Vue normale

☕️ OpenAI aurait mis une semaine à s’apercevoir que son agent avait attaqué Hugging Face

27 juillet 2026 à 15:56


Le 21 juillet, OpenAI a publié un communiqué étonnant : un de ses systèmes IA était responsable de l’attaque orchestrée contre Hugging Face. Des détails étaient fournis, mais l’histoire gardait des zones d’ombre. Si l’incident a été transformé en opportunité commerciale, il semble être le résultat d’une vaste carence en sécurité.

Dans notre article du 22 juillet, nous relations les évènements tels qu’ils ont été décrits par OpenAI et Hugging Face. Dans les grandes lignes, la plateforme open source dédiée à l’IA avait révélé le 16 juillet avoir été attaqué par au moins un agent IA autonome. Cinq jours plus tard, OpenAI communiquait pour annoncer être indirectement à l’origine de l’attaque.

Illustration : Flock

Que s’était-il passé ? OpenAI avait expliqué que des tests étaient en cours sur un système d’IA comprenant le récent modèle GPT-5.6 Sol ainsi qu’un autre, décrit comme simplement plus puissant. Dans ces tests, les garde-fous avaient été levés pour mesurer justement les capacités des modèles.

L’un des tests demandait aux modèles de résoudre un certain problème. Ces derniers avaient estimé que la réponse se trouvait probablement chez Hugging Face. Ils s’étaient alors échappés de leur environnement de test (révélant au passage une faille signalée à l’éditeur tiers concerné), avaient récupéré des identifiants de membres du personnel de Hugging Face et fouillé dans l’infrastructure de l’entreprise, compromettant au passage une partie des serveurs.

Une semaine pour s’en apercevoir

L’histoire comportait de nombreuses zones d’ombre. Nous relevions par exemple qu’il s’était écoulé cinq jours entre la présentation de l’attaque par Hugging Face et le communiqué d’OpenAI sur ce qui s’était passé. Cette dernière n’avait-elle donc découvert l’incident qu’avec le billet de Hugging Face ? Selon Reuters, ce serait bien le cas.

Selon nos confrères, la chronologie ne plaide pas en faveur d’OpenAI. L’agent se serait ainsi échappé de son environnement de test le 9 juillet et aurait commencé son intrusion chez Hugging Face le 11. OpenAI n’aurait compris la responsabilité de son système qu’à la publication du billet de Hugging Face le 16 juillet. Des membres du personnel n’auraient commencé à trouver des traces d’activité suspecte dans les journaux internes que durant le week-end du 18 - 19 juillet. Les deux entreprises ne se seraient pas parlées avant le 20 juillet, aboutissant à la communication publique du 21 juillet.

Reuters évoque deux sources proches du dossier, selon lesquelles il se serait donc écoulé une semaine avant qu’OpenAI s’aperçoive de sa responsabilité, entre la sortie de l’agent le 9 juillet et le billet de Hugging Face le 16.

Comment expliquer une telle latence ? Cette lenteur s’expliquerait par le fait qu’OpenAI fait tourner plusieurs tests simultanément, rendant difficile pour les employés la surveillance individuelle de chaque test, tant la masse de données générées est importante. Reuters apporte d’autres informations, notamment la création par un agent d’une note destinée à de futures versions de lui-même et contenant des instructions sur la manière de s’échapper des contraintes imposées par OpenAI. En revanche, l’article ne dit pas si cet agent en particulier est lié à l’attaque.

Autre point important, Hugging Face avait évoqué un contact avec les forces de l’ordre. D’après l’agence de presse, il s’agit bien du FBI qui n’a pas souhaité réagir. Silence également de la part de la plateforme. Chez OpenAI, une porte-parole a déclaré que l’article de Reuters contenait « plusieurs inexactitudes », mais n’a pas répondu aux demandes de détails.

T@LC : on a voulu tester Kimi K3 (1 562 Go) en « local », on a failli finir ruinés

27 juillet 2026 à 15:37
Heu… 43 800 euros en note de frais, ça passe ?
T@LC : on a voulu tester Kimi K3 (1 562 Go) en « local », on a failli finir ruinés

Installer le modèle open source Kimi K3 en « local » c’est faisable ? Non… Et en louant des GPU pour rester maître de ses données ? En théorie, oui… mais la facture risque de vous faire mal au porte-monnaie avec plus de 1 000 euros… par jour.

C’est donc aujourd’hui que Moonshot AI publie les poids de son dernier modèle Kimi K3, avec pas moins de 2 800 milliards de paramètres. Il est donc possible de l’installer et de l’utiliser en local ou bien sur une machine louée. Vous pouvez rester maître de vos données et prompts, sans passer par les serveurs de l’entreprise.

Est-ce facile à déployer sur une machine ? Réponse simple : non. Quelles sont les performances ? Excellentes… pour vider rapidement votre porte-monnaie. Cela mérite des explications.

Le point crucial est la mémoire. Pour utiliser dans de bonnes conditions un modèle, il faut pouvoir charger ses paramètres en mémoire – idéalement dans celle du GPU, même s’il est possible de composer aussi avec celle du CPU au prix de performances moindres. Les paramètres, ce sont les poids des neurones. À la place des poids, on peut aussi parler des nombres.

Avec un modèle aussi gros, louer des instances GPU pour le faire tourner nous couterait plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois, comme nous allons le voir.


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☕️ Numérique soutenable : l’Arcep veut connaitre la consommation et le détail des LLM

27 juillet 2026 à 14:15


Le 24 juillet, l’Arcep a annoncé l’ouverture d’une consultation publique pour élargir sa collecte de données environnementales, en perspective de l’édition 2028 de son enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », à la suite d’une campagne de collecte qui aurait donc lieu en 2027.

Rappelons que depuis 2020, l’Arcep collecte des indicateurs environnementaux auprès des acteurs du numérique, mission formalisée par le gouvernement l’année suivante et consolidée juridiquement par la loi REEN de décembre 2021. L’autorité dispose ainsi d’un pouvoir de collecte auprès des opérateurs télécoms, fournisseurs de services de communication en ligne, opérateurs de centres de données, fabricants de terminaux, équipementiers réseaux et fournisseurs de systèmes d’exploitation.

Les données recueillies sont présentées depuis, chaque année, dans ses rapports sur le numérique soutenable. En mars 2024 par exemple, le rapport incluait pour la première fois des informations sur la consommation des box, décodeurs et répéteurs.

Illustration : Flock

Dès l’automne dernier, l’autorité avait cependant annoncé sa volonté de capter de nouvelles informations pour mesurer l’impact environnemental de l’IA. C’est l’objet de la nouvelle consultation publique, avec deux extensions principales au recueil de données.

Chez les fournisseurs d’IA générative d’abord, l’Arcep propose de collecter des indicateurs permettant d’évaluer les émissions de gaz à effet de serre associées, de documenter les caractéristiques des modèles sous-jacents aux services les plus utilisés en France, et de mesurer les ressources mobilisées en entraînement et en inférence : volume de calcul, temps cumulé d’usage des processeurs et consommation énergétique.

Chez les opérateurs de centres de données et fournisseurs de services cloud, les nouveaux indicateurs serviraient à vérifier comment la chaleur est valorisée, à évaluer l’influence des systèmes de refroidissement sur l’empreinte environnementale des centres de données et à couvrir les obligations du règlement délégué (UE) 2024/1364, en application de la directive européenne sur l’efficacité énergétique (directive UE 2023/1791, dite EED), qui pose l’obligation de reporting pour les centres de données.

La consultation publique est ouverte à toutes les parties prenantes jusqu’au 30 septembre. La décision finale de collecte est attendue d’ici fin 2026, sous réserve d’homologation par la ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique.

☕️ Varta au bord du démantèlement après la perte d’Apple

27 juillet 2026 à 13:45


Varta, déjà en grande difficulté, a fini par lancer une procédure d’insolvabilité. Le géant allemand des batteries subit de plein fouet la désaffection d’un de ses plus importants clients, Apple, qui a décidé d’acheter les petites batteries des AirPods en Chine.

C’était le coup de trop pour Varta : en mai dernier, la presse allemande s’est faite l’écho de la fin du contrat lié à la fourniture des batteries des AirPods. L’usine de Nördlingen, qui fabrique ces composants, avait été développée en grande partie pour répondre aux commandes du constructeur informatique. Ce dernier aurait décidé de faire affaire avec un fournisseur chinois, moins cher.

Sans les volumes d’Apple, le site n’est plus viable malgré les autres clients dénichés par Varta. La fermeture de l’usine doit entraîner la suppression de 350 emplois. Une perte particulièrement grave pour l’industriel allemand, qui souffrait déjà de sa dépendance à Apple depuis des années. Dès le printemps 2023, Varta avait ainsi indiqué que les ventes de sa branche lithium-ion CoinPower avaient chuté de 92,1 % au premier trimestre de cette année, principalement parce que son principal client, Apple, avait fortement réduit ses volumes.

Avec ou sans Apple, Varta n’était pas au mieux de sa forme. En 2024, le groupe avait déjà utilisé une procédure permettant de restructurer une entreprise avant l’insolvabilité. Cela a entraîné une forte réduction de la dette, le retrait de la Bourse, l’annulation du capital des anciens actionnaires (qui ont donc tout perdu), et l’arrivée de Porsche au capital.

Ce sauvetage reposait toutefois sur des objectifs financiers qui n’ont pas été atteints. Pour s’en sortir, Varta avait à très court terme besoin de plusieurs dizaines de millions d’euros, puis de nouvelles injections d’argent frais pour poursuivre ses activités. Aucun créancier n’a endossé le rôle du chevalier blanc, le partenariat avec Porsche (la coentreprise Cellforce) devrait être arrêté, et la décision d’Apple n’a évidemment pas arrangé les affaires de l’entreprise.

Varta a déposé ce 24 juillet quatre demandes d’ouverture de procédure d’insolvabilité. Le scénario est d’extraire l’activité la plus rentable, celle des piles grand public, pour les placer dans une nouvelle société qui pourrait être vendue à bon prix. Les autres activités pourraient être restructurées, cédées à part ou liquidées si personne n’en veut.

Souveraineté numérique : qu’est-ce qu’Eurosky, ce projet de web social européen ?

27 juillet 2026 à 13:09
À ciel ouvert
Souveraineté numérique : qu’est-ce qu’Eurosky, ce projet de web social européen ?

Quelle est la philosophie d’Eurosky, ce service qui fournit un nom d’utilisateur réutilisable sur divers réseaux sociaux et applications de l’écosystème Atmosphère ? Dans quelle mesure s’interface-t-il avec Mastodon et le fédivers, cet autre espace numérique ouvert qui a gagné en visibilité ces dernières années ? Next vous explique.

« À quoi ressemblerait une politique industrielle capable de fournir un bon environnement technologique en Europe ? » Telle est la question mi-économique, mi-philosophique que lance Robin Berjon, vice-président de la Modal Foundation, lorsque Next lui demande d’expliquer le projet Eurosky.

Du point de vue de l’internaute, comme nous vous l’expliquions dans un précédent article, Eurosky est ce portail, ou ce fournisseur de nom d’utilisateur unique, qui vous permet, depuis un seul et même compte, de vous connecter à n’importe quel endroit de l’ATmosphère. L’Atmosphère (avec ou sans AT majuscule), c’est le nom donné à l’écosystème d’applications diverses – réseaux sociaux, sites web, outils de veille, dépôt de code, mini-jeux, etc – créées sur ou connectées au protocole AT.

Eurosky, pour le raconter de manière plus imagée, propose un petit vaisseau européen pour naviguer dans les eaux internationales de l’Atmosphère. Ce vaisseau a un grand coffre : un serveur de données personnelles (PDS), qui vous permet de stocker vos données et vos interactions sur des machines réglementées par les lois de l’Union européenne. Où que vous alliez (oui, même sur des services de droit américain comme Bluesky), quoi que vous fassiez, votre expérience du web social de l’Atmosphere se fera dans le cadre du règlement général sur la protection des données (RGPD), du règlement sur les services numériques, et des autres outils mis en place au sein de l’Union européenne.

Dessiner des contre-modèles face aux « monstres » de la Silicon Valley

« Quand on parle de souveraineté, les gens ne connaissent et ne comprennent souvent qu’un seul modèle, explique Robin Berjon : celui de la Silicon Valley, où tout est intégré verticalement du sol au plafond. » L’informaticien décrit des « monstres » qui ont étendu leurs tentacules des câbles sous-marins jusqu’aux applications dédiées aux consommateurs, et créent ensuite « des douves autour de leurs services pour empêcher les utilisateurs de partir, et leur faire payer un loyer ».

Ce modèle, affirme-t-il, n’a rien d’une fatalité. En l’occurrence, Eurosky « voudrait en proposer un autre, qui correspond assez bien à ce qui se fait dans le domaine du transport, de l’énergie et ailleurs, et qui est plus logique d’un point de vue économique et social ». Concrètement, il s’agit de s’appuyer sur des infrastructures partagées, « ce qui peut signifier "publiques", mais pas forcément ». Cette infrastructure, au sens le plus strict, c’est le fameux protocole AT : la route sur laquelle circulent les informations échangées sur Mu, affichées sur les sites web construits avec Blento ou Twinkl, ou stockées et éventuellement partagées, que l’on parle de code (sur Tangled ou Gamedev) ou de liens (sur Semble, Margin, etc).


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☕️ Réparations : Apple lance son AppleCare One en France le 4 août

27 juillet 2026 à 10:18


Pour les personnes intéressées par une couverture supplémentaire des équipements neufs chez Apple, il fallait jusqu’à présent souscrire un contrat AppleCare distinct pour chaque appareil acheté chez Apple. AppleCare One permet d’ajouter jusqu’à trois appareils sous un même abonnement : iPhone, Mac, Apple Watch, iPad, AirPods, Apple TV, HomePod ou Apple Vision Pro. La seule condition est que les appareils soient rattachés au même compte iCloud.

En France, la formule de base sera facturée 20,99 euros par mois pour trois appareils, avec un supplément de 5,99 euros par mois par appareil additionnel, comme indiqué sur la page dédiée du site officiel. À titre de comparaison, la protection du seul iPhone coûte à partir de 9,99 euros par mois ou 99,99 euros par an, bien que le tarif évolue en fonction du modèle.

Au-delà de l’aspect tarifaire, les prestations sont celles de l’assistance AppleCare+. Pour un iPhone, un iPad ou une Apple Watch, cela signifie par exemple jusqu’à trois déclarations de perte ou de vol par an. Un point important, car le vol n’est pas compris dans la garantie AppleCare standard. La formule prend également en charge un nombre illimité de réparations pour dégâts accidentels, ainsi qu’une assistance prioritaire.

Les réparations peuvent être effectuées « souvent » le jour même en Apple Store ou centre de service agréé, et dans n’importe quel pays où sont implantées ces structures (Apple évoque plus de 5 000 centres agréés dans le monde).

Attention cependant sur les réparations, car une franchise s’applique : 29 euros pour les réparations d’écran et les dégâts sur le dos en verre, 99 euros pour tous les autres dégâts accidentels, et 129 euros en cas de perte ou de vol. Durant toute la durée de couverture en revanche, le remplacement de la batterie est gratuit si la capacité passe sous la barre des 80 %.

AppleCare One est donc un AppleCare+ pour plusieurs appareils à un tarif réduit en comparaison du cumul classique. Il y a en outre un sérieux avantage : si AppleCare+ doit être souscrit dans les 60 jours suivant l’achat du produit neuf, AppleCare One peut prendre en charge des appareils ayant jusqu’à 4 ans, à condition qu’ils soient en bon état. Auquel cas, après ajout du numéro de série dans la déclaration en ligne, un examen physique en magasin sera peut-être nécessaire. C’est en tout cas ce qu’indiquait Apple au lancement de cette garantie en juillet 2025 lors du lancement aux États-Unis.

L’industrie de l’IA plaide pour les modèles ouverts, la liste des signataires s’allonge

27 juillet 2026 à 09:42
L'ouverture c'est bon, mangez-en
L’industrie de l’IA plaide pour les modèles ouverts, la liste des signataires s’allonge

La pression monte autour de Kimi K3, le modèle IA chinois de Moonshot AI dont les poids doivent être publiés ce 27 juillet. L’ouverture du LLM est aux antipodes des modèles fermés et propriétaires des champions américains du secteur – et que Washington veut protéger à tout prix. Deux visions du monde s’opposent ici, et plusieurs acteurs parmi les plus importants de cette industrie ont pris position en faveur de l’open source.

Dans une lettre ouverte (PDF), plusieurs acteurs très importants de l’IA défendent les modèles à poids ouverts comme Kimi K3. « [Ils] renforcent la sûreté et la cybersécurité, accélèrent l’innovation et sa diffusion, et favorisent la souveraineté », affirme ainsi Jensen Huang, fondateur et patron de NVIDIA dans son premier post sur X. Pour le dirigeant, « le monde a besoin à la fois de modèles fermés de pointe et de modèles ouverts de pointe. »

Au secours des modèles ouverts

La lettre en question est donc signée NVIDIA, mais aussi Microsoft, Mozilla, Meta (qui a pourtant arrêté de publier des modèles open source depuis Muse), Mistral, Hugging Face, Perplexity, Palantir, Dell, IBM, la Linux Foundation, Box, Crowdstrike… Le texte rappelle le rôle essentiel des logiciels open source qui font fonctionner une grande partie d’internet et « au cœur de systèmes » utilisés par les organisations les plus importantes au monde.

Les signataires listent les (nombreux, à leurs yeux) avantages des modèles ouverts : d’abord, ils offrent un accès élargi à l’IA. Les entreprises, les universités, les administrations et les startups peuvent utiliser ces modèles sans devoir les entraîner eux-mêmes ni payer des fortunes dans des modèles propriétaires. Ce qui permet aussi de maîtriser les coûts, tout en adaptant les capacités de ces modèles aux tâches à effectuer. L’exécution en interne permet également un contrôle total sur les données.

En termes de concurrence, les modèles à poids ouverts réduisent la dépendance à une poignée de fournisseurs. Ils représentent également un soutien à la souveraineté technologique et une plus grande transparence pour la recherche. En retour, la sécurité autour de ces modèles est collectivement renforcée.

Les risques de l’ouverture

La lettre ne cache pas les risques liés aux modèles ouverts. Il existe une perte de contrôle après la publication, puisque les concepteurs ne peuvent pas empêcher l’utilisation, la copie et la modification de leurs modèles. Ces derniers peuvent aussi faciliter les attaques informatiques, produire des contenus trompeurs ou contourner des protections. La multiplication de versions spécialisées peut également compliquer les mises à jour de sécurité et le maintien de standards cohérents.

Sur un plan plus pragmatique, télécharger les poids ne suffit pas : il faut disposer d’une solide infrastructure pour les faire tourner et les sécuriser. Enfin, se pose la question toujours délicate de la distillation de ces modèles ; un des angles d’attaque de la Maison-Blanche contre Kimi K3 est précisément une accusation de distillation de Fable 5.

Les signataires présentent la distillation comme une technique légitime et courante dans le développement de l’IA. Elle exploite les réponses produites par un modèle pour entraîner, améliorer, évaluer ou valider un autre modèle. Par conséquent, la distillation en elle-même ne devrait pas être assimilée à du vol ou à une appropriation abusive ; en revanche, les tentatives illégales soulèvent de vraies questions juridiques. Ils recommandent aux pouvoirs publics d’éviter des interdictions générales de la distillation. Les abus éventuels devraient être traités par des règles juridiques et commerciales ciblées, car cette technique est jugée essentielle pour améliorer les LLM.

Trois fois plus de signataires ce week-end, avec OpenAI, Google, AMD

La liste initiale comprenait 25 signatures : American Innovators Network, Andreessen Horowitz, Arcee AI, Arena, Black Forest Labs, Box, CrowdStrike, Dell Technologies, Emergence Capital, Hugging Face, IBM, The Linux Foundation, Mariana Minerals, Meta, Microsoft, Mistral, Mozilla, NVIDIA, Palantir, Perplexity, Reflection, Replit, ServiceNow, Telnyx et Y Combinator.

OpenAI, Google, Anthropic… : des acteurs de poids étaient absents. Sam Altman indiquait qu’il voulait que les États-Unis « gagnent » dans l’IA, « aussi bien avec les modèles open source qu’avec les modèles propriétaires ». Le CEO d’OpenAI affirme aussi être « heureux » de voir cette initiative en faveur des modèles ouverts. OpenAI a finalement signé la lettre, et ce n’est pas la seule entreprise à rejoindre l’initiative en cours de route.

La liste a rapidement triplé pour arriver aujourd’hui à près de 80 signataires, avec Google, AMD, Cisco, Cloudflare, GitHub, SpaceX, Palo Alto Networks, Ollama, etc. Parmi les absences notables, il reste Amazon et Anthropic.

Le projet Debian s’interroge sur son possible usage des LLM

27 juillet 2026 à 08:37
Discussion à poids ouverts
Le projet Debian s’interroge sur son possible usage des LLM

Une discussion a été ouverte au sein du projet sur la manière dont il faut considérer les participations au code quand elles sont soutenues par les LLM. Ce n’est pas la première fois que la communauté essaie de statuer sur l’IA générative.

Debian a ouvert une résolution générale (GR) sur l’usage des LLM au sein du projet. La période de discussion a débuté le 24 juillet 2026, après des semaines de débat sur la liste de diffusion debian-vote.

Ce n’est pas la première tentative sur ce sujet. Une précédente discussion menée par l’ex-DPL (Debian Project Leader) Lucas Nussbaum, en février-mars 2026, s’était soldée par un abandon du vote, la communauté ayant préféré continuer à traiter les contributions IA au cas par cas. Le projet Debian avait décidé de ne pas décider. Cette résolution relance donc le débat avec un texte plus structuré et davantage de propositions.

Quatre propositions, du radical au plus mesuré

La proposition A, portée par Matthias Geiger et Jesse Rhodes, est la plus radicale : l’interdiction de toute contribution directe rédigée avec l’aide de LLM : paquets sources, logiciels officiels (lintian, etc.), ressources web, documentation, traductions, communications officielles. Les projets amont utilisant l’IA, ainsi que les correctifs de sécurité amont, sont exclus du périmètre. Le texte propose même d’ajouter un point 6 au Contrat Social de Debian sur le sujet.

Plusieurs arguments sont donnés. D’abord, le statut juridique flou du copyright des sorties de LLM. Ensuite, des problèmes de qualité (paquets mal formés, fichiers watch non fonctionnels). En outre, un impact sur la dynamique communautaire : charge de relecture, non-apprentissage des nouveaux contributeurs, etc. Enfin, la question éthique, le scraping massif ayant perturbé l’infrastructure web de Debian et la question de l’empreinte environnementale étant prégnante.

La proposition B, portée par l’ancien DPL, Lucas Nussbaum, est plus mesurée. Elle autorise les contributions assistées par IA sous six conditions cumulatives :

  • compatibilité légale de l’outil utilisé
  • vérification des droits sur le contenu préexistant réutilisé
  • responsabilité totale du contributeur
  • divulgation de l’usage via un tag Git type Generated-By: ou Assisted-By:
  • discussion préalable pour les modifications massives ou automatisées
  • interdiction de transmettre des données sensibles (rapports de sécurité sous embargo, discussions privées) à des fournisseurs IA non fiables

La proposition C, portée par Ian Jackson, est un rejet de principe mais « pragmatique ». Elle demande à tous les contributeurs d’éviter les LLM et appelle plus largement la communauté du logiciel libre à rejeter cette technologie, tout en reconnaissant qu’une interdiction totale est impraticable puisque de nombreux projets amont y recourent. Il propose cependant des règles strictes : les messages destinés aux humains (rapports de bugs, listes de diffusion, Salsa, blogs Planet Debian) doivent être rédigés uniquement par des humains, tout usage de LLM doit être divulgué, les mainteneurs individuels peuvent totalement bannir l’IA sur leurs projets. Et la plus stricte d’entre elles : les violations sont traitées comme des manquements au Code de Conduite.

Quant à la proposition D, portée par Pierre-Elliott Bécue, elle ressemble beaucoup à la B dans l’esprit : une acceptation encadrée, portée sur les responsabilités. En clair, Debian n’endosse pas l’usage de l’IA générative mais reconnaît sa réalité et refuse une interdiction jugée « contre-productive et inapplicable ». Cette proposition place la responsabilité sur le contributeur (conformité DFSG, signature GPG personnelle, marquage de l’usage IA dans les commits et notes de version), avec une clause spécifique interdisant l’usage d’IA cloud pour des données sensibles ou non publiques.

Une décision importante

Plusieurs éléments intéressants entourant cette nouvelle résolution générale. D’abord, la proximité avec l’ancienne : à peine quelques mois, signalant le besoin pour les développeurs de trancher un sujet devenu central. L’IA générative est partout et les LLM sont utilisés dans une part croissante des projets. Précisons quand même que la précédente discussion en février-mars n’a pas atteint le statut officiel de GR. Il s’est écoulé environ un mois entre le brouillon alors préparé par Lucas Nussbaum et l’abandon du processus.

On ne sait pas combien de temps durera la résolution générale, mais la discussion et le vote seront importants. Debian n’est pas n’importe quelle distribution : en plus de son utilisation proprement dite, elle sert de socle à de nombreux autres systèmes, dont le plus connu est Ubuntu, la distribution Linux la plus utilisée aujourd’hui. Ce qui n’empêche pas d’autres organisations, comme Canonical, de procéder à des modifications assistées par IA.

Cette résolution cristallise de nombreux aspects entourant les LLM. Le fait que les questions éthiques et environnementales fassent partie de la réflexion est significatif, mais le sujet est complexe : comment trancher entre une interrogation croissante sur les gains potentiels et les conséquences négatives d’une utilisation intensive ? Si les membres du projet Debian regardent en direction de Linus Torvalds, une proposition B ou D pourrait l’emporter : une vision pragmatique et responsabilisée des contributions.

Téléphonie mobile : le plan de l’Arcep pour éviter une cacophonie des fréquences dès 2030

27 juillet 2026 à 07:19
New new deal
Téléphonie mobile : le plan de l’Arcep pour éviter une cacophonie des fréquences dès 2030

Entre 2030 et 2035, toutes les autorisations des opérateurs de téléphonie mobile vont arriver à échéance. Les dates diffèrent selon les bandes de fréquences et les opérateurs, avec parfois plusieurs années d’écart. L’Arcep anticipe et propose une uniformisation à 2035… en ajoutant au passage des obligations aux opérateurs.

La téléphonie mobile est largement installée dans notre quotidien et personne n’est surpris de téléphoner dans une voiture ou un train, de télécharger à plusieurs centaines de Mb/s des données, etc. Les évolutions se sont faites par vagues avec les générations « G » : 2G, 3G, 4G, 5G et 6G en préparation.

7 bandes de fréquences, 4 opérateurs, des dizaines d’autorisations

Dans tous les cas, ces technologies utilisent des bandes de fréquences pour communiquer : 700, 800, 900, 1 800, 2 100, 2 600 et 3 500 MHz sont actuellement exploitées par les quatre opérateurs : Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR… qui est en train de se faire racheter par les trois autres.

L’Agence nationale des fréquences (ANFR, en charge de la gestion des fréquences) rappelle que cette « ressource rare et stratégique, utilisée pour toutes les communications sans fil, appartient au domaine public de l’État ». Pour en avoir un usage exclusif, les opérateurs payent à prix d’or des redevances (parfois aux enchères) pour obtenir des licences d’utilisation, qui sont limitées dans le temps.

Les premières autorisations remontent aux années 90, à SFR et France Télécom à l’époque. Bouygues Telecom a eu sa première autorisation fin 1994, puis Free Mobile en 2010. Des prolongations ont été mises en place (ou de nouvelles procédures), d’autres fréquences attribuées. La durée de vie des licences est généralement de 15 à 20 ans. Après cela, les opérateurs n’ont plus le droit d’utiliser les fréquences.

Dans l’annexe de ce document, l’Arcep liste les décisions (avec leur date et éventuellement celle des modifications) des fréquences de chaque opérateur. Les attributions sont différentes, et donc les échéances également. Maintenant que la fin se rapproche, comment gérer cette situation ? L’Arcep a lancé une nouvelle consultation publique. La période est large : entre 2030 et 2035 selon les fréquences et les opérateurs (tous ne sont pas alignés).

De début 2030 (900 et 2 100 MHz) à fin 2035 (700 MHz)


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☕️ Chrome est disponible sur les plateformes Arm64 Linux

27 juillet 2026 à 07:16


L’information peut étonner : Chromium n’est-il pas déjà présent sur les systèmes Linux et l’architecture Arm64 ? Si, mais Chrome ne l’était pas. En mars, Google avait promis que son navigateur serait porté vers cette architecture durant le deuxième trimestre. La société est en retard, mais le navigateur est effectivement disponible, même s’il faut « ruser » pour l’obtenir.

Des builds Arm64 ont été ajoutées récemment aux dépôts officiels, comme le relève OMGUbuntu. Depuis un appareil Arm64, la page de téléchargement renvoie vers un installeur AMD64, mais il suffit de modifier le lien en remplaçant amd64 par arm64 pour récupérer la version stable pour l’architecture souhaitée. On peut également récupérer le paquet DEB correspondant via Apt sur Ubuntu, la commande ajoutant au passage le dépôt Google pour assurer les mises à jour. Nos confrères n’ont pas testé d’autres systèmes ni la version RPM.

Source : OMGUbuntu

Quel intérêt alors d’installer Chrome si Chromium et d’autres – comme Vivaldi – existent déjà ? Parce qu’on peut vouloir Chrome pour la synchronisation du compte Google (extensions, marque-pages, mots de passe…).

Autre raison : le support DRM Widevine intégré nativement. Jusqu’à présent, faire fonctionner Widevine sur Arm Linux hors ChromeOS nécessitait d’extraire le binaire aarch64 d’une image ChromeOS via des scripts tiers. Une gageure. Le module Widevine reste de type « Software Secure », ce qui plafonne Netflix et les autres services à 720p/1080p au lieu de la 4K ou du HDR, faute de chaine TEE (Trusted Execution Environment) valide. « C’est agaçant, mais c’est la même situation sur Intel/AMD », indique OMGUbuntu.

Sur un Raspberry Pi 5 sous Ubuntu 26.04, le décodage vidéo matériel était inactif pendant les tests, ce qui limite les performances sur les flux haute définition, toujours selon nos confrères. BBC iPlayer en réglage maximal tournait sans accroc, contrairement au Firefox Snap Arm64 d’Ubuntu qui saccade davantage. YouTube en 4K montrait des saccades et frames perdues, probablement à cause du matériel plutôt que de Chrome, tandis que le 2K était parfaitement fluide.

☕️ Claude Opus 5 veut faire presque aussi bien que Fable, pour moitié moins cher

27 juillet 2026 à 06:32


Le temps où les modèles Opus étaient les plus puissants du catalogue d’Anthropic est terminé. Ce rôle est désormais dévolu à Fable et Mythos, mais le labo IA n’en a pas moins oublié son ancienne famille haut de gamme. Le lancement d’Opus 5 semble s’accompagner d’une prise de conscience de l’entreprise : les clients ont besoin de modèles certes costauds, mais aussi et surtout au bon rapport performances/prix.

Un des premiers arguments d’Anthropic porte ainsi sur les tarifs. Opus 5 se situe presque au niveau de Fable 5 pour certaines tâches, tout en étant facturé moitié moins cher. Les prix sont de 5 dollars par million de jetons en entrée, pour 25 dollars en sortie, soit la même chose qu’Opus 4.8. Fable 5, qui n’est accessible via l’API et des crédits d’utilisation, revient respectivement à 10 et 50 dollars.

Le labo insiste d’ailleurs lourdement sur le coût nécessaire pour réaliser une tâche, pas uniquement sur les résultats bruts des benchmarks. Sur CursorBench 3.1, au niveau d’effort maximal, les performances d’Opus 5 se placent à moins de 0,5 % du meilleur score de Fable 5 pour un coût par tâche deux fois moins élevé, selon le test réalisé par l’entreprise.

Le modèle obtient de meilleurs résultats que tous les autres avec les niveaux d’effort high, xhigh et max. Anthropic affirme qu’Opus 5 atteint l’état de l’art en matière de performances, ce qu’il faudra vérifier de manière indépendante.

En plus d’amélioration significatives sur les tâches liées à la recherche scientifique par rapport à Opus 4.8, ce nouveau modèle sait aussi générer des visuels « nettement plus convaincants » (chacun jugera) :

Opus 5 semble surtout progresser dans sa capacité à vérifier son propre travail, à corriger ses premières tentatives et à construire les outils qui lui manquent pour arriver au bout d’une tâche. En termes de cybersécurité, le modèle est présenté comme moins dangereux que Mythos 5 ; il serait presque aussi performant pour repérer des vulnérabilités, mais nettement moins efficace pour fabriquer les moyens de les exploiter.

Le rachat de Warner par Paramount repoussé à 2027

27 juillet 2026 à 05:46
Une « victoire » à 7 millions de dollars par jour
Le rachat de Warner par Paramount repoussé à 2027

On pensait que l’affaire était dans le sac pour Paramount Skydance, après le feu vert des autorités américaines de la concurrence, suivi par l’aval de la Commission européenne la semaine dernière. Et bien non : l’opération d’acquisition du groupe Warner Bros. Discovery attendra maintenant juin 2027. Ce retard de plusieurs mois sur la date prévue va enchérir le coût de la transaction.

L’abandon du projet de Netflix d’acquérir Warner Bros. Discovery fin février devait ouvrir une voie royale au groupe Paramount Skydance pour s’offrir un des plus beaux joyaux de Hollywood pour la modique somme de 111 milliards de dollars. Depuis, le processus suivait rondement son cours : le ministère de la Justice a donné son aval le 12 juin, en affirmant que l’acquisition n’était « probablement pas susceptible » de nuire à la concurrence ou aux consommateurs.

Le 22 juillet, c’était au tour de la Commission européenne de valider l’opération, après l’engagement de l’acheteur de mettre un terme à la coentreprise United International Pictures en Europe. Paramount Skydance s’est également engagée à ne conclure aucun accord de distribution de films avec Universal pendant dix ans sur le vieux continent et à ne pas confier la distribution en salles des films Warner à son propre distributeur.

Feu rouge pour la méga-fusion

Le caillou dans la chaussure est venu d’une coalition de douze États américains, emmenés par la Californie, qui a obtenu une ordonnance temporaire qui bloque la finalisation de la fusion pendant 28 jours, dans l’attente de l’examen d’une demande d’injonction préliminaire. Pour ces États, l’opération réduit la concurrence sur les marchés de l’exploitation cinématographique et de la télévision par câble.

Un accord entre les deux parties a débouché sur le report de l’opération, programmée pour le 30 septembre. Vendredi dernier, Paramount Skydance a pris l’engagement de ne pas finaliser l’opération « avant cinq jours après la tenue d’un procès » (aucune date n’a encore été décidée), ou avant le 1ᵉʳ juin 2027.

Contre toute attente, l’entreprise décrit ce report comme « une victoire importante ». Le résultat correspond en effet « exactement à ce que nous recherchions depuis le départ : une voie directe vers un procès fondé sur les éléments de preuve », selon un porte-parole de Paramount. Aller devant la justice est « le moyen le plus rapide et le plus clair de démontrer que cette opération est favorable à la concurrence, aux consommateurs et aux créateurs ».

Le groupe en est certain : « Les définitions de marché retenues par les plaignants n’ont aucun rapport avec les réalités du marché actuel et ne résisteront pas à l’examen [lors du procès] ». Un procès qui va coûter très cher à Paramount, qui devra verser environ 7 millions de dollars chaque jour en indemnités aux actionnaires de Warner Bros. Discovery après le 30 septembre…

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