Le premier ministre britannique prend des mesures pour protéger les mineurs face au numérique. Il va de soi que l’objectif est louable, notamment pour les protéger de certains adultes peu recommandables. Mais la tâche risque d’être ardue, surtout auprès des premiers concernés qui ne se laisseront sans doute pas amputer de leur loisir principal si facilement, quitte à employer tous les moyens techniques à leur disposition. Pas de rubrique le week-end prochain, partez chasser des bestioles étranges pour vous changer les idées au besoin, c’est de bonne guerre.
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La nouvelle version du système d’exploitation pour l’Apple Watch, watchOS 27, ne s’installera que sur les versions les plus récentes des montres connectées. Une nécessité pour Siri AI, a expliqué Apple.
Les utilisateurs de la première génération d’Apple Watch Ultra seront privés de watchOS 27. Le modèle n’est pourtant pas si vieux, puisqu’il a été lancé en 2022. Malgré tout, cette version devra se contenter de 3 ans de nouveautés : à l’avenir, elle ne recevra que des mises à jour de sécurité.
watchOS 27 fait aussi l’impasse sur les Apple Watch Series 6, 7, 8 ainsi que sur la SE 2. Pour pouvoir profiter des nouveautés logicielles annoncées durant la conférence mondiale des développeurs d’Apple, il faut donc posséder une Series 9, une Ultra 2 ou une SE3 au minimum, autrement dit des modèles sortis à partir de 2023.
Pourquoi donc abandonner des modèles d’Apple Watch toujours très capables ? « À chaque mise à jour de nos plateformes, notre priorité est de vous offrir la meilleure expérience possible. C’est pourquoi nous accordons une attention particulière aux performances et à l’autonomie de nos appareils », explique Cait Dooley, le directeur produit Apple Watch à TechRadar. Il poursuit :
« Les nouvelles fonctionnalités de watchOS, notamment les capacités d’IA de Siri et le nouveau geste de pincement, tirent le meilleur parti de la puissance de calcul disponible sur l’Apple Watch Series 9 et les modèles ultérieurs, l’Ultra 2 et les versions suivantes, ainsi que la SE 3. »
La messe est dite : les nouveautés logicielles de watchOS 27, à commencer par le support de Siri AI, nécessitent donc une puissance que seules les montres équipées d’une puce S9 ou S10 peuvent offrir. Bien sûr, les modèles plus anciens continueront de fonctionner normalement, jumelés à un iPhone. Mais ils sont maintenant considérés comme des citoyens de seconde zone. C’est d’autant plus dommage qu’iOS 27 est compatible avec tous les iPhone prenant en charge iOS 26.
Un responsable de l’équipe Edge chez Microsoft s’est amusé à porter sur iOS un prototype du navigateur avec le moteur Blink, plutôt qu’en passant par le traditionnel (et obligatoire) WebKit. Résultat, une hausse significative des performances. Il ne s’agit toutefois pas d’un test réellement officiel, et les facteurs limitants n’ont pas changé.
Kyle Pflug est l’un des responsables produit d’Edge chez Microsoft. Dans une publication sur LinkedIn le 15 juin, il raconte un projet lancé le temps d’un week-end. Puisque le DMA en Europe permet aux éditeurs de navigateurs de fournir leur propre moteur sur iOS au lieu de passer par WebKit – normalement obligatoire – il s’est demandé ce que donnerait une version d’Edge effectivement accompagnée de Blink, comme sur ordinateur.
Les tests ont été effectués sur un iPhone 17 Pro Max sous iOS 26.5.1. Ils n’ont pas été poussés très loin, Pflug voulant une vue de synthèse sur la base de quelques benchmarks connus :
Speedometer 3.1 (réactivité web) : 49,27 pour la version Blink, contre 38,3 pour la version WebKit, soit 28,6 % de mieux
Jetstream 3 (JavaScript et WASM) : 306,35 pour la version Blink, contre 270,9 pour la version WebKit, soit 13,1 % de mieux
MotionMark 1.3.1 (rendu graphique) : 4 773,52 pour la version Blink, contre 4 673,68 pour la version WebKit, soit 2,1 % de mieux
Comme il le raconte, il s’est amusé à entrer dans un Apple Store pour lancer les trois tests sur un iPad Pro M5. Les résultats étaient plus serrés, avec notamment 45,7 obtenus sur Speedometer. Mais les scores obtenus avec la version de test d’Edge restaient en tête.
Source : Kyle Pflug
Qu’en déduire ?
Difficile dans l’absolu de tirer de grandes conclusions, mais le cas souligne plusieurs points intéressants. Précisons quand même que Kyle Pflug indique bien qu’il s’agit d’une version de développement pour des tests personnels.
« Pour être clair, il s’agit d’un prototype de recherche, pas d’une annonce de produit. Et ce sont des chiffres préliminaires provenant de mon propre appareil, pas des résultats de laboratoire. Mais cela représente une opportunité de combler de véritables écarts de capacités et de susciter une nouvelle concurrence en termes de performance », écrit le responsable sur LinkedIn.
« Étant donné que Chromium et WebKit se disputent constamment la première place du classement Speedometer sur macOS, l’écart est vraiment frappant sur iOS ! Et nous n’avons même pas encore vraiment cherché à optimiser les performances pour cette plateforme ! À mon avis, c’est ce à quoi il faut s’attendre en l’absence de concurrence »
Pourquoi personne ne peut-il en profiter ?
Qu’est-ce qu’attend Microsoft pour sortir une version Blink d’Edge dans ce cas ? Ou même Google avec son Chrome ? N’ont-ils pas les moyens de se lancer ?
Techniquement, ils le peuvent. Depuis l’ouverture forcée par le Digital Markets Act de l’Union européenne, Apple a été obligée de lacher du lest. Mais Apple étant Apple, l’entreprise l’a fait d’une manière très particulière.
Ainsi, sur l’App Store, seuls des navigateurs basés sur WebKit (le moteur de Safari) peuvent être validés. Apple a toujours mis en avant la sécurité pour cette limitation : puisque tout le monde passe par le même moteur de rendu, Apple s’assure que ses sécurités sont les mêmes partout. Inévitablement, les performances sont à peu près égales partout aussi. Pour utiliser un autre moteur, il faut soit montrer patte blanche, soit passer par une boutique tierce, sachant que celles-ci ont du mal à se faire une place sur iOS à cause de multiples règles freinant leur développement.
Si l’on repart maintenant du cas d’Edge, que se passerait-il ? Il faudrait que Microsoft reparte de zéro et sorte un nouveau navigateur mobile pour iOS utilisant Blink. On ne parle pas d’un prototype, mais d’un produit fini, avec tout ce que cela suppose de tests et de finitions. Cette version pourrait soit être lancée sur l’App Store, avec un autre identifiant et en respectant le cadre BrowserEngineKit, soit sur une boutique tierce avec des règles plus libres.
Il y aurait donc deux versions d’Edge, dont une peut-être plus performante, mais accessible uniquement depuis une autre fiche ou un autre emplacement, dont la plupart des utilisateurs n’entendraient pas parler et qui n’existerait que dans l’Union européenne. Une proposition double qui ferait perdre en lisibilité. Et même en cas de boutique tierce, il faudrait d’abord installer cette dernière, ce qui réclame quelques manipulations. On est loin évidemment de la facilité d’installation depuis l’App Store, ou un bouton et une validation biométrique suffisent.
Rien n’a changé en deux ans
Comme le relève notamment The Register, la situation n’a guère évolué en deux ans malgré le DMA. L’ouverture forcée a engendré bien des navettes entre Apple et la Commission européenne, l’entreprise américaine ne cachant plus depuis longtemps sa détestation de cette réglementation.
Les critiques de Mozilla en janvier 2024, soit il y a près de deux ans et demi, sont toujours valables : « Nous sommes encore en train d’examiner les détails techniques, mais nous sommes extrêmement déçus par le plan proposé par Apple de restreindre le BrowserEngineKit nouvellement annoncé aux applications spécifiques à l’UE. Cela aurait pour effet de forcer un navigateur indépendant comme Firefox à construire et à maintenir deux implémentations de navigateur distinctes – un fardeau qu’Apple n’aura pas à supporter ».
Car oui, dans un tel système, Apple garde l’avantage de proposer simplement des mises à jour de son navigateur sans avoir à plier devant d’autres règles que les siennes. Safari et son moteur WebKit restent ainsi tout puissants sur iOS. BrowserEngineKit, créé pour permettre à d’autres moteurs de s’exprimer sur iOS, a des conditions trop restrictives pour être réellement utilisé.
Dans ce contexte, malgré une version de test, Mozilla n’a jamais donné suite à une version entièrement basée sur Gecko, le moteur attitré de la fondation. Le Firefox d’iOS est basé sur WebKit, comme les autres. Sortir une deuxième version ne serait pas rentable, forcerait une maintenance sur les deux moutures, avec une part de marché négligeable et pour laquelle il faudrait payer Apple, puisque « l’ouverture » consentie se fait aussi à travers une redevance.
Même Google avait travaillé sur une version Blink de Chromium pour iOS, comme l’entreprise l’avait confirmé en 2023. Depuis, rien ne s’est passé. Le test de Microsoft a cependant servi à remettre une pièce dans une machine silencieuse. L’association Open Web Advocacy a ainsi mené une nouvelle charge :
« Étant donné qu’Apple a eu plus de deux ans pour produire une solution conforme, la Commission européenne doit ouvrir une procédure de spécification pour instruire Apple, en termes précis, sur la manière dont ces obstacles doivent être levés. C’est, à notre avis, l’intervention la plus cruciale que l’UE puisse faire, et la plus susceptible de transformer l’ensemble de l’écosystème mobile. Aucune autre intervention ne s’en approche. »
Pas touche aux icônes de l’IA. Amazon, en sa qualité de studio de production (MGM), a décidé de ne pas distribuer le film Artificial, centré autour de Sam Altman. Il se trouve qu’Amazon, en sa qualité de géant du web (AWS), est un partenaire important d’OpenAI. Hasard ou coïncidence ?
Artificial, le dernier long métrage de Luca Guadagnino, va devoir se trouver une nouvelle maison. Amazon MGM a en effet décidé de s’en débarrasser alors qu’il est quasiment terminé. Le réalisateur d’After the Hunt, de Challengers, ou encore du remake 2018 de Suspiria, a mis en boîte une biographie de Sam Altman, fondateur et patron d’OpenAI, incarné par nul autre qu’Andrew Garfield.
Sam Altman (CC BY 2.0) et Andrew Garfield (CC BY-ND 2.0)
« Nous avons le plus grand respect et la plus grande admiration pour Luca Guadagnino en tant que réalisateur primé – sans parler de la relation de longue date que nous entretenons avec lui et que nous espérons poursuivre », affirme sans rire un porte-parole d’Amazon à Variety. « Nous pensons qu’Artificial sera mieux servi s’il est distribué par un autre studio, et nous travaillons en étroite collaboration avec l’équipe du film afin de lui trouver un nouveau foyer. »
Le film va donc être vendu à un autre studio pour y être distribué. Sous quelle forme, au cinéma, en streaming ? À ce stade, il est impossible de le dire. Amazon MGM n’a avancé aucune explication pour justifier l’abandon d’Artificial, mais tous les regards se tournent vers le partenariat entre AWS et OpenAI annoncé en novembre dernier, et renforcé au mois de février. Un engagement qui porte le total des investissements à 100 milliards de dollars sur huit ans.
Artificial avait fait l’objet de plusieurs projections tests ayant suscité des réactions très positives, selon Variety. Les personnages inspirés de Sam Altman et d’Elon Musk (incarné par Ike Barinholtz) apparaitraient parmi les moins sympathiques aux yeux du public de ces projections… Cet abandon en rase campagne est d’autant plus étonnant qu’Amazon aurait eu accès aux premières versions du script avant que Luca Guadagnino ne s’empare du projet.
Depuis ce vendredi 19 juin, les abonnés Netflix peuvent accéder aux programmes et aux chaines en direct du groupe TF1. Une première mondiale qui pourrait transformer la plateforme de streaming américaine en véritable agrégateur de contenus.
Netflix
D’un coup d’un seul, Netflix vient d’ajouter 35 000 heures de programmes supplémentaires à son catalogue : ceux du groupe TF1. Zodiaque, Koh-Lanta, Demain nous appartient, le JT de 20 heures… Non seulement les abonnés au service de streaming peuvent profiter de ce contenu à la demande, mais ils pourront aussi accéder aux programmes en direct des chaînes TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI. Et cela inclut également les compétitions sportives en live (dans un premier temps, le direct n’est proposé que sur les téléviseurs connectés).
C’est en fait tout TF1+ qui se retrouve [PDF] dans Netflix. Avec en sus les fonctions spécifiques de Netflix : les émissions et films de TF1 sont intégrés dans « Ma liste », le top 10 ou encore la poursuite de lecture, au même titre que les autres contenus de la plateforme. Une section dédiée TF1+ est aussi accessible depuis la page d’accueil de Netflix. Le tapis rouge, en quelque sorte.
« Nous créons ainsi la destination de divertissement ultime pour nos abonnés français », se réjouit Greg Peters, le co-PDG de Netflix. Une formule qui laisse songeur : la plateforme a-t-elle des ambitions d’agrégateur de contenus, à la manière de Canal+ ? Il y a un an, jour pour jour, l’annonce de ce partenariat inédit avait soulevé la question – mais en dehors de TF1, aucun autre groupe audiovisuel traditionnel n’est venu frapper à la porte du géant américain pour y proposer ses programmes.
Cela finira peut-être par arriver, si d’aventure cette nouvelle proposition remporte le succès. TF1+, présenté par le groupe TF1 comme une véritable plateforme de streaming et un concurrent des services comme Netflix, n’est pas en danger. Rodolphe Belmer, le PDG de l’entreprise, expliquait l’an dernier ne pas craindre de cannibalisation des audiences de TF1+, bien au contraire : « [l’opération] sera nettement positive pour nous en termes d’audience ».
Sur un plan plus pragmatique, l’arrivée des contenus de TF1 sur Netflix signifie aussi que ces programmes sont truffés de publicité… y compris, comme le souligne Univers Freebox, pour les titulaires d’un abonnement Netflix sans pub. Il est possible, dans les réglages de son compte Netflix, de désactiver l’affichage du catalogue de TF1+.
Avec Unreal Engine 6, Epic ne prépare pas seulement le successeur d’UE5. L’éditeur veut réunir Fortnite et son moteur dans une plateforme unique pour faire circuler des objets entre les jeux, simplifier la création de mondes persistants et, bien sûr, intégrer les outils d’IA générative.
Epic avait profité d’un événement Rocket League pour préparer les esprits à la nouvelle version de son moteur, l’Unreal Engine 6, colonne vertébrale d’une bonne partie de l’industrie du jeu vidéo. À l’occasion de l’Unreal Fest 26, l’éditeur lève le voile sur les principales nouveautés de son environnement de développement et donne des dates : l’accès anticipé est programmé pour la fin de l’année prochaine, avec une version finale prévue dans les 12 à 18 mois qui suivront – probablement dans la foulée des consoles de dixième génération, du moins si la crise de la mémoire le permet.
Fortnite s’invite dans l’Unreal Engine
Comme le résume Epic, UE6 est la combinaison d’Unreal Engine et de l’Unreal Editor for Fortnite (UEFN). Un moteur « unique et unifié pour la prochaine génération du jeu vidéo », qui remplira les mêmes fonctions qu’UE5, mais en mieux : « Le rendu continuera de s’améliorer. Les temps de calcul diminueront. Les cycles d’itération deviendront plus courts. Les appareils mobiles gagneront encore en capacités. »
UE6 se distinguera de son prédécesseur par l’intégration d’UEFN, une version du moteur destinée à Fortnite. Elle permet aux créateurs, aux studios et aux développeurs de concevoir leurs propres jeux et expériences directement dans l’univers de Fortnite, qui n’est plus depuis longtemps un simple battle royale, mais une véritable plateforme de jeux en tout genre. UEFN permet ensuite de distribuer ces expériences à plus de 500 millions de comptes.
Les personnages et les lieux emblématiques de la série Les Simpsons seront bientôt disponibles pour les développeurs dans l’UEFN. Image : Epic
UEFN est en quelque sorte le laboratoire d’Epic, qui permet à l’éditeur de tester ses technologies majeures, avant de les intégrer dans l’Unreal Engine tout court. C’est le cas du nouveau langage de programmation Verse, qui constitue la base technique d’UE6. La 6e génération du moteur va fusionner ces deux branches en un seul outil. Pour Epic, il s’agit moins d’une évolution d’UE5 que d’un changement d’architecture.
Unreal Engine 6 va donc exploiter Verse, qui va remplacer progressivement le modèle actuel basé sur C++ et Blueprint. Le moteur a été imaginé pour faciliter la création de mondes persistants à grande échelle, tout en automatisant une partie de la complexité liée au multijoueur, à la synchronisation des données et à la répartition des calculs sur plusieurs serveurs.
Actuellement, les développeurs doivent constamment gérer les conflits entre plusieurs joueurs ou serveurs qui modifient simultanément le même objet ou les mêmes données. L’approche adoptée par Verse, inspirée par les bases de données, permet à chaque opération d’être annulée ou rejouée si un conflit ou un déplacement de données survient.
UE6 doit se charger de la redistribution des données, de la relance des transactions et du maintien d’un état cohérent à travers plusieurs serveurs. « L’astuce, c’est que le code de votre jeu peut être écrit comme s’il s’exécutait sur une seule machine, sans avoir à disséminer partout du code réseau spécifique pour coordonner les différents serveurs », décrypte Epic.
Des standards ouverts pour tout partager
Le second pilier du nouveau moteur concerne la portabilité du contenu et du code entre les jeux, les écosystèmes et les moteurs. Un asset Unreal (un personnage, un objet…) est généralement lié à un jeu, à une version donnée du moteur ou à des systèmes internes spécifiques à un projet. Avec UE6, Epic veut faire sauter ces limites, en s’appuyant sur des formats ouverts comme glTF ou USD ; s’ils ne sont pas suffisants ou s’il n’existe pas de standard, l’éditeur s’engage à ouvrir ses propres systèmes sous forme de spécifications publiques.
Epic veut permettre à certains assets de circuler entre plusieurs jeux, voire entre différents moteurs compatibles avec ses spécifications ouvertes. Le groupe va montrer la voie avec un module ouvert pour les cosmétiques de Fortnite : « vous pourrez, si vous le souhaitez, utiliser dans vos propres jeux les tenues Fortnite possédées par un joueur ». Il s’agit de valider un concept qui rappelle certaines promesses formulées autour des NFT, mais avec une approche très différente.
Au lieu de s’appuyer sur la blockchain pour transporter la seule propriété d’un objet, l’éditeur cherche à standardiser la représentation et le comportement de l’objet pour qu’il puisse être utilisé dans d’autres jeux. Vu l’audience de la plateforme Fortnite et le poids d’Unreal Engine dans l’industrie, Epic est probablement l’un des rares acteurs capables d’imposer une telle solution.
« Au fond, il ne s’agit pas vraiment d’une histoire liée à Fortnite », écrit l’entreprise. « Il s’agit de démontrer qu’un système aussi mature et complexe peut fonctionner à grande échelle, et que chaque jeu qui adoptera ces mécanismes pourra immédiatement en tirer parti. » On verra si les studios accepteront de construire leurs jeux autour de standards définis par Epic.
Les LLM aux manettes
Le dernier volet mis en avant par Epic est peut-être le plus attendu et pourtant, le moins original puisqu’il s’agit d’adosser l’IA générative à UE6. Les grands modèles de langage sont désormais considérés comme une composante normale du processus de développement, comme on l’a d’ailleurs vu tout récemment avec le nombre impressionnant de démos du Steam Next Fest utilisant cette technologie.
Dans UE6, Claude, Gemini ou un autre modèle pourra automatiser des tâches répétitives et fastidieuses (ajustement de l’éclairage, analyse des plantages, génération de tests…). Il ne s’agit pas pour autant de remplacer les artistes, mais de leur donner « plus de temps pour l’exploration créative » et « augmenter le nombre d’itérations qu’une équipe peut réaliser pour peaufiner son travail », assure Epic. Pas question non plus que ChatGPT développe un jeu de A à Z dans UE6 à partir d’une requête.
L’intégration de l’IA dans Unreal Engine n’attendra pas la version 6 du moteur. La mise à jour 5.8 propose en effet le support expérimental du plugin Model Context Protocol (MCP), un protocole open source développé à l’origine par Anthropic. C’est devenu un standard de fait pour permettre à un modèle de se connecter à des sources de données et à des outils externes – comme le moteur Unreal, désormais.
Dans une démonstration, Epic a montré comment Claude Code pouvait se brancher à l’Unreal Engine, puis récupérer des objets dans une bibliothèque pour les placer dans un salon virtuel ou dans une ville. Les développeurs gardent heureusement la possibilité de déplacer ces objets à la main, dans l’éditeur d’UE. En plus des bibliothèques d’objets, Claude peut également accéder aux principaux systèmes du moteur (ressources, niveaux, matériaux…).
Epic veut aussi rassurer tous ceux qui craignent une « Fortnitisation » de leurs jeux : les studios pourront continuer à publier des projets « exactement comme aujourd’hui », les proposer directement dans Fortnite ou au sein de leur propre écosystème. « Le passage de l’un à l’autre se fera naturellement », affirme l’entreprise. Pour les curieux, le code source d’UE6 va être mis à disposition sur GitHub.
Le premier système quantique d’Alice & Bob s’appelle Helium, une première étape avant une machine « universelle » tolérante aux erreurs… en quelque sorte. Une machine sera installée au CEA et portera le petit nom de Kitty ; un hommage aux qubits de chats utilisés par la start-up.
Menace quantique : rendez-vous en 2030
Cette semaine, Station F accueillait une nouvelle fois France Quantum, le rendez-vous des start-ups françaises du quantique. Plusieurs conférences étaient organisées afin de proposer des retours d’expérience, mais aussi de rappeler, une fois encore, que la menace est déjà réelle.
L’ANSSI, par exemple, réaffirmait le calendrier présenté par Vincent Strubel en octobre dernier. À partir de 2027, l’ANSSI n’acceptera plus en entrée de qualification des produits de sécurité qui n’intègrent pas une cryptographie résistante à l’ordinateur quantique. En 2030, « on recommandera et on imposera le cas échéant de ne plus acquérir de telles solutions ». 2030 est cité par certains comme une possible année charnière étant donné la progression actuelle.
Alice & Bob profitait du salon pour présenter Helium, son premier système tout-en-un avec 18 qubits de chat. Le CEA se porte d’ailleurs acquéreur (la machine s’appellera Kitty, une manière de rendre hommage aux chats), il rejoindra Lucy de Quandela (avec des photons pour qubits) et Ruby de chez Pasqal (avec des atomes neutres comme qubits).
Le calculateur quantique d’Alice et Bob est particulier car, explique le CEA, c’est « le premier système dit « early FTQC » (ou eFTQC), autrement dit un système quantique « tolérant aux fautes » », encore très précoce.
Tolérant… à moitié pour être précis, comme l’explique l’entreprise sur son stand. Pour simplifier, un qubit vaut donc 0 et 1 en même temps, mais il peut subir des erreurs et changer de phase sans qu’on lui demande (tous les qubits y sont sensibles, c’est un vrai problème).
Erreurs, bit et phase flips : l’avantage des qubits de chat
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La première phase de la gouvernance de l’IA fut « facile »
Après avoir supervisé le plan d’action de la Maison-Blanche consacré à l’IA, Dean Ball avait rejoint un think tank très conservateur connu pour ses positions climatosceptiques et favorables aux énergies fossiles. Il sera chargé, chez OpenAI, des questions liées aux risques catastrophiques, à l’impact sur le marché du travail, ainsi qu’aux relations avec les gouvernements et la société.
Dean Ball, qui a contribué à définir les premières politiques de l’administration Trump en matière d’IA, rejoint OpenAI, révèle Axios. D’après POLITICO, Dean Ball est l’ancien conseiller en chef de la Maison-Blanche en matière d’IA, auteur principal de son plan d’action sur l’IA publié l’été dernier.
M. Ball va prendre la tête d’une nouvelle équipe au sein du laboratoire « Strategic Futures », où il se consacrera à l’élaboration de la politique d’OpenAI en matière d’IA frontière et à la gouvernance interne de l’entreprise.
Il avait occupé le poste de Senior Policy Advisor en matière d’IA et de technologies émergentes au sein du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche. Axios et POLITICO ne le précisent pas, mais d’après son LinkedIn, la mission n’avait duré que d’avril à août 2025.
Membre d’un think tank très conservateur climatosceptique
Il avait depuis rejoint la Foundation for American Innovation, un groupe de réflexion de droite spécialisé dans les technologies, au sein duquel il occupe le poste de chercheur senior. En mars, il avait été nommé chercheur invité à la Heritage Foundation, un think tank et lobby considéré comme très conservateur et climatosceptique, à l’origine du Project 2025.
Ce programme de 900 pages de transition présidentielle visait notamment à promouvoir une politique gouvernementale alignée sur des éléments du christianisme, supprimer le département de l’Éducation afin de lutter contre la « propagande woke », remplacer des dizaines de milliers de fonctionnaires par des militants pro-Trump, se retirer de l’accord de Paris sur le climat, et réduire fortement les réglementations et subventions aux programmes de recherche en matière environnementale et climatique pour favoriser la production de combustibles fossiles.
Garantir que les USA façonnent l’avenir de l’IA avec des valeurs conservatrices
L’Heritage Foundation lui avait donné comme mission d’ « élaborer une approche fondée sur des principes qui garantisse que ce soit les États-Unis, et non la Chine, qui façonnent l’avenir de cette technologie et préservent notre république pour la prochaine génération ».
« Alors que les progrès de l’IA s’accélèrent de mois en mois, la question de savoir quelles valeurs et principes devraient sous-tendre le développement et l’utilisation de cette technologie revêt une importance croissante » avait alors déclaré Dean Ball :
« La droite américaine doit jouer un rôle de premier plan pour définir la réponse à cette question. C’est un honneur de contribuer à aider la Heritage Foundation, l’une des institutions phares de la droite, à apporter sa contribution dans ce domaine essentiel. »
Un des principaux détracteurs du conflit qui oppose Trump à Anthropic
Dean Ball continue d’avoir l’oreille de la Maison Blanche, relève POLITICO. Il s’est imposé depuis début mars comme l’un des principaux détracteurs du conflit qui oppose actuellement l’administration Trump à Anthropic — notamment la décision du Pentagone de qualifier l’entreprise de « risque pour la chaîne d’approvisionnement » et celle prise la semaine dernière par la Maison Blanche d’imposer des restrictions à l’exportation du nouveau modèle d’IA « Fable » d’Anthropic.
Sur son Substack, Hyperdimensional, Dean Ball précise que sa « petite équipe » disposera d’une « grande autonomie », et qu’elle sera placée sous l’autorité de Jason Kwon, le directeur de la stratégie d’OpenAI. Sa mission sera d’élaborer la politique relative à l’IA frontière, « c’est-à-dire les questions liées aux risques catastrophiques, à l’auto-amélioration récursive, à l’impact sur le marché du travail, ainsi qu’aux relations entre les laboratoires frontières, les gouvernements (en particulier le gouvernement fédéral américain) et la société ».
Il conclut son billet en soulignant que « la première phase de la gouvernance de l’IA – celle qui s’est étendue de novembre 2022 environ jusqu’à fin 2025 ou début 2026 – était un « mode facile » » :
« Une nouvelle phase, plus difficile, vient de s’ouvrir. La dimension politique prendra de l’ampleur et les enjeux seront plus importants. Je trouve du réconfort dans le fait que nous entrons dans cette nouvelle ère avec des outils technologiques extrêmement performants pour nous aider à bâtir un avenir sûr et un monde meilleur – des outils dont la puissance ne cesse de croître à un rythme toujours plus rapide au fil des mois. »
Une faille de sécurité a été détectée dans les anciennes puces A12 et A13. Liée à l’architecture matérielle, elle ne peut pas être corrigée par une simple mise à jour logicielle, car elle s’appuie sur un bug dans le contrôleur USB.
La société européenne de cybersécurité Paradigm Shift a publié les détails d’une faille dans le BootROM (aussi appelé SecureROM) des puces Apple A12 et A13, accompagnée d’un exploit fonctionnel nommé « usbliter8 », rapporte MacRumors.
Le BootROM est le premier code exécuté par un iPhone à sa mise sous tension. Une vulnérabilité dans ce composant ne peut pas être corrigée par une mise à jour logicielle, car il est gravé directement dans la puce. Si ce type de faille vous rappelle des souvenirs, c’est qu’elle appartient à la même famille que checkm8, une faille matérielle rendue publique en 2019 et qui touchait déjà tous les iPhone du 4S au X.
Où réside la faille ?
La faille se trouve plus précisément dans le contrôleur USB des puces A12 et A13 (et dans une moindre mesure les puces S4 et S5 des Apple Watch). Lorsqu’un iPhone reçoit des données USB au démarrage, le contrôleur utilise un tampon mémoire (buffer) pour stocker les paquets entrants.
Paradigm Shift a découvert qu’en envoyant une séquence spécifique de paquets anormalement petits, il était possible de manipuler un pointeur matériel interne de façon à le faire « reculer » dans la mémoire, permettant l’écriture de données à des emplacements qu’il ne devrait jamais atteindre.
Les chercheurs précisent qu’il s’agit apparemment d’un bug du contrôleur USB matériel lui-même, et non du logiciel d’Apple, expliquant pourquoi aucun patch logiciel ne peut le corriger.
Grave à quel point ?
Seuls deux modèles de smartphones Apple sont touchés par cette faille : les iPhone XS et 11. La puce A11, qui équipait l’iPhone X, n’est pas touchée par cette « nouvelle » faille car son pilote USB réinitialise manuellement le pointeur après chaque paquet stocké dans le tampon. Les puces A14 et suivantes sont protégées car elles configurent correctement une fonctionnalité de protection mémoire au niveau du BootROM. Les A12 et A13 se retrouvent ainsi dans une zone intermédiaire vulnérable.
Selon la puce concernée, le niveau de difficulté diffère largement. Sur les appareils A12, obtenir l’exécution de code est relativement simple. Sur les appareils A13 en revanche, c’est beaucoup plus difficile car Apple a introduit le Pointer Authentication Code (PAC), qui détecte et bloque certains types de falsification de mémoire. Paradigm Shift indique qu’un processus complexe en plusieurs étapes a été nécessaire pour contourner le PAC sur l’A13 avant d’obtenir le contrôle du processeur.
Une fois le contrôle obtenu, l’exploit installe un gestionnaire personnalisé qui survit à un redémarrage de l’appareil et ajoute deux capacités : abaisser temporairement les paramètres de sécurité de l’appareil et lancer un logiciel non signé sans aucune vérification. Il injecte également la chaîne traditionnelle « PWND » dans le numéro de série USB de l’iPhone, signal de compromission qui reprend une convention héritée de checkm8.
Il s’agit d’une procédure locale, qui requiert une connexion USB et donc un accès physique. Elle ne peut pas être exploitée à distance, mais est quand même considérée comme critique par les chercheurs, car rien ne peut la corriger.
Un bug dans la correction
L’ironie veut que la nouvelle faille soit exploitable à cause des corrections apportées par Apple au mécanisme qui permettait à checkm8 de fonctionner en 2019. Cette correction a introduit un nouveau bug, qui permet aujourd’hui à usbliter8 de fonctionner, alors que l’iPhone X (puce A11) y est insensible par exemple.
Le bug et son exploitation peuvent-ils affecter la Secure Enclave des puces Apple, responsable (entre autres) du stockage des clés de sécurité ? Pas directement selon les chercheurs de Paradigm Shift. Une telle compromission du BootROM ouvre toutefois de nouvelles voies d’attaques contre ce composant crucial.
L’entreprise de sécurité indique dans son billet avoir averti Apple de ces problèmes avant la publication des résultats. Paradigm Shift affirme qu’il s’agit d’une divulgation coordonnée, en accord avec la firme de Cupertino.
Rufus est une petite application très pratique qui permet de préparer des clés USB pour l’installation de systèmes d’exploitation. Elle s’est fait un nom avec Windows 11 en particulier, en incluant des options permettant de faire « sauter » les prérequis techniques, comme la présence obligatoire d’une puce TPM 2.0.
Quand la version 4.14 est sortie le 30 avril, elle a introduit une nouveauté majeure : l’installation silencieuse pour Windows 11. On peut ainsi paramétrer par avance tous les choix du processus, afin que l’installation se déroule d’une traite, sans intervention manuelle. On peut configurer ce que l’on souhaite comme configuration de stockage, créer un nouveau compte ou encore passer le premier assistant de configuration.
Cette version comportait cependant plusieurs problèmes. La mouture 4.15, disponible en bêta, en corrige la plupart, notamment deux importants : un blocage qui pouvait survenir à 75 % de l’installation, ou encore un autre qui entrainait un plantage au démarrage sur les machines ARM64 équipées d’une puce Snapdragon X. L’utilisation d’une image ISO contenant plusieurs conteneurs WIM pouvait également déclencher une boucle de redémarrage sans fin.
Dans les notes de version, on peut voir que les garde-fous autour de cette fonction d’installation silencieuse ont été améliorés. En outre, il est maintenant possible d’annuler l’opération si des erreurs d’écritures sont rencontrées.
Bernie Sanders propose de créer un fonds souverain qui permettrait à la population des États-Unis de participer aux profits générés par l’intelligence artificielle. Une proposition qui ouvre le débat : vaut-il mieux lier l’action gouvernementale à la réussite économique de ces entreprises, ou recourir à d’autres outils de partage de la valeur ?
L’intelligence artificielle est-elle profitable à l’heure actuelle ? Non, répond de manière inchangée le site web isaiprofitable.com, qui suit les investissements réalisés par les plus grandes sociétés de la tech dans l’IA, et le chiffre d’affaires qu’elles en tirent. Non plus, si l’on en croit les pertes colossales enregistrées par OpenAI et explicitées dans la documentation que l’entreprise a soumise au régulateur états-unien des marchés, la SEC, en amont d’une probable entrée en bourse.
L’intelligence artificielle n’est donc pas profitable pour le moment. Pour autant, elle a déjà de multiples effets concrets, notamment dans le discours des entreprises qui lient des projets de plan social aux gains de productivité qu’ils obtiennent de l’IA. Et c’est précisément là que le sénateur démocrate états-unien Bernie Sanders voudrait agir.
Début juin, dans une tribune publiée dans le New-York Times, l’homme politique avançait : « l’IA est une ressource publique. Vous devriez en détenir la moitié. » Sa proposition de créer un fonds souverain, dans lequel seraient placées 50 % des actions des sociétés dédiées à l’IA, ne manque pas de faire réagir.
Partager la richesse issue d’une ressource publique
L’IA « n’a pas été créée ex nihilo. Les données et langages utilisés par les outils d’IA générative ne sont pas simplement apparus dans la tête de Sam Altman ou grâce à l’imagination d’Elon Musk. » Au contraire, ces machines reposent sur l’extraction d’une vaste quantité de données personnelles et d’œuvres soumises à la propriété intellectuelle, récupérés, « pour l’essentiel (…) sans permission, sans crédit, sans compensation ».
Pour résoudre ce paradoxe, le sénateur s’apprête à proposer une loi sur le fonds souverain de l’IA américaine (American A.I. Sovereign Wealth Fund Act). Le but : donner à la population un droit de propriété commun sur ce type de technologie, pour leur permettre d’en profiter directement. Comment, alors qu’aucun profit direct n’est pour le moment mesurable ? En partageant le capital d’OpenAI, d’Anthropic, de xAI et d’autres.
D’après Bernie Sanders, cela donnerait à la population « un rôle direct dans l’orientation de l’avenir de ces technologies ». Par ailleurs, alors qu’Elon Musk est devenu le premier « trillionaire » de l’histoire (de trillion, en anglais, soit mille milliards en français) grâce à l’entrée en bourse de SpaceX, cela « garantirait » aux États-uniens que les « milliers de milliards potentiellement générés par l’IA soient utilisés pour améliorer la vie de chacun [d’entre eux] – pas simplement pour rendre les personnes les plus riches du monde encore plus riches. »
« Le principe est simple » développe-t-il, alors que les élections de mi-mandat se profilent pour novembre 2026 : « lorsqu’une ressource publique génère de la richesse, la population devrait en profiter. »
La proposition est faite alors que le camp Trump lui-même envisage des prises de participation en action dans les sociétés d’IA. D’après le média NOTUS, plusieurs représentants du gouvernement des États-Unis auraient approché les plus grosses sociétés du secteur pour prendre des parts à leur capital, alors qu’OpenAI comme Anthropic préparent leurs introductions en bourse. Il y a un an, l’État local avait déjà pris 9,9 % du capital d’Intel.
Par le passé, Sam Altman lui-même a proposé de créer un fonds qui fournirait à chaque citoyen une part dans « la croissance économique tirée par l’IA ». Même Elon Musk s’est prononcé, quoique de la manière expéditive propre à X, en faveur d’un « HAUT REVENUS universel », garanti par le gouvernement fédéral. D’après l’homme le plus riche du monde, il s’agirait de la « meilleure manière de gérer le chômage provoqué par l’IA ». Fin mai, Bernie Sanders lui avait directement répondu sur X, lui posant une question : « Comment cela serait-il financé, dans la mesure où vous n’êtes même pas capable de soutenir une taxation de 5 % de votre fortune de 817 milliards de dollars ? »
La taxation, voie la plus efficace ?
À l’instar du spécialiste de la sécurité informatique Bruce Schneier, des acteurs historiques du secteur saluent les projets de fournir un meilleur contrôle démocratique du développement de l’IA et d’en partager les gains. Pour ce dernier, cela dit, le risque de la solution proposée par Bernie Sanders est de mélanger la recherche de profit privé et l’intérêt public, ce qui « inciterait le gouvernement à assouplir la réglementation, à autoriser l’exploitation des travailleurs et des utilisateurs, à restreindre la concurrence, à encourager l’adoption de l’IA sans se soucier de la responsabilité de sa mise en œuvre ni de la pertinence de son utilisation, et à agir de toute autre manière au profit des intérêts des entreprises ».
Pour le chercheur, le résultat le plus probable d’un tel fonds serait donc de renforcer l’influence des sociétés privées sur le gouvernement. Bruce Schneier appelle donc à « séparer les deux buts », de profit et d’intérêt public, une logique généralement obtenue « par la taxation ». Si les projets de taxes GAFAM portés en France et en Europe suscitent l’ire de Donald Trump, ils sont aussi soutenus par certains représentants politiques états-uniens. Sur la seule question de l’IA, ces taxes peuvent porter sur l’usage énergétique des centres de données, comme le propose la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, ou sur l’usage de token, comme avancé par le milliardaire Mark Cuban.
Une autre manière de mettre l’IA au service de l’intérêt public serait de faire construire les technologies visées par la fonction publique. En la matière, c’est la Suisse qui donne l’exemple le plus avancé : quand bien même son modèle Apertus ne rivalise pas avec les derniers outils d’Anthropic ou OpenAI, pointe Bruce Schneier, « elle leur dame le pion en matière de transparence, de soutenabilité et de conformité avec la régulation européenne, y compris sur les questions de droit d’auteur ».
Google va bel et bien lancer l’année prochaine son système de vérification pour les développeurs d’applications Android, qu’elles soient distribuées sur le Play Store ou dans des boutiques alternatives. Pour le géant du web, c’est un pas de plus vers une amélioration de la sécurité de l’écosystème Android ; pour certaines échoppes en revanche, ce processus est une menace existentielle.
La vérification pour les développeurs Android sera exigée partout dans le monde à partir de 2027, a rappelé Matthew Forsythe, directeur produit chargé de la sécurité des applications Android. Plusieurs pays feront office de cobayes dès le mois de septembre : Brésil, Indonésie, Singapour et Thaïlande. La mesure, présentée en août 2025, oblige les développeurs à enregistrer leurs applications auprès de Google et à vérifier leur identité, avant de pouvoir les distribuer sur les appareils Android certifiés.
Les apps proposées sur le Play Store sont concernées bien sûr (elles sont généralement enregistrées automatiquement), mais aussi celles des boutiques alternatives. Pour la première fournée automnale, Google liste ainsi les magasins d’Honor, OPlus, Samsung, Transsion, Vivo et Xiaomi. Depuis le mois de mars et l’ouverture de la validation à tous les développeurs, ce sont « des millions d’apps qui ont été enregistrées », affirme le dirigeant. Ces applications couvrent « la quasi-totalité des installations effectuées via Google Play ainsi qu’une large majorité de celles réalisées en dehors de la boutique de Google ».
Le processus comprend deux étapes : la vérification du développeur à proprement parler, et l’enregistrement de ses applications. Le développeur doit créer un compte dans l’Android Developer Console et fournir des informations pour vérifier son identité (nom réel ou nom de l’entreprise, adresse, un contact, une pièce d’identité officielle…). Google veut être en mesure d’associer chaque développeur à une identité vérifiée.
Ouvrir un compte développeur pour le Play Store coûte 25 dollars. Les développeurs qui ne distribuent pas leurs apps sur la boutique officielle et qui veulent malgré tout les enregistrer auprès de Google (ce n’est pas comme s’ils avaient vraiment le choix…) doivent s’acquitter de la même somme.
Chaque application doit ensuite être enregistrée auprès de Google à l’aide de son nom de paquet, qui fait office d’identifiant unique du logiciel sur Android. Plusieurs boutiques alternatives se sont opposées au système, en particulier F-Droid qui a lancé la contre-offensive : elle estime en effet que cette vérification donne à Google un trop grand pouvoir de contrôle sur toutes les apps Android, y compris celles distribuées en dehors du Play Store.
La boutique a publié le 24 février une lettre ouverte plaidant pour une révision profonde du système de vérification et pour préserver un moyen de distribuer des applications sans devoir obtenir l’approbation de Google. La lettre compte parmi les signataires l’Electronic Frontier Foundation, Proton, la Quadrature du Net, ou encore AdGuard.
Matthew Forsythe précise dans son billet que les apps non enregistrées peuvent toujours être installées en sideloading, via Android Debug Bridge ou « parcours d’installation avancé ». Ce processus a le mérite d’exister, mais il est particulièrement lourd. L’utilisateur devra confirmer qu’il n’est pas forcé d’installer l’application, de redémarrer son appareil, et… d’attendre 24 heures. Au bout du délai, l’installation sera finalement possible.
Image : Google
Google a aussi mis au point des comptes de distribution limités permettant aux étudiants et aux amateurs de partager des apps sur un maximum de 20 appareils, sans avoir à fournir de pièce d’identité ni payer de frais d’inscription.
L’entreprise annonce également de nouvelles API pour vérifier si un nom de paquet est déjà enregistré, et une autre pour enregistrer et gérer des apps directement depuis des outils tiers. Un mécanisme de délégation OAuth est aussi disponible pour effectuer des opérations pour le compte de développeurs sur des boutiques alternatives. Autrement dit, Google ne veut pas forcer les développeurs à passer par la console du Play Store.
Les oppositions à ce nouveau système ne devraient toutefois pas s’éteindre. À compter de ce mois de juin, Google va en effet déployer un nouveau service qui va s’installer automatiquement sur la plupart des terminaux Android. Ce dernier va s’assurer qu’une application est enregistrée auprès d’un développeur vérifié. Ce qui placera Google dans une position d’autorité : l’entreprise pourra ainsi décider quelles apps possèdent une identité reconnue sur Android, même si elles sont distribuées en dehors du Play Store.
Plusieurs certificats de sécurité utilisés par Microsoft et Linux pour Secure Boot arriveront à échéance cette année, dont une première vague le 27 juin. Nous faisons le point sur la situation, plus simple qu’il n’y paraît. Du moins si tout se passe bien.
Pour comprendre la situation, nous devons rappeler quelques points. Secure Boot est une fonctionnalité de sécurité du firmware UEFI dont l’objectif est d’empêcher l’exécution de code malveillant avant même que le système d’exploitation démarre, c’est-à-dire à un stade où les antivirus et autres protections logicielles classiques n’ont aucune visibilité. Les bootkits sont ainsi particulièrement dangereux, car ils s’exécutent avec un niveau de privilège supérieur à celui du système et survivent à une réinstallation complète de Windows ou Linux.
Le fonctionnement repose sur une chaîne de confiance cryptographique hiérarchisée :
La PK (Platform Key), détenue par le fabricant de la carte mère ou du PC et qui contrôle l’accès au niveau inférieur
La KEK (Key Exchange Key), utilisée pour mettre à jour les bases de signatures
La DB (Signature Database), qui liste les certificats de confiance autorisant tel ou tel bootloader à s’exécuter
La DBX (base de révocation), liste noire des signatures compromises qui bloque l’exécution de bootloaders connus comme vulnérables, même quand ils possèdent une signature valide
Pendant le démarrage, le bootloader vérifie chaque maillon de la chaine l’un après l’autre en comparant leur signature à celles présentes dans les bases mentionnées. Si l’une de ces signatures ne correspond pas ou fait partie de la liste de révocation, le firmware refuse le chargement du composant lié et interrompt le démarrage.
L’origine du problème
En 2011, Microsoft a établi trois certificats centraux : la Microsoft Corporation KEK CA 2011 pour la base KEK, la Microsoft Windows Production PCA 2011 pour les composants Windows signés, et la Microsoft Corporation UEFI CA 2011 pour les logiciels tiers, comme le rappelait Security Today en avril et Ars Technica le 17 juin.
Ces certificats disposaient d’une validité de 15 ans. Chacun a sa date d’expiration : les deux certificats Corporation (KEK et UEFI) expirent respectivement les 24 et 27 juin, le certificat Production court jusqu’au 19 octobre. Deux certificats vont donc expirer dans quelques jours, tandis que l’autre aura lieu dans quatre mois. Or, cette clé UEFI CA 2011, qui expire le 27 juin, est aussi utilisée pour la signature des bootloaders tiers, dont le « shim » de Linux, que les distributions peuvent utiliser pour se rendre compatibles avec Secure Boot.
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Il n’y a pas que dans l’Union européenne où Apple est obligée d’ouvrir le jardin fermé d’iOS à la concurrence. Plusieurs autres pays ont embrayé, comme le Japon en fin d’année dernière, et désormais le Brésil. iOS 26.5, disponible depuis début mai, contient tout le nécessaire pour installer des boutiques alternatives à l’App Store sur les iPhone brésiliens.
Apple a formalisé ce changement, exigé par l’autorité de la concurrence du pays (Conselho Administrativo de Defesa Econômica, CADE). Les développeurs ont donc la possibilité de distribuer leurs applications via ces boutiques alternatives ; ces dernières devront toutefois avoir reçu le feu vert d’Apple. Ce système de notarisation, similaire à celui en vigueur en Europe, repose sur des examens automatisé et humain pour s’assurer que les apps fonctionnent comme annoncé.
Apple ne manque pas l’occasion de rappeler que la notarisation est « moins approfondie » que le processus de validation de l’App Store. Dans les faits, ce processus, qui est normalement purement technique, est parfois utilisé par le constructeur pour interdire la distribution d’apps dans les boutiques tierces. Ça a été un temps le cas de l’Epic Game Store.
Les développeurs ont aussi la possibilité d’intégrer un système de paiement autre que celui de l’App Store, ou bien un lien vers un site web pour régler un achat. Apple insiste lourdement sur les risques sur la sécurité et la confidentialité de ces boutiques et du paiement alternatifs. Ces risques sont très théoriques : il n’y a pas eu d’énorme scandale de sécurité lié aux boutiques alternatives depuis la mise en œuvre du DMA dans l’UE.
Apple réduit également (un peu) sa commission appliquée aux applications présentes sur l’App Store au Brésil : elle est désormais de 21 %, mais la grande majorité des développeurs se qualifieront pour une dîme de 10 %. Il leur faudra cependant ajouter 5 % s’ils utilisent le système de paiement de l’App Store pour les achats intégrés. Au bout du compte, les gains ne sont pas énormes (26 %, contre 30 % habituellement).
Apple réclame aussi une commission de 10 ou de 15 % (en fonction des différents programmes de soutien aux développeurs) sur les transactions réalisées depuis un lien externe. Enfin, une commission de 5 % s’applique sur les achats réalisés dans les apps distribuées en dehors de l’App Store. Oui, c’est tout un bazar.
Bercy intègre une nouvelle direction chargée de l’intelligence artificielle et du numérique (DIAN). Œuvrant pour les ministères économiques et financiers, la DIAN va avoir du pain sur la planche.
Grosse semaine sur le front de l’IA dans l’administration publique. Sébastien Lecornu a ainsi dévoilé une série de mesures destinées à intégrer cette technologie pour « changer d’échelle », selon le mot du Premier ministre. On compte dans le lot la mise à disposition d’un « agent conversationnel souverain » pour l’ensemble des agents publics, l’ouverture des technologies « les plus avancées » du ministère des Armées aux autres administrations, un assistant santé publique dans Ameli, ou encore le remplacement des solutions de Palantir par celles de ChapsVision.
Le ministère de l’Économie et des Finances y est allé de sa propre annonce ce jeudi 18 juin : la création de la Direction de l’intelligence artificielle et du numérique. Ce n’est pas une entité nouvelle, puisque la DIAN succède à l’actuel Service du numérique du Secrétariat général des ministères économiques et financiers (MEF). Bercy devient le premier ministère à intégrer une direction ayant explicitement l’IA non seulement dans l’intitulé, mais aussi et surtout dans son périmètre.
Image : Loukian Jacquet (Unsplash)
La création de la DIAN accompagne la publication, d’ici la fin du mois, d’une « feuille de route IA » 2026 - 2027 pour les MEF. Il s’agit de fixer les grandes orientations stratégiques pour le déploiement de l’IA au sein de ces administrations. Il sera notamment question de garantir un accès à l’IA pour l’ensemble des agents, de contribuer à l’enrichissement des « briques interministérielles communes », de mutualiser les capacités de calcul et les infrastructures, ou encore d’accélérer le développement d’agents et d’apps IA. Un programme chargé, donc.
« Pour que la France reste dans la course, l’État doit être exemplaire dans sa capacité à adopter ces technologies, à les diffuser et à les mettre au service de sa performance », explique le ministre de l’Économie Roland Lescure. Cela passera aussi par « un effort massif » pour la formation et l’accompagnement des agents (les agents humains, pas les agents IA). Cette initiative doit également porter au-delà des frontières de Bercy : la DIAN est « un signal fort aux acteurs de l’innovation et contribue à structurer un marché de confiance pour les solutions d’IA », affirme Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’IA.
Remplacer les multiplications par des additions, telle est l’approche de Tensordyne pour augmenter de manière importante les performances des processeurs pour l’intelligence artificielle. Le fabricant utilise une « sauce secrète » et promet jusqu’à 13 fois plus de tokens par seconde que NVIDIA. On vous explique cette astuce.
L’IA : des centaines de milliards de calculs
Comme nous l’avons déjà expliqué dans un #Nextquick, une simple requête à une IA générative (via un grand modèle de langage) entraine déjà des centaines de milliards de calculs… au bas mot. GPT-3, avec ses 175 milliards de paramètres, représente environ 350 milliards de calculs par token… avec des multiplications et des additions. On peut généralement multiplier par deux le nombre de paramètres pour avoir une approximation du nombre de calculs.
Les GPU avec la parallélisation massive des calculs sont largement devant les CPU pour ce genre d’opérations. NVIDIA domine dans ce domaine, surtout pour entrainer de gros modèles. Il existe certes des concurrents avec des ASIC (notamment les TPU de Google), mais encore faut-il réussir à embarquer l’écosystème face à la plateforme à tout faire CUDA de NVIDIA (là encore, nous avons un Nextquick sur le sujet) qui s’est installée comme une référence et un standard de facto.
Tensordyne transforme les multiplications en additions
Tensordyne propose une autre approche, comme l’indique notamment CNET. Au lieu d’effectuer des calculs sur des nombres à virgule flottante – c’est-à-dire des nombres décimaux classiques comme 1,32 ou encore 0,78 –, la start-up germano-américaine passe dans le monde des logarithmes.
Ces nombres ont un avantage intéressant : une multiplication devient une addition, une opération moins coûteuse et qui demande moins de place sur un circuit électronique. Toutefois, effectuer une addition dans le monde des logarithmes est bien plus compliqué.
Vous avez des nœuds dans le cerveau ? Reprenons, calmement. Dans le monde des mathématiques classiques, une multiplication entre a et b sur un GPU coûte « plus cher » qu’une addition ; c’est plus complexe dans la pratique, mais simplifions au maximum dans le cadre de cet article.
V’la la tête d’une addition dans le monde des logarithmes…
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Valve a livré la version finale de SteamOS 3.8 qui apporte le support de la Steam Machine, la future console de salon du constructeur. Est-ce à dire que l’appareil va finalement sortir, huit mois après sa présentation ? Des indices laissent en tout cas penser qu’on arrive au bout de l’attente insupportable.
Après une première bêta en mars, SteamOS 3.8.10 est finalement disponible pour tous. Valve n’en fait pas tout un foin, mais la nouvelle version de son environnement logiciel cache une nouveauté importante : la « prise en charge initiale » de la Steam Machine. Cette inclusion annonce un lancement prochain de la console de salon, présentée en novembre 2025 et qui, à l’origine, devait être commercialisée en début d’année.
Sous le capot de la Machine
Mais voilà, la crise de la mémoire est passée par là, mettant des bâtons dans les roues de Valve qui n’a toujours pas dévoilé ni le prix, ni la date de lancement de sa Machine. Histoire de faire patienter, l’entreprise a lancé fin avril la commercialisation du Steam Controller, la manette dédiée à la console mais qui fonctionne aussi sur n’importe quel PC avec Steam.
Concernant la Steam Machine, on pourrait être fixé bientôt, entre SteamOS 3.8 désormais disponible dans sa version finale, et les premiers échos d’unités en circulation. Des benchmarks sont en effet apparus ce 15 juin dans les bases de données publiques de Geekbench. L’appareil testé est identifié sous le nom « Valve Fremont » et fonctionne sous SteamOS ; il embarque un processeur AMD personnalisé (« CPU 1772 ») comprenant 6 cœurs et 12 threads pour une fréquence maximale de 4,86 GHz, et 16 Mo de cache L3. Pas une surprise : ce sont les caractéristiques données par Valve, qui avait précisé que les cœurs étaient des Zen 4.
Comme pour le Steam Deck, Valve a fait appel à AMD pour le CPU de la console, une puce custom dont l’identifiant (« AuthenticAMD Family 25 Model 124 Stepping 0 ») correspond à un processeur de génération relativement récente. Valve avait indiqué que la console emportait un circuit graphique signé lui aussi AMD, en l’occurrence un modèle architecturé RDNA 3 « Navi 33 » équipé de 8 Go de mémoire GDDR6. Les 16 Go de mémoire vive sont de la DDR5.
Geekbench
En termes de score, Videocardz a fait les comptes : on oscille entre 2 282 et 2 334 sur les tests mono-cœur, et entre 7 316 et 7 392 sur les tests multi-cœurs. Des résultats qui correspondent aux précédents benchmarks de Fremont qui avaient fuité en août dernier, mais à l’époque il s’agissait de machines tournant sous Windows. La Steam Machine fonctionne bien sûr sous SteamOS (Linux).
Un lancement fin juin ?
Les performances du processeur sont du niveau de certains CPU Ryzen à 6 cœurs récents, à l’image du Ryzen 5 5600 de bureau qui affiche un score de 2 053/8 595. Ce processeur fait mieux en termes de performances multi-cœurs, mais l’enveloppe thermique (65W) est plus du double de la puce de la Steam Machine (30W). Valve a affirmé que sa nouvelle console était environ six fois plus puissante que le Steam Deck, notamment grâce à un GPU au TDP de 110W.
L’objectif officiel est de faire tourner n’importe quel jeu Steam en 4K à 60 images/seconde en upscale : durant la présentation à la presse de l’appareil, Cyberpunk 2077 tournait à 65 i/s en 4K (du 1080p avec un upscale FSR 3.0), avec des réglages ray tracing sur « moyens ».
L’apparition inopinée de ces benchmarks semble le signe d’un lancement proche. Ils pourraient en effet avoir été réalisés par des testeurs ayant reçu des unités en prêt de Steam Machine (mais aussi le Steam Frame, nouveau casque VR de Valve). Une rumeur, à prendre avec les pincettes d’usage, annonce même une levée de l’embargo de publication des tests après le 23 juin. Reste une inconnue de taille : le prix. Et là, on craint de bien mauvaises surprises… La Steam Machine se décline en deux versions, de 512 Go et 2 To.
Ce 18 juin s’ouvre un groupe de travail entre l’État et les organismes sociaux pour évoquer l’intelligence artificielle dans la fonction publique. Mais l’évènement laisse aux syndicats un goût amer, car l’État présente un projet sur lequel ils n’auront plus qu’à se prononcer, rapporte Acteurs publics.
Parmi les grandes lignes du projet : le fait que l’IA devienne clairement l’objet d’un dialogue, pour ses effets sur l’organisation du travail, sur les métiers, sur les pratiques, les parcours professionnels, sur la santé au travail et en matière d’impacts environnementaux et d’usages responsables.
Illustration : Flock
Si les débats se tiennent ce 18 juin, un jeu de données manque néanmoins : les effets pressentis du déploiement de ces nouvelles technologies sur les effectifs.
Alors qu’un rapport inter-inspections portant sur le sujet est arrivé entre les mains du Premier ministre Sébastien Lecornu il y a quelques semaines, la décision a été prise de ne pas en publier les conclusions. D’après Acteurs publics, les inspecteurs seraient soumis à des consignes de confidentialité strictes, quand bien même les chiffres obtenus ne seraient pas « alarmistes ».
Mais à un an des élections présidentielles, ses conclusions pourraient alimenter des débats sur les orientations politiques opérées.
Ce type de rapport ne doit par ailleurs son éventuelle publication qu’au bon vouloir de son commanditaire, c’est-à-dire du gouvernement, qui laisse quelquefois passer plusieurs mois avant de donner son accord, voire ne les dévoile quelquefois pas du tout.
Outre des collections, la version 4.6 de Mastodon propose des newsletters, une fonctionnalité qui permettra aux internautes de suivre les travaux des créateurs qui les intéressent sans nécessairement s’inscrire sur le réseau social.
Après le réseau où s’échanger des messages en quelques centaines de caractères, les mails ? C’est la direction qu’esquisse Mastodon pour sa version 4.6.
Déployée ce 17 juin, cette nouvelle version propose de créer des Collections, très nettement inspirées des « Starter Packs » de Bluesky. Elle met aussi à jour le fonctionnement des profils, et teste un nouvel outil dont l’accès dépend, pour le moment, des administrateurs d’instance : l’inscription à la newsletter du compte que vous suivez.
Suivre un internaute sans créer de compte Mastodon ni s’enfermer
L’idée : permettre aux internautes d’envoyer leur infolettre directement dans la boîte mail de leurs abonnés, y compris si ces derniers ne souhaitent pas s’inscrire à Mastodon ou à un autre service du Fediverse.
Cette possibilité permet de décentraliser l’accès aux e-mails, alors que le succès de plateformes centralisées ne se dément pas. Venue des États-Unis, Substack revendique 5 millions d’abonnés payants, malgré des débats récurrents sur sa politique de modération. En France, son concurrent Kessel indique dépasser les 2 millions d’abonnés.
Du point de vue de l’internaute, la fonctionnalité permettra donc de suivre des producteurs de newsletters sans devoir se plier aux pratiques de tracking de ce type de services. Du côté des autrices et auteurs, cela fournira par ailleurs un accès direct à la base d’abonnés ainsi constituée : les créateurs pourront par exemple la déplacer d’un serveur à un autre.
Accès « institutionnel »
À l’heure actuelle, la fonctionnalité newsletter est pensée « avant tout pour un usage institutionnel », même si Mastodon déclare s’attendre à ce que « les journalistes, les blogueurs et les autres créateurs qui gèrent leur propre serveur la trouvent aussi utile ».
En cours de création d’une association à but non lucratif, l’entreprise indique aussi limiter l’accès pour éviter de devoir gérer une brusque surcharge sur ses serveurs. Concrètement, les utilisateurs qui souhaiteraient tester la nouvelle fonctionnalité sont donc invités à se rapprocher des administrateurs de leur instance pour discuter de son déploiement. Il reviendra à ces derniers de donner aux utilisateurs en question le rôle et les permissions nécessaires pour lancer le service.
Après un pic d’activités au moment du rachat de X par Elon Musk, le nombre d’utilisateurs de Mastodon plafonne autour de 740 000 utilisateurs actifs mensuels. Malgré un fonctionnement moins décentralisé, le service états-unien Bluesky affiche de son côté 40 millions d’utilisateurs (ce qui reste faible comparé aux mastodontes X et Threads). Alors que la recherche d’indépendance et le besoin d’interopérabilité entre les plateformes sociales occupent régulièrement les conversations, le déploiement de cette fonction pourrait offrir à Mastodon une nouvelle poche d’utilisateurs.
OVHcloud, qui se présente désormais comme le « leader européen du Cloud et de l’IA », passe la seconde sur l’intelligence artificielle et va lancer sa famille de modèles (LLM). En open source ? « c’est effectivement l’idée » affirme Octave Klaba.
Octave Klaba, qui a repris les rênes d’OVHcloud fin 2025, profite du salon VivaTech pour faire part de ses ambitions dans le monde de l’intelligence artificielle et des grand modèles de langage : « il nous est apparu très clairement que si nous ne maîtrisions pas cette technologie, nous ne pourrions pas garantir notre avenir », explique-t-il à Reuters. La maitrise passe par plusieurs étapes.
OVHcloud fait ses courses dans les start-ups françaises
Depuis des mois déjà, l’entreprise prépare le terrain. Au début de l’année, elle croquait Seald, une « entreprise française spécialisée dans les technologies de chiffrement de bout en bout ». La fonctionnalité mise en avant par l’hébergeur dans son communiqué : « Le SDK développé par Seald, bénéficiant d’un visa de sécurité CSPN délivré par l’ANSSI, permet d’intégrer rapidement le chiffrement de bout en bout dans des applications web et mobiles, sans expertise cryptographique avancée ».
En mars, c’était une autre société française qui tombait dans son giron : Dragon LLM, qui « conçoit des modèles spécialisés d’IA générative et souverains ». Selon OVHcloud, le but de cette société est de « bâtir une IA européenne utile, responsable et efficiente ». Le Roubaisien en profite pour renforcer ses équipes avec de nouveaux experts dans le fine-tuning, une technique consistant à « spécialiser un modèle d’IA pré-entraîné à l’accomplissement d’une tâche spécifique », explique la CNIL. On parle aussi d’ajustement.
Il y a quelques jours, OVHcloud est entrée en négociations exclusives pour racheter Gladia, une autre startup française spécialisée cette fois dans l’IA vocale. Depuis le mois de mai, OVHcloud a changé son discours dans ses communiqués de presse. Alors qu’il se présentait jusque là comme « leader européen du cloud », il ajoute désormais « et de l’IA » (ou de l’AI, il y a les deux).
OVHcloud prépare une famille de modèles
En plus de renforcer ses équipes, ce serait aussi le bon timing pour se lancer dans les modèles d’IA pour OVHcloud car « un projet qui aurait autrefois coûté environ un milliard d’euros pourrait désormais être entrepris pour un budget de 150 à 200 millions d’euros », comme le précisent nos confrères en se basant sur des déclarations d’Octave Klaba. OVHcloud représenterait la deuxième vague d’acteurs, après les historiques que sont OpenAI, Anthropic et Mistral pour ne citer que ces trois-là.
Le Roubaisien prévoit de lancer une famille de modèles afin de répondre à différents cas d’usage, une pratique courante. Chez Anthropic par exemple, il y a Opus, Sonnet et Haiku. OpenAI a ses modèles GPT et o, etc. Il existe aussi une approche intermédiaire avec les mixtures d’experts ou MoE.
OVHcloud va-t-elle aller vers de l’open source ? « Nous regarderons à quel moment nous serons suffisamment bons pour pouvoir les open sourcer. Mais c’est effectivement l’idée ».
Reste la question des GPU pour entrainer les modèles. En novembre dernier, Octave Klaba se montrait prudent : « La vraie question derrière les GPU, c’est le business model. La problématique aujourd’hui, c’est que tous ceux qui investissent ne savent pas encore s’ils vont les rentabiliser » ; en cause, le cycle de renouvellement très rapide avec NVIDIA qui double ou presque les performances à chaque génération. Récemment, il a comparé les GPU à des fraises : « vous les achetez vous devez les manger le jour même, le lendemain elles sont pourries ». Pour entraîner de gros modèles, pas le choix, il en faut des fraises, et pas qu’une barquette.
Fin 2025, lorsqu’Octave Klaba avait repris la direction d’OVHcloud, il expliquait que c’était pour aller plus vite : « le contexte géopolitique, l’essor du marché du cloud et de l’IA nous demandent de nous développer plus rapidement afin de garder un temps d’avance. C’est la raison pour laquelle, le conseil d’administration a décidé de rapprocher vision, stratégie et exécution ».
OVHai Workspace : de l’IA agentique à tous les étages
Lors de l’OVH Summit 2025, la couleur était donnée : « tous nos produits ont une teinte IA. On va introduire de l’agentique » avec des comptes rendus d’appel, la rédaction et la lecture d’emails. Il était question de mettre l’IA au centre des postes de travail.
C’est le sens de l’annonce d’OVHai Workspace, une plateforme AI agentique collaborative et ouverte lancée par OVH Labs. Elle « permet le développement et l’intégration d’applications afin de profiter de l’IA agentique et du chiffrement de bout en bout disponible nativement ». Les acquisitions des derniers mois et notamment celle de Seald prennent alors tout leur sens.
Freedom to Collaborate.
16 postes de démo et des experts OVHcloud pour vous montrer comment l'IA, les outils collaboratifs et la sécurité peuvent fonctionner ensemble dans une plateforme ouverte. Venez tester ! #VivaTechpic.twitter.com/Iw1N4Hs44O
« OVHai Workspace intègre un moteur de recherche couplé à des capacités d’IA agentique. Automatiser des actions complexes, rechercher des informations dans plusieurs applications distinctes ou simplifier les tâches répétitives sont ainsi possibles en un clic », explique l’entreprise.
Email, drive et visioconférences dans une « expérience unifiée », telle est la promesse d’OVHai. La plateforme est pour le moment en preview (accessible uniquement sur le stand OVHcloud à Vivatech), « avant une bêta dont le lancement est prévu lors de l’OVHcloud Summit en novembre », précise Octave Klaba.