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Reçu — 9 juillet 2026 Actualités numériques

Chat Control : le Parlement européen rétablit la surveillance volontaire des messageries

9 juillet 2026 à 12:32
Tout est relatif, et cela seul est absolu
Chat Control : le Parlement européen rétablit la surveillance volontaire des messageries

Le Parlement européen a voté jeudi 9 juillet la prolongation de la dérogation qui autorise les grandes plateformes à surveiller volontairement les communications électroniques pour y détecter les contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs. La demande de rejet a pourtant recueilli 314 votes favorables, soit une majorité relative.

Deux jours après l’approbation de la procédure d’urgence, le Parlement européen s’est exprimé jeudi sur la proposition du Conseil européen visant à restaurer la possibilité offerte aux acteurs du numérique de surveiller les communications électroniques pour y détecter les contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs (CSAM, pour child sexual abuse material en anglais).

Chat Control 1.0 approuvé en dépit d’une majorité relative

Une trentaine d’amendements ont été déposés sur la proposition initiale, rejetée par le Parlement européen en première lecture le 26 mars dernier. Le vote a débuté par les amendements de retrait, ceux qui auraient donc conduit le Parlement à rejeter formellement la nouvelle soumission organisée par le Conseil européen. Ces amendements de rejet ont obtenu 314 voix pour, 276 voix contre et 17 abstentions.

La majorité des parlementaires s’est donc exprimée en faveur du rejet, mais le texte fait ici l’objet d’une seconde lecture. C’est donc la majorité absolue, soit 361 suffrages, qui est requise, selon la procédure législative en vigueur. De ce fait, la proposition de « Dérogation temporaire à certaines dispositions de la directive » ePrivacy a donc été adoptée, ce qui réinstaure la possibilité de surveillance jusqu’au 3 avril 2028.

Seule consolation pour les opposants au texte : les amendements spécifiant que les communications chiffrées de bout en bout devaient être exclues du champ de cette dérogation ont été approuvés. La proposition réduisant la durée de la dérogation à un an (soit jusqu’au 3 avril 2027) a quant à elle été rejetée.

314 députés européens ont voté en faveur du rejet, une majorité relative insuffisante en deuxième lecture – capture d’écran Next

« La position du Parlement (texte tel qu’amendé) va désormais être transmise au Conseil, qui dispose de trois mois pour approuver ou rejeter les amendements. Si le Conseil n’accepte pas l’ensemble des amendements, le Parlement et le Conseil entameront une procédure de conciliation afin de parvenir à un accord sur le texte législatif », précise l’institution dans un communiqué.

Un pis-aller en attendant le CSAR

Rappelons que ce vote intervient alors que les discussions achoppent, entre les institutions européennes, autour du « Règlement établissant des règles en vue de prévenir et de combattre les abus sexuels sur enfants », dit CSAR, pour Child sexual abuse regulation. Ce texte prendrait la forme d’une réglementation permanente, imposée aux plateformes (alors que la dérogation qui vient d’être prolongée fonctionne sur la base du volontariat) avec, cette fois, de possibles implications sur la sécurité des messageries chiffrées de bout en bout.

De quoi exacerber les craintes des opposants au texte, surnommé Chat Control (1.0 dans sa version dérogatoire, 2.0 dans la mouture définitive envisagée par le CSAR), qui voient dans le vote du 9 juillet un coup de canif porté à la sécurité des communications électroniques, sans réelle efficacité quant à l’objectif de protection des jeunes victimes d’abus.

« Contrôler systématiquement les conversations en ligne est tout aussi inacceptable que d’ouvrir sans discernement le courrier de tout le monde. Depuis cinq ans, ce système défaillant sert de paravent pour retarder les actions concrètes, tout en submergeant les forces de l’ordre de fausses alertes », s’insurge l’ancien député européen Patrick Breyer, qui emmène l’initiative fightchatcontrol.eu.

« La résistance que nous avons constatée aujourd’hui au Parlement était si forte qu’obtenir une majorité pour un système de surveillance de masse permanent et sans suspicion lors de futures négociations relève de l’utopie », veut-il encore croire, même si l’expérience vient de lui donner tort.

Chat Control : le Parlement européen rétablit la surveillance volontaire des messageries

9 juillet 2026 à 12:32
Tout est relatif, et cela seul est absolu
Chat Control : le Parlement européen rétablit la surveillance volontaire des messageries

Le Parlement européen a voté jeudi 9 juillet la prolongation de la dérogation qui autorise les grandes plateformes à surveiller volontairement les communications électroniques pour y détecter les contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs. La demande de rejet a pourtant recueilli 314 votes favorables, soit une majorité relative.

Deux jours après l’approbation de la procédure d’urgence, le Parlement européen s’est exprimé jeudi sur la proposition du Conseil européen visant à restaurer la possibilité offerte aux acteurs du numérique de surveiller les communications électroniques pour y détecter les contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs (CSAM, pour child sexual abuse material en anglais).

Chat Control 1.0 approuvé en dépit d’une majorité relative

Une trentaine d’amendements ont été déposés sur la proposition initiale, rejetée par le Parlement européen en première lecture le 26 mars dernier. Le vote a débuté par les amendements de retrait, ceux qui auraient donc conduit le Parlement à rejeter formellement la nouvelle soumission organisée par le Conseil européen. Ces amendements de rejet ont obtenu 314 voix pour, 276 voix contre et 17 abstentions.

La majorité des parlementaires s’est donc exprimée en faveur du rejet, mais le texte fait ici l’objet d’une seconde lecture. C’est donc la majorité absolue, soit 361 suffrages, qui est requise, selon la procédure législative en vigueur. De ce fait, la proposition de « Dérogation temporaire à certaines dispositions de la directive » ePrivacy a donc été adoptée, ce qui réinstaure la possibilité de surveillance jusqu’au 3 avril 2028.

Seule consolation pour les opposants au texte : les amendements spécifiant que les communications chiffrées de bout en bout devaient être exclues du champ de cette dérogation ont été approuvés. La proposition réduisant la durée de la dérogation à un an (soit jusqu’au 3 avril 2027) a quant à elle été rejetée.

314 députés européens ont voté en faveur du rejet, une majorité relative insuffisante en deuxième lecture – capture d’écran Next

« La position du Parlement (texte tel qu’amendé) va désormais être transmise au Conseil, qui dispose de trois mois pour approuver ou rejeter les amendements. Si le Conseil n’accepte pas l’ensemble des amendements, le Parlement et le Conseil entameront une procédure de conciliation afin de parvenir à un accord sur le texte législatif », précise l’institution dans un communiqué.

Un pis-aller en attendant le CSAR

Rappelons que ce vote intervient alors que les discussions achoppent, entre les institutions européennes, autour du « Règlement établissant des règles en vue de prévenir et de combattre les abus sexuels sur enfants », dit CSAR, pour Child sexual abuse regulation. Ce texte prendrait la forme d’une réglementation permanente, imposée aux plateformes (alors que la dérogation qui vient d’être prolongée fonctionne sur la base du volontariat) avec, cette fois, de possibles implications sur la sécurité des messageries chiffrées de bout en bout.

De quoi exacerber les craintes des opposants au texte, surnommé Chat Control (1.0 dans sa version dérogatoire, 2.0 dans la mouture définitive envisagée par le CSAR), qui voient dans le vote du 9 juillet un coup de canif porté à la sécurité des communications électroniques, sans réelle efficacité quant à l’objectif de protection des jeunes victimes d’abus.

« Contrôler systématiquement les conversations en ligne est tout aussi inacceptable que d’ouvrir sans discernement le courrier de tout le monde. Depuis cinq ans, ce système défaillant sert de paravent pour retarder les actions concrètes, tout en submergeant les forces de l’ordre de fausses alertes », s’insurge l’ancien député européen Patrick Breyer, qui emmène l’initiative fightchatcontrol.eu.

« La résistance que nous avons constatée aujourd’hui au Parlement était si forte qu’obtenir une majorité pour un système de surveillance de masse permanent et sans suspicion lors de futures négociations relève de l’utopie », veut-il encore croire, même si l’expérience vient de lui donner tort.

☕️ Apple passe une commande pluriannuelle de 30 milliards de dollars chez Broadcom

9 juillet 2026 à 08:43


Il y aura du Broadcom dans les prochains iPhone. Apple vient en effet d’annoncer la signature d’un contrat pluriannuel de grande ampleur avec l’équipementier. L’enveloppe prévisionnelle est supérieure à 30 milliards de dollars, et elle devrait conduire, selon Apple, à la production de plus de 15 milliards de puces sur le sol américain.

« Apple travaille en collaboration avec l’administration et les entreprises à travers les États-Unis pour contribuer à la création d’une chaîne d’approvisionnement complète en semi-conducteurs en Amérique, et l’annonce d’aujourd’hui participe à ces efforts », indique la firme de Cupertino.

Rappelons qu’Apple avait promis en février 2025 un plan d’investissement à hauteur de 500 milliards de dollars dans l’économie états-unienne, au moment même où l’administration Trump lançait ses droits de douane sur les produits fabriqués à l’étranger, notamment en Chine.

Six mois plus tard, le groupe dirigé par Tim Cook s’était engagé à flécher 100 milliards de dollars supplémentaires, suite à la volonté affichée par la Maison-Blanche d’imposer des surtaxes de 100 % sur les importations de semi-conducteurs.

Donald Trump s’était alors enorgueilli de cette décision, oubliant peut-être un peu vite qu’Apple avait déjà formulé de tels plans d’investissements en 2018 (350 milliards de dollars sur cinq ans) et en 2021 (430 milliards sur cinq ans).

Ce nouveau contrat devrait quoi qu’il en soit soutenir la propre politique d’investissement de Broadcom. Ce dernier devrait en effet injecter 1,5 milliard de dollars dans son usine de Fort Collins (Colorado) pour répondre à cette nouvelle demande d’Apple. Il y produira des composants radio avancés, dont des filtres FBAR (Film Bulk Acoustic Resonator).

☕️ Apple passe une commande pluriannuelle de 30 milliards de dollars chez Broadcom

9 juillet 2026 à 08:43


Il y aura du Broadcom dans les prochains iPhone. Apple vient en effet d’annoncer la signature d’un contrat pluriannuel de grande ampleur avec l’équipementier. L’enveloppe prévisionnelle est supérieure à 30 milliards de dollars, et elle devrait conduire, selon Apple, à la production de plus de 15 milliards de puces sur le sol américain.

« Apple travaille en collaboration avec l’administration et les entreprises à travers les États-Unis pour contribuer à la création d’une chaîne d’approvisionnement complète en semi-conducteurs en Amérique, et l’annonce d’aujourd’hui participe à ces efforts », indique la firme de Cupertino.

Rappelons qu’Apple avait promis en février 2025 un plan d’investissement à hauteur de 500 milliards de dollars dans l’économie états-unienne, au moment même où l’administration Trump lançait ses droits de douane sur les produits fabriqués à l’étranger, notamment en Chine.

Six mois plus tard, le groupe dirigé par Tim Cook s’était engagé à flécher 100 milliards de dollars supplémentaires, suite à la volonté affichée par la Maison-Blanche d’imposer des surtaxes de 100 % sur les importations de semi-conducteurs.

Donald Trump s’était alors enorgueilli de cette décision, oubliant peut-être un peu vite qu’Apple avait déjà formulé de tels plans d’investissements en 2018 (350 milliards de dollars sur cinq ans) et en 2021 (430 milliards sur cinq ans).

Ce nouveau contrat devrait quoi qu’il en soit soutenir la propre politique d’investissement de Broadcom. Ce dernier devrait en effet injecter 1,5 milliard de dollars dans son usine de Fort Collins (Colorado) pour répondre à cette nouvelle demande d’Apple. Il y produira des composants radio avancés, dont des filtres FBAR (Film Bulk Acoustic Resonator).

☕️ Vivaldi 8.1 corrige une longue liste de bugs

9 juillet 2026 à 07:58


Six semaines après la sortie de Vivaldi 8.0 et de sa nouvelle interface, l’équipe livre une version de maintenance, estampillée 8.1, qui intervient principalement pour corriger les erreurs de jeunesse et optimiser le fonctionnement du navigateur. « Cette année est considérée comme une année à moustiques, nous avons donc amené notre spray », plaisante Jon von Tetzchner, CEO et cofondateur de Vivaldi, dans un billet d’annonce.

Outre sa promesse de design unifié au sein des différents éléments de l’interface, Vivaldi 8.0 introduisait en effet de nombreuses petites nouveautés au niveau de la gestion des onglets et de la capacité à masquer automatiquement des éléments non utilisés.

Vivaldi passe en version 8.1, avec déploiement automatique de la mise à jour – capture d’écran Next

Ces fonctionnalités, prometteuses pour les internautes qui aiment pouvoir paramétrer de façon très poussée leur navigateur, ont toutefois entraîné leur lot de dysfonctionnements, comme en témoigne les copieuses notes de version publiées par l’éditeur.

Vivaldi 8.1 passe pour l’occasion sur la branche 150 de Chromium, ce qui se traduit par la disparition des derniers éléments permettant aux extensions basées sur le Manifest V2 de fonctionner.

L’éditeur en profite pour rappeler aux éventuels déçus qu’il embarque son propre outil de blocage des publicités et des outils de suivi comportemental. « Il n’est pas nécessaire d’installer une extension tierce pour accélérer le chargement des pages web et protéger vos appareils contre l’espionnage malveillant », fait valoir Jon von Tetzchner.

Sous Linux, Vivaldi 8.1 profite également d’une version patchée de FFmpeg pour assurer la prise en charge des codecs propriétaires de type H.264 ou AAC.

☕️ Vivaldi 8.1 corrige une longue liste de bugs

9 juillet 2026 à 07:58


Six semaines après la sortie de Vivaldi 8.0 et de sa nouvelle interface, l’équipe livre une version de maintenance, estampillée 8.1, qui intervient principalement pour corriger les erreurs de jeunesse et optimiser le fonctionnement du navigateur. « Cette année est considérée comme une année à moustiques, nous avons donc amené notre spray », plaisante Jon von Tetzchner, CEO et cofondateur de Vivaldi, dans un billet d’annonce.

Outre sa promesse de design unifié au sein des différents éléments de l’interface, Vivaldi 8.0 introduisait en effet de nombreuses petites nouveautés au niveau de la gestion des onglets et de la capacité à masquer automatiquement des éléments non utilisés.

Vivaldi passe en version 8.1, avec déploiement automatique de la mise à jour – capture d’écran Next

Ces fonctionnalités, prometteuses pour les internautes qui aiment pouvoir paramétrer de façon très poussée leur navigateur, ont toutefois entraîné leur lot de dysfonctionnements, comme en témoigne les copieuses notes de version publiées par l’éditeur.

Vivaldi 8.1 passe pour l’occasion sur la branche 150 de Chromium, ce qui se traduit par la disparition des derniers éléments permettant aux extensions basées sur le Manifest V2 de fonctionner.

L’éditeur en profite pour rappeler aux éventuels déçus qu’il embarque son propre outil de blocage des publicités et des outils de suivi comportemental. « Il n’est pas nécessaire d’installer une extension tierce pour accélérer le chargement des pages web et protéger vos appareils contre l’espionnage malveillant », fait valoir Jon von Tetzchner.

Sous Linux, Vivaldi 8.1 profite également d’une version patchée de FFmpeg pour assurer la prise en charge des codecs propriétaires de type H.264 ou AAC.

Reçu — 8 juillet 2026 Actualités numériques

[MàJ] Interdiction des réseaux sociaux aux -15 ans : passé en CMP, le texte sera voté mardi

21 juillet 2026 à 06:00
No kids zone
[MàJ] Interdiction des réseaux sociaux aux -15 ans : passé en CMP, le texte sera voté mardi

Le gouvernement prend acte des réserves émises par la Commission européenne, mais estime que l’avis circonstancié rendu par cette dernière porte sur deux points de détail qui n’invalident pas la proposition d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il maintient son objectif d’une mise en œuvre dès la rentrée de septembre.

Mise à jour, 21 juillet, 8 heures : conformément aux vœux du gouvernement, le texte a fait l’objet d’un examen express par une commission mixte paritaire (CMP) chargée d’harmoniser les versions issues du Sénat et de l’Assemblée nationale tout en prenant en compte les observations formulées par la Commission européenne.

Réunie lundi 20 juillet, cette CMP a accouché d’un nouveau texte discuté et voté mardi 21 juillet à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la dernière séance publique de la session extraordinaire du Parlement.

Le texte issu de la CMP revient pour l’essentiel à la version proposée par le gouvernement. Il supprime les deux points introduits par le Sénat sur lesquels l’Europe tiquait, à savoir la constitution d’une liste de réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans établie sur avis de l’Arcom, et la possibilité d’une dérogation supervisée par les représentants légaux de l’enfant mineur.

« Je me félicite de l’accord trouvé par les parlementaires en CMP sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Demain, la France sera le premier pays d’Europe à instaurer une majorité numérique pour mieux protéger nos enfants en ligne », s’est réjouie lundi la ministre déléguée chargée du Numérique, Anne Le Hénanff.

Publication initiale, 8 juillet, 10h24 :

Le cabinet de la ministre déléguée au Numérique et à l’IA, Anne Le Hénanff, s’est dit mardi optimiste quant à la possibilité de faire promulguer, au 1er septembre, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, et ce malgré les réserves exprimées par la Commission européenne dans son avis circonstancié, rendu public lundi 7 juillet.

« La Commission européenne pointe le fait que nous sommes fondés à agir. Niveau calendrier, nous sommes donc toujours sur une entrée en vigueur au 1er septembre, conformément à l’ambition du président de la République. Ce délai nous permet de continuer les travaux parlementaires, et notamment de convoquer une commission mixte paritaire, ce que nous allons faire dans la suite de la session extraordinaire », a déclaré le cabinet lors d’un point presse téléphonique.

Deux dispositions ajoutées par le Sénat en question

Si Bruxelles ne remet pas en cause les velléités françaises de limiter l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux, l’avis rendu par la Commission pointe toutefois deux dispositions considérées comme non compatibles avec le droit européen. Les deux points concernés ne figuraient pas dans la proposition de loi initialement votée à l’Assemblée nationale, souligne le cabinet.

Ajoutées lors de la lecture du texte au Sénat, le 31 mars dernier, elles concernent respectivement la création d’une liste des réseaux sociaux interdits aux mineurs de moins de 15 ans, et la possibilité d’un accès dérogatoire sous réserve de l’accord parental. Le cabinet d’Anne Le Hénanff avait alerté dans la foulée du vote d’un risque d’incompatibilité avec le droit européen.

L’avis rendu par Bruxelles semble lui donner raison. « Sur ces deux points, l’avis nous dit que la mise en œuvre serait contraire aux pratiques d’harmonisation maximales du DSA, puisqu’on viendrait imposer de nouvelles contraintes aux plateformes, ce qui ne peut être fait qu’au niveau européen », décrit Bercy.

Dans la petite loi issue du Sénat, il est prévu que l’interdiction s’applique à une liste de réseaux sociaux « établie par un arrêté du ministre chargé du numérique pris après avis de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique ».

« L’Arcom n’est pas fondée à établir des critères qui viendraient discriminer les plateformes, on ne peut pas qualifier de façon individuelle les acteurs », déchiffre à ce sujet le cabinet ministériel.

La dérogation qui permettrait à un mineur de moins de 15 ans d’accéder à un réseau « s’il peut justifier de l’accord préalable exprès d’au moins l’un de ses administrateurs légaux » poserait quant à elle un problème dans la mesure où elle imposerait aux plateformes la mise en place d’un dispositif de recueil du consentement spécifique à la France. « C’est contraire au principe du pays d’origine de la directive e-commerce », résument les conseillers d’Anne Le Hénanff.

Rappelons que ce principe prévoit qu’une société obéisse aux règles du pays dans lequel elle est implantée pour tout ce qui relève du « domaine coordonné », c’est-à-dire la façon dont le service fonctionne (par opposition à d’autres aspects plus spécifiques comme la fiscalité, la livraison, etc.).

Un calendrier (très) serré

L’examen des travaux de la Commission mixte paritaire (CMP) est d’ores et déjà à l’ordre du jour du 21 juillet de l’Assemblée nationale. Les deux chambres ont donc environ deux semaines pour réunir cette CMP et la faire plancher vers une proposition harmonisée répondant aux deux objections formulées par Bruxelles, avant le vote final.

Extrait de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale issu de la conférence des présidents du 6 juillet dernier – capture d’écran Next

En cas de succès, il ne sera pas nécessaire de solliciter un nouvel avis de la Commission, estime Bercy, ce qui permettrait donc d’envisager une promulgation expresse à la rentrée de septembre. La vérification d’âge s’appliquerait alors à l’ensemble des services qui répondent à la double définition de réseau social selon le DMA et de plateforme en ligne selon le DSA.

Le cas échéant, il restera à juger sur pièces de la qualité des dispositifs de vérification d’âge mis en œuvre. L’expérience acquise avec les sites pornographiques permet pour l’instant de douter de leur efficacité…

[MàJ] Interdiction des réseaux sociaux aux -15 ans : passé en CMP, le texte sera voté mardi

21 juillet 2026 à 06:00
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[MàJ] Interdiction des réseaux sociaux aux -15 ans : passé en CMP, le texte sera voté mardi

Le gouvernement prend acte des réserves émises par la Commission européenne, mais estime que l’avis circonstancié rendu par cette dernière porte sur deux points de détail qui n’invalident pas la proposition d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il maintient son objectif d’une mise en œuvre dès la rentrée de septembre.

Mise à jour, 21 juillet, 8 heures : conformément aux vœux du gouvernement, le texte a fait l’objet d’un examen express par une commission mixte paritaire (CMP) chargée d’harmoniser les versions issues du Sénat et de l’Assemblée nationale tout en prenant en compte les observations formulées par la Commission européenne.

Réunie lundi 20 juillet, cette CMP a accouché d’un nouveau texte discuté et voté mardi 21 juillet à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la dernière séance publique de la session extraordinaire du Parlement.

Le texte issu de la CMP revient pour l’essentiel à la version proposée par le gouvernement. Il supprime les deux points introduits par le Sénat sur lesquels l’Europe tiquait, à savoir la constitution d’une liste de réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans établie sur avis de l’Arcom, et la possibilité d’une dérogation supervisée par les représentants légaux de l’enfant mineur.

« Je me félicite de l’accord trouvé par les parlementaires en CMP sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Demain, la France sera le premier pays d’Europe à instaurer une majorité numérique pour mieux protéger nos enfants en ligne », s’est réjouie lundi la ministre déléguée chargée du Numérique, Anne Le Hénanff.

Publication initiale, 8 juillet, 10h24 :

Le cabinet de la ministre déléguée au Numérique et à l’IA, Anne Le Hénanff, s’est dit mardi optimiste quant à la possibilité de faire promulguer, au 1er septembre, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, et ce malgré les réserves exprimées par la Commission européenne dans son avis circonstancié, rendu public lundi 7 juillet.

« La Commission européenne pointe le fait que nous sommes fondés à agir. Niveau calendrier, nous sommes donc toujours sur une entrée en vigueur au 1er septembre, conformément à l’ambition du président de la République. Ce délai nous permet de continuer les travaux parlementaires, et notamment de convoquer une commission mixte paritaire, ce que nous allons faire dans la suite de la session extraordinaire », a déclaré le cabinet lors d’un point presse téléphonique.

Deux dispositions ajoutées par le Sénat en question

Si Bruxelles ne remet pas en cause les velléités françaises de limiter l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux, l’avis rendu par la Commission pointe toutefois deux dispositions considérées comme non compatibles avec le droit européen. Les deux points concernés ne figuraient pas dans la proposition de loi initialement votée à l’Assemblée nationale, souligne le cabinet.

Ajoutées lors de la lecture du texte au Sénat, le 31 mars dernier, elles concernent respectivement la création d’une liste des réseaux sociaux interdits aux mineurs de moins de 15 ans, et la possibilité d’un accès dérogatoire sous réserve de l’accord parental. Le cabinet d’Anne Le Hénanff avait alerté dans la foulée du vote d’un risque d’incompatibilité avec le droit européen.

L’avis rendu par Bruxelles semble lui donner raison. « Sur ces deux points, l’avis nous dit que la mise en œuvre serait contraire aux pratiques d’harmonisation maximales du DSA, puisqu’on viendrait imposer de nouvelles contraintes aux plateformes, ce qui ne peut être fait qu’au niveau européen », décrit Bercy.

Dans la petite loi issue du Sénat, il est prévu que l’interdiction s’applique à une liste de réseaux sociaux « établie par un arrêté du ministre chargé du numérique pris après avis de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique ».

« L’Arcom n’est pas fondée à établir des critères qui viendraient discriminer les plateformes, on ne peut pas qualifier de façon individuelle les acteurs », déchiffre à ce sujet le cabinet ministériel.

La dérogation qui permettrait à un mineur de moins de 15 ans d’accéder à un réseau « s’il peut justifier de l’accord préalable exprès d’au moins l’un de ses administrateurs légaux » poserait quant à elle un problème dans la mesure où elle imposerait aux plateformes la mise en place d’un dispositif de recueil du consentement spécifique à la France. « C’est contraire au principe du pays d’origine de la directive e-commerce », résument les conseillers d’Anne Le Hénanff.

Rappelons que ce principe prévoit qu’une société obéisse aux règles du pays dans lequel elle est implantée pour tout ce qui relève du « domaine coordonné », c’est-à-dire la façon dont le service fonctionne (par opposition à d’autres aspects plus spécifiques comme la fiscalité, la livraison, etc.).

Un calendrier (très) serré

L’examen des travaux de la Commission mixte paritaire (CMP) est d’ores et déjà à l’ordre du jour du 21 juillet de l’Assemblée nationale. Les deux chambres ont donc environ deux semaines pour réunir cette CMP et la faire plancher vers une proposition harmonisée répondant aux deux objections formulées par Bruxelles, avant le vote final.

Extrait de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale issu de la conférence des présidents du 6 juillet dernier – capture d’écran Next

En cas de succès, il ne sera pas nécessaire de solliciter un nouvel avis de la Commission, estime Bercy, ce qui permettrait donc d’envisager une promulgation expresse à la rentrée de septembre. La vérification d’âge s’appliquerait alors à l’ensemble des services qui répondent à la double définition de réseau social selon le DMA et de plateforme en ligne selon le DSA.

Le cas échéant, il restera à juger sur pièces de la qualité des dispositifs de vérification d’âge mis en œuvre. L’expérience acquise avec les sites pornographiques permet pour l’instant de douter de leur efficacité…

Reçu — 7 juillet 2026 Actualités numériques

☕️ Retour de Chat Control 1.0 : le Parlement européen vote la procédure d’urgence

7 juillet 2026 à 16:50


Le Parlement européen a voté mardi 7 juillet la demande de décision d’urgence qui va lui permettre de se prononcer à nouveau sur la dérogation visant à autoriser, à nouveau, les grands acteurs du numérique à surveiller volontairement les communications électroniques pour y détecter les contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs (CSAM, pour child sexual abuse material en anglais).

Du fait de cette procédure d’urgence, le sujet sera réexaminé jeudi 9 juillet, ce qui donnera donc lieu à un nouveau vote, sur le fond cette fois. La dérogation a été votée à 331 voix pour, 304 voix contre et 11 abstentions.

D’après la communication transmise par la Commission au Parlement européen (PDF), cette dérogation « vise à éviter toute autre lacune dans le cadre temporaire, en attendant la finalisation des négociations sur le cadre à long terme destiné à prévenir et à combattre les abus sexuels sur enfants en ligne ».

Le principe de cette dérogation avait été rejeté par le Parlement européen en mars dernier, mais il a été remis sur la table par le Conseil européen, qui s’est dit favorable à une reconduction pour deux ans, soit jusqu’au 3 avril 2028.

Un œil symbolisant l'Union européenne, et les dissensions et problèmes afférents
Illustration : Flock

On distingue pour mémoire deux textes dans cette affaire, qui remonte à 2021, comme le rappellent ses opposants sur fightchatcontrol.eu. D’un côté, cette nouvelle dérogation, surnommée Chat Control 1.0, qui cherche à prolonger l’autorisation de surveillance volontaire dont disposaient les réseaux sociaux et qui ne courait que jusqu’au 3 avril dernier.

De l’autre, le « Règlement établissant des règles en vue de prévenir et de combattre les abus sexuels sur enfants », dit CSAR, pour Child sexual abuse regulation, et qualifié de Chat Control 2.0 par ses opposants.

Ce texte prendrait la forme d’une réglementation permanente, imposée aux plateformes (alors que la dérogation fonctionne sur la base du volontariat) et avec de possibles implications sur la sécurité des messageries chiffrées de bout en bout. Le texte, présenté en 2022, achoppe actuellement à l’étape du trilogue, mais les négociations se poursuivent.

☕️ Retour de Chat Control 1.0 : le Parlement européen vote la procédure d’urgence

7 juillet 2026 à 16:50


Le Parlement européen a voté mardi 7 juillet la demande de décision d’urgence qui va lui permettre de se prononcer à nouveau sur la dérogation visant à autoriser, à nouveau, les grands acteurs du numérique à surveiller volontairement les communications électroniques pour y détecter les contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs (CSAM, pour child sexual abuse material en anglais).

Du fait de cette procédure d’urgence, le sujet sera réexaminé jeudi 9 juillet, ce qui donnera donc lieu à un nouveau vote, sur le fond cette fois. La dérogation a été votée à 331 voix pour, 304 voix contre et 11 abstentions.

D’après la communication transmise par la Commission au Parlement européen (PDF), cette dérogation « vise à éviter toute autre lacune dans le cadre temporaire, en attendant la finalisation des négociations sur le cadre à long terme destiné à prévenir et à combattre les abus sexuels sur enfants en ligne ».

Le principe de cette dérogation avait été rejeté par le Parlement européen en mars dernier, mais il a été remis sur la table par le Conseil européen, qui s’est dit favorable à une reconduction pour deux ans, soit jusqu’au 3 avril 2028.

Un œil symbolisant l'Union européenne, et les dissensions et problèmes afférents
Illustration : Flock

On distingue pour mémoire deux textes dans cette affaire, qui remonte à 2021, comme le rappellent ses opposants sur fightchatcontrol.eu. D’un côté, cette nouvelle dérogation, surnommée Chat Control 1.0, qui cherche à prolonger l’autorisation de surveillance volontaire dont disposaient les réseaux sociaux et qui ne courait que jusqu’au 3 avril dernier.

De l’autre, le « Règlement établissant des règles en vue de prévenir et de combattre les abus sexuels sur enfants », dit CSAR, pour Child sexual abuse regulation, et qualifié de Chat Control 2.0 par ses opposants.

Ce texte prendrait la forme d’une réglementation permanente, imposée aux plateformes (alors que la dérogation fonctionne sur la base du volontariat) et avec de possibles implications sur la sécurité des messageries chiffrées de bout en bout. Le texte, présenté en 2022, achoppe actuellement à l’étape du trilogue, mais les négociations se poursuivent.

Reddit utilise l’IA pour se protéger du spam généré par IA

7 juillet 2026 à 12:41
Fight fire with fire
Reddit utilise l’IA pour se protéger du spam généré par IA

Reddit affirme que ses outils de modération automatisés, sous-tendus par des grands modèles de langage, parviennent à endiguer une part significative des contenus promotionnels et du spam généré par IA.

Reddit et l’IA, c’est un peu je t’aime moi non plus. Très virulente lorsqu’il s’agit de défendre ses droits face à l’exploitation de ses contenus pour l’entraînement des grands modèles de langage (LLM), l’entreprise exploite massivement les capacités d’automatisation de l’intelligence artificielle pour servir ses propres desseins.

Après avoir généralisé l’usage de la traduction automatisée, notamment pour faire ressortir des contenus anglophones dans la version française de Google, la plateforme affirme avoir considérablement musclé ses capacités de modération face au spam et aux contenus publicitaires.

« Un nouveau front dans une guerre ancienne »

Pour Reddit, créée en 2005, le spam et le détournement à des fins marketing n’ont rien de nouveau, mais l’avènement de l’IA générative a, comme ailleurs sur le Web, considérablement accentué le phénomène. « Dans la mesure où les tactiques des acteurs malveillants ont évolué, nos systèmes ont évolué pour les arrêter », résume l’entreprise. Steve Huffman, CEO de Reddit, a décrit le phénomène (incarné notamment par la vague du GEO, le référencement via les LLM) comme « un nouveau front dans une guerre ancienne ».

Reddit explique ainsi avoir mis en œuvre des outils IA pour accélérer la détection des comptes et contenus dédiés au spam :

« Nous analysons les signaux dès la création d’un compte afin de bloquer les acteurs suspects avant même qu’ils ne publient quoi que ce soit. Pour ceux qui le font malgré tout, nous utilisons des modèles de langage (LLM) pour détecter les schémas subtils et coordonnés de faux comportements et de surenchère artificielle que les anciens systèmes ne parvenaient pas à repérer ».

Sur les derniers mois, la plateforme estime avoir réussi à bloquer l’équivalent de 23 millions d’affichages de spam par jour, en agissant donc de façon proactive avant que les contenus concernés aient été vus par un internaute. Pour ce faire, elle supprimerait 25 000 posts ou commentaires par jour, et indique avoir révoqué (supprimé) 2 millions de votes considérés comme non authentiques sur les trois derniers mois.

Comme souvent, le système ne va pas sans quelques heurts. Sur r/reddithelp, le canal dédié aux demandes d’aide, on a ainsi vu se multiplier ces dernières semaines les messages interrogeant des décisions de modération automatisées.

La modération assistée par IA s’étend également aux contenus non publicitaires, mais relevant des discours de haine ou des messages violents. Sur ce volet, Reddit affirme que ses systèmes automatisés sont capables d’intervenir « en moins de cinq secondes », ce qui permettrait de limiter de 40 % l’exposition des internautes, avec une baisse de plus de 40 % du nombre de faux positifs.

« Notre objectif est simple : limiter l’impact des personnes malveillantes et la diffusion de leurs contenus. Nous n’attendons pas que le contenu atteigne la communauté pour déterminer s’il est nuisible. Notre action la plus efficace se déroule avant même qu’un utilisateur ne voie une publication », estime la plateforme.

Pour Reddit, cette modération automatisée ne va pas à l’encontre des grands principes de fonctionnement de la plateforme, à savoir une visibilité conditionnée par les votes des utilisateurs (flèches vers le haut ou vers le bas) et surtout une importante modération humaine assurée bénévolement, souvent par des internautes impliqués dans une communauté donnée.

C’est d’ailleurs vers cette communauté de modérateurs que Reddit se tourne pour traiter un phénomène plus diffus que connaissent bien les adeptes de LinkedIn : la prolifération de posts à faible valeur ajoutée publiés par des humains avec l’aide de l’IA.

Reddit bientôt désignée comme VLOP par la Commission européenne ?

Entre juillet et décembre 2025, la modération a posteriori (après publication) a concerné 154 millions de publications et commentaires. Les actions se répartissaient à 52,7 % entre les modérateurs bénévoles et à 44,7 % pour les équipes internes à l’entreprise, d’après le rapport de transparence annuel de Reddit. La modération automatisée représentait 3,9 millions d’actions, soit 2,5 % des contenus supprimés. La plateforme a, sur cette période, enregistré quelque 2,2 milliards de nouveaux posts et commentaires.

L’entreprise voit une forme d’impératif dans la mise en place d’outils automatisés supplémentaires. Chaque trimestre, elle rappelle dans le chapitre « risques » de sa communication financière à quel point sa santé dépend de son attractivité pour les annonceurs et donc de sa capacité à lutter efficacement contre les contenus problématiques ou illégaux.

En Europe, Reddit se prépare par ailleurs à devoir faire face aux obligations spécifiques liées au règlement sur les services numériques (DSA) : au détour d’une publication réglementaire (PDF), elle révèle en effet avoir déclaré en février dernier à la Commission européenne le franchissement du seuil des 45 millions d’utilisateurs mensuels qui qualifie les très grandes plateformes (VLOP, pour Very large online platform). « Si la Commission européenne désigne Reddit comme une VLOP, nous serons soumis à des règles et obligations de conformité supplémentaires », prévient-elle.

Reddit utilise l’IA pour se protéger du spam généré par IA

7 juillet 2026 à 12:41
Fight fire with fire
Reddit utilise l’IA pour se protéger du spam généré par IA

Reddit affirme que ses outils de modération automatisés, sous-tendus par des grands modèles de langage, parviennent à endiguer une part significative des contenus promotionnels et du spam généré par IA.

Reddit et l’IA, c’est un peu je t’aime moi non plus. Très virulente lorsqu’il s’agit de défendre ses droits face à l’exploitation de ses contenus pour l’entraînement des grands modèles de langage (LLM), l’entreprise exploite massivement les capacités d’automatisation de l’intelligence artificielle pour servir ses propres desseins.

Après avoir généralisé l’usage de la traduction automatisée, notamment pour faire ressortir des contenus anglophones dans la version française de Google, la plateforme affirme avoir considérablement musclé ses capacités de modération face au spam et aux contenus publicitaires.

« Un nouveau front dans une guerre ancienne »

Pour Reddit, créée en 2005, le spam et le détournement à des fins marketing n’ont rien de nouveau, mais l’avènement de l’IA générative a, comme ailleurs sur le Web, considérablement accentué le phénomène. « Dans la mesure où les tactiques des acteurs malveillants ont évolué, nos systèmes ont évolué pour les arrêter », résume l’entreprise. Steve Huffman, CEO de Reddit, a décrit le phénomène (incarné notamment par la vague du GEO, le référencement via les LLM) comme « un nouveau front dans une guerre ancienne ».

Reddit explique ainsi avoir mis en œuvre des outils IA pour accélérer la détection des comptes et contenus dédiés au spam :

« Nous analysons les signaux dès la création d’un compte afin de bloquer les acteurs suspects avant même qu’ils ne publient quoi que ce soit. Pour ceux qui le font malgré tout, nous utilisons des modèles de langage (LLM) pour détecter les schémas subtils et coordonnés de faux comportements et de surenchère artificielle que les anciens systèmes ne parvenaient pas à repérer ».

Sur les derniers mois, la plateforme estime avoir réussi à bloquer l’équivalent de 23 millions d’affichages de spam par jour, en agissant donc de façon proactive avant que les contenus concernés aient été vus par un internaute. Pour ce faire, elle supprimerait 25 000 posts ou commentaires par jour, et indique avoir révoqué (supprimé) 2 millions de votes considérés comme non authentiques sur les trois derniers mois.

Comme souvent, le système ne va pas sans quelques heurts. Sur r/reddithelp, le canal dédié aux demandes d’aide, on a ainsi vu se multiplier ces dernières semaines les messages interrogeant des décisions de modération automatisées.

La modération assistée par IA s’étend également aux contenus non publicitaires, mais relevant des discours de haine ou des messages violents. Sur ce volet, Reddit affirme que ses systèmes automatisés sont capables d’intervenir « en moins de cinq secondes », ce qui permettrait de limiter de 40 % l’exposition des internautes, avec une baisse de plus de 40 % du nombre de faux positifs.

« Notre objectif est simple : limiter l’impact des personnes malveillantes et la diffusion de leurs contenus. Nous n’attendons pas que le contenu atteigne la communauté pour déterminer s’il est nuisible. Notre action la plus efficace se déroule avant même qu’un utilisateur ne voie une publication », estime la plateforme.

Pour Reddit, cette modération automatisée ne va pas à l’encontre des grands principes de fonctionnement de la plateforme, à savoir une visibilité conditionnée par les votes des utilisateurs (flèches vers le haut ou vers le bas) et surtout une importante modération humaine assurée bénévolement, souvent par des internautes impliqués dans une communauté donnée.

C’est d’ailleurs vers cette communauté de modérateurs que Reddit se tourne pour traiter un phénomène plus diffus que connaissent bien les adeptes de LinkedIn : la prolifération de posts à faible valeur ajoutée publiés par des humains avec l’aide de l’IA.

Reddit bientôt désignée comme VLOP par la Commission européenne ?

Entre juillet et décembre 2025, la modération a posteriori (après publication) a concerné 154 millions de publications et commentaires. Les actions se répartissaient à 52,7 % entre les modérateurs bénévoles et à 44,7 % pour les équipes internes à l’entreprise, d’après le rapport de transparence annuel de Reddit. La modération automatisée représentait 3,9 millions d’actions, soit 2,5 % des contenus supprimés. La plateforme a, sur cette période, enregistré quelque 2,2 milliards de nouveaux posts et commentaires.

L’entreprise voit une forme d’impératif dans la mise en place d’outils automatisés supplémentaires. Chaque trimestre, elle rappelle dans le chapitre « risques » de sa communication financière à quel point sa santé dépend de son attractivité pour les annonceurs et donc de sa capacité à lutter efficacement contre les contenus problématiques ou illégaux.

En Europe, Reddit se prépare par ailleurs à devoir faire face aux obligations spécifiques liées au règlement sur les services numériques (DSA) : au détour d’une publication réglementaire (PDF), elle révèle en effet avoir déclaré en février dernier à la Commission européenne le franchissement du seuil des 45 millions d’utilisateurs mensuels qui qualifie les très grandes plateformes (VLOP, pour Very large online platform). « Si la Commission européenne désigne Reddit comme une VLOP, nous serons soumis à des règles et obligations de conformité supplémentaires », prévient-elle.

Reçu — 3 juillet 2026 Actualités numériques

☕️ Le prix de la licence « à vie » Plex Pass s’envole à 690 euros

3 juillet 2026 à 14:53


Annoncés en mai dernier, les nouveaux tarifs d’abonnement Plex sont désormais effectifs, avec une hausse particulièrement conséquente sur la licence perpétuelle, qualifiée d’abonnement « à vie » : son prix, qui était passé de 120 à 250 dollars en mars 2025, s’envole désormais à 750 dollars !

L’éditeur du célèbre logiciel de gestion multimédia a cette fois tenu compte des écarts de devises, et il affiche pour l’Europe un tarif à 690 euros. C’est trois fois le montant qui était demandé jusqu’ici.

Peut-être pour faciliter la digestion, Plex introduit à cette occasion une nouvelle formule d’abonnement sur cinq ans, facturée 230 euros. Le Plex Pass mensuel reste quant à lui à 6 euros par mois, contre 60 euros pour l’abonnement annuel.

La licence perpétuelle est maintenant affichée à 690 euros – capture d’écran Next

« Cette mise à jour reflète la valeur réelle et continue du logiciel et notre engagement à développer, améliorer et soutenir Plex pour les années à venir », justifie Plex, comme il l’avait déjà fait l’an dernier lors de la précédente augmentation de tarif, qui s’accompagnait d’une nouvelle option payante pour la lecture à distance de contenus personnels. L’éditeur indique d’ailleurs avoir envisagé la suppression de la licence perpétuelle, « étant donné que les abonnements récurrents nous aident à assurer le développement à long terme ».

Si Jellyfin, Kodi et d’autres logiciels open source constituent des alternatives sérieuses pour celles et ceux qui ne souhaitent pas s’acquitter d’un abonnement pour un serveur multimédia domestique, Plex développe de nombreuses fonctionnalités connexes qui justifient, selon l’éditeur, la souscription d’une licence.

Lors de l’annonce initiale de cette hausse de prix, en mai dernier, il listait par exemple la capacité à regrouper automatiquement les fichiers par famille (série TV par exemple), la création et l’édition de listes de lecture depuis l’application mobile, la prise en charge des métadonnées NFO, ou l’ajout d’une option pour avoir le son des dialogues renforcé pendant la lecture d’une vidéo, à l’instar de ce que propose Amazon Prime Video.

Selon les pays, le logiciel donne ainsi accès à des contenus (films et séries) gratuits, à des chaînes de télévision, à des options d’achat ou de location. Plex revendiquait début juin 42 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans 180 pays.

☕️ Le prix de la licence « à vie » Plex Pass s’envole à 690 euros

3 juillet 2026 à 14:53


Annoncés en mai dernier, les nouveaux tarifs d’abonnement Plex sont désormais effectifs, avec une hausse particulièrement conséquente sur la licence perpétuelle, qualifiée d’abonnement « à vie » : son prix, qui était passé de 120 à 250 dollars en mars 2025, s’envole désormais à 750 dollars !

L’éditeur du célèbre logiciel de gestion multimédia a cette fois tenu compte des écarts de devises, et il affiche pour l’Europe un tarif à 690 euros. C’est trois fois le montant qui était demandé jusqu’ici.

Peut-être pour faciliter la digestion, Plex introduit à cette occasion une nouvelle formule d’abonnement sur cinq ans, facturée 230 euros. Le Plex Pass mensuel reste quant à lui à 6 euros par mois, contre 60 euros pour l’abonnement annuel.

La licence perpétuelle est maintenant affichée à 690 euros – capture d’écran Next

« Cette mise à jour reflète la valeur réelle et continue du logiciel et notre engagement à développer, améliorer et soutenir Plex pour les années à venir », justifie Plex, comme il l’avait déjà fait l’an dernier lors de la précédente augmentation de tarif, qui s’accompagnait d’une nouvelle option payante pour la lecture à distance de contenus personnels. L’éditeur indique d’ailleurs avoir envisagé la suppression de la licence perpétuelle, « étant donné que les abonnements récurrents nous aident à assurer le développement à long terme ».

Si Jellyfin, Kodi et d’autres logiciels open source constituent des alternatives sérieuses pour celles et ceux qui ne souhaitent pas s’acquitter d’un abonnement pour un serveur multimédia domestique, Plex développe de nombreuses fonctionnalités connexes qui justifient, selon l’éditeur, la souscription d’une licence.

Lors de l’annonce initiale de cette hausse de prix, en mai dernier, il listait par exemple la capacité à regrouper automatiquement les fichiers par famille (série TV par exemple), la création et l’édition de listes de lecture depuis l’application mobile, la prise en charge des métadonnées NFO, ou l’ajout d’une option pour avoir le son des dialogues renforcé pendant la lecture d’une vidéo, à l’instar de ce que propose Amazon Prime Video.

Selon les pays, le logiciel donne ainsi accès à des contenus (films et séries) gratuits, à des chaînes de télévision, à des options d’achat ou de location. Plex revendiquait début juin 42 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans 180 pays.

Marché entreprise : les acteurs de l’IA misent sur des ingénieurs placés chez le client

3 juillet 2026 à 09:39
Fini le Dev, on Externalise
Marché entreprise : les acteurs de l’IA misent sur des ingénieurs placés chez le client

Microsoft et Amazon viennent tour à tour d’annoncer la création d’entités dédiées au Forward Deployed Engineering, soit le placement d’ingénieurs IA directement chez les clients entreprise. Inspirée de Palantir, la démarche a déjà suscité des investissements significatifs chez OpenAI, Anthropic ou Google.

Nouvelle entité au sein du groupe, la Microsoft Frontier Company est présentée comme la division la plus richement dotée du marché, à la fois en moyens financiers et en compétences humaines de pointe, en matière d’accompagnement des projets IA en entreprise. « Elle constituera l’organisation d’ingénierie la plus importante, compétente et orientée vers l’obtention de résultats concrets et mesurables pour les clients », vante dans un communiqué Judson Althoff, le CEO de Microsoft Commercial Business, la branche B2B de l’éditeur.

Microsoft muscle son jeu sur l’IA en entreprise

En pratique ? Microsoft annonce déployer 2,5 milliards de dollars d’investissements et réunir « 6 000 experts métier et ingénieurs » au sein de cette division chargée de travailler directement avec les clients entreprise pour « co-concevoir, co-innover, déployer et améliorer en continu des systèmes d’IA à grande échelle, en s’appuyant sur des résultats métiers mesurables ».

La démarche passe principalement par le placement d’experts métier directement chez les clients concernés. Le phénomène a donné naissance à un nouvel intitulé de poste, le Forward Deployed Engineer (FDE).

Microsoft promet cependant d’aller plus loin que la simple mise à disposition de compétences. Pour ce faire, l’éditeur compte bien sûr s’appuyer sur ses propres outils et ressources en matière d’IA ou de cloud. À ce niveau, il revendique une approche ouverte et cherche à désamorcer tout soupçon d’enfermement. « La plateforme de Microsoft offre aux organisations la flexibilité nécessaire pour utiliser le modèle le plus adapté à chaque usage, qu’il provienne d’OpenAI, d’Anthropic, de Microsoft AI, de l’open source ou d’un modèle spécialisé conçu pour un secteur d’activité spécifique, sans jamais perdre le contrôle au profit d’un acteur unique », assure Judson Althoff.

Une tendance marché déjà bien engagée

Si Microsoft met en avant des chiffres significatifs, c’est que les autres grands noms de l’IA ne sont pas en reste en matière de FDE. Dans le lot, on pense bien sûr à Palantir, qui a popularisé le terme et a fait de ces ingénieurs placés directement chez le client l’une de ses marques de fabrique, y compris dans les contrats sensibles. ChapsVision, qui vient de souffler au géant états-unien le contrat de la DGSI française, en fait d’ailleurs un axe de différenciation.

Outre Palantir, Amazon Web Services (AWS) a procédé plus tôt cette semaine à une offensive similaire. Le groupe a lui aussi annoncé la création d’une entité dédiée, explicitement baptisée Forward Deployed Engineering et associée à un investissement chiffré à 1 milliard de dollars.

OpenAI a également dégainé en mai sa propre initiative en la matière. À partir du rachat de l’ESN Tomoto, le laboratoire a en effet créé une entité dédiée, The OpenAI Deployment Company, elle aussi centrée sur la notion de FDE. Cette nouvelle filiale fait l’objet d’un financement spécifique, qui associe 19 investisseurs, pour une mise de départ affichée à « plus de 4 milliards de dollars ».

Une semaine plus tôt, c’est Anthropic qui sortait du bois, avec un modèle similaire : la société a pris le parti de s’associer à des acteurs financiers pour créer une structure commerciale dédiée, au sein de laquelle des ingénieurs d’Anthropic évolueront aux côtés de compétences issues des intégrateurs partenaires de l’entreprise pour faciliter ou accélérer le déploiement de projets basés sur les modèles Claude. Cette fois, l’investissement consenti n’est pas précisé.

Nouvelle guerre des talents en vue

Google n’est pas en reste. Début juin, le CEO de Google Cloud affichait ainsi son intention de recruter massivement des ingénieurs en vue de missions directement chez les clients :

« Bien que le recours à des FDE ne soit pas nouveau chez Google Cloud, la demande des clients et des partenaires pour les produits d’IA d’entreprise de Google et pour l’aide fournie par les ingénieurs de Google dans l’adoption du développement agentique croît très rapidement ».

En mars, le Wall Street Journal remarquait déjà que les profils de FDE figuraient parmi les plus demandés du marché, avec une multiplication par dix des offres d’emploi recensées sur Indeed entre 2024 et 2025. Il qualifiait dans le même temps les postes en question de « peu glamour ». La logique du FDE rappelle en effet celle du consultant placé chez le client que connaissent déjà bien les ingénieurs employés par les entreprises de services numériques (ESN) ou les cabinets de conseil.

Marché entreprise : les acteurs de l’IA misent sur des ingénieurs placés chez le client

3 juillet 2026 à 09:39
Fini le Dev, on Externalise
Marché entreprise : les acteurs de l’IA misent sur des ingénieurs placés chez le client

Microsoft et Amazon viennent tour à tour d’annoncer la création d’entités dédiées au Forward Deployed Engineering, soit le placement d’ingénieurs IA directement chez les clients entreprise. Inspirée de Palantir, la démarche a déjà suscité des investissements significatifs chez OpenAI, Anthropic ou Google.

Nouvelle entité au sein du groupe, la Microsoft Frontier Company est présentée comme la division la plus richement dotée du marché, à la fois en moyens financiers et en compétences humaines de pointe, en matière d’accompagnement des projets IA en entreprise. « Elle constituera l’organisation d’ingénierie la plus importante, compétente et orientée vers l’obtention de résultats concrets et mesurables pour les clients », vante dans un communiqué Judson Althoff, le CEO de Microsoft Commercial Business, la branche B2B de l’éditeur.

Microsoft muscle son jeu sur l’IA en entreprise

En pratique ? Microsoft annonce déployer 2,5 milliards de dollars d’investissements et réunir « 6 000 experts métier et ingénieurs » au sein de cette division chargée de travailler directement avec les clients entreprise pour « co-concevoir, co-innover, déployer et améliorer en continu des systèmes d’IA à grande échelle, en s’appuyant sur des résultats métiers mesurables ».

La démarche passe principalement par le placement d’experts métier directement chez les clients concernés. Le phénomène a donné naissance à un nouvel intitulé de poste, le Forward Deployed Engineer (FDE).

Microsoft promet cependant d’aller plus loin que la simple mise à disposition de compétences. Pour ce faire, l’éditeur compte bien sûr s’appuyer sur ses propres outils et ressources en matière d’IA ou de cloud. À ce niveau, il revendique une approche ouverte et cherche à désamorcer tout soupçon d’enfermement. « La plateforme de Microsoft offre aux organisations la flexibilité nécessaire pour utiliser le modèle le plus adapté à chaque usage, qu’il provienne d’OpenAI, d’Anthropic, de Microsoft AI, de l’open source ou d’un modèle spécialisé conçu pour un secteur d’activité spécifique, sans jamais perdre le contrôle au profit d’un acteur unique », assure Judson Althoff.

Une tendance marché déjà bien engagée

Si Microsoft met en avant des chiffres significatifs, c’est que les autres grands noms de l’IA ne sont pas en reste en matière de FDE. Dans le lot, on pense bien sûr à Palantir, qui a popularisé le terme et a fait de ces ingénieurs placés directement chez le client l’une de ses marques de fabrique, y compris dans les contrats sensibles. ChapsVision, qui vient de souffler au géant états-unien le contrat de la DGSI française, en fait d’ailleurs un axe de différenciation.

Outre Palantir, Amazon Web Services (AWS) a procédé plus tôt cette semaine à une offensive similaire. Le groupe a lui aussi annoncé la création d’une entité dédiée, explicitement baptisée Forward Deployed Engineering et associée à un investissement chiffré à 1 milliard de dollars.

OpenAI a également dégainé en mai sa propre initiative en la matière. À partir du rachat de l’ESN Tomoto, le laboratoire a en effet créé une entité dédiée, The OpenAI Deployment Company, elle aussi centrée sur la notion de FDE. Cette nouvelle filiale fait l’objet d’un financement spécifique, qui associe 19 investisseurs, pour une mise de départ affichée à « plus de 4 milliards de dollars ».

Une semaine plus tôt, c’est Anthropic qui sortait du bois, avec un modèle similaire : la société a pris le parti de s’associer à des acteurs financiers pour créer une structure commerciale dédiée, au sein de laquelle des ingénieurs d’Anthropic évolueront aux côtés de compétences issues des intégrateurs partenaires de l’entreprise pour faciliter ou accélérer le déploiement de projets basés sur les modèles Claude. Cette fois, l’investissement consenti n’est pas précisé.

Nouvelle guerre des talents en vue

Google n’est pas en reste. Début juin, le CEO de Google Cloud affichait ainsi son intention de recruter massivement des ingénieurs en vue de missions directement chez les clients :

« Bien que le recours à des FDE ne soit pas nouveau chez Google Cloud, la demande des clients et des partenaires pour les produits d’IA d’entreprise de Google et pour l’aide fournie par les ingénieurs de Google dans l’adoption du développement agentique croît très rapidement ».

En mars, le Wall Street Journal remarquait déjà que les profils de FDE figuraient parmi les plus demandés du marché, avec une multiplication par dix des offres d’emploi recensées sur Indeed entre 2024 et 2025. Il qualifiait dans le même temps les postes en question de « peu glamour ». La logique du FDE rappelle en effet celle du consultant placé chez le client que connaissent déjà bien les ingénieurs employés par les entreprises de services numériques (ESN) ou les cabinets de conseil.

Reçu — 2 juillet 2026 Actualités numériques

☕️ Vint Cerf, toujours aussi élégant, se prépare à prendre sa retraite de Google à 83 ans

2 juillet 2026 à 15:01


Vinton Cerf intervenait mardi 30 juin lors d’une conférence Open Frontier organisée à San Francisco. Il est apparu à distance, cravate impeccablement nouée et costume ajusté, pour un panel consacré à la construction de choses qui durent dans le monde informatique.

« Déjà dans les années 70, c’était le scientifique le mieux habillé que j’aie rencontré », a salué David Patterson, professeur à Berkeley et inventeur (entre autres) du RAID, qui animait la table ronde concernée. Il a dans la foulée révélé que Vinton Cerf quitterait d’ici quelques jours ses fonctions chez Google. À 83 ans, l’intéressé occupe en effet depuis 2005 le poste de vice-président et Chief Internet Evangelist chez le géant de la recherche en ligne. « Je crois qu’on peut l’applaudir pour ce parcours plutôt correct », a plaisanté Patterson.

Vint Cert intervenait à distance depuis son domicile de Virginie, toujours tiré à quatre épingles – capture d’écran

Vinton Cerf, dit Vint, est pour mémoire l’un des principaux artisans de TCP/IP, la suite de protocoles fondatrice de l’Internet moderne, élaborée dans le prolongement des travaux du projet Cyclades, piloté par Louis Pouzin.

Et il a défendu, pendant environ 45 minutes, l’idée selon laquelle le recours à des standards ouverts était l’un des prérequis de cette pérennité. Pour Cerf, si TCP/IP sous-tend encore aujourd’hui nos échanges, c’est précisément parce qu’il n’appartient à personne.

« Dans le cas d’Internet, cela n’a fonctionné que parce que le système était distribué dès le départ. Nous avons donc laissé les règles très souples. Nous avons simplement dit que si vous trouviez quelqu’un à qui vous connecter et que vous respectiez les règles des protocoles, cela devrait fonctionner », a-t-il notamment déclaré.

Cette question de l’ouverture était, sans surprise, envisagée à l’aune du développement de l’intelligence artificielle générative, un univers dans lequel une partie des grands laboratoires développent des modèles propriétaires, mais travaillent également à des logiques de passerelles entre environnements concurrents, à l’image du MCP (Model Context Protocol) conçu par Anthropic.

Interrogé sur les velléités de centralisation des grands acteurs de l’IA, Vinton Cerf a estimé que cette ouverture finirait par s’imposer, notamment si l’on délègue à l’IA des tâches de plus en plus complexes. « Le modèle agentique de l’IA, avec de multiples agents provenant de plusieurs sources interagissant entre eux, va imposer la composabilité, ainsi qu’une exigence d’interopérabilité et de standardisation ». Reste à trouver le meilleur moyen de faire parler ces agents entre eux… ce qui suppose peut-être d’explorer de nouvelles voies.

« Je ne pense pas que l’anglais soit le meilleur choix. Il y a une ambiguïté, et je pense que la précision sera primordiale pour l’interaction entre les agents », a-t-il expliqué, prenant l’exemple du « jeu du téléphone », où un message circule de bouche à oreille et finit par être déformé au fil des relais. «  Un agent doit vraiment s’assurer que l’autre agent comprend bien ce qu’ils viennent de convenir de faire ensemble ».

☕️ Vint Cerf, toujours aussi élégant, se prépare à prendre sa retraite de Google à 83 ans

2 juillet 2026 à 15:01


Vinton Cerf intervenait mardi 30 juin lors d’une conférence Open Frontier organisée à San Francisco. Il est apparu à distance, cravate impeccablement nouée et costume ajusté, pour un panel consacré à la construction de choses qui durent dans le monde informatique.

« Déjà dans les années 70, c’était le scientifique le mieux habillé que j’aie rencontré », a salué David Patterson, professeur à Berkeley et inventeur (entre autres) du RAID, qui animait la table ronde concernée. Il a dans la foulée révélé que Vinton Cerf quitterait d’ici quelques jours ses fonctions chez Google. À 83 ans, l’intéressé occupe en effet depuis 2005 le poste de vice-président et Chief Internet Evangelist chez le géant de la recherche en ligne. « Je crois qu’on peut l’applaudir pour ce parcours plutôt correct », a plaisanté Patterson.

Vint Cert intervenait à distance depuis son domicile de Virginie, toujours tiré à quatre épingles – capture d’écran

Vinton Cerf, dit Vint, est pour mémoire l’un des principaux artisans de TCP/IP, la suite de protocoles fondatrice de l’Internet moderne, élaborée dans le prolongement des travaux du projet Cyclades, piloté par Louis Pouzin.

Et il a défendu, pendant environ 45 minutes, l’idée selon laquelle le recours à des standards ouverts était l’un des prérequis de cette pérennité. Pour Cerf, si TCP/IP sous-tend encore aujourd’hui nos échanges, c’est précisément parce qu’il n’appartient à personne.

« Dans le cas d’Internet, cela n’a fonctionné que parce que le système était distribué dès le départ. Nous avons donc laissé les règles très souples. Nous avons simplement dit que si vous trouviez quelqu’un à qui vous connecter et que vous respectiez les règles des protocoles, cela devrait fonctionner », a-t-il notamment déclaré.

Cette question de l’ouverture était, sans surprise, envisagée à l’aune du développement de l’intelligence artificielle générative, un univers dans lequel une partie des grands laboratoires développent des modèles propriétaires, mais travaillent également à des logiques de passerelles entre environnements concurrents, à l’image du MCP (Model Context Protocol) conçu par Anthropic.

Interrogé sur les velléités de centralisation des grands acteurs de l’IA, Vinton Cerf a estimé que cette ouverture finirait par s’imposer, notamment si l’on délègue à l’IA des tâches de plus en plus complexes. « Le modèle agentique de l’IA, avec de multiples agents provenant de plusieurs sources interagissant entre eux, va imposer la composabilité, ainsi qu’une exigence d’interopérabilité et de standardisation ». Reste à trouver le meilleur moyen de faire parler ces agents entre eux… ce qui suppose peut-être d’explorer de nouvelles voies.

« Je ne pense pas que l’anglais soit le meilleur choix. Il y a une ambiguïté, et je pense que la précision sera primordiale pour l’interaction entre les agents », a-t-il expliqué, prenant l’exemple du « jeu du téléphone », où un message circule de bouche à oreille et finit par être déformé au fil des relais. «  Un agent doit vraiment s’assurer que l’autre agent comprend bien ce qu’ils viennent de convenir de faire ensemble ».

OpenAI souhaiterait que les États-Unis rentrent à son capital à hauteur de 5 %

2 juillet 2026 à 12:00
Capitammunist
OpenAI souhaiterait que les États-Unis rentrent à son capital à hauteur de 5 %

OpenAI aurait proposé à l’administration Trump d’entrer à son capital, avec une prise de participation publique à hauteur de 5 %. La manœuvre est présentée comme une façon de permettre une forme de redistribution de la valeur générée par l’IA vers le public américain. Difficile toutefois de ne pas y voir, aussi, une forme de précaution face aux possibles évolutions du cadre réglementaire, voire un garde-fou face au risque d’explosion de la bulle IA…

À contre-courant des processus habituels de nationalisation, la proposition aurait cette fois émané directement d’OpenAI. D’après le Financial Times, l’éditeur des modèles ChatGPT aurait proposé à l’administration Trump d’entrer à son capital à hauteur de 5 %. La prise de participation représenterait ainsi quelque 43 milliards de dollars, si l’on se base sur la valorisation de l’entreprise estimée à 852 milliards de dollars lors de son dernier tour de table, début avril.

Capital contre influence ?

D’après deux sources proches du dossier mentionnées par le FT, Sam Altman aurait lui même porté ce message auprès de Washington, en arguant qu’une prise de participation publique était le meilleur moyen de garantir une forme de redistribution de la valeur générée par l’IA en direction des contribuables états-uniens.

L’administration Trump a déjà manifesté des velléités d’investissement direct dans les grandes entreprises de la tech. En 2025, elle est ainsi entrée au capital d’Intel à hauteur de 10 %, une opération dont ne manque d’ailleurs pas de s’enorgueillir Donald Trump puisque le cours en bourse de l’entreprise est depuis largement reparti à la hausse.

Du côté d’OpenAI, difficile de ne pas imaginer qu’une telle proposition recouvre des enjeux autres que le simple partage de la valeur. Une participation financière au capital serait une façon de consolider les relations entre l’entreprise et l’administration. Un entregent particulièrement utile lorsqu’on sait que les États-Unis réfléchissent à encadrer le développement et la distribution des modèles d’IA de pointe, après des mois de polémique liées aux capacités offensives de ces derniers en matière de cybersécurité, sur fond de concurrence accrue avec la Chine.

Donald Trump a en effet signé le 2 juin dernier un executive order qui ordonne aux grandes agences fédérales, dont la NSA, de construire un « processus d’évaluation comparative classifié visant à évaluer les capacités cyber avancées des modèles d’IA ». Selon le Financial Times, le cadre en question pourrait être annoncé dès la semaine prochaine, et il pourrait fortement contraindre la façon dont les laboratoires IA sont autorisés à distribuer leurs modèles les plus avancés.

Rassurer les investisseurs

L’appel du pied d’OpenAI à la Maison-Blanche peut également être interprété comme une recherche de garanties sur le plan financier, alors que la course aux investissements dans l’IA ne cesse de raviver les craintes d’une possible bulle. Disposer de l’État à son capital confèrerait en effet à OpenAI une forme de statut « too big to fail » (trop gros pour faire faillite), c’est-à-dire d’entreprise dont le poids et le caractère systémique sont devenus trop importants pour que l’administration puisse la laisser tomber, même en cas de retournement de marché.

L’argument n’est pas anodin pour OpenAI, qui a déposé début juin le premier formulaire préparatoire à son introduction en bourse mais hésite encore, d’après les rumeurs, sur le calendrier exact de l’opération, notamment parce que le grand concurrent Anthropic affiche une croissance supérieure à la sienne, et lorgne lui aussi vers Wall Street.

Les partenaires d’OpenAI lui réclament peut-être par ailleurs ce genre de garanties. Oracle, très impliqué dans le projet Stargate, a admis dans son dernier bilan financier annuel que son engagement dans l’IA était désormais tellement massif qu’il semblait difficile de faire marche arrière. Alors qu’il s’était envolé en bourse, le groupe de Larry Ellison suscite désormais la défiance des marchés. Il a ainsi perdu 40 % de sa valeur en seulement un mois avec une action passé de 250 à 142 dollars, alors même qu’il vient de procéder à une vague de 21 000 licenciements en seulement un an.

Softbank, bras armé historique d’OpenAI sur le plan financier, semble lui aussi avoir besoin de gages de confiance. Reuters a ainsi révélé mercredi que le groupe japonais devait renégocier les modalités d’un prêt de 10 milliards de dollars destiné à financer ses investissements dans OpenAI, précisément parce que les créanciers émettaient des doutes sur la valorisation réelle de l’entreprise.

Une idée qui fait son chemin

Sam Altman a déjà publiquement défendu l’hypothèse d’une prise de participation publique dans OpenAI au nom du bien commun en avril dernier, dans un manifeste (PDF) qui développe l’idée d’une prospérité partagée et heureuse rendue possible grâce aux apports de l’intelligence artificielle. Bien que les bénéfices réels de cette dernière pour l’économie états-unienne soient régulièrement remis en question, y compris par des banques qui financent le développement de l’IA, l’idée revient régulièrement depuis dans le débat public. Elle a notamment été relancée par le sénateur démocrate Bernie Sanders début juin, lequel propose que les États-Unis créent un fonds souverain destiné à accueillir 50 % des actions des sociétés liées à l’IA.

OpenAI souhaiterait que les États-Unis rentrent à son capital à hauteur de 5 %

2 juillet 2026 à 12:00
Capitammunist
OpenAI souhaiterait que les États-Unis rentrent à son capital à hauteur de 5 %

OpenAI aurait proposé à l’administration Trump d’entrer à son capital, avec une prise de participation publique à hauteur de 5 %. La manœuvre est présentée comme une façon de permettre une forme de redistribution de la valeur générée par l’IA vers le public américain. Difficile toutefois de ne pas y voir, aussi, une forme de précaution face aux possibles évolutions du cadre réglementaire, voire un garde-fou face au risque d’explosion de la bulle IA…

À contre-courant des processus habituels de nationalisation, la proposition aurait cette fois émané directement d’OpenAI. D’après le Financial Times, l’éditeur des modèles ChatGPT aurait proposé à l’administration Trump d’entrer à son capital à hauteur de 5 %. La prise de participation représenterait ainsi quelque 43 milliards de dollars, si l’on se base sur la valorisation de l’entreprise estimée à 852 milliards de dollars lors de son dernier tour de table, début avril.

Capital contre influence ?

D’après deux sources proches du dossier mentionnées par le FT, Sam Altman aurait lui même porté ce message auprès de Washington, en arguant qu’une prise de participation publique était le meilleur moyen de garantir une forme de redistribution de la valeur générée par l’IA en direction des contribuables états-uniens.

L’administration Trump a déjà manifesté des velléités d’investissement direct dans les grandes entreprises de la tech. En 2025, elle est ainsi entrée au capital d’Intel à hauteur de 10 %, une opération dont ne manque d’ailleurs pas de s’enorgueillir Donald Trump puisque le cours en bourse de l’entreprise est depuis largement reparti à la hausse.

Du côté d’OpenAI, difficile de ne pas imaginer qu’une telle proposition recouvre des enjeux autres que le simple partage de la valeur. Une participation financière au capital serait une façon de consolider les relations entre l’entreprise et l’administration. Un entregent particulièrement utile lorsqu’on sait que les États-Unis réfléchissent à encadrer le développement et la distribution des modèles d’IA de pointe, après des mois de polémique liées aux capacités offensives de ces derniers en matière de cybersécurité, sur fond de concurrence accrue avec la Chine.

Donald Trump a en effet signé le 2 juin dernier un executive order qui ordonne aux grandes agences fédérales, dont la NSA, de construire un « processus d’évaluation comparative classifié visant à évaluer les capacités cyber avancées des modèles d’IA ». Selon le Financial Times, le cadre en question pourrait être annoncé dès la semaine prochaine, et il pourrait fortement contraindre la façon dont les laboratoires IA sont autorisés à distribuer leurs modèles les plus avancés.

Rassurer les investisseurs

L’appel du pied d’OpenAI à la Maison-Blanche peut également être interprété comme une recherche de garanties sur le plan financier, alors que la course aux investissements dans l’IA ne cesse de raviver les craintes d’une possible bulle. Disposer de l’État à son capital confèrerait en effet à OpenAI une forme de statut « too big to fail » (trop gros pour faire faillite), c’est-à-dire d’entreprise dont le poids et le caractère systémique sont devenus trop importants pour que l’administration puisse la laisser tomber, même en cas de retournement de marché.

L’argument n’est pas anodin pour OpenAI, qui a déposé début juin le premier formulaire préparatoire à son introduction en bourse mais hésite encore, d’après les rumeurs, sur le calendrier exact de l’opération, notamment parce que le grand concurrent Anthropic affiche une croissance supérieure à la sienne, et lorgne lui aussi vers Wall Street.

Les partenaires d’OpenAI lui réclament peut-être par ailleurs ce genre de garanties. Oracle, très impliqué dans le projet Stargate, a admis dans son dernier bilan financier annuel que son engagement dans l’IA était désormais tellement massif qu’il semblait difficile de faire marche arrière. Alors qu’il s’était envolé en bourse, le groupe de Larry Ellison suscite désormais la défiance des marchés. Il a ainsi perdu 40 % de sa valeur en seulement un mois avec une action passé de 250 à 142 dollars, alors même qu’il vient de procéder à une vague de 21 000 licenciements en seulement un an.

Softbank, bras armé historique d’OpenAI sur le plan financier, semble lui aussi avoir besoin de gages de confiance. Reuters a ainsi révélé mercredi que le groupe japonais devait renégocier les modalités d’un prêt de 10 milliards de dollars destiné à financer ses investissements dans OpenAI, précisément parce que les créanciers émettaient des doutes sur la valorisation réelle de l’entreprise.

Une idée qui fait son chemin

Sam Altman a déjà publiquement défendu l’hypothèse d’une prise de participation publique dans OpenAI au nom du bien commun en avril dernier, dans un manifeste (PDF) qui développe l’idée d’une prospérité partagée et heureuse rendue possible grâce aux apports de l’intelligence artificielle. Bien que les bénéfices réels de cette dernière pour l’économie états-unienne soient régulièrement remis en question, y compris par des banques qui financent le développement de l’IA, l’idée revient régulièrement depuis dans le débat public. Elle a notamment été relancée par le sénateur démocrate Bernie Sanders début juin, lequel propose que les États-Unis créent un fonds souverain destiné à accueillir 50 % des actions des sociétés liées à l’IA.

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