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Microsoft fusionne ses applications Copilot en une seule « app à tout faire »

25 septembre 2026 à 15:57
Allez, on recommence tout
Microsoft fusionne ses applications Copilot en une seule « app à tout faire »

Sans doute lassée des quolibets, Microsoft a choisi de rassembler toutes ses applications Copilot en une seule, à l’exception de GitHub Copilot. L’éditeur ambitionne désormais de répondre à toutes les demandes depuis une interface unique, avec plusieurs onglets et un choix de modèle piloté selon les besoins.

Comme on pouvait le craindre, l’explosion de l’intelligence artificielle générative n’a pas été maitrisée par tout le monde. Chez Microsoft, les fonctions dopées à l’IA ont envahi tous les produits, au point de provoquer une saturation rapide, ainsi que des hausses de prix, notamment dans Microsoft 365. Au point que l’éditeur fait maintenant machine arrière. À travers son initiative K2 pour Windows 11, ces fonctions sont en recul, tantôt supprimées tantôt désactivées par défaut.

L’un des facteurs qui a mené Microsoft « à sa perte » semble être la multiplication des applications. Le nom « Copilot » est presque devenu un sujet de moquerie, tant les applications se sont multipliées, là où Google n’a par exemple qu’un Gemini, dont les fonctions plongent dans d’autres produits. Le public s’est également habitué à ChatGPT et Claude, avec leur interface unique.

Outre les travaux actuels dans Windows et les applications de l’éditeur, le repositionnement de Copilot se révèle par d’autres émanations. La presse américaine note par exemple que l’étiquette Copilot+ disparait peu à peu des produits qui pouvaient y prétendre. Les caractéristiques techniques minimales sont toujours là, mais l’appellation semble avoir fait son temps, comme l’a confirmé un responsable de Microsoft à Windows Central. Les produits Surface récemment lancés n’ont d’ailleurs pas l’étiquette. On pourrait également relever les nouvelles possibilités de réaffectation dans Windows 11 pour la touche Copilot sur les claviers équipés.

Et voilà que Microsoft annonce désormais une refonte complète de son application centrale Copilot, avec l’idée d’en faire désormais une « super app ».

Tout au même endroit

Le changement le plus important est le même que chez OpenAI ou Anthropic : avoir tout au même endroit. Microsoft restructure donc son application en trois parties.

Home devient le nouveau point d’entrée, en réunissant Chat et Cowork. Dans cette partie, on trouve aussi Office. Pas des visionneuses, mais bien la suite bureautique au grand complet, tout du moins Word, Excel et PowerPoint. Vient ensuite Code, pour lancer des projets de développement comme on le ferait avec le Code de ChatGPT ou celui de Claude. À la différence que Microsoft met l’accent sur le choix du modèle. La dernière partie est Autopilot, qui permet de créer de gérer un agent persistant pour continuer de travailler de manière autonome sur les tâches confiées par l’utilisateur. Pour les personnes qui avaient suivi la conférence Build en juin dernier, Autopilot est simplement le nom officiel du projet Scout.

L’application a l’ambition de servir tous les besoins ou presque. Home est clairement orientée vers le travail quotidien, tandis que Code vise plus spécifiquement les non-développeurs, avec la promesse vendue de pouvoir réaliser rapidement les projets qu’ils pourraient avoir en tête. Microsoft précise que rien ne change pour les développeurs : GitHub Copilot est toujours là (il sert également de fondation à Code). Pour l’éditeur, les avantages de cette approche sont évidents : une personne peut décrire une application, un tableau de bord ou n’importe quelle forme d’automatisation, le résultat tirant partie des données liées au compte.

Dans le cadre d’une utilisation en entreprise, l’ensemble doit rester dans un contexte professionnel via Microsoft IQ. Microsoft joue bien sûr la carte de l’écosystème : Fabric IQ apporte du contexte à partir des données présentes dans Copilot (dont les modèles sémantiques de Power BI), un ancrage est prévu dans les données et flux de Dynamics 365 et Power Platform, etc.

Même si Microsoft possède ses propres modèles (et s’en sert notamment pour son infrastructure de recherche de failles Perception), l’éditeur semble vouloir devenir surtout le pourvoyeur d’une solution « pratique », où l’on peut tout faire au même endroit. Dans un tweet publié ce 25 septembre, Satya Nadella indique ainsi : « Nous construisons Copilot comme un nouveau système d’exploitation pour le travail qui englobe chaque modèle, chaque format, et chaque tâche ».

Une tarification en deux parties

Côté tarification, l’entreprise adopte une approche double, dans laquelle l’IA du quotidien reste à un prix fixe par utilisateur, tandis que l’IA agentique fonctionne sur des crédits Copilot. La licence fixe est simplement la licence Microsoft 365 Copilot actuelle, qui couvre Word, Excel, PowerPoint, Outlook et Teams pour 30 dollars par utilisateur et par mois. Elle fonctionne par défaut sur un mode « Auto » censé choisir le modèle le plus adapté selon la requête. GPT-5.6 et Sonnet 5 sont présents, mais pas encore Astra ni le récent Opus 5.5.

Si cette licence est un prérequis, les crédits Copilot servent à alimenter tout ce qui touche à l’agentique. Il s’agit donc d’une facturation à l’utilisation, avec un poids plus ou moins important selon les tâches confiées à Copilot et le modèle utilisé. Dans tous les cas, les usages sont paramétrables par l’équipe d’administration.

Un pirate de jeux Switch devra verser 4,5 millions de dollars à Nintendo

25 septembre 2026 à 15:30
Le SAV fatal
Un pirate de jeux Switch devra verser 4,5 millions de dollars à Nintendo

Nintendo of America a remporté la partie contre un pirate, que la branche US du constructeur japonais accusait de vendre des copies illicites de jeux pour Switch. L’entreprise empoche 4,5 millions de dollars, dans une victoire facile puisque l’accusé n’a pas répondu à la plainte.

Malgré la Switch 2, Nintendo continue de vendre les modèles première génération de la Switch (la commercialisation en Europe cessera en février prochain). Avec plus de 155 millions d’unités écoulées depuis 2017, ces consoles représentent un énorme vivier de joueurs (et donc de clients). Pas question de les abandonner à leur triste sort : des jeux continuent de sortir pour les Switch 1, y compris chez Nintendo.

Une victoire par défaut contre « Archbox »

C’est pourquoi, plus que jamais, l’entreprise lutte de toutes ses forces contre le piratage, d’autant que les méthodes pour « craquer » une Switch 1 sont relativement simples à obtenir, si on sait où chercher. En juin 2024, Nintendo of America (NoA) portait plainte contre James Williams, un Américain résidant en Arizona.

Il était accusé d’enfreindre la propriété intellectuelle de l’entreprise, de promouvoir des boutiques pirates, de contourner les mesures techniques de protection des jeux et de diffuser des outils de contournement, de ne pas respecter les contrats de licence de Nintendo et d’encourager des utilisateurs à enfreindre ces mêmes contrats.

« Archbox », comme il se faisait appeler en ligne, distribuait des « milliers de copies » de jeux Switch piratés au travers de plusieurs échoppes. James Williams était supposément modérateur sur un subreddit spécialisé dans le piratage de jeux. La juge Lauren King en charge du dossier a rendu l’ordonnance finale ce 23 septembre : l’accusé n’ayant pas comparu pour se défendre, le tribunal a donc rendu un jugement par défaut, sans audience publique, qui donne entièrement raison à NoA (PDF).

James Williams est donc condamné à verser 4,5 millions de dollars à l’entreprise, soit 150 000 dollars pour chacun des 30 jeux retenus dans la plainte. Il doit aussi fermer immédiatement toutes les boutiques en ligne sur lesquelles il a distribué des jeux piratés, désactiver les comptes de réseaux sociaux utilisés pour promouvoir cette activité, cesser d’aider ou d’encourager des utilisateurs à télécharger des jeux piratés, et bien sûr cesser de copier, distribuer et faire la promotion de jeux non autorisés.

Retrouvé grâce au SAV de Nintendo

Nintendo avait repéré James Williams d’une manière originale. Des documents ajoutés par Nintendo au dossier d’accusation, révélés en 2024 par Game File, lèvent un coin du voile sur les méthodes du cabinet d’avocats mandaté par NoA l’année précédente pour enquêter sur les boutiques pirates.

Les enquêteurs ont fini par repérer le petit business d’Archbox sur Reddit. Ils ont pu établir, via des messages sur les forums de la plateforme, qu’il résidait dans l’Arizona. Restait à découvrir le véritable nom et l’adresse derrière le pseudo. En février 2024, Nintendo a pu identifier Archbox comme étant James Williams. En croisant deux adresses courriel avec sa base de données, l’entreprise a retrouvé des demandes de réparation effectuées à ce nom ainsi qu’une adresse postale à Surprise, en Arizona, confirmant ainsi l’identité et la localisation du pirate.

Après avoir réparé un de ces appareils (l’histoire ne dit pas s’il s’agit d’une Switch), Nintendo a envoyé à James Williams une lettre de mise en demeure. Ce dernier a alors répondu aux avocats de l’entreprise qu’il s’engageait à se conformer et à coopérer à toute demande ou requête relevant de son contrôle. Il niait en revanche avoir porté atteinte à la propriété intellectuelle de Nintendo. L’accusé a ensuite coupé toute communication avec le groupe, et il n’a pas présenté sa défense devant le tribunal dans les délais impartis.

La lutte contre le piratage de jeux Switch ne se limite pas aux États-Unis. Début septembre, Nintendo obtenait du tribunal de La Haye (Pays-Bas) l’interdiction pour un vendeur – non identifié – de commercialiser en Europe des MIG Switch Cards et MIG Switch Dumpers sur plusieurs sites web. Ces dispositifs permettent de copier des cartouches et de lancer des copies piratées de jeux sur la première Switch, sans bidouiller la console en elle-même.

☕️ L’académie Goncourt se positionne vite et maladroitement contre l’IA générative

25 septembre 2026 à 15:02


L’académie Goncourt a annoncé vendredi 25 septembre la suppression de C’était ça ou mourir, de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, de la liste des romans présélectionnés pour son célèbre prix, qui sera décerné le 4 novembre prochain.

« Ce choix est dicté par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt, celle de l’Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes », fait valoir l’académie dans un communiqué (PDF).

Le communiqué de l’académie Goncourt daté du 25 septembre 2026 – capture d’écran

La publication de ce communiqué intervient après plusieurs jours d’une tempête médiatique inédite dans le monde littéraire.

Lundi 21 septembre, un compte X anonyme « Balance ton Claude » qui ne compte qu’une centaine d’abonnés publie des captures d’écran d’une analyse réalisée au moyen d’un outil de détection d’IA générative, Pangram, sur le texte du roman de Thélyson Orélien, qui vient de recevoir le prix du roman Fnac.

Le compte affirme avoir testé 20 passages du roman, et que tous ressortent comme intégralement générés par IA selon Pangram. L’auteur, interrogé par Libération, dément tout recours à l’IA et son éditeur, Grasset, évoque selon Radio France une « campagne de haine ».

Entre le 22 et le 23 septembre, plusieurs internautes ayant entrepris d’éplucher l’œuvre de Thélyson Orélien font émerger de nouvelles accusations, de plagiat cette fois. Elles visent notamment sa nouvelle Où va le monde, récompensée en 2012 d’un prix décerné par le groupe audiovisuel public Radio-Canada, qui emprunte largement son texte à un extrait du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, paru en 1960.

Ces accusations sont vérifiées et confirmées par de nombreux médias, dont Radio Canada.

Jeudi 24 septembre, le Figaro révèle que le compte anonyme est administré par Samuel Fitoussi, lui-même chroniqueur au Figaro et relais de la première heure des accusations liées à l’utilisation potentielle d’une IA générative dans l’écriture de C’était ça ou mourir.

Et vendredi donc, l’académie Goncourt prend la parole, alors même que son président, Philippe Claudel, avait appelé à ne pas jeter l’opprobre sur l’auteur, et laissé entendre qu’une décision serait prise avant le 6 octobre, date à laquelle le jury doit publier sa liste resserrée.

Le court texte de l’académie Goncourt montre bien le caractère inconfortable de sa position. Il associe en effet deux accusations de nature totalement différente et s’appuie sur les faits avérés de plagiat pour justifier sa décision de sanctionner une faute qui reste, à ce stade, supposée. L’académie le reconnait implicitement quand elle écrit que le roman est « selon toute vraisemblance très largement » écrit à l’aide de l’IA.

S’ils revendiquent une fiabilité élevée, les concepteurs de Pangram admettent d’ailleurs qu’il subsiste une marge d’erreur : ils ne vendent pas une preuve définitive, mais une présomption.

La fin du texte de l’académie soulève de nouvelles questions. Elle indique en effet que sa décision doit être comprise comme « un message qui affirme que nous ne cautionnons ni n’adoubons d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA ». Faut-il comprendre que les textes postulant au Goncourt devront désormais systématiquement passer sous les fourches caudines d’une analyse assistée par intelligence artificielle ? Le cas échéant, à quel niveau d’assistance IA détecté dans l’écriture l’œuvre concernée sera-t-elle recalée ?

En attendant de voir si et comment les autres grands prix littéraires de la rentrée (Renaudot, Femina…) se positionnent, l’académie prévient commodément que, de son côté, le débat public est clos.

Polymarket attaquée par l’État de New York pour activité illégale de jeux d’argent

25 septembre 2026 à 14:26
Jeux de dupes
Polymarket attaquée par l’État de New York pour activité illégale de jeux d’argent

L’État de New York, gouverné par la démocrate Kathy Hochul, vient de déposer plainte contre Polymarket, l’accusant de violer ses lois contre les jeux d’argent. Une pierre dans le jardin de l’administration Trump qui se refuse à réguler fédéralement les plateformes qui se présentent comme des marchés prédictifs.

Polymarket est attaqué en justice par la gouverneure démocrate de l’État de New York, Kathy Hochul, et l’avocate générale du même État, Letitia James, « pour avoir exploité une activité de jeux d’argent illégale à New York par le biais de sa plateforme de marché prédictif ».

Des lois encadrant les paris contournées, selon l’État

Dans un communiqué commun, elles affirment que « le marché prédictif de Polymarket constitue une activité de jeux d’argent illégale et non agréée qui expose les New-Yorkais — y compris ceux qui n’ont pas encore atteint l’âge légal de 21 ans pour jouer — à de graves risques personnels et financiers ».

La plainte [PDF] rappelle que le groupe de Polymarket serait estimée à plus de 20 milliards de dollars et son chiffre d’affaires annuel dépasserait largement le milliard de dollars. Mais elle « chercherait à éviter les conséquences juridiques et financières de la réglementation stricte des jeux d’argent en vigueur à New York en proposant ce qui relève essentiellement du pari sous le couvert de « contrats d’événement » sur un « marché prédictif » ». Selon le document, Polymarket violerait ainsi de façon « flagrante la Constitution de l’État de New York, le code pénal et d’autres lois de cet État ».

« Nos lois sur les jeux d’argent ont pour but de protéger les New-Yorkais, de prévenir les risques liés à la dépendance au jeu et de garantir le financement de programmes éducatifs et d’intérêt général », indique Letitia James. « En contournant la législation new-yorkaise, Polymarket cible les personnes les plus vulnérables et prive les familles new-yorkaises de services et d’un soutien essentiels », insiste-t-elle.

Contre-plainte et mise en doute de la compétence de l’État par Polymarket

La réaction de l’entreprise ne s’est pas fait attendre. Quelques heures après, selon CNBC, Polymarket demandait le transfert de l’affaire d’un tribunal de l’État à un autre et a contre-attaqué en lançant une action civile contre Letitia James et la Commission des jeux de l’État de New York, considérant que les États n’ont pas le pouvoir de réglementer les marchés prédictifs.

« La présente action vise à prévenir un préjudice imminent et irréparable résultant de l’application, par l’État de New York, de ses lois sur les jeux d’argent à l’encontre des bourses de produits dérivés réglementées au niveau fédéral — une application que le Congrès a expressément interdite », détaille la contre-plainte de Polymarket.

Selon Reuters, l’entreprise considère dans sa plainte que la Commission fédérale des opérations à terme sur matières premières (Commodity Futures Trading Commission, CFTC) est seule compétente en matière de réglementation des marchés prédictifs. Le directeur juridique de Polymarket, Neal Kumar, a affirmé à l’agence de presse que l’entreprise avait tenté une conciliation avec les responsables de l’État, mais que « celles-ci avaient préféré faire la une des médias ».

Letitia James a aussi attaqué cet été Kalshi, l’autre plateforme de paris en ligne qui se présente comme un marché prédictif.

Opposition avec Trump

Ce faisant, l’État de New York se met en opposition frontale avec l’administration Trump qui a pris le parti de ne pas réguler ce genre de plateformes, même après la multiplication des critiques concernant les délits d’initiés qu’elles engendrent. Elle a tout juste accepté de s’appuyer sur l’IA pour les détecter. Rappelons qu’en janvier dernier Kalshi a annoncé avoir embauché le fils du dirigeant des États-Unis, Donald Trump Jr., en tant que conseiller stratégique. Le New York Times expliquait quelques jours après que celui-ci était aussi « à la fois investisseur et conseiller bénévole chez Polymarket ».

Cette nouvelle affaire ne va évidemment pas simplifier les affaires de ces plateformes en ligne qui ont profité de ces largesses et veulent maintenant convaincre d’autres pays et régions qu’elles ne sont pas des sites de paris. C’est le cas en Europe et notamment en France où l’accès au site de Polymarket a été bloqué cet été via une décision de L’Autorité nationale des jeux (ANJ).

☕️ Les avatars animés de Google veulent remplacer les chatbots textuels

25 septembre 2026 à 14:14


Les espaces de discussion intégrés aux sites web pour poser des questions à un bot sont pénibles, mais ils se limitent à du texte. Google, jamais en panne d’une idée pour emmerdifier le web, propose de franchir une nouvelle étape : les bots IA animés à qui on peut parler et qui voient tout.

Le lancement le 15 septembre de Gemini 3.8 Live a donné des idées à Google. Ce modèle IA spécialisé dans les interactions vocales peut désormais s’incarner dans des bots animés, baptisés Live Avatar. Cette « présence visuelle en temps réel » crée une « expérience qui écoute, voit et parle avec une persona visuelle dynamique », selon le moteur de recherche.

Personnages animés façon cartoon ou représentations photoréalistes d’humains synthétiques, les exemples donnés par l’entreprise frayent généreusement dans l’uncanny valley. Ces avatars bénéficient pourtant d’une « synchronisation labiale précise, d’expressions naturelles et d’une alternance fluide des prises de parole » mais rien à faire, il y a quelque chose qui ne va pas. Ils comprennent la parole, mais ils peuvent aussi voir ce qui se passe dans l’environnement de l’utilisateur.

Ces personnages ne se contentent pas de faire la causette. Les avatars peuvent exécuter des tâches en arrière-plan sans interrompre la conversation en cours, et collecter des données pour répondre correctement à une requête. Dans une démonstration, l’un d’eux procède ainsi à l’enregistrement d’un client dans un hôtel tout en continuant à échanger avec lui. Il est même possible de les interrompre, ils ne s’offusqueront pas.

L’idée de parler à ces avatars fait presque froid dans le dos, mais il va falloir s’y habituer. À en croire Google, on pourrait les retrouver au guichet de services clients en ligne, de réceptions virtuelles d’hôtels ou comme guides interactifs. Et ce, partout dans le monde : les Live Avatars parlent 97 langues.

Google propose cette nouveauté aux entreprises et aux organisations (via Gemini Enterprise). Elles pourront piocher dans une bibliothèque d’avatars tout faits, ou personnaliser leur propre personnage. La production vidéo et audio générée par cette fonction est marquée par SynthID.

☕️ Le gestionnaire de tâches TMOG s’élance sur Windows et Linux

25 septembre 2026 à 13:21


En août, nous relevions la sortie d’un drôle d’oiseau : TMOG. Ce gestionnaire de tâches, semblable à ce que l’on peut trouver dans Windows 11, a été développé par Dave Plummer, ancien ingénieur chez Microsoft qui a notamment travaillé sur Windows NT 4.0. Surtout, il est l’auteur du premier gestionnaire des tâches il y a 30 ans.

La première version de son outil était dédiée à macOS. Dave Plummer estimait en effet que le moniteur d’activité du système d’Apple n’était pas digne de la plateforme. Il évoquait alors un code totalement natif, partant d’un cœur en C++ pour effectuer les mesures et d’un enrobage fait de Swift et AppKit. Dans notre prise en main, nous notions la grande fluidité de l’ensemble. Des versions Windows et Linux étaient également prévues.

Elles viennent d’être lancées, respectivement les 23 et 24 septembre. L’orientation générale de l’application n’a pas changé. Le cœur C++ reste le même, mais les technologies changent selon la plateforme utilisée, toujours dans l’idée : Win32 et Direct2D sur Windows, Qt6 sur Linux.

TMOG pour Windows

Contrairement à la bêta de l’application disponible cet été, il s’agit désormais d’une mouture 1.0.0 finale avec plusieurs traductions, dont le français. Sur les trois plateformes, l’interface est soignée et particulièrement réactive.

Trop peut-être, l’auteur ayant choisi de montrer les capacités de son application avec une fréquence de rafraîchissement élevée par défaut dans les mesures et leur rendu. TMOG peut donner une petite impression de « sapin de Noël » au premier abord, mais les options permettent de modifier finement les délais de mesures et rafraichissements. Ce point n’est pas anodin, un gestionnaire des tâches prélevant des ressources pour son fonctionnement.

TMOG pour Linux

Les fonctions proposées sont à peu près les mêmes sur les trois plateformes. Pour rappel, l’application propose plusieurs thèmes pour personnaliser les couleurs, ainsi qu’une jauge de saturation. Avec cette version 1.0, on note l’arrivée d’un « enregistreur de vol », qui permet d’enregistrer l’activité de la machine pendant un temps prédéfini. Cette fonction est cependant réservée à la licence Pro.

Dans sa forme gratuite en effet, TMOG fournit globalement les mêmes fonctions que pendant la bêta. Mais dans la colonne latérale, on trouve maintenant une section « PRO » avec plusieurs nouveaux onglets : Puissance et fréquence, Enregistreur de vol, Connexions, Apps installées, Pilotes, Espace disque et Benchmarks. La licence Pro est vendue 39,95 dollars « à vie », donc sans abonnement. Les versions gratuites peuvent être téléchargées depuis le site officiel.

☕️ Ubuntu 26.10 : du retard pour la bêta et un « snapping » à la Windows 11

25 septembre 2026 à 12:59


La bêta publique d’Ubuntu 26.10, alias Stonking Stingray, devait arriver le 24 septembre. Elle a finalement été reportée au 1ᵉʳ octobre, comme l’indique le développeur Matthieu Clemenceau de Canonical : « En raison de problèmes d’infrastructure imprévus, la bêta Ubuntu 26.10 Stonking Stingray sera retardée d’une semaine et est désormais prévue pour le 1er octobre ».

Les personnes intéressées par la nouvelle version de la distribution devront donc prendre encore un peu leur mal en patience, à moins de passer par les versions intérimaires de développement (snapshots), un peu plus « brutes ». Étonnamment, Matthieu Clemenceau indique que la date de la sortie finale ne change pas et reste fixée au 15 octobre. Ce qui signifie à peine deux semaines pour tester les nouveautés d’Ubuntu 26.10.

Or, ces nouveautés sont nombreuses, avec des implications techniques parfois importantes. Canonical a par exemple décidé très récemment de lâcher le noyau Linux 7.2 au profit de la version 7.3, qui n’est pas encore finalisée. Outre l’utilisation de GNOME 51 (qui, lui, est finalisé), Stonking Stingray boucle aussi le passage à Rust pour ses Coreutils. On se souvient qu’Ubuntu 25.10 avait introduit les premiers outils en Rust il y a un an, en commençant par sudo-rs. La transition s’achèvera ainsi avec les outils cp, mv et rm.

Nos confrères d’OMGUbuntu ont également découvert un ajout de dernière minute dans les fonctions liées à l’interface : l’outil de « tiling » affiche une zone de dépôt quand on accroche une fenêtre et qu’on la déplace. Cette zone s’affiche en haut de l’écran et propose plusieurs modèles.

Cet outil, largement repris de Windows 11, permet d’organiser rapidement plusieurs fenêtres selon des dispositions déjà établies. Si on lâche par exemple une fenêtre dans la grille composée de quatre éléments disposés en carré, Ubuntu propose automatiquement de compléter la formation en choisissant des fenêtres supplémentaires.

Ce fonctionnement vient compléter celui existant depuis 2023 et qui ne disparait pas pour autant : on peut déplacer une fenêtre vers un bord ou un coin de l’écran pour lui faire adopter rapidement la forme voulue. Un fonctionnement là aussi popularisé par Windows et repris depuis dans d’autres systèmes, notamment macOS.

Nos confrères notent cependant qu’il y a pour l’instant un grand absent : contrairement à Windows 11, Ubuntu 26.10 n’a pas encore de réglage permettant de désactiver la zone de dépôt en haut de l’écran. On peut s’attendre à ce qu’une telle option apparaisse, car son affichage obligatoire pourrait faire grincer quelques dents. OMGUbuntu observe quand même que l’on peut accéder à cette option, à condition de passer par un outil tiers comme Extensions Manager. Le site regrette également que les dispositions proposées se contentent de deux colonnes.

WikiMasters, le jeu qui voulait changer Wikipédia en cartes à collectionner

25 septembre 2026 à 11:23
Cherche échange sarrasin commun contre loutre d'Europe
WikiMasters, le jeu qui voulait changer Wikipédia en cartes à collectionner

Lancé au printemps, le jeu WikiMasters a déclenché un phénomène viral sur le web francophone, jusqu’à attirer 215 000 utilisateurs quotidiens selon son créateur. Son principe, associé à des options payantes, est d’une efficacité redoutable : il transforme les fiches Wikipédia en cartes à collectionner, que les joueurs peuvent échanger, vendre ou utiliser pour s’affronter sur des QCM de culture générale.

J’hésite encore entre collectionner les villages de la Manche, les représentants de la dynastie des Capétiens, ou les entrées du tableau périodique des éléments. Les premiers sont sans doute plus faciles à acheter aux enchères que les dernières, mais bon, je ne suis pas breton normand… Voilà le genre de dilemme cornélien auquel sont confrontés les joueurs de WikiMasters, le nouveau jeu de cartes à collectionner qui fait l’objet d’une diffusion virale assez exceptionnelle depuis quelques jours sur le web francophone.

L’éclectisme des cartes reflète la richesse de Wikipédia – capture d’écran Next

Un booster de cartes toutes les dix minutes

Le principe ? WikiMasters fait de chaque fiche de la Wikipédia francophone une carte à collectionner. Chaque carte dispose de valeurs d’attaque et de défense ainsi que d’un indice de rareté, déterminés à partir des statistiques de l’article Wikipédia correspondant : plus la fiche source est consultée, et plus sa valeur virtuelle augmente. Un obscur diplomate polonais devient une carte commune, tandis que la Lune, AC/DC ou Un indien dans la ville deviennent des cartes légendaires.

La rareté d’une carte dépend de la popularité de l’article dont elle découle – capture d’écran Next

Pour alimenter sa collection, le joueur dispose d’un booster de cinq cartes offert toutes les dix minutes, avec la possibilité d’empiler jusqu’à dix paquets en cas d’absence. Les cartes peuvent ensuite être mises à profit pour créer des « vitrines », illustrant par exemple une collection thématique.

Elles peuvent aussi, et surtout, être échangées, défaussées ou vendues aux enchères, grâce à une monnaie virtuelle, le « wikibidou ». La plateforme propose enfin un système de guildes et une mécanique de bataille, qui permet d’affronter un autre joueur sur la base de questions (QCM) élaborées à partir du contenu de la fiche Wikipédia associée à la carte mise en jeu.

Lancé en mars dernier, WikiMasters a vécu dans un anonymat relatif jusqu’à ce que sa viralité explose, notamment grâce à plusieurs sessions de jeu diffusées en direct par des streamers populaires à l’occasion du ZEvent, le célèbre marathon caritatif diffusé sur Twitch début septembre. Depuis, les nouveaux adeptes affluent, ce qui ne va pas sans provoquer quelques ralentissements au niveau de l’hébergement du jeu.

« On a atteint environ 215 000 utilisateurs actifs par jour dans la dernière semaine, nous confie Naïm Ouellet, le développeur québécois à l’origine de WikiMasters, qui entend bien surfer sur la vague de cette popularité grandissante. En ce moment on galère à tout mettre à l’échelle, mais une fois le jeu stable, on compte bien développer une appli native et traduire le jeu dans plusieurs langues. » En attendant, le site souffre encore de quelques lacunes, à commencer par l’absence de mentions légales.

Une mécanique économique déjà bien rodée

Animée pour l’instant par deux développeurs, l’équipe en charge du projet semble néanmoins partie pour se développer. Sur LinkedIn, Naïm Ouellet indique recruter jusqu’à quatre personnes, deux développeurs, un chargé de projet et un gestionnaire de communauté, ce qui atteste que l’activité dégage un chiffre d’affaires prometteur.

WikiMasters dispose en effet d’un modèle économique. L’inscription et l’accès au jeu sont gratuits, mais le site propose un abonnement Pro facturé 9,99 dollars canadiens (environ 6,5 euros) par mois, qui permet d’augmenter la fréquence d’apparition de nouveaux boosters, la rareté des cartes piochées, ainsi que le nombre de batailles ou d’enchères possibles par jour. Il offre également l’accès à un historique des ventes de cartes sur le marché, et des statistiques supplémentaires sur la rareté des cartes. En parallèle, le jeu propose également à la vente sa monnaie virtuelle, à hauteur de 4,99 dollars canadiens les 2 500 WikiBidous.

Le jeu est gratuit, mais un abonnement permet d’accélérer l’obtention de cartes – capture d’écran Next

Les mécaniques commerciales n’ont rien d’inédit : elles sont typiques de la logique des loot boxes (coffres à butin) que connaissent bien les amateurs de jeu free-to-play, et notamment de cartes à collectionner, dans la droite ligne des jeux gacha venus du Japon.

WikiMasters n’est d’ailleurs pas le premier à exploiter le filon. Il existe un précédent, justement baptisé Wikigacha, qui semble avoir été lancé quelques semaines plus tôt, en février 2026. Et il ne sera probablement pas le dernier : un certain Wiki-pick vient ainsi de faire son apparition, avec une promesse très proche (pour ne pas dire identique) et un nom de domaine enregistré le 12 septembre dernier.

Pour alimenter leurs services, tous ces jeux exploitent les API (interfaces de programmation) mises à disposition par Wikipédia afin de faciliter la circulation du savoir. Chez WikiMasters, on affiche un éventail de quelque 2,7 millions de fiches, régulièrement actualisé pour générer de nouveaux drops de cartes. Une carte qui était commune en août peut ainsi devenir légendaire en septembre, si la fiche associée a connu un pic de trafic, en raison par exemple de l’actualité.

Circulation ou marchandisation du savoir ?

Le site semble à première vue respecter les conditions d’utilisation, ou plutôt de réutilisation, fixées par Wikipédia. L’encyclopédie diffuse pour mémoire ses contenus sous licence CC-BY-SA, qui autorise le partage à l’identique avec attribution. Les cartes WikiMaster n’affichent qu’un extrait du texte de la fiche concernée, proposent un lien direct, et mentionnent systématiquement la licence. Les puristes noteront peut-être que les visuels et photos sont quant à eux affichés sans mention directe de la licence associée (parfois plus spécifique que la licence globalement appliquée aux textes).

Wikipédia tient à jour une liste des jeux qui exploitent son contenu, parmi lesquels quelques incontournables, comme Pédantix, Wikitrivia ou Factle, qui sont développés par des contributeurs dans un esprit de valorisation du savoir et sans logique marchande.

Quid de Wikimasters (ajouté le 2 septembre dernier sur la page en question) ? « Sur le principe, on est ouvert à toutes les formes de réutilisations des contenus des projets Wikimedia, c’est ce que permet la licence. Cela permet effectivement d’accroître la diffusion du savoir », nous répond l’association Wikimédia France, qui indique toutefois n’avoir pas encore étudié spécifiquement ce cas et les nouvelles questions qu’il soulève en matière de respect précis de la licence.

Dans le Discord communautaire du Wikipédia francophone, on observe que la contagion a déjà gagné certains contributeurs de l’encyclopédie, avec pour certains une quête un peu particulière : mettre la main sur la carte des articles qu’ils ont eux-mêmes rédigés.

En toute objectivité, la meilleure carte du jeu – capture d’écran Next

La 2G s’éteint dans trois mois… mais il y a encore 1,7 million de cartes SIM actives

25 septembre 2026 à 10:02
« La 2G m’a tuer », signé le Nokia 3310
La 2G s’éteint dans trois mois… mais il y a encore 1,7 million de cartes SIM actives

Fin juin 2026, plus d’un million de cartes SIM 2G étaient encore actives dans des smartphones et des tablettes 2G compatibles 2G seulement. Il y en avait aussi plus de 600 000 pour des communications Machine to Machine. Problème, dans trois mois la 2G sera définitivement éteinte. Il faut aussi préparer la fin de la 3G pour 2028/2029.

C’est acté depuis bien longtemps : la 2G tire sa révérence en France cette année. Orange a fermé ses premiers sites en mars dans le Sud-Ouest et a continué avec les départements 64, 47, 46, 32, 65, 31, 82 et 09.

En 2026, la 2G sera définitivement éteinte

Place maintenant à la généralisation sur l’ensemble du territoire avec une extinction totale fin 2026 chez Orange. Les autres opérateurs suivent quasiment le même calendrier.

SFR a prévu d’arrêter sa 2G le 15 novembre 2026, et c’est aussi à cette date que Bouygues Telecom débutera par Brest, Guipavas, Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, avant de généraliser en décembre. Free n’a, pour rappel, pas de réseau 2G en propre et passe par un contrat d’itinérance avec Orange.

Bref, fin 2026 – c’est-à-dire dans à peine trois mois –, la 2G ne sera plus qu’un souvenir chez les quatre opérateurs nationaux. Mais qu’en est-il chez les utilisateurs ?

Plus d’un million de cartes SIM 2G encore en circulation

Depuis plusieurs trimestres, l’Arcep tient à jour un observatoire des cartes SIM utilisées dans les terminaux compatibles uniquement avec la 2G et la 3G. Fin juin 2026, elles étaient encore 1,91 million dans des terminaux pour les particuliers.

1,06 million de cartes SIM sont dans des téléphones mobiles et des tablettes uniquement compatibles avec la 2G ; elles seront donc inutilisables fin 2026 chez l’ensemble des opérateurs. Un an auparavant, il y avait 1,63 million de cartes SIM en circulation.

Depuis trois trimestres, le rythme est aux alentours de 150 000 à 200 000 cartes SIM 2G en moins. La baisse entre juin et septembre 2025 était moins importante avec 60 000 cartes seulement. Avec le rythme moyen des trois derniers trimestres (56 000 SIM par mois), il faudrait encore un an et demi pour éradiquer les dernières cartes… alors qu’il ne reste que trois mois pour les plus chanceux.

En 2028 et 2029, ce sera au tour de la 3G

Qu’en est-il de la 3G ? Son extinction est aussi programmée : 2028 chez Orange (et même chose pour Free Mobile), fin 2028 pour SFR et fin 2029 pour Bouygues Telecom qui devrait donc la maintenir un an de plus que ses concurrents.

Le parc des terminaux compatibles avec la 3G et la 2G uniquement est encore de 0,85 million à fin juin 2026, contre 1,07 million un an auparavant, toujours uniquement pour les smartphones et tablettes du grand public.

Là encore les baisses restent relativement régulières depuis trois trimestres avec 67 000 terminaux de moins par trimestre, soit 22 000 environ par mois. Avec encore 0,85 million en circulation, cela donnerait un peu plus de trois ans pour arriver à 0 au rythme actuel. Problème, la 3G sera arrêtée avant chez Orange, Free et SFR, seul Bouygues Telecom devrait encore avoir de la 3G, du moins selon les prévisions actuelles.

L’autre versant de la fin de la 2G et 3G : le Machine to Machine

On ne parle ici que des cartes SIM pour les appels, voix et Internet dans les tablettes et les smartphones, mais il y a aussi le M2M (Machine to Machine). Attention, l’Arcep précise que cela ne concerne pas les « cartes SIM montées par les constructeurs automobiles dans les véhicules ».

Fin juin, il restait encore 620 000 cartes SIM 2G en circulation et 1,39 million de cartes SIM 2G/3G. On retrouve des cartes M2M dans de nombreuses industries : alarmes, téléassistance, transport, services de l’eau, ascenseurs… Pour ces derniers, un décret a été publié en mars pour « garantir la sécurité des ascenseurs », avec notamment un contrôle technique renforcé.

Migrations forcées et parfois couteuses

Au total, cela fait donc 1,7 million de cartes SIM encore en circulation à fin juin 2026, si on prend celles du grand public et du M2M. Pour le grand public, cela passe par l’achat d’un nouveau téléphone mobile. Pour les équipements M2M, par le changement (souvent coûteux) du modem au moins. Il existe parfois des solutions intermédiaires avec des « kits de migration », mais encore faut-il qu’il en existe pour votre matériel.

Et ne comptez pas trouver des adaptateurs 4G/5G vers 3G en France. Les fréquences sont attribuées aux opérateurs qui ont payé cher pour en avoir un usage exclusif. Les fréquences libérées avec l’arrêt de la 2G sont d’ailleurs réutilisées pour augmenter la bande passante d’autres technologies de téléphonie mobile.

Plus de 200 prépublications en 2026 : un chercheur utilisant l’IA désespère ses collègues

25 septembre 2026 à 09:18
Slop or perish?
Plus de 200 prépublications en 2026 : un chercheur utilisant l’IA désespère ses collègues

Depuis le début de l’année, un statisticien de l’université de Chicago, Nicholas Polson, a mis en ligne plus de 200 prépublications. Assumant d’utiliser l’IA générative pour augmenter sa productivité, il soulève l’indignation de ses consœurs et confrères.

La course à la publication coûte que coûte dans le milieu de la recherche s’intensifie encore avec l’utilisation généralisée de l’IA générative. Pour nombre de chercheuses et chercheurs, le travail consiste à mettre en ligne quelques articles issus de leurs travaux de recherche par an au maximum. Mais on peut voir sur le profil Google Scholar de Nicholas Polson, statisticien bayésien de l’école de commerce Booth de l’université de Chicago, que celui-ci en a signé plus de 200 depuis le début de l’année, comme le soulignait sur X déjà mi-aout Auyon Siddiq, chercheur à l’université de Californie (UCLA), .

La plupart des articles listés sur son profil ont été mis en ligne sur la plateforme de prépublications scientifiques SSRN. Cette plateforme a été lancée en 1994, quelques années après la pionnière du genre, arXiv, et a été rachetée en 2016 par Elsevier.

258 working papers en 8 mois

« D’après mes calculs, basés sur sa page SSRN, Nicholas Polson a déjà rédigé 258 working papers rien qu’en 2026. Il a déjà rédigé (ou du moins publié sur SSRN) six articles aujourd’hui, le 26 août 2026. Au cours du mois d’août 2026, il a rédigé et publié sur SSRN un total de 104 documents – et ce n’est pas fini, puisque le mois n’est pas encore tout à fait terminé », expliquait l’économiste de l’université de Central Arkansas, Jeremy Horpedahl, dans un billet de blog.

« Il s’agit probablement, à des degrés divers, de slops générés par IA, mais contrairement à beaucoup de ce genre de contenu, celui-ci recèle sans doute une réelle valeur. Ce que je n’ai pas encore pu vérifier, c’est si une partie de ce contenu a fait l’objet d’une vérification, d’une analyse ou d’une sélection rigoureuse de la part de l’auteur », ajoutait Michael Makowsky, économiste à l’université de Clemson.

Interrogé par le Washington Post, Nicholas Polson assume utiliser l’IA générative pour plus de productivité : « il est évident que l’IA rend un chercheur productif encore plus productif ». Il ajoute qu’ « une grande partie du travail fastidieux est grandement simplifiée ». Et il a, selon nos confrères, laissé entendre que ces plaintes étaient motivées par « la jalousie et l’envie de s’approprier ma méthode. Mais qui sait ? ».

Suppression des articles sur SSRN

Depuis que plusieurs de ses confrères ont pointé du doigt ce nombre prolifique, plus aucun article récent de Nicholas Polson n’est accessible sur SSRN. Par exemple, la page de l’article titré « Over-parameterization in Statistical Genomics » et listé sur son profil Google Scholar affiche maintenant : « Cet article est en cours d’évaluation ou a été retiré de SSRN à la demande de l’auteur, de SSRN ou du titulaire des droits ». Son profil sur la plateforme ne liste plus que des articles mis en ligne avant octobre 2018.

Plusieurs chercheurs ont souligné que les articles de Nicholas Polson ne faisaient pas mention d’utilisation de l’IA. Mais la plateforme souligne que « s’il est vrai que bon nombre de ces articles ne comportaient pas de mention relative à l’IA, ce n’est pas notre principale préoccupation. […] Le problème le plus important résidait dans l’activité inhabituelle en matière de soumission d’articles ». Elle indique que le statisticien s’était aventuré dans des champs dont il n’est pas spécialiste, bien que la plupart des articles y restaient.

« Ce n’est pas seulement une question de volume, mais aussi de diversité des thèmes abordés et de la manière dont ils se distinguent de ses œuvres précédentes », insiste Auyon Siddiq interrogé par nos confrères.

☕️ KeePass XC 2.8 va proposer le remplissage automatique sur les sessions Wayland

25 septembre 2026 à 08:50


Le gestionnaire de mots de passe KeePass XC est une variante multiplateforme de KeePass, avec comme objectif une plus grande richesse fonctionnelle de base, sans passer par des plugins. La version 2.8, en préparation et dont une bêta vient de paraitre, s’annonce déjà comme une mouture majeure.

KeePass XC 2.8 bénéficie en effet d’un portage vers Qt 6, avec à la clé une modernisation de son interface et de ses intégrations dans les différentes plateformes prises en charge. Parmi les améliorations, on note surtout l’arrivée de l’auto-remplissage (fonction Auto-Type) pour les sessions Wayland, c’est-à-dire la capacité à insérer rapidement un identifiant et un mot de passe dans la fenêtre d’une application.

Photo de rc.xyz NFT gallery sur Unsplash

L’ajout est majeur, car Wayland ne permet plus « d’espionner » simplement une fenêtre active pour savoir si elle présente des champs d’authentification. La compatibilité annoncée va se faire à travers les portails XDG, ce qui revient à demander l’autorisation à Wayland d’examiner la fenêtre et d’y insérer des informations. L’équipe de KeePass XC avertit que ce support dépend pour l’instant de l’environnement choisi : support complet pour KDE 6.6 +, initial pour GNOME 48 + et dépendant du support des portails XDG dans les autres (Sway, Hyprland, labwc…).

Les autres améliorations sont nombreuses, avec par exemple l’arrivée d’une version compilée nativement pour les systèmes Windows ARM64 (y compris pour la version portable), une meilleure intégration sur Linux via l’AppImage, la possibilité de montrer des suggestions quand on ajoute des attributs, le support des clés d’accès (passkeys) dans les statistiques, la synchronisation des bases de données distantes via des outils tiers, des raccourcis clavier personnalisables ou encore le déverrouillage rapide sur macOS et Linux, respectivement via le mot de passe et Polkit. Enfin, plusieurs vulnérabilités ont été corrigées.

Pour les utilisateurs aventureux, le téléchargement de cette première bêta peut se faire depuis l’annonce officielle.

Washington vole au secours de X face à son amende européenne

25 septembre 2026 à 07:41
Bras de fer transatlantique
Washington vole au secours de X face à son amende européenne

Elon Musk peut compter sur l’administration Trump, dont il est très proche, pour des coups de main. Le dernier en date concerne l’épineux dossier de l’amende de 120 millions d’euros infligée à X qui a enfreint le règlement sur les services numériques. Les États-Unis veulent avoir leur mot à dire durant la procédure menée devant le Tribunal de l’Union européenne.

En décembre 2025, la Commission européenne infligeait la première amende au titre du règlement sur les services numériques (DSA) : 120 millions d’euros contre X, pour manquements à ses obligations de transparence. Le réseau social d’Elon Musk a depuis proposé un plan de conformité, validé par Bruxelles mi-juillet.

En parallèle, l’entreprise mène une procédure pour obtenir gain de cause auprès du Tribunal de l’Union européenne, où un recours a été déposé le 16 février dernier. X cherche à faire annuler la décision de la Commission et l’amende. L’entreprise a obtenu le renfort de l’administration Trump, qui a déposé devant ce même Tribunal une demande d’intervention au soutien du recours de X, comme le rapporte Bloomberg.

« La Commission européenne a tenté, de manière injustifiée, d’étendre son pouvoir réglementaire à des entreprises américaines qui ne sont ni présentes ni actives sur le territoire relevant de sa compétence », selon Brett Shumate, procureur général adjoint chargé de la division civile du ministère américain de la Justice. Il ajoute que le gouvernement US « ne tolèrera pas que la Commission européenne outrepasse ses pouvoirs réglementaires pour tenter de contrôler les moteurs américains de l’innovation et de la croissance économique. »

Un nouvel épisode du conflit entre Washington et Bruxelles

Si le Tribunal accepte cette demande, les États-Unis deviendront partie intervenante dans la procédure. Les autorités américaines pourront consulter les pièces du dossier, déposer un mémoire pour exposer leurs arguments juridiques, ou même participer à une éventuelle audience.

L’affaire est, bien sûr, hautement politique. Cette amende de 120 millions est devenue une pomme de discorde entre Washington et Bruxelles. Les critiques ont fusé de l’autre côté de l’Atlantique. Le jour de la décision, le secrétaire d’État Marco Rubio a ainsi qualifié la sanction d’attaque contre toutes les plateformes technologiques américaines et contre le peuple américain, et même une tentative de « censurer les Américains », rien de moins.

L’administration a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane aux produits européens, et imposé des restrictions de visa à cinq Européens – dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton – accusés de participer à cette fameuse « censure » des plateformes US.

En février, les autorités américaines ont ordonné à leurs diplomates de « s’opposer aux réglementations inutilement contraignantes, telles que les obligations de localisation des données » comme le RGPD. L’ambiance est glaciale entre les deux blocs.

☕️ Les utilisateurs de lunettes Meta pourront refuser que leurs vidéos entraînent l’IA

25 septembre 2026 à 06:33


Les utilisateurs de lunettes Meta pourront refuser de partager des extraits vidéo enregistrés par leurs montures pour entraîner l’IA de l’entreprise. Les images ne seront plus, non plus, susceptibles d’être utilisées par des sous-traitants pour les annoter. L’affaire avait fait grand bruit début mars, quand une enquête avait levé un coin du voile sur l’exploitation des données des lunettes par des data workers kényans.

Les petites mains tombaient parfois sur des images et des discussions intimes, embarrassantes ou confidentielles des utilisateurs de ces appareils. Meta explique dans les conditions d’utilisation de son assistant IA que « dans certains cas », l’entreprise peut examiner les interactions avec les IA, « y compris le contenu de vos conversations avec les IA ou des messages adressés aux IA, de façon automatisée ou manuelle (par un examinateur humain) ».

Alors que les lunettes connectées de Meta ont gagné le surnom peu glorieux de « pervert glasses », le géant des réseaux sociaux fait donc un geste. Il permettra de refuser l’exploitation des « données visuelles » pour l’entraînement de ses modèles d’intelligence artificielle, a-t-il indiqué à Engadget. Les images ne seront pas non plus montrées à des sous-traitants.

« Si vous avez refusé que vos données soient utilisées et que vous demandez à vos lunettes de traduire un menu, nous utiliserons vos données visuelles pour répondre à votre demande, puis elles seront supprimées », assure Meta. « Elles ne sont pas utilisées pour l’entraînement de l’IA et personne ne les examine dans le but d’améliorer le produit. »

Cette fonction, désactivée par défaut, donnera au moins une possibilité à l’utilisateur de refuser que ses vidéos puissent être vues par des étrangers. La mise en œuvre de l’option reste une inconnue : s’il s’agit d’un réglage au libellé incompréhensible planqué en bout de liste tout au fond d’un sous-sous-menu, ça ne servira pas à grand chose.

Il y a deux semaines, la CNIL du land de Hambourg, en Allemagne, avait estimé que les lunettes Meta posaient de sérieux problèmes de respect de la vie privée en Europe. En France, le parquet de Paris a ouvert une enquête suite à des plaintes pour harcèlement sexuel lié à l’utilisation de ces appareils.

Meta a présenté cette semaine de nouveaux modèles sans caméra, uniquement audio. S’il sera évidemment impossible de filmer quoi que ce soit avec ces lunettes, elles ne résolvent pas la question de l’exploitation des interactions audio avec Meta AI – l’opt-out annoncé ne concerne en effet que les images.

☕️ L’éditeur de Norton et Avast lorgne le géant des noms de domaine GoDaddy

25 septembre 2026 à 05:32


L’éditeur de Norton 360 veut explorer de nouveaux horizons, et ils sont plutôt inattendus : Gen Digital a formulé une offre préliminaire de rachat pour GoDaddy, le géant américain des noms de domaine. Deux métiers très différents donc, mais les deux entreprises sont confrontées aux bouleversements provoqués par l’IA.

Par bien des aspects, Gen Digital et GoDaddy se ressemblent beaucoup. Pas uniquement parce que ces deux entreprises sont basées à Tempe, dans l’État de l’Arizona, avec des capitalisations boursières proches (14 milliards de dollars pour Gen, 13 milliards pour GoDaddy). Ce sont aussi et surtout des sociétés qui incarnent le web old school, celui des antivirus, des noms de domaine et des logiciels utilitaires dont les marques – Norton, LifeLock, Avast – ont traversé les différentes époques jusqu’à aujourd’hui.

Illustration : Flock

Il est toutefois difficile d’imaginer les deux sous un même toit. C’est pourtant ce que compte faire Gen Digital, qui a fait une offre d’achat à GoDaddy, selon le Financial Times. Les discussions n’en seraient qu’au stade préliminaire, et elles pourraient capoter à tout moment. Néanmoins, Gen Digital a entamé une stratégie de diversification : l’entreprise, née de la fusion en 2022 de NortonLifeLock et de son concurrent tchèque Avast, a de l’appétit.

En avril 2025, elle avait sorti le carnet de chèques pour acquérir la fintech MoneyLion dans un deal valorisé à 1 milliard de dollars. On est loin des antivirus. Gen Digital cherche à réduire sa dépendance à un métier historique que l’IA menace de bouleverser.

GoDaddy administre plus de 80 millions de noms de domaine, soit un cinquième du total mondial. La base clientèle est de plus de 20 millions de particuliers et de petites entreprises : un vivier intéressant pour vendre des solutions de sécurité.

Pour GoDaddy, l’opération aurait de quoi redorer la pilule d’une action en berne (- 55 % depuis son pic de janvier 2025 à 215 dollars). La rumeur d’une acquisition lui a d’ailleurs permis de rebondir ce jeudi 24 septembre. Les investisseurs craignent que les outils IA ne grignotent l’activité de l’entreprise. Celle-ci n’est toutefois pas restée sans rien faire : elle a lancé en novembre dernier Airo.ai, un service d’aide à la conception de sites web par l’intermédiaire d’un agent IA.

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À l’ONU, les patrons de l’IA réclament une régulation mondiale

24 septembre 2026 à 15:36
Les pyromanes réclament des extincteurs
À l’ONU, les patrons de l’IA réclament une régulation mondiale

Les modèles IA doivent être régulés au niveau international, ont plaidé Sam Altman et Dario Amodei devant le Conseil de sécurité de l’ONU, en marge de la semaine de l’Assemblée générale annuelle des Nations-Unies. Plusieurs dirigeants soutiennent la création d’un cadre commun, Washington et Pékin restent réticents. Faute d’accord politique, les principaux acteurs américains préparent déjà leur propre organisme de normalisation.

« L’IA pourrait constituer une menace pour l’humanité tout entière », a affirmé Dario Amodei devant le Conseil de sécurité de l’ONU ce mercredi 23 septembre. Le patron d’Anthropic, toujours aussi fervent adepte du marketing de la peur, n’était pas seul à alerter sur les risques d’une technologie qu’il contribue à développer à toute allure.

Son rival Sam Altman a également pris la parole pendant cette réunion, organisée à l’initiative de la France, qui avait pour thème : « Comment éviter de perdre le contrôle des technologies les plus puissantes ? » Une question sur toutes les lèvres depuis l’appel d’Amodei à ralentir le rythme des améliorations des capacités des modèles IA de pointe.

Altman et Amodei réclament des règles communes

« Nous pourrions perdre, au profit de l’IA, la maîtrise de notre avenir », a affirmé le directeur général d’OpenAI. « Le risque est qu’elle progresse si rapidement que les humains ne puissent plus suivre ce qui se passe ni intervenir lorsque cela est nécessaire. Ce serait évidemment terrible. » La solution, selon les deux dirigeants ? Une instance internationale capable d’édicter des standards sur l’IA.

Pour Altman, si l’IA doit être démocratique, alors « les décisions les plus importantes ne peuvent être prises par les seuls laboratoires de San Francisco. Elles doivent être façonnées par des processus démocratiques et par des gouvernements responsables devant les citoyens qu’ils servent. » Il propose une coopération au niveau international, malgré l’animosité qui peut exister entre les pays : « [ils] ont parfois su s’unir au nom d’intérêts communs et du bien collectif face à l’émergence d’une nouvelle technologie puissante ».

Dario Amodei a mis sur la table trois propositions. D’abord, des « accords mondiaux ciblés » comme l’interdiction d’utiliser l’IA pour fabriquer des armes biologiques. Ensuite, les États devraient disposer de mécanismes d’évaluation et de vérification pour vérifier le respect mutuel de leurs engagements. Enfin, il faudrait des normes internationales communes pour tester les modèles IA, avec un dispositif de signalement des incidents de sécurité.

Des propositions qui rejoignent celles de Sam Altman, qui parle de normes pour mesurer les capacités des modèles de pointe et en évaluer les risques, de procédures pour signaler rapidement les incidents, de protocoles de classification, et de canaux sécurisés entre États et opérateurs d’infrastructures critiques pour échanger des informations sur les vulnérabilités et les menaces. « Le monde [doit pouvoir] tirer les leçons de ces défaillances avant qu’elles ne se transforment en catastrophes », affirme-t-il.

Il est aussi impératif, selon lui, de « maintenir un contrôle humain effectif à mesure que ces systèmes gagnent en autonomie. »

Washington peu pressé d’agir

D’un côté, la Maison-Blanche de Donald Trump réfute toute nécessité de ralentir sur l’IA, une position partagée par Jensen Huang (NVIDIA) et Mark Zuckerberg (Meta). Elon Musk, qui avait dans un premier temps tweeté « Dario a raison », a depuis proposé que les entreprises américaines et chinoises puissent évaluer mutuellement leurs modèles. Au vu de la concurrence acharnée que se mènent les acteurs du secteur, cette perspective paraît peu probable.

La Chine a une position ambiguë sur le sujet : le président Xi Jinping s’était prononcé en faveur d’une gouvernance mondiale de l’IA tout en soutenant le développement de modèles à poids ouverts dont les usages deviennent beaucoup plus difficiles à contrôler une fois qu’ils sont diffusés.

D’autres pays sont plus réceptifs à la proposition d’une structure contrôlant l’IA de pointe. L’idée fait son chemin, notamment en Europe et au Canada. Lors d’un déplacement à Saint-Pierre-et-Miquelon, confetti français au large du Canada, Emmanuel Macron s’est entretenu avec le premier ministre canadien Mark Carney sur le sujet, en amont de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU.

Jonas Gahr Støre, le Premier ministre norvégien, et Alexander Stubb, le président finlandais, ont de leur côté publié un appel pour une IA sous contrôle humain (PDF). Il a depuis été signé par plus d’une vingtaine de dirigeants, dont Emmanuel Macron et Mark Carney, ou encore Ursula von der Leyen.

Faute d’accord, les entreprises préparent leurs propres règles

En attendant que la diplomatie aboutisse à quelque chose de concret – si cela devait arriver un jour –, les principaux acteurs concernés envisagent la création d’un organisme de standardisation, sans contrôle d’un gouvernement. Dans la droite lignée des déclarations du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, qui a appelé les entreprises à prendre leur responsabilité.

Le site The Information rapporte qu’Anthropic, OpenAI et Google voudraient lancer cette organisation d’ici la fin de l’année, ou début 2027, sous le nom de Standards Authority for Frontier AI (SAFA). Elle serait chargée d’élaborer des normes communes de sûreté pour l’IA, d’encadrer l’évaluation indépendante des modèles avant leur déploiement et de définir les procédures de signalement des incidents. Elle pourrait également réaliser ses propres tests sur les modèles de pointe.

La Maison-Blanche aurait envisagé de créer cet organisme via un décret présidentiel, avant que le projet ne soit freiné par l’opposition de Mark Zuckerberg et Jensen Huang, hostiles à la régulation sur l’IA. L’administration Trump demanderait désormais à Google, Anthropic et OpenAI de parvenir d’abord à un consensus au sein du secteur. La SAFA devrait ainsi voir le jour comme une structure indépendante, même si ses promoteurs espèrent collaborer ultérieurement avec le gouvernement américain.


Hugging Face refuse la politique de la peur

Clément Delangue, le directeur général de Hugging Face (fraîchement rachetée par NVIDIA), a lui aussi donné son point de vue sur la question pendant la réunion du Conseil. Sa plateforme, qui distribue des modèles open source, est en première ligne sur la question de la cybersécurité : c’est l’attaque d’Hugging Face par des agents d’OpenAI qui a allumé la mèche de ce débat.

Il appelle à davantage de transparence au sein des entreprises qui développent des modèles de frontière, et plaide en faveur de l’open source et des modèles à poids ouverts pour épauler les défenseurs contre les cyberattaques. « Nous avons été attaqués par l’IA, mais nous nous sommes aussi défendus avec l’IA », a-t-il expliqué.

« Nous sommes fermement convaincus que les discours fondés sur la peur ne permettront ni de prendre les bonnes décisions quant à l’avenir d’une technologie aussi fondamentale et porteuse de possibilités, ni d’obtenir l’adhésion du public », affirme-t-il également en taclant au passage les discours apocalyptiques entendus chez Anthropic et OpenAI.

Semiconducteurs : ASML ne vend aucune machine en Europe

24 septembre 2026 à 15:23
Où sont les usines ?
Semiconducteurs : ASML ne vend aucune machine en Europe

Frank Heemskerk, responsable des affaires publiques mondiales d’ASML, a déclaré que le groupe ne vend actuellement aucune machine en Europe, faute d’usines de semi-conducteurs en construction. Un constat que confirment les résultats trimestriels d’ASML, alors que l’Europe travaille à réviser sa législation sur les puces.

ASML est l’une des entreprises les plus importantes au monde actuellement. Elle fabrique et commercialise des machines de lithographie par rayonnement UV, qui permettent à leur tour la gravure des puces les plus avancées. ASML occupe ainsi une place de choix dans l’industrie des semiconducteurs.

L’entreprise vient de faire parler d’elle, par l’intermédiaire de son directeur des relations publiques, Frank Heemskerk (qui fut également ministre aux Pays-Bas). « Nous ne vendons rien du tout en Europe. C’est parce que l’Europe n’investit pas et qu’aucune usine de puces n’est construite ici. Et c’est vraiment inquiétant », a-t-il déclaré durant un débat le 22 septembre. Une position remarquée, alors que l’Europe travaille sur son Chips Act 2.0 et que certains tentent de dérouler le tapis rouge à ASML.

ASML fustige l’absence d’usines de pointe

Selon Frank Heemskerk, l’Europe risque un décrochage pendant que les États-Unis, la Chine et l’Inde investissent massivement dans leur propre industrie des semi-conducteurs. Il explique l’absence de vente en Europe par le manque d’investissements et l’absence de nouvelles usines de puces sur le continent.

Quand ASML pointe l’absence de vente en Europe, elle ne signifie pas un refus de vendre aux clients européens, mais bien l’absence de demande. Pour nuancer le propos, il y a bien des usines en construction, comme ESMC (partenariat entre TSMC, Bosch, Infineon et NXP) à Dresde en Allemagne, avec une production en volume prévue pour fin 2027, puis une pleine capacité en 2029. Mais on parle de finesse de gravure oscillant entre 28/22 nm et 16/12 nm, alors qu’ASML évoque surtout les gravures de pointe, comme le 2 nm de TSMC utilisé pour les nouvelles puces Apple.

La position tranchée d’ASML se reflète dans ses bilans financiers. Dans un document publié mi-juillet en même temps que les derniers résultats trimestriels, on peut lire l’état des ventes sur tout le premier semestre 2026, avec une ventilation géographique. Sur environ 18 milliards d’euros de ventes diverses, seuls 407 millions viennent de la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), soit 2,24 %. Or, non seulement la part de l’Europe n’apparait pas seule, mais il s’agit du chiffre d’affaires total, services compris.

Dans son rapport financier annuel 2025, ASML affichait déjà une nette cassure entre 2024 et 2025. On ne connait pas exactement la raison de cette chute brutale. Rappelons tout de même qu’ASML a vendu des machines à Intel, qui a ouvert sa Fab 34 en Irlande en 2023.

Rien dans l’absolu ne permet de contredire l’affirmation de Frank Heemskerk. D’autant que certains projets ont disparu en cours de route, comme les usines Intel en Allemagne.

La situation complexe de l’Europe

La déclaration d’ASML vient appuyer sur une situation délicate pour l’Europe actuellement. Elle se trouve dans une dépendance technologique à de nombreuses entreprises étrangères, notamment pour la plupart des puces qui ont le vent en poupe aujourd’hui, dont les GPU ou encore les puces spécialisées dans l’inférence.

Un rapport de la Cour des comptes française, sorti en avril 2026, évoquait ainsi le danger pour l’Europe de se retrouver entre le marteau américain et l’enclume asiatique. Notant que l’Europe ne réalisait que 7 % des ventes mondiales de puces (toutes catégories confondues), elle dressait un sombre bilan : les usines sont pratiquement toutes en Asie, la conception se fait en grande partie aux États-Unis, les CPU et GPU ne sont pas fabriqués en Europe. Elle relevait également qu’en 2020, les deux seules entreprises au monde à produire des puces en 5 nm étaient Samsung et TSMC, via les machines vendues par ASML. L’Europe, elle, ne disposait d’aucune capacité de production pour des semiconducteurs de moins de 22 nm.

Un an plus tôt, la Cour des comptes européenne tirait elle aussi la sonnette d’alarme. Elle fustigeait alors le premier Chips Act et ses investissements insuffisants, son manque d’envergure et son absence de réponse à plusieurs problématiques liées, notamment celle de l’écosystème. Il ne suffit pas en effet d’implanter une usine de pointe : mieux vaut que les fournisseurs soient proches. La Cour déplorait un texte « né dans l’urgence », sans évaluation complète ni étude d’impact.

L’objectif de 20 % de parts de marché en 2030 lui paraissait irréalisable. De fait, Emmanuel Macron a confirmé en mai que c’était raté : « L’objectif que l’on s’était fixé […] ne sera pas atteint. Nous sommes encore en retard sur ce Plan de début de reconquête de souveraineté ».

Depuis, le Chips Act 2.0 a été présenté en juin dernier. Le texte met davantage l’accent sur la demande, rejoignant le discours de Frank Heemskerk. Il prévoit aussi des procédures d’autorisation limitées à 12 mois au maximum. Le dossier est à l’ordre du jour du Conseil Compétitivité du 24 septembre 2026, c’est-à-dire aujourd’hui. La déclaration d’ASML tombe donc en pleine négociation, éclairant la portée de son plaidoyer.

Dans le débat, Frank Heemskerk était d’avis que l’Europe devrait moins se concentrer sur son rapport de force avec les Etats-Unis et la Chine et s’occuper davantage de renforcer son propre appareil de production, en supprimant notamment les barrières au sein du marché commun. La solution n’est pas, selon lui, dans l’argent public, les subventions n’entrainant pas automatiquement d’effet levier. Il imagine davantage des regroupements de besoins en cloud et datacenters entre entreprises et gouvernements, capables de générer des demandes suffisamment fortes. De quoi amorcer la pompe, en quelque sorte. En outre, il milite pour des politiques prévisibles, ajoutant : « Plus c’est ennuyeux, mieux c’est ».

☕️ Ubuntu : un noyau toutes les deux semaines pour suivre la cadence des correctifs

24 septembre 2026 à 11:12


Dans le schéma actuel d’Ubuntu, estampillé « 4/2 », les nouveaux noyaux sont fournis toutes les quatre semaines. C’est le cycle stable classique, en place depuis 2023. À mi-chemin, donc deux semaines après la dernière publication ordinaire, il peut y avoir une publication d’urgence quand la situation l’exige.

Ce rythme va changer. Dans un billet publié ce 23 septembre, Canonical indique qu’Ubuntu va basculer sur un rythme unifié de deux semaines. Durant la première semaine, les développeurs prépareront les patchs et builds pour les mettre à disposition des testeurs. Durant la seconde, les tests et certifications seront terminés et le nouveau noyau sera envoyé en tant que mise à jour. Pour les plus aventureux, il sera possible d’activer la récupération automatique toutes les semaines.

Source : Canonical

Pourquoi un tel changement ? Pour les mêmes raisons que dans les changements annoncés dans les rythmes de Chrome ou Firefox : tenir compte du déluge de corrections entrainé par l’utilisation des LLM dans la recherche de failles. On voit depuis plusieurs mois une explosion des correctifs, par exemple chez Mozilla (qui a bénéficié de Mythos 5 d’Anthropic, via Glasswing), ou encore chez Microsoft et son infrastructure Perception.

Canonical mentionne très clairement dans son billet qu’il s’agit de s’adapter. La préparation des nouveaux noyaux se transforme en chaudron : les correctifs sont intégrés en continu, puis l’arbre des modifications est figé à une date fixe, les compilations étant alors envoyées dans un dépôt dédié, nommé « -proposed ». Quand un noyau entre dans sa phase finale, le suivant est déjà en préparation.

Selon Canonical, il est impossible de publier plus vite des noyaux tout en testant à fond chaque version candidate. Pour les plus exigeants, il sera donc possible de lancer leurs propres tests de validation depuis le nouveau dépôt, qui sera mis à jour chaque semaine.

La politique sur les mesures d’atténuation ne changera pas en revanche. Pendant la préparation d’un correctif, Canonical continuera de travailler sur ces mesures. Quand rien de spécifique ne sera possible, l’éditeur renverra simplement vers des mesures plus générales de durcissement. Canonical se fixe un objectif de remettre un système dans un état « défendable » en 24 à 48 heures.

Il faut dire que les chiffres donnent raison à l’entreprise. Fin août, Greg Kroah-Hartman, mainteneur principal du noyau, relevait qu’une version du noyau corrigeait en moyenne 500 vulnérabilités (CVE) entre les moutures 6.9 et 6.19. Mais la version 7.0 en a corrigé plus de 1 000 et la 7.2 a dépassé les 1 500. À ce rythme, le noyau 7.3 pourrait passer la barre des 2 000.

☕️ arXiv annonce 17 millions de dollars de financement venant de fondations et de XTX Markets

24 septembre 2026 à 09:29


En mars dernier, la plateforme de prépublication d’articles scientifiques arXiv avait annoncé devenir une « organisation indépendante à but non lucratif », avec son CEO et son propre budget. Elle vient d’officialiser un financement total de 17,2 millions de dollars par le secteur privé.

Le serveur pionnier de la prépublication scientifique créé en 1991 a voulu prendre son indépendance de l’université Cornell dont elle dépendait depuis 2001. Cette dernière avait pris sous son aile le projet quand son créateur, Paul Ginsparg, l’avait rejointe en quittant le laboratoire américain de Los Alamos au sein duquel il avait créé arXiv. Mais le projet, devenu structurant dans la recherche mondiale, commençait à peser lourd sur les finances de l’université, et avait besoin d’une infrastructure administrative et financière plus solide.

Le financement de 17,2 millions de dollars qu’arXiv vient d’annoncer, présenté comme « philantropique », est assuré par trois structures : la Fondation Simons, le Fonds de dotation de la famille Siegel et l’entreprise XTX Markets. Ce financement doit s’étaler sur 3 à 5 ans.

La Fondation Simons finançait déjà le projet et avait aussi aidé Cornell à collecter des fonds pour le lancement du projet en « organisation indépendante à but non lucratif », comme l’expliquait la revue Science. Elle est représentée dans le conseil d’administration d’arXiv par le journaliste scientifique Ivan Oransky (co-créateur de Retraction Watch). La deuxième structure est un fonds créé par l’informaticien David Siegel et co-créateur du hedge fund Two Sigma. XTX Markets, une entreprise de trading britannique créée par le mathématicien russe Alex Gerko, a de son côté récemment annoncé un bénéfice record de 1,7 milliard de livres sterling (environ 2 milliards d’euros).

La plateforme de prépublications scientifiques explique que ce financement doit permettre de soutenir :

  • « Le fonctionnement général et l’amélioration continue des services d’arXiv destinés à la communauté scientifique »,
  • « La poursuite du développement technique de la plateforme, notamment les travaux liés à la gestion des contenus générés par l’IA et aux autres défis émergents dans le domaine de la communication scientifique »,
  • « Le renforcement d’arXiv en tant qu’organisme indépendant à but non lucratif, notamment par des investissements dans la gouvernance et le fonctionnement organisationnel ».

Qualcomm promet le support Linux pour ses puces Snapdragon X2, une préversion disponible

24 septembre 2026 à 09:11
Believe
Qualcomm promet le support Linux pour ses puces Snapdragon X2, une préversion disponible

En plus des annonces autour de ses produits, Qualcomm a annoncé des progrès à venir sur la prise en charge de ses puces Snapdragon X2 par Linux. Le constructeur l’assure, le support de Linux fait désormais partie de ses plans, avec des étapes majeures au cours des prochains mois.

Qualcomm l’affirme : les développeurs réclamaient depuis longtemps le support de Linux sur les puces Snapdragon, ils ont été entendus. À partir de la série X2, que l’on trouve actuellement dans les ordinateurs Copilot+ (donc avec Windows 11 Arm), Linux fait désormais partie des plateformes à prendre en charge, au même titre que le système de Microsoft. Le constructeur ajoute que le travail a commencé dès la présentation des puces X2 en 2025.

Tout irait très vite, avec une prise en charge de Debian avant la fin de l’année, puis une certification Ubuntu tablant sur le premier semestre 2027, en partenariat avec Canonical. En outre, des constructeurs comme HP, ASUS et HUMAIN ont annoncé travailler sur des offres adaptées. Par exemple, ASUS a indiqué que des versions Ubuntu des Zenbook A14 et A16 seront proposées. Aucune date n’a été annoncée, mais puisqu’il s’agit d’Ubuntu, il est probable qu’ils soient disponibles durant le premier semestre 2027, en même temps que la certification.

De quoi parle-t-on vraiment ?

Sur le plan technique, il existe dès maintenant une préversion pour développeurs. L’environnement de référence et de test associe Debian 13 à un noyau spécifique. Selon Qualcomm, il est assez fonctionnel pour que des développeurs contribuent, mais il faut posséder un portable X2 pour y participer.

L’entreprise indique que la priorité est l’intégration en amont (upstream) des pilotes nécessaires aux charges réelles : le NPU Hexagon via fastRPC pour l’inférence locale, et le GPU Adreno via les pilotes libres de Mesa, Freedreno, Turnip et Rusticl. « En amont » signifie une intégration dans le noyau Linux lui-même, contrairement à l’utilisation d’un noyau spécifique.

Selon XDA Developers, les éléments fournis par Qualcomm ne sont pas encore simples à utiliser, mais sont « un bon début ». Ils permettent le démarrage de Debian, le chargement du bureau et une utilisation classique. Qualcomm se sert notamment de systemd-boot pour le démarrage. Tous les fichiers nécessaires sont disponibles dans le dépôt GitHub dédié de Qualcomm.

Selon le calendrier envisagé, les modifications apparaitraient dans le noyau Linux lui-même en novembre.

Tout n’est pas rose pour autant

Il faut préciser plusieurs points importants. D’une part, comme noté par Phoronix (qui a hâte de lancer des benchmarks sur ces futures machines), une bonne part du travail est déjà en place, mais des travaux restent à mener sur la gestion de l’énergie, la gestion thermique et la fiabilité de l’ensemble. L’énergie est un facteur capital pour l’architecture Arm, qui a tendance à briller dans le domaine performances/watt.

D’autre part, même si Debian et Ubuntu sont dans la boucle, aucune annonce n’a été faite côté Red Hat et son écosystème (dont Fedora aussi). En outre, le travail lancé par Qualcomm ne concerne que les puces Snapdragon X2, rien ne sera a priori reversé sur le support de la série X1. Ce n’est pas anodin, car Qualcomm avait aussi annoncé la prise en charge en amont il y a deux ans pour ses puces X1 dans les PC, mais le support reste aujourd’hui bancal. La présence cette fois de plusieurs partenaires pourrait changer la donne.

Enfin, il reste une grande inconnue sur les microgiciels (firmwares). Certes l’inclusion dans le noyau Linux permettra à toutes les distributions de profiter de ce support, et le rôle de Mesa comme pile graphique de référence en sortira renforcé avec les pilotes Freedreno, Turnip et Rusticl. Mais les microgiciels sont indispensables pour que les différentes composantes du noyau (GPU, NPU, DSP audio, modem…) puissent fonctionner correctement.

Ces firmwares sont signés numériquement et sont propriétaires à l’heure actuelle. Or, comme Tom’s Hardware le signalait en 2024, la présence de ces microgiciels est obligatoire pour que l’ensemble fonctionne correctement. Sur le support de la première puce X, l’absence par défaut de ces fichiers avait même conduit à la désactivation dans le noyau Linux de la partie GPU.

Tout dépend en fait des constructeurs, et non de Qualcomm seul. Toutefois, l’engagement de HP, ASUS et HUMAIN et la certification Ubuntu laissent penser que les modèles concernés auront leurs micrologiciels publiés, car une certification n’aurait guère de sens dans le cas contraire.

Pourquoi maintenant ?

Il existe plusieurs raisons qui peuvent expliquer le choix de Qualcomm. Le plus évident est de ne pas dépendre que de Windows pour écouler ses machines. L’attraction de Linux s’amplifie continuellement et la communication de Qualcomm vise clairement les développeurs. L’entreprise espère sans doute faire mouche avec des puces réputées pour leurs performances CPU et leur consommation mesurée. Avec en bonus la perspective d’ordinateurs portables capables de tenir au moins une journée de travail.

Qualcomm arriverait également sur le marché plus large des ordinateurs Arm sans Windows, largement dominé par Apple et Google. Selon la gamme de la puce et le niveau d’équipement, on pourrait ainsi voir arriver tantôt des concurrents des MacBook Pro, tantôt des concurrents des Chromebook ou des récents Googlebook.

De plus, les serveurs Arm (Graviton, Ampere, Grace, Cobalt…) sont aujourd’hui courants dans les centres de données. Un X2 sous Debian ou Ubuntu permettrait alors de compiler et de tester nativement du code pour arm64, sans émulation ni compilation croisée. L’accès au NPU sous Linux ajouterait une inférence locale peu gourmande en énergie. Rappelons quand même que Windows 11 permet d’installer WSL (Windows Subsystem for Linux) sur des machines Arm, à condition que la distribution utilisée soit elle-même compilée pour Arm.

Une bonne partie de l’éventuel succès de cette initiative dépendra cependant de la gestion de l’énergie. Qualcomm, en aplanissant le terrain, pourrait proposer une alternative viable aux MacBook, dont le support par Linux fait l’objet d’un effort communautaire, via surtout le projet Asahi.

☕️ Schneider Electric lance une OPA sur Shelly et ses capteurs connectés

24 septembre 2026 à 08:31


L’entreprise bulgare Shelly, bien connue des amateurs de domotique pour ses capteurs et interrupteurs connectés, devrait passer sous pavillon français.

L’industriel Schneider Electric vient en effet d’annoncer (PDF) une offre publique d’achat (OPA) portant sur au moins 95 % du capital de Shelly Group. Une fois réussie, l’opération permettra à l’acquéreur de procéder au retrait obligatoire des dernières actions cotées, conduisant à une prise de contrôle totale.

Schneider Electric a proposé 70 euros par action pour l’ensemble des titres qu’il ne détient pas déjà. L’opération représente une plus-value relativement modeste par rapport au cours actuel de l’action Shelly Group (cotée à Francfort et à Sofia), qui s’affichait à 64,40 euros le 23 septembre au soir. Elle valorise tout de même l’entreprise bulgare à plus de 1,2 milliard d’euros, et bénéficie du soutien des deux fondateurs de Shelly.

D’après Schneider Electric, ces derniers se sont en effet engagés à apporter les 57 % qu’ils détiennent à eux deux dans l’opération, puis à réinvestir une partie du produit de la cession dans l’entreprise pour au moins trois ans. Comme toujours en pareille circonstance, la transaction reste toutefois subordonnée à l’approbation des autorités bulgares.

Un relais Shelly Pro 4PM – crédit Next

Bien que Shelly dispose d’une activité tournée vers le grand public (interrupteurs Shelly Gen4, modules pour tableau électrique de type Shelly Pro 1PM), c’est principalement le volet entreprises (BtoB) qui semble intéresser Schneider. L’acquéreur indique ainsi :

« L’acquisition permettrait d’associer la plateforme logicielle de gestion de l’énergie domestique de Shelly au leadership technologique de Schneider Electric dans les bâtiments résidentiels, les projets de rénovation et les petits bâtiments commerciaux ».

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