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Pas de nouvelle carte Raspberry Pi 6 avant 2028

23 mai 2026 à 15:40

Le Raspberry Pi 6 n’est peut-être pas au cœur des intentions d’achat de chacun en ce moment. Les augmentations de tarif du modèle Raspberry Pi 5 comme la baisse des capacités des modèles ne donnent plus vraiment envie de se frotter à cet univers. Et c’est pour la même raison que nous ne devrions pas voir arriver la version 6 avant le début de l’année 2028.

Lors d’un question-réponse type Ask Me Anysting sur Reddit, trois piliers de Raspberry Pi ont répondu de concert aux questions des internautes : Eben Upton, le CEO.  James Adams le CTO de l’ingénierie matérielle, et Gordon Hollingworth CTO du développement logiciel. L’occasion de poser des questions précises et d’obtenir des réponses.

Raspberry Pi 6 en 2028

Une interrogation classique a été posée concernant l’éventuelle sortie prochaine d’une éventuelle carte Raspberry Pi 6. La réponse donnée par Eben Upton est assez simple. Pas avant le début 20282. La raison est également évidente, l’augmentation drastique du prix des composants n’incite pas la marque a proposer de nouvelles évolutions de son produit. Elle indique d’ailleurs clairement que la future carte de développement sera plus performante avec un SoC plus rapide, des interfaces plus véloces et plus de bande passante pour la mémoire. Elle devrait également embarquer plus de capacités tout en respectant le même format et les mêmes usages.

Autrement dit, pas de raison de croire que la prochaine mouture de la carte ne révolutionne le projet. Peut-être que nous découvrirons un SoC plus rapide, un port USB Type-C d’un format plus récent, avec plus de mémoire, mais rien de fondamentalement différent d’un Model 5 actuel. Ce délai qui pousse le Raspberry Pi 6 à une sortie – si tout va « bien » – dans deux ans, est très certainement lié au fait que le prix de la mémoire devient vraiment compliqué à absorber pour ce type de carte.

Raspberry Pi Zero 2 W

Le Raspberry Pi 6 est loin d’être la seule préoccupation de la marque

La suite de la réponse est d’ailleurs assez intéressante. Eben Upton indique que la carte Raspberry Pi Zero 2 W a été largement impactée par la difficulté à faire fabriquer son SoC. Une puce Broadcom BCM2710 qui bien que gravée en 40 nanomètres, rencontre des difficultés à se faire produire. Tout simplement à cause du manque de disponibilités de wafers. Ces galettes de silicium qui reçoivent la gravure de processeurs. Le marché actuel de l’intelligence artificielle absorbant énormément de la production de ces wafers, tout le marché en est affecté. Même quand les technologies de gravure ne sont pas dernier cri.

Un wafer constellé de puces gravées

Un wafer constellé de puces gravées

On comprend mieux pourquoi certaines puces d’entrée de gamme chez AMD et Intel semblent avoir été totalement abandonnées. Les Twin Lake par exemple ou les Hawk Point sont quasi impossibles à obtenir pour les fabricants. Probablement parce que les deux concepteurs de puces préfèrent réserver leurs galettes de silicium pour des processeurs proposant des marges plus fortes.

La totalité du fil est intéressante à lire, parce qu’elle dégage des informations sur le fonctionnement de l’entité et qu’elle soulève un peu le voile sur le fonctionnement de la société. Un point intéressant à noter est par exemple le fait que la marque semble être ravie de l’accueil fait par le public à ses microcontrôleurs (RP2040) et ses cartes Pico. Éléments qui semblent devenir des acteurs majeurs de leur développement. 

À noter que le dialogue a été posté dans un fil destiné aux ingénieurs et que parfois certaines questions peuvent être complexes, mais la majorité des questions et des réponses peuvent être comprises par un hobbyiste intéressé par les cartes de développement et ne nécessitent pas un bagage technique trop important. La preuve, je crois avoir tout compris.

Raspberry Pi 4 3Go et la petite mort du marché des SBC

Pas de nouvelle carte Raspberry Pi 6 avant 2028 © MiniMachines.net. 2026

CXMT se porte bien, +1688% de bénéfices au premier trimestre

20 mai 2026 à 14:34

ChangXin Memory Technologies alias CXMT a vu sa situation économique s’améliorer largement depuis la fin de l’année dernière. Sa production de mémoire DDR5 est venue au secours de quelques nouveaux clients. De nombreuses marques américaines avaient auparavant l’interdiction d’acheter ses produits avant que la dureté de la mesure ne se ramollisse face à la pénurie des composants.

ChangXin Memory Technologies

Depuis de nombreux acteurs du marché international, dont HP, Asus, Acer, et Dell, ont annoncé se fournir chez ChangXin Memory Technologies. Résultat des courses, entre la hausse monstrueuse des prix de la mémoire vive et l’arrivée de clients prêts à tout pour en obtenir, la marque annonce une augmentation de presque 1700% de ses bénéfices en un trimestre. Ce chiffre n’est pas annoncé au hasard. La société compte bien s’introduire en bourse et a donc mis en avant ces excellents résultats pour valoriser son action.

ChangXin Memory Technologies va réinvestir en masse

ChangXin Memory Technologies annonce un bénéfice trimestriel de 24,7 milliards de yuans soit 3,1 milliards d’euros. Son chiffre d’affaires trimestriel atteint 50,8 milliards de yuans ou 6,4 milliards d’euros. De l’argent que la marque pourrait investir pour venir peser un peu plus sur ce segment face aux trois mastodontes que sont Samsung, SK Hynix et Micron. Des investissements pour lancer de nouvelles tranches de développement d’usines sont semble t-il à l’étude. De quoi assurer à la Chine une plus grande indépendance sur le segment de l’indispensable mémoire vive pour l’avenir.

Source : Nikkei Asia

CXMT se porte bien, +1688% de bénéfices au premier trimestre © MiniMachines.net. 2026

POWEV : un nouveau fabricant chinois de mémoire vive ?

12 mai 2026 à 11:48

Powev est une marque derrière laquelle on retrouve un nom assez connu en Chine, Jiahe Jinwei. Un groupe industriel qui propose de la mémoire vive et des SSD depuis des années. Lancée en 2012, la marque fabrique également des composants signés de la griffe « Gloway » souvent employés par des constructeurs OEM chinois pour leurs PC portables et leurs MiniPC.

Powev

Powev

Cet industriel chinois a annoncé proposer sur le marché grand public et industriel de nouvelles solutions mémoire sous la marque Powev. Une bonne nouvelle a priori puisque cette arrivée serait censée relâcher les tensions actuelles sur la DDR5 grâce à une toute nouvelle panoplie de produits.

La liste des produits Powev présente des solutions à destination du marché « domestique » avec des barrettes SODIMM, UDIMM et RDIMM en DDR5-4800 et 5600 et dans des densités de 16, 32 et 64 Go. Même chose pour les formules « industrielles » avec un petit peu de modules ECC en RDIMM pour faire bonne figure.

Le constructeur n’annonce rien de précis concernant ces modules, juste qu’ils sont disponibles à l’achat pour des intégrateurs et des fabricants en prenant contact avec eux sur leur site. Ce qui n’empêche donc pas les commentateurs d’embrayer sur la capacité supposée de production de la marque ainsi que la finesse de sa fabrication. Est-ce qu’ils ont les capacités pour produire des puces aussi performantes que les meilleures marques du marché comme Samsung ou Micron ? Pas sûr à en croire les spécificités annoncées des produits. Cela semble de moins bonne facture… Je vais rassurer tout le monde, les technologies embarquées par Powev pour ses composants sont absolument excellentes. Et pour cause.

Composants certifiés SK-Hynix peut-on lire sur cette vidéo Gloway

« Composants certifiés SK-Hynix » peut-on lire sur cette vidéo Gloway

Powev c’est juste une étiquette 

La marque Powev, ou plutôt la maison mère derrière Powev, n’est qu’un assembleur de barrettes mémoire qui embarque des composants fabriqués par d’autres. Autrement dit, aucun wafer de mémoire vive DDR5 ou autre n’est jamais sorti de ses usines et aucun ne sortira de sitôt. Jiahe Jinwei ne fait qu’assembler les barrettes de mémoire à partir de composants tiers. Puis, la marque colle une étiquette Powev ou Gloway dessus suivant les marchés visés. En général le fabricant emploie des puces SK-Hynix pour ses composants, comme le montre la petite vidéo d’intro avec une barrette Gloway. Elle se vante même d’employer des composants certifiés issus des usines de « SK-Hynix »

L’arrivée de ce « nouvel acteur » – qui n’est même pas nouveau – est donc sans aucun intérêt pour « l’assouplissement » du marché en crise actuellement. Powev ne sera qu’un client en plus sur les carnets de commandes des vrais fabricants existants comme SK-Hynix ou Samsung. Ce qui ne bouleversera évidemment en rien la production réelle de ces composants en disette. Il a fallu de longues années pour que le fabricant de modules mémoire chinois CXMT mette au point les technologies et développe les brevets nécessaires à la fabrication de mémoire DDR5. Encore plus si on compte ses difficultés d’approvisionnement en matériel indispensable pour lancer cette production toujours sous embargo US. On imagine donc mal comment un nouvel acteur chinois pourrait débarquer du jour au lendemain simplement en claquant des doigts.

Ce que va donc faire Jiahe Jinwei c’est de diversifier son offre avec de nouvelles références signées « Powev » en sortie d’usine sur des barrettes un peu différentes dans leur déco de celle de Gloway, rien de plus. Si vous en doutez, vous pouvez aller voir comment sont signées les pages des deux marques sur leurs sites respectifs. Sites où le constucteur ne fait d’ailleurs aucun mystère sur le fait qu’il ne fait qu’assembler des composants de mémoire et ne fabrique aucune puce.

Et que découvre-t-on des tarifs des barrettes mémoire Gloway déjà en vente sur le marché ? Rien de mieux, que la concurrence. Les 2 x 16 Go de DDR5-6800 UDIMM sont proposés pour 574.25€ HT avant négo chez les exportateurs actuellement. Ce qui est logique puisque les puces viennent de chez SK-Hynix. Le fabricant réel de la DDR5 intégrée ne va pas faire plus de cadeaux à ce petit assembleur de RAM chinois qu’à des géants comme HP, Dell ou Lenovo… Pas de raison donc que Powev fasse de plus gros efforts non plus, la marque n’a aucune raison de faire concurrence à Gloway. 

Comment mieux qualifier tout cela qu’une tempête de poussière dans un verre d’eau vide ? Ce n’est pas ce genre d’annonces purement spéculatives montée en épingle qui va assurer un retour à des prix plus doux pour le marché PC.

POWEV : un nouveau fabricant chinois de mémoire vive ? © MiniMachines.net. 2026

De la DDR5 contrefaite au format SODIMM en circulation

11 mai 2026 à 13:32

La DDR2, DDR3, DDR4 et DDR5 contrefaite, ce n’est pas une nouveauté. Cela a toujours existé. Mais ces dernières années, l’arnaque avait disparu tant les prix de la mémoire avaient chuté. Il n’était tout simplement pas assez rentable de fabriquer de fausses barrettes par rapport aux prix des vraies. Avec l’explosion des tarifs de la RAM, les mafias s’emparent à nouveau du sujet.

Un internaute japonais s’est fait vendre une barrette de DDR5 contrefaite. Au format SODIMM, grossièrement maquillées, ces barrettes éveilleront les soupçons d’un utilisateur averti mais pourront tromper un néophyte. Dans tous les cas, ce type d’arnaque est suffisamment bien fait pour vous exposer à des déconvenues via des plateformes de seconde main. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à l’internaute en question qui a commandé des produits d’occasion pour faire face à la crise. Je vous ai déjà fait un billet à ce sujet d’un acheteur qui s’est fait vendre des barrettes de DDR4 hors service en décembre. L’arnaque est classique et bien rodée mais nécessite d’avoir des composants en main. Ce qui ne correspond pas à une volonté d’industrialiser ce type de fraude.

Mémoire DDR5 contrefaite

Mémoire DDR5 contrefaite

Ainsi, des barrettes de DDR5 contrefaites sont désormais fabriquées. Preuve que des organismes mafieux s’intéressent désormais à ce type de grivèleries. La barrette en question est un circuit imprimé d’apparence classique, avec des composants montés dessus comme une vraie. À vue de nez, ce n’est pas très pro avec des éléments soudés pas bien droits. Mais cela reste suffisamment bien fait pour passer un examen rapide. Les puces de mémoire sont bien là, même si on peut se douter que ces composants signés SK-Hynix n’ont rien à faire sous l’étiquette de son grand concurrent qu’est Samsung…

A l'examen, les composants mémoire ne sont que du palstique...

A l’examen, les composants mémoire ne sont que du plastique qui enrobe un morceau de PCB…

Là où cela devient vraiment inquiétant, c’est que les composants en question ne sont pas de la mémoire mais uniquement des enrobages de plastique mimant la présence des vrais composants. Cela suppose une entité qui dispose de moyens pour fabriquer de faux composants mais aussi pour les assembler sur des circuits imprimés et déposer dessus des résistances et autres. Du matériel et de la main-d’œuvre qui n’ont de sens que dans une optique quasi-industrielle et donc la possibilité d’inonder fortement le marché de ce type de mémoire DDR5 contrefaite.

Le gros avantage proposé par les plateformes de commercialisation en seconde main vient des « règles » qu’elles établissent. Il est ainsi possible de glisser une mention indiquant que le vendeur n’a pas connaissance de la bonne marche du produit qu’il vend quelque part dans son descriptif pour que la plateforme le dédouane de toute responsabilité à réception. Si vous combinez cela avec la possibilité pour un organisme mafieux de s’emparer d’un compte respectable et existant depuis des années grâce à une fuite de données, de changer son email et de profiter de sa crédibilité pour mettre en vente des dizaines de barrettes de mémoire DDR5 contrefaites en quelques heures, vous imaginez les dégâts que ce genre d’arnaque peut faire.

M425R2GA3BB0-CWM originale

M425R2GA3BB0-CWM originale

DDR5 contrefaite : comment ne pas se faire avoir ?

Encore une fois, je vous encourage à prendre toutes les précautions possibles si vous voulez acheter des produits informatiques d’occasion sur ce type de plateforme Surtout pour des éléments aussi faciles à maquiller que de la mémoire vive. Privilégiez la remise en main propres qui offre au moins la possibilité d’examiner, voire de tester, les produits.

Dans le pire des cas, n’hésitez pas à pianoter la référence de l’étiquette dans votre moteur de recherche préféré. Cela permet de remonter l’image de la barrette originale correspondant à cette référence. Ici la M425R2GA3BB0-CWM de Samsung apparaît fort différente de celle achetée d’occasion.

Source TechTimes

De la DDR5 contrefaite au format SODIMM en circulation © MiniMachines.net. 2026

Pourquoi un nouveau palier de hausse pour la mémoire ?

7 mai 2026 à 10:58

La mémoire va repartir à la hausse. Samsung a publié, en plus d’excellents résultats trimestriels, une annonce anticipant une forte augmentation des prix de la mémoire vive pour les mois à venir. Comment expliquer ce phénomène alors que nous connaissons déjà une hausse importante depuis le début du mois de Septembre ?

Les constructeurs ont annoncé cette hausse depuis le début de l’année et parfois même avant. La fin de 2025 était plus calme pour eux et ils ne voulaient pas gâcher les ventes des fêtes de fin d’année en étant trop alarmistes mais ils savaient alors déjà que la mémoire allait faire un bon vers le mois de mai.

Pourquoi cette hausse et pourquoi ces dates ? Tout simplement parce que la vente de PC est un commerce comme un autre qui fonctionne avec son propre calendrier. Si Lenovo, Dell, HP ou Asus par exemple, annoncent depuis le début de l’année que les prix vont encore augmenter, c’est pour des raisons de contrats. Des contrats établis sur des périodes avec des engagements et des obligations.

Quand HP ou Asus définissent leurs matériels et lancent des productions de machines, ils le font avec un ensemble d’éléments précis. Des disponibilités techniques pour les assembler. Des disponibilités de pièces détachées comme les processeurs, les pavés tactiles, les dalles d’écran pour les portables, les ventilateurs et… la mémoire vive. Et pour pouvoir définir le prix de leurs machines, ils passent des contrats qui engagent leurs fournisseurs sur un volume et un prix. 

hausse de la mémoire

Ce listing de pièces détachées, mixé avec le coup du montage et de la distribution, saupoudré de marketing et autres frais techniques, définit un prix. Pour que ce prix soit stable, le contrat stipule une certaine durée pour laquelle les fournisseurs s’engagent. En clair, une marque de PC va voir un fournisseur, lui demande X milliers de pièces pour sa gamme de machines pour le trimestre qui vient, le fournisseur lui donne un tarif. Après des négociations financières et techniques, les deux s’entendent, signent un contrat et s’engagent. La marque de PC doit absorber l’ensemble du volume demandé, le fournisseur doit fournir ce volume. Cela permet de définir le prix de chaque engin car sans ce type de contrat ce serait impossible.

Or, pour la mémoire vive, ces contrats prenaient fin pour la majorité d’entre eux fin avril. Le passage au mois de mai annonce donc de nouveaux contrats de négociations pour la mémoire vive. Autrement dit, les prix actuels de la mémoire vive étaient liés à des contrats passés entre les constructeurs de PC et les fabricants de mémoire avant la hausse. Les machines ont certes augmenté en magasin par un effet mécanique, mais les fournisseurs comme Samsung, SK Hynix et Micron continuaient de livrer les acteurs majeurs du monde PC à des prix inférieurs à ceux du marché actuellement.

Les prix de ce marché particulier ont donc été renégociés et cela va entrainer une hausse massive du prix des machines. Non seulement les prix seront plus élevés sur les contrats, mais les fournisseurs de mémoire, de stockage et de processeurs vont limiter la durée de ceux-ci. Cela veut dire qu’au lieu de proposer un prix pour un trimestre ou plus, en s’engageant sur un volume, les constructeurs de PC devront se contenter de contrats beaucoup plus limités. Ce qui entrainera donc de possibles variations de prix à la hausse de mois en mois pour un même portable ou un même MiniPC. Chaque mouvement de prix en amont se répercutera en aval dans une jungle de tarif complexe qui ne va pas faciliter la vie des marques.

Il faut donc s’attendre à des fluctuations de prix, toujours à la hausse, et des machines de plus en plus chères. Non seulement parce que les prix des composants s’envolent, mais aussi parce que les volumes qui vont être accordés par les fabricants de mémoire seront sans doute plus faibles. Ils le sont déjà mais cela pourrait encore s’aggraver car les fournisseurs n’ont plus forcément intérêt à proposer leur mémoire vive au marché PC traditionnel pour le moment. On l’a vu avec Micron lorsqu’il a pris la décision d’abandonner immédiatement sa marque de mémoire Crucial

Une barrette de DDR4 DIMM

Cette frugalité de l’offre va également amplifier la hausse

Moins de mémoire, une demande toujours explosive et les marques de PC vont se battre à coup de carnets de chèques pour obtenir la mémoire dont elles ont besoin. Samsung parle de 21$ HT le prix d’achat par gigaoctet de DDR5 pour le moment. Cela fait 336$ HT pour de 16 Go de RAM, avant même son montage sur un support ou une installation sur une carte mère. Ajoutez simplement 20% de TVA sans même compter les frais et la marge du constructeur qui va intégrer la mémoire et vous obtenez un peu plus de 400€. Cela parait déjà totalement fou par rapport aux prix que nous connaissions il ya juste un an.

« Notre offre est loin d’atteindre la demande de nos clients. En se basant uniquement sur la demande reçue pour 2027, le rapport entre l’offre et la demande pour 2027 est largement plus grand que pour 2026. » indique Kim Jaejune, le responsable du secteur mémoire chez Samsung. Cet écart se creusant, la réponse du marché va être une guerre tarifaire. Imaginez bien que si Lenovo a absolument besoin de mémoire, il va proposer non pas 21 $ HT le Go mais peut-être 21,1 $. En face, HP ou Dell, qui en ont tout aussi besoin, vont s’aligner ou proposer 21.2 $… 

IDC a révisé ses projections qui anticipaient une baisse de - 2.4% des ventes vers une baisse attendue de 11.3% Baisse qui durerait selon l'analyste jusqu'en 2028. Ce qui laisse entendre des tarifs élevés jusqu'en 2029.

IDC a révisé ses projections qui anticipaient une baisse de – 2.4% des ventes vers une baisse attendue de 11.3% Baisse qui durerait selon l’analyste jusqu’en 2028. Ce qui laisse entendre des tarifs élevés jusqu’en 2029.

Pire que cela, le marché des ventes est à la baisse. Moins de volume de machines vendues, cela signifie qu’il faut reporter les frais fixes de chaque entreprise sur un plus petit volume d’engins. Et pour cela, il faut forcément augmenter leurs tarifs. Multipliez tous ces éléments par des hausses massives chez les fabricants de SSD. Par des délais à rallonge et des prix qui s’envolent chez AMD et Intel et vous comprenez qu’en entrant dans ce joli mois de mai, nous entrons dans une toute autre dimension tarifaire pour nos machines.

La hausse de la mémoire vive et des machines en général n’est pas prête de finir.

 

DDRgate² : Une nouvelle augmentation de 30% de la DDR5

Pourquoi un nouveau palier de hausse pour la mémoire ? © MiniMachines.net. 2026

SK Hynix va investir en masse dans une usine de RAM

22 avril 2026 à 15:57

SK Hynix est un des trois grands producteurs mondiaux de mémoire vive avec Samsung et Micron. Paradoxalement, si ce n’est pas le plus gros, c’est peut-être un de ceux qui a le plus profité du marché avec de gros investissements dans la mémoire HBM3 à destination des datacenters IA. 

SK Hynix détenait presque 60% de parts de marché de la mémoire HBM au quatrième trimestre 2025. Loin devant Samsung et Micron qui restaient tous les deux sous les 22%. On comprend l’intérêt pour la marque d’investir massivement dans ses capacités de production pour rester leader sur ce secteur.

La marque annonce aujourd’hui un investissement massif de près de 13 milliards de dollars pour la création d’une usine de conditionnement mémoire. Cette nouvelle  entité baptisée P&T7 devrait sortir de terre en Corée du Sud, à Cheongju, et devrait entrer en production de 2027 à 2028 suivant les lignes de fabrication. Le complexe industriel s’étendra sur 60 000 m² et emploiera jusqu’à 3000 salariés.

SK Hynix

Une nouvelle usine SK Hynix mais aucun effet sur la mémoire classique

L’ajout d’une unité de production de HBM n’aura probablement aucun impact sur la situation grand public et entreprise du marché PC classique. La totalité du bâtiment servira à augmenter la production des mémoires HBM exclusivement réservées au marché des datacenters. Aucun produit qui sortira de ces milliers de M² n’aura pour destination le PC de monsieur et madame tout le monde.

La situation pourrait au contraire empirer. De manière assez paradoxale, le secteur grand public bénéficie de plus de mémoire vive DDR5 que ce qu’il aurait si la mémoire HBM coulait à flot. Les constructeurs de datacenters à destination de l’IA sont en effet coincés par un goulet d’étranglement dans l’approvisionnement de plusieurs éléments : stockage à haute densité et mémoire HBM notamment. Des problématiques d’implantation et de fourniture d’énergie ralentissent également la création de nouveaux centres.

Si la création d’une nouvelle usine SK Hynix permet de livrer plus de mémoire HBM dans le futur, alors certains des lots de DDR5 actuellement dirigés vers le grand public se retrouveraient à nouveau sur la voie des datacenters. Difficile donc de voir cette annonce de SK Hynix comme une bonne nouvelle pour les ordinateurs personnels classiques.

Source Wccftech

SK Hynix va investir en masse dans une usine de RAM © MiniMachines.net. 2026

Fin de partie pour la LPDDR4 Samsung, le Coréen arrêtera sa production cette année

21 avril 2026 à 09:34

La LPDDR4 Samsung sera bientôt de l’histoire ancienne et, à dire vrai, c’est probablement déjà le cas. Le fabricant coréen arrête la production de ce type de mémoire pour se concentrer sur la LPDDR5 plus récente.

Ce choix est compréhensible pour le fabricant, par définition la LPDDR4 Samsung serait, à priori, moins demandée dans les années à venir et sa production freine les profits de la société. Si certains acteurs du marché comptent sur ces mémoires plus anciennes pour tenter de tenir les prix à la baisse. Les mouvements récents d’AMD et d’Intel pour proposer de faire durer certaines architectures de leur catalogue capables de prendre en charge des composants DDR4 en sont un bon indice. La publication des spécifications de la LPDDR6 en juillet dernier pousse naturellement la mémoire vive plus ancienne vers la sortie. Reste que la tension sur ces composants est telle que tout mouvement de tension est susceptible de produire une catastrophe.

La LPDDR4 Samsung disparait au profit de la LPDDR5

La LPDDR4 Samsung disparait au profit de la LPDDR5

Le site sud-coréen « The Elec » annonce que Samsung devrait arrêter toute production de modules de mémoire vive dès cette année. La production de LPDDR4 Samsung a déjà baissé et surtout la marque n’accepte plus de nouvelles commandes. Ce qui laisse entendre qu’on peut d’ores et déjà parler de LPDDR4 Samsung au passé. Les clients ayant des besoins sur ces composants ont déjà probablement réservé l’entièreté de la production jusqu’à la fin de celle-ci.

Pour Samsung, la place occupée par ces lignes sera recyclée pour fabriquer de la LPDDR5. Les unités de production seraient ainsi modernisées petit à petit et les anciens composants recyclés. La demande en mémoire à plus basse consommation énergétique ayant explosé, qu’il s’agisse de LPDDR5 ou LPDDR5X, le changement peut se comprendre. Sans LPDDR5, les serveurs de centres de données ne peuvent pas se construire. C’est un château de cartes, sans mémoire vive de base, pas de vente de mémoire HBM encore plus rentable. Il est même possible que le constructeur conditionne la disponibilité de ses mémoires HBM à l’achat de mémoire LPDDR5 en « package » pour ses clients. Les débouchés pour les dernières générations de composants sont beaucoup plus larges et plus rentables à long terme que la LPDDR4 en fin de vie.

Et cela même si beaucoup de SoC ARM emploient encore de la mémoire vive de ce type. Des dizaines de millions d’appareils d’entrée de gamme qui inondent de nombreux marchés sont toujours équipés de ces puces. Beaucoup de produits industriels et de solutions de développement sont également équipés de LPDDR4. Le passage vers de la mémoire LPDDR5 peut évidemment se faire mais le secteur est largement en tension et on imagine mal Samsung faire des cadeaux de compensation à ses anciens clients.

La LPDDR4 Samsung pourrait devenir la LPDDR4 d’un autre

Par un jeu évident de vases communicants, les clients qui achetaient de la LPDDR4 Samsung vont donc devoir se tourner vers d’autres fabricants. On peut se douter que les plus gros producteurs de puces de mémoire vont ou ont déjà la même réflexion que Samsung. Leur objectif n’est pas de répondre spécifiquement à la demande de leurs clients mais de dégager le plus de rentabilité possible. S’il est plus intéressant financièrement d’abandonner ce type de mémoire vive, alors ils le feront probablement sans aucun scrupule.

Reste que le constructeur Coréen va relâcher la pression concurrentielle qu’il avait sur ces modules, ce qui pourrait permettre à d’autres acteurs de mieux s’y épanouir. En étant probablement un peu plus cher que Samsung avant le début de la crise de la mémoire. Mais en étant peut-être plus abordable que lui et susceptible de répondre à des cahiers des charges plus larges. La plupart du temps, les éléments que l’on ne peut pas adapter des lignes de production décommissionnées sont revendus à d’autres entreprises. Celles-ci s’emparent donc d’une technologie ancienne, mais toujours rentable. A eux de remettre en marche le tout dans une extension de leurs propres unités de production. On imagine donc assez facilement qu’une baisse de la capacité de fabrication annuelle de LPDDR4 Samsung sera compensée par une hausse chez un autre acteur du marché. 

On imagine également que si Samsung a fait ce calcul, ses principaux concurrents pourraient faire le même, ce qui serait à court terme une catastrophe pour la LPDDR4 et un retour à une offre plus abondante pour la LPDDR5.

CXMT à la rescousse ? 

Le fabricant de mémoire Chinois CXMT et son allié GigaDevice pourraient reprendre le flambeau. La LPDDR4 reste un élément majeur pour beaucoup d’acteurs. Difficile de trouver un smartphone abordable et confortable en mémoire en LPDDR5 aujourd’hui. Or dans beaucoup de pays, comme la Chine, il est devenu simplement impossible de vivre sans smartphone. À la fois moyen de paiement, carte de transport et preuve d’identité, l’outil est un composant essentiel dans la vie sociale du pays. Il est impossible d’imposer à sa population de se procurer un smartphone trop cher et le recours à des solutions LPDDR4 est donc indispensable.

CXMT pourrait augmenter sa capacité de production à 300 000 wafers par mois, les derniers chiffres annoncent pour le début de 2026 une production plutôt située autour des 240 à 250 000 wafers mensuels. Samsung propose entre 700 et 750 wafers par mois et SK Hynix environ 620 000. Si une partie de la production de l’un passe chez l’autre, cela pourrait dans un premier temps raréfier l’offre de mémoire LPDDR4 avant de la rendre, éventuellement, moins chère.

Source : Notebookcheck

Fin de partie pour la LPDDR4 Samsung, le Coréen arrêtera sa production cette année © MiniMachines.net. 2026

Samsung Electronics dégage 37 milliards de dollars au premier trimestre

14 avril 2026 à 11:10

Le cabinet d’analyse Coréen Counterpoint repris par Wccftech2 révèle les chiffres astronomiques liés au marché de la mémoire. Samsung Electronics a publié des résultats pour le moins étonnants pour ce premier trimestre 2026. Avec 57 200 000 000 de wons, ce qui correspond à 37.9 milliards de dollars US.


Cette hausse de 755% de chiffre d’affaires donne la mesure de l’impact de l’augmentation des prix de la mémoire vive depuis le début de la course à l’équipement des datacenters liés à l’IA. La division Samsung Electronics, à elle seule, propose en un trimestre un plus gros bénéfice opérationnel que celui de Samsung au global en 2025. Les bénéfices se décomposent en 37 milliards de dollars pour la DRAM et 13,4 milliards pour la NAND. Le précédent record de Samsung datait de 2018 quand son troisième trimestre dégageait un bénéfice de 18.9 milliards de dollars. Ce chiffre est battu de 167 %.

Si cette division particulière est la pièce maitresse du dispositif de la société Coréenne puisqu’elle fait depuis toujours la grande majorité de ses profits, cela propulse tout de même la firme dans une toute autre dimension. Le cabinet d’analyse de mettre en avant ces chiffres colossaux qu’il met en perspective avec le reste du marché. La firme devient beaucoup plus rentable qu’un Microsoft, TSMC, Meta, Amazon ou même Alphabet, la maison mère de Google. 

Il faut dire que la majorité des GAFAM ont eux-mêmes injecté des milliards dans les poches de Samsung Electronics pour leurs différents Datacenters liés à l’IA. Comme toujours dans les ruées vers l’or, les plus grands gagnants sont les vendeurs de pelles. Nvidia et Samsung ont dégagé des bénéfices incroyables ces derniers trimestres. 

Pour Samsung Electronics c’est également un moyen de rentabiliser des investissements réalisés à perte ces dernières années. La firme a certes moins misé sur la mémoire hyper-rapide HBM3 que certains de ses concurrents comme SK Hynix mais a profité à plein du désintérêt pour la DDR5 de la part de Micron (qui a carrément quitté le navire grand public en sabordant la marque Crucial) et SK pour ces composants pourtant indispensables au monde PC et smartphone. Résultat, au premier trimestre, la demande n’ayant pas changé sur ces postes, les prix ont flambé et un chiffre d’affaires incroyable a été réalisé.

Samsung Electronics

Samsung Electronics se frotte les mains, ses anciens partenaires beaucoup moins

Micron, SK Hynix et Samsung poursuivent leur politique de gestion opportuniste de la crise. Les trois marques ont largement commenté leur volonté de piloter leur production de manière à privilégier la mémoire HBM à destination des serveurs sans remettre l’accent sur la production de la DDR5. Les deux types de mémoire partageant les mêmes structures de production. Cela permet de produire des modules HBM très rentables et toujours demandés par les géants de l’IA d’un côté. Tout en proposant une offre de DDR5 largement en dessous de la demande de l’autre. Ce qui propulse les tarifs toujours plus haut. Les solutions mémoire commerciales les plus denses ayant atteint des tarifs inimaginables il y a encore un an.

Cette vision du marché est sans pitié pour les partenaires des marques qui se retrouvent dans des situations intenables. Apple a accepté une augmentation de 100% de ses prix par rapport à son précédent contrat. D’autres augmentations sont encore à venir, ce qui rend la commercialisation de matériel très compliquée pour les géants du secteur grand public et professionnels. Samsung va même plus loin en refusant de livrer sa division smartphone pour préserver sa rentabilité

Difficile de voir comment sortir de ce scénario. Pour les acteurs intermédiaires comme les fabricants de PC ou de tout produit qui embarque de la mémoire, la situation n’est pas simple. Leurs clients budgétisent leurs achats de manière réfléchie et vont donc refuser de dépenser des sommes absurdes dans un équipement qui ne coûte pas plus cher à produire hier qu’aujourd’hui. En face, les géants de l’IA dépensent sans compter avec des milliards de dollars subventionnés dans l’espoir d’un retour sur investissement à moyen terme. Au vu des factures astronomiques liées à l’implantation de ces datacenters – gestion énergétique, refroidissement, matériel informatique en général avec des puces toujours plus chères également – la facture mémoire reste toujours dérisoire. 

Tant que les clients du monde PC tenteront de se battre avec des gens qui n’ont pas peur d’investir des milliards à perte, la bataille des prix ne pourra pas être gagnée.

Micron abandonne mémoire et SSD grand public

Samsung Electronics dégage 37 milliards de dollars au premier trimestre © MiniMachines.net. 2026

Mémoire HBM3 : La demande multipliée par 600 en 2028 selon Michael Dell

13 avril 2026 à 14:29

S’il faut prendre les annonces du patron de Dell avec les pincettes de rigueur, il est directement concerné par l’évolution du marché, son annonce fait tout de même froid dans le dos. Selon lui, la demande de mémoire HBM3 va exploser.

Pour Michael Dell, la situation de la mémoire vive ne va pas s’améliorer à moyen terme mais, au contraire, largement empirer. Son analyse est simple, la demande actuelle en mémoire vive est liée à la gourmandise des centres de données d’IA. En 2022, chaque serveur DGX H100 de Nvidia employait 80 Go de mémoire HBM3 ultra-rapide. C’est la production de cette mémoire qui a détourné les trois principaux fabricants mondiaux du secteur de la DDR5 destinée aux ordinateurs classiques. 

mémoire HBM3

Une demande de mémoire HBM3 en très forte hausse

Or pour Michael Dell, le besoin en mémoire des futures solutions IA suivrait une augmentation régulière pour atteindre 2 To de mémoire HBM en 2028. Une augmentation tirée d’une extrapolation linéaire très « mathématique » donc. Basée sur le trait rectiligne d’une progression régulière. 2 To par serveur équivaudrait à une augmentation explosive des besoins de cette industrie. Cette augmentation liée à une évolution des centres de données actuels et à la création de nouveaux datacenters serait sans commune mesure avec les anticipations de production de mémoire estimée. Et cela malgré des investissements dans de nouvelles usines de production.

Si un tel scénario se réalisait, la demande de mémoire HBM3 ne baisserait pas à l’horizon 2028-2030 mais se positionnerait au contraire dans une énorme augmentation. Les besoins seraient d’ailleurs tellement énormes pour cette mémoire HBM qu’il est plus que probable que le marché de la DDR5 « classique » soit alors complètement abandonné par les fabricants. Assechant ainsi le marché des ordinateurs censés « consommer » les services d’IA en question.

La vision de Michael Dell est très technocentrée.

Ce scénario est évidemment catastrophique mais il n’est pas certain qu’il se réalise. D’abord parce que la multiplication mathématique des besoins futurs en suivant les chiffres du passé n’est pas une science fiable. Beaucoup considèrent que ces 2 To de mémoire HBM3 par serveur n’est pas du tout une anticipation réaliste. Mais surtout parce que cela semble tout simplement intenable. Si je ne suis pas spécialement optimiste pour le marché des composants, la vision du patron de Dell gomme pas mal de mouvements de fond notables qui ont lieu en ce moment. Un tassement des investissements dans l’IA. Des modèles qui commencent à montrer des signes de faiblesse. Une économie totalement incertaine et des contrats passés entre divers acteurs qui ne semblent pas se concrétiser. Si on ajoute à cela des prix qui enfleraient en conséquence avec une demande en constante augmentation des mémoires HBM3 et suivantes, le scénario semble finalement peu crédible.

Sur le terrain, on parle également de nombreuses problématiques d’implantation avec d’énormes « besoins » de datacenters mais de gros problèmes d’infrastructures, notamment en matière d’eau et d’énergie, pour les réaliser. Si on ajoute à cela un monde où, à peine construits et pas du tout rentabilisés, certains datacenters deviendraient immédiatement obsolètes. Nécessitant à nouveau des capitaux colossaux pour être mis à jour avec toujours plus de mémoire et de nouveaux processeurs, on n’est pas très loin d’une vision purement technique du futur. Une vision débarrassée de toute notion d’économie et de politique.

Il n’est pas certain que le marché réagisse aussi mathématiquement que l’imagine le patron de Dell. Certains investisseurs vont peut-être réfléchir à deux fois avant de réinjecter quelques dizaines de milliards supplémentaires dans des centres de données déficitaires. Il est également possible que la future crise du prix de l’énergie qui se prépare fasse changer d’optique de nombreux investissements. Si le prix de l’énergie continue à monter et à manquer, faire tourner un datacenter déjà non rentable deviendra un cauchemar financier assez proche de celui rencontré par les mineurs de crypto-monnaies il y a quelques années.

Si la demande de mémoire ne risque pas de baisser à moyen terme, l’avenir d’un monde informatique totalement dévolu à l’usage des IA n’est pas aussi évident. Le marché a besoin de smartphones et d’informatique généraliste. L’en priver serait une véritable catastrophe.

source : notebookcheck

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Trigkey : première marque tuée par la pénurie de RAM ?

10 avril 2026 à 12:00

Trigkey accompagne le marché des minimachines depuis fort longtemps. Si la marque n’a jamais eu de grands coups d’éclat en termes de développement ou d’innovation, elle propose depuis des années des engins solides et fiables.

En octobre 2025, j’écrivais que le Trigkey Key-N150 était peut-être la meilleure minimachine du genre sur le marché. Une solution sobre mais efficace proposée à un prix plus que correct. 189€ pour un MiniPC avec un Intel N150, 16 Go de mémoire et 512 Go de stockage. Rien de fou, mais un engin bien maîtrisé, parfait pour une solution bureautique et multimédia avec de bonnes capacités d’évolution.

Seulement dès novembre 2025, les stocks de la marque ont commencé à battre de l’aile. Au mois de décembre déjà, beaucoup de références avaient totalement disparu. Aujourd’hui, ce sont l’ensemble des entrepôts qui sont vides. Trigkey ne vend pas en direct, ses pages pointent vers les entrepôts de différentes antennes locales d’Amazon. Et toutes listent des catalogues désespérément vides. La page japonaise a disparu, la page allemande ne propose plus aucune référence et celle d’Amazon US l’est tout autant. En France ce n’est pas mieux, là encore, aucune machine n’est stockée.

Trigkey

Trigkey est une sous-marque, fabriquée par Shenzhen AZW Technology qui est derrière une autre gamme de produits bien plus connue, à savoir Beelink. Les deux ont d’ailleurs partagé les mêmes designs de MiniPC pendant des années. Beelink étant proposé un peu plus cher en général parce qu’équipé de composants de meilleure qualité. Quand Trigkey embarquait de la mémoire et du stockage noname, Beelink garantissait des produits Crucial. Mais les MiniPC étaient techniquement les mêmes et seul le logo inscrit sur leur coque les différenciait.

Ces deux dernières années cependant, on a pu voir que Beelink montait en gamme en communiquant sur son savoir faire. Avec des choix différents d’un point de vue technique. L’abandon des coques en plastique pour des modèles en aluminium. Des évolutions de marché avec des MiniPC NAS, de la communication autour de ses avancées techniques, la publication des BIOS de ses engins, des processeurs plus rapides. Des développements de nouvelles solutions de refroidissement et la poursuite d’un engagement avec Micron. Dans le même temps, Trigkey restait enfermé sur des modèles plus entrée de gamme. Quand Beelink s’épanouissait en allant même jusqu’à proposer de la vente en direct. Trigkey s’étiolait en resserrant ses références à quelques modèles seulement, sans plus aucune évolution ni de design ni de compétences.

Trigkey est soit morte, soit en sommeil

Est-ce que ce choix d’un abandon de la marque a été motivé par la nouvelle politique « Pro Beelink » du fabricant ? C’est possible. Mais d’après plusieurs échos, les évènements liés à la pénurie actuelle de composants et l’augmentation des prix de la mémoire et du stockage rendent le modèle « Trigkey » beaucoup moins pertinent. Avec des MiniPC d’entrée de gamme qui misent beaucoup sur un prix d’appel pour séduire, subir une augmentation de prix trop importante rend l’approche de la marque totalement contre-productive. Shenzhen AZW Technology aurait préféré ne plus alimenter cette branche que d’essayer de lutter avec les produits no name. Cela serait trop couteux en ressources et en liquidités de remplir les stocks de différentes places de marché à travers la planète.

Trigkey avait parfois une manière particulièrement fine de faire de la retouche d'images.

Trigkey avait parfois une manière particulièrement fine de faire de la retouche d’images.

Trigkey est donc soit morte, soit en sommeil. La marque est toujours là mais sans stock ni visibilité à court terme. Mon petit doigt me dit que d’autres pourraient suivre. Les entreprises qui ont vécu les années 2023/2025 avec des produits tout juste rebadgés et vendus en masse sans grand effort de développement ni d’innovation auraient de plus en plus de mal à tenir l’équation d’une rentabilité. Avec des composants mémoire, stockage et même des processeurs complexes à trouver, beaucoup plus chers à l’achat et des acheteurs moins enclins à craquer pour un MiniPC à 360€ qu’à 180€… Certains seraient déjà en train de chercher d’autres produits à distribuer.

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AMD et Intel font durer la DDR4 pour contrer la pénurie

8 avril 2026 à 10:37

Le prix de la mémoire explose, la DDR5 est au plus haut, la DDR4 lui a emboîté le pas. Gros point fort pour cette dernière. Elle est massivement déjà en place sur la grande majorité des PC. Pour faire face à la crise actuelle, les deux géants que sont AMD et Intel n’ont pas beaucoup de solutions. Une d’entre elles est de ne pas tout changer.

Une barrette de DDR4 DIMM

Et ne pas changer choque en informatique. Tout le monde a été biberonné par un discours de mise à jour technique et d’obsolescence permanente. Les constructeurs comme les fondeurs de puces ont tous fait de la rythmique cadencée et annuelle de leurs produits un tempo à suivre pour rester au meilleur niveau. Reste que derrière ces annonces de gain de productivité et d’efficacité permanentes, les usages réels n’ont pas forcément progressé partout. Dans le monde de l’entreprise par exemple, certains réflexes d’évolution sont plus comptables que techniques. On change parce que c’est le bon moment, parce que tout est amorti, parce que les concurrents ont changé ou par peur de ne plus être à la page. Mais derrière, on ouvrira la même suite bureautique et on enverra les mêmes mails sans tirer beaucoup plus de mémoire ou de puissance du processeur.

Intel et AMD le savent, ils ont donc bien compris qu’il était possible de faire durer leurs gammes avec un peu de cosmétique pour répondre à des besoins d’entreprise. Le programme pour 2026 semble donc se confirmer avec le retour de certaines générations de puces.

Chez Intel par exemple, on va retrouver des puces Core de 14ème génération. Des modèles « Raptor Lake Refresh » qui vont faire un tour de piste supplémentaire sur leur plateforme LGA1700. Le fondeur a confirmé la poursuite de leur production en parallèle des nouvelles puces Panther Lake. L’info vient de Robert Hallock, un des vice-présidents et le directeur général du marketing technique client chez Intel. 

La raison est assez simple, les puces sont tout à fait suffisantes pour piloter un ordinateur classique en 2026. Si certains usages vont aller chercher un rendement le plus efficace possible, énormément d’autres utilisateurs n’effleurent qu’à peine les capacités de calcul de ces processeurs. Qu’il s’agisse de particuliers ou de professionnels, une grande majorité des processeurs en 2026 ne sont pas exploités à leur plein potentiel. 

Les avantages de ces processeurs Raptor Lake Refresh pour Intel comme pour les clients. D’abord ils sont gravés en Intel 7 ce qui ne les fait  pas entrer en concurrence frontale avec les lignes de production 18A. Les deux gammes peuvent être produites en parallèle. Les puces Arrow Lake-S, de nouvelle génération, profitent de cœurs toujours produits par TSMC mais dans un agglomérat de tuiles assemblées ensuite par Intel. Rien qui ne va empêcher leur production. Au contraire, cela permet de rentabiliser à plein les lignes Intel 7 pendant cette période compliquée.

Cela permet également de profiter de deux éléments techniques importants. Raptor Lake Refresh est à la fois monté sur un socket LGA1700 mais il est également capable de prendre en charge la mémoire DDR4 comme la DDR5. Pour Intel, c’est une aubaine en ce moment. Qu’il s’agisse d’assembleurs ou de clients finaux, conserver cette plateforme signifie pouvoir faire évoluer des millions de PC d’une puce à l’autre sans avoir à tout changer. Cela permet également de faire durer des bases techniques plus longtemps : cartes mères, systèmes de refroidissement et même alimentations ajustées au maximum pour des machines de grandes marques internationales. 

Le maintien de la mémoire DDR4 va également permettre d’alléger la note en cas de transition. Un contact qui gère une société de recyclage de machines d’entreprises, dont le travail consiste à proposer des certificats de destruction de données pour les flottes de PC d’entreprise d’un côté et la revalorisation de ces machines auprès d’un nouveau public de l’autre, me confiait que le marché avait bien changé ces derniers mois. Moins de machines disponibles, des engins en moins bon état et surtout… plus de mémoire vive à bord. Toutes les barrettes de RAM étaient désormais conservées par les entreprises alors qu’elles étaient laissées en place auparavant.  Non seulement la source se tarit, mais les machines qui lui parviennent ne sont plus aussi facilement recyclables.

Et on comprend que pour une entreprise avec un service informatique qui peut recycler la mémoire vive de ses postes, la dépense technique peut être beaucoup plus basse avec un processeur Raptor Lake Refresh. On pourra éventuellement juste changer la puce, mais si l’achat d’un poste neuf est obligatoire, il pourra être choisi sans mémoire vive en recyclant simplement celle existante. Même en ne considérant que l’achat d’un PC neuf, la DDR4 reste beaucoup plus disponible et moins chère que la DDR5 actuellement.

Et M Hallock de préciser que les fabricants de cartes mères allaient proposer des plateformes originales, capables de prendre en charge à la fois de la DDR4 et de la DDR5. ASRock serait déjà sur les rangs et d’autres devraient suivre2. Dans tous les cas, l’usage d’un Raptor Lake Refresh avec de la DDR4 ne changera pas grand-chose pour un utilisateur lambda. Même pour un utilisateur expert, à vrai dire. La majorité des usages ne sera pas si différente d’une machine à l’autre à l’œil nu. Si les logiciels de benchmarks attesteront bien d’une différence insupportable à certains, il leur sera toujours possible de dépenser les sommes nécessaires pour réunir le meilleur de chaque composant.

Au vu du contexte actuel, je doute que tout le monde ait envie de changer un PC acheté au début 2025 avec 32 Go de DDR4 pour une bouchée de pain pour un modèle similaire avec 32 Go de DDR5 pour un énorme morceau de brioche.

Sans concession jusqu'à ce que la mémoire vive disparaisse.…

Chez AMD, même combat pour le maintien de la DDR4

On avait vu un premier recul dans la course au « toujours plus » il y a quelque temps. AMD avait en janvier commencé par dire que finalement, employer de la mémoire vive en DDR5-4800 par rapport à de la mémoire vive DDR5-6000 ce n’était pas si grave. Que les gains étaient en dessous de 2% sur la totalité des scénarios en jeu. Un changement de discours qui apparaissait alors que les prix des mémoires les plus performantes s’envolaient à toute vitesse.

AMD annonce désormais qu’il va faire jouer les prolongations à sa plateforme AM4. Une vétérante du monde PC, ce qui n’est pas un défaut. AM4 est sortie en 2016 et fête donc son dixième anniversaire. Elle a connu les microarchitectures du renouveau de la marque : Zen, Zen+, Zen2 et Zen3. Ce socket est ultra rentabilisé et profite d’un énorme parc installé même si tous les chipsets ne seront pas forcément compatibles avec les dernières puces déployées. 

Pour AMD la transition repose sur une stratégie de rafraîchissement de ses gammes avec des puces mises à jour en ajoutant de la mémoire à bord des processeurs. La fameuse technologie 3D V-Cache. Les puces sont boostées avec plus de cette mémoire cache ajoutée littéralement par-dessus la puce. Un empilement qui donne droit à cette fabuleuse trouvaille marketing « 3D V-cache ».

On retrouve, par exemple, le tout nouveau Ryzen 5 5500X3D, une puce développant six cœurs Zen 3, pour douze Threads avec des fréquences allant jusqu’à 4 GHz et surtout un cache L3 de 96 Mo. Le tout est gravé par GlobalFoundries en 12 nm. Pas le processeur le plus sexy sur le papier, mais qui fera un excellent boulot de transition pour cette période 2026 très compliquée. Un de ses atouts majeurs ? La prise en charge de mémoire DDR4 jusqu’à 128 Go en double canal. Un CV qui lui donne une place de choix pour venir remplacer un processeur vieillissant dans une tour sans avoir à tout changer à l’intérieur.

Vous l’aurez compris, quand le marché va mal, les marques changent de perspective. D’un positionnement poussant vers un futur de performances toujours plus élevées, elles s’intéressent désormais également à un présent beaucoup plus réaliste. Il vaut mieux vendre des puces sur une plateforme plus ancienne et moins glamour, compatibles avec des technologies déjà en place, plutôt que de ne rien vendre du tout.

Source : Wccftech

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DDRgate² : Une nouvelle augmentation de 30% de la DDR5

6 avril 2026 à 09:33

S’il y a quelques jours certains ont cru lire une baisse de tarifs sur la mémoire vive à cause d’une stagnation de l’augmentation de celle-ci chez les concurrents, c’était sans doute par trop d’optimisme. Samsung préparerait une augmentation de 30% de ses prix sur ses composants de mémoire vive pour ses prochains contrats.

Tu auras une augmentation toi ?

Tu auras une augmentation toi ?

Tout le problème est dans le paradoxe créé par la distance entre le producteur et le consommateur d’une seule partie de la production. Quand un marchand baisse son tarif de vente au détail de barrettes de mémoire après l’avoir augmenté pendant des semaines et des semaines, cela ne veut pas dire que la mémoire baisse. Cela veut dire que le public susceptible de lui acheter ses composants se heurte à un prix qu’il n’accepte plus. Le marchand baisse alors son tarif s’il a du stock ou le laisse tel quel s’il n’en a plus. Cela n’est pas une baisse de prix de production, c’est une baisse de prix de distribution.

À l’autre bout de la chaîne, le schéma est différent et Samsung nous le rappelle. La division mémoire de la marque serait en train de négocier une hausse de 30% de ses tarifs actuels. Le site Coréen ETNews rapporte que les différents acteurs qui chercheraient des contrats d’approvisionnement à long terme devraient s’engager sur ce nouveau tarif pour obtenir les précieux composants. Malgré les augmentations de production de Samsung sur ce segment, la demande continue d’être largement plus forte que l’offre.

David Bayley sur Twitter

David Bayley sur Twitter

Cela veut dire que les centres de données et d’IA qui veulent de la mémoire, mais également les fabricants de portables, de smartphones et autres fabricants de barrettes de mémoire vive, doivent provisionner leurs achats en acceptant de payer ce tarif plus élevé afin d’être certains d’obtenir une part de la production. S’ils ne s’engagent pas, ils récupéreront les invendus. C’est-à-dire les miettes de la production éventuellement disponible et à un prix inconnu. Comme il est impossible de fonctionner de manière industrielle avec la fourniture de composants de cette manière, impossible de compter sur la livraison d’un nombre de puces variables à un prix variable quand on doit piloter une usine d’assemblage, cela pousse tous les acteurs à signer des contrats avec le fabricant.

Et donc, de fait, cela provoque une augmentation de 30% pour tous les grands acteurs du marché. Si une partie du public ne semble plus d’accord pour payer cette augmentation et a donc décidé de faire le dos rond le temps que les choses se calment. Les industriels n’ont pas cette possibilité. Ils ne peuvent pas décider de ne pas fabriquer de produits sauf à fermer des usines, licencier du personnel, réduire leur chiffre d’affaires et perdre des parts de marché.

Une augmentation globale des prix pour toutes les mémoires

Les signatures de contrats à long terme pour la mémoire HBM pour serveurs et DDR pour tout type de PC n’ont pas baissé, au contraire. Si les clients finaux que sont les particuliers et les entreprises serrent les dents et refusent parfois d’investir. D’autres géants n’hésitent pas à se positionner sur ces marchés. Remplissant les cases libérées par le segment grand public. Cela risque de poser de nouveaux problèmes à moyen et long terme avec des envolées marquées de tarifs d’un côté pour les PC et smartphones, mais également de gros soucis de disponibilité réelle en magasin de ces composants. Aux dernières nouvelles, les livraisons de barrettes de mémoire correspondent à 40% des commandes. Autrement dit, certains marchands qui achètent 100 barrettes ne sont livrés que de 40 modules. 

Evidemment, les deux autres principaux fabricants de mémoire et concurrents de Samsung, sont dans la même situation. Micron comme SK Hynix prévoient eux aussi une hausse de tarifs pour ce second trimestre pour les contrats à long terme.

Source Notebookcheck

Une stabilisation de la mémoire vive plutôt qu’une baisse

DDRgate² : Une nouvelle augmentation de 30% de la DDR5 © MiniMachines.net. 2026

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