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Quantique : Pasqal se lance en bourse au Nasdaq

28 août 2026 à 08:23
Dieu ne joue pas en bourse
Quantique : Pasqal se lance en bourse au Nasdaq

Pasqal vient de boucler les formalités qui vont lui permettre de se lancer en bourse à New York. Cotée sur le Nasdaq, la startup française du quantique estime pouvoir compter sur 360 millions de dollars de trésorerie à l’issue de l’opération. L’introduction se fait sur la base d’une valeur d’entreprise fixée à près de 2 milliards de dollars.

Des laboratoires de Palaiseau aux gratte-ciels de Wall Street. Conformément à son plan de bataille dévoilé au printemps, la startup du quantique Pasqal a réalisé début août les opérations préparatoires à son introduction en bourse sur le Nasdaq, le marché états-unien des valeurs technologiques.

Pour ce faire, Pasqal vient de boucler la fusion-absorption d’une société baptisée Bleichroeder Acquisition Corp. II, qui compte un certain Michel Combes parmi ses fondateurs (ancien PDG de SFR). Cette entité est ce que l’on appelle un SPAC (special purpose acquisition company), une coquille vide conçue spécialement pour préparer une introduction en bourse.

Une valorisation à 2 milliards de dollars

L’intégration de Bleichroeder a été bouclée le 25 août, indique Pasqal dans un communiqué. Suite à cette opération, la startup française annonce qu’elle débutera son parcours boursier au Nasdaq aujourd’hui, vendredi 28 août, identifiée par le ticker PSQL.

Cette introduction en bourse doit permettre à Pasqal de lever de l’argent frais sur les marchés. En l’occurrence, l’entreprise estime qu’elle disposera, à l’issue, d’une trésorerie avoisinant les 360 millions de dollars, censée lui permettre d’accélérer « le déploiement mondial de sa plateforme d’informatique quantique, soutenir l’innovation continue et étendre davantage son adoption commerciale dans le monde entier ».

Les modalités de cette IPO ont été précisées le 5 août dernier dans un prospectus préalable, déposé auprès de la SEC, le gendarme états-unien de la bourse. On y apprend que la société se valorise aux alentours de 2 milliards de dollars, soit 100 fois ses revenus 2025 (19,4 millions de dollars de chiffre d’affaires déclarés). Un multiple particulièrement élevé au premier abord, mais qui n’a rien d’inhabituel dans une technologie de rupture comme le quantique.

Dans son prospectus, Pasqal fait d’ailleurs valoir que ce ratio se révèle finalement assez conservateur, une fois comparé aux multiples des sociétés du secteur déjà cotées soit au NYSE (bourse de New York), soit au Nasdaq.

Dans son prospectus, Pasqal résume la valorisation, le chiffre d’affaires annuel 2025 et le ratio capitalisation sur revenus des sociétés du quantique déjà cotées aux États-Unis – capture d’écran Next

Au printemps, Pasqal avait affirmé vouloir rester une société de droit français et conserver son ancrage à Palaiseau. L’entreprise évoquait d’ailleurs le principe d’une double cotation boursière, d’abord à New York, puis à Paris sur Euronext, avec une introduction programmée entre fin 2026 et début 2027.

« Nous avons installé des systèmes quantiques dans des environnements d’exploitation réels, connecté nos processeurs aux infrastructures informatiques déjà utilisées par nos clients et établi une feuille de route reposant sur une plateforme matérielle unique. Celle-ci offre aujourd’hui un calcul quantique analogique de pointe et est conçue pour permettre, à terme, un calcul quantique tolérant aux fautes de premier plan. Nos systèmes fonctionnent dans des datacenters standards et sont conçus pour répondre aux exigences des entreprises. En tant que société cotée, nous disposerons d’une plateforme renforcée pour accélérer notre développement, servir nos clients dans le monde entier et créer une valeur pérenne pour nos actionnaires », déclare Wasiq Bokhari, directeur général de Pasqal.

☕️ Bluesky inaugure une option pour diminuer la visibilité de ses posts dans l’algo de découverte

28 août 2026 à 07:46


Bluesky vient de mettre en place une option permettant de limiter la visibilité des publications d’un compte dans l’onglet Discover, nourri par l’algorithme de recommandation du réseau social. Accessible via la rubrique Confidentialité et sécurité du profil, elle ne signifie pas que les publications en question deviennent totalement privées, mais elle réduit leur portée auprès de l’audience non abonnée à son compte.

« Sur Bluesky, cela signifie que vos posts n’apparaîtront que sur le fil d’actu Discover des personnes qui sont abonnées à votre compte. Les autres applis peuvent également choisir de respecter cette préférence dans leurs propres algorithmes de recommandations », indique le service au niveau de l’option dédiée. Un post d’annonce explique la logique: « Nous savons que tout le monde ne souhaite pas devenir viral. Parfois, on publie simplement pour ses abonnés. Cette fonctionnalité fait partie des mises à jour sur lesquelles nous travaillons pour vous offrir plus de contrôle sur votre expérience et vous aider à trouver votre public. »

L’option ne s’applique cependant que sur le périmètre Bluesky : les applications tierces connectées au protocole AT (comme mu.social, récemment testée par Next) peuvent ne pas répercuter ce paramètre.

Une nouvelle option permet de limiter la visibilité des posts auprès des non-abonnés à son compte – capture d’écran Next

La démarche constitue une forme de contrepied par rapport au modèle économique développé par X : pour encourager la souscription d’un abonnement payant, l’ancien Twitter promet en effet que la détention d’un compte Premium permet de booster la visibilité des publications et des réponses apportées à d’autres utilisateurs.

Bluesky a par ailleurs annoncé le 25 août la possibilité de publier des vidéos d’une durée maximale de 10 minutes (contre trois minutes précédemment). Le poids maximum d’un fichier reste cantonné à 300 Mo.

[MàJ] NVIDIA rachète Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars

3 septembre 2026 à 13:04
All your hugs are belong to us
[MàJ] NVIDIA rachète Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars

C’est désormais officiel : NVIDIA a annoncé le rachat de Hugging Face, le célèbre « GitHub des modèles IA », pour 12,9 milliards de dollars. Le géant des GPU met ainsi la main sur l’un des carrefours incontournables du secteur. Il promet que son acquisition restera ouverte à l’ensemble de l’écosystème.

Mise à jour, 3 septembre, 15 heures : NVIDIA a formellement annoncé le rachat de Hugging Face jeudi en début d’après-midi, pour un montant précis de 12,93 milliards de dollars.«  Ensemble, nous allons développer la plateforme Hugging Face, renforcer son infrastructure et élargir l’accès à l’IA pour les développeurs et les institutions du monde entier », affirme Jensen Huang, CEO de NVIDIA, dans un communiqué.

Pour l’occasion, il affiche des chiffres actualisés illustrant la popularité de cette société basée aux États-Unis, fondée par trois Français : « Plus de 18 millions de développeurs, chercheurs et créateurs utilisent Hugging Face pour partager plus de 3 millions de modèles, 500 000 jeux de données et 1 million d’applications. Plus de 200 000 entreprises utilisent la plateforme pour découvrir, évaluer, personnaliser et déployer l’IA ».

NVIDIA assure que la position de Hugging Face vis-à-vis des modèles ouverts ne changera pas d’un pouce, et se présente d’ailleurs comme le premier contributeur de la plateforme en la matière. Pour Julien Chaumond, directeur technique et cofondateur de Hugging Face, c’est précisément cet engagement qui aurait motivé la startup à se tourner vers le géant des cartes graphiques. Sur X, il déclare :

« L’IA se trouve à un tournant décisif. L’IA open source pourrait perdre de son importance dans les années à venir si les grands laboratoires fermés s’en emparent, OU bien elle pourrait devenir le fondement de la prochaine phase de la civilisation humaine. Ces deux issues sont radicalement différentes, et nous devons mobiliser un nombre suffisant de personnes pour maximiser nos chances d’atteindre la seconde. Compte tenu de la position de Jensen Huang sur l’IA open source et de son engagement à la défendre lorsqu’elle était menacée plus tôt cet été, NVIDIA était le seul partenaire que nous avons sérieusement envisagé. HF restera une plateforme indépendante et neutre. »

Publication initiale, 27 août, 16h54 :

La rumeur bruissait depuis quelques jours : Hugging Face, la célèbre plateforme dédiée à l’hébergement de modèles IA et des jeux de données associés, s’est adjoint les services d’une banque d’affaires pour préparer une opération de grande ampleur. Le faisceau de présomptions vient progressivement de se resserrer, pour aboutir à l’information selon laquelle c’est finalement NVIDIA qui se porterait acquéreur de la startup pour une somme évaluée à 12,9 milliards de dollars.

Un hub incontournable pour les modèles IA

Avancé dès dimanche par BusinessInsider comme une hypothèse sérieuse, le bruit de couloir est aujourd’hui présenté comme un fait avéré par le site The Information, même si aucune des deux entreprises ne l’a pour l’instant confirmé publiquement. Roxanne Varza, directrice de Station F à Paris, qui connait bien les dirigeants pour avoir accueilli Hugging Face dès ses débuts, présente aussi le deal comme conclu. L’annonce officielle ne devrait donc pas tarder.

Hugging Face est pour mémoire une startup fondée en 2016 par trois Français (Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf) aujourd’hui basée à New York et disposant d’un bureau à Paris. Après avoir envisagé à ses débuts de créer un chatbot pour adolescents, elle propose aujourd’hui une plateforme dédiée aux développeurs, chercheurs, data scientists et autres professionnels de la donnée qui exploitent des modèles d’IA (principalement générative), et les jeux de données associés à ces derniers.

Hugging Face revendique 18 millions d’utilisateurs, qui accèdent par son intermédiaire à quelque 3 millions de modèles (open source ou non) et plus d’1 million de jeux de données. NVIDIA se prépare donc à mettre la main sur l’un des carrefours les plus empruntés du monde de l’IA, quelques jours après que le géant du paiement Stripe s’est offert la plateforme OpenRouter.

Reste à voir quelle est la finalité de cette prise de contrôle. En tant que répertoire de modèles, Hugging Face se veut en effet agnostique vis-à-vis des technologies ou des architectures de puces mises en œuvre. Sa plateforme a donc aussi bien vocation à accueillir des modèles exploitant CUDA et optimisés pour les cartes NVIDIA que des alternatives pensées pour d’autres matériels, qu’elles soient états-uniennes, européennes ou chinoises. Ce sont d’ailleurs les modèles chinois Qwen ou GLM qui trustent le classement des modèles les plus populaires.

Une précédente proposition refusée au nom de l’indépendance

The Information voit dans l’opération une façon pour NVIDIA de remettre un pied dans l’univers du cloud, en prévoyant par exemple de profiter de la popularité de Hugging Face pour commercialiser l’accès à de la ressource de calcul hébergée soit par ses soins, soit par les entreprises avec lesquelles la firme entretient des logiques d’investissements croisés.

À 12,9 milliards de dollars annoncée, l’opération devrait offrir une belle culbute aux actionnaires historiques de la startup ainsi qu’à ses fondateurs. Lors de son dernier tour de table en 2023, Hugging Face avait en effet levé 235 millions de dollars sur la base d’une valorisation fixée à 4,5 milliards de dollars. L’opération associait alors les fonds d’investissement de Google, d’IBM, de Salesforce… et de NVIDIA, qui figurait donc déjà au capital de l’entreprise, rappelle Techcrunch.

Certains y verront peut-être une forme de reniement, ou de renoncement, de la part de Hugging Face. En janvier dernier, le Financial Times révélait en effet que la startup avait refusé une proposition d’investissement à hauteur de 500 millions de dollars, formulée, déjà, par NVIDIA. À l’époque, le CEO Clément Delangue et son équipe arguaient, selon le FT, de la nécessité de maintenir une forme d’indépendance vis-à-vis de l’un des principaux fournisseurs du secteur. L’opération aurait valorisé Hugging Face aux alentours de 7 milliards de dollars.

D’après The Information, Hugging Face réalise un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 150 millions de dollars. NVIDIA devrait donc payer 86 fois ce chiffre d’affaires pour mettre la main sur l’entreprise, réalisant au passage la plus grosse acquisition de son histoire.

Le montant est cependant à mettre en regard avec les derniers résultats financiers publiés par la firme au caméléon. Elle a fait état mercredi 26 août au soir d’un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars pour le deuxième trimestre de son exercice fiscal, en hausse de 18 % sur trois mois et de 106 % sur un an. Il est surtout associé à une rentabilité exceptionnelle, avec une marge brute maintenue aux alentours de 74 %, et près de 60 milliards de dollars de résultat net sur le trimestre.

Hugging Face lance un robot à 400 dollars

Le CEO de Hugging Face s’est offert un petit pied de nez sur ses réseaux sociaux en annonçant jeudi, en majuscules, une « énorme nouvelle ». Là où tout le monde attendait sans doute la confirmation du deal, l’entreprise a dévoilé un nouveau produit issu de l’une de ses acquisitions récentes, la startup bordelaise Pollen Robotics.

Le robot MicroDuck a été développé par la startup bordelaise Pollen Robotics – crédit Hugging Face

Baptisé Microduck, il prend la forme d’un petit robot open source de 25 cm de haut qui peut « marcher, ramasser des objets, se relever après une chute et même faire du roller ». Doté de 15 moteurs, d’une caméra, d’un capteur LiDAR et de sept mouvements préconfigurés, il se destine principalement à l’apprentissage par renforcement et à l’apprentissage de la programmation. Mise à prix : 340 euros hors taxe et frais de livraison, avec de premières livraisons attendues aux alentours de Noël.

☕️ Garantie sans IA, LibreOffice 26.8 équilibre mieux les textes justifiés

27 août 2026 à 08:54


La Document Foundation a publié mercredi 26 août la version 26.8 de sa suite bureautique libre et gratuite, LibreOffice. Chacun de ses six outils (Writer, Calc, Draw, Base, Impress et Math) profite d’améliorations et d’optimisations diverses, avec des clients garantis sans IA générative et sans aucun appel réseau nécessaire au fonctionnement.

« Il s’agit d’une position délibérée. Toute organisation traitant des données confidentielles, protégées par le secret professionnel ou personnelles doit savoir où ces données sont stockées, et la seule garantie valable en cas d’audit est qu’elles ne quittent pas le système », justifie la fondation, qui prend donc volontairement le contrepied de l’IA générative omniprésente dans l’environnement Microsoft Office.

Du côté des nouveautés, LibreOffice 26.8 met notamment l’accès sur la qualité de la typographie au sein du traitement de texte Writer. Ce dernier s’enrichit d’un nouvel outil de composition à l’échelle du paragraphe, qui sait réduire ou augmenter dynamiquement l’espace entre les mots des lignes adjacentes pour éviter les écarts disgracieux au sein d’un texte justifié.

L’affichage profite quant à lui d’un mode brouillon, qui permet d’afficher le texte brut sans mise en forme. Pour limiter les fausses manipulations, Writer dispose également d’une nouvelle option pour empêcher le remplacement de la sélection en cours par le texte tapé. Au passage, l’équipe LibreOffice indique que le temps d’ouverture des gros documents contenant des images devrait être amélioré.

L’interface adopte maintenant un code couleur (personnalisable) facilitant l’identification des différents logiciels de la suite.

Writer, Calc ou Impress reprennent le code couleur de la suite Office – crédit TDF

En parallèle des notes de version, qui listent de façon exhaustive les changements apportés aux six logiciels, la Document Foundation souligne avoir commencé à travailler à la prise en charge des nouveaux formats de graphiques (cascade, Pareto, arborescence, etc.) inaugurés par Microsoft et déclinés au travers des fichiers OOXML.

« Ces graphiques ne peuvent pas encore être affichés ni modifiés. LibreOffice affiche un message identifiant le type non pris en charge et conserve la définition sous-jacente, de sorte qu’un fichier ouvert et enregistré dans LibreOffice est renvoyé intact à son application d’origine », précise-t-elle.

Rappelons que la fondation, qui défend le format standardisé ODF (Open Document Format) critique régulièrement OOXML. Elle reproche en effet à Microsoft d’entretenir une impression fallacieuse d’ouverture en ayant réussi à faire d’Office Open XML (OOXML) une norme ISO, tout en implémentant une version différente du format dans ses logiciels.

La fondation a profité de cette publication pour récapituler les derniers chiffres de téléchargements de LibreOffice, qui montrent des volumes en hausse sur les premiers mois de 2026 par rapport aux années précédentes. Un regain d’intérêt que l’on peut sans doute rapprocher au moins partiellement de la problématique liée à la fin de vie de Windows 10 et à l’engouement grandissant pour Linux sur les ordinateurs personnels.

Volume de téléchargements de LibreOffice par mois entre 2024 et 2026. La fondation ne précise pas la ventilation par systèmes d’exploitation – crédit TDF

LibreOffice26.8 est disponible au téléchargement gratuit pour Windows, macOS et Linux, en x86 ou ARM64 et en 120 langues.

☕️ En hommage à Tim Curry, le jeu Brütal Legend est téléchargeable gratuitement jusqu’à midi

27 août 2026 à 06:08


En hommage à l’acteur Tim Curry, décédé le 25 août à l’âge de 80 ans, le studio Double Fine propose au téléchargement gratuit la version PC du jeu Brütal Legend. L’opération court sur une durée de 666 minutes, et prend fin jeudi 27août à midi, heure de Paris. Pour accéder au jeu (proposé en version Windows, Ubuntu et macOS 32 ou 64 bits), il vous faudra tout de même créer un compte sur la plateforme Itch.io, au travers de laquelle est réalisée l’opération.

Loin de nous l’idée de tomber dans une frénésie de bons plans, mais cet hommage nous paraissait mériter d’être signalé à deux titres. D’abord parce que, comme bon nombre d’entre vous sans doute, nous avons grandi avec les films dans lesquels jouait Tim Curry, de Maman, j’ai encore raté l’avion à Legend en passant par The Rocky Horror Picture Show ou Ça, l’adaptation du roman de Stephen King dans laquelle il prête ses traits au célèbre clown.

Ensuite, parce que Brütal Legend, dirigé par Tim Schafer chez Double Fine Productions, est un drôle d’objet vidéoludique. Sorti en 2009 sur console (Xbox 360 et PS3) avant d’être porté sur PC en 2013, il propose au joueur d’incarner un roadie (technicien qui monte les scènes de concert) téléporté dans un univers aux accents infernaux inspiré du heavy metal.

Brutal Legend – crédit Double Fine Production

Sous les traits de l’acteur Jack Black, on y alterne séquences d’exploration, de beat-them-all et de stratégie, tout au long d’un scénario qui permet de croiser de nombreuses stars du genre, dont Lemmy Kilmister ou Ozzy Osbourne, avant de rencontrer le principal adversaire, Lord Doviculus, à qui Tim Curry prête son visage. Crédité d’un honnête 8/10 par CanardPC à sa sortie, le jeu dispose d’une bande son qui ravira les amateurs du genre.

D’aucuns se souviendront que Tim Curry incarnait également Anatoly Cherdenko, le président soviétique, dans Command and Conquer : Alerte rouge 3.

☕️ AWS rachète DuckLabs, l’équipe derrière le moteur SQL open source DuckDB

26 août 2026 à 15:22


Amazon a annoncé mercredi 26 août l’acquisition de DuckLabs, la société néerlandaise à qui l’on doit le moteur de base de données SQL DuckDB. À la fois léger et puissant, DuckDB s’est rapidement forgé une réputation d’efficacité pour les tâches liées à l’analyse de données et au traitement de fichiers volumineux. Le logiciel, créé en 2019 et régulièrement mis à jour, est distribué sous licence MIT.

L’acquéreur précise bien qu’il ne rachète pas le projet DuckDB, qui reste open source, mais l’entreprise DuckLabs, et notamment l’expertise de son codirigeant, Mark Raasveldt, créateur du moteur.

« Rejoindre AWS nous donne les ressources et la portée nécessaires pour proposer cette technologie à un nombre beaucoup plus important de développeurs et d’organisations, et pour poursuivre des idées à une échelle que nous aurions eu du mal à atteindre seuls », commentent les deux dirigeants de DuckLabs dans un billet dédié.

L’entreprise, fondée en 2021, compte aujourd’hui une trentaine de collaborateurs, qui délivrent des services d’intégration ou de support associés à DuckDB (ainsi qu’à ses produits satellites, DuckLake et Quack), tout en contribuant au projet principal.

Aperçu de l’interface graphique DuckDB – crédit DuckLabs

DuckLabs rappelle que la gouvernance de DuckDB relève d’une fondation dédiée, déjà soutenue financièrement par AWS. Cette fondation sera bientôt dotée d’un conseil consultatif technique, auquel le géant du cloud devrait logiquement figurer en tant que partie prenante, désormais significative, de l’écosystème associé.

« La fondation à but non lucratif DuckDB continuera de gérer ces projets, et l’équipe de DuckLabs continuera d’y contribuer et restera basée à Amsterdam », assurent les dirigeants, selon qui DuckDB enregistre plus d’un million de téléchargements par jour.

« L’équipe de DuckLabs possède une expertise de pointe en ingénierie de bases de données et une solide expérience dans la création de logiciels plébiscités par les développeurs. Ensemble, nous rendrons l’analyse AWS plus rapide, plus simple et plus économique pour nos clients », déclare de son côté Amazon, qui espère une transaction bouclée d’ici septembre. Le montant de l’acquisition n’a pas été communiqué.

☕️ Apple fracasse le prix d’un de ses produits phare (sa chiffonnette)

26 août 2026 à 07:47


L’événement est tel qu’il mérite bien que nous nous autorisions un brin de clickbait : Apple vient de revoir à la baisse, et dans des proportions substantielles, le prix de sa célèbre « chiffonnette ».

Historiquement affiché à 25 euros dans la version européenne de sa boutique en ligne (un prix déjà très compétitif face au carré Hermès), cet élément de tissu siglé de la célèbre pomme se négocie désormais à 10 euros tout rond, TVA incluse, soit une ristourne de tout de même 60 %.

Habemus chiffonnettam – crédit Apple

En ces temps d’inflation galopante, la nouvelle mérite assurément d’être célébrée. Ladite chiffonnette chante une ode à la lutte contre l’obsolescence programmée. Sur sa fiche, on apprend ainsi que cet élégant tissu synthétique est compatible avec plus de 140 appareils Apple, dont toute la famille iPhone, à l’exception des modèles Edge, 3G et 4 dont la gloire n’est finalement pas immarcescible.

L’annonce est d’autant plus fracassante que la susnommée chiffonnette semble n’avoir rien perdu de ses formidables qualités. D’après Apple, elle est ainsi toujours « constituée d’un matériau non abrasif doux au toucher », et sait toujours nettoyer « n’importe quel écran Apple, y compris les écrans nano‑texturés, de façon efficace et sûre ». Rien à voir donc avec les microfibres suédées du vulgus pecum.

Cerise sur la chiffonnette : contrairement aux nouveaux Mac Mini et Mac Studio, le meilleur ennemi de vos doigts tout graisseux est immédiatement disponible.

☕️ X contraint Nitter et XCancel à suspendre leur service alternatif

26 août 2026 à 06:39


Le projet open source Nitter et l’une de ses instances XCancel constituent une alternative pour tous les internautes qui souhaitent consulter ou partager des publications X (anciennement Twitter) sans renvoyer de trafic vers la plateforme sociale détenue par Elon Musk, devoir y créer un compte ou nourrir son réservoir de données marketing.

Problème : Nitter et XCancel ne sont plus accessibles : les deux adresses indiquent avoir dû suspendre leurs opérations, suite à la réception d’une ordonnance de cessation et d’abstention (cease and desist) émanant de X.

« Le 24 août 2026, la société X Corp. a envoyé des mises en demeure exigeant la fermeture définitive des instances de Nitter et du dépôt du projet. nitter.net est hors ligne et le développement est temporairement suspendu. Je consulte un avocat et ne ferai aucun autre commentaire pour le moment. Merci à tous ceux qui ont utilisé, hébergé, empaqueté, fait un don ou contribué à Nitter au cours des sept dernières années », écrit ainsi zedeus, le responsable de Nitter, dont le dépôt GitHub a été placé en statut archivé mardi 25 août.

Le mainteneur de Nitter annonce la suspension du service – capture d’écran

Même son de cloche chez XCancel :

« Le lundi 24 août à 20h00 heure de New York, nous avons reçu une lettre de X Corp. nous demandant de cesser immédiatement le service XCancel. Le service XCancel est suspendu jusqu’à nouvel ordre. Nous consultons nos avocats et ne communiquerons pas plus de détails pour le moment. Nous vous remercions de la confiance que vous nous avez accordée durant ces deux années d’utilisation de XCancel. »

Dans le viseur d’Elon Musk dès 2023, Nitter avait déjà subi un premier coup d’arrêt début 2024. À l’époque, ce sont des modifications apportées par X aux interfaces de programmation (API) utilisées par Nitter pour collecter les messages qui avaient entravé la bonne marche de l’outil, conduisant à sa mise en pause.

L’actuel mainteneur, zedeus, avait repris Nitter en main en février 2025. « Héberger une instance est actuellement complexe et coûteux, mais pas impossible. Pour une petite instance privée, c’est assez simple et gratuit, mais une grande instance publique est une autre histoire », expliquait-il alors.

☕️ La mutuelle Solimut alerte sur une violation de données personnelles

25 août 2026 à 09:04


La mutuelle Solimut, qui revendique 535 000 adhérents, a indiqué lundi avoir identifié « une cyberattaque ayant entrainé une violation de données personnelles en début de journée ce dimanche 23 août 2026 ». Sur son site, elle indique que ses équipes ont rapidement mis un terme à l’intrusion, et s’attellent désormais à « inventorier de façon précise le périmètre touché ».

Solimut affirme par ailleurs avoir déjà notifié la cyberattaque auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), et se préparer à en faire de même auprès de la CNIL « dans les délais attendus ». Elle promet par ailleurs qu’une communication plus précise sera adressée à ses adhérents une fois les investigations menées à leur terme. En attendant, elle invite « les adhérentes et les adhérents à être prudents dans les prochains jours sur les sollicitations qu’ils pourraient recevoir en cas de prises de contact par mail ou par téléphone d’entités externes à la mutuelle ».

L’avertissement prend la forme d’une annonce affichée en popup sur le site de Solimut – capture d’écran Next

Ce message fait suite à la publication, samedi 22 août, d’une annonce proposant à la vente un jeu de données extrait des systèmes de Solimut. D’après cette revendication, le lot répertorierait des informations relatives à 1,2 million d’assurés, dont plus d’un million de bulletins de salaire et quelque 770 000 comptes bancaires.

Le compte X qui se revendique du pseudonyme ZeroBytes, impliqué dans le récent trio d’attaques sur les systèmes de la DGFiP, a publiquement interpellé Solimut dimanche 23 août, évoquant une injection SQL ayant « permis l’extraction de 4 401 062 lignes, dont 779 750 IBAN et 1 366 638 NIR ».

La loi visant à interdire les téléphones portables au lycée est promulguée et publiée

25 août 2026 à 06:52
Si les voeux étaient des poissons, nous lancerions tous des filets
La loi visant à interdire les téléphones portables au lycée est promulguée et publiée

Promulguée lundi par Emmanuel Macron, la loi instaurant l’interdiction des téléphones portables au lycée a été publiée au Journal Officiel. La mesure dispose donc désormais d’un cadre juridique, à temps pour la rentrée de septembre, mais de sérieux doutes planent toujours sur la capacité des établissements scolaires à la mettre en œuvre dans un délai aussi court.

Maintes fois répétée par le chef de l’État, la promesse de l’interdiction du téléphone portable au lycée à temps pour la rentrée de septembre est finalement tenue, au moins sur le papier. Lundi, Emmanuel Macron a en effet annoncé, sur X, avoir promulgué la loi associée. « Une école sans téléphone, c’est retrouver la sérénité de l’apprentissage », a-t-il déclaré.

Quelques heures plus tôt, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon avait confirmé l’imminence de cette promulgation, en sortie de conseil des ministres. Évoquant la censure partielle de la loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » par le Conseil constitutionnel, elle avait néanmoins estimé que « l’interdiction des portables dans les lycées pourra être effective dès la rentrée avec un cadre juridique stable, consolidé et législatif ». Cette mesure, portée par l’article 3 de la loi, n’a en effet pas été censurée par les Sages.

Interdire et sensibiliser

Après la promulgation, place à la publication : la « loi n° 2026 - 813 du 24 août 2026 » figure bien au chapitre du Journal Officiel daté du mardi 25 août. Amputée de sa principale composante liée à l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, elle dispose explicitement que l’interdiction des portables, déjà en vigueur en primaire et au collège, s’étend désormais aux lycées.

Pour ce faire, elle modifie l’article L511-5 du Code de l’éducation, en renvoyant la mise en œuvre de la mesure au règlement intérieur de l’établissement concerné et en prévoyant une exception possible pour les formations supérieures dispensées au sein des lycées (classes préparatoires notamment) :

« Les modalités d’application de cette interdiction et les exceptions à celle-ci sont déterminées par le règlement intérieur en cohérence avec le projet d’école ou d’établissement. Dans les lycées dispensant des formations de l’enseignement supérieur, le règlement intérieur peut prévoir des dispositions particulières pour les étudiants. »

La nouvelle loi ajoute également au projet d’école ou d’établissement un pan spécifiquement lié à « l’utilisation des technologies numériques au sein de l’école ou de l’établissement ainsi que des actions menées auprès des élèves, du personnel et des parents en matière de sensibilisation aux effets nocifs d’une exposition non raisonnée aux écrans et au caractère addictif des réseaux sociaux, notamment au regard des enjeux de santé publique ».

Un vœu pieux ?

Du cadre juridique à la mise en œuvre effective de l’interdiction, il y a cependant un pas, que de nombreux syndicats du monde enseignant estiment difficile, voire impossible, à franchir dans de bonnes conditions. Nombre d’entre eux alertent depuis des mois sur la nécessité d’une concertation préalable avec la communauté éducative et sur le caractère contestable de la mesure, qualifiée de simpliste au regard des enjeux complexes qu’elle recouvre.

De façon plus prosaïque, certains remarquent que le calendrier n’est pas tenable : fermés pendant l’été, les établissements n’ont tout simplement pas le temps de procéder aux formalités nécessaires à la modification de leur règlement intérieur. « Les établissements attaquent une année dans laquelle la règle n’est pas écrite dans le règlement intérieur, sauf ceux qui avaient peut-être tenté d’anticiper quelque chose, mais ça reste très très parcellaire », regrette par exemple François Resnais, secrétaire national du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissement, cité par l’AFP.

De son côté, le ministère de l’Éducation nationale a tenté de préparer le terrain, mais bien tard au regard de la fermeture estivale des lycées. Son vademecum dédié à l’interdiction des portables (PDF), daté de juin 2026, rappelle d’ailleurs le processus de mise à jour du règlement intérieur :

« Les élèves doivent être consultés notamment dans le cadre du conseil des délégués pour la vie lycéenne. (…) L’inscription de l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés, ainsi que les dérogations éventuelles, dans le règlement intérieur doit ensuite être adoptée par le conseil d’administration (article R. 421 - 20) avant transmission de la délibération au recteur d’académie (article R. 421 - 55). »

S’il prône l’accompagnement pédagogique, ce vademecum invite également les chefs d’établissement à réfléchir au régime de sanctions à appliquer en cas de non-respect de l’interdiction. « Ces réponses doivent être adaptées à chaque situation (c’est-à-dire graduées, personnalisées et proportionnées). Il peut s’agir d’une punition, notamment de la confiscation de l’objet voire d’une sanction disciplinaire », résume-t-il.

Une circulaire du ministère, datée du 2 juillet, invitait quant à elle à faire preuve de flexibilité dans la mise en œuvre de l’interdiction pour ne pas pénaliser le fonctionnement du lycée. « Ainsi, des dérogations limitatives peuvent être prévues pour permettre des usages pédagogiques ou s’adapter à certaines nécessités administratives ou organisationnelles telles que le fonctionnement du centre de documentation et d’information, du service de restauration ou d’hébergement ». Les lycéens apprécieront certainement.

L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans toujours dans le viseur

Sur le sujet plus sensible de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, et donc de la vérification d’âge systématique qu’elle imposerait aux utilisateurs de ces derniers, le gouvernement accuse réception de la censure du Conseil constitutionnel, mais dit maintenir son objectif.

« En parallèle, il y a des initiatives européennes, il y a la mission qui a été donnée au Premier ministre de réfléchir et d’avancer sur un travail qui prendrait en compte les remarques du Conseil constitutionnel. (…) L’objectif du président de la République d’avoir un cadre stabilisé d’ici au printemps prochain pour protéger nos enfants et nos jeunes est évidemment un objectif que nous continuons à poursuivre », a déclaré Maud Bregeon.

☕️ Protection des enfants : TikTok solde une plainte des États-Unis pour 400M$

24 août 2026 à 10:37


Le Department of Justice (DoJ) des États-Unis a annoncé vendredi 21 août avoir conclu un accord avec TikTok pour solder les poursuites engagées à son encontre en 2024 en raison d’une protection insuffisante des mineurs sur son réseau social.

En échange de cet abandon, TikTok s’engage à verser immédiatement 300 millions de dollars, et 100 millions de dollars supplémentaires quand un juge aura annulé une précédente injonction remontant à 2019. Cette dernière imposait au réseau social, qui s’appelait alors Musical.ly, une surveillance renforcée et constituait une menace supplémentaire en cas de violation avérée de la loi COPPA (Children’s Online Privacy Protection Act).

TikTok s’exonère ainsi des poursuites engagées à son encontre en 2024 par le DOJ et la FTC, chargée de veiller à l’application de la loi COPPA. La plainte (PDF) formulait trois griefs principaux à l’encontre de TikTok et de sa maison mère, le groupe chinois Bytedance : la possibilité offerte aux enfants de créer un compte sans consentement d’un adulte responsable et l’utilisation à des fins marketing des données associées, le non-respect des demandes de suppression formulées par les parents, et une défaillance qualifiée de « systémique » de la modération chargée de veiller à évincer les comptes manifestement associés à des enfants.

Flock pour Next

Le DoJ rappelle que « TikTok a connu des changements importants au niveau de sa structure de propriété, de sa direction, de ses fonctions de conformité et de ses pratiques en matière de protection de la vie privée ». Il fait ici référence au long bras de fer engagé par Donald Trump pour que la branche US du réseau social passe sous contrôle d’une société détenue majoritairement par des acteurs états-uniens. Annoncé fin 2025, le transfert a été réalisé début 2026.

Les premiers changements découlant de cette nouvelle gouvernance n’allaient pas précisément dans le sens d’un respect accru de la vie privée, au contraire. Le DoJ estime néanmoins que TikTok a désormais mis en œuvre les mesures nécessaires à la protection des jeunes publics : « Ces évolutions ont considérablement contribué à la réalisation des intérêts publics sous-jacents à la procédure engagée par le ministère et ont renforcé la protection de millions de familles américaines ».

TikTok solde ainsi un dossier judiciaire, mais d’autres procédures restent ouvertes à son encontre outre-Atlantique, notamment celle initiée par 14 procureurs généraux en octobre 2024. Le réseau social y est attaqué pour les mêmes manquements, mais sur une base différente : ici, ce n’est pas la loi fédérale COPPA qui est invoquée, mais le droit de la consommation de chacun des 14 États concernés.

En Europe, le réseau social est également dans la ligne de mire de la Commission européenne, dont les conclusions préliminaires, publiées fin juillet, estiment que TikTok ne répond pas correctement aux obligations de protection des jeunes publics prévues par le DSA.

GTA 6 : Take-Two traque l’auteur des fuites et son memecoin lucratif

24 août 2026 à 08:55
Le fermier piste la foule
GTA 6 : Take-Two traque l’auteur des fuites et son memecoin lucratif

Alors que plusieurs nouveaux extraits vidéo sont apparus sur les réseaux sociaux, Take-Two et Rockstar se tournent vers la justice états-unienne pour obtenir de Microsoft, Discord et X les informations qui permettraient d’identifier le responsable des fuites liées à GTA VI, pendant que l’intéressé tire profit des transactions réalisées à l’aide de son memecoin.

Depuis le 18 août, date de diffusion des premiers éléments censés illustrer le comportement en jeu du futur GTA 6, Rockstar et Take-Two multiplient les actions de « notice and take down » (notification et retrait) pour faire disparaitre les vidéos des plateformes sociales. À ce stade, le studio et l’éditeur n’ont cependant pas confirmé la fuite, ni communiqué publiquement sur la façon dont cette dernière aurait pu se dérouler, ou ses éventuelles conséquences sur le lancement du jeu, toujours programmé au 19 novembre prochain sur PS5 et Xbox.

Take-Two invoque le DMCA pour identifier Cyberleek

Rockstar et Take-Two ont en revanche très officiellement pris le mors aux dents pour essayer d’identifier la personne, ou le groupe de personnes, qui se cache derrière le pseudonyme Cyberleek et qui a déjà diffusé plus d’une dizaine d’extraits vidéo qui semblent avoir été réalisés à partir d’une version jouable du jeu. Dans l’une de ces vidéos, on voit en effet le personnage incarné par le joueur tracer le mot Leek, allusion explicite au pseudonyme Cyberleek.

Vendredi 20 août, l’éditeur a notamment obtenu d’une cour fédérale de New York une injonction (PDF) destinée à Microsoft et Discord, obligeant les deux sociétés à « produire l’identité des entités ou des personnes soupçonnées de porter atteinte aux droits d’auteur de Take-Two Interactive Software, Inc. ». Le lendemain, il a déposé une nouvelle requête, adressée cette fois à X (PDF). Elle invoque à nouveau la loi états-unienne de protection du droit d’auteur (Digital Millennium Copyright Act, ou DMCA), pour exiger du réseau social toutes les informations permettant d’identifier le détenteur du compte @cyberleek_ar_io.

D’après la plainte, les contenus diffusés par ce compte enfreignent « les droits d’auteur détenus par Take-Two pour GRAND THEFT AUTO VI, logiciel propriétaire appartenant à Take-Two (…) Le matériel protégé comprend, sans s’y limiter, le contenu audiovisuel, les illustrations, les images, les dialogues et autres éléments créatifs ».

Le compte en question a déjà été suspendu par X, tout comme le compte Telegram par lequel le pirate communiquait avec son audience. Sa présence identifiable en ligne se résume de ce fait maintenant à son site Web, sur lequel l’intéressé propose de voter pour choisir le contenu de sa prochaine divulgation de contenu issu du jeu, en échange d’une transaction en cryptomonnaie.

Un site hébergé sur une blockchain à stockage « permanent »

La maison mère de GTA risque d’avoir besoin de moyens plus musclés qu’une simple injonction judiciaire pour obtenir la fermeture du site en question. Celui-ci n’est en effet pas situé chez un prestataire standard (qui pourrait recevoir la notification et procéder au retrait) : il est hébergé sur le protocole de stockage décentralisé Arweave, qui promet un stockage permanent des données sur une blockchain dédiée en échange d’un paiement unique au moment du dépôt.

Sur ce site, le pirate propose aux internautes de voter pour le contenu de sa prochaine révélation, en exploitant une cryptomonnaie éponyme, elle-même basée sur le protocole Solana. En fouillant dans les registres de cette dernière, on découvre que l’opération a fait l’objet d’un montage complexe, visant à dissimuler au maximum les traces qui permettraient de remonter à l’émetteur.

On apprend aussi que le memecoin Cyberleek, utilisé pour ces transactions, a été lancé le 15 août, soit trois jours avant la première fuite. On constate enfin que la mécanique se révèle lucrative à plus d’un titre. De quoi écorner le discours du pirate selon lequel cette fuite est motivée par la volonté de lutter contre la politique de dématérialisation envisagée par Rockstar…

Un memecoin lucratif à plus d’un titre

En partant de l’adresse utilisée par le(s) pirate(s) pour collecter les paiements des internautes en échange de leur vote, nous avons retracé les principales étapes de la création de ce memecoin, le 15 août dernier. L’émetteur a d’abord collecté l’équivalent de 25 000 dollars en SOL (la cryptomonnaie Solana) au travers d’un portefeuille intermédiaire, lui même alimenté de 47 versements réalisés depuis 13 adresses différentes.

À partir de cette mise de départ, il a ensuite créé la monnaie Cyberleek, en émettant 1 milliard de tokens, dont 270 millions ont été envoyés, environ sept minutes après création, sur une adresse distincte.

Tout ou partie du solde a été ouvert aux échanges. La popularité de GTA 6 et la médiatisation associée aux fuites ont rapidement contribué à la visibilité du jeton Cyberleek, dont la valorisation s’est envolée, bien qu’elle ne soit adossée sur aucune valeur tangible.

Typique des memecoins (une cryptomonnaie adossée à un phénomène viral plutôt qu’à un actif concret ou une promesse tangible), cette volatilité est doublement lucrative pour l’émetteur. Outre sa réserve d’actifs qui prend de la valeur avec les mouvements spéculatifs, on constate en effet que le wallet (portefeuille) qui a servi à la création reçoit des versements associés aux frais de transaction appliqués sur les échanges en Cyberleek.

Evolution du cours du Cyberleek – source Coinmarketcap, capture d’écran Next

Dans ce cas précis, l’émetteur a choisi de ne pas capitaliser sur sa réserve d’actifs. L’historique du portefeuille qui l’abritait révèle que les 270 millions de tokens placés en réserve ont été brûlés (détruits) samedi 22 août, une façon peut-être de renforcer le narratif selon lequel la démarche de piratage est altruiste et non motivée par l’appât du gain.

270 millions de tokens ont été brûlés le 22 août, pour une valeur approximative de 795 000 dollars au cours du Cyberleek au moment de l’opération – capture d’écran Next

Notons que ces éléments, documentés par nos soins après analyse des transactions publiques recensées sur le registre de la blockchain Solana, sont parcellaires et ignorent sans doute certains aspects de la mécanique mise en place. Le calendrier qu’ils confirment, calibré pour que la fuite serve de catalyseur au memecoin et la complexité qu’ils esquissent laissent toutefois augurer une démarche préméditée et élaborée avec soin, qui fait plus penser à un réseau organisé qu’à un pirate isolé œuvrant pour la préservation des jeux sur support physique…

Une nouvelle attaque sur la supply chain vise les développeurs Rust via arrayref

21 août 2026 à 12:27
De l'intérêt d'être INdépendant
Une nouvelle attaque sur la supply chain vise les développeurs Rust via arrayref

L’équipe Rust a signalé jeudi une attaque visant un crate très populaire, arrayref. Elle a permis, pendant un peu plus d’une heure, de distribuer des composants vérolés vraisemblablement destinés à la récupération de mots de passe sur les machines des utilisateurs finaux. L’incident, rapidement contenu, s’inscrit dans une longue liste d’attaques visant la chaîne d’approvisionnement.

L’équipe en charge de la maintenance du langage Rust et de ses composants a alerté jeudi 20 août d’une attaque visant arrayref, un crate (l’unité de compilation de base, qui se présente soit sous forme de binaires, soit comme une bibliothèque) très courant.

Pour ce faire, les auteurs ont réussi à publier sur crates.io, le registre de paquets Rust, un composant baptisé proc-macro1. Il contenait un build script (code qui s’exécute à la compilation) ayant pour objet de déclencher le téléchargement d’une charge malveillante de type infostealer (vol de données).

Une charge calculée pour extraire des données

Pour favoriser la diffusion de leur attaque (dont le nom est une forme de typosquatting d’un autre crate légitime, proc-macro2), les attaquants ont réussi à modifier le crate arrayref pour que leur charge soit appelée lors de l’utilisation de ce dernier. Ils ont également piégé de la même façon d’autres composants courants (internment, append-only-vec).

D’après l’équipe Rust, la fenêtre de diffusion s’est heureusement révélée limitée, suite à une alerte rapidement formulée par les chercheurs de Nextron Systems. Elle estime ainsi que les composants vérolés sont restés en ligne entre 90 et 107 minutes : un laps de temps trop court pour permettre une propagation à grande échelle, mais tout de même suffisamment long pour que des développeurs aient pu être touchés.

« Nous vous recommandons de vérifier vos dépendances locales pour vous assurer que ces crates n’ont pas été téléchargées », déclare ainsi l’équipe Rust, qui invite à vérifier le contenu du dossier ~/.cargo/registry/cache pour y débusquer les éventuelles versions vérolées.

Deux chercheurs de l’entreprise de cybersécurité Wiz (passée aux mains de Google en mars 2026) ont détaillé le contenu exact de la charge malveillante. Lancée donc dès la compilation, elle a vocation à reconstruire une URL de destination pour l’envoi de données volées, désactiver la validation d’un certificat TLS et ainsi autoriser le contrôle et commande à distance (C2).

Elle télécharge ensuite un composant spécifique à l’OS et à l’architecture de la machine et lance ce dernier, qui commence ensuite à extraire des informations, en s’intéressant notamment aux identifiants stockés au niveau du navigateur. Il s’installe par ailleurs de façon persistante, soit via le registre Windows, soit au moyen de LaunchAgent (macOS) ou systemd (Linux).

Le compte d’un mainteneur compromis

Les attaquants n’ont probablement pas choisi leur cible au hasard. Le crate arrayref compte en effet la bagatelle de 245 millions de téléchargements, et il est utilisé comme dépendance dans 400 autres crates populaires, utilisés notamment sur les chaînes de blocs Ethereum et Solana, associées à des cryptomonnaies bien connues.

La subtilité ici réside dans le fait que le crate arrayref ne comportait en tant que tel aucun code malveillant, notent les chercheurs de Step Security : c’est simplement son fichier de dépendances qui était modifié.

La version corrompue, arrayref@0.3.10, semble avoir été publiée depuis le compte d’un mainteneur Rust historique, et non des moindres puisqu’il s’agirait de l’auteur du crate initial, initialement publié il y a 15 ans. « Nous ne pensons pas que l’auteur d’arrayref agisse de manière malveillante, mais son ordinateur ou ses identifiants sont probablement compromis, et nous essayons de le contacter », indique l’équipe Rust.

Dans la foulée de la publication, les attaquants ont yanké (retiré) les versions 0.3.5 à 0.3.9 du crate arrayref pour que les développeurs soient enclins à lancer cargo update, la commande de mise à jour censée précisément les protéger lorsque leur environnement exploite une version obsolète (et donc potentiellement vulnérable) d’un composant.

L’attaque a donné lieu à la publication, vendredi, d’une CVE (2026 - 77651) qualifiée de critique avec un score de 9,8.

Pour Wiz, le mode opératoire et une adresse IP détectée par l’une des victimes de l’attaque rappellent directement de précédentes attaques sur la chaîne d’approvisionnement (supply chain) telles que celles menées ces derniers mois contre Trivy, Axios et npm.

GitHub attribue (encore) sa panne du 17 août à un problème de capacité

21 août 2026 à 08:43
Too fast too furious
GitHub attribue (encore) sa panne du 17 août à un problème de capacité

GitHub a été victime lundi d’une panne globale qui a entraîné une interruption de service de plus de 7 heures. Dans son post-mortem, la plateforme invoque une nouvelle fois un problème de capacité, dû à l’explosion du volume de requêtes découlant des pratiques liées à l’IA générative. Et promet, encore, qu’on ne l’y reprendra plus.

La panne du 17 août a finalement duré 7 heures et 47 minutes, d’après le décompte officiel. « Si vous avez essayé de livrer du code ce jour-là, on vous a laissé tomber », admet Vlad Fedorov, directeur technique de GitHub, dans un billet de blog en forme de post-mortem. L’incident, largement relayé sur les réseaux sociaux, a en effet touché la quasi-totalité des services de la plateforme, qu’il s’agisse de l’authentification, du site Web proprement dit, de l’accès aux dépôts, des pull requests ou des fonctions d’IA générative Copilot.

Le mea culpa se justifie d’autant plus que cet incident n’est pas isolé. Comme le rappelle Fedorov, GitHub a déjà été victime d’une panne de grande ampleur le 6 août dernier. Les premiers mois de l’année ont eux aussi été marqués par une série de dysfonctionnements ponctuels ou de ralentissements. Elle avait conduit l’entreprise, propriété de Microsoft, à présenter ses excuses aux développeurs en avril dernier.

Un pic de trafic le 17 août

Que s’est-il précisément passé lundi ? GitHub indique que la panne n’est due ni à une faille de sécurité, ni à une erreur manuelle. D’après Fedorov, elle découle purement et simplement d’un pic de trafic que les infrastructures en place n’ont pas été capables d’absorber correctement. « La pression sur la capacité qui en a résulté s’est propagée à l’ensemble de nos systèmes, provoquant des échecs d’authentification et perturbant plusieurs services GitHub », décrit l’intéressé.

C’est au niveau d’un composant critique, hébergé dans le datacenter Central US, que la congestion est intervenue, comme le révèle le rapport d’incident associé :

« À l’origine, ce problème était dû à un pod sidecar Istio ayant atteint ses limites de concurrence et ne parvenant pas à une mise à l’échelle automatique correcte en raison d’une politique mal configurée qui surveillait le service hôte mais pas les limites du sidecar. Cette défaillance s’est propagée en cascade, et finalement quatre nœuds HAProxy ont atteint leurs limites de flux, dégradant le chemin d’authentification de la passerelle et provoquant une latence et des échecs d’authentification généralisés. »

En réponse, les équipes techniques ont mis en place des routes parallèles, isolé l’infrastructure concernée, suspendu HAProxy sur les nœuds concernés et lancé la restauration des différents services tombés, mais le plan de continuité ne s’est pas déroulé tout à fait comme prévu. « Des erreurs dans ces services ont déclenché une boucle de nouvelles tentatives côté client, ce qui a augmenté le trafic pendant la récupération. Nous avons dû atténuer ce comportement avant de pouvoir rétablir le trafic en toute sécurité », explique le CTO.

Le service Copilot est quant à lui resté interrompu plusieurs heures supplémentaires, en raison d’un autre problème inédit :

« Une partie du trafic défaillant a été redirigée du centre des États-Unis vers le nord de la Virginie, où elle a été acheminée avec succès jusqu’à ce que la panne réseau dans le centre des États-Unis soit identifiée et résolue. Des réponses tardives à un point de terminaison interne ont déclenché un bug latent de nouvelle tentative dans VS Code, amplifiant le trafic d’environ 10 fois et provoquant un retard de rétablissement pour le service de tokens Copilot. »

Le volume de commits a doublé depuis avril

Comment GitHub a-t-il pu subir un pareil incident, alors que le service assurait en avril prendre toutes les mesures nécessaires pour dimensionner correctement son infrastructure ? Les efforts mis en œuvre semblent ne pas avoir suffi à absorber l’augmentation continue du nombre de requêtes, dont le volume aurait plus que doublé entre avril et août, passant de 1,4 milliard à 2,9 milliards de commits par mois.

GitHub enregistrerait 130 millions de pull requests et 2,9 milliards de commits sur le seul mois d’août – crédit GitHub

GitHub affirme avoir été limité par la capacité électrique de ses propres infrastructures. « Depuis, nous avons ajouté plus de 3 millions de cœurs CPU, 120 pétaoctets de stockage haute vitesse et une capacité réseau considérable. Nous avons installé autant de matériel que la puissance disponible le permettait dans nos centres de données existants, tout en accélérant notre migration vers Azure », écrit Vlad Fedorov.

A priori conscient de ses propres carences, GitHub avait annoncé en octobre 2025 son intention de migrer progressivement ses services vers Azure, l’infrastructure cloud globale de Microsoft. Le mouvement semble s’être considérablement accéléré depuis avril : « Aujourd’hui, Azure prend en charge environ 58 % de la charge de la plateforme GitHub et la moitié des opérations Git, contre 12 % en mai », affirme le CTO.

Problème : en matière de ressources disponibles sur Azure, GitHub entre en concurrence avec le reste des services Microsoft, et surtout avec l’offre commerciale cloud de l’éditeur. À tel point que GitHub envisagerait désormais une stratégie multi-cloud, qui conduirait à aller louer de l’infrastructure chez le grand rival, Amazon Web Services (AWS).

En attendant, GitHub temporise, et affirme avoir mis en place plusieurs optimisations pour réduire les risques de défaillance. Entre autres actions de suivi, la plateforme s’engage ainsi à corriger ses politiques de mise à l’échelle automatique, à renforcer les limites de nouvelle tentative (pour éviter l’effet boule de neige qui sature l’infra en cas de défaillance), à corriger les problèmes de VS Code et à surveiller plus efficacement tous les mécanismes d’équilibre de charge et de bascule. Ses difficultés favoriseront peut-être l’essor d’Origin, la nouvelle forge logicielle (calquée sur GitHub) tout juste lancée par Cursor après son rachat par SpaceX.


Sur macOS, ChatGPT sait désormais interagir avec l’application Messages et vos SMS

21 août 2026 à 06:31
Aie confiance, crois en moi, que je puisse veiller sur toi
Sur macOS, ChatGPT sait désormais interagir avec l’application Messages et vos SMS

OpenAI lance un plugin qui permet à l’application ChatGPT sur macOS d’interagir directement avec les messages (iMessage, SMS) de l’utilisateur. Une intégration censée faciliter la vie de l’utilisateur, mais qui ne va pas sans poser de sérieuses questions quant à la confidentialité des données associées.

« Vos conversations de tous les jours viennent de gagner en simplicité grâce au nouveau plugin Apple Messages », annonce fièrement OpenAI. L’entreprise vient en effet d’annoncer la mise en ligne d’un nouveau composant optionnel, dédié aux versions macOS de ses clients logiciels, qui permet aux utilisateurs de ChatGPT de bénéficier d’une intégration renforcée avec l’application Messages du système, celle qui permet de gérer les messages texte (iMessage, SMS, RCS) envoyés par le truchement de l’iPhone de l’utilisateur.

Un accès complet aux messages (et au disque)

Dans une vidéo relayée sur X, OpenAI illustre l’utilité supposée de ce plugin : par exemple, demander à ChatGPT de retrouver les questions laissées en suspens dans les messages reçus la veille, puis rédiger, ou faire rédiger, directement la réponse depuis l’interface d’échange avec le LLM. Les fonctionnalités décrites illustrent la capacité du modèle à lire les messages envoyés ou reçus par l’utilisateur, pour en extraire des informations, générer une synthèse, ou préparer des réponses.

Sur son site, OpenAI précise le fonctionnement de ce nouveau plugin, et notamment la façon dont l’utilisateur garde le contrôle sur les messages envoyés, du moins s’il ne donne pas carte blanche à l’outil :

« Par défaut, ChatGPT n’envoie les messages qu’après votre approbation du message et de ses destinataires. Choisissez « Autoriser une seule fois » pour approuver uniquement cet envoi. Si vous sélectionnez « Toujours autoriser l’envoi vers cette conversation », ChatGPT pourra envoyer des messages ultérieurs à cette conversation sans nouvelle approbation. »

OpenAI annonce une disponibilité globale de ce plugin, ce que nous avons pu vérifier depuis une machine française, sur un compte ChatGPT gratuit. En passant par l’application et en sélectionnant le mode Codex, une recherche dans les plugins affiche bien l’intégration Messages. Son installation exige trois niveaux de permission : l’autorisation d’envoyer des messages, l’accès aux contacts, et l’accès total au disque (Full Disk Access), puisque le client doit pouvoir lire les messages archivés.

Permissions demandées à l’installation du plugin Messages pour ChatGPT – crédit Next

Dans sa doc, OpenAI ne dit rien en revanche des problèmes de confidentialité, ou de respect de la vie privée, soulevés par une telle intégration. L’entreprise a tout de même répondu à Bloomberg que son plugin ne créait pas d’index en propre des messages stockés sur la machine mais, dans les faits, on ne sait pas à ce stade quels sont les traitements exacts réalisés sur les Messages lors d’une requête, et dans quelle mesure le contenu de ces derniers transite par les serveurs d’OpenAI.

L’accès aux messages n’est pas anodin, puisqu’ils sont susceptibles de contenir des informations personnelles sensibles, qui impliquent l’utilisateur au premier chef, mais aussi l’ensemble des personnes avec lesquelles il correspond ou a correspondu.

Comptant sur l’impartialité d’un modèle par essence probabiliste, nous avons demandé à ChatGPT de résumer de façon concise les risques soulevés par une telle intégration. La capture d’écran ci-dessous illustre la réponse formulée par le modèle :

Réponse fournie par ChatGPT à la question de savoir si cette intégration soulève des risques relatifs à la vie privée – crédit Next

Un plugin concurrent de l’intégration ChatGPT dans Apple Intelligence

Reste à savoir ce qu’en pense Apple ? La firme de Cupertino ne s’est pas, pour l’instant, exprimée au sujet de cette nouveauté, qui vient pourtant marcher sur les platebandes d’une intégration plus officielle cette fois, celle qui permet d’utiliser ChatGPT avec Apple Intelligence et Siri sur l’iPhone, avec un volet confidentialité encadré par Apple.

Ce lancement intervient quelques jours seulement après l’introduction d’une autre fonctionnalité dédiée à macOS, « Computer History », qui permet à ChatGPT (dont l’application macOS a déjà été épinglée pour avoir stocké des informations en clair) de s’appuyer sur toutes les actions de l’utilisateur pour lui rappeler ce qu’il a fait sur son ordinateur. Fonctionnant littéralement comme un keylogger, celle-ci « génère un flux d’événements d’interaction à partir des applications et des sites web autorisés » en s’appuyant notamment sur « les clics, la saisie au clavier, les raccourcis clavier, les changements d’application et le contexte que macOS met à disposition via son système d’accessibilité ».

Apple accuse pour mémoire OpenAI de malversations et de vol de secrets industriels, ce qui donne lieu depuis le mois de juillet à un bras de fer judiciaire entre les deux entreprises.

☕️ Thunderbird 154 active Microsoft Graph pour les comptes Microsoft 365

20 août 2026 à 14:04


Mozilla a annoncé mardi 18 août la disponibilité de Thunderbird 154. La nouvelle mouture de son vénérable client de messagerie inaugure différentes petites nouveautés fonctionnelles, comme l’aperçu des pièces jointes sur macOS et le déchiffrement des contenus AuthEnvelopedData.

Elle apporte également une meilleure gestion des mails joints (pièces jointes de type message/rfc822), qui bénéficient désormais soit d’un glisser déposer directement vers l’arborescence des dossiers, soit d’une option contextuelle « Copier vers ».

Thunderbird 154 propose par ailleurs un mode system tray (activité en arrière-plan) optionnel sur Linux et Windows, ainsi qu’un nouveau réglage permettant d’effectuer une recherche en vue liste par défaut.

Last but not least, cette mouture aoûtienne active la prise en charge de Microsoft Graph pour les comptes Microsoft 365.

Cette implémentation, qui s’inscrit dans le prolongement des travaux de longue date de Mozilla autour de la prise en charge d’Exchange Web Services (EWS) se limite toutefois pour l’instant aux emails. Le support des calendriers et des carnets d’adresses, qui font partie intégrante du protocole Graph, n’est donc pour l’instant pas assuré.

Mozilla précise bien par ailleurs que cette prise en charge expérimentale de Graph est limitée aux comptes Microsoft 365. Les utilisateurs qui exploitent un compte Exchange on-premises sont donc invités à rester soit en IMAP, soit en EWS.

Cette implémentation était particulièrement attendue puisque, comme le rappelle Mozilla :

« Microsoft désactivera la prise en charge d’EWS dans Microsoft 365 fin 2026. Par conséquent, pour continuer à utiliser Thunderbird avec les comptes Microsoft 365 pour lesquels IMAP n’est pas disponible, les utilisateurs devront utiliser le protocole Graph. »

La configuration d’un compte 365 via Graph est censée se faire de façon automatique, pour peu bien sûr que l’API correspondante soit activée au niveau de l’organisation.

Thunderbird 154 corrige par ailleurs une longue liste de bugs, dont un problème plutôt gênant qui pouvait entraîner la suppression d’un message reçu via IMAP lors d’une tentative de transfert vers les dossiers locaux.

Le logiciel est disponible au téléchargement, pour les trois environnements courants (Windows, macOS, Linux) depuis le site dédié. Pensez à sélectionner le canal Release pour la version 154, puisque la dernière version à support étendu (ESR) est Thunderbird 153.

OpenLogi, nouvelle alternative au logiciel envahissant des souris Logitech

19 août 2026 à 07:44
Debloatware
OpenLogi, nouvelle alternative au logiciel envahissant des souris Logitech

Un développeur indépendant a conçu un logiciel alternatif à Logi Options+, le très lourd client officiel dédié aux souris Logitech. Écrit en Rust et disponible depuis peu pour Windows, macOS et Linux, il promet un contrôle complet, avec 44 actions préprogrammées. Le tout sans télémétrie ou nécessité de créer un compte sur le cloud du fabricant.

Logitech, comme bien d’autres fabricants de périphériques PC, associe depuis des années ses souris, claviers, webcams ou casque audio à un client logiciel dédié. Ce dernier donne accès aux options et réglages avancés, mais il incorpore aussi de nombreuses options plus discutables, entre télémétrie, promotions pour les nouveaux produits de la marque, sauvegarde des réglages dans le cloud, etc. Cette avalanche de fonctions connectées souvent non désirées se traduit par un poids important, en surface de stockage comme en mémoire vive, et fait râler de nombreux utilisateurs qui crient au bloatware.

Une alternative complète à Options+

Dans ce contexte, les utilisateurs de souris Logitech apprécieront peut-être de découvrir OpenLogi, une nouvelle initiative open source (voir le projet sur GitHub), qui présente le double intérêt de fonctionner uniquement en local, avec des réglages stockés au travers d’un simple fichier TOML, et de tourner sur les trois plateformes courantes que sont Linux, macOS et, depuis quelques jours, Windows.

OpenLogi est censé savoir gérer tous les périphériques Logitech qui passent par le protocole HID++, qu’ils soient connectés via le dongle radio maison, en Bluetooth ou au moyen d’un câble USB. Sur le plan fonctionnel, il permet d’attribuer une action précise, parmi 44 préprogrammées, à chaque bouton des souris les plus populaires du fabricant suisse (dont la MX Master 4).

OpenLogi dispose d’une interface graphique et d’un accès CLI

Le client sait également gérer le réglage de la précision (DPI), le SmartShift de la molette des MX Master (alternance entre roulette cliquable et défilement libre), ainsi que des réglages spécifiques à une application donnée (par exemple, des raccourcis dédiés aux fonctions courantes d’un logiciel d’image). Il offre enfin une vue simplifiée des appareils connectés, avec état de charge et niveau de la batterie. L’outil dispose d’une interface graphique mais peut aussi se piloter en ligne de commande. Les appels réseau se limitent à la récupération de visuels (pour afficher la souris dans l’interface) et à la recherche de mises à jour.

Sur le papier, OpenLogi couvre donc, voire dépasse, l’essentiel des fonctionnalités de Logi Options+, sans les désagréments associés. Le logiciel est signé d’un développeur indépendant, Xuan Zhang dit AprilNEA, qui l’a placé sous licence Apache 2.0 et admet avoir recouru à l’IA générative pour ses travaux. Le dépôt GitHub associé, ouvert en mai et mis à jour cette semaine pour signaler l’arrivée de la version Windows, s’enorgueillit déjà de 9 000 étoiles. Une réserve tout de même : le logiciel, actuellement en version 0.71, est toujours présenté comme en cours de développement, et son installation ou son utilisation ne sont donc probablement pas exempts de bugs.

Un choix supplémentaire pour les allergiques à la télémétrie

AprilNEA n’est pas le premier à s’atteler à la construction d’une alternative au client officiel Logitech, loin s’en faut. Sous macOS, on connait par exemple de longue date BetterMouse, tandis que Solaar (disponible dans les dépôts officiels d’Ubuntu) est censé répondre aux besoins des utilisateurs Linux, a minima pour les souris connectées via le récepteur Logitech Unifying. Aucune des solutions disponibles jusqu’ici n’offrait toutefois la compatibilité totale (trois familles d’OS, fonctionnement indépendant du mode de connexion) promise par OpenLogi.

Notons que pour ceux qui souhaitent rester sur le client officiel, tout en limitant son caractère intrusif, le support entreprise de Logitech offre une option permettant d’installer une version hors ligne d’Options+, sur Windows et macOS.

Troisième fuite confirmée aux impôts, Bercy détaille sa réponse aux attaques

18 août 2026 à 16:07
Si vis pacem para bellum
Troisième fuite confirmée aux impôts, Bercy détaille sa réponse aux attaques

Quatre jours après la révélation d’un triple accès illégitime au système d’information des impôts et au lendemain d’un comité interministériel de crise, les représentants de l’État prennent la parole pour expliquer la situation et rassurer… autant que faire se peut. Le ministère de l’Éducation nationale confirme par ailleurs avoir lui aussi été victime d’une intrusion et exfiltration de données fin juillet.

Article mis à jour à 18h34 avec des précisions du ministère de l’Éducation nationale sur l’ « incident de sécurité » dont il avait été victime fin juillet.


Confirmée le 14 août par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), la double intrusion survenue dans le système d’information des impôts a donné lieu, lundi 17 août, à un comité interministériel de crise. Mardi, les services concernés ont fait acte de contrition, et d’une transparence relative, à l’occasion d’un point presse visant à préciser la nature exacte de l’attaque, ou plutôt des attaques, ainsi que les réponses apportées. Au passage, ils ont aussi révélé qu’une troisième intrusion venait d’être détectée au niveau du portail dédié aux successions vacantes.

Trois intrusions confirmées

Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques, a retracé le calendrier des incidents récents, certains aspects du mode opératoire de l’attaquant, en précisant bien s’exprimer dans les limites de l’enquête en cours. « À date, nous parlons de trois fuites, de gravité et d’ampleur très différentes. Aucune d’entre elles n’a permis d’entrer dans un compte fiscal ou de récupérer des codes d’accès », a-t-elle assuré.

Les deux premières intrusions, survenues respectivement en juin et en juillet 2026, ont permis selon les services de la DGFiP de consulter et d’extraire les données de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels, ainsi qu’un lot de données cadastrales.

Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques ; David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics ; général Stéphane Bajard, directeur général adjoint de l’ANSSI – capture d’écran

Au niveau des impôts, c’est la base de données des messages échangés entre les agents du service public et les usagers qui aurait été consultée. Cette interface contient, selon Amélie Verdier, un « cartouche résumé » qui présente à l’agent les principales informations fiscales de l’usager, pour faciliter sa compréhension de la demande.

À ce niveau, l’attaque a permis de consulter et d’extraire les données de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels. Pour les premiers, sont notamment concernées « des données fiscales telles que le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou le taux de prélèvement à la source ». Sur le volet entreprise, Bercy évoque dans sa FAQ dédiée (PDF) « des données telles que leur raison sociale ou leur SIREN ». Amélie Verdier précise toutefois que comme pour les particuliers, des messages avec l’administration ont pu être consultés, ce qui pourrait se traduire par l’exposition de données fiscales. « Les vérifications sont en cours », déclare-t-elle.

La deuxième fuite relative au cadastre concerne quant à elle des données liées aux parcelles, indique la directrice générale. Les données personnelles de 433 000 personnes seraient concernées à ce stade de l’investigation. « Ce sont des vendeurs, des acheteurs, ou des tiers tels que des notaires ou des professionnels amenés à faire des déclarations dans cette base cadastrale », indique Amélie Verdier.

Enfin, une troisième attaque vient d’être détectée et confirmée, au niveau cette fois du portail des successions vacantes, le service qui permet au détenteur d’une créance envers un défunt de vérifier s’il existe un héritier auprès duquel faire valoir ses droits. « L’attaquant a eu accès à un journal des demandes », indique la directrice générale.

Des comptes utilisateurs compromis

La DGFiP a par ailleurs confirmé que ces accès indus avaient été obtenus au moyen de comptes utilisateurs compromis, réalisés par Internet. Ces accès auraient bien été détectés, et coupés, en juin et en juillet, mais sans que l’exfiltration de données ait été confirmée à ce stade. Bercy dit avoir pris connaissance de la fuite le 12 août, via une alerte de l’ANSSI concomitante de la revendication du ou des pirates auteurs de l’attaque.

Sur la base de données du cadastre, Amélie Verdier parle de la compromission d’un compte avec double authentification. Pour ce qui concerne les échanges fiscaux qui constituent l’attaque la plus préoccupante, elle évoque une « combinaison de compromissions de comptes » qui aurait touché à la fois le profil d’un prestataire externe agréé et celui d’un agent des impôts, avec une passerelle rendue possible par une « brèche » non précisée.

Pourquoi la fuite de données n’a-t-elle pas été détectée avant la revendication, si les comptes utilisés ont bien été fermés pour cause de compromission ? Sur ce point, la DGFiP se range derrière le secret de l’enquête. Tout juste apprendra-t-on que l’attaquant « a d’abord fait des tests manuels qu’il a ensuite massifiés, en restant sous les seuils de détection », et que les investigations menées en juin et en juillet semblent s’être concentrées sur des compromissions classiques, sans envisager cette « combinaison » évoquée par la directrice générale.

Une authentification multi-facteurs généralisée d’ici la fin de l’année

Outre des excuses appuyées aux victimes, et un appel à ne pas stigmatiser les agents des impôts, la directrice des Impôts et le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, ont logiquement assuré que la sécurité des services concernés constituait une « priorité absolue ». L’authentification forte, « déjà bien engagée » selon le ministre, devrait ainsi être généralisée à l’ensemble des agents de Bercy « d’ici la fin de l’année ».

David Amiel évoque également la généralisation des quotas d’accès aux données, la mise en place de capteurs sur tous les systèmes qui en sont encore dépourvus, et une formation cyber renforcée des agents, ainsi que la multiplication d’opérations telles que des campagnes de phishing fictives. Le ministre dit par ailleurs souhaiter un usage renforcé de l’IA à des fins d’exploration défensive. « J’ai demandé à ce qu’on se teste nous-mêmes avec des IA pour nous auto-attaquer et déceler les défaillances ». Pas un mot en revanche de la directive européenne NIS2, dont la transposition en France se fait toujours attendre.

En parallèle, c’est bien sûr l’audit confié à l’ANSSI, dont les résultats sont attendus pour septembre, qui devrait guider la marche à suivre. « Ce diagnostic complètera les enseignements des attaques passées et de la feuille de route cyber élaborée à ma demande au premier semestre », précise David Amiel. 

Quid des vulnérabilités structurelles, liées à l’ancienneté des systèmes d’information (le fameux legacy) ? Bercy affirme plancher de façon continue sur la question, et avoir encore intensifié ses efforts avec un accent particulier sur la cyber depuis son schéma directeur du numérique de 2025, mis à jour à l’été 2026.

La dette technique reste cependant conséquente, même si le rattrapage est sensible. « Notre taux de conformité a doublé depuis 2020, nous sommes passés de 25 % à un peu plus de 50 % », révèle Amélie Verdier. Elle indique par ailleurs que 100 postes sont dédiés aux sujets cyber sur les 5 300 informaticiens de Bercy. Et souligne un volume d’attaques conséquent, avec 6 972 incidents enregistrés et 57 compromissions de comptes enregistrés en 2025.

En attendant que la dette se résorbe, Bercy affirme travailler à réduire au maximum les accès distants susceptibles de favoriser des compromissions (mail ou agendas des fonctionnaires hors du réseau de Bercy par exemple). Et assure prioriser la refonte des fichiers les plus sensibles, comme le Ficoba troué en début d’année.

Information en cours auprès des usagers

Reste à informer les usagers des services fiscaux. Bercy a annoncé lundi soir que les personnes concernées seraient contactées par mail, avec un courrier d’information reproduit ci-dessous. La campagne d’envoi de mails pour les particuliers devrait se terminer à la fin de la semaine. La communication à destination des professionnels débutera quant à elle la semaine prochaine, c’est-à-dire à partir du 24 août.

Courrier de la DGFiP aux victimes des intrusions de juin et juillet 2026 – DGFiP

La Cnil a de son côté confirmé avoir été dûment notifiée, et prie instamment les victimes de ne plus tenter de la saisir de plaintes individuelles « sauf si vous disposez d’éléments spécifiques ou utiles aux investigations en cours ».

Le ministère de l’Éducation nationale confirme une exfiltration de données

Le ou les pirates qui revendiquent l’attaque sur Bercy, cachés derrière le pseudo ZeroBytes, ont par ailleurs affirmé lundi soir disposer d’un jeu de données particulièrement volumineux issu des systèmes informatiques de l’Éducation nationale. Interrogé sur ce point, le général Stéphane Bajard, directeur général adjoint de l’ANSSI, indique que l’agence est engagée aux côtés des équipes du ministère pour analyser l’incident, mais ne confirme ni n’infirme la revendication.

L’entourage du ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a cela dit confirmé à france info qu’il s’agit de l’attaque qui avait fait l’objet d’un communiqué, le 31 juillet dernier. Le ministère avait alors annoncé avoir été « victime d’une intrusion frauduleuse dans l’un de ses systèmes d’information » dans la nuit du 25 juillet 2026, « à la suite de l’usurpation d’un compte professionnel ».

Le centre opérationnel de sécurité des systèmes d’information du ministère en avait été alerté « dès le 26 juillet », et si l’accès externe au système concerné avait été suspendu « dans les heures qui ont suivi », le ministère reconnaissait que l’intrusion « a pu conduire à l’exfiltration de données à caractère personnel concernant un nombre important de ses agents » :

« Les données susceptibles d’avoir été exfiltrées concernent les agents du ministère ayant exercé en académie depuis 2001. Il s’agit d’éléments d’identité et d’informations professionnelles – statut et fonctions. Pour une partie d’entre eux s’y ajoutent des coordonnées, adresse postale et numéro de téléphone, ainsi que le numéro de sécurité sociale. Ce système d’information ne contient ni données bancaires, ni mots de passe, ni données relatives aux élèves. »

Dans un communiqué, le ministère précise avoir alors déposé plainte contre X auprès du parquet de Paris et saisi l’ANSSI, ainsi que la CNIL. « Depuis, l’ensemble des personnels susceptibles d’être concernés ont été informés individuellement », précise le communiqué :

« Des publications intervenues hier font état de la mise en ligne de ces données et revendiquent la détention de données relatives à des élèves. Le ministère poursuit ses expertises techniques afin d’établir la nature exacte et l’étendue des données exfiltrées. »

Le ministère indique par ailleurs travailler avec l’appui de l’ANSSI à un plan de renforcement de la sécurité de ses systèmes d’information, et « appelle chacun à la plus grande vigilance face aux tentatives de fraude qui suivent ce type de publication, en particulier l’hameçonnage et l’usurpation d’identité » :

« Il ne demande jamais par courriel, par téléphone ou par message les identifiants de connexion, les mots de passe ou les coordonnées bancaires. Tout message suspect doit être signalé aux autorités académiques sans y répondre ni cliquer sur les liens qu’il contient. »

Windows 11 : Microsoft s’attaque au chantier du clic droit de l’Explorateur de fichiers

18 août 2026 à 10:12
Faster. Stronger. Better.
Windows 11 : Microsoft s’attaque au chantier du clic droit de l’Explorateur de fichiers

Dans le cadre de ses travaux sur l’optimisation de l’Explorateur de fichiers de Windows 11, Microsoft annonce des évolutions à venir pour le menu qui s’ouvre au clic droit. L’éditeur reconnait l’existence de frictions, et promet un menu à la fois plus réactif, moins encombré et plus facilement personnalisable.

La plupart des utilisateurs de Windows 11 ont déjà été confrontés au moins temporairement au problème : un clic droit sur un fichier stocké sur le Bureau, et une désagréable latence avant que ne s’ouvre enfin le menu contextuel associé. Ce retard à l’allumage pourrait-il bientôt n’être qu’un mauvais souvenir ? C’est en tout cas ce que promet Microsoft. L’éditeur a en effet annoncé lundi 17 août, sur le blog Windows Insiders, avoir lancé la refonte du menu contextuel dans le cadre de ses travaux d’optimisation de l’Explorateur de fichiers.

Un clic droit plus rapide

« Nous avons analysé les causes des nombreux blocages, ralentissements et latences rencontrés par les utilisateurs et éliminé des dizaines de sources potentielles d’interruptions. Par conséquent, vous constaterez moins de blocages et de scintillements lors de la navigation, du renommage de fichiers, de la sélection de fichiers multiples ou de la navigation entre les fichiers », promet Microsoft.

À première vue, le nouveau menu ne renverse pas exactement la table. Le changement le plus visible concerne la façon dont sont appelées les applications contextuelles (déterminées en fonction du type de fichier).

Les fonctions natives de l’Explorateur de fichiers (Ouvrir, Copier, etc.) sont toujours au premier plan, mais les interactions avec d’autres logiciels sont quant à elles reléguées dans un sous-menu, ce qui permet à la fois d’alléger l’interface et probablement d’accélérer légèrement le rendu : « le désordre n’est pas seulement un problème visuel ; il ralentit le menu car chaque application qui ajoute ses propres options peut demander au menu un travail supplémentaire à chaque ouverture ».

Windows 11 sera bientôt doté d’un menu clic droit optimisé – crédit Microsoft

Un menu (enfin) personnalisable

Alors que le clic droit offre aujourd’hui une entrée « Autres options » qui permet d’afficher la liste complète des interactions possibles, le futur menu devrait proposer une option de personnalisation, également accessible via les réglages. On pourra par exemple activer ou masquer de façon permanente les options courantes telles que « Copier en tant que chemin d’accès », pratique pour les adeptes de la ligne de commande, la rotation pour les images, la compression dans une archive, etc.

« Certaines de ces commandes, comme Imprimer, n’étaient pas disponibles dans le menu contextuel de Windows 11 auparavant et peuvent désormais être activées si vous le souhaitez », ajoute l’éditeur, capture d’écran à l’appui. Cerise sur le gâteau pour ceux qui ont encore les habitudes de Windows 10 et des éditions antérieures, une option permettra de forcer l’affichage systématique du bouton Propriétés en dernière position.

Le clic droit s’enrichit également d’une possibilité de personnalisation – crédit Microsoft

Comme souvent, ces changements seront d’abord proposés aux utilisateurs inscrits au programme Windows Insiders, pour plusieurs semaines de tests à grande échelle, avant d’éventuels ajustements et le déploiement à grande échelle chez tous les utilisateurs, probablement au travers de la future mise à jour Windows 11 26H2.

Ce chantier autour du clic droit paraitra sans doute anecdotique à certains, mais il confirme, dans la foulée des dernières évolutions présentées fin juillet, que Microsoft prend au sérieux sa promesse, maintes fois répétée depuis le printemps, de peaufiner la copie de Windows 11 en matière de réduction des frictions et d’amélioration des performances.

Les tarifs s’envolent pour les serveurs dédiés chez OVHcloud

18 août 2026 à 08:30
RAMaggedon
Les tarifs s’envolent pour les serveurs dédiés chez OVHcloud

OVHcloud procède actuellement à sa deuxième hausse de prix de l’année, avec des tarifs qui s’envolent aussi bien sur les serveurs dédiés que sur l’offre de cloud public. L’hébergeur applique ces tarifs majorés en trois temps, et invite les clients disposant déjà d’une offre à prolonger leur contrat pour profiter d’une hausse réduite.

Comment continuer à livrer de nouveaux serveurs à prix correct quand les tarifs des composants s’envolent ? Pour Octave Klaba, patron d’OVHcloud, l’équation n’est soutenable qu’en répercutant une partie de cette hausse sur les clients finaux. Et c’est ainsi que le 10 août dernier, l’hébergeur roubaisien a annoncé sur X sa deuxième révision tarifaire de l’année 2026, motivée une nouvelle fois par les difficultés d’approvisionnement en mémoire vive et en stockage.

« En effet, comme il y a 3 - 4 mois, en avril/mai, nous suivons la même idée : limiter les évolutions de prix unitaire du Public Cloud et du Baremetal, et être capables de livrer le matériel pour vos nouvelles commandes, justifie Octave Klaba, selon qui l’exercice se révèle pour le moins acrobatique : il nous faut passer le bon volume de commandes, mois par mois, sur 12 mois, sans aucune garantie du prix d’achat et sans savoir quelle sera la vraie demande de nos clients. »

Appel à l’engagement payé d’avance

Dans la foulée de ce coup de semonce, OVHcloud a publié lundi 17 août le détail précis des nouveaux tarifs qui s’appliquent sur son offre de serveurs dédiés. Ce récapitulatif arrive un brin tard, puisqu’une partie des hausses de prix a déjà été appliquée. L’hébergeur indique en effet que les nouveaux tarifs sont effectifs au 1er juillet pour les options liées à la mémoire vive et au stockage, au 11 août pour les nouvelles commandes de configurations serveurs, et au 1er octobre pour les renouvellements.

Le calendrier n’est pas anodin : OVHcloud encourage explicitement les clients existants à profiter de la fenêtre qui s’ouvre jusqu’au 1er octobre pour prolonger leurs contrats, et sécuriser le tarif associé. « Le nouveau prix s’applique au renouvellement suivant. Pour figer votre prix dans la durée, vous pouvez souscrire un engagement payé d’avance, c’est-à-dire le règlement intégral de la période à la souscription », écrit l’entreprise.

Nouveaux dédiés :+ 127 % d’augmentation médiane sur la RAM

Dans son billet, OVHcloud fait vœu de transparence, en listant l’ensemble de ses références, réparties entre les gammes Gen 2024 et Gen 2026, et en juxtaposant les anciens tarifs en vigueur à ceux qui s’appliquent depuis le 11 août.

L’hébergeur promet que la hausse n’est qu’une simple répercussion du prix du serveur équivalent vendu neuf, avec un barème réduit appliqué aux machines déjà installées. Les Kimsufi, So you Start, Rise et les dédiés antérieurs à la Gen 2024 échappent à la révision tarifaire. Octave Klaba résumait le mouvement de la façon suivante dans son message du 10 août :

« Voici la hausse moyenne par référence :
· Kimsufi, So You Start, Rise : 0 %
· Game : Gen 2024 : 0 %, Gen 2026 :+ 87 %
· Advance : Gen 2024 :+ 26 %, Gen 2026 :+ 49 %
· Scale : Gen 2024 :+ 37 %, Gen 2026 :+ 40 %
· High Grade : Gen 2024 :+ 26 %, Gen 2026 :+ 59 %
Soit + 28 % en moyenne sur la Gen 2024, et + 51 % sur la Gen 2026.
 »

Pour les options déjà installées sur le parc existant, les ordres de grandeur sont résumés dans le tableau ci-dessous, qui indique une augmentation de 127 % sur les prix de la mémoire vive (en médiane) pour les nouvelles commandes, à comparer à des hausses de respectivement 20 % et 40 % pour les machines déjà installées.

Augmentation des tarifs appliqués sur les options mémoire et stockage à compter du 11 août 2026 – capture d’écran

« Sur une barrette de mémoire, un client déjà équipé paie une hausse trois à six fois plus faible qu’un client qui commande la même option neuve. Plus votre serveur est équipé, plus l’écart joue en votre faveur. Pour les nouvelles commandes, la hausse dépend fortement de l’option retenue : de 68 % à 652 % sur la mémoire, et de 8 % à 166 % sur le stockage », analyse OVHcloud.

Évolution de la tarification sur les instances Public Cloud

Sur son offre de cloud public (Infrastructure as a service, donc instances à la demande, à la différence des offres standardisées VPS dont le prix a déjà augmenté en avril), OVHcloud a choisi d’appliquer une hausse plus discrète, elle aussi résumée dans un post sur X, en attendant un billet de blog censé détailler plus précisément les choses.

En façade, le prix horaire de la puissance de calcul mise à disposition ne bouge pas, mais l’hébergeur annonce désormais facturer certaines options précédemment incluses comme le stockage Block Storage, ou la mise à disposition de l’adresse IP. « Résultat : de + 1,4 % à+ 21,9 % selon le gabarit. Beaucoup sur les petites instances, presque rien sur les grosses, parce que l’IP et le disque coûtent le même montant fixe pour tous », décrit Octave Klaba, selon qui cette stratégie reviendrait finalement à se calquer sur ce que pratique déjà la concurrence.

Depuis la hausse spectaculaire du printemps, les VPS semblent pour l’instant épargnés par cette nouvelle vague. Reste à savoir jusqu’à quand. « Nous ne savons pas encore le niveau de prix de la RAM et des disques en 2027, mais la probabilité que les prix continuent à augmenter est très forte. Nous pensons que cette situation va durer jusqu’en 2028, avec un retour à la normale espéré en 2029 », écrit le CEO, qui évoque un pilotage au trimestre, et laisse donc entendre que de futures hausses de prix sont encore possibles.

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