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Élection brésilienne : Meta sommée de prouver qu’elle ne fait pas d’ingérence

20 octobre 2026 à 15:22
Mega Cambridge Analytica
Élection brésilienne : Meta sommée de prouver qu’elle ne fait pas d’ingérence

Alors que le deuxième tour de la présidentielle brésilienne arrive, Meta est accusée d’avoir introduit des biais dans ses algorithmes, dans ses IA et dans son traitement de la modération pour favoriser Flávio Bolsonaro contre le président actuel Luiz Inácio Lula da Silva. La justice brésilienne a donné 24 h à l’entreprise de Mark Zuckerberg pour montrer son impartialité.

Les élections dans les pays d’Amérique latine ne sont pas à l’abri de l’ingérence des entreprises états-uniennes proches de Donald Trump. Ainsi, à l’approche du deuxième tour de l’élection présidentielle qui aura lieu le 25 octobre, le camp du président brésilien sortant, Luiz Inácio Lula da Silva, a formellement accusé Meta d’ingérence électorale en faveur de Flávio Bolsonaro, son opposant d’extrême droite.

Déjà, avant le premier tour, son équipe s’était plainte que Meta avait brièvement suspendu le recours à la publicité de sa page Facebook. Mais ce n’est pas la seule difficulté qu’a rencontrée l’équipe de Lula avec les différents outils de l’entreprise propriétaire d’Instagram, Facebook et WhatsApp . « La succession de problèmes techniques non expliqués par l’entreprise laisse fortement soupçonner que l’action de Meta constitue une tentative d’ingérence dans le processus électoral brésilien au profit de la candidature de Flávio Bolsonaro », a déclaré le 10 octobre dernier un des porte-paroles du Parti des travailleurs représenté par Lula.

Des biais dans les algorithmes et les IA de Meta en faveur de Bolsonaro ?

L’équipe du président a attaqué la semaine dernière l’entreprise de Mark Zuckerberg en justice, l’accusant de biaiser les algorithmes de ses réseaux sociaux et les réponses de ses modèles d’IA pour favoriser Bolsonaro. Le juge de la Cour supérieure de justice brésilienne, Marco Aurélio Bellizze, s’est prononcé jeudi 15 octobre.

Selon Associated Press qui a eu accès à la délibération, il a statué que Meta ne pouvait pas réduire la diffusion de contenus politiques, restreindre les recherches ou supprimer des publications d’une manière susceptible de créer un déséquilibre entre les deux candidats. Meta devait aussi s’assurer que ses outils d’intelligence artificielle soient impartiaux. Le jugement appliquait une peine de jour-amende à Meta de 500 000 reales (89 000 euros) en cas de non-respect de la décision.

Le tribunal a rendu ce lundi une nouvelle décision, selon l’AFP, donnant cette fois 24 heures à Meta pour prouver qu’elle n’a pas mis en place d’ingérence dans la campagne électorale brésilienne. Le juge a multiplié par deux la peine de jour-amende si l’entreprise ne répond pas.

Des messages internes confirment, Meta réfute, invoquant des problèmes techniques

Le journal brésilien Folha de S.Paulo a pu consulter des messages internes entre employés de Meta montrant que l’entreprise a mis en place des restrictions sur le compte Instagram de Lula concernant sa promotion mais aussi une recommandation du profil de Flávio Bolsonaro. La loi électorale brésilienne interdit toute recommandation algorithmique sur les réseaux sociaux : la promotion est donc le seul moyen pour les candidats d’augmenter leur audience. Nos confrères brésiliens expliquent que l’entreprise de Mark Zuckerberg détient un quasi-monopole concernant la publicité électorale numérique puisque Google a arrêté ce genre de publicité depuis 2024.

Meta réfute les accusations, invoquant auprès de nos confrères d’Associated Press une série de défaillances techniques mondiales sans lien entre elles, de mesures anti-fraude strictes et du respect des réglementations, plutôt qu’une censure ciblée. Elle affirme que l’une de ces mesures concerne le décompte des vues sur les Reels Instagram dans plus de 100 pays. Un autre aurait perturbé, toujours sur Instagram, la création de publicités reprenant des publications déjà existantes. L’agence de presse pointe que l’entreprise n’a « toutefois pas expliqué pourquoi les comptes Instagram et WhatsApp de Bolsonaro bénéficiaient de recommandations algorithmiques ».

Les arguments de Meta ne semblent pas avoir convaincu les militants de Lula qui ont manifesté devant le siège social brésilien de l’entreprise.

Élection brésilienne : Meta sommée de prouver qu’elle ne fait pas d’ingérence

20 octobre 2026 à 15:22
Mega Cambridge Analytica
Élection brésilienne : Meta sommée de prouver qu’elle ne fait pas d’ingérence

Alors que le deuxième tour de la présidentielle brésilienne arrive, Meta est accusée d’avoir introduit des biais dans ses algorithmes, dans ses IA et dans son traitement de la modération pour favoriser Flávio Bolsonaro contre le président actuel Luiz Inácio Lula da Silva. La justice brésilienne a donné 24 h à l’entreprise de Mark Zuckerberg pour montrer son impartialité.

Les élections dans les pays d’Amérique latine ne sont pas à l’abri de l’ingérence des entreprises états-uniennes proches de Donald Trump. Ainsi, à l’approche du deuxième tour de l’élection présidentielle qui aura lieu le 25 octobre, le camp du président brésilien sortant, Luiz Inácio Lula da Silva, a formellement accusé Meta d’ingérence électorale en faveur de Flávio Bolsonaro, son opposant d’extrême droite.

Déjà, avant le premier tour, son équipe s’était plainte que Meta avait brièvement suspendu le recours à la publicité de sa page Facebook. Mais ce n’est pas la seule difficulté qu’a rencontrée l’équipe de Lula avec les différents outils de l’entreprise propriétaire d’Instagram, Facebook et WhatsApp . « La succession de problèmes techniques non expliqués par l’entreprise laisse fortement soupçonner que l’action de Meta constitue une tentative d’ingérence dans le processus électoral brésilien au profit de la candidature de Flávio Bolsonaro », a déclaré le 10 octobre dernier un des porte-paroles du Parti des travailleurs représenté par Lula.

Des biais dans les algorithmes et les IA de Meta en faveur de Bolsonaro ?

L’équipe du président a attaqué la semaine dernière l’entreprise de Mark Zuckerberg en justice, l’accusant de biaiser les algorithmes de ses réseaux sociaux et les réponses de ses modèles d’IA pour favoriser Bolsonaro. Le juge de la Cour supérieure de justice brésilienne, Marco Aurélio Bellizze, s’est prononcé jeudi 15 octobre.

Selon Associated Press qui a eu accès à la délibération, il a statué que Meta ne pouvait pas réduire la diffusion de contenus politiques, restreindre les recherches ou supprimer des publications d’une manière susceptible de créer un déséquilibre entre les deux candidats. Meta devait aussi s’assurer que ses outils d’intelligence artificielle soient impartiaux. Le jugement appliquait une peine de jour-amende à Meta de 500 000 reales (89 000 euros) en cas de non-respect de la décision.

Le tribunal a rendu ce lundi une nouvelle décision, selon l’AFP, donnant cette fois 24 heures à Meta pour prouver qu’elle n’a pas mis en place d’ingérence dans la campagne électorale brésilienne. Le juge a multiplié par deux la peine de jour-amende si l’entreprise ne répond pas.

Des messages internes confirment, Meta réfute, invoquant des problèmes techniques

Le journal brésilien Folha de S.Paulo a pu consulter des messages internes entre employés de Meta montrant que l’entreprise a mis en place des restrictions sur le compte Instagram de Lula concernant sa promotion mais aussi une recommandation du profil de Flávio Bolsonaro. La loi électorale brésilienne interdit toute recommandation algorithmique sur les réseaux sociaux : la promotion est donc le seul moyen pour les candidats d’augmenter leur audience. Nos confrères brésiliens expliquent que l’entreprise de Mark Zuckerberg détient un quasi-monopole concernant la publicité électorale numérique puisque Google a arrêté ce genre de publicité depuis 2024.

Meta réfute les accusations, invoquant auprès de nos confrères d’Associated Press une série de défaillances techniques mondiales sans lien entre elles, de mesures anti-fraude strictes et du respect des réglementations, plutôt qu’une censure ciblée. Elle affirme que l’une de ces mesures concerne le décompte des vues sur les Reels Instagram dans plus de 100 pays. Un autre aurait perturbé, toujours sur Instagram, la création de publicités reprenant des publications déjà existantes. L’agence de presse pointe que l’entreprise n’a « toutefois pas expliqué pourquoi les comptes Instagram et WhatsApp de Bolsonaro bénéficiaient de recommandations algorithmiques ».

Les arguments de Meta ne semblent pas avoir convaincu les militants de Lula qui ont manifesté devant le siège social brésilien de l’entreprise.

Face à Starlink, Orange et les géants européens s’allient pour connecter directement nos smartphones par satellite

20 octobre 2026 à 11:31

Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone ont signé une lettre d'intention pour étudier une candidature commune aux fréquences européennes qui servent à connecter un smartphone directement à un satellite. Les quatre opérateurs ne prévoient pas de lancer de satellites eux-mêmes.

☕️ Des boites mails du parti d’extrême droite allemand AFD piratées

20 octobre 2026 à 09:48


Le parti d’extrême droite allemand Alternative für Deutschland (AfD) a été touché par un « gigantesque vol de données », explique le média Bild.

Des pirates ont revendiqué la récupération de 421 179 emails provenant de boites de différents dirigeants du parti qui n’hésite pas à jouer sur ses affiches avec les symboles du IIIe Reich. Des emails de la responsable du parti, Alice Weidel, du président d’honneur, Alexander Gauland et du député Leif-Erik Holm feraient partie du lot.

L’AFD confirme à Bild le piratage : « En septembre 2026, un prestataire de services d’hébergement de notre parti a été victime d’une cyberattaque au cours de laquelle certaines parties d’un petit nombre de boîtes mail – dont la plupart n’avaient plus été utilisées depuis des années – ont apparemment été copiées illégalement ».

Une attaque DDoS avec de petits paquets métaphoriques selon Flock.
Illustration : Flock

Les pirates ont créé un site pour l’occasion. Mais il n’y publient pas tous les emails, ils y proposent une sorte d’index dans lequel les documents qu’ils ont obtenus sont classés en fonction de leur gravité supposée selon différents critères que sont le racisme, l’antisémitisme mais aussi les menaces de violence, les références au Mouvement des citoyens du Reich, ou d’autres « activités illégales ».

Les items en question ne donnent pas accès aux conversations complètes : une fiche manifestement générée grâce à un extract IA liste des dates, des adresses mail, et d’autres éléments censés permettre l’identification des mails d’origine.

Le site ne donne accès à aucune information tangible quant au contenu des mails en question. Pour y accéder, les pirates renvoient vers une archive de 281 Go via torrent, qui n’a pour l’instant pas été auditée de façon indépendante, où se retrouveraient les e-mails originaux complets avec les en-têtes, corps de message et pièces jointes dans leur intégralité et les signatures DKIM intactes.

L’action ne semble pas avoir été officiellement revendiquée, il faudra maintenant attendre que les médias allemands ou des internautes se saisissent de cette base de données pour la vérifier.

☕️ Des boites mails du parti d’extrême droite allemand AFD piratées

20 octobre 2026 à 09:48


Le parti d’extrême droite allemand Alternative für Deutschland (AfD) a été touché par un « gigantesque vol de données », explique le média Bild.

Des pirates ont revendiqué la récupération de 421 179 emails provenant de boites de différents dirigeants du parti qui n’hésite pas à jouer sur ses affiches avec les symboles du IIIe Reich. Des emails de la responsable du parti, Alice Weidel, du président d’honneur, Alexander Gauland et du député Leif-Erik Holm feraient partie du lot.

L’AFD confirme à Bild le piratage : « En septembre 2026, un prestataire de services d’hébergement de notre parti a été victime d’une cyberattaque au cours de laquelle certaines parties d’un petit nombre de boîtes mail – dont la plupart n’avaient plus été utilisées depuis des années – ont apparemment été copiées illégalement ».

Une attaque DDoS avec de petits paquets métaphoriques selon Flock.
Illustration : Flock

Les pirates ont créé un site pour l’occasion. Mais il n’y publient pas tous les emails, ils y proposent une sorte d’index dans lequel les documents qu’ils ont obtenus sont classés en fonction de leur gravité supposée selon différents critères que sont le racisme, l’antisémitisme mais aussi les menaces de violence, les références au Mouvement des citoyens du Reich, ou d’autres « activités illégales ».

Les items en question ne donnent pas accès aux conversations complètes : une fiche manifestement générée grâce à un extract IA liste des dates, des adresses mail, et d’autres éléments censés permettre l’identification des mails d’origine.

Le site ne donne accès à aucune information tangible quant au contenu des mails en question. Pour y accéder, les pirates renvoient vers une archive de 281 Go via torrent, qui n’a pour l’instant pas été auditée de façon indépendante, où se retrouveraient les e-mails originaux complets avec les en-têtes, corps de message et pièces jointes dans leur intégralité et les signatures DKIM intactes.

L’action ne semble pas avoir été officiellement revendiquée, il faudra maintenant attendre que les médias allemands ou des internautes se saisissent de cette base de données pour la vérifier.

Meta voulait s’accorder le droit de moissonner les contenus de ses utilisateurs pros

20 octobre 2026 à 06:23
La moisson sans la facture
Cambridge Analytica : Meta condamnée à payer 25 milliards de dollars

Les nouvelles conditions d’utilisation de Meta prévoyaient à partir du 30 octobre la possibilité de moissonner le contenu des pages web associées à des utilisateurs professionnels. Les organisations gérant une page Facebook ou Instagram auraient dû autoriser le géant des réseaux sociaux à aspirer les contenus de leurs sites pour entraîner les modèles IA de Meta. L’entreprise a fait marche arrière, mais les inquiétudes demeurent.

Meta voulait simplifier les conditions d’utilisation de ses services pour les utilisateurs gérant des comptes Facebook ou Instagram pour leur association, organisation ou leur entreprise. Ces conditions, qui seront mises en œuvre le 30 octobre autorisaient Meta à utiliser des logiciels automatisés (des crawlers, robots, collecteurs, bots d’indexation, agents utilisateurs) pour « accéder, indexer, mettre en cache, analyser, collecter, récupérer ou explorer les domaines, les pages Web ou les URL (…) associés à vos produits ou services ».

Le groupe de Mark Zuckerberg indiquait surtout qu’il pouvait utiliser « tout contenu [provenant de ces URL] pour fournir, développer, améliorer, rechercher, entraîner et maintenir l’intégrité des produits, des services et des fonctionnalités des entités Meta ». De quoi faire craindre le pire, notamment aux éditeurs de presse qui gèrent une page Facebook (ils sont nombreux, dont Next). Au vu de ces conditions, rien n’empêche en effet le géant des réseaux sociaux de moissonner les sites web pour entraîner ses modèles IA, sans avoir à rémunérer personne.

Moisson sans rémunération

Des experts juridiques interrogés par Nieman Lab expliquent que les termes utilisés par Meta dans ses conditions lui donnent un accès à des contenus dont les licences lui coûteraient normalement des millions de dollars.

L’entreprise a expliqué à nos confrères que les dispositions relatives à l’exploration des sites web étaient auparavant dispersées dans différentes conditions d’utilisation. La mise à jour ne fait que les rassembler dans un même endroit. Par ailleurs, « les propriétaires de contenus peuvent toujours contrôler l’accès à leurs contenus à l’aide du fichier robots.txt », affirme aussi le porte parole.

Meta se donnant la possibilité de créer des « identifiants de test » pour explorer et collecter des données sur les sites web, la question du respect des consignes du fichier robots.txt se pose alors. La société s’engage-t-elle à les suivre également lorsqu’elle explore un site à l’aide de ces comptes de test ? La controverse a monté durant quelques heures, avant que Meta ne clarifie ses intentions auprès de Next et d’autres publications.

« Nous vous avons entendus et souhaitons apporter une précision : les conditions relatives à l’exploration automatisée du web que nous avons regroupées ne s’appliquaient qu’à nos produits publicitaires et professionnels », nous a expliqué l’entreprise. « Cela ne change pas la manière dont Meta utilise les robots d’exploration du web. Comme toujours, les propriétaires de contenus peuvent utiliser le fichier robots.txt pour indiquer leurs préférences », assure-t-elle. Surtout :

« Il n’est pas question ici de collecter automatiquement le contenu de sites d’information, et ces mises à jour ne nous accordent aucun nouveau droit qui primerait sur ces préférences ».

Meta revoit ses conditions

La précision est bienvenue, et les changements ont effectivement été apportées aux conditions. D’abord, le verbe « entraîner » a disparu, la finalité vise désormais explicitement les « produits publicitaires et commerciaux » comme la diffusion de publicités, l’information sur les produits et services, et la mise en relation avec des utilisateurs intéressés. Enfin, l’intégrité et la sécurité restent un objectif portant plus largement sur les produits des entités Meta.

L’alerte a été chaude, mais elle n’est pas passée inaperçue du côté du GESTE. Laure de Lataillade, la directrice générale du groupement des éditeurs de services en ligne, s’alarme d’un problème qui « dépasse largement le seul cas de Meta ». Elle déplore que, depuis plusieurs années, « les grandes plateformes numériques intègrent dans leurs conditions générales des clauses leur permettant d’exploiter les contenus qu’elles hébergent ou distribuent pour développer leurs technologies et services, notamment d’intelligence artificielle. »

Il n’existe pas, écrit-elle, de réelle possibilité de négociation dans ces contrats « imposés par des acteurs dont les médias dépendent fortement pour distribuer leurs contenus, toucher leurs audiences et développer leurs activités ». Les médias se retrouvent donc « entre le marteau et l’enclume », ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter des contrats défavorables « qui peuvent les conduire à concéder des droits qu’ils cherchent précisément à protéger, sous peine de se priver de canaux de distribution devenus incontournables. »

Une des solutions préconisées par le GESTE est de séparer les autorisations nécessaires à l’hébergement et à la distribution des contenus de celles permettant leur exploitation pour l’entraînement des modèles ou d’autres usages d’IA.

Meta voulait s’accorder le droit de moissonner les contenus de ses utilisateurs pros

20 octobre 2026 à 06:23
La moisson sans la facture
Cambridge Analytica : Meta condamnée à payer 25 milliards de dollars

Les nouvelles conditions d’utilisation de Meta prévoyaient à partir du 30 octobre la possibilité de moissonner le contenu des pages web associées à des utilisateurs professionnels. Les organisations gérant une page Facebook ou Instagram auraient dû autoriser le géant des réseaux sociaux à aspirer les contenus de leurs sites pour entraîner les modèles IA de Meta. L’entreprise a fait marche arrière, mais les inquiétudes demeurent.

Meta voulait simplifier les conditions d’utilisation de ses services pour les utilisateurs gérant des comptes Facebook ou Instagram pour leur association, organisation ou leur entreprise. Ces conditions, qui seront mises en œuvre le 30 octobre autorisaient Meta à utiliser des logiciels automatisés (des crawlers, robots, collecteurs, bots d’indexation, agents utilisateurs) pour « accéder, indexer, mettre en cache, analyser, collecter, récupérer ou explorer les domaines, les pages Web ou les URL (…) associés à vos produits ou services ».

Le groupe de Mark Zuckerberg indiquait surtout qu’il pouvait utiliser « tout contenu [provenant de ces URL] pour fournir, développer, améliorer, rechercher, entraîner et maintenir l’intégrité des produits, des services et des fonctionnalités des entités Meta ». De quoi faire craindre le pire, notamment aux éditeurs de presse qui gèrent une page Facebook (ils sont nombreux, dont Next). Au vu de ces conditions, rien n’empêche en effet le géant des réseaux sociaux de moissonner les sites web pour entraîner ses modèles IA, sans avoir à rémunérer personne.

Moisson sans rémunération

Des experts juridiques interrogés par Nieman Lab expliquent que les termes utilisés par Meta dans ses conditions lui donnent un accès à des contenus dont les licences lui coûteraient normalement des millions de dollars.

L’entreprise a expliqué à nos confrères que les dispositions relatives à l’exploration des sites web étaient auparavant dispersées dans différentes conditions d’utilisation. La mise à jour ne fait que les rassembler dans un même endroit. Par ailleurs, « les propriétaires de contenus peuvent toujours contrôler l’accès à leurs contenus à l’aide du fichier robots.txt », affirme aussi le porte parole.

Meta se donnant la possibilité de créer des « identifiants de test » pour explorer et collecter des données sur les sites web, la question du respect des consignes du fichier robots.txt se pose alors. La société s’engage-t-elle à les suivre également lorsqu’elle explore un site à l’aide de ces comptes de test ? La controverse a monté durant quelques heures, avant que Meta ne clarifie ses intentions auprès de Next et d’autres publications.

« Nous vous avons entendus et souhaitons apporter une précision : les conditions relatives à l’exploration automatisée du web que nous avons regroupées ne s’appliquaient qu’à nos produits publicitaires et professionnels », nous a expliqué l’entreprise. « Cela ne change pas la manière dont Meta utilise les robots d’exploration du web. Comme toujours, les propriétaires de contenus peuvent utiliser le fichier robots.txt pour indiquer leurs préférences », assure-t-elle. Surtout :

« Il n’est pas question ici de collecter automatiquement le contenu de sites d’information, et ces mises à jour ne nous accordent aucun nouveau droit qui primerait sur ces préférences ».

Meta revoit ses conditions

La précision est bienvenue, et les changements ont effectivement été apportées aux conditions. D’abord, le verbe « entraîner » a disparu, la finalité vise désormais explicitement les « produits publicitaires et commerciaux » comme la diffusion de publicités, l’information sur les produits et services, et la mise en relation avec des utilisateurs intéressés. Enfin, l’intégrité et la sécurité restent un objectif portant plus largement sur les produits des entités Meta.

L’alerte a été chaude, mais elle n’est pas passée inaperçue du côté du GESTE. Laure de Lataillade, la directrice générale du groupement des éditeurs de services en ligne, s’alarme d’un problème qui « dépasse largement le seul cas de Meta ». Elle déplore que, depuis plusieurs années, « les grandes plateformes numériques intègrent dans leurs conditions générales des clauses leur permettant d’exploiter les contenus qu’elles hébergent ou distribuent pour développer leurs technologies et services, notamment d’intelligence artificielle. »

Il n’existe pas, écrit-elle, de réelle possibilité de négociation dans ces contrats « imposés par des acteurs dont les médias dépendent fortement pour distribuer leurs contenus, toucher leurs audiences et développer leurs activités ». Les médias se retrouvent donc « entre le marteau et l’enclume », ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter des contrats défavorables « qui peuvent les conduire à concéder des droits qu’ils cherchent précisément à protéger, sous peine de se priver de canaux de distribution devenus incontournables. »

Une des solutions préconisées par le GESTE est de séparer les autorisations nécessaires à l’hébergement et à la distribution des contenus de celles permettant leur exploitation pour l’entraînement des modèles ou d’autres usages d’IA.

❌