À moins de deux semaines du troisième Grand Prix de Formule 1, qui se déroulera au Japon sur le circuit de Suzuka, Canal+ a dévoilé une bande-annonce pour préparer le rendez-vous. Elle s'inspire des jeux vidéo Mario Kart, en phase avec les commentaires de certains pilotes.
DÉCRYPTAGE - Pierre Gasly réalise un excellent début de saison chez Alpine, Isack Hadjar est déjà au rendez-vous avec Red Bull, alors qu’Esteban Ocon est en difficulté face à Oliver Bearman (Haas).
Le sport automobile plus que jamais exposé aux affres de la géopolitique
L’éclatement du conflit dans le Golfe persique, initié par les frappes israélo-américaines sur l’Iran puis la riposte tous azimuts de la république islamique, qui a notamment visé des bases américaines à Bahreïn , laissait peu de doute sur la décision finale : les grands prix de Bahreïn (11-12 avril) et d’Arabie Saoudite à Djeddah (18-19 avril) sont annulés. Le test pneumatique prévu par Pirelli à Sakhir, avec Mercedes et McLaren, le 28 février, avait déjà été victime de l’offensive américano-israélienne.
Le WEC aussi en a fait les frais, puisque le Prologue au Qatar ainsi que de la première épreuve de la saison , les 1812 KM du Qatar, autre pays touché par les frappes iraniennes, ont été annulés. Le Prologue a trouvé place au calendrier du côté d’Imola, en préambule de la manche du WEC en Emilie-Romagne. Pour la F1, les alternatives étaient plus compliquées.
Le soft power mis à mal
C’est évidemment un coup dur pour ces deux états du Golfe, dont on sait à quel point ils ont investi dans les grands évènements sportifs pour affirmer leur “soft power”. La géopolitique a eu raison de cette ambition. Pour la F1 aussi, leur poids est énorme, ne serait-ce qu’en évoquant le géant pétrolier Aramco, un des partenaires majeurs de la F1.
Stefano Domenicali, le patron de la Formule 1, voulait attendre, espérant une amélioration rapide dans la région. Les récents développement du conflit, avec le quasi-blocage du détroit d’Ormuz et des cibles touchées à Dubaï, au Bahreïn et au Qatar, ne vont pas dans ce sens. Avec le fret partant pour Bahreïn le 20 mars, la F1 a choisi de ne pas prendre de risque, annulant Bahreïn et Djeddah sans les remplacer.
Cette dernière, certes, est située sur les bords de la Mer Rouge, plus loin à priori de la zone des frappes, mais souvenez-vous : en 2022, les essais libres à Djeddah avaient été perturbés par une frappe des rebelles Houthis à proximité du circuit, en plein conflit au Yemen. Cela montrait déjà à quel point les évènements sportifs au Moyen-orient pouvaient être rapidement mis en difficulté par les tensions géopolitiques régionales.
L’Europe ? pas assez cher, mon fils
Pour trouver des circuits de remplacement, c’est en Europe, berceau historique de la F1, que l’on dispose de circuits aux normes et homologués pour la F1. Les circuits habilités sont légion : Imola et Portimao ont été évoqués, comme cela avait été le cas en 2020 au moment de la crise du Covid. Sauf que les circuits européens auraient demandé une réduction du prix du plateau, les contrats en Europe étant bien inférieurs à ceux des destinations du Golfe Persique.
Les amateurs apprécieront, l’aspect financier a donc joué aussi dans la décision de ne pas combler les vides, sans oublier les contraintes logistiques : les écuries auraient eu du mal à être prêtes pour ce genre de logistique vu que la première course en Europe est désormais programmée en juin (Monaco). Au lendemain de Suzuka (29 mars), la F1 entrera donc dans une mini-trêve de 33 jours avant Miami, prévu le 3 mai. Le calendrier 2026 ne comptera plus que 22 dates.
Des sous en moins, du temps pour cogiter en plus !
Pour les écuries et la F1, le manque à gagner sera évident, puisque Bahreïn et l’Arabie Saoudite apportent environ 100 millions de revenus. Quelques millions de dollars s’envolent donc pour les équipes qui se partagent une partie des recettes générées par la F1. D’un autre côté, cette pause sera mise à profit sans doute pour analyser les données récoltées sur les trois premiers grands prix et accélérer le développement des monoplaces. Vu toutes les nouveautés induites par la nouvelle règlementation, ce temps de réflexion sera mis à profit pour les ingénieurs.
D’un point de vue règlementaire, si cela n’a aucun impact sur l’échéance du 1er juin qui instaure le nouveau contrôle des moteurs, la perte de deux courses a une incidence sur le système Additional Development and Upgrade Opportunities (ADUO) pour les unités de puissance, qui permet aux motoristes en difficulté d’introduire des améliorations après les courses 6, 12, 18 et 24. Avec deux courses en moins, l’échéance de la sixième course, qui ouvre enfin une première fenêtre d’amélioration, se retrouve décalée de Miami à Monaco. C’est une mauvaise nouvelle pour les motoristes ayant beaucoup de retard à combler, à moins que des négociations permettent d’amender cette échéance.
Le premier succès de Kimi Antonelli, la nouvelle bataille entre les Ferrari, les points de Gasly et les champions en difficulté... Retrouvez ce qui a retenu l’attention de la rédaction à l’occasion du Grand Prix de Chine.
Moment historique à Shanghai avec la victoire d’Andrea Kimi Antonelli, qui signe sa première victoire, la première d’un italien depuis 20 ans (Giancarlo Fisichella à Sepang en 2006). Lewis Hamilton signe enfin son premier podium en GP avec Ferrari !
Premier coup de théâtre : les McLaren ne partent pas, avant même le tour de formation ! Lando Norris et Oscar Piastri ont connu des avaries techniques ! Terrible désillusion pour l’écurie championne du monde en titre. Gabriel Bortoleto (Audi) est également sur la touche avant même le départ.
10 premiers tours : Ferrari défie Mercedes sur quelques tours, Verstappen distancé
Comme prévu, Ferrari prend encore le meilleur envol et Lewis Hamilton vire en tête, Charles Leclerc est 3e en passant George Russell ! Derrière, Max Verstappen est encore resté scotché sur la grille et plonge au 12e rang. Plus loin, Isack Hadjar part à la faute juste après avoir dépassé Bearman et part en tête à queue. Catastrophe pour le Français qui repart bon dernier. La bataille fait rage aussi entre Gasly, les Racing Bulls et Bearman.
Au 2e tour, Antonelli repasse Hamilton et Russell fait de même au tour suivant sur Leclerc. Les Alpine de Gasly et Colapinto sont 5e et 6e !
Au 4e tour, George Russell active son mode Overtake sur la ligne droite de départ et dépose littéralement Hamilton. L’effet Mario Kart ! Plus loin, Verstappen essaie de déborder Lindblad dans le virage escargot mais il sort large. La Red Bull semble bien compliquée…
A partir du 6èmze tour, les Mercedes commencent à distancer les Ferrari. Verstappen, parti en softs, se plaint déjà de pneus détruits au 7e tour et rentre aux stands au 10e tour, juste après que Bearman (Haas) l’ait doublé ! C’est alors que Lance Stroll s’immobilise au bout de la ligne droite des stands, son Aston Martin en panne : Safety-Car !
Tour 11- tour 31 : Antonelli s’échappe, les Ferrari bataillent entre elles et avec Russell.
Tout le monde est passé aux stands, sauf Colapinto et Ocon (parti en durs) qui pointent P2 et P3 derrière Antonelli. Hamilton est juste derrière Russell, tandis que Leclerc, qui a patienté quelques instants derrière Hamilton aux stands, est ressorti derrière la Racing Bulls de Lindblad.
La course reprend au tour 14. Lewis Hamilton est à l’offensive, et passe consécutivement Russell, Ocon puis Colapinto en deux tours. Leclerc aussi attaque et double George Russell, puis Ocon et Colapinto dans l’escargot. Au 16e tour, Antonelli est poursuivi par Hamilton, Russell double Colapinto et chasse Leclerc. Gasly devance Verstappen qui est P10.
Grosse bataille entre les Haas, les Racing Bulls et Gasly, qui est doublé un peu au forceps par Verstappen dans l’escargot à l’entame du 20e tour.
Au 21e tour, Russell commence à attaquer Leclerc dans la ligne droite, mais le monégasque se défend bien. Les deux rattrapent Hamilton, qui se fait distancer par Antonelli. Au 24e tour, Leclerc plonge au freinage de la longue ligne droite pour passer Hamilton mais ce dernier réplique aussitôt ! Sur les deux tours suivants, les Ferrari se battent roues contre roues, à toi à moi, avec Russell en embuscade.
Sans doute quelques sueurs froides sur le muret des stands et pour les tifosis, mais les deux pilotes font ça bien.Les Ferrari glissent et permettent à Antonelli de s’échapper avec plus de 7″ d’avance. Finalement, Russell double Hamilton au 26e tour puis Leclerc au 29e tour, signant au passage le meilleur tour. Les Ferrari usent davantage leurs gommes que les Mercedes.
Au 30e tour, Antonelli dispose de plus de 8″ d’avance sur Russell, qui a déjà distancé de quelques secondes les Ferrari. Derrière, Bearman évolue à 16 secondes des rouges, suivi par Verstappen et Gasly.
Tour 32 – tour 41 : Ferrari fait le show
George Russell signe un nouveau meilleur tour et creuse l’écart sur les Ferrari, qui ne suivent pas le rythme. Colapinto rentre enfin aux stands au 33e tour, mais en ressortant des stands, il est accroché par Ocon qui a été trop optimiste en plongeant à l’intérieur à l’arrachée. Le Français plonge au classement !
Pendant qu’Alonso abandonne, au 35e tour, Hamilton veut plus de puissance mais l’écurie le lui refuse…et il surprend Leclerc au gros freinage de la ligne droite car le monégasque s’est raté ! L’anglais veut son podium ! Sur plusieurs tours, les deux pilotes Ferrari se tirent encore la bourre et se suivent de très près, répliquant à coup de gestion rusée de batterie. Hamilton se défend bien. Au 41e tour, Leclerc se réjouit à la radio d’une belle bataille, ce à quoi son ingénieur répond qu’il en est fier. Et l’on voit Leclerc relâcher prise, c’est le signal que le duel prend fin, Ferrari calme le jeu !
Fin de la course
Pendant ce temps, Russell essaie de remonter et repasse sous les 7″ d’écart avec Antonelli. Les écarts se creusent avec Ferrari, qui navigue, au 45e tour, à plus de 20″ des Mercedes. Plus loin, Gasly talonne Verstappen à moins de 2″…puis le néerlandais est au ralenti ! Le moteur semble ratatouiller, il n’y a plus de puissance. La Red Bull fait quasiment un tour au ralenti, et Verstappen abandonne ! De son côté, Isack Hadjar est revenu dans le top 10 mais bute sur Liam Lawson.
Au 47e tour, Antonelli reprend le meilleur tour et maintient Russell à distance. La course s’est calmée, mais quelques batailles sont envisageables entre Gasly et Bearman et entre Colapinto et Sainz.
Sortie d’Antonelli ! Ouf, plus de peur que de mal. Au 54e tour, l’italien a bloqué ses roues au freinage de la longue ligne droite et a dû virer hors piste, mais il ne perd que 2″ dans l’affaire. Son ingénieur le rassure et lui dit de ramener la voiture à la maison.
La délivrance arrive enfin au 56e tour. Andrea Kimi Antonelli remporte de main de maître cette première victoire, devant George Russell. Mercedes écrase ce début de saison. Lewis Hamilton termine 3e et obtient enfin son premier podium en grand prix avec la Scuderia. On a retrouvé un Lewis incisif, attaquant et il a gagné son duel avec Leclerc, qui termine 4e. Plus loin, Oliver Bearman signe une nouvelle prestation très solide P5 pour Haas. Contraste terrible avec Esteban Ocon, qui termine hors des points après sa boulette contre Colapinto. le Français, déjà sur la sellette si l’on en croit les déclarations du team manager en début de saison, va devoir rapidement inverser la vapeur.
Pierre Gasly obtient une belle 6e place, devant Liam Lawson, Isack Hadjar qui sauve les meubles pour Red Bull. Carlos Sainz, P9, soulage un peu Williams, tandis que Franco Colapinto décroche le dernier point en jeu. L’argentin a vraiment bien défendu après la safety-car et réalise une course solide.
A star is born ?
A 19 ans et 6 mois, Andrea Kimi Antonelli devient le 2e plus jeune vainqueur de l’histoire, derrière Max Verstappen (18 ans quand il gagna en Espagne 2016). Est-ce un déclic ? Encore un peu brouillon en ce début de saison (crash aux essais en Australie, accrochage au Sprint d’hier), l’italien est évidemment encore jeune et inexpérimenté, et trop tendre selon Toto Wolff peut-être pour défier George Russell dans la course au titre. Mais qui sait ? C’est peut-être un tournant pour le jeune transalpin, qui avait du mal à contenir ses émotions après la course. C’était aussi marrant de le voir aux côtés de Lewis Hamilton : il n’avait qu’un an quand le britannique a débuté, en 2007, avec McLaren !
Mercedes est sur une autre planète, c’est certain. Ferrari est pour l’instant la seule écurie capable de les titiller, mais les rouges ont un déficit de puissance et surtout l’usure des pneus sur les long relais n’est pas à leur avantage. A suivre…
Vainqueur autoritaire à Shanghai devant son coéquipier George Russell et Lewis Hamilton, le jeune Italien a signé sa première victoire dans la discipline.
ANALYSE - Série Netflix, film aux Oscars, explosion des revenus… La F1 est devenue un phénomène mondial. Mais certains s’inquiètent de voir son âme sacrifiée sur l’autel du spectacle.
Une Mercedes peut en cacher une autre ! La Q3 des qualifications du grand prix de Chine a été tendue pour George Russell, qui a réussi à bien se qualifier mais in extremis. Mais c’est bien son jeune équipier, Andrea Kimi Antonelli, qui a remporté la manche, battant ainsi le record de précocité dans l’exercice de la pole position : la précédente référence remontait à Sebastian Vettel, à…Monza en 2008 ! L’Allemand n’avait que 21 ans, mais Antonelli a fixé désormais le record à 19 ans !
La Q1 a confirmé que les écarts se resserrent : Charles Leclerc y a signé la meilleure référence, en 1’33’175, devant les Mercedes de Russell (1.33.262) et Antonelli (1.33.305). Les éliminés sont Sainz, Albon, Alonso, Bottas, Stroll et Perez. Aston Martin et Cadillac sont clairement en retrait sur le reste du peloton, n’étant pas capables de descendre sous les 1.35 !
Bortoleto dans les graviers
La Q2 a montré qu’Antonelli était au niveau de Russell, signant le meilleur temps en 1.32.443 devant la Ferrari de Leclerc (1.32.486) et Ruseell (1.32.523). Pierre Gasly signe encore une belle prestation avec la 7e place, tandis que Isack Hadjar arrache de justesse la dernière place pour aller en Q3. Hulkenberg et Colapinto n’échouent qu’à 2 et 5 millièmes du français. Le pilote Red Bull a bien été aidé par la sortie de piste de Bortoleto (Audi), qui a déclenché des drapeaux jaunes et coupé dans leur élan plusieurs pilotes.
Hulkenberg, Colapinto, Ocon, Lawson, Lindblad et Bortoleto étaient donc les éliminés.
Panique chez Mercedes
En Q3, le coup de théâtre est survenu dès le début quand on apercevait George Russell arrêté en plein milieu de la piste ! L’anglais se plaignait à la radio d’un manque de batterie et d’un énorme freinage moteur. Après de longues secondes d’immobilisation, Russell regagnait les stands sans avoir pu réaliser un chrono.
Pendant ce temps, Antonelli confirmait sa vélocité en signant 1.32.322, trois dixièmes devant Leclerc et Hamilton plus loin à sept dixièmes. Les McLaren de Piastri et Norris réussissaient à s’intercaler entre Antonelli et les Ferrari, en approchant à un peu plus de 2 dixièmes de la Mercedes. Les Red Bull de Verstappen et Hadjar ne sont pas dans la lutte, parvenant seulement à tourner à environ 1 seconde de de la pole.
Antonelli dans l’histoire
Sur le second run, Antonelli améliore en 1’32″064 ! Norris progresse aussi mais ne peut pas aller chercher la deuxième place après avoir raté son dernier secteur. Leclerc prend le deuxième temps, rapidement devancé par Hamilton en 1.32.415. Verstappen ne fait pas mieux que septième, derrière Gasly !
Russell réussit à accomplir un tour chrono, et échoue à deux dixièmes de son équipier. Antonelli est le premier Italien à signer une pole depuis Giancarlo Fisichella au GP de Belgique 2009. Mercedes reste le plus fort, mais l’alerte sur la W17 de Russell montre que personne n’est à l’abri des pépins techniques.
Hamilton est troisième devant Leclerc pour une deuxième ligne entièrement Ferrari, tandis que Piastri et Norris occuperont la troisième ligne pour McLaren. Gasly confirme en se plaçant septième devant les Red Bull de Verstappen et Hadjar, qui est proche de son leader. Bearman complète le top 10. Le départ du grand prix sera évidemment très observé, avec des Ferrari redoutables. On constate aussi que les écarts se resserrent entre Mercedes, Ferrari et Mclaren : la promesse d’une course endiablée ?
Le scénario semble se mettre en place en ce début de saison : Russell fait la pole, les Ferrari titillent les Mercedes au départ et sur les premiers tours, puis, à un moment donné, la supériorité de la flèche d’argent finit par parler.
A la différence de Melbourne, George Russell, parti en pole de la course sprint, a su conserver la tête au départ. Une nouvelle fois, les Ferrari ont pris un bel envol, permettant à Lewis Hamilton et Charles Leclerc de dépasser Lando Norris et Andrea Kimi Antonelli, qui a eu du mal à s’envoler. Derrière, c’était aussi la “cata” pour Verstappen, totalement scotché sur la grille et qui virait 20e ! Pour son équipier, ce n’était guère mieux puisque Antonelli, décidément bien fébrile, percutait Isack Hadjar au virage 3, ce qui allait lui valoir une pénalité.
Belles bagarres
Devant, Lewis Hamilton s’est montré incisif, prenant la tête en faisant l’intérieur avec audace sur George Russell au virage 9. Ensuite, les deux anciens équipiers se sont doublés à de multiples reprises, avec à chaque fois un déploiement de puissance impressionnant de la Mercedes. Hamilton a fini par céder, avouant avoir « détruit » ses pneus dans la bagarre.
A partir du 7e tour, George Russell a commencé à s’échapper, tandis que la lutte s’est intensifiée entre les deux Ferrari. Leclerc et Hamilton ont entamé une belle joute, avec quelques passages roues contre roues assez chauds dans le virage “escargot”. Une belle bataille, qui a dû quand même faire trembler les tifosis, et qui permettait à Lando Norris de rester dans le sillage des rouges. Derrière, Max Verstappen a, une nouvelle fois, entamé sa remontée.
La safety-car n’a rien changé
Au 14e tour, la course fut interrompue par la sortie de la Safety car suite à l’arrêt sur la piste de l’Audi de Nico Hulkenberg. Tout le monde est passé par les stands, sauf Liam Lawson et Oliver Bearman, qui ont fait le pari de rester en piste pour jouer quelques points. Ferrari a fait un double arrêt, tandis que Antonelli a purgé sa pénalité de 10’’. Red Bull a également arrêté dans la foulée Verstappen et Hadjar, mais ce dernier a perdu quelques secondes avec un ecrou récalcitrant, ce qui l’a fait plonger au classement.
C’est donc en peloton serré et sur les trois derniers tours que la course s’est jouée. Malheureusement, Leclerc a rencontré un étrange souci de patinage excessif et a été distancé à la relance de la course. George Russell a conservé la tête, s’imposant à l’issue des 19 tours avec plus de 6 dizièmes d’avance sur les Ferrari de Charles Leclerc et Lewis Hamilton.
Le champion du Monde en titre, le Britannique Lando Norris (McLaren) termine 4e devant Kimi Antonelli (Mercedes). Aucun des pilotes tricolores n’est entré dans les points de cette course sprint. Esteban Ocon (Haas) a passé la ligne en 10e position devant l’Alpine de Pierre Gasly qui n’a pas réussi à convertir sa belle P7 des qualifs. Isack Hadjar termine 15e.
Pour paraphraser le président de la FIA Mohamed Ben Sulayem, ce serait “une étape suivante logique”. Selon des informations rapportées par le média Bloomberg, le géant chinois de la voiture électrique, BYD, étudierait une arrivée de taille en sport automobile, avec dans le viseur le WEC et surtout la F1.
Après le retour en force des Etats-Unis, qui ont longtemps résisté à la F1, et qui maintenant sont au cœur du sport avec 3 courses et un constructeur (Cadillac), la FIA rêve évidemment de voir le pays du plus grand marché mondial s’engager sur la piste.
BYD, le nouveau géant
Jusqu’à présent, la présence des marques chinoises en sport auto a été discrète. Le cas le plus notable est celui de Lynk & Co qui s’est engagé et a gagné en WTCR. Mais les choses s’accélèrent : Xiaomi puis Yangwang ont lancé des supercars qui ont battu des records sur le Nürburgring, signe d’ambitions nouvelles. Le groupe Chery de son côté s’est tourné vers l’ACO et projette l’arrivée d’Exceed à l’horizon 2029.
BYD, qui a pris le leadership du marché électrique à l’échelle mondiale devant Tesla, veut doper sa visibilité et surtout défier les grands constructeurs européens, américains et japonais, qui ont encore l’apanage de l’exposition en sports mécaniques. « BYD examine plusieurs options à la suite de sa croissance rapide en dehors de son marché domestique et de l’évolution continue de la compétition automobile vers les moteurs hybrides » peut-on lire.
Reste à savoir quelle motorisation serait utilisée. Le géant chinois ferait-il le choix d’un bloc thermique déjà existant d’un autre constructeur ? Ou alors prendrait-il le risque de développer son propre moteur thermique ?
Une place chère à acquérir
La F1, en donnant encore plus de place à l’électrique, est évidemment une discipline qui intéresse BYD à la fois pour sa notoriété internationale et la vitrine technologique qu’elle propose. Reste que l’inscription d’une nouvelle écurie n’est pas une mince affaire, autant sur le plan financier (le ticket d’entrée qui dépasse les 500 millions plus le coût des investissements en infrastructures) que sur le plan politique (on l’a vu avec l’affaire Andretti).
Racheter une écurie pourrait être une solution à la fois moins coûteuse et plus facilement adoubée par le paddock. A ce titre, les rumeurs pourraient rapidement se tourner vers Alpine, puisque l’écurie “française” est au centre de manœuvres d’actionnariat : Otro Capital a mis ses parts en vente, tandis que Christian Horner et Toto Wolff semblent prêt à poursuivre leur rivalité en tant que nouveaux actionnaires potentiels. Et dans tout cela, la présence de Renault est sujette à caution, étant donné le désengagement sportif qui a été amorcé par le groupe, avec l’arrêt du moteur F1 et le retrait du WEC fin 2026.
Une nouvelle ère ?
Quoi qu’il en soit, l’arrivée de marques chinoises est logique, puisque le sport automobile a toujours reflté, d’une certaine façon, les nouveaux rapports de force de l’industrie. Au tournant des années 60/70, le renouveau industriel et technologique de la France s’est traduit par l’épopée Matra puis celle d’Alpine en rallye et de Renault en F1 avec le turbo.
Dans les années 70 et au début des années 80, la montée en gamme et en puissance de l’Allemagne se traduit par les succès de BMW en tourisme et en F1 ainsi que d’Audi en rallye. Puis, dans la seconde moitié des années 80, l’offensive était japonaise avec Honda en F1 et Toyota au Mans. La Chine, premier marché automobile du monde, a retrouvé sa place au calendrier de la F1 et veut désormais exister comme puissance du sport automobile.
Sitôt la diffusion du premier Grand Prix de la saison 2026 de Formule 1 terminée, un internaute s'est amusé à détourner les highlights avec Mario Kart. Le résultat est aussi drôle que… vrai.
George Russell remporte le Grand Prix d’Australie devant son coéquipier chez Mercedes Kimi Antonelli et Charles Leclerc. Mercedes a ainsi confirmé son statut de favori, et seule Ferrari semble en mesure de contester cette suprématie.
La première course de la nouvelle ère règlementaire suscitait de nombreuses interrogations au niveau des départs, de la fiabilité, du spectacle, du rapport de forces.
Un départ remuant
Le départ, comme prévu, a été un moment fort : la procédure a été quelque peu surprenante, puisque le cinquième feu ne s’est pas allumé, le panneau s’éteignant immédiatement après l’allumage du 4e feu. De quoi surprendre certains pilotes, alors que la procédure de départ nécessite cette année plus de temps pour mettre en régime les moteurs.
Résultat, comme on l’avait entraperçu à Bahreïn sur les simulations, Ferrari a été la plus efficace grâce au choix d’un turbo plus petit : Charles Leclerc a bondi pour doubler les Mercedes et prendre la tête, et Lewis Hamilton a lui aussi gagné des places pour pointer 3e, bien aidé aussi par l’absence d’Oscar Piastri, qui s’est mis dans le mur dans le tour de formation ! D’autres voitures sont restées clouées sur place, comme Liam Lawson, qui a peiné à démarrer et qui a failli se faire pulvériser par une Alpine qui l’a évité de justesse au dernier moment.
Grosse bagarre en début de GP
La première partie de course a donné satisfaction, puisque Charles Leclerc et George Russell ont livré une belle bataille qui a permis d’illustrer parfaitement les nouvelles conditions de course générées par la règlementation : à coup d’aéro active, de déploiement de l’énergie et de gestion de la recharge, le pilote Ferrari et le pilote Mercedes se sont battus sur plusieurs tours, s’attaquant, se doublant et se redoublant à plusieurs reprises, et ce sur différentes portions du circuit.
On a vu notamment qu’un pilote attaqué peut mieux se défendre qu’à l’époque du DRS s’il dispose d’un peu de charge, puisque Leclerc a réussi à repousser des assauts de Russell. Inversement, un gros déploiement d’énergie peut créer de gros différentiels : au tour 8, en sortant du virage 1, la Mercedes a giclé comme une fusée pour piquer la Ferrari au freinage suivant, alors que Leclerc était en recharge. Leclerc, Russell (qui a sorti quelques freinages chauds !) et même Hamilton à un moment se sont retrouvés en lutte ensemble, et c’était beau à voir.
Ferrari pas inspiré sur la stratégie
Mais après ce premier quart de course animé, les choses se sont décantées. L’abandon d’Isack Hadjar (Red Bull) au 11e tour a été le tournant stratégique, puisque une VSC a été déclenchée au 12e tour. Tout le monde s’est arrêté évidemment pour profiter d’un arrêt sous neutralisation…sauf Ferrari, dont les deux voitures sont restées en piste ! Là encore, de quoi faire jaser car Ferrari va s’en mordre les doigts et a, de plus, mis tous ses œufs dans le même panier stratégique. Fred Vasseur a expliqué après la course que Ferrari ne pensait pas pouvoir tenir avec les pneus sur un seul arrêt si précoce.
En effet, les Ferrari ont conservé la tête, tablant sans doute sur une autre neutralisation plus tardive pour jouer un seul arrêt, supposant que la concurrence, s’étant arrêtée si tôt, serait de toute façon obligée de repasser une seconde fois aux stands. Or, les chose ne se sont pas passées ainsi : un autre abandon, celui de Bottas au 18e tour, a entraîné un drapeau jaune mais pas de Safety-Car, alors que la voie des stands était fermée ! Une situation étonnante, qui a empêché à Ferrari de s’arrêter à ce moment-là.
La Mercedes va vite et ne mange pas ses gommes
Quand Leclerc passe enfin par les stands, au 25e tour, c’est sous drapeau vert, et il ressort derrière George Russell, qui prend la tête de la course au 28e tour en étant remonté sur Hamilton. L’autre mauvaise surprise pour Ferrari, c’est que les Mercedes ne vont pas s’arrêter une seconde fois. La Mercedes est vraiment bien née et ne bouffe pas ses pneus. Bien connu pour son pilotage propre et sa bonne gestion pneumatique, George Russell pouvait ainsi accomplir un long relais de plus de 40 tours en durs, ce que Pirelli n’avait même pas envisagé ! La Mercedes est donc clairement la voiture de référence, que ce soit en performance pure ou en usure des gommes.
McLaren semble loin
Ainsi, Mercedes commence la saison par un doublé avec la victoire de George Russell devant son coéquipier Kimi Antonelli. Charles Leclerc complète le podium avec sa Ferrari, à 15 secondes du vainqueur, terminant juste devant Lewis Hamilton, qui semble plus à l’aise et plus proche de son équipier dans cette SF-26. Derrière, c’est le gouffre : Lando Norris (McLaren) termine 5e à 50 secondes de Russell, devançant un Max Verstappen qui aura offert la belle remontée du jour (Red Bull), de la 20e à la 6e place.
Les deux ont terminé à plus de 30 secondes du top 4 mais se sont arrêtés un fois de plus que leurs adversaires dans cette course. On retiendra surtout des deux grands rivaux de 2025 leurs déclarations fracassantes sur ces nouvelles F1 : le champion du monde en titre a jugé qu’on était passé » des meilleurs voitures de l’histoire aux pires » et Verstappen a parlé d’un pilotage « sans émotion ». ça promet…
Lindblad et Audi réussissent leurs débuts
Vient ensuite un excellent Oliver Bearman (Haas, 7e) qui devance le surprenant rookie Arvid Lindblad de Racing Bulls (18 ans). Ce dernier, déjà bien qualifié, a même pointé à la 4e place en début de course et s’est livré à quelques passes d’armes avec Hamilton, Hadjar puis Verstappen. 9e, Gabriel Bortoleto donne deux points à Audi pour ses grands débuts, compensant les ennuis frustrants de Nico Hulkenberg. Pierre Gasly prend la 10e place et le dernier point en jeu. Contrairement à 2025, Alpine ne sera donc pas la dernière équipe à débloquer son compteur. Les Aston Martin n’ont pas disparu au bout de 15 tours comme on le craignait, mais Alonso comme Stroll ont abandonné, soulignant le grand désarroi de l’écurie…
A voir…
Il est encore bien tôt pour donner un avis définitif sur cette nouvelle règlementation. Une hiérarchie se déssine, avec la crainte d’une domination trop nette de Mercedes. On espère donc que Ferrari pourra leur donner du fil à retordre. Attendons de voir aussi ce que Verstappen peut donner, car son départ en fond de grille et l’abandon précoce de Hadjar n’ont pas permis de jauger le niveau de la Red Bull face aux autres top teams.
On a vu des phases d’action intéressantes, mais pas sûr que le public ait vraiment tout bien suivi au niveau des stratégies de pilotage et de gestion énergétique utilisées (d’autant que l’affichage officiel ne donne pas d’infos particulières là-dessus). Le lift and coast gâche quand même l’intensité de la bagarre, car c’est contre-intuitif avec l’idée que l’on se fait de l’attaque maximale à la limite. Les propos de Verstappen sur l’aspect totalement pas « naturel » de ce pilotage font réflechir. Le DRS était rejeté pour l’artificialité des dépassements qu’il induisait…la bagarre en piste à l’ère de la gestion de charge sera-t-elle davantage plébiscitée ou tout autant jugée “factice”, lorgnant du côté de la Formule E « sous stéroïdes », pour paraphraser Verstappen, et du jeu vidéo ?
La belle bataille entre Mercedes et Ferrari, les débories d’Hadjar... retrouvez ce qui a retenu l’attention de la rédaction à l’issue de la première manche de la saison de Formule 1 en Australie.
Le spectre de 2014 ? Les craintes de l’hiver confirmées ? La première qualification de la nouvelle ère semble confirmer les hypothèses formulée sur les capacités de l’écurie Mercedes.
Le tracé de Melbourne est critique au niveau de la gestion énergétique, car les 350 kW de puissance électrique désormais disponibles, avec une batterie à la capacité inchangée par rapport à 2025 et plus de MGU-H, rendent cette gestion délicate même sur un seul tour. Ainsi, les pilotes utilisent beaucoup de “lift and coast”, avec des décélérations en bout de ligne droite, peu coûteuses au niveau du chrono mais efficaces pour économiser l’énergie. Cela dit, cela est quand même contre-intuitif et les décélérations peuvent être assez extrêmes. La FIA a ainsi abaissé la limite de recharge de 8.5 à 8 MJ par tour en course et à 7MJ en qualifs pour éviter que la récupération ne soit trop extrême.
Ça promet à Bakou !
Q1
1.19.840 pour George Russell, qui établit ainsi la première référence solide.
Incroyable ! Max Verstappen part à la faute sur le 1er virage ! Les roues arrière se sont bloquées au freinage, la Red Bull finit sa course dans le mur. Le néerlandais ne peut pas repartir !
1.19.811 Ham en mediums puis Piastri 1.19. 664, malgré un mauvais s2. Russell améliore en softs 1.19.507 , tandis que Norris signe 1.20.010 et Hadjar 1.20.013
Alonso, Perez, Bottas, Verstappen, Sainz et Stroll (le canadien n’a pas pris la piste) sont éliminés
Q2
1.20.088 pour Leclerc , rapidement battu par Antonelli en 1.19.604 . 1.18.934 pour Russell ! L’écart est énorme.
1.19.7 pour Hadjar P3. Hamilton améliore le S1 mais rentre aux stands. Leclerc commet des petites fautes, il n’améliore pas
Piastri s’intercale entre les Mercedes tandis que Hulkenberg est P9 avec l’Audi.
1.19.9 pour Hamilton qui remonte P6, puis1.19.909 pour Norris, 5e. 1.19.357 pour Leclerc P2
Hulkenberg, Bearman, Ocon, Gasly, Albon et Colapinto sont éliminés. Pas de miracle pour Alpine avec le moteur Mercedes. Par contre, les deux Racing Bulls sont en Q3, avec Arvin Lindblad devant Lawson. Qualifié 10e, Bortoleto est coincé dans l’entrée des stands. On a frôlé le crash avec Lindblad qui entrait dans la pitlane sans visibilité.
Q3 (avec 1’ en plus)
Antonelli a été lâché en piste avec un refroidisseur oublié fiché dans le ponton, et il s’est détaché…Norris a roulé dessus en le pulvérisant ! La séance est interrompue à cause des débris.
Antonelli est le 1er à partir…et il se rate au virage 2 !
1.19.084 pour Russell.
1.19.6 pour Hadjar
Leclerc, Piastri et Ham bouclent leur premier tour lancé au-delà de 1.20. Norris également en 1.19.6
Antonelli repart à l’attaque et prend le meilleur temps en 1.18.811, mais Russell réagit aussitôt et améliore en 1.18.518. Personne ne pourra aller le chercher.
Les craintes sur Mercedes se confirment ! George Russell a dominé les qualifs et Antonelli permet à l’étoile de verrouiller la 1ère ligne. L’écart sur la concurrence est assez conséquent, les Ferrari et McLaren sont à quasiment une seconde. Le sourire de Toto Wolff en dut long. Mais l’affolement autour du moteur ne doit pas éclipser aussi les qualités de la monoplace allemande W17, puisque McLaren aussi dispose d’un moteur Mercedes mais avec des résultats plus timorés. Brackley a remis l’étoile à son firmament, en tous cas en performance pure.
Isack Hasjar ne rate pas ses débuts avec Red Bull et décroche une belle P3, devant Charles Leclerc, les Mclaren de Piastri-Norris et Lewis Hamilton. Arvin Lindblad signe une belle P8 pour ses débuts, devant Lawson tandis que Bortoleto n’a pas tourné suite à sa panne en fin de Q2.
Place à la course demain : comment le départ se déroulera-t-il ? Mercedes va-t-elle confirmer en course sa domination des qualifs ? La fiabilité va-t-elle créer des surprises ?
La F1 reprend ses droits ce weekend en Australie, à Melbourne. 2026 est une année riche en nouveautés, avec une nouvelle donne aérodynamique, de nouveaux moteurs et de nouveaux constructeurs (Cadillac, Audi). Voici les principales questions qui entourent cette F1 « nouvelle génération ».
La nouvelle donne technique
La Formule 1 entame cette année une révolution technique majeure, car elle touche à la fois l’aérodynamique et les moteurs. La génération « effet de sol » introduite en 2022 n’a pas vraiment convaincu pour susciter de l’action et de la bagarre en piste. Cette année, place à l’aérodynamique active : le DRS cède sa place à des ailerons avant et arrière actifs, avec différents modes de fonctionnement qui sont combinés à la gestion énergétique. Les pilotes doivent presque « réapprendre à conduire » et le pilotage en devient bien plus complexe.
Straight : mode « ligne droite » pour réduire au maximum la traînée
Corner : mode pour refermer les ailerons et gérer l’énergie
Overtake : un mode qui donne un surplus de puissance pour dépasser
Boost : le mode défense avec un surcroit d’énergie, à condition que la batterie soit rechargée
Recharge : un mode de récupération, en phases de freinage notamment ou de « lift and coast »
Les moteurs sont désormais à 50% fournis en puissance par la partie thermique du V6, et à 50% par la partie électrique. La gestion de l’énergie sera donc primordiale dans la performance. Les voitures sont pour l’instant plus lentes de 3-4″ au tour sur les F1 2025, mais les vitesses de pointe ont augmenté.
Un super show, ou un super fiasco ?
Beaucoup de questions et d’inquiétudes ont été soulevées par cette nouvelle règlementation : la gestion de l’énergie va-t-elle créer des situations opportunes d’action et de bagarre, ou au contraire transformer les courses en processions de gestionnaires ? Au-delà du manque d’enthousiasme d’un Max Verstappen, les pilotes ont souligné l’impossibilité d’attaquer à fond sur un tour complet en qualification (aux essais libres de Melbourne, on a déjà constaté que les pilotes attendaient le milieu de la ligne droite des stands pour « lancer » leur tour chrono !). Les pilotes doivent faire beaucoup de « lift and coast », y compris dans les tours d’attaque. On constate même le phénomène de « super clipping », avec des chute brutales de V-max, parfois de 40-50 Km/h ! La FIA tirera forcément les leçons des premières courses pour ajuster.
Ils ont aussi déploré la complexité des dépassements, devenus énergivores, ou encore le danger lié à des vitesses différentielles majeures (+/- 50Km/h) entre des pilotes étant sur des modes énergétiques diamétralement opposés. On a d’ailleurs vu Hamilton éviter de justesse un Colapinto complètement au ralenti en pleine ligne droite ! Rien ne dit encore si l’aéro active va faciliter le suivi des monoplaces et réellement réduire le « dirty air ».
La gestion de l’énergie fait que, d’un tour sur l’autre, les vitesses sur certains virages changent et donc les repères et points de freinage aussi, pouvant provoquer plus d’erreurs. « Il faut constamment adapter ses points de freinage car on n’arrive jamais à la même vitesse, et la dynamique de la voiture change aussi. C’est donc très piégeux » a ainsi dit Isack Hadjar.
Départs rock’n roll ?
Avec les nouveaux moteurs, la mise en régime des turbos est plus complexe. Les simulations de départ à Bahreïn ont montré que les écuries maîtrisaient cela de manière très variable. La procédure de départ a été aussi revue et allongée, pour permettre aux pilotes de mettre les turbos en régime et éviter de rester cloués au sol…
Ils ont ainsi 5 secondes de plus sur la procédure de mise en grille, pour faire monter leur turbo dans les tours et disposer du taux d’énergie nécessaire pour optimiser le départ. Le mode « ligne droite » des ailerons avant et arrière est interdit à l’extinction des feux, afin d’éviter de trop grandes différences de vitesse entre les monoplaces, et ainsi limiter les risques d’accrochage.
Le retour de la « fiabilité » des années 90 ?
Souvenez-vous quand les grands prix se terminaient avec 6-7 voitures en début de saison. La complexité et la nouveauté des systèmes peut laisser entrevoir pas mal d’incidents et de pannes sur les premières courses, avec le lot de surprises que cela peut réserver. Un retour à la douce incertitude d’antan, quand même les top teams n’étaient jamais certains de terminer ?
Mercedes, l’épouvantail ?
Ce fut le feuilleton de l’hiver : le moteur Mercedes aurait trouvé un « truc » avec le taux de compression, qui serait au-delà des limites règlementaires à température réelle de fonctionnement, sans que cela ne puisse être contrôlé. Avec comme conséquence plus de puissance. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, les autres motoristes ont râlé et la FIA a légiféré en introduisant de nouvelles normes de contrôle dès juin. Cela n’a pas rassuré certaines équipes qui estiment que Mercedes est favori et a caché son jeu, avec une monoplace et un moteur nettement plus forts. Va-t-on revivre le scénario de 2014 ?
Aston Martin, la tuile ?
Les essais hivernaux n’étaient pas rassurants, mais les dernières nouvelles étaient catastrophiques. Le bloc Honda semble générer d’énormes vibrations qui affectent le châssis et génèrent des casses mécaniques. En conférence de presse, Honda a même admis que les vibrations allaient jusqu’à faire tomber les rétroviseurs (!) tandis que Alonso et Stroll ont attesté ne pas pouvoir enchainer plus de 15-20 tours sans avoir des séquelles nerveuses aux mains. Si Honda est clairement dans la tourmente, la gestion autour d’Adrian Newey, à la fois directeur d’écurie, actionnaire et directeur technique, soulève aussi des interrogations.
Après des mois et des mois d'attente, la Formule 1 reprend ses droits. Et cette saison 2026 s'annonce particulièrement indécise en raison d'une nouvelle réglementation. Les cartes sont rebattues et le GP d'Australie, diffusé le dimanche 8 mars, donnera quelques premières réponses.