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Fin de partie pour la LPDDR4 Samsung, le Coréen arrêtera sa production cette année

21 avril 2026 à 09:34

La LPDDR4 Samsung sera bientôt de l’histoire ancienne et, à dire vrai, c’est probablement déjà le cas. Le fabricant coréen arrête la production de ce type de mémoire pour se concentrer sur la LPDDR5 plus récente.

Ce choix est compréhensible pour le fabricant, par définition la LPDDR4 Samsung serait, à priori, moins demandée dans les années à venir et sa production freine les profits de la société. Si certains acteurs du marché comptent sur ces mémoires plus anciennes pour tenter de tenir les prix à la baisse. Les mouvements récents d’AMD et d’Intel pour proposer de faire durer certaines architectures de leur catalogue capables de prendre en charge des composants DDR4 en sont un bon indice. La publication des spécifications de la LPDDR6 en juillet dernier pousse naturellement la mémoire vive plus ancienne vers la sortie. Reste que la tension sur ces composants est telle que tout mouvement de tension est susceptible de produire une catastrophe.

La LPDDR4 Samsung disparait au profit de la LPDDR5

La LPDDR4 Samsung disparait au profit de la LPDDR5

Le site sud-coréen « The Elec » annonce que Samsung devrait arrêter toute production de modules de mémoire vive dès cette année. La production de LPDDR4 Samsung a déjà baissé et surtout la marque n’accepte plus de nouvelles commandes. Ce qui laisse entendre qu’on peut d’ores et déjà parler de LPDDR4 Samsung au passé. Les clients ayant des besoins sur ces composants ont déjà probablement réservé l’entièreté de la production jusqu’à la fin de celle-ci.

Pour Samsung, la place occupée par ces lignes sera recyclée pour fabriquer de la LPDDR5. Les unités de production seraient ainsi modernisées petit à petit et les anciens composants recyclés. La demande en mémoire à plus basse consommation énergétique ayant explosé, qu’il s’agisse de LPDDR5 ou LPDDR5X, le changement peut se comprendre. Sans LPDDR5, les serveurs de centres de données ne peuvent pas se construire. C’est un château de cartes, sans mémoire vive de base, pas de vente de mémoire HBM encore plus rentable. Il est même possible que le constructeur conditionne la disponibilité de ses mémoires HBM à l’achat de mémoire LPDDR5 en « package » pour ses clients. Les débouchés pour les dernières générations de composants sont beaucoup plus larges et plus rentables à long terme que la LPDDR4 en fin de vie.

Et cela même si beaucoup de SoC ARM emploient encore de la mémoire vive de ce type. Des dizaines de millions d’appareils d’entrée de gamme qui inondent de nombreux marchés sont toujours équipés de ces puces. Beaucoup de produits industriels et de solutions de développement sont également équipés de LPDDR4. Le passage vers de la mémoire LPDDR5 peut évidemment se faire mais le secteur est largement en tension et on imagine mal Samsung faire des cadeaux de compensation à ses anciens clients.

La LPDDR4 Samsung pourrait devenir la LPDDR4 d’un autre

Par un jeu évident de vases communicants, les clients qui achetaient de la LPDDR4 Samsung vont donc devoir se tourner vers d’autres fabricants. On peut se douter que les plus gros producteurs de puces de mémoire vont ou ont déjà la même réflexion que Samsung. Leur objectif n’est pas de répondre spécifiquement à la demande de leurs clients mais de dégager le plus de rentabilité possible. S’il est plus intéressant financièrement d’abandonner ce type de mémoire vive, alors ils le feront probablement sans aucun scrupule.

Reste que le constructeur Coréen va relâcher la pression concurrentielle qu’il avait sur ces modules, ce qui pourrait permettre à d’autres acteurs de mieux s’y épanouir. En étant probablement un peu plus cher que Samsung avant le début de la crise de la mémoire. Mais en étant peut-être plus abordable que lui et susceptible de répondre à des cahiers des charges plus larges. La plupart du temps, les éléments que l’on ne peut pas adapter des lignes de production décommissionnées sont revendus à d’autres entreprises. Celles-ci s’emparent donc d’une technologie ancienne, mais toujours rentable. A eux de remettre en marche le tout dans une extension de leurs propres unités de production. On imagine donc assez facilement qu’une baisse de la capacité de fabrication annuelle de LPDDR4 Samsung sera compensée par une hausse chez un autre acteur du marché. 

On imagine également que si Samsung a fait ce calcul, ses principaux concurrents pourraient faire le même, ce qui serait à court terme une catastrophe pour la LPDDR4 et un retour à une offre plus abondante pour la LPDDR5.

CXMT à la rescousse ? 

Le fabricant de mémoire Chinois CXMT et son allié GigaDevice pourraient reprendre le flambeau. La LPDDR4 reste un élément majeur pour beaucoup d’acteurs. Difficile de trouver un smartphone abordable et confortable en mémoire en LPDDR5 aujourd’hui. Or dans beaucoup de pays, comme la Chine, il est devenu simplement impossible de vivre sans smartphone. À la fois moyen de paiement, carte de transport et preuve d’identité, l’outil est un composant essentiel dans la vie sociale du pays. Il est impossible d’imposer à sa population de se procurer un smartphone trop cher et le recours à des solutions LPDDR4 est donc indispensable.

CXMT pourrait augmenter sa capacité de production à 300 000 wafers par mois, les derniers chiffres annoncent pour le début de 2026 une production plutôt située autour des 240 à 250 000 wafers mensuels. Samsung propose entre 700 et 750 wafers par mois et SK Hynix environ 620 000. Si une partie de la production de l’un passe chez l’autre, cela pourrait dans un premier temps raréfier l’offre de mémoire LPDDR4 avant de la rendre, éventuellement, moins chère.

Source : Notebookcheck

Fin de partie pour la LPDDR4 Samsung, le Coréen arrêtera sa production cette année © MiniMachines.net. 2026

Samsung Electronics dégage 37 milliards de dollars au premier trimestre

14 avril 2026 à 11:10

Le cabinet d’analyse Coréen Counterpoint repris par Wccftech2 révèle les chiffres astronomiques liés au marché de la mémoire. Samsung Electronics a publié des résultats pour le moins étonnants pour ce premier trimestre 2026. Avec 57 200 000 000 de wons, ce qui correspond à 37.9 milliards de dollars US.


Cette hausse de 755% de chiffre d’affaires donne la mesure de l’impact de l’augmentation des prix de la mémoire vive depuis le début de la course à l’équipement des datacenters liés à l’IA. La division Samsung Electronics, à elle seule, propose en un trimestre un plus gros bénéfice opérationnel que celui de Samsung au global en 2025. Les bénéfices se décomposent en 37 milliards de dollars pour la DRAM et 13,4 milliards pour la NAND. Le précédent record de Samsung datait de 2018 quand son troisième trimestre dégageait un bénéfice de 18.9 milliards de dollars. Ce chiffre est battu de 167 %.

Si cette division particulière est la pièce maitresse du dispositif de la société Coréenne puisqu’elle fait depuis toujours la grande majorité de ses profits, cela propulse tout de même la firme dans une toute autre dimension. Le cabinet d’analyse de mettre en avant ces chiffres colossaux qu’il met en perspective avec le reste du marché. La firme devient beaucoup plus rentable qu’un Microsoft, TSMC, Meta, Amazon ou même Alphabet, la maison mère de Google. 

Il faut dire que la majorité des GAFAM ont eux-mêmes injecté des milliards dans les poches de Samsung Electronics pour leurs différents Datacenters liés à l’IA. Comme toujours dans les ruées vers l’or, les plus grands gagnants sont les vendeurs de pelles. Nvidia et Samsung ont dégagé des bénéfices incroyables ces derniers trimestres. 

Pour Samsung Electronics c’est également un moyen de rentabiliser des investissements réalisés à perte ces dernières années. La firme a certes moins misé sur la mémoire hyper-rapide HBM3 que certains de ses concurrents comme SK Hynix mais a profité à plein du désintérêt pour la DDR5 de la part de Micron (qui a carrément quitté le navire grand public en sabordant la marque Crucial) et SK pour ces composants pourtant indispensables au monde PC et smartphone. Résultat, au premier trimestre, la demande n’ayant pas changé sur ces postes, les prix ont flambé et un chiffre d’affaires incroyable a été réalisé.

Samsung Electronics

Samsung Electronics se frotte les mains, ses anciens partenaires beaucoup moins

Micron, SK Hynix et Samsung poursuivent leur politique de gestion opportuniste de la crise. Les trois marques ont largement commenté leur volonté de piloter leur production de manière à privilégier la mémoire HBM à destination des serveurs sans remettre l’accent sur la production de la DDR5. Les deux types de mémoire partageant les mêmes structures de production. Cela permet de produire des modules HBM très rentables et toujours demandés par les géants de l’IA d’un côté. Tout en proposant une offre de DDR5 largement en dessous de la demande de l’autre. Ce qui propulse les tarifs toujours plus haut. Les solutions mémoire commerciales les plus denses ayant atteint des tarifs inimaginables il y a encore un an.

Cette vision du marché est sans pitié pour les partenaires des marques qui se retrouvent dans des situations intenables. Apple a accepté une augmentation de 100% de ses prix par rapport à son précédent contrat. D’autres augmentations sont encore à venir, ce qui rend la commercialisation de matériel très compliquée pour les géants du secteur grand public et professionnels. Samsung va même plus loin en refusant de livrer sa division smartphone pour préserver sa rentabilité

Difficile de voir comment sortir de ce scénario. Pour les acteurs intermédiaires comme les fabricants de PC ou de tout produit qui embarque de la mémoire, la situation n’est pas simple. Leurs clients budgétisent leurs achats de manière réfléchie et vont donc refuser de dépenser des sommes absurdes dans un équipement qui ne coûte pas plus cher à produire hier qu’aujourd’hui. En face, les géants de l’IA dépensent sans compter avec des milliards de dollars subventionnés dans l’espoir d’un retour sur investissement à moyen terme. Au vu des factures astronomiques liées à l’implantation de ces datacenters – gestion énergétique, refroidissement, matériel informatique en général avec des puces toujours plus chères également – la facture mémoire reste toujours dérisoire. 

Tant que les clients du monde PC tenteront de se battre avec des gens qui n’ont pas peur d’investir des milliards à perte, la bataille des prix ne pourra pas être gagnée.

Micron abandonne mémoire et SSD grand public

Samsung Electronics dégage 37 milliards de dollars au premier trimestre © MiniMachines.net. 2026

Mémoire HBM3 : La demande multipliée par 600 en 2028 selon Michael Dell

13 avril 2026 à 14:29

S’il faut prendre les annonces du patron de Dell avec les pincettes de rigueur, il est directement concerné par l’évolution du marché, son annonce fait tout de même froid dans le dos. Selon lui, la demande de mémoire HBM3 va exploser.

Pour Michael Dell, la situation de la mémoire vive ne va pas s’améliorer à moyen terme mais, au contraire, largement empirer. Son analyse est simple, la demande actuelle en mémoire vive est liée à la gourmandise des centres de données d’IA. En 2022, chaque serveur DGX H100 de Nvidia employait 80 Go de mémoire HBM3 ultra-rapide. C’est la production de cette mémoire qui a détourné les trois principaux fabricants mondiaux du secteur de la DDR5 destinée aux ordinateurs classiques. 

mémoire HBM3

Une demande de mémoire HBM3 en très forte hausse

Or pour Michael Dell, le besoin en mémoire des futures solutions IA suivrait une augmentation régulière pour atteindre 2 To de mémoire HBM en 2028. Une augmentation tirée d’une extrapolation linéaire très « mathématique » donc. Basée sur le trait rectiligne d’une progression régulière. 2 To par serveur équivaudrait à une augmentation explosive des besoins de cette industrie. Cette augmentation liée à une évolution des centres de données actuels et à la création de nouveaux datacenters serait sans commune mesure avec les anticipations de production de mémoire estimée. Et cela malgré des investissements dans de nouvelles usines de production.

Si un tel scénario se réalisait, la demande de mémoire HBM3 ne baisserait pas à l’horizon 2028-2030 mais se positionnerait au contraire dans une énorme augmentation. Les besoins seraient d’ailleurs tellement énormes pour cette mémoire HBM qu’il est plus que probable que le marché de la DDR5 « classique » soit alors complètement abandonné par les fabricants. Assechant ainsi le marché des ordinateurs censés « consommer » les services d’IA en question.

La vision de Michael Dell est très technocentrée.

Ce scénario est évidemment catastrophique mais il n’est pas certain qu’il se réalise. D’abord parce que la multiplication mathématique des besoins futurs en suivant les chiffres du passé n’est pas une science fiable. Beaucoup considèrent que ces 2 To de mémoire HBM3 par serveur n’est pas du tout une anticipation réaliste. Mais surtout parce que cela semble tout simplement intenable. Si je ne suis pas spécialement optimiste pour le marché des composants, la vision du patron de Dell gomme pas mal de mouvements de fond notables qui ont lieu en ce moment. Un tassement des investissements dans l’IA. Des modèles qui commencent à montrer des signes de faiblesse. Une économie totalement incertaine et des contrats passés entre divers acteurs qui ne semblent pas se concrétiser. Si on ajoute à cela des prix qui enfleraient en conséquence avec une demande en constante augmentation des mémoires HBM3 et suivantes, le scénario semble finalement peu crédible.

Sur le terrain, on parle également de nombreuses problématiques d’implantation avec d’énormes « besoins » de datacenters mais de gros problèmes d’infrastructures, notamment en matière d’eau et d’énergie, pour les réaliser. Si on ajoute à cela un monde où, à peine construits et pas du tout rentabilisés, certains datacenters deviendraient immédiatement obsolètes. Nécessitant à nouveau des capitaux colossaux pour être mis à jour avec toujours plus de mémoire et de nouveaux processeurs, on n’est pas très loin d’une vision purement technique du futur. Une vision débarrassée de toute notion d’économie et de politique.

Il n’est pas certain que le marché réagisse aussi mathématiquement que l’imagine le patron de Dell. Certains investisseurs vont peut-être réfléchir à deux fois avant de réinjecter quelques dizaines de milliards supplémentaires dans des centres de données déficitaires. Il est également possible que la future crise du prix de l’énergie qui se prépare fasse changer d’optique de nombreux investissements. Si le prix de l’énergie continue à monter et à manquer, faire tourner un datacenter déjà non rentable deviendra un cauchemar financier assez proche de celui rencontré par les mineurs de crypto-monnaies il y a quelques années.

Si la demande de mémoire ne risque pas de baisser à moyen terme, l’avenir d’un monde informatique totalement dévolu à l’usage des IA n’est pas aussi évident. Le marché a besoin de smartphones et d’informatique généraliste. L’en priver serait une véritable catastrophe.

source : notebookcheck

Mémoire HBM3 : La demande multipliée par 600 en 2028 selon Michael Dell © MiniMachines.net. 2026

Trigkey : première marque tuée par la pénurie de RAM ?

10 avril 2026 à 12:00

Trigkey accompagne le marché des minimachines depuis fort longtemps. Si la marque n’a jamais eu de grands coups d’éclat en termes de développement ou d’innovation, elle propose depuis des années des engins solides et fiables.

En octobre 2025, j’écrivais que le Trigkey Key-N150 était peut-être la meilleure minimachine du genre sur le marché. Une solution sobre mais efficace proposée à un prix plus que correct. 189€ pour un MiniPC avec un Intel N150, 16 Go de mémoire et 512 Go de stockage. Rien de fou, mais un engin bien maîtrisé, parfait pour une solution bureautique et multimédia avec de bonnes capacités d’évolution.

Seulement dès novembre 2025, les stocks de la marque ont commencé à battre de l’aile. Au mois de décembre déjà, beaucoup de références avaient totalement disparu. Aujourd’hui, ce sont l’ensemble des entrepôts qui sont vides. Trigkey ne vend pas en direct, ses pages pointent vers les entrepôts de différentes antennes locales d’Amazon. Et toutes listent des catalogues désespérément vides. La page japonaise a disparu, la page allemande ne propose plus aucune référence et celle d’Amazon US l’est tout autant. En France ce n’est pas mieux, là encore, aucune machine n’est stockée.

Trigkey

Trigkey est une sous-marque, fabriquée par Shenzhen AZW Technology qui est derrière une autre gamme de produits bien plus connue, à savoir Beelink. Les deux ont d’ailleurs partagé les mêmes designs de MiniPC pendant des années. Beelink étant proposé un peu plus cher en général parce qu’équipé de composants de meilleure qualité. Quand Trigkey embarquait de la mémoire et du stockage noname, Beelink garantissait des produits Crucial. Mais les MiniPC étaient techniquement les mêmes et seul le logo inscrit sur leur coque les différenciait.

Ces deux dernières années cependant, on a pu voir que Beelink montait en gamme en communiquant sur son savoir faire. Avec des choix différents d’un point de vue technique. L’abandon des coques en plastique pour des modèles en aluminium. Des évolutions de marché avec des MiniPC NAS, de la communication autour de ses avancées techniques, la publication des BIOS de ses engins, des processeurs plus rapides. Des développements de nouvelles solutions de refroidissement et la poursuite d’un engagement avec Micron. Dans le même temps, Trigkey restait enfermé sur des modèles plus entrée de gamme. Quand Beelink s’épanouissait en allant même jusqu’à proposer de la vente en direct. Trigkey s’étiolait en resserrant ses références à quelques modèles seulement, sans plus aucune évolution ni de design ni de compétences.

Trigkey est soit morte, soit en sommeil

Est-ce que ce choix d’un abandon de la marque a été motivé par la nouvelle politique « Pro Beelink » du fabricant ? C’est possible. Mais d’après plusieurs échos, les évènements liés à la pénurie actuelle de composants et l’augmentation des prix de la mémoire et du stockage rendent le modèle « Trigkey » beaucoup moins pertinent. Avec des MiniPC d’entrée de gamme qui misent beaucoup sur un prix d’appel pour séduire, subir une augmentation de prix trop importante rend l’approche de la marque totalement contre-productive. Shenzhen AZW Technology aurait préféré ne plus alimenter cette branche que d’essayer de lutter avec les produits no name. Cela serait trop couteux en ressources et en liquidités de remplir les stocks de différentes places de marché à travers la planète.

Trigkey avait parfois une manière particulièrement fine de faire de la retouche d'images.

Trigkey avait parfois une manière particulièrement fine de faire de la retouche d’images.

Trigkey est donc soit morte, soit en sommeil. La marque est toujours là mais sans stock ni visibilité à court terme. Mon petit doigt me dit que d’autres pourraient suivre. Les entreprises qui ont vécu les années 2023/2025 avec des produits tout juste rebadgés et vendus en masse sans grand effort de développement ni d’innovation auraient de plus en plus de mal à tenir l’équation d’une rentabilité. Avec des composants mémoire, stockage et même des processeurs complexes à trouver, beaucoup plus chers à l’achat et des acheteurs moins enclins à craquer pour un MiniPC à 360€ qu’à 180€… Certains seraient déjà en train de chercher d’autres produits à distribuer.

Trigkey : première marque tuée par la pénurie de RAM ? © MiniMachines.net. 2026

AMD et Intel font durer la DDR4 pour contrer la pénurie

8 avril 2026 à 10:37

Le prix de la mémoire explose, la DDR5 est au plus haut, la DDR4 lui a emboîté le pas. Gros point fort pour cette dernière. Elle est massivement déjà en place sur la grande majorité des PC. Pour faire face à la crise actuelle, les deux géants que sont AMD et Intel n’ont pas beaucoup de solutions. Une d’entre elles est de ne pas tout changer.

Une barrette de DDR4 DIMM

Et ne pas changer choque en informatique. Tout le monde a été biberonné par un discours de mise à jour technique et d’obsolescence permanente. Les constructeurs comme les fondeurs de puces ont tous fait de la rythmique cadencée et annuelle de leurs produits un tempo à suivre pour rester au meilleur niveau. Reste que derrière ces annonces de gain de productivité et d’efficacité permanentes, les usages réels n’ont pas forcément progressé partout. Dans le monde de l’entreprise par exemple, certains réflexes d’évolution sont plus comptables que techniques. On change parce que c’est le bon moment, parce que tout est amorti, parce que les concurrents ont changé ou par peur de ne plus être à la page. Mais derrière, on ouvrira la même suite bureautique et on enverra les mêmes mails sans tirer beaucoup plus de mémoire ou de puissance du processeur.

Intel et AMD le savent, ils ont donc bien compris qu’il était possible de faire durer leurs gammes avec un peu de cosmétique pour répondre à des besoins d’entreprise. Le programme pour 2026 semble donc se confirmer avec le retour de certaines générations de puces.

Chez Intel par exemple, on va retrouver des puces Core de 14ème génération. Des modèles « Raptor Lake Refresh » qui vont faire un tour de piste supplémentaire sur leur plateforme LGA1700. Le fondeur a confirmé la poursuite de leur production en parallèle des nouvelles puces Panther Lake. L’info vient de Robert Hallock, un des vice-présidents et le directeur général du marketing technique client chez Intel. 

La raison est assez simple, les puces sont tout à fait suffisantes pour piloter un ordinateur classique en 2026. Si certains usages vont aller chercher un rendement le plus efficace possible, énormément d’autres utilisateurs n’effleurent qu’à peine les capacités de calcul de ces processeurs. Qu’il s’agisse de particuliers ou de professionnels, une grande majorité des processeurs en 2026 ne sont pas exploités à leur plein potentiel. 

Les avantages de ces processeurs Raptor Lake Refresh pour Intel comme pour les clients. D’abord ils sont gravés en Intel 7 ce qui ne les fait  pas entrer en concurrence frontale avec les lignes de production 18A. Les deux gammes peuvent être produites en parallèle. Les puces Arrow Lake-S, de nouvelle génération, profitent de cœurs toujours produits par TSMC mais dans un agglomérat de tuiles assemblées ensuite par Intel. Rien qui ne va empêcher leur production. Au contraire, cela permet de rentabiliser à plein les lignes Intel 7 pendant cette période compliquée.

Cela permet également de profiter de deux éléments techniques importants. Raptor Lake Refresh est à la fois monté sur un socket LGA1700 mais il est également capable de prendre en charge la mémoire DDR4 comme la DDR5. Pour Intel, c’est une aubaine en ce moment. Qu’il s’agisse d’assembleurs ou de clients finaux, conserver cette plateforme signifie pouvoir faire évoluer des millions de PC d’une puce à l’autre sans avoir à tout changer. Cela permet également de faire durer des bases techniques plus longtemps : cartes mères, systèmes de refroidissement et même alimentations ajustées au maximum pour des machines de grandes marques internationales. 

Le maintien de la mémoire DDR4 va également permettre d’alléger la note en cas de transition. Un contact qui gère une société de recyclage de machines d’entreprises, dont le travail consiste à proposer des certificats de destruction de données pour les flottes de PC d’entreprise d’un côté et la revalorisation de ces machines auprès d’un nouveau public de l’autre, me confiait que le marché avait bien changé ces derniers mois. Moins de machines disponibles, des engins en moins bon état et surtout… plus de mémoire vive à bord. Toutes les barrettes de RAM étaient désormais conservées par les entreprises alors qu’elles étaient laissées en place auparavant.  Non seulement la source se tarit, mais les machines qui lui parviennent ne sont plus aussi facilement recyclables.

Et on comprend que pour une entreprise avec un service informatique qui peut recycler la mémoire vive de ses postes, la dépense technique peut être beaucoup plus basse avec un processeur Raptor Lake Refresh. On pourra éventuellement juste changer la puce, mais si l’achat d’un poste neuf est obligatoire, il pourra être choisi sans mémoire vive en recyclant simplement celle existante. Même en ne considérant que l’achat d’un PC neuf, la DDR4 reste beaucoup plus disponible et moins chère que la DDR5 actuellement.

Et M Hallock de préciser que les fabricants de cartes mères allaient proposer des plateformes originales, capables de prendre en charge à la fois de la DDR4 et de la DDR5. ASRock serait déjà sur les rangs et d’autres devraient suivre2. Dans tous les cas, l’usage d’un Raptor Lake Refresh avec de la DDR4 ne changera pas grand-chose pour un utilisateur lambda. Même pour un utilisateur expert, à vrai dire. La majorité des usages ne sera pas si différente d’une machine à l’autre à l’œil nu. Si les logiciels de benchmarks attesteront bien d’une différence insupportable à certains, il leur sera toujours possible de dépenser les sommes nécessaires pour réunir le meilleur de chaque composant.

Au vu du contexte actuel, je doute que tout le monde ait envie de changer un PC acheté au début 2025 avec 32 Go de DDR4 pour une bouchée de pain pour un modèle similaire avec 32 Go de DDR5 pour un énorme morceau de brioche.

Sans concession jusqu'à ce que la mémoire vive disparaisse.…

Chez AMD, même combat pour le maintien de la DDR4

On avait vu un premier recul dans la course au « toujours plus » il y a quelque temps. AMD avait en janvier commencé par dire que finalement, employer de la mémoire vive en DDR5-4800 par rapport à de la mémoire vive DDR5-6000 ce n’était pas si grave. Que les gains étaient en dessous de 2% sur la totalité des scénarios en jeu. Un changement de discours qui apparaissait alors que les prix des mémoires les plus performantes s’envolaient à toute vitesse.

AMD annonce désormais qu’il va faire jouer les prolongations à sa plateforme AM4. Une vétérante du monde PC, ce qui n’est pas un défaut. AM4 est sortie en 2016 et fête donc son dixième anniversaire. Elle a connu les microarchitectures du renouveau de la marque : Zen, Zen+, Zen2 et Zen3. Ce socket est ultra rentabilisé et profite d’un énorme parc installé même si tous les chipsets ne seront pas forcément compatibles avec les dernières puces déployées. 

Pour AMD la transition repose sur une stratégie de rafraîchissement de ses gammes avec des puces mises à jour en ajoutant de la mémoire à bord des processeurs. La fameuse technologie 3D V-Cache. Les puces sont boostées avec plus de cette mémoire cache ajoutée littéralement par-dessus la puce. Un empilement qui donne droit à cette fabuleuse trouvaille marketing « 3D V-cache ».

On retrouve, par exemple, le tout nouveau Ryzen 5 5500X3D, une puce développant six cœurs Zen 3, pour douze Threads avec des fréquences allant jusqu’à 4 GHz et surtout un cache L3 de 96 Mo. Le tout est gravé par GlobalFoundries en 12 nm. Pas le processeur le plus sexy sur le papier, mais qui fera un excellent boulot de transition pour cette période 2026 très compliquée. Un de ses atouts majeurs ? La prise en charge de mémoire DDR4 jusqu’à 128 Go en double canal. Un CV qui lui donne une place de choix pour venir remplacer un processeur vieillissant dans une tour sans avoir à tout changer à l’intérieur.

Vous l’aurez compris, quand le marché va mal, les marques changent de perspective. D’un positionnement poussant vers un futur de performances toujours plus élevées, elles s’intéressent désormais également à un présent beaucoup plus réaliste. Il vaut mieux vendre des puces sur une plateforme plus ancienne et moins glamour, compatibles avec des technologies déjà en place, plutôt que de ne rien vendre du tout.

Source : Wccftech

AMD et Intel font durer la DDR4 pour contrer la pénurie © MiniMachines.net. 2026

DDRgate² : Une nouvelle augmentation de 30% de la DDR5

6 avril 2026 à 09:33

S’il y a quelques jours certains ont cru lire une baisse de tarifs sur la mémoire vive à cause d’une stagnation de l’augmentation de celle-ci chez les concurrents, c’était sans doute par trop d’optimisme. Samsung préparerait une augmentation de 30% de ses prix sur ses composants de mémoire vive pour ses prochains contrats.

Tu auras une augmentation toi ?

Tu auras une augmentation toi ?

Tout le problème est dans le paradoxe créé par la distance entre le producteur et le consommateur d’une seule partie de la production. Quand un marchand baisse son tarif de vente au détail de barrettes de mémoire après l’avoir augmenté pendant des semaines et des semaines, cela ne veut pas dire que la mémoire baisse. Cela veut dire que le public susceptible de lui acheter ses composants se heurte à un prix qu’il n’accepte plus. Le marchand baisse alors son tarif s’il a du stock ou le laisse tel quel s’il n’en a plus. Cela n’est pas une baisse de prix de production, c’est une baisse de prix de distribution.

À l’autre bout de la chaîne, le schéma est différent et Samsung nous le rappelle. La division mémoire de la marque serait en train de négocier une hausse de 30% de ses tarifs actuels. Le site Coréen ETNews rapporte que les différents acteurs qui chercheraient des contrats d’approvisionnement à long terme devraient s’engager sur ce nouveau tarif pour obtenir les précieux composants. Malgré les augmentations de production de Samsung sur ce segment, la demande continue d’être largement plus forte que l’offre.

David Bayley sur Twitter

David Bayley sur Twitter

Cela veut dire que les centres de données et d’IA qui veulent de la mémoire, mais également les fabricants de portables, de smartphones et autres fabricants de barrettes de mémoire vive, doivent provisionner leurs achats en acceptant de payer ce tarif plus élevé afin d’être certains d’obtenir une part de la production. S’ils ne s’engagent pas, ils récupéreront les invendus. C’est-à-dire les miettes de la production éventuellement disponible et à un prix inconnu. Comme il est impossible de fonctionner de manière industrielle avec la fourniture de composants de cette manière, impossible de compter sur la livraison d’un nombre de puces variables à un prix variable quand on doit piloter une usine d’assemblage, cela pousse tous les acteurs à signer des contrats avec le fabricant.

Et donc, de fait, cela provoque une augmentation de 30% pour tous les grands acteurs du marché. Si une partie du public ne semble plus d’accord pour payer cette augmentation et a donc décidé de faire le dos rond le temps que les choses se calment. Les industriels n’ont pas cette possibilité. Ils ne peuvent pas décider de ne pas fabriquer de produits sauf à fermer des usines, licencier du personnel, réduire leur chiffre d’affaires et perdre des parts de marché.

Une augmentation globale des prix pour toutes les mémoires

Les signatures de contrats à long terme pour la mémoire HBM pour serveurs et DDR pour tout type de PC n’ont pas baissé, au contraire. Si les clients finaux que sont les particuliers et les entreprises serrent les dents et refusent parfois d’investir. D’autres géants n’hésitent pas à se positionner sur ces marchés. Remplissant les cases libérées par le segment grand public. Cela risque de poser de nouveaux problèmes à moyen et long terme avec des envolées marquées de tarifs d’un côté pour les PC et smartphones, mais également de gros soucis de disponibilité réelle en magasin de ces composants. Aux dernières nouvelles, les livraisons de barrettes de mémoire correspondent à 40% des commandes. Autrement dit, certains marchands qui achètent 100 barrettes ne sont livrés que de 40 modules. 

Evidemment, les deux autres principaux fabricants de mémoire et concurrents de Samsung, sont dans la même situation. Micron comme SK Hynix prévoient eux aussi une hausse de tarifs pour ce second trimestre pour les contrats à long terme.

Source Notebookcheck

Une stabilisation de la mémoire vive plutôt qu’une baisse

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