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Retour à trois opérateurs : protocole d’accord entre Orange, Free, Bouygues et SFR

7 juin 2026 à 03:07
« C'est bon pour la concurrence » 🤔
Retour à trois opérateurs : protocole d’accord entre Orange, Free, Bouygues et SFR

Le sursis de 48 heures annoncé vendredi soir aura été payant. Le consortium d’opérateurs composé d’Orange, de Bouygues Telecom et Iliad a signé un protocole d’accord avec Altice en vue de l’acquisition de SFR. La découpage du gâteau de l’opérateur au carré rouge est désormais connu.

Il n’aura pas fallu attendre la fin du sursis de 48 heures pour que tout le monde se mette finalement d’accord. Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange mettent la main sur SFR, aux termes d’une négociation ayant débuté en octobre dernier ; les négociations exclusives remontent elles au mois d’avril. Un protocole d’accord a été signé entre le consortium et Altice, pour une transaction portant sur un prix total de 20,35 milliards d’euros. La somme pourra évoluer jusqu’à la finalisation de l’opération prévue au mieux en 2027.

SFR coûte plus ou moins 20 milliards d’euros

Parmi les ajustements annoncés : un « earn-out » de 650 millions d’euros maximum, c’est à dire une somme que recevra Altice si SFR atteint certains objectifs financiers d’ici la clôture de l’opération. À l’inverse, si les performances de l’opérateur se dégradent davantage que prévu, le consortium pourrait demander une réduction du chèque.

Le prix final dépendra aussi du niveau d’endettement réel de SFR au moment de la clôture. Si la dette est plus élevée que prévu, le prix payé pourra être réduit ; si elle est plus faible, il pourra être augmenté. Une clause de sauvegarde est également prévue, si le consortium ou Altice renonce à l’opération. C’est un point souligné dans le communiqué : en cas d’abandon, la partie à l’origine pourra être tenue de verser une pénalité qui oscillera entre 100 millions à 2 milliards d’euros, selon les circonstances. Les trois acheteurs se partageraient dès lors les coûts, à parts égales.

Au-delà de la prudence affichée, il s’agit d’« une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications », soulignent les partenaires. Une opération qui réduira le nombre d’opérateurs en France à trois, alors qu’ils étaient quatre depuis 2012 et le lancement en fanfare de Free Mobile. Une arrivée qui a profondément bousculé le paysage et provoqué une guerre des prix. Nul doute que la question de la concurrence sera surveillée de très près par les autorités de la concurrence.

Les petits et les gros bouts de SFR

Les trois opérateurs acheteurs se sont partagés le gâteau SFR, chacun repart avec un gros morceau. Bouygues Telecom remporte ainsi :

  • l’activité et la clientèle SFR Business (environ 1,2 milliard de chiffre d’affaires) ;
  • une partie des activités grand public de SFR : 3,8 millions de clients mobiles (dont le MVNO Prixtel, soit 500 000 clients) et 2,6 millions de clients fixes ;
  • le réseau mobile de SFR dans les zones non denses partagé avec Bouygues Telecom (accord « Crozon ») ;
  • les infrastructures dédiées au B2B Fixe ;
  • la part détenue par SFR dans Faber, le réseau FTTH sur une partie de la zone très dense ;
  • une partie du réseau de distribution.

Bouygues Telecom repart avec la part du lion, puisqu’elle représente 52 % du chiffre d’affaires de SFR (4,1 milliards d’euros).

Le groupe Iliad s’offre (PDF) de son côté :

  • RED by SFR (6 millions de clients) ;
  • une partie des activités grand public de SFR : 1,6 million de clients B2C, ainsi que 400 000 clients TPE ;
  • 50 MHz de fréquences supplémentaires.

Free Mobile compterait dès lors 31 millions d’abonnés en France. Enfin, Orange repart avec :

  • une partie des activités grand public : 4 millions de clients mobiles et 1 million de clients haut débit fixe ;
  • l’activité prépayée de SFR ;
  • les MVNO Réglo, Syma et Coriolis ;
  • 47 MHz de fréquences supplémentaires, soit 31 % des fréquences de SFR. Cela place Orange en tête des opérateurs français, avec un total de 221 MHz.

Les trois acheteurs l’affirment la main sur le cœur : « Cette opération structurante préserverait un écosystème très concurrentiel », assure Orange. Iliad entend « préserver une concurrence forte au bénéfice des consommateurs ». Pour Bouygues, c’est « un projet industriel au service des clients ». Ce qui ressort surtout, c’est que ce dépeçage en règle de SFR et sa disparition programmée du paysage vont permettre aux opérateurs de « renforcer durablement la capacité d’investissement dans les infrastructures numériques françaises », selon Bouygues.

« Dans un secteur qui doit investir toujours plus dans les réseaux, la cybersécurité, le cloud et l’intelligence artificielle, il faut des acteurs solides. La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se finance. » déclare Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad.

Bouygues Telecom a un petit mot pour les futurs transfuges de SFR : « la priorité serait d’assurer une transition progressive, maîtrisée et garantissant la continuité de service ». L’opérateur s’engage à garantir la continuité des offres et la stabilité des services. Un gros chantier technique en perspective.

Sur le versant social des salariés SFR, qui sera lui aussi scruté par les autorités, le consortium s’engage sur une garantie de l’emploi jusqu’à début 2029, « grâce à la poursuite de leur emploi, ou grâce à une proposition d’emploi », explique Iliad. « Un dialogue social s’ouvrira avec les organisations syndicales représentatives compétentes de SFR. »

L’affaire est encore loin d’être terminée. Une phase de consultation va s’ouvrir avec les instances représentatives du personnel, et puis les régulateurs ont leur mot à dire. La réalisation définitive de la transaction pourrait intervenir au second semestre 2027. « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée », prévient Orange.

Retour à trois opérateurs : protocole d’accord entre Orange, Free, Bouygues et SFR

7 juin 2026 à 03:07
« C'est bon pour la concurrence » 🤔
Retour à trois opérateurs : protocole d’accord entre Orange, Free, Bouygues et SFR

Le sursis de 48 heures annoncé vendredi soir aura été payant. Le consortium d’opérateurs composé d’Orange, de Bouygues Telecom et Iliad a signé un protocole d’accord avec Altice en vue de l’acquisition de SFR. La découpage du gâteau de l’opérateur au carré rouge est désormais connu.

Il n’aura pas fallu attendre la fin du sursis de 48 heures pour que tout le monde se mette finalement d’accord. Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange mettent la main sur SFR, aux termes d’une négociation ayant débuté en octobre dernier ; les négociations exclusives remontent elles au mois d’avril. Un protocole d’accord a été signé entre le consortium et Altice, pour une transaction portant sur un prix total de 20,35 milliards d’euros. La somme pourra évoluer jusqu’à la finalisation de l’opération prévue au mieux en 2027.

SFR coûte plus ou moins 20 milliards d’euros

Parmi les ajustements annoncés : un « earn-out » de 650 millions d’euros maximum, c’est à dire une somme que recevra Altice si SFR atteint certains objectifs financiers d’ici la clôture de l’opération. À l’inverse, si les performances de l’opérateur se dégradent davantage que prévu, le consortium pourrait demander une réduction du chèque.

Le prix final dépendra aussi du niveau d’endettement réel de SFR au moment de la clôture. Si la dette est plus élevée que prévu, le prix payé pourra être réduit ; si elle est plus faible, il pourra être augmenté. Une clause de sauvegarde est également prévue, si le consortium ou Altice renonce à l’opération. C’est un point souligné dans le communiqué : en cas d’abandon, la partie à l’origine pourra être tenue de verser une pénalité qui oscillera entre 100 millions à 2 milliards d’euros, selon les circonstances. Les trois acheteurs se partageraient dès lors les coûts, à parts égales.

Au-delà de la prudence affichée, il s’agit d’« une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications », soulignent les partenaires. Une opération qui réduira le nombre d’opérateurs en France à trois, alors qu’ils étaient quatre depuis 2012 et le lancement en fanfare de Free Mobile. Une arrivée qui a profondément bousculé le paysage et provoqué une guerre des prix. Nul doute que la question de la concurrence sera surveillée de très près par les autorités de la concurrence.

Les petits et les gros bouts de SFR

Les trois opérateurs acheteurs se sont partagés le gâteau SFR, chacun repart avec un gros morceau. Bouygues Telecom remporte ainsi :

  • l’activité et la clientèle SFR Business (environ 1,2 milliard de chiffre d’affaires) ;
  • une partie des activités grand public de SFR : 3,8 millions de clients mobiles (dont le MVNO Prixtel, soit 500 000 clients) et 2,6 millions de clients fixes ;
  • le réseau mobile de SFR dans les zones non denses partagé avec Bouygues Telecom (accord « Crozon ») ;
  • les infrastructures dédiées au B2B Fixe ;
  • la part détenue par SFR dans Faber, le réseau FTTH sur une partie de la zone très dense ;
  • une partie du réseau de distribution.

Bouygues Telecom repart avec la part du lion, puisqu’elle représente 52 % du chiffre d’affaires de SFR (4,1 milliards d’euros).

Le groupe Iliad s’offre (PDF) de son côté :

  • RED by SFR (6 millions de clients) ;
  • une partie des activités grand public de SFR : 1,6 million de clients B2C, ainsi que 400 000 clients TPE ;
  • 50 MHz de fréquences supplémentaires.

Free Mobile compterait dès lors 31 millions d’abonnés en France. Enfin, Orange repart avec :

  • une partie des activités grand public : 4 millions de clients mobiles et 1 million de clients haut débit fixe ;
  • l’activité prépayée de SFR ;
  • les MVNO Réglo, Syma et Coriolis ;
  • 47 MHz de fréquences supplémentaires, soit 31 % des fréquences de SFR. Cela place Orange en tête des opérateurs français, avec un total de 221 MHz.

Les trois acheteurs l’affirment la main sur le cœur : « Cette opération structurante préserverait un écosystème très concurrentiel », assure Orange. Iliad entend « préserver une concurrence forte au bénéfice des consommateurs ». Pour Bouygues, c’est « un projet industriel au service des clients ». Ce qui ressort surtout, c’est que ce dépeçage en règle de SFR et sa disparition programmée du paysage vont permettre aux opérateurs de « renforcer durablement la capacité d’investissement dans les infrastructures numériques françaises », selon Bouygues.

« Dans un secteur qui doit investir toujours plus dans les réseaux, la cybersécurité, le cloud et l’intelligence artificielle, il faut des acteurs solides. La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se finance. » déclare Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad.

Bouygues Telecom a un petit mot pour les futurs transfuges de SFR : « la priorité serait d’assurer une transition progressive, maîtrisée et garantissant la continuité de service ». L’opérateur s’engage à garantir la continuité des offres et la stabilité des services. Un gros chantier technique en perspective.

Sur le versant social des salariés SFR, qui sera lui aussi scruté par les autorités, le consortium s’engage sur une garantie de l’emploi jusqu’à début 2029, « grâce à la poursuite de leur emploi, ou grâce à une proposition d’emploi », explique Iliad. « Un dialogue social s’ouvrira avec les organisations syndicales représentatives compétentes de SFR. »

L’affaire est encore loin d’être terminée. Une phase de consultation va s’ouvrir avec les instances représentatives du personnel, et puis les régulateurs ont leur mot à dire. La réalisation définitive de la transaction pourrait intervenir au second semestre 2027. « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée », prévient Orange.

☕️ Rachat de SFR : les opérateurs se donnent « 48 heures pour finaliser les accords »

5 juin 2026 à 20:31


En octobre dernier, Bouygues Telecom, Free et Orange déposaient officiellement une offre pour racheter SFR, plus de 11 ans après son rachat par Numéricable, au nez et à la barbe de Bouygues Telecom.

Une vente qui était alors aux alentours de 17 milliards d’euros, avant d’être remontée à 20,35 milliards d’euros en avril, avec le début des négociations exclusives. Le pack comprend l’essentiel des actifs liés à SFR et Altice France.

Les opérateurs s’étaient donné jusqu’au 15 mai pour trouver un accord, avant de finalement repousser la date limite au 5 juin, c’est-à-dire ce vendredi.

C’est peu après 22 h que les communiqués tombent chez les opérateurs : toujours pas d’accord, mais deux jours de sursis : « Au regard de l’avancée des négociations, les parties se donnent un délai de 48 heures pour finaliser les accords ».

Dessin de presse de Flock titré

Aucune information supplémentaire n’a filtré. Les trois partenaires se contentent de rappeler que, « le 17 avril 2026, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange ont annoncé la soumission d’une nouvelle offre reflétant une valeur d’entreprise totale de 20,35 milliards d’euros pour les actifs d’Altice France concernés ».

Rendez-vous lundi matin pour la suite des aventures de SFR.

☕️ Rachat de SFR : les opérateurs se donnent « 48 heures pour finaliser les accords »

5 juin 2026 à 20:31


En octobre dernier, Bouygues Telecom, Free et Orange déposaient officiellement une offre pour racheter SFR, plus de 11 ans après son rachat par Numéricable, au nez et à la barbe de Bouygues Telecom.

Une vente qui était alors aux alentours de 17 milliards d’euros, avant d’être remontée à 20,35 milliards d’euros en avril, avec le début des négociations exclusives. Le pack comprend l’essentiel des actifs liés à SFR et Altice France.

Les opérateurs s’étaient donné jusqu’au 15 mai pour trouver un accord, avant de finalement repousser la date limite au 5 juin, c’est-à-dire ce vendredi.

C’est peu après 22 h que les communiqués tombent chez les opérateurs : toujours pas d’accord, mais deux jours de sursis : « Au regard de l’avancée des négociations, les parties se donnent un délai de 48 heures pour finaliser les accords ».

Dessin de presse de Flock titré

Aucune information supplémentaire n’a filtré. Les trois partenaires se contentent de rappeler que, « le 17 avril 2026, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange ont annoncé la soumission d’une nouvelle offre reflétant une valeur d’entreprise totale de 20,35 milliards d’euros pour les actifs d’Altice France concernés ».

Rendez-vous lundi matin pour la suite des aventures de SFR.

L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

5 juin 2026 à 06:55
Plus de Linky !
L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

La feuille de route européenne sur la numérisation de l’énergie ne se limite pas à l’IA et aux réseaux intelligents. Bruxelles veut accélérer le déploiement des compteurs communicants, et prépare l’arrivée d’une nouvelle génération de centres de données gourmands en électricité. Une équation délicate.

Dans la myriade de propositions et de dispositifs contenus dans le paquet sur la souveraineté technologique européenne, on trouve évidemment le Chips Act 2.0, pierre angulaire du texte. Mais ce n’est évidemment pas tout. La feuille de route sur la numérisation et l’IA dans le secteur de l’énergie mérite un petit coup d’œil.

Bruxelles entend ainsi accélérer l’adoption des compteurs électriques intelligents à travers l’Union. Des boîtiers que les Français connaissent bien puisque le Linky en fait partie. Ces systèmes permettent aux consommateurs d’adapter leur consommation en fonction des besoins du réseau et des variations du prix de l’électricité, affirme la Commission.

Un peu plus d’intelligence dans les réseaux électriques

L’exécutif européen présentera d’ailleurs une proposition législative dès cette année pour amplifier le mouvement et le déploiement de ces compteurs. Elle contiendra un objectif de couverture minimale des boîtiers dans chaque État membre, ainsi qu’un suivi des progrès en la matière. « De nombreux États membres ont déjà atteint un taux d’équipement supérieur à 90 %, ce qui leur a permis de bénéficier de prix de l’énergie plus bas ainsi que du développement de produits et de services intelligents rendus possibles par ces compteurs », indique la FAQ de la feuille de route.

En France l’an dernier, il ne restait plus que 1,7 million de clients Enedis encore équipés de vieux modèles de compteurs. Ces équipements sont considérés comme des éléments indispensables des « réseaux électriques intelligents » qui offrent « la visibilité en temps réel, l’interopérabilité et les capacités de pilotage nécessaires pour accroître l’intégration des énergies renouvelables et optimiser le fonctionnement du système énergétique, notamment grâce à l’IA ».

Équipés de compteurs communicants et de contrats à tarification dynamique, les Européens vont donc pouvoir réduire leur facture d’électricité en déplaçant leur consommation « vers les heures où l’électricité est moins chère », indique Dan Jørgensen, le commissaire à l’Énergie. « Pour prendre un exemple concret, les ménages suédois qui utilisent un chauffage électrique peuvent déjà aujourd’hui économiser jusqu’à 40 % grâce à la flexibilité de la demande », illustre-t-il.

La feuille de route sur la numérisation contient également un volet important — c’est même le « premier pilier » du texte — sur l’intégration des centres de données au système énergétique européen. Ces infrastructures représentent déjà 2,5 % de l’énergie utilisée dans l’UE ; la Commission estime que leur capacité installée passera d’environ 12 GW en 2025 à 28 GW en 2030.

Des centres de données très gourmands

L’UE veut accueillir davantage de datacenters sur son territoire, un objectif très clair dans les annonces de l’édition 2026 de Choose France. C’est aussi l’objectif affiché par RTE dans son bilan annuel, qui appelle à accélérer sur l’électrification des usages (datacenters, mais aussi voitures électriques) pour mettre à l’équilibre production et consommation.

Bruxelles entend encadrer le raccordement de ces centres au réseau électrique et favoriser leur alimentation par une énergie aussi décarbonée que possible. Un audit européen des performances environnementales de ces infrastructures est dans les cartons de la feuille de route.

D’un côté, des boîtiers connectés pour contrôler la consommation chez soi. De l’autre, des centres de données qui dévorent l’énergie à grandes lampées. Il y a de quoi se demander si la Commission voudrait déshabiller Pierre pour habiller Paul : les foyers européens seront-ils mis à contribution pour réduire la pression sur les réseaux électriques afin que les datacenters en profitent ?

Dan Jørgensen rejette cette interprétation : « Je ne me suis probablement pas exprimé clairement, ou alors il y a eu un malentendu (…) ce que je voulais dire, c’est que les compteurs intelligents ne sont pas la solution à l’augmentation de la consommation d’énergie liée à l’IA. » La numérisation et l’IA vont « aider notre compétitivité, baisser les prix et nous aider à gagner en indépendance », affirme-t-il. Mais « l’enjeu, c’est que les centres de données consomment beaucoup d’énergie ».

Le Commissaire a peut-être en tête l’opposition massive des Américains à l’installation des infrastructures IA près de chez eux. Un rejet en grande partie dû à la crainte que les opérateurs des centres de données fassent exploser les prix de l’électricité.

La Commission a l’intention de mettre en place un dispositif pour faciliter les accords entre producteurs d’énergie, centres de données, consommateurs et autorités publiques pour « garantir un bon emplacement des centres de données, une intégration adéquate au réseau électrique et de meilleures synergies avec l’industrie ». Dan Jørgensen donne un exemple des bénéfices de l’installation d’un datacenter : la récupération de la chaleur produite sur ces sites.

« Malheureusement, cette pratique reste aujourd’hui encore relativement peu répandue », déplore-t-il, « mais dans certains endroits où elle est mise en œuvre, la chaleur excédentaire d’un centre de données permet déjà de chauffer des milliers de logements ». En valorisant la moitié de cette chaleur en trop, « nous pourrions chauffer quatre millions de foyers européens ». L’argument suffira-t-il à convaincre les Européens que la multiplication des centres de données profitera aussi aux territoires qui les accueillent ?

Sur le papier, l’idée est séduisante. En pratique, c’est bien plus compliqué puisque moins de 2 % de la chaleur fatale est réutilisée en Europe, selon la Commission.

L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

5 juin 2026 à 06:55
Plus de Linky !
L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

La feuille de route européenne sur la numérisation de l’énergie ne se limite pas à l’IA et aux réseaux intelligents. Bruxelles veut accélérer le déploiement des compteurs communicants, et prépare l’arrivée d’une nouvelle génération de centres de données gourmands en électricité. Une équation délicate.

Dans la myriade de propositions et de dispositifs contenus dans le paquet sur la souveraineté technologique européenne, on trouve évidemment le Chips Act 2.0, pierre angulaire du texte. Mais ce n’est évidemment pas tout. La feuille de route sur la numérisation et l’IA dans le secteur de l’énergie mérite un petit coup d’œil.

Bruxelles entend ainsi accélérer l’adoption des compteurs électriques intelligents à travers l’Union. Des boîtiers que les Français connaissent bien puisque le Linky en fait partie. Ces systèmes permettent aux consommateurs d’adapter leur consommation en fonction des besoins du réseau et des variations du prix de l’électricité, affirme la Commission.

Un peu plus d’intelligence dans les réseaux électriques

L’exécutif européen présentera d’ailleurs une proposition législative dès cette année pour amplifier le mouvement et le déploiement de ces compteurs. Elle contiendra un objectif de couverture minimale des boîtiers dans chaque État membre, ainsi qu’un suivi des progrès en la matière. « De nombreux États membres ont déjà atteint un taux d’équipement supérieur à 90 %, ce qui leur a permis de bénéficier de prix de l’énergie plus bas ainsi que du développement de produits et de services intelligents rendus possibles par ces compteurs », indique la FAQ de la feuille de route.

En France l’an dernier, il ne restait plus que 1,7 million de clients Enedis encore équipés de vieux modèles de compteurs. Ces équipements sont considérés comme des éléments indispensables des « réseaux électriques intelligents » qui offrent « la visibilité en temps réel, l’interopérabilité et les capacités de pilotage nécessaires pour accroître l’intégration des énergies renouvelables et optimiser le fonctionnement du système énergétique, notamment grâce à l’IA ».

Équipés de compteurs communicants et de contrats à tarification dynamique, les Européens vont donc pouvoir réduire leur facture d’électricité en déplaçant leur consommation « vers les heures où l’électricité est moins chère », indique Dan Jørgensen, le commissaire à l’Énergie. « Pour prendre un exemple concret, les ménages suédois qui utilisent un chauffage électrique peuvent déjà aujourd’hui économiser jusqu’à 40 % grâce à la flexibilité de la demande », illustre-t-il.

La feuille de route sur la numérisation contient également un volet important — c’est même le « premier pilier » du texte — sur l’intégration des centres de données au système énergétique européen. Ces infrastructures représentent déjà 2,5 % de l’énergie utilisée dans l’UE ; la Commission estime que leur capacité installée passera d’environ 12 GW en 2025 à 28 GW en 2030.

Des centres de données très gourmands

L’UE veut accueillir davantage de datacenters sur son territoire, un objectif très clair dans les annonces de l’édition 2026 de Choose France. C’est aussi l’objectif affiché par RTE dans son bilan annuel, qui appelle à accélérer sur l’électrification des usages (datacenters, mais aussi voitures électriques) pour mettre à l’équilibre production et consommation.

Bruxelles entend encadrer le raccordement de ces centres au réseau électrique et favoriser leur alimentation par une énergie aussi décarbonée que possible. Un audit européen des performances environnementales de ces infrastructures est dans les cartons de la feuille de route.

D’un côté, des boîtiers connectés pour contrôler la consommation chez soi. De l’autre, des centres de données qui dévorent l’énergie à grandes lampées. Il y a de quoi se demander si la Commission voudrait déshabiller Pierre pour habiller Paul : les foyers européens seront-ils mis à contribution pour réduire la pression sur les réseaux électriques afin que les datacenters en profitent ?

Dan Jørgensen rejette cette interprétation : « Je ne me suis probablement pas exprimé clairement, ou alors il y a eu un malentendu (…) ce que je voulais dire, c’est que les compteurs intelligents ne sont pas la solution à l’augmentation de la consommation d’énergie liée à l’IA. » La numérisation et l’IA vont « aider notre compétitivité, baisser les prix et nous aider à gagner en indépendance », affirme-t-il. Mais « l’enjeu, c’est que les centres de données consomment beaucoup d’énergie ».

Le Commissaire a peut-être en tête l’opposition massive des Américains à l’installation des infrastructures IA près de chez eux. Un rejet en grande partie dû à la crainte que les opérateurs des centres de données fassent exploser les prix de l’électricité.

La Commission a l’intention de mettre en place un dispositif pour faciliter les accords entre producteurs d’énergie, centres de données, consommateurs et autorités publiques pour « garantir un bon emplacement des centres de données, une intégration adéquate au réseau électrique et de meilleures synergies avec l’industrie ». Dan Jørgensen donne un exemple des bénéfices de l’installation d’un datacenter : la récupération de la chaleur produite sur ces sites.

« Malheureusement, cette pratique reste aujourd’hui encore relativement peu répandue », déplore-t-il, « mais dans certains endroits où elle est mise en œuvre, la chaleur excédentaire d’un centre de données permet déjà de chauffer des milliers de logements ». En valorisant la moitié de cette chaleur en trop, « nous pourrions chauffer quatre millions de foyers européens ». L’argument suffira-t-il à convaincre les Européens que la multiplication des centres de données profitera aussi aux territoires qui les accueillent ?

Sur le papier, l’idée est séduisante. En pratique, c’est bien plus compliqué puisque moins de 2 % de la chaleur fatale est réutilisée en Europe, selon la Commission.

☕️ Apple règle un contentieux fiscal de 212 millions d’euros avec Bercy

4 juin 2026 à 13:41


Apple trouve un terrain d’entente avec Bercy. La branche française du constructeur californien, Apple France SARL, a signé un chèque de 212 millions d’euros au fisc au titre de ses exercices 2024 et antérieurs, selon une indiscrétion de L’Informé. La somme avait été provisionnée l’an dernier.

La majorité de l’activité d’Apple en France est en fait facturée par la maison mère basée en Irlande, où les conditions fiscales sont plus douces. La filiale hexagonale exerce de son côté une activité réduite au marketing et au support des ventes et services. En 2025, Apple France SARL déclarait ainsi 233 millions d’euros de chiffre d’affaires, sur lequel l’entreprise a versé 44,4 millions d’euros d’impôts. Des chiffres modestes en regard de l’activité réelle du constructeur informatique.

Le contentieux portait sur le calcul du montant versé par la société mère irlandaise à sa filiale française, une rémunération qui comprend les coûts supportés dans l’Hexagone, à laquelle s’ajoute une marge commerciale. À l’avenir, pour éviter de revivre un tel épisode, Apple France SARL a signé un accord sur plusieurs années avec l’administration fiscale sur la méthode de calcul des prix de transferts. Un processus utilisé par d’autres entreprises : plus de 5 000 sociétés y ont recours.

Ce n’est pas la première fois qu’Apple France SARL — à ne pas confondre avec Apple Retail France, une autre structure chargée des 20 boutiques de l’entreprise dans le pays — doit s’entendre avec Bercy. Un accord à l’amiable à près de 500 millions d’euros avait été signé avec le fisc en 2019, suite à un redressement fiscal.

☕️ Apple règle un contentieux fiscal de 212 millions d’euros avec Bercy

4 juin 2026 à 13:41


Apple trouve un terrain d’entente avec Bercy. La branche française du constructeur californien, Apple France SARL, a signé un chèque de 212 millions d’euros au fisc au titre de ses exercices 2024 et antérieurs, selon une indiscrétion de L’Informé. La somme avait été provisionnée l’an dernier.

La majorité de l’activité d’Apple en France est en fait facturée par la maison mère basée en Irlande, où les conditions fiscales sont plus douces. La filiale hexagonale exerce de son côté une activité réduite au marketing et au support des ventes et services. En 2025, Apple France SARL déclarait ainsi 233 millions d’euros de chiffre d’affaires, sur lequel l’entreprise a versé 44,4 millions d’euros d’impôts. Des chiffres modestes en regard de l’activité réelle du constructeur informatique.

Le contentieux portait sur le calcul du montant versé par la société mère irlandaise à sa filiale française, une rémunération qui comprend les coûts supportés dans l’Hexagone, à laquelle s’ajoute une marge commerciale. À l’avenir, pour éviter de revivre un tel épisode, Apple France SARL a signé un accord sur plusieurs années avec l’administration fiscale sur la méthode de calcul des prix de transferts. Un processus utilisé par d’autres entreprises : plus de 5 000 sociétés y ont recours.

Ce n’est pas la première fois qu’Apple France SARL — à ne pas confondre avec Apple Retail France, une autre structure chargée des 20 boutiques de l’entreprise dans le pays — doit s’entendre avec Bercy. Un accord à l’amiable à près de 500 millions d’euros avait été signé avec le fisc en 2019, suite à un redressement fiscal.

À 135 dollars, l’action SpaceX se paiera 94 fois le chiffre d’affaires

4 juin 2026 à 07:32
So long, space cowboy
À 135 dollars, l’action SpaceX se paiera 94 fois le chiffre d’affaires

SpaceX a détaillé plus précisément les modalités financières de son introduction en bourse. L’action SPCX sera proposée au marché à 135 dollars, et l’entreprise devrait ainsi pouvoir lever 75 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation fixée aux alentours de 1 750 milliards de dollars.

SpaceX a mis à jour mercredi 3 juin son formulaire S-1 déposé auprès des autorités boursières états-uniennes. Cette version amendée, dite « S-1/A 2 » révèle le prix d’introduction envisagé par la société, ainsi que le volume d’actions mis en circulation, ce qui permet de déterminer à la fois la somme d’argent frais que l’entreprise espère réunir sur les marchés, mais aussi la valorisation totale qui sert de point de départ aux calculs. À ce niveau, les rumeurs visaient globalement juste : SpaceX confirme aller chercher 75 milliards de dollars grâce à la mise en circulation de 555 555 555 actions, lancées au prix unitaire de 135 dollars.

SpaceX fixe son prix

Deux éléments sont à noter ici. D’abord, le prix de lancement peut encore évoluer jusqu’à l’introduction proprement dite. Il est cependant peu probable que SpaceX ajuste les curseurs au dernier moment, dans la mesure où la majeure partie de ces actions ont déjà fait l’objet d’accords avec des investisseurs institutionnels.

De ce fait, on ne connait pas à ce stade le volume réel d’actions qui sera mis sur le marché le jour de l’ouverture de la cotation. On sait en revanche qu’environ 27,8 millions d’actions sont réservées à des employés ou à des personnes choisies par la direction (donc par Elon Musk).

Un autre élément inhabituel tient à la façon dont SpaceX fixe un prix d’introduction déterminé, alors que les grandes opérations de ce type donnent généralement lieu à la publication d’une fourchette indicative (par exemple, entre 130 et 150 dollars par action). L’entreprise se sent suffisamment confiante pour imposer que ce soit la demande qui s’adapte à son prix, et non l’inverse.

Une action à 93,6x le chiffre d’affaires 2025

Nous avions déjà analysé les éléments financiers révélés par SpaceX à l’occasion de la publication de la première version de son S1. Les chiffres de l’entreprise révèlent pour mémoire un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars en 2025, avec des pertes d’exploitation significatives du côté de l’activité lanceur spatial, dues notamment au programme Starship, qui mobilise d’importantes dépenses d’investissement. Le déficit est creusé dans des proportions sans précédent par l’intégration des activités liées à l’IA (X et xAI ont d’abord été fusionnés avant d’être intégrés à SpaceX). L’entreprise affiche ainsi 4,937 milliards de dollars de pertes sur toute l’année 2025, et 4,276 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2026.

Dans ce contexte, on ne peut donc pas utiliser le traditionnel indicateur du PER (price earning ratio), qui consiste à comparer le cours de l’action à ses bénéfices nets pour mesurer son attrait. On peut en revanche rapporter la valorisation revendiquée par SpaceX (1 750 milliards de dollars) à son chiffre d’affaires, ce qui donne un multiple stratosphérique de 93,6. À titre de comparaison, ce ratio prix/ventes est de l’ordre de 16 pour Tesla (97,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 1 590 milliards de dollars de valorisation), contre 11,8 pour Apple (rentable) et 40 pour NVIDIA (ultra rentable).

Les investisseurs qui suivent l’IPO n’achètent donc pas l’activité actuelle, mais les promesses de croissance future formulées par l’entreprise. Ces dernières – qui passent pour mémoire par la promesse d’un coût de lancement spatial divisé par 10 grâce à Starship, et par le développement d’une offre d’inférence IA en orbite grâce à des datacenters spatiaux – sont si pharaoniques qu’elles suscitent la défiance de certains investisseurs institutionnels.

Comme chez Tesla, Elon Musk s’octroie dans ce plan financier des bonus en actions significatifs (plusieurs centaines de milliards de dollars d’actions) en fonction d’objectifs eux aussi stratosphériques. Aux conditions financières (franchir certains paliers de valorisation) s’ajoutent ainsi deux conditions plus opérationnelles : réussir à établir une colonie humaine sur Mars avec au minimum 1 million d’habitants, mais aussi installer en orbite l’équivalent de 100 TW de puissance de calcul informatique.

Dans les deux cas, la simple faisabilité technique est largement sujette à caution, mais ces promesses n’ont finalement qu’une valeur symbolique, dans la mesure où même en cas d’échec, Musk conserve l’essentiel de la valeur de SpaceX et la très grande majorité des pouvoirs via ses actions préférentielles.

À 135 dollars, l’action SpaceX se paiera 94 fois le chiffre d’affaires

4 juin 2026 à 07:32
So long, space cowboy
À 135 dollars, l’action SpaceX se paiera 94 fois le chiffre d’affaires

SpaceX a détaillé plus précisément les modalités financières de son introduction en bourse. L’action SPCX sera proposée au marché à 135 dollars, et l’entreprise devrait ainsi pouvoir lever 75 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation fixée aux alentours de 1 750 milliards de dollars.

SpaceX a mis à jour mercredi 3 juin son formulaire S-1 déposé auprès des autorités boursières états-uniennes. Cette version amendée, dite « S-1/A 2 » révèle le prix d’introduction envisagé par la société, ainsi que le volume d’actions mis en circulation, ce qui permet de déterminer à la fois la somme d’argent frais que l’entreprise espère réunir sur les marchés, mais aussi la valorisation totale qui sert de point de départ aux calculs. À ce niveau, les rumeurs visaient globalement juste : SpaceX confirme aller chercher 75 milliards de dollars grâce à la mise en circulation de 555 555 555 actions, lancées au prix unitaire de 135 dollars.

SpaceX fixe son prix

Deux éléments sont à noter ici. D’abord, le prix de lancement peut encore évoluer jusqu’à l’introduction proprement dite. Il est cependant peu probable que SpaceX ajuste les curseurs au dernier moment, dans la mesure où la majeure partie de ces actions ont déjà fait l’objet d’accords avec des investisseurs institutionnels.

De ce fait, on ne connait pas à ce stade le volume réel d’actions qui sera mis sur le marché le jour de l’ouverture de la cotation. On sait en revanche qu’environ 27,8 millions d’actions sont réservées à des employés ou à des personnes choisies par la direction (donc par Elon Musk).

Un autre élément inhabituel tient à la façon dont SpaceX fixe un prix d’introduction déterminé, alors que les grandes opérations de ce type donnent généralement lieu à la publication d’une fourchette indicative (par exemple, entre 130 et 150 dollars par action). L’entreprise se sent suffisamment confiante pour imposer que ce soit la demande qui s’adapte à son prix, et non l’inverse.

Une action à 93,6x le chiffre d’affaires 2025

Nous avions déjà analysé les éléments financiers révélés par SpaceX à l’occasion de la publication de la première version de son S1. Les chiffres de l’entreprise révèlent pour mémoire un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars en 2025, avec des pertes d’exploitation significatives du côté de l’activité lanceur spatial, dues notamment au programme Starship, qui mobilise d’importantes dépenses d’investissement. Le déficit est creusé dans des proportions sans précédent par l’intégration des activités liées à l’IA (X et xAI ont d’abord été fusionnés avant d’être intégrés à SpaceX). L’entreprise affiche ainsi 4,937 milliards de dollars de pertes sur toute l’année 2025, et 4,276 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2026.

Dans ce contexte, on ne peut donc pas utiliser le traditionnel indicateur du PER (price earning ratio), qui consiste à comparer le cours de l’action à ses bénéfices nets pour mesurer son attrait. On peut en revanche rapporter la valorisation revendiquée par SpaceX (1 750 milliards de dollars) à son chiffre d’affaires, ce qui donne un multiple stratosphérique de 93,6. À titre de comparaison, ce ratio prix/ventes est de l’ordre de 16 pour Tesla (97,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 1 590 milliards de dollars de valorisation), contre 11,8 pour Apple (rentable) et 40 pour NVIDIA (ultra rentable).

Les investisseurs qui suivent l’IPO n’achètent donc pas l’activité actuelle, mais les promesses de croissance future formulées par l’entreprise. Ces dernières – qui passent pour mémoire par la promesse d’un coût de lancement spatial divisé par 10 grâce à Starship, et par le développement d’une offre d’inférence IA en orbite grâce à des datacenters spatiaux – sont si pharaoniques qu’elles suscitent la défiance de certains investisseurs institutionnels.

Comme chez Tesla, Elon Musk s’octroie dans ce plan financier des bonus en actions significatifs (plusieurs centaines de milliards de dollars d’actions) en fonction d’objectifs eux aussi stratosphériques. Aux conditions financières (franchir certains paliers de valorisation) s’ajoutent ainsi deux conditions plus opérationnelles : réussir à établir une colonie humaine sur Mars avec au minimum 1 million d’habitants, mais aussi installer en orbite l’équivalent de 100 TW de puissance de calcul informatique.

Dans les deux cas, la simple faisabilité technique est largement sujette à caution, mais ces promesses n’ont finalement qu’une valeur symbolique, dans la mesure où même en cas d’échec, Musk conserve l’essentiel de la valeur de SpaceX et la très grande majorité des pouvoirs via ses actions préférentielles.

Data centers, puces, open source… Le plan de l’Europe pour réduire sa dépendance aux technologies américaines

DÉCRYPTAGE - Malgré les intenses pressions de l’Administration Trump, Bruxelles veut tripler la création de centres de données sur son territoire et accélérer sur la production de puces.

© EU/Lukasz Kobus

Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée du Numérique, à Bruxelles, mercredi 3 juin 2026.

L’association HOP obtient un procès contre le fabricant d’imprimantes Epson

3 juin 2026 à 18:02
« HOP reproche aux imprimantes du fabricant japonais de déclarer les cartouches d’impression vides, alors qu’elles contiendraient encore 20 % à 50 % d’encre, puis de bloquer dans la foulée l’usage du scanner de certains appareils multifonctions. »

Good.
J'espère que Epson sera condamné. Les fabricants d'imprimantes à jet d'encre sont - collectivement - une bande de salopards.
(Permalink)

Jean-Pierre Robin : « Comment l’euro a poussé la France à se noyer dans la dette publique »

ANALYSE - Les Français et leurs entreprises souffrent d’un handicap de compétitivité au sein de la zone euro, obligeant l’État à les subventionner massivement. Un vrai cercle vicieux.

© JOEL SAGET / AFP

Les unes de plusieurs journaux annoncent l’introduction de l’euro, la monnaie unique européenne, le 1er janvier 2002.

Companies Are Quietly Rehiring Workers They Fired for AI – Emerald Book

3 juin 2026 à 12:04
Ça y est ? Ça commence à comprendre que remplacer des gens par un générateur de texte statistique ça ne marche pas ? Bien.
Mais on a quand même pas fini d'en bouffer, de l'IA, malheureusement.

"Pratiquement un tier (29%) des entreprises qui avaient viré des employés au nom de l'IA sont en train de ré-embaucher très exactement pour ces postes qu'ils avaient supprimés."
et
"55% des dirigeants regrettent ouvertement d'avoir remplacé des humains par des IAs."
🍿🍿🍿
(Permalink)

Foxconn, Thales et Radiall vont créer une usine de semiconducteurs près de Bordeaux

3 juin 2026 à 08:46
Des SiP au milieu des pins
Foxconn, Thales et Radiall vont créer une usine de semiconducteurs près de Bordeaux

Le Taïwanais Foxconn va s’associer aux Français Thales et Radiall au travers d’une coentreprise baptisée Tessalia, qui ambitionne de construire une usine dédiée aux semiconducteurs sur la commune du Barp, à 30 km de Bordeaux. Le projet, soutenu par des fonds publics, devrait mobiliser 250 millions d’euros d’investissement.

Le Barp, petite commune du sud de la Gironde, abritait déjà le laser Mégajoule du CEA. Elle pourra bientôt s’enorgueillir d’une usine dédiée aux semiconducteurs, dont la première pierre a été posée lundi 1ᵉʳ juin par les trois entreprises cosignataires du projet : Foxconn, le géant de l’électronique de défense Thales et le spécialiste de l’interconnexion Radiall. Les trois annoncent s’associer au travers d’une coentreprise baptisée Tessalia Technology SAS (qui n’est pas encore immatriculée), « dédiée à l’assemblage et aux tests externalisés de semi-conducteurs ».

Des SiP spécialisés en petites et moyennes séries

De façon plus concrète, l’usine en question devrait se consacrer à la production et aux tests de composants de type System in Package (SiP), avec un objectif de production fixé à 50 millions d’unités par an d’ici 2033. Les puces en question seront destinées « à l’aérospatial, aux infrastructures télécom, à l’automobile, au médical et à l’industrie », affirme Thales.

Des secteurs sensibles, dans lesquels une production maitrisée sur le sol européen constitue désormais un argument concurrentiel, voire stratégique, même si Tessalia restera dépendante d’un approvisionnement en wafers venus de l’étranger.

Un System in Package (SiP) consiste pour mémoire en l’encapsulation, au sein d’un même élément, de plusieurs composants distincts (processeur, mémoire, radio, etc.), qui peuvent émaner de fournisseurs différents, mais doivent être interconnectés de façon plus dense (par wire bonding, par empilement de dies, etc.) que ce que permet le traditionnel assemblage sur un PCB.

C’est dans l’étape de l’emballage (packaging) que réside tout le potentiel du SiP, par opposition au System on Chip (SoC), qui lui intègre toutes les fonctions requises au sein d’un unique die. Et c’est en partie ce qui explique la destination des puces produites par la future usine : « Nous pro­dui­rons des petites et moyennes séries des­ti­nées à des mar­chés très spé­ci­fiques et exi­geants qui demandent per­for­mance, robus­tesse et fia­bi­lité », a déclaré Pierre Gat­taz, le PDG de Radiall, cité par la Tribune.

Les trois partenaires promettent à ce niveau d’exploiter « une technologie d’encapsulation innovante visant à développer des packagings à très haute densité ». Apportée par Foxconn, qui revendique une stratégie d’ancrage local, elle est présentée comme une « rupture en termes de rendements et de compétitivité pour les futurs produits ».

L’usine en question devrait à terme représenter un bâtiment de 10 000 à 15 000 m². Il susciterait la création de 550 emplois directs une fois le régime de croisière atteint (2033), et pourrait donner lieu à des développements futurs. Le site du Barp, opéré par une foncière dépendant de la région Nouvelle-Aquitaine, dispose en effet de réserves qui permettent d’envisager soit de nouveaux bâtiments, soit l’installation de sous-traitants ou de fournisseurs spécialisés.

250 millions d’euros d’investissements… soutenus par des fonds publics

Ce projet d’usine avait pour mémoire été annoncé en mai 2025, à l’occasion du sommet Choose France et ce n’est évidemment pas un hasard si la pose de la première pierre a été organisée le jour même de l’édition 2026 de cet événement consacré à l’attractivité économique du pays.

En 2025, le projet était encore au stade conditionnel, notamment parce que le lieu de son implantation n’avait pas encore été défini. D’après Sud-Ouest, une soixantaine de sites français étaient en concurrence. L’accompagnement, administratif mais aussi financier, des collectivités locales et des pouvoirs publics a donc logiquement joué un rôle dans la sélection de l’emplacement final.

Outre les incitations locales et le soutien financier accordé par l’État, le projet devrait également bénéficier d’aides européennes dans le cadre du Chips Act, dont la version 2.0 sera très prochainement présentée à Bruxelles. Le montant des financements publics pourrait ainsi atteindre 150 millions d’euros, révèle Placéco, sur les quelque 250 millions d’euros de l’enveloppe initiale du projet.

Foxconn, Thales et Radiall vont créer une usine de semiconducteurs près de Bordeaux

3 juin 2026 à 08:46
Des SiP au milieu des pins
Foxconn, Thales et Radiall vont créer une usine de semiconducteurs près de Bordeaux

Le Taïwanais Foxconn va s’associer aux Français Thales et Radiall au travers d’une coentreprise baptisée Tessalia, qui ambitionne de construire une usine dédiée aux semiconducteurs sur la commune du Barp, à 30 km de Bordeaux. Le projet, soutenu par des fonds publics, devrait mobiliser 250 millions d’euros d’investissement.

Le Barp, petite commune du sud de la Gironde, abritait déjà le laser Mégajoule du CEA. Elle pourra bientôt s’enorgueillir d’une usine dédiée aux semiconducteurs, dont la première pierre a été posée lundi 1ᵉʳ juin par les trois entreprises cosignataires du projet : Foxconn, le géant de l’électronique de défense Thales et le spécialiste de l’interconnexion Radiall. Les trois annoncent s’associer au travers d’une coentreprise baptisée Tessalia Technology SAS (qui n’est pas encore immatriculée), « dédiée à l’assemblage et aux tests externalisés de semi-conducteurs ».

Des SiP spécialisés en petites et moyennes séries

De façon plus concrète, l’usine en question devrait se consacrer à la production et aux tests de composants de type System in Package (SiP), avec un objectif de production fixé à 50 millions d’unités par an d’ici 2033. Les puces en question seront destinées « à l’aérospatial, aux infrastructures télécom, à l’automobile, au médical et à l’industrie », affirme Thales.

Des secteurs sensibles, dans lesquels une production maitrisée sur le sol européen constitue désormais un argument concurrentiel, voire stratégique, même si Tessalia restera dépendante d’un approvisionnement en wafers venus de l’étranger.

Un System in Package (SiP) consiste pour mémoire en l’encapsulation, au sein d’un même élément, de plusieurs composants distincts (processeur, mémoire, radio, etc.), qui peuvent émaner de fournisseurs différents, mais doivent être interconnectés de façon plus dense (par wire bonding, par empilement de dies, etc.) que ce que permet le traditionnel assemblage sur un PCB.

C’est dans l’étape de l’emballage (packaging) que réside tout le potentiel du SiP, par opposition au System on Chip (SoC), qui lui intègre toutes les fonctions requises au sein d’un unique die. Et c’est en partie ce qui explique la destination des puces produites par la future usine : « Nous pro­dui­rons des petites et moyennes séries des­ti­nées à des mar­chés très spé­ci­fiques et exi­geants qui demandent per­for­mance, robus­tesse et fia­bi­lité », a déclaré Pierre Gat­taz, le PDG de Radiall, cité par la Tribune.

Les trois partenaires promettent à ce niveau d’exploiter « une technologie d’encapsulation innovante visant à développer des packagings à très haute densité ». Apportée par Foxconn, qui revendique une stratégie d’ancrage local, elle est présentée comme une « rupture en termes de rendements et de compétitivité pour les futurs produits ».

L’usine en question devrait à terme représenter un bâtiment de 10 000 à 15 000 m². Il susciterait la création de 550 emplois directs une fois le régime de croisière atteint (2033), et pourrait donner lieu à des développements futurs. Le site du Barp, opéré par une foncière dépendant de la région Nouvelle-Aquitaine, dispose en effet de réserves qui permettent d’envisager soit de nouveaux bâtiments, soit l’installation de sous-traitants ou de fournisseurs spécialisés.

250 millions d’euros d’investissements… soutenus par des fonds publics

Ce projet d’usine avait pour mémoire été annoncé en mai 2025, à l’occasion du sommet Choose France et ce n’est évidemment pas un hasard si la pose de la première pierre a été organisée le jour même de l’édition 2026 de cet événement consacré à l’attractivité économique du pays.

En 2025, le projet était encore au stade conditionnel, notamment parce que le lieu de son implantation n’avait pas encore été défini. D’après Sud-Ouest, une soixantaine de sites français étaient en concurrence. L’accompagnement, administratif mais aussi financier, des collectivités locales et des pouvoirs publics a donc logiquement joué un rôle dans la sélection de l’emplacement final.

Outre les incitations locales et le soutien financier accordé par l’État, le projet devrait également bénéficier d’aides européennes dans le cadre du Chips Act, dont la version 2.0 sera très prochainement présentée à Bruxelles. Le montant des financements publics pourrait ainsi atteindre 150 millions d’euros, révèle Placéco, sur les quelque 250 millions d’euros de l’enveloppe initiale du projet.

☕️ Alphabet veut lever 80 milliards : l’IA se finance par dilution même quand on s’appelle Google

2 juin 2026 à 07:19


Alphabet, maison mère de Google, a annoncé lundi 1ᵉʳ juin son intention de procéder à une levée de fonds en trois temps et à hauteur de 80 milliards de dollars, pour soutenir le développement de ses infrastructures dédiées à l’IA.

La levée de fonds (qui consiste donc à céder ou créer des actions en échange d’argent frais) parait un levier inhabituel pour une entreprise valorisée 4 500 milliards de dollars en bourse, à plus forte raison quand cette dernière a dégagé 174 milliards de dollars de cash flow opérationnel sur l’année 2025. Ce cash flow désigne pour mémoire les liquidités entrées dans les caisses de l’entreprise après paiement de ses charges d’exploitation, mais avant les dépenses d’investissements ou le remboursement de la dette.

Pour Alphabet, elle s’explique cependant simplement : la trajectoire d’investissements envisagée pour les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle générative est telle (entre 180 et 190 milliards de dollars prévus en 2026) qu’un financement sur fonds propres dégraderait la flexibilité de l’entreprise.

« Cette offre en actions s’inscrit dans le cadre du plan d’Alphabet visant à financer ses investissements de manière équilibrée tout en conservant un bilan sain », résume le groupe dans un communiqué dédié (PDF). Google précise à cette occasion avoir déjà réuni 85 milliards de dollars sous forme de dette (emprunts bancaires) en 2025, portant son encours total à plus de 100 milliards de dollars.

Illustration de Flock sur I/O 2024 axé sur l'IA
Illustration : Flock

La levée de fonds annoncée se décompose en trois tranches : 30 milliards de dollars d’actions dont le fonctionnement se rapproche d’obligations convertibles, 40 milliards d’actions qui seront émises au prix du marché à partir du troisième trimestre 2026 et 10 milliards de dollars de placement privé souscrits par Berkshire Hathaway, la société de gestion historiquement dirigée par Warren Buffet jusqu’en janvier dernier.

Google réaffirme à cette occasion sa confiance dans l’effet positif des développements liés à l’IA sur son activité. « Le chiffre d’affaires a progressé de 63 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, le carnet de commandes ayant quasiment doublé d’un trimestre à l’autre pour atteindre plus de 460 milliards de dollars, dont environ 50 % devraient être comptabilisés en chiffre d’affaires au cours des 24 prochains mois », décrit le groupe.

Rappelons que ses concurrents Microsoft, Amazon, Meta et les spécialistes de l’IA que sont xAI (intégré à SpaceX), OpenAI et Anthropic multiplient eux aussi les manœuvres et les montages complexes pour financer leur course aux datacenters.

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