Heures du Mans.

À l’affût, la Ferrari n°50 d’Antonio Fuoco, Miguel Molina et Nicklas Nielsen n’en demandait pas tant. En embuscade après avoir chipé la deuxième place quelques boucles plus tôt, Nielsen a hérité des commandes pour filer vers le premier succès de la saison de la firme de Maranello, relançant totalement la course au titre mondial.

Alpine au bout du suspense, Cadillac en dauphin

Sous le drapeau à damier, la Ferrari devance de quatre secondes la très régulière Cadillac V-Series.R n°38 de l’équipe Jota / Hertz Team JOTA, qui s’empare d’une superbe deuxième place. Pas sûr que Aitken, Bamber et surtout Bourdais n’auraient pas préféré la victoire à cette belle 2e place.

Le grand motif de satisfaction côté français vient d’Alpine. Auteure d’une superbe prestation d’ensemble, l’Alpine A424 n°35, notamment pilotée par un Charles Milesi très incisif en fin de course, s’offre la troisième marche du podium. Malgré une pénalité que d’aucuns jugent sévère de cinq secondes infligée dans le sprint final, la marque au A fléché débloque son compteur de podiums cette année, complétant le tir groupé tricolore par la 5e place de la voiture sœur n°36.

A noter la belle 4e place pour l’Aston Martin Valkyrie #007. La Toyota #8 ne fait pas mieux que 6e, devant des BMW moins en verve désormais. La première Peugeot est 10e, la deuxième 16e et dernière hypercar en course.

La fête pour Ian James et The Heart of Racing

En LMGT3, la fête est totale pour l’écurie américaine The Heart of Racing (THOR) qui impose son Aston Martin Vantage n°27 à domicile. Surtout que la deuxième voiture est 3e de la course derrière la Porsche #91 du Manthey DK Engineering. La 27 est la voiture du patron Ian James qui engage les deux Vantage AMR LMGT3 mais également les deux Valkyries (d’où le THOR Team).

Au classement constructeur, Toyota avait l’occasion de creuser l’écart sur BMW. Finalement le constructeur nippon ne prend que 4 points aux Allemands. Ferrari recolle au duo, mais compte encore 26 points de retard.

Au championnat pilotes, on a un regroupé avec ce rebondissement. Les trois premiers équipages signent un zéro pointé ! De même que l’équipage de la 51.

Prochain rendez-vous le 27 septembre pour les 6 Heures de Fuji, où Toyota aura à cœur de prendre sa revanche à la maison. Ensuite, il restera les 6 heures de Barcelone en octobre et les 6 heures de Monza début novembre. L’Europe à la rescousse vu que le Moyen-Orient est dangereux en ce moment.

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