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Ring promet un chiffrement vidéo plus strict par défaut

27 août 2026 à 10:12
Ça sonne, le chiffrement est à la porte
Ring promet un chiffrement vidéo plus strict par défaut

Ring veut renforcer la confidentialité de ses sonnettes et caméras connectées, sans sacrifier pour autant toutes ses fonctions de traitement infonuagique des images. La filiale d’Amazon va déployer TAKE, un nouveau chiffrement par défaut qui limite l’accès de ses serveurs aux clés vidéo. Un exercice d’équilibriste délicat pour une entreprise régulièrement sous le feu des critiques sur le terrain de la vie privée.

Les utilisateurs des sonnettes Ring auront très bientôt le choix entre le chiffrement de bout en bout (E2EE) pour leurs vidéos et un chiffrement moins radical mais plus sécurisé que le modèle par défaut qui existe aujourd’hui. TAKE, pour « Throw Away the Key Encryption », sera le chiffrement par défaut pour tous les clients Ring dans le monde. Le déploiement débutera en septembre.

Un cloud qui verrouille

Actuellement, Ring procède au chiffrement des vidéos au repos et en transit : les données sont protégées contre l’interception réseau et l’accès direct au stockage, mais ce n’est pas au niveau du chiffrement de bout en bout. Ring peut ainsi toujours disposer des clés de déchiffrement pour le traitement de certaines vidéos.

Image : Ring

Depuis 2021, la filiale d’Amazon propose également, en option, le chiffrement E2EE. Dans ce cas, Ring ne peut pas accéder aux vidéos captées par les sonnettes et stockées sur ses serveurs ; seul l’utilisateur est en mesure de consulter ces vidéos. C’est une protection à double tour qui a l’inconvénient de bloquer des fonctions comme la recherche vidéo et leur description, l’accès vidéo sur le site web de Ring, la chronologie des événements, la fonction de visages familiers, ou encore le partage des appareils avec d’autres utilisateurs.

Ring tente donc un entre-deux avec TAKE. Comme avec le chiffrement E2EE, les vidéos sont chiffrées avec des clés qui changent régulièrement ; la grosse différence ici, c’est que Ring conserve temporairement une copie des clés, déverrouillée et gérée dans une enclave sécurisée (AWS Nitro Enclaves). L’accès à ces clés n’est possible que lorsque l’utilisateur a besoin de telle ou telle fonction. Après leur utilisation, la copie des clés est détruite au bout de 24 heures (« Throw Away the Key Encryption », donc).

Quand un traitement cloud est nécessaire sur une ancienne vidéo, l’app Ring peut renvoyer temporairement les clés au service en ligne, uniquement sur ordre de l’utilisateur. Ring ne peut pas récupérer ces clés de sa propre initiative. Amazon tente une analogie pour expliquer simplement le nouveau protocole :

« Imaginez des clés de maison. L’entreprise qui a fabriqué votre serrure ne garde pas de double de la clé. Vous pouvez confier un double à un proche ou à un membre de votre famille en qui vous avez entièrement confiance. Et si un artisan doit réparer votre évier, vous lui prêtez une clé seulement le temps nécessaire pour faire le travail, puis vous la récupérez. TAKE fonctionne de la même manière : vous détenez la clé principale de vos vidéos, et c’est vous qui décidez qui peut accéder à un double, et dans quel but. Vous gardez le contrôle de vos clés et de vos vidéos ; c’est aussi simple que cela. »

Deux chiffrements, une même base

Le livre blanc publié par Ring donne des éléments techniques d’explication (PDF). TAKE et E2EE reposent sur la même base cryptographique, le protocole MLS (Messaging Layer Security), conçu pour gérer le chiffrement au sein d’un groupe d’appareils.

Un groupe MLS est attaché à chaque caméra Ring, qui réunit les appareils autorisés à lire les vidéos de ce groupe. Un appareil ajouté ou retiré de ce groupe le fait basculer dans une nouvelle « époque » cryptographique avec de nouvelles clés, ce qui empêche un ancien appareil de déchiffrer les futures vidéos.

Image : Ring

La différence principale entre TAKE et E2EE tient surtout à la composition du groupe. Ring ajoute un « membre cloud » au groupe MLS de la caméra, ce qui lui permet d’obtenir temporairement les clés nécessaires aux fonctions dans le nuage, comme l’analyse vidéo et certains traitements (avec des limites, comme la fenêtre de 24 heures). En mode E2EE, les clés restent uniquement côté client sur les appareils autorisés de l’utilisateur. Ring peut toujours stocker et transmettre les vidéos chiffrées, mais il ne pourra pas les déchiffrer.

Les utilisateurs Ring conservent la possibilité d’activer le chiffrement de bout en bout s’ils le souhaitent. Le fabricant marche sur des œufs, il a été au cœur de plusieurs controverses ces derniers temps. En février par exemple, il a dû annuler un partenariat avec Flock Safety, une société actuellement en pleine tempête pour ses technologies de surveillance.

En juin, Amazon faisait l’objet d’une plainte aux États-Unis liée à la fonction Visages familiers de Ring. Le plaignant, qui cherche à obtenir le statut de recours collectif, affirme que la fonction conserve les images de passants sans leur consentement.

Ring promet un chiffrement vidéo plus strict par défaut

27 août 2026 à 10:12
Ça sonne, le chiffrement est à la porte
Ring promet un chiffrement vidéo plus strict par défaut

Ring veut renforcer la confidentialité de ses sonnettes et caméras connectées, sans sacrifier pour autant toutes ses fonctions de traitement infonuagique des images. La filiale d’Amazon va déployer TAKE, un nouveau chiffrement par défaut qui limite l’accès de ses serveurs aux clés vidéo. Un exercice d’équilibriste délicat pour une entreprise régulièrement sous le feu des critiques sur le terrain de la vie privée.

Les utilisateurs des sonnettes Ring auront très bientôt le choix entre le chiffrement de bout en bout (E2EE) pour leurs vidéos et un chiffrement moins radical mais plus sécurisé que le modèle par défaut qui existe aujourd’hui. TAKE, pour « Throw Away the Key Encryption », sera le chiffrement par défaut pour tous les clients Ring dans le monde. Le déploiement débutera en septembre.

Un cloud qui verrouille

Actuellement, Ring procède au chiffrement des vidéos au repos et en transit : les données sont protégées contre l’interception réseau et l’accès direct au stockage, mais ce n’est pas au niveau du chiffrement de bout en bout. Ring peut ainsi toujours disposer des clés de déchiffrement pour le traitement de certaines vidéos.

Image : Ring

Depuis 2021, la filiale d’Amazon propose également, en option, le chiffrement E2EE. Dans ce cas, Ring ne peut pas accéder aux vidéos captées par les sonnettes et stockées sur ses serveurs ; seul l’utilisateur est en mesure de consulter ces vidéos. C’est une protection à double tour qui a l’inconvénient de bloquer des fonctions comme la recherche vidéo et leur description, l’accès vidéo sur le site web de Ring, la chronologie des événements, la fonction de visages familiers, ou encore le partage des appareils avec d’autres utilisateurs.

Ring tente donc un entre-deux avec TAKE. Comme avec le chiffrement E2EE, les vidéos sont chiffrées avec des clés qui changent régulièrement ; la grosse différence ici, c’est que Ring conserve temporairement une copie des clés, déverrouillée et gérée dans une enclave sécurisée (AWS Nitro Enclaves). L’accès à ces clés n’est possible que lorsque l’utilisateur a besoin de telle ou telle fonction. Après leur utilisation, la copie des clés est détruite au bout de 24 heures (« Throw Away the Key Encryption », donc).

Quand un traitement cloud est nécessaire sur une ancienne vidéo, l’app Ring peut renvoyer temporairement les clés au service en ligne, uniquement sur ordre de l’utilisateur. Ring ne peut pas récupérer ces clés de sa propre initiative. Amazon tente une analogie pour expliquer simplement le nouveau protocole :

« Imaginez des clés de maison. L’entreprise qui a fabriqué votre serrure ne garde pas de double de la clé. Vous pouvez confier un double à un proche ou à un membre de votre famille en qui vous avez entièrement confiance. Et si un artisan doit réparer votre évier, vous lui prêtez une clé seulement le temps nécessaire pour faire le travail, puis vous la récupérez. TAKE fonctionne de la même manière : vous détenez la clé principale de vos vidéos, et c’est vous qui décidez qui peut accéder à un double, et dans quel but. Vous gardez le contrôle de vos clés et de vos vidéos ; c’est aussi simple que cela. »

Deux chiffrements, une même base

Le livre blanc publié par Ring donne des éléments techniques d’explication (PDF). TAKE et E2EE reposent sur la même base cryptographique, le protocole MLS (Messaging Layer Security), conçu pour gérer le chiffrement au sein d’un groupe d’appareils.

Un groupe MLS est attaché à chaque caméra Ring, qui réunit les appareils autorisés à lire les vidéos de ce groupe. Un appareil ajouté ou retiré de ce groupe le fait basculer dans une nouvelle « époque » cryptographique avec de nouvelles clés, ce qui empêche un ancien appareil de déchiffrer les futures vidéos.

Image : Ring

La différence principale entre TAKE et E2EE tient surtout à la composition du groupe. Ring ajoute un « membre cloud » au groupe MLS de la caméra, ce qui lui permet d’obtenir temporairement les clés nécessaires aux fonctions dans le nuage, comme l’analyse vidéo et certains traitements (avec des limites, comme la fenêtre de 24 heures). En mode E2EE, les clés restent uniquement côté client sur les appareils autorisés de l’utilisateur. Ring peut toujours stocker et transmettre les vidéos chiffrées, mais il ne pourra pas les déchiffrer.

Les utilisateurs Ring conservent la possibilité d’activer le chiffrement de bout en bout s’ils le souhaitent. Le fabricant marche sur des œufs, il a été au cœur de plusieurs controverses ces derniers temps. En février par exemple, il a dû annuler un partenariat avec Flock Safety, une société actuellement en pleine tempête pour ses technologies de surveillance.

En juin, Amazon faisait l’objet d’une plainte aux États-Unis liée à la fonction Visages familiers de Ring. Le plaignant, qui cherche à obtenir le statut de recours collectif, affirme que la fonction conserve les images de passants sans leur consentement.

Le code «123456», c’est terminé : WhatsApp change les règles de sécurité des comptes

25 août 2026 à 14:16

WhatsApp renforce la protection de ses utilisateurs avec plusieurs nouveautés : clés d'accès multiples, vérification en deux étapes plus robuste, et davantage de contexte sur les appels inconnus.

☕️ La mutuelle Solimut alerte sur une violation de données personnelles

25 août 2026 à 09:04


La mutuelle Solimut, qui revendique 535 000 adhérents, a indiqué lundi avoir identifié « une cyberattaque ayant entrainé une violation de données personnelles en début de journée ce dimanche 23 août 2026 ». Sur son site, elle indique que ses équipes ont rapidement mis un terme à l’intrusion, et s’attellent désormais à « inventorier de façon précise le périmètre touché ».

Solimut affirme par ailleurs avoir déjà notifié la cyberattaque auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), et se préparer à en faire de même auprès de la CNIL « dans les délais attendus ». Elle promet par ailleurs qu’une communication plus précise sera adressée à ses adhérents une fois les investigations menées à leur terme. En attendant, elle invite « les adhérentes et les adhérents à être prudents dans les prochains jours sur les sollicitations qu’ils pourraient recevoir en cas de prises de contact par mail ou par téléphone d’entités externes à la mutuelle ».

L’avertissement prend la forme d’une annonce affichée en popup sur le site de Solimut – capture d’écran Next

Ce message fait suite à la publication, samedi 22 août, d’une annonce proposant à la vente un jeu de données extrait des systèmes de Solimut. D’après cette revendication, le lot répertorierait des informations relatives à 1,2 million d’assurés, dont plus d’un million de bulletins de salaire et quelque 770 000 comptes bancaires.

Le compte X qui se revendique du pseudonyme ZeroBytes, impliqué dans le récent trio d’attaques sur les systèmes de la DGFiP, a publiquement interpellé Solimut dimanche 23 août, évoquant une injection SQL ayant « permis l’extraction de 4 401 062 lignes, dont 779 750 IBAN et 1 366 638 NIR ».

☕️ La mutuelle Solimut alerte sur une violation de données personnelles

25 août 2026 à 09:04


La mutuelle Solimut, qui revendique 535 000 adhérents, a indiqué lundi avoir identifié « une cyberattaque ayant entrainé une violation de données personnelles en début de journée ce dimanche 23 août 2026 ». Sur son site, elle indique que ses équipes ont rapidement mis un terme à l’intrusion, et s’attellent désormais à « inventorier de façon précise le périmètre touché ».

Solimut affirme par ailleurs avoir déjà notifié la cyberattaque auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), et se préparer à en faire de même auprès de la CNIL « dans les délais attendus ». Elle promet par ailleurs qu’une communication plus précise sera adressée à ses adhérents une fois les investigations menées à leur terme. En attendant, elle invite « les adhérentes et les adhérents à être prudents dans les prochains jours sur les sollicitations qu’ils pourraient recevoir en cas de prises de contact par mail ou par téléphone d’entités externes à la mutuelle ».

L’avertissement prend la forme d’une annonce affichée en popup sur le site de Solimut – capture d’écran Next

Ce message fait suite à la publication, samedi 22 août, d’une annonce proposant à la vente un jeu de données extrait des systèmes de Solimut. D’après cette revendication, le lot répertorierait des informations relatives à 1,2 million d’assurés, dont plus d’un million de bulletins de salaire et quelque 770 000 comptes bancaires.

Le compte X qui se revendique du pseudonyme ZeroBytes, impliqué dans le récent trio d’attaques sur les systèmes de la DGFiP, a publiquement interpellé Solimut dimanche 23 août, évoquant une injection SQL ayant « permis l’extraction de 4 401 062 lignes, dont 779 750 IBAN et 1 366 638 NIR ».

C’est qui qui a fuité aujourd’hui ?

25 août 2026 à 08:41
On a quand même atteint un niveau record de "Plus rien à foutre des fuites" et surtout "Plus aucune sanction vu que la CNIL a Aquaponey, alors pourquoi se faire chier ?"
Et ça jusqu'aux plus hauts services de l'état (Les impôts, l'ANTS, l'éducation nationale...)

Vous vous souvenez de l'«obligation de sécuriser votre connexion Wifi» sinon HADOPI vous tapait sur les doigts ? hahahaha...
(Permalink)

Le piratage du ministère de l’Intérieur : un coup de bol opportuniste, et même pas ciblé

21 août 2026 à 13:58
Ils ne savaient pas que c'était possible, alors ils l'ont fait
Le piratage du ministère de l’Intérieur : un coup de bol opportuniste, et même pas ciblé

L’enquête de l’Office anticybercriminalité (OFAC) sur le piratage de fichiers du ministère de l’Intérieur révèle qu’il a commencé par la compromission de l’ordinateur personnel d’un fonctionnaire du ministère de… l’Agriculture. Le ou les auteurs de l’intrusion ont ensuite passé deux mois et demi à farfouiller leurs systèmes respectifs, parvenant à franchir près d’une dizaine de lignes de défense en profondeur, avant de réussir à exfiltrer 96 fichiers policiers… auxquels ils n’auraient initialement jamais pensé pouvoir accéder.

Fin décembre, Le Canard enchaîné révélait que le « fric-frac informatique du ministère de l’Intérieur » avait duré du dimanche 9 novembre au jeudi 4 décembre, soit 26 jours, « une très longue journée portes ouvertes ». « C’est la consultation compulsive – le week-end et la nuit – de ce listing ultra-sensible qui a déclenché l’alerte », soulignait le caneton.

D’après un bilan du ministère de l’Intérieur, que le Canard avait pu consulter, « les dégâts sont bien plus importants qu’annoncé : 37 serveurs de messagerie sur 250 ont été compromis, et 14 fichiers de police ont été visités, dont celui des personnes recherchées, qui contient notamment les fichés S ».

Il expliquait que l’intrusion aurait été facilitée du fait que « nombre de poulets se tamponnent le coquillard de la sécurité informatique ». Pour se connecter au système de Circulation Hiérarchisée des Enregistrements Opérationnels de la Police Sécurisés (CHEOPS), le portail permettant d’accéder aux fichiers de la police et de la gendarmerie, il faut normalement utiliser sa carte professionnelle, dotée d’une puce, ainsi qu’un code à quatre chiffres.

Or, « les poulets, moins disciplinés que les pandores, utilisent à tort et à travers un système de secours sans carte, reposant sur le seul identifiant et un code à six chiffres », qu’un policier aurait partagé en clair dans un e-mail auquel le pirate avait pu accéder.

Un cleptogiciel commercialisé entre 300 et 500 $ par mois

L’enquête de l’Office anticybercriminalité (OFAC) de la police judiciaire, que Le Monde a pu consulter, révèle une intrusion autrement plus complexe qui, à défaut d’être particulièrement sophistiquée, montre que les pirates ont passé deux mois et demi à errer dans un labyrinthe de systèmes informatiques interconnectés, et dû franchir de nombreuses défenses en profondeur avant de pouvoir parvenir aux fichiers qu’ils avaient exfiltrés.

La compromission du ministère de l’Intérieur remonte en réalité à un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, surnommé « patient zéro de l’attaque » par les enquêteurs. Dans la soirée du 19 septembre 2025, l’intéressé consulta sa boîte mail professionnelle, depuis son domicile dijonnais, sur son ordinateur personnel.

L’article du Monde laisse entendre qu’il aurait alors cliqué sur un lien adressé à son e-mail professionnel, le conduisant « sur un faux site proposant le téléchargement de logiciels d’édition musicale ». L’article ne précise pas s’il en avait téléchargé un ou s’il s’était contenté de visiter le site, reste que son ordinateur personnel fut contaminé par l’ « infostealer » (« cleptogiciel » en français) Rhadamanthys.

Le journaliste Valéry Rieß-Marchive, rédacteur en chef du MagIT, et l’un des meilleurs observateurs français des arcanes de ce type de cyberattaques, relève sur LinkedIn et sur X que la mention du nom du cleptogiciel utilisé est « rare et ce n’est pas anodin » : le détournement de comptes légitimes suite au passage de tels infostealers, « c’est classique. L’établir est plus rare. Beaucoup plus rare. »

Il émet l’hypothèse selon laquelle cette mention serait potentiellement liée au fait qu’Europol avait annoncé le démantèlement de l’infrastructure de Rhadamanthys, en novembre dernier, dans le cadre d’Endgame, une opération de grande envergure visant à démanteler les botnets et infrastructures criminelles qui y sont associées.

Valéry Rieß-Marchive précisait dans l’article qu’il y avait alors consacré que Rhadamanthys « était proposé avec de multiples plugins et commercialisé entre 300 et 500 $ par mois, payables en cryptopépettes ». À défaut de savoir si les auteurs du piratage du ministère de l’Intérieur étaient eux-mêmes clients de Rhadamanthys, ou s’ils avaient acheté à l’un de ses utilisateurs et/ou revendeurs les données liées au « patient zéro de l’attaque », cette dernière reposait donc aussi sur toute une chaîne logistique, en matière de cyberdélinquance, allant bien au-delà d’un simple piratage de login et mot de passe.

« Une faille sur un outil interne accessible depuis un simple navigateur web »

L’article du Monde ne précise pas si les antivirus et autres systèmes de sécurité du ministère de l’Agriculture auraient pu bloquer l’installation de cet infostealer sur l’ordinateur professionnel du fonctionnaire, mais il est loisible de le penser.

« Quand l’ordinateur personnel d’un collaborateur devient le vecteur d’attaque, le rebond vers le réseau professionnel est désormais quasi immédiat », remarque de son côté Henri d’Agrain, délégué général du Cigref (ex-club informatique des grandes entreprises françaises), en réponse à Valéry Rieß-Marchive.

Le cleptogiciel a ensuite permis aux pirates d’accéder au Google Drive du « patient zéro de l’attaque », où il avait stocké son certificat d’authentification au VPN du ministère, ce qui, là aussi, n’aurait pas dû se produire : une chose est de pouvoir accéder à son email professionnel depuis son ordinateur personnel, une autre est de stocker dans un espace personnel un certificat de sécurité professionnel.

Disposant de « droits particulièrement élevés » en raison de ses fonctions, l’accès au compte du fonctionnaire permit aux pirates de naviguer « durant des semaines » sur les réseaux du ministère de l’Agriculture, et d’y découvrir, le 9 novembre, « une passerelle informatique menant jusqu’aux réseaux du ministère de l’Intérieur ».

Ils y évoluèrent ensuite « durant presque un mois », afin de « se familiariser avec l’architecture des systèmes informatiques du ministère, en particulier des serveurs de la direction générale de la police nationale », avant que leurs consultations compulsives de fichiers, le soir et la nuit, ne soient détectées par le centre de cyberdéfense de Beauvau.

Ils avaient pour cela dû passer outre deux nouvelles « défenses en profondeur ». D’abord en identifiant « une faille sur un outil interne accessible depuis un simple navigateur web », qui permit aux pirates de « prendre possession de comptes de gestionnaires e-mail de différentes directions interrégionales de la police », puis d’ « activer la réinitialisation des mots de passe d’agents du ministère, en particulier d’enquêteurs de police ».

La consultation des messageries piratées leur permit, dans un second temps, de trouver dans des pièces jointes des certificats d’authentification permettant de se connecter au VPN du ministère de l’Intérieur, « avec les mots de passe associés dans le corps de texte ».

C’est uniquement à ce stade, et donc après avoir franchi au moins huit niveaux de défenses en profondeur que, « grâce aux données dérobées, les intrus pénètrent sur le très sensible portail CHEOPS, la boîte à outils des policiers et gendarmes », résume Le Monde.

Dans un précédent article, nous relevions que les pirates avaient certes partagé une capture d’écran du portail d’accès à CHEOPS, mais sans que l’on sache s’ils y avaient réellement pu y accéder, soit via une carte professionnelle compromise, soit par identifiant/mot de passe.

Les pirates ciblent la France (ou le font croire) pour se venger

L’article du Monde rapporte que les pirates accédèrent ensuite au fichier des personnes recherchées (FPR) ainsi qu’au traitement des antécédents judiciaires (TAJ), « sans avoir besoin de carte professionnelle sécurisée », mais sans non plus que l’on sache, comme l’avançait Le Canard Enchaîné, s’ils seraient passés par « un système de secours sans carte, reposant sur le seul identifiant et un code à six chiffres ». Reste qu’ils n’en avaient pas moins franchi un neuvième palier.

L’intrusion, signalée le 5 décembre, sera suivie le 17 décembre par l’interpellation d’un suspect de 23 ans, qui « a répété qu’il n’était pas l’auteur du piratage, expliquant avoir seulement fourni le serveur ayant permis aux véritables hackeurs, toujours dans la nature, d’agir », précise Le Monde, « mais à la demande des auteurs du piratage, qui auraient exercé sur lui des pressions », et dont il ne connaîtrait que les pseudonymes.

S’il se définit comme « autodidacte » en informatique, il avait déjà été condamné en 2025 à un an de prison avec sursis dans une affaire de cyberescroquerie, et est en attente de procès dans un dossier de « swatting », « deux affaires pour lesquelles il est suspecté d’avoir fourni les moyens techniques à des complices », écrit Le Monde.

Les pirates se seraient plus particulièrement intéressés, via le FPR, à trois profils de jeunes majeurs, « dont l’un est recherché par la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Préfecture de police de Paris », souligne Le Monde. Ils ont également recherché des noms, prénoms et pseudonymes dans le TAJ, « dont ceux, là encore, d’un jeune homme connu pour son implication dans une affaire d’atteintes à un système automatisé de traitement de données ».

Selon les chiffres fournis par le ministre de l’Intérieur lors de son audition par la commission des lois du Sénat en janvier, rappelle Le Monde, le ou les assaillants ont exfiltré 23 fiches et 3 000 « éléments de sommaires » (sortes de résumé, émanant du FPR), 72 fiches, plusieurs dizaines de milliers de sommaires provenant du TAJ, ainsi qu’une fiche Interpol.

Le rapport de l’OFAC révèle également que les pirates « sont également parvenus à consulter le contenu de plusieurs procédures judiciaires en cours », sans que Le Monde précise là non plus s’ils auraient pour cela franchi une dixième ligne de défense en profondeur, ou s’ils y avaient eu accès via l’un des comptes compromis, sinon que plusieurs de ces procédures judiciaires portaient elles-mêmes sur des enquêtes cyber :

« Au moins trois d’entre elles portent sur des faits de cybercriminalité et sont diligentées par les services de police de l’Office anti-cybercriminalité, en charge du piratage de l’intérieur, et de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Préfecture de police, dont l’une a été ouverte en 2025. »

« Les suspects ont-ils voulu se renseigner sur des investigations les visant ou visant leur communauté ? » s’interroge Le Monde, qui souligne que « pour l’heure, la piste privilégiée est que l’attaque constituait une opération de représailles à l’arrestation, en juin 2025, de membres présumés du groupe cybercriminel ShinyHunters ».

Dans le portrait-type que nous consacrions aux pirates auteurs d’attaques de ce type interpellés par les autorités ces derniers mois, nous rappelions que dans son rapport annuel sur la cybercriminalité, le commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace (COMCYBER-MI) soulignait en effet que l’interpellation de plusieurs Français, à la demande du FBI ou par les autorités françaises, membres présumés du groupe de pirates ShinyHunters, aurait incité plusieurs pirates à s’attaquer aux institutions, administrations, organisations, fédérations, associations et entreprises françaises, pour se venger.

Ce qui explique aussi, en partie, la succession de piratages improprement qualifiés de « fuites de données » auxquels nous assistons depuis l’an passé. L’enquête de l’OFAC révèle enfin qu’il s’agirait également d’une cyberattaque opportuniste, et que ses auteurs ne cherchaient pas, initialement, à s’attaquer au ministère de l’Intérieur, et encore moins à pouvoir en extraire des fichiers policiers.

Le piratage du ministère de l’Intérieur : un coup de bol opportuniste, et même pas ciblé

21 août 2026 à 13:58
Ils ne savaient pas que c'était possible, alors ils l'ont fait
Le piratage du ministère de l’Intérieur : un coup de bol opportuniste, et même pas ciblé

L’enquête de l’Office anticybercriminalité (OFAC) sur le piratage de fichiers du ministère de l’Intérieur révèle qu’il a commencé par la compromission de l’ordinateur personnel d’un fonctionnaire du ministère de… l’Agriculture. Le ou les auteurs de l’intrusion ont ensuite passé deux mois et demi à farfouiller leurs systèmes respectifs, parvenant à franchir près d’une dizaine de lignes de défense en profondeur, avant de réussir à exfiltrer 96 fichiers policiers… auxquels ils n’auraient initialement jamais pensé pouvoir accéder.

Fin décembre, Le Canard enchaîné révélait que le « fric-frac informatique du ministère de l’Intérieur » avait duré du dimanche 9 novembre au jeudi 4 décembre, soit 26 jours, « une très longue journée portes ouvertes ». « C’est la consultation compulsive – le week-end et la nuit – de ce listing ultra-sensible qui a déclenché l’alerte », soulignait le caneton.

D’après un bilan du ministère de l’Intérieur, que le Canard avait pu consulter, « les dégâts sont bien plus importants qu’annoncé : 37 serveurs de messagerie sur 250 ont été compromis, et 14 fichiers de police ont été visités, dont celui des personnes recherchées, qui contient notamment les fichés S ».

Il expliquait que l’intrusion aurait été facilitée du fait que « nombre de poulets se tamponnent le coquillard de la sécurité informatique ». Pour se connecter au système de Circulation Hiérarchisée des Enregistrements Opérationnels de la Police Sécurisés (CHEOPS), le portail permettant d’accéder aux fichiers de la police et de la gendarmerie, il faut normalement utiliser sa carte professionnelle, dotée d’une puce, ainsi qu’un code à quatre chiffres.

Or, « les poulets, moins disciplinés que les pandores, utilisent à tort et à travers un système de secours sans carte, reposant sur le seul identifiant et un code à six chiffres », qu’un policier aurait partagé en clair dans un e-mail auquel le pirate avait pu accéder.

Un cleptogiciel commercialisé entre 300 et 500 $ par mois

L’enquête de l’Office anticybercriminalité (OFAC) de la police judiciaire, que Le Monde a pu consulter, révèle une intrusion autrement plus complexe qui, à défaut d’être particulièrement sophistiquée, montre que les pirates ont passé deux mois et demi à errer dans un labyrinthe de systèmes informatiques interconnectés, et dû franchir de nombreuses défenses en profondeur avant de pouvoir parvenir aux fichiers qu’ils avaient exfiltrés.

La compromission du ministère de l’Intérieur remonte en réalité à un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, surnommé « patient zéro de l’attaque » par les enquêteurs. Dans la soirée du 19 septembre 2025, l’intéressé consulta sa boîte mail professionnelle, depuis son domicile dijonnais, sur son ordinateur personnel.

L’article du Monde laisse entendre qu’il aurait alors cliqué sur un lien adressé à son e-mail professionnel, le conduisant « sur un faux site proposant le téléchargement de logiciels d’édition musicale ». L’article ne précise pas s’il en avait téléchargé un ou s’il s’était contenté de visiter le site, reste que son ordinateur personnel fut contaminé par l’ « infostealer » (« cleptogiciel » en français) Rhadamanthys.

Le journaliste Valéry Rieß-Marchive, rédacteur en chef du MagIT, et l’un des meilleurs observateurs français des arcanes de ce type de cyberattaques, relève sur LinkedIn et sur X que la mention du nom du cleptogiciel utilisé est « rare et ce n’est pas anodin » : le détournement de comptes légitimes suite au passage de tels infostealers, « c’est classique. L’établir est plus rare. Beaucoup plus rare. »

Il émet l’hypothèse selon laquelle cette mention serait potentiellement liée au fait qu’Europol avait annoncé le démantèlement de l’infrastructure de Rhadamanthys, en novembre dernier, dans le cadre d’Endgame, une opération de grande envergure visant à démanteler les botnets et infrastructures criminelles qui y sont associées.

Valéry Rieß-Marchive précisait dans l’article qu’il y avait alors consacré que Rhadamanthys « était proposé avec de multiples plugins et commercialisé entre 300 et 500 $ par mois, payables en cryptopépettes ». À défaut de savoir si les auteurs du piratage du ministère de l’Intérieur étaient eux-mêmes clients de Rhadamanthys, ou s’ils avaient acheté à l’un de ses utilisateurs et/ou revendeurs les données liées au « patient zéro de l’attaque », cette dernière reposait donc aussi sur toute une chaîne logistique, en matière de cyberdélinquance, allant bien au-delà d’un simple piratage de login et mot de passe.

« Une faille sur un outil interne accessible depuis un simple navigateur web »

L’article du Monde ne précise pas si les antivirus et autres systèmes de sécurité du ministère de l’Agriculture auraient pu bloquer l’installation de cet infostealer sur l’ordinateur professionnel du fonctionnaire, mais il est loisible de le penser.

« Quand l’ordinateur personnel d’un collaborateur devient le vecteur d’attaque, le rebond vers le réseau professionnel est désormais quasi immédiat », remarque de son côté Henri d’Agrain, délégué général du Cigref (ex-club informatique des grandes entreprises françaises), en réponse à Valéry Rieß-Marchive.


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Une nouvelle attaque sur la supply chain vise les développeurs Rust via arrayref

21 août 2026 à 12:27
De l'intérêt d'être INdépendant
Une nouvelle attaque sur la supply chain vise les développeurs Rust via arrayref

L’équipe Rust a signalé jeudi une attaque visant un crate très populaire, arrayref. Elle a permis, pendant un peu plus d’une heure, de distribuer des composants vérolés vraisemblablement destinés à la récupération de mots de passe sur les machines des utilisateurs finaux. L’incident, rapidement contenu, s’inscrit dans une longue liste d’attaques visant la chaîne d’approvisionnement.

L’équipe en charge de la maintenance du langage Rust et de ses composants a alerté jeudi 20 août d’une attaque visant arrayref, un crate (l’unité de compilation de base, qui se présente soit sous forme de binaires, soit comme une bibliothèque) très courant.

Pour ce faire, les auteurs ont réussi à publier sur crates.io, le registre de paquets Rust, un composant baptisé proc-macro1. Il contenait un build script (code qui s’exécute à la compilation) ayant pour objet de déclencher le téléchargement d’une charge malveillante de type infostealer (vol de données).

Une charge calculée pour extraire des données

Pour favoriser la diffusion de leur attaque (dont le nom est une forme de typosquatting d’un autre crate légitime, proc-macro2), les attaquants ont réussi à modifier le crate arrayref pour que leur charge soit appelée lors de l’utilisation de ce dernier. Ils ont également piégé de la même façon d’autres composants courants (internment, append-only-vec).

D’après l’équipe Rust, la fenêtre de diffusion s’est heureusement révélée limitée, suite à une alerte rapidement formulée par les chercheurs de Nextron Systems. Elle estime ainsi que les composants vérolés sont restés en ligne entre 90 et 107 minutes : un laps de temps trop court pour permettre une propagation à grande échelle, mais tout de même suffisamment long pour que des développeurs aient pu être touchés.

« Nous vous recommandons de vérifier vos dépendances locales pour vous assurer que ces crates n’ont pas été téléchargées », déclare ainsi l’équipe Rust, qui invite à vérifier le contenu du dossier ~/.cargo/registry/cache pour y débusquer les éventuelles versions vérolées.

Deux chercheurs de l’entreprise de cybersécurité Wiz (passée aux mains de Google en mars 2026) ont détaillé le contenu exact de la charge malveillante. Lancée donc dès la compilation, elle a vocation à reconstruire une URL de destination pour l’envoi de données volées, désactiver la validation d’un certificat TLS et ainsi autoriser le contrôle et commande à distance (C2).

Elle télécharge ensuite un composant spécifique à l’OS et à l’architecture de la machine et lance ce dernier, qui commence ensuite à extraire des informations, en s’intéressant notamment aux identifiants stockés au niveau du navigateur. Il s’installe par ailleurs de façon persistante, soit via le registre Windows, soit au moyen de LaunchAgent (macOS) ou systemd (Linux).

Le compte d’un mainteneur compromis

Les attaquants n’ont probablement pas choisi leur cible au hasard. Le crate arrayref compte en effet la bagatelle de 245 millions de téléchargements, et il est utilisé comme dépendance dans 400 autres crates populaires, utilisés notamment sur les chaînes de blocs Ethereum et Solana, associées à des cryptomonnaies bien connues.

La subtilité ici réside dans le fait que le crate arrayref ne comportait en tant que tel aucun code malveillant, notent les chercheurs de Step Security : c’est simplement son fichier de dépendances qui était modifié.

La version corrompue, arrayref@0.3.10, semble avoir été publiée depuis le compte d’un mainteneur Rust historique, et non des moindres puisqu’il s’agirait de l’auteur du crate initial, initialement publié il y a 15 ans. « Nous ne pensons pas que l’auteur d’arrayref agisse de manière malveillante, mais son ordinateur ou ses identifiants sont probablement compromis, et nous essayons de le contacter », indique l’équipe Rust.

Dans la foulée de la publication, les attaquants ont yanké (retiré) les versions 0.3.5 à 0.3.9 du crate arrayref pour que les développeurs soient enclins à lancer cargo update, la commande de mise à jour censée précisément les protéger lorsque leur environnement exploite une version obsolète (et donc potentiellement vulnérable) d’un composant.

L’attaque a donné lieu à la publication, vendredi, d’une CVE (2026 - 77651) qualifiée de critique avec un score de 9,8.

Pour Wiz, le mode opératoire et une adresse IP détectée par l’une des victimes de l’attaque rappellent directement de précédentes attaques sur la chaîne d’approvisionnement (supply chain) telles que celles menées ces derniers mois contre Trivy, Axios et npm.

Une nouvelle attaque sur la supply chain vise les développeurs Rust via arrayref

21 août 2026 à 12:27
De l'intérêt d'être INdépendant
Une nouvelle attaque sur la supply chain vise les développeurs Rust via arrayref

L’équipe Rust a signalé jeudi une attaque visant un crate très populaire, arrayref. Elle a permis, pendant un peu plus d’une heure, de distribuer des composants vérolés vraisemblablement destinés à la récupération de mots de passe sur les machines des utilisateurs finaux. L’incident, rapidement contenu, s’inscrit dans une longue liste d’attaques visant la chaîne d’approvisionnement.

L’équipe en charge de la maintenance du langage Rust et de ses composants a alerté jeudi 20 août d’une attaque visant arrayref, un crate (l’unité de compilation de base, qui se présente soit sous forme de binaires, soit comme une bibliothèque) très courant.

Pour ce faire, les auteurs ont réussi à publier sur crates.io, le registre de paquets Rust, un composant baptisé proc-macro1. Il contenait un build script (code qui s’exécute à la compilation) ayant pour objet de déclencher le téléchargement d’une charge malveillante de type infostealer (vol de données).

Une charge calculée pour extraire des données

Pour favoriser la diffusion de leur attaque (dont le nom est une forme de typosquatting d’un autre crate légitime, proc-macro2), les attaquants ont réussi à modifier le crate arrayref pour que leur charge soit appelée lors de l’utilisation de ce dernier. Ils ont également piégé de la même façon d’autres composants courants (internment, append-only-vec).

D’après l’équipe Rust, la fenêtre de diffusion s’est heureusement révélée limitée, suite à une alerte rapidement formulée par les chercheurs de Nextron Systems. Elle estime ainsi que les composants vérolés sont restés en ligne entre 90 et 107 minutes : un laps de temps trop court pour permettre une propagation à grande échelle, mais tout de même suffisamment long pour que des développeurs aient pu être touchés.

« Nous vous recommandons de vérifier vos dépendances locales pour vous assurer que ces crates n’ont pas été téléchargées », déclare ainsi l’équipe Rust, qui invite à vérifier le contenu du dossier ~/.cargo/registry/cache pour y débusquer les éventuelles versions vérolées.

Deux chercheurs de l’entreprise de cybersécurité Wiz (passée aux mains de Google en mars 2026) ont détaillé le contenu exact de la charge malveillante. Lancée donc dès la compilation, elle a vocation à reconstruire une URL de destination pour l’envoi de données volées, désactiver la validation d’un certificat TLS et ainsi autoriser le contrôle et commande à distance (C2).

Elle télécharge ensuite un composant spécifique à l’OS et à l’architecture de la machine et lance ce dernier, qui commence ensuite à extraire des informations, en s’intéressant notamment aux identifiants stockés au niveau du navigateur. Il s’installe par ailleurs de façon persistante, soit via le registre Windows, soit au moyen de LaunchAgent (macOS) ou systemd (Linux).

Le compte d’un mainteneur compromis

Les attaquants n’ont probablement pas choisi leur cible au hasard. Le crate arrayref compte en effet la bagatelle de 245 millions de téléchargements, et il est utilisé comme dépendance dans 400 autres crates populaires, utilisés notamment sur les chaînes de blocs Ethereum et Solana, associées à des cryptomonnaies bien connues.

La subtilité ici réside dans le fait que le crate arrayref ne comportait en tant que tel aucun code malveillant, notent les chercheurs de Step Security : c’est simplement son fichier de dépendances qui était modifié.

La version corrompue, arrayref@0.3.10, semble avoir été publiée depuis le compte d’un mainteneur Rust historique, et non des moindres puisqu’il s’agirait de l’auteur du crate initial, initialement publié il y a 15 ans. « Nous ne pensons pas que l’auteur d’arrayref agisse de manière malveillante, mais son ordinateur ou ses identifiants sont probablement compromis, et nous essayons de le contacter », indique l’équipe Rust.

Dans la foulée de la publication, les attaquants ont yanké (retiré) les versions 0.3.5 à 0.3.9 du crate arrayref pour que les développeurs soient enclins à lancer cargo update, la commande de mise à jour censée précisément les protéger lorsque leur environnement exploite une version obsolète (et donc potentiellement vulnérable) d’un composant.

L’attaque a donné lieu à la publication, vendredi, d’une CVE (2026 - 77651) qualifiée de critique avec un score de 9,8.

Pour Wiz, le mode opératoire et une adresse IP détectée par l’une des victimes de l’attaque rappellent directement de précédentes attaques sur la chaîne d’approvisionnement (supply chain) telles que celles menées ces derniers mois contre Trivy, Axios et npm.

☕️ L’IRD confirme un piratage, les données de 7 500 personnes exposées

21 août 2026 à 08:46


L’Institut de recherche pour le développement (IRD) a annoncé ce mardi 18 aout à son personnel, via une lettre en PDF que Next a pu se procurer, qu’une « intrusion d’origine externe dans son système d’information » a eu lieu cet été. Ce piratage a conduit, selon la PDG de l’institut, Valérie Verdier, qui signe ce courrier, « à l’exposition des données de 7 500 personnes ».

Ce chiffre est particulièrement frappant lorsqu’on le compare au nombre d’agents travaillant pour l’organisme. En effet, le rapport d’activité de l’IRD de 2025 publié en juin dernier indique que l’organisme compte 2 249 agents.

Dans ce courrier, la responsable fait la liste des données qui ont été exposées :

  • « vos données d’identification : nom, prénom(s), sexe, nationalité, date et lieu de naissance ;
  • vos données relatives à la vie personnelle : adresse postale et numéro de téléphone personnels ;
  • vos données relatives à la vie professionnelle : matricule agent, rattachement administratif, affectation géographique, statut, corps, grade, poste, niveau, échelon, emploi, discipline, adresse
    électronique professionnelle, numéro de téléphone pofessionnel ;
  • votre numéro de sécurité sociale ».

Toujours selon le document, l’incident aurait été détecté par l’IRD le 24 juillet. C’est le 6 aout que l’enquête menée en interne a permis d’établir que ces données ont été exposées. Néanmoins, « à ce stade, nous ne sommes pas en mesure de confirmer que ces données aient été exfiltrées », précise la lettre.

Valérie Verdier ajoute que son organisme de recherche a « immédiatement engagé des investigations afin d’en déterminer l’origine, l’étendue et les conséquences. Elle assure que « les mesures nécessaires pour contenir l’incident, sécuriser les systèmes concernés et rétablir progressivement les services ont été appliquées depuis cette date ».

La direction explique que la « situation est susceptible d’entraîner notamment des risques de piratage de compte, d’usurpation d’identité ou de fraude ».

Elle assure aussi avoir signalé l’incident aux autorités compétentes, porté plainte et mis en place une cellule de crise. De façon pratique, elle signale avoir mis à l’isolement des serveurs informatiques concernés afin de limiter les risques et travailler en coopération avec l’ANSSI, le CERT RENATER, le Centre opérationnel de la sécurité des systèmes d’information (COSSI) et le fonctionnaire de sécurité des systèmes d’information (FSSI).

L’IRD vient aussi de publier un communiqué plus succinct.

Ce n’est pas la première institution de recherche française à subir un incident de ce genre cette année. En effet, le CNRS a fait part en février dernier d’une fuite de données concernant les personnels recrutés avant le 1/1/2007.

☕️ L’IRD confirme un piratage, les données de 7 500 personnes exposées

21 août 2026 à 08:46


L’Institut de recherche pour le développement (IRD) a annoncé ce mardi 18 aout à son personnel, via une lettre en PDF que Next a pu se procurer, qu’une « intrusion d’origine externe dans son système d’information » a eu lieu cet été. Ce piratage a conduit, selon la PDG de l’institut, Valérie Verdier, qui signe ce courrier, « à l’exposition des données de 7 500 personnes ».

Ce chiffre est particulièrement frappant lorsqu’on le compare au nombre d’agents travaillant pour l’organisme. En effet, le rapport d’activité de l’IRD de 2025 publié en juin dernier indique que l’organisme compte 2 249 agents.

Dans ce courrier, la responsable fait la liste des données qui ont été exposées :

  • « vos données d’identification : nom, prénom(s), sexe, nationalité, date et lieu de naissance ;
  • vos données relatives à la vie personnelle : adresse postale et numéro de téléphone personnels ;
  • vos données relatives à la vie professionnelle : matricule agent, rattachement administratif, affectation géographique, statut, corps, grade, poste, niveau, échelon, emploi, discipline, adresse
    électronique professionnelle, numéro de téléphone pofessionnel ;
  • votre numéro de sécurité sociale ».

Toujours selon le document, l’incident aurait été détecté par l’IRD le 24 juillet. C’est le 6 aout que l’enquête menée en interne a permis d’établir que ces données ont été exposées. Néanmoins, « à ce stade, nous ne sommes pas en mesure de confirmer que ces données aient été exfiltrées », précise la lettre.

Valérie Verdier ajoute que son organisme de recherche a « immédiatement engagé des investigations afin d’en déterminer l’origine, l’étendue et les conséquences. Elle assure que « les mesures nécessaires pour contenir l’incident, sécuriser les systèmes concernés et rétablir progressivement les services ont été appliquées depuis cette date ».

La direction explique que la « situation est susceptible d’entraîner notamment des risques de piratage de compte, d’usurpation d’identité ou de fraude ».

Elle assure aussi avoir signalé l’incident aux autorités compétentes, porté plainte et mis en place une cellule de crise. De façon pratique, elle signale avoir mis à l’isolement des serveurs informatiques concernés afin de limiter les risques et travailler en coopération avec l’ANSSI, le CERT RENATER, le Centre opérationnel de la sécurité des systèmes d’information (COSSI) et le fonctionnaire de sécurité des systèmes d’information (FSSI).

L’IRD vient aussi de publier un communiqué plus succinct.

Ce n’est pas la première institution de recherche française à subir un incident de ce genre cette année. En effet, le CNRS a fait part en février dernier d’une fuite de données concernant les personnels recrutés avant le 1/1/2007.

☕️ SFR prévient ses clients Fibre d’une fuite de données

20 août 2026 à 15:37


À chaque jour sa fuite de données, ou presque. SFR a prévenu jeudi 20 août ses clients qu’un « incident de sécurité » avait été détecté le 2 juillet. Il a touché un outil de gestion d’analyse des raccordements fibre, qui a entraîné un accès non autorisé à des données : nom, prénom, civilité, adresse, numéro de téléphone mobile, identifiant de contrat et des données techniques liées à la ligne.

Illustration : Flock

Le groupe de pirates ZeroBytes a revendiqué l’attaque, rapporte FrenchBreaches qui publie le message de l’opérateur. Ces derniers ne sont pas inconnus des services : c’est à eux que l’on doit aussi l’attaque de la plateforme du fisc. Dans le cas de SFR, 2,1 millions de clients seraient potentiellement concernées.

L’entreprise a désactivé le compte utilisé pour accéder à l’outil, bloqué les adresses IP à l’origine de l’accès non autorisé, et continue de surveiller ces adresses. Les mesures de sécurité des systèmes ont été renforcés. La CNIL a également été notifiée, et une plainte déposée auprès du Procureur de la République.

Les données en fuite pourraient alimenter des campagnes de hameçonnage. Un escroc pourrait se présenter comme un représentant de SFR pour pousser les clients contactés à communiquer des informations confidentielles ou effectuer un paiement.

☕️ SFR prévient ses clients Fibre d’une fuite de données

20 août 2026 à 15:37


À chaque jour sa fuite de données, ou presque. SFR a prévenu jeudi 20 août ses clients qu’un « incident de sécurité » avait été détecté le 2 juillet. Il a touché un outil de gestion d’analyse des raccordements fibre, qui a entraîné un accès non autorisé à des données : nom, prénom, civilité, adresse, numéro de téléphone mobile, identifiant de contrat et des données techniques liées à la ligne.

Illustration : Flock

Le groupe de pirates ZeroBytes a revendiqué l’attaque, rapporte FrenchBreaches qui publie le message de l’opérateur. Ces derniers ne sont pas inconnus des services : c’est à eux que l’on doit aussi l’attaque de la plateforme du fisc. Dans le cas de SFR, 2,1 millions de clients seraient potentiellement concernées.

L’entreprise a désactivé le compte utilisé pour accéder à l’outil, bloqué les adresses IP à l’origine de l’accès non autorisé, et continue de surveiller ces adresses. Les mesures de sécurité des systèmes ont été renforcés. La CNIL a également été notifiée, et une plainte déposée auprès du Procureur de la République.

Les données en fuite pourraient alimenter des campagnes de hameçonnage. Un escroc pourrait se présenter comme un représentant de SFR pour pousser les clients contactés à communiquer des informations confidentielles ou effectuer un paiement.

Le logiciel espion « secret défense » de la DGSI était un fork d’un exploit disponible sur GitHub

20 août 2026 à 14:18
Un exploit « très peu sophistiqué »
Le logiciel espion « secret défense » de la DGSI était un fork d’un exploit disponible sur GitHub

Ayant permis plus de 6 000 arrestations, la saisie de 900M d’euros et de 270 tonnes de drogues, le piratage du cryptophone Encrochat reposait sur un logiciel espion « secret défense » développé par la DGSI. Il avait en fait été bidouillé à partir d’un logiciel open source et d’un exploit téléchargés sur GitHub. Il reposait aussi sur une faille « zero day » identifiée par Google comme étant exploitée par le logiciel espion Pegasus de NSO, révèle une enquête de Computer Weekly.

MàJ, 23 août : quatre chercheurs en cryptographie et cybersécurité (Martin R. Albrecht, Sunoo Park, Michael A. Specter et Douglas Stebila), ont par ailleurs publié un preprint, « A Real-World Law-Enforcement Hack: The Case of Encrochat ». Présenté comme « le compte rendu public le plus détaillé à ce jour sur l’infrastructure d’Encrochat et la manière dont elle a été compromise », il n’évoque pas, cela dit, la rétro-ingénierie d’Invasys ni donc le recours à la vulnérabilité « Bad Blinder » exploitée par NSO et découverte par le Project Zero de Google, révélées par l’enquête de Computer Weekly.


Le 2 juillet 2020, Europol et Eurojust annonçaient que la gendarmerie nationale française avait réussi à pirater et démanteler EncroChat, « un réseau téléphonique chiffré largement utilisé par les réseaux criminels » dénombrant 60 000 clients, a priori fortunés. Ses terminaux sécurisés étaient en effet vendus la bagatelle de 1 000 euros, auxquels il fallait ajouter 1 500 euros d’abonnement, à renouveler tous les 6 mois.

Initiée en 2017, l’enquête avait mobilisé 60 enquêteurs réunis en France dans une « cellule Emma 95 », et permis plusieurs centaines d’arrestations un peu partout en Europe. Trois ans plus tard, Europol se félicitait du fait que cette opération avait permis l’arrestation de 6 558 personnes dans le monde entier (dont 197 « high value targets »), la saisie de 740 millions d’euros de cash et le gel de 154,1 millions d’euros sous forme d’actifs ou de comptes bancaires, 164,4 tonnes de cannabis, 103,5 de cocaïne, 3,3 d’héroïne, 30,5 millions de comprimés de drogues chimiques, 971 véhicules, 923 armes (plus 21 750 cartouches et 68 explosifs), 271 domaines ou maisons, 83 bateaux et 40 avions.

Encrochat en chiffres – Eurojust et Europol

Europol ne précisait pas combien de personnes avaient alors été condamnées, mais celles qui l’avaient été totalisaient alors une durée cumulée de 7 134 années de prison. Europol précisait également que 35 % des affaires relevaient du crime organisé, 33 du trafic de drogue, 14 du blanchiment d’argent, 12 de projets de meurtres, et 6 de trafic d’armes.

À l’époque, la gendarmerie n’avait pas détaillé son modus operandi, reconnaissant toutefois avoir eu recours à trois « dispositifs techniques », dont deux couverts par le « secret défense ». La loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) de 2010 autorise en effet la « captation de données informatiques, une technique spéciale d’enquête prévue par le droit français » afin de « contourner l’obstacle du chiffrement et ainsi d’accéder à des données informatiques de manière invisible pour l’utilisateur ».

Les journalistes d’investigation Bill Goodwin et Duncan Campbell (un ancien hacker radio connu pour avoir révélé l’existence du GCHQ et du programme anglo-saxon Echelon de surveillance satellite des communications) viennent néanmoins de révéler, dans Computer Weekly (CW) qu’à la demande de la justice britannique, une entreprise de cybersécurité tchèque a réussi, par rétro-ingénierie, à reconstituer le logiciel espion.

Il aurait été développé par le « service technique national de captation judiciaire » (STNCJ), un service à compétence nationale rattaché au directeur technique de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), créé en 2018 et chargé de la conception, de la centralisation et de la mise en œuvre de dispositifs techniques permettant l’activation à distance d’un appareil électronique, qui sont cela dit couvertes par le secret de la défense nationale.

Une peine de 30 ans de prison, et plusieurs millions d’euros d’amendes

Encrochat aurait été développé par Paul Kursky, un Canadien d’une cinquantaine d’années vivant en République dominicaine. D’après The Globe and Mail, il y avait été arrêté en 2022, avant d’être extradé en février 2024 en France, où, mis en examen pour une quinzaine de chefs d’accusation, il encourt une peine de 30 ans de prison, et plusieurs millions d’euros d’amendes.

[Communiqué de presse] L’un des principaux dirigeants de la structure #EncroChat a été remis à la France le 02/02/24 à la suite d'un important travail de coopération avec @Eurojust et les autorités dominicaines.
▶Mis en examen, il a été placé en détention provisoire par le JLD. https://t.co/9JAuQ7tqwj pic.twitter.com/mGFeRS24i5

— Samuel Finielz, procureur de Lille (@ProcureurLille) February 7, 2024

CW révèle pour sa part qu’en 2014, Kursky expliqua à l’un de ses partenaires avoir mis au point une « solution de sécurité » pour les smartphones Android, « à partir de plusieurs projets open source », dont Off-the-Record Messaging, le précurseur des messageries chiffrées, Guardian ROM, une version sécurisée d’Android développée par le Guardian Project, un collectif de développeurs œuvrant pour « les militants, les journalistes et les utilisateurs lambda qui accordent de l’importance à la vie privée et à la sécurité ».

L’idée était de flasher un smartphone de sorte qu’il dispose d’une zone de stockage chiffrée dotée de son propre système d’exploitation, activable à partir d’une combinaison de touches spéciales offrant à ses utilisateurs la possibilité de nier de façon plausible (« déni plausible », ou « plausible deniability » en anglais) le fait qu’il s’agisse en réalité d’un « cryptophone ».

L’abonnement coûtait 1 000 $ pour 6 mois, pour un téléphone qui, ironise CW, « pouvait parfois prendre en charge des appels téléphoniques », mais servait surtout à stocker des notes, échanger des messages et images avec des utilisateurs identifiables non via leurs noms ou n° de téléphones, mais via des pseudonymes « choisis au hasard ». Leurs échanges étaient en outre automatiquement effacés au bout de 14 jours, ou dans un délai fixé par leurs expéditeurs.

Capture d’écran du site d’EncroChat – archive.org

Le smartphone pouvait également être effacé à distance par le revendeur ou le service d’assistance, et proposait plusieurs fonctionnalités visant à assurer « garantir l’anonymat » de ses utilisateurs, dont un code PIN spécifique destiné à la suppression immédiate de toutes les données sur l’appareil, et la suppression de toutes les données en cas de saisies consécutives d’un mauvais mot de passe.

Une rétro-ingénierie de 70 % du logiciel espion des hackers de la DGSI


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Des chercheurs ont fait « revivre » des cartes VISA sans contact après expiration

19 août 2026 à 13:17
Oups
Des chercheurs ont fait « revivre » des cartes VISA sans contact après expiration

Grâce à des failles dans le protocole de paiement sans contact et à son implémentation par VISA, il est possible d’effectuer des paiements sans contact alors que les cartes ont expiré.

Des cartes de crédits « zombies », c’est ainsi que des chercheurs de l’Université du Massachusetts Amherst qualifient certaines cartes de crédits VISA qui permettent de payer en mode sans contact alors qu’elles sont périmées.

Lorsqu’une carte de crédit arrive à péremption et qu’elle est remplacée par une nouvelle, on peut avoir tendance à se dire qu’elle est définitivement inutilisable par quiconque et s’en défaire sans trop de soucis. Mais ce n’est pas forcément le cas.

Raja Hasnain Anwar, Gerard DeCunha et Muhammad Taqi Raza ont expliqué comment ils ont réussi à passer outre cette date de péremption sur certaines cartes à la conférence Usenix qui s’est tenue à Baltimore la semaine dernière. Leur article, relu par des pairs, est en ligne sur le site de Usenix.

Ils y expliquent que les cartes qu’ils ont pu faire « revivre » ont bien toutes des dates de péremption mais que le protocole sans contact EMV créé par Europay, Mastercard et Visa (d’où son nom) et surtout son implémentation par VISA permettent de passer outre.

L’implémentation de VISA laisse particulièrement à désirer


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Troisième fuite confirmée aux impôts, Bercy détaille sa réponse aux attaques

18 août 2026 à 16:07
Si vis pacem para bellum
Troisième fuite confirmée aux impôts, Bercy détaille sa réponse aux attaques

Quatre jours après la révélation d’un triple accès illégitime au système d’information des impôts et au lendemain d’un comité interministériel de crise, les représentants de l’État prennent la parole pour expliquer la situation et rassurer… autant que faire se peut. Le ministère de l’Éducation nationale confirme par ailleurs avoir lui aussi été victime d’une intrusion et exfiltration de données fin juillet.

Article mis à jour à 18h34 avec des précisions du ministère de l’Éducation nationale sur l’ « incident de sécurité » dont il avait été victime fin juillet.


Confirmée le 14 août par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), la double intrusion survenue dans le système d’information des impôts a donné lieu, lundi 17 août, à un comité interministériel de crise. Mardi, les services concernés ont fait acte de contrition, et d’une transparence relative, à l’occasion d’un point presse visant à préciser la nature exacte de l’attaque, ou plutôt des attaques, ainsi que les réponses apportées. Au passage, ils ont aussi révélé qu’une troisième intrusion venait d’être détectée au niveau du portail dédié aux successions vacantes.

Trois intrusions confirmées

Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques, a retracé le calendrier des incidents récents, certains aspects du mode opératoire de l’attaquant, en précisant bien s’exprimer dans les limites de l’enquête en cours. « À date, nous parlons de trois fuites, de gravité et d’ampleur très différentes. Aucune d’entre elles n’a permis d’entrer dans un compte fiscal ou de récupérer des codes d’accès », a-t-elle assuré.

Les deux premières intrusions, survenues respectivement en juin et en juillet 2026, ont permis selon les services de la DGFiP de consulter et d’extraire les données de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels, ainsi qu’un lot de données cadastrales.

Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques ; David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics ; général Stéphane Bajard, directeur général adjoint de l’ANSSI – capture d’écran

Au niveau des impôts, c’est la base de données des messages échangés entre les agents du service public et les usagers qui aurait été consultée. Cette interface contient, selon Amélie Verdier, un « cartouche résumé » qui présente à l’agent les principales informations fiscales de l’usager, pour faciliter sa compréhension de la demande.

À ce niveau, l’attaque a permis de consulter et d’extraire les données de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels. Pour les premiers, sont notamment concernées « des données fiscales telles que le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou le taux de prélèvement à la source ». Sur le volet entreprise, Bercy évoque dans sa FAQ dédiée (PDF) « des données telles que leur raison sociale ou leur SIREN ». Amélie Verdier précise toutefois que comme pour les particuliers, des messages avec l’administration ont pu être consultés, ce qui pourrait se traduire par l’exposition de données fiscales. « Les vérifications sont en cours », déclare-t-elle.

La deuxième fuite relative au cadastre concerne quant à elle des données liées aux parcelles, indique la directrice générale. Les données personnelles de 433 000 personnes seraient concernées à ce stade de l’investigation. « Ce sont des vendeurs, des acheteurs, ou des tiers tels que des notaires ou des professionnels amenés à faire des déclarations dans cette base cadastrale », indique Amélie Verdier.

Enfin, une troisième attaque vient d’être détectée et confirmée, au niveau cette fois du portail des successions vacantes, le service qui permet au détenteur d’une créance envers un défunt de vérifier s’il existe un héritier auprès duquel faire valoir ses droits. « L’attaquant a eu accès à un journal des demandes », indique la directrice générale.

Des comptes utilisateurs compromis

La DGFiP a par ailleurs confirmé que ces accès indus avaient été obtenus au moyen de comptes utilisateurs compromis, réalisés par Internet. Ces accès auraient bien été détectés, et coupés, en juin et en juillet, mais sans que l’exfiltration de données ait été confirmée à ce stade. Bercy dit avoir pris connaissance de la fuite le 12 août, via une alerte de l’ANSSI concomitante de la revendication du ou des pirates auteurs de l’attaque.

Sur la base de données du cadastre, Amélie Verdier parle de la compromission d’un compte avec double authentification. Pour ce qui concerne les échanges fiscaux qui constituent l’attaque la plus préoccupante, elle évoque une « combinaison de compromissions de comptes » qui aurait touché à la fois le profil d’un prestataire externe agréé et celui d’un agent des impôts, avec une passerelle rendue possible par une « brèche » non précisée.

Pourquoi la fuite de données n’a-t-elle pas été détectée avant la revendication, si les comptes utilisés ont bien été fermés pour cause de compromission ? Sur ce point, la DGFiP se range derrière le secret de l’enquête. Tout juste apprendra-t-on que l’attaquant « a d’abord fait des tests manuels qu’il a ensuite massifiés, en restant sous les seuils de détection », et que les investigations menées en juin et en juillet semblent s’être concentrées sur des compromissions classiques, sans envisager cette « combinaison » évoquée par la directrice générale.

Une authentification multi-facteurs généralisée d’ici la fin de l’année

Outre des excuses appuyées aux victimes, et un appel à ne pas stigmatiser les agents des impôts, la directrice des Impôts et le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, ont logiquement assuré que la sécurité des services concernés constituait une « priorité absolue ». L’authentification forte, « déjà bien engagée » selon le ministre, devrait ainsi être généralisée à l’ensemble des agents de Bercy « d’ici la fin de l’année ».

David Amiel évoque également la généralisation des quotas d’accès aux données, la mise en place de capteurs sur tous les systèmes qui en sont encore dépourvus, et une formation cyber renforcée des agents, ainsi que la multiplication d’opérations telles que des campagnes de phishing fictives. Le ministre dit par ailleurs souhaiter un usage renforcé de l’IA à des fins d’exploration défensive. « J’ai demandé à ce qu’on se teste nous-mêmes avec des IA pour nous auto-attaquer et déceler les défaillances ». Pas un mot en revanche de la directive européenne NIS2, dont la transposition en France se fait toujours attendre.

En parallèle, c’est bien sûr l’audit confié à l’ANSSI, dont les résultats sont attendus pour septembre, qui devrait guider la marche à suivre. « Ce diagnostic complètera les enseignements des attaques passées et de la feuille de route cyber élaborée à ma demande au premier semestre », précise David Amiel. 

Quid des vulnérabilités structurelles, liées à l’ancienneté des systèmes d’information (le fameux legacy) ? Bercy affirme plancher de façon continue sur la question, et avoir encore intensifié ses efforts avec un accent particulier sur la cyber depuis son schéma directeur du numérique de 2025, mis à jour à l’été 2026.

La dette technique reste cependant conséquente, même si le rattrapage est sensible. « Notre taux de conformité a doublé depuis 2020, nous sommes passés de 25 % à un peu plus de 50 % », révèle Amélie Verdier. Elle indique par ailleurs que 100 postes sont dédiés aux sujets cyber sur les 5 300 informaticiens de Bercy. Et souligne un volume d’attaques conséquent, avec 6 972 incidents enregistrés et 57 compromissions de comptes enregistrés en 2025.

En attendant que la dette se résorbe, Bercy affirme travailler à réduire au maximum les accès distants susceptibles de favoriser des compromissions (mail ou agendas des fonctionnaires hors du réseau de Bercy par exemple). Et assure prioriser la refonte des fichiers les plus sensibles, comme le Ficoba troué en début d’année.

Information en cours auprès des usagers

Reste à informer les usagers des services fiscaux. Bercy a annoncé lundi soir que les personnes concernées seraient contactées par mail, avec un courrier d’information reproduit ci-dessous. La campagne d’envoi de mails pour les particuliers devrait se terminer à la fin de la semaine. La communication à destination des professionnels débutera quant à elle la semaine prochaine, c’est-à-dire à partir du 24 août.

Courrier de la DGFiP aux victimes des intrusions de juin et juillet 2026 – DGFiP

La Cnil a de son côté confirmé avoir été dûment notifiée, et prie instamment les victimes de ne plus tenter de la saisir de plaintes individuelles « sauf si vous disposez d’éléments spécifiques ou utiles aux investigations en cours ».

Le ministère de l’Éducation nationale confirme une exfiltration de données

Le ou les pirates qui revendiquent l’attaque sur Bercy, cachés derrière le pseudo ZeroBytes, ont par ailleurs affirmé lundi soir disposer d’un jeu de données particulièrement volumineux issu des systèmes informatiques de l’Éducation nationale. Interrogé sur ce point, le général Stéphane Bajard, directeur général adjoint de l’ANSSI, indique que l’agence est engagée aux côtés des équipes du ministère pour analyser l’incident, mais ne confirme ni n’infirme la revendication.

L’entourage du ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a cela dit confirmé à france info qu’il s’agit de l’attaque qui avait fait l’objet d’un communiqué, le 31 juillet dernier. Le ministère avait alors annoncé avoir été « victime d’une intrusion frauduleuse dans l’un de ses systèmes d’information » dans la nuit du 25 juillet 2026, « à la suite de l’usurpation d’un compte professionnel ».

Le centre opérationnel de sécurité des systèmes d’information du ministère en avait été alerté « dès le 26 juillet », et si l’accès externe au système concerné avait été suspendu « dans les heures qui ont suivi », le ministère reconnaissait que l’intrusion « a pu conduire à l’exfiltration de données à caractère personnel concernant un nombre important de ses agents » :

« Les données susceptibles d’avoir été exfiltrées concernent les agents du ministère ayant exercé en académie depuis 2001. Il s’agit d’éléments d’identité et d’informations professionnelles – statut et fonctions. Pour une partie d’entre eux s’y ajoutent des coordonnées, adresse postale et numéro de téléphone, ainsi que le numéro de sécurité sociale. Ce système d’information ne contient ni données bancaires, ni mots de passe, ni données relatives aux élèves. »

Dans un communiqué, le ministère précise avoir alors déposé plainte contre X auprès du parquet de Paris et saisi l’ANSSI, ainsi que la CNIL. « Depuis, l’ensemble des personnels susceptibles d’être concernés ont été informés individuellement », précise le communiqué :

« Des publications intervenues hier font état de la mise en ligne de ces données et revendiquent la détention de données relatives à des élèves. Le ministère poursuit ses expertises techniques afin d’établir la nature exacte et l’étendue des données exfiltrées. »

Le ministère indique par ailleurs travailler avec l’appui de l’ANSSI à un plan de renforcement de la sécurité de ses systèmes d’information, et « appelle chacun à la plus grande vigilance face aux tentatives de fraude qui suivent ce type de publication, en particulier l’hameçonnage et l’usurpation d’identité » :

« Il ne demande jamais par courriel, par téléphone ou par message les identifiants de connexion, les mots de passe ou les coordonnées bancaires. Tout message suspect doit être signalé aux autorités académiques sans y répondre ni cliquer sur les liens qu’il contient. »

Troisième fuite confirmée aux impôts, Bercy détaille sa réponse aux attaques

18 août 2026 à 16:07
Si vis pacem para bellum
Troisième fuite confirmée aux impôts, Bercy détaille sa réponse aux attaques

Quatre jours après la révélation d’un triple accès illégitime au système d’information des impôts et au lendemain d’un comité interministériel de crise, les représentants de l’État prennent la parole pour expliquer la situation et rassurer… autant que faire se peut. Le ministère de l’Éducation nationale confirme par ailleurs avoir lui aussi été victime d’une intrusion et exfiltration de données fin juillet.

Article mis à jour à 18h34 avec des précisions du ministère de l’Éducation nationale sur l’ « incident de sécurité » dont il avait été victime fin juillet.


Confirmée le 14 août par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), la double intrusion survenue dans le système d’information des impôts a donné lieu, lundi 17 août, à un comité interministériel de crise. Mardi, les services concernés ont fait acte de contrition, et d’une transparence relative, à l’occasion d’un point presse visant à préciser la nature exacte de l’attaque, ou plutôt des attaques, ainsi que les réponses apportées. Au passage, ils ont aussi révélé qu’une troisième intrusion venait d’être détectée au niveau du portail dédié aux successions vacantes.

Trois intrusions confirmées

Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques, a retracé le calendrier des incidents récents, certains aspects du mode opératoire de l’attaquant, en précisant bien s’exprimer dans les limites de l’enquête en cours. « À date, nous parlons de trois fuites, de gravité et d’ampleur très différentes. Aucune d’entre elles n’a permis d’entrer dans un compte fiscal ou de récupérer des codes d’accès », a-t-elle assuré.

Les deux premières intrusions, survenues respectivement en juin et en juillet 2026, ont permis selon les services de la DGFiP de consulter et d’extraire les données de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels, ainsi qu’un lot de données cadastrales.

Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques ; David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics ; général Stéphane Bajard, directeur général adjoint de l’ANSSI – capture d’écran

Au niveau des impôts, c’est la base de données des messages échangés entre les agents du service public et les usagers qui aurait été consultée. Cette interface contient, selon Amélie Verdier, un « cartouche résumé » qui présente à l’agent les principales informations fiscales de l’usager, pour faciliter sa compréhension de la demande.

À ce niveau, l’attaque a permis de consulter et d’extraire les données de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels. Pour les premiers, sont notamment concernées « des données fiscales telles que le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou le taux de prélèvement à la source ». Sur le volet entreprise, Bercy évoque dans sa FAQ dédiée (PDF) « des données telles que leur raison sociale ou leur SIREN ». Amélie Verdier précise toutefois que comme pour les particuliers, des messages avec l’administration ont pu être consultés, ce qui pourrait se traduire par l’exposition de données fiscales. « Les vérifications sont en cours », déclare-t-elle.

La deuxième fuite relative au cadastre concerne quant à elle des données liées aux parcelles, indique la directrice générale. Les données personnelles de 433 000 personnes seraient concernées à ce stade de l’investigation. « Ce sont des vendeurs, des acheteurs, ou des tiers tels que des notaires ou des professionnels amenés à faire des déclarations dans cette base cadastrale », indique Amélie Verdier.

Enfin, une troisième attaque vient d’être détectée et confirmée, au niveau cette fois du portail des successions vacantes, le service qui permet au détenteur d’une créance envers un défunt de vérifier s’il existe un héritier auprès duquel faire valoir ses droits. « L’attaquant a eu accès à un journal des demandes », indique la directrice générale.

Des comptes utilisateurs compromis

La DGFiP a par ailleurs confirmé que ces accès indus avaient été obtenus au moyen de comptes utilisateurs compromis, réalisés par Internet. Ces accès auraient bien été détectés, et coupés, en juin et en juillet, mais sans que l’exfiltration de données ait été confirmée à ce stade. Bercy dit avoir pris connaissance de la fuite le 12 août, via une alerte de l’ANSSI concomitante de la revendication du ou des pirates auteurs de l’attaque.

Sur la base de données du cadastre, Amélie Verdier parle de la compromission d’un compte avec double authentification. Pour ce qui concerne les échanges fiscaux qui constituent l’attaque la plus préoccupante, elle évoque une « combinaison de compromissions de comptes » qui aurait touché à la fois le profil d’un prestataire externe agréé et celui d’un agent des impôts, avec une passerelle rendue possible par une « brèche » non précisée.

Pourquoi la fuite de données n’a-t-elle pas été détectée avant la revendication, si les comptes utilisés ont bien été fermés pour cause de compromission ? Sur ce point, la DGFiP se range derrière le secret de l’enquête. Tout juste apprendra-t-on que l’attaquant « a d’abord fait des tests manuels qu’il a ensuite massifiés, en restant sous les seuils de détection », et que les investigations menées en juin et en juillet semblent s’être concentrées sur des compromissions classiques, sans envisager cette « combinaison » évoquée par la directrice générale.

Une authentification multi-facteurs généralisée d’ici la fin de l’année

Outre des excuses appuyées aux victimes, et un appel à ne pas stigmatiser les agents des impôts, la directrice des Impôts et le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, ont logiquement assuré que la sécurité des services concernés constituait une « priorité absolue ». L’authentification forte, « déjà bien engagée » selon le ministre, devrait ainsi être généralisée à l’ensemble des agents de Bercy « d’ici la fin de l’année ».

David Amiel évoque également la généralisation des quotas d’accès aux données, la mise en place de capteurs sur tous les systèmes qui en sont encore dépourvus, et une formation cyber renforcée des agents, ainsi que la multiplication d’opérations telles que des campagnes de phishing fictives. Le ministre dit par ailleurs souhaiter un usage renforcé de l’IA à des fins d’exploration défensive. « J’ai demandé à ce qu’on se teste nous-mêmes avec des IA pour nous auto-attaquer et déceler les défaillances ». Pas un mot en revanche de la directive européenne NIS2, dont la transposition en France se fait toujours attendre.

En parallèle, c’est bien sûr l’audit confié à l’ANSSI, dont les résultats sont attendus pour septembre, qui devrait guider la marche à suivre. « Ce diagnostic complètera les enseignements des attaques passées et de la feuille de route cyber élaborée à ma demande au premier semestre », précise David Amiel. 

Quid des vulnérabilités structurelles, liées à l’ancienneté des systèmes d’information (le fameux legacy) ? Bercy affirme plancher de façon continue sur la question, et avoir encore intensifié ses efforts avec un accent particulier sur la cyber depuis son schéma directeur du numérique de 2025, mis à jour à l’été 2026.

La dette technique reste cependant conséquente, même si le rattrapage est sensible. « Notre taux de conformité a doublé depuis 2020, nous sommes passés de 25 % à un peu plus de 50 % », révèle Amélie Verdier. Elle indique par ailleurs que 100 postes sont dédiés aux sujets cyber sur les 5 300 informaticiens de Bercy. Et souligne un volume d’attaques conséquent, avec 6 972 incidents enregistrés et 57 compromissions de comptes enregistrés en 2025.

En attendant que la dette se résorbe, Bercy affirme travailler à réduire au maximum les accès distants susceptibles de favoriser des compromissions (mail ou agendas des fonctionnaires hors du réseau de Bercy par exemple). Et assure prioriser la refonte des fichiers les plus sensibles, comme le Ficoba troué en début d’année.

Information en cours auprès des usagers

Reste à informer les usagers des services fiscaux. Bercy a annoncé lundi soir que les personnes concernées seraient contactées par mail, avec un courrier d’information reproduit ci-dessous. La campagne d’envoi de mails pour les particuliers devrait se terminer à la fin de la semaine. La communication à destination des professionnels débutera quant à elle la semaine prochaine, c’est-à-dire à partir du 24 août.

Courrier de la DGFiP aux victimes des intrusions de juin et juillet 2026 – DGFiP

La Cnil a de son côté confirmé avoir été dûment notifiée, et prie instamment les victimes de ne plus tenter de la saisir de plaintes individuelles « sauf si vous disposez d’éléments spécifiques ou utiles aux investigations en cours ».

Le ministère de l’Éducation nationale confirme une exfiltration de données

Le ou les pirates qui revendiquent l’attaque sur Bercy, cachés derrière le pseudo ZeroBytes, ont par ailleurs affirmé lundi soir disposer d’un jeu de données particulièrement volumineux issu des systèmes informatiques de l’Éducation nationale. Interrogé sur ce point, le général Stéphane Bajard, directeur général adjoint de l’ANSSI, indique que l’agence est engagée aux côtés des équipes du ministère pour analyser l’incident, mais ne confirme ni n’infirme la revendication.

L’entourage du ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a cela dit confirmé à france info qu’il s’agit de l’attaque qui avait fait l’objet d’un communiqué, le 31 juillet dernier. Le ministère avait alors annoncé avoir été « victime d’une intrusion frauduleuse dans l’un de ses systèmes d’information » dans la nuit du 25 juillet 2026, « à la suite de l’usurpation d’un compte professionnel ».

Le centre opérationnel de sécurité des systèmes d’information du ministère en avait été alerté « dès le 26 juillet », et si l’accès externe au système concerné avait été suspendu « dans les heures qui ont suivi », le ministère reconnaissait que l’intrusion « a pu conduire à l’exfiltration de données à caractère personnel concernant un nombre important de ses agents » :

« Les données susceptibles d’avoir été exfiltrées concernent les agents du ministère ayant exercé en académie depuis 2001. Il s’agit d’éléments d’identité et d’informations professionnelles – statut et fonctions. Pour une partie d’entre eux s’y ajoutent des coordonnées, adresse postale et numéro de téléphone, ainsi que le numéro de sécurité sociale. Ce système d’information ne contient ni données bancaires, ni mots de passe, ni données relatives aux élèves. »

Dans un communiqué, le ministère précise avoir alors déposé plainte contre X auprès du parquet de Paris et saisi l’ANSSI, ainsi que la CNIL. « Depuis, l’ensemble des personnels susceptibles d’être concernés ont été informés individuellement », précise le communiqué :

« Des publications intervenues hier font état de la mise en ligne de ces données et revendiquent la détention de données relatives à des élèves. Le ministère poursuit ses expertises techniques afin d’établir la nature exacte et l’étendue des données exfiltrées. »

Le ministère indique par ailleurs travailler avec l’appui de l’ANSSI à un plan de renforcement de la sécurité de ses systèmes d’information, et « appelle chacun à la plus grande vigilance face aux tentatives de fraude qui suivent ce type de publication, en particulier l’hameçonnage et l’usurpation d’identité » :

« Il ne demande jamais par courriel, par téléphone ou par message les identifiants de connexion, les mots de passe ou les coordonnées bancaires. Tout message suspect doit être signalé aux autorités académiques sans y répondre ni cliquer sur les liens qu’il contient. »

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