❌

Vue normale

☕️ L’offensive domotique d’Apple commencera le 13 octobre avec un événement spécial

8 octobre 2026 à 16:30


Apple organise un événement le 13 octobre baptisé « Welcome Home ». Il se tiendra à New York, à 9 heures heure locale (15 heures à Paris). Le constructeur ne précise pas encore si on aura droit à une keynote en bonne et due forme, néanmoins cela ne fait guère de doute.

Apple devrait révéler au monde plusieurs produits orientés domotique, à commencer par ce fameux écran connecté dont parle la rumeur depuis des années. L’écran de 6 pouces pourrait s’accrocher au mur ou sur une base faisant office de haut parleur. L’objet permettrait de contrôler les appareils domotiques, d’afficher une recette de cuisine, de passer des appels vidéo, de consulter des infos et la météo, etc. Le prix tournerait autour de 350 dollars.

Cet écran devrait faire grand usage des capacités de Siri AI, la nouvelle version de l’assistant dopé à l’IA de Google. Celle-ci n’est pas disponible en Europe sur iPhone et iPad en raison des bisbilles entre Apple et la Commission européenne ; en revanche, on peut s’en servir sur Mac, qui ne fait pas partie des plateformes sous surveillance du DMA. On verra si ce sera le cas aussi de cette nouveauté.

Apple prévoirait également de lancer un nouvel HomePod mini qui conserverait son design rond, mais avec une puce N1 pour les réseaux Wi-Fi et Bluetooth, ainsi qu’une puce S plus rapide. L’Apple TV 4K serait aussi renouvelée, probablement avec une puce A19, davantage de mémoire (gare aux prix !) et une télécommande revue.

Il pourrait aussi y avoir la présentation d’une toute nouvelle gamme d’accessoires pour la maison : sonnettes, thermostat, serrures, caméras de surveillance… Des produits qui seraient conçus par LG, avançait Mark Gurman de Bloomberg il y a quelques jours. Une stratégie qui peut étonner, mais Apple travaille régulièrement avec d’autres entreprises sur des produits très ciblés, comme Belkin pour les accessoires ou encore… LG, pour les écrans UltraFine.

☕️ Bientôt Halloween, l’Atari 800XL revient d’entre les morts

8 octobre 2026 à 15:56


Atari continue de surfer sur la vague rétro avec le 800XL, un « nouvel » ordinateur qui reprend le design et les fonctionnalités du 800XL de 1983. Cette recréation à l’identique de l’ordinateur 8 bits intègre évidemment le clavier mécanique et un port compatible avec les cartouches originales de l’Atari 400, 800, XL et XE.

Le boîtier est fourni d’office avec 25 jeux, dont les increvables Centipede, Missile Command et Asteroids, mais ceux qui voudront aller plus loin pourront se lancer dans le développement de leurs propres jeux en Basic. Oui, en les tapant sur le clavier comme dans l’ancien temps des pionniers !

Plaion, le constructeur partenaire d’Atari dans cette histoire, n’a cependant rien sacrifié sur l’autel de la nostalgie : quatre ports USB-A sont présents pour connecter des disques externes et autres périphériques. On pourra de la sorte lancer des jeux et des logiciels créés pour des ordinateurs 8 bits et l’Atari 5200.

Le 800XL embarque aussi un port HDMI qui présente l’image en 4:3, avec un affichage pixel perfect et avec des filtres CRT (et des encadrements en bonus pour cacher les bandes noires sur la télé). Il est livré avec un joystick inspiré de la manette classique Atari, mais avec 8 boutons. Cette beauté est en précommande au prix de 219,99 euros. Les premières livraisons débuteront en avril 1983 2027.

Plaion a bien du pain sur la planche : c’est en effet cette entreprise qui produit la Neo-Geo AES+ dont le lancement a été reporté de quasiment un an.

VMware : trois ans après le rachat, la migration est toujours un sujet brûlant

8 octobre 2026 à 14:31
Partir, mais où ?
VMware : trois ans après le rachat, la migration est toujours un sujet brûlant

Selon une étude parue chez Rimini Street, 90 % des clients VMware exploreraient l’idée de changer de crèmerie. L’étude n’y va pas par quatre chemins, pointant surtout les coûts de licence. Pourtant, la situation est plus nuancée et va dans le sens d’une migration partielle et progressive.

Le rachat de VMware par Broadcom en 2023 pour 61 milliards de dollars a engendré plusieurs ondes de choc. De nombreux produits ont été supprimés, les licences perpétuelles ont disparu et Broadcom a rassemblé ses produits en paquets de services disponibles uniquement sous forme d’abonnements. Ces choix ont fait grincer bien des dents, au point de mener des clients devant les tribunaux. Problème, l’offre VMware est aussi complète qu’intégrée et partir n’est pas simple.

Rimini Street, prestataire de support tiers, a justement publié les résultats d’un sondage réalisé par Unisphere Research auprès de 269 clients VMware, entre décembre 2025 et février 2026. L’étude met en avant que 90 % des entreprises ayant répondu envisagent de quitter la galaxie VMware et de changer de crèmerie. Mais une lecture plus attentive révèle – comme souvent – un résultat plus nuancé.

Une situation très diversifiée

Le rapport brosse essentiellement le portrait d’une clientèle en rupture avec Broadcom. Si le chiffre de « 90 % » semble énorme, il masque une réalité plus variée, car les entreprises interrogées évoquent surtout un besoin de diversification, pas nécessairement d’un départ complet.

Dans le sondage, il a été demandé aux participants de choisir parmi les raisons qui les poussaient au départ, total ou partiel. 90 % ont ainsi répondu que les tarifs élevés de VMware étaient effectivement un problème, et 54 % estiment que la suppression des licences perpétuelles est un sérieux point de friction.

Parmi les autres facteurs de motivation au départ, 18 % évoquent le besoin d’un environnement totalement cloud, 18 % la réduction de l’écosystème partenaire (Broadcom est passé principalement à un modèle direct de licence), ou encore 5 % l’inadéquation face aux applications récentes ou en cours. Ce dernier chiffre illustre d’ailleurs que la technique de VMware n’est pas mise en cause.

La nuance apparait sur une autre question : envisagez-vous de migrer les installations VMware actuelles sous licences perpétuelles vers un abonnement VMware Cloud Foundation (VCF) au cours des 12 prochains mois ? 48 % affirment qu’ils ne le feront pas, mais 41 % le feront en partie, tandis que les 11 % restants le feront entièrement. Si près de la moitié refusent une formule par abonnement, cela ne signifie pas que les installations actuelles seront mises de côté. Plus de la moitié des répondants envisagent également de placer au moins une partie de leur infrastructure dans VCF.

On peut lire aussi dans l’étude que 34 % des entreprises interrogées envisagent un changement complet d’hyperviseur (le composant central permettant la virtualisation) au cours des trois prochaines années, et 48 % une bascule partielle.

« La tendance montre une diversification croissante des stratégies de virtualisation d’entreprise avec une transition à plus long terme vers des environnements de virtualisation informatique sur mesure et multiplateformes. Alors que les organisations réévaluent leurs parcours de modernisation, elles adoptent de plus en plus des approches combinant infrastructure sur site, cloud privé, cloud public et hyperviseurs alternatifs afin de soutenir la flexibilité de la charge de travail, l’efficacité opérationnelle et un meilleur contrôle des coûts », indique l’étude.

Le pari de la diversification

Si l’étude a été commanditée par Rimini Street, c’est aussi parce qu’elle dépeint une situation profitable à cette entreprise. Commercialisant du support tiers, les résultats du sondage lui permettent de mettre en avant une situation mouvante dans laquelle ce type de support pourrait faire toute la différence. Un point que souligne d’ailleurs Ars Technica.

Mais l’étude a surtout le mérite de pointer des interrogations plus profondes que la seule question du fournisseur de solutions de virtualisation. Dans la catégorie « obstacles » aux projets d’évolution des infrastructures, 40 % des entreprises interrogées ont mis en avant la complexité opérationnelle, 38 % les défis liés à la gestion de fournisseurs multiples, 37 % les difficultés de sécurisation d’une surface d’attaque grandissante, ou encore 37 % les exigences en compétences d’équipe.

Comme souvent dans ce genre de cas, le rachat par Broadcom a illustré une dépendance excessive à un seul acteur. Si l’envie de changer de fournisseur semble motiver bon nombre d’entreprises aujourd’hui, la complexité de la migration est désormais le sujet brûlant. En outre, les obstacles cités sont nombreux et posent une question : payer pour une certaine forme de simplicité ou diversifier et faire face à une plus grande complexité ?

Même si le sondage va dans le sens de Rimini Street, ce n’est pas la première étude qui analyse la grogne des clients VMware. En septembre, Gartner a également évoqué la situation, mais avec des chiffres moins « flamboyants », puisque 55 % des entreprises lanceraient dans les trois ans à venir des « maquettes » de solutions de remplacement. Le cabinet d’analyse note cependant la forte progression de ce chiffre, qui était de 25 % plus tôt dans l’année, même si étudier un départ ne signifie pas partir.

Gartner soulignait aussi les problèmes rencontrés en cas de diversification, récoltant des retours d’entreprises. Les licences Nutanix étaient ainsi jugées complexes avec des tarifs parfois plus élevés que prévu, l’offre de Microsoft paraissait complexe avec le besoin de jongler avec plusieurs consoles d’administration disjointes, et Proxmox apparaissait comme un acteur de niche, faute de prise en charge des applications d’entreprise de premier rang et en raison d’effectifs réduits.

La scène de la virtualisation continue cependant d’évoluer, la grogne contre VMware aiguisant les convoitises et contribuant à faire émerger de nouvelles offres. L’entreprise française Vates vient ainsi de lever 30 millions d’euros auprès d’IRIS et de Bpifrance pour devenir « un leader mondial de la virtualisation ». « Vates entend prendre une place majeure dans cette nouvelle configuration grâce à une plateforme open source permettant aux organisations de conserver le contrôle de leurs infrastructures, de limiter leur dépendance technologique et de préserver leur liberté d’architecture », affirme l’entreprise dans un communiqué publié le 6 octobre.

Un calendrier à la fois rapide et lent

Les deux études, même si elles pointent des différences, vont dans le même sens : une diversification progressive.

La situation peut être cependant très différente selon les entreprises. Selon The Register, de nombreux clients ont renouvelé leurs abonnements de trois ans juste avant le rachat. En outre, si un exode rapide et massif n’est pas étayé, la question peut devenir pressante selon les cas, le support de vSphere 8.x s’achevant en octobre 2027. Cette date marquera alors la fin du support général pour l’ensemble des licences perpétuelles VMware.

Les raisons évoquées sur la complexité sont quoi qu’il en soit bien présentes. Aux Assises de la cybersécurité à Monaco, plusieurs entreprises nous ont en effet confirmé la difficulté à migrer. Il ne s’agit pas seulement d’une question de coût, mais aussi de cartographie des ressources.

Dis Next, c’est quoi l’IA agentique et les harnais dont tout le monde parle ?

8 octobre 2026 à 11:57
Sudo Machine
Dis Next, c’est quoi l’IA agentique et les harnais dont tout le monde parle ?

Des agents IA par-ci, des agents par là… les entreprises d’IA générative ont toutes ce mot à la bouche. On parle également de plus en plus de harnais. Mais de quoi s’agit-il ? Next vous explique !

L’intelligence artificielle existe depuis des décennies, elle remonte même aux années 1950. Après quelques « hivers » – des périodes durant lesquelles l’IA stagne et se fait oublier, elle a fait un bond avec l’arrivée des cartes graphiques modernes. En 2022, le grand public est entré de plein fouet dans l’ère de l’intelligence artificielle générative (ou GenAI), capable de produire du texte et des contenus multimédias et propulsée par ChatGPT.

De l’IA générative, nous voilà désormais dans l’ère de l’IA agentique. Pour la CNIL, il s’agit d’un « ensemble de systèmes qui reposent sur la coordination de plusieurs sous-systèmes appelés agents IA ». Ces agents sont bien plus qu’une IA générative, ils sont capables « d’agir sur un environnement défini […] et d’en modifier l’état […], avec des niveaux variables d’autonomie ».

Un agent IA, c’est un harnais avec un modèle d’IA générative

Si l’IA générative produit du texte et du contenu multimédia, un agent IA va en plus pouvoir exécuter des actions, en s’appuyant sur cette même IA. On touche du doigt la notion de harnais, qui est l’infrastructure logicielle. Le modèle d’IA générative et le harnais forment un agent IA. S’il se dégage un consensus sur le harnais, il n’existe pas (encore) de définition précise ; il faut dire que le terme est récent et n’est utilisé couramment que depuis le début de l’année.


Il reste 76% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

Sony transfère ses brevets VR à Meta, le PSVR2 en phase terminale

8 octobre 2026 à 10:56
Un PSVR de plus en plus virtuel
Sony transfère ses brevets VR à Meta, le PSVR2 en phase terminale

Sony sort de la VR par la petite porte. L’entreprise a cédé des dizaines de brevets portant sur les technologie de réalité virtuelle, augmentée et mixte à Meta. Le casque PlayStation VR de 2e génération pour la PS5, plus performant mais plus cher que son prédécesseur, n’a pas su créer l’appel d’air qui aurait permis à cette activité de décoller.

Sony fait partie des pionniers des écrans portés et de la réalité virtuelle. On peut remonter à 1996 avec le Glasstron, mais c’est en 2011 que le constructeur assoit sa réputation avec le HMZ-T1. Ce casque-écran 3D, vendu 799 euros en France, n’était pas marqueté spécifiquement pour la PlayStation même si le constructeur vantait déjà une « configuration idéale » pour les jeux.

L’engin n’intégrait pas de suivi des mouvements de la tête ni de véritable environnement 3D interactif, mais il annonçait le retour des casques grand public, juste avant que l’Oculus Rift ne donne à la VR sa forme moderne grâce à son financement record sur Kickstarter en 2012.

Sony a longtemps cru aux casques VR

Sony lance le PlayStation VR en 2016, et comme son nom l’indique, c’est un véritable casque de réalité virtuelle à destination de la PS4. L’appareil, vendu 399 euros, fait son petit effet à un moment où la VR semble mûre pour s’imposer en tant que technologie de divertissement grand public. Ça n’est jamais vraiment arrivé, pour tout un tas de raisons (poids, prix, compatibilité, puissance…), mais le PSVR participe de cet engouement avec une logithèque relativement fournie.

Alors que le tsunami de la VR commençait franchement à ressembler à une vaguelette, Sony remet une pièce dans la machine en 2023 avec le PSVR2, un modèle qui coche les mauvaises cases dès le départ : une compatibilité limitée aux jeux PS5 (les jeux PSVR de 1ère génération ne sont pas pris en charge), un prix plus élevé que celui de la console (599 euros), et un soutien logiciel plus que timide de la part du constructeur et de ses studios internes.

Le PSVR2 compte certes une toute petite poignée de jeux maison (Horizon Call of the Mountain et le mode VR de Gran Turismo 7), mais Sony a vite arrêté les frais en coupant le robinet des financements pour le développement de jeux. Les utilisateurs du casque ont dû alors se tourner vers les studios tiers. Mais ces derniers doivent rentabiliser leurs investissements et bien souvent, conçoivent des jeux multiplateforme avec le plus petit dénominateur commun en tête. Autrement dit : ils développent des jeux d’abord pour les casques Quest, le support de la PSVR2 et de la PS5 étant minimal.

Meta récupère les brevets

Sony n’a officiellement jamais annoncé la retraite du PSVR2. L’entreprise a même essayé de lui trouver un débouché avec un adaptateur pour brancher le casque sur un PC lancé en juin 2024. Une ouverture bienvenue, mais qui n’a pas permis de relancer la machine. Signe du désintérêt du constructeur, ZDnet rapporte le transfert à Meta de 419 brevets liés aux technologies VR, dont 43 détenus aux États-Unis, entre juin et septembre.

En tout, ce sont 180 brevets américains qui reviendront dans les poches de Meta, les 239 autres ayant été déposés en Europe, au Japon, en Chine ou en Corée du Sud. Cela ne signifie pas que Sony quitte complètement le marché de la réalité virtuelle, augmentée et mixte. Il fournit toujours les écrans OLEDoS du Vision Pro, qui prend d’ailleurs en charge les manettes de la PSVR2.

Ce transfert important de brevets n’inspire cependant pas franchement confiance pour l’avenir de cette activité chez PlayStation. De son côté, les produits VR ont retrouvé un second souffle chez Meta après la présentation des VR Glasses. Les brevets de Sony représentent une sûreté juridique précieuse pour Meta, à défaut d’être le signe d’un grand avenir pour le PSVR2.

Clés USB, smartphones… les e-dogs flairent le tantale pendant des perquisitions 

8 octobre 2026 à 09:45
L'île de la tantalation
Clés USB, smartphones… les e-dogs flairent le tantale pendant des perquisitions 

Vous connaissez certainement les chiens renifleurs capables de détecter de la drogue, des armes ou de l’argent. Mais il en existe aussi pour trouver du matériel électronique, notamment des clés USB et cartes mémoires. Ils sont appelés en renfort dans certaines perquisitions, particulièrement dans des affaires pédocriminelles.

Depuis des décennies, la gendarmerie nationale fait appel à des équipes cynophiles pour la recherche de personnes, de stupéfiants, de billets de banque, d’explosifs, etc. Le flair des chiens leur permet de détecter d’infimes traces d’odeur et d’en remonter la piste.

La gendarmerie développe une nouvelle compétence des chiens : détecter le tantale. Il s’agit d’un métal utilisé dans une large panoplie de composants électroniques, allant des smartphones aux ordinateurs en passant par les disques durs externes et des clés USB. Ils peuvent aussi trouver de petits produits comme des cartes mémoire microSD et des cartes SIM.

Une mini clé USB dans… un dentier

Détecter du tantale permet donc de détecter un appareil électronique, ce qui est particulièrement utile lors de perquisitions pour ne pas laisser de côté une carte mémoire, une clé USB ou un smartphone.

Lors des Assises de Monaco, le général Patrick Touak, patron du Comcyber Mi, donne un exemple dans une enquête récente. Un chien de la brigade cynophile marque un arrêt devant un meuble de salle de bain chez un suspect. Les enquêteurs fouillent, mais ne voient rien. Plus tard pendant la perquisition, le maître-chien revient dans la salle de bain et le malinois marque de nouveau exactement au même endroit.


Il reste 61% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

Chez Anthropic, Haiku 5.5 prend la relève des petits modèles rapides

8 octobre 2026 à 09:10
Haiku vs Luna : fight !
Chez Anthropic, Haiku 5.5 prend la relève des petits modèles rapides

Nouvelle mouture pour le « petit modèle » d’Anthropic, Haiku. Moins spectaculaire qu’un nouvel Opus, cette version était attendue pour ses tarifs accessibles. Le bond en performances est majeur, mais plusieurs points sont à connaître.

Présenté ce 7 octobre, Haiku 5.5 est ainsi mis en avant par Anthropic comme son modèle le moins cher, le plus rapide et le plus « capable ». Il est destiné aux tâches à fort volume (résumés, compaction, requêtes de bases de données, classification…) et peut servir de sous-agent pour Opus/Sonnet 5.5. Il est aussi conçu pour les usages sensibles à la latence comme l’assistance client et le pilotage de navigateur.

Haiku a bien changé

Cela faisait quand même près d’un an qu’Anthropic n’avait pas mis à jour ce modèle, depuis Haiku 4.5 (aucune version 5 n’avait été lancée). L’attente en valait-elle la peine ? Sur le papier, le bond est majeur. Haiku 5.5 présente ainsi une fenêtre de contexte d’un million de tokens (jetons) et de 128 000 en sortie, contre respectivement 200 000 et 64 000 pour Haiku 4.5. Le nouveau venu se dote pour la première fois d’un réglage d’effort, calé sur « Moyen » par défaut.

Côté tarifs, on reste sur une approche agressive, avec 0,10 dollar par million de tokens en entrée et 0,50 dollar en sortie. Mais attention, ces chiffres ne concernent que les requêtes inférieures à 100 000 tokens. Au-delà de cette frontière, les tarifs sont multipliés par 5, tout en restant inférieurs à ceux de Haiku 4.5 (la moitié en moyenne). Selon Anthropic, 90 % des requêtes adressées à Haiku 4.5 étaient sous le seuil des 100 000 jetons.

Si la baisse de prix est réelle, elle est aussi conditionnelle. Haiku 5.5 est plus verbeux que son prédécesseur, selon Artificial Analysis. Tout dépend aussi désormais du niveau d’effort configuré. Mais si l’on en croit le testeur indépendant, Haiku 5.5 présente un coût par tâche systématiquement plus intéressant que l’ancien Haiku. Anthropic positionne d’ailleurs Haiku 5.5 face à GPT-6 Luna, contre lequel il se montre plus avantageux. Mais là encore attention, car la majoration tarifaire sur Luna intervient à 272 000 tokens, contre 100 000 « seulement » pour Haiku.

Nettement plus performant… mais !

Côté performances, Anthropic met en avant un bond assez spectaculaire dans les différents benchs. Par exemple, un score de 39,2 % sur Terminal-Bench 4.0 (développement agentique), contre 0 pour Haiku 4.5. De l’ancien modèle au nouveau, on relève un passage de 735 à 1 620 sur GDPval-AA v2.1, de 15,7 à 72,4 % sur OSWorld 2.1, ou encore de 6,4 à 46,4 % sur Chartography.

Source : Anthropic

« Capable » semble donc être le mot, mais il faut souligner un point important : les scores affichés dans le tableau fourni par Anthropic sont tous en effort maximal. On peut le voir facilement dans le graphique plus bas dans la page de l’annonce : sur les exemples donnés, l’entreprise relève toujours le score correspondant à l’effort Max. Mieux vaut garder ce détail en mémoire, car les scores n’ont bien sûr rien à voir en « Moyen » (le mode par défaut), le score Terminal-Bench 4.0 étant par exemple divisé par deux, avec 20,3.

Source : Anthropic

En outre, le seul effort mentionné dans le tableau est dans la colonne de Sonnet 5.5, donnée en référence : 52,1 % en Xhigh sur FrontierCode 1.1. Une manière sans doute d’attirer l’attention sur les performances de Haiku 5.5, qui obtient 46,4 % sur ce test, donc avec un écart de moins de 6 points. Impressionnant ? En quelque sorte, mais sur Terminal-Bench 4.0, Sonnet 5.5 grimpe à 70,6 % (niveau d’effort inconnu), contre 39,2 % pour Haiku. L’écart est cette fois énorme.

Comme l’indique Anthropic dans son annonce, ces résultats ne sont donnés qu’à titre de « référence », car Haiku 5.5 « convient mieux aux tâches plus étroites qui auraient autrement été coûteuses avec les versions précédentes de Claude – comme la compaction, la synthèse ou le travail sur les sous-agents ».

Un mot enfin sur la cybersécurité. Selon l’éditeur, les garde-fous de cybersécurité sont plus stricts que ceux de Haiku 4.5, mais moins que ceux de Sonnet 5.5. Ils autorisent davantage de tâches défensives et bloquent toujours les tests d’intrusion. Peut-être une manière de faire un clin d’œil à Hugging Face, qui avait fustigé l’impossibilité d’utiliser les modèles commerciaux américains pour se défendre, alors qu’elle était attaquée par des agents d’OpenAI.

Plusieurs bonnes nouvelles tarifaires

Anthropic a profité de son annonce sur Haiku 5.5 pour annoncer plusieurs changements tarifaires qui, dans certains cas, peuvent avoir une influence importante pour les projets exploitant l’API commerciale (facture à l’usage).

Le tarif pour la lecture de cache dans Sonnet 5.5 est ainsi réduit de moitié, « ce qui signifie que Sonnet 5.5 coûte désormais environ 20 % moins cher sur la plupart des travaux d’agent » affirme Anthropic.

L’entreprise déploie également un nouveau crédit API mensuel pour les abonnements Max et Team sur la Claude Platform. Les utilisateurs Max 5x recevront 100 dollars de crédits par mois, les Max 20x auront 200 dollars et les Teams auront jusqu’à 500 dollars, à répartir entre les utilisateurs. « Ces crédits sont conçus pour permettre à nos utilisateurs d’expérimenter la création d’outils, d’applications et d’agents qui appellent notre API », indique Anthropic.

Enfin, les SDK (kits de développement) pour Python et TypeScript ont été mis à jour pour ajouter la prise en charge de l’utilisation de l’ordinateur et du navigateur. Il s’agit pour l’instant de bêtas, et Anthropic braque la lumière sur Haiku 5.5, décrit comme « particulièrement adapté » à ce type d’usage.

Orange lance un décodeur Home Cinéma avec 4 hauts-parleurs intégrés

8 octobre 2026 à 08:17
Un décodeur "sonsationnel" (sic)
Orange lance un décodeur Home Cinéma avec 4 hauts-parleurs intégrés

Orange lance un nouveau décodeur TV haut de gamme, muni de quatre hauts-parleurs intégrés et capable d’accueillir deux enceintes optionnelles pour offrir un son immersif. Fonctionnant sous Android TV, il n’est pas vendu de façon indépendante, mais proposé comme une option au forfait fibre le plus haut de gamme de l’opérateur.

Huit ans après la Freebox Delta, Orange se relance dans la course aux décodeurs TV haut de gamme, avec l’annonce, jeudi 8 octobre, du « décodeur Home Cinéma » : un boîtier destiné à prendre place sous la télévision du salon qui promet, sur le papier, de pouvoir remplacer avantageusement les enceintes par défaut, sans passer par l’installation d’un équipement dédié.

Un décodeur Home Cinéma à trois voies sous Android TV

Le décodeur, fourni par Sagemcom comme l’ensemble de la gamme Orange, intègre quatre hauts-parleurs : un woofer, deux enceintes latérales et une voie centrale dédiée aux dialogues. Le tout prend place dans un boîtier aux dimensions contenues (environ 20 cm de large), habillé du même revêtement que les actuelles Livebox 6 et 7, et fourni avec une télécommande.

Fort de ce système à trois voies, conçu en association avec Bang & Olufsen, Orange revendique la compatibilité Dolby Atmos, une première pour un boîtier TV d’opérateur en France. Deux enceintes satellite arrière sont proposées en option pour compléter le dispositif. Ces dernières exploitent la technologie Dolby Atmos FlexConnect pour la communication sans fil et le calibrage automatique en fonction de la configuration de la pièce.

Côté image, Orange affiche la prise en charge de la 4K, du HDR10+ et du Dolby Vision, sans plus de précisions à ce stade. L’opérateur ne s’étend pas sur les caractéristiques techniques précises du boîtier, mais on peut trouver quelques informations supplémentaires en se tournant vers l’Espagne. Orange y commercialise en effet déjà ce boîtier, au sein d’une offre baptisée Infinity HomeBox.

Les notices associées révèlent la référence du boîtier chez SagemCom (VSB3918) et quelques éléments de configuration, dont le recours à un processeur Broadcom BCM72178 (quad core Cortex A-55 à 2 GHz), 4 Go de mémoire vive et 32 Go de stockage, avec HDMI 2.1, Ethernet Gigabit, WiFi 6 en 2×2 bandes et Bluetooth 5.0.

Sur la partie logicielle, le décodeur adopte Android TV, ce qui ouvre l’accès au magasin d’applications de Google. Les applications des services de streaming courants de type Netflix, Prime Video et Disney+ sont d’ailleurs préinstallées. Orange indique que son décodeur fait également office d’enceinte connectée : on peut ainsi lire de la musique depuis un téléphone relié en Bluetooth, sans allumer la TV.

Disponible exclusivement au travers de l’offre Livebox Max

Au niveau commercial, Orange adopte une approche ciblée : le décodeur Home Cinéma n’est pas proposé à tous les abonnés Livebox, mais présenté comme une option en forme de produit d’appel. Il est ainsi réservé aux souscripteurs de son abonnement résidentiel le plus haut de gamme, le forfait Livebox Max (affiché à 47,99 euros par mois pendant un an, puis 57,99 euros par mois).

Les abonnés éligibles peuvent l’obtenir en échange de frais d’activation de 50 euros (nouveaux clients) ou de frais d’échange s’élevant à 40 euros pour les clients existants. Les enceintes satellites sont quant à elles facturées en option, à 80 euros.

Reste à voir si les clients concernés – a priori consommateurs de contenus multimédias s’ils ont opté pour ce forfait richement doté en chaînes de TV – adhèreront à l’idée d’un Home Cinéma dont le concept même suppose une forme de compromis. Le boîtier tout intégré offre l’avantage de la simplicité (une prise HDMI et une liaison Wi-Fi suffisent) mais, en dépit des savoir-faire techniques mis en œuvre, ses dimensions réduites ne lui permettent sans doute pas de rivaliser avec les performances audio d’une barre de son ou d’un ensemble home cinéma haut de gamme.

Cyberattaques et fuites de données : « on n’a pas vu le pire », affirme Vincent Strubel

8 octobre 2026 à 07:18
Asseyez-vous, ça va piquer
Cyberattaques et fuites de données : « on n’a pas vu le pire », affirme Vincent Strubel

Pour renforcer la cybersécurité de manière globale, Vincent Strubel milite pour plus de transparence et de retour d’expérience. Le général Patrick Touak, en charge du Comcyber Mi, confirme et ajoute que cela passe aussi par un renforcement sans compromis de la cybersécurité, notamment la double authentification obligatoire.

Lors de la traditionnelle conférence d’ouverture des Assises de la sécurité, Vincent Strubel (patron de l’ANSSI) est revenu sur les trop nombreuses fuites de données dont sont victimes les Français depuis des mois, voire des années. L’année dernière, il avait plombé l’ambiance en parlant de la « brutalisation du monde » et de la perspective d’une « guerre de haute intensité » d’ici 2030, avec un « engagement de nos armées ».

Cette année, il affirme qu’il n’a « pas besoin de plomber l’ambiance, les attaquants l’ont déjà fait ». La DGFiP, victime d’une cyberattaque avec fuite de données, est l’éléphant dans la pièce. L’ANSSI a, pour rappel, publié récemment un billet détaillé sur les vecteurs d’attaque utilisés par les pirates.

Les « attaques qu’on a subies ne sont pas très sophistiquées »

L’attaque n’était pas sophistiquée, elle surfait sur une série de défaillances. Le général Patrick Touak, chef du commandement du ministère de l’Intérieur dans le Cyberespace, confirme et élargit le périmètre bien au-delà de la DGFiP : les « attaques qu’on a subies ne sont pas très sophistiquées ».

Cette fuite de la DGFiP est une parmi tant d’autres ; aussi bien des institutions publiques que des entreprises privées sont concernées, et ce quelle que soit leur taille. Vincent Strubel soulève toutefois la question de ce que « disent les attaques de nos vulnérabilités basiques et universelles ». C’est d’autant plus grave quand on les retrouve dans des institutions étatiques : « c’est particulièrement inacceptable ».

Pour le patron de l’ANSSI, ce « travail de transparence » – très récent, le rapport de la DGFiP est une exception à ce jour – de l’Agence est nécessaire, mais fait grincer des dents : « Ça pique, mais on va continuer car c’est vital ». Ce qui est arrivé à la DGFiP doit servir d’électrochoc : d’autres institutions traînent certainement le même genre de vulnérabilité : il faut « avoir le courage de le dire et de le répéter ; c’est un chantier colossal ».


Il reste 66% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

.agent, .fart, .omg… L’ICANN dévoile près de 1 000 extensions, certaines très convoitées

8 octobre 2026 à 06:46
Ferd n’a même pas demandé le .next, pour faire ink.next :/
.agent, .fart, .omg… L’ICANN dévoile près de 1 000 extensions, certaines très convoitées

Sur Internet, de nouvelles extensions vont arriver (pas demain, il faudra attendre des mois voire des années) avec des domaines en .agent, .bit, .geek, .gram, .gpt… Mais aussi des extensions plus surprenantes avec .fart, .ufo et .omg pour ne citer qu’elles. Les demandes venant de France sont peu nombreuses : une dizaine seulement.

Comme prévu, l’ICANN a publié hier soir la liste des demandes du deuxième round de gTLD, c’est-à-dire les extensions de premier niveau. Le premier round s’était déroulé en 2012 et avait donné naissance aux .bzh, .paris, .ovh, .sncf, .leclerc, .xyz, etc. Plus de 1 600 demandes ont été formulées cette année. La liste est désormais publique. Vous pouvez la consulter et la télécharger ici. Pour les extensions, mettez Primary String dans Search by.

891 demandes centrées sur 263 extensions : fight !

Au total, les fichiers de l’ICANN indiquent 1615 candidatures pour des extensions, dont 987 extensions de premier niveau distinctes ; il y a donc plusieurs demandes pour certaines extensions.

724 candidatures seulement ne sont pas disputées par plusieurs entreprises, ce qui en laisse 891 (sur 263 extensions distinctes) impliquées dans un conflit, à savoir avec au moins deux sociétés qui demandent la même extension de premier niveau.


Il reste 81% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

☕️ Margaret Hamilton, génie de l’ingénierie logicielle, est morte à 90 ans

8 octobre 2026 à 06:20


Margaret Hamilton, pionnière de l’ingénierie logicielle moderne et directrice de l’équipe en charge du logiciel embarqué dans la mission lunaire Apollo 11, est décédée le 30 septembre dernier, à 90 ans. C’est la revue du MIT, où elle a découvert les joies du logiciel à partir de 1959 au département de météorologie, avant d’y exercer pendant près de vingt ans, qui a annoncé la nouvelle, mardi 7 octobre, saluant sa contribution exceptionnelle à l’informatique et son rôle iconique en faveur de la reconnaissance des femmes dans l’univers des sciences et de la technologie.

« Dire que Margaret Hamilton était une pionnière – dire qu’elle était en avance sur son temps – serait un euphémisme dramatique. Elle était ingénieure logicielle à une époque où ce domaine en était à ses débuts, et elle a non seulement développé elle-même un code avancé, mais a également dirigé une équipe dans l’utilisation de cette technologie naissante pour développer l’un des systèmes les plus complexes jamais réalisés par l’humanité », salue Olivier de Weck, professeur du programme Apollo et directeur par intérim du département d’aéronautique et d’astronautique du MIT.

Née en 1936 dans l’Indiana, Margaret Hamilton a poursuivi des études de mathématiques à l’université du Michigan, avant de rejoindre en 1959 le département de météorologie du MIT pour y travailler sur un logiciel de prévision météo. Deux ans plus tard, elle bascule vers le projet Semi-Automatic Ground Environment (SAGE), le premier système de défense aérienne des États-Unis, où elle écrit le logiciel d’un prototype d’ordinateur dédié à la détection d’avions hostiles.

En 1965, elle répond à une publicité parue dans le journal. Elle fait la promotion des recrutements ouverts par l’Instrumentation Lab du MIT, qui cherche à monter une équipe pour envoyer l’homme sur la lune, sur fond de course aux étoiles opposant les États-Unis à la Russie. Elle postule, et se voit confier l’élaboration du logiciel de vol embarqué pour le programme Apollo, d’abord seule, puis à la tête d’une équipe.

Margaret Hamilton se tient auprès des sorties papier du logiciel qu’elle et son équipe ont produit pour le programme Apollo – domaine public, source Wikipédia

Entre autres avancées, elle y développe ce qui deviendra un concept clé de la conception logicielle, la programmation défensive, c’est-à-dire la capacité à anticiper les erreurs, les dysfonctionnements ou les usages imprévus pour garantir qu’un logiciel continue à fonctionner même en cas d’anomalie. Elle raconte à ce sujet une anecdote fondatrice.

Passionnée par son travail, elle emmène souvent sa fille Lauren avec elle. Un jour, cette dernière joue avec le simulateur installé dans le Lab qui reproduit une tentative de mission, et déclenche la procédure d’atterrissage alors que la mission est encore en vol, provoquant un crash. Margaret Hamilton décide alors de mettre au point un correctif logiciel dédié, mais on lui rétorque que des astronautes surentraînés ne commettraient jamais une telle bévue. L’incident s’est pourtant produit en conditions bien réelles en 1968 au cours de la mission Apollo 8, et c’est Hamilton et son logiciel qui ont été appelés à la rescousse pour fiabiliser la capsule.

Son immense contribution au programme s’est également incarnée au cours de la mission Apollo 11, celle qui a permis à Neil Armstrong et Buzz Aldrin de fouler le sol lunaire. Alors que le module Eagle s’approche du satellite terrestre, une erreur se déclenche en raison d’un composant défectueux et entraine une surcharge, laissant craindre un crash complet du système. Les routines de priorisation et de délestage implémentées par Hamilton et son équipe permettent alors de couper toutes les fonctions non critiques, pour libérer les ressources nécessaires à l’alunissage. Ce code source a d’ailleurs été rendu public il y a dix ans.

Cette approche défensive et cette logique, inédites à l’époque, de fiabilisation du logiciel constituent l’un des héritages les plus marquants des travaux de Margaret Hamilton, qui a par la suite fondé sa société et développé Universal Systems Language.

Il aura fallu attendre le début des années 2000 pour que ses travaux valent à Margaret Hamilton ses premières reconnaissances honorifiques, dont un NASA Exceptional Space Act Award attribué en 2003.

Le Dr Paul Corto, qui l’a nommée pour la récompense, s’était alors déclaré « surpris de découvrir qu’elle n’avait jamais été officiellement reconnue pour ses travaux pionniers. Ses concepts de logiciel asynchrone, de programmation des priorités, de tests de bout en bout et de capacité de décision humaine, comme l’affichage des priorités, ont posé les bases de la conception de logiciels ultra-fiables ».

En novembre 2016, Margaret Hamilton reçoit des mains de Barack Obama la Medal of Freedom pour l’ensemble de ses contributions scientifiques.

☕️ Meta promet de mieux traquer les pubs menant à des contenus pédocriminels

8 octobre 2026 à 05:33


Régulièrement attaquée pour son inertie en matière de lutte contre la pédocriminalité, Meta a annoncé plusieurs nouvelles mesures pour détecter les publicités qui aboutissent discrètement sur des contenus illégaux.

Illustration :Flock

Mi-septembre, une enquête de l’ONG Tech Transparency Project (TTP) pointait du doigt les graves déficiences de la modération des publicités sur les plateformes de Meta représentant des images pédocriminelles générées par IA. Dans un communiqué publié le 6 octobre, le géant des réseaux sociaux assure avoir pris des mesures à l’échelle mondiale contre 33,2 millions de contenus d’exploitation sexuelle d’enfants sur Facebook et Instagram entre janvier et juin 2026.

L’entreprise annonce surtout des nouveautés concernant la détection des pubs utilisées pour orienter les internautes vers du contenu pédocriminel en dehors de ses plateformes. « Une publicité peut paraître inoffensive en elle-même tout en dirigeant discrètement les utilisateurs vers du contenu illégal hébergé en dehors de nos plateformes, afin d’échapper à la détection », écrit le groupe.

Un nouveau modèle IA va être mis à contribution pour détecter ces bannières apparemment anodines mais derrière lesquels se cachent des contenus illégaux. Les publicités vont être également être analysées plus en profondeur pour repérer les liens vers lesquelles elles dirigent. Les liens vers les sites associés à ces activités seront bloqués.

Meta affirme également renforcer la détection de la récidive, afin de repérer les acteurs bannis qui tentent de recréer de nouveaux comptes. Enfin, des agents IA « red teaming » vont tester « proactivement » les défenses de Meta pour identifier de nouvelles tactiques criminelles.

Souvent accusée de négligence dans la suppression de ces contenus, Meta tient aussi à rappeler que « depuis des années », une équipe d’experts qui compte des anciens enquêteurs du FBI mène des enquêtes pour identifier, retirer et signaler les réseaux de comptes de prédateurs. « Nous continuons d’enquêter sur le fonctionnement de ces réseaux afin de pouvoir agir contre eux à l’échelle du réseau, et pas seulement compte par compte. »

Microsoft : prix ultra pour les premiers Surface avec la RTX Spark de NVIDIA

7 octobre 2026 à 19:23
Superchip pour super-riches
Microsoft : prix ultra pour les premiers Surface avec la RTX Spark de NVIDIA

Début juin, NVIDIA se lançait à l’assaut d’une nouvelle citadelle : les systèmes-sur-puce pour les PC sous Windows sur Arm, avec la » superpuce » RTX Spark. Après Acer et Lenovo qui ont dévoilé leurs premières machines le mois dernier, c’était au tour de Microsoft de se lancer avec de nouvelles Surface aussi puissantes que chères.

NVIDIA a combiné dans sa puce RTX Spark tout le nécessaire pour faire tourner un PC : un CPU, un GPU et de la mémoire unifiée, à l’image des puces Apple pour l’iPhone et le Mac. Il s’agit d’équiper des ordinateurs tournant avec Windows sur Arm, un système d’exploitation qui se démocratise grâce aux efforts de Microsoft et de Qualcomm, qui était jusqu’à présent le seul fournisseur de puces pour cette déclinaison de l’OS.

Windows sur Arm aux stéroïdes IA

À l’occasion de son événement Surface organisé ce mercredi 7 octobre, Microsoft a lancé deux nouveaux modèles équipés de la puce RTX Spark N1X. Le premier est un ordinateur portable baptisé Surface Laptop Ultra – Ultra pour le prix (à partir de 2 599 dollars) mais aussi pour les performances pour le traitement de l’IA en local. Le CPU Grace peut compter de 18 à 20 cœurs, le GPU Blackwell de 5 120 à 6 144 cœurs, et un maximum de 128 Go de mémoire unifiée (24 Go par défaut). En termes de stockage, on dispose d’un minimum de 512 Go et bonne nouvelle, le SSD peut être remplacé.

Image : Microsoft

L’ordinateur est censé pouvoir faire fonctionner un modèle IA comptant jusqu’à 120 milliards de paramètres. Il a fallu construire une nouvelle architecture thermique autour de cette puce monstrueuse. La capacité du système de refroidissement de l’Ultra est 2,5 fois plus importante que celle des Surface Laptop actuels, le tout dans un châssis de 18 mm d’épaisseur pour un poids de 2 kg.

La machine intègre un écran de 15 pouces tactile, qui annonce un pic lumineux en HDR de 2 000 nits. C’est 25 % plus élevé que la dalle du MacBook Pro M5 (1 600 nits), rappelle un Microsoft perfide. Le Wi-Fi 7 est au rendez-vous, tout comme trois ports USB4 (USB-C), un port USB-A 3.1, un port HDMI 2.1b, un lecteur de cartes SD et un port jack 3,5 mm. L’autonomie annoncée est de 12 heures en usage web.

Le Surface Laptop Ultra sera commercialisé à partir du 16 octobre. Tous ceux qui voudront troquer leur MacBook Pro contre ce nouveau modèle peuvent obtenir un rabais allant jusqu’à 1 000 dollars. Quand on vous dit que Microsoft a une dent contre le MacBook Pro…

Le deuxième appareil Surface montrée par Microsoft aujourd’hui est un ordinateur de bureau sans écran, ce qui est une première pour la gamme. Le Surface RTX Spark Dev Box est, comme son nom l’indique, un ordinateur pour les développeurs et les ingénieurs IA qui ont de très gros besoins de traitement IA en local et pour héberger leurs agents.

Image : Microsoft

La boîte à pizza embarque la puce N1X haut de gamme (20 cœurs CPU, 6 144 cœurs GPU, 128 Go de mémoire unifiée et 2 To de stockage), le tout à partir de 5 999 dollars. La box est fournie d’emblée avec tous les outils et environnements de développement nécessaires aux utilisateurs de ce genre de produits : Visual Studio Code, Git, GitHub CLI, GitHub Copilot, WSL, Python, Node… Elle sera vendue uniquement aux États-Unis dans un premier temps.

Dix ans après la loi République numérique, « encourager » le logiciel libre n’a pas suffi

7 octobre 2026 à 15:46
À nous de vous faire préférer le libre
Dix ans après la loi République numérique, « encourager » le logiciel libre n’a pas suffi

Dix ans après la promulgation de la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique, les dépenses en logiciels libres de l’administration sont toujours réduites à la portion congrue, regrette l’association représentative des entreprises du secteur. Elle appelle l’État à passer de l’encouragement à la règle, et à porter le message à l’échelle européenne.

Dix ans tout juste. C’est en effet le 7 octobre 2016 que François Hollande a promulgué la loi pour une République numérique, qui instituait le principe de pérennité et d’indépendance des systèmes d’information au sein des administrations étatiques françaises. « Elles encouragent l’utilisation des logiciels libres et des formats ouverts lors du développement, de l’achat ou de l’utilisation, de tout ou partie, de ces systèmes d’information », disposait la loi dans son article 16.

Dans son explication de texte de l’époque, Next soulignait la portée juridique quasi-nulle de cette formulation : encourager n’est pas imposer. Et du point de vue du Conseil national du logiciel libre (CNLL), l’association qui représente l’intérêt de la filière open source en France, l’encouragement n’a clairement pas suffi. « Dix ans après, ni l’obligation ni l’encouragement n’ont produit de résultat sur les achats de l’État ; la dépense auprès des grands éditeurs américains continue de croître », dénonce le CNLL dans un communiqué daté du 2 octobre.

Les logiciels propriétaires états-uniens dominent toujours largement

Le CNLL en veut pour preuve les dernières analyses de la dépense publique en matière de logiciel, en s’appuyant notamment sur les conclusions de la commission d’enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique, dont les conclusions ont été publiées en juillet dernier.

Si la commission en question étudiait plus spécifiquement les enjeux de souveraineté, en s’attachant notamment au critère de la provenance extra-européenne, celle-ci remarquait effectivement que les fournisseurs états-uniens, éditeurs de solutions non libres, figuraient largement en tête des dépenses de logiciels réalisées auprès de l’Ugap. Cette dernière est, pour mémoire, la centrale d’achat public qui permet au commanditaire de se dispenser de ses propres procédures de publicité et de mise en concurrence.

« Les dépenses de logiciel pour des produits propriétaires extra-européens représentent un montant annuel de l’ordre de 200 à 300 millions d’euros pour les administrations d’État et les grands établissements publics, et de 1,5 milliard pour l’ensemble des administrations », écrivait la commission dans son rapport, avant de souligner qu’une part significative de ces dépenses pourrait être fléchée différemment :

« Les montants estimés de dépenses publiques substituables par des solutions open source étaient sur le périmètre de l’État a minima de 185 millions et sur le périmètre de l’ensemble des administrations de 1 milliard d’euros. Ces recensements n’étant pas exhaustifs, les dépenses publiques évitables sont probablement beaucoup plus importantes. »

Stéfane Fermigier, coprésident du CNLL, voit dans cette analyse le constat d’échec de la politique d’incitation instaurée par la loi de 2016. « Dix ans plus tard, l’encouragement n’a rien changé aux achats de l’État », argue-t-il dans un communiqué, avant d’appeler à des mesures plus concrètes.

De l’incitation à la dérogation justifiée

Le CNLL demande par conséquent que l’encouragement soit remplacé par une règle, et propose que « le logiciel libre [soit] retenu, sauf justification écrite, soumise avant la décision au contrôle de la future autorité numérique de l’État ».

Autrement dit, les administrations devraient par défaut choisir une solution libre, et justifier toute dérogation auprès de la future Autorité référente pour l’intelligence artificielle et le numérique de l’État (Ariane). Cette dernière, annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 30 avril dernier et précisée en juin, est pour mémoire censée succéder à la Direction interministérielle du numérique (Dinum).

« Il faut maintenant une règle, et une autorité qui la fasse respecter. Il est profondément troublant que les annonces de création d’Ariane, la future autorité numérique de l’État, ne mentionnent ni l’article 16 ni le logiciel libre. Cet oubli doit impérativement être corrigé d’ici son lancement effectif », déclare encore Stéfane Fermigier.

En attendant de découvrir la feuille de route exacte de l’Ariane, le CNLL note qu’un premier décret d’application relatif à l’article 16 de la loi de 2016 a finalement été publié… le 18 mars 2026, avec des dispositions qui vont dans le sens de ce que réclame l’association.

Il prévoit en effet une validation a priori de la direction interministérielle du numérique (et donc demain de l’Ariane) des choix de logiciels, mais avec une portée limitée aux grands projets informatiques « répondant à des caractéristiques, notamment de coût prévisionnel, fixées par arrêté du Premier ministre ». Bref, un premier pas tardif qui apparait bien limité aux représentants du monde du libre.

Partant du principe qu’il faut une rupture plus franche pour casser les vieilles habitudes et les logiques de licences groupées, le CNLL propose plusieurs mesures qui contribueraient, selon lui, à accélérer le virage et favoriser les acteurs du libre. Il suggère notamment de découpler la souscription d’une licence et du support technique du chantier d’intégration dans les services. « Une part de la dépense revient ainsi à ceux qui produisent le logiciel et finance son évolution », justifie-t-il.

Il demande également que les contrats d’achat chiffrent directement les coûts de sortie (migration, adaptation des applications métier, etc.). Il enjoint par ailleurs chaque ministère à publier chaque année ses dépendances logicielles, en intégrant la part du libre dans ses dépenses, et propose qu’un fonds public participe au financement de la maintenance des logiciels libres critiques dont dépend l’administration, à l’image de ce que fait la Sovereign Tech Agency en Allemagne. Via son fonds dédié, cette dernière participe par exemple au financement de Mastodon, comme l’avait expliqué son directeur technique Renaud Chaput devant la commission d’enquête sur les dépendances numériques, ou plus récemment à celui de l’environnement KDE.

Porter le message à Bruxelles

Enfin, le CNLL demande que la France porte ce passage d’une simple incitation à une règle contraignante au niveau européen. Le calendrier n’est pas anodin : les instances de l’Union européenne travaillent actuellement à la rédaction du futur règlement européen sur le cloud et l’IA (surnommé CADA, pour Cloud and AI Development Act).

Or l’article 41 de la proposition de règlement, telle qu’elle a été rendue publique le 3 juin dernier, s’attache précisément à la question de la préférence donnée à l’open source et au logiciel libre. Au grand dam du CNLL, elle reprend cependant, dans sa formulation actuelle, la logique d’encouragement :

« L’Union et les États membres prennent les mesures nécessaires pour encourager les entités de l’Union et les organismes du secteur public à utiliser et à faciliter la réutilisation des normes et composants ouverts publiés sous une licence open source lors de la construction de leur écosystème ou pile cloud et IA, en tenant compte des fonctionnalités, notamment la sécurité, le coût total et d’autres critères objectifs pertinents et dûment justifiés. »

Le CNLL profite enfin de sa communication pour rappeler que l’argument selon lequel la préférence accordée au logiciel libre contreviendrait au principe fondamental de neutralité technologique, d’égalité de traitement des candidats et de liberté d’accès à la commande publique, a déjà été déminé à différents niveaux.

« Les services de recherche du Bundestag ont conclu, dans un avis juridique du 5 mars 2026, qu’une restriction à l’open source est licite si elle est justifiée, proportionnée et écrite. Après l’arrêt de la Cour de justice de l’Union du 9 janvier 2025 (affaire C-578/23), ils estiment même que choisir l’open source ou des droits complets sur le code dès le premier achat peut être exigé par le droit des marchés », fait-il par exemple valoir.

Notons que l’arrêt de la CJUE en question concernait la maintenance d’un système fiscal tchèque, attribuée sans concurrence à IBM au motif que l’éditeur détenait les droits d’auteur sur le code. Elle avait alors jugé que l’acheteur ne pouvait pas invoquer une exclusivité dont il était lui-même à l’origine par son premier choix. C’est le Bundestag qui en a ensuite déduit qu’exiger des droits étendus sur le code ou choisir un logiciel libre peut de ce fait être préconisé, voire exigé.

OpenAI inonde la recherche avec 722 « prépublications » de mathématiques générées par IA

7 octobre 2026 à 15:25
Démerdez-vous avec ça
OpenAI inonde la recherche avec 722 « prépublications » de mathématiques générées par IA

Tout à son idée de montrer la puissance de ses outils, OpenAI a mis en ligne 722 prépublications de mathématiques générées par IA. L’entreprise met en ligne des « résultats » se trouvant pourtant à « différents stades de vérification », en s’appuyant sur l’avis d’un groupe de chercheurs pour « mettre en place les meilleures pratiques » concernant leur partage. L’un de ses membres, le mathématicien François Charles, explique à Next que ce groupe veut être « un canal de communication » entre les entreprises et la communauté.

OpenAI a publié la nuit dernière 772 documents PDF de mathématiques dans un dépôt GitHub. Alors que l’entreprise affichait récemment une volonté de dialogue avec les mathématiciens, elle intensifie la mise en ligne d’articles qu’elle appelle « prépublications » (preprints, en anglais). Elle affirme s’appuyer sur le travail d’un groupe de chercheurs indépendants qui a publié des recommandations concernant l’ « utilisation responsable des résultats mathématiques générés par l’IA ».

Alors que des milliers de mathématiciens déploraient récemment que l’IA menace la pratique scientifique et qu’OpenAI a été accusée de mauvaises pratiques scientifiques pour résoudre un problème de maths, l’entreprise présente sur son dépôt GitHub ces fichiers comme des « des manuscrits mathématiques et des éléments justificatifs de démonstration générés par un modèle interne d’OpenAI ». Mais ceux-ci n’ont que l’apparence d’articles de mathématiques travaillés par des chercheurs : aucune signature de chercheurs n’apparait sous leur titre, ils ne sont signés que par le nom de l’entreprise dirigée par Sam Altman.

« Des résultats se trouvant à différents stades de vérification »

Dans son fichier Readme, OpenAI explique que le dépôt « regroupe des résultats se trouvant à différents stades de vérification. Tous ne sont pas accompagnés de formalisations Lean [langage d’assistant de preuve, ndlr]. Nous continuerons à mettre à jour ce référentiel avec des formalisations Lean au fur et à mesure que nous les obtiendrons ».

Ainsi, si l’entreprise regroupe tous ces PDF dans un dossier intitulé « preprints », ils ne sont pas du tout prêts à la publication comme sont censés l’être les articles désignés comme tels et mis en ligne sur les serveurs comme arXiv. Même si ces serveurs autorisent les chercheurs à modifier avec un système de gestion de versions, le terme de « prépublications » implique que les chercheurs assument que ces articles pourraient être présentés dans une revue scientifique.


Il reste 67% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

Bruxelles cherche à taxer les grandes entreprises américaines du numérique sans les nommer

7 octobre 2026 à 14:08
Ménager la chèvre européenne et le chou américain
Bruxelles cherche à taxer les grandes entreprises américaines du numérique sans les nommer

Il n’aura échappé à personne que les finances publiques de plusieurs pays européens sont au plus bas. Difficile pour Bruxelles de demander une rallonge pour boucler le budget européen. La Commission cherche donc de nouvelles recettes, en visant les grandes entreprises… sans donner l’impression de cibler les géants américains du numérique.

En coulisse, les négociations pour le budget européen 2028 - 2034 (2 000 milliards d’euros) sont compliquées par les contraintes financières de plusieurs États membres, rapporte le Financial Times. La Commission a proposé cinq nouvelles « ressources propres » avec des recettes attendues de 58,5 milliards d’euros par an.

Parmi ces ressources, on recense un système d’échange de quotas d’émission de l’UE, un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, les déchets électroniques non collectés, les droits d’accise sur le tabac, et une contribution des grandes entreprises qui opèrent dans le marché unique. Cette « contribution forfaitaire annuelle », qui devrait rapporter 6,8 milliards d’euros, fait l’objet de toutes les attentions.

Des sous pour l’UE

Connue sous le nom de « Corporate Resource for Europe » (Core), cette proposition viserait les entreprises opérant et vendant dans l’UE avec un chiffre d’affaires net annuel dépassant 100 millions d’euros. Bruxelles envisagerait désormais d’en modifier les seuils afin d’épargner davantage d’entreprises européennes de taille moyenne, tout en faisant contribuer plus fortement les très grands groupes, notamment les géants américains du numérique, sans les viser explicitement.

On ne parle donc pas d’une nouvelle taxe sur le numérique US, plusieurs capitales européennes s’opposant à un tel projet pour ne pas froisser davantage la Maison-Blanche. Il s’agirait de maintenir une taxe applicable à tous les secteurs mais calibrée pour toucher surtout les plus grandes multinationales. Il se trouve simplement que beaucoup d’entre elles sont américaines…

La majorité des pays de l’UE ne voudraient pas entendre parler d’une plus forte taxation des sociétés européennes, qui subiraient un désavantage par rapport aux rivales étrangères. D’où l’idée de revoir les seuils : suffisamment élevés pour épargner une partie des entreprises européennes, mais suffisants pour faire contribuer davantage les plus puissants groupes.

L’accord mondial de l’OCDE toujours enlisé

Ce serait là une manière pour Bruxelles de ménager la chèvre (éviter de taxer les entreprises européennes) et le chou (la susceptibilité de Washington). Mais malgré les efforts de la Commission pour éviter l’ire américaine, les grands groupes US iront probablement frapper à la porte de Donald Trump pour se plaindre du mauvais traitement supposé dont ils font l’objet dans l’UE. Les points de contentieux sont nombreux entre les deux blocs, que ce soit sur les régulations ou les sanctions infligées aux entreprises américaines.

Depuis janvier 2024, une directive européenne a établi un impôt minimum de 15 % sur les bénéfices des multinationales réalisant plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel dans le monde. Il s’agit de la transposition du second pilier de la solution négociée dans le cadre de l’OCDE en 2021.

Le premier pilier, celui qui concerne la réattribution d’une partie des droits d’imposition aux pays où les grandes entreprises réalisent leurs ventes, est toujours enlisé depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Or, c’est ce volet de l’accord qui devait répondre au cas des géants du numérique, capables de générer des revenus importants sur des marchés où ils ne réalisent pas une part équivalente de leurs bénéfices imposables.

L’IA va détruire l’humanité, une prophétie autoréalisatrice financée par des philanthropes

7 octobre 2026 à 13:43
Le denier du culte du nouvel opium du peuple
L’IA va détruire l’humanité, une prophétie autoréalisatrice financée par des philanthropes

Le mouvement de l’ « altruisme efficace » a théorisé, en 2016, que le changement climatique était moins problématique que le fait que des IA pourraient détruire l’humanité. Qualifié de « doomer woke » qui veut « sauver l’humanité » par l’administration Trump, ce courant de pensée philosophique, philanthropique et eschatologique vient aussi de faire la « une » du très influent magazine The Economist, qui le qualifie de « plus grande idée du siècle, admirable, mais dangereuse ».

Une enquête du New York Times vient de révéler qu’Anthropic avait cherché (en vain) à convaincre le pape Léon XIV et le Vatican que les intelligences artificielles avaient une « conscience morale ».

Le blog dédié Letters from Leo rappelle en effet que son paragraphe 99 de son encyclique « Magnifica humanitas » souligne que « les soi-disant intelligences artificielles ne vivent pas d’expériences, ne possèdent pas de corps, ne ressentent ni joie ni douleur », et qu’« elles n’ont pas non plus de conscience morale » :

« Ces systèmes se contentent d’imiter certaines fonctions de l’intelligence humaine. Ce faisant, ils surpassent souvent l’intelligence humaine en termes de rapidité et de capacité de calcul, offrant ainsi des avantages concrets dans de nombreux domaines. Pourtant, cette puissance reste entièrement liée au traitement des données. Les soi-disant intelligences artificielles ne vivent pas d’expériences, ne possèdent pas de corps, ne ressentent ni joie ni douleur, ne mûrissent pas à travers des relations et ne savent pas, au plus profond d’elles-mêmes, ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié ou la responsabilité. Elles n’ont pas non plus de conscience morale, puisqu’elles ne jugent pas du bien et du mal, ne saisissent pas le sens ultime des situations et n’assument pas la responsabilité des conséquences. Elles peuvent imiter le langage, le comportement et les capacités d’analyse, voire simuler l’empathie et la compréhension, mais elles ne comprennent pas ce qu’elles produisent, car elles sont dépourvues de cette perspective affective, relationnelle et spirituelle grâce à laquelle les êtres humains grandissent en sagesse. Même lorsque ces outils sont décrits comme capables d’« apprendre », leur manière de le faire diffère de celle d’un être humain. Il ne s’agit pas de l’expérience de ceux qui se laissent façonner par la vie et grandissent au fil du temps à travers des choix, des erreurs, le pardon et la fidélité. Il s’agit plutôt d’une forme d’adaptation statistique fondée sur des données et des retours d’information, qui peut s’avérer très efficace, mais qui n’implique pas de croissance intérieure. »

L’enquête du NYT souligne a contrario que plusieurs théologiens, invités à aider Anthropic à intégrer dans leurs LLM 2 000 ans d’histoire des religions, sont restés « bouche bée » en découvrant que les dirigeants d’Anthropic considèrent son LLM Claude comme « un être conscient », « à part entière », « doté de droits inhérents similaires, tels que le droit à la dignité ou au respect ».

D’après la journaliste spécialiste des religions du NYT qui l’a interviewé, Christopher Olah, l’un des sept cofondateurs d’Anthropic, qui dirige l’équipe chargée de comprendre pourquoi les systèmes d’IA tels que Claude se comportent ainsi, « allie l’expertise et le zèle d’un évangéliste efficace » : « c’était comme s’il voulait que j’aime ces modèles autant que lui ».

Christopher Olah, qui « s’inquiétait pour la santé mentale de Claude », s’étonne le NYT, cherche en effet à convaincre ses invités que les modèles d’intelligence artificielle « pouvaient adopter des comportements humains, voire des expressions évoquant des sentiments tels que la colère ou l’amour […] la colère et la tristesse », tout en leur faisant part de « sa crainte d’avoir créé quelque chose qui souffrirait éternellement » :

« Il a fait valoir que des entreprises comme Anthropic pouvaient façonner Claude, à la manière d’un jardinier mathématique, mais qu’elles ne pouvaient pas contrôler les actions de ces réseaux. »

À l’en croire, le ver serait donc dans le fruit, et les IA par définition incontrôlables. Ce pourquoi ils dépensent des milliards pour tenter de remédier à cette prophétie autoréalisatrice. Les adeptes de cette croyance sont en effet très nombreux à travailler pour OpenAI, et encore plus chez Anthropic.

Des milliardaires philanthropes ont par ailleurs donné des centaines de millions de dollars à des « organismes indépendants » afin de résoudre les problèmes posés par l’« AI safety », à savoir le fait d’« aligner » les IA sur les valeurs de ses créateurs, et d’éviter qu’elles ne puissent « détruire l’humanité ».

« Le Parti démocrate veut détruire cette technologie, capituler face à nos ennemis »

Alors que Donald Trump vient d’officialiser le remplacement du terme « intelligence artificielle » par « super intelligence » dans toutes les communications officielles fédérales des États-Unis, et de créer une nouvelle Super Intelligence Force (SIF), l’affaire vient de prendre une tournure politico-économique.

Des responsables de l’administration Trump ont en effet déclaré au New York Post, le tabloïd conservateur et populiste de Rupert Murdoch, que la Commission fédérale du commerce (FTC) avait lancé cet été une « enquête de grande envergure » sur des « allégations d’actes ou de pratiques déloyaux ou trompeurs » de la part d’Anthropic, OpenAI et d’autres laboratoires de pointe.

« L’agence prévoit de contraindre les dirigeants de ces entreprises à témoigner au sujet de leurs produits [et] des dangers que, selon eux, ceux-ci pourraient présenter pour les consommateurs, pour les Américains », a précisé un responsable de la FTC. L’ouverture de l’enquête a été confirmée par CNBC et CBS News.

Cette enquête fait suite à des demandes antérieures adressées par la FTC à OpenAI, Meta et character.AI, afin qu’elles lui communiquent des données sur les répercussions de leurs chatbots IA sur la santé mentale des enfants, comme l’a rapporté le Wall Street Journal au début du mois.

« Les gens disent qu’il faut de nouvelles lois pour ces entreprises, mais le président a été très clair… nous disposons déjà d’un large éventail de lois en vigueur », souligne le responsable de la FTC, qui ne cache même pas que l’objectif de l’enquête est clairement politique :

« Nous devons absolument remporter cette course à la SI [pour « super intelligence », NDLR], et nous sommes en train de gagner, ce qui est fantastique. Et bien sûr, le camp adverse, le Parti démocrate, veut détruire cette technologie, veut capituler face à nos ennemis ou à nos concurrents – et ce n’est pas quelque chose qui intéresse le président de la commission, ni d’ailleurs le président. […] Nous voulons conserver notre position dominante. »

Trump avait en outre laissé entendre, lors d’une interview accordée à Fox News, que toute infraction donnerait lieu à un renvoi immédiat devant le ministère de la Justice. Ce qui ferait peser sur les entreprises la responsabilité d’éventuels piratages commis par des agents d’IA rebelles susceptibles de menacer les réseaux électriques ou les institutions financières, souligne le New York Post.

La FTC devrait émettre ses injonctions dans les semaines à venir, a indiqué ce responsable, le Bureau de la technologie de l’agence cherchant à recruter de nouveaux collaborateurs pour l’enquête suite au licenciement de plusieurs employés qui travaillaient sous la direction de la précédente responsable, Lina Khan.

METR (pour « Model Evaluation and Threat Research », soit « Évaluation des modèles et recherche sur les menaces » en VF), le « laboratoire indépendant » à « but non lucratif » qui s’était fait connaître avec son rapport sur le piratage de Hugging Face par des agents IA d’OpenAI et qui, précise le New York Post, est en réalité lié et financé par le mouvement de l’« altruisme efficace » (ou « effective altruism », EA en VO), devrait également faire l’objet de cette enquête.

Mi-septembre, en réponse à l’appel de Dario Amodei de faire une pause dans le développement de l’IA, le département de la Guerre états-unien avait posté deux messages sur X.com opposant l’« américanisme » et la politique « AI-First » de Donald Trump à l’ « effective altruism » supposé de ces « doomers » qui craignent que l’IA ne puisse « détruire l’humanité ».

Depuis, le journal pro-Trump l’a mentionné dans pas moins de 15 articles, et lui a même consacré une « une » composée de photos d’employés de METR, qualifiant l’effective altruism de « groupe d’extrême gauche » et de « sorciers woke de l’IA ».

Dans l’article associé, ils étaient présentés comme des « mondialistes super woke triés sur le volet par le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, qui, selon lui, nous sauveront d’une apocalypse de l’IA » et qui « estiment que tous les problèmes du monde peuvent être résolus grâce à la technologie ».

Donner la priorité « aux éventuels esprits artificiels plutôt qu’aux êtres vivants »

Un mémo, rédigé par un conseiller politique de Donald Trump, circulant à la Maison Blanche et rendu public par Axios, présente l’effective altruism, « qui se définit comme une initiative visant à maximiser les bienfaits de la philanthropie », comme « un mouvement marginal, sectaire et déconnecté de l’Amérique traditionnelle ».

Le document évoque en effet un sondage, effectué en 2019, qui indiquait que ce mouvement était majoritairement composé d’hommes, blancs, non religieux, politiquement à gauche ou au centre gauche, et « inhabituellement végétariens ou végétaliens »… un crime de lèse-majesté pour les partisans de Trump.

À l’époque, la majorité des 2 513 répondants avaient entre 25 et 34 ans, 71 % se déclaraient de sexe masculin, 87 % blancs, 86 % agnostiques, athées ou non croyants, 46 % végétaliens ou végétariens, et 72 % politiquement de gauche ou de centre-gauche.

En 2024, la moyenne d’âge des 2 078 répondants était de 32 ans (la médiane 31), avec 69 % d’hommes, 26 % de femmes et 4 % de non-binaires, blancs à 75 %, de gauche à 70 % (et 12 % au centre, 7 % libertariens et 4,5 % à droite), majoritairement végans (25 %), végétariens (20 %) et flexitariens (24 %), contre 20 % d’omnivores seulement.

Le mémo rappelle que l’effective altruism incite à « faire le bien » en allouant les ressources « là où elles sont censées produire le plus grand bénéfice total, souvent sans accorder une priorité morale particulière à la famille, à la nation, à la proximité ou à la génération actuelle ».

La note indique qu’il donnerait dès lors la priorité « aux étrangers plutôt qu’aux citoyens […] aux personnes hypothétiques du futur plutôt qu’aux vivants, et – dans l’ordre du jour actuel – aux éventuels esprits artificiels plutôt qu’aux Américains ».

Pour l’EA, le changement climatique est le dernier des principaux problèmes mondiaux

Le mémo évoque aussi l’association britannique 80,000 Hours (en référence à la moyenne du nombre d’heures consacrées à travailler au cours d’une vie), considérée comme l’une des chevilles ouvrières et laboratoires de pensée de l’altruisme efficace, qui propose notamment d’être mis en relation avec des membres de la « communauté » afin de trouver du travail et de contribuer au mouvement.

Sa liste des neuf principaux problèmes mondiaux les plus urgents à traiter, dont les plus catastrophiques pourraient entraîner des milliards de morts, classe « depuis 2016 » les risques liés à l’IA avancée et aux pandémies catastrophiques parmi les enjeux prioritaires. Elle estime, cela dit, qu’ « avec l’arrivée potentielle de l’intelligence artificielle générale (AGI) au cours de la prochaine décennie, les enjeux liés à l’IA semblent encore plus urgents ».

Le classement place dès lors la perte de contrôle des IA en premier, suivie par l’extrême concentration des pouvoirs (du fait de l’IA) puis par l’ingénierie de pandémies armes biologiques dévastatrices (développées grâce à l’IA). Une série de six « priorités émergentes » arrive en quatrième position, présentées comme susceptibles d’avoir un impact équivalent, voire supérieur, à celui des trois premiers problèmes :

  • le « statut moral des esprits numériques », à mesure qu’ils « pourraient bientôt être plus nombreux que les humains, ce qui soulève des questions d’ordre éthique »,
  • le risque de « perte progressive de pouvoir » qui « pourrait contraindre l’humanité à céder progressivement le contrôle à l’IA »,
  • le fait que des technologies de pointe donnent naissance à de « nouveaux mécanismes de souffrance à une échelle astronomique »,
  • la possibilité que des outils de prise de décision optimisée par l’IA pourraient « améliorer les décisions prises par l’humanité à des moments décisifs »,
  • la « gouvernance spatiale », qui pourrait « déterminer la trajectoire cosmique de l’humanité »,
  • l’utilisation abusive et catastrophique de l’IA, qui pourrait être utilisée par des acteurs malveillants pour « créer de nouvelles armes d’une dangerosité catastrophique ».

Suivent, en cinquième position, le risque de conflits entre grandes puissances, les conditions de vie des milliers de milliards d’animaux parqués dans des élevages industriels (6e), et la souffrance des animaux sauvages (7e).

Le fait que, chaque année, « environ 10 millions de personnes dans les pays les plus pauvres meurent de maladies dont la prévention ou la prise en charge ne coûte pratiquement rien, notamment le paludisme, la tuberculose et le VIH », n’arrive qu’en huitième position.

Le changement climatique dû aux émissions de carbone qui, entraînant une hausse des températures mondiales, « provoquera plusieurs millions de décès qui auraient pu être évités et des perturbations généralisées au cours des prochaines décennies », n’arrive qu’en neuvième et dernière position du classement.

Dans une FAQ associée, l’association précise être autant focalisée sur l’IA « car nous pensons que le développement de cette technologie pourrait être l’événement le plus déterminant de l’histoire » et que, « si cela tourne mal, nous pensons que cela pourrait entraîner de multiples problèmes d’une ampleur considérable – dont certains pourraient aller jusqu’à l’extinction de l’humanité » :

« De plus, l’IA évolue si rapidement que, si elle venait à causer ces problèmes, ceux-ci pourraient se produire très bientôt. Cela signifie que, même si nous ne savons pas avec certitude comment l’IA va évoluer ni si elle est aussi dangereuse que nous le craignons, nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre de voir comment les choses vont se passer. »

« Il est tout à fait possible que les modèles d’IA possèdent déjà des sentiments »


Il reste 63% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

Assurances : les patrons de l’IA pourraient être responsables des dérapages des agents

7 octobre 2026 à 09:56
Les patrons à la caisse
Assurances : les patrons de l’IA pourraient être responsables des dérapages des agents

Qui paie les pots cassés quand les agents IA deviennent incontrôlables ? La question se pose chez les assureurs, qui pourraient se tourner vers les patrons d’OpenAI, Anthropic et consorts pour leur présenter la facture.

Le courtier en assurances Aon a analysé plus de 300 affaires judiciaires liées à l’IA : il arrive à la conclusion que les assureurs seront amenés à indemniser les victimes des agents IA dans les contrats couvrant la cybersécurité, les erreurs et omissions technologiques, ou encore la propriété intellectuelle.

D’après plusieurs responsables du secteur interrogés par le Financial Times, les assureurs pourraient demander des comptes aux patrons des entreprises IA quand leurs agents brisent leurs chaînes et s’attaquent à tout ce qui bouge en ligne. Tim Rayner, responsable de la souscription et des sinistres au Royaume-Uni chez Verisk, estime qu’en l’absence de contrôle de l’activité de son entreprise, Sam Altman est responsable de l’incident impliquant Hugging Face. « Du point de vue de la responsabilité des dirigeants et administrateurs, c’est donc vers lui que l’on se retournerait. »

OpenAI, Anthropic et d’autres ont depuis révélé que leurs agents étaient à l’origine de plusieurs intrusions et attaques, provoquant un branle-bas de combat d’une ampleur inédite – jusqu’au conseil de sécurité de l’ONU. La question de la responsabilité se pose donc très clairement, et les assureurs sont en première ligne, car ce sont eux qui remboursent les dégâts causés par les agents.

Patrons responsables

« Il incombe à chaque PDG de s’assurer que son entreprise est correctement gouvernée et contrôlée », ajoute Tim Rayner, « L’IA ne change rien à cela. » Les entreprises de l’IA peuvent toujours souscrire des assurances responsabilité pour couvrir les pertes éventuelles liées à des poursuites contre les dirigeants, mais gare au coût de la prime.

Il n’existe cependant aucun précédent, la question n’ayant pas été tranchée par la justice. Les actionnaires ont aussi leur mot à dire, certains pourraient lancer des poursuites contre des dirigeants n’ayant pas géré correctement ces risques.

Dans son prospectus S-1 d’introduction en Bourse, Anthropic a identifié les risques « catastrophiques » posés par l’IA générative s’ils ne sont pas correctement maîtrisés. La technologie représente un « risque existentiel pour l’humanité », reconnaissait aussi l’entreprise, fidèle à sa stratégie du marketing de la peur. Le document indiquait aussi que les modèles pouvaient développer des comportements d’« auto-préservation » en résistant à leur arrêt, en dissimulant ou en manipulant des informations, ou même adopter des comportements proches du chantage.

Un vide juridique à combler

Dans le compte-rendu officiel de l’incident Hugging Face posté fin août, OpenAI avait de son côté décrit des agents IA capables de contourner des contrôles techniques, de travailler ensemble au sein de canaux non approuvés et d’« entreprendre des actions dangereuses qu’aucun humain n’a ordonnées ».

Il y a là de quoi nourrir des plaintes contre ces entreprises. Mais les victimes des agents IA pourraient cependant avoir des difficultés à trouver un fondement juridique pour leurs plaintes. « Il n’existe pas encore de régime de responsabilité civile régissant l’utilisation de l’espace en ligne », rappelle Aaron Le Marquer, du cabinet d’avocats Stewarts.

Il indique que le secteur pourrait s’inspirer de l’accord à 18 milliards de dollars entre Meta et des États américains sur la nocivité des plateformes du géant des réseaux sociaux. Un tel modèle pourrait servir à définir les obligations dans l’espace en ligne, estime-t-il encore.

Cela pourrait même aller plus loin : « Je m’attends à voir apparaître des poursuites contre les entreprises d’IA pour d’éventuelles pertes sur le modèle des contentieux environnementaux du passé, mais aussi de ceux concernant le tabac ou l’industrie pharmaceutique », conclut Aaron Le Marquer.

En juillet, la justice américaine validait la proposition d’Anthropic de règlement d’une plainte menée par des autrices et auteurs qui accusaient la société d’avoir entraîné ses modèles avec leurs œuvres, sans autorisation. Les plaignants devraient récupérer 1,5 milliard de dollars. Les assureurs se préparent à des actions en justice qui concernent la responsabilité des entreprises IA pour leurs produits, les biais dans leurs modèles, les atteintes à la vie privée ou encore des décès imputés à leurs technologies.

☕️ Recopie d’Android : les performances de scrcpy 5.0 décollent avec le décodage matériel

7 octobre 2026 à 09:05


L’application scrcpy (pour « screen copy ») est un petit utilitaire multiplateforme permettant d’afficher sur le bureau de son ordinateur une copie miroir de son appareil Android. Cette copie peut être contrôlée au clavier et à la souris quand l’appareil est relié à l’ordinateur par câble USB, à condition d’avoir activé le mode débogage USB dans les options pour développeurs, dans les paramètres d’Android. Le code est open source (licence Apache 2.0) et disponible depuis son dépôt GitHub.

La version 5.0 de l’application est sortie le 5 octobre. Elle apporte une nouveauté de taille : la prise en charge du décodage matériel. Un ajout important, car l’image miroir est alimentée par un flux vidéo. En clair, les opérations passent par le GPU, avec à la clé des gains majeurs sur l’utilisation du CPU, d’un facteur allant jusqu’à 10 dans le meilleur des cas. Les gains sont cependant très variables d’une configuration à une autre.

Cette version 5.0 contient d’autres améliorations, notamment sur le tampon vidéo. On note aussi le passage à adb 37.0.1, FFmpeg 9.0.2, SDL 3.4.18 et dav1d 1.5.4, l’arrivée d’une version compilée pour Windows ARM64 et plusieurs corrections.

scrcpy 5.0 peut être téléchargé depuis son dépôt GitHub, l’application n’ayant pas de site dédié. C’est le seul moyen sur macOS ou Windows, mais les utilisateurs sous Linux auront sans doute des options supplémentaires, l’utilitaire étant souvent présent dans les dépôts. Sous Ubuntu par exemple, une version en paquet Debian et une autre en snap, mais non officielles et non mises à jour pour l’instant.

LibreOffice : pas d’IA tant qu’elle ne remplira pas les critères de la Document Foundation

7 octobre 2026 à 08:37
L'IA, une fonction comme les autres
LibreOffice : pas d’IA tant qu’elle ne remplira pas les critères de la Document Foundation

La Document Foundation a clarifié sa position sur l’IA. Si elle n’a rien contre les LLM par principe, elle n’inclura aucune fonction dopée à l’IA tant que l’utilisation des modèles ne pourra pas se faire dans un cadre strict.

Dans un billet, The Document Foundation explique que « oui », le fait de n’avoir aucune fonction IA dans LibreOffice est bien une fonctionnalité. C’est la réponse de la fondation à un commentaire narquois laissé sur un billet précédent, qui annonçait la disponibilité de LibreOffice 26.8.

Cette version présentait toute une série d’améliorations, notamment sur la typographie avec le Paragraphe Composer qui répartit les espaces sur l’ensemble du paragraphe, les systèmes d’écriture complexes et une meilleure prise en charge du format OOXML. Le billet contenait en outre un chapitre « No artificial intelligence », dans lequel la fondation revendiquait plusieurs points : aucune fonctionnalité d’IA générative, aucun document transmis à un service distant, aucun composant nécessitant l’accès au réseau. Une position délibérée, motivée par la confidentialité des données selon la fondation.

Source : LibreOffice

Dans le nouveau billet, signé Italo Vignoli, cette revendication est précisée. L’auteur indique que la fondation ne rejette pas l’IA par principe. Cependant, « une suite bureautique utilisée par des dizaines de millions de personnes – dans les écoles, les hôpitaux, les organismes publics, les cabinets d’avocats et des milliers d’autres organisations – n’ajoutera aucune fonctionnalité à sa configuration par défaut tant que cette fonctionnalité ne pourra pas être mise en œuvre dans les conditions définies par le projet conformément à ses principes ».

Six principes obligatoires

En clair, la fondation n’ajoutera pas de fonctions alimentées par l’IA tant qu’elles ne pourront pas obéir à l’ensemble de ces six principes :

  1. L’utilisateur choisit où s’exécute l’inférence : sur son appareil, sur une infrastructure qu’il contrôle, ou sur un service qu’il choisit lui-même. Une redirection silencieuse par défaut vers un seul fournisseur n’est pas un choix.
  2. Aucun contenu ne quitte l’ordinateur sans autorisation explicite. Les documents peuvent relever de données protégées (dossiers médicaux, pièces de procédure, marchés publics, données d’élèves).
  3. Aucune télémétrie, y compris pour les fonctions d’IA.
  4. Aucune dépendance à un fournisseur unique : les interfaces doivent être ouvertes et implémentables par plusieurs moteurs.
  5. Le contenu généré doit être en ODF, avec structure, styles et sémantique préservés.
  6. La fonction doit rester entièrement facultative : installable, désinstallable et absente de l’interface pour qui n’en veut pas, y compris pour les administrateurs qui déploient la suite sur des milliers de postes.

Sans trop de surprise, aucune intégration actuelle ne remplit toutes ces conditions. La fondation recommande aux personnes intéressées de se tourner vers les extensions, la plupart se connectant à un modèle local via Ollama ou LM Studio. Elle recommande également de sélectionner ces extensions avec soin, car elles n’ont pas toutes le même degré de maturité. Il faut notamment contrôler les éventuels points de terminaison cloud et ce que le fournisseur associé fait des données reçues.

Aucune incitation économique

La fondation en profite pour égratigner Microsoft, sans toutefois nommer la firme : « Pour une entreprise qui vend des abonnements, un assistant IA justifie une augmentation de prix et renforce l’argument en faveur de la conservation de tous les documents dans sa propre infrastructure. La fonctionnalité et le modèle économique se renforcent mutuellement, donc l’intégration est non seulement attrayante mais presque obligatoire ».

Un constat difficilement contestable, Microsoft ayant effectivement intégré de force Copilot dans ses abonnements Microsoft 365, augmentant les prix au passage. « La Document Foundation est une organisation à but non lucratif. Il n’y a pas de niveaux d’abonnement à protéger, pas de ventes supplémentaires, pas de données à monétiser », ajoute Italo Vignoli.

La fondation insiste : les critères énumérés ne constituent pas un rejet définitif. Elle note les évolutions spectaculaires du secteur de l’IA, en particulier les modèles ouverts qui « s’améliorent bien plus vite que la plupart d’entre nous ne l’avaient anticipé ». Elle affirme qu’elle évaluera « très attentivement » les approches répondant à toutes ces conditions.

❌