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Framework pousse son Desktop vers le Ryzen AI Max+ Pro 495 et 192 Go de mémoire

23 juillet 2026 à 10:29

Vous reconnaissez le MiniPC Framework Desktop avec sa façade modulaire et son gabarit de 4.5 litres. L’engin a été lancé en février 2025 avec la première génération de processeurs Strix Halo. Les fameux Ryzen AI Max+ Pro 395 secondés par un maximum de mémoire vive.

Desktop

En 2026, AMD lance le Ryzen AI Max+ Pro 495, une version améliorée du 395 avec quelques poussées de performances assez marginales. La structure est identique avec toujours une architecture Zen 5 développée sur 16 Coeurs et 32 Threads et le circuit graphique Radeon 8065S. Les fréquences ont été très légèrement optimisées de 100 MHz et cela se ressent avec des performances qui ne décollent que très marginalement de l’offre 395…

Mais alors pourquoi passer le Framework Desktop en Ryzen AI Max+ Pro 495 ? Parce que la vraie nouveauté de cette puce est dans l’explosion de sa capacité de gestion mémoire. Si le 395 est capable de manger 128 Go de LPDDR5X au petit-déjeuner, le 495 peut avaler jusqu’à 192 Go de RAM. Un « détail » qui va permettre d’avaler tout cru des LLM beaucoup plus larges pour une exploitation d’IA locale.

Le Framework Desktop à son lancement en février 2025

Le Framework Desktop à son lancement en février 2025

Il sera donc possible de commander cette nouvelle version du Desktop avec 192 Go de LPDDR5X en échange, bien entendu, d’une jolie somme. La marque n’a pas précisé de prix pour le moment, mais elle n’a pas cessé d’augmenter les tarifs de ses engins au fil des mois pour faire face à la hausse des composants. La version 395+ 128 Go est ainsi passée de 2000$ en début d’année 2025 pour son lancement à 3449$ aujourd’hui.

Le Framework Desktop aujourd'hui

Le Framework Desktop aujourd’hui

L’exemple du Framework Desktop montre que le marché s’auto-sabote

Le marché local fait donc lui aussi le pari de la mémoire vive et assèche également l’offre de mémoire dont il dispose. Non pas que ce soit le plus gourmand par rapport à la production actuelle. Les centres de données IA sont beaucoup, beaucoup plus demandeurs. Mais des engins de ce type participent à creuser la propre tombe du secteur. Le volume des ventes de Framework sur cette machine doit être marginal par rapport aux Top 10 des fabricants de PC… mais la majorité de ces fabricants vont ou ont déjà emboîté le pas de la même stratégie. 

Paradoxalement, alors que la mémoire vive est à son tarif le plus haut, les engins de ce type se vendent beaucoup moins bien avec peu de mémoire. C’est finalement assez logique, l’offre PC est très onéreuse en ce moment et acheter un engin avec 32 Go ne résoudra rien de spécial niveau usage par rapport à un engin de la génération précédente. Par contre, la même machine avec 128 ou, désormais, 192 Go de mémoire vive, est beaucoup plus intéressante puisqu’elle ouvre les portes d’une exploitation d’IA locale. Avec 128 Go vous pouvez construire 8 machines équipées de 16 Go, avec 192 Go ce sont 12 machines qui peuvent sortir d’un atelier de montage. Autrement dit, l’augmentation des capacités de gestion de la mémoire vive du Ryzen AI Max+ Pro 495 va encore plus limiter la production de PC globale.

Par ces nouveaux usages, l’IA étouffe littéralement à petit feu le marché d’un PC personnel classique. Le fait que les sociétés qui font ce marché foncent dans ce déploiement spécifique est totalement compréhensible, mais cela va tendre encore plus fortement les stocks. Et, par effet rebond, pousser encore plus les prix à la hausse. Un effet dont se plaint en permanence Framework puisque cela affecte son secteur d’activité principal par la hausse constante des prix. La dernière mise à jour de leur blog à ce sujet date… d’hier.

Et oui, le serpent se mord la queue.

Framework pousse son Desktop vers le Ryzen AI Max+ Pro 495 et 192 Go de mémoire © MiniMachines.net. 2026

Le tarif de la Steam Machine pourrait bientôt augmenter

21 juillet 2026 à 15:14

Le tarif de la Steam Machine a fait grincer des dents à sa sortie. Prévu à 750$ lors de sa conception en version 512 Go, l’engin est sorti finalement à 1049$ aux US, 1039€ en Europe. Et ce prix pourrait être revu à la hausse.

tarif de la Steam Machine

Les fluctuations actuelles des tarifs des composants affectent à la hausse le prix de fabrication des différents matériels et les solutions de Valve sont affectées au même titre que les autres. On l’a vu ces derniers mois, de nombreuses marques ont augmenté petit à petit le prix des composants, mais les fabricants de PC ont également largement révisé leurs prix à la hausse. L’aperçu que l’on a pu avoir des différents portables qui seront proposés à la rentrée de septembre laisse entendre une augmentation massive du panier moyen pour de nombreux produits : PC complet, portables, SSD, mémoire vive et processeurs. Un ordinateur portable proposé à 800€ il y a un an tourne désormais autour de 1600€.

Le prix de la Steam Machine a donc certes déjà augmenté par rapport aux prévisions initiales de Valve mais l’inflation des composants ne s’est pas arrêtée entre-temps. Lors d’une interview avec Bloomberg, un ingénieur de Valve nommé Yazan Aldehayyat a fait quelques commentaires sur le sujet.

tarif de la Steam Machine

Le tarif de la Steam Machine pourrait donc repartir à la hausse

Il explique que si Valve avait bien pris en compte les difficultés d’approvisionnement des composants nécessaires à la fabrication des matériels, elle s’est néanmoins laissée surprendre par l’ampleur de la crise. Celle-ci s’étend bien au-delà de ce qu’elle avait prévu. Et surtout, elle empire encore plus. Selon lui, les prix que les particuliers voient en magasin sont en retard de plusieurs mois – de 3 à 6 – sur le prix d’achat de gros. Il y a une très logique temporisation entre le moment où un fabricant de mémoire vive achète ses puces. Il faut les stocker, les assembler, les emballer puis les expédier vers les divers centres de distribution et grossistes. Il y a ensuite un délai de vente sur ces modules de mémoire parce qu’avec la montée des prix, les clients ne se bousculent pas forcément. Ce qui provoque un délai entre le prix d’achat des barrettes en magasin et le cours du jour dont dépend un acteur comme Valve qui va acheter en gros au prix du marché DDR5 et GDDR6.

Si cette explication doit être tempérée, notamment parce que toute la chaîne adapte ses prix en fonction des tarifs de gros et peut évaluer à la hausse comme à la baisse son stock de mémoire sans qu’elle ne quitte ses étagères. Le prix d’achat que connaissent les fabricants est souvent plus élevé en ce moment que celui des particuliers. Et cela malgré leurs volumes. Elles sont même rendues plus délicates à cause de ce volume, le fait de demander des quantités importantes de composants n’aide pas à négocier, au contraire..

Yazan Aldehayyat explique donc que les dernières hausses des composants sont pour le moment invisibles et ne se répercuteront qu’à la rentrée. On a déjà eu l’occasion de le deviner chez certains constructeurs, mais la tendance va encore plus se faire ressentir. Ce que sous-entend ici l’ingénieur de Valve est assez clair. Le tarif de la Steam Machine pourrait également suivre la hausse globale des prix et augmenter à son tour. Dans tous les cas, ce mouvement sera inéluctable si les tarifs des composants continuent de monter. Valve ne prévoyant pas de jouer au philanthrope dans les années à venir, le prochain lot de ses consoles de salon pourrait être plus cher que les premières. Aujourd’hui, la petite machine de salon est toujours disponible… mais sur liste d’attente.

 

HP France : vers une forte augmentation des tarifs

Le tarif de la Steam Machine pourrait bientôt augmenter © MiniMachines.net. 2026

Omdia confirme la baisse des expéditions de PC aux US

2 juillet 2026 à 10:33

Omdia annonce des chiffres assez durs. De crise en crise, le marché de l’informatique personnelle accuse encore le coup. Après le COVID, après les cryptos, le secteur est désormais confronté à une augmentation de tarifs de ses composants clés : mémoire vive bien sûr, mais aussi cartes graphiques, stockage et processeurs. Les centres de données aspirant au prix fort la production mondiale de tout ce qui embarque un peu de silicium.

Le résultat sur le terrain se traduit par une érosion très nette des livraisons de PC. Une baisse de 7% pour ce premier trimestre 2026 d’après le cabinet d’analyse Omdia. Un recul très fort avec 15.8 millions d’ordinateurs expédiés, tous types confondus et hors marché tablette. On n’avait pas vu un tel recul depuis 2023 et son troisième trimestre.

Si Omdia met en lumière la crise actuelle des composants, d’autres facteurs sont probablement à l’œuvre. L’inflation générale des prix, l’incertitude géopolitique et bien sûr la problématique de la hausse du carburant. Un cocktail qui empêche probablement d’investir aussi facilement qu’auparavant dans un nouveau PC. C’est probablement pour cela que le secteur des particuliers est en plus net recul (-9.5%) que celui des pro (-5%).

Les entreprises ont également été plus fortement et directement incitées à finir leur basculement de Windows 10 à Windows 11 tandis que les particuliers ont trouvé des alternatives : soit en restant sous Windows 10, soit en basculant sous Windows 11 malgré les réticences microsoftiennes ou en changeant de système. Les directeurs informatiques des grandes entreprises ont également su lire le marché et comprendre la hausse pour anticiper peut-être un peu plus les augmentations à venir. Le marché pro est souvent dans l’anticipation en prévoyant les changements de marché alors que celui des particuliers est dans la réaction. Le grand public n’investit souvent qu’en cas de panne.

Le fait que le prix moyen des machines augmente de mois en mois est probablement un autre facteur de différenciation entre pros et particuliers. Omdia indique que ce premier trimestre a vu les prix augmenter de 4% supplémentaires en moyenne. Mais cette moyenne n’est probablement pas du tout la même sur les deux segments. Si les PC bureautique classiques n’ont pas beaucoup bougé, les machines plus musclées et en particulier le segment réservé aux joueurs et à la création a explosé. Cette hausse devrait se poursuivre et rajouter encore 12 % supplémentaires en moyenne pour le second trimestre. La fin des contrats de livraison de mémoire et stockage encore existants chez les grands fabricants ayant pris fin entre mai et juin, les prix de rentrée des ordinateurs vont probablement atteindre des sommets en septembre.

Omdia note des disparités assez fortes chez les marques : HP est en plein naufrage avec une baisse de 21.6% de ses livraisons sur ce trimestre. Dell en profite pour devenir leader du marché US avec une légère croissance de 1.1% pour atteindre un quart des livraisons du pays. Lenovo le tenaille avec une hausse de 1.2% pour s’accaparer 20% des livraisons. Apple dévisse de 1.6%, Acer  de 5.6%…

Les prévisions d’Omdia sont pessimistes pour 2026 avec une baisse de presque 15% des livraisons sur l’année entière. Cela reflète mécaniquement les problèmes de disponibilité des composants et les actions menées par différentes marques. Plusieurs fabricants m’ont confirmé en off que leurs contrats de livraison de mémoire n’étaient livrés qu’à 40% de ce qui était commandé. Sur 100 modules attendus, ils n’en recevaient que 40. Ce qui pose évidemment un problème de fabrication et donc de livraison. La parade la plus simple a été de diviser la mémoire pour mieux al répartir. Ce qui explique le choix de certaines marques de multiplier les machines en 8 Go de mémoire vive et pourquoi Microsoft trouve que finalement 8 Go cela suffit pour faire tourner Windows 11. Les grands fabricants préfèrent largement proposer deux machines en 8 Go plutôt qu’une seule en 16 Go de DDR5.

Cela explique également pourquoi le gouvernement US a finalement normalisé en quelques mois les relations entre ses marques de PC US et les nouveaux fabricants de mémoire vive chinois auparavant sur liste noire. Il y a clairement le feu au lac et deux sociétés qui ont passé des accords d’achat avec le Chinois CXMT sont HP et Apple, deux marques en baisse de livraisons.

omdia

Omdia et la boule de crystal ?

Le reste de l’analyse d’Omdia est à prendre avec des pincettes. On ne voit pas trop pourquoi le marché pourrait reprendre des couleurs en 2027 avec une hausse estimée à +10% ce qui ferait tout de même une augmentation des livraisons de 24% par rapport à 2026… La plupart des acteurs semblent confirmer que l’année prochaine ne sera pas une année de rupture en termes de prix sur les composants. Que l’appétit des ogres de l’IA ne sera pas encore rassasié. Quant aux années 2028,; 2029 et 2030, cela ressemble plus à une manière de rassurer le marché qu’autre chose. Bien malin sera celui qui pourra anticiper à 4 ans quelque chose en informatique.

omdia

Omdia fait par contre un autre constat, celui d’un secteur qui s’oriente vers des prix plus élevés. Ce n’est ici pas forcément difficile à anticiper quand on voit qu’un engin comme la Steam Machine de Valve avait été anticipée à 750$ par ses ingénieurs et a dû finalement sortir au-dessus des 1000$. Les prix montent en flèche pour tout le monde et les nouveaux contrats sur les composants ne vont pas aider à améliorer la situation.

Il ne faut pas oublier que pour le moment le marché est pris dans une guerre aux moyens totalement asymétriques. Comme je vous l’expliquai en début de crise, augmenter les tarifs a un impact direct pour les marchands de PC. Celui que l’on voit ici. Au-delà d’un certain prix, les acheteurs ne veulent plus investir et changer de matériel. En face, les centres de données n’ont absolument aucun problème pour faire monter les enchères. La course à l’armement des IA se poursuit avec un budget illimité et sans contrainte de vendre les produits achetés à qui que ce soit. Même en augmentant leurs prix pour pouvoir acheter plus de mémoire vive aux fabricants, les marques PC traditionnelles ne pourront jamais rattraper les portefeuilles sans fond des investissements IA. 

DDRGate : Il ne faut pas penser sur le temps court

Omdia confirme la baisse des expéditions de PC aux US © MiniMachines.net. 2026

Mémoire vive : Entente entre les différents acteurs ou capitalisme classique ?

30 juin 2026 à 10:57

Aux USA, il est possible pour un particulier d’attaquer un géant industriel dans un tribunal classique. Il suffit de trouver un cabinet d’avocats pour vous défendre et de le payer pour cela. Il arrive également que certains avocats vous défendent gracieusement en espérant toucher une part importante des éventuels dommages qu’un tribunal pourrait ordonner.

C’est ce qui a été fait aux USA avec plusieurs plaignants, principalement des particuliers mais également quelques assembleurs, qui ont déposé une plainte contre Samsung, SK Hynix et Micron concernant l’envolée des prix de la mémoire vive. Cette « entente » supposée se base sur des constats.

– L’augmentation de la production de mémoire HBM au détriment de la DDR5. Cette mémoire très rapide est une demande des centres de données en général. Dernièrement, la demande des IA a fait exploser les compteurs. La production de cette mémoire employant des technologies proches de la fabrication de DDR5 grand public, cela a mécaniquement diminué la production de cette dernière. Un acteur comme SK Hynix a ainsi largement réduit la voilure de sa production de mémoire « PC » et a organisé celle-ci pour suivre la demande de mémoire « serveur ». Un choix qui visait à augmenter sa rentabilité. Les mètres carrés dans des usines sont précieux et chaque espace gagné par la HBM occupe forcément ceux précédemment acquis à la production de DDR5.

– La segmentation de la production de DDR5 vers de nouveaux acteurs. Il y a encore un an, le plus gros de la production mémoire vive était absorbé par les géants traditionnels du monde PC. Lenovo, HP, Dell, Apple, Acer, Asus, MSI… mais également déjà des constructeurs de solutions serveur. Désormais les marques qui fabriquent des ordinateurs personnels n’ont plus droit qu’aux restes de la production. Ce que les centres de données ne peuvent pas absorber. Les fabricants de mémoire vive qui distribuent des solutions mémoire à assembler aux particuliers ramassent les miettes. Les contrats passés sont terminés et les fabricants de PC comme les assembleurs sont en pleine disette sur ce composant pourtant central. Environ 70% de la mémoire vive produite dans le monde part désormais vers les centres de données. Il ne reste que 30% pour le marché « PC ». En 2024-2025 les chiffres reflétaient une distribution totalement inversée.

– Un changement de paradigme total. En 2023 et même en 2024, la majorité des composants mémoire DDR5 étaient vendus soit à perte, soit avec des marges ridicules. Les prix n’avaient jamais été aussi bas. Les fabricants de PC profitaient d’une offre concurrentielle très abondante pour aller vers le plus offrant. Quand de nouveaux clients ont proposé d’acheter, à l’avance, leurs puces à un meilleur prix. Quand certains ont signé des contrats pour que les usines abandonnent des lignes de production de DDR5 produisant à perte pour l’orienter vers de la mémoire HBM très rentable, les fabricants de mémoire ont évidemment sauté sur l’occasion. Les constructeurs PC n’ayant jamais été des partenaires très soucieux de la bonne santé financière des fabricants de mémoire, ils n’ont eu aucun scrupule à les abandonner sur la route.

Ce matin, Bob et Bobette vont fabriquer de la DDR5

Face à tout cela, la réaction des trois acteurs majeurs du marché a été très similaire. D’abord la baisse de la production de leurs produits les moins rentables. SK Hynix a réorienté une grosse partie de son offre sur la HBM avec un large coup d’avance sur ses concurrents Micron et Samsung. Micron qui a très rapidement abandonné sa marque Crucial grand public pour s’orienter entièrement vers un marché pro forcément plus rentable. Samsung, quant à lui, a continué à produire de la mémoire DDR5 mais l’a simplement vendue au plus offrant en l’orientant vers des formats serveurs, quitte à casser certains contrats en cours, voire à refuser de livrer ses propres divisions smartphone pour préserver ses contrats les plus juteux.

Mémoire vive DDR5 Samsung Electronics

Est-ce une entente ou le reflet d’un capitalisme classique ?

Toute la question est ici. Est-ce que les différents acteurs et concurrents de la mémoire vive se sont entendus pour faire monter les prix ou est-ce qu’ils n’ont fait que répondre aux plus offrants ?

Imaginez-vous fabricant d’un produit spécifique, un produit dont le cahier des charges existe mais dont les brevets représentent des dizaines d’années de travail de développement et dont les usines coûtent des milliards à mettre en place avant de voir le moindre bénéfice. Ce produit est acheté une misère par différents acteurs depuis des années. Juste assez pour faire tourner votre usine et ne pas vous faire perdre d’argent. Et, tout d’un coup, un nouveau client débarque et vous propose non seulement un meilleur prix mais s’engage à absorber une bonne partie de votre production à ce prix. Quelques temps plus tard, un concurrent de ce nouvel acteur arrive à son tour et promet encore plus pour votre produit. Puis encore un autre et encore un autre. Que feriez-vous ?

La question est d’ailleurs mal posée. Ce n’est pas « que feriez-vous ? » mais plutôt « que devez-vous faire ? ». Parce que la réalité du terrain, c’est qu’un dirigeant ou un commercial qui choisirait de ne pas livrer les clients qui payent plus cher et qui signent de gros contrats serait fautif. Il risquerait son travail pour mauvaise gestion. Choisir de chouchouter des clients historiques qui payent une misère depuis des années parce que l’offre est supérieure à la demande au lieu de diriger sa production vers le nouveau client qui offre beaucoup plus quand la situation se retourne, c’est de la mauvaise gestion.

Du reste, il ne faut pas aller chercher bien loin pour voir que cette « réflexion » est généralisée. Un petit tour sur les plateformes de petites annonces montre que le particulier a bien compris que la mémoire vive qui dormait dans ses tiroirs, achetée pourtant à bas prix, avait gagné en valeur. Les offres pour de la mémoire vive d’occasion ont augmenté de tarif de manière tout aussi spectaculaire chez le simple consommateur.

DDRGate

Il est plus facile d’imaginer une entente sur la mémoire vive…

Le fait que les différents acteurs aient agi dans un temps très court, retournant leur veste et brisant pour certains leurs contrats, laisse imaginer une sorte de contrat secret pour se partager les bénéfices de la situation. Le fait que, par le passé, il y ait eu des ententes entre les Coréens Samsung et SK Hynix, dénoncées par l’Américain Micron, laisse également entrevoir une possibilité de collusion. Mais ces mouvements correspondaient à une volonté de rebond du prix de la mémoire descendu trop bas pour être rentable.

Aujourd’hui le calendrier est serré parce que les centres de données pour les IA sont en plein essor. Nous voyons leur concurrence sous nos yeux avec des acteurs qui se développent en temps réel, des bâtiments qui sortent de terre, des ressources en eau et en électricité qui posent de gros problèmes aux populations locales. Des dirigeants de ces entreprises qui font le voyage vers les fabricants de mémoire pour assurer leurs contrats. D’autres qui se plaignent que les composants ne suivent pas leurs ambitions, ce qui ralentit la construction de leurs serveurs et donc la puissance de leur offre. La demande de mémoire ne sort pas du chapeau des fabricants, elle est clairement motivée par le terrain. Et cela se voit.

Les différents acteurs du marché mémoire veulent montrer leur volonté de pallier ce problème de production et les Coréens Samsung et Hynix annoncent un plan d’investissement poussé par le gouvernement coréen pour 590 milliards de dollars. Un gouvernement qui doit forcément être dans la boucle tant ce type d’infrastructure a un fort impact sur le pays. Il faut une place monstrueuse pour déployer les usines, un réseau d’alimentation en eau et en électricité énorme, des infrastructures de livraison et souvent un véritable système de transport pour faire face au besoin de main-d’œuvre.

La sortie de terre de ces nouvelles structures de production n’est pas attendue avant, au mieux, 2030. Il est probable que les prix de la mémoire vive empirent d’ici là. Ce qui pourrait amener le marché vers des extrémités tarifaires qu’un procès ne freinera en rien.

Une usine SK Hynix en construction actuellement qui fabriquera de la mémoire vive de type HBM

Ces chantiers sont également un danger pour les entreprises concernées.

Le paradoxe de cette course à l’équipement est que c’est exactement ce qui a conduit le marché mémoire à la situation passée. Les fabricants ont augmenté leur production de manière importante et adapté leurs usines pour produire de la DDR5 en masse. Leurs clients ont ainsi découvert une situation très avantageuse. L’offre avait dépassé la demande et, pire que tout, les principaux fabricants de processeurs et de SoC grand public ont maintenu pendant des années un statu quo sur les mémoires à employer. Leurs processeurs offraient la possibilité d’embarquer aussi bien de la DDR4 que de la DDR5. Résultat des courses, les nouvelles usines de DDR5 ont coûté des milliards d’investissement et ne pouvaient tourner qu’en revendant des puces à prix plancher, voire à perte. Il fallait que Samsung, SK Hynix ou Micron proposent toujours moins pour espérer écouler des puces. Seul moyen pour eux de rentabiliser la construction des nouvelles usines. Il était parfois préférable de vendre de la mémoire en perdant de l’argent plutôt que de ne rien produire et de laisser son outil industriel vide.

Aujourd’hui ces mêmes entreprises s’engagent donc à fabriquer de nouvelles usines pour fournir plus de mémoire au marché. Avec le risque d’un nouveau scénario catastrophe pour elles, inverser la tendance et se tirer une balle dans le pied. Si en 2030 les nouvelles usines proposent plus de mémoire que le marché en a besoin, les prix repartiraient vers une forte baisse. Une excellente nouvelle pour le marché des ordinateurs personnels, mais une beaucoup moins bonne pour ces entreprises. Et cela sans compter le risque d’un éclatement de la bulle IA avec des acteurs engagés sur un volume d’achat qui ne pourraient plus payer.

Mémoire vive DDR5 au format SODIMM

Mémoire vive DDR5 au format SODIMM

La norme DDR5 est ouverte à tous

Dernier point de rappel, on a vu fleurir de « nouveaux » acteurs sur le marché mémoire ces derniers mois avec notamment CXMT et Powev qui surfent sur ces prix en hausse pour faire fructifier des années de développement à perte. Mais la mémoire vive est un secteur ouvert à tous. N’importe quel industriel peut s’emparer du cahier des charges publié par le JEDEC et mettre en chantier ses propres brevets pour arriver à correspondre aux besoins recherchés. 

Bizarrement, aucun des fabricants de PC ne semble voir cela comme une solution viable, aucun nouvel acteur ne veut se lancer. Personne n’arrive à créer un consortium pour inventer un quatrième géant dans cette industrie. C’est comme si personne ne voulait prendre le risque de développer un outil industriel demandant des centaines de milliards d’investissement avec une rentabilité pas vraiment assurée à moyen et long terme après des années et des années de recherche et développement très coûteuses. 

Tout le monde a préféré payer au minimum sa mémoire vive pendant des années plutôt qu’aider à la progression de l’infrastructure qui la fabriquait. En 2023, Samsung Electronics était au plus bas de ses bénéfices depuis 14 ans avec 3.4 milliards de dollars de pertes. SK Hynix n’allait pas mieux avant son retournement vers la mémoire HBM, cette même année le fabriquant était dans le rouge pour 4,9 milliards de dollars. En 2023 toujours, Micron accumulait 5.8 milliards de pertes. Si le consommateur final y a gagné en ayant accès à une mémoire vive fort peu chère parce que vendue souvent en dessous de son prix de revient, cela s’est fait en empêchant totalement les constructeurs de pouvoir anticiper les évolutions du marché. 

Avec des pertes massives, les fabricants n’ont eu aucune raison ni aucun moyen d’investir dans de nouvelles usines. Et maintenant que la demande a dépassé l’offre, il semble normal pour tout le monde de leur laisser porter tous les risques d’un réinvestissement massif qui ne conduira qu’à faire en sorte qu’ils gagnent potentiellement moins d’argent à moyen terme. Investir plus pour gagner moins, cela ne sonne pas forcément comme l’adage le plus logique aujourd’hui.

Je ne sais pas si une entente entre les différents fabricants de mémoire a eu lieu. Ce que je sais par contre, c’est que la logique des différents acteurs de la mémoire vive aujourd’hui colle parfaitement à la recherche du profit maximum dans une prise de risque minimum. Et c’est difficile de leur reprocher, ces fabricants ne font qu’appliquer à la lettre les règles du marché mondial.

Pourquoi un nouveau palier de hausse pour la mémoire ?

Mémoire vive : Entente entre les différents acteurs ou capitalisme classique ? © MiniMachines.net. 2026

Apple confirme la normalisation de la DDR5 CXMT aux US

29 juin 2026 à 10:42

Bref résumé des épisodes précédents. Nous nous étonnions en tout début d’année d’un HP qui s’intéressait à la production de DDR5 CXMT. La raison de cet étonnement était assez simple, si d’un point de vue technique la mémoire vive fabriquée par le constructeur chinois n’était peut-être pas au niveau de vitesse que le haut de gamme des concurrents comme SK Hynix, Micron et Samsung, elle suffisait largement pour les machines grand public d’HP.

La DDR5 CXMT

Par contre, d’un point de vue géopolitique, l’entreprise faisait partie d’une liste noire de sociétés mises à l’index par l’administration US. Pour des raisons assez simples, CXMT fournit l’armée chinoise en composants mémoire. Comment une entreprise comme HP pourrait prendre le risque d’intégrer ces composants bannis dans ses machines ? Le risque de se faire punir par le gouvernement américain et de ne plus avoir le droit de commercialiser ses machines est assez énorme. Deux théories se battaient alors en duel. Nous étions en janvier 2026 et soit HP avait connaissance d’un élément dont les autres n’avaient pas entendu parler. Soit, HP se considérait comme « too big to fail » et l’administration ne pourrait pas prendre le risque de les bloquer.

C’est finalement la première théorie qui s’est avérée exacte même si on la s’ent fortement portée par la seconde. Pendant que HP signait des contrats chez CXMT en janvier, le gouvernement US relâchait la pression sur la société chinoise. Si bien qu’en février 2026 nous apprenions que celle-ci avait disparu des listings infamants de son administration. Nous apprenions alors qu’Apple se rapprochait déjà de la société chinoise pour profiter de ses disponibilités mémoire.

La DDR5 CXMT qui s’ouvre à tous les fabricants US n’est pas une nouvelle très fraiche.

Le 6 juin dernier, une nouvelle liste d’entreprises qualifiées pour travailler et opérer avec des sociétés américaines est publiée par le « Department of War » américain. Le 17 juin dernier, Reuters fait état de cette évolution pour plus de 100 sociétés chinoises qui disparaissent de cette fameuse liste noire. On peut y trouver DeepSeek et CXMT, entre autres. Cette confirmation normalise donc de fait la possibilité pour toutes les sociétés US de faire appel à ce nouveau fournisseur de mémoire vive qui vient libérer un petit peu l’étranglement subi par les sociétés américaines que sont Apple et HP face à la pénurie de mémoire vive. La géopolitique, c’est bien, mais quand cela pose des soucis de business dans son propre camp, on peut souvent faire preuve de souplesse.

Le calendrier réel des événements est donc long, il date de janvier 2026 et, comme souvent sur ces affaires qui mêlent politique et business, on se rend bien compte que la communication publique n’arrive que dans un second temps. Les USA ont trop à perdre a voir HP et Apple freinés par un manque de mémoire vive, d’un point de vue santé financière mais également d’un point de vue emploi.  Qui profiterait de la DDR5 CXMT si les marques US n’avaient toujours pas le droit d’en acheter ? Lenovo et Huawei principalement, deux sociétés chinoises qui feraient extrêmement mal aux fleurons du commerce informatique américain en ayant un stock de DDR5 reservé.

Reste que, encore une fois, la DDR5 CXMT n’est qu’un petit pansement sur une jambe de bois. Cela va permettre d’améliorer très légèrement la situation en termes de volumes produits, mais n’empêchera en rien les prix de continuer à monter. A terme cependant, cela pourrait faire clairement emerger un ou plusieurs nouveaux acteurs de mémoire vive et bouleverser le trio actuel de producteurs.

Il est fort possible que les brevets de CXMT soient employés par le gouvernement chinois pour multiplier les investissements dans de nouveaux champions de la mémoire vive. Que des usines apparaissent en Chine pour proposer des composants en nombre à moyen et long terme. Une manière de gagner encore en autonomie et en souveraineté pour le gouvernement chinois qui dépend aujourd’hui des fabricants américains et coréens pour ces postes. 

Apple confirme la normalisation de la DDR5 CXMT aux US © MiniMachines.net. 2026

Framework a de bonnes et de moins bonnes nouvelles sur ses tarifs

26 juin 2026 à 11:13

Framework a toujours été assez transparent sur ses soucis de composants. Le constructeur a appris à ses dépens que le marché frappait tout le monde de manière différente et fait depuis des points réguliers sur sa propre situation.

Framework Laptop 13 Pro

Framework Laptop 13 Pro

Et si ces derniers mois Framework proposait des informations plutôt négatives avec des hausses de tarifs à répétition, les dernières nouvelles sont plutôt bonnes. Un nouveau SSD issu des productions d’ADATA semble avoir fait son chemin vers leurs ateliers. Les SSD NVMe PCIe Gen 5 intégrés dans le Framework Laptop 13 Pro seront désormais des XPG MARS 970 qui offriront, je cite, « de meilleures performances, efficacité et une meilleure fiabilité » que les anciens SSD. Cerise sur le gâteau, ils sont proposés à un tarif meilleur marché que les modèles qu’ils vont remplacer. 

Les précommandes du Framework Laptop 13 Pro n’ayant pas encore été expédiées puisque toutes les machines ont été retardées, les équipes vont donc remplacer tous les SSD par ces nouveaux modèles avec un joli bonus. Les SSD XPG MARS 970 n’existent qu’en 1 et 2 To mais comme le modèle 1 To est moins cher que le modèle de SSD de 500 Go précédemment choisi, les personnes ayant commandé des machines avec 500 Go auront droit au nouveau stockage de 1 To. Toutes les nouvelles commandes de cette machine seront livrées en SSD ADATA.

Framework a également de moins bonnes nouvelles

Le constructeur suggère que plusieurs signaux annoncent une nette augmentation des prix des processeurs pour très bientôt. Ce qui va affecter l’ensemble des machines. La marque vous encourage donc à passer vos précommandes rapidement si vous voulez acheter un de ces modèles.

Ce n’est pas le premier constructeur à faire écho de cette hausse. Si la proposition de ce SSD ADATA est conjoncturelle et reste une excellente nouvelle pour la marque, le marché est tout entier dirigé vers la hausse. Encore une fois, la majorité des contrats passés entre les constructeurs de PC et leurs fournisseurs se termine entre mai et juin. Ces contrats forcent les fabricants de mémoire, stockage, écrans, processeurs et autres à respecter des prix décidés en début d’année 2026 ou à la fin de l’année 2025. Quand ces contrats seront terminés, d’autres seront négociés. En général cela survient pour les engins qui commencent à entrer en production en juillet pour la rentrée de septembre. À ce moment précis, de nouveaux contrats sont signés et vont durer plus ou moins longtemps suivant les marchés et leurs fluctuations.

Les échos que j’ai de la situation actuelle sont assez simples :

Sur la mémoire vive, les contrats sont quasiment tous tombés avant la date de fin de ceux-ci. Les pénalités encourues pour ne pas livrer les composants exigés contractuellement étaient inférieures aux prix du marché. Quand un fournisseur de RAM devait payer 10 ou 20% du prix des composants non livrés, le marché lui proposait entre 300 et 400% de marge supplémentaire par rapport au prix négocié. Les fabricants de mémoire ont donc accepté de payer les pénalités pour dégager plus de bénéfices. Énormément de production s’est réorienté vers la mémoire HBM au détriment de la production de DDR5 et les nouvelles usines en cours de développement ne seront pas sorties de terre avant 2028.

Sur le stockage, c’est un peu la même chose mais en moins pire. D’abord parce que l’offre est plus large que la mémoire vive, la concurrence est plus large, mais aussi parce que le marché des Datacenters s’intéresse moins à certaines références. Là où la mémoire a été réorientée vers la DDR5 et la HBM, les puces des SSD sont toujours plus largement fabriquées avec des contrôleurs très différents dans des assemblages de contrôleurs et de modules aux capacités et vitesses plus variables.

Processeurs, c’est un peu plus tendu. AMD comme Intel ont annoncé des augmentations de prix. La demande en puces est également énorme et les prix de fabrication sont à la hausse aussi bien dans les usines d’Intel que dans les usines de TSMC ou GlobalFoundries. Les calendriers sont très chargés et la situation géopolitique de ces derniers mois semble avoir affecté le prix de production à cause de l’augmentation du prix de l’énergie. Bref, les prix grimpent.

Sur le reste, notamment les affichages mais aussi certaines pièces comme les pavés tactiles ou les batteries, la baisse de volume de production a conduit certaines marques à augmenter leurs prix de quelques dollars pour compenser la faiblesse de leurs ventes.

Mis bout à bout, l’ensemble de ces éléments va tirer les prix des machines largement vers le haut pour toute la fin de l’année. Et probablement toute lannée 2027 également…

Framework a de bonnes et de moins bonnes nouvelles sur ses tarifs © MiniMachines.net. 2026

Microsoft met la mémoire vive au régime sec

26 juin 2026 à 11:02

De grands yeux ronds, c’est ce qu’avaient fait les propriétaires de Windows 10 quand Microsoft a annoncé que 32 Go de mémoire vive étaient un minimum technique pour jouer sous Windows 11. Quand cette annonce a été faite, quelques mois avant la fin du support étendu de Windows 10 3, nous étions déjà dans une explosion des prix de la mémoire vive. Avec des tarifs qui avaient, pour certaines références, augmenté de plus de 400% par rapport à l’année d’avant. C’est simple, certaines références de kits de mémoire en 32 Go DDR5 coutaient à elles seules le prix d’un portable milieu de gamme en 16 Go juste 8 mois auparavant.

Le génie chez Microsoft qui a décidé que c’était le bon moment d’expliquer aux gens qu’ils allaient devoir racheter un PC « 32 Go » hors de prix à cause de la mémoire vive a dû se mordre les doigts jusqu’à la prise USB de sa souris. L’éditeur a donc tenté de ramener un peu de calme en expliquant que, finalement, 16 Go ce serait bien suffisant. 16 Go de mémoire, c’était ce que Microsoft annonçait comme un strict minimum pour pouvoir prétendre être un PC « Copilot+ » par exemple

Mais au fur et à mesure que les mois passaient, le prix de la RAM continuait de grimper. Ce qui nous amène à la situation actuelle. De son côté, Microsoft a confirmé que ces impératifs techniques étaient obsolètes en annonçant ses propres solutions Surface en version 8 Go vendues uniquement aux USA… Ces modèles perdant au passage la certification Copilot+. Les estampilles et des touches Copilot4 restant pourtant visibles sur les modèles de Surface Laptop 13…

Microsoft rétropédale donc une seconde fois en expliquant que 8 Go de mémoire, finalement, c’est pas mal sous Windows 11. Évidemment il ne s’agira pas de jouer avec 8 Go dans des conditions confortables, mais avec ce « faible » niveau de mémoire, on pourra utiliser des applications de la vie quotidienne sans soucis. Un changement de discours qui contraste avec les messages précédents. La nuance est assez intéressante car si auparavant 16 Go étaient un « minimum » pour du confort d’usage, c’est désormais juste un choix plus « sûr ». L’éditeur entend expliquer par là qu’un engin équipé de 16 Go sera plus pérenne et confortable, ce qui est évidemment la stricte vérité.

La Surface Pro 12" sous Windows 11 existe en version 8 Go aux USA

La Surface Pro 12″ sous Windows 11 existe en version 8 Go aux USA

Le discours élitiste de Windows 11 en prend pour son grade

Ces « 16 Go Minimum » faisaient partie d’une longue liste d’éléments requis pour profiter de Windows 11. Entre les puces de sécurité et les autres éléments techniques indispensables à l’installation, la mémoire vive de 16 Go permettait de pousser à l’adoption de nouvelles machines au lieu de la simple mise à jour de plus anciennes. De nombreux utilisateurs ont ainsi découvert que leur engin ne proposait pas d’options de mise à jour avec 8 Go de mémoire soudés directement sur la carte mère. Ce qui a conduit à des changements de materiels et aussi à pas mal de déceptions. 

windows 11

Les 8 Go « suffisants » sous Windows 10 sont donc également « suffisants » sous Windows 11. Bien entendu, le confort d’un engin sous Windows 11 avec 8 Go de mémoire vive seulement ne sera pas du tout le même qu’avec 16 Go. Il faut bien comprendre qu’avec un circuit graphique qui va employer entre 1 et 2 Go de mémoire partagée, un PC en 8 Go de mémoire vive n’a plus que 6 Go de réellement disponible. Windows 11 en mange 3.5 Go au démarrage à lui tout seul, ce qui ne laisse donc plus que 2.5 Go de libre pour des applications. Quelques onglets ouverts sur un navigateur, une poignée de programmes résidents pour de la musique ou autre discussions en ligne, une appli de vidéoconférence par exemple, et votre disponibilité se rapproche vite de zéro. Avec 8 Go sous Windows 11 il faut souvent jongler avec les programmes, quand 16 Go vous permettent d’en garder plusieurs en mémoire confortablement.

Le Microsoft Surface Laptop 13" en 8 Go garde "mécaniquement" sa touche Copilot même s'il n'est plus considéré comme un PC Copilot+. La vie est vraiment cruelle.

Le Microsoft Surface Laptop 13″ en 8 Go garde « mécaniquement » sa touche Copilot même s’il n’est plus considéré comme un PC Copilot+. La vie est vraiment cruelle.

Mon avis ne change pas, pour une utilisation de Windows 11, si vous avez la possibilité d’acheter un PC en 16 Go, cela restera toujours beaucoup plus confortable que 8 Go. Même si cela impose une dépense supplémentaire. La situation d’aujourd’hui reste ce qu’elle est, si vous avez un PC sous Windows 10 avec 8 Go. Restez sous Windows 10 pendant encore un an. Ce système est stable et moins gourmand. Si votre PC a vraiment du mal à suivre le rythme, regardez s’il est possible de le faire évoluer. Sinon vous pouvez envisager une distribution Linux. 

Si vous avez un ordinateur de production pour votre travail et que vous envisagez de passer à Windows 11 suite à ce message rassurant de Microsoft, réfléchissez-y à deux fois. Travailler sous 11 avec 8 Go de mémoire est effectivement possible, mais ce n’est vraiment pas confortable.

Microsoft met la mémoire vive au régime sec © MiniMachines.net. 2026

100€ de plus pour le Macbook Neo, la température monte aussi pour les prix

25 juin 2026 à 14:02

Cela fait des mois que j’insiste sur l’évolution des tarifs des machines à venir. Le Macbook Neo lancé en profitant d’un contrat négocié par Apple avec divers fabricants de composants en début d’année, a pu connaitre un lancement en fanfare. À un point tel qu’il a stupéfait des marques de PC comme Asus, Lenovo ou HP


Le Macbook Neo passe de 699 à 799€

Le Macbook Neo passe de 699 à 799€

Désormais à 799€ en version 8/256 Go, le Macbook Neo a un peu perdu de sa superbe. L’engin a connu une période faste liée à la négociation d’Apple avec des producteurs de mémoire vive et de stockage. En tout début d’année, la marque à la pomme a accepté de payer d’emblée deux fois plus cher ses composants que ses achats précédents. Seule solution pour assumer une livraison suffisante de mémoire pour toutes ses activités : smartphones, tablettes et PC. Personne ne savait la durée de ces contrats et si le « bonus » accordé par Apple pour être servi allait durer toute l’année. Il s’avère que non, comme les autres fabricants de matériel, le contrat semble avoir été renégocié et les prix de tous les engins de la marque devraient repartir à la hausse.

Comme je l’explique dans mon billet sur la Steam Machine de Valve, la rentrée de septembre va probablement redéfinir totalement les fourchettes de prix que nous connaissions. Des engins sous Windows très entrée de gamme avec 8 Go de mémoire et 256 Go de stockage comme le Neo d’Apple vont se négocier autour des 800€ chez certains fabricants. Les PC milieu de gamme vont se positionner entre 1000 et 2000 € et les machines les plus élaborées, stations de travail ou portables de jeux, vont s’envoler vers 3000, 4000 et même 6000 €.

Macbook neo

Le Macbook Neo n’est que l’avant-garde des augmentations

Apple indique que ce n’est que le début de ces augmentations. Le Neo ne peut pas vraiment attendre car la marge dégagée par Apple est plus faible que sur ses autres modèles. En reconnaissant que tous ses tarifs allaient devoir subir une hausse, la marque va également libérer les prix de beaucoup de ses concurrents. Certains maintenaient une pression sur leurs machines de rentrée en se disant qu’il fallait lutter contre un Apple aux prix serrés. Désormais le frein a été relâché et les constructeurs vont pouvoir réhausser leurs machines.

La Steam Machine parait ainsi être une mauvaise affaire aujourd’hui dans un marché toujours en partie porté par des engins datant de 2025. Ou la queue de comète de certains contrats d’approvisionnement en composants vient encore lisser les tarifs moyens des engins. Dès la rentrée de septembre – et peut-être même avant – les tarifs vont vraiment exploser avec une remise à zéro des contrats passés en 2025.

Bref, si vous voulez acheter un Macbook Neo, faites-le maintenant alors qu’il est à 649€ par exemple chez Amazon ou CDiscount. Dans quelques heures il ne se trouvera probablement plus qu’à partir de 799€.

Steam Machine : la malédiction de Valve

100€ de plus pour le Macbook Neo, la température monte aussi pour les prix © MiniMachines.net. 2026

Pas de nouvelle carte Raspberry Pi 6 avant 2028

23 mai 2026 à 15:40

Le Raspberry Pi 6 n’est peut-être pas au cœur des intentions d’achat de chacun en ce moment. Les augmentations de tarif du modèle Raspberry Pi 5 comme la baisse des capacités des modèles ne donnent plus vraiment envie de se frotter à cet univers. Et c’est pour la même raison que nous ne devrions pas voir arriver la version 6 avant le début de l’année 2028.

Lors d’un question-réponse type Ask Me Anysting sur Reddit, trois piliers de Raspberry Pi ont répondu de concert aux questions des internautes : Eben Upton, le CEO.  James Adams le CTO de l’ingénierie matérielle, et Gordon Hollingworth CTO du développement logiciel. L’occasion de poser des questions précises et d’obtenir des réponses.

Raspberry Pi 6 en 2028

Une interrogation classique a été posée concernant l’éventuelle sortie prochaine d’une éventuelle carte Raspberry Pi 6. La réponse donnée par Eben Upton est assez simple. Pas avant le début 20282. La raison est également évidente, l’augmentation drastique du prix des composants n’incite pas la marque a proposer de nouvelles évolutions de son produit. Elle indique d’ailleurs clairement que la future carte de développement sera plus performante avec un SoC plus rapide, des interfaces plus véloces et plus de bande passante pour la mémoire. Elle devrait également embarquer plus de capacités tout en respectant le même format et les mêmes usages.

Autrement dit, pas de raison de croire que la prochaine mouture de la carte ne révolutionne le projet. Peut-être que nous découvrirons un SoC plus rapide, un port USB Type-C d’un format plus récent, avec plus de mémoire, mais rien de fondamentalement différent d’un Model 5 actuel. Ce délai qui pousse le Raspberry Pi 6 à une sortie – si tout va « bien » – dans deux ans, est très certainement lié au fait que le prix de la mémoire devient vraiment compliqué à absorber pour ce type de carte.

Raspberry Pi Zero 2 W

Le Raspberry Pi 6 est loin d’être la seule préoccupation de la marque

La suite de la réponse est d’ailleurs assez intéressante. Eben Upton indique que la carte Raspberry Pi Zero 2 W a été largement impactée par la difficulté à faire fabriquer son SoC. Une puce Broadcom BCM2710 qui bien que gravée en 40 nanomètres, rencontre des difficultés à se faire produire. Tout simplement à cause du manque de disponibilités de wafers. Ces galettes de silicium qui reçoivent la gravure de processeurs. Le marché actuel de l’intelligence artificielle absorbant énormément de la production de ces wafers, tout le marché en est affecté. Même quand les technologies de gravure ne sont pas dernier cri.

Un wafer constellé de puces gravées

Un wafer constellé de puces gravées

On comprend mieux pourquoi certaines puces d’entrée de gamme chez AMD et Intel semblent avoir été totalement abandonnées. Les Twin Lake par exemple ou les Hawk Point sont quasi impossibles à obtenir pour les fabricants. Probablement parce que les deux concepteurs de puces préfèrent réserver leurs galettes de silicium pour des processeurs proposant des marges plus fortes.

La totalité du fil est intéressante à lire, parce qu’elle dégage des informations sur le fonctionnement de l’entité et qu’elle soulève un peu le voile sur le fonctionnement de la société. Un point intéressant à noter est par exemple le fait que la marque semble être ravie de l’accueil fait par le public à ses microcontrôleurs (RP2040) et ses cartes Pico. Éléments qui semblent devenir des acteurs majeurs de leur développement. 

À noter que le dialogue a été posté dans un fil destiné aux ingénieurs et que parfois certaines questions peuvent être complexes, mais la majorité des questions et des réponses peuvent être comprises par un hobbyiste intéressé par les cartes de développement et ne nécessitent pas un bagage technique trop important. La preuve, je crois avoir tout compris.

Raspberry Pi 4 3Go et la petite mort du marché des SBC

Pas de nouvelle carte Raspberry Pi 6 avant 2028 © MiniMachines.net. 2026

CXMT se porte bien, +1688% de bénéfices au premier trimestre

20 mai 2026 à 14:34

ChangXin Memory Technologies alias CXMT a vu sa situation économique s’améliorer largement depuis la fin de l’année dernière. Sa production de mémoire DDR5 est venue au secours de quelques nouveaux clients. De nombreuses marques américaines avaient auparavant l’interdiction d’acheter ses produits avant que la dureté de la mesure ne se ramollisse face à la pénurie des composants.

ChangXin Memory Technologies

Depuis de nombreux acteurs du marché international, dont HP, Asus, Acer, et Dell, ont annoncé se fournir chez ChangXin Memory Technologies. Résultat des courses, entre la hausse monstrueuse des prix de la mémoire vive et l’arrivée de clients prêts à tout pour en obtenir, la marque annonce une augmentation de presque 1700% de ses bénéfices en un trimestre. Ce chiffre n’est pas annoncé au hasard. La société compte bien s’introduire en bourse et a donc mis en avant ces excellents résultats pour valoriser son action.

ChangXin Memory Technologies va réinvestir en masse

ChangXin Memory Technologies annonce un bénéfice trimestriel de 24,7 milliards de yuans soit 3,1 milliards d’euros. Son chiffre d’affaires trimestriel atteint 50,8 milliards de yuans ou 6,4 milliards d’euros. De l’argent que la marque pourrait investir pour venir peser un peu plus sur ce segment face aux trois mastodontes que sont Samsung, SK Hynix et Micron. Des investissements pour lancer de nouvelles tranches de développement d’usines sont semble t-il à l’étude. De quoi assurer à la Chine une plus grande indépendance sur le segment de l’indispensable mémoire vive pour l’avenir.

Source : Nikkei Asia

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