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Réchauffement climatique : dans le monde, seule la Gambie est dans les clous de l’accord de Paris

17 septembre 2021 à 11:27
rechauffement climatique seule gambie dans clous accord paris - L'Energeek

A moins de deux mois de la COP26 de Glasgow, à l’importance sans doute déjà décisive, l’ONG Climate Action Tracker publie, ce 16 septembre 2021, un bilan des politiques climatiques mises en œuvre par 35 pays et l’Union Européenne, en terme de mesures effectives et d’objectifs. Or, un seul suit la trajectoire d’un réchauffement climatique sous les 1,5°C à la fin du siècle, comme promis par l’accord de Paris : la Gambie – qui représente 0,0016% des émissions mondiales de CO2 en 2019 ! Union Européenne et Etats-Unis sont classés dans les politiques “insuffisantes”, Chine et Inde dans les “hautement insuffisantes”, la Russie dans les “critiquement insuffisantes”.

Les politiques mondiales sont aujourd’hui insuffisantes pour maintenir le réchauffement climatique sous les 1,5°C

La COP26 se tiendra début novembre 2021 à Glasgow, au Royaume-Uni. Reportée d’un an pour cause de pandémie de Covid-19 (elle aura donc lieu deux ans après la COP25) son importance n’en est que plus cruciale. C’est en effet à cette échéance que les différents Etats signataires de l’Accord de Paris doivent présenter leurs feuilles de route pour tenir l’objectif mondial de limiter le réchauffement climatique sous les 1,5°C.

Mais, alors même que les signaux d’alarme se multiplient, tant par la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes que via des études toujours plus accablantes sur l’urgence à agir, comme le dernier grand rapport du Giec, les politiques des Etats du monde demeurent drastiquement insuffisantes.

C’est la conclusion de la dernière analyse de l’ONG Climate Action Tracker, publiée ce 16 septembre 2021. L’étude porte sur 35 pays du monde ainsi que l’Union Européenne dans son ensemble. L’analyse inclue certes des « petits » pays en terme de taille et d’émission de CO2 (Nepal, Singapour, Costa Rica, Ethiopie…), mais tous les plus gros pollueurs sont là aussi. Au total, les Etats pris en compte représentent 80% des émissions mondiales.

L’ONG a ensuite classé ces différents Etats en fonction de l’adéquation entre, d’une part, les mesures prises et les objectifs ayant force de loi sur l’urgence climatique, et, d’autre part, la nécessité de ne pas dépasser un réchauffement climatique de 1,5°C depuis l’ère pré-industrielle.

Réchauffement climatique : pour respecter l’accord de Paris, l’échéance de 2030 est la plus stratégique

Au final, un seul Etat passe le test de Climate Action Tracker, et disposerait donc d’une politique compatible avec l’Accord de Paris, la Gambie. Soit un pays ayant émis 592 000 tonnes de CO2 en 2019. Soit… 0,0016% des 36,8 milliards de tonnes d’émissions mondiales liées à la combustions des énergies fossiles et à la fabrication du ciment…

Suivent ensuite les pays aux politiques « presque suffisantes ». Le Royaume-Uni y est le seul pollueur de très grande importance, aux cotés du Maroc, du Nigeria ou du Kenya. Les Etats-Unis et l’Union Européenne mènent le groupe des pays aux politiques jugées « insuffisantes » – même si le rapport salue le fait que ces deux géants ont récemment opté pour des politiques beaucoup plus ambitieuses. On retrouve aussi dans ce groupe le Japon, la Norvège, l’Afrique du Sud ou le Chili.

La Chine, devenu depuis plusieurs années le plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre (27% du total), mène, selon Climate Action Tracker, une politique de réduction carbone « hautement insuffisante », tout comme plusieurs autres géants démographiques ou économiques, comme l’Inde, le Brésil, l’Australie, la Corée du Sud, l’Indonésie ou le Mexique. L’ONG pointe enfin cinq Etats aux politiques « critiquement insuffisantes ». La Russie est en tête de ces mauvais élèves, aux cotés de l’Iran, de l’Arabie Saoudite, de la Thaïlande et de Singapour.

Climate Action Tracker insiste par ailleurs sur la nécessité d’agir vite, à échéance courte ou moyenne. En effet, si de très nombreux pays se sont donnés un objectif de neutralité carbone en 2050, « l’échéance la plus importante est celle de 2030, date à laquelle les émissions globales doivent avoir été réduites de 50 %. Les gouvernements sont mal partis pour l’atteindre », critique le rapport.

Le texte souligne d’ailleurs que de trop nombreux objectifs de neutralité carbone sont flous et vagues. Or, et c’est tout l’enjeu de la prochaine COP, le monde a besoin d’objectifs à court terme, précis, clair et contraignants.

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Transition énergétique : la CJUE protège les Etats de l’UE souhaitant sortir des combustibles fossiles

15 septembre 2021 à 07:56
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La transition énergétique impose aux Etats de tourner le dos aux combustibles fossiles. Mais ces choix imposent de rompre unilatéralement des contrats en cours avec des fournisseurs ou producteurs d’énergie. En vertu du Traité sur la charte de l’énergie (TCE), signé notamment par l’Union Européenne, ces industriels peuvent alors demander une réparation du préjudice subi aux Etats. Ce 14 septembre 2021, un article annonce que la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a jugé que ce dispositif n’est « pas applicable » entre investisseurs et Etats de l’Union Européenne.

Le Traité sur la charte de l’énergie (TCE), qui protège les investissements énergétiques à l’étranger, peut imposer de fortes amendes aux Etats en pleine transition énergétique

La question est certes extrêmement technique, mais elle s’avère cruciale dans l’optique de la transition énergétique de l’Union Européenne. En effet, à la fin de la guerre froide, l’Union Européenne a mis en place le Traité sur la charte de l’énergie (TCE), pour créer un cadre juridique contraignant sur les marchés de l’énergie entre l’Union, les pays de l’Est de l’Europe et les anciennes républiques soviétiques, dont la Russie.

Le traité regroupe aujourd’hui une cinquantaine de pays. Il vise notamment à protéger les investissements d’industriels hors de leur territoire. Une entreprise peut donc attaquer un Etat si elle juge que de nouvelles lois et réglementations portent préjudices à ses investissements énergétiques.

Depuis l’entrée en vigueur du TCE, la procédure arbitrale a été utilisé 130 fois, dont 88 dans l’Union Européenne. Les affaires jugées ou en passe de l’être représentent des charges importantes, de l’ordre de 85 milliards de dollars (72 milliards d’euros) pour les Etats poursuivis.

Or, ce dispositif est désormais utilisé par des producteurs ou fournisseurs d’énergie pour attaquer des Etats mettant en œuvre une transition énergétique pour limiter ou interdire l’usage des combustibles fossiles.

Le dernier exemple en date est la saisie, par RWE, deuxième fournisseur d’énergie en Allemagne, du Centre International pour le règlement des différends relatifs aux investissement (CIRDI), un organisme dépendant de la Banque mondiale. En invoquant le TCE, l’énergéticien réclame aux Pays-Bas une compensation pour le préjudice lié au choix du pays, acté fin 2019, de sortir du charbon plus rapidement que prévu, et donc de fermer prématurément cinq centrales de RWE.

La CJUE juge que l’arbitrage prévu par le TCE « n’est pas applicable » entre un investisseur et un Etat membres de l’UE

Ces décisions de justice sont de nature à freiner la mise en place de politiques de transition énergétique ambitieuses, alors même que l’urgence climatique impose une action rapide. Elles entrent d’ailleurs en contradiction avec le Green New Deal adopté par l’Union Européenne.

Ce 14 septembre 2021, un article de nos collègues des Echos met en évidence un arrêt de la CJUE sur ce sujet, début septembre 2021. Cet arrêt juge que le dispositif d’arbitrage prévu par le TCE « n’est pas applicable » dans le cas d’un litige opposant un Etat membre de l’UE à un investisseur d’un autre Etat membre de l’UE. En pratique, cela signifierait par exemple que RWE ne peut plus attaquer les Pays-Bas.

Cette décision de la CJUE « tend à désactiver les effets néfastes du traité sur le plan climatique», se félicite Pascal Canfin, président de la Commission environnement du Parlement européen. Pour autant, il note que cet arrêt « relève d’un arbitrage », et n’est donc « pas un jugement ».

Cela signifie que la compétence de la CJUE pourrait être contestée. De plus, l’application de l’arrêt reste limitée aux investissements entre pays de l’UE (qui représentent 81% des investissements protégés par le TCE) : «Il est toujours possible de contourner l’arrêt de la CJUE. Il suffit que que l’entité qui attaque un Etat européen ne soit pas basée sur le territoire de l’UE, mais en dehors de celle-ci, par exemple au Canada ou aux Etats-Unis», note Pascal Canfin.

Le président de la Commission environnement du Parlement européen milite donc pour une sortie collective de l’Union Européenne du TCE, afin d’éviter tout risque, et protéger les politiques de transition énergétique. Il estime ce chemin praticable, mais semé d’embuches. En attendant, la décision du CIRDI sur le litige RWE-Pays-Bas risque d’être scruté, pour savoir s’il prendra en compte, ou non, cet arrêt de la CJUE.

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L’ONU se félicite de la fin de l’essence au plomb… et alarme sur la pollution du transport automobile

1 septembre 2021 à 07:11
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Ce lundi 30 août 2021, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) a annoncé que le dernier pays du monde à commercialiser de l’essence au plomb, l’Algérie, avait épuisé ses derniers stocks. Le PNUE profite de cette annonce pour rappeler les ravages de la pollution liée à la combustion de l’essence dans le monde, tant sur la santé humaine que sur le changement climatique.

Le PNUE annonce que l’humanité a (enfin) cessé d’utiliser de l’essence au plomb

Trois semaines après la publication du très alarmant dernier rapport du Giec sur le climat, le PNUE a annoncé, ce 30 août 2021, la fin de la commercialisation de l’essence au plomb dans le monde, le dernier pays à proposer ce carburant hautement polluant, l’Algérie, ayant épuisé ses stocks le mois dernier.

“L’application réussie de l’interdiction de l’essence au plomb constitue une étape majeure pour la santé dans le monde et pour notre environnement”, a commenté Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

Il a fallu plus de 20 ans pour que l'essence au plomb soit éliminée à travers le monde.

Voici comment cela s'est passé

— Programme des Nations Unies pour l’environnement (@UNEP_Francais) August 31, 2021

Le PNUE avait lancé un grande campagne mondiale visant à mettre fin à l’utilisation de l’essence au plomb en 2002. A cette date, ce carburant, responsable de morts prématurées, de graves dommages sur la santé et d’une pollution de l’air et des sols bien supérieure aux carburants sans plomb, était encore utilisé dans une centaine de pays dans le monde, essentiellement des pays à faibles revenus.

Les premières études démontrant la toxicité de l’essence au plomb remontent à 1924, mais, dans les années 1970, la quasi-totalité de l’essence commercialisée utilisait encore ce dangereux additif. La lutte a été lente et progressive, mais l’ONU a fini par obtenir une interdiction dans le monde entier.

Les transports pèsent un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre de l’énergie

Le rapport du PNUE élargit ensuite le point de vue à la lutte actuelle contre le changement climatique et notamment contre l’utilisation des combustibles fossiles, notamment pour la traction automobile. Les Nations Unies rappellent ainsi que “le secteur des transports est responsable de près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre liées à l’énergie et devrait augmenter d’un tiers d’ici 2050”, avec plus de 1,2 milliards de nouveaux véhicules mis sur le marché d’ici cette échéance.

Le PNUE pointe en particulier la vente de véhicules d’occasion vers des pays à faibles revenus et venant d’Europe, des Etats-Unis ou du Japon, car ils ne correspondent plus aux normes sanitaires de ces pays – une pratique à abandonner au plus vite selon les responsables onusiens.

Le PNUE rappelle aussi que l’abandon de composants hautement polluants, outre ses effets positifs d’un point de vue climatique, permet d’améliorer la santé humaine, et réduit ainsi considérablement les dépenses de santé mondiale. Le rapport estime notamment que continuer d’utiliser l’essence au plomb aurait occasionné des dépenses supplémentaires mondiales estimées à 2 440 milliards de dollars (2 034 milliards d’euros).

Si nous pouvons éliminer progressivement l’un des combustibles polluants les plus dangereux du XXe siècle, nous pouvons éliminer absolument tous les combustibles fossiles”, a conclu, optimiste, Inger Andersen.

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Transition énergétique : l’hydrogène « bleu » serait une impasse

19 août 2021 à 07:13
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 Ce 18 août 2021, la très sérieuse revue Energy Science & Engineering a publié une étude sur l’impact carbone de l’hydrogène « bleu », c’est à dire produit avec du gaz naturel et une captation du CO2. Selon les chercheurs, le bilan carbone de cette technologie n’est pas suffisamment différente de l’hydrogène « gris » pour qu’elle présente un intérêt dans une transition énergétique.

Quelles émissions pour l’hydrogène « bleu », produit avec du gaz naturel et un captage du carbone ?

L’hydrogène a de grandes chances d’être un maillon essentiel de la transition énergétique. En effet, pour certains usages, notamment industriels ou dans le transport (aérien, maritime, camions…), c’est la seule source d’énergie pouvant apporter assez de puissance instantanée pour concurrencer les énergies fossiles.

Pour autant, le problème de l’hydrogène est qu’il ne s’agit pas d’une source d’énergie, mais d’un moyen de stocker une énergie produite par ailleurs. La majeure partie de l’hydrogène sous pression est aujourd’hui produit par reformage à la vapeur (vaporeformage) du méthane dans le gaz naturel (hydrogène dit « gris »), une technologie qui émet énormément de CO2.

La meilleure solution climatique serait de le produire à l’aide d’électricité bas carbone, par électrolyse de l’eau – hydrogène dit « vert ». Mais certains industriels et décideurs mettent en avant une autre solution : celle de l’hydrogène dit « bleu », qui couple le vaporeformage du gaz naturel à diverses technologies de captage de CO2, qui permet de le stocker ou de le réutiliser.

Cette technologie est présentée comme plus « verte », car n’émettant pas de CO2 lors de la production de l’hydrogène. Actuellement, seules deux installations fournissent de l’hydrogène « bleu », l’une en Alberta (Canada), opérée par Shell, l’autre au Texas (Etats-Unis), opérée par Air Products.

Pour se faire une idée de l’intérêt de cet hydrogène « bleu » dans le cadre d’une transition énergétique, une équipe de chercheurs a décidé d’étudier ses émissions totales. L’étude, baptisée How green is blue hydrogen ? a été publiée, ce 18 août 2021, après avoir été relue par des pairs (gage de sérieux d’un article scientifique) dans la revue Energy Science & Engineering, spécialisée dans la recherche sur la transition énergétique.

« L’utilisation de l’hydrogène bleu semble difficile à justifier sur le plan climatique »

Les chercheurs sont partis de l’hypothèse que le CO2 pourra être stocké indéfiniment, une hypothèse, selon leurs propres mots, « optimiste et non prouvée ». Ils partent donc du principe d’émissions de CO2 nulles pour l’étape de production de l’hydrogène.

Mais l’équipe de recherche a également mis dans la balance les émissions de CO2 de l’extraction et du transport du gaz naturel, et les fuites de méthane lors de la production, qui sont plus importantes dans le cas d’utilisation d’un procédé de captage du carbone (hydrogène « bleu ») que dans le cas d’un reformage classique (hydrogène « gris »). Ils ont ensuite ramené ces émissions de méthane à leur équivalent en CO2, en terme d’impact sur le changement climatique sur 20 ans. Puis ils ont étudié deux hypothèse de taux de fuite de méthane.

La première, qui leur semble la plus réaliste, est de 3,5 % de fuites de méthane. Dans ce cas, les émissions de CO2 de l’hydrogène « bleu » ne sont que de 9 % à 12 % inférieures à celle de son équivalent « gris ». Plus étonnant encore, relèvent les chercheurs, « l’empreinte de gaz à effet de serre de l’hydrogène bleu est de plus de 20 % supérieure à celle de la combustion de gaz naturel ou de charbon pour le chauffage ».

Dans l’hypothèse, plus optimiste, de 1,54 % de fuites de méthane, les émissions de l’hydrogène bleu ne seraient que de 18 à 25 % inférieures à celle de l’hydrogène gris. Sachant que mettre en place des procédés de captage de carbone est une opération industrielle lourde, qui impose d’importants investissements (avec leurs lots d’émissions de gaz à effet de serre), voire la création de nouvelles unités de production, et sachant que les chercheurs sont partis d’hypothèses plutôt optimistes en faveur de cette technologie, ils estiment au final que « l’utilisation de l’hydrogène bleu semble difficile à justifier sur le plan climatique ».

« Au mieux, c’est une distraction qui pourrait retarder les actions nécessaires pour vraiment décarboner l’économie mondiale », conclue l’étude sans aucune ambiguïté.

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Changement climatique :l’action à court terme devient indispensable, selon le dernier rapport du Giec

10 août 2021 à 07:44
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Ce lundi 9 août 2021, le Giec a publié la première partie de son nouveau rapport sur le changement climatique. Le constat est aussi accablant qu’inquiétant : il pointe l’ampleur des changements en cours et, surtout, se montre beaucoup plus précis sur les risques encourus. Il alerte surtout sur la nécessité absolue de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre dès la prochaine décennie. Une façon de mettre la pression sur le politique, à quelques semaines de la prochaine COP.

Le sixième rapport du Giec pointe l’étendue du changement climatique et de l’avenir sombre qui attend la planète

A trois mois de la COP 26, qui se tiendra début novembre 2021 à Glasgow, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a présenté, ce 9 août 2021, la première partie de son sixième rapport d’évaluation, 7 ans après le cinquième, publié en 2014. C’est sans doute celui dont l’importance est la plus cruciale car il est possible, en cas d’inaction politique, qu’il soit  déjà trop tard pour agir à la publication du septième rapport.

Cette première partie se concentre sur les constats (implacables) de la réalité du changement climatique, sur les risques d’événements climatiques extrêmes à court terme, et, surtout, sur la nécessité d’agir rapidement pour éviter le pire.

Le rapport commence par évacuer toute ambigüité : oui, les activités humaines sont à l’origine des changements observés, avec certitude, et notamment de la forte concentration de CO2 dans l’atmosphère, à son plus haut niveau depuis 2 millions d’années. Plus inquiétant :  le rythme d’émissions des gaz à effet de serre reste soutenu.

« Nous ajoutons environ 40 milliards de tonnes métriques de pollution au CO2 dans l’atmosphère par an (43 milliards en 2019). ​C’est une montagne de carbone que nous extrayons de la Terre, brûlons et rejetons. Si nous voulons éviter un changement climatique catastrophique, la priorité absolue doit être de réduire la pollution par le CO2 à zéro le plus tôt possible », expose dans le rapport Pieter Tans, chercheur à l’observatoire de la surveillance mondiale de dioxyde de carbone.

Une lueur d’espoir en cas d’action climatique prompte et mondiale

Le réchauffement climatique continue ainsi d’approcher du seuil fatidique des 1,5 °C par rapport au début de l’ère industrielle : « En 2011-2020, la température à la surface du globe était supérieure de 1,09 °C [avec une marge de 0,95 à 1,20] ​à celle du début de l’ère industrielle (1850-1900) », expose le rapport. A noter : la température sont plus élevées sur les terres que dans les océans, et augmente même deux fois plus vite dans l’Arctique.

Les conséquences de cette hausse des températures sont malheureusement connues : fonte des glaciers provoquant une hausse du niveau des eaux, évènements climatiques extrêmes, vagues de chaleur meurtrières, pour l’homme, la biodiversité et l’agriculture… « Des événements extrêmes […] qui se produisaient auparavant une fois tous les 100 ans pourraient se produire chaque année d’ici la fin de ce siècle », s’alarme le rapport.

Le Giec présente aussi le détail du plan de bataille pour éviter la catastrophe. Là encore, le ton s’est durci, et le rapport pointe la nécessité d’agir à court terme. «  Ce qui est clair dans ce rapport, c’est que sans une réduction immédiate, rapide et à large échelle des émissions de gaz à effet de serre, limiter le réchauffement à 1,5 degré sera hors d’atteinte  », résume Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue française et présidente du premier groupe du GIEC depuis 2015.

Le contenu alarmiste du rapport du Giec ne surprend pas Emilie Gaillard, spécialiste du climat. "Cela fait 30 ans que ces signaux alarmistes et alarmants sont donnés", souligne la chercheuse. pic.twitter.com/4DbPcOKxpB

— TV5MONDE Info (@TV5MONDEINFO) August 9, 2021

Donc non seulement l’humanité doit conserver l’objectif de neutralité carbone pour 2050 (de nombreux pays se sont déjà engagé sur cet objectif), mais les émissions doivent impérativement commencer à baisser dès la prochaine décennie. Un rythme d’émissions trop soutenu à court terme pourrait en effet rendre certains phénomènes irréversibles, et lancer le grand emballement. Les politiques actuelles vont malheureusement dans ce sens. Une action rapide, en revanche, pourrait permettre de limiter le réchauffement climatique sous les 1,5°C.

Ce rapport tombe au meilleur moment, pour mettre une pression maximale sur les décideurs politiques, afin que les décisions de la COP 26 relèvent, enfin, les ambitions climatiques des Etats du monde. Le prochain trimestre pourrait bien, de ce point de vue, être décisif pour l’avenir de l’humanité.

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Cambodge : les débuts de l’exploitation de pétrole se soldent par un échec

3 août 2021 à 12:22
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Désireux de devenir producteur de pétrole, le Cambodge a inauguré, à la fin de l’année 2020, son premier puits off-shore, au large de Sihanoukville, dans le sud du pays. Ce 1er juillet 2021, le premier ministre cambodgien Hun Sen a admis que ce projet était un « échec », la production insuffisante, plus de 7 fois plus faible que prévue, a même provoqué la faillite de la société exploitant le puits.

Le premier champ de pétrole off-shore du Cambodge est un « échec »

Les rêves de pétrole du Cambodge vont-ils s’envoler en fumée ? La première tentative d’exploitation d’or noir du pays est, en tout cas, un « échec », comme l’a reconnu le premier ministre cambodgien, Hun Sen, ce dimanche 1er juillet 2021.

En 2017, le lancement du premier projet de pétrole off-shore, dans le golfe de Thaïlande, au large du port de Sihanoukville, avait rendu les responsables politiques locaux ambitieux. Le gouvernement estimaient à l’époque que le premier puits du pays, dans le champ pétrolifère d’Apsara, pouvaient apporter des recettes annuelles s’élevant à au moins 500 millions de dollars.

L’enthousiasme était toujours de mise, le 29 décembre 2020, à la mise en service du puits. “A l’approche du Nouvel An 2021, nous avons un grand cadeau pour notre nation – c’est le premier pétrole produit dans notre pays”, avait déclaré le premier ministre Hun Sen.

Le 9 juin 2021, la première goutte de pétrole off-shore extraite du puits d’Apsara a été déposée dans un musée au sein du Win Win Memorial. Ironiquement, cette cérémonie (à laquelle Hun Sen n’a pas assisté) a eu lieu 5 jours seulement après la demande de mise en liquidation de KrisEnergy, la société exploitant le champ de pétrole d’Apsara.

La société exploitant le puits mise en liquidation

En effet, la production s’est avérée plus de 7 fois inférieure aux 7 500 barils par jour escomptés. Le manque de liquidité a donc empêché KrisEnergy de rembourser ses dettes, poussant la société vers la faillite. Hun Sen l’a d’ailleurs reconnu ce 1er août 2021 : “En fin de compte, on a extrait un millier de barils par jour. Et maintenant, la société est en faillite”, a admis le premier ministre.

Reste à savoir si ce coup d’arrêt sera définitif, ou s’avérera un simple contre-temps. Tout dépend probablement du résultat d’un conflit avec la Thaïlande. Les deux pays revendiquent en effet la souveraineté sur une vaste zone de 26 400 km² à l’ouest du champ pétrolifère d’Apsara, qui recèle de très importantes réserves de pétrole. Cambodge et Thaïlande ont accordé séparément des droits d’exploitation à plusieurs multinationales du pétrole, dont ConocoPhillips, Chevron, Total, ou Shell.

La Royal Dutch Shell a justement annoncé, ce 2 août 2021, qu’elle allait céder (probablement à des acteurs locaux) ses actifs dans sa filiale nigériane Shell Petroleum Development Company of Nigeria Limited (SPDC), qui contrôle un tiers de l’exploitation du pétrole du Nigeria. Cette décision acte le peu de rentabilité actuelle du pétrole du golfe du Niger à l’international.

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Les énergies renouvelables thermiques : un potentiel pour le bâtiment

26 juillet 2021 à 16:51
Les énergies renouvelables thermiques : un potentiel pour le bâtiment

Le secteur du bâtiment est l’un des plus énergivores. En France, il pèse pour environ 50% de la consommation totale d’énergie finale. Il émet aussi près de 25% des émissions de gaz à effet de serre. Le gouvernement a fait de la rénovation énergétique une de ses priorités. Et la question des énergies renouvelables est au cœur de la stratégie de rénovation des bâtiments. Mais quelle énergie renouvelable choisir ? En parallèle de l’électricité verte, les énergies renouvelables thermiques cherchent à faire la preuve de leur performance pour assurer l’avenir énergétique du bâtiment.

Les énergies renouvelables thermiques : quelles sont-elles ?

On parle d’énergies renouvelables thermiques pour désigner des sources d’énergies vertes qui régulent la température d’un bâtiment et servent aussi à chauffer l’eau sanitaire. Les consommateurs français ont appris à connaître certaines d’entre elles. C’est notamment le cas de la biomasse et de la géothermie. Pourtant, d’autres sources telles que la géo-énergie ou le solaire thermique restent moins répandus sur notre territoire. Malgré leur potentiel, ces énergies renouvelables thermiques peinent à trouveur leur public.

Mais leur relative confidentialité pourrait bien changer. Les objectifs de la loi de transition énergétique pour la croissance verte sont clairs. D’ici 2030, les énergies renouvelables devront assurer 38% de la consommation finale de chaleur en France. Pour atteindre cet objectif, le secteur du bâtiment va devoir déployer plus de solutions pour assurer sa performance énergétique. Et les énergies renouvelables thermiques ont peut-être enfin l’occasion de faire leurs preuves.

Le solaire thermique : l’énergie solaire tout confort

Contrairement à l’énergie solaire photovoltaïque, l’énergie solaire thermique ne capte pas les rayons du soleil pour produire de l’électricité. A la place, elle la convertit en énergie calorifique. Cette source d’énergie renouvelable alimente le bâtiment en chaleur et en eau chaude sanitaire.

L’ADEME est un des soutiens les plus dynamiques au solaire thermique. L’Agence promeut notamment l’adoption du chauffe-eau solaire individuel dans le cadre des crédits d’impôts à la transition énergétique et du Fonds Chaleur. Et la promotion de l’ADEME s’avère payante. En 2020, malgré la crise sanitaire, le chauffe-eau solaire a connu une augmentation de +8% de ses ventes par rapport à 2019. Sans surprise, c’est le sud de la France qui plébiscite le plus cette solution. Les régions de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie représentent à elles seules un tiers des ventes en 2020. Les régions PACA et Rhône-Alpes suivent, en représentant à elles deux 25% des nouvelles installations.

La géo-énergie : l’autre géothermie qui ouvre des perspectives au bâtiment

Bien moins connue en France que la géothermie profonde, la géo-énergie offre pourtant un potentiel intéressant. En quoi consiste-t-elle ? Il s’agit d’aller puiser la chaleur ou la fraîcheur dans le sous-sol, au niveau des couches supérieures. Cette source d’énergie utilise donc le potentiel de l’inertie du sous-sol pour chauffer un bâtiment l’hiver ou le rafraîchir en été. A l’heure actuelle, très peu de bâtiments français ont recours à la géo-énergie. Mais la filière s’organise.

Geosophy, une start-up fondée en 2018, propose aux particuliers et professionnels de découvrir le potentiel du sous-sol de leurs bâtiments. Un moteur de recherche permet d’évaluer le potentiel énergétique d’un site. L’entreprise propose aussi un service de scan du sous-sol pour évaluer la faisabilité du projet, ses risques, son coût, et le retour sur investissement envisagé.

Alice Chougnet, PDG de Geosophy, résume l’intérêt de cette source d’énergie. “L’inertie du sous-sol est sous-exploitée en France avec seulement 2% du chaud et du froid des bâtiments qui sont générés par cette énergie. Et nous souhaitons participer à son développement, qui permettrait de rendre les bâtiments moins énergivores et moins émetteurs de carbone.” De fait, la géo-énergie est une énergie bas-carbone. Elle a aussi l’avantage de ne pas être intermittente. D’après les chiffres d’Alice Chougnet, le potentiel de bâtiments éligibles à la géo-énergie serait de plus d’un million dans l’Hexagone.

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Monde : plus de 40 % des consommateurs prêts à acheter une voiture électrique

22 juillet 2021 à 07:36
monde consommateurs prets acheter voiture electrique - L'Energeek

Une étude d’EY, publiée ce 21 juillet 2021, et s’appuyant sur 9 000 consommateurs répartis dans 13 pays du monde, révèle que 41 % d’entre eux souhaitent que leur prochaine voiture soit un modèle électrique. Une progression de plus de 10 % en moins d’un an, signe d’un changement de paradigme en cours.

41 % des consommateurs de 13 pays veulent que leur prochaine voiture soit électrique

Après les autorités publiques et les industriels, c’est au tour des consommateurs de se convertir à l’idée que la mobilité automobile de demain sera électrique. Le dernier baromètre Mobility Consumer Index, publié ce 21 juillet 2021 par le cabinet EY, montre ainsi une nette évolution par rapport à la précédente édition, datant de septembre 2020.

Les enquêteurs ont ainsi interrogé 9 000 consommateurs, dans treize pays du monde (Australie, Canada, Chine, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Nouvelle-Zélande, Singapour, Corée du Sud, Suède, Royaume-Uni et États-Unis). Le principal enseignement est que 41 % de ces consommateurs pensent que leur prochaine voiture serait un véhicule électrique à batterie ou un hybride rechargeable. Contre seulement 30 % en septembre 2020.

Cette progression marque un vrai tournant. L’Italie mène la danse de la popularité du véhicule électrique, avec 63 % de consommateurs prêts à se convertir dès leur prochain achat. La Corée du Sud (51%) et Singapour (53%) sont les deux seuls autres pays où la majorité des consommateurs est prêt à opter pour une voiture électrique. Avec 48 % la Suède et, surtout, la Chine et son marché automobile de grande ampleur, approchent ce seuil.

Certes, dans les huit autres pays analysés, le véhicule thermique demeure le plus populaire. Mais la tendance vers l’électrique est forte, portée essentiellement par les préoccupations environnementales. Ces dernières sont ainsi, pour les consommateurs des 13 pays analysés, la raison numéro 1 de passer à l’électrique.

Un coût à l’achat jugé encore trop élevé, malgré un coût de possession inférieur à une voiture thermique

Un consensus se dégage également pour le principal frein à l’adoption du véhicule électrique : l’autonomie ou la durée de recharge sont désormais largement dépassés, pour les consommateurs, par le coût à l’achat. Pour autant, ce montant plus élevé au départ (qui est souvent partiellement compensé par des systèmes de bonus écologique, comme en France) peut également être vu comme un investissement.

En effet, de nombreuses études montrent que la fiabilité des véhicules électriques, le coût plus faible de l’alimentation électrique par rapport à l’essence et leurs dépenses d’entretien réduites font que leur coût de possession est systématiquement inférieur à celui d’un équivalent thermique.

Mi-juin 2021, une étude de l’UFC-Que Choisir a ainsi montré qu’en France, la voiture électrique est systématiquement plus rentable que son équivalent électrique, qu’elle soit neuve ou d’occasion, qu’il s’agisse d’une utilisation régulière ou modérée.

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La Commission Européenne présente son paquet climat pour atteindre ses objectifs de 2030

16 juillet 2021 à 14:38
commission europeenne paquet climat objectifs 2030 - L'Energeek

Ce mercredi 14 juillet 2021, la Commission Européenne a présenté son nouveau paquet législatif climat. Baptisé « Fit for 55 » (« Prêts pour 55 »), ces textes doivent permettre à l’Union Européenne d’atteindre son objectif de 55 % de réduction d’émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990. Au programme, notamment : fin des voitures thermiques en 2035, réforme du marché du carbone, taxation du kérosène, développement des renouvelables… Il faudra au moins un an pour que cet ensemble législatif soit validé par le Parlement et le Conseil Européen.

« Fit 55 », le paquet législatif climat de la Commission Européenne pour 2030

“L’Europe est le tout premier continent à présenter une architecture verte complète: nous avons l’objectif, et désormais la feuille de route pour l’atteindre” : c’est ainsi qu’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne, a commenté, ce 14 juillet 2021, la présentation du nouveau paquet législatif sur le climat.

Cet ensemble de textes, baptisé « Fit for 55 » (« Prêts pour 55 »), vise à mettre en musique l’objectif européen de réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre en 2035 par rapport à leur niveau de 1990. Pour que ce paquet devienne force de loi, la Commission doit parvenir à un accord avec le Parlement Européen et le Conseil Européen. Si le premier a souvent tendance à verdir davantage les propositions de la Commission, le second, qui réunit les représentants des 27 Etats membres, a plutôt tendance à freiner les velléités de transition énergétique de la Commission.

Ce paquet législatif est l’ensemble le plus ambitieux sur le sujet émanant d’une entité politique dans le monde. Parmi les propositions les plus importantes, la Commission Européenne veut notamment réduire de 55 % les ventes de voitures thermiques en 2030 par rapport au niveau de 2021, puis de les interdire à partir de 2035. Pour soutenir le développement de la mobilité propre, la Commission propose d’imposer sur les grands axes routiers des bornes de recharge électriques tous les 60 kilomètres et des bornes à hydrogène tous les 150 kilomètres. Le transport automobile représente à lui seul 15 % des émissions de CO2 de l’Union.

Faire payer davantage les émissions carbone

La Commission Européenne souhaite également élargir le marché européen du carbone au transport maritime pour les plus gros navires (fret ou croisière) à destination ou en partance de l’UE (en 2023), et au transport routier et au chauffage des bâtiments (en 2025). La Commission veut également réduire le niveau des droits à polluer et les quotas d’émission.

Toujours au rayon des énergies thermiques, la Commission envisage de taxer le kérosène pour les vols aériens intérieurs à partir de 2023, avec une augmentation croissante de la taxe sur dix ans. Les quotas d’émissions des compagnies aériennes seront progressivement réduites.

Pour éviter que ce marché du carbone n’entraîne une baisse de la compétitivité des industriels européens de cinq secteurs fortement émetteurs de gaz à effet de serre, la Commission veut taxer les importations venant de pays aux normes environnementales moins contraignantes. Les secteurs concernés sont l’acier, l’aluminium, le ciment, les engrais et l’électricité.

L’efficacité énergétique devra également être améliorée. Les États seront tenus de rénover énergétiquement au moins 3 % de bâtiments publics par an. La consommation européenne d’énergie finale devra baisser d’au moins 38% d’ici 2030, avec une obligation de baisse pour le secteur public (transports, bâtiments, déchets…). La part des renouvelables dans le mix électrique devra atteindre 40 % en 2030, contre 32 % dans les objectifs actuels.

Enfin, la Commission veut soutenir la reforestation, pour bénéficier de l’effet de puits de carbone des forêts, notamment en plantant trois milliards d’arbres aux essences résistantes au changement climatique à travers l’Europe d’ici à 2030. “La stratégie de l’Union pour les forêts vise à accroître la qualité, la quantité et la résilience des forêts”, précise la Commission.

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Le Nigeria adopte enfin sa réforme pétrolière, en chantier depuis 2008

5 juillet 2021 à 12:14
nigeria adopte enfin reforme loi petroliere 2008 - L'Energeek

Ce 2 juin 2021, le Parlement du Nigeria a adopté la loi pétrolière, qui doit moderniser et stabiliser le cadre réglementaire de l’industrie de pétrole, au cœur de l’économie du pays (90% de ses recettes d’exportation, 50% des recettes du gouvernement). Cette loi était en discussion depuis 2008.

Au Nigeria, le Sénat et l’Assemblée Nationale votent enfin la loi pétrolière

Il aura fallu près de 15 ans de tractations, de reports, d’oppositions de l’une ou l’autre des chambres, de désaccords entre le gouvernement et les compagnies pétrolières, mais le processus législatif est enfin arrivé à son terme : le 2 juillet 2021, au Nigeria, la loi pétrolière (PIB) a été enfin adoptée par l’Assemblée Nationale et le Sénat. Elle avait été présentée pour la première fois à l’Assemblée en 2008.

Le président de l’Assemblée, Femi Gbajabiomila, a d’ailleurs salué une « importante victoire » : « Il faut souligner l’importance de cette journée. Cela fait près de 20 ans que nous attendions cela ». « C’est un évènement important pour l’Assemblée Nationale en place, après des années de retard », s’est de son coté félicité Ola Awoniyi, porte-parole du Sénat.

Cette loi donne enfin un cadre légal et fiscal à l’industrie du gaz et du pétrole au Nigeria, essentiellement autour de trois axes : une fiscalité plus encadrée, une meilleure redistribution des richesses au bénéfice des communautés qui habitent dans les zones d’extraction, et la transformation de la Nigeria National Petroleum Commission (NNPC) en société commerciale.

Lever les freins aux investissements

La NNPC a en effet la réputation d’être la caisse noire de l’Etat, symbole de la corruption qui gangrène l’industrie pétrolière nigériane, un des principaux freins aux investissements étrangers. Avec 1,9 millions de barils exportés chaque jour, le Nigeria est le premier producteur pétrolier d’Afrique. L’or noir a une importance cruciale pour l’économie du pays, qui en tire plus de la moitié de ses revenus, et 90% de ses recettes d’exportation. Mais le secteur souffre fortement de la vétusté de ses installations, et de sa dépendance à certains importateurs, surtout dans le cadre d’une crise de la demande comme celle du Covid-19.

Cette loi aura le grand mérite de mettre un terme à l’incertitude réglementaire qui a découragé les investisseurs pendant des années. Pour autant, ses effets seront difficiles à mesurer à court terme, puisque les compagnies auront le choix, jusqu’au terme de leurs licences d’exploitation en cours, de conserver l’ancien cadre réglementaire, ou de basculer vers le nouveau.

Pour autant, de nombreux experts estiment que l’insécurité pesant sur l’exploitation du pétrole (des groupes armés volent la production en creusant des trous dans les oléoducs ou multiplient les enlèvement avec demande de rançon) demeure le principal point noir qui bloque les investissements.

L’Assemblée Nationale et le Sénat doivent encore s’accorder sur plusieurs points, notamment la part de redistribution aux communautés des zones d’extraction. Le texte actuel prévoit un taux de 2,5%, qui ne satisfait pas les communautés. Les deux chambres devraient, selon le sénateur Ajibola Bashiru, tomber d’accord sur un chiffre compris entre 3 et 5%.

Du coté des communautés, les réactions a cette annonce ont été plutôt contrastées. Si le chef des communautés productrices de pétrole de l’Ogoniland, Bebe Okpabi, voit dans cette loi une « bonne nouvelle » pour les communautés, « enfin reconnues, appréciées et indemnisées pour les ressources pétrolières présentes dans leur sol », le MOSOP (« MOvement for the Survival of the Ogoni People » : « Mouvement pour la survie du peuple ogoni ») s’est montré beaucoup plus critique.

« Nous attendions un pourcentage de 25% pour les communautés. Je pense que l’on peut faire beaucoup plus », a souligné Fegalo Nsuke, président du MOSOP.

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Mobilité électrique : Renault fait le point sur sa stratégie

1 juillet 2021 à 11:09
mobilite electrique renault strategie - L'Energeek

Durant sa conférence digitale eWays, ce 30 juin 2021, Renault a présenté ses grandes orientations en matière de mobilité électrique. Le constructeur ambitionne d’atteindre une part de 90% de véhicules électriques dans ses ventes dès 2030, et s’appuie pour cela sur le développement de ses propres batteries. Renault va notamment installer une chaîne de production complète de véhicules électriques, autour de ses trois usines d’assemblage dans le Nord de la France, et construire une « gigafactory » de batteries à Douai.

Renault : un plan ambitieux de développement de la mobilité électrique d’ici 2030

« Nous nous préparons à avoir 90 % de ventes purement électrique d’ici 2030. (…) Nous avons investi 5 milliards d’euros en 10 ans dans l’électrification et nous allons investir 10 milliards en plus dans les 5 prochaines années ». Dès l’introduction de la conférence eWays, ce 30 juin 2021, le nouveau directeur de Renault, Luca de Meo, annonce la couleur.

Certes, Renault n’affiche pas encore de date de fin pour la vente des véhicules thermiques, contrairement à d’autres constructeurs. Mais il entend accélérer encore le développement de la mobilité électrique. Le groupe a notamment annoncé son ambition de se doter d’une chaîne d’assemblage complète de véhicules électriques, dans ses trois usines de Douai, Ruitz et Maubeuge, dans le Nord de la France. 700 emplois devraient être créés pour porter les capacités de production à 400 000 véhicules électriques par an.

C’est également à Douai que sera construite la « gigafactory » de batteries de Renault, en partenariat avec le groupe chinois Envision AESC. Renault ambitionne d’y produire 9 GWh de batteries en 2024, et 24 GWh en 2030. L’usine devrait permettre la création de 1 000 emplois.

Les batteries, nerf de la guerre et de la recherche

Parallèlement, Renault continue de travailler sur l’amélioration de sa technologie de batteries. « Nous sommes aujourd’hui concentrés sur le NMC (nickel manganese cobalt ndlr) qui offre de meilleures propriétés électrochimiques que les autres technologies » détaille Sophie Schmidtlin, Directrice Ingénierie Avancée du Groupe Renault.

Le groupe planche à la fois sur une chimie optimisée pour créer des batteries à coûts réduits pour les modèles les plus économiques (notamment la future Renault 5 électrique), et sur une chimie orientée sur la longue distance et la charge rapide (en partenariat avec la start-up française Verkor), pour les voitures électriques haut de gamme : « La première génération fera ses débuts sur la Megane qui offrira 450 km sur la version 60 kWh. D’ici 2024, nous lancerons une seconde génération pour atteindre 700 Wh/l », détaille Sophie Schmidtlin.

A plus long terme, les équipes techniques de Renault se concentrent sur les batteries solides : « La technologie solide semble être un “game changer” en matière de performances et de coûts. Les cellules ASSB (All-solid-state batteries ndlr) changent la donne, car l’électrolyte liquide est remplacé par un électrolyte solide ininflammable. Elles sont également compatibles avec des hautes températures, ce qui permet de se passer de système de refroidissement complexe » précise Sophie Schmidtlin.

Vers les moteurs électriques à flux axial, le recyclage et le V2G

Du coté des moteurs électriques, l’usine de Cléon va augmenter sa production, pour atteindre un million d’unité par an. Le groupe va continuer de s’appuyer sur sa technologie actuelle, un moteur synchrone à rotor bobiné (donc sans aimant) et sans terres rares, qui devrait connaître d’importantes avancées techniques à partir de 2024. Dans le même temps, le groupe travaille avec la start-up française Whylot sur la prometteuse technologie des moteurs électriques à flux axial, qui promet des coûts réduits pour une puissance accrue – industrialisation programmée pour 2025.

Enfin, Renault a confirmé qu’il allait intensifier ses expérimentations sur le Vehicule to Grid, ou V2G, « qui permet aux batteries de redonner de l’énergie au réseau en cas de besoin », moyennant une compensation financière, selon Clotilde Delbos, la N°2 de Renault. Le groupe ambitionne un déploiement industriel de cette technologie à horizon 2024.

Le groupe va également spécialiser son usine de Flins, dans le Nord de la France, dans le repackaging (pour donner une seconde vie aux batteries, notamment dans le stockage stationnaire) et le recyclage des batteries de véhicules électriques.

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France : la Commission Européenne valide le mécanisme de régulation du stockage du gaz naturel

29 juin 2021 à 11:36
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Au terme d’une longue enquête, la Commission Européenne a statué, ce lundi 28 juin 2021, sur le mécanisme de régulation du stockage de gaz naturel mis en place par la France en 2017 : il est conforme aux règles de l’Union Européenne en terme d’aides d’Etat, en assurant la sécurité de l’approvisionnement énergétique sans fausser la concurrence.

La Commission Européenne enquête sur le mécanisme de régulation du stockage du gaz naturel en France

La Commission Européenne est particulièrement vigilante sur la question des aides d’Etat, en particulier dans le secteur de l’énergie : elle refuse toute entorse à la concurrence, et n’accepte pas qu’une aide financière étatique soutienne un acteur du marché au détriment d’un autre. Cette intransigeance libérale est d’ailleurs une des principales pierres d’achoppement entre la Commission et l’Etat français sur le dossier de la modification de l’Arenh et du projet « Grand EDF » (ex-« Hercule »).

Mais la vigilance de la Commission s’exerce aussi dans d’autres secteurs de l’énergie. Ce 28 juin 2021, elle vient ainsi de donner les conclusions d’une longue enquête sur le mécanisme de régulation du stockage du gaz naturel mis en place par la France en décembre 2017.

Ce mécanisme vise à garantir la sécurité d’approvisionnement en gaz naturel du pays, en assurant le maintient en fonctionnement des capacités de stockage. Dans le détail, les autorités ont mis aux enchères des capacités de stockage, et assurent ensuite la couverture des coûts de ce stockage.

Ainsi, lorsque les revenus des opérateurs de stockage de gaz naturel (ils sont actuellement trois : Storengy, Géométhane et Teréga) sont inférieurs à un niveau défini par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), ils perçoivent une compensation. Mais si leurs recettes dépassent ce seuil, ils doivent reverser le surplus.

Pour la Commission, les gains en terme de sécurité de l’approvisionnement rendent la distorsion de concurrence négligeable

Les échanges financiers se font, dans les deux sens, avec les montants générés par les tarifs d’utilisation du réseau de transport. Les expéditeurs de gaz versent en effet une redevance à ces gestionnaires, pour pouvoir utiliser les infrastructures réseau, dans des conditions fixées par la CRE. C’est ce « trésor de guerre » qui permet de soutenir les opérateurs de stockage quand leurs revenus sont trop faibles, et auquel ils reversent leur surplus de revenus quand ils dépassent le seuil fixé par la CRE.

Ce mécanisme permet ainsi de garantir les revenus de ces opérateurs de stockage, quel que soit l’état du marché, et ainsi de s’assurer qu’ils restent en capacité de supporter les coûts de leurs unités de stockage : il garantit donc que ces réserves restent mobilisables à tout moment.

L’enquête de la Commission Européenne conclue que la CRE fixe la rémunération en toute indépendance, et que la valorisation de ces actifs régulés mène à une compensation proportionnée pour limiter les effets de la mesure sur le marché intérieur.

Au final, la Commission juge que les gains pour le système énergétique français sont suffisamment importants que la distorsion de concurrence induite par la mesure soit jugée négligeable. Le mécanisme est donc conforme aux règles de l’Union Européenne.

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Le Sénégal s’équipe d’une usine flottante de regazéification du GNL

23 juin 2021 à 07:21
senegal usine flottante regazeification gnl - L'Energeek

Ce 22 juin 2021, la SENELEC, société nationale d’électricité du Sénégal, a indiqué que l’usine flottante de stockage et de regazéification de Karmol était arrivé au Sénégal : elle permettra d’alimenter en gaz naturel la centrale électrique flottante de Karpowership, en service depuis 2019 dans les eaux sénégalaise.

L’usine flottante de regazéification est arrivée dans les eaux du Sénégal

Le Sénégal continue de s’équiper pour convertir sa production d’électricité thermique. Le pays veut en effet remplacer ses centrales au pétrole trop polluantes par leurs équivalents au gaz naturel. Dans ce but, le pays avait mis en service en août 2019 d’une centrale électrique flottante au gaz naturel, plus rapide et moins coûteuse à mettre en place qu’une unité terrestre traditionnelle. Elle a été fournie par le groupe turc Karpowership, spécialiste de cette technologie, qui a déjà équipé huit pays africains de centrales flottantes au gaz.

Arrivée de la Centrale Flottante à Dakar #KARPOWERSHIP
Renforcement Capacité de Production 120 MW
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— SENELEC L'officiel (@Senelecofficiel) October 2, 2019

La centrale flottante du Sénégal, d’une puissance originelle de 120 MW, a été depuis portée à 235 MW. L’électricité produite est ensuite injecté dans le réseau national géré par la Société nationale d’électricité du Sénégal (SENELEC), et fournit environ 15% des besoins électriques du pays.

Ce 22 juin 2021, pour compléter cet équipement, la SENELEC a annoncé que Karmol, une co-entreprise fondée en 2019 par Karpowership et le japonais Mitsui OSK Lines, avait livré la première unité flottante de stockage et de regazéification (Floating Storage and Regasification Unit, FSRU) du Sénégal.

L’équipement est arrivé dans les eaux sénégalaises, et a été installé à proximité de la centrale flottante. Ce FSRU permet de réceptionner en mer du gaz naturel liquéfié (GNL), de le ramener à l’état gazeux et de le stocker. Il peut ensuite alimenter, via un gazoduc de taille modeste, la centrale électrique flottante de Karpowership.

Un atout pour valoriser les réserves de gaz naturel offshore et réussir la transition énergétique du Sénégal

La plateforme de Karmol mesure 272 mètres de long, pour une capacité de 125 470 mètres cubes de gaz. Elle a été construite par la société Sembcorp Marine à Singapour. « Ce projet vise à fournir une énergie fiable, abordable et plus propre », a commenté la SENELEC. Le premier ravitaillement en GNL de l’usine sera effectuée par Shell, en juillet 2021.

Le Sénégal a découvert en 2019 plusieurs gisements offshore de pétrole et de gaz naturel au large de ses côtes. Leur exploitation devrait permettre de produire du GNL, et d’alimenter directement l’usine de regazéification de Karmol.

Le Sénégal ambitionne de devenir un leader de la transition énergétique dans l’Afrique de l’Ouest. Outre la conversion de ses centrales électriques au gaz, le Sénégal s’est donné l’objectif d’atteindre les 20% de renouvelables dans son mix électrique.

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