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L’ANSSI révise sa doctrine vis-à-vis du logiciel libre

L’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) vient de publier une mise à jour substantielle de sa doctrine vis-à-vis du logiciel libre. L’agence confirme que le logiciel libre et la transparence sont essentiels à la sécurité des systèmes d’information. Elle assume sa contribution au libre et la publication de logiciels sous licence libre.

Cette posture très favorable au logiciel libre et open source est une belle avancée et un signal fort. Jusque-là, la posture de l’ANSSI était beaucoup plus floue et sa contribution à des projets libres et open source pouvait même apparaitre en contradiction avec sa doctrine. J’avais l’impression que les collaborateurs de l’ANSSI qui le faisaient reprenaient à leur compte le dicton « Pour vivre heureux, vivons cachés ».

La politique de l’agence est désormais claire : l’ANSSI contribue, l’ANSSI publie, l’ANSSI a une stratégie pragmatique qui peut l’amener à s’engager ou non sur le long terme en fonction de la finalité de l’outil et des motivations de l’ANSSI.

Détail qui a son importance, l’ANSSI indique privilégier, sauf exception justifiée, la licence Apache v2.0 pour les projets qu’elle publie. Je suis ravi de voir ce service privilégier une licence mondialement connue à une licence franco-française ou européenne (elles ont le don de doucher nombre de velléités d’utilisation et de contribution).

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John Carpenter’s Toxic Commando détaille son gameplay à un mois de sa sortie

Par : Estyaah
11 février 2026 à 16:16

Dans un trailer partagé il y a quelques jours, Focus Entertainment nous présente John Carpenter’s Toxic Commando un peu plus en détail. Pour rappel, il s’agit d’un jeu développé par Saber Interactive, notamment connu pour le TPS World War Z (plus tard doté d’une vue subjective correcte, mais sans plus), et dont la technologie Swarm permettait déjà l’affichage de centaines, voire de milliers de zombies indépendants à l’écran. Dans ce nouveau titre, cette fois-ci uniquement en FPS, les développeurs reprennent les mêmes éléments, en y ajoutant des véhicules et une esthétique inspirée des films des années 80.

À la rédac, on est assez partagés. Oui, ça a l’air fun, car ça pète de partout et c’est un jeu coop, mais d’un autre côté, ce n’est pas très original. On a vraiment l’impression de voir une sorte de spin-off de World War Z. Une démo devrait être disponible le 19 février prochain ; on la testera sans doute pour voir si les sensations sont correctes.

John Carpenter’s Toxic Commando est toujours prévu pour le 12 mars prochain au prix de 40 €. En attendant, vous pouvez toujours ajouter le jeu à votre liste de souhaits sur Steam ou l’Epic Games Store. Au passage, notre partenaire Gamesplanet propose la précommande à –10 %, soit 36 €, mais on ne saurait que vous conseiller de patienter au moins jusqu’à la sortie de la démo.

Quel iPad choisir en 2026 ? Le comparatif complet des tablettes Apple

16 avril 2026 à 08:28

iPad classique, Air, mini ou Pro ? Avec 6 modèles disponibles en 2025 et des tarifs qui vont du simple au triple, l'achat d'une tablette Apple exige que l'on s'y attarde. Quel modèle offre le meilleur rapport qualité-prix pour votre usage ? Découvrez notre comparatif complet pour identifier l’iPad idéal selon vos besoins.

Reanimal

11 février 2026 à 16:00
Je suis une femme simple : j’aime bien quand les développeurs associent deux références culturelles qui n’ont absolument rien à voir pour me parler de leur jeu, par exemple Michel Ziegler, qui décrivait Mundaun comme une rencontre entre Eraserhead et Farming Simulator. Quand j’ai lu que Reanimal constituait le chaînon manquant entre Zelda : The Wind Waker et Silent Hill 2, il ne m’en a pas fallu beaucoup plus pour être intriguée.

ASRock déploie un BIOS bêta pour sauver les Ryzen 9000

Alors que ses cartes mères sont accusées d’occire des Ryzen presque au rythme où Renaud s’enfilait les Ricard, et avec une appétence particulière pour le Ryzen 7 9800X3D selon les statistiques, ASRock ne s’enferme plus dans le mutisme. Le 5 février dernier, la marque avait publié un communiqué diplomatique, du genre « nous avons connaissance des rapports, nous menons l’enquête »... [Tout lire]

L’horreur hispanique a la cote avec la sortie de Crisol: Theater of Idols

Par : Loulou
11 février 2026 à 15:30

Comme annoncé en ce début de mois, Crisol: Theater of Idols, un FPS d’horreur prenant place dans le folklore espagnol, est bien sorti ce 10 février. Pour le moment, sur Steam, les joueurs ont laissé une note très positive. Cependant, certains joueurs ont pointé du doigt la présence de bugs (plus précisément, la sauvegarde et les graphismes), le manque d’optimisation et des mécaniques de gameplay d’un autre temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Pour rappel, vous incarnerez Gabriel, un soldat devant accomplir une mission sacrée sur l’île maudite de Tormentosa. Votre sang servira à la fois à alimenter votre barre de vie et vos armes. Il vous faudra donc gérer avec soin l’emploi de cette ressource pour ne pas vous retrouver sans munition et à l’article de la mort face aux adversaires.

Du côté de la direction artistique, elle semble particulièrement soignée et imprégnée de la culture hispanique. Les environnements à explorer et le design de certains PNJ ou ennemis ont l’air plutôt réussi. Cependant, Crisol: Theater of Idols reste avant tout un jeu d’horreur, un genre qui a généralement tendance à privilégier la discrétion/fuite au détriment de l’action. Par conséquent, le gunplay paraît loin d’être impactant et ce sentiment est d’autant plus renforcé par nos adversaires, les statues animées, qui, comme nos amis les robots, semblent encaisser sans froncer un sourcil.

Si vous êtes intéressé par Crisol: Theater of Idols, vous pouvez vous le procurer sur Steam en bénéficiant de -10 % avec la promotion de lancement jusqu’au 24 février, soit moins de 16 €.

EDF signe un gros contrat pour fournir de l’électricité nucléaire à… un géant du nucléaire

11 février 2026 à 15:18

En pleine recherche de contrats pour sécuriser la vente de son électricité nucléaire sur les 10 prochaines années, EDF vient de valider une signature pour plus de 500 GWh/an. Une nouvelle encourageante dans un contexte post-ARENH complexe. 

C’est finalement logique : Orano vient de signer auprès d’EDF trois importants contrats, d’une durée de 10 ans, pour approvisionner en électricité ses différents sites tricolores. Au total, EDF devrait donc fournir près de 500 gigawattheures (GWh) d’électricité nucléaire par an à Orano, notamment au site Orano Recyclage qui est situé à La Hague, et dont la consommation annuelle est estimée à 560 GWh.

Ce contrat prend la forme d’un contrat d’allocation de production nucléaire (CAPN), dont l’objectif est de fournir à EDF des recettes stables pour les prochaines années, malgré la fin de l’ARENH. Ces contrats ont une durée souvent comprise entre 10 et 15 ans, avec des prix fixés à l’avance, et relatifs aux performances du parc nucléaire français, offrant ainsi une certaine visibilité financière aux industriels concernés.

À lire aussi Électricité nucléaire : comment fonctionne le VNU, remplaçant de l’ARENH ?

EDF tente de sécuriser ses recettes

Si ce contrat est porteur d’espoir chez EDF, la situation semblait mal embarquée au printemps 2025. À l’époque, sous la présidence de Luc Rémont, l’énergéticien français avait choisi une méthode agressive, tentant de faire signer de grands industriels dans la précipitation par le biais de systèmes d’enchères. Cette stratégie n’avait pas porté ses fruits. Depuis l’arrivée de Bernard Fontana, l’ambiance est à l’apaisement et les discussions bilatérales ont repris. Preuve de cette nouvelle dynamique, EDF en est à 19 contrats signés, dont 12 CAPN avec des industriels comme Aluminium Dunkerque, ArcelorMittal, Data4 ou encore Arkema.

Le match n’est pas gagné pour autant, car EDF n’a pas encore obtenu la moitié de l’objectif de 40 térawattheures (TWh) annuels fixé entre EDF et l’État en novembre 2023. Pour se donner le maximum de chances de réussite, EDF a décidé d’élargir l’accessibilité de son CAPN à toutes les entreprises dont les besoins sont supérieurs à 7 GWh/an. Cela représente des milliers de nouveaux clients potentiels.

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Générateur nucléaire sur la Lune : ce projet fou lève quasiment 1 million d’euros

Par : Hugo LARA
11 février 2026 à 15:06

La startup lettone Deep Space Energy a levé 930 000 € afin de poursuivre le développement de son générateur radioisotopique spatial. Cette mini centrale électrique doit permettre de produire de l’énergie destinée aux satellites stratégiques mais aussi, à plus long terme, à l’exploration lunaire.

Deep Space Energy développe un générateur électrique basé sur les radioisotopes, des matériaux nucléaires qui produisent de la chaleur par désintégration naturelle, ensuite convertie en électricité. Si le principe n’est pas nouveau, la solution conçue par cette entreprise lettonne aurait une efficacité supérieure : elle nécessiterait cinq fois moins de combustible radioisotopique qu’un générateur thermoélectrique (RTG) classique.

La technologie a été validée en laboratoire et vise des applications dans les secteurs de la défense et du spatial. Le générateur n’est pas conçu pour créer des armes à proprement parler, promet Deep Space Energy, mais pour alimenter des satellites stratégiques et des missions d’exploration spatiale de longue durée, sur la Lune, par exemple. La jeune société vient de récolter 930 000 €, répartis entre 350 000 € d’investissements privés et 580 000 € de fonds publics auprès de l’Agence spatiale européenne (ESA), de l’OTAN et du gouvernement letton.

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Utile pour les satellites militaires européens et l’exploration lunaire

La première application visée concerne les satellites stratégiques européens. Le générateur fournit une source d’énergie auxiliaire indépendante des traditionnels panneaux solaires. Cela permet une redondance pour les satellites de reconnaissance militaire, quelle que soit leur orbite. Ces satellites assurent des fonctions de défense cruciales, et notamment la détection de lancements de missiles ennemis.

À long terme, Deep Space Energy viserait la Lune, et ça ne lui fait pas peur. Son générateur radioisotopique serait capable de répondre aux besoins énergétiques des programmes d’exploration Artemis et Argonaut de la NASA et de l’ESA. Les rovers, ces véhicules qui permettent aux astronautes de se déplacer sur la Lune, pourraient être équipés.

En effet, sur notre satellite naturel, les températures nocturnes descendent sous -150 °C et les nuits durent environ 354 heures. Dans ces conditions, les rovers ne peuvent pas compter sur l’énergie solaire. Selon Deep Space Energy, leur générateur nucléaire nécessiterait 2 kg d’Américium-241 pour générer 50 W, contre environ 10 kg pour les systèmes RTG traditionnels. Un atout, alors que chaque gramme est compté sur de telles missions.

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Sa maison n’est pas cubique et insipide, MaPrimeRénov’ tente de raboter son aide

11 février 2026 à 13:58

Si la réouverture du guichet MaPrimeRénov’ est imminente, l’aide financière de l’État pour la rénovation énergétique des logements reste un monstre administratif qui en décourage plus d’un. Exemple type d’un système rigide et parfois difficilement accessible, une famille bretonne a mis plus d’un an à toucher sa prime. 

MaPrimeRénov’, le programme d’aide à la rénovation assuré par l’État, est devenu un oiseau rare, et en profiter relève de plus en plus de l’exploit. Outre le fait que l’aide ne soit plus accessible toute l’année, faute de budget suffisant, son traitement automatisé ne pardonne aucune erreur, et l’histoire de cette famille bretonne en est le parfait exemple.

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Un casse-tête pour certaines maisons

Propriétaire d’une maison depuis deux ans, cette famille a souhaité améliorer l’efficacité énergétique du logement en isolant les combles. Dans le plus pur esprit néo-breton, l’étage de cette maison est situé sous la toiture avec des chiens-assis et autres velux en guise d’ouverture. De ce fait, il est considéré comme des combles aménagés. Or, cette configuration pose vraisemblablement problème auprès de MaPrimeRenov, puisque la partie verticale des murs de l’étage donnant sur l’extérieur n’est pas considérée comme des rampants aux yeux de l’organisme, alors qu’elle a bien été isolée en tant que telle.

Résultat : la famille en question a vu son aide financière divisée par deux, pour passer des 1500 € prévus à seulement 800 €, sur un total de 3 900 €. Malgré un recours, et le passage d’un contrôleur mandaté par l’Agence nationale de l’Habitat (Anah), il aura fallu un an à la famille pour obtenir gain de cause et finalement toucher l’entièreté de l’aide prévue. Il semblerait que cette caractéristique architecturale soit souvent l’objet de litiges entre les propriétaires et l’Anah, ce qui constitue malheureusement une raison de plus de se décourager face à l’ogre administratif qu’est devenu MaPrimeRénov’.

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MaPrimeRénov’ est de retour

Malgré ces difficultés, le programme d’aide est souvent l’une des seules manières, pour les propriétaires, de financer des travaux énergétiques souvent coûteux. D’ailleurs, son guichet devrait rouvrir, quelques jours après que la loi du budget ait été finalement adoptée. Les quelque 83 000 dossiers bloqués depuis fin 2025 devraient donc être pris en charge en priorité tandis que d’autres ménages pourront déposer leur dossiers.

Désormais, les travaux d’ampleur seront conditionnés par un rendez-vous personnalisé obligatoire avec un conseiller France Renov’. Cette année, le budget de l’État pour MaPrimeRénov’ atteint les 3,6 milliards d’euros. L’Anah vise 150 000 rénovations par geste, et 120 000 rénovations globales.

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Morph TCG

11 février 2026 à 08:24
Si vous vous êtes déjà penchés sur l’interview de ma collègue Untitled, vous savez que Léandre Proust est un grand spécialiste des bizarreries sympathiques (et si ce n’était pas le cas, c’est chose faite). Aujourd’hui, le bonhomme propose un concept qui va encore plus loin. Un jeu de cartes… sans illustrations.

Au café libre - « Libre à vous ! » du 27 janvier 2026 - Podcasts et références

11 février 2026 à 08:26

Deux-cent-soixante-septième émission « Libre à vous ! » de l’April. Podcast et programme :

  • Sujet principal : Au café libre, débat autour de l’actualité du logiciel libre et des libertés informatiques (avec Benjamin Bellamy, Bookynette et Pierre Beyssac)
  • La chronique de Benjamin Bellamy : « Cassandre, ou l’Aporie des GAFAMs »
  • La pituite de Luk : « Informatique totalitaire »

Rendez‐vous en direct chaque mardi de 15 h 30 à 17 h sur 93,1 FM en Île‐de‐France. L’émission est diffusée simultanément sur le site Web de la radio Cause Commune.

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L'une des plus puissantes explosions de l'univers stocke un peu de son excédent d'énergie sous la forme d'énergie potentielle dans les noyaux lourds q...

Tristan K. @tristankamin.bsky.social replied:
L'une des plus puissantes explosions de l'univers stocke un peu de son excédent d'énergie sous la forme d'énergie potentielle dans les noyaux lourds qu'elle crée.
Et on libère cette énergie des quelques uns de ces noyaux lourds qui nous sont parvenus.

Au passage : la maîtrise de la fission nucléaire est donc la capacité à inverser l'un des phénomènes ayant cours dans une kilonovae. Excusez du peu.

Tristan K. @tristankamin.bsky.social posted:
Au passage : la maîtrise de la fission nucléaire est donc la capacité à inverser l'un des phénomènes ayant cours dans une kilonovae. Excusez du peu.

Quoted post from Astropierre @astropierre.com:
3/

Les kilonovae sont légèrement différentes. Elles se produisent lors de la collision de deux étoiles à neutrons, produisant des éléments lourds comme l'or ou l'uranium.

Elles peuvent être détectés grâce aux ondes gravitationnelles qu'elles provoquent et grâce à la lumière que l'explosion émet.

Perfect Tides : Station to Station

11 février 2026 à 07:00
Il ne faut pas forcément avoir été un adolescent dans les années 2000, perdu au beau milieu de l’effervescence d’une grande ville pour apprécier le point & click Perfect Tides : Station to Station. Après tout, qu’y a-t-il de plus universel qu’un récit sur le passage à l’âge adulte, qui parle de l'amour, de la mort et du sentiment de ne pas être exactement à sa place ?

Réanimer les cœurs de ville

11 février 2026 à 06:00

Des vitrines qui ferment. Des rues qui se vident. Les centres-villes, petit à petit, s’endorment. Un déclin que commerçants et élus tentent désespérément d’endiguer à coups de subventions ou d’opérations de com’. Sans jamais s’attaquer au fond du problème : faire revenir les clients.

Si les commerces étouffent, c’est principalement à cause du développement des plateformes digitales et des baux commerciaux trop élevés, dit-on. Certes. Mais on oublie trop souvent qu’un centre-ville ne vit que parce que des consommateurs s’y rendent. Comme un centre commercial, sa puissance dépend de son attractivité, du nombre de clients qu’il touche. Il lui faut donc une importante population en capacité d’y accéder facilement, régulièrement et dans des conditions agréables : ce sont les habitants qui consomment au quotidien, les actifs qui travaillent dans le secteur et les visiteurs qui s’y rendent pour du shopping, des sorties, des loisirs. Or, ces conditions ne sont aujourd’hui plus remplies.

Quand la ville se vide… d’habitants

Historiquement, les centres-villes étaient le premier lieu d’habitation, de vie, d’échanges. Ce n’est plus le cas. Entre 1960 et 1990, le développement des zones périurbaines et avec elles, de quartiers plus accessibles et surtout moins chers, a entraîné le déplacement d’une partie non négligeable des urbains. Aujourd’hui, la population des quatre premiers arrondissements de Paris représente 30 à 40 % de ce qu’elle était il y a un siècle ! Le constat est clair : le logement intra-muros n’est plus compatible avec les contraintes et attentes contemporaines.

Où sont passés les actifs ?

La ville a toujours été un pôle d’attractivité économique. Mais les actifs aussi se sont déplacés vers la périphérie en réponse à la hausse des loyers des bureaux (sans rappeler le départ des industries il y a longtemps déjà), aux difficultés d’accès, aux nouvelles normes. Les premiers à fuir sont l’État et les collectivités. Par exemple, à Orléans, ce sont 5 000 emplois qui ont été déplacés avec le nouvel hôpital. À Strasbourg, près de 1 000 agents de police ont été relocalisés en bordure de voie rapide, loin des quais historiques. Près de 10 000 emplois administratifs ont suivi le regroupement des services du ministère de la Défense vers le site Balard. Ce sont des flux perdus, une masse de consommateurs qui a soudainement abandonné les commerces voisins. S’il subsiste parfois quelques « mairies-vitrines », pour les cérémonies notamment, elles ne parviennent pas à compenser ces départs.

Où est-ce qu’on se gare ?

En plus des habitants et des emplois, la taille de la clientèle d’une ville comprend les visiteurs occasionnels : banlieusards faisant leurs courses et clients venant d’un peu plus loin. Se pose alors la question de l’accessibilité des cœurs de ville. Au-delà des débats sur la voiture et la ville, force est de constater que les politiques mises en place pour entraver la circulation automobile ont considérablement compliqué l’accès et donc contracté l’économie du secteur. Mis à part dans quelques villes, l’offre en mobilités collectives n’a pas suivi, ou pas assez bien (amplitudes horaires, soirée / nuit, continuité des lignes…) : se déplacer devient tout de suite contraignant. De plus, ces nouveaux modes de déplacement modifient la manière de consommer : sans coffre, on achète plus léger, moins encombrant. En d’autres termes, l’évolution de la mobilité transforme la structure commerciale et l’économie des centres-villes.

La disneylandisation de la ville

De toutes les clientèles, le tourisme international est le moins pénalisé. Ainsi son poids économique se renforce, par l’affaiblissement des autres clientèles, entraînant là aussi une modification importante du tissu commercial. Encore cela ne vaut-il que pour les métropoles à dimension internationale, au premier rang desquelles on retrouve bien sûr Paris. Les villes moyennes, elles, subissent une perte sèche.

Pourquoi sortir quand on peut scroller ?

Si le e-commerce n’est pas la cause première de la désertification des centres-villes, son avènement joue le rôle d’accélérateur. Chacun a désormais le pouvoir de consommer ce qu’il veut, quand il veut, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, en quelques clics. Aussi, quand la taille de la clientèle baisse, que générer du flux devient plus difficile et que de l’autre côté, le catalogue digital est disponible à toute heure de la journée ou de la nuit, le résultat est sans appel. Le client n’est plus captif de la ville. Moins attractive, elle doit réinventer sa capacité de séduction. Avant, y venir était une nécessité. Désormais le commerce de ville doit justifier son utilité.

Se balader… en paix

Les acteurs du commerce parlent d’expérience d’achat. La ville obéit au même impératif. L’expérience de la ville commerçante doit mobiliser les acteurs pour faire vivre au client un moment agréable. Or la situation est souvent loin d’être idéale : transports en commun dégradés, poubelles débordantes, rues taguées, incivilités sont courants. Alors que tout est disponible depuis son canapé, personne n’a envie de venir dans une ville s’il s’y sent mal à l’aise. Si l’on souhaite inciter les gens à revenir en ville, il faut d’urgence répondre concrètement à ce sentiment d’insécurité.

Une politique commerciale de la ville

Les politiques publiques ont changé la ville et dégradé sa commercialité. Constatant la situation, les municipalités investissent souvent pour compenser les effets sans traiter les causes. Ainsi certaines détiennent d’importants parcs de locaux commerciaux et prétendent définir l’offre, ce qui n’est pas leur métier et encore moins leur compétence.

Revivifier un centre-ville, ce n’est pas « sauver des boutiques ». C’est reconstruire une mécanique de flux, donc de zone de chalandise, donc d’accès, donc de sécurité, donc d’envie. Tant qu’on traitera le commerce comme un sujet isolé, on continuera à constater la vacance et à déplorer la décommercialisation. À l’inverse, si l’on accepte de regarder les causes structurelles – même quand elles sont difficiles à entendre – alors on peut reprendre la main. Rien n’est figé. Une ville vit de flux, et le flux se mérite.

Le commerce n’a pas tant besoin d’aides que des conditions de son épanouissement.

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