[TEST] PAPERHEAD, un rétro-FPS horrifique et sanglant qui fait presque carton plein
Annoncé en 2019, PAPERHEAD nous avait particulièrement intrigué par son histoire autour des petits bonshommes en papier carton zombifiés et son gameplay dynamique. Très loin des livres de contes de fées, les devs de Paperhead te4m nous dépeignent un monde glauque et gore à souhait, animé par cette unique question : « Pourquoi du carton… qui saigne ? » Sans pitié et armés jusqu’aux dents, on s’est lancés dans une orgie d’hémoglobine et de violence pour percer les secrets malsains de PAPERHEAD. Autant vous le dire de suite : on s’est bien éclatés !
Genre : Rétro Fast FPS horrifique | Développeur : Paperhead te4m | Éditeur : HypeTrain Digital | Plateforme : Steam | Prix : 19,99 € | Langues : Anglais, sous-titres en français | Configuration recommandée : 2.4 GHZ Quad Core Processor, GTX 460, 4 Go de RAM | Date de sortie : 09/10/2026 | Durée : Environ 8 heures en difficulté normale
Test réalisé avec une clé fournie par l’éditeur.
Un conte de fées plus malsain qu’il n’y paraît
Après une cinématique d’introduction au ton plutôt enfantin, rien ne laissait présager qu’on se retrouverait à incarner un super agent envoyé pour découvrir les événements atroces qui se sont déroulés dans un complexe souterrain. Quelques secondes à peine suffisent pour comprendre que quelque chose cloche ici. Du carton détérioré, des tâches de sang – quand ce ne sont pas des mares entières – et de la chair en putréfaction viendront agrémenter la vision cauchemardesque proposée par les devs. Ici, il n’est pas uniquement question d’action et de gore, mais également d’horreur. On se retrouvera plongé dans le noir (un peu trop parfois) et sujet à des visions subliminales pour le moins énigmatiques d’un entité mystérieuse. Pour parfaire cette magnifique histoire, des notes à récupérer, des audiologs et des cinématiques ponctueront le scénario de cette aventure s’inspirant en partie des contes merveilleux de notre enfance. Durant ces 8 heures à parcourir les 18 chapitres, j’ai vraiment apprécié cette ambiance glauque et angoissante – même si on n’est pas au niveau d’un Silent Hill. Néanmoins, j’ai trouvé que la seconde moitié du jeu s’étirait trop en longueur, et que la conclusion était un peu bâclée.
En termes d’environnements, ça se résume à des arènes (couloirs, laboratoires, usines, villages, églises, chair sanguinolente…) plus ou moins grandes vous permettant de profiter de déplacements aussi bien verticaux qu’horizontaux. En dehors de l’aspect horrifique, l’action se traduit par une énorme liberté de mouvements (bunny hop, glissade, double saut…) pour lutter contre vos ennemis véloces, atteindre des plateformes, ainsi que progresser et découvrir éventuellement des secrets. Bien que l’univers reste cohérent et très réussi avec l’omniprésence de carton, j’ai été particulièrement marqué par les niveaux mêlant chair et carton plutôt que les classiques structures scientifiques vues et revues.
Une question qui trouvera sa réponse dans le sang versé
Le personnage qu’on incarne est encore plus énigmatique que l’histoire elle-même et l’absence de dialogues, voire d’émotion de sa part, renforcera son comportement de machine à tuer. Ici, on ne fait pas dans la dentelle, car les coups de pieds et les armes avec des tirs secondaires (pistolets, fusil à pompe, mitraillette lourde, lance roquettes, railgun et même une sorte de BFG complétement déjanté) serviront à répandre le sang de vos adversaires. J’ai trouvé le feeling très bon et pris grand plaisir à jongler entre les différentes pétoires pour occire ces aberrations de la nature. En dehors de ces armes conventionnelles, on peut compter sur le fameux crayon, permettant de créer de bombes destructrices, d’écrire sur les murs, dessiner des portes et de gommer les ennemis pour récupérer de la santé. Alors que l’idée me plaisait beaucoup sur le papier, j’ai été plutôt déçu par sa sous-exploitation, le cantonnant à quelques portes et une poignée de séquences scriptées. On notera également l’apparition d’une seringue un peu plus tard dans le jeu, qui permet de ralentir le temps en régénérant la vie, ce qui m’a paru casser la dynamique de la gomme.
Notre héros sans nom aura également la possibilité d’évoluer via un arbre de compétences qui, avec du recul, s’avère assez anecdotique. En effet, durant notre périple, on ramasse des trombones normaux et des trombones dorés qui font office de monnaie de singe auprès du vendeur. Les premier sont utiles pour acheter de la vie, de l’armure et des munitions. Les seconds, cachés dans des zone secrètes, permettent de débloquer uniquement diverses compétences. À mon sens, c’est une idée de game design franchement débile, puisque cela empêchera ceux qui ne sont pas friands de fouilles minutieuses de chaque niveaux, de faire évoluer son personnage comme il l’entend. D’un autre côté, j’ai trouvé cet arbre beaucoup trop vaste, et j’ai finalement débloqué uniquement les skills qui étaient les plus adaptées à ma façon de jouer en poussant plus loin dans l’aventure.
Les ennemis, quant à eux, sont variés, agressifs et occasionnent pas de mal de dégâts pour les plus coriaces. Ils n’hésitent pas à nous poursuivre et leur nombre sera de plus en plus important en progressant dans les niveaux. Dès lors, il est indispensable de manier le crowd control et de cibler en priorité certains types de monstres, tels que les invocateurs de mobs, pour ne pas se retrouver submergé. Le design du bestiaire est plutôt sympa et très reconnaissable, ce qui est très utile pour prioriser les attaques. De leur côté, les boss ne sont pas spécialement ardus mais font très mal. J’ai bien aimé ces affrontements, pour le moins nerveux et dynamiques.
Loin des comptines, le métal rythme l’ascension
Durant ce périple génocidaire, du métal de bonne facture viendra rythmer les combats, lorsque ce ne seront pas les cris de vos ennemis ou le silence mortifère des lieux. Abstraction faite de quelques longueurs pour les temps de chargement, je n’ai rencontré aucun bug et PAPERHEAD était parfaitement fluide, ce qui a rendu l’expérience agréable pour un fast FPS. Cependant, j’ai trouvé le mapping de base des touches pas du tout adapté et il m’arrivait de m’emmêler les pinceaux dans le feu de l’action. Ainsi, je recommanderais vivement de réattribuer les touches dès le début de partie pour un meilleur confort. Enfin, au-delà de l’action et de l’horreur, PAPERHEAD apporte une certaine rejouabilité en proposant des objectifs précis (score, temps de jeu, secrets…), si vous êtes complétionnistes dans l’âme.
Un véritable petit carton de plaisir et de violence
PAPERHEAD est un bon défouloir alliant la liberté de mouvements à l’agressivité pure pour abattre le plus efficacement et rapidement possible des adversaires. L’univers horrifique est particulièrement soigné et réussi, avec ses structures en carton qui finiront par se mêler à la chair et à l’hémoglobine. Notre héros, doté d’un arbre de compétences bien trop généreux et d’un puissant arsenal, ravira les amateurs de gameplay nerveux et dynamique. Les ennemis agressifs sont plutôt originaux par leur design et certains donneront du fil à retordre. Derrière cette histoire quelque peu dérangeante, la proposition de Paperhead te4m est une excellente surprise.
Si PAPERHEAD vous intéresse, sachez qu’il est actuellement en promotion à –23 % chez notre partenaire Gamesplanet jusqu’au 23 octobre, soit moins de 16 €.
Vous vous perdez dans l’immensité du catalogue Steam ? Alors, suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie.