Gros soupçon d’obsolescence programmée chez Microsoft. Les logiciels de la suite Office 2019 pour Mac seront bientôt limités à la lecture et à l’impression de documents. Par conséquent, il sera impossible de les modifier, de les sauvegarder ou de créer de nouveaux fichiers. La seule solution : passer à une version plus récente ou basculer vers l’offre sur abonnement, ce qui implique de mettre la main à la poche.
À compter du 13 juillet, les utilisateurs d’Office 2019 et d’Office 2021 sur Mac, et certains utilisateurs de Microsoft 365 sur macOS, iOS ou iPadOS ne pourront plus modifier ou sauvegarder des documents dans Word, Excel, PowerPoint, Outlook ou OneNote. Les logiciels bureautiques n’offriront plus que la lecture seule des fichiers, ce qui permettra uniquement de voir les documents et de les imprimer. MacGeneration rapporte qu’il s’agit d’un problème de certificat de sécurité.
Image : Microsoft
Pour ce qui concerne Microsoft 365, la version de la suite bureautique sur abonnement, la solution est simple : il suffit de mettre à jour les différents composants logiciels. Une opération qui n’est pas nécessaire sur Windows ou Android, mais qui s’impose sur les systèmes d’exploitation d’Apple. Pour Office 2021, Microsoft recommande également de mettre à jour les applications.
Attention toutefois : la configuration minimale pour pouvoir utiliser Microsoft 365 ou Office 2021 est un Mac sous macOS 12 Monterey (sorti en 2021), ou iOS 17 (sorti en 2023) pour les appareils mobiles. Tout le monde ne veut pas forcément passer ses machines à une version plus récente de leurs systèmes d’exploitation. Pour les appareils incompatibles avec Monterey ou iOS 17, les solutions proposées par l’éditeur ne sont guère réjouissantes : utiliser la version web de Microsoft 365 (gratuite mais avec des fonctions limitées), ou… s’en servir sur un ordinateur compatible.
Mais le vrai problème concerne Office 2019. Comme Office 2021, il s’agit d’une suite vendue sous la forme d’une licence perpétuelle… mais qui n’a de « perpétuelle » que le nom, finalement. Le support de cette mouture a cessé en octobre 2023, ce qui n’empêchait pas — jusqu’à présent — de s’en servir normalement.
À partir de juillet, ses fonctionnalités seront donc réduites au strict minimum. On peut basculer sur la version web gratuite de Microsoft 365, ou pour ceux qui ont besoin de toutes les fonctions de la suite, s’abonner à Microsoft 365 ou acheter Office 2024. L’entreprise suggère aussi de changer d’appareil et d’acquérir un nouveau Mac, iPhone, iPad ou PC… Facile à dire !
Le compte à rebours pour les utilisateurs d’Office 2021 ne va pas tarder, puisque la fin du support est programmée le 13 octobre 2026. Là encore, Microsoft ne devrait pas empêcher de se servir de toutes les fonctions, mais pour combien de temps ? L’éditeur précise tout de même que dans tous les cas, les fichiers ne sont heureusement pas affectés.
Intel se lance sérieusement à l’assaut du marché des consoles portables qui n’a d’yeux que pour AMD. La nouvelle famille de puces Arc G3 va équiper plusieurs nouveautés signées MSI, Acer et OneXPlayer.
Intel avait trempé un doigt de pied dans le marché des consoles portables avec le Core Ultra 155H utilisé par MSI dans la Claw, en 2024. Cette première incursion s’est transformée en désastre, la puce offrant des performances bien en deçà du silicium d’AMD sur des consoles plus anciennes. Intel et MSI avaient rattrapé le coup l’année suivante avec la Claw 8 AI Plus et sa Core Ultra 7 258V.
Intel veut mettre un coup d’arrêt à AMD
Malgré tout, il manquait au catalogue du géant américain une gamme de puces dédiée au jeu portable capable de se mesurer à toute la puissance des Ryzen Z d’AMD. C’est désormais chose faite, avec les Arc G3 et G3 Extreme. Ces deux modèles s’appuient sur l’architecture des Core Ultra Series 3 (Panther Lake), et ils sont fabriqués avec le procédé 18A, le nœud de classe 1,8 nanomètre sur lequel Intel mise beaucoup.
Les deux puces embarquent un CPU doté de 14 cœurs : 2x P (performants), 8x E (efficients) et 4x LP-E (efficients basse consommation). Les cœurs P tournent à un maximum de 4,6 GHz pour l’Arc G3, et 4,7 GHz pour la déclinaison Extreme. Chacun embarque 12 Mo de mémoire cache L3, jusqu’à 96 Go de mémoire LPDDR5X, pour une enveloppe thermique comprise entre 8 et 35 W, et un NPU de 46 TOPS.
Au-delà du processeur, c’est surtout le GPU intégré qui nous intéresse ici. Intel accole un Arc B370 équipé de 10 cœurs Xe3 jusqu’à 2,2 GHz sur le G3, et un Arc B390 avec 12 cœurs jusqu’à 2,3 GHz sur le modèle Extreme. Le groupe ne précise par contre pas la consommation.
Les iGPU du fondeur ont bonne presse et Intel affirme qu’il proposera un suivi 0-day des pilotes pour les nouveaux jeux. À confirmer dans les mois à venir. Les benchmarks d’un portable de démonstration réalisés en début d’année par Tom’s Hardware confirment les bonnes dispositions du composant, avec un framerate solide qui tourne autour de 60 FPS sur des jeux récents en 1080p.
Image : Intel
La question de l’autonomie reste posée, car elle est évidemment essentielle sur les consoles portables. Intel met en avant le support du XeSS 3, la technologie d’upscale maison. Outre l’upscaling IA, le XeSS 3 combine la génération d’images et une latence réduite. C’est la réponse d’Intel aux technologies similaires chez NVIDIA et AMD.
Intel ajoute au lot une fonction de précompilation des shaders depuis le nuage pour une sélection de titres, de quoi en accélérer le lancement (les joueurs sont bien trop souvent soumis à une longue attente, le temps de calculer les shaders). La gamme Arc G3 apporte également le support du Wi-Fi 7 avec prise en charge des fonctions Release 2 d’Intel (censées optimiser les performance et la gestion du trafic réseau), d’une architecture Bluetooth 6 à double antenne, et du Thunderbolt 4 (40 Gbps).
Grosses perfs, gros prix
Intel ne part pas seul dans la bataille, où le retard à combler est considérable face à AMD. Plusieurs constructeurs ont dévoilé leur jeu avec de nouvelles consoles Windows qui seront présentées plus avant durant le Computex : la Predator Atlas 8 chez Acer, la OneXPlayer 3 et la Claw 8 EX AI Plus de MSI.
La Claw 8 EX AI Plus de MSI. Toutes ces consoles fonctionnent sous Windows 11, avec « l’expérience plein écran » Xbox.Predator Atlas 8 d’Acer et OneXPlayer 3
Ces appareils sont bâtis autour des nouvelles puces Intel, même si seul Acer proposera une déclinaison G3 standard. Les batteries sont volumineuses, elles dépassent les 80 Wh, et les écrans ont une fréquence d’images de 120 Hz et plus.
Hélas, les constructeurs ne précisent pas les prix, mais au vu du contexte actuel — Valve vient d’augmenter les prix du Steam Deck de 240 euros… —, il n’y a pas de miracle à attendre. Le revendeur italien Ollo a affiché le modèle de MSI (1 To de SSD, 32 Go de mémoire) à 1 599 euros.
Si vous n’étiez pas encore au courant, votre abonnement à Next vous donne droit à au moins 1 To (oui oui, 1 téraoctet, 1 000 Go) de stockage S3 pour réaliser les sauvegardes de votre choix sur une infrastructure hébergée en France et opérée par moji.
Nous avons eu l’occasion de présenter à plusieurs reprises ce bonus offert à nos abonnés : le 24 décembre dernier, lors de la mise en production du service (oui, ça aussi c’était rock ’n’ roll) sous forme de bêta fermée, puis début février à l’ouverture générale à tous les abonnés.
OK, c’est peut-être pas la journée idéale pour une référence à l’Âge de glace, mais avouez qu’elle est chouette cette noisette – illustration Flock
Il nous manquait cependant une page située à l’écart du rythme trépidant de notre flux d’actualité, pour centraliser les réponses à toutes les questions que vous pourriez vous poser au sujet de ce stockage. C’est désormais chose faite, avec la publication de notre FAQ dédiée au stockage Next, dont vous pouvez aussi retrouver le lien en pied de page.
Outre le relais de cette information d’intérêt public, cette brève est aussi l’occasion de recueillir vos retours. À la fois sur le service, puisque vous êtes déjà nombreux à l’exploiter (certains ne se sont pas fait prier pour remplir à 100 % les 3,2 To auxquels leur donne droit leur ancienneté), mais aussi sur cette foire aux questions, que l’on sera ravi d’amender ou de compléter en fonction de vos suggestions.
Les serveurs des services de streaming musicaux sont pris d’assaut par les morceaux générés par IA. Et ce n’est pas une exagération : Deezer a révélé que 44 % des chansons provenant de ses fournisseurs sont générées par IA. Des volumes ahurissants que l’industrie tout entière devrait apprendre à gérer collectivement, selon Aurélien Hérault, le directeur de l’innovation de la plateforme française.
« Contenu généré par IA » : c’est la petite phrase qui apparait sur les albums qui contiennent des titres identifiés par Deezer comme ayant été générés avec l’aide d’une IA. Le service de streaming communique régulièrement son travail de fond sur une problématique qui touche toutes les plateformes : développement d’un outil de détection mis à disposition de la filière, effort de transparence vis-à-vis des abonnés, et lutte contre les fraudes au streaming qui accompagnent souvent ces chansons IA.
Capture d’écran du message affiché par Deezer sur les contenus générés par IA
Aurélien Hérault est le directeur de l’innovation chez Deezer. Il est à la tête des équipes qui planchent sur les projets R&D de l’entreprise, qu’il s’agisse des algorithmes de recommandations, des fonctions de recherche ou des expérimentations sur de nouvelles technologies. Pour Next, il revient en détail sur le chantier de l’IA.
L’entretien a été édité pour des raisons de concision et de clarté.
Deezer a annoncé que 44 % des chansons téléversées sur les serveurs sont générées par IA, ce qui représente 75 000 chansons chaque jour. D’où viennent toutes ces chansons ? On s’approche du moment où la majorité des morceaux téléversés seront générés par IA.
C’est la raison pour laquelle nous avons développé l’année dernière un détecteur d’IA pour les morceaux uploadés par tous les fournisseurs avec qui nous avons un partenariat. Il y a notamment dans le lot des plateformes qui permettent à des indépendants de livrer du contenu. Et ce qu’on remarque aujourd’hui, c’est le nombre de plus en plus important de morceaux générés par IA. Si vous vous souvenez des chiffres de l’année dernière, on est clairement dans une augmentation continue.
Nous poursuivons nos déploiements sur un certain nombre d’outils. Aujourd’hui, il y a ce qu’on appelle le DDEX, [une organisation] censée répondre à ce genre de problématique : est-ce que c’est un morceau fait par IA ou non ? Aujourd’hui [ce standard de métadonnées] n’est pas encore exploité ou démocratisé chez l’ensemble des acteurs. C’est pour ça qu’on a mis en place nos technologies qui nous permettent de vérifier et de s’assurer si les contenus sont générés par IA ou pas.
Comment Deezer détecte les morceaux générés par IA ?
Il faut savoir que les modèles génératifs sont des modèles prédictifs, statistiques, qui sont entraînés pour générer de la musique ou des vidéos réalistes. Comment faisons-nous pour les détecter ? La production de ces modèles génératifs laisse des traces inaudibles dans le signal audio, caractéristiques de ces modèles. On a développé une technologie capable de détecter ce type de caractéristiques, à partir du signal audio. Ça nous donne une vision assez précise et assez juste de ce qui nous est livré en termes d’IA. Et on continue d’ailleurs à investir et à développer ce type de technologies.
Comment est-ce présenté aux abonnés de la plateforme ?
Il y a un affichage auprès du grand public sur les pages des albums pour informer s’ils contiennent des musiques générées par IA ou pas. C’est une première facette. Et la seconde facette, c’est notre parti-pris d’enlever [le contenu IA] de nos systèmes de recommandation. C’est-à-dire qu’on ne favorise pas ce type de contenu à l’aide de nos algorithmes.
Est-ce qu’il ne serait pas plus simple finalement que Deezer supprime ces chansons du catalogue ?
Il y a plusieurs aspects à prendre en compte. Déjà, on a un aspect légal et des contrats avec nos distributeurs. Une des obligations est que nous devons publier ce qu’on nous donne. C’est quelque chose qui existe depuis les débuts de Deezer. Mais on souhaite aussi apporter de la transparence à nos utilisateurs.
La seule chose que nous faisons, c’est d’identifier ces morceaux pour pouvoir, à l’avenir, faire évoluer le service, comme par exemple bloquer ces titres dans nos recommandations, ou en étant encore plus sévère. On a une approche très analytique du projet. On essaye de vraiment mesurer les impacts avant de faire évoluer le système.
Spotify vient de mettre en place un badge sur les morceaux qui sont effectivement vérifiés et créés par des humains. Quelle est la différence entre les outils utilisés par Spotify et ceux de Deezer ?
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L’entreprise californienne qui édite le navigateur du même nom se voit attaquée devant le tribunal judiciaire de Paris par l’Alliance de la presse d’information générale (Apig) et 53 groupes de presse français dont l’Équipe, Libération, Les Échos, Bayard ou encore Ouest-France.
Selon notre consœur des Échos qui a pu consulter l’assignation, celle-ci dénonce des actes de contrefaçon sur les fondements du droit voisin et du droit des marques.
Illustration : Flock
Les éditeurs et l’Apig ont d’abord tenté une démarche de conciliation via la Sacem, mais elle n’a pas abouti. Plus en détail, ils visent notamment la reproduction et la communication au public, « massivement et sans aucune autorisation, [des] contenus issus des publications de presse ».
« Brave illustre non seulement la transformation des moteurs de recherche en moteurs de réponse, mais elle se targue de mettre à disposition de tout l’écosystème de l’IA des outils permettant d’entraîner des modèles ou de créer toutes sortes d’applications visant aux mêmes fins », affirme encore l’assignation.
Les entreprises de presse ainsi que l’Apig demandent une réparation à hauteur d’un peu plus de 80 millions d’euros. Contactée par les Echos, Brave n’a pas répondu.
En septembre dernier, l’Alliance, accompagnée du Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM), avait mis en demeure Common Crawl de retirer les sites de ses membres de son archivage.
Pendant une triste nuit, le long d'une route solitaire de campagne...
La Maison-Blanche exploite le nom de domaine « aliens.gov » pour renvoyer vers une page qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées par sa police de l’immigration. Sur fond de codes visuels inspirés de la pop culture SF, elle compare les immigrants arrêtés à des envahisseurs face auxquels un seul homme a eu le courage de se dresser.
La communication décomplexée – et xénophobe – de l’administration Trump a franchi un nouveau palier. Jeudi, la Maison-Blanche a commencé à exploiter le nom de domaine aliens.gov, qu’elle fait pointer sur une page de son site Web (whitehouse.gov/aliens/), dédié aux performances de sa police anti-immigration, l’ICE.
Particularité de ce site ? Il joue à fond la carte des codes issus de la science-fiction et des séries populaires type X-Files, en exploitant la double signification du terme aliens, qui en anglais peut aussi bien désigner les extra-terrestres que les étrangers (souvenez-vous de la chanson de Sting).
« Ils sont parmi nous »
« Ils sont parmi nous », attaque le site, qui charge ensuite au fur et à mesure un texte dont la graphie, le défilement et la narration rappelle délibérément l’introduction des films de la saga Star Wars, ou l’introduction de certaines séries SF comme les Envahisseurs :
« Des extraterrestres vivent parmi nous — dans nos quartiers, interagissant avec nous au quotidien. Ils fréquentent les mêmes magasins, partagent les mêmes salles de classe que nos enfants, et mènent des existences en apparence parfaitement humaines. À une exception près : ils n’ont rien à faire ici ».
La suite décrit comment tout le monde a protégé ce secret jusqu’à ce qu’un homme ait finalement « le courage de dire la vérité ». La chute rend hommage au héros de l’histoire :
« Le président Trump a été le premier à dénoncer le danger réel que représentent les aliens pour chaque famille américaine, chaque communauté et l’avenir de notre nation. La vérité n’est plus ailleurs. Elle est ici et maintenant. »
« Ils » sont parmi nous mais heureusement, Donald Trump les a vus – capture d’écran
Des chiffres en vrac et sans contexte
Le site embraie ensuite sur une carte « live » des arrestations d’étrangers réalisées aux États-Unis par la police anti-immigration, surmontée d’un décompte qui affichait, le 29 mai vers midi, quelque 3,130 millions de « rencontres » (le terme file lui aussi la métaphore extraterrestre, comme dans Rencontres du troisième type), et s’incrémente d’environ une arrestation par seconde.
La page dispense ensuite un tableau qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées dans les principales villes des États-Unis. Deux colonnes très denses listent pour chacune les « charges criminelles » retenues contre ces immigrants, et leur pays d’origine.
Le tableau ne donne aucun détail sur la répartition exacte des charges ou des pays concernés : son objectif n’est manifestement pas de donner des éléments d’analyse, mais simplement de souligner l’importance des volumes.
« Si vous avez été témoin d’un enlèvement extraterrestre, ne vous inquiétez pas. L’extraterrestre est entre de bonnes mains. Nous allons nous en occuper… et le ramener sain et sauf d’où il vient », plaisante le texte, avant d’afficher un énorme bouton rouge incitant à la délation.
« Signalez les aliens suspects », propose un gros bouton rouge
Un rebond opportuniste
Plusieurs internautes avaient remarqué ces derniers jours que la Maison-Blanche avait déposé les noms de domaine alien.gov et aliens.gov. Certains imaginaient que les sites associés pourraient servir à de nouvelles révélations, dans la lignée des images déclassifiées publiées début mai par le Pentagone. Hébergés à l’adresse war.gov/ufo, ces documents avaient alors été présentés par Donald Trump comme une réponse à l’opacité entretenue par les administrations précédentes sur des informations relevant de l’intérêt public.
L’exploitation du site aliens.gov à des fins de propagande anti-immigration apparait dans ce contexte comme un rebond opportuniste, de la part d’une Maison-Blanche qui n’hésite pas à utiliser les mèmes, la pop culture, le jeu vidéo et bien sûr l’intelligence artificielle générative pour servir son propos.
« Le président Trump a dit la vérité. Le camouflage est terminé. Sécurisez la frontière. Expulsez-les tous », conclut le site aliens.gov, avec une ultime référence issue de la saga Pokemon.
Le département de la Défense états-unien l’a confirmé : des militaires de son armée ont bien été ciblés en utilisant des données de géolocalisation obtenues via des courtiers de données.
Ça devait arriver. Sur le front, les militaires peuvent être ciblés avec l’utilisation de données obtenues par des courtiers en données qui les revendent sans se soucier de leur utilisation.
Le Commandement central des États-Unis (USCENTCOM), qui dépend du département de la Défense états-unien (DoD), a confirmé au sénateur démocrate de l’Oregon, Ron Wyden, qu’il « a reçu plusieurs signalements de menaces concernant l’exploitation par des adversaires de données de localisation commerciales afin de cibler ou de surveiller le personnel américain sur le terrain », révèle Reuters.
Dans cette lettre [PDF], l’USCENTCOM assure enjoindre « au personnel de désactiver la fonctionnalité de géolocalisation lorsqu’elle n’est pas nécessaire, de vérifier régulièrement les paramètres de confidentialité des appareils et des applications, et de limiter le partage public d’informations ».
Elle ajoute que « ces directives soulignent que la désactivation des fonctions de géolocalisation ne les rend pas toujours totalement inopérantes sur les produits commerciaux, ce qui oblige le personnel à mettre en œuvre des mesures de sécurité complètes pour les appareils, notamment la vérification des paramètres de confidentialité » et qu’elle impose « les contrôles de géolocalisation les plus restrictifs » à ses troupes engagées au Moyen-Orient depuis le 28 février dernier.
La question du tracking des militaires américains soulevée par des élus
Dans un courrier [PDF] envoyé au DoD, Ron Wyden et 13 autres sénateurs et membres du Congrès des États-Unis s’inquiètent qu’il « n’ait pas pris les mesures élémentaires nécessaires pour protéger le personnel militaire américain contre la grave menace que représentent, en matière de contre-espionnage et de protection des forces, la collecte et la vente de données personnelles, notamment les données de localisation des téléphones portables, par des courtiers en données » et l’accusent de ne pas avoir « mis en place les mesures de cyberdéfense de bon sens recommandées par les agences fédérales ».
« Les données de localisation à des fins commerciales peuvent servir à identifier les lieux où se rassemblent les troupes américaines ainsi que leurs habitudes de vie, informations que des adversaires pourraient exploiter pour mener des attaques ciblées, notamment à l’aide de missiles, de drones et de bombes placées en bord de route, ou à des fins de contre-espionnage », détaillent-ils. À Reuters, Ron Wyden a déclaré qu’il était temps de « commencer à considérer le secteur des technologies publicitaires comme une menace pour la sécurité nationale ».
Un tracking utilisé par les États-Unis depuis 2016
On sait pourtant depuis quelques années que les données des applications commerciales peuvent être utilisées pour localiser des personnes, et donc que l’identifiant publicitaire est une information très sensible qui doit être cachée au maximum d’éventuels ennemis. Ainsi, les données laissées par l’utilisation de Strava permettent de remonter la piste de personnes comme des agents des renseignements.
Les États-Unis ne sont pas en reste pour la récolte de ce genre de données qui sont, au départ, utilisées pour le tracking publicitaire. On sait que l’ICE, leur service de l’immigration et des douanes, s’est confectionné un vaste jeu de données publiques et privées, achetées aussi bien auprès des géants numériques, de courtiers comme Thomson Reuters ou LexisNexis, que du gouvernement américain. Et les systèmes d’analyse et données collectées par Palantir sont utilisées par l’armée américaine, l’armée israélienne, l’OTAN ou encore la DGSI française pour améliorer leur ciblage sur le terrain.
Dans un article publié ce mardi 26 mai, le Wall Street Journal explique que le DoD a été informé par son sous-traitant PlanetRisk dès 2016 que ses employés avaient découvert qu’ils pouvaient suivre les opérations militaires américaines grâce à ce genre de données venant des smartphones des soldats américains.
Selon les sources de nos confrères, PlanetRisk était à l’époque en train de mettre au point un outil de surveillance pour suivre les réfugiés syriens qui fuyaient vers l’Europe et les États-Unis dans l’espoir de le vendre aux gouvernements de ces pays.
Pour cela, elle utilisait notamment des données de tracking provenant d’applications de météo, de jeux ou de rencontres. Dans les données collectées, l’entreprise a remarqué des données faisant le lien entre des bases militaires et une cimenterie syrienne, qui jusque-là n’était pas connue pour servir de zone de rassemblement des forces états-uniennes et leurs alliés.
PlanetRisk a ensuite aidé le Pentagone à utiliser les données de tracking jusqu’à lui permettre de surveiller les téléphones des membres de l’entourage du président russe Vladimir Poutine, comme le racontait Wired.
500 cyberattaques pendant les Jeux olympiques selon l’ANSSI, 55 milliards selon le CIO : les chiffres n’ont rien à voir, et pourtant ils comptent bien la même chose. Cela parait absurde, mais non : c’est une question de référentiel (et de message à faire passer). On retrouve le même problème avec les fuites de données.
Depuis maintenant des années, la France est régulièrement victime de cyberattaques, que ce soit sur ses institutions ou ses entreprises. Il en résulte parfois des fuites de données, avec plus ou moins d’écho dans la presse et sur les réseaux sociaux.
Une question revient assez souvent : la France est-elle plus attaquée que les autres pays ? Pour Vincent Strubel, patron de l’ANSSI, auditionné par la Commission de la défense de l’Assemblée nationale, la réponse est simple : « On n’en sait rien » car « personne ne sait compter de manière fiable et homogène les cyberattaques ». Partant de là, difficile en effet d’établir un classement.
Il cite un exemple récent avec le cas des Jeux olympiques de Paris en 2024. L’ANSSI avait compté à peu près 500 cyberattaques pendant cette période. Le Comité international olympique (CIO), en charge d’organiser les jeux, en avait compté 55 milliards. Un rapport de 1 à 100 000 000 (100 millions), excusez du peu !
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Conçue comme un identifiant publicitaire alternatif aux cookies tiers, la technologie Utiq apparait aujourd’hui au niveau des bandeaux de consentement de nombreux médias et sites de marque. Bien qu’elle soit présentée comme un « simple » identifiant, son fonctionnement diffère radicalement de celui des cookies, notamment parce qu’elle crée un identifiant unique associé à la connexion à Internet. Quels sont les enjeux techniques et réglementaires associés à son fonctionnement, et comment se protéger d’éventuelles dérives ? Next fait le point.
Mise à jour, mardi 2 juin, 16 heures :
Contactée par Next, la direction d’Utiq nous a fourni différents éléments d’explication qui complètent et éclairent certains aspects du fonctionnement de cette technologie publicitaire. Elle défend dans le même temps le bien-fondé de son approche, et cherche à relativiser les craintes exprimées par les internautes quant au respect de leur vie privée.
Sur le Network Signal et les zones d’ombre associées : l’un des principaux reproches adressés à Utiq concerne le flou relatif qui entoure l’identifiant unique généré à partir de la connexion Internet de l’utilisateur, et la façon dont tous les appareils exploitant une même connexion peuvent être réconciliés au sein d’un même profil publicitaire.
« Une fois que le consentement utilisateur est établi, on récupère l’adresse IP de l’internaute et on l’associe aux plages d’adresses IP que nous ont fournies les opérateurs. Ensuite, un appel est émis vers l’opérateur, à qui on transmet cette adresse IP. De son côté, il associe cette adresse IP à un contrat d’utilisateur, et va simplement générer une valeur unique associée à ce contrat. Il va ensuite transformer cette valeur, par la méthode de son choix, hashing ou tokenisation par exemple, avant de la renvoyer à Utiq », explique Julien Delhommeau, COO d’Utiq.
Utiq déclenche ensuite, à partir de cette valeur retournée par l’opérateur, la création de son propre identifiant principal, le Consentpass, stocké sous forme de cookie sur le terminal de l’utilisateur. Tous les appareils sur lesquels le consentement à Utiq est donné au sein d’un même réseau local (Wi-Fi domestique par exemple) reçoivent donc la même valeur.
Sur le consentement par terminaux : ce fonctionnement ne signifie cependant pas que tous les appareils du foyer sont suivis dès qu’un consentement a été donné. « Si je suis en Wi-Fi sur mon ordinateur et que je consens à Utiq sur un site précis, l’identifiant associé à ma connexion va être généré, et cet identifiant sera stocké sur mon navigateur pour ce domaine-là. Mais si je passe sur mon téléphone, ou si ma femme se rend à la même adresse, le site ne la connait pas. On va donc à nouveau lui proposer le consentement. Si elle accepte, le processus est relancé et dans ce cas, on aboutit au même Consentpass, ce qui signifie que là, l’éditeur sera en mesure d’associer nos deux visites », décrit Julien Delhommeau.
Passer en navigation privée ou vider les cookies de son navigateur permet donc de réinitialiser le consentement au niveau de l’appareil concerné, contrairement à ce que nous écrivions vendredi, même si l’avertissement de la CNIL laisse entendre un risque à ce niveau.
Le fonctionnement d’Utiq offre cependant une forme de traçabilité qui n’existait pas avec les cookies tiers en cas de nouveau consentement. « Avec les cookies d’avant, le cookie était régénéré avec une valeur aléatoire jusqu’à la prochaine suppression. Dans le cas d’Utiq, si vous consentez à nouveau, vous êtes ré-identifié, puisqu’on va retomber sur le même identifiant de connexion, le profil reprend donc là où on l’avait laissé avant suppression », admet notre interlocuteur.
Sur les promesses de pseudonymat : Utiq réaffirme qu’aucune donnée liée au compte utilisateur chez l’opérateur n’est intégrée à son identifiant. Interrogée par nos soins sur les possibilités de croisement entre l’identifiant Utiq et d’autres sources de données à des fins de profilage plus avancé pouvant aboutir à une compromission du pseudonymat, l’entreprise ne nie pas le phénomène, mais elle estime que sa technologie protège au final mieux la vie privée de l’internaute que les cookies publicitaires traditionnels, stockés en clair.
Ce serait même la raison d’être des identifiants en cascade (Marktechpass, Adtechpass etc.) que nous décrivions dans notre article initial. « Nos identifiants sont envoyés chiffrés, avec un rafraichissement toutes les dix minutes pour l’Adtechpass, et il n’y a qu’une dizaine d’acteurs de l’adtech triés sur le volet qui sont capables de le déchiffrer pour faire la réconciliation entre les audiences de l’éditeur et celles de l’annonceur », affirme Julien Delhommeau.
Sur le consentement éclairé : Utiq est-elle consciente que le flou de certains des messages d’avertissement et la relative opacité de sa documentation technique participent à la suspicion des internautes ? Sur ce point, l’entreprise fait valoir qu’elle exige de ses éditeurs et partenaires une mention explicite de la technologie sur les bandeaux de consentement, souvent assortie d’une page d’information dédiée, et que cette pilule a déjà du mal à passer. Et rappelle sa plateforme centralisée de gestion du consentement, avec l’option de blocage pour un an, qui dépasse les exigences réglementaires. « Ce n’est pas une fonctionnalité obligatoire au regard du RGPD, c’est vraiment quelque chose qu’on apporte en plus pour donner du contrôle », estime le COO.
Publication initiale, vendredi 29 mai, 9h30 :
Longtemps considérés comme l’outil de référence pour assurer le suivi publicitaire d’un internaute entre différents sites, les cookies tiers sont fragilisés depuis plusieurs années par la multiplication des outils et mesures de blocage, déployées soit par les utilisateurs, soit par les éditeurs de navigateurs et d’OS. En réaction, l’industrie de la publicité planche depuis plusieurs années sur des mécaniques alternatives permettant de croiser les informations de navigation pour afficher à l’internaute des publicités ciblées en fonction de son comportement.
En 2023, plusieurs grands opérateurs européens, dont Orange, Deutsche Telekom ou Vodafone se sont associés au travers d’une coentreprise pour élaborer une solution dédiée, capable de concurrencer les GAFAM sur le terrain de la publicité. Leur grande idée ? Plutôt que d’identifier les internautes par l’intermédiaire de leur navigateur, d’essayer de prolonger la durée de vie des cookies tiers en passant par des redirections, ou d’explorer des méthodes basées sur l’email ou le numéro de téléphone, les FAI se proposent d’exploiter une information exclusive : la connexion à Internet, qu’elle soit fixe ou mobile.
Promis, c’est vous qui choisissez – capture d’écran Next
Pour ce faire, ils ont élaboré une série de « différents identifiants marketing sécurisés », capables d’exploiter des informations en lien avec la connexion à Internet utilisée pour« représenter un individu ou un foyer ».
« Pour une connexion internet fixe (ex : Wi-Fi) les identifiants seront assignés au foyer (tous les membres du foyer ayant consentis se verront attribuer les mêmes identifiants) », explique Utiq. Sur mobile, le ciblage gagne en précision puisque les activités marketing seront le plus souvent « basées sur la navigation d’un seul individu ».
Sur AuFeminin, qui exploite Utiq, la technologie est présentée de la façon suivante sur le bandeau de consentement :
« Si vous acceptez et utilisez une connexion internet compatible (mobile ou fixe), nous, Reworld Media, utilisons des identifiants marketing fournis par Utiq pour nos activités numériques, telles que la personnalisation des publicités et du contenu, ainsi que pour l’analyse. Pour créer ces identifiants, Utiq travaille avec votre opérateur télécom. Ce dernier utilise pour cela votre adresse IP, ainsi que des données internes (ex. numéro téléphone), sans jamais les divulguer à Utiq. »
L’activation de cet identifiant est bien sûr conditionnée au consentement de l’utilisateur, comme l’exige le cadre réglementaire.
Un identifiant déterministe particulièrement résistant
Testée au travers de premières campagnes publicitaires courant 2024, la technologie qui en découle a depuis fait l’objet d’une adoption massive. Le consortium Utiq (opéré via une entreprise immatriculée en Belgique) revendiquait ainsi, en juin 2025, 26 opérateurs partenaires et, déjà, 55 millions d’identifiants uniques collectés. La dynamique semble s’accélérer : en février dernier, Utiq parlait de 36 opérateurs partenaires (dont les quatre principaux français), 330 éditeurs (voir la liste, qui réunit de nombreux groupes média français de premier plan), et 75 millions d’identifiants créés sur ses différents marchés, dont 40 millions en France.
Du point de vue des acteurs de la publicité, cet identifiant ne manque pas d’intérêt, au moins sur le papier. Un identifiant lié à la connexion à Internet, validé par l’opérateur qui la délivre (sur fixe comme sur mobile) constitue en effet un identifiant déterministe particulièrement solide.
Si un ordinateur exploite ma connexion à Internet résidentielle pour consulter un site, on sait avec un niveau de certitude élevé que la visite est réalisée par moi ou par l’un des membres de mon foyer. Bien sûr, je peux laisser un tiers se connecter à mon Wi-Fi, mais dans les faits, les visites comptabilisées depuis mon IP peuvent être attribuées à ma cellule familiale.
L’autre avantage, particulièrement par rapport aux cookies, réside dans la capacité à consolider les visites émanant de plusieurs appareils distincts. Téléphone, tablette, ordinateur pro ou perso, TV connectée, console de jeux… tous sont associés à la même adresse de connexion, alors que chacun d’entre eux génère ses propres cookies lors des sessions individuelles.
« Aufeminin et ses 1129 partenaires souhaitent utiliser des cookies ou autres traceurs (incluant Utiq) » – capture d’écran Next
Enfin, cet identifiant « opérateur » résiste aux protections habituelles. Je peux vider le cache de mon navigateur, activer ses protections contre le pistage (régulièrement renforcées sur Firefox ou sur iOS), passer en navigation privée, ou utiliser un logiciel différent pour certaines recherches afin de camoufler mes traces, mais à moins que j’utilise des mécanismes dédiés (proxy ou VPN par exemple), mon adresse IP me suit tout au long de mes usages.
Pour garantir son efficacité, Utiq demande aux sites qui implémentent sa technologie de créer un sous-domaine (sous la forme utiq.marque.com) qui résout vers ses propres serveurs. De cette façon (on parle de CNAME cloaking), le navigateur perçoit une requête émise par le site cible et non par un domaine tierce partie, ce qui contourne les protections du navigateur.
À quoi ça sert ?
Pour illustrer l’intérêt de la démarche, disons que je cherche à acheter une voiture électrique. Pour ce faire, je me suis informé, depuis mon domicile, sur des médias spécialisés qui distribuent Utiq depuis mon téléphone, et j’ai regardé une émission auto via une application de ma TV exploitant elle aussi Utiq.
Quand le lendemain, j’utilise mon ordinateur pour me rendre sur le site de Renault (l’un des premiers annonceurs à avoir exploité la techno Utiq), ses outils marketing sont capables d’identifier que je suis un acheteur en puissance. Le constructeur va donc pouvoir affiner les messages commerciaux qu’il m’affiche, pour essayer de générer une vente.
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Ça n’aura pas traîné : à peine 40 jours après le lancement d’Opus 4.7, Anthropic remet le couvert avec une nouvelle version de son modèle IA le plus avancé (hors Mythos). Opus 4.8 inaugure une nouvelle fonction pour améliorer la prise en charge des requêtes très complexes, réduire les erreurs, ainsi qu’un nouveau mode « fast » pour brûler moins de tokens.
Impossible d’arrêter le feu roulant des nouveaux modèles chez Anthropic. Opus 4.7 remonte au 16 avril, mais il est déjà passé de mode : son successeur, Opus 4.8, a en effet été annoncé par le labo IA. Le modèle apporte des améliorations « modestes mais tangibles », affirme l’entreprise, à commencer par… une plus grande prudence quand il ne sait pas quelque chose.
Plus d’honnêteté, moins de tokens
Selon les testeurs cités par Anthropic, Opus 4.8 se montre plus honnête : il signale plus facilement ses incertitudes, évite les affirmations qui ne sont pas vérifiées et laisse moins passer de bugs sans les mentionner. « Un problème général avec les modèles d’IA, c’est qu’ils tirent parfois des conclusions hâtives, en affirmant avec assurance avoir progressé dans leur travail alors que les preuves sont minces », explique la startup. Elle affirme que le nouveau modèle est « environ quatre fois moins susceptible » de laisser des défauts non signalés dans le code, par rapport à son prédécesseur.
Autre nouveauté : une fonction expérimentale baptisée « dynamic workflows » pour Claude Code. Le modèle est en mesure de gérer de très gros projets logiciels en parallèle, ce qui lui permet de les découper en petits bouts, de lancer des centaines de sous-agents en simultané et de vérifier automatiquement les résultats avant de répondre. Anthropic donne en exemple une migration massive de bases de code contenant « des centaines de milliers de lignes ».
Image : Anthropic
En termes de benchmarks, Opus 4.8 affiche des gains incrémentaux sur la plupart des tests (+ 4,9 points sur SWE-Bench Pro,+ 8,5 points sur Terminal-Bench…). Anthropic ne fait pas de bond spectaculaire ici, mais améliore l’existant par petites touches et maintient sa position sur les tâches agentiques. C’est cohérent avec la stratégie de la startup qui vise d’abord les développeurs et les entreprises : sur SWE-Bench Pro (agents de programmation), Opus 4.8 est loin devant GPT-5.5 et Gemini 3.1 Pro. Le modèle d’OpenAI reste cependant le patron sur Terminal-Bench, qui mesure des tâches très proches d’un vrai environnement développeur.
Un des changements les plus importants de cette nouvelle livrée est un réglage d’effort dans claude.ai et Cowork. L’utilisateur peut sélectionner le niveau de ressources à consacrer à une réponse : un effort « faible » retournera des réponses moins précises mais le processus de réflexion sera plus rapide et surtout moins coûteux, à l’inverse d’un effort plus élevé. Par défaut, Opus 4.8 est réglé sur un effort élevé, qui offre selon Anthrophic le meilleur équilibre entre « qualité et expérience utilisateur ».
Sur les travaux de code, ce niveau d’effort consomme le même volume de tokens qu’Opus 4.7 par défaut, « mais avec de meilleures performances ». Cette question des tokens est devenu très sensible, Opus 4.7 se montrant très gourmand en la matière. Une critique qui n’a pas échappé à Anthropic : les limites d’utilisation dans Claude Code ont été relevées pour les niveaux d’effort supérieurs.
Toujours dans cette même optique, Anthropic a révisé fortement à la baisse le coût du mode « rapide » pour Opus 4.8, désormais trois fois moins onéreux que son équivalent sur Opus 4.7. Ce mode, qui travaille 2,5 fois plus vite, revient maintenant à 10 dollars par million de tokens en entrée, et 50 dollars par million de tokens en sortie. C’est trois fois moins cher que pour les précédents modèles (30/150 dollars). Les tarifs pour un usage standard d’Opus 4.8 ne changent pas : 5 dollars par million de tokens en entrée, 25 dollars en sortie.
Enfin, fidèle à une stratégie marketing bien rodée, Anthropic fait miroiter le lancement « dans les prochaines semaines » de modèles grand public basés sur Mythos, le fameux LLM tellement balaise qu’il n’est distribué qu’au compte-goutte au travers du projet Glasswing.
L’entreprise explique que le développement de garde-fous avance bien. Ces mécanismes de sécurité seraient nécessaires pour éviter que les capacités de Mythos ne puissent servir aux pirates pour exploiter des failles. Ces nouveautés et cette agitation autour de Mythos est de bon aloi, alors qu’Anthropic s’apprête selon les rumeurs à se lancer en bourse d’ici la fin de l’année, alors même que l’entreprise vient de boucler une nouvelle levée de fonds record.
La présentation début mars du MacBook Neo a secoué l’industrie PC. Apple a su construire un ordinateur portable solide et suffisamment performant pour les tâches du quotidien, le tout au prix imbattable (pour un Mac portable) de 699 euros. Et même 599 euros pour les étudiants. Le succès a manifestement été au rendez-vous, les délais de livraison s’étant rapidement allongés peu après le lancement, pour revenir à des délais plus raisonnables (1 à 2 semaines).
Le constructeur de Cupertino a pris de court ses rivaux, qui ne sont pas aidés par une crise de la mémoire dévastatrice pour les marges. Qualcomm relève pourtant le gant, avec une nouvelle puce Snapdragon C. Cette « plateforme » d’entrée de gamme va motoriser des PC portables sous Windows à prix plancher : à partir de 300 dollars… Acer, HP et Lenovo devraient proposer leurs premiers modèles dans le courant de l’année.
Image : Qualcomm
Qualcomm promet une bonne réactivité pour des ordinateurs silencieux, qui tiennent une journée loin d’une prise électrique, et qui ne se transforment pas en radiateur d’appoint au moindre lancement de Chrome. En termes de performances, il ne faut pas s’attendre à monts et merveilles : les applications ou les jeux 3D très gourmands ne seront pas à leur place ici. En revanche, la navigation web, le streaming vidéo et le travail bureautique ne devraient pas poser de problème au quotidien.
Qualcomm oblige, la Snapdragon C embarque aussi des capacités IA en local avec un NPU intégré, même si l’entreprise n’en dit guère plus sur le sujet… ni d’ailleurs sur la fiche technique. Les futurs PC équipés de cette puce ne répondront pas à la liste d’exigences Copilot+, notamment les 40 TOPS pour le NPU.
Qualcomm a aussi indiqué que le processeur de la puce Snapdragon C n’était pas composé de cœurs Oryon, qui sont les moteurs des CPU des Snapdragon X plus haut de gamme, mais des Kryo que l’on retrouve dans des smartphones.
De même, il est peu probable que ces portables emportent 16 Go de RAM ou un SSD confortable, au vu des prix ahurissants des composants. Pour être certifié Copilot+, un PC doit aussi avoir au moins 16 Go de mémoire et de 250 Go de SSD, pour rappel (en plus des 40 TOPS du NPU). Le MacBook Neo se contente de 8 Go de mémoire vive et ne monte pas au-delà de 512 Go de stockage.
C’est d’ailleurs confirmé par Acer avec son Aspire Go 15 annoncé en même temps que le Snapdragon C : il ne proposera que « jusqu’à 8 Go de mémoire » (laissant entendre que des modèles avec encore moins de RAM pourraient voir le jour) avec jusqu’à 512 Go de stockage. Pour la partie GPU c’est comme d’habitude : Adreno, sans aucune indication supplémentaire. Acer ne donne pas de prix ni de date de disponibilité pour l’instant.
Il faudra maintenant voir sur pièce ce que donne un PC Windows doté de la Snapdragon C. Sur le plan des performances bien sûr, mais aussi les finitions : pour 300 dollars, difficile d’en demander trop sur les matériaux ou la qualité de l’écran.
C’est la mort dans l’âme que la France voit partir un de ses plus grands fleurons technologiques, qui va déménager au Luxembourg : Atari, ou plutôt les actionnaires de l’éditeur mythique de jeux vidéo, ont en effet décidé de voir si l’herbe était plus verte du côté du Grand-Duché. Au-delà de cette accroche certes un rien dramatique, une petite explication s’impose…
Les actionnaires d’Atari ont parlé : le siège juridique de la société va quitter la France pour s’installer au Luxembourg, une décision approuvée à plus de 95 % lors de l’assemblée générale du 27 mai (PDF). L’entreprise change de « nationalité juridique », sans citer de raison particulière.
Game jamais over
On peut raisonnablement penser que ce n’est pas pour profiter de l’air plus frais du Luxembourg, mais plutôt du cadre juridique et financier jugé plus flexible qu’en France. Le Grand-Duché est très utilisé par les groupes européens cotés. Les actionnaires ayant voté contre ce déménagement peuvent quitter le navire en cédant leurs parts à la société ; les sommes seront versées au plus tard à la fin du mois de septembre. Les actionnaires ont aussi la possibilité de les revendre sur le marché.
Ce n’est que le dernier avatar d’une histoire qui compte autant de rebondissements qu’une partie de Pong. Atari, c’est évidemment une entreprise créée en Californie en 1972 par Nolan Bushnell et Ted Dabney. Elle devient célèbre avec ses bornes d’arcade, des jeux fondateurs comme Asteroids et Breakout, et surtout la console Atari 2600. Atari devient un des plus grands noms du secteur, une marque synonyme de jeu vidéo aux États-Unis.
Atari a lancé en 2024 une réédition de la console 7800, sortie à l’origine en 1986.
Les années 80 n’ont pas été tendres pour l’entreprise, avec le crash du secteur en 1983, puis la scission l’année suivante entre Atari Games (la branche arcade) et Atari Corporation (la branche consoles et ordinateurs) opérée par le propriétaire de l’époque, le groupe Warner. Des branches historiques qui finissent par disparaitre progressivement du paysage après une stratégie hasardeuse de cessions tous azimuts pour la première, et des flops monumentaux (les consoles Lynx et Jaguar) pour la seconde.
En 1996, après l’échec de la Jaguar, Atari Corp fusionne avec JTS, un constructeur de disques dur. Deux ans plus tard, Hasbro Interactive rachète l’entité, rebaptisée Atari Interactive, et se fait oublier. Atari Games est rachetée en 1996 par Midway Games, qui retire la marque des bornes d’arcade pour éviter toute confusion avec Atari Interactive. De fait, cela signe l’arrêt de mort d’Atari Games.
Comment dit-on Atari en français ?
C’est en 2001 qu’Atari revient sur le devant de la scène… en France. L’éditeur historique français Infogrames s’offre en effet Hasbro Interactive, et donc les droits sur la marque Atari. Deux ans plus tard (et en résumé car c’est infiniment plus compliqué que ça…), Infogrames adopte le nom Atari, qui n’entretient plus aucun rapport avec l’entreprise originelle. Le groupe essuie de lourdes pertes ainsi que la faillite de la filiale américaine en 2013.
Depuis quelques années, Atari a repris du poil de la bête en suivant une feuille de route axée sur le rétro-gaming : l’éditeur lance régulièrement des remakes de ses jeux les plus célèbres, commercialise des consoles (et du merchandising) rétro, et a multiplié les acquisitions de catalogues et de petits studios spécialisés dans la restauration et la préservation de vieux jeux.
La stratégie est payante. Pour son exercice fiscal 2026, Atari prévoit un chiffre d’affaires de 51 millions de dollars, avec une croissance organique de 40 % environ. C’est la troisième année consécutive de croissance, avec des revenus au plus haut niveau depuis plus de dix ans. On est loin des cadors de l’industrie, mais le redressement n’en reste pas moins spectaculaire pour ce qui était considéré il y a encore peu comme une société zombie. Et ce déménagement signale aussi qu’Atari cherche à se positionner comme un groupe à visée internationale, tout en profitant de la fiscalité avantageuse du Luxembourg.
Anthropic fait désormais la course en tête. L’éditeur des modèles Claude a annoncé jeudi 28 mai avoir bouclé une levée de fonds de 65 milliards de dollars sur la base d’une valorisation fixée à 900 milliards de dollars, supérieure à celle affichée par OpenAI début avril lors de son dernier tour de table.
Anthropic remet le couvert, trois mois seulement après sa dernière levée de fonds. L’entreprise dirigée par Dario Amodei a annoncé jeudi avoir réuni 65 milliards de dollars d’argent frais, au cours d’un tour de table express.
L’entreprise indique avoir réalisé l’opération sur la base d’une valorisation de 900 milliards de dollars, qui se monte donc à 965 milliards de dollars à l’issue de l’opération.
La valorisation d’Anthropic dépasse celle d’OpenAI début avril
S’il est impressionnant en valeur absolue, le montant risque surtout de marquer les esprits parce qu’il dépasse celui qu’avait revendiqué OpenAI lors de sa dernière opération de financement : l’éditeur de ChatGPT avait en effet annoncé début avril un tour pharaonique à 122 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation post-money de 852 milliards de dollars.
La communication d’Anthropic intègre toutefois une zone de flou : l’entreprise indique en effet que ces 65 milliards de dollars intègrent des engagements déjà formulés par certains hyperscalers, dont les 5 milliards de dollars promis par Amazon le 20 avril dernier, quand les deux acteurs ont annoncé l’extension de leur partenariat stratégique.
Histoire d’enfoncer le clou, Anthropic avance un autre chiffre : son run rate, c’est à dire la projection de chiffre d’affaires annuel estimée à partir de ses revenus actuels, se monterait désormais à 47 milliards de dollars.
Bien que cet indicateur soit sujet à caution (il s’agit d’une projection calculée sur des revenus à l’instant T et non d’un réalisé sur une période donnée), il témoigne lui aussi d’une accélération fracassante. Anthropic affirmait en effet avoir dépassé les 30 milliards de run rate début avril, ce qui signifie que l’activité de l’entreprise aurait progressé de quelque 50 % en seulement deux mois !
Le tour de table associe une longue liste de fonds d’investissement (dont les usual suspects de la Silicon Valley), mais aussi les trois principaux producteurs de mémoire au monde, avec des participations dont le montant n’a pas été précisé : Samsung, Micron et SK hynix. Une forme de renvoi d’ascenseur peut-être, pour ces industriels dont la valorisation boursière bat actuellement tous les records, précisément en raison de la course à l’IA.
De quoi alimenter la course aux infrastructures
« Ce financement nous permettra de répondre à la demande historique que nous connaissons, de rester à la pointe de la recherche et d’amener Claude sur davantage de lieux où le travail se déroule », commente sans plus de précision Krishna Rao, directeur financier d’Anthropic. L’entreprise profite de l’occasion pour lancer Claude Opus 4.8, la dernière version de son modèle haut de gamme.
Cette manne devrait permettre à Anthropic de redoubler d’appétits en matière d’infrastructure, quitte à réserver des capacités qui n’existent pas encore. Outre Amazon, l’entreprise a déjà signé et doit donc honorer de grands contrats prévisionnels avec Google et Broadcom. Elle a également formalisé un accord avec SpaceX, à qui elle loue les ressources des datacenters Colossus. Les documents préparatoires à l’entrée en bourse de l’entreprise d’Elon Musk ont récemment révélé que cet accord prévoyait le versement de 1,9 milliard de dollars par mois.
OpenAI, à qui les rumeurs prêtent l’intention d’abandonner la course aux levées de fonds pour s’introduire en bourse, était jusqu’ici considérée comme la première startup de l’IA à pouvoir prétendre à une valorisation supérieure à 1 000 milliards de dollars.