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Japon : redémarrage d’un réacteur nucléaire

24 juin 2021 à 16:56
Japon : redémarrage d'un réacteur nucléaire

Pour la première fois depuis 2011 et la catastrophe de Fukushima, le Japon a remis en service un réacteur nucléaire de la centrale de Mihama. Ce réacteur, vieux de plus de quarante ans, a bénéficié de l’aval des autorités japonaises. Alors que le pays ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050, le gouvernement souhaite relancer la filière nucléaire face à une opinion publique fortement divisée sur le sujet.

Feu vert pour le réacteur nucléaire de Mihama

Ce n’est pas vraiment une surprise. Mercredi 23 juin, le réacteur numéro de 3 de la centrale nucléaire de Mihama, au Japon, a redémarré pour la première fois depuis dix ans. Quelques jours seulement après la catastrophe de Fukushima, en 2011, le réacteur avait été stoppé. L’état japonais avait alors pris la décision de stopper les réacteurs nucléaires les plus anciens, ceux qui dépassaient la limite des 40 ans d’exploitation. La mesure de sécurité répondait alors aux attentes de l’opinion publique japonaise. Mais en freinant sa filière nucléaire, le pays s’est coupé d’une part importante de ses ressources énergétiques.

Depuis, les discussions sont allées bon train entre Kansai Electrice Power Co. et les autorités japonaises. L’entreprise privée est le principal fournisseur d’électricité pour la région du Kansai. Elle alimente notamment la mégalopole formée par Kyoto, Osaka et Kobe. Et elle travaille depuis plusieurs années à la remise en service de certains de ses réacteurs. En 2016, elle a obtenu l’accord de l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour redémarrer le réacteur n°3 de la centrale de Mihama. L’année dernière, à l’été 2020, ce sont les autorités japonaises qui ont donné le feu vert décisif. Le redémarrage du réacteur, ce mois-ci, est donc l’aboutissement d’un projet au long cours.

Où en est la filière nucléaire au Japon ?

Ce redémarrage est aussi un signal fort envoyé à la filière nucléaire japonaise. Il s’agit du premier réacteur de plus de quarante ans à décrocher son autorisation de redémarrage depuis 2011. Et d’autres réacteurs pourraient prochainement bénéficier du même feu vert.

Pour rappel, le Japon compte encore 39 réacteurs nucléaires opérationnels. Avec le réacteur de Mihama, ils sont désormais 9 en fonctionnement. Parmi les 20 réacteurs stoppés depuis dix ans, d’autres pourraient redémarrer grâce à l’intervention du gouvernement japonais. En 2019, ce sont pas moins de 12 réacteurs nucléaires qui ont fait l’objet d’un grand programme d’expertise pour envisager un potentiel redémarrage. Par ailleurs, même si la durée limite d’exploitation d’un réacteur nucléaire est fixée à 40 ans au Japon, le gouvernement ménage la possibilité d’une prolongation de 20 ans si les conditions de sécurité sont respectées.

Plan de relance du parc nucléaire au Japon

Alors va-t-on assister à une renaissance du parc nucléaire japonais ? Entre 2011 et 2015, l’ensemble des réacteurs nucléaires du Japon étaient stoppés. Le redémarrage de la filière nucléaire prend du temps et avance très lentement. Une lenteur dénoncée par les principaux acteurs du secteur de l’énergie. Mais le gouvernement japonais fait face à une hostilité de la part de la population envers le nucléaire. L’état compte venir à bout des réticences de la population en progressant en douceur sur le dossier. Depuis 2015, 13 réacteurs nucléaires ont redémarré au Japon. Et une douzaine d’autres pourraient redémarrer d’ici 2025.

Le gouvernement japonais compte notamment sur son objectif de neutralité carbone pour faire évoluer l’opinion publique. Dans un pays qui a longtemps eu la culture de l’atome, le pari peut s’avérer payant. Le Japon ambition de devenir neutre en carbone en 2050. Or la production d’électricité nucléaire pourrait grandement contribuer à atteindre cet objectif. En 2010, le pays était encore le troisième producteur d’électricité nucléaire dans le monde. Le coup d’arrêt porté au nucléaire “a rendu le Japon plus dépendant des combustibles fossiles” d’après le rapport de l’AIE de mars 2021. De fait, le Japon tire 31,5% de son électricité du charbon, et 35% du gaz naturel. Une situation qui rend le Japon trop dépendant de ses importations de charbon et de gaz. Et les énergies renouvelables ne progressent pas assez vite pour assurer la baisse de l’empreinte carbone du pays. Le défi du nucléaire décidera donc de l’avenir énergétique du Japon.

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Sécheresse au Brésil : la production d’électricité en péril

8 juin 2021 à 17:44
Sécheresse au Brésil : la production d’électricité en péril

Le Brésil traverse actuellement une période de sécheresse exceptionnelle. A mesure que les ressources en eau diminuent, l’impact sur la production d’électricité se fait lourdement sentir. Si le risque de pénurie électrique est pour l’instant écarté, le gouvernement doit pourtant prendre des mesures d’urgence pour assurer un minimum de production hydroélectrique. Le moment est d’autant plus critique que la population et le redémarrage de l’activité industrielle pourraient en souffrir.

Sécheresse historique au Brésil

C’est la pire sécheresse que le Brésil a traversé depuis vingt ans. Depuis l’année dernière, le Brésil enregistre des précipitations particulièrement basses. Entre novembre et mars, la saison des pluies, il n’est pas tombé assez d’eau pour sécuriser les ressources du pays. A tel point que cette année, la situation hydraulique est critique, avec des fleuves à des niveaux historiquement bas. Le 10 mai dernier, le président brésilien, Jair Bolsonaro, a même estimé qu’il s’agissait de la pire crise d’eau de toute l’histoire du Brésil.

Si le manque d’eau représente déjà un problème important pour les êtres humains et les cultures, il impacte aussi grandement la production électrique du Brésil. Le pays tire une part substantielle de son électricité grâce à ses nombreuses centrales hydroélectriques.

Au Brésil, une production électrique dépendante de l’eau

Le Brésil est le troisième pays à produire le plus d’électricité verte au monde. Et pour cause : le pays a tiré parti de ses importantes ressources hydrauliques pour développer la filière hydroélectrique. En 2019, le mix électrique brésilien reposait sur 82,2% d’électricité issue des énergies renouvelables, dont 63,5% issue de l’hydroélectricité. Si cet apport crucial de l’hydroélectricité permet un mix électrique bas carbone, il est malheureusement tributaire des aléas climatiques.

Cette année, le Brésil se trouve dans une situation préoccupante. Les 217 centrales hydroélectriques sont loin de fonctionner à plein régime. Les réserves d’eau sont seulement à 32% de leurs capacités. Cette baisse ralentit la production électrique, et le pays a désormais du mal à couvrir ses besoins électriques.

Des mesures exceptionnelles pour faire face à la crise électrique

Le Brésil fait-il face à un risque de pénurie électrique ? Pour l’instant, les autorités de montrent rassurantes. L’Opérateur National du Système Electrique brésilien écarte tout risque de pénurie électrique. Le ralentissement de l’activité industrielle, liée au covid, permet de temporiser sur les besoins électriques nationaux. Mais tant que la production hydroélectrique ne repartira pas à la hausse, l’industrie brésilienne ne pourra pas redémarrer.

Pour répondre au problème, le pays a déjà pris plusieurs mesures. Le pays, qui est déjà le troisième importateur mondial d’électricité, a décidé de renforcer ses importations d’électricité depuis l’Uruguay et l’Argentine. Début mai, le Comité de surveillance de l’électricité a également validé l’augmentation de la production d’électricité d’origine thermique. Toutefois, même à plein régime, les centrales thermiques fossiles du Brésil ne pourront pas combler la baisse de la production hydroélectrique.

En renfort de ces décisions, l’Agence Nationale des Eaux du Brésil a décrété, le 1e juin dernier, la situation critique de “pénurie des ressources hydriques”. Concrètement, cette déclaration permet de modifier temporairement les règles de captation de l’eau pour faire fonctionner les centrales hydroélectriques. Dans le pire des scénarios, si ces mesures ne sont pas suffisantes, l’ANA pourrait mettre en place des restrictions d’eau qui toucherait la consommation courante et l’irrigation des cultures. Et ce afin d’assurer un débit d’eau minimum pour la production d’électricité.

Quels enseignements pour la production d’électricité au Brésil ?

L’impact des périodes de sécheresse sur la production d’électricité n’est pas un problème nouveau au Brésil. Le pays a déjà traversé des crises ces dernières années. En 2001, il avait dû mettre en place des restrictions d’eau pour ménager sa production hydroélectrique. Une mesure qui n’avait pas suffit pour éviter une gigantesque panne sur le réseau électrique. Entre 2015 et 2018, le Brésil a encore traversé des périodes de sécheresse et sa production électrique a encaisse une baisse drastique. Le pays a alors dû porter ses importations électriques à 1 131 GWh. Un niveau historiquement haut.

Au-delà des épisodes de sécheresse, l’hydroélectricité a de plus en plus de mal à assurer la sécurité électrique du Brésil. En l’espace de dix ans, elle a même drastiquement baissé. Si en 2019 la filière hydroélectrique fournissait 63,5% de l’électricité du pays, en 2009 elle en fournissait 83,9%. Les aléas climatiques rendent cette ressource électrique dure à gérer pour le Brésil, dont le potentiel hydroélectrique représente pourtant une ressource énergétique cruciale. Et même si tout le potentiel hydroélectrique du Brésil n’est pas encore exploité, il semble que cette ressource ne soit finalement pas le meilleur pari pour l’avenir.

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