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☕️ Ubisoft annonce que For Honor ne sera plus jouable sur Linux et Steam Deck

1 septembre 2026 à 15:26


Ubisoft se prépare à introduire de nouveaux modes de jeu classés (ranked) au sein de For Honor, son champ de bataille virtuel dans lequel on peut gaiement s’étriper à grands coups de masse d’armes. La nouvelle est à première vue plutôt bonne pour les adeptes de ce titre sorti en 2017, puisqu’elle montre que l’éditeur continue à entretenir la flamme.

Elle s’accompagne toutefois d’un changement qui risque de faire grincer quelques dents : à compter du 10 septembre, date du lancement de la saison associée à ces modes classés, le titre ne sera plus jouable sur Linux et, par extension, sur le Steam Deck de Valve (dont l’OS exploite une base Arch).

Ubisoft annonce l’arrivée de nouveaux modes classés dans For Honor – crédit Ubisoft

Ubisoft s’en explique de la façon suivante :

« Afin de garantir un environnement compétitif équitable, l’équipe met en place des mesures de sécurité supplémentaires pour les joueurs. Nous retirons For Honor de la plateforme Linux pour assurer un environnement plus sûr, car il nous est impossible d’y déployer une protection efficace. Par conséquent, For Honor ne sera plus jouable sur Steam Deck à partir du 10 septembre. Nous continuons d’explorer différentes pistes pour améliorer notre système anti-triche, avec la possibilité de rouvrir la plateforme ultérieurement. »

L’éditeur ne donne pas de détails techniques précis, mais il invoque donc l’objectif de lutte contre la triche pour justifier cette décision. For Honor était compatible avec Linux depuis 2023, suite à l’adaptation deux ans plus tôt par Epic de son logiciel anti-triche, Easy Anti-Cheat pour assurer le support des trois environnements courants (Windows, macOS et Linux). Sur Reddit, la communauté For Honor a accueilli la nouvelle en des termes que la décence nous interdit de reproduire.

La décision d’Ubisoft semble particulièrement à contre-courant de la tendance générale, alors que la rumeur murmure qu’EA travaille à l’adaptation de son propre anti-cheat, Javelin, pour Linux, et qu’Epic prépare l’arrivée de son propre Store sur le système d’exploitation libre.

Les US désignent les hacktivistes d’Autistici/Inventati comme organisation terroriste

1 septembre 2026 à 11:37
Hangers sitting dripped in oil crying freedom
Les US désignent les hacktivistes d’Autistici/Inventati comme organisation terroriste

Le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati, qui fournit des services alternatifs d’hébergement et de messagerie, vient d’être désigné comme « organisation terroriste » par les États-Unis. Suivie du blocage de son nom de domaine en .org, la mesure vise à couper les moyens d’une initiative accusée d’outiller les mouvements d’ultragauche. Le collectif dénonce une attaque contre la liberté d’expression et assure qu’il ne se laissera pas faire.

Pour la première fois, les États-Unis assimilent une infrastructure numérique à une action terroriste. L’administration Trump vient en effet de classer le mouvement d’origine italienne Autistici/Inventati parmi les « organisations terroristes mondiales spécialement désignées » (on parle de SDGT, pour specially designated global terrorist).

Elle lui reproche d’héberger 16 000 boîtes mail, 1 500 sites et 10 000 blogs sur une plateforme devenue le « nœud clé d’une campagne transnationale menée par des réseaux d’extrême gauche violents et criminels visant à déstabiliser les États-Unis et leurs partenaires en Europe, dans l’hémisphère occidental et au-delà ».

Une sanction aux répercussions immédiates

L’action a été décrétée conjointement par le département d’État (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) dirigé par Marco Rubio et par le département du Trésor le 26 août.

Elle s’appuie sur le fondement juridique du décret exécutif 13 224 émis par George W. Bush suite aux attaques du 11 septembre 2001 qui dote l’administration états-unienne de pouvoirs de sanctions contre les organisations ou les personnes accusées d’avoir fourni des ressources ou des services ayant contribué à un acte de terrorisme. « Cette désignation s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste du gouvernement américain visant à lutter contre la menace du terrorisme transnational d’extrême gauche », décrit le département d’État.

D’après ce même département d’État, Autistici/Inventati fournit son infrastructure à des « cellules violentes d’Antifa et d’autres militants d’extrême gauche à travers le monde », et permet à ces dernières d’opérer sous les radars légaux :

« Ces outils sont spécifiquement conçus pour soutenir les opérations des réseaux terroristes d’extrême gauche, construits pour leur permettre de s’organiser, de recruter, de communiquer, de diffuser de la propagande, de partager des informations et des tactiques sur les cibles, et de mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables et hors de portée de la loi. »

La désignation d’Autistici/Inventati comme membre de cette liste noire entraîne le blocage de toutes les ressources dont pourrait disposer le collectif aux États-Unis. Du côté du Trésor, cette qualification en tant que SDGT déclenche une sanction prononcée par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), qui interdit toute relation commerciale avec l’entité désignée. Une licence générale (PDF) en précise les modalités : elle autorise une fenêtre de wind down (liquidation) jusqu’au 25 septembre 2026, date à laquelle les banques, hébergeurs, prestataires ou opérateurs financiers devront avoir totalement coupé les ponts avec Autistici/Inventati.

La mesure a entraîné deux répercussions rapides. Le 28 août, Autistici/Inventati a en effet constaté le blocage de son compte PayPal, utilisé notamment pour recueillir les dons qui financent ses activités, puis la suspension du nom de domaine de l’un de ses sites web, autistici.org. Une analyse technique indépendante confirme que ce blocage a été réalisé au niveau du registre PIR qui gère le .org. Le site en question (hébergé par Open Networks Association en Suisse) n’a donc pas été saisi, et reste accessible au prix de quelques manipulations techniques. Les mails fournis en @autistici.org sont quant à eux inopérants.

Autistici/Inventati conserve par ailleurs l’essentiel de sa présence en ligne, à commencer par son autre domaine principal, inventati.org, et sa plateforme noblogs.org. Le mouvement craint cependant que les sanctions états-uniennes aient un impact plus sérieux sur ses activités.

Sur son blog collectif, il indique ainsi avoir été averti par sa banque italienne, Banca Etica, que celle-ci allait cesser de lui prodiguer des services financiers. « Il s’agit d’une étape importante, car elle montre comment une décision prise par une autorité américaine peut avoir des conséquences concrètes, y compris sur les relations financières d’une organisation italienne, qui a jugé trop risqué de maintenir ses relations avec A/I », remarque le collectif.

« anti-fascism, anti-racism, anti-sexism, anti-militarism »

Autistici/Inventati résume sa raison d’être dans un manifeste écrit en 2002. Le collectif revendique une idéologie « anti-fascisme, anti-racisme, anti-sexisme, anti-militarisme », et affirme que sa mission consiste à mettre des outils de communication alternatifs (comprendre, non commerciaux) à destination de tous ceux qui partagent ses idées, et luttent pour les défendre.

Ses services comprennent notamment une messagerie (boîte mail), un outil de gestion de listes de diffusion et newsletters, des canaux de messagerie instantanée, de l’hébergement, des outils dédiés à l’anonymat et la plateforme de blogs noblogs.org, notoirement utilisée par des collectifs antifascistes (notamment français).

Partisan d’un « activisme radical », A/I assume de réserver ses services « exclusivement aux personnes ou aux groupes avec lesquels nous ressentons une affinité » :

« Nous sommes un collectif de militants numériques, d’antifascistes et d’anticapitalistes. Nous croyons en une technologie qui n’est pas un carcan mais un outil de libération. Où les courriels restent des lettres confidentielles, et non des fichiers ouverts. Où l’hébergement n’est pas une prison mais un refuge pour les idées dérangeantes, pour les débats que le marché refuse d’acheter et que l’État refuse de museler. »

Des canaux utilisés pour préparer des actions terroristes

Bien qu’A/I se contente de fournir des outils techniques, l’administration Trump estime que son action participe directement de celles de groupuscules extrémistes relevant du terrorisme.

Le département d’État affirme ainsi que les cellules anarchistes ayant saboté les réseaux ferroviaires en France, Italie, Allemagne et Pays-Bas en 2026 utilisaient A/I pour revendiquer leurs attaques. Il accuse également A/I d’avoir fourni des services au collectif Rose City Antifa, dans l’Oregon, lequel aurait attaqué des hélicoptères des douanes, et diffusé des appels à attaquer les agents de l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration, accompagnés d’informations personnelles.

Il décrit également comment un « groupe médiatique d’extrême gauche », cité dans une enquête fédérale pour terrorisme, utiliserait les outils d’A/I pour diffuser des appels à l’action en faveur d’organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis, parmi lesquelles le Hamas, le Hezbollah ou le Front populaire de libération de la Palestine :

« Bon nombre de ces groupes se sont appuyés sur l’infrastructure numérique du collectif A/I pour planifier ou inciter à des attaques violentes, recruter d’autres personnes pour se livrer à des activités criminelles, publier des communiqués officiels d’organisations terroristes étrangères désignées par les États-Unis et diffuser des cartes d’infrastructures critiques, ainsi que des instructions pour la fabrication d’engins explosifs improvisés et incendiaires – le tout acheminé via un réseau de serveurs étrangers destiné à dissimuler les activités criminelles aux forces de l’ordre. »

D’autres apportent un constat plus nuancé. « Certains des sites NoBlogs les plus connus appartiennent à des chercheurs qui se consacrent exclusivement à documenter la haine et la radicalisation d’extrême droite, sans jamais agir concrètement, se contentant de révéler la réalité », remarque par exemple le compte d’un de ces collectifs de recherche.

De son côté, A/I dénonce le caractère arbitraire de la décision, et l’assimile à une forme de censure à laquelle, justement, le collectif se refuse. « Nous ne censurons pas les contenus à l’avance. Si la loi nous oblige à retirer un contenu, nous le faisons, puis nous nous battons pour le remettre en ligne. Notre limite, c’est la loi ; notre boussole, c’est la liberté », défend-il dans un appel à soutien.

A/I lance un appel à soutien – capture d’écran Next

Medium contre message

Il soulève dans le même temps la question de fond posée par cette sanction états-unienne :

« Ce cas est intéressant car il déplace l’attention de la responsabilité de ceux qui commettent une action vers celle des fournisseurs d’infrastructures permettant la communication, l’organisation ou la publication de contenu.

La question ne concerne pas uniquement A/I. Le même principe pourrait, en théorie, s’appliquer aux fournisseurs de messagerie électronique, aux services cloud, aux hébergeurs, aux plateformes de messagerie, aux systèmes de paiement ou aux bureaux d’enregistrement de noms de domaine. Il s’agit de déterminer à quel moment la fourniture d’un service à usage général devient, au regard des lois applicables, un « soutien matériel » à une organisation terroriste. »

La question interpelle également l’Electronic Frontier Foundation (EFF) qui voit dans cette sanction une menace plus large que le simple cas d’A/I. « Ils s’en prennent au messager, déclare à The Intercept Jillian York, directrice de la liberté d’expression internationale au sein de l’EFF. Je ne pense pas que les membres du groupe cautionnent nécessairement les agissements des personnes qu’ils ont hébergées. Ce qu’ils cautionnent, c’est la liberté d’héberger, la possibilité de rester anonyme et de préserver sa vie privée. »

Autistici/Inventati nie de son côté « toutes les allégations » de l’administration Trump et clame son intention de résister.

« Nous ne reculerons pas. Nous continuerons à œuvrer comme nous l’avons fait depuis des années et nous mettrons tout en œuvre pour contrer les fausses allégations d’un gouvernement aux abois politiquement, dont le seul but est de détourner l’attention du public et des médias de ses propres actes de violence et de bellicisme.

L’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n’est pas du terrorisme. Et chacun a le droit de s’exprimer et de lutter pour l’humanité. »

En France, Framasoft et la Quadrature du Net ont signé et relayé la lettre ouverte initialement publiée par Sabot Media qui appelle à la révocation de cette classification, ainsi qu’à une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.

« Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle », écrivent les signataires.

Liberté d’expression : nouvelle offensive US contre les règles européennes de modération


☕️ Jamespot rachète Alinto pour intégrer le mail à son offre collaborative

31 août 2026 à 15:26


Jamespot, éditeur français d’une suite collaborative en mode cloud, a annoncé lundi 31 août l’acquisition d’Alinto, l’un des vétérans français de la messagerie électronique. Fondée en 2000 et basée à Lyon, Alinto revendique un millier de clients entreprise (en France mais aussi en Suisse, en Espagne et au Canada), un million d’utilisateurs finaux, et le routage quotidien d’environ 100 millions de mails.

« Avec Alinto, nous franchissons une étape décisive : la messagerie était la dernière pièce du puzzle pour offrir aux organisations une alternative française vraiment complète. Notre plateforme couvre désormais le mail, la collaboration et l’intelligence artificielle, sur trois infrastructures souveraines opérées en France et en Europe », se réjouit dans un communiqué Alain Garnier, CEO et cofondateur de Jamespot.

Image Flock pour Next

Forte de cette acquisition, Jamespot revendique sa capacité à offrir aux entreprises et aux administrations une alternative aux suites Microsoft 365 et Google Workspace, dont les messageries règnent en maître sur le marché professionnel, des entreprises du CAC 40 aux startups de la French Tech en passant par moult mairies et ministères.

Jamespot affiche de son côté « plus de 350 organisations clientes et plus de 400 000 utilisateurs en France et à travers le monde ». Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.

À son tour, Sony Music attaque Anthropic pour violation du droit d’auteur

31 août 2026 à 08:53
Utopistes debout ! J'ai des lyrics en stock
À son tour, Sony Music attaque Anthropic pour violation du droit d’auteur

Un consortium de maisons de disques emmené par Sony Music et Warner Chappell a déposé vendredi une plainte contre Anthropic et ses dirigeants. Il les accuse notamment d’avoir aspiré des paroles de chanson sur des sites spécialisés, en violation des conditions d’utilisation de ces derniers. La plainte s’appuie en partie sur les fondements juridiques de l’affaire Bartz, qu’Anthropic a choisi de solder en réglant 1,5 milliard de dollars.

Après les auteurs de livres, c’est au tour des maisons de disques de dégainer l’arsenal juridique pour tenter d’obtenir réparation de la façon dont Anthropic aurait exploité des contenus protégés par le droit d’auteur pour entraîner ses modèles Claude. Sony Music Publishing et Warner Chappell, ainsi que leurs nombreuses filiales, ont déposé une plainte formelle visant Anthropic et ses dirigeants le 28 août dernier.

Sony et Warner sonnent la charge

Relayée par MusicBusinessWorldwide (PDF), la plainte affirme qu’Anthropic et ses fondateurs, Dario Amodei et Benjamin Mann, ont mené « une campagne éhontée de téléchargements illégaux » d’œuvres protégées par le droit d’auteur. Dans le lot figureraient « des milliers de compositions musicales d’éditeurs de musique, dont des chansons populaires telles que Ain’t No Mountain High Enough, All I Want for Christmas is You, Eye of the Tiger, Here Comes Santa Claus et Paper Rings », déclarent les plaignants.

Sony Music et Warner s’appuient en partie sur les pièces et conclusions de la grande action collective lancée à l’encontre d’Anthropic en août 2024, et qui accusait l’entreprise d’avoir procédé à des téléchargements massifs de livres sur BitTorrent et via des bibliothèques clandestines comme LibGen. L’affaire s’était soldée fin 2025 par un accord à 1,5 milliard de dollars, finalement entériné par la justice en juillet 2026.

Les maisons de disques s’associent a posteriori à la démarche. « Parmi les millions de livres que les accusés ont téléchargés illégalement depuis ces sites web pirates, figuraient des ouvrages contenant les paroles et les partitions de centaines, voire plus, de compositions musicales protégées par le droit d’auteur », estiment-elles dans leur plainte.

Elles y ajoutent certaines accusations plus spécifiques, telles que la récupération de paroles de chansons sur des sites spécialisés comme MusixMatch ou LyricFind qui, eux, paient des licences aux maisons de disques. La plainte fait également valoir qu’Anthropic enlève intentionnellement des données ainsi récupérées les mentions légales ou contractuelles relatives au droit d’auteur, pour que ces dernières n’apparaissent pas dans les sorties fournies par ses modèles :

« Autrement dit, Anthropic souhaite uniquement que Claude s’entraine sur le contenu expressif des compositions musicales des éditeurs de musique, comme les paroles, car ce contenu génère une valeur ajoutée pour les utilisateurs et clients d’Anthropic, tandis que [l’information relative au droit d’auteur, dite CMI pour Copyright Management Information] n’en génère aucune pour Anthropic et, plus important encore, fournit aux titulaires de droits d’auteur une preuve directe des violations commises par Anthropic. »

« Substituts commerciaux nuisibles »

Les maisons de disques arguent par ailleurs d’un préjudice financier réel, qui découlerait de la capacité des modèles à Claude à générer des paroles de chanson inspirées de morceaux réels :

« Anthropic apprend à ses modèles Claude à générer de vastes quantités de paroles de chansons prétendument « nouvelles » générées par l’IA, qui concurrencent les œuvres légitimes protégées par le droit d’auteur des éditeurs de musique en tant que substituts commerciaux nuisibles. »

Elles font au passage valoir que d’autres entreprises d’IA ont déjà conclu des accords de licence avec des éditeurs de musique et réclament, sans surprise, des mesures injonctives à l’encontre d’Anthropic, ainsi que des dommages et intérêts dans les proportions maximales prévues par le Copyright Act, soit des sommes qui se compteraient en milliards de dollars.

Anthropic n’a pour l’instant pas réagi publiquement.

[MàJ] Google et Apple renomment le lac Ontario en lac d’Amérique pour les États-Unis

1 septembre 2026 à 20:59
Amerika ist wunderbar
[MàJ] Google et Apple renomment le lac Ontario en lac d’Amérique pour les États-Unis

Donald Trump a ordonné par décret que le lac Ontario soit renommé lac d’Amérique (Lake America). Google a rapidement implémenté le changement dans son service Maps, mais uniquement pour les internautes basés aux États-Unis. Le lac apparaît toujours comme Lac Ontario pour les Canadiens, tandis que le reste du monde voit les deux dénominations.

Mise à jour 1er/09 – Apple n’aura pas laissé planer le suspense très longtemps. Le constructeur a mis à jour son application Plans pour intégrer la lubie du cartographe en chef de la Maison Blanche. Le lac Ontario est désormais rebaptisé « Lac d’Amérique » dans l’app depuis les États-Unis.

Côté canadien, le grand lac conserve son nom d’origine, qui dérive du huron (« Ontarí’io »), donc bien avant la création du Canada ou des États-Unis. La province canadienne du même nom a été baptisée à partir du lac, et non l’inverse. Dans le reste du monde, le lac affiche deux noms, le vrai et le fake. Les mauvaises langues retiendront que l’ère de John Ternus à la tête d’Apple débute par un empressement certain à se plier à une injonction de Donald Trump.

Article original, 31/08 – Après le Golfe du Mexique renommé en Golfe d’Amérique en janvier 2025, Donald Trump intervient à sa façon dans la guerre douanière qui l’oppose au Canada avec une mesure de rétorsion symbolique : par décret présidentiel daté du 27 août, il ordonne que le lac Ontario soit renommé lac d’Amérique.

Une nouvelle dénomination appliquée séance tenante

« Le lac Ontario, qui constitue aujourd’hui un atout considérable pour les États-Unis, fait partie intégrante de notre patrimoine national. Ses eaux les plus profondes se trouvant en territoire américain, les États-Unis revendiquent la majeure partie de son volume, écrit Donald Trump. En reconnaissance de cette ressource économique florissante et de son importance cruciale pour l’économie de notre nation et pour son peuple, j’ordonne que le lac soit officiellement rebaptisé Lac Amérique. »

Le décret ordonne spécifiquement la mise à jour sous trente jours du Geographic Names Information System (GNIS), et confie à ce dernier la mission de veiller à ce que l’administration fédérale utilise la nouvelle dénomination, « y compris sur les cartes, les contrats et autres documents et communications des ministères et agences exécutifs ».

Le décret présidentiel a été doublé d’une ordonnance à effet immédiat, émanant du département de l’Intérieur. Le GNIS s’est rapidement exécuté : la fiche dédiée au lac Ontario reflète maintenant la nouvelle dénomination souhaitée par Donald Trump.

Google dit simplement suivre les règles

Google a implémenté le changement samedi 29 août au niveau de Google Maps, mais a choisi d’en limiter la portée, exactement comme pour le golfe du Mexique. Le moteur de recherche s’en est sobrement expliqué :

« Suite à la mise à jour de Google Maps pour refléter les changements de noms publiés dans les sources gouvernementales officielles (GNIS pour les États-Unis), les utilisateurs états-uniens verront « Lake America », les Canadiens continueront de voir « Lake Ontario », et les utilisateurs hors des États-Unis et du Canada verront les deux noms. Ces mises à jour s’inscrivent dans notre politique de longue date concernant les étendues d’eau dont le nom varie d’un pays à l’autre, et leur déploiement est en cours. »

Quid des autres acteurs de la cartographie ? Apple n’a pas encore réagi, mais la firme avait fini par refléter le nouveau nom souhaité par Trump pour le golfe du Mexique en février 2025, en se rangeant, comme Google, derrière le caractère officiel de la dénomination actée par le GNIS. Il est donc probable que son service Plans reflète le nouveau nom du lac Ontario pour les utilisateurs situés aux États-Unis.

D’autres ont choisi de prendre le mors aux dents. MapQuest, acteur historique de la cartographie, affirme qu’il ne changera pas son affichage, et propose en guise de pied de nez un générateur de nouveaux noms pour le lac Ontario.

Kathy Hochul, gouverneure démocrate de l’État de New York, voisin immédiat du lac Ontario, a quant à elle déclaré que son administration n’appliquerait pas le changement.

Guerre d’édition en vue sur OpenStreetMap ?

La question s’est aussi rapidement invitée dans les forums du service collaboratif OpenStreetMap, chez qui l’épisode golfe du Mexique avait entraîné une succession d’éditions doublée d’un long débat.

La discussion dédiée s’oriente vers un consensus similaire à celui trouvé début 2025. Le nouveau nom souhaité par Trump sera bien reflété sur la carte collaborative, mais il est assorti d’un attribut, official_name:en-US=*, qui en limite la portée. En pratique et comme l’explique la documentation dédiée, il faut que le processus de rendu implémenté par le service qui appelle les données OSM réclame spécifiquement cet attribut pour que le nom ressorte. À défaut, la carte conserve le nom usuel.

Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, a quant à lui réagi en faisant installer, dimanche, une grande pancarte clamant « Lac Ontario – aujourd’hui et pour toujours ».

En Corée du Sud, l’IA générative bientôt érigée en service public

31 août 2026 à 05:07

En Corée du Sud, l’IA générative bientôt érigée en service public

L’IA générative peut-elle devenir un service public ? La Corée du Sud s’apprête à répondre à cette question. Le pays va en effet proposer aux citoyens un accès gratuit à des services d’IA, avec la promesse de tokens illimités. Un moyen pour Séoul d’atteindre la « souveraineté IA » face aux États-Unis et à la Chine.

Un chatbot gratuit pour chaque citoyen. C’est une des mesures mises en œuvre par le gouvernement coréen, dans le cadre d’un programme plus vaste pour casser la dépendance du pays aux modèles américains et chinois, comme l’explique le Wall Street Journal. Les bots auront des fonctionnalités d’IA classiques, mais ils devront aussi permettre aux utilisateurs de prendre un rendez-vous chez le médecin, recevoir des petites annonces immobilières pour ceux qui veulent déménager, ou obtenir des conseils financiers.

Une IA gratuite, illimitée et souveraine

Les bots donneront aussi aux parents des conseils de contenus éducatifs pour leurs marmots. Les petites entreprises pourront calculer leurs impôts et vérifier leur admissibilité à des programmes d’aide. Ces IA seront en effet connectées aux plateformes gouvernementales, ce qui leur permettra de remplir un rôle de service public, en quelque sorte. Les utilisateurs bénéficieront par ailleurs d’un usage illimité de l’IA.

Séoul a sélectionné trois consortiums, emmenés par les opérateurs télécoms SK Telecom et KT, ainsi que le groupe tech Kakao, éditeur de l’app à tout faire KakaoTalk (elle fait office de messagerie, de réservation de VTC, de gestion bancaire, etc.). Ils n’auront pas le temps de souffler : les premiers bêta-tests auront lieu dès le mois de septembre, avec un déploiement grand public avant la fin de l’année.

Ces trois consortiums recevront un gros coup de pouce de la part de l’État : jusqu’à 512 puces B200 de NVIDIA à se partager. L’État aidera aussi aux coûts de service à partir de l’année prochaine. Chaque acteur prévoit de livrer une application permettant d’accéder à leur chatbot, tout en intégrant cette « IA publique » dans leurs propres outils pour qu’elle soit accessible à un maximum d’utilisateurs. Plus de 20 millions de Coréens utilisent une version gratuite d’un bot IA.

Cette initiative « AI pour tous » fait partie d’un projet plus large visant à développer une « IA souveraine » en Corée du Sud. « À l’ère de l’intelligence artificielle, prendre un jour de retard pourrait signifier prendre une génération entière de retard », déclarait en novembre dernier le président sud-coréen Lee Jae-myung. « Nous faisons actuellement face à une crise urgente, une question de vie ou de mort », soutenait-il devant des parlementaires.

Une question de « survie »

« Seule une course contre la montre nous permettra de survivre. Nous devons sécuriser les éléments fondamentaux de l’intelligence artificielle plus rapidement que n’importe quel autre pays. Les semi-conducteurs, l’IA physique et les centres de données d’IA constituent les trois piliers d’un grand bond en avant. », a-t-il redit fin juin, au moment d’annoncer un gigantesque plan d’investissements dans les usines dédiées à la fabrication de mémoire vive.

Le pays va bâtir des infrastructures, des technologies (puces, LLM) et développer des compétences nationales pour réduire sa dépendance aux modèles étrangers. Le budget de ce programme représente l’équivalent de 6,8 milliards de dollars pour 2026. Un modèle suivi de près par d’autres pays qui ne veulent pas non plus se reposer entièrement sur des systèmes américains ou chinois.

Quantique : Pasqal se lance en bourse au Nasdaq

28 août 2026 à 08:23
Dieu ne joue pas en bourse
Quantique : Pasqal se lance en bourse au Nasdaq

Pasqal vient de boucler les formalités qui vont lui permettre de se lancer en bourse à New York. Cotée sur le Nasdaq, la startup française du quantique estime pouvoir compter sur 360 millions de dollars de trésorerie à l’issue de l’opération. L’introduction se fait sur la base d’une valeur d’entreprise fixée à près de 2 milliards de dollars.

Des laboratoires de Palaiseau aux gratte-ciels de Wall Street. Conformément à son plan de bataille dévoilé au printemps, la startup du quantique Pasqal a réalisé début août les opérations préparatoires à son introduction en bourse sur le Nasdaq, le marché états-unien des valeurs technologiques.

Pour ce faire, Pasqal vient de boucler la fusion-absorption d’une société baptisée Bleichroeder Acquisition Corp. II, qui compte un certain Michel Combes parmi ses fondateurs (ancien PDG de SFR). Cette entité est ce que l’on appelle un SPAC (special purpose acquisition company), une coquille vide conçue spécialement pour préparer une introduction en bourse.

Une valorisation à 2 milliards de dollars

L’intégration de Bleichroeder a été bouclée le 25 août, indique Pasqal dans un communiqué. Suite à cette opération, la startup française annonce qu’elle débutera son parcours boursier au Nasdaq aujourd’hui, vendredi 28 août, identifiée par le ticker PSQL.

Cette introduction en bourse doit permettre à Pasqal de lever de l’argent frais sur les marchés. En l’occurrence, l’entreprise estime qu’elle disposera, à l’issue, d’une trésorerie avoisinant les 360 millions de dollars, censée lui permettre d’accélérer « le déploiement mondial de sa plateforme d’informatique quantique, soutenir l’innovation continue et étendre davantage son adoption commerciale dans le monde entier ».

Les modalités de cette IPO ont été précisées le 5 août dernier dans un prospectus préalable, déposé auprès de la SEC, le gendarme états-unien de la bourse. On y apprend que la société se valorise aux alentours de 2 milliards de dollars, soit 100 fois ses revenus 2025 (19,4 millions de dollars de chiffre d’affaires déclarés). Un multiple particulièrement élevé au premier abord, mais qui n’a rien d’inhabituel dans une technologie de rupture comme le quantique.

Dans son prospectus, Pasqal fait d’ailleurs valoir que ce ratio se révèle finalement assez conservateur, une fois comparé aux multiples des sociétés du secteur déjà cotées soit au NYSE (bourse de New York), soit au Nasdaq.

Dans son prospectus, Pasqal résume la valorisation, le chiffre d’affaires annuel 2025 et le ratio capitalisation sur revenus des sociétés du quantique déjà cotées aux États-Unis – capture d’écran Next

Au printemps, Pasqal avait affirmé vouloir rester une société de droit français et conserver son ancrage à Palaiseau. L’entreprise évoquait d’ailleurs le principe d’une double cotation boursière, d’abord à New York, puis à Paris sur Euronext, avec une introduction programmée entre fin 2026 et début 2027.

« Nous avons installé des systèmes quantiques dans des environnements d’exploitation réels, connecté nos processeurs aux infrastructures informatiques déjà utilisées par nos clients et établi une feuille de route reposant sur une plateforme matérielle unique. Celle-ci offre aujourd’hui un calcul quantique analogique de pointe et est conçue pour permettre, à terme, un calcul quantique tolérant aux fautes de premier plan. Nos systèmes fonctionnent dans des datacenters standards et sont conçus pour répondre aux exigences des entreprises. En tant que société cotée, nous disposerons d’une plateforme renforcée pour accélérer notre développement, servir nos clients dans le monde entier et créer une valeur pérenne pour nos actionnaires », déclare Wasiq Bokhari, directeur général de Pasqal.

☕️ Bluesky inaugure une option pour diminuer la visibilité de ses posts dans l’algo de découverte

28 août 2026 à 07:46


Bluesky vient de mettre en place une option permettant de limiter la visibilité des publications d’un compte dans l’onglet Discover, nourri par l’algorithme de recommandation du réseau social. Accessible via la rubrique Confidentialité et sécurité du profil, elle ne signifie pas que les publications en question deviennent totalement privées, mais elle réduit leur portée auprès de l’audience non abonnée à son compte.

« Sur Bluesky, cela signifie que vos posts n’apparaîtront que sur le fil d’actu Discover des personnes qui sont abonnées à votre compte. Les autres applis peuvent également choisir de respecter cette préférence dans leurs propres algorithmes de recommandations », indique le service au niveau de l’option dédiée. Un post d’annonce explique la logique: « Nous savons que tout le monde ne souhaite pas devenir viral. Parfois, on publie simplement pour ses abonnés. Cette fonctionnalité fait partie des mises à jour sur lesquelles nous travaillons pour vous offrir plus de contrôle sur votre expérience et vous aider à trouver votre public. »

L’option ne s’applique cependant que sur le périmètre Bluesky : les applications tierces connectées au protocole AT (comme mu.social, récemment testée par Next) peuvent ne pas répercuter ce paramètre.

Une nouvelle option permet de limiter la visibilité des posts auprès des non-abonnés à son compte – capture d’écran Next

La démarche constitue une forme de contrepied par rapport au modèle économique développé par X : pour encourager la souscription d’un abonnement payant, l’ancien Twitter promet en effet que la détention d’un compte Premium permet de booster la visibilité des publications et des réponses apportées à d’autres utilisateurs.

Bluesky a par ailleurs annoncé le 25 août la possibilité de publier des vidéos d’une durée maximale de 10 minutes (contre trois minutes précédemment). Le poids maximum d’un fichier reste cantonné à 300 Mo.

[MàJ] NVIDIA rachète Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars

3 septembre 2026 à 13:04
All your hugs are belong to us
[MàJ] NVIDIA rachète Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars

C’est désormais officiel : NVIDIA a annoncé le rachat de Hugging Face, le célèbre « GitHub des modèles IA », pour 12,9 milliards de dollars. Le géant des GPU met ainsi la main sur l’un des carrefours incontournables du secteur. Il promet que son acquisition restera ouverte à l’ensemble de l’écosystème.

Mise à jour, 3 septembre, 15 heures : NVIDIA a formellement annoncé le rachat de Hugging Face jeudi en début d’après-midi, pour un montant précis de 12,93 milliards de dollars.«  Ensemble, nous allons développer la plateforme Hugging Face, renforcer son infrastructure et élargir l’accès à l’IA pour les développeurs et les institutions du monde entier », affirme Jensen Huang, CEO de NVIDIA, dans un communiqué.

Pour l’occasion, il affiche des chiffres actualisés illustrant la popularité de cette société basée aux États-Unis, fondée par trois Français : « Plus de 18 millions de développeurs, chercheurs et créateurs utilisent Hugging Face pour partager plus de 3 millions de modèles, 500 000 jeux de données et 1 million d’applications. Plus de 200 000 entreprises utilisent la plateforme pour découvrir, évaluer, personnaliser et déployer l’IA ».

NVIDIA assure que la position de Hugging Face vis-à-vis des modèles ouverts ne changera pas d’un pouce, et se présente d’ailleurs comme le premier contributeur de la plateforme en la matière. Pour Julien Chaumond, directeur technique et cofondateur de Hugging Face, c’est précisément cet engagement qui aurait motivé la startup à se tourner vers le géant des cartes graphiques. Sur X, il déclare :

« L’IA se trouve à un tournant décisif. L’IA open source pourrait perdre de son importance dans les années à venir si les grands laboratoires fermés s’en emparent, OU bien elle pourrait devenir le fondement de la prochaine phase de la civilisation humaine. Ces deux issues sont radicalement différentes, et nous devons mobiliser un nombre suffisant de personnes pour maximiser nos chances d’atteindre la seconde. Compte tenu de la position de Jensen Huang sur l’IA open source et de son engagement à la défendre lorsqu’elle était menacée plus tôt cet été, NVIDIA était le seul partenaire que nous avons sérieusement envisagé. HF restera une plateforme indépendante et neutre. »

Publication initiale, 27 août, 16h54 :

La rumeur bruissait depuis quelques jours : Hugging Face, la célèbre plateforme dédiée à l’hébergement de modèles IA et des jeux de données associés, s’est adjoint les services d’une banque d’affaires pour préparer une opération de grande ampleur. Le faisceau de présomptions vient progressivement de se resserrer, pour aboutir à l’information selon laquelle c’est finalement NVIDIA qui se porterait acquéreur de la startup pour une somme évaluée à 12,9 milliards de dollars.

Un hub incontournable pour les modèles IA

Avancé dès dimanche par BusinessInsider comme une hypothèse sérieuse, le bruit de couloir est aujourd’hui présenté comme un fait avéré par le site The Information, même si aucune des deux entreprises ne l’a pour l’instant confirmé publiquement. Roxanne Varza, directrice de Station F à Paris, qui connait bien les dirigeants pour avoir accueilli Hugging Face dès ses débuts, présente aussi le deal comme conclu. L’annonce officielle ne devrait donc pas tarder.

Hugging Face est pour mémoire une startup fondée en 2016 par trois Français (Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf) aujourd’hui basée à New York et disposant d’un bureau à Paris. Après avoir envisagé à ses débuts de créer un chatbot pour adolescents, elle propose aujourd’hui une plateforme dédiée aux développeurs, chercheurs, data scientists et autres professionnels de la donnée qui exploitent des modèles d’IA (principalement générative), et les jeux de données associés à ces derniers.

Hugging Face revendique 18 millions d’utilisateurs, qui accèdent par son intermédiaire à quelque 3 millions de modèles (open source ou non) et plus d’1 million de jeux de données. NVIDIA se prépare donc à mettre la main sur l’un des carrefours les plus empruntés du monde de l’IA, quelques jours après que le géant du paiement Stripe s’est offert la plateforme OpenRouter.

Reste à voir quelle est la finalité de cette prise de contrôle. En tant que répertoire de modèles, Hugging Face se veut en effet agnostique vis-à-vis des technologies ou des architectures de puces mises en œuvre. Sa plateforme a donc aussi bien vocation à accueillir des modèles exploitant CUDA et optimisés pour les cartes NVIDIA que des alternatives pensées pour d’autres matériels, qu’elles soient états-uniennes, européennes ou chinoises. Ce sont d’ailleurs les modèles chinois Qwen ou GLM qui trustent le classement des modèles les plus populaires.

Une précédente proposition refusée au nom de l’indépendance

The Information voit dans l’opération une façon pour NVIDIA de remettre un pied dans l’univers du cloud, en prévoyant par exemple de profiter de la popularité de Hugging Face pour commercialiser l’accès à de la ressource de calcul hébergée soit par ses soins, soit par les entreprises avec lesquelles la firme entretient des logiques d’investissements croisés.

À 12,9 milliards de dollars annoncée, l’opération devrait offrir une belle culbute aux actionnaires historiques de la startup ainsi qu’à ses fondateurs. Lors de son dernier tour de table en 2023, Hugging Face avait en effet levé 235 millions de dollars sur la base d’une valorisation fixée à 4,5 milliards de dollars. L’opération associait alors les fonds d’investissement de Google, d’IBM, de Salesforce… et de NVIDIA, qui figurait donc déjà au capital de l’entreprise, rappelle Techcrunch.

Certains y verront peut-être une forme de reniement, ou de renoncement, de la part de Hugging Face. En janvier dernier, le Financial Times révélait en effet que la startup avait refusé une proposition d’investissement à hauteur de 500 millions de dollars, formulée, déjà, par NVIDIA. À l’époque, le CEO Clément Delangue et son équipe arguaient, selon le FT, de la nécessité de maintenir une forme d’indépendance vis-à-vis de l’un des principaux fournisseurs du secteur. L’opération aurait valorisé Hugging Face aux alentours de 7 milliards de dollars.

D’après The Information, Hugging Face réalise un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 150 millions de dollars. NVIDIA devrait donc payer 86 fois ce chiffre d’affaires pour mettre la main sur l’entreprise, réalisant au passage la plus grosse acquisition de son histoire.

Le montant est cependant à mettre en regard avec les derniers résultats financiers publiés par la firme au caméléon. Elle a fait état mercredi 26 août au soir d’un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars pour le deuxième trimestre de son exercice fiscal, en hausse de 18 % sur trois mois et de 106 % sur un an. Il est surtout associé à une rentabilité exceptionnelle, avec une marge brute maintenue aux alentours de 74 %, et près de 60 milliards de dollars de résultat net sur le trimestre.

Hugging Face lance un robot à 400 dollars

Le CEO de Hugging Face s’est offert un petit pied de nez sur ses réseaux sociaux en annonçant jeudi, en majuscules, une « énorme nouvelle ». Là où tout le monde attendait sans doute la confirmation du deal, l’entreprise a dévoilé un nouveau produit issu de l’une de ses acquisitions récentes, la startup bordelaise Pollen Robotics.

Le robot MicroDuck a été développé par la startup bordelaise Pollen Robotics – crédit Hugging Face

Baptisé Microduck, il prend la forme d’un petit robot open source de 25 cm de haut qui peut « marcher, ramasser des objets, se relever après une chute et même faire du roller ». Doté de 15 moteurs, d’une caméra, d’un capteur LiDAR et de sept mouvements préconfigurés, il se destine principalement à l’apprentissage par renforcement et à l’apprentissage de la programmation. Mise à prix : 340 euros hors taxe et frais de livraison, avec de premières livraisons attendues aux alentours de Noël.

☕️ Garantie sans IA, LibreOffice 26.8 équilibre mieux les textes justifiés

27 août 2026 à 08:54


La Document Foundation a publié mercredi 26 août la version 26.8 de sa suite bureautique libre et gratuite, LibreOffice. Chacun de ses six outils (Writer, Calc, Draw, Base, Impress et Math) profite d’améliorations et d’optimisations diverses, avec des clients garantis sans IA générative et sans aucun appel réseau nécessaire au fonctionnement.

« Il s’agit d’une position délibérée. Toute organisation traitant des données confidentielles, protégées par le secret professionnel ou personnelles doit savoir où ces données sont stockées, et la seule garantie valable en cas d’audit est qu’elles ne quittent pas le système », justifie la fondation, qui prend donc volontairement le contrepied de l’IA générative omniprésente dans l’environnement Microsoft Office.

Du côté des nouveautés, LibreOffice 26.8 met notamment l’accès sur la qualité de la typographie au sein du traitement de texte Writer. Ce dernier s’enrichit d’un nouvel outil de composition à l’échelle du paragraphe, qui sait réduire ou augmenter dynamiquement l’espace entre les mots des lignes adjacentes pour éviter les écarts disgracieux au sein d’un texte justifié.

L’affichage profite quant à lui d’un mode brouillon, qui permet d’afficher le texte brut sans mise en forme. Pour limiter les fausses manipulations, Writer dispose également d’une nouvelle option pour empêcher le remplacement de la sélection en cours par le texte tapé. Au passage, l’équipe LibreOffice indique que le temps d’ouverture des gros documents contenant des images devrait être amélioré.

L’interface adopte maintenant un code couleur (personnalisable) facilitant l’identification des différents logiciels de la suite.

Writer, Calc ou Impress reprennent le code couleur de la suite Office – crédit TDF

En parallèle des notes de version, qui listent de façon exhaustive les changements apportés aux six logiciels, la Document Foundation souligne avoir commencé à travailler à la prise en charge des nouveaux formats de graphiques (cascade, Pareto, arborescence, etc.) inaugurés par Microsoft et déclinés au travers des fichiers OOXML.

« Ces graphiques ne peuvent pas encore être affichés ni modifiés. LibreOffice affiche un message identifiant le type non pris en charge et conserve la définition sous-jacente, de sorte qu’un fichier ouvert et enregistré dans LibreOffice est renvoyé intact à son application d’origine », précise-t-elle.

Rappelons que la fondation, qui défend le format standardisé ODF (Open Document Format) critique régulièrement OOXML. Elle reproche en effet à Microsoft d’entretenir une impression fallacieuse d’ouverture en ayant réussi à faire d’Office Open XML (OOXML) une norme ISO, tout en implémentant une version différente du format dans ses logiciels.

La fondation a profité de cette publication pour récapituler les derniers chiffres de téléchargements de LibreOffice, qui montrent des volumes en hausse sur les premiers mois de 2026 par rapport aux années précédentes. Un regain d’intérêt que l’on peut sans doute rapprocher au moins partiellement de la problématique liée à la fin de vie de Windows 10 et à l’engouement grandissant pour Linux sur les ordinateurs personnels.

Volume de téléchargements de LibreOffice par mois entre 2024 et 2026. La fondation ne précise pas la ventilation par systèmes d’exploitation – crédit TDF

LibreOffice26.8 est disponible au téléchargement gratuit pour Windows, macOS et Linux, en x86 ou ARM64 et en 120 langues.

☕️ En hommage à Tim Curry, le jeu Brütal Legend est téléchargeable gratuitement jusqu’à midi

27 août 2026 à 06:08


En hommage à l’acteur Tim Curry, décédé le 25 août à l’âge de 80 ans, le studio Double Fine propose au téléchargement gratuit la version PC du jeu Brütal Legend. L’opération court sur une durée de 666 minutes, et prend fin jeudi 27août à midi, heure de Paris. Pour accéder au jeu (proposé en version Windows, Ubuntu et macOS 32 ou 64 bits), il vous faudra tout de même créer un compte sur la plateforme Itch.io, au travers de laquelle est réalisée l’opération.

Loin de nous l’idée de tomber dans une frénésie de bons plans, mais cet hommage nous paraissait mériter d’être signalé à deux titres. D’abord parce que, comme bon nombre d’entre vous sans doute, nous avons grandi avec les films dans lesquels jouait Tim Curry, de Maman, j’ai encore raté l’avion à Legend en passant par The Rocky Horror Picture Show ou Ça, l’adaptation du roman de Stephen King dans laquelle il prête ses traits au célèbre clown.

Ensuite, parce que Brütal Legend, dirigé par Tim Schafer chez Double Fine Productions, est un drôle d’objet vidéoludique. Sorti en 2009 sur console (Xbox 360 et PS3) avant d’être porté sur PC en 2013, il propose au joueur d’incarner un roadie (technicien qui monte les scènes de concert) téléporté dans un univers aux accents infernaux inspiré du heavy metal.

Brutal Legend – crédit Double Fine Production

Sous les traits de l’acteur Jack Black, on y alterne séquences d’exploration, de beat-them-all et de stratégie, tout au long d’un scénario qui permet de croiser de nombreuses stars du genre, dont Lemmy Kilmister ou Ozzy Osbourne, avant de rencontrer le principal adversaire, Lord Doviculus, à qui Tim Curry prête son visage. Crédité d’un honnête 8/10 par CanardPC à sa sortie, le jeu dispose d’une bande son qui ravira les amateurs du genre.

D’aucuns se souviendront que Tim Curry incarnait également Anatoly Cherdenko, le président soviétique, dans Command and Conquer : Alerte rouge 3.

☕️ AWS rachète DuckLabs, l’équipe derrière le moteur SQL open source DuckDB

26 août 2026 à 15:22


Amazon a annoncé mercredi 26 août l’acquisition de DuckLabs, la société néerlandaise à qui l’on doit le moteur de base de données SQL DuckDB. À la fois léger et puissant, DuckDB s’est rapidement forgé une réputation d’efficacité pour les tâches liées à l’analyse de données et au traitement de fichiers volumineux. Le logiciel, créé en 2019 et régulièrement mis à jour, est distribué sous licence MIT.

L’acquéreur précise bien qu’il ne rachète pas le projet DuckDB, qui reste open source, mais l’entreprise DuckLabs, et notamment l’expertise de son codirigeant, Mark Raasveldt, créateur du moteur.

« Rejoindre AWS nous donne les ressources et la portée nécessaires pour proposer cette technologie à un nombre beaucoup plus important de développeurs et d’organisations, et pour poursuivre des idées à une échelle que nous aurions eu du mal à atteindre seuls », commentent les deux dirigeants de DuckLabs dans un billet dédié.

L’entreprise, fondée en 2021, compte aujourd’hui une trentaine de collaborateurs, qui délivrent des services d’intégration ou de support associés à DuckDB (ainsi qu’à ses produits satellites, DuckLake et Quack), tout en contribuant au projet principal.

Aperçu de l’interface graphique DuckDB – crédit DuckLabs

DuckLabs rappelle que la gouvernance de DuckDB relève d’une fondation dédiée, déjà soutenue financièrement par AWS. Cette fondation sera bientôt dotée d’un conseil consultatif technique, auquel le géant du cloud devrait logiquement figurer en tant que partie prenante, désormais significative, de l’écosystème associé.

« La fondation à but non lucratif DuckDB continuera de gérer ces projets, et l’équipe de DuckLabs continuera d’y contribuer et restera basée à Amsterdam », assurent les dirigeants, selon qui DuckDB enregistre plus d’un million de téléchargements par jour.

« L’équipe de DuckLabs possède une expertise de pointe en ingénierie de bases de données et une solide expérience dans la création de logiciels plébiscités par les développeurs. Ensemble, nous rendrons l’analyse AWS plus rapide, plus simple et plus économique pour nos clients », déclare de son côté Amazon, qui espère une transaction bouclée d’ici septembre. Le montant de l’acquisition n’a pas été communiqué.

☕️ Apple fracasse le prix d’un de ses produits phare (sa chiffonnette)

26 août 2026 à 07:47


L’événement est tel qu’il mérite bien que nous nous autorisions un brin de clickbait : Apple vient de revoir à la baisse, et dans des proportions substantielles, le prix de sa célèbre « chiffonnette ».

Historiquement affiché à 25 euros dans la version européenne de sa boutique en ligne (un prix déjà très compétitif face au carré Hermès), cet élément de tissu siglé de la célèbre pomme se négocie désormais à 10 euros tout rond, TVA incluse, soit une ristourne de tout de même 60 %.

Habemus chiffonnettam – crédit Apple

En ces temps d’inflation galopante, la nouvelle mérite assurément d’être célébrée. Ladite chiffonnette chante une ode à la lutte contre l’obsolescence programmée. Sur sa fiche, on apprend ainsi que cet élégant tissu synthétique est compatible avec plus de 140 appareils Apple, dont toute la famille iPhone, à l’exception des modèles Edge, 3G et 4 dont la gloire n’est finalement pas immarcescible.

L’annonce est d’autant plus fracassante que la susnommée chiffonnette semble n’avoir rien perdu de ses formidables qualités. D’après Apple, elle est ainsi toujours « constituée d’un matériau non abrasif doux au toucher », et sait toujours nettoyer « n’importe quel écran Apple, y compris les écrans nano‑texturés, de façon efficace et sûre ». Rien à voir donc avec les microfibres suédées du vulgus pecum.

Cerise sur la chiffonnette : contrairement aux nouveaux Mac Mini et Mac Studio, le meilleur ennemi de vos doigts tout graisseux est immédiatement disponible.

☕️ X contraint Nitter et XCancel à suspendre leur service alternatif

26 août 2026 à 06:39


Le projet open source Nitter et l’une de ses instances XCancel constituent une alternative pour tous les internautes qui souhaitent consulter ou partager des publications X (anciennement Twitter) sans renvoyer de trafic vers la plateforme sociale détenue par Elon Musk, devoir y créer un compte ou nourrir son réservoir de données marketing.

Problème : Nitter et XCancel ne sont plus accessibles : les deux adresses indiquent avoir dû suspendre leurs opérations, suite à la réception d’une ordonnance de cessation et d’abstention (cease and desist) émanant de X.

« Le 24 août 2026, la société X Corp. a envoyé des mises en demeure exigeant la fermeture définitive des instances de Nitter et du dépôt du projet. nitter.net est hors ligne et le développement est temporairement suspendu. Je consulte un avocat et ne ferai aucun autre commentaire pour le moment. Merci à tous ceux qui ont utilisé, hébergé, empaqueté, fait un don ou contribué à Nitter au cours des sept dernières années », écrit ainsi zedeus, le responsable de Nitter, dont le dépôt GitHub a été placé en statut archivé mardi 25 août.

Le mainteneur de Nitter annonce la suspension du service – capture d’écran

Même son de cloche chez XCancel :

« Le lundi 24 août à 20h00 heure de New York, nous avons reçu une lettre de X Corp. nous demandant de cesser immédiatement le service XCancel. Le service XCancel est suspendu jusqu’à nouvel ordre. Nous consultons nos avocats et ne communiquerons pas plus de détails pour le moment. Nous vous remercions de la confiance que vous nous avez accordée durant ces deux années d’utilisation de XCancel. »

Dans le viseur d’Elon Musk dès 2023, Nitter avait déjà subi un premier coup d’arrêt début 2024. À l’époque, ce sont des modifications apportées par X aux interfaces de programmation (API) utilisées par Nitter pour collecter les messages qui avaient entravé la bonne marche de l’outil, conduisant à sa mise en pause.

L’actuel mainteneur, zedeus, avait repris Nitter en main en février 2025. « Héberger une instance est actuellement complexe et coûteux, mais pas impossible. Pour une petite instance privée, c’est assez simple et gratuit, mais une grande instance publique est une autre histoire », expliquait-il alors.

☕️ La mutuelle Solimut alerte sur une violation de données personnelles

25 août 2026 à 09:04


La mutuelle Solimut, qui revendique 535 000 adhérents, a indiqué lundi avoir identifié « une cyberattaque ayant entrainé une violation de données personnelles en début de journée ce dimanche 23 août 2026 ». Sur son site, elle indique que ses équipes ont rapidement mis un terme à l’intrusion, et s’attellent désormais à « inventorier de façon précise le périmètre touché ».

Solimut affirme par ailleurs avoir déjà notifié la cyberattaque auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), et se préparer à en faire de même auprès de la CNIL « dans les délais attendus ». Elle promet par ailleurs qu’une communication plus précise sera adressée à ses adhérents une fois les investigations menées à leur terme. En attendant, elle invite « les adhérentes et les adhérents à être prudents dans les prochains jours sur les sollicitations qu’ils pourraient recevoir en cas de prises de contact par mail ou par téléphone d’entités externes à la mutuelle ».

L’avertissement prend la forme d’une annonce affichée en popup sur le site de Solimut – capture d’écran Next

Ce message fait suite à la publication, samedi 22 août, d’une annonce proposant à la vente un jeu de données extrait des systèmes de Solimut. D’après cette revendication, le lot répertorierait des informations relatives à 1,2 million d’assurés, dont plus d’un million de bulletins de salaire et quelque 770 000 comptes bancaires.

Le compte X qui se revendique du pseudonyme ZeroBytes, impliqué dans le récent trio d’attaques sur les systèmes de la DGFiP, a publiquement interpellé Solimut dimanche 23 août, évoquant une injection SQL ayant « permis l’extraction de 4 401 062 lignes, dont 779 750 IBAN et 1 366 638 NIR ».

La loi visant à interdire les téléphones portables au lycée est promulguée et publiée

25 août 2026 à 06:52
Si les voeux étaient des poissons, nous lancerions tous des filets
La loi visant à interdire les téléphones portables au lycée est promulguée et publiée

Promulguée lundi par Emmanuel Macron, la loi instaurant l’interdiction des téléphones portables au lycée a été publiée au Journal Officiel. La mesure dispose donc désormais d’un cadre juridique, à temps pour la rentrée de septembre, mais de sérieux doutes planent toujours sur la capacité des établissements scolaires à la mettre en œuvre dans un délai aussi court.

Maintes fois répétée par le chef de l’État, la promesse de l’interdiction du téléphone portable au lycée à temps pour la rentrée de septembre est finalement tenue, au moins sur le papier. Lundi, Emmanuel Macron a en effet annoncé, sur X, avoir promulgué la loi associée. « Une école sans téléphone, c’est retrouver la sérénité de l’apprentissage », a-t-il déclaré.

Quelques heures plus tôt, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon avait confirmé l’imminence de cette promulgation, en sortie de conseil des ministres. Évoquant la censure partielle de la loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » par le Conseil constitutionnel, elle avait néanmoins estimé que « l’interdiction des portables dans les lycées pourra être effective dès la rentrée avec un cadre juridique stable, consolidé et législatif ». Cette mesure, portée par l’article 3 de la loi, n’a en effet pas été censurée par les Sages.

Interdire et sensibiliser

Après la promulgation, place à la publication : la « loi n° 2026 - 813 du 24 août 2026 » figure bien au chapitre du Journal Officiel daté du mardi 25 août. Amputée de sa principale composante liée à l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, elle dispose explicitement que l’interdiction des portables, déjà en vigueur en primaire et au collège, s’étend désormais aux lycées.

Pour ce faire, elle modifie l’article L511-5 du Code de l’éducation, en renvoyant la mise en œuvre de la mesure au règlement intérieur de l’établissement concerné et en prévoyant une exception possible pour les formations supérieures dispensées au sein des lycées (classes préparatoires notamment) :

« Les modalités d’application de cette interdiction et les exceptions à celle-ci sont déterminées par le règlement intérieur en cohérence avec le projet d’école ou d’établissement. Dans les lycées dispensant des formations de l’enseignement supérieur, le règlement intérieur peut prévoir des dispositions particulières pour les étudiants. »

La nouvelle loi ajoute également au projet d’école ou d’établissement un pan spécifiquement lié à « l’utilisation des technologies numériques au sein de l’école ou de l’établissement ainsi que des actions menées auprès des élèves, du personnel et des parents en matière de sensibilisation aux effets nocifs d’une exposition non raisonnée aux écrans et au caractère addictif des réseaux sociaux, notamment au regard des enjeux de santé publique ».

Un vœu pieux ?

Du cadre juridique à la mise en œuvre effective de l’interdiction, il y a cependant un pas, que de nombreux syndicats du monde enseignant estiment difficile, voire impossible, à franchir dans de bonnes conditions. Nombre d’entre eux alertent depuis des mois sur la nécessité d’une concertation préalable avec la communauté éducative et sur le caractère contestable de la mesure, qualifiée de simpliste au regard des enjeux complexes qu’elle recouvre.

De façon plus prosaïque, certains remarquent que le calendrier n’est pas tenable : fermés pendant l’été, les établissements n’ont tout simplement pas le temps de procéder aux formalités nécessaires à la modification de leur règlement intérieur. « Les établissements attaquent une année dans laquelle la règle n’est pas écrite dans le règlement intérieur, sauf ceux qui avaient peut-être tenté d’anticiper quelque chose, mais ça reste très très parcellaire », regrette par exemple François Resnais, secrétaire national du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissement, cité par l’AFP.

De son côté, le ministère de l’Éducation nationale a tenté de préparer le terrain, mais bien tard au regard de la fermeture estivale des lycées. Son vademecum dédié à l’interdiction des portables (PDF), daté de juin 2026, rappelle d’ailleurs le processus de mise à jour du règlement intérieur :

« Les élèves doivent être consultés notamment dans le cadre du conseil des délégués pour la vie lycéenne. (…) L’inscription de l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés, ainsi que les dérogations éventuelles, dans le règlement intérieur doit ensuite être adoptée par le conseil d’administration (article R. 421 - 20) avant transmission de la délibération au recteur d’académie (article R. 421 - 55). »

S’il prône l’accompagnement pédagogique, ce vademecum invite également les chefs d’établissement à réfléchir au régime de sanctions à appliquer en cas de non-respect de l’interdiction. « Ces réponses doivent être adaptées à chaque situation (c’est-à-dire graduées, personnalisées et proportionnées). Il peut s’agir d’une punition, notamment de la confiscation de l’objet voire d’une sanction disciplinaire », résume-t-il.

Une circulaire du ministère, datée du 2 juillet, invitait quant à elle à faire preuve de flexibilité dans la mise en œuvre de l’interdiction pour ne pas pénaliser le fonctionnement du lycée. « Ainsi, des dérogations limitatives peuvent être prévues pour permettre des usages pédagogiques ou s’adapter à certaines nécessités administratives ou organisationnelles telles que le fonctionnement du centre de documentation et d’information, du service de restauration ou d’hébergement ». Les lycéens apprécieront certainement.

L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans toujours dans le viseur

Sur le sujet plus sensible de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, et donc de la vérification d’âge systématique qu’elle imposerait aux utilisateurs de ces derniers, le gouvernement accuse réception de la censure du Conseil constitutionnel, mais dit maintenir son objectif.

« En parallèle, il y a des initiatives européennes, il y a la mission qui a été donnée au Premier ministre de réfléchir et d’avancer sur un travail qui prendrait en compte les remarques du Conseil constitutionnel. (…) L’objectif du président de la République d’avoir un cadre stabilisé d’ici au printemps prochain pour protéger nos enfants et nos jeunes est évidemment un objectif que nous continuons à poursuivre », a déclaré Maud Bregeon.

☕️ Protection des enfants : TikTok solde une plainte des États-Unis pour 400M$

24 août 2026 à 10:37


Le Department of Justice (DoJ) des États-Unis a annoncé vendredi 21 août avoir conclu un accord avec TikTok pour solder les poursuites engagées à son encontre en 2024 en raison d’une protection insuffisante des mineurs sur son réseau social.

En échange de cet abandon, TikTok s’engage à verser immédiatement 300 millions de dollars, et 100 millions de dollars supplémentaires quand un juge aura annulé une précédente injonction remontant à 2019. Cette dernière imposait au réseau social, qui s’appelait alors Musical.ly, une surveillance renforcée et constituait une menace supplémentaire en cas de violation avérée de la loi COPPA (Children’s Online Privacy Protection Act).

TikTok s’exonère ainsi des poursuites engagées à son encontre en 2024 par le DOJ et la FTC, chargée de veiller à l’application de la loi COPPA. La plainte (PDF) formulait trois griefs principaux à l’encontre de TikTok et de sa maison mère, le groupe chinois Bytedance : la possibilité offerte aux enfants de créer un compte sans consentement d’un adulte responsable et l’utilisation à des fins marketing des données associées, le non-respect des demandes de suppression formulées par les parents, et une défaillance qualifiée de « systémique » de la modération chargée de veiller à évincer les comptes manifestement associés à des enfants.

Flock pour Next

Le DoJ rappelle que « TikTok a connu des changements importants au niveau de sa structure de propriété, de sa direction, de ses fonctions de conformité et de ses pratiques en matière de protection de la vie privée ». Il fait ici référence au long bras de fer engagé par Donald Trump pour que la branche US du réseau social passe sous contrôle d’une société détenue majoritairement par des acteurs états-uniens. Annoncé fin 2025, le transfert a été réalisé début 2026.

Les premiers changements découlant de cette nouvelle gouvernance n’allaient pas précisément dans le sens d’un respect accru de la vie privée, au contraire. Le DoJ estime néanmoins que TikTok a désormais mis en œuvre les mesures nécessaires à la protection des jeunes publics : « Ces évolutions ont considérablement contribué à la réalisation des intérêts publics sous-jacents à la procédure engagée par le ministère et ont renforcé la protection de millions de familles américaines ».

TikTok solde ainsi un dossier judiciaire, mais d’autres procédures restent ouvertes à son encontre outre-Atlantique, notamment celle initiée par 14 procureurs généraux en octobre 2024. Le réseau social y est attaqué pour les mêmes manquements, mais sur une base différente : ici, ce n’est pas la loi fédérale COPPA qui est invoquée, mais le droit de la consommation de chacun des 14 États concernés.

En Europe, le réseau social est également dans la ligne de mire de la Commission européenne, dont les conclusions préliminaires, publiées fin juillet, estiment que TikTok ne répond pas correctement aux obligations de protection des jeunes publics prévues par le DSA.

GTA 6 : Take-Two traque l’auteur des fuites et son memecoin lucratif

24 août 2026 à 08:55
Le fermier piste la foule
GTA 6 : Take-Two traque l’auteur des fuites et son memecoin lucratif

Alors que plusieurs nouveaux extraits vidéo sont apparus sur les réseaux sociaux, Take-Two et Rockstar se tournent vers la justice états-unienne pour obtenir de Microsoft, Discord et X les informations qui permettraient d’identifier le responsable des fuites liées à GTA VI, pendant que l’intéressé tire profit des transactions réalisées à l’aide de son memecoin.

Depuis le 18 août, date de diffusion des premiers éléments censés illustrer le comportement en jeu du futur GTA 6, Rockstar et Take-Two multiplient les actions de « notice and take down » (notification et retrait) pour faire disparaitre les vidéos des plateformes sociales. À ce stade, le studio et l’éditeur n’ont cependant pas confirmé la fuite, ni communiqué publiquement sur la façon dont cette dernière aurait pu se dérouler, ou ses éventuelles conséquences sur le lancement du jeu, toujours programmé au 19 novembre prochain sur PS5 et Xbox.

Take-Two invoque le DMCA pour identifier Cyberleek

Rockstar et Take-Two ont en revanche très officiellement pris le mors aux dents pour essayer d’identifier la personne, ou le groupe de personnes, qui se cache derrière le pseudonyme Cyberleek et qui a déjà diffusé plus d’une dizaine d’extraits vidéo qui semblent avoir été réalisés à partir d’une version jouable du jeu. Dans l’une de ces vidéos, on voit en effet le personnage incarné par le joueur tracer le mot Leek, allusion explicite au pseudonyme Cyberleek.

Vendredi 20 août, l’éditeur a notamment obtenu d’une cour fédérale de New York une injonction (PDF) destinée à Microsoft et Discord, obligeant les deux sociétés à « produire l’identité des entités ou des personnes soupçonnées de porter atteinte aux droits d’auteur de Take-Two Interactive Software, Inc. ». Le lendemain, il a déposé une nouvelle requête, adressée cette fois à X (PDF). Elle invoque à nouveau la loi états-unienne de protection du droit d’auteur (Digital Millennium Copyright Act, ou DMCA), pour exiger du réseau social toutes les informations permettant d’identifier le détenteur du compte @cyberleek_ar_io.

D’après la plainte, les contenus diffusés par ce compte enfreignent « les droits d’auteur détenus par Take-Two pour GRAND THEFT AUTO VI, logiciel propriétaire appartenant à Take-Two (…) Le matériel protégé comprend, sans s’y limiter, le contenu audiovisuel, les illustrations, les images, les dialogues et autres éléments créatifs ».

Le compte en question a déjà été suspendu par X, tout comme le compte Telegram par lequel le pirate communiquait avec son audience. Sa présence identifiable en ligne se résume de ce fait maintenant à son site Web, sur lequel l’intéressé propose de voter pour choisir le contenu de sa prochaine divulgation de contenu issu du jeu, en échange d’une transaction en cryptomonnaie.

Un site hébergé sur une blockchain à stockage « permanent »

La maison mère de GTA risque d’avoir besoin de moyens plus musclés qu’une simple injonction judiciaire pour obtenir la fermeture du site en question. Celui-ci n’est en effet pas situé chez un prestataire standard (qui pourrait recevoir la notification et procéder au retrait) : il est hébergé sur le protocole de stockage décentralisé Arweave, qui promet un stockage permanent des données sur une blockchain dédiée en échange d’un paiement unique au moment du dépôt.

Sur ce site, le pirate propose aux internautes de voter pour le contenu de sa prochaine révélation, en exploitant une cryptomonnaie éponyme, elle-même basée sur le protocole Solana. En fouillant dans les registres de cette dernière, on découvre que l’opération a fait l’objet d’un montage complexe, visant à dissimuler au maximum les traces qui permettraient de remonter à l’émetteur.

On apprend aussi que le memecoin Cyberleek, utilisé pour ces transactions, a été lancé le 15 août, soit trois jours avant la première fuite. On constate enfin que la mécanique se révèle lucrative à plus d’un titre. De quoi écorner le discours du pirate selon lequel cette fuite est motivée par la volonté de lutter contre la politique de dématérialisation envisagée par Rockstar…

Un memecoin lucratif à plus d’un titre

En partant de l’adresse utilisée par le(s) pirate(s) pour collecter les paiements des internautes en échange de leur vote, nous avons retracé les principales étapes de la création de ce memecoin, le 15 août dernier. L’émetteur a d’abord collecté l’équivalent de 25 000 dollars en SOL (la cryptomonnaie Solana) au travers d’un portefeuille intermédiaire, lui même alimenté de 47 versements réalisés depuis 13 adresses différentes.

À partir de cette mise de départ, il a ensuite créé la monnaie Cyberleek, en émettant 1 milliard de tokens, dont 270 millions ont été envoyés, environ sept minutes après création, sur une adresse distincte.

Tout ou partie du solde a été ouvert aux échanges. La popularité de GTA 6 et la médiatisation associée aux fuites ont rapidement contribué à la visibilité du jeton Cyberleek, dont la valorisation s’est envolée, bien qu’elle ne soit adossée sur aucune valeur tangible.

Typique des memecoins (une cryptomonnaie adossée à un phénomène viral plutôt qu’à un actif concret ou une promesse tangible), cette volatilité est doublement lucrative pour l’émetteur. Outre sa réserve d’actifs qui prend de la valeur avec les mouvements spéculatifs, on constate en effet que le wallet (portefeuille) qui a servi à la création reçoit des versements associés aux frais de transaction appliqués sur les échanges en Cyberleek.

Evolution du cours du Cyberleek – source Coinmarketcap, capture d’écran Next

Dans ce cas précis, l’émetteur a choisi de ne pas capitaliser sur sa réserve d’actifs. L’historique du portefeuille qui l’abritait révèle que les 270 millions de tokens placés en réserve ont été brûlés (détruits) samedi 22 août, une façon peut-être de renforcer le narratif selon lequel la démarche de piratage est altruiste et non motivée par l’appât du gain.

270 millions de tokens ont été brûlés le 22 août, pour une valeur approximative de 795 000 dollars au cours du Cyberleek au moment de l’opération – capture d’écran Next

Notons que ces éléments, documentés par nos soins après analyse des transactions publiques recensées sur le registre de la blockchain Solana, sont parcellaires et ignorent sans doute certains aspects de la mécanique mise en place. Le calendrier qu’ils confirment, calibré pour que la fuite serve de catalyseur au memecoin et la complexité qu’ils esquissent laissent toutefois augurer une démarche préméditée et élaborée avec soin, qui fait plus penser à un réseau organisé qu’à un pirate isolé œuvrant pour la préservation des jeux sur support physique…

Une nouvelle attaque sur la supply chain vise les développeurs Rust via arrayref

21 août 2026 à 12:27
De l'intérêt d'être INdépendant
Une nouvelle attaque sur la supply chain vise les développeurs Rust via arrayref

L’équipe Rust a signalé jeudi une attaque visant un crate très populaire, arrayref. Elle a permis, pendant un peu plus d’une heure, de distribuer des composants vérolés vraisemblablement destinés à la récupération de mots de passe sur les machines des utilisateurs finaux. L’incident, rapidement contenu, s’inscrit dans une longue liste d’attaques visant la chaîne d’approvisionnement.

L’équipe en charge de la maintenance du langage Rust et de ses composants a alerté jeudi 20 août d’une attaque visant arrayref, un crate (l’unité de compilation de base, qui se présente soit sous forme de binaires, soit comme une bibliothèque) très courant.

Pour ce faire, les auteurs ont réussi à publier sur crates.io, le registre de paquets Rust, un composant baptisé proc-macro1. Il contenait un build script (code qui s’exécute à la compilation) ayant pour objet de déclencher le téléchargement d’une charge malveillante de type infostealer (vol de données).

Une charge calculée pour extraire des données

Pour favoriser la diffusion de leur attaque (dont le nom est une forme de typosquatting d’un autre crate légitime, proc-macro2), les attaquants ont réussi à modifier le crate arrayref pour que leur charge soit appelée lors de l’utilisation de ce dernier. Ils ont également piégé de la même façon d’autres composants courants (internment, append-only-vec).

D’après l’équipe Rust, la fenêtre de diffusion s’est heureusement révélée limitée, suite à une alerte rapidement formulée par les chercheurs de Nextron Systems. Elle estime ainsi que les composants vérolés sont restés en ligne entre 90 et 107 minutes : un laps de temps trop court pour permettre une propagation à grande échelle, mais tout de même suffisamment long pour que des développeurs aient pu être touchés.

« Nous vous recommandons de vérifier vos dépendances locales pour vous assurer que ces crates n’ont pas été téléchargées », déclare ainsi l’équipe Rust, qui invite à vérifier le contenu du dossier ~/.cargo/registry/cache pour y débusquer les éventuelles versions vérolées.

Deux chercheurs de l’entreprise de cybersécurité Wiz (passée aux mains de Google en mars 2026) ont détaillé le contenu exact de la charge malveillante. Lancée donc dès la compilation, elle a vocation à reconstruire une URL de destination pour l’envoi de données volées, désactiver la validation d’un certificat TLS et ainsi autoriser le contrôle et commande à distance (C2).

Elle télécharge ensuite un composant spécifique à l’OS et à l’architecture de la machine et lance ce dernier, qui commence ensuite à extraire des informations, en s’intéressant notamment aux identifiants stockés au niveau du navigateur. Il s’installe par ailleurs de façon persistante, soit via le registre Windows, soit au moyen de LaunchAgent (macOS) ou systemd (Linux).

Le compte d’un mainteneur compromis

Les attaquants n’ont probablement pas choisi leur cible au hasard. Le crate arrayref compte en effet la bagatelle de 245 millions de téléchargements, et il est utilisé comme dépendance dans 400 autres crates populaires, utilisés notamment sur les chaînes de blocs Ethereum et Solana, associées à des cryptomonnaies bien connues.

La subtilité ici réside dans le fait que le crate arrayref ne comportait en tant que tel aucun code malveillant, notent les chercheurs de Step Security : c’est simplement son fichier de dépendances qui était modifié.

La version corrompue, arrayref@0.3.10, semble avoir été publiée depuis le compte d’un mainteneur Rust historique, et non des moindres puisqu’il s’agirait de l’auteur du crate initial, initialement publié il y a 15 ans. « Nous ne pensons pas que l’auteur d’arrayref agisse de manière malveillante, mais son ordinateur ou ses identifiants sont probablement compromis, et nous essayons de le contacter », indique l’équipe Rust.

Dans la foulée de la publication, les attaquants ont yanké (retiré) les versions 0.3.5 à 0.3.9 du crate arrayref pour que les développeurs soient enclins à lancer cargo update, la commande de mise à jour censée précisément les protéger lorsque leur environnement exploite une version obsolète (et donc potentiellement vulnérable) d’un composant.

L’attaque a donné lieu à la publication, vendredi, d’une CVE (2026 - 77651) qualifiée de critique avec un score de 9,8.

Pour Wiz, le mode opératoire et une adresse IP détectée par l’une des victimes de l’attaque rappellent directement de précédentes attaques sur la chaîne d’approvisionnement (supply chain) telles que celles menées ces derniers mois contre Trivy, Axios et npm.

GitHub attribue (encore) sa panne du 17 août à un problème de capacité

21 août 2026 à 08:43
Too fast too furious
GitHub attribue (encore) sa panne du 17 août à un problème de capacité

GitHub a été victime lundi d’une panne globale qui a entraîné une interruption de service de plus de 7 heures. Dans son post-mortem, la plateforme invoque une nouvelle fois un problème de capacité, dû à l’explosion du volume de requêtes découlant des pratiques liées à l’IA générative. Et promet, encore, qu’on ne l’y reprendra plus.

La panne du 17 août a finalement duré 7 heures et 47 minutes, d’après le décompte officiel. « Si vous avez essayé de livrer du code ce jour-là, on vous a laissé tomber », admet Vlad Fedorov, directeur technique de GitHub, dans un billet de blog en forme de post-mortem. L’incident, largement relayé sur les réseaux sociaux, a en effet touché la quasi-totalité des services de la plateforme, qu’il s’agisse de l’authentification, du site Web proprement dit, de l’accès aux dépôts, des pull requests ou des fonctions d’IA générative Copilot.

Le mea culpa se justifie d’autant plus que cet incident n’est pas isolé. Comme le rappelle Fedorov, GitHub a déjà été victime d’une panne de grande ampleur le 6 août dernier. Les premiers mois de l’année ont eux aussi été marqués par une série de dysfonctionnements ponctuels ou de ralentissements. Elle avait conduit l’entreprise, propriété de Microsoft, à présenter ses excuses aux développeurs en avril dernier.

Un pic de trafic le 17 août

Que s’est-il précisément passé lundi ? GitHub indique que la panne n’est due ni à une faille de sécurité, ni à une erreur manuelle. D’après Fedorov, elle découle purement et simplement d’un pic de trafic que les infrastructures en place n’ont pas été capables d’absorber correctement. « La pression sur la capacité qui en a résulté s’est propagée à l’ensemble de nos systèmes, provoquant des échecs d’authentification et perturbant plusieurs services GitHub », décrit l’intéressé.

C’est au niveau d’un composant critique, hébergé dans le datacenter Central US, que la congestion est intervenue, comme le révèle le rapport d’incident associé :

« À l’origine, ce problème était dû à un pod sidecar Istio ayant atteint ses limites de concurrence et ne parvenant pas à une mise à l’échelle automatique correcte en raison d’une politique mal configurée qui surveillait le service hôte mais pas les limites du sidecar. Cette défaillance s’est propagée en cascade, et finalement quatre nœuds HAProxy ont atteint leurs limites de flux, dégradant le chemin d’authentification de la passerelle et provoquant une latence et des échecs d’authentification généralisés. »

En réponse, les équipes techniques ont mis en place des routes parallèles, isolé l’infrastructure concernée, suspendu HAProxy sur les nœuds concernés et lancé la restauration des différents services tombés, mais le plan de continuité ne s’est pas déroulé tout à fait comme prévu. « Des erreurs dans ces services ont déclenché une boucle de nouvelles tentatives côté client, ce qui a augmenté le trafic pendant la récupération. Nous avons dû atténuer ce comportement avant de pouvoir rétablir le trafic en toute sécurité », explique le CTO.

Le service Copilot est quant à lui resté interrompu plusieurs heures supplémentaires, en raison d’un autre problème inédit :

« Une partie du trafic défaillant a été redirigée du centre des États-Unis vers le nord de la Virginie, où elle a été acheminée avec succès jusqu’à ce que la panne réseau dans le centre des États-Unis soit identifiée et résolue. Des réponses tardives à un point de terminaison interne ont déclenché un bug latent de nouvelle tentative dans VS Code, amplifiant le trafic d’environ 10 fois et provoquant un retard de rétablissement pour le service de tokens Copilot. »

Le volume de commits a doublé depuis avril

Comment GitHub a-t-il pu subir un pareil incident, alors que le service assurait en avril prendre toutes les mesures nécessaires pour dimensionner correctement son infrastructure ? Les efforts mis en œuvre semblent ne pas avoir suffi à absorber l’augmentation continue du nombre de requêtes, dont le volume aurait plus que doublé entre avril et août, passant de 1,4 milliard à 2,9 milliards de commits par mois.

GitHub enregistrerait 130 millions de pull requests et 2,9 milliards de commits sur le seul mois d’août – crédit GitHub

GitHub affirme avoir été limité par la capacité électrique de ses propres infrastructures. « Depuis, nous avons ajouté plus de 3 millions de cœurs CPU, 120 pétaoctets de stockage haute vitesse et une capacité réseau considérable. Nous avons installé autant de matériel que la puissance disponible le permettait dans nos centres de données existants, tout en accélérant notre migration vers Azure », écrit Vlad Fedorov.

A priori conscient de ses propres carences, GitHub avait annoncé en octobre 2025 son intention de migrer progressivement ses services vers Azure, l’infrastructure cloud globale de Microsoft. Le mouvement semble s’être considérablement accéléré depuis avril : « Aujourd’hui, Azure prend en charge environ 58 % de la charge de la plateforme GitHub et la moitié des opérations Git, contre 12 % en mai », affirme le CTO.

Problème : en matière de ressources disponibles sur Azure, GitHub entre en concurrence avec le reste des services Microsoft, et surtout avec l’offre commerciale cloud de l’éditeur. À tel point que GitHub envisagerait désormais une stratégie multi-cloud, qui conduirait à aller louer de l’infrastructure chez le grand rival, Amazon Web Services (AWS).

En attendant, GitHub temporise, et affirme avoir mis en place plusieurs optimisations pour réduire les risques de défaillance. Entre autres actions de suivi, la plateforme s’engage ainsi à corriger ses politiques de mise à l’échelle automatique, à renforcer les limites de nouvelle tentative (pour éviter l’effet boule de neige qui sature l’infra en cas de défaillance), à corriger les problèmes de VS Code et à surveiller plus efficacement tous les mécanismes d’équilibre de charge et de bascule. Ses difficultés favoriseront peut-être l’essor d’Origin, la nouvelle forge logicielle (calquée sur GitHub) tout juste lancée par Cursor après son rachat par SpaceX.


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