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Sortie de la 60ᵉ version d’OpenBSD

Par : Krunch · Ysabeau ?
20 mai 2026 à 19:10

Ce 19 mai est sorti la soixantième version d’OpenBSD qui a maintenant plus de trente ans. OpenBSD est un système d’exploitation libre de type Unix, multi-plateformes basé sur 4.4BSD avec une attention particulière sur la portabilité, la standardisation, l’exactitude, la sécurité proactive et la cryptographie intégrée. Il est généralement reconnu pour la qualité de sa documentation et ses innovations en matière de sécurité qui sont régulièrement adoptées par d’autres systèmes.

La version 7.9 est accompagnée d’un morceau instrumental et de moult changements dont on pourra citer l’ajout de l’hibernation à retardement, le support des VLAN dans les ponts Ethernet virtuels, le limiteur de créations d’états par source pour packet filter, le support des certificats par IP dans acme-client, plusieurs améliorations de pledge permettant une meilleure mitigation des failles de sécurité et le support de jusqu’à 255 processeurs amd64 (contre 64 précédemment).

Le projet OpenBSD étant le berceau de tmux, LibreSSL et OpenSSH, cette nouvelle version est aussi l’occasion de publier nombre d’améliorations pour ces projets largement utilisés par ailleurs. Pour OpenSSH on pourra mentionner la nouvelle commande ~I ainsi que l’ajout d’une pénalité configurable pour les tentatives de connexions avec un utilisateur invalide.

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GitHub confirms breach of 3,800 repos via malicious VSCode extension

20 mai 2026 à 09:19
GitHub s'est fait pirater.
(Attendez je résume : GitHub (qui appartient à Microsoft) s'est fait pirater à cause d'un employé qui utilise VSCode (qui appartient à Microsoft) qui a installé un plugin vérolé hébergé sur le dépôt de plugins qui appartient à Microsoft. La boucle est bouclée.)
(Permalink)

« Nous ne pouvons pas tout contrôler » : l’ANSSI face à la complexité des systèmes de l’État

19 mai 2026 à 06:45
Débranche, débranche, débranche tout. Revenons à nous.
« Nous ne pouvons pas tout contrôler » : l’ANSSI face à la complexité des systèmes de l’État

Face aux quasi-incessantes fuites de données en France, notamment sur des institutions, l’ANSSI serait sur la sellette ? Son directeur général Vincent Strubel réfute et revient sur les travaux de pilotage du numérique, avec une future autorité « Ariane ». Il en profite pour mettre en face des milliers de systèmes d’information de l’État la capacité de l’Agence à mener… 50 contrôles par an.

La semaine dernière, le Canard enchainé a publié un article intitulé « Lecornu débranche l’Anssi, accusée de ne pas avoir sécurisé des sites sensibles de l’État ». Le Palmipède y explique que le premier ministre Sébastien Lecornu chercherait un fusible. En cause, les fuites de données à répétition. « Cela pourrait déboucher sur le limogeage de Vincent Strubel, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) », indiquent nos confrères.

« Il n’y a pas de remise en cause des missions de l’ANSSI »

Hasard ou pas du calendrier, ce même Vincent Strubel était auditionné par la Commission de la défense de l’Assemblée nationale le lendemain dans le cadre du cycle Guerre hybride et continuum de conflictualités. Le rendez-vous était déjà fixé avant la publication de l’article de nos confrères. Après un discours introductif sur l’état de la cybermenace en France, des questions sont rapidement arrivées sur l’article du Canard et le piratage de l’ANTS. C’est la dernière institution en date à avoir subi une fuite massive de données : au moins 11,7 millions de comptes ont été compromis. Dans cette affaire, un ado de 15 ans a été placé en garde à vue fin avril.

« Non, il n’y a pas de tension entre le Premier ministre et l’ANSSI. Je réfute ce qui est dit dans l’article », affirme sans détour Vincent Strubel. Il en veut pour « preuve » sa présence encore au poste de directeur général de l’ANSSI.

Il en profite pour rappeler que ses équipes ne ménagent pas leurs efforts en matière de cybersécurité et joue lui aussi de l’analogie des cyberpompiers : « Je trouve que là on est dans le même registre que jeter des cailloux sur les camions de pompiers qui viennent éteindre des incendies et je le trouve parfaitement abject. »

« Je pense qu’il y a une mécompréhension fondamentale de la réforme annoncée, non pas de l’ANSSI mais du pilotage numérique. Il n’y a pas de remise en cause des missions de l’ANSSI, il n’y a pas de remise en cause de l’efficacité de son travail », ajoute-t-il.

Une réforme du pilotage du numérique, pas de la cybersécurité

Vincent Strubel rappelle que la France dispose d’une chaîne de fonctionnement cyber et que l’ANSSI « est le chef d’orchestre de la cybersécurité ». Il ajoute que « ce rôle n’est pas remis en cause par la réforme annoncée […]Ce qui est réformé, c’est le pilotage du numérique, pas la cybersécurité ».

Pour rappel, fin avril, lors de son déplacement à l’ANTS, Sébastien Lecornu expliquait vouloir accélérer la fusion de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) et de la DITP (direction interministérielle de la transformation publique), pour former une nouvelle Autorité du numérique et de l’IA, alias Ariane.

Le patron de l’ANSSI est catégorique : « l’ANSSI restera dans son rôle de fixer les exigences de cybersécurité, de décliner des priorités […] de contrôler la bonne application de ces priorités à plus forte raison dans le cadre de NIS2 ».

Lors de son audition, il en profite pour rappeler aux députés présents le travail nécessaire de transposition de la directive NIS2… toujours en attente depuis des mois. Pour le directeur général, cela donnera enfin à son agence « un vrai bâton » à utiliser, « en plus de la carotte ». Le projet a été adopté en première lecture au Sénat le 15 octobre 2024, mais il est bloqué à l’Assemblée depuis septembre 2025.

Des systèmes d’information « critiques » par milliers

Pour le patron des cyberpompiers français, le projet est de créer « une structure qui soit un interlocuteur naturel de l’ANSSI, comme l’est déjà aujourd’hui la DINUM. Nous travaillons main dans la main, mais avec les limites du champ d’action de la DINUM. Demain, l’ANSSI et l’Ariane (si c’est le nom qui demeure) travailleront main dans la main pour édicter la feuille de route numérique et cybersécurité de l’État ».

Lors de son audition, Vincent Strubel a rappelé la complexité du système d’information de l’État qui représente « des milliers et des milliers d’applications dont le pilotage n’est pas uniformisé, dont les choix technologiques sont d’une très grande hétérogénéité ».

Pour lui, cela ne fait aucun doute : « c’est là-dessus qu’il faut agir en priorité pour mieux sécuriser l’État » ; il en profite pour glisser un mot sur les enjeux des dépendances à des solutions étrangères. Quitte à mener un chantier d’envergure, autant faire le ménage de fond en comble. Pour Vincent Strubel, la réforme annoncée par le Premier ministre porte justement sur ce sujet. Il réaffirme qu’elle a été « mal comprise par certains qui y voient une réforme ou une remise en cause de l’ANSSI : il n’y a aucune remise en cause du rôle de l’ANSSI, ni une critique du rôle de la DINUM ».

L’ANSSI est capable de mener 50 audits par an : il faut choisir

Vincent Strubel répond aussi à des questions sur les moyens et les actions de l’ANSSI : « nous sommes capables de mener à peu près 50 audits par an, à mettre en regard de milliers de systèmes d’information au sein de l’État, de milliers de systèmes d’information d’importance vitale déclarés par les OIV (opérateurs d’importance vitale), et qui sont à peu près 300 (la liste est classifiée) ».

Pour le dire autrement : « non, nous ne pouvons pas tout contrôler systématiquement et nous avons une logique de priorisation sur les systèmes les plus critiques, sensibles, complexes… ». C’est le cas du nucléaire, par exemple, mais aussi des réseaux diplomatiques et régaliens. France Identité numérique a aussi été scrutée de près pendant des mois et « certifiée par l’ANSSI au niveau élevé, c’est-à-dire le niveau le plus élevé de la réglementation européenne ».

Le patron de l’ANSSI cite aussi le « fichier TES qui stocke des données biométriques », géré par l’ANTS. Ce dernier a été audité par l’ANSSI, qui s’est aussi assurée « que ses conclusions soient prises en compte ». TES pour Titres Électroniques Sécurisés, aussi connu sous le nom de « fichier des gens honnêtes » centralisant les données personnelles, photos de visages et empreintes digitales des demandeurs de passeport et de carte nationale d’identité.

Vincent Strubel ajoute que l’ANTS réunit une multitude de systèmes d’information « qui n’ont pas tous la même criticité. Ils sont tous importants car ils traitent de données personnelles, mais nous avons aussi une forme de gradation ». Si TES a été contrôlé, ce n’était visiblement pas le cas du portail attaqué : « Il ne s’agit pas de minimiser la compromission des données personnelles de millions de nos concitoyens, mais ce n’est pas le système le plus critique de l’ANTS donc dans une logique de priorisation ce n’est pas celui-là que nous avons regardé ».

Signaler c’est bien, corriger c’est mieux

Lors de son audition, Vincent Strubel est aussi revenu sur le signalement des incidents et des vulnérabilités. Il rappelle que l’ANSSI dispose d’une doctrine de protection des signalements anonymes et des lanceurs d’alertes (235 signalements via ce dispositif en 2025). « Après, effectivement, la vraie difficulté est la capacité de correction et la maitrise du numérique derrière, sans remise en cause du rôle ni du dévouement – je le signale – des équipes informatiques des ministères ».

Il rappelle le rôle de l’ANSSI : « porter des cadres de gestion des risques et donc identifier des risques liés à nos dépendances, les objectiver, les mettre en face des mesures et assurer une garantie. C’est ce que nous faisons à travers SecNumCloud qui garantit contre les risques techniques mais aussi des risques d’ingérence de captation des données à travers les lois à portée extraterritoriale ».

Il ajoute qu’il faut évidemment des mesures de gestion des risques – « avec un caractère coercitif au passage parce que la loi SREN le permet –, mais aussi un travail de politique industrielle qui n’est pas le rôle de l’ANSSI ». Pour Vincent Strubel, pas de doute : « Il faut faire les deux à la fois ».

« Une agitation parfaitement inutile » : le créateur de Linux recadre ses contributeurs face aux abus de l’IA

18 mai 2026 à 13:56

En marge de la publication de Linux 7.1-rc4, Linus Torvalds, créateur du noyau Linux, s'est penché sur un sujet qui cristallise les craintes de la communauté open source face à l'essor de l'IA : l'inondation de signalements de bugs.

J’ai quitté le monde de la cybersécurité… ce que vous n’avez pas compris | Christophe Casalegno

17 mai 2026 à 07:17
Parce qu'on parle justement beaucoup de sécurité ces derniers temps.

Extrait:
« – Une faille dans un module kernel n’attend pas qu’un comité valide une matrice de risque.
– Un attaquant ne s’arrête pas parce qu’un prestataire est certifié.
– Une fuite de données ne devient pas moins grave parce qu’une organisation peut produire un rapport de conformité.
– Une compromission ne disparaît pas parce qu’elle est correctement documentée après coup.

Les normes, les référentiels, les audits et les processus sont utiles : tant qu’ils sont utilisé comme des outils au service de l’objectif. Mais ils deviennent dangereux lorsqu’ils deviennent l’objectif et remplacent le jugement, l’ingénierie, la compétence, et qu’ils ne sont plus que des alibis qui produisent une sécurité administrative plutôt qu’effective.

C’est exactement ce qui m’a poussé à quitté cet univers. Une partie du secteur s’est mise à confondre la carte et le territoire. A remplacer la recherche d’efficacité par la recherche de conformité, la compréhension profonde par la validation externe, l’expérimentation par le respect des procédures et l’intelligence technique par la peur de sortir du cadre. »

Encore une fois, dès qu'une mesure devient un objectif, elle cesse d'être une bonne mesure.
(Permalink)

Windows BitLocker zero-day gives access to protected drives, PoC released

13 mai 2026 à 17:18
Et des failles également chez Microsoft.

Edit : j'hésite même à appeler ça une faille. Je suis plus tenté par le mot "backdoor".
L'excuse de Microsoft ? "Oups on a livré en prod un truc qui n'aurait pas dû arriver en prod".
On ne peut pas faire confiance à cette boîte.
(Permalink)

VPN, le grand n’importe quoi gouvernemental ? Un député demande des clarifications

13 mai 2026 à 09:34

VPN loi

Le gouvernement veut-il sacrifier les VPN sur l'autel de la vérification de l'âge ? Face aux menaces sur le télétravail et la sécurité, le député Philippe Latombe somme la ministre de clarifier sa position.

ID. Buzz en feu : pourquoi le second incendie de Toulouse était évitable

13 mai 2026 à 09:21

Après un incendie à Montreuil, un second Volkswagen ID. Buzz a pris feu dans une station de recharge TotalEnergies à Toulouse le 12 mai 2026. Cet incident met en lumière un enjeu crucial : le respect strict des procédures de rappel constructeur.

Deming — un SMSI Open Source par et pour des RSSI

Deming est un outil Open Source (GPL 3.0) de gestion de Système de Management de la Sécurité de l'Information (SMSI). Conçu par un responsable de la sécurité des systèmes d'information (RSSI) pour des RSSI, il couvre la gestion des contrôles, le registre des risques, la gestion des exceptions et des plans d'action. Largement adopté par la communauté, il se distingue par sa simplicité d'utilisation et de mise en œuvre.

Logo Deming

Indépendant du référentiel

C'est l'une des forces de Deming : il ne présuppose aucun cadre normatif particulier. Il est livré avec une dizaine de référentiels prêts à l'emploi — ISO 27001 (2013, 2022, 2023 en allemand), ISO 22301, DORA, NIS2 (FR/EN/DE), HDS, PCI-DSS v4, NIST SP 800-53 Rev.5, MPA Best Practices — et permet d'en importer de nouveaux via un simple fichier Excel, sans développement.

Fonctionnalités

Deming propose une gestion centralisée des contrôles avec planification, assignation de responsables et rappels, un registre des risques avec scoring configurable (ISO 27005, BSI 200-3 et autres formules), un module de gestion des exceptions avec workflow d'approbation, ainsi que des tableaux de bord et des rapports de pilotage pour les revues de direction.

Technique

L'application est développée en PHP/Laravel, avec MariaDB/MySQL comme base de données principale (PostgreSQL et SQLite également supportés). Le déploiement se fait en quelques commandes via Docker Compose, ou manuellement sur Debian/Ubuntu grâce aux guides fournis dans le dépôt.

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Cette technologie ignorée qui pourrait tuer l’hantavirus avant qu’il ne vous tue

12 mai 2026 à 18:01

3 morts. Un gouvernement en alerte. Des quarantaines de 45 jours. Mais, 5 ans après le COVID, avons-nous tiré la moindre leçon ? Car il existe une technologie, vieille de près d'un siècle, capable de mettre fin à tout cela. Et nous refusons toujours de la déployer…

Le virus s'appelle Andes. C'est l'unique souche d'hantavirus connue capable de se transmettre d'humain à humain, une exception dans cette famille de virus habituellement confinée aux rongeurs. Mortalité brute : 30 à 40 %. Pas de traitement spécifique, pas de vaccin homologué, juste des soins de support. L'incubation peut atteindre 6 semaines, ce qui transforme chaque contact en bombe à retardement épidémiologique.

Le MV Hondius a quitté l'Argentine début avril pour une croisière ornithologique. Depuis, le virus a fait son chemin : un premier mort à bord, des passagers débarqués dispersés dans plusieurs pays, une quarantaine de jours d'errance avant qu'un port européen accepte de recevoir le navire. Dimanche 10 mai : arrivée à Tenerife. Ambulances, combinaisons, masques FFP2, transferts par petits groupes. Les 5 Français sont rapatriés à l'hôpital Bichat. Et l'un d'eux s’avère symptomatique dans l'avion. Sébastien Lecornu prend un décret d'isolement en urgence. 45 jours de quarantaine à domicile pour chacun.

Toute cette mobilisation pour quelques personnes alors qu’il existait une façon de ne pas en arriver là.

La lumière qui tue tout ce qui vole

Ces informations enregistrées, maintenant, essayez d’envisager une technologie capable d'inactiver n'importe quel pathogène aéroporté (virus, bactérie, spore) en une fraction de seconde, sans distinction d'espèce, de résistance aux antibiotiques ou de capacité à échapper aux vaccins. Une technologie qui serait potentiellement capable de fonctionner contre l'hantavirus, comme elle le fait avec la grippe, le COVID, la tuberculose, ou le prochain virus que nous n'avons pas encore nommé.

Cette technologie existe, elle s'appelle le far-UVC.

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Polémique autour d'un kill switch pour le noyau Linux - Le Monde Informatique

12 mai 2026 à 14:40
My 2 cents:
C'est pas un peu du cassage de couilles ???
"Oui mais ça suffit pas !"
MAIS BIEN ÉVIDEMMENT QUE ÇA NE SUFFIT PAS.
Mais en attendant, ça permet d'éviter un piratage (au risque d'avoir des fonctionnalités qui ne marchent plus) en attendant un patch.

Perso je préfère perdre temporairement des fonctionnalités (le temps d'avoir le patch) plutôt que devoir réinstaller un système from scratch parce qu'il a été compromis.
(après je suis pas adminsys, hein.)
(Permalink)

L’IA aurait aidé des pirates à développer un exploit zero-day, une première selon Google

12 mai 2026 à 07:03
Un assistant IA pour les pirates
L’IA aurait aidé des pirates à développer un exploit zero-day, une première selon Google

Un « avant-goût de ce qui nous attend » : c’est ainsi que John Hultquist, chef analyste du Google Threat Intelligence Group (GTIG), a qualifié la découverte du labo. Les chercheurs en sécurité de l’entreprise ont identifié un acteur malveillant utilisant un exploit « zero-day » vraisemblablement développé avec l’aide de l’IA.

Le ou les cybercriminels prévoyaient d’exploiter cette vulnérabilité « dans le cadre d’une campagne d’exploitation massive ». Cette « découverte proactive » a permis d’éviter le pire, même si Google ne peut pas exclure que la vulnérabilité — implémenté sous la forme d’un script Python — a pu être exploitée à plus petite échelle (le labo n’a cependant pas vu de campagne active). Le GTIG se veut discret : il ne révèle pas le nom des criminels, mais précise que des acteurs en Corée du Nord et en Chine s’intéressent à l’utilisation de l’IA pour débusquer des failles de sécurité.

La faille a été corrigée

Google n’indique pas non plus le logiciel affecté par cette faille, si ce n’est qu’il s’agit d’un outil d’administration open-source très utilisé. La vulnérabilité permettait de contourner la double authentification (2FA), mais les pirates devaient au préalable connaître les identifiants et mots de passe de leurs victimes. Le GTIG a prévenu de manière responsable l’éditeur concerné, dont le nom n’a pas été révélé, pour corriger la faille.

Le groupe de chercheurs constate que les acteurs malveillants utilisent de plus en plus les outils d’IA des assistants « niveau expert » pour la recherche de vulnérabilités et le développement d’exploits, y compris pour des failles zero-day. Le verre à moitié plein, c’est que ces mêmes outils sont aussi aux mains des défenseurs. Ce serait la raison pour laquelle OpenAI et Anthropic réservent leurs modèles de cybersécurité à des organisations et des entreprises triées sur le volet.

De la même manière, le GTIG ne dévoile pas le modèle IA utilisé pour cette faille. « Nous ne pensons pas que Gemini a été utilisé », avance-t-il prudemment. Mais la structure et le contenu de l’exploit donne au labo de fortes raisons de croire que l’acteur a eu recours à un modèle AI « pour faciliter la découverte et l’exploitation de cette vulnérabilité ».

Les LLM de plus en plus finauds

Les grands modèles de langage actuels ont encore du mal à appréhender les logiques complexes d’autorisation en entreprise, détaillent les chercheurs. Par contre, « ils sont de plus en plus capables d’effectuer un raisonnement contextuel en interprétant l’intention du développeur ». Dans le cas qui nous intéresse, la faille ne provient pas d’un bug technique classique, mais d’un passe-droit intégré directement dans le code qui permettait dans certains cas de contourner la 2FA.

Les chercheurs estiment que les LLM sont particulièrement efficaces pour identifier ces erreurs logiques de haut niveau, qui sont souvent invisibles pour les outils de détection traditionnels. Cette découverte est qualifiée de première par Google et par des spécialistes en cybersécurité indépendants. 

« Nous pensons que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », s’alarme John Hultquist auprès du New York Times. « Le problème est probablement bien plus vaste ; c’est simplement la première preuve tangible que nous pouvons observer. » Il est évidemment difficile d’assurer à 100 % que du code a été écrit par un humain ou une IA. Mais dans ce cas précis, les indices relevés par le GTIG (trop de texte explicatif, un style de code très propre et scolaire, une mise en forme jugée caractéristique des données d’entraînement des LLM) font pencher nettement la balance vers l’hypothèse IA.

Ce premier cas possible de faille zero-day développée avec l’IA devrait en tout cas renforcer les appels à un encadrement plus strict des modèles IA les plus avancés. L’administration Trump voudrait ainsi avoir un droit de regard sur les LLM avant leur diffusion, pour s’assurer de leur innocuité.

Google a détecté le premier exploit « zero-day » conçu avec l’aide de l’IA

11 mai 2026 à 16:12

Le 11 mai 2026, Google a publié un rapport consacré à l’usage de l’intelligence artificielle dans les menaces cyber. L’entreprise y décrit un cas inédit : des cybercriminels auraient utilisé un modèle d’IA pour développer un exploit zero-day capable de contourner une authentification à deux facteurs (2FA).

Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

11 mai 2026 à 12:23
Une URL, et tout devient accessible
Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

Plus besoin de connaissances en HTML ou en JavaScript pour développer des web apps : il suffit de la décrire à une des plateformes de vibe coding qui se partagent un marché florissant. Mais la sécurité est le parent pauvre de cette pratique.

Les apps générées par IA publiées sur internet sont souvent peu sécurisées. Red Access, une entreprise spécialisée dans la sécurité dans le nuage, et son cofondateur Dor Zvi ont analysé des milliers de web apps créées avec des outils comme Lovable, Replit, Base44 et Netlify. Le résultat fait froid dans le dos : plus de 5 000 d’entre elles ne présentent aucune authentification ni véritable sécurité.

La simplicité c’est bien, la sécurité c’est mieux

Il suffit de trouver l’URL du site web pour accéder aux données de ces applications. D’autres n’opposaient comme résistance que des barrières faciles à franchir, comme l’obligation de se connecter avec une adresse email. Environ 40 % de ces web apps exposent des données sensibles, des documents confidentiels ou des historiques de conversation entre clients et chatbots. Dor Zvi tire la sonnette d’alarme chez Wired :

« Des organisations se retrouvent à divulguer des données privées via des applications créées avec le vibe coding. C’est l’un des plus grands cas de fuite où des personnes exposent des informations d’entreprise ou d’autres données sensibles à n’importe qui dans le monde. »

Parmi les trouvailles de l’équipe de Red Access : des plannings d’hôpitaux avec des informations personnelles sur des médecins, les achats publicitaires d’une entreprise, une présentation de lancement commercial, les registres de cargaisons d’une société de transport… Dans certains cas, Dor Zvi aurait pu obtenir les privilèges admin de certaines de ces apps en ligne — et même supprimer des comptes administrateurs.

Les plateformes de vibe coding permettent aux utilisateurs d’héberger leurs web apps directement sur leurs propres domaines. Pour mettre la main dessus, les chercheurs ont simplement utilisé Google ou Bing. Ils ont également trouvé plusieurs sites d’hameçonnage reproduisant ceux de grandes entreprises, créés et hébergés chez Lovable.

« Certains utilisateurs ont publié sur le web des applications qui auraient dû rester privées », explique Amjad Masad, le directeur général de Replit. « Qu’une application publique soit accessible sur internet est donc un comportement attendu. Les paramètres de confidentialité peuvent être modifiés à tout moment en un clic. » Rappelant l’existence d’outils de sécurité sur sa plateforme, le dirigeant s’engage à basculer les applications en mode privé et à informer les utilisateurs, si Red Access décide de lui transmettre une liste de ces derniers.

Masad reproche au passage le délai très court donné par la société de cybersécurité : « moins de 24 heures » avant de rendre l’affaire publique, ce qui n’a guère laissé de temps à Replit pour s’organiser. Le 6 mai, Replit annonçait que tous les utilisateurs du service, gratuit comme payant, peuvent publier leurs apps en mode privé. Une fonction qui était réservée auparavant aux clients Pro et Enterprise.

La responsabilité des plateformes

Chez Lovable, on indique également que les utilisateurs ont des outils de sécurité à leur disposition, « mais la manière dont une application est configurée relève au final de la responsabilité de son créateur ». Même discours du côté de Base44 : « Désactiver ces contrôles [de sécurité] est une action volontaire et simple, que n’importe quel utilisateur peut effectuer ». Une web app rendue publique est « un choix de configuration de l’utilisateur, et pas une faille de la plateforme ».

Base44 rappelle aussi qu’il est très simple de générer des données ressemblant à des vraies. Malgré tout, le risque d’exposer des informations confidentielles via des web apps vibe-codées reste réel. Ces outils sont utilisés par des utilisateurs n’ayant pas nécessairement le bagage technique suffisant pour sécuriser leurs données en ligne. 

« N’importe qui dans une entreprise peut générer une application à tout moment, sans passer par un cycle de développement standard ni par le moindre contrôle de sécurité », prévient Dor Zvi. Les plateformes ont une responsabilité ici, celle de mettre en place des garde-fous pour éviter un tsunami potentiel de fuites de données.

Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

11 mai 2026 à 12:23
Une URL, et tout devient accessible
Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

Plus besoin de connaissances en HTML ou en JavaScript pour développer des web apps : il suffit de la décrire à une des plateformes de vibe coding qui se partagent un marché florissant. Mais la sécurité est le parent pauvre de cette pratique.

Les apps générées par IA publiées sur internet sont souvent peu sécurisées. Red Access, une entreprise spécialisée dans la sécurité dans le nuage, et son cofondateur Dor Zvi ont analysé des milliers de web apps créées avec des outils comme Lovable, Replit, Base44 et Netlify. Le résultat fait froid dans le dos : plus de 5 000 d’entre elles ne présentent aucune authentification ni véritable sécurité.

La simplicité c’est bien, la sécurité c’est mieux

Il suffit de trouver l’URL du site web pour accéder aux données de ces applications. D’autres n’opposaient comme résistance que des barrières faciles à franchir, comme l’obligation de se connecter avec une adresse email. Environ 40 % de ces web apps exposent des données sensibles, des documents confidentiels ou des historiques de conversation entre clients et chatbots. Dor Zvi tire la sonnette d’alarme chez Wired :

« Des organisations se retrouvent à divulguer des données privées via des applications créées avec le vibe coding. C’est l’un des plus grands cas de fuite où des personnes exposent des informations d’entreprise ou d’autres données sensibles à n’importe qui dans le monde. »

Parmi les trouvailles de l’équipe de Red Access : des plannings d’hôpitaux avec des informations personnelles sur des médecins, les achats publicitaires d’une entreprise, une présentation de lancement commercial, les registres de cargaisons d’une société de transport… Dans certains cas, Dor Zvi aurait pu obtenir les privilèges admin de certaines de ces apps en ligne — et même supprimer des comptes administrateurs.

Les plateformes de vibe coding permettent aux utilisateurs d’héberger leurs web apps directement sur leurs propres domaines. Pour mettre la main dessus, les chercheurs ont simplement utilisé Google ou Bing. Ils ont également trouvé plusieurs sites d’hameçonnage reproduisant ceux de grandes entreprises, créés et hébergés chez Lovable.

« Certains utilisateurs ont publié sur le web des applications qui auraient dû rester privées », explique Amjad Masad, le directeur général de Replit. « Qu’une application publique soit accessible sur internet est donc un comportement attendu. Les paramètres de confidentialité peuvent être modifiés à tout moment en un clic. » Rappelant l’existence d’outils de sécurité sur sa plateforme, le dirigeant s’engage à basculer les applications en mode privé et à informer les utilisateurs, si Red Access décide de lui transmettre une liste de ces derniers.

Masad reproche au passage le délai très court donné par la société de cybersécurité : « moins de 24 heures » avant de rendre l’affaire publique, ce qui n’a guère laissé de temps à Replit pour s’organiser. Le 6 mai, Replit annonçait que tous les utilisateurs du service, gratuit comme payant, peuvent publier leurs apps en mode privé. Une fonction qui était réservée auparavant aux clients Pro et Enterprise.

La responsabilité des plateformes

Chez Lovable, on indique également que les utilisateurs ont des outils de sécurité à leur disposition, « mais la manière dont une application est configurée relève au final de la responsabilité de son créateur ». Même discours du côté de Base44 : « Désactiver ces contrôles [de sécurité] est une action volontaire et simple, que n’importe quel utilisateur peut effectuer ». Une web app rendue publique est « un choix de configuration de l’utilisateur, et pas une faille de la plateforme ».

Base44 rappelle aussi qu’il est très simple de générer des données ressemblant à des vraies. Malgré tout, le risque d’exposer des informations confidentielles via des web apps vibe-codées reste réel. Ces outils sont utilisés par des utilisateurs n’ayant pas nécessairement le bagage technique suffisant pour sécuriser leurs données en ligne. 

« N’importe qui dans une entreprise peut générer une application à tout moment, sans passer par un cycle de développement standard ni par le moindre contrôle de sécurité », prévient Dor Zvi. Les plateformes ont une responsabilité ici, celle de mettre en place des garde-fous pour éviter un tsunami potentiel de fuites de données.

☕️ La France insoumise victime d’un vol de données personnelles

11 mai 2026 à 11:59


La France Insoumise (LFI) a informé certains de ses adhérents ou sympathisants d’un vol de données personnelles survenu au niveau de ses outils internes. Elle y indique avoir été victime d’une attaque cybercriminelle susceptible d’avoir conduit à l’exposition d’informations telles que le nom et prénom, l’adresse email, l’adresse postale, les « informations de profil » et la « participation à certains groupes ou événements ».

Le parti politique ne précise pas le canal par lequel a été réalisée l’attaque, mais les informations personnelles évoquées, notamment l’allusion aux groupes ou événements, suggèrent qu’il pourrait s’agir du site actionpopulaire.fr, la plateforme via laquelle LFI propose à ses sympathisants d’organiser leurs actions de terrain.

Revendication d’un dump de la base actionpopulaire.fr publiée le 7 mai – capture d’écran Next

Cette allusion aux groupes semble également cohérente avec les revendications publiées par un internaute le 7 mai dernier sur un forum spécialisé. Celui-ci affirmait avoir réalisé un dump (une copie) du site actionpopulaire.fr, qui lui donnerait accès à 120 000 emails uniques, 20 000 numéros de téléphone, un nombre non précisé d’adresses physiques, ainsi qu’aux messages et échanges réalisés par l’intermédiaire de la plateforme.

Outre les messages individuels adressés aux victimes potentielles, LFI a communiqué de façon plus large auprès de ses sympathisants. Signé par Manuel Bompard et diffusé, notamment, sur les canaux Discord du parti, le message admet une fuite, mais ne corrobore pas les allégations du pirate supposé :

« Nous sommes encore en train d’investiguer pour préciser les conséquences de ces attaques. Il semble qu’en effet des données liées à certaines personnes ont pu être compromises. En revanche, contrairement à ce qui a été indiqué sur les réseaux sociaux, il ne s’agit ni du fichier de tou·tes les utilisateur·rices d’Action populaire, ni des signataires sur le site de soutien de la campagne présidentielle. »

Message de Manuel Bompard, diffusé dans le canal Annonces d’un des salons Discord de LFI – capture d’écran Next

Le coordinateur du parti confirme par ailleurs qu’une plainte va être déposée, outre l’alerte transmise à la CNIL et à l’ANSSI. « De manière générale, dans le contexte de généralisation de piratages de données ayant par exemple visé des institutions publiques, nous invitons tou·tes les camarades à faire preuve de la plus grande vigilance dans les messages qu’elles et ils pourraient recevoir sur leurs coordonnées personnelles », écrit encore le parti, avant d’appeler aux habituels conseils de vigilance.

La divulgation de cette attaque intervient alors que le leader du parti, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé dimanche 3 mai, au 20 heures de TF1, sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Le dépôt GitHub dédié au code d’actionpopulaire.fr témoigne quant à lui d’une forte accélération du volume de commits depuis le 23 avril dernier.

Rappelons que d’un point de vue réglementaire, les informations qui révèlent l’orientation politique relèvent de ce que le RGPD qualifie, dans son article 9, de « données sensibles ».

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