Le lancement le mois dernier des aperçus IA dans les résultats d’une recherche Google est resté au travers de la gorge de l’Alliance de la presse d’information générale. L’organisation a saisi l’Autorité de la concurrence pour obtenir des négociations sur la rémunération des contenus de presse indispensables à ces nouveaux services IA.
Les éditeurs de presse ont été mis « devant le fait accompli », affirme l’Alliance de la presse d’information générale, qui compte dans ses rangs les grands titres de la presse nationale et régionale. Google a lancé ses aperçus IA et le mode IA en France le 22 juillet, deux ans après les États-Unis, « avant l’ouverture d’une négociation transparente et de bonne foi », affirme l’Alliance.
L’organisation a décidé de saisir l’Autorité de la concurrence pour faire respecter les engagements pris en 2022 par Google : le géant du web s’engageait alors à négocier « de bonne foi, de transparence et de non-discrimination ». Cela faisait suite à une amende de 500 millions d’euros infligée par l’Autorité pour non-respect des obligations de négociations. Ces engagements sont valables jusqu’en 2027.
Des sous pour exploiter les articles
Pour l’Alliance, le compte n’y est pas. Elle dénonce « le déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération dédiée ». Le Figaro indiquait fin juin que Google prévoyait d’intégrer ces fameux aperçus IA aux accords passés avec les éditeurs concernant les droits voisins. Il s’agit d’une rémunération versée aux éditeurs en échange de l’utilisation faite des contenus de leurs publications dans les services du moteur de recherche.
Néanmoins, aucun accord collectif sur les aperçus IA n’a été annoncé. L’Alliance précise que Google a simplement proposé une « simple actualisation du contrat de licence existant ». Les éditeurs ont toujours la possibilité de refuser l’exploitation de leurs articles par ces aperçus générés par IA, mais ils estiment que « ce retrait technique [entraîne] une perte de visibilité ».
Dans une décision remontant au 8 juillet, l’Autorité de la concurrence prononçait quatre injonctions conservatoires contre Meta après une saisine de l’Alliance. Benoît Cœuré, le président de l’institution, avait alors déclaré à cette occasion que « les contenus protégés qui seraient utilisés par AI Overviews doivent faire l’objet d’une rémunération au titre du droit voisin ».
Les membres de l’Alliance se disent disposés à alimenter ces nouveaux services IA et accompagner les usages, mais « dans un cadre équilibré fondé sur une autorisation négociée et une rémunération à la mesure de la valeur que leurs contenus permettent de créer ». Les contenus produits par ces publications ont « une valeur considérable », rappelle Marc Feuillée, président de l’Alliance. Il ajoute : « Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige. »
Les prix des ordinateurs n’en finissent plus de grimper en raison de la crise de la mémoire, mais voilà que Microsoft n’arrange pas la situation. Certains constructeurs de PC auraient en effet subi une hausse importante des frais de licence OEM pour Windows, selon le site taïwanais UDN.
Chaque année, Microsoft augmente le coût de la licence, qui permet aux fabricants (ASUS, Acer, Dell, HP, Lenovo, etc.) de commercialiser des PC fonctionnant sous Windows. Mais habituellement, la hausse est de quelques pourcents. Depuis juillet, le relèvement tourne en moyenne entre 7 à 10 %.
Le prix de la licence varie en fonction de nombreux critères, parmi lesquels la taille du constructeur, le volume d’unités, le type de licence voulue, le marché visé, le pays, la catégorie de machines, et bien sûr les conditions négociées dans le contrat. Les grands OEM peuvent bénéficier d’une remise liée à un engagement sur les volumes.
Le coût de la licence est en partie facturé au client final, mais le constructeur peut en absorber une partie en rognant sur ses marges. Mais voilà, avec les prix de plus en plus élevés pour la RAM et les SSD, ces marges sont prises d’assaut, en particulier sur l’entrée de gamme. La problématique est la même que sur les smartphones bon marché.
Au bout du compte, ce n’est pas la licence OEM de Windows qui va plomber les comptes, mais bien plutôt ces mémoires toujours plus chères. Microsoft pourrait jouer la carte de l’opportunisme ici, pour faire passer une hausse plus élevée qu’à l’accoutumée.
À la hausse des prix de la licence OEM s’ajoutent celles des abonnements professionnels pour Microsoft 365. Elles avaient été annoncées en décembre dernier, pour une mise en œuvre à partir du 1ᵉʳ juillet. Les augmentations varient entre 8 et 33 % pour les différentes formules de la suite, exception faite d’Office 365 E1 qui reste à 10 dollars. Pour les abonnements Microsoft 365 destinés au secteur public, eux aussi ont subi une hausse comprise entre 5 et 13 %, sauf là encore pour la formule E1 d’Office 365.
Tout cela ne va pas aider le marché du PC à sortir la tête de l’eau. Counterpoint Research a ainsi calculé qu’au second trimestre, les livraisons de PC ont reculé de 4 %, seuls Asus (+ 4 %) et Apple (+ 13 %) tirant leur épingle du jeu. Cette baisse intervient après cinq trimestres consécutifs de hausse. Face à la flambée des coûts de la mémoire, les constructeurs n’ont pas d’autre choix que d’augmenter le prix de leurs produits, ce qui a un impact sur les consommateurs sensibles aux prix. La maison d’analyses retient néanmoins que la demande dans le secteur commercial devrait rester stable car elle est portée par le cycle de renouvellement lié à la fin du support de Windows 10.
Considérés par la Commission européenne comme de très grandes plateformes en ligne, ces trois sites pornographiques sont contraints par le DSA de rendre un rapport d’audit régulièrement. Une étude scientifique estime que ces rapports manquent de transparence et qu’ils oublient d’évoquer les libertés en jeu.
Malgré leurs propres estimations très basses du nombre de leurs utilisateurs, la Commission européenne a considèré en décembre 2023 que Pornhub, Stripchat et XVideos sont de très grandes plateformes en ligne au titre du DSA (le règlement sur les services numériques). À ce titre, elles doivent régulièrement rendre publics des rapports d’évaluation des risques qui remplissent surtout une « conformité symbolique », selon une étude scientifique. Précisons que, depuis, StripChat a été enlevé de la liste.
Ces rapports doivent évaluer les risques systémiques qui découlent de leur conception et de leur fonctionnement, les plateformes doivent aussi mettre en place des « mesures d’atténuation raisonnables, proportionnées et efficaces, adaptées » tout « en tenant compte en particulier de l’incidence de ces mesures sur les droits fondamentaux » (articles 34 et 35 du règlement).
La Commission européenne liste les différents rapports des VLOPS et VLOSE (très grandes plateformes/très grands moteurs de recherche) sur cette page. Remarquons que Xvideos a déménagé certains de ses rapports dont les liens répertoriés par la Commission sont, pour les plus anciens, caduques. Une page du site pornographique les liste. Pour les deux autres plateformes, les liens répertoriés par la Commission sont toujours valides.
Les chercheuses Isotta Rossoni et Carlotta Rigotti de l’université de Leiden (Pays-Bas) et leur collègue, Nicola Döring de l’université Ilmenau (Allemagne), ont analysé les 217 pages des rapports 2025 de ces trois plateformes et publié leur étude dans la revue scientifique Porn Studies.
Les rapports de la plateforme XNXX, désignée un peu plus tard comme une très grande plateforme en ligne en juillet 2024, ne font pas partie de l’analyse. Étonnamment, les chercheurs affirment que XNXX n’a pas encore publié de rapport alors qu’on peut les trouver en lien sur le site de la Commission.
Une opacité méthodologique
Alors que le DSA a pour but d’augmenter la transparence des plateformes, l’étude explique que, de fait, « l’opacité méthodologique [des rapports] compromet la vérifiabilité [de leurs] conclusions ». Les chercheuses et chercheur ajoutent que leur « imprécision conceptuelle fausse l’identification et l’évaluation des risques ». Les évaluations ayant été faites essentiellement en interne aux plateformes, ils pointent le manque de « diversité épistémique nécessaire à une gouvernance des risques efficace ».
Concernant la violence de genre, l’étude souligne que les trois plateformes restreignent ce risque à la diffusion non consensuelle de contenus à caractère sexuel (appelée souvent « revenge porn »), oubliant de prendre en compte les risques concernant les violences contre les femmes en général et les violences conjugales. « En axant si fortement leur identification des risques sur cette seule catégorie, les plateformes en ligne sous-estiment non seulement l’ampleur des préjudices liés au genre que leurs services peuvent favoriser, mais elles restreignent aussi implicitement la portée des obligations de prévention auxquelles elles sont tenues de se conformer », expliquent les chercheuses et chercheur.
Des problèmes de définition
Isotta Rossoni, Carlotta Rigotti et Nicola Döring pointent aussi la mauvaise définition de Stripchat concernant la traite des êtres humains qui la caractérise comme « le fait d’impliquer de force des modèles contre leur gré et d’en tirer un revenu grâce à Stripchat ». Cette définition « confond des activités distinctes et omet les actes, moyens et finalités spécifiques requis par les définitions juridiques établies », expliquent-ils renvoyant à la directive de l’Union européenne sur le sujet.
Concernant le rapport d’Aylo (la maison mère de Pornhub), l’étude met en avant la mauvaise prise en compte des risques des deepfakes. En effet, ce rapport considère que les spectateurs ne sont affectés par les contenus « deepfake » que lorsqu’ils reconnaissent la victime-survivante. Ce qui « ne reflète ni la littérature établie sur les abus sexuels par le biais d’images, ni la logique élémentaire du risque, puisque les préjudices causés par les images intimes synthétiques non consensuelles ne dépendent pas de la reconnaissance de la victime », explique l’étude citant des recherches (ici et là).
Xvideos en prend aussi pour son grade puisque son rapport s’appuie sur une catégorie des « contenus problématiques » « sans autre précision, [mélangeant] des critères juridiques, éthiques et moraux d’une manière qui obscurcit, plutôt que d’éclairer, la nature et la gravité des risques sous-jacents ».
Les chercheuses et chercheur soulignent que ces problèmes de définition ne sont pas de « simples préoccupations théoriques ». « Comme le souligne depuis longtemps l’épistémologie féministe, les catégories de préjudice ne sont jamais neutres : elles codifient des points de vue particuliers, rendent certaines expériences lisibles tout en en occultant d’autres, et répartissent ainsi la protection de manière inégale », expliquent-ils.
Une sous-évaluation systématique des problèmes… et un oubli des droits des acteurs et des créateurs de contenus
Autre problème : les trois plateformes pornographiques sous-évaluent systématiquement la gravité des problèmes : « les risques de gravité élevée sont systématiquement reclassés en risques moyens ou faibles sur la base des mesures d’atténuation existantes, sans vérification indépendante de l’efficacité de ces mesures ». Ainsi, par exemple d’Aylo, qui classe en risques lointains ou improbables le matériel pédocriminel et les discours de haine, alors que, « malgré leur gravité critique », ils « se retrouvent à des degrés divers sur les trois plateformes ». Les chercheurs y voient ici une confusion entre l’existence d’une mesure de protection et son efficacité avérée, en contradiction avec des recherches existantes montrant l’existence de ces problèmes.
Surtout, les autrices et auteur soulignent que les trois plateformes « abordent la gouvernance des contenus à caractère sexuel et liés au genre presque exclusivement sous l’angle de la prévention des dangers, tout en passant largement sous silence les libertés en jeu, à savoir les droits des acteurs et des créateurs de contenus à produire et à partager de manière consensuelle des contenus à caractère sexuel sans ingérence discriminatoire ou disproportionnée, ainsi que le droit des utilisateurs d’accéder à ces contenus en tant qu’expression de leur autonomie sexuelle ».
« Ce silence n’est pas politiquement neutre », soulignent-ils : « En présentant la gestion des contenus à caractère sexuel principalement comme un problème de protection de l’enfance et de violence de genre – aussi importantes que soient ces préoccupations –, ces évaluations, ainsi que le discours réglementaire et public plus large qu’elles reflètent, reproduisent une asymétrie dans laquelle les préjudices découlant de la présence de contenus illégaux ou préjudiciables sont identifiables et donnent lieu à des mesures concrètes, tandis que ceux générés par la conception hégémonique masculine et hétéronormative des plateformes restent invisibles et ne sont pas pris en compte ».
Les chercheurs ajoutent qu’aborder ces sujets « n’implique pas de devoir choisir entre la protection des utilisateurs contre tout préjudice et la protection de leur liberté d’exercer leur autonomie sexuelle ».
L’équipe estime néanmoins que « les documents de conformité de première génération sont rarement exemplaires : il s’agit, par nature, de points de départ itératifs » et espèrent que les plateformes vont améliorer leurs rapports, en s’appuyant notamment sur cette étude.
L’histoire repasse les plats. Aptoide, la boutique d’apps Android, est de retour dans le Play Store plus de 15 ans après en avoir été retirée. Il restait possible d’installer le magasin alternatif mais en sideloading, en téléchargeant l’APK de l’application puis en l’installant à la main.
Les choses ont cependant bien changé depuis pour la plateforme mobile de Google. Suite à la défaite du géant du web face à Epic Games, le Play Store a revu son fonctionnement de fond en comble : la boutique officielle peut distribuer ses concurrents via le programme Play Catalog Access. Et Aptoide profite donc de l’occasion pour être la première du genre à en profiter, pour le moment aux États-Unis.
Aptoide est une boutique spécialisée dans les jeux. Créée en 2009, elle compte 25 millions d’utilisateurs actifs chaque mois, et son catalogue contient plus de 400 000 applications Android. « Les utilisateurs bénéficient de plus de choix, les développeurs disposent de nouvelles opportunités de distribution, et Android devient un écosystème plus ouvert et plus concurrentiel », se réjouit Paulo Trezentos, cofondateur et directeur général d’Aptoide.
Pour la boutique, cette ouverture du Play Store à la concurrence réduit les obstacles à la distribution d’applications. Aptoide estime que sa présence sur la boutique officielle, et celle à venir d’autres magasins, seront de nature à « encourager l’innovation (…) tout en élargissant les opportunités pour les développeurs qui recherchent des alternatives à un canal de distribution unique. »
Aptoide entend aussi préserver la sécurité des utilisateurs. L’entreprise affirme avoir, ces quinze dernières années, renforcé et sécurisé ses infrastructures, notamment dans la détection de malwares, l’examen et la validation des apps, la vérification des développeurs et la détection d’applications malveillantes avant qu’elles soient distribuées. Il vaudra mieux éviter la redite de la fuite de données de 2020, qui avait exposé les informations de 20 millions de comptes…
Le programme Play Catalog Access, ouvert le 22 juillet, ne concerne que les États-Unis. Pour le reste du monde, Google propose le Registered App Stores qui simplifie le sideloading pour les boutiques tierces répondant à des critères de qualité et de sécurité. Ce programme sera lancé d’ici la fin de l’année. Dans la crémerie d’en face, c’est-à-dire sur iOS, Aptoide fait partie des boutiques alternatives à l’App Store que les utilisateurs européens peuvent installer sur leurs iPhone.
Le mois dernier, à l’occasion de l’énième amende infligée à Google, la Commission européenne a indiqué qu’elle allait étudier les changements annoncés par l’entreprise pour déterminer la suite du dossier sur les restrictions imposées aux développeurs dans le Play Store.
Le prix de la mémoire explose à cause de la pénurie. Certains augmentent les prix et/ou baissent la quantité de mémoire vive. C’est le choix fait par Synology avec ses NAS « neo+ » qui laisse tomber la mémoire ECC et sont tous livrés avec 4 Go par défaut. Reste une inconnue de taille : le prix.
Cela faisait longtemps que Synology n’avait pas annoncé de nouveaux NAS, c’est chose faite avec carrément une nouvelle gamme « neo+ ». Dans son communiqué, le fabricant la présente comme ayant « une configuration de mémoire plus accessible, permettant aux clients d’équilibrer facilement performances et budget ».
4 Go de mémoire non-ECC pour tous les NAS « neo+ »
Quatre références sont proposées : les DS725neo+, DS925neo+, DS1525neo+ et DS1825neo+. Tous disposent de 4 Go de mémoire vive de type DDR4 SO-DIMM non-ECC, et c’est le seul changement par rapport aux DS725+, DS925+, DS1525+ et DS1825+.
Les deux premiers (DS725+ et DS925+) ont également 4 Go de DDR4, mais de type ECC avec de la correction d’erreur. Les DS1525+ et DS1825+ proposent pour leur part 8 Go de DDR4 SO-DIMM, également en ECC.
Pour l’ensemble des NAS « neo+ » et « + », la mémoire installée prend la forme d‘une barrette installée dans un des deux emplacements. Au total, jusqu’à 32 Go de mémoire peuvent être installés avec 2x 16 Go (les deux barrettes doivent dans tous les cas être identiques).
Comme c’est le cas depuis longtemps maintenant, Synology ne joue pas vraiment la carte de l’ouverture : « Aucune garantie produit ni assistance technique ne sera fournie par Synology si un module de mémoire non Synology est utilisé pour l’extension de mémoire », peut-on lire dans le manuel du DS725neo+ (.pdf).
Les NAS « neo+ » peuvent recevoir de la mémoire ECC si vous le désirez, mais attention : mélanger ECC et non-ECC n’est pas officiellement supporté par le NAS. La mémoire ECC avec correction d’erreur est notamment recommandée si vous utilisez le système de fichiers Btrfs sur votre NAS.
Même Soc, même chassis, même connectique, même fiche produit…
Pour le reste, rien ne bouge entre un DSxxxneo+ et un DSxxx+ : même châssis, même configuration matérielle – AMD Ryzen R1600 (2C/4T) sur les DS725(neo)+ et Ryzen V1500B (4C/8T) sur les autres –, même connectique, etc.
Ce sont tellement les mêmes modèles que le constructeur ne propose même pas de fiche produit dédiée, elle est commune entre les « neo+ » et les « + », comme ici pour les DS725+/DS725neo+.
Prix et dispo ? Circulez, il n’y a rien à voir…
Reste maintenant « la » question : quels sont les prix de ces modèles « neo+ » et sont-ils compétitifs face aux « + » ? La réponse est… aucune idée. Synology ne donne aucune indication sur les tarifs ni sur la disponibilité.
On remarque d’ailleurs que Synology n’a publié de communiqué d’annonce de cette gamme que dans quelques régions en Afrique et dans le Middle East. En France, aucun revendeur ne propose (pour le moment ?) de NAS « neo+ ».
Nous vous l’expliquions il y a quelques semaines, la réalité vient le démontrer : en période de canicules, l’approvisionnement en électricité peut devenir une gageure jusque dans un pays à la production excédentaire, comme la France.
À l’échelle de la planète, la température des océans a dépassé le mois dernier un record de chaleur. À celle de l’hexagone, nous entrons ces jours-ci dans un nouvel épisode anormal de chaleur, la cinquième canicule depuis le début de l’été. Résultat : le réseau électrique a dépassé son propre record de réacteurs indisponibles.
Sur les 57 réacteurs français, rappelle Libération, 15 se situent en bord de mer et 42 en bord de fleuve ou de rivière : l’eau fraîche est essentielle pour refroidir les installations. Face à la baisse de leur débit, aux seuils légaux de température maximale des rejets des centrales, fixés pour préserver la faune et la flore, EDF a successivement arrêté, depuis juin, des réacteurs à Bugey (Ain), Nogent-sur-Seine (Aube), Golfech (Tarn-et-Garonne), Chooz (Ardennes) et Cattenom (Moselle), en plus de réduire temporairement la puissance de plusieurs autres.
Les 14 et 15 juillet, 9,4 GW de sa production habituelle étaient indisponibles, soit 15 % de la capacité totale du parc nucléaire français, qui est de 63 GW. Toujours selon nos confrères, « toutes causes confondues » la disponibilité réelle était aux alentours de 40 GW.
Illustration : Flock
Cette baisse n’a pas menacé l’équilibre du réseau national, grâce à une production globalement suffisante (29,7 TWh générés en juillet 2026). Grâce au photovoltaïque, qui a produit jusqu’à plus de 30 % de l’électricité hexagonale pendant certaines heures de juillet, le pays est même resté exportateur.
À l’heure où certaines industries démultiplient leur consommation énergétique, en revanche, la situation illustre les difficultés du parc nucléaire français face à l’accélération des modifications climatiques. D’ici 2050, RTE prévoit en effet que les risques d’indisponibilité puissent augmenter « d’un facteur deux à trois ».
Plus largement, cela vient illustrer les failles de l’approvisionnement énergétique d’un secteur comme celui de l’intelligence artificielle, qui se tourne ouvertement vers le nucléaire depuis quelques années.
Meta reprend son bâton de pèlerin pour les poids ouverts, après l’avoir perdu suite au flop de Llama 4. Muse Glimmer est un nouveau modèle IA de 30 milliards de paramètres, installable sur un ordinateur personnel (assez costaud tout de même), assorti d’une licence open source permissive.
En publiant la première version de Muse Spark au mois d’avril, Meta changeait son fusil d’épaule sur la diffusion de son nouveau LLM : les poids ouverts de Llama laissaient la place à la fermeture d’un modèle propriétaire. Le débat autour de Kimi K3 et des modèles chinois à poids ouverts que Washington voudrait brider a poussé une bonne partie du secteur de l’IA à soutenir ce type de distribution.
Meta a retrouvé au fin fond d’un placard poussiéreux son costume de chevalier blanc des poids ouverts avec Muse Glimmer. Ce nouveau modèle est en effet distribué sous licence Apache 2.0, une licence open source standard, permissive, beaucoup plus familière aux développeurs et aux entreprises que ne l’étaient les licences spécifiques de Llama. Le modèle est disponible sur Hugging Face, on trouvera aussi une documentation technique à cette adresse.
Un modèle à installer chez soi (sur une bonne bécane)
Glimmer est un modèle de 30 milliards de paramètres qui peut être installé sur un ordinateur du commerce – oubliez le petit portable Windows avec 4 Go de RAM, il faudra plutôt un Mac haut de gamme (Meta publie des benchs réalisés sur des MacBook Pro M4 Max et M5 Max) ou un PC équipé d’un GPU puissant (RTX 5090), avec idéalement 24 à 32 Go de mémoire GPU ou unifiée. « Le modèle est suffisamment rapide pour permettre une conversation fluide et une interaction en temps réel avec un agent, le tout entièrement exécuté sur votre appareil », affirme Meta.
La version quantifié en 4 bits descend sous les 20 Go, mais il faut aussi de la marge pour le cache, l’encodeur image et le modèle de décodage spéculatif. En mode « full precision », Glimmer requiert plus de 55 Go de mémoire. Évidemment, rien n’empêche d’installer Glimmer sur un serveur distant, mais là on ne parle plus d’un fonctionnement en local.
Dans le secteur des modèles de 30 milliards de paramètres, Muse Glimmer se défend bien à en croire les benchmarks publiés par Meta. Sur les tests agentiques, le modèle de Meta est souvent devant : MCP Atlas 75,5, contre 54,2 pour Gemma et 62,5 pour Qwen ; DeepSearch QA affiche un score de 74,6, devant les deux autres ; GAIA2 43,3, devant Gemma et Qwen. En codage aussi, Glimmer se montre très solide. En revanche, sur le multimodal, Qwen peut passer devant dans certains benchs.
L’avantage est marqué pour les tâches agentiques, la recherche multi-étapes et les tests de codage. Le modèle n’est pas systématiquement premier en tout, mais il a été optimisé pour un usage précis : faire tourner des agents en local qui peuvent utiliser des outils, coder et mener des tâches longues. Glimmer sera suivi dans quelques semaines de la publication des poids de Muse Spark 1.2, son modèle lancé la semaine dernière dans la foulée de l’offensive de Meta sur les outils pour développeurs.
Le manifeste de Zuckerberg
Mark Zuckerberg a profité de l’occasion pour publier un très long manifeste techno-libertarien sur les capacités mirifiques de l’IA générative, dans la droite ligne de la nouvelle campagne de com’ hors sol de Meta. Le patron de l’entreprise vante une fois de plus sa vision d’une « superintelligence personnelle », distribuée aux individus plutôt que concentrée entre les mains de quelques entreprises (un digest vidéo est visible ici).
Illustration : Flock
Pour le milliardaire, la principale contribution de la « superintelligence » ne sera pas de remplacer les travailleurs, mais d’aider les gens à créer : entreprises, produits, traitements médicaux, contenus, logiciels, ou encore recherches scientifiques. Un plaidoyer intéressant, sachant ce que Meta fait de son IA sur ses réseaux sociaux : un générateur de slop et de désinformation.
En attendant, il faut implanter des datacenters. L’entreprise promet des retombées locales sur l’emploi, la formation, les services publics, l’eau, les infrastructures. Le fonds « Future Is For Everyone » que Meta vient de lancer sera abondé à hauteur d’1 milliard de dollars pour soutenir les communautés affectés par l’installation de ces centres de données.
Le dirigeant s’oppose aux discours de certains acteurs de l’IA qui affirment qu’elle est dangereuse, tout en voulant cloisonner cette technologie. Pour Zuckerberg, qui rejette l’idée d’une « superintelligence bienveillante unique », le scénario du pire serait une IA contrôlée par une poignée d’institutions.
Ce qui nous amène directement à Glimmer. Le dirigeant estime que l’open source est une force positive contre la centralisation, et que ce serait une erreur de restreindre cet écosystème (clin d’œil appuyé vers la Maison-Blanche). S’il soutient les contrôles à l’exportation sur les puces, il ne manque pas de critiquer les règles ralentissant les entreprises américaines du secteur, ou qui limiteraient trop l’usage des données, de la distillation et des modèles étrangers open source.
Depuis des années, des femmes alertent sur les actes et le fonctionnement d’Andrew Tate et de son frère, Tristan. L’influenceur a gagné en visibilité et son modèle s’est répandu le long d’une décennie pendant laquelle ni les systèmes judiciaires, ni les médias n’ont su analyser le risque à sa juste valeur. Son idéologie essaime pourtant, jusqu’en France.
Après s’être exfiltrés de la Roumanie vers les États-Unis avec le soutien probable du camp Trump, voilà que les frères Tate ont été arrêtés en perspective d’une extradition vers le Royaume-Uni. En cause ? Andrew et Tristan Tate doivent répondre de 59 chefs d’accusation concernant sept victimes différentes. Distinctes, des poursuites pour traite présumée d’êtres humains restent ouvertes en Roumanie.
Douze ans après les premières plaintes déposées outre-manche contre les deux frères, la question de la facilité avec laquelle ceux-ci, Andrew en particulier, ont atteint le succès qu’on leur connaît demeure. À moins qu’elle ne s’explique par une double faillite judiciaire et médiatique, avance Daily Wire.
De fait, Andrew Tate a exprimé lui-même l’impunité dont il jouissait : « J’exploite une société abîmée, a-t-il par exemple lancé dans un échange en ligne. Je l’utilise à mon avantage. C’est grâce à elle que je gagne de l’argent avec des actrices webcams. C’est grâce à elle que j’ai de multiples petites amies. Je me tire d’un paquet de conneries dont je ne devrais pas me tirer. » Cette vantardise au sujet d’actions répréhensibles est récurrent : peu de temps avant d’être poursuivi par les autorités roumaines, il s’était vanté d’avoir cassé la mâchoire d’une femme dans un bar, et de mener son business de webcam comme une « arnaque totale », attirant des femmes en les faisant tomber amoureuses de lui.
Faute de réactions suffisamment critiques, l’influenceur a gagné au fil des ans une popularité toujours croissante, tirant profit sonnant et trébuchant de son partage d’expérience. Concrètement, au-delà de leur business de proxénètes en ligne, Andrew Tate et son frère se rémunèrent depuis des années de la promotion d’idées violentes sur les réseaux sociaux et du partage de formations pour les imiter.
Plus de dix ans d’illégalité… et d’une cote médiatique et politique toujours plus haute
Pour mieux se représenter le parcours de l’aîné des frères Tate, il faut remonter au début de la décennie précédente. D’abord kickboxer, impliqué dans diverses affaires de drogue, puis gestionnaire d’une affaire de webcam pornographique, Andrew Tate a gagné une audience plus grand public lorsqu’il a fait de la détestation des femmes un fond de commerce assumé.
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Après y avoir beaucoup investi ces dernières années, Spotify est devenu une place forte du secteur du podcast. Mais sa dernière expérimentation risque de braquer une partie du secteur : la plateforme teste auprès de certains abonnés Premium un bouton permettant de sauter d’un geste les tunnels de publicités, promotions et messages sponsorisés.
Spotify propose régulièrement de nouvelles fonctions auprès d’une poignée de testeurs qui peuvent, si elles sont appréciées, se déployer auprès de tous. La dernière expérimentation du service, visible aux États-Unis et au Royaume-Uni, pourrait bien séduire les abonnés mais « détruire l’industrie du podcast », comme le dénonce Tommy Vietor, cofondateur du réseau Crooked Media.
Un bouton anti-pubs pour les podcasts
Il s’agit d’un bouton « Skip Ahead » qui s’affiche sur l’écran de lecture d’un podcast, ainsi que le décrit Podnews. Il apparait au début des intros, promotions, pubs et autres contenus sponsorisés et, comme son nom l’indique, le bouton permet de passer les sections d’un podcast (audio ou vidéo) que personne ne veut réellement écouter ou regarder.
Image : Podnews
Cette nouveauté peut être présentée comme une simplification d’une fonction déjà existante, à savoir le bouton d’avance de 15 secondes qui sert effectivement à beaucoup d’utilisateurs à éviter les annonces. Mais il est évidemment beaucoup moins efficace et précis qu’un bouton spécifiquement conçu pour sauter l’ensemble d’un tunnel de pub.
Spotify a confirmé l’existence de ce test : « Nous explorons des moyens de rendre l’écoute et le visionnage de podcasts plus intuitifs pour les abonnés Premium, en nous appuyant sur la façon dont les gens utilisent la plateforme, avec pour objectif d’aider les auditeurs à passer plus de temps à apprécier les podcasts. » Pour le moment, ce bouton n’apparait que lorsque l’app est au premier plan.
Comme sur de nombreux sites web qui usent et abusent de l’affichage de publicités, certains podcasts se montrent très gourmands : Podnews déplore ainsi ces épisodes qui débutent par huit minutes de réclames. Aucun auditeur ne veut encaisser un tel tunnel… En particulier les abonnés Premium à Spotify, qui ont payé pour ne pas avoir à subir de pub durant l’écoute de musique. Un avantage qui ne concerne pas les podcasts.
La fonction « Skip Ahead » permet aussi de zapper les pubs dans les podcasts monétisés par Spotify. Les huit minutes de messages de l’émission citée plus haut sont d’ailleurs fournies par Megaphone, une plateforme d’hébergement et de monétisation détenue par… Spotify. Les autres régies pub, comme Acast ou Audacy sont également touchées.
Une étude Podnews a révélé que moins de 10 % des pauses publicitaires sont réellement sautées aujourd’hui. L’enjeu n’est pas seulement que les auditeurs puissent zapper ces messages, mais que Spotify rende le geste bien plus simple, visible et presque encouragé.
Pour une grande partie de l’industrie, ce bouton est une menace existentielle : la publicité représente en effet le modèle économique de bon nombre de podcasts, d’où le coup de gueule de Tommy Vietor. La valeur réelle des annonces baisse au fur et à mesure que les auditeurs les sautent. Les annonceurs pourraient donc se détourner des podcasts s’ils déterminent que leurs publicités ne sont écoutées par personne.
Image : OP3
Des chiffres d’OP3 indiquent que Spotify représente globalement 25,6 % de tous les téléchargements de podcasts, avec une différence marquée sur les marchés émergents où la plateforme domine très largement dans ce domaine. Une généralisation de ce bouton pourrait avoir un impact massif pour l’ensemble de la filière du podcasting.
En privé, Spotify aurait tenté d’apaiser les inquiétudes des grands réseaux de podcasts, selon Semafor. Le service de streaming numéro 1 dans le monde insisterait ainsi sur le fait que ce bouton renforce l’écoute globale et améliore l’engagement des auditeurs avec les contenus des podcasts. Le bouton inciterait en fait les utilisateurs à écouter les émissions plus longtemps.
Le secteur pourrait aussi décider de faire pression sur Spotify. YouTube est un concurrent redoutable, et Apple s’est lancée dans une offensive de charme auprès des podcasteurs après avoir perdu beaucoup de parts de marché.
Mistral vient d’annoncer son modèle local (avec des poids ouverts) pour la modération. Nous l’avons testé sur un million de commentaires Next, avec trois instructions différentes. Les résultats sont riches en enseignements.
Shieldstral (ou plus précisément Shieldstral-1.0-3B) est un modèle de 3,8 milliards de paramètres, qui occupent 7,7 Go de mémoire à eux seuls. Développé par une entreprise française – Mistral –, nous avons voulu tester son fonctionnement. Nous avons à disposition les commentaires laissés par les lecteurs de Next (qu’ils aient été modéré ou non), utilisons-les… en local, évidemment. Il y a peu, nous avons utilisé les actus de Next pour vous présenter le RAG par l’exemple.
La première étape consiste à déployer le « petit » modèle Shieldstral de Mistral sur un serveur avec un GPU capable de tenir la charge. Nous avons utilisé une machine avec une RTX 4000 Ada, une carte avec 20 Go de mémoire. C’est largement suffisant pour charger les près de 8 Go des poids et laisser de la marge pour le cache et le traitement des données.
Nous avons lancé trois « runs » avec trois duos d’instructions/questions au modèle Shieldstral. Toute l’inférence a été effectuée en local sur la machine, bien évidemment, aucune donnée n’a été envoyée à Mistral. Chaque run prenait entre 4h30 et 5 h pour un million de commentaires (extrait de la base de données de Next). Il s’agissait en effet de grosses passes. Traiter quelques milliers de commentaires ne prend qu’une minute, par exemple.
Pour notre expérience, nous avons repris l’exemple de base de Mistral (dans le readme) adapté à nos besoins. Le SYSTEM_PROMPT est toujours le même : « Judge whether the Document meets the requirements based on the Query and the Instruction provided. Note that the answer can only be « yes » or « no » ». Il doit être en anglais (comme expliqué page 23 de ce document), peu importe la langue des commentaires à analyser.
Un million de commentaires, trois passes différentes de Shieldstral
INSTRUCTION:
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francophone doté d'une communauté forte et ancienne pour certains.
Quatre règles régissent cet espace : rester dans le sujet de l'article, être
respectueux, argumenter (particulièrement quand l'opinion est tranchée), ne
pas faire de publicité gratuite.
Ce que la communauté autorise : le désaccord franc, l'humour, l'ironie, la
critique sévère d'une entreprise, d'un produit, d'une décision politique ou
d'une personnalité publique, la connivence entre habitués. Les échanges
techniques nourris et les avis tranchés mais argumentés sont la raison d'être
de cet espace et ne doivent jamais être signalés.
Ce que la communauté refuse :- l'insulte ou l'attaque personnelle visant un autre commentateur ou un membre
de la rédaction ;- le troll : un avis tranché, sans argumentation, visant uniquement à faire
réagir ;- le sarcasme méprisant ou dédaigneux adressé à une personne ;- le hors-sujet manifeste qui détourne la discussion de l'article ;- la publicité gratuite pour un produit, un service ou un site ;- l'incitation à la haine ou à la violence envers un groupe en raison de son
origine, sa religion, son genre, son orientation sexuelle ou son handicap, y
compris exprimée poliment ;- l'injure et la diffamation visant une personne identifiable ;- les menaces de violence physique ;- le contenu sexuellement explicite ;- la divulgation de données personnelles.
Critère décisif : la présence d'un argument. Une opinion dure mais étayée
reste légitime, même sur un sujet clivant. La même opinion assénée sans
justification, ou enrobée de mépris pour l'interlocuteur, ne l'est pas.
Distingue la critique des idées, toujours acceptable, de l'attaque des
personnes, qui ne l'est pas.
Nuance importante : mentionner, citer ou discuter un contenu problématique
n'est pas l'endosser. Un commentaire qui rapporte des propos haineux pour les
dénoncer, qui débat d'une affaire judiciaire ou qui analyse un phénomène
criminel ne doit pas être signalé.
QUESTION:
Ce commentaire enfreint-il l'une des règles de modération énoncées ?
Dans le deuxième cas (alias Passe édito), on compresse un peu le message :
INSTRUCTION:
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Applique une tolérance modérée : le désaccord franc, l'humour, l'ironie et le
second degré explicite, la critique sévère (entreprise, produit, décision
politique, personnalité publique), et les avis tranchés mais argumentés sont
autorisés et ne doivent jamais être signalés. Mentionner, citer ou discuter un
propos problématique pour le rapporter ou le dénoncer n'est pas l'endosser.
Prendre position dans un débat géopolitique, historique ou religieux n'est pas
une infraction, même avec un vocabulaire fort. Juge sur le sens global du
commentaire, pas sur une phrase isolée.
Signale uniquement s'il relève d'une de ces catégories :- insulte ou attaque personnelle envers un commentateur ou la rédaction
- incitation à la haine ou à la violence envers un groupe en raison de son
origine, sa religion, son genre, son orientation sexuelle ou son handicap
- menace de violence physique
- injure ou diffamation visant une personne identifiable : l'attaque porte sur
la personne elle-même plutôt que sur ses actes, ses propos ou ses décisions
- contenu sexuellement explicite
- divulgation de données personnelles
- publicité manifeste pour un produit, un service ou un site
- troll : opinion tranchée assenée sans le moindre élément de justification,
ni fait, ni exemple, ni raisonnement
QUESTION:
Ce commentaire enfreint-il l'une des règles de modération énoncées ?
Enfin, un troisième run ainsi sous la forme d’une modération « légale » (alias Passe légale) :
INSTRUCTION:
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regard du droit français, principalement la loi du 29 juillet 1881 sur la
liberté de la presse.
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restriction l'exception. La critique, même violente, d'une entreprise, d'un
produit, d'une institution, d'une politique publique ou des actes d'une
personnalité publique est licite. La grossièreté, l'ironie et le mauvais goût
ne sont pas des délits. Mentionner, citer ou dénoncer un propos illicite n'est
pas le commettre.
Signale uniquement ce qui constitue une infraction pénale :- injure publique : expression outrageante visant une personne identifiable,
sans imputation d'un fait précis
- diffamation publique : imputation d'un fait précis portant atteinte à
l'honneur d'une personne identifiable
- provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers un
groupe ou une personne en raison de son origine, son ethnie, sa nation, sa
race, sa religion, son sexe, son orientation sexuelle, son identité de genre
ou son handicap
- contestation de crime contre l'humanité- apologie de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, d'esclavage ou de
collaboration
- apologie ou provocation au terrorisme
- menace de mort ou d'atteinte à l'intégrité physique
- harcèlement moral, notamment par propos répétés
- diffusion de données personnelles permettant d'identifier ou de localiser
une personne dans le but de lui nuire
- diffusion d'images à caractère sexuel sans consentement, ou de contenu
pédopornographique
QUESTION:
Ce commentaire constitue-t-il une infraction pénale au regard du droit
français ?
Entre 0,3 et 5,2 % de commentaires signalés lors des runs Shieldstral
Ces trois runs (de 5 h chacun environ) correspondent donc à la Passe Next, Passe édito et Passe légale par la suite. À chaque fois, un million de commentaires sont ainsi passés à la moulinette. Ce ne sont que trois exemples, nous ne sommes pas des experts sur le sujet, il est donc certainement possible de faire mieux, mais cela permet déjà d’en tirer de premières conclusions et d’appréhender le fonctionnement de Shieldstral.
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Valve a prévenu les clients européens de la Steam Machine et du Steam Controller d’une fuite de données les concernant. CEVA, l’entreprise de logistique chargée de la distribution de ses produits sur le Vieux Continent, a en effet été victime d’une cyberattaque.
Les données compromises sont le nom, l’adresse postale, le pays, le numéro de téléphone, l’adresse email, le type du produit acheté et son prix, d’après le courriel de Valve partagé par Digital Foundry. CEVA n’a accès ni aux informations de paiement, ni aux mots de passe des comptes Steam. Il n’est pas nécessaire de changer son mot de passe Steam ni de modifier quoi que ce soit dans les réglages du compte.
Illustration : Flock
Valve recommande toutefois la plus grande vigilance dans les prochains jours, le risque de hameçonnage étant important. « Attendez-vous à recevoir de faux messages — par e-mail, SMS ou téléphone — mentionnant votre commande de matériel et semblant provenir de Steam, de Valve ou d’une société de livraison », prévient l’entreprise. Ces messages frauduleux pourraient indiquer l’adresse du client pour prouver leur authenticité, demander la confirmation d’une livraison ou de payer des frais de douane, ou encore de se connecter pour « vérifier » une commande.
L’assistance Steam ne traite les problèmes de compte que sur le site dédié https://help.steampowered.com/. « Jamais par email, chat Steam ou Discord. Toute personne qui vous contacte ailleurs en prétendant être l’assistance Steam ne l’est pas ». Valve conseille de saisir l’URL soi-même plutôt que de cliquer sur un lien présent dans un message ; les pages de connexion sont présentes sur store.steampowered.com, www.steampowered.com, steamcommunity.com ou help.steampowered.com. Enfin, l’assistance de la boutique ou un transporteur ne demandera jamais de mot de passe ou de code Steam Guard (le 2FA de Steam).
CEVA conserve les informations des clients de Steam pour les produits physiques jusqu’à 90 jours après la commande. L’enquête est toujours en cours, Valve ayant été notifiée de la fuite le 7 août. Les systèmes affectés ont été isolés et mis hors ligne. Étrangement, l’opérateur de Steam « fait pression » sur CEVA pour connaitre l’étendue complète de ce qui a été volé et la manière dont l’extraction s’est déroulée. Valve est aussi en train d’informer les autorités de protection des données dans les pays concernés.
Faudra-t-il un jour partager les routes avec les robots livreurs ? La voie est en tout cas libre, du moins du point de vue de la réglementation : le ministère des Transports a publié un arrêté qui homologue ces véhicules bien particuliers en France.
Assurer la livraison du dernier kilomètre, c’est un des plus importants enjeux des plateformes de commerce en ligne. Elles vont pouvoir ajouter à leur arsenal un nouvel outil : les robots autonomes. Le ministère des Transports autorise désormais leur homologation depuis la publication de l’arrêté du 28 juillet. Ces robots « compacts, électriques et conçus pour effectuer de courtes distances » pourront donc circuler sur la voie publique, en dehors des trottoirs.
Feu vert pour les robots livreurs
En plus de rouler sur batterie, ces véhicules pourront être équipés de capteurs comme des lidars, des caméras et des radars, et bien sûr de logiciels embarqués pour se repérer sur la route. De quoi se déplacer de manière autonome dans une zone ou sur un parcours prédéfini. « Ces robots contribueront à construire une logistique urbaine plus propre, plus silencieuse et plus efficace, au bénéfice des collectivités, des entreprises et des citoyens », annonce Philippe Tabarot, ministre des Transports.
Ces véhicules de catégorie L – qui recouvre les cyclomoteurs, les motos, les tricycles motorisés et les quadricycles de type voitures sans permis – resteront supervisés à distance pour répondre aux difficultés qu’ils pourraient rencontrer en chemin. Il sera intéressant de voir comment ils géreront les ronds-points, véritable spécificité française qui nécessite une adaptation des logiciels de conduite autonome.
Mais pour le reste, il s’agira de véhicules sans présence humaine à bord, et on ne parle pas que de petits chariots sur roues : il sera ainsi possible d’homologuer des modèles pouvant mesurer jusqu’à 4 mètres de long, 2 mètres de large et 2,5 mètres de haut, avec une charge utile pouvant atteindre 1 000 kg. Ils pourront aussi assurer des livraisons sur « plusieurs dizaines de kilomètres ».
Les véhicules seront soumis aux réglementations sur la protection des données personnelles ainsi qu’aux obligations en matière de cybersécurité. Il reviendra aux collectivités locales de déterminer les zones ou les itinéraires sur lesquels ces livreurs d’un nouveau genre pourront circuler.
Des livraisons oui, des humains non
La conduite autonome totale transportant des personnes sur route ouverte, partout et sans contrainte, n’est pas autorisée aujourd’hui en usage général. Les véhicules de niveau 3 peuvent déléguer temporairement la conduite au système, mais le conducteur doit rester en mesure de reprendre la main lorsque le véhicule le demande. Cette délégation n’est possible que dans des conditions précises d’utilisation, notamment environnementales, routières et de trafic. Les niveaux 4 et 5 restent, en pratique, limités à des cas très encadrés : navettes ou services automatisés, généralement sur des parcours ou dans des zones bien définies.
Le gouvernement a récemment refusé d’autoriser la conduite assistée de Tesla (FSD), tout en se disant prêt à homologuer des véhicules autonomes dès l’année prochaine. La France a procédé à plus de 200 expérimentations de véhicules autonomes depuis 2015.
Si la conduite autonome d’humains attendra des jours meilleurs, l’exécutif a été plus réactif sur les robots de livraison, alors que « les travaux engagés au niveau international, tant au niveau de l’ONU que de l’Union Européenne, pour définir un cadre pour l’homologation des robots de livraison autonomes sont encore en cours », rappelle le ministère. « En ouvrant la voie à l’homologation des robots de livraison autonomes, notre pays confirme sa place parmi les plus avancés au monde dans ce domaine, fort d’un écosystème reconnu dans l’intelligence artificielle et les technologies connectées », se réjouit Philippe Tabarot.
Depuis octobre 2024, Meta a mis en place un programme de monétisation de contenus sur Facebook. En Australie, l’entreprise y a invité des influenceurs connus pour leurs propos racistes et anti-vaccins.
Meta a mis en place, depuis plus d’un an, un programme de monétisation de contenu Facebook regroupant tous ses outils permettant aux « créateurs » «de générer plus facilement des revenus grâce à un plus grand nombre de formats de contenu ». L’entreprise filtre les utilisateurs qui peuvent y avoir accès. Mais, en Australie, des influenceurs suprémacistes blancs et antivaccins y ont été invités par l’entreprise de Mark Zuckerberg et ainsi y poster des contenus qui violent les règles que Meta a elle-même écrites.
Selon le média australien ABC, ce programme permet notamment au militant d’extrême droite Hugo Lennon d’être rémunéré pour la promotion de ses idées racistes.
Hugo Lennon, un jeune et riche influenceur d’extrême droite invité par Meta
D’après notre consœur Lucy Carter,Hugo Lennon bénéficie du programme de monétisation de contenus de Meta depuis le mois de septembre 2025. Ce même mois, Hugo Lennon (connu sous le pseudo « auspill ») a organisé une marche xénophobe contre les immigrés devant le Parlement australien.
L’événement et sa promotion en ligne ont rapidement fait passer ce jeune homme de 21 ans, fils d’une famille dirigeant un vaste empire immobilier, de TikTokeur publiant des vidéos conseillant de « glacer ses testicules » à influenceur de l’extrême droite australienne accusant les migrants d’être responsables de la crise du logement dans le pays, expliquait à l’époque le Sydney Morning Herald.
Le journal australien indique que l’influenceur inquiétait même son homologue états-unien Charlie Kirk, qui lui avait exhorté à se détourner de « l’ethno-nationalisme blanc » lors d’un débat peu avant sa mort. Plus d’un an auparavant, sous pseudo, Hugo Lennon participait à une discussion sur Telegram avec des figures clés du mouvement néonazi australien où les utilisateurs discutaient de doxxing et débattaient sur leurs traductions préférées de l’ouvrage d’Hitler, Mein Kampf. Bref, les positions d’extrême droite étaient connues publiquement avant même qu’il soit invité par Meta dans son programme de monétisation de contenus.
Hugo Lennon a bénéficié de ce programme, selon ABC qui a obtenu l’information grâce à l’association What to fix!. Celle-ci a mis en place une base de données récupérant les informations des listes des « éditeur·ices partenaires » de Meta. L’entreprise a fait un petit effort de transparence en proposant d’examiner ces listes, mais celles-ci ne sont pas ouvertes à tous. Pour les consulter, il faut avoir un « portefeuille business dans Meta Business Suite ».
En violation des règles mises en place par Meta pour ce service
Selon notre consœur de ABC, lorsqu’elle l’a consultée, la page Facebook de Hugo Lennon était en violation directe avec les règles de Facebook en matière de monétisation de contenus. Celles-ci indiquent notamment que le contenu qui « traite ou aborde des sujets relevant de « sujets sociaux contreversées » » comme la « race », le genre ou les origines nationales et ethniques ne peut être monétisé.
Hugo Lennon n’est pas le seul partenaire de Meta pointé du doigt par ABC. Ainsi, le site web d’extrême droite australien The Noticer qui promeut les idéologies de suprémacisme blanc et néo-nazie, a été intégré au programme de Meta depuis novembre 2025 (avec une courte période sans gain entre janvier et février 2026).
Ce média avait pourtant été suspendu sur une autre plateforme : X l’avait bloqué pour infraction à ses règles relatives aux profils incitant à la haine. Il vient néanmoins d’être débloqué par le réseau social d’Elon Musk. Dans son message de retour, Noticer affirme avoir été démonétisé par Meta ce week-end : « Nous avons également été démonétisés sur Facebook ce week-end et soumis à des restrictions de portée sur cette plateforme ainsi que sur Instagram, sans pouvoir savoir quelles publications auraient enfreint les règles de Meta, ni demander un réexamen ou faire appel, ce qui est inhabituel. »
Une influenceuse anti-vaccins invitée aussi, Meta se défausse de toute responsabilité
Dans la liste des influenceurs australiens inclus dans le programme de monétisation de Meta, ABC relève aussi la présence d’une page d’organisation d’une marche anti-immigration et celle de Monica Smit, une influenceuse anti-vaccins et anti-confinement. Sa page publie de la désinformation contre les vaccins ainsi que de la promotion de bracelets de « protection contre les radiations ».
« Si l’on considère que Meta entretient une relation commerciale directe avec ses éditeurs, dans la mesure où elle leur verse des redevances et où elle a conclu avec eux un accord de monétisation, on pourrait alors faire valoir qu’elle est, d’une certaine manière, responsable du contenu produit par son partenaire commercial », explique Victoire Rio, responsable de What to Fix!, à ABC.
Aucun des influenceurs d’extrême droite n’a répondu à notre consœur. Meta l’a seulement renvoyé à ses propres règles : « Nous avons mis en place des règles claires auxquelles toute personne utilisant nos outils de monétisation doit se conformer. Lorsque les pages de monétisation de contenu enfreignent nos Règles communautaires, nous appliquons des sanctions telles que la suspension temporaire ou définitive de leur capacité à générer des revenus sur nos plateformes. Les créateurs ou éditeurs qui enfreignent ces règles à plusieurs reprises seront exclus de nos plateformes ».
Elle ajoute considérer « important de faire la distinction entre les propos offensants et les contenus susceptibles d’entraîner des actes de violence dans la vie réelle ». Elle affirme : « Ces propos peuvent être offensants pour beaucoup, mais ce n’est pas à Meta de juger de ce qui est offensant. »
Dans deux jours aura lieu une éclipse totale du Soleil. Si elle ne sera pas totalement visible en France, son taux d’occultation sera élevé, surtout dans le sud-ouest, avec un maximum vers 20h30. Et avec ce genre d’évènement, mieux vaut rappeler quelques consignes pour ne pas finir en urgence chez l’ophtalmologue.
Le mercredi 12 août 2026 aura lieu une éclipse solaire totale, provoquée – vous le savez depuis longtemps – par l’interposition de la Lune entre la Terre et le Soleil.
La bande de totalité – la zone dans laquelle l’éclipse sera totale – traversera l’océan Arctique, le Groenland, l’Islande et l’Atlantique Nord et finira par atteindre les zones qui nous intéressent : le nord du Portugal, le nord de l’Espagne et les îles Baléares, où la totalité durera jusqu’à environ 1 min 48 s selon la localisation exacte sur la trajectoire.
Et la France ? Elle se situe en dehors de cette bande et n’observera donc qu’une éclipse partielle, mais avec un taux d’occultation très élevé, d’un minimum de 80 %. Voici quelques exemples :
Biarritz : 99,5 %
Pau : 99 %
Toulouse : 97,8 %
Bordeaux : 97,5 %
Brest : 96 %
Paris : 92 %
Saint-Pierre-et-Miquelon : environ 45 %
Sans surprise, le sud-ouest est la région où l’occultation sera la plus importante, étant la zone la plus proche du nord de l’Espagne. Mais il n’y aura pas de mystère : pour un vrai contact avec la couronne solaire, il faudra passer la frontière. Les Asturies, la Cantabrie, la Galice ou les Baléares sont les zones d’occultation totale les plus accessibles depuis le territoire français.
Le phénomène se produira en fin de journée pour la France métropolitaine. Il débutera à 19h30 pour atteindre son maximum vers 20h26. Le soleil étant bas sur l’horizon et l’éclipse non totale, une ambiance « coucher de soleil » se mettra doucement en place. Au vu de l’heure, mieux vaut bénéficier d’un horizon ouest bien dégagé. À Saint-Pierre-et-Miquelon, l’évènement se produira entre le début et le milieu d’après-midi.
Notez que même avec des scores très élevés, l’ombre n’est vraiment maximale qu’à 100 %. Il suffit que le taux d’occultation soit de « seulement » 99 % pour que l’ombre ne soit plus qu’une pénombre. De nombreux sites permettent de suivre l’éclipse. C’est notamment le cas de l’observatoire de Paris avec Éclipseop.
Attention les yeux !
En France métropolitaine, puisque la totalité n’est atteinte nulle part, il ne faut jamais observer l’éclipse à l’œil nu. Le risque de lésion grave et irréversible est réel et ce type d’évènement est systématiquement suivi d’une hausse de fréquentation chez les ophtalmologues. La rétinopathie solaire (brûlure de la rétine par le soleil) s’installe sans douleur et les symptômes n’apparaissent que plusieurs heures après : baisse de l’acuité visuelle, déformation des lignes et apparition d’une tâche sombre centrale.
Seule solution : des lunettes de protection adaptées, qui bloquent 99,9 % de la lumière visible ainsi que la totalité des ultraviolets et infrarouges. Selon la Société astronomique de France (SAF), il faut être particulièrement vigilant lors de l’achat de ces lunettes. Elles doivent être conformes à la norme ISO 12312 - 2 de 2015, donc pleinement adaptées à l’observation directe du soleil sans grossissement. Ces lunettes doivent aussi porter au verso des instructions en français, ainsi que la date de fabrication, le lot, l’origine, le fabricant et le distributeur en France.
Un point de vigilance tout particulier : les micro-rayures et micro-perforations. Il faut bien vérifier leur absence avant chaque utilisation, sous peine de se blesser les yeux. Vous avez peut-être vu passer sur certains réseaux (Instagram en particulier) des vidéos d’ophtalmologues mettant en garde sur ce point. La recommandation est de ne pas ouvrir le sachet plastique ou la boite contenant les lunettes avant le moment d’observation, pour ne prendre aucun risque. Pour les mêmes raisons, toujours selon la SAF, « les lunettes utilisées lors de l’éclipse de 1999 ne doivent plus être employées aujourd’hui ».
Les règles de sécurité ne valent pas que pour le grand public. Toute personne souhaitant observer de plus près la couronne solaire avec un appareil quelconque doit faire attention : ne jamais utiliser de jumelles ou autre équipement grossissant sans filtre adapté. Les filtres oculaires placés derrière une optique grossissante peuvent en effet se fissurer sous la concentration de chaleur. Pour la photographie avec un appareil à objectif interchangeable, un filtre de densité optique d’au moins 5 est nécessaire devant l’objectif.
Si l’on en croit le lunetier Krys, un quart des Français se disent prêts à observer l’éclipse à l’œil nu, moyenne qui grimpe à 34 % chez les 18 - 34 ans.
À quand les prochaines ?
Les éclipses totales en Europe sont rares. La dernière remonte au 11 aout 1999 et celle du 12 aout est la première à concerner l’Europe depuis.
Et ensuite ? Au risque de casser la statistique de rareté, la prochaine éclipse totale touchant l’Europe aura lieu le 2 aout 2027. La bande de totalité passera cette fois par le sud de l’Espagne, le Maroc et l’Égypte. L’occultation à Paris sera nettement plus modeste, environ 51 %. On notera que l’Espagne aura été généreusement servie deux années de suite.
Quant à la prochaine éclipse totale en France, il faudra attendre… le 3 septembre 2081. L’immense majorité ne sera donc plus là pour la voir, mais beaucoup se régaleront puisque la bande de totalité passera par Paris. Et en dehors de l’Europe ? La prochaine éclipse totale se produira le 22 juillet 2028 et concernera surtout l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Elle sera partielle en Nouvelle-Calédonie. Une autre aura lieu le 25 novembre 2030 et concernera surtout l’Afrique, l’océan Indien, l’Indonésie et l’Australie. Certains territoires ultramarins pourront en profiter partiellement, surtout la Réunion et Mayotte.
Des opérations promotionnelles chez des enseignes d’optique
Plusieurs entreprises françaises profitent de l’évènement pour proposer des lunettes de protection gratuites. Les conditions peuvent varier d’une enseigne à l’autre.
Chez Écouter Voir par exemple, 400 000 paires sont distribuées sur l’ensemble du territoire français. Elles sont à retirer gratuitement et sans obligation d’achat dans les boutiques de la chaîne, sous réserve bien sûr d’un stock disponible. L’offre est limitée à une paire par personne. L’opération étant lancée depuis mi-juin, il n’est pas certain que beaucoup de ces lunettes soient encore disponibles.
Chez Alain Afflelou, 452 magasins (sur les 1225 du réseau) participent à une opération similaire. En revanche, les conditions peuvent varier d’une boutique à l’autre. Certaines les donnent, d’autres les vendent pour un petit prix.
Chez Optic 2000, l’offre est conditionnée à l’achat d’un équipement optique complet pour enfant dans les boutiques physiques, ou à partir de 50 euros d’achat en ligne. Hors promotion, l’enseigne vend les lunettes de protection au prix de 3,90 euros l’unité ou 19 euros le lot de cinq.
Précisons que, de manière générale, ces lunettes ont un prix dépassant rarement quelques euros. Tant que la norme ISO 12312 - 2 est respectée, il n’est pas nécessaire de dépenser davantage. Enfin, comme signalé par Que Choisir, toutes les lunettes ne se valent pas : le contrôle des informations et la provenance sont primordiales.
Edge va marcher dans les pas de Chrome, en abandonnant Manifest V2 pour la version 3 du format technique des extensions de navigateur. La transition est programmée pour ce mois, ce qui signifie qu’uBlock Origin et quelques autres extensions ne pourront plus fonctionner dans le navigateur de Microsoft.
Dans les prochains jours, les utilisateurs d’Edge vont opérer la transhumance vers Manifest V3. Microsoft va prévenir tous ceux qui utilisent encore des extensions au format MV2, puis elles seront désactivées par défaut progressivement. La transition devrait être achevée d’ici la fin de cette année (début 2027 pour les machines gérées en entreprise).
Un enterrement de dernière classe
Manifest est un cahier des charges qui définit ce que les extensions ont le droit de faire, sur quels sites elles peuvent agir, les scripts qu’elles peuvent lancer, les API du navigateur utilisées. Ces règles techniques sont donc essentielles, et la MV3 annoncée par Google en 2018 resserre les règles de sécurité. Certains changements, comme la suppression de l’API Web Request, ont fait couler beaucoup d’encre et pour cause : l’interface de programmation est (ou était) très utilisée par les bloqueurs de publicité pour modifier à la volée les requêtes vers un nom de domaine.
Si l’usage que font les bloqueurs de cette API est légitime, Google a estimé que Web Request pose aussi des problèmes de sécurité, par exemple pour espionner les communications. Le géant du web a bien proposé un remplaçant, Declarative Net Request, mais ce dernier empêche les bloqueurs d’analyser ce qui circule en temps réel et d’accéder à du code distant.
De fait, ces extensions se montrent moins efficaces en MV3. Certaines mauvaises langues ont même estimé qu’avec cette nouvelle version, Google souhaitait surtout faire un sort à des extensions qui l’empêchent d’engranger les subsides de la pub. L’entreprise a longtemps rongé son frein avant d’imposer Manifest V3 dans Chrome, le temps que tous les acteurs et développeurs se mettent au diapason.
Finalement, début juin, Chrome et l’écosystème Chromium entraient dans la phase finale de la transition vers Manifest V3. Et c’est désormais le cas aussi d’Edge. Microsoft, qui rappelle l’engagement pris en faveur de la nouvelle version dès 2020, explique que 95 % des extensions les plus utilisées dans son navigateur sont compatibles MV3.
Edge bascule dans MV3
L’éditeur n’a en fait compté que 58 extensions MV2 dans la boutique d’Edge ayant encore un « usage significatif ». Seules trois d’entre elles ne disposent pas déjà d’une déclinaison MV3. « La très grande majorité des extensions de tous types, des gestionnaires de mots de passe aux VPN en passant par les bloqueurs de publicité, ont réussi leur transition vers Manifest V3 sans perte de fonctionnalités pour les utilisateurs », affirme l’entreprise.
uBlock Origin, qui est un des gros perdants de l’histoire, a bien lancé une version Lite compatible MV3. Mais son développeur Raymond Hill a prévenu qu’elle est trop différente pour remplacer automatiquement l’original. La nouvelle extension est, en général, moins efficace face aux sites utilisant des mécanismes anti-bloqueurs, plusieurs capacités de filtrage de uBlock Origin ne pouvant pas être portées vers MV3.
Les développeurs qui ont encore une extension MV2 vont aussi recevoir une alerte de Microsoft ; ils seront contactés par les équipes de l’éditeur en cas de besoin d’un coup de main pour la migration.
Les utilisateurs qui ne jurent que par MV2 peuvent toujours se tourner vers Firefox, qui ne prévoit pas d’abandonner ces extensions. La situation est plus diffuse pour les autres navigateurs Chromium : Brave a annoncé un support limité des extensions MV2, et Opera a indiqué que ces extensions restent utilisables « pour le moment ».
Plusieurs publications récentes montrent encore un peu plus la manière dont Microsoft négocie le virage actuel de Windows 11. Outre des explications sur la complexité d’une modernisation à marche forcée pour des raisons d’héritage, l’entreprise a lancé plusieurs composants dédiés aux performances.
L’initiative K2 de Microsoft bat son plein. Elle vise à redorer le blason d’un Windows 11 qui n’a jamais fait rêver et a été accusé de nombreux maux. Souvent considéré comme vorace en ressources (parfois à tort), le système s’est surtout signalé par une interface rigide, le retrait de fonctions, une personnalisation moindre et toujours plus de fonctions dopées à l’IA. Le système est aussi l’incarnation du retrait de Windows 10, même si l’Europe a droit à quelques facilités sur ce point.
Depuis le début de l’année, Microsoft communique abondamment sur des améliorations en préparation pour son système. Personnalisation, performances, recul de l’IA, fiabilité, applications natives et autres sujets sont poussés depuis des mois, avec déjà certaines améliorations distribuées depuis peu. Dans ce domaine, la mise à jour 26H2 attendue cet automne devrait marquer un tournant, mais l’effort doit se prolonger au-delà.
Le plus gros problème de Microsoft est aussi la principale force de Windows depuis longtemps : sa compatibilité descendante. La possibilité de faire tourner un vieux logiciel est un point fort auquel l’entreprise ne veut pas renoncer. Malheureusement, pour cette même raison, Windows 11 se « coltine » encore aujourd’hui de nombreux pans de code hérité.
Marcus Ash, vice-président de Microsoft chargé de la conception et de la recherche au sein de la division Windows & Appareils, a abordé ce point dans une interview donnée à Windows Central. Le responsable s’est dit fier de la compatibilité générale de Windows avec les outils et flux de travail hérités, ce qui empêcherait l’entreprise de se précipiter pour tout moderniser, sans s’assurer d’abord que les remplaçants conservent le même niveau fonctionnel.
Ce bon vieux Regedit
Difficile cependant d’accuser Microsoft de précipitation. Comme le rappellent nos confrères, la modernisation du panneau de configuration a commencé avec Windows 8 il y a 13 ans et n’est toujours pas terminée. Le panneau des Paramètres est pratiquement complet, mais l’ancien Panneau de configuration est toujours là, même si « planqué ».
Marcus Ash a répondu sur ce point : « C’est pour ça que des éléments comme le Panneau de configuration sont complexes, car si un client a un pilote ou possède quelque chose qui dépend de cette fonction héritée, il faut faire attention à ne pas rompre cette promesse de compatibilité ». Il explique que les zones de l’ancien panneau sont désactivées l’une après l’autre, au fur et à mesure que les versions « modernes » sont éprouvées. Comment les zones à moderniser sont-elles choisies ? Un mélange d’utilisation, de télémétrie et de retours des clients, selon Marcus Ash.
Le responsable indique que le travail actuel ne concerne pas que des éléments courants comme l’Explorateur. Des outils plus spécialisés comme l’Éditeur du Registre commencent à être examinés. Il laisse surtout entendre qu’une bonne partie de la démarche en cours passe aussi par la modernisation des outils et frameworks impliqués. L’entreprise a clairement indiqué que l’avenir des interfaces passait par WinUI 3, qui est d’ailleurs devenu WinUI « tout court » pour faire passer le message.
Un serveur MCP pour les performances ? Même pas peur
Autres annonces intéressantes ces derniers jours, l’apparition en préversions publiques de plusieurs composants dédiés aux performances. Microsoft semble décidée à simplifier l’analyse des performances sur Windows en partant d’un constat : le système ETW (Event Tracing for Windows) et l’outil WPA (Windows Performance Analyzer) sont peut-être puissants, mais ils ne peuvent être exploités que par des personnes ayant de très bonnes connaissances dans ce domaine.
ETW est un système intégré à Windows chargé de garder des traces de tout ce qui est accompli en matière de processus. Des journaux gardent ainsi les traces de nombreux évènements : quel programme démarre, quand un processus utilise le CPU, quand une application lit ou écrit sur le disque, quand un pilote intervient, etc. Si vous ouvrez l’Observateur d’évènements, ses informations proviennent de cette infrastructure. De son côté, WPA fait partie du Windows Performance Toolkit. Technique, il se destine surtout aux développeurs, ingénieurs, administrateurs système et spécialistes des performances.
Ce que propose Microsoft ? D’abord WPA MCP, un serveur MCP permettant de récolter les ressources générées par ETW pour les confier à un agent (Copilot ou tout autre agent compatible MCP). Puisque les traces peuvent contenir de grandes quantités de données, l’idée est de permettre à un plus grand nombre de personnes de se pencher sur les performances via des questions en langage naturel de type « Cette application me semble lente, pourquoi ? ».
L’outil se destine prioritairement aux développeurs, pour baisser le niveau exigé habituellement sur les questions de performances. Les questions peuvent donc être posées en langage naturel, avec un accès plus rapide à tout ce qui peut être pertinent, comme les tableaux WPA, des graphs ou des plages de temps. Les résultats peuvent également remonter les activités coûteuses en CPU, les délais dans les entrées, les régressions et autres. Selon Microsoft, l’idée générale est de pouvoir passer rapidement d’une exploration des traces à des actions concrètes.
Interface ou ligne de commande
Un autre serveur MCP est proposé, cette fois spécifique à ETW et décrit par Microsoft comme un « compagnon » du premier. Il en est le pendant headless : il ne propose pas d’interface graphique ni d’éléments visuels. Il est fait pour être utilisé depuis un terminal, avec des scripts et agents. Les deux serveurs utilisent la même couche de données, les résultats d’analyse étant largement les mêmes. La préversion publique de ce serveur MCP pour ETW est cependant limitée à GitHub Copilot CLI pour l’instant.
Les deux serveurs sont faits pour répondre à des questions précises ou plus générales comme « Pourquoi la machine est-elle lente ? ». Plus besoin de connaitre l’organisation interne de WPA pour lancer une enquête, l’intention étant – théoriquement – comprise par le LLM utilisé. L’IA sert donc dans un domaine où elle brille habituellement : la découverte de corrélations.
Microsoft avertit toutefois que les résultats renvoyés peuvent être erronés ou incomplets et doivent en conséquence être comparés aux données originales. L’entreprise indique d’ailleurs que les questions ont tout intérêt à se poursuivre après les résultats pour demander des preuves.
Cet été, Next vous propose des mini-jeux. Aujourd’hui, vous devez aider un pirate en herbe qui veut pénétrer le système informatique de Bercy. Trouvera-t-il la bonne solution avant que le système de sécurité ne se déclenche ? Si oui, que va-t-il découvrir ?
Un code à chiffre, c’est sécurisé ! La preuve, c’est ce qu’utilisent les cartes bancaires pour valider vos achats. Mais la sécurité va parfois à vau-l’eau et on trouve sur Internet des fichiers de 10 000 lignes seulement avec l’intégralité des codes, imaginez un peu !
Alors Bercy utilise un système avancé de protection totalement inviolable… enfin, parait-il : remplacer les 10 chiffres par 7 symboles… Il faut les placer dans le bon ordre pour ouvrir la porte. Vous avez huit tentatives et deux modes de jeu (simple avec quatre symboles différents ou complexe avec un même symbole potentiellement présent plusieurs fois).
Un point noir signifie qu’un symbole sur les quatre est bien placé, un point blanc que c’est le bon symbole mais mal positionné. L’ordre des points n’a pas de rapport avec l’emplacement des symboles sur la grille de jeu.
Alors, le petit script-kiddie, comment va-t-il finir ?
Le magazine états-unien a commencé à mettre en place des versions différentes des pages de son site, selon qu’il soit consulté par un navigateur ou par un chatbot IA. L’éditeur peut ainsi optimiser ses articles pour qu’ils soient repris par Claude ou ChatGPT en y insérant de la publicité spécifiquement conçue pour être recrachée par les chatbots.
Si les chatbots IA viennent chercher leurs réponses sur les sites des médias, pourquoi ceux-ci n’en profiteraient pas ? C’est ce que s’est dit le magazine américain Time en mettant en place un système servant des pages différentes selon que son site web est consulté par un navigateur habituel ou par un crawler d’un chatbot IA.
L’éditeur a converti toutes les pages de son site web en Markdown, format qui est plus facilement analysable par les agents IA, expliquait Digiday début juillet. De fait, le langage de balisage léger inventé par John Gruber avec l’aide d’Aaron Swartz est idéal pour ces outils : il est explicite et minimise le nombre de tokens utilisés pour analyser le contenu. Si on veut que son contenu soit repris par ChatGPT et Claude, il est donc plutôt malin de le leur servir en Markdown.
La pratique de la redirection sélective pour des buts problématiques n’est pas nouvelle. Par exemple, nous avions déjà montré qu’elle était utilisée pour cacher de la désinformation ou pour adapter des liens sponsorisés en fonction d’attentes parfois nauséabondes d’internautes.
Insérer de la pub spécifiquement rédigée pour les chatbots IA
Ici, l’éditeur a vite compris qu’il pouvait proposer aux marques d’autres services en s’appuyant sur cette technique : le magazine a commencé à glisser des publicités dans certains des fichiers Markdown. Cela permet de faire passer discrètement des messages dans ChatGPT et Claude sans qu’ils n’apparaissent dans les pages proposées aux lecteurs de Time. L’ingénieur allemand Vincent Schmalbach a remarqué le tour de passe-passe et l’a décrit sur son blog.
Ainsi, un article comme celui-ci est proposé en HTML pour tous les navigateurs, mais si on l’ouvre avec le user-agent ClaudeBot, on obtient un texte du genre :
Ici, pas de publicité intégrée. Mais lorsqu’on fait la même opération sur une page listant les « meilleures inventions de 2025 », on se retrouve, contrairement à un lecteur lambda qui l’ouvrirait avec un navigateur, avec un texte promouvant la banque en ligne Ally Bank avant les inventions :
Le texte sur Ally est idéalement écrit pour être cité par un chatbot IA à qui l’utilisateur demanderait « Qui est Ally Bank ? ». Remarquons qu’il est surmonté d’une remarque affirmant : « Contenu sponsorisé. Réalisé en partenariat avec Ally. Ally est le sponsor et la source de ce contenu ».
On obtient le même texte, sous une présentation qui diffère un peu si on utilise les user-agent d’OpenAI GPTBot ou OAI-SearchBot. Remarquons que ce n’est pas le cas si on utilise les crawlers de Google Googlebot, Google-Extended ou GoogleOther mais que le Markdown s’affiche pour le quatrième crawler de Google utilisé par Gemini Google-CloudVertexBot.
Une pratique qui risque de se généraliser
Comme le fait remarquer Vincent Schmalbach, on retrouve dans le fichier Markdown servi à ClaudeBot les traces de l’agence de publicité en ligne Mobian, spécialisée dans la pub pour les agents IA. La page d’accueil de son site reprend spécifiquement l’exemple du Time :
Si nous n’avons pas encore d’exemple d’autres éditeurs de sites très visités qui auraient déjà mis en place ce système, il y a de fortes chances que Time soit rapidement suivi par d’autres. Reste à savoir comment vont réagir les entreprises d’IA générative qui vont devoir faire attention à ce que leurs outils ingèrent.
Va-t-on assister à une nouvelle partie du jeu du chat et de la souris pour bloquer publicités et autres contenus différents de ce qui est affiché dans les pages communément lues par les humains ?
On a peine à le croire, mais Quake a fêté son 30e anniversaire au mois de juin. Difficile de résumer l’impact du jeu d’id Software qui a posé les bases du FPS 3D moderne, et dont l’héritage continue de se faire sentir aujourd’hui… et ce n’est pas qu’une façon de parler puisqu’un nouvel épisode vient de sortir.
« Dawn of the Machine » est une création conjointe d’id et de MachineGames, le studio qui a repris en main la destinée de Wolfenstein (et à qui l’on doit le récent Indiana Jones et le Cercle Ancien). Cette extension comprend une campagne inédite composée de 19 maps, une nouvelle bande-son et une nouvelle carte match à mort.
Histoire de varier les plaisirs, l’épisode propose non seulement de revisiter des niveaux modifiés par la structure temporelle chamboulée du royaume, mais aussi d’affronter des variantes des ennemis classiques avec de nouveaux comportements. Fort heureusement, Ranger pourra s’équiper de nouvelles versions d’armes comme la Super Hache ou le toujours sympathique Canon laser.
Pour les plus férus d’archéologie, le Coffre d’id offre la possibilité de parcourir une galerie consacrée aux coulisses du développement avec des contenus inédits, et surtout d’explorer des niveaux remontant aux premières étapes du développement du jeu. On pourra aussi leur recommander de visionner le livestream de présentation de l’extension avec John Romero durant la Quakecon. L’événement se tient jusqu’à dimanche, d’autres annonces sanglantes ne sont pas à exclure !
L’extension est proposée gratuitement à tous les possesseurs de Quake sur PC (Steam et Microsoft Store), Xbox Series X/S et Xbox One, PS4 et PS5, Nintendo Switch et Switch 2 (grâce à la rétrocompatibilité). En revanche, les versions distribuées sur GOG et l’Epic Games Store n’y ont pas droit.
En mars dernier, Meta était condamnée par un tribunal du Nouveau-Mexique à 375 millions de dollars pour avoir, en toute connaissance de cause, exposé les jeunes à des outils et pratiques jugés dangereux. Le géant des réseaux sociaux n’est pas au bout de ses peines sur ce dossier.
Si la première sanction a été infligée par un jury, cette fois c’est le juge Bryan Biedscheid qui a ajouté à la facture 567 millions de dollars (PDF). Durant la seconde phase de ce procès, le juge devait déterminer si Meta et ses plateformes (Facebook et Instagram, principalement) créaient une « nuisance publique » et, le cas échéant, décider des mesures de protection appropriées. Il l’a confirmé.
La somme devra abonder un fonds de réparation destiné à financer la prévention, le traitement et des mesures contre les dommages causés aux jeunes. Bien que le montant de ce fonds soit inférieur aux 779,5 millions de dollars réclamés par les avocats de l’État américain, sa création est « nécessaire, compte tenu de l’ampleur des répercussions du préjudice et de la complexité de la réparation », a affirmé le juge.
Meta au cœur de la tempête
En tout, Meta est sanctionnée à hauteur de 942 millions de dollars. Pour une période de cinq ans, le groupe devra en outre mettre en œuvre des dispositifs pour renforcer les outils de vérification et d’estimation de l’âge, passer les comptes Instagram des mineurs en privé par défaut, empêcher qu’un compte de mineur soit recommandé à un adulte n’ayant aucune relation avec le jeune utilisateur, afficher des alertes plus fermes en cas de risque de sextorsion ou de contact suspect, ou encore bloquer l’envoi ou la réception par des mineurs d’images de nudité contraires aux règles de Meta.
Le juge veut aussi que Meta limite l’usage des mineurs à 90 heures par mois au total sur Instagram et Facebook. En revanche, il a écarté certains dispositifs demandés par le Nouveau-Mexique, comme l’arrêt du scrolling infini ou une refonte des algorithmes. Meta a l’intention de faire appel : « Nous restons confiants dans notre bilan en matière de protection des adolescents en ligne et continuerons à nous défendre contre des accusations qui déforment les faits », a déclaré un porte-parole au Wall Street Journal.
Un autre procès doit s’ouvrir dans les prochains jours en Californie : Meta est accusée par les procureurs généraux de quatre États américains d’avoir conçu Facebook et Instagram de telle manière à rendre les jeunes utilisateurs dépendants, tout en trompant le public sur la sécurité de ses plateformes. Selon l’entreprise, cette procédure pourrait représenter jusqu’à 1 400 milliards de dollars en pénalités.
Fin mars, Meta était condamnée à verser 4,2 millions de dollars à une plaignante qui accusait l’entreprise d’avoir provoqué et entretenu l’addiction à ses plateformes alors qu’elle était mineure. YouTube a aussi été sanctionné. Lors de ses résultats trimestriels, Meta a signalé aux investisseurs que les procédures judiciaires en cours pourraient avoir un « impact négatif » sur ses résultats financiers : au second trimestre, elles ont représenté des dépenses de l’ordre de 2,4 milliards de dollars.