Vue normale

Intelligence artificielle générale : le délire complotiste de la tech – Framablog

23 août 2026 à 08:34
"Pour élaborer une théorie du complot, il faut plusieurs ingrédients, rappelle-t-il : un schéma suffisamment flexible pour entretenir la croyance même lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu ; la promesse d’un avenir meilleur qui ne peut se réaliser que si les croyants découvrent des vérités cachées ; et l’espoir d’être sauvé des horreurs de ce monde. L’intelligence artificielle générale (IAG) remplit quasiment tous ces critères."

Ouais, carrément, la *religion* de l'IA.
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When online commenters 'detect' my art as AI - David Revoy

20 août 2026 à 07:44
L'IA ne se contente pas de piller le travail des artistes pour les plagier : Elles sèment tellement le doute sur toutes les images que désormais même les vrais artistes se prennent des commentaires désagréables suggérant que leur travail a été créé par IA. ☹️ C'est démoralisant.
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Apple’s weird anti-nausea dots cured my car sickness | The Verge

17 août 2026 à 06:49
Je n'ai plus beaucoup d'estime pour Apple, mais sur ce coup-là c'est une vraie et utile invention d'Apple : Apple utilise l'accéléromètre des appareils et affiche des petits points à l'écran correspondant aux accélérations et décélérations, réduisant les nausées dues à l'utilisation d'un écran en voiture.
Le résultat est variable d'une personne à l'autre, mais j'ai lu de nombreux témoignages de l'efficacité de ce système.

(Les nausées sont dues au fait qu'il y a une dissonance entre ce que voient vos yeux (fixe) et ce que perçoivent vos oreilles (mouvements). Votre cerveau ne sait pas comment interpréter ça et provoque des nausées.)
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Les promesses des virus créés par IA, en attendant un cadre réglementaire

La création de virus par un modèle d’intelligence artificielle pourrait permettre de lutter contre les infections résistantes aux antibiotiques, espèrent certains. D’autres appellent avant tout à la mise en place de garde-fous.

© SAMUEL H. KING ET AL /NYT

Rendu d’un virus créé par intelligence artificielle. Image fournie par l’équipe qui a entraîné le modèle et synthétisé les génomes proposés.

Des armes biologiques créées via IA ? Même les patrons du secteur s’inquiètent

Avec 85 autres acteurs du milieu, les PDG des principales entreprises d’intelligence artificielle ont signé une lettre ouverte appelant à une plus grande régulation de la synthèse génétique. Leur crainte : que cette technologie, conjuguée avec le développement de l’IA, ne facilite la création d’armes biologiques.

© DESSIN DE FALCO, CUBA.

Avec 85 autres acteurs du milieu, les PDG des principales entreprises d’intelligence artificielle ont signé une lettre ouverte appelant à une plus grande régulation de la synthèse génétique. Leur crainte : que cette technologie, conjuguée avec le développement de l’IA, ne facilite la création d’armes biologiques.

Râlage du jour

27 juillet 2026 à 11:34
Je sais qu'il y a plein d'ingénieurs qui travaillent dur pour concevoir nos appareils électro-ménagers, mais franchement j'ai *horreur* de me faire siffler par mon micro-ondes. De manière répétée si je ne viens pas ouvrir la porte quand c'est terminé. (  •̀ - •́  )
ET C'EST PAS DÉSACTIVABLE.
(Encore heureux que ça ne soit pas une de ces saloperies connectées.)
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Nours: "Utilise l'IA lorsque ta mère mourra." - Eldritch Café

21 juillet 2026 à 11:38
Un coup de gueule, ça peut être beau:
« UTILISE L'IA

Utilise l'IA lorsque ta mère mourra.

Demande-lui ce que l'on ressent face au deuil.

Laisse-la t'expliquer le deuil en douze points clairs.

Ne passe pas des années à la chercher au supermarché près des tomates qu'elle achetait toujours, dans l'odeur de la pluie sur le trottoir chaud, à découvrir de nouvelles façons de ressentir son absence.

Utilises l'IA

la prochaine fois que tu tombera amoureux.

Demande-lui comment savoir si cette personne est la bonne.

Elle vous donnera une réponse plus rapide que d'observer cette personne et te familiariser avec elle, d'apprendre comment elle prend son thé, quelles sont les planches du plancher qui la réveillent, comment son silence sonne quand quelque chose ne va pas.

Et utilise l'IA pour vos vœux de mariage, pour vos éloges funèbres, pour vos excuses.

Pourquoi se battre pour trouver les mots justes, quand une machine peut vous en donner de beaux ?

Des mots intacts, sans poignées de main. Des mots qui n'ont jamais été assis au chevet d'un lit d'hôpital.

Des mots qui n'ont jamais connu le terrible privilège d'avoir quelque chose à perdre.

Pendant ce temps, je serai là à regarder quelqu'un que j'aime s'endormir sur le canapé, la télévision qui lui parle toute seule, la pluie qui tape aux fenêtres, le chien qui frémit dans ses rêves,

Je serai là à gaspiller ma vie sur ces petits moments insignifiants qui deviennent, sans demander ma permission, tout le reste. »

               -- J. Atkins Potts
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La robotique humaniste, nouvelle épopée industrielle française

18 juillet 2026 à 21:30

La robotique va-t-elle sauver l’industrie, en plus de nos vieux jours ? La France a une occasion historique, celle de construire un Nouvel Ordre Mécatronique. Une nécessité, tant l’alternative est glaçante.

Durant des décennies, nos élites ont théorisé et encouragé la désindustrialisation, bercées par l’illusion d’une économie 100 % services et de l’immatériel. Nous avons fini par croire que l’abandon de nos usines face au rouleau compresseur asiatique relevait d’une fatalité et que notre salut se ferait sans les machines.

Pourtant, il suffit de regarder le bouillonnement de la robotique francilienne pour comprendre qu’un formidable retournement est en cours. Une révolution silencieuse s’opère sous nos yeux : la revanche du hardware. Loin des simples promesses de salons de l’innovation, la robotique à la française s’affirme comme le moteur d’un véritable réenchantement industriel, alliant notre excellence historique en ingénierie et en IA à une ambition d’entrepreneurs.

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White Rails Are The Infrastructure Hack We Didn’t Know We Needed | Hackaday

17 juillet 2026 à 07:55
Avec la chaleur, la dilatation des rails de train devient problématique, au point de rendre les pistes impraticables.
Aux USA, ils ont peint le bord des rails avec de la peinture blanche : Cela a abaissé la température de 11° C.
D'après l'article, cela fait un moment que les Italiens le font.
(Permalink)

Veille communautaire sur des intelligences artificielles du mois de mai 2026

14 juillet 2026 à 15:56

La série de dépêches de LinuxFr.org sur la veille concernant des intelligences artificielles a repris depuis le 16 mai 2026 avec une nouvelle formule.

Cette série perpétue l’initiative de valoriser les contenus pertinents des contributrices et contributeurs de LinuxFr.org en rapport avec des IA tels que les dépêches, journaux et liens. L’ajout des synthèses de la plupart des articles de presse et des contributions de la communauté LinuxFr.org sont proposés être envisagé à terme, selon les disponibilités des bénévoles.

Mème "C’est la même image" entre une photo originale et un deepfake grossier par les gens qui ne lisent pas la veille communautaire de LinuxFr.org
(Mème original : They're the same picture, captures d'écran de la série « The Office » (US), épisode « Search Committee » diffusé en 2011. Version Framamèmes dessinée en avril 2025 par Gee (CC-0).)

    Sommaire

    Avant-propos

    NB: si vous avez déjà pris connaissance de la première dếpêche «nouvelle formule»1 et que vous n’êtes pas intéressé(e) pour consulter les résultats définitifs du sondage sur la reprise de la série, vous pouvez aller directement à la partie «Quelques statistiques sur les contenus retenus»

    Cette dépêche est dédiée à la veille sur des intelligences artificielles2 faite par des contributions communautaires sur des contenus de LinuxFr.org et reprend une partie de l’initiative amorcée par la série « Nouvelles sur l’IA »3 qui s’est arrêtée le 6 avril 20264 5.

    Comme recenser au fil de l’eau du contenu communautaire pertinent demande un travail conséquent pour la rédaction de la dépêche, la décision de continuer la série sous une nouvelle formule a été faite à la vue des résultats d’un sondage publié le 1er mai 2026.6 7

    La première dépêche de la série publiée le 16 mai 20261 a été primée comme meilleure contribution de mai 2026 par l’équipe de LinuxFr.org8.

    Méthodologie de sélection des contenus communautaires

    Comme dans la précédente série des « Nouvelles sur l’IA », les contenus communautaires sont répertoriés selon ces deux critères :

    • La présence d’une étiquette intelligence_artificielle9 (indication d’un rapport avec le thème de la dépêche)
    • Un score strictement supérieur à zéro au moment du recensement

    Certains contenus non recensés en raison du second critère peuvent être visualisés en s’aidant de la recherche par étiquette9.

    Quelques statistiques sur les contenus retenus

    Du 1er mai au 31 mai, les contenus retenus sont:

    • 4 dépêches
    • 13 journaux
    • 2 posts de forum
    • 1 sujet de suivi
    • 70 liens

    Au total, 90 contenus répondant aux critères de sélection sont recensés dans la présente dépêche.

    Focus sur…

    Dans cette seconde dépêche, des synthèses10 sont proposées sur les sujets concernant l’incidence de l’IA générative sur les visites de site web et la détection des deepfakes.

    L’incidence de l’IA générative sur les visites de site web

    Le lien suivant est un article provenant de la communauté francophone de Minecraft :

    Elle est relayée par Benoît Sibaud car elle fait écho à la situation qu’a subi LinuxFr.org avec les activités des bots IA.

    L’équipe du site Minecraft.fr a constaté une situation paradoxale depuis la concurrence des plaformes d’IA générative grand public avec des moteurs de recherche conventionnels. D’un côté, les statistiques de recherche par mot clé mise à disposition indique une augmentation des apparitions de Minecraft.fr dans les réponses aux requêtes. D’un autre côté, la fréquentation effective du site par des utilisateurs a diminué, ce qui occasionne une perte de recette du site par la publicité ciblée.

    L’équipe de Minecraft incrimine la fonction de résumé de texte par des IA génératives grand public comme responsable de la baisse des recettes publicitaires couplés à une hausse des charges due aux scannages du site par des bots IA.

    La détection des deepfakes

    Le lien suivant est un article provenant de la revue scientifique américaine Science:

    L’article en ligne retrace les travaux11 de Hany Farid, un enseignant-chercheur de l’Université de Berkeley qui s’était distingué pour établir l’authenticité d’une vidéo sur l’attaque par erreur d’une école primaire en Iran par l’armée américaine durant l’opération Epic Fury en février 2026.

    L’enseignant-chercheur détaille certaines techniques, la plupart manuelles mais relativement simples, qui s’appuient sur les défauts des IA génératives. Parmi celles-ci, l’usage des lignes de fuite pour vérifier la cohérence des images permet de détecter de manière efficace la plupart des deepfakes.

    Vers la fin de l’article du magazine, l’enseignant-chercheur confie sa difficulté croissante à analyser les vidéos suspectes suite à l’explosion du nombre de deepfakes fabriqués et avertit que son savoir-faire, bien qu’il contribue à compliquer la tâche de la plupart des acteurs malveillants, ne permettrait pas de détecter du faux contenu à 100%.

    Une sélection des contenus par thème

    Les thèmes ci-dessous sont proposés pour aider des lectrices et des lecteurs à retrouver les contenus qui les intéressent. Les thèmes sont pour le moment suggérés manuellement par des contributrices et des contributeurs à la dépêche.10

    Campus IA et Choose France

    Liens

    Centres de donnée

    Liens

    Communauté de LinuxFr.org

    Journaux

    Forum

    Suivi

    Cybersécurité

    Liens

    Éducation

    Lien

    Économie et droit

    Journal

    Liens

    Environnement

    Liens

    Internet mort

    Liens

    Mondes artistiques et culturels

    Lien

    Logiciels libres

    Liens

    Jeux vidéos

    Journal

    Programmation

    Journaux

    Forum

    Liens

    Recherche scientifique

    Liens

    Religion

    Liens

    Retour d’expérience

    Forum

    Revues de presse

    Revue de presse de LinuxFr.org

    Revue de presse de l’April

    Santé

    Liens

    Société

    Journaux

    Liens

    Souveraineté

    Journaux

    Liens

    Annexe

    Contenus recensés par ordre chronologique

    Ci-dessous sont rassemblés des contenus sélectionnés dans l’ordre chronologique, dont une partie qui n’ont pas été classés parmi les thèmes.

    Dépêches

    Journaux

    Forum

    Suivi

    Liens

    Source de la première illustration en haut de la dépêche

    L’illustration a été créée depuis un modèle de framamème12 13 en licence CC014, avec l’assistance de Krita.


    En complément, afin de remercier les lectrices et lecteurs qui ont pu prendre connaissance de l’ensemble de la dépêche, nous vous proposons la montée de l’IA (pour « Intelligence Aviaire ») vue par Cepper, une cousine germaine de Pepper15 16 :

    Mini Fantasy Teather 28, par David Revoy


    1. https://linuxfr.org/news/veille-communautaire-sur-des-intelligences-artificielles-du-mois-d-avril-2026 

    2. Le terme « intelligence artificielle » regroupe en fait plusieurs définitions qui n’ont pas toujours fait consensus. Voir la page wikipédia sur leur définition et les techniques associées pour plus de précisions. 

    3. L’ensemble des « Nouvelles sur l’IA » sont accessibles avec le tag dédié nouvelles_sur_l_ia 

    4. La dernière dépêche de la série est consultable sur https://linuxfr.org/news/nouvelles-sur-l-ia-de-mars-2026 

    5. Le contributeur Moonz< a motivé son arrêt de la série de dépêche par le commentaire https://linuxfr.org/news/nouvelles-sur-l-ia-de-mars-2026#comment-2018598 

    6. À la clôture du sondage le 24 mai 2026 à 20h10 CEST, 55.4 % de vote sont favorables à la reprise de la série; 17.6 % de votes défavorables, 7.9 % de votes indécis, et 19.1 % de votes « pas vraiment sérieux ». Pour plus de détails, rendez-vous sur le sondage correspondant 

    7. Sur les 55.4 % de votes favorables à la reprise de la série, 70.5 % de votes viennent pour la réponse « Oui, même en l’absence de la synthèse des articles » et 29.5 % de votes pour la réponse « Oui, à condition de continuer la synthèse d’une partie des articles ». 

    8. https://linuxfr.org/news/meilleures-contributions-linuxfr-org-les-primees-de-mai-2026 

    9. Le lien de recherche par le tag dédiée est https://linuxfr.org/tags/intelligence_artificielle/public 

    10. La présente dépêche ne fait pas appel à des grands modèles de langage à cause de l’impopularité de ces outils parmi le public de LinuxFr.org pour la rédaction des articles. Voir le sondage suivant pour se faire une idée : https://linuxfr.org/sondages/faut-il-accepter-les-contenus-generes-par-ia-sur-linuxfr-org 

    11. Distinguishing Authentic from AI-Generated Explosions using Spatiotemporal Dynamics 

    12. Un générateur de mème proposé par Framasoft : https://framamemes.org/ 

    13. Modèle utilisé : They're the same picture 

    14. Voir cette notice explicative : https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/deed.fr 

    15. Un personnage provenant de la BD en ligne libre Pepper & Carrot 

    16. Des informations détaillées concernant la BD originelle sont consignées sur Wikipédia 

    Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

    Électroscope #35 : des robots français, des mini-réacteurs nucléaires et une cornée artificielle

    12 juillet 2026 à 16:30

    Concevoir des robots français, récupérer une fusée, traquer les moustiques par drone, allumer des mini-réacteurs et retrouver la vue… C’est parti pour Électroscope #35 !

    Quand la French Tech donne des yeux et des bras aux robots

    Et si l’avenir de la robotique mondiale ne dépendait pas uniquement des géants asiatiques ou américains, mais aussi d’esprits brillants en plein cœur de Paris ?

    Partout sur Terre, le secteur de la robotique humanoïde fait face à un défi de taille : sortir des labos pour intégrer les chaînes de production de manière économiquement viable. En Europe, où les pénuries de main-d’œuvre s’accentuent, la recherche d’une souveraineté technologique s’accélère, elle aussi. En plein cœur de l’été, UMA et Mistral AI ont ainsi dévoilé, coup sur coup, deux briques technologiques importantes.

    Le 7 juillet, UMA (Universal Mechanical Assistant) a présenté lors du salon Machina à Paris son premier prototype fonctionnel d’humanoïde, baptisé Northstar. D’un poids de tout juste 40 kg, ce robot bipède a été conçu en seulement neuf mois par une équipe d’ingénieurs chevronnés issus notamment de Tesla Optimus et Google DeepMind.

    La force de Northstar réside dans l’apprentissage en temps réel : le robot est conçu pour observer un opérateur humain exécuter un geste, puis le reproduire sous sa supervision, en évitant le recours à de lourdes infrastructures de calcul centralisées. Pour créer de la valeur immédiatement tout en affinant la stabilisation de sa locomotion, UMA prévoit d’effectuer ses premiers tests en conditions réelles, fin 2026, sur une déclinaison montée sur roues, permettant de valider en priorité l’agilité des bras et du torse en entrepôt.

    « Les défis démographiques et industriels ont un point commun : ils créent un besoin croissant de compétences. Chez UMA, nous sommes convaincus que cette nouvelle génération de robots fera partie de la solution. Non pas comme un substitut aux personnes, mais comme un nouvel outil à leur service, qui préserve leur temps pour l’essentiel : leur expertise, leur créativité, leur capacité à décider, à innover et à prendre soin des autres. » — Rémi Cadène, CEO et cofondateur d’UMA.

    Le lendemain, Mistral AI a annoncé le lancement de Robostral Navigate. Ce modèle de 8 milliards de paramètres, issu du rachat de la start-up autrichienne Emmi AI, est dédié à la navigation autonome des robots. La rupture est surtout ici d’ordre économique. Alors que les standards de l’industrie imposent de coûteux capteurs LiDAR ou caméras stéréoscopiques, l’algorithme de Mistral AI n’utilise qu’une simple caméra RVB standard !

    Guidé par des instructions en langage naturel, le système utilise la « navigation par pointage » pour s’orienter directement dans l’image. À partir d’une consigne textuelle (« entre dans la salle de stockage et arrête-toi devant la deuxième étagère »), le modèle peut interpréter les indices de son champ de vision, en combinaison avec un déplacement classique exprimé en mètres ou degrés. Entraîné sur 400 000 trajectoires virtuelles grâce à une méthode de mise en cache rendant l’apprentissage « 22 fois plus rapide », le modèle affiche un taux de succès de 76,6 % dans un environnement qui lui est totalement inconnu.

    « Par rapport à un entraînement [classique], notre approche réduit de 22 fois le nombre de tokens nécessaires. Cette méthode transforme des cycles d’entraînement de plusieurs mois en quelques jours », revendique Mistral AI.

    Ces deux initiatives complémentaires, bien que développées de manière indépendante, veulent poser les bases d’une filière française de robotique, autonome et compétitive !

    La Chine attrape une fusée « au filet » et bouscule l’histoire

    Et si le monopole américain de la réutilisation des lanceurs spatiaux venait soudainement de s’effondrer, sous nos yeux, en pleine mer de Chine ?

    Le vendredi 10 juillet 2026, l’histoire de la conquête spatiale a pris un virage spectaculaire au large de l’île de Hainan. Lors du vol inaugural de son lanceur Longue Marche 10B, la Chine a réussi la toute première récupération contrôlée du premier étage de l’une de ses fusées orbitales. Une percée qui brise un plafond de verre technique et… géopolitique.

    Mais au-delà du symbole, c’est l’audace et l’inventivité de la méthode qui fascine. Contrairement à SpaceX qui mise sur de lourdes jambes d’atterrissage mécaniques, les ingénieurs chinois ont opté pour une approche en complète rupture. Le propulseur de 63 mètres est redescendu à la verticale avant de déployer des crochets pour se laisser « attraper » par un filet de câbles tendus sur un navire en haute mer, le Linghangzhe. Ce système de capture, encore jamais vu jusqu’ici, allège la structure, maximisant sa performance pour injecter jusqu’à 16 tonnes de charge utile en orbite basse.

    Ce succès n’est pas qu’une simple vitrine : c’est la rampe de lancement du rêve lunaire chinois. La Longue Marche 10B valide ainsi les briques technologiques fondamentales qui équiperont la future version lourde, conçue pour poser des taïkonautes sur la Lune « avant 2030 ». Alors que la CASC, société qui produit les lanceurs Longue Marche, prévoit déjà de faire revoler ce même propulseur d’ici la fin de l’année, Pékin prouve que le but n’est plus d’imiter l’Occident, mais bien d’imposer son propre rythme vers les étoiles !

    « Cette mission marque la première récupération contrôlée réussie d’un véhicule de lancement en Chine et la première récupération au monde d’un lanceur basée sur un système de filet. Elle signifie une percée historique pour notre pays dans le domaine de la technologie des fusées réutilisables et pose des bases solides pour accélérer l’amélioration de nos capacités d’accès à l’espace. » — Dixit la CASC

    Tornyol, le drone français tueur de moustiques

    Et si, pour passer un été sans piqûres ni insecticides, vous laissiez un micro-drone de 40 grammes chasser les moustiques à votre place ?

    Chaque année, les maladies propagées par les moustiques causent plus de 700 000 décès à l’échelle mondiale. Et si la France est encore largement épargnée par cette hécatombe, leur présence n’en demeure pas moins déplaisante… Contre ce fléau, deux ingénieurs français issus du prestigieux accélérateur Y Combinator, Alex Toussaint et Clovis Piedallu, ont créé Tornyol en 2025. Leur start-up propose une arme de pointe : un drone de 40 grammes capable de localiser et d’abattre le nuisible en plein vol !

    L’innovation repose sur un détournement malin de composants du quotidien. En associant des microphones de smartphones à des capteurs de stationnement automobile, l’appareil travaille en binôme avec une station fixe émettant des ultrasons. L’objectif est de détecter le battement d’ailes spécifique du moustique, qui génère une signature acoustique unique. L’ordinateur de bord analyse ces données et évite les bavures écologiques, distinguant « à coup sûr » un moustique d’une abeille, par exemple. Dès l’identification validée, le drone fonce sur sa cible pour une interception : un déchiquetage en direct dans ses hélices.

    Cette solution se pose en alternative aux moustiquaires et aux « produits chimiques ». Avec seulement dix drones pour couvrir un kilomètre carré, Tornyol affirme pouvoir réduire le coût d’un « facteur 100 ». Déjà disponible en réservation, ce nouveau service de destruction des moustiques par drones est proposé par abonnement (ou à l’achat).

    « Grâce à leur petite taille, leur faible coût et leur grande rapidité, ces drones nous permettront d’éliminer les moustiques à une échelle et à un coût sans précédent. Nos premiers calculs montrent que notre solution sera 100 fois plus rentable par km carré de surface couverte que les pièges fixes. Nous serons également compétitifs en termes de coûts avec les moustiquaires, des zones périurbaines aux zones urbaines (plus de 500 personnes/km²), tout en offrant une réduction de 100 % de la mortalité due au paludisme (contre 50 % pour les moustiquaires). » — Manifeste de Tornyol

    4 mini-réacteurs nucléaires ont atteint la criticité cet été !

    Et si l’avenir du nucléaire ne se jouait plus dans des centrales géantes, mais dans de mini-réacteurs de poche déployés en un temps record ?

    Des bases militaires isolées aux centres de données IA, les besoins en électricité stratégique explosent outre-Atlantique. Et, à ce titre, les États-Unis viennent de franchir un cap important. Répondant à un défi lancé, l’an passé, par le Département de l’Énergie d’y parvenir avant le 4 juillet 2026, soit la date marquant le 250ᵉ anniversaire du pays, quatre micro-réacteurs privés ont répondu à l’appel et réussi leur première « criticité », en moins d’un mois. Finie l’ère des chantiers pharaoniques : place désormais à l’atome miniature !

    Chacune de ces start-ups a imposé sa propre vision technologique dans cette course de vitesse. Début juin 2026, l’Antares Mark-0 a ouvert le bal à l’Idaho National Laboratory. Ce modèle, qui utilise des caloducs passifs au sodium liquide, vise en priorité la résilience énergétique des bases militaires et spatiales. Deux semaines plus tard, le Ward 250 de Valar Atomics démontrait son agilité : ce réacteur à haute température refroidi à l’hélium a été entièrement assemblé dans l’Utah en seulement neuf mois.

    De son côté, Deployable Energy a frappé les esprits avec son modèle Unity, d’un mégawatt, conçu en moins de 150 jours pour s’intégrer dans les réseaux logistiques classiques. Preuve de sa flexibilité, son cœur expérimental a été acheminé sur site dans le coffre… d’un simple pick-up. Enfin, l’Aalo-X d’Aalo Atomics a complété cette série historique le 4 juillet 2026. Ce système compact refroidi au sodium à pression atmosphérique préfigure des complexes spécifiquement taillés pour alimenter les géants du numérique d’ici 2029. Une vague de réussites qui amorce une nette accélération de la micro-fission commerciale !

    « Notre réacteur est passé de l’inauguration des travaux à une réaction en chaîne entretenue en moins de huit mois, l’une des constructions de réacteurs les plus rapides en 80 ans, et notre entreprise est passée de sa fondation à la fission en moins de trois ans » — explique l’équipe d’Aalo Atomics

    Infographie illustrant quatre modèles innovants de réacteurs nucléaires modulaires.

    Kératocône : vers une cornée artificielle pour rétablir la vue

    Et si une simple micro-incision au laser et un hydrogel innovant pouvaient corriger une déficience visuelle sévère, sans dépendre d’aucun donneur humain ?

    Le kératocône est une maladie dégénérative qui induit un amincissement de la cornée, provoquant une déformation, et une baisse sévère de la vision. Si cette pathologie affecte des dizaines de millions de personnes à travers le monde, la pénurie de greffons restreint le nombre de transplantations de cornées à moins de 200 000 par an. Par conséquent, la quasi-intégralité des patients se retrouve aujourd’hui privée de réelle solution.

    Pour briser ce verrou médical, le chercheur Shuo Li dirige le « projet Augel » au sein de l’École polytechnique de Zurich (ETH Zurich). Son équipe de chercheurs a mis au point un implant cornéen en hydrogel biosynthétique souple, marié avec du collagène. Ce matériau innovant développé en Suisse est conçu pour imiter fidèlement à la fois les propriétés optiques, biomécaniques et d’adhérence tissulaire d’une cornée saine.

    Le protocole chirurgical se veut peu invasif et repose sur une technologie existante. Un laser femtoseconde réalise tout d’abord une micro-incision ultra-précise afin de créer un tunnel à l’intérieur [du/de la ?] stroma, la couche intermédiaire de l’œil. L’implant d’hydrogel y est introduit sous forme comprimée. Une fois positionné, il se déploie de lui-même pour redonner sa courbure naturelle à la cornée. Cette approche surpasse les anciens anneaux rigides en plastique PMMA qui présentaient de hauts risques d’infection, d’extrusion ou de rejet.

    Affichant un faible coût de revient et industrialisable, cette alternative prometteuse a validé ses essais in vitro et sur les animaux. Les chercheurs s’apprêtent désormais à lancer leurs premiers essais cliniques sur l’homme, amorçant au passage une future transition vers l’indépendance vis-à-vis des dons de cornées pour les patients.

    « L’avantage d’un matériau synthétique est que l’on peut le fabriquer à grande échelle et, dans ce cas, en imitant toutes les propriétés fonctionnelles de la cornée humaine, de sorte que vous puissiez implanter ce matériau et qu’il fonctionne de la même manière qu’un tissu de donneur, mais avec une meilleure disponibilité et un coût beaucoup plus bas » — détaille Shuo Li, professeur en génie macromoléculaire.

    Comment Wikipedia tente de limiter les dégâts face à l’IA générative

    Depuis l’avènement des chatbots comme ChatGPT ou Gemini, le trafic vers l’encyclopédie en ligne est en baisse, mettant en péril l’avenir du site. En visite au Japon, Bernadette Meehan, la directrice générale de la Wikimedia Foundation, a expliqué au quotidien “Asahi Shimbun” comment Wikipedia s’organise.

    © photo ISMAIL ASLANDAG/Anadolu/AFP

    Le logo de Wikipedia à Ankara (Turquie), le 20 janvier 2026.

    Électroscope #34 : vie artificielle, peau synthétique et fusion nucléaire

    5 juillet 2026 à 20:42

    Réinventer le vivant, simplifier l’implantation cérébrale, imprimer la peau… et les batteries en 3D, et assembler le cœur d’ITER… C’est parti pour Électroscope #34 !

    Quand la science réinvente la « recette du vivant »

    Et si, dans un jour pas si lointain, concevoir la vie devenait aussi simple que d’assembler un meuble en kit ou de coder un logiciel ? Deux percées scientifiques bousculent aujourd’hui nos certitudes sur les frontières du vivant…

    D’un côté, imaginez une cellule créée à partir de rien, assemblée en laboratoire (à l’Université du Minnesota) à l’aide d’ingrédients chimiques totalement inertes. C’est le pari réussi de « SpudCell ». Des chercheurs ont glissé un mini-génome de seulement 90 000 paires de bases (contre 3 milliards chez l’être humain), réparti sur sept morceaux d’ADN indépendants, dans une minuscule bulle de gras, et ont ajouté un cocktail enzymatique contenant des protéines et des molécules indispensables aux réactions chimiques.

    Contre toute attente, et c’est une première mondiale, cette cellule synthétique peut « accomplir un cycle de vie complet ». Elle s’alimente et grandit en absorbant des nutriments et en fusionnant avec des bulles « nourricières » grâce à l’ajout de protéines programmées à sa surface. Elle est aussi capable de répliquer son ADN et de se multiplier, sans machinerie interne complexe : elle accumule des protéines sur sa membrane, ce qui crée une tension physique qui la scinde naturellement en deux. Elle s’offre même le luxe d’évoluer et de s’adapter selon les lois de la sélection naturelle : les variantes absorbant le mieux les nutriments ont fini par supplanter les autres au fil des générations !

    « C’est sans doute le projet le plus passionnant sur lequel j’ai jamais travaillé. Nous avons reproduit en chimie ce qui n’était possible qu’en biologie : l’ensemble des comportements d’une cellule. Cela prouve que les fonctions vitales les plus fondamentales, comme la croissance et la reproduction, ne nécessitent pas d’étincelle magique mystérieuse », souligne la professeure Kate Adamala.

    Pendant ce temps, à Berkeley, la start-up Conception.bio utilise sa maîtrise de la bio-ingénierie pour bouleverser notre manière de naître. Sa promesse ? Transformer une simple prise de sang en cellules souches pluripotentes induites, puis en ovocytes humains fonctionnels, balayant les limites de l’âge, de la génétique ou de la stérilité. En produisant et en combinant des cellules souches et des cellules de soutien dans une structure en 3D, les scientifiques ont réussi à fabriquer ce qu’ils appellent des « mini-ovaires » artificiels, sur la base des travaux précurseurs (2016) sur des souris menés par Katsuhiko Hayashi.

    « Nous sommes ravis de vous annoncer que nous avons généré les premiers ovocytes primaires humains à partir de cellules souches. Après un simple prélèvement sanguin, nous avons transformé des cellules sanguines en cellules souches, puis nous avons induit la différenciation de ces cellules souches en mini-ovaires humains contenant les ovocytes primaires », annonce l’équipe.

    Une IA dédiée surveille ensuite la croissance de ces cellules pour s’assurer qu’elles suivent fidèlement le « modèle naturel ». L’équipe vient d’ailleurs de franchir un cap important : ses ovocytes de synthèse ont réussi leur entrée en méiose, soit l’étape cruciale où la cellule divise par deux ses chromosomes pour pouvoir être fécondée ultérieurement !

    Certes, les lignées de SpudCell, encore incapables de fabriquer leurs propres ribosomes, s’éteignent après 5 à 10 générations, et Conception.bio doit encore amener ses ovocytes à pleine maturité pour qu’ils deviennent véritablement « fonctionnels ». Mais la trajectoire reste fascinante : en apprenant à fabriquer des structures autonomes et à révolutionner les bases de la fertilité, la science commence à réécrire les règles du vivant !

    Évidemment, manipuler ainsi les briques élémentaires de l’existence soulève d’immenses questions éthiques. Pour SpudCell, la crainte des chercheurs résidait dans une éventuelle « privatisation du vivant » : c’est pourquoi l’organisation Biotic (qui détient le brevet) a choisi de partager cette technologie en « open-source ». Et concernant la reproduction humaine, le fait de s’affranchir finalement des limites physiologiques et génétiques naturelles va ouvrir d’intenses débats sur le contrôle et la redéfinition de la procréation…

    Neuralink : la procédure d’implantation nettement simplifiée

    Et si la « télépathie » et restaurer la vision ne tenaient plus qu’à un geste chirurgical si parfait qu’il s’infiltre dans le cortex sans même entailler son enveloppe protectrice ?

    Permettre aux personnes handicapées de « piloter par la pensée » des objets, restaurer la vision ou la parole, traiter certains troubles neurologiques, voici les objectifs de Neuralink avec sa puce cérébrale ! Mais jusqu’ici, l’accès au cortex exigeait une découpe chirurgicale invasive de la dure-mère, soit la membrane protectrice crânienne. Désormais, tout change grâce à un protocole opératoire radicalement simplifié qui vient d’être dévoilé.

    Les neurochirurgiens employés par l’entreprise vont, à l’avenir, pouvoir s’appuyer sur le robot de haute précision R1 pour insérer les électrodes directement à travers la dure-mère, sans jamais ni la couper ni la retirer. Guidé par une aiguille micrométrique en carbure de tungstène, cet automate implante les filaments dans le cortex avec une précision de l’ordre du micron. Sa force ? Le robot cartographie en temps réel la zone et évite ainsi le moindre micro-vaisseau sanguin visible en surface pour écarter tout risque de saignement. 

    Une fois les fils posés, la micro-perforation résiduelle est scellée à l’aide d’une colle biologique spécifique (bioglue). Ce scellement préserve l’étanchéité du compartiment céphalo-rachidien et réduit drastiquement les risques infectieux post-opératoires.

    « Pour la première fois dans le cadre de nos essais cliniques, nous avons inséré les fils d’électrode de notre implant directement à travers la dure-mère jusqu’au cortex, en la laissant intacte. Le participant contrôlait un curseur par la pensée moins d’une heure après, et sa convalescence se déroule comme prévu », assure Neuralink.

    Cette simplification médicale va contribuer à lever le principal verrou à l’industrialisation de la puce N1. En effet, ce boîtier en titane de 23 mm, qui déploie 1 024 électrodes, devient ainsi bien moins risqué à poser ! Parallèlement à cette avancée, l’entreprise s’affaire à une « production en grande série » avec l’objectif d’équiper plus de 1 000 patients d’ici la fin de l’année 2026. L’interface cerveau-machine change définitivement de dimension…

    Bientôt de la peau humaine imprimée en 3D à la demande ?

    Et si la médecine pouvait réparer la peau humaine, directement dans la salle d’opération, au bénéfice des grands brûlés ? C’est le défi de la biotech lyonnaise Labskin Création, dirigée par Amélie Thépot.

    Après neuf années de recherche, l’entreprise se prépare à introduire la bio-impression 3D de peau humaine directement dans les blocs opératoires. Pour rappel, soigner un grand brûlé avec sa propre peau exige soit de prélever de la peau saine sur une partie du corps pour la greffer ailleurs, soit de faire de la culture cellulaire (une technique qui demande beaucoup de temps). L’approche de Labskin Création veut changer cela !

    En partenariat avec la plateforme 3d.FAB, les Hôpitaux civils de Lyon et le laboratoire IMoPA, la start-up a développé un protocole automatisé. Des fibroblastes et kératinocytes sont prélevés lors d’une biopsie du blessé, puis suspendus dans des hydrogels pour former des bio-encres. Au bloc, un bras robotisé BioAssemblyBot dépose ces encres de peau, couche par couche, sur la plaie. Le robot applique le derme, puis l’épiderme. Les deux couches fusionnent alors pour reconstituer une « peau fonctionnelle ».

    « Grâce à cette technique, on va pouvoir greffer, exactement sur la zone brûlée, avec la bonne forme, la bonne profondeur, et en un seul temps opératoire. On peut greffer cette peau n’importe où », explique la co-fondatrice Amélie Thépot.

    Ce projet, qui a bénéficié d’un financement de la Direction générale de l’armement (DGA) dans l’idée de déployer des unités mobiles sur les théâtres d’opérations, s’appuie sur un brevet fondateur déposé en 2015. Après des essais précliniques porcins prometteurs, la technologie va prochainement entamer ses premiers essais cliniques humains !

    Les travaux de Labskin Création ont par ailleurs mené à la création d’une seconde biotech, Healshape, développant une technologie dérivée de prothèses mammaires imprimées en 3D pour les femmes ayant subi une mastectomie suite à un cancer du sein.

    L’énergie sur mesure : l’impression 3D libère les batteries

    Et si la forme de nos futurs objets technologiques n’était plus dictée par la rigidité géométrique de leurs batteries, en les rendant imprimables sur n’importe quel produit ? C’est l’innovation proposée par l’Université du Texas à El Paso (UTEP).

    En collaboration avec les Laboratoires nationaux Sandia, des chercheurs ont développé une formulation d’électrolyte de gel polymère (GPE) entièrement imprimable en 3D. Publiés dans la revue Communications Engineering, ces travaux lèvent un verrou industriel majeur. 

    Traditionnellement, la fabrication de composants au lithium exige des boîtes hermétiques sous atmosphère d’argon pour éviter toute réaction violente avec l’humidité. L’encre active développée au sein de l’UTEP élimine cette contrainte : elle s’imprime à l’air libre, dans des conditions ambiantes, par « stéréolithographie laser ». Ce mélange associe une résine acrylique photosensible et un électrolyte liquide à base de sel de lithium selon un ratio volumétrique de 1 pour 4, garantissant la viscosité idéale pour l’impression.

    Ce gel solide affiche une conductivité ionique élevée, annoncée comme « comparable aux électrolytes liquides classiques », mais sans les inconvénients d’inflammabilité ou de fuites corrosives. L’équipe a validé cette liberté de conception en fabriquant des disques minces, des cubes d’un centimètre et des structures complexes en nid d’abeille ouvert.

    « Pendant des années, la forme d’une batterie a dicté celle de l’appareil qu’elle alimentait. Nous démontrons qu’il est possible d’imprimer un composant de batterie à électrolyte haute performance de n’importe quelle forme et de le placer quasiment n’importe où. Cela ouvre de nouvelles perspectives aux concepteurs », selon Alexis Maurel, docteur en sciences et chercheur principal de l’étude.

    Soutenue par la National Science Foundation, cette avancée ouvre la voie à des batteries structurelles innovantes, qui pourront un jour épouser directement la forme des boîtiers d’appareils portables, de capteurs médicaux implantés ou d’équipements aérospatiaux.

    ITER : le cœur magnétique de la fusion prend forme 

    Et si l’humanité devenait enfin capable de « mettre le Soleil en boîte » ? Cette image, presque poétique, résume le plus grand défi technique du XXIe siècle : reproduire sur Terre la physique des plasmas qui fait briller les étoiles.

    À Cadarache, ce rêve fou a franchi une étape historique le 23 juin 2026 avec l’achèvement de l’empilement du solénoïde central d’ITER. Véritable cœur électromagnétique du réacteur, ce colosse a pour mission d’induire le courant initial au sein d’un plasma d’isotopes d’hydrogène et de stabiliser sa trajectoire afin de démarrer la fusion nucléaire.

    Les chiffres donnent le vertige. Haut de 18 mètres et pesant près de 1 000 tonnes, cet aimant supraconducteur générera en son centre un champ magnétique de crête de 13 teslas. Une force colossale capable, en théorie, de « soulever un porte-avions militaire hors de l’eau ». Fruit d’une odyssée industrielle de quinze ans, il intègre plus de 43 km de câbles en niobium-étain qui ont été produits au Japon et refroidis à 4,5 K, puis façonnés ensuite par l’américain General Atomics pour former les modules. L’installation du sixième et dernier élément de 110 tonnes s’est jouée au millimètre près.

    « Ce projet montre que, malgré les tensions politiques, on peut encore construire ensemble quelque chose de positif pour l’humanité », se réjouit Pietro Barabaschi, le directeur général d’ITER.

    Rendez-vous en 2034 pour les premiers pas opérationnels de la machine, prélude au premier plasma de test l’année suivante. Le compte à rebours est lancé pour savoir si l’humanité parviendra enfin à dompter durablement l’énergie des étoiles !

    Et aussi dans l’actu : la présence d’un gisement d’hydrogène naturel en Moselle a été confirmée avec des taux de concentration exceptionnels, atteignant 50 % à 2 400 mètres de profondeur. Plus on descend, plus elle s’accroît ! La ressource estimée est de 35 millions de tonnes. Mieux encore : le coût d’extraction est estimé à moins d’un euro le kilo d’hydrogène.

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    Recevoir Électroscope

    L’article Électroscope #34 : vie artificielle, peau synthétique et fusion nucléaire est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

    Électroscope #33 : un vaccin universel, une chirurgie par ultrasons et des puces miniatures

    28 juin 2026 à 18:54

    Se repérer sans GPS, soigner les cœurs sans chirurgie, miniaturiser les puces jusqu’aux frontières de l’atome, explorer le cœur de la Voie lactée, stopper les pandémies avant même qu’elles ne débutent… C’est parti pour Électroscope #33.

    Avec le LocIndoor, l’armée de terre veut s’affranchir du GPS

    Et si nos soldats pouvaient se repérer avec une haute précision dans une zone brouillée, sans le moindre signal GPS ? C’est l’exploit visé par une entreprise française qui veut améliorer l’équipement du fantassin français.

    Depuis le retour des conflits de haute intensité, notamment en Ukraine, une chose est claire : les systèmes de positionnement (GPS, Galileo) ne sont plus infaillibles. En rendant la géolocalisation inopérante, le brouillage électromagnétique menace de rendre nos soldats « aveugles » et empêche la coordination des troupes sur le terrain. Pour contrer ce danger, l’armée française teste la technologie « LocIndoor », de la PME normande Sysnav.

    Oubliez la dépendance aux satellites et aux centrales à inertie classiques ! Ce prototype, dont la version finale devrait faire la « taille d’une boîte d’allumettes de 50 g » et qui se fixe à la cheville du militaire, intègre une technologie de « tachymètre magnéto-inertiel » qui repose sur divers capteurs (accéléromètres, gyroscopes, magnétomètres…). Concrètement, le système capte en continu les infimes variations du champ magnétique terrestre et les fusionne, via une IA, à une reconnaissance précise des pas du soldat porteur.

    Le boîtier est ainsi en mesure de calculer une position en 3D avec une dérive inférieure à 1 % de la distance parcourue, sans nécessiter de recalibrage. Dit autrement, la marge d’erreur de positionnement est « inférieure à 10 mètres après un kilomètre de marche à l’aveugle », de jour comme de nuit, en extérieur brouillé comme à l’intérieur d’un bâtiment !

    « Nous cherchons une précision de classe métrique dans des situations de perte complète des informations, en sachant qu’un fantassin ne parcourra pas plus de quelques kilomètres en opération et qu’un kilomètre dans un bâtiment, c’est déjà beaucoup ! », souligne son fondateur David Vissière.

    Présentée récemment au salon Eurosatory et intégrée au programme militaire Centurion, cette technologie souveraine ne sert pas qu’à déterminer la position d’un militaire sur une carte. Elle permet d’infuser des alertes critiques, de détecter de manière fiable si le soldat est à terre ou encore d’éviter les tirs fratricides. Mais son potentiel va bien au-delà du seul champ de bataille : le LocIndoor peut aussi équiper les pompiers intervenant dans des situations complexes ou encore sécuriser les travailleurs isolés…

    Des ultrasons pour réparer les cœurs sans chirurgie ?

    Et si une simple séance d’ultrasons suffisait à réparer certains cœurs défaillants, sans la moindre incision ni anesthésie générale ?

    C’est la promesse désormais bien réelle de la deeptech française Cardiawave, qui annonce la commercialisation de sa solution « Valvosoft » après l’obtention de son marquage CE fin 2025. L’ennemi visé ? La sténose aortique sévère, une maladie liée au vieillissement qui calcifie la valve du cœur, l’empêchant de pomper le sang correctement. Jusqu’ici, la seule issue était le remplacement de la valve par une prothèse, une procédure inéligible pour des centaines de milliers de patients jugés trop âgés ou trop fragiles (et donc condamnés).

    Grâce à dix ans de recherche associant l’Institut Langevin et l’Hôpital européen Georges-Pompidou, une alternative d’ingénierie acoustique non invasive a vu le jour. Le principe repose sur la cavitation ultrasonore : un appareil posé sur le thorax envoie des ondes sonores précises vers le cœur, en ciblant le tissu calcifié de la valve par imagerie échographique.

    Ces ultrasons génèrent alors des « microbulles de cavitation éphémères ». En implosant, celles-ci libèrent une énergie mécanique microscopique qui fragmente le calcium interstitiel et redonne instantanément de la souplesse à la valve. L’avantage de ce procédé ? Il n’induit aucune lésion thermique et préserve les tissus sains environnants. De plus, cette procédure purement ambulatoire ne nécessite ni incision, ni cathéter, ni anesthésie générale…

    Les résultats cliniques de l’étude pivot sont spectaculaires : chez les patients traités, la surface d’ouverture de la valve augmente de 43 % (par rapport à la progression naturelle de la maladie), avec un risque d’accident vasculaire cérébral lié à la procédure de… 0 % ! Ce traitement innovant marque donc le début d’une nouvelle ère pour la cardiologie mondiale, transformant une intervention redoutée en un soin de routine sécurisé.

    Bienvenue dans l’ère de l’angström avec la nouvelle puce IBM

    Et si la puissance des plus grands ordinateurs du monde pouvait tenir sur un composant 10 000 fois plus petit qu’un globule rouge ? Préparez-vous à plonger dans l’ère de l’angström, qui repousse les limites de la physique de la matière !

    Pendant des décennies, l’informatique a suivi une règle simple : réduire la taille des puces à plat pour y tasser toujours plus de composants. Mais face aux limites de la miniaturisation spatiale bidimensionnelle, l’industrie a dû basculer vers des architectures 3D au cours de la dernière décennie. Dans cette logique, le géant IBM vient (à nouveau) de marquer l’histoire en dévoilant la première puce au monde gravée au nœud de 0,7 nm (soit 7 angströms) !

    Ici, il convient de préciser que, dans ce domaine, un chiffre comme « 0,7 nm » ne désigne plus la dimension physique des pièces de la puce. Il fonctionne plutôt comme un label servant à prouver que l’on a réussi à concentrer encore plus d’efficacité et de transistors dans un même espace par rapport aux anciens modèles. La recette utilisée ? L’architecture « Nanostack ». Au lieu d’étaler les composants, IBM empile verticalement et décale les transistors de polarités différentes en 3D, grâce à une méthode d’intégration qui permet de coller deux tranches de silicium (wafers) avec une précision inouïe.

    L’échelle est insaisissable pour l’esprit humain : un seul nœud Nanostack est environ 10 000 fois plus petit qu’un globule rouge humain. Et sur une surface de silicium équivalente à la taille d’un ongle, il est possible d’intégrer près de 100 milliards de transistors avec cette technologie ! Par rapport à la version 2 nm dévoilée par IBM il y a cinq ans, elle permet de « booster les performances brutes de la puce de 50 % à consommation égale, ou de réduire sa consommation d’énergie de 70 % à performance égale ».

    « Cette puce marque un tournant décisif, propulsant la technologie au-delà de l’ère nanométrique pour atteindre l’échelle atomique. Grâce à notre nouvelle architecture Nanostack, nous ne nous contentons pas de fabriquer des transistors plus petits : nous réinventons la conception des puces pour apporter une puissance et une efficacité énergétique considérablement accrues. Cette innovation, une première dans l’industrie, pose les fondements de la prochaine ère de l’informatique », explique Jay Gambetta, directeur de la recherche chez IBM.

    Une grande bénéficiaire sera l’intelligence artificielle générative, en permettant de lever un goulet d’étranglement pour les accélérateurs d’IA, à savoir les processeurs spéciaux conçus pour traiter les calculs complexes de l’intelligence artificielle de manière ultra-rapide et économe en énergie. Les projections estiment qu’ils pourraient atteindre, avec cette puce, une puissance inférentielle colossale de 9 000 TOPS (trillions of operations per second).

    À cette échelle, l’entraînement des gigantesques modèles d’IA, qui requiert aujourd’hui des mois de calcul intensif, pourrait être réduit à « seulement deux ou trois semaines » ! IBM se donne cinq ans pour la commercialisation, avec l’aide du géant néerlandais ASML.

    Le satellite européen Euclid dévoile le cœur de la Voie lactée

    Et si la traque de la matière noire nous aidait à débusquer de nouveaux mondes cachés à des milliers d’années-lumière ? C’est la belle promesse du télescope spatial européen Euclid : initialement conçu pour sonder l’Univers sombre, il vient de livrer le panorama le plus vaste et détaillé du centre de notre galaxie en lumière visible.

    Lancé à 1,5 million de kilomètres de la Terre, Euclid a pour mission originelle de traquer la structure cosmique de la matière noire. Mais en braquant son regard optique grand champ vers le « bulbe », le cœur hyper-dense de la Voie lactée, il a capturé une image historique de 324 mégapixels. En l’espace de 26 heures seulement, il a pu immortaliser 60 millions d’étoiles, là où un observatoire terrestre de pointe comme le célèbre observatoire Keck aurait nécessité environ 2 000 heures de temps d’observation.

    Pour restituer la splendeur visuelle et l’information spectrale de cette région, l’astronome français Jean-Charles Cuillandre (CEA) a superposé ces données haute résolution avec les informations colorimétriques issues de la caméra MegaCam du télescope terrestre CFHT. Le résultat est une toile cosmique révélant la structure intime du bulbe : les vastes nébuleuses obscures chargées de poussière interstellaire qui absorbent la lumière, les amas de jeunes étoiles massives trahis par l’émission rougissante d’hydrogène ionisé, et la toile de fond dorée des milliards de vieilles étoiles froides qui composent le cœur de notre galaxie !

    « L’industrie européenne a produit une merveille de technologie. On a créé un télescope qui était principalement conçu pour traquer l’Univers sombre, la matière noire, en observant des galaxies extrêmement lointaines et peu lumineuses. Et là, on a décidé de pointer Euclid sur la zone la plus brillante du ciel. Et ça marche, c’est extraordinaire ! », s’enthousiasme Jean-Charles Cuillandre.

    Pourtant, la splendeur scientifique de ce panorama sert un autre impératif : le vrai but des chercheurs est de découvrir des exoplanètes grâce à un phénomène physique prédit par la relativité générale d’Einstein : la microlentille gravitationnelle. Lorsqu’une étoile passe devant un astre plus lointain, sa gravité courbe et amplifie la lumière. Si cette étoile-lentille possède des planètes, leur masse déforme subtilement ce signal lumineux, révélant leur présence.

    En cartographiant avec une telle précision la position de ces 60 millions d’étoiles, Euclid pose les jalons d’une base de données inestimable. Une prouesse qui facilitera grandement le travail du futur télescope américain Nancy-Grace-Roman de la Nasa, lui-même spécialisé dans la détection en microlentillage, et qui pourra ainsi calculer avec une précision sans précédent la masse et la vitesse des étoiles-lentilles et des exoplanètes qui les entourent.

    Un vaccin contre de multiples virus, même lorsqu’ils mutent !

    Et si la prochaine pandémie mondiale était stoppée net avant même d’avoir pu commencer ? Grâce à la puissance de la biologie computationnelle, ce scénario d’anticipation pourrait devenir une réalité clinique porteuse d’un immense espoir.

    Nous l’avons appris à nos dépens : la production d’un vaccin efficace prend du temps ! Il faut isoler une souche pathogène en circulation, concevoir un antigène spécifique, avant de le déployer. Et souvent, quand l’antigène est enfin prêt, le virus a déjà muté…

    Pour sortir de cette impasse, des chercheurs de l’Université de Cambridge (via leur start-up essaimée nommée DIOSynVax) ont utilisé des algorithmes d’apprentissage automatique (machine learning) afin d’analyser l’intégralité des génomes de la famille des sarbecovirus (qui inclut le SARS-CoV-2). L’IA n’était pas ici chargée de rechercher les zones mutagènes, mais plutôt d’identifier les « régions hautement conservées » des virus : c’est-à-dire les « points de défaillance structurels » partagés par toute la famille virale et indispensables à la survie du pathogène.

    À partir de ces données, l’algorithme a synthétisé numériquement un « super-antigène » conçu pour éduquer notre système immunitaire contre toute variation génétique future des sarbecovirus. Les premiers essais cliniques de phase I ont permis de prouver l’innocuité du dispositif. Celui-ci a été très bien toléré à toutes les doses testées, générant peu d’effets secondaires. Si la mesure de la réponse immunitaire a été rendue complexe par la forte immunité préexistante des volontaires (liée aux vagues Omicron), les analyses sanguines confirment que les cellules reconnaissent parfaitement les épitopes de ce super-antigène.

    « Nous avons surmonté le problème des vaccins traditionnels, dont la protection est limitée. Nos vaccins universels continuent à protéger contre les virus même lorsqu’ils mutent en de nouvelles souches. Ils protègent non seulement contre de nombreuses variantes simultanément, mais aussi potentiellement contre des virus apparentés qui n’ont pas encore émergé et ne se sont pas encore transmis à l’homme », déclare Jonathan Heeney, responsable scientifique de la recherche.

    Mieux encore, ce candidat-vaccin repose sur un vecteur ADN dit « thermostable », idéal pour les pays en développement, et pouvant s’administrer par injection intradermique. La preuve de concept étant validée, l’équipe prépare des essais de phase II à plus grande échelle. Par ailleurs, les chercheurs appliquent désormais la même méthode pour concevoir des super-antigènes ciblant la grippe aviaire et les virus des fièvres hémorragiques (comme Ebola). De quoi envisager un jour la création de banques mondiales de vaccins « prêts à être déployés » avant même l’émergence d’une nouvelle pandémie !

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