Cet été, Next continue évidemment de vous informer sur les enjeux du numérique et de la tech au sens large, mais se propose aussi de vous divertir avec un cahier de vacances spécial geek. On vous a préparé des mini-jeux pour vous occuper sur la plage, à la montagne, en voyage… Cerise sur le gâteau, il y a des cadeaux à gagner.
Pendant une partie de l’été, les membres de la rédac’ vont prendre des vacances bien méritées. Le site ne ferme pas pour autant, mais le rythme sera probablement un peu plus calme. C’est aussi pour nous l’occasion d’avancer sur des dossiers et des sujets de fond ; on s’en reparlera à la rentrée !
En attendant, avec Flock, nous vous avons préparé une série de petits jeux pour agrémenter vos vacances. Il ne s’agit pas de réinventer la roue, mais de proposer une version « geek » des grands classiques de l’été : mots mêlés, Sudoku, MasterMind, Où est Charlie, 7 différences… Certains sont interactifs et jouables sur smartphone, tablette ou ordinateur.
En plus de jouer pour la gloire, il y a des cadeaux à gagner : des tirages papier et des dessins personnalisés de Flock, un badge à ajouter à côté de votre pseudo pour les plus tenaces et/ou les plus performants (au niveau de celui Premium présent pour les abonnés) et d’autres surprises vous attendent !
Comment participer ? Premier point, être abonné à Next ; vous pouvez vous abonner pendant toute la durée du concours. Deuxième et dernier point : notez les réponses « cachées » dans certains mini-jeux sous la forme de série de chiffres et/ou de lettres. Il faudra les noter et nous envoyer vos réponses par email à la fin de l’été. Nous aurons l’occasion d’en reparler.
Mais ne pensez pas que les réponses consisteront simplement à résoudre des petits jeux, certaines seront bien plus difficiles à trouver que d’autres. Préparez-vous à une version spéciale Next de « Tu Te Mets Combien ». Les premières réponses seront, comme toujours avec ce jeu, très faciles, contrairement aux dernières bien plus difficiles à trouver ; de quoi tester votre connaissance sur le média, le site, ses journalistes, etc.
Cette actualité sera mise à jour dès qu’un nouveau mini-jeu de notre cahier de vacances 2026 sera publié ; pensez à la mettre en favoris !
Le premier est déjà en ligne avec une petite énigme réalisée par Flock où il faut trouver l’intrus (la réponse pourrait vous surprendre). On se retrouve dès la semaine prochaine avec des mots mêlés où vous devrez aider Donald Trump à trouver un message caché par Mythos.
La Cour de justice européenne a rendu son arrêt concernant un litige sur l’œuvre d’Anne Frank, qui est entrée dans le domaine public en Belgique mais pas aux Pays-Bas. Un géoblocage à la « pointe de la technologie » suffit à être dans les clous, même si des technologies comme un VPN permettent de le contourner.
Le 9 juillet dernier, la Cour de justice européenne (CJUE) a rendu un arrêt qui clarifie ce qu’il est possible de faire lorsqu’une œuvre est entrée dans le domaine public dans un pays mais pas dans un autre.
Rappelons que le droit d’auteur varie beaucoup selon les pays. Ainsi, par exemple, une partie des œuvres d’Anne Frank est encore protégée aux Pays-Bas jusqu’en 2037 alors qu’elles sont entrées dans le domaine public en Belgique.
Un conflit entre le Fonds Anne Frank et la Fondation Anne Frank
C’est justement ce cas qui était présenté à la CJUE. Les droits d’auteur du journal d’Anne Frank ont fait l’objet de nombreux litiges déjà. Actuellement, c’est le Fonds Anne Frank (Anne Frank Fonds) qui possède les droits sur ces œuvres aux Pays-Bas. L’organisation met en cause la Fondation Anne Frank, l’Académie royale néerlandaise des sciences et une association de valorisation d’écrits historiques pour avoir publié une édition scientifique des manuscrits d’Anne Frank, en langue néerlandaise, sur le site www.annefrankmanuscripten.org (enregistrée en Belgique).
C’est la Cour suprême des Pays-Bas qui doit départager les parties en conflit après un pourvoi du Fonds Anne Frank, mais elle a demandé à la Cour européenne un avis sur la question des moyens mis en place pour bloquer l’accès à l’œuvre dans les pays où elle n’est pas entrée dans le domaine public.
La Cour suprême des Pays-Bas a constaté (comme nous) que l’accès au site en question est restreint par un système de « géoblocage » qui en empêche la consultation avec une IP venant d’un État membre de l’UE dans lequel les manuscrits sont encore protégés par le droit d’auteur.
Ainsi, aux Pays-Bas comme en France d’ailleurs, un message en néerlandais et en anglais apparait à la consultation du site :
Nous sommes désolés… Malheureusement, ce site n'est pas accessible depuis votre pays. L'édition scientifique des manuscrits d'Anne Frank ne peut être mise à disposition dans tous les pays, pour des raisons liées aux droits d'auteur. Cette édition est publiée en ligne par la Vereniging voor Onderzoek en Ontsluiting van Historische Teksten (Association pour la recherche et l'accès aux textes historiques), Avenue Louise 209a / Louizalaan 209a, 1050 Bruxelles (Belgique).
Un géoblocage peut être considéré comme « efficace » même s’il est contournable
Mais elle demande à la CJUE si ce géoblocage suffit, sachant qu’il est contournable via un VPN dont l’adresse IP vient d’un pays où l’œuvre est dans le domaine public.
La CJUE explique que la mesure de blocage géographique peut être considérée comme « efficace », au regard de la directive européenne sur l’harmonisation de certains aspects du droit d’auteur de 2001, « dès lors qu’elle est à la « pointe de la technologie » », et ce même si des internautes« peuvent la contourner en ayant recours à un VPN ou à un service similaire ».
Ainsi, le droit européen ne demande pas d’installer en de pareilles circonstances un géoblocage à toute épreuve, mais il doit être au niveau de l’état de l’art.
La CJUE éclaircit aussi le fait que les fournisseurs de VPN ne peuvent être incriminés dans ce genre d’histoires : « le fournisseur de VPN ou de services similaires utilisés pour contourner une mesure de blocage géographique inefficace et constituant des outils techniques licites auxquels les utilisateurs peuvent légitimement recourir, ne saurait être considéré comme ayant lui aussi communiqué l’œuvre au public ».
Depuis mai, Microsoft s’agite dans le domaine de la cybersécurité. Mi-mai, l’entreprise a ainsi présenté son système MDASH, pour « Microsoft Security multi-model agentic scanning harness ». Il s’agit d’un réseau d’une centaine d’agents travaillant à partir d’un mix de modèles pour débusquer les failles de sécurité dans le code.
On sait que MDASH est déjà utilisé. Pour preuve, le récent Patch Tuesday du 14 juillet qui a pulvérisé tous les records avec ses 570 failles colmatées, multipliant par presque 3 le nombre de corrections par rapport à juin, qui était déjà lui-même un record. Récemment, Microsoft a davantage officialisé son recours massif à l’intelligence artificielle générative dans ses processus de sécurité, confirmant qu’elle faisait désormais partie intégrante de la chaine.
Et voilà que l’entreprise préparerait un concurrent à Claude Mythos, auquel seules les organisations autorisées peuvent accéder au travers du projet Glasswing (on a pu voir le résultat chez Mozilla notamment). Selon The Information, Microsoft affuterait son « Project Perception » pour une présentation avant la fin du mois.
MDASH – Source : Microsoft
Contrairement à MDASH, Perception combinerait des modèles de Microsoft, OpenAI et Anthropic via un « model router » chargé de sélectionner le modèle le plus adapté à chaque tâche avant de lui assigner la charge de travail. Le projet serait porté par Hayete Gallot, responsable sécurité de Microsoft depuis février 2026, dans le cadre d’une réorganisation de l’activité sécurité de l’entreprise autour de produits IA, au détriment des offres plus anciennes.
Selon les rumeurs, Microsoft s’apprêterait à frapper au portefeuille : la réputation de Mythos n’est peut-être plus à faire, mais il serait extrêmement onéreux à faire fonctionner. Microsoft est un acteur majeur de la cybersécurité et aimerait sans doute donner un grand coup de pied dans la fourmilière.
Si ce projet Perception devait se confirmer et devenir un produit commercial, il faudrait encore examiner la réaction de la Maison-Blanche. Le gouvernement Trump a tenu à contrôler de près les capacités des modèles comme Mythos et Fable 5 chez Anthropic, ou encore GPT 5.6 chez OpenAI. Il pourrait être tout aussi intéressé par Perception, le risque étant a priori le même : la détection des failles de sécurité peut servir aussi bien la défense que l’attaque.
Polymarket est désormais bloqué en France. L’Autorité nationale des jeux (ANJ) a mis en œuvre son pouvoir de blocage administratif (1 290 URL géobloquées l’an dernier). Le régulateur a ordonné ce jeudi 16 juillet aux fournisseurs d’accès d’empêcher l’accès au site de paris qui « fait la promotion d’une offre illégale de jeux d’argent et de hasard ». Le message qui apparait désormais sur le site est très clair :
« Les sites illégaux sont dangereux. Ainsi, contrairement aux opérateurs légalement autorisés par l’ANJ, les personnes qui exploitent ou font la promotion de ces sites ne sont soumis à aucune obligation de protection des personnes vulnérables, de garantie de paiement des joueurs et de traitement des données à caractère personnel (captation de données d’identité et bancaires). »
En novembre 2024, l’ANJ avait envoyé une mise en demeure à Adventure One, l’éditeur de droit panaméen qui opère le site de paris, pour qu’il mette en œuvre le géoblocage de toutes transactions financières sur ses offres.
Mais voilà : La page d’accueil du site, qui affiche les cotes associées à différents événements susceptibles de faire l’objet de paris, constitue un « vecteur majeur de diffusion et de promotion des offres » de Polymarket… dont l’activité n’est pas autorisée dans l’Hexagone. Or, quiconque fait la publicité d’une offre liée à un site de paris ou de jeux d’argent ou de hasard non autorisé – un délit pénal – peut être puni d’une amende de 100 000 euros.
L’Autorité a ainsi comptabilisé 205 057 visiteurs uniques pour 578 751 visites provenant du territoire français en juin dernier. Le blocage est donc renforcé depuis hier, via les FAI.
En pratique, ces paris peuvent donner lieu à des « contournements », prévient le régulateur. Il en veut pour preuve l’enquête ouverte début mai par le parquet de Paris sur des paris météo révélant que des capteurs situés à l’aéroport de Roissy ont pu être piratés. Une affaire qui indique l’absence sur Polymarket de dispositif d’identification des utilisateurs pour s’assurer de leur probité.
Déjà en février, l’Autorité avait rappelé que ces sites de « prédiction » n’étaient pas autorisés en France (c’est aussi le cas de Kalshi). Ces plateformes exposent également leurs utilisateurs à « de nombreux risques (addiction, intégrité, etc.) en l’absence de régulation ». En mai, l’Espagne a bloqué Polymarket et Kalshi.
La nouvelle version 5.2 de l’outil de modélisation 3D Blender est qualifiée de LTS, pour Long Term Support. Ces moutures particulières reçoivent la garantie de recevoir des correctifs pendant deux ans, sans modifications majeures dans l’interface ou le fonctionnement.
Ce qui ne veut pas dire que Blender 5.2 n’est là que pour la stabilité. On trouve une longue liste d’améliorations plus ou moins significatives, dont l’une des principales est le nouveau Fill Tool. Cet outil se destine littéralement au « bouchage de trous » : remplir plus simplement les surfaces vides dans les modèles fil de fer, nécessitant – en théorie – moins de retouches manuelles que jusqu’à présent.
On note également la présence d’un mode Thin Wall, qui doit rendre les objets fins plus réalistes. Jusqu’à présent, pour faire un matériau fin (feuille, abat-jour…) laissant passer faiblement la lumière, Blender devait souvent simuler une vraie épaisseur ou utiliser des matériaux complexes. Thin Wall peut comprendre directement que l’objet est fin, appliquant de nombreux réglages. Selon l’équipe, le résultat est à la fois plus réaliste et moins contraignant.
Blender introduit en outre un nouveau système de simulations basé sur les Geometry Nodes. Il concerne les objets qui peuvent se déformer, comme les vêtements, cheveux ou cordes. L’ensemble se veut plus flexible et plus puissant.
On note aussi la possibilité d’accéder à des bibliothèques d’objets sur internet (évitant d’avoir à télécharger toutes les ressources à l’avance), l’arrivée d’un cache de textures pour le moteur de rendu Cycles avec une amélioration générale des performances, un nouveau nœud permettant de faire réagir des animations avec une musique, des améliorations pour le moteur de rendu EEVEE, du neuf pour la sculpture numérique ou encore diverses optimisations de performances et de l’interface.
Le réseau social X (anciennement Twitter) va pouvoir mettre en œuvre son plan de conformité pour améliorer l’accès de ses données aux chercheurs et la transparence des publicités. La Commission européenne avait infligé à l’entreprise d’Elon Musk une amende en décembre dernier, assortie d’une obligation de changements.
La première décision de non-conformité avec le règlement sur les services numériques (DSA) a concerné X. En décembre dernier, le réseau social a écopé d’une amende de 120 millions d’euros, ce qui n’avait pas manqué de provoquer la colère d’Elon Musk et de la Maison Blanche.
Parmi les griefs de la Commission européenne : le manque de transparence dans le référentiel des publicités sur X, un outil censé éclairer les utilisateurs sur le ciblage publicitaire, ainsi que la difficulté pour les chercheurs d’accéder aux données publiques de la plateforme. X a eu 90 jours pour proposer un plan de conformité, qui a été livré en temps et en heure.
Illustration : Flock
Ce plan a été validé par Bruxelles. Le réseau social a désormais six mois pour l’implémenter. Concernant le registre publicitaire, X s’est engagé à améliorer les fonctions de recherche en ajoutant de nouveaux filtres, à afficher les résultats dans l’interface plutôt que de les fournir dans des fichiers Excel, à accélérer le temps de réponse du registre (il pouvait mettre jusqu’à 200 secondes pour répondre).
L’entreprise va également fournir davantage d’informations sur les publicités (contenu intégral et URL vers lesquelles elles redirigent les utilisateurs), et concevoir une API pour accéder au registre facilement. Pour les chercheurs, X va revoir et améliorer la procédure d’examen des demandes d’accès aux données publiques, accorder gratuitement l’accès aux données aux chercheurs éligibles, et garantir un accès dans des délais raisonnables.
Autre engagement vis-à-vis des chercheurs : réduire sensiblement le temps de traitement des demandes (en évitant par exemple les échanges inutiles avec les candidats), et modifier les conditions générales pour préciser explicitement que les chercheurs éligibles ne sont pas contractuellement empêchés de collecter automatiquement des données accessibles au public.
Toutes ces modifications feront l’objet d’un audit externe et indépendant, aux frais de X. Ce rapport sera transmis dans les six mois suivant la mise en œuvre des mesures. Ces dernières « constituent une étape importante pour permettre aux chercheurs, à la société civile et au grand public de mieux comprendre le fonctionnement des systèmes de X », se réjouit la Commission.
Alors que de plus en plus d’articles scientifiques sont créés en utilisant l’IA générative, le rédacteur en chef de Science, Holden Thorp, considère qu’elle fait plus de mal que de bien à l’édition scientifique.
Pour Holden Thorp, le responsable éditorial de toutes les revues de l’éditeur scientifique Science, l’arrivée de l’IA générative pousse l’édition scientifique dans une forme de « taylorisme ». « Ce défi exige encore plus d’efforts humains, ce qui rend l’ensemble du processus plus lent et plus coûteux », explique-t-il dans un édito de la revue phare.
L’année dernière, des chercheurs prévenaient que l’IA pourrait faire, au final, « plus de mal que de bien » à la recherche sans pour autant nier certaines avancées qu’elle pouvait amener. Fin 2025, submergée par les propositions d’articles générées par IA, la plateforme de prépublications arXiv décidait de modérer plus strictement. Elle a ensuite mis en place une mesure de suspension d’un an des chercheurs qui soumettent des articles erronés générés par IA.
Hallucinations, cherry picking et manipulation de données
Mais les revues et les conférences scientifiques sont aussi touchées par le phénomène. Holden Thorp ne nie pas la capacité des grands modèles de langage (LLM) à permettre des avancées scientifiques comme la prédiction des structures protéiques ou l’accélération de la découverte de nouveaux matériaux.
Mais il s’appuie sur un article scientifique récent qui explique que les LLM « éprouvent encore des difficultés dans les domaines qui exigent un jugement clinique nuancé, un raisonnement expérimental ou une réflexion et une synthèse approfondies en biologie » et sur l’existence des hallucinations (dont même les chercheurs d’OpenAI avouent avoir du mal à se débarrasser) pour expliquer que leur utilisation dans la rédaction d’articles scientifiques peut être problématique.
« De plus, certains de ces agents sont plus enclins que les humains à se livrer à ce qui s’apparente à des fautes professionnelles en matière de recherche, telles que la sélection arbitraire de données [cherry picking] et la manipulation des analyses statistiques jusqu’à l’obtention du résultat souhaité », ajoute-t-il, citant un autre article mis en ligne sur arXiv [PDF].
Et, alors que l’ajout d’erreurs par l’IA générative dans les articles demande une attention accrue, elle accélère aussi le rythme de soumission d’articles aux revues scientifiques et crée des goulots d’étranglement. Certains éditeurs, comme Elsevier, laissent facilement passer des erreurs parfois impardonnables. « La prolifération d’AI slop [informations erronées liées à l’IA] dans la littérature scientifique et, plus généralement, sur Internet, nuit à la crédibilité de la science », déplore le responsable éditorial de Science.
Le taylorisme arrive dans l’édition scientifique
Holden Thorp compare ce moment de l’arrivée de l’IA générative dans l’édition scientifique à l’arrivée du taylorisme dans l’économie américaine. Frederick Winslow Taylor « a encouragé les entreprises à recourir à la surveillance pour pousser les salariés à travailler plus dur et plus longtemps, une approche qui a épuisé et découragé les travailleurs et a conduit au transfert des connaissances et de tout pouvoir décisionnel des travailleurs vers la direction », explique-t-il.
Remarquons quand même que, si Holden Thorp déplore l’utilisation massive de l’IA générative dans les articles scientifiques, son article est lui-même parsemé de liens accompagnés de paramètres UTM laissant la trace de l’utilisation de ChatGPT (par exemple : https://arxiv.org/abs/2605.07723?utm_source=chatgpt.com).
Le mot rakuten (楽天) signifie « optimisme » en japonais
Rakuten France annonce que faute d’avoir trouvé un repreneur, sa place de marché fermera ses portes fin 2026. Trois candidats s’étaient pourtant portés acquéreurs, mais les garanties proposées n’auraient pas été jugées suffisantes par la direction et le CSE représentant les 180 emplois concernés. Parmi les repreneurs potentiels, Pixmania dénonce cette décision.
Le projet de cession de Rakuten France, présenté aux salariés le 7 avril dernier et dévoilé dans la presse début mai, n’ira finalement pas à son terme. La direction de l’antenne française du géant japonais du commerce en ligne Rakuten a en effet confirmé que sa recherche de repreneur n’avait pas abouti.
« Malgré les efforts déployés par le Groupe pour mener à bien une cession de l’activité, les discussions approfondies menées avec les repreneurs potentiels n’ont pas permis d’aboutir à une solution viable permettant d’assurer la poursuite de l’activité de manière pérenne », écrit Rakuten France dans une déclaration transmise à Next vendredi, confirmant l’information révélée la veille par le Figaro.
Des offres jugées insatisfaisantes
L’antenne française annonce dans ce contexte la fermeture de sa place de marché, avec une prise d’effet « à compter de la fin d’année 2026, avec une période de transition permettant aux vendeurs et aux acheteurs de prendre leurs dispositions ». Elle affirme avoir mis en place un plan d’accompagnement « accueilli favorablement » par le CSE de l’entreprise, qui compte environ 180 collaborateurs.
Plusieurs candidats à la reprise s’étaient pourtant manifestés. Dans le lot figurait notamment Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister en 2000, accompagné d’autres anciens dirigeants et d’un fonds d’investissement. Rappelons que le site Priceminister a été racheté en 2010 par le géant japonais Rakuten avant d’être rebaptisé Rakuten France en 2018.
Autres figures du e-commerce français, les frères Rosenblum, fondateurs de Pixmania, figuraient aussi sur les rangs. Fermé en 2020 après une longue période de restructurations et plusieurs changements de main successifs, cet autre site historique du secteur a quant à lui été relancé par ses fondateurs en 2022. Il prend désormais la forme d’une place de marché dédiée notamment aux produits mobiles.
Ces offres n’ont cependant pas été retenues. « Chaque offre reçue a été rigoureusement évaluée, notamment à l’aune des critères suivants : la préservation des emplois, les conditions financières de l’offre et les risques qui y sont associés, ainsi que la capacité du plan de redressement à assurer la pérennité de l’activité à long terme. Aucune des offres reçues ne remplissait ces trois critères », justifie Rakuten France.
Un candidat déçu s’interroge
Pixmania a réagi à cette déclaration vendredi matin sur LinkedIn (PDF), pour contester cette version des faits. « Au contraire, notre candidature répondait pleinement aux trois critères annoncés : sérieux du projet industriel, garanties sur la continuité des emplois repris, et solidité de notre proposition financière », affirme le candidat déçu. Il s’interroge dans le même temps sur la sincérité du processus de cession (obligatoire pour se conformer à la loi Florange), et en appelle aux pouvoirs publics :
« Nous demandons à nos représentants politiques de se saisir de ce dossier et de le soutenir, dans l’intérêt de l’économie française, en veillant à ce que toute la lumière soit faite de manière transparente et juste, afin que les salariés de Rakuten France puissent se déterminer sur leur avenir en toute connaissance de cause. »
D’après le baromètre trimestriel Fevad/Médiamétrie, Rakuten France totalisait quelque 9,5 millions de visiteurs uniques mensuels sur son site au troisième trimestre 2025. Une audience significative, mais inférieure de moitié à celles des nouvelles plateformes vedettes de type Shein et Temu, sans même parler de Vinted ou Leboncoin (30,2 millions de visiteurs uniques par mois) sur la seconde main.
Rakuten précise de son côté que cette fermeture ne concerne que l’activité e-commerce et la marketplace associée. « Le Groupe Rakuten reste engagé en France et en Europe à travers ses autres entités (Rakuten Symphony, Rakuten TV, Rakuten Viki, Rakuten Kobo, Rakuten Viber et Rakuten Advertising) et à travers le Centre technologique Rakuten Europe à Paris. »
Microsoft a annoncé la publication en open source de Microsoft Comic Chat, son célèbre client de messagerie des années 1990.
L’application a été initialement développée en 1995 par David Kurlander, qui faisait alors partie de la division Microsoft Research Virtual Worlds. Elle avait ensuite été lancée en 1995 avec Internet Explorer 3, avant d’être plus tard intégrée à Windows 98.
L’application s’est rapidement fait un nom pour sa capacité à convertir à la volée les discussions textuelles sur le protocole IRC (Internet Relay Chat) en bandes dessinées générées en temps réel. Le moteur s’appuyait sur des algorithmes d’analyse textuelle pour choisir de manière dynamique les expressions des avatars (conçus par l’artiste Jim Woodring), leurs gestes et la mise en page des cases.
Source : Microsoft
Et si vous vous posez la question : oui, c’est bien cette application qui a popularisé la police de caractères Comic Sans MS, conçue en 1994 par Vincent Connare pour s’adapter à la nature informelle des bulles de discussion.
Selon Microsoft, la publication du code en open source (licence MIT) répond simplement à un objectif de préservation historique et d’expérimentation. Le dépôt GitHub comprend le code d’époque écrit en C++ et s’appuyant sur les MFC (Microsoft Foundation Classes) sous Visual C++ 4.0. Microsoft fournit quand même des guides et des exemples de modernisation assistés par IA afin de compiler l’application avec les versions récentes de Visual Studio, d’assurer une compatibilité d’affichage sur les écrans actuels et de rétablir la connexion avec les serveurs IRC modernes.
Mozilla se montre très critique de Microsoft et de certains comportements dans les produits du géant du logiciel. La fondation s’en prend surtout aux dark patterns, forçant la main des utilisateurs sur le navigateur Edge, même si l’Europe échappe à bon nombre de ces pratiques.
En janvier 2024, Mozilla fustigeait déjà Edge (PDF), avec un rapport écrit par deux chercheurs indépendants. Ils avaient analysé les différentes méthodes utilisées par l’éditeur pour remettre Edge en navigateur par défaut dès que possible, ou comment certaines fonctions internes à Windows et d’autres produits exigeaient la présence du navigateur, sans tenir compte du choix de l’utilisateur. Début juin dernier, plusieurs éditeurs s’associaient pour former une alliance visant à promouvoir la liberté et le respect du choix.
Mozilla en a remis une couche le 16 juillet, avec un nouveau rapport. La conclusion générale est que la situation n’a guère évolué. Mais un point ressort encore davantage : l’Europe est bien mieux servie que le reste du monde, grâce à sa législation plus active sur le respect des choix et de la vie privée.
Des dark patterns en veux-tu en voilà
Le nouveau rapport analyse le comportement de Microsoft face au libre choix du navigateur web sur Windows 10 et Windows 11 dans quatre régions : les États-Unis, l’Inde, le Royaume-Uni et l’Allemagne (représentant l’Espace Économique Européen ou EEE). Les données du premier trimestre 2026 indiquent qu’Edge a progressé de 3,93 points de part de marché au niveau mondial depuis 2024. Dans le même laps de temps, Chrome, Firefox et Opera ont tous enregistré des reculs. Les auteurs postulent que l’utilisation de patterns de conception trompeurs ou coercitifs (harmful patterns) contribue à cette tendance.
Selon les auteurs, Microsoft emploie de manière systématique plusieurs techniques manipulatrices enfreignant les principes éthiques de conception. Par exemple, lors de la recherche et du téléchargement d’un navigateur concurrent sur Bing, le moteur injecte des bannières massives non standardisées pour détourner l’attention. Edge altère également le rendu de la page de téléchargement officielle de Google Chrome pour y superposer un bandeau publicitaire, une pratique jugée abusive car elle rompt le principe de neutralité de l’agent utilisateur.
Après le premier démarrage de l’OS, pendant la phase de configuration, Microsoft met en place des parcours complexes incitant à l’ingestion continue des données de navigation depuis Chrome vers Edge, selon le rapport. Les choix de refus sont souvent décrits comme minimisés ou présentés sous forme de reports temporaires (« Rappelez-le-moi dans 3 jours »), ce qui s’apparente selon les auteurs à du harcèlement d’interface (« nagging »). En outre, les cases d’autorisation pour la synchronisation des données ou le profilage publicitaire sont activées par défaut.
Le système d’exploitation applique aussi des mécanismes d’action forcée en ignorant les préférences de l’utilisateur. Même lorsqu’un navigateur tiers est configuré comme application par défaut, les requêtes web issues de la recherche Windows (via la barre des tâches), les Widgets système et l’application d’assistance IA Copilot ignorent ce réglage et forcent l’ouverture des liens dans Edge ou via son moteur de rendu intégré. De plus, le système maintient Edge comme application par défaut pour l’ouverture des formats de fichiers PDF et SVG, faisant obstruction au choix de l’utilisateur.
L’Europe s’en sort mieux que le reste du monde
Les auteurs du rapport disent avoir constaté des disparités majeures entre les marchés, induites par la pression des régulateurs.
En Europe, la présence de ces patterns est considérablement réduite : les cases à cocher ne sont pas présélectionnées, les bannières intrusives de Bing ou d’Edge sont absentes, et Windows respecte le navigateur tiers par défaut pour l’ouverture des fichiers PDF, des widgets et des recherches de la barre des tâches. En revanche, les versions testées aux États-Unis, en Inde et au Royaume-Uni continuent de subir toutes ces tactiques.
Microsoft ne cache d’ailleurs pas cette différence de traitement. Dans un billet du 16 novembre 2023, l’entreprise expliquait avoir dû modifier l’architecture de Windows 11 spécifiquement pour l’Espace Économique Européen afin de respecter le DMA. En Europe, les utilisateurs ont même la possibilité de désinstaller Edge, et l’OS distingue clairement les composants système des applications tierces
L’application stricte de cette conformité par « géofencing » valide d’ailleurs le constat de Mozilla : le respect du choix de l’utilisateur est actuellement conditionné par la pression réglementaire locale plutôt que par la philosophie de conception.
Nous avons contacté Microsoft en vue d’une réaction et mettrons à jour cet article si l’entreprise nous répond.
Chez Next, on aime bien proposer des articles reprenant une notion qui semble élémentaire, mais dont beaucoup ignorent le fonctionnement concret. Cette fois, on se penche sur le noyau et les pilotes, des composants essentiels à tout système d’exploitation.
Avant de plonger dans ces deux notions, commençons par une question élémentaire : qu’est-ce qu’un système d’exploitation ?
Un OS (Operating System) est le logiciel faisant l’interface entre le matériel de l’ordinateur et les applications que vous utilisez. Windows, macOS et Linux en sont les exemples les plus connus. Au cœur de tout OS se trouve une pièce centrale : le noyau. Et pour que ce noyau puisse dialoguer avec chaque pièce de matériel, il s’appuie sur des programmes spécialisés : les pilotes. C’est ce duo que nous allons explorer, ainsi que la notion incontournable de « droits » qui l’accompagne.
Le noyau, ce grand chef d’orchestre
Le noyau est le cœur d’un système d’exploitation, d’où son nom. Il agit comme le grand gestionnaire qui va distribuer aux applications les ressources dont elles ont besoin. Un jeu a besoin d’accéder à la carte graphique pour calculer des scènes 3D ? Le noyau va se charger de relayer la demande. C’est le chef d’orchestre de l’environnement logiciel, veillant à ce que chacun puisse s’exprimer, dans l’ordre et la discipline. Il ne faudrait pas que deux applications mettent la main en même temps sur la même ressource.
Le noyau reste toujours en mémoire et assure les interactions entre le matériel et les composants logiciels. Pour que ces derniers puissent remplir leur rôle – vous permettre d’écrire une note, chercher un virus, communiquer… – le noyau est chargé de répartir le temps du processeur, d’allouer puis de libérer la mémoire vive, ou encore de gérer les entrées-sorties (clavier, souris, écran, réseau, stockage, imprimante…). Si un conflit éclate, le noyau doit arbitrer.
Cette situation est commune à tous les systèmes d’exploitation : Windows, Linux, macOS, Android et tous ceux apparus au cours des dernières décennies. Sa nécessité est apparue très tôt dans l’histoire de l’informatique, quand les « pionniers » se sont rendu compte que si plusieurs codes se partageaient des ressources matérielles uniques, il fallait un chef d’orchestre pour éviter que les logiciels ne se marchent dessus.
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Comme chaque année, l’Arcep vient de publier son rapport sur l’état de l’internet en France. L’autorité constate une augmentation du trafic entrant de 10 % comparable à 2024 tandis que le trafic sortant bondit de 28 %. Côté IPv6, la transition continue de progresser sur les box grand public, mais les sites web et serveurs e-mail restent à la traîne.
En ce mois de juillet, comme tous les ans, l’Arcep publie son rapport sur l’état de l’internet en France. Elle constate une augmentation globale du trafic comme depuis 2012, mais pointe que le trafic sortant grimpe plus vite bien qu’il « demeure plus faible que le trafic entrant, en raison de l’asymétrie des usages : en volume, les utilisateurs finals reçoivent usuellement davantage de données qu’ils n’en envoient ».
L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (oui, l’Arcep régule tout ça) recueille les informations concernant l’interconnexion en France via des données agrégées des quatre principaux FAI en France (Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR).
Un trafic entrant qui augmente de 10 %
Sur le trafic entrant, l’année 2025 a vu une augmentation de + 10,4 % par rapport à 2024, passant de 50,8 Tbit/s fin 2024 à 56 Tbit/s fin 2025. Comme on le voit sur le graphique ci-dessous, le trafic entrant augmentait de manière comparable en 2024 :
« La croissance annuelle du trafic entrant semble se stabiliser autour des 10 % au cours des trois dernières années alors qu’elle se situait entre 20 % et 50 % au cours de la période 2013 ‐ 2022 », constate l’Arcep. L’autorité observe que cette augmentation est « cohérente avec l’évolution de la consommation de données mobiles » qui « se stabilise au même taux d’accroissement, entre 12 et 14 % » depuis 2023.
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Truth Social, le réseau social lancé par Donald Trump, va lancer en août une API sur abonnement permettant de disposer d’un accès accéléré aux messages des comptes les plus influents sur la plateforme, dont ceux du président des États-Unis. L’outil cible explicitement le monde de la finance et notamment les traders de Wall Street.
Non content de s’enrichir directement en spéculant sur l’impact des annonces de Donald Trump, son consortium familial a trouvé une nouvelle façon de s’enrichir : il va désormais vendre, sur abonnement, un accès accéléré aux déclarations du président des États-Unis.
Trump Media & Technology Group (TMTG), la maison-mère du réseau Truth Social, vient en effet d’annoncer le lancement au 1ᵉʳ août prochain d’une API (interface de programmation) permettant de recevoir de façon accélérée les messages des comptes les plus influents qui postent sur la plateforme.
Une offre « initiés » taillée pour le trading haute fréquence
Le premier d’entre eux est nul autre que Donald Trump lui-même, dont les déclarations politiques (droits de douane, coup d’État au Venezuela, évolution des négociations avec l’Iran autour du détroit d’Ormuz, etc.) font régulièrement tanguer les marchés boursiers.
Et c’est bien un avantage stratégique sur la fluctuation des marchés que se prépare à vendre l’entreprise à ses nouveaux clients institutionnels. « Les marchés réagissent déjà aux publications de Truth Social », affirme Kevin McGurn, CEO par intérim de TMTG, dans un communiqué (PDF), avant de décrire la promesse de cette nouvelle offre :
« Truth API fournit un flux direct, sous licence et en temps réel des publications les plus influentes de la plateforme, tout en faisant progresser notre stratégie de monétiser nos actifs propriétaires grâce à un flux de revenus récurrents à forte marge. À mesure que l’adoption se développe, nous prévoyons que Truth API deviendra une source de revenus significative et continue pour l’entreprise, créant ainsi une valeur durable pour les actionnaires. »
Truth API vise spécifiquement les acteurs de la finance et en particulier les banques et entreprises qui pratiquent le trading algorithmique à haute fréquence. Via des outils semi-automatisés, ces dernières tentent de prévoir les évolutions du marché boursier pour acheter et vendre des titres en une fraction de seconde, de façon à capter un maximum de valeur, à la hausse comme à la baisse.
« Truth API est conçu pour les organisations les plus affectées par le coût d’un retard dans la transmission d’informations. Cela inclut les sociétés de trading haute fréquence et algorithmique qui nécessitent un flux de données à faible latence et lisible par machine plutôt qu’un suivi manuel », confirme TMTG. L’entreprise n’a communiqué publiquement ni sur le prix de la licence associée, ni sur la teneur réelle de l’avance que confère l’API par rapport à la consultation tout public de Truth Social.
Trump a pour mémoire créé Truth Social après avoir été banni de Twitter (aujourd’hui X), à la suite de l’assaut sur le Capitole à Washington par certains de ses partisans le 6 janvier 2021, et l’utilise depuis comme principal canal de communication directe. Depuis le début de son second mandat, il a démontré à plusieurs reprises sa capacité à influencer de façon significative les marchés boursiers au travers de messages publiés sur Truth Social.
L’exemple le plus probant remonte sans doute à avril 2025, quand le président des États-Unis a directement appelé ses abonnés à acheter des actions avant d’annoncer la suspension des droits de douane qu’il venait d’instaurer sur les importations émanant de dizaines de pays. La nouvelle avait logiquement été accueillie de façon très positive par les marchés, entraînant un rebond immédiat des cours : ceux qui avaient suivi le conseil formulé quelques heures plus tôt ont donc immédiatement vu la valeur de leurs investissements boursiers s’envoler.
Comme le rappelle The Hill, Donald Trump détient environ 53 % de TMTG, via une participation qu’il a transférée à un trust familial en décembre 2024, quelques semaines avant sa deuxième investiture à la Maison-Blanche. Reste à voir si la SEC, le gendarme de la bourse outre-Atlantique, ou le Congrès, trouveront quelque chose à redire à cette offre, qui permet donc à un président élu de monétiser lui-même la connaissance que lui confère son mandat.
Hasard du calendrier, un opérateur de la Maison-Blanche chargé de la gestion du prompteur de Donald Trump fait depuis peu l’objet d’une enquête de la Commodity Futures Trading Commission, l’agence chargée de la régulation des bourses de commerce : il aurait profité de sa connaissance anticipée des déclarations du président pour réaliser quelque 100 000 dollars de gains sur la plateforme de paris Kalshi.
Un précédent fâcheux dans les cryptomonnaies
En attendant une éventuelle réaction des institutions concernées et pendant que le vice-président JD Vance fait appel à un hélicoptère du Secret Service pour emmener son fils à ses cours de golf, la sénatrice démocrate du Massachusetts Elizabeth Warren vient de demander, par écrit, à la Maison-Blanche, une extension de la période couverte par la récente déclaration de patrimoine du président des États-Unis.
Sa déclaration 2025, mise en ligne le 30 juin dernier, a en effet révélé que la famille de Donald Trump avait engrangé environ 1,4 milliard de dollars grâce à ses activités dans le monde des cryptomonnaies, notamment via le contrat de licence qui a permis le lancement du coin Trump.
« Votre déclaration de patrimoine soulève des questions essentielles quant à la pertinence pour les présidents, les vice-présidents, les hauts responsables de l’administration, les membres du Congrès et leurs familles de tirer profit du secteur des cryptomonnaies, au moment même où le Sénat américain débat d’une législation sur la structure du marché des cryptomonnaies susceptible d’accroître la valeur de vos avoirs en cryptomonnaies », s’inquiète la sénatrice. Donald Trump a pris plusieurs décisions très favorables aux cryptos durant son second mandat, à commencer par la création d’une réserve fédérale en bitcoin.
La Chine vient de serrer la vis très fort sur les compagnons IA. Depuis cette semaine, de nouvelles règles interdisent à ces chatbots d’entretenir l’illusion d’une relation poussée avec leur utilisateur. Un problème plus important qu’il n’y parait.
Les services de compagnonnage IA ont poussé comme des champignons depuis l’avènement de l’intelligence artificielle générative. La technologie a fait des progrès tels que ces chatbots peuvent (presque) donner l’illusion de l’humanité. Et le marché est énorme : une étude d’Appfigures remontant à 2025 estimait que ces services généreraient plus de 120 millions de dollars sur l’ensemble de l’année. Le rapport dénombrait à l’époque 337 apps de compagnons IA actives pour 220 millions de téléchargements cumulés.
Il est donc évident qu’il existe ici des besoins pour combler la sécheresse émotionnelle que peuvent ressentir de nombreuses personnes. Quitte à aller trop loin parfois : aux États-Unis, la FTC (le régulateur de la concurrence) a ainsi demandé aux principaux acteurs du secteur des explications sur l’encadrement de leurs chatbots, en particulier auprès des plus jeunes.
Depuis le 1er janvier, la Californie impose à ces fournisseurs plusieurs garde-fous, notamment des messages d’avertissement rappelant clairement aux utilisateurs qu’ils interagissent avec une intelligence artificielle.
La Chine a décidé d’aller un cran plus loin. Depuis ce mercredi 15 juillet, les autorités encadrent très sévèrement les chatbots conçus pour simuler une relation affective. Ces règles concernent les services qui imitent une personnalité humaine pour fournir de la compagnie, du soutien émotionnel ou une relation virtuelle. Les assistants professionnels, éducatifs ou destinés au service client en sont en principe exclus.
Les entreprises à l’origine de ces chatbots – dont Alibaba et ByteDance, qui ont désactivé certaines fonctions – ne doivent plus chercher à rendre l’utilisateur dépendant, à remplacer ses relations sociales ou à prolonger artificiellement la conversation quand il souhaite partir. Elles doivent aussi évaluer l’état émotionnel et le degré de dépendance des utilisateurs, et prévoir des procédures d’intervention.
Les règles sont encore plus strictes pour les mineurs. Ainsi, il est interdit de leur proposer des « partenaires » ou des « membres de la famille » virtuels. Le consentement parental est exigé pour les moins de 14 ans. Les parents peuvent bloquer certains personnages ou des achats, et recevoir des alertes.
En cas de détresse grave, la législation prévoit une intervention humaine et, dans certaines situations, d’alerter un proche ou un responsable désigné. Il s’agit pour Pékin de prévenir la dépendance, les manipulations émotionnelles et les risques psychologiques.
Un expert interrogé par le Wall Street Journal fait le lien entre la natalité déclinante en Chine et les craintes des autorités de voir les compagnons IA détourner leurs utilisateurs des (vraies) relations amoureuses, du mariage, et d’une potentielle progéniture. Le texte ne le dit pas comme ça, mais des réglementations locales sur la sécurité de l’IA citent les effets de cette technologie sur la conception de la famille, de la fécondité, et en bout de course, de la société.
Alors que Sony vient de planter un nouveau clou dans le cercueil des supports physiques de jeux vidéo, est-il bien malin de racheter une enseigne spécialisée dans la vente de… jeux vidéo ? C’est le pari d’un consortium franco-canadien qui s’offre Micromania. Avec la ferme intention de relancer des magasins en perte de vitesse.
Avec un réseau de plus de 300 magasins en France, Micromania demeure une enseigne incontournable pour tous les joueurs, mais évidemment les grandes heures du jeu physique sont loin derrière nous. Et ça ne va pas s’arranger, avec l’annonce retentissante de Sony qui a décidé d’arrêter les supports physiques pour les jeux PlayStation en janvier 2028.
Micromania n’a pas attendu l’annonce du constructeur pour diversifier ses rayons. On y trouve toujours des boîtes de jeux (nouveautés et occasion), mais aussi et surtout des produits dérivés, des figurines et des cartes à collectionner. En 2015, Micromania ouvrait la première boutique de sa nouvelle enseigne Zing Pop Culture, qui a fini par fusionner avec Micromania (rebaptisé Micromania Zing) deux ans plus tard.
Le géant américain GameStop (EB Games), qui avait mis la main sur Micromania en 2008 pour 500 millions d’euros, n’est plus, depuis des années, que l’ombre de ce qu’il a été. Il a mis en vente Micromania l’an dernier, ainsi que sa filiale canadienne. Cette dernière a rapidement trouvé preneur : l’entrepreneur Stephan Tétrault a relancé l’enseigne sous le nom EB Games Canada, celui porté par l’enseigne avant son acquisition par GameStop en 2021.
Nouvelle aventure pour Micromania
Le groupe Tétrault, qui possède la marque de figurines McFarlane Toys, fait partie d’un consortium franco-québécois venant d’acheter Micromania. On trouve parmi eux Jean-François Chenail, actionnaire d’EB Games Canada et son groupe, JAMS Venture Capital, ainsi que Cobico International, propriétaire de la société Gipsy Toys. Spécialisée dans les peluches, elle a notamment réalisé les mascottes Phryges des JO de Paris.
Avec un tel pedigree, il n’est pas très compliqué de deviner ce que ce consortium veut faire de Micromania. L’enseigne va rester solidement ancrée dans le business des produits dérivés et des cartes à collectionner, tout en conservant son activité tournant autour du jeu vidéo. Il s’agit en fait de calquer la recette de la relance d’EB Games, qui a permis à l’enseigne (forte de 185 magasins au Canada) d’enregistrer une hausse de près de 75 % des ventes de produits dérivés et de cartes l’an dernier. 95 % des boutiques seraient également bénéficiaires.
« Lorsque nous avons acquis EB Games Canada, notre première décision a été de redonner à l’entreprise une identité qui lui ressemblait davantage en ramenant la bannière EB Games », expliquent Stephan Tétrault et Jean-François Chenail. « Nous croyons que les grandes marques possèdent une histoire, une personnalité et une relation particulière avec leurs communautés. C’est cette même philosophie qui nous anime aujourd’hui avec Micromania. »
Des jeux… et surtout des produits dérivés
La feuille de route du nouveau Micromania va donc s’articuler autour de ces produits à forte marge, tout en réinventant « l’expérience magasin » – l’ouverture d’un nouveau magasin flagship proche de Paris est prévue dès le mois d’octobre. Les nouveaux propriétaires veulent également développer le marketing, améliorer « l’excellence opérationnelle », développer plus fortement le site internet et « créer une division événements pour développer des animations fortes dans les magasins ».
« C’est un immense privilège d’écrire le prochain chapitre de l’histoire de Micromania », se réjouit Stephan Tétrault. Le communiqué ne précise pas si des magasins vont fermer, ou si un éventuel plan social est à l’étude. « Nous arrivons avec énormément de respect pour les équipes qui ont bâti cette enseigne depuis plus de quarante ans », rassure le dirigeant. « Notre objectif n’est pas de changer son identité, mais bel et bien de conserver la marque Micromania et lui redonner toute sa force en revenant à ce qui a toujours fait son succès : des passionnés au service des passionnés. »
Le projet « demandera du travail et du temps », admet-il aussi. Sans attendre, le groupe annonce d’ores et déjà l’installation de distributeurs de cartes à collectionner dans une trentaine de centres commerciaux.
Quant à l’avenir du support physiques pour les jeux dans les boutiques « de brique et de mortier », il est « totalement sans importance », a affirmé Ryan Cohen, le directeur général de GameStop – l’ancien proprio de Micromania. « Le logiciel… c’était important autrefois », a-t-il expliqué à Bloomberg. « Aujourd’hui, [cela] représente moins de 12 % de l’activité, tandis que les produits dérivés en constituent plus de la moitié. » Un constat brut de fonderie, mais pragmatique. Et qui s’applique sans doute aussi à Micromania.
xAI, maison mère du réseau social X et du moteur d’IA générative Grok, poursuit en justice un homme de Caroline du Sud au motif qu’il aurait utilisé Grok pour créer du contenu représentant des agressions sexuelles sur mineurs (Child sexual abuse material, CSAM). L’homme, Terry Harwood, a été arrêté plus tôt dans l’année pour des faits d’exploitation sexuelle de mineurs.
D’après la plainte de xAI, déposée devant la cour fédérale texane, il aurait violé les conditions d’utilisation des services de la société, rapporte Reuters.
C’est, a priori, la première plainte de ce type déposée par une société éditrice de système d’IA générative contre l’un de ses utilisateurs. C’est aussi un type d’action tout à fait cohérent avec une pratique récurrente d’Elon Musk, patron de xAI. Homme le plus riche de la planète, il est connu pour tenter de régler nombre de ses conflits devant les tribunaux (quelquefois sans succès, comme dans l’affaire qui l’a récemment opposé au PDG d’OpenAI Sam Altman).
Si le profil de l’internaute visé peut expliquer la décision de le poursuivre en justice, la plainte a ceci d’étonnant qu’elle a été déposée alors même qu’Elon Musk a personnellement supervisé le tournant de plus en plus sexualisé des résultats de Grok.
Elle peut néanmoins faire office de démonstration de ses pratiques de modération, alors que la société est sous le coup de multiples enquêtes à travers le monde.
La plainte contient par exemple l’affirmation selon laquelle xAI a suspendu 52 222 comptes et soumis 73 604 alertes au Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) des États-Unis, alertes qui auraient « conduit à (au moins) 244 arrestations ».
La société accuse Terry Harwood d’avoir téléchargé des images non sexuelles d’adultes et d’enfants sur Grok pour générer des deepfakes pornographiques de ces différentes personnes. Elle l’accuse aussi d’avoir produit des images pornographiques non consenties d’adultes.
Les législations interdisant l’accès des sites pornos aux mineurs sont une mine d’or pour les VPN. L’Ofcom, le régulateur britannique du numérique, a ainsi constaté une forte augmentation du nombre d’utilisateurs de ces services outre Manche – et pour cause, ils permettent de contourner les dispositifs de vérification de l’âge, même si ce n’est pas leur vocation première.
Illustration : Flock
Depuis janvier 2025, en vertu de l’Online Safety Act, les sites pornographiques doivent mettre en place des systèmes de vérification de l’âge pour empêcher les mineurs d’accéder à leurs contenus. Une obligation élargie en juillet de la même année aux plateformes hébergeant du contenu pour adultes. Le mois suivant, 41 des 100 principaux sites pornos avaient mis en œuvre un tel dispositif.
Dans un bilan d’étape publié le 15 juillet (PDF), l’Ofcom fait le point sur l’utilisation et l’efficacité des dispositifs de vérification de l’âge. Son bilan s’appuie sur les six premiers mois d’application des obligations de protection pour les mineurs. Il analyse les pratiques de 32 sites pornographiques, réseaux sociaux et sites de rencontres.
Le régulateur a comptabilisé 2,2 millions d’utilisateurs quotidiens de VPN après l’entrée en vigueur des contrôles d’âge. Soit 1 million de plus qu’avant le 25 juillet 2025 (+ 83 %). L’Ofcom ne peut pas déterminer quelle part de cette progression est liée au contournement des vérifications de l’âge. Néanmoins, difficile de ne pas y voir une relation de cause à effet.
Pour vérifier son âge en ligne, il faut fournir une pièce d’identité ou des coordonnées bancaires, ce que tous les internautes ne sont pas nécessairement enclins à faire. Confier ces données personnelles aux plateformes ou à des services de vérification tiers peut se révéler problématique en cas de fuite de données. D’ailleurs, 38 % des jeunes utilisateurs de VPN invoquent la sécurité en ligne et la protection de leur vie privée.
Toujours selon le rapport, 25 % des Britanniques de 11 à 17 ans avaient utilisé un VPN aux cours des six mois précédant l’enquête menée en mars dernier. Une proportion qui monte à 31 % chez les 16 - 17 ans, contre 16 % chez les 11 - 12 ans. 5 % des mineurs interrogés par l’Ofcom disent avoir utilisé un VPN durant les six derniers mois pour accéder à du contenu destiné à des adultes, ou à des fonctions soumises à une limite d’âge.
Le régulateur indique aussi que 8 % des jeunes internautes de 8 à 14 ans ont visité un site porno sur un mois. La moitié de ces enfants n’ont visité que des sites dotés d’un système de vérification de l’âge, sans préciser s’ils avaient franchi ce contrôle ou accédé à du contenu.
62 % des enfants ayant visité un site pornographique avaient utilisé un moteur de recherche juste avant au moins une de ces visites, ce qui traduit une démarche volontaire plutôt qu’une découverte accidentelle, estime l’Ofcom. Les moteurs de recherche représentent environ 30 % de l’ensemble des points d’entrée vers ces sites. Google et Microsoft (Bing) ont accepté de travailler avec le régulateur pour développer des solutions concrètes afin de limiter la découverte de ce type de contenus.
Éclaboussé par un nouveau scandale lié à son assistant dédié au code, Grok Build, Elon Musk a promis mercredi 15 juillet qu’il publierait l’intégralité du code source de son réseau social X au terme d’un audit de sécurité. L’annonce intervient dans un contexte particulier en France, entre soutien indirect affiché par Musk à la candidature de Marine Le Pen et débat sur la notion d’ingérence intérieure soulevée par un rapport sénatorial consacré à la lutte contre les fausses informations.
Cette fois, juré craché, c’est la bonne. « Une fois notre analyse des vulnérabilités de sécurité terminée, nous rendrons l’intégralité du code source de X open source, sans exception », a déclaré Elon Musk sur son réseau social mercredi 15 juillet. Cet engagement fait suite à une découverte embarrassante, liée à la façon dont Grok Build, l’assistant IA développé par SpaceXAI (désormais maison-mère de Grok et de X) copiait sans prévenir des pans entier de projet sur des serveurs distants. L’entreprise en a minimisé la portée mais elle a reconnu un comportement problématique et assuré que l’on n’y reprendrait plus.
Des promesses non tenues ou exécutées de façon incomplète
C’est dans la foulée de cette première déclaration relative à Grok Build que Musk a poussé le bouchon un cran plus loin en promettant donc la libération complète du code de son réseau social. Et si l’on se permet un brin d’ironie, c’est que l’entrepreneur a formulé de nombreuses promesses de transparence accrue quant au fonctionnement de Twitter, devenu X, et toutes n’ont pas été tenues.
Avant même le rachat de Twitter en 2022, Elon Musk avait formulé la promesse de principe de rendre les algorithmes du réseau social open source pour « renforcer la confiance » dans le cadre de son discours sur la liberté d’expression. Au printemps 2023, il a renouvelé cette promesse, et mis en ligne un dépôt jugé incomplet et jamais actualisé par la suite. En parallèle, X a attendu deux ans après le rachat pour répondre à son obligation de publication d’un rapport de transparence sur les actions de modération tous les six mois, telle qu’exigée par le DSA.
La donne a un peu changé début 2026. Le 10 janvier dernier, Elon Musk a ainsi affirmé que l’ensemble de l’algorithme qui préside à l’affichage des messages sur X serait publié sous sept jours, puis actualisé toutes les quatre semaines. Le dépôt concerné a bien été mis en ligne le 20 janvier (avec trois jours de retard donc) mais le rythme d’actualisation est loin d’avoir été respecté, puisqu’il n’a été mis à jour que deux fois depuis, avec une dernière publication datée du 15 mai dernier.
Cette fois sera-t-elle la bonne ? La nouvelle promesse de Musk ne spécifie aucune date précise. Elle s’accompagne en revanche d’un engagement supplémentaire d’audit des systèmes de X pour contrôler que le code qui tourne en production est bien celui qui a été rendu public. « La confiance fondée sur une transparence totale est la seule chose à laquelle il faille croire », déclame l’entrepreneur.
Un engagement qui résonne dans le débat politique français
Au-delà du monde professionnel et de la communauté des développeurs qui utilisent Grok Build, cette volonté de transparence trouve un écho particulier dans le débat politique français, désormais tourné vers l’échéance électorale de 2027.
C’est à nouveau une déclaration publique de Musk qui a mis le feu aux poudres. Elle a été formulée tout juste six minutes avant le message annonçant la publication du code de X, et prend la forme d’un retweet.
À 13h49, Musk relaie un post émanant d’un compte commentant l’avance dans les sondages de Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, et l’accompagne du commentaire suivant : « Elle est le dernier espoir de la France ». 24 heures plus tard, le post affiche plus de 7 millions de vues.
Il a dans le même temps suscité une large couverture médiatique et de nombreuses réactions politiques. Moins d’une heure plus tard, le député de l’Essonne Antoine Léaument (LFI) a par exemple dénoncé « l’ingérence étrangère d’Elon Musk » dans l’élection présidentielle. « Les manipulations algorithmiques de l’élection font partie des risques pointés dans mon rapport parlementaire sur l’organisation des élections en France », s’est-il exclamé… sur X.
Sur X toujours, plusieurs comptes populaires prennent la défense d’Elon Musk et font valoir qu’il exprime un avis sur la situation du pays, et non une recommandation politique. Force est tout de même de constater que le premier ex-trillionnaire de l’histoire (SpaceX a perdu de sa superbe en bourse ces derniers jours) n’en est pas à son coup d’essai. Au printemps 2025, il avait déjà réagi à la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, en l’encourageant à se présenter en 2027.
Outre son soutien affiché à Donald Trump en 2024, Elon Musk encourage par ailleurs ouvertement, pour ne pas dire plus, les personnalités européennes de la droite populiste européenne, de Giorgia Meloni en Italie à l’AfD en Allemagne, en passant par Victor Orban en Hongrie. Plus récemment, Musk s’est illustré en reprenant les appels du militant d’extrême-droite Tommy Robinson et du parti nationaliste Restore Britain à manifester alors que Belfast était traversée par des émeutes.
Bien qu’il soit difficile de mesurer l’influence réelle de Musk au-delà du nombre d’affichages de ses posts sur X et des relais médiatiques, le Rassemblement national n’a pas manifesté d’enthousiasme excessif face à cette nouvelle manifestation de soutien. Interrogé sur France 2 jeudi matin, le vice-président du parti Sébastien Chenu a tenu à marquer une certaine distance. « On ne doit rien à Elon Musk, Elon Musk ne nous doit rien. Il fait ce qu’il veut », a-t-il déclaré, estimant que le milliardaire se contentait d’exprimer un avis qui ne formalisait aucun lien.
Controverse sur les risques d’ingérence intérieure
Le RN et Elon Musk risquent toutefois de se trouver des positions communes dans un autre débat français connexe : celui qui entoure le récent rapport sénatorial sur les zones grises de l’information, présenté le 9 juillet dernier. Dédié aux possibles évolutions de la régulation de l’information dans l’espace numérique, ce document de 155 pages dans sa version provisoire (PDF) formule 56 propositions.
La première suggère la création d’un observatoire indépendant de la désinformation, chargé notamment « d’inciter les plateformes à modifier leurs algorithmes ou à invisibiliser un utilisateur fautif en cas de menace grave pour la qualité de l’information à l’approche des élections ». Ce dispositif est présenté comme le pendant de Viginum (dédié à la lutte contre les menaces venues de l’étranger) pour « les manipulations de l’information d’origine interne » au pays.
« Plutôt qu’une agence d’État, il s’agirait d’un organisme ancré dans la société civile, par exemple un consortium de chercheurs indépendants, issus des sciences de l’information, de la science politique et de l’informatique, financé par des fonds publics attribués selon des critères transparents (via l’Agence nationale de la recherche (ANR) ou un mécanisme similaire), à l’abri de toute orientation donnée par le Gouvernement », décrivent les trois sénateurs (LR-PS-UC) en charge du rapport.
Ces précautions n’ont pas suffi à tarir un flot de critiques, incarné très directement par un communiqué de Marine Le Pen, lui aussi daté du 15 juillet. La présidente du RN y dénonce une « dérive sans précédent », qui conduirait selon elle à inventer un « délit d’opinion à la française » pour lutter contre une hypothétique « ingérence intérieure ».
L’ampleur prise par la polémique a conduit Agnès Evren, sénatrice LR de Paris et coautrice du rapport, à déclarer qu’aucune proposition de loi n’avait été déposée et qu’elle ne cosignerait ou ne voterait « jamais un texte qui viserait à restreindre la liberté d’opinion ou à instaurer une police de la pensée ». Elle souligne par ailleurs que le terme « ingérence intérieure », qui relève de l’oxymore et sur lequel se focalisent les critiques, ne figure pas dans le texte du rapport.
Elle rappelle enfin qu’une portion significative du rapport s’attache à la façon dont les grandes plateformes numériques pourraient servir d’instruments, volontaires ou non, à des tentatives de manipulation. Un point sur lequel l’éventuelle publication du code source de X ne changera pas totalement la donne, puisqu’il restera à Musk l’extraordinaire chambre d’écho de ses 240 millions de followers, de ses soutiens, et des reprises médiatiques qu’engendre la moindre de ses provocations.
L’aventure européenne et américaine de OnePlus a pris fin. Après des mois de rumeurs, la marque cesse de lancer de nouveaux produits sur ces marchés, se contentant de la Chine. La maison mère Oppo assure néanmoins que les appareils OnePlus en circulation continueront de recevoir des mises à jour logicielles, et que les garanties seront honorées.
Le OnePlus 15.
Fin de partie pour OnePlus en Europe et aux États-Unis. Le constructeur chinois de smartphones a annoncé une forte réduction de voilure, qui était attendue depuis un moment. Les nouveautés de la marque ne seront plus commercialisées sur ces marchés, mais le support après-vente reste en place, ainsi que la livraison de mises à jour logicielles.
Le service client reste « ouvert et réactif », conformément aux obligations de garantie et d’assistance. Les smartphones compatibles recevront ColorOS 17, la surcouche Android développée par Oppo, le propriétaire de OnePlus. Oppo et OnePlus ont commencé à se rapprocher en 2021, avec la fusion d’OxygenOS (la surcouche OnePlus) avec ColorOS. Néanmoins, les deux entreprises continuaient de vivre l’une à côté de l’autre, avec une base de code commune.
Aucune raison n’a été donnée pour expliquer ce retrait des marchés occidentaux. Bloomberg rapporte néanmoins que l’activité smartphones d’Oppo fait face à de sérieuses difficultés financières aux États-Unis, en Europe et en Inde. Sans oublier les préoccupations géopolitiques outre Atlantique.
Dans le cadre de cette restructuration, OnePlus devrait se recentrer sur son marché domestique chinois tandis que Realme, autre marque du groupe, pourrait de son côté se focaliser sur les marchés nordiques (Suède, Finlande, Norvège, Danemark) où elle rencontre davantage de succès.
OnePlus s’est lancée fin 2013. Emmené par Pete Lou, transfuge d’Oppo et Carl Pei – qui a depuis fondé Nothing –, le constructeur s’est rapidement bâti une belle réputation auprès des utilisateurs Android, avec des modèles au bon rapport qualité/prix. Le slogan de la marque, « Never Settle » (quelque chose comme « Toujours viser plus haut ») figure ironiquement dans l’annonce de la fin d’activité.
Depuis un peu plus d’un mois, un réseau social européen a fait son entrée sur le protocole AT, qui sert de colonne vertébrale à Bluesky. Next l’a testé et en a discuté avec l’un de ses architectes.
Le réseau social a 34 jours à l’heure de publier ces lignes. Il comptait 100 000 utilisateurs au bout de 26 jours d’existence. De mon côté, j’ai rejoint la troupe alors que la plateforme fêtait sa troisième semaine d’existence.
Dans l’idée d’européaniser un peu mes réseaux sociaux – et d’écrire une série d’articles qui débute avec celui-ci –, je suis allée un cran plus loin : j’ai déplacé toutes mes données sur Eurosky, la plateforme construite par la Modal Foundation. L’entité, qui gère aussi Mu, vise à fournir au public un compte unique lui permettant d’accéder à une foultitude d’applications reliées par une seule et même infrastructure : le protocole AT.
Si tous ces termes techniques vous collent des frissons d’angoisse, retenez pour le moment qu’un compte Eurosky vous permet d’accéder, depuis l’Europe et sans avoir à vous réinscrire 15 fois, à des services aussi divers que des applications de construction de site, des réseaux sociaux (type Mu), des services de code, de blog, de veille, etc. On vous en dira plus dans un prochain article. D’ici là, vous pouvez vous référer à tout cela en évoquant l’ATmosphere, à laquelle appartient aussi… Bluesky.
Mais revenons à nos mu-tons. Depuis quelques jours, j’observais une partie de la communauté Bluesky discuter de ce nouveau réseau social, Mu. Pourquoi changer encore de plateforme, alors que j’avais déjà dû fuir X, me créer un compte sur Bluesky, un autre sur Mastodon, bref, que je vis désormais dans une (relative) cacophonie de services ? « Il n’y a aucune obligation, répond à Next le vice-président de Modal, Robin Berjon. Vous aurez le même contenu et le même genre de réseau. En revanche, vous y gagnerez un ensemble de fonctionnalités supplémentaires », à commencer par le très inutile mais très satisfaisant petit chat qui court depuis deux semaines en bas de mon écran.
Là, il court partout. Mais quand il sera fatigué, il fera une sieste. / Mu, capture d’écran
L’interopérabilité en action
Surtout, le réseau est construit de telle sorte qu’il est possible de tester Mu sans abandonner son compte Bluesky. Vous voyez l’interopérabilité, ce terme barbare que professent certains défenseurs du numérique (comme la Quadrature du Net) depuis des années ? Très concrètement, c’est cela qu’elle permet : avoir un compte utilisateur quelque part, s’en servir pour accéder à une multitude de services construits par des gens différents. Ça permet aussi d’accéder au même contenu, produit par la même foule de personnes auxquelles, personnellement, je me suis abonnée depuis mon arrivée sur Bluesky, depuis l’interface de mon choix.
En l’occurrence, depuis un demi-mois, j’ai abandonné la plateforme grise et bleue de Bluesky pour adopter celle marron et rose (vous pouvez tout à fait modifier les couleurs dans les paramètres) de Mu. Avec un poticha en plus.
Si j’insiste sur le chat, c’est à la fois pour la blague et parce que ç’a fait l’effet d’un excellent coup marketing à l’échelle de la rédaction de Next. J’ai vu des gens en parler depuis Bluesky. Je me suis dit qu’il fallait que je teste. J’ai créé mon compte, j’ai été dans Paramètres / Companion (oui, de petits anglicismes subsistent) et voir ce petit être de pixel se promener sur mon écran m’a rendue excessivement heureuse. J’en ai parlé sur les réseaux (alors que j’aurais dû accorder toute mon attention à une réunion de rédaction, oups). Mes collègues l’ont vu : en moins de trois minutes, une bonne partie d’entre eux étaient en train de tester pour avoir, eux aussi, la satisfaction de voir un petit-chat-mignon sur leur écran.
Des vérificateurs de confiance par communauté
Plus sérieusement, cela dit, Mu propose quelques autres fonctionnalités différentes de celles de Bluesky. Ainsi de l’onglet « Actualités », accessible à gauche, sous la page d’accueil. « Pour le moment il est très basique, il ne prend en compte que quelques centres d’intérêt et une zone géographique, mais on travaille sur quelque chose de plus avancé, explique Robin Berjon. Quelque chose qui ressemble à un mélange entre les flux sociaux des journaux et le flux RSS d’un journal, en faisant apparaître les comptes des journalistes sur le côté, les commentaires des gens… »
Un peu plus développé, Mu recourt aussi à un système de vérificateur de confiance. Ici, pas de paiement ou de nombre d’abonnés à dépasser pour obtenir le coche des utilisateurs vérifiés. Au contraire, il faut plutôt compter sur les travaux de communautés spécifiques pour faire émerger une série de comptes vérifiés.
« L’idée, à terme, c’est d’avoir un Wikipedia de la vérification. » Sur Facebook ou Twitter, rappelle Robin Berjon, de premiers programmes de vérification ont émergé, sur lesquels les sociétés ont fait des efforts « dans un premier temps. Cela devait notamment servir à protéger contre les bots. Et puis ils se sont rendu compte que moins de bots, cela impliquait moins de vues, donc des statistiques publicitaires plus basses. » Sans parler du tournant très pécuniaire pris par X, sous l’impulsion d’Elon Musk. En déléguant à des communautés nationales, d’intérêts, de spécialités, le but est « d’empêcher que la vérification ne reste aux mains d’une seule société, qui puisse changer d’avis ».
Cliquer sur le coche de vérification d’un compte permet d’afficher les entités qui l’ont vérifié. / Mu, capture d’écran
Et de souligner que Medsky, une communauté dédiée à la santé, est par exemple très active dans la validation de « comptes crédibles de la communauté médicale ». En l’état, le système est « encore un peu trop centralisé », note cela dit Robin Berjon : rien n’empêche le compte La France sur Bluesky/Eurosky, qui a vérifié mon propre compte, de changer de politique du jour au lendemain, donc de minimiser la crédibilité de sa vérification. « Des communautés comme ATProto Belgique essaient de déporter cela, en créant des processus documentés, en fournissant une traçabilité de l’information qui permet à l’utilisateur de vérifier comment les décisions sont prises. » Une logique aussi ouverte, encore une fois, que celle qui anime Wikipedia.
Parmi les nouvelles fonctionnalités à venir, Robin Berjon cite la possibilité d’intégrer « des mini-applications, des mini-fonctionnalités, des petits jeux » directement dans Mu. Ou encore un chantier relatif à la vérification de l’âge. « On peut être partagés, considérer que ce type de décision politique n’est pas dingue. Mais comme ça semble arriver, autant le faire le moins mal possible. » En d’autres termes, les équipes de la Fondation Modal devraient réfléchir à un système aussi « respectueux de la vie privée et peu intrusif » que possible. De ces gros chantiers aux petits outils comme le chiffrage automatique du nombre de messages dans un thread, la plateforme promet sur son site web« des nouvelles choses toutes les semaines ».
Un réseau social (très) jeune
Au bout de quelques semaines d’usage, quelles critiques pourrais-je faire à cette version européenne de Bluesky ? Comme j’ai été jusqu’au bout de la démarche, c’est-à-dire que je ne me suis pas contentée de recourir à mon compte utilisateur Bluesky pour tester Mu, mais que j’ai déplacé mes données chez Eurosky, je tombe quelquefois sur un message d’erreur lorsqu’un collègue m’envoie un lien vers un message Bluesky.
À moi de déduire des éléments que j’y lis (je pars généralement du nom du profil) pour aller rechercher le message depuis mon compte Mu. Ce genre de désagrément « est voué à se résorber » au gré des travaux sur Mu, indique Robin Berjon. Ce matin, j’ai aussi vécu l’étrange expérience de voir ma photo de profil remplacée par la sienne – j’avais visiblement traîné un peu trop longtemps sur son profil le temps d’écrire cet article. Bref, Mu est jeune, et encore un peu brouillon par endroits.
J’ai changé / Mu, Capture d’écran
Mais ces petits désagréments n’empêcheront probablement pas les geeks de tous poils d’observer avec bienveillance l’évolution rapide de la plateforme. Y compris sur la question des petits chats. Puisqu’évidemment, il a fallu que des amateurs de chiens (ces gros jaloux) s’en mêlent. Depuis quelques jours, la palette des animaux compagnons s’est donc élargie. Jugez-en par vous-même :
Paramétrage de l’animal compagnon sur Mu / Capture d’écran
Si vous préférez les paillettes, Mu a déjà un concurrent très très très Y2K (années 2000, pour nos vénérables lecteurs qui seraient perdus) : twinkl social. Je vous laisse sur une capture d’écran, mais je vous en parlerai un peu plus dans un prochain article.
Des paillettes et du glitter, svp / Capture d’écran du fil principal sur Twinkl.social