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La Steam Machine en approche, entre SteamOS 3.8 et de nouveaux benchmarks

18 juin 2026 à 14:33
Valve lâche la pression
La Steam Machine en approche, entre SteamOS 3.8 et de nouveaux benchmarks

Valve a livré la version finale de SteamOS 3.8 qui apporte le support de la Steam Machine, la future console de salon du constructeur. Est-ce à dire que l’appareil va finalement sortir, huit mois après sa présentation ? Des indices laissent en tout cas penser qu’on arrive au bout de l’attente insupportable.

Après une première bêta en mars, SteamOS 3.8.10 est finalement disponible pour tous. Valve n’en fait pas tout un foin, mais la nouvelle version de son environnement logiciel cache une nouveauté importante : la « prise en charge initiale » de la Steam Machine. Cette inclusion annonce un lancement prochain de la console de salon, présentée en novembre 2025 et qui, à l’origine, devait être commercialisée en début d’année.

Sous le capot de la Machine

Mais voilà, la crise de la mémoire est passée par là, mettant des bâtons dans les roues de Valve qui n’a toujours pas dévoilé ni le prix, ni la date de lancement de sa Machine. Histoire de faire patienter, l’entreprise a lancé fin avril la commercialisation du Steam Controller, la manette dédiée à la console mais qui fonctionne aussi sur n’importe quel PC avec Steam.

Concernant la Steam Machine, on pourrait être fixé bientôt, entre SteamOS 3.8 désormais disponible dans sa version finale, et les premiers échos d’unités en circulation. Des benchmarks sont en effet apparus ce 15 juin dans les bases de données publiques de Geekbench. L’appareil testé est identifié sous le nom « Valve Fremont » et fonctionne sous SteamOS ; il embarque un processeur AMD personnalisé (« CPU 1772 ») comprenant 6 cœurs et 12 threads pour une fréquence maximale de 4,86 GHz, et 16 Mo de cache L3. Pas une surprise : ce sont les caractéristiques données par Valve, qui avait précisé que les cœurs étaient des Zen 4.

Comme pour le Steam Deck, Valve a fait appel à AMD pour le CPU de la console, une puce custom dont l’identifiant (« AuthenticAMD Family 25 Model 124 Stepping 0 ») correspond à un processeur de génération relativement récente. Valve avait indiqué que la console emportait un circuit graphique signé lui aussi AMD, en l’occurrence un modèle architecturé RDNA 3 « Navi 33 » équipé de 8 Go de mémoire GDDR6. Les 16 Go de mémoire vive sont de la DDR5.

Geekbench

En termes de score, Videocardz a fait les comptes : on oscille entre 2 282 et 2 334 sur les tests mono-cœur, et entre 7 316 et 7 392 sur les tests multi-cœurs. Des résultats qui correspondent aux précédents benchmarks de Fremont qui avaient fuité en août dernier, mais à l’époque il s’agissait de machines tournant sous Windows. La Steam Machine fonctionne bien sûr sous SteamOS (Linux).

Un lancement fin juin ?

Les performances du processeur sont du niveau de certains CPU Ryzen à 6 cœurs récents, à l’image du Ryzen 5 5600 de bureau qui affiche un score de 2 053/8 595. Ce processeur fait mieux en termes de performances multi-cœurs, mais l’enveloppe thermique (65W) est plus du double de la puce de la Steam Machine (30W). Valve a affirmé que sa nouvelle console était environ six fois plus puissante que le Steam Deck, notamment grâce à un GPU au TDP de 110W.

L’objectif officiel est de faire tourner n’importe quel jeu Steam en 4K à 60 images/seconde en upscale : durant la présentation à la presse de l’appareil, Cyberpunk 2077 tournait à 65 i/s en 4K (du 1080p avec un upscale FSR 3.0), avec des réglages ray tracing sur « moyens ».

L’apparition inopinée de ces benchmarks semble le signe d’un lancement proche. Ils pourraient en effet avoir été réalisés par des testeurs ayant reçu des unités en prêt de Steam Machine (mais aussi le Steam Frame, nouveau casque VR de Valve). Une rumeur, à prendre avec les pincettes d’usage, annonce même une levée de l’embargo de publication des tests après le 23 juin. Reste une inconnue de taille : le prix. Et là, on craint de bien mauvaises surprises… La Steam Machine se décline en deux versions, de 512 Go et 2 To.

☕️ L’impact de l’IA sur les effectifs de la fonction publique ? Matignon ne veut pas le donner

18 juin 2026 à 13:16


Ce 18 juin s’ouvre un groupe de travail entre l’État et les organismes sociaux pour évoquer l’intelligence artificielle dans la fonction publique. Mais l’évènement laisse aux syndicats un goût amer, car l’État présente un projet sur lequel ils n’auront plus qu’à se prononcer, rapporte Acteurs publics.

Parmi les grandes lignes du projet : le fait que l’IA devienne clairement l’objet d’un dialogue, pour ses effets sur l’organisation du travail, sur les métiers, sur les pratiques, les parcours professionnels, sur la santé au travail et en matière d’impacts environnementaux et d’usages responsables.

Illustration : Flock

Si les débats se tiennent ce 18 juin, un jeu de données manque néanmoins : les effets pressentis du déploiement de ces nouvelles technologies sur les effectifs.

Alors qu’un rapport inter-inspections portant sur le sujet est arrivé entre les mains du Premier ministre Sébastien Lecornu il y a quelques semaines, la décision a été prise de ne pas en publier les conclusions. D’après Acteurs publics, les inspecteurs seraient soumis à des consignes de confidentialité strictes, quand bien même les chiffres obtenus ne seraient pas « alarmistes ».

Mais à un an des élections présidentielles, ses conclusions pourraient alimenter des débats sur les orientations politiques opérées.

Ce type de rapport ne doit par ailleurs son éventuelle publication qu’au bon vouloir de son commanditaire, c’est-à-dire du gouvernement, qui laisse quelquefois passer plusieurs mois avant de donner son accord, voire ne les dévoile quelquefois pas du tout.

Mastodon se lance dans les newsletters

18 juin 2026 à 09:35
Infolettres pour tous
Mastodon se lance dans les newsletters

Outre des collections, la version 4.6 de Mastodon propose des newsletters, une fonctionnalité qui permettra aux internautes de suivre les travaux des créateurs qui les intéressent sans nécessairement s’inscrire sur le réseau social.

Après le réseau où s’échanger des messages en quelques centaines de caractères, les mails ? C’est la direction qu’esquisse Mastodon pour sa version 4.6.

Déployée ce 17 juin, cette nouvelle version propose de créer des Collections, très nettement inspirées des « Starter Packs » de Bluesky. Elle met aussi à jour le fonctionnement des profils, et teste un nouvel outil dont l’accès dépend, pour le moment, des administrateurs d’instance : l’inscription à la newsletter du compte que vous suivez.

Suivre un internaute sans créer de compte Mastodon ni s’enfermer

L’idée : permettre aux internautes d’envoyer leur infolettre directement dans la boîte mail de leurs abonnés, y compris si ces derniers ne souhaitent pas s’inscrire à Mastodon ou à un autre service du Fediverse.

Cette possibilité permet de décentraliser l’accès aux e-mails, alors que le succès de plateformes centralisées ne se dément pas. Venue des États-Unis, Substack revendique 5 millions d’abonnés payants, malgré des débats récurrents sur sa politique de modération. En France, son concurrent Kessel indique dépasser les 2 millions d’abonnés.

Du point de vue de l’internaute, la fonctionnalité permettra donc de suivre des producteurs de newsletters sans devoir se plier aux pratiques de tracking de ce type de services. Du côté des autrices et auteurs, cela fournira par ailleurs un accès direct à la base d’abonnés ainsi constituée : les créateurs pourront par exemple la déplacer d’un serveur à un autre.

Accès « institutionnel »

À l’heure actuelle, la fonctionnalité newsletter est pensée « avant tout pour un usage institutionnel », même si Mastodon déclare s’attendre à ce que « les journalistes, les blogueurs et les autres créateurs qui gèrent leur propre serveur la trouvent aussi utile ».

En cours de création d’une association à but non lucratif, l’entreprise indique aussi limiter l’accès pour éviter de devoir gérer une brusque surcharge sur ses serveurs. Concrètement, les utilisateurs qui souhaiteraient tester la nouvelle fonctionnalité sont donc invités à se rapprocher des administrateurs de leur instance pour discuter de son déploiement. Il reviendra à ces derniers de donner aux utilisateurs en question le rôle et les permissions nécessaires pour lancer le service.

Après un pic d’activités au moment du rachat de X par Elon Musk, le nombre d’utilisateurs de Mastodon plafonne autour de 740 000 utilisateurs actifs mensuels. Malgré un fonctionnement moins décentralisé, le service états-unien Bluesky affiche de son côté 40 millions d’utilisateurs (ce qui reste faible comparé aux mastodontes X et Threads). Alors que la recherche d’indépendance et le besoin d’interopérabilité entre les plateformes sociales occupent régulièrement les conversations, le déploiement de cette fonction pourrait offrir à Mastodon une nouvelle poche d’utilisateurs.

OVHcloud veut ses Mistral gagnants et se lance dans les LLM

18 juin 2026 à 09:15
On Vous Hallucine
OVHcloud veut ses Mistral gagnants et se lance dans les LLM

OVHcloud, qui se présente désormais comme le « leader européen du Cloud et de l’IA », passe la seconde sur l’intelligence artificielle et va lancer sa famille de modèles (LLM). En open source ? « c’est effectivement l’idée » affirme Octave Klaba.

Octave Klaba, qui a repris les rênes d’OVHcloud fin 2025, profite du salon VivaTech pour faire part de ses ambitions dans le monde de l’intelligence artificielle et des grand modèles de langage : « il nous est apparu très clairement que si nous ne maîtrisions pas cette technologie, nous ne pourrions pas garantir notre avenir », explique-t-il à Reuters. La maitrise passe par plusieurs étapes.

OVHcloud fait ses courses dans les start-ups françaises

Depuis des mois déjà, l’entreprise prépare le terrain. Au début de l’année, elle croquait Seald, une « entreprise française spécialisée dans les technologies de chiffrement de bout en bout ». La fonctionnalité mise en avant par l’hébergeur dans son communiqué : « Le SDK développé par Seald, bénéficiant d’un visa de sécurité CSPN délivré par l’ANSSI, permet d’intégrer rapidement le chiffrement de bout en bout dans des applications web et mobiles, sans expertise cryptographique avancée ».

En mars, c’était une autre société française qui tombait dans son giron : Dragon LLM, qui « conçoit des modèles spécialisés d’IA générative et souverains ». Selon OVHcloud, le but de cette société est de « bâtir une IA européenne utile, responsable et efficiente ». Le Roubaisien en profite pour renforcer ses équipes avec de nouveaux experts dans le fine-tuning, une technique consistant à « spécialiser un modèle d’IA pré-entraîné à l’accomplissement d’une tâche spécifique », explique la CNIL. On parle aussi d’ajustement.

Il y a quelques jours, OVHcloud est entrée en négociations exclusives pour racheter Gladia, une autre startup française spécialisée cette fois dans l’IA vocale. Depuis le mois de mai, OVHcloud a changé son discours dans ses communiqués de presse. Alors qu’il se présentait jusque là comme « leader européen du cloud », il ajoute désormais « et de l’IA » (ou de l’AI, il y a les deux).

OVHcloud prépare une famille de modèles

En plus de renforcer ses équipes, ce serait aussi le bon timing pour se lancer dans les modèles d’IA pour OVHcloud car « un projet qui aurait autrefois coûté environ un milliard d’euros pourrait désormais être entrepris pour un budget de 150 à 200 millions d’euros », comme le précisent nos confrères en se basant sur des déclarations d’Octave Klaba. OVHcloud représenterait la deuxième vague d’acteurs, après les historiques que sont OpenAI, Anthropic et Mistral pour ne citer que ces trois-là.

Le Roubaisien prévoit de lancer une famille de modèles afin de répondre à différents cas d’usage, une pratique courante. Chez Anthropic par exemple, il y a Opus, Sonnet et Haiku. OpenAI a ses modèles GPT et o, etc. Il existe aussi une approche intermédiaire avec les mixtures d’experts ou MoE.

OVHcloud va-t-elle aller vers de l’open source ? « Nous regarderons à quel moment nous serons suffisamment bons pour pouvoir les open sourcer. Mais c’est effectivement l’idée ».

Reste la question des GPU pour entrainer les modèles. En novembre dernier, Octave Klaba se montrait prudent : « La vraie question derrière les GPU, c’est le business model. La problématique aujourd’hui, c’est que tous ceux qui investissent ne savent pas encore s’ils vont les rentabiliser » ; en cause, le cycle de renouvellement très rapide avec NVIDIA qui double ou presque les performances à chaque génération. Récemment, il a comparé les GPU à des fraises : « vous les achetez vous devez les manger le jour même, le lendemain elles sont pourries ». Pour entraîner de gros modèles, pas le choix, il en faut des fraises, et pas qu’une barquette.

Fin 2025, lorsqu’Octave Klaba avait repris la direction d’OVHcloud, il expliquait que c’était pour aller plus vite : « le contexte géopolitique, l’essor du marché du cloud et de l’IA nous demandent de nous développer plus rapidement afin de garder un temps d’avance. C’est la raison pour laquelle, le conseil d’administration a décidé de rapprocher vision, stratégie et exécution ».

OVHai Workspace : de l’IA agentique à tous les étages

Lors de l’OVH Summit 2025, la couleur était donnée : « tous nos produits ont une teinte IA. On va introduire de l’agentique » avec des comptes rendus d’appel, la rédaction et la lecture d’emails. Il était question de mettre l’IA au centre des postes de travail.

C’est le sens de l’annonce d’OVHai Workspace, une plateforme AI agentique collaborative et ouverte lancée par OVH Labs. Elle « permet le développement et l’intégration d’applications afin de profiter de l’IA agentique et du chiffrement de bout en bout disponible nativement ». Les acquisitions des derniers mois et notamment celle de Seald prennent alors tout leur sens.

🤝 Freedom to Collaborate.

16 postes de démo et des experts OVHcloud pour vous montrer comment l'IA, les outils collaboratifs et la sécurité peuvent fonctionner ensemble dans une plateforme ouverte. Venez tester ! #VivaTech pic.twitter.com/Iw1N4Hs44O

— OVHcloud France (@OVHcloud_FR) June 17, 2026

« OVHai Workspace intègre un moteur de recherche couplé à des capacités d’IA agentique. Automatiser des actions complexes, rechercher des informations dans plusieurs applications distinctes ou simplifier les tâches répétitives sont ainsi possibles en un clic », explique l’entreprise.

Email, drive et visioconférences dans une « expérience unifiée », telle est la promesse d’OVHai. La plateforme est pour le moment en preview (accessible uniquement sur le stand OVHcloud à Vivatech), « avant une bêta dont le lancement est prévu lors de l’OVHcloud Summit en novembre », précise Octave Klaba.

Epic lance Lore, un système de contrôle de version dédié au jeu vidéo et open source

18 juin 2026 à 08:24

Epic lance Lore, un système de contrôle de version dédié au jeu vidéo et open source

L’éditeur Epic Games vient de publier sur un dépôt GitHub un nouveau système de contrôle de version (VCS) à destination du monde des jeux vidéo. Il cible les développeurs et cherche à résoudre des problèmes spécifiques liés aux très gros fichiers.

Lore est le nouveau système de contrôle de version open source (sous licence MIT, très permissive) officiellement lancé par Epic Games lors de l’Unreal Fest de juin 2026. Il a mûri en interne en tant que brique sous-jacente du framework Unreal Revision Control au sein de l’écosystème UEFN (Unreal Editor for Fortnite).

« Lore est un système conçu pour une évolutivité sans précédent des données et des équipes, dont la maintenance est assurée par Epic Games. Il est optimisé pour les projets, notamment les jeux et le divertissement, qui combinent du code et de grandes ressources binaires. Il répond aux besoins des développeurs comme des artistes », indique Epic sur la page du projet.

Des problématiques spécifiques

Lore se présente donc comme un VCS axé sur le contenu. On peut l’installer sur Windows, Linux et macOS, et il dispose d’une version serveur que l’on peut utiliser localement ou transférer vers des infrastructures cloud. Attention tout de même, il ne s’agit pas encore d’une version finale. La bêta est lancée à des fins de tests, mais les API peuvent encore changer, ce qui pourrait introduire des cassures plus tard. À manier avec précaution donc, même si Epic affirme qu’une « compatibilité ascendante stricte s’appliquera ».

Sur le site du projet, Epic cite des solutions existantes comme Git, Perforce ou encore Mercurial/Sapling. Pourquoi une autre solution ? Epic répond : parce qu’aucune des actuelles ne fait vraiment tout. La souplesse de Git est louée, mais les fichiers binaires y sont considérés comme des « citoyens de seconde zone » selon l’éditeur et il manque de capacités pour le travail collaboratif. Perforce est vu comme puissant, mais lent à cause des allers-retours avec le serveur pour des opérations standard. Mercurial et Sapling ont une architecture distribuée efficace mais, comme Git, le texte a la priorité sur les autres ressources.

Lore propose donc une autre approche, centrée sur la conception de jeux vidéo et les besoins spécifiques de l’industrie. La conception binaire est au premier plan, avec une architecture « spac-by-construction » qui ne télécharge que les fragments nécessaires de données depuis le serveur pour limiter les échanges (lazy loading). On y trouve aussi une élimination des révisions partiellement appliquées, des états intermédiaires invisibles pour qui n’a pas besoin de les voir, ainsi qu’une API pouvant fonctionner avec C/C++, C#, Rust, Go, Python et JavaScript.

Une orientation API

Cette architecture est « multi-tenant » (multi-locataire) : elle est pensée pour les dépôts multiples et le travail collaboratif. Son moteur de stockage intègre une déduplication au niveau des blocs de données.

Un serveur Lore peut ainsi héberger plusieurs dépôts, ne stockant les octets qu’une seule fois si une même ressource binaire volumineuse est partagée entre plusieurs projets ou développeurs. L’ensemble fonctionne avec une isolation cryptographique pour empêcher un locataire d’accéder aux données d’un autre (ou de les déduire). Si Lore maintient un mécanisme de branches libres à la Git, il permet aussi de verrouiller les fichiers en amont pour empêcher les conflits insolubles avant qu’ils se produisent.

Lore se distingue également de Git (dont il s’inspire largement) et de son orientation fondamentalement CLI (ligne de commande) par une conception centrée sur les API. Le cœur du système se veut extensible grâce à des liaisons natives pour les mêmes langages que ceux cités précédemment.

Ce qui n’empêche pas Epic de fournir une interface en ligne de commande, mais un client de bureau multiplateforme est proposé. Des tiers spécialisés dans le pipeline de production numérique, à l’image d’Anchorpoint, développent déjà des clients graphiques Lore spécialisés pour intégrer la prévisualisation et le diffing visuel de formats 3D et 2D complexes.

D’autres informations et des liens de téléchargement sont aussi disponibles depuis le dépôt GitHub du projet. Epic fournit, entre autres ressources, un guide d’installation et de première configuration d’un dépôt. L’éditeur indique dans sa FAQ que les évolutions prévues intègrent « des flux de travail pour les grands référentiels étendus (VFS, Windows Service), l’intégration OAuth, le verrouillage évolutif, la réplication multiserveurs, des hooks côté client et côté serveur, un plug-in VS Code ainsi qu’un client de bureau et un client web open source ».

OpenAI : une croissance fulgurante, mais des pertes colossales

18 juin 2026 à 07:49
Crise de croissance
OpenAI : une croissance fulgurante, mais des pertes colossales

Dans le cadre de sa future introduction en Bourse, OpenAI a livré au régulateur américain SEC, un dossier comprenant notamment l’état financier de l’entreprise. Ces documents sont censés rester confidentiels, certains d’entre eux ont malgré tout fuité et permettent de se faire une idée de la santé financière d’OpenAI. Sans surprise, le labo IA est dans le rouge cramoisi.

D’abord, une bonne nouvelle et une confirmation pour OpenAI : fin 2025, l’entreprise générait un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars par mois, le double de ce qu’elle réalisait sur un trimestre fin 2024. Peu de sociétés ont connu une croissance aussi rapide. Ces chiffres, partagés par l’analyste Ed Zitron et le Financial Times à partir de documents financiers en fuite, indiquent également qu’OpenAI a enregistré 13 milliards de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier.

Le puits sans fond de la R&D

Le hic, c’est que l’argent brûle les doigts d’OpenAI. Les pertes du labo sont passées de 5,09 milliards en 2024 à 38,5 milliards en 2025. Cette progression pour le moins spectaculaire reflète surtout des ajustements comptables dus à la réorganisation de sa structure juridique. Environ 30 milliards proviennent d’une réévaluation comptable liée à son ancienne structure de financement, sans sortie de trésorerie et sans lien direct avec ses activités.

Flock

Les investisseurs d’OpenAI ne possédaient pas des actions classiques, mais des droits convertibles. Les règles comptables américaines veulent que ces droits soient considérés comme des passifs financiers, dont la valeur devait être réévaluée régulièrement à mesure que la valorisation de l’entreprise augmentait. Or, celle-ci a considérablement grimpé, tout comme la valeur des droits détenus par les investisseurs. Cette charge exceptionnelle ne devrait pas se renouveler.

Sans cette charge et d’autres éléments, les pertes d’OpenAI s’élèveraient à 8 milliards de dollars en 2025. C’est toujours 60 % de plus d’une année sur l’autre… Dans le même temps, le chiffre d’affaires a explosé de plus de 250 %, passant de 3,7 à 13,1 milliards. Encourageant, mais les dépenses d’exploitation ont presque triplé : 34 milliards l’an dernier, contre 12,5 milliards en 2024. OpenAI continue de dépenser beaucoup plus vite qu’elle ne gagne de l’argent.

Jackpot pour Microsoft

En 2025, les pertes directement liées à l’activité de l’entreprise s’élèvent à 20,9 milliards de dollars. Ce chiffre reflète davantage les coûts d’exploitation réels d’OpenAI que la perte nette de plus de 38 milliards de dollars sur l’exercice. Le premier poste de dépenses de la société est, sans surprise, celui de la R&D : 7,81 milliards en 2024, 19,18 milliards l’année dernière. OpenAI investit sans compter pour rester dans le peloton de tête de la course aux modèles d’IA.

Microsoft fait partie des principaux bénéficiaires de cette manne : en 2025, l’opérateur d’Azure a reçu d’OpenAI 17,2 milliards de dollars, dont 10,59 milliards qui ont vraisemblablement servi à payer les coûts d’infrastructure nécessaires à l’entraînement des modèles d’IA. En retour, Microsoft – également client d’OpenAI puisqu’elle commercialise ses technologies – a réglé 303 millions de dollars (une goutte d’eau en comparaison) au labo, contre 867 millions pour SoftBank.

Pour autant, l’entreprise n’est pas au bord du gouffre, puisqu’elle disposait en fin d’année dernière de 50 milliards de dollars d’actifs (dont un bas de laine de 25 milliards en trésorerie).

Il n’y a là rien qui puisse effrayer les investisseurs outre mesure. Fin mars, OpenAI annonçait avoir réalisé un tour de table maousse costaud, avec des engagements à hauteur de 122 milliards, sur la base d’une valorisation de 852 milliards de dollars.

☕️ L’Estonie veut attribuer une identité numérique à chaque agent IA

18 juin 2026 à 06:39


Sur internet, personne ne sait que vous êtes un agent IA. L’Estonie va créer une « identité numérique » pour ces agents, ce qui permettra de déterminer qui agit, pour le compte de qui, et avec quels droits. Au bout du compte, il pourra agir officiellement au nom d’un particulier ou d’une entreprise.

Une pièce d’identité numérique pour les agents IA, c’est ce que l’Estonie va mettre en place. Kristen Michal, Premier ministre du pays balte, explique qu’il s’agit d’« un code d’identification personnel pour l’intelligence artificielle ».

Illustration : Flock

Chaque action d’un agent, qui agit pour le compte d’un tiers, doit être traçable. « Il doit être clair qui agit, pour le compte de qui, avec quels droits et qui porte la responsabilité des actions effectuées », décrit Michal. Les agents IA se voient confier des tâches de plus en plus importantes, que ce soit pour un individu ou une organisation : « rédiger des rapports, préparer des déclarations ou communiquer avec des systèmes d’information ».

Il ne s’agit pas d’attribuer aux agents une personnalité juridique, un statut propre et encore moins une existence légale. Mais il doit être possible de préciser si un agent peut seulement « consulter des données, préparer un document ou agir dans un cadre financier déterminé ». C’est déjà largement le cas dans les entreprises : un agent IA n’obtient généralement qu’un accès restreint à l’infrastructure et aux systèmes. Les principaux fournisseurs d’agents ont mis en place des mécanismes de contrôle d’accès, de journalisation et d’approbation.

L’Estonie veut cependant aller plus loin dans ce domaine, en transposant cette logique à l’ensemble d’un pays. La nouveauté est que ces mécanismes quitteraient le cadre fermé des systèmes d’entreprise pour s’étendre aux services publics et aux démarches administratives.

Pour le Premier ministre, « il ne peut pas être question qu’une personne soit contrainte d’accorder à son assistant IA l’accès à l’ensemble de ses droits, services et données. » Dans le modèle envisagé par l’Estonie, cette identité permettrait à un agent d’interagir avec les services publics au nom d’un particulier ou d’une entreprise, tout en ayant des droits précisément définis et vérifiables.

Kristen Michal présente également cette initiative comme une opportunité pour son pays de définir un standard international concernant la traçabilité des agents IA. L’Estonie est un État pionnier en matière numérique, avec ses systèmes d’identité numérique, de signature électronique et X-Road, le réseau sécurisé qui relie les services publics estoniens

Disney+ perd à nouveau le Dolby Vision après une victoire judiciaire d’InterDigital

18 juin 2026 à 06:17
La défaite du streaming
Disney+ perd à nouveau le Dolby Vision après une victoire judiciaire d’InterDigital

Les abonnés français à Disney+ ont une fois de plus perdu le Dolby Vision, après une première interruption en février. Et cette fois, il n’est pas sûr que la fonction réapparaisse de si tôt.

Depuis plusieurs mois, le groupe InterDigital mène une guérilla judiciaire contre Disney sur la base de brevets vidéo. En février, des abonnés en France, en Allemagne, au Brésil et ailleurs ont perdu l’accès aux contenus Dolby Vision, HDR10+ et 3D distribués par le service de streaming Disney+. Ces formats ont fini par réapparaître quelques semaines plus tard, mais c’était un répit de courte durée.

À gauche, le Dolby Vision est aux abonnés absents sur Disney+ France. Il est toujours disponible sur Disney+ Canada, à droite.

De nouveau, Disney+ ne propose plus de contenus en Dolby Vision, et d’après iGeneration, les vidéos 3D destinées au Vision Pro d’Apple ont aussi disparu. Après l’injonction délivrée en novembre dernier par un tribunal régional de Munich, c’est la division locale du Tribunal unifié des brevets (UPC) basée à Mannheim (Allemagne), qui se range du côté du groupe américain spécialisé dans les brevets de télécommunications et de vidéo numérique [PDF].

Nouvelle défaite pour Disney

La décision rendue ce mardi 16 juin porte sur un brevet d’InterDigital lié à l’encodage vidéo HEVC/H.265, que Disney est accusé d’enfreindre. Le géant du divertissement estimant que le brevet était essentiel au standard HEVC, InterDigital aurait donc dû en proposer une licence selon des conditions justes, raisonnables et non discriminatoires (FRAND).

Le tribunal a finalement rejeté les arguments de Disney : « La défense FRAND des défendeurs est infondée », affirme-t-il, et la tentative de faire annuler le brevet échoue également. L’UPC estime aussi que Disney a bien été informé du brevet et des allégations d’infraction avant le procès, notamment dans le cadre de négociations de licence engagées dès 2022.

Disney a toujours la possibilité de contester cette décision devant la cour d’appel de l’UPC, située à Luxembourg. Mais, un appel n’entraîne pas automatiquement la suspension de l’injonction prononcée à Mannheim. Ce qui veut dire très concrètement pour les abonnés que le Dolby Vision pourrait ne pas revenir avant un moment sur Disney+. La décision exécutoire couvre 11 pays européens, dont la France.

Si le Dolby Vision est avant tout un format HDR destiné à améliorer l’affichage des couleurs, des contrastes et de la luminosité, il est généralement distribué dans des flux vidéo encodés en HEVC. Les deux technologies sont distinctes, mais elles sont fréquemment utilisées ensemble sur les plateformes de streaming.

« L’industrie du streaming telle que nous la connaissons aujourd’hui ne pourrait pas fonctionner sans les technologies vidéo avancées mises au point par les chercheurs d’InterDigital », déclare Josh Schmidt, directeur juridique de l’entreprise qui cherche à obtenir un « accord de long terme » avec Disney.

En attendant que ces deux-là se mettent autour d’une table et trouvent une solution, ce sont les abonnés Premium (11,99 euros par mois) qui paient les pots cassés : le prix de l’abonnement à Disney+ n’a pas baissé, malgré l’absence de ces fonctions.

Tim Cook prévient : les produits Apple vont coûter plus cher

18 juin 2026 à 05:52
Fuite de mémoire
Tim Cook prévient : les produits Apple vont coûter plus cher

Tim Cook a au moins la délicatesse de prévenir avant de faire mal : le tarif des appareils Apple va augmenter. En cause bien sûr, l’explosion des prix des composants pour la mémoire, qui forcerait le constructeur à répercuter la facture sur les consommateurs.

Apple n’a pas pour habitude de baisser ses prix ni de sacrifier ses marges, même si le constructeur a probablement dû faire quelques concessions sur le MacBook Neo. Mais la flambée des coûts de la mémoire a manifestement obligé le constructeur à faire des efforts… désormais « insoutenables », déplore Tim Cook dans le Wall Street Journal.

Des prix impossibles à tenir

Celui qui est encore directeur général d’Apple jusqu’en septembre et la passation de pouvoir avec John Ternus explique que « malheureusement », les hausses de prix sont inévitables. « Nous faisons de notre mieux pour atténuer les fortes augmentations de coûts qui nous sont répercutées, et nous avons essayé de protéger nos clients de ces hausses, mais la situation est devenue intenable », ajoute-t-il.

La raison, c’est la même que pour tous les autres constructeurs : « les fabricants de mémoire répercutent d’énormes hausses de prix » favorisées par la demande galopante de la part des acteurs de l’IA (dont Apple fait partie…). Si les fournisseurs comme Micron, Samsung et SK Hynix en profitent, tout le monde paie la facture à commencer par les consommateurs.

« Je n’ai jamais rien vu de tel dans aucun domaine en plus de quarante ans », indique Tim Cook, qui avant d’être CEO d’Apple, en était le directeur des opérations. C’est lui qui a mis en place la formidable machine à produire du groupe américain. La société dépense chaque année des dizaines de milliards de dollars pour doter ses produits en mémoire et en stockage. Ce qui en fait un des plus importants clients au monde dans ce domaine.

Une force de frappe qui a permis à Apple d’imposer ses conditions aux fournisseurs, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les géants de l’IA, qui engloutissent des sommes faramineuses dans les infrastructures et les serveurs, absorbent une part de plus en plus importante de la production de mémoire.

L’iPhone devrait coûter plus cher

Tim Cook n’est pas sans proposition pour résoudre cette crise. Il n’est pas contre mettre à contribution la trésorerie d’Apple pour soutenir la production de mémoire. Il demande aussi au gouvernement américain de revoir ses restrictions sur les fabricants chinois. « Toutes les options doivent être envisagées ». Pas question pour autant qu’Apple se lance elle-même dans la production de barrettes de RAM : « Nous ne pouvons pas tout faire […] nous savons ce que nous faisons bien. »

La réalité, c’est que « nous avons clairement besoin que les prix et l’approvisionnement en mémoire reviennent à des niveaux raisonnables pour les produits grand public. » Des produits de plus en plus gourmands en mémoire, notamment de la RAM, pour faire tourner des modèles IA comme ceux d’Apple Intelligence, nécessaires à Siri AI : « L’offre est plus limitée alors même que les consommateurs veulent [ces] appareils ».

En attendant, les prix vont donc augmenter pour les appareils Apple… et c’est même déjà le cas : le Mac mini d’entrée de gamme (16 Go de mémoire vive, 256 Go de stockage) à 699 euros a disparu du catalogue au mois de mai, « remplacé » si on peut dire par le modèle 16/512 à 949 euros. Le constructeur pourrait attendre cet automne et le lancement de la nouvelle gamme d’iPhone 18 pour faire valser les étiquettes.

Le cabinet TechInsights prévoit une hausse de 200 dollars sur l’iPhone 18 Pro par rapport à son prédécesseur, soit un total de 1 299 dollars. Dans ces conditions, on n’ose imaginer le prix de l’« iPhone Fold », premier smartphone pliant qu’Apple pourrait présenter en fin d’année.

Reçu — 17 juin 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Les smartphones « très probablement » interdits dans les lycées dès la rentrée

17 juin 2026 à 15:54


La prochaine rentrée va se dérouler sans smartphones pour les lycéens. C’est du moins ce qu’affirme Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, qui a annoncé l’interdiction des téléphones portables dans les lycées le 1er septembre.

La loi « en cours d’élaboration » interdisant l’utilisation des téléphones portables dans les lycées devrait être publiée cet été, a indiqué Édouard Geffray à France Info. Le ministre de l’Éducation est cependant un peu flou, car dans le même temps il explique que le gouvernement attend une décision de la Commission européenne sur l’autre volet du texte, qui concerne l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Mais la partie sur l’interdiction des smartphones devrait « très probablement » entrer en vigueur dès la rentrée.

Illustration : Flock

Le ministère va envoyer prochainement « un certain nombre d’éléments aux chefs d’établissement pour qu’ils puissent mettre ça en place », ajoute-t-il. « Je considère que c’est quelque chose qui est absolument majeur pour nos élèves ». Ce faisant, les lycées rejoindront donc les collèges, les élèves n’ont pas le droit d’utiliser de smartphone dans l’établissement pendant les cours et en dehors, pendant les récréations ou les activités scolaires se déroulant à l’extérieur.

Ce n’est pas une surprise : Emmanuel Macron avait déclaré en novembre dernier qu’il souhaitait l’extension de l’interdiction aux lycées. C’est la manière la plus efficace selon lui « si on considère qu’il y a un vrai risque ». Néanmoins, la mesure dans les collèges — pourtant inscrite dans la loi depuis 2018 — est toujours compliquée à mettre en œuvre concrètement. En septembre 2025, seuls 9 % des collèges avaient mis en place cette « pause numérique ».

Il revient en effet aux départements de financer l’achat des casiers de stockage dans les collèges : « Je ne peux pas imposer aux départements d’acquérir des casiers », avait botté en touche Édouard Geffray en novembre dernier. Les régions, qui ont la responsabilité des lycées et de leurs équipements, seront-elles plus réceptives ?

☕️ Microsoft se tournerait vers AWS pour absorber l’explosion des usages IA sur GitHub

17 juin 2026 à 15:38


GitHub, propriété de Microsoft, fait face à une explosion de son activité due aux outils de codage par IA (Copilot, agents autonomes, etc.). Selon Business Insider, qui cite deux sources internes, Microsoft aurait décidé de se tourner vers l’un de ses plus grands rivaux dans le cloud, Amazon, pour aider à résoudre des problèmes de capacité sur sa plateforme de code GitHub, suite à une série de pannes liées à l’IA.

Rappelons que GitHub, qui a longtemps profité d’une forme d’indépendance au sein du groupe de Redmond, était censé migrer intégralement vers Azure sous 24 mois, selon des déclarations formulées en octobre dernier.

Bien que Microsoft n’ait pas directement confirmé l’information relative à AWS, un porte-parole a indiqué à nos confrères que l’éditeur avait bien une stratégie multi-cloud : « L’incroyable pic du développement des agents qui a commencé à la fin de l’année dernière a mis à l’épreuve les limites de notre infrastructure ». Microsoft « accélère à la fois notre passage à Azure et continue d’explorer une stratégie multi-cloud afin de garantir la capacité future, l’élasticité de calcul et l’échelle horizontale nécessaires pour soutenir une croissance continue ».

On a d’ailleurs une idée assez précise du « pic extraordinaire » en question. Le 3 avril, Kyle Daigle, directeur des opérations de GitHub, publiait une statistique forte sur X : « Oui, l’activité de la plateforme explose. Il y avait eu un milliard de commits en 2025. Maintenant, c’est 275 millions par semaine, donc 14 milliards cette année si la croissance reste linéaire ». Il ajoutait : « Spoiler : ce ne sera pas le cas ».

Le responsable indiquait également que l’équipe poussait « comme des fous vers plus de CPU, l’évolutivité des services et le renforcement des fonctionnalités de base de GitHub ».

La situation ne manquerait pas d’ironie, puisque ce serait l’essor des outils d’IA de Microsoft elle-même qui engendrerait une demande que sa propre infrastructure Azure n’arriverait plus à absorber. Fin avril, plusieurs développeurs renommés, fidèles de GitHub, avaient annoncé leur intention de plier bagage en raison des dysfonctionnements de la plateforme.

Microsoft a depuis introduit une facturation à l’usage de GitHub Copilot qui, elle aussi, suscite son lot de critiques.

Les comptes Microsoft 365 visés par une campagne de phishing automatisée

17 juin 2026 à 14:49
Et ça marche toujours aussi bien
Les comptes Microsoft 365 visés par une campagne de phishing automatisée

Une campagne de phishing est en cours pour obtenir des jetons d’authentification Microsoft 365 ; prévient le FBI. La technique n’est pas nouvelle dans l’absolu, mais cette campagne s’appuie sur la plateforme Kali365 de « phishing-as-a-service », permettant une forte automatisation du processus.

En matière de sécurité, les experts sont unanimes : l’authentification multifacteur apporte une vraie couche de protection supplémentaire. Elle permet, dans sa forme la plus classique, de lier deux facteurs : une information mémorisée et une autre fournie par un équipement. Traditionnellement, il s’agit d’un mot de passe et d’une donnée délivrée par le smartphone, comme un code à six chiffres ou, plus directement, un jeton d’authentification.

Bien que globalement efficace, cette protection n’est pas inviolable. Même si on le savait, l’alerte dressée par le FBI fournit un brusque rappel.

Vol de jetons automatisé

Le FBI a émis un avertissement public concernant une plateforme de phishing-as-a-service nommée Kali365, repérée pour la première fois en avril 2026 et diffusée principalement via Telegram. Cette plateforme permet aux cybercriminels d’obtenir des jetons d’accès Microsoft 365 et de contourner l’authentification multifacteur (MFA) sans même intercepter les identifiants des utilisateurs. Bien que l’avertissement date du 21 mai, la campagne est toujours en cours.

La technique utilisée s’appelle le « device code phishing ». L’attaque commence par un email malveillant qui imite un service de cloud ou de partage de documents bien connu. Il contient un code d’appareil accompagné d’instructions pour se rendre sur une page de vérification Microsoft authentique et y saisir ce code

Si la victime valide ce code, elle autorise sans le savoir l’appareil de l’attaque à accéder à son compte. L’accès obtenu grâce à la capture du jeton (OAuth) est persistant, le pirate ayant alors une connexion constante aux services liés, dont Outlook, Teams et OneDrive. La validation de cet accès permet au pirate de ne plus avoir besoin du mot de passe, ni de repasser par un autre facteur. Du moins si la configuration du compte est celle par défaut, car d’autres mécanismes peuvent se greffer ou modifier ce flux en entreprise.

Redoutable

Selon plusieurs entreprises spécialisées dans la sécurité, dont BitDefender, la technique est redoutable : puisqu’il s’agit du détournement d’un service authentique existant, « il n’y a pas de faux site à repérer, ni de nom de domaine mal orthographié. Le jeton volé unique peut débloquer d’autres applications cloud, transformant potentiellement un clic négligent en un incident de sécurité à grande portée ».

Comme on a pu le voir par le passé, la technique n’est pas nouvelle. Mais elle demandait jusqu’à présent certains efforts dans la mise en place de serveurs spécifiques, la création de sites mimant les pages de Microsoft et la diffusion des emails de phishing. C’est là qu’intervient la plateforme Kali365 qui permet, pour environ 250 dollars par mois (ou 2 000 dollars par an), de générer par IA des leurres efficaces. Cette « suite » donne également accès à des tableaux de bord pour suivre les campagnes en cours et des modèles automatisés pour lancer des attaques.

Kali365 semble être apparue en avril, ce que confirme également le FBI. BitDefender, qui avait relevé son existence, indiquait alors que durant ce seul mois, des centaines d’attaques avaient été repérées en Amérique du Nord et en Europe.

« Grâce à l’abonnement à la plateforme Kali365, les cyber-acteurs peuvent capturer des jetons « OAuth » et obtenir un accès permanent aux environnements Microsoft 365 des individus ou entités ciblés. Kali365 abaisse la barrière d’entrée, offrant aux attaquants moins techniques un accès à des appâts de phishing générés par l’IA, des modèles de campagnes automatisés, des tableaux de bord ciblés en temps réel pour le suivi individuel et des entités, ainsi que des capacités de capture de tokens OAuth », résume ainsi le FBI.

Que faire ?

Les conseils donnés par le Bureau ou les entreprises de sécurité sont sans surprise dans ce contexte. En priorité, mettre en place une politique d’accès conditionnel dans les entreprises, c’est-à-dire définir précisément quel type d’appareil a le droit de se connecter au réseau. En instaurant ce type d’accès, on bloque le flux d’appareils, avec d’éventuelles exceptions pour certains cas très précis, comme pour les applications et processus métier.

Il est également conseillé d’auditer le flux des jetons émis pour identifier les dépendances légitimes, de bloquer les politiques de transfert d’authentification et d’exclure les comptes d’accès d’urgence si l’utilisation des codes ne peut pas être restreinte. En outre, remplacer le deuxième facteur par un moyen ne pouvant faire l’objet d’un vol par phishing, comme les clés matérielles, rend caduc ce type d’opération.

Il s’agit cependant de conseils pour les entreprises. Même si le grand public est moins souvent visé, l’automatisation des attaques peut faire basculer la pratique. Les conseils sont alors moins spécifiques, le premier d’entre eux étant toujours de vérifier soigneusement le domaine de l’expéditeur et les liens dans l’email. L’examen des mots et phrases peut également renseigner sur le sérieux du contenu. L’utilisation de suites de sécurité peut également aider.

Interrogée par The Hill le 15 juin, Microsoft indique simplement qu’il est recommandé de suivre les conseils du FBI. Le porte-parole ajoute que l’entreprise avait déjà fait tomber plusieurs réseaux de ce type, dont Raccoon365. « Plus largement, Microsoft œuvre activement à perturber les écosystèmes cybercriminels derrière le phishing en tant que service et les activités de prise de contrôle de comptes afin de protéger nos clients », déclare-t-il.

L’authentification multifacteurs en elle-même n’est pas remise en question. Il faut simplement se rappeler qu’il s’agit d’une protection supplémentaire et qu’une faille humaine est toujours possible.

Les marques parlent trop d’IA pour une majorité de consommateurs

17 juin 2026 à 13:50
Trop d'IA tue l'IA
Les marques parlent trop d’IA pour une majorité de consommateurs

Mettre l’IA à toutes les sauces, y compris dans sa communication, n’est peut-être pas le meilleur moyen pour les entreprises de séduire les consommateurs. Une étude menée aux États-Unis par WordPress VIP montre même que le marketing à base d’IA est contre-productif.

IA, IA, IA. Les entreprises n’ont plus que ce mot à la bouche, y compris quand ça n’a aucun sens. Pourtant, le rejet de l’IA est réel, en particulier chez les jeunes générations qui multiplient les protestations contre ce qu’elles perçoivent comme une menace existentielle.

Certains grands groupes ont d’ailleurs commencé à réduire la voilure sur l’IA, du moins dans leur communication comme on le voit chez Microsoft – pourtant un des principaux promoteurs de cette technologie – depuis le début de l’année. L’éditeur a mis la sourdine (un peu), il a redirigé une partie de ses ressources dans la fiabilité et l’optimisation de Windows et de ses logiciels, en continuant toutefois à investir lourdement dans l’IA. Mais tout est une affaire de perception.

Le trop-plein de marketing à base d’IA a produit ses effets, comme le montre une étude réalisée par WordPress VIP, une société du groupe Automattic qui commercialise une version de la plateforme de publication pour les grandes organisations.

Conduit auprès de 2 000 personnes aux États-Unis en avril, dont 800 décideurs d’entreprise et directeurs marketing, le sondage indique aussi que pour 60 % des consommateurs américains, la présence de l’IA dans la communication d’une marque est rédhibitoire. Et 61 % d’entre eux ne peuvent pas citer une marque qui utilise l’IA convenablement dans son marketing.

L’IA gagne du trafic mais pas la confiance des internautes

Plus globalement, la confiance dans l’IA n’existe pas. 86 % des répondants préfèrent vérifier les informations à la source plutôt que de se fier uniquement aux réponses générées par IA. Pour 42 % des personnes interrogées, ces réponses dépourvues de références sont parmi les contenus les moins fiables.

Sur un plan plus général, 42 % des répondants estiment qu’internet a perdu une partie de son caractère humain au cours de la dernière décennie. 8 personnes sur 10 jugent que l’information en ligne doit rester ouverte et décentralisée, c’est à dire pas contrôlée entre les mains de grandes organisations.

Un constat partagé par toutes les générations : entre 51 % et 61 % des personnes interrogées estiment qu’il est « très important » de préserver un accès ouvert à l’information. Et trois quart d’entre elles craignent qu’une poignée de plateformes décident de la manière dont l’information en ligne est résumée et mise en avant.

« Si le contenu de votre site n’est pas lisible par l’IA, vous devenez invisible pour une part croissante des recherches effectuées en ligne. Vous n’existez tout simplement pas », explique Brian Alvey, directeur technique de WordPress VIP (qui plaide pour sa paroisse puisqu’il vend des outils de publication en ligne). « Et si votre contenu ne paraît pas humain et digne de confiance aux yeux de la petite fraction d’utilisateurs qui cliquent encore au-delà des réponses générées par l’IA, ils ne reviendront pas une deuxième fois », ajoute-t-il.

La méfiance des internautes envers l’IA n’est donc pas une vue de l’esprit, mais dans le même temps l’étude montre aussi que les sites web reçoivent de plus en plus de visiteurs provenant de moteurs de recherche basés sur l’IA. 60 % des responsables d’entreprise interrogés indiquent ainsi que le trafic issu des réponses IA a augmenté ces douze derniers mois. Une meilleure visibilité et une meilleure attribution des contenus constituent une priorité pour 74 % des décideurs.

L’Inde bloque temporairement Telegram par crainte de fraudes aux examens

17 juin 2026 à 12:10
Pas de chichis
L’Inde bloque temporairement Telegram par crainte de fraudes aux examens

L’Inde a ordonné un blocage temporaire de Telegram jusqu’au 22 juin. Le pays craint que des fraudeurs utilisent la plateforme de messagerie pour cibler des candidats avant une session du plus grand examen d’entrée du pays.

La mesure a été annoncée le 16 juin sur X par la NTA (National Testing Agency), l’organisme qui gère le NEET (National Eligibility Entrance Test, Undergraduate), un examen d’entrée en médecine passé par des millions d’étudiants chaque année. Selon l’agence, ces restrictions visent à empêcher des réseaux de tricherie d’utiliser Telegram pour vendre de fausses copies d’examen et diffuser de la désinformation avant la session du NEET prévue le 21 juin, comme relevé par TechCrunch.

Blocage et modifications

Les restrictions comportent deux volets :

  • Une interdiction nationale et temporaire de Telegram jusqu’au 22 juin
  • Une demande à la plateforme de désactiver sa fonction de modification des messages jusqu’au 30 juin, l’agence estimant que cette fonctionnalité a déjà servi à fabriquer de fausses preuves de fuites de sujets après le passage des épreuves

La NTA justifie ces deux mesures comme prises « dans l’intérêt de l’ordre public, en réponse à l’utilisation organisée de la plateforme par des réseaux de tricherie pour escroquer les candidats du NEET 2026 ». Juridiquement, l’ordre donné par l’agence repose sur la Section 69A de la loi indienne sur les technologies de l’information.

D’inévitables critiques

Sans surprise, la décision a immédiatement suscité des critiques, dont celles de l’Internet Freedom Foundation, qui la qualifie de « solution superficielle et disproportionnée face à la fraude aux examens » dans une publication sur X. Elle fait valoir que la section est faite pour bloquer l’accès à une information et ne devrait donc pas être utilisée pour forcer un éditeur à supprimer une fonction pour l’ensemble du pays.

Pavel Durov, patron de Telegram, a d’ailleurs repris le communiqué sur X : la décision « punit plus de 150 millions d’utilisateurs ordinaires de Telegram en Inde, et pas les initiés qui ont divulgué les documents d’examen. Et l’interdiction n’a rien arrêté. Les fuites ont simplement migré vers d’autres applications ». Constat partagé par d’autres personnes sur X, avec signalements de sujets d’examens vus sur X et dans des canaux WhatsApp. « Évidemment », a commenté Pavel Durov. Telegram conteste la décision de blocage devant la Haute Cour de Delhi, indique The Free Press Journal.

Cette décision radicale peut être également vue comme un aveu d’échec pour l’agence indienne. TechCrunch rappelle en effet que NEET a été secoué par un scandale en mai à cause d’une importante fuite sur les sujets, avec à la clé une enquête fédérale.

Steam Next Fest : le volume de démos publiées explose sur fond d’IA générative

17 juin 2026 à 10:59
Games farm
Steam Next Fest : le volume de démos publiées explose sur fond d’IA générative

Valve a donné lundi le coup d’envoi de l’édition Juin 2026 de son Next Fest, un événement d’une semaine pendant lequel des milliers de démos de jeux à venir sont proposées au téléchargement gratuit. Ce Next Fest affiche 4 390 démos disponibles, contre seulement 3 500 en février, et 2 600 il y a un an. Une explosion à mettre au crédit de l’IA générative ?

Prélude aux opérations commerciales de l’été, le Steam Next Fest (ou Néo Fest en VF), qui se déroule du 15 au 22 juin, est un événement récurrent organisé par Valve, qui propose à tous les éditeurs de jeux vidéo inscrits sur sa plateforme de diffuser gratuitement une démo de leurs titres déjà publiés ou à venir. Une façon d’encourager les joueurs à essayer de nouveaux jeux, nourrir leurs listes de souhaits et donc bien sûr motiver de nouveaux achats.

550 démos estampillées « contenu IA » sur 4 390

Déployée depuis 2020, la mécanique du Steam Next Fest est désormais bien rodée. Elle est exploitée aussi bien par des studios ayant pignon sur rue que par des acteurs plus confidentiels, voire des indépendants, qui espèrent réussir à faire émerger leur création dans les méandres du magasin Steam. Mais sortir du lot s’avère un exercice de plus en plus complexe : pour cette édition juin 2026, le Steam Next Fest a en effet reçu quelque 8 764 soumissions de démos, selon les chiffres accessibles via le service tiers SteamDB.

Dans le lot figurent de nombreuses démos dont l’auteur signale avoir eu recours à de l’intelligence artificielle générative dans la création des ressources du jeu : elles sont au nombre de 1 704, toujours selon les données de SteamDB, qui permet de créer un filtre sur le critère « AI content disclosed ». Sur la base de ces chiffres, Eurogamer estime qu’environ 20 % des démos distribuées lors du Next Fest juin 2026 exploitent, d’une façon ou d’une autre, des contenus générés par IA.

Le calcul est juste, mais le périmètre demande en réalité à être précisé. Les 8 764 démos comptabilisées par SteamDB correspondent en effet aux demandes de publication soumises à Steam, et non au volume réel de démos publiées. Celui-ci s’établit en réalité à 4 390 (chiffre en date du 17 juin). Il exclut toutes les démos qui ont été refusées par Steam, mais aussi les jeux qui ont été retirés par leur auteur, les demandes de soumission qui n’ont pas été à leur terme, etc.

En combinant sur SteamDB le critère de disponibilité réelle de la démo (qui confirme l’ordre de grandeur des 4 390 publications) et celui de la déclaration relative à l’IA, on arrive à un total de 550 démos estampillées « contenu IA » par l’éditeur, soit environ 12,5 % du total. Ces chiffres soulignent par ailleurs que 1 200 des démos estampillées IA n’ont pas été au bout du processus de publication ou ont déjà été retirés, sans qu’on sache si ces abandons découlent de la modération opérée par Valve.

Une obligation de déclaration sur les contenus

Valve n’a évidemment aucun moyen de contrôler si et comment des outils d’IA sont mis en œuvre dans le processus de développement et l’écriture du code d’un jeu. L’éditeur de Steam exige cependant de ses clients, studios et développeurs, une forme de transparence pour tout ce qui touche aux aspects « visibles » du jeu :

« Nous savons que de nombreux environnements de développement de jeux modernes intègrent des outils alimentés par l’IA. Les gains d’efficacité grâce à l’utilisation de ces outils ne sont pas le sujet de cette section. Au lieu de cela, il s’agit de l’utilisation de l’IA pour créer du contenu qui est publié dans votre jeu et consommé par les joueurs et joueuses. Cela inclut des éléments tels que des images, du son, la narration, la traduction, etc. »

La démarche reste cependant déclarative, même si Valve avertit que son processus d’évaluation a vocation à vérifier qu’un jeu « tient ses engagements ».

Émerger au milieu de la fête du slop

Une chose est sure : l’avènement de l’IA générative, particulièrement dans le monde du développement logiciel, semble corrélée à une forte augmentation du nombre de démos publiées lors du Steam Next Fest. On en décompte donc 4 390 pour juin 2026, contre 3 536 en février de la même année et 2 645 en juin 2025 d’après les chiffres relevés par la newsletter GameDiscoverCo, soit une accélération de 51 % sur un an.

Le phénomène n’est pas anodin pour les studios ou les indépendants, puisqu’il devient plus difficile pour eux d’émerger dans le brouhaha de ces milliers de démos. Pour répondre à cette problématique, Valve a imaginé un calendrier en deux temps : pendant les 48 premières heures du Next Fest, les démos sont théoriquement exposées de façon équitable chez les joueurs qui affichent les pages dédiées du magasin Steam.

Ensuite, c’est une logique algorithmique classique de popularité qui prend la suite, avec un bonus accordé aux démos qui semblent rencontrer le plus grand succès. Elle a le mérite de faire disparaître les titres relevant de la « bouillie IA » (AI slop), mais soulève d’autres problèmes, puisque le Next Fest devient alors plus un amplificateur de popularité qu’un véritable outil de découverte…

☕️ Intelligence artificielle et taxation numérique au cœur du G7

17 juin 2026 à 10:22


La taxation et la régulation du numérique avanceront-elles à Évian ? Ce 17 juin, le président de la République Emmanuel Macron accueille ses homologues du G7 pour une session de travail sur la question de la sécurisation de l’intelligence artificielle et divers autres enjeux liés au numérique, à commencer par la protection des mineurs et la taxation des géants de la tech. 


Plusieurs dirigeants de sociétés tech sont aussi présents, dont les dirigeants d’OpenAI Sam Altman, d’Anthropic Dario Amodei, ou de Mistral AI Arthur Mensch. États-Unis, Allemagne, Canada, France, Italie, Japon et Royaume-Uni sont globalement d’accord sur la question de la protection des mineurs face aux réseaux sociaux, que celle-ci passe par une interdiction jusqu’à 15 ou 16 ans.

Illustration : Flock

La taxation, comme toute forme de régulation, sont en revanche de nets sujets de dissension : le 15 juin, Donald Trump menaçait d’imposer des droits de douane de 100 % sur le vin français si l’hexagone ne supprimait pas sa taxation des sociétés numériques, ce à quoi Emmanuel Macron répondait que ce n’était « pas les États-Unis qui décident ».

En 2019, la France a instauré une taxe de 3 % sur les revenus réalisés sur son territoire par les sociétés numériques, géants états-uniens compris. Au niveau national, cette taxe s’est d’ailleurs retrouvée au cœur des débats politiques, notamment au moment de la discussion du budget. À l’international, en revanche, le Canada a été contraint de renoncer à un projet similaire en 2025.

Dans la mesure où les États-Unis viennent de bloquer l’accès à Fable 5 et Mythos 5, les derniers modèles d’Anthropic, c’est en revanche sur la souveraineté des uns et des autres sur ces nouvelles technologies qu’une large part des discussions devrait se concentrer. La France comme le reste de l’Europe ont désormais bien conscience de leur manque de maîtrise des modèles et de la puissance de calcul, de même qu’à leur dépendance à divers autres fournisseurs technologiques non européens.

Outre les discussions prévues pour le déjeuner de travail de ce 17 juin sur la question, Donald Trump doit encore être reçu par Emmanuel Macron ce mercredi soir, au château de Versailles.

Les internautes s’informent plus via les plateformes que sur les sites et applications

17 juin 2026 à 10:02
Prière matinale de l'homme moderne
Les internautes s’informent plus via les plateformes que sur les sites et applications

La consommation d’information passe désormais plus fréquemment par les plateformes sociales et vidéo que par les sites web et applications des médias traditionnels, constate le Digital News Report 2026 du Reuters Institute.

Un sondage, effectué en janvier et février 2026, montre que pour la première fois, les réseaux sociaux et vidéos sont plus utilisés que les sites web et applications des chaînes de télévision et médias traditionnels pour s’informer à travers le monde. Les autrices et auteurs de ces informations continuent d’ailleurs d’évoluer : se tourner vers des influenceurs pour s’informer devient relativement normal, au point que les journalistes sont toujours plus nombreux à adopter les codes de l’influence en ligne.

Tels sont certains des constats dressés par le Digital News Report 2026 du Reuters Institute. Quinzième édition d’un travail attendu chaque année par les professionnels de l’information, le rapport s’appuie sur le sondage de 100 000 personnes interrogées à travers 48 pays (dont 2 011 en France). Parmi ses grandes conclusions, il constate aussi que les formats vidéo et l’intelligence artificielle générative gagnent des points d’usage en matière d’information.

Globalement, cela dit, la chute de confiance dans les médias traditionnels et les phénomènes d’évitement actif de tout ou partie de l’information continuent de s’étendre. En France, 29 % de la population interrogée se déclare ainsi confiante dans l’information, contre 37 % à l’échelle mondiale.

Usage des réseaux sociaux, des sites et applications de médias et de la télévision pour s’informer, par classe d’âge / Digital News Report 2026

Victoire de la vidéo en ligne

77 % de la population consomme de l’information vidéo en ligne chaque semaine. Dans 45 des 48 marchés étudiés, ils sont désormais plus nombreux à regarder des vidéos d’information de cette manière, plutôt que via les journaux télévisés. L’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas sont les trois seuls pays où ces derniers résistent.

Au Royaume-Uni, la consommation d’information vidéo est désormais plus fréquente en ligne que via la télévision / Digital News Report 2026

Depuis la pandémie, l’évolution du recours aux plateformes sociales a vu celles qui proposent de la vidéo tirer leur épingle du jeu. Si Facebook reste la plateforme la plus citée (par 43 % du public) comme espace de consommation d’information, YouTube est déjà utilisé à ces fins par 34 % des sondés, Instagram par 26 % et TikTok par 20 %. Par ailleurs, plus du quart des interrogés indique regarder de la télé traditionnelle à la demande, via YouTube ou les smart TVs.

Proportion des répondants qui se sont informés en vidéo la semaine précédent l’enquête, dans le monde / Digital News Report 2026

Soutiens et gagnants de cette évolution, les créateurs et créatrices de contenus sont de plus en plus considérés comme des sources d’information, notamment parce qu’ils sont perçus comme plus simples à comprendre et plus divertissants que les médias traditionnels.

46 % des répondants indiquent ainsi s’informer auprès de créateurs et créatrices de tous types, et 27 % auprès de personnalités d’internet spécialisées dans l’information.

Cet intérêt est généralement cumulé avec celui de l’information traditionnelle : le public qui écoute des influenceurs le fait généralement en plus de consulter des médias. Pour les écouter, logiquement, il repose de plus en plus sur les plateformes sociales et vidéo, en particulier chez les plus jeunes.

Évolution des pratiques de consommation dans le monde, tous types de medium confondus / Digital News Report 2026

Extension du domaine de l’IA

Le recours aux chatbots d’IA s’étend, quoique de manière contrastée selon les régions. Globalement, 10 % des interrogés déclarent désormais y recourir pour s’informer, contre 7 % dans le Digital News Report de 2025. Cette évolution est tirée par les usages des plus jeunes : 16 % des moins de 35 ans déclarent recourir à l’IA dans un contexte d’information.

42 % des interrogés déclarent par ailleurs recourir à ces outils pour approfondir une information, notamment pour poser des questions supplémentaires. Si le recours global à ces technologies a doublé dans des pays où la plateformisation de l’information est déjà forte, comme la Corée du Sud (14 %), la Grèce (12 %) ou l’Espagne, leur usage est resté stable en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.

Proportion des répondants qui ont utilisé des chatbots pour s’informer la semaine précédant l’enquête, par classe d’âge et par fréquence d’utilisation / Digital News Report 2026

La confiance dans la qualité des résultats fournis par des chatbots d’IA est par ailleurs tirée par l’usage : 44 % des répondants qui les utilisent se déclarent confiants dans les résultats fournis par les robots pour s’informer, tandis qu’ils ne sont plus que 17 % parmi les non-usagers.

Dans le détail, soulignons par ailleurs que ceux qui recourent à l’IA le font avant tout pour approfondir le sujet sur lequel ils s’informent – 42 % des répondants déclarent poser à leur chatbot une question sur une information qu’ils viennent d’apprendre –, tandis que plus d’un tiers y recourent pour obtenir les dernières informations (35 %), pour résumer un sujet d’actualité (34 %) ou pour trouver ou évaluer une source d’information (33 %).

Pour les médias, une conséquence évidente et déjà constatée sur la plupart des marchés est la perte de l’accès direct à leur public : entre 2024 et 2025, le trafic a dégringolé de 33 % en moyenne. Parmi la petite proportion de la population qui recourt à l’IA pour s’informer, seulement 4 % déclarent cliquer « souvent ou toujours » sur les liens sources, contre 17 % de ceux qui recourent aux réseaux sociaux pour s’informer, et 19 % de ceux qui recourent à une recherche en ligne.

La chute de la confiance dans l’information se poursuit

En parallèle de ces phénomènes, la chute de la confiance dans l’information se poursuit. D’après le Reuters Institute, sous l’effet de la plateformisation accentuée, et alors que le public continue de plébisciter une recherche d’impartialité dans l’information et d’accorder moins de crédit aux créateurs de contenu qu’aux médias traditionnels, cette confiance devrait continuer de chuter dans les années à venir.

Partout dans le monde, cela se traduit aussi par un désintérêt pour l’information. En France, qui fait partie des pays où la chute est la plus évidente, la part de la population qui se déclare « très » ou « extrêmement » intéressée par l’actualité est passée de 58 % en 2015 à 26 % des répondants en 2026.

Seulement 12 % des lecteurs français payent aussi leur information, en revanche, ils ont en moyenne deux abonnements. Une rareté, qu’on retrouve aussi en Pologne, en Australie et aux États-Unis.

Les médias de service public, lorsqu’ils existent, restent relativement appréciés. Dans plusieurs pays comme la Serbie, la Slovaquie ou l’Italie, leur image est écornée par les assauts politiques. Il en va de même en France, où France Télévisions reste consultée de manière hebdomadaire par un tiers des Français. En parallèle, 22 % des interrogés déclarent l’impact du service public positif, et 31 % l’estiment négatifs.

☕️ Mozilla plus transparente sur les fonctions en développement pour Firefox

17 juin 2026 à 09:19


Dans un billet paru ce 16 juin, la fondation Mozilla annonce le lancement d’une nouvelle page baptisée simplement Firefox Roadmap. Elle a pour mission de montrer les principales nouveautés en développement pour le navigateur, en fonction de la plateforme visée (ordinateur, Android et iOS).

« La feuille de route met en lumière ce sur quoi nous travaillons sur Firefox, notamment la productivité, la confidentialité, les performances, l’IA et les technologies qui contribuent à améliorer le web pour tous », indique simplement Mozilla.

Certains éléments sont déjà connus, comme la refonte Nova à venir que nous évoquions le mois dernier, ou encore les apports de Firefox 152, lancé mardi. D’autres vont arriver prochainement, comme les groupes d’onglets sur iOS (ils sont disponibles depuis hier sur Android).

Certaines fonctions en développement sont particulièrement attendues. Par exemple, des améliorations significatives pour l’éditeur de PDF, avec possibilité de diviser, fusionner et réorganiser les documents. Mozilla prévoit également d’ajouter des raccourcis clavier personnalisables dans son navigateur, la possibilité de partager des collections de liens (favoris et groupes d’onglets), des améliorations pour le remplissage automatique ou encore la capacité de sélectionner un contenu web pour l’afficher dans une fenêtre flottante toujours visible.

Du neuf est également prévu sur la partie confidentialité, comme l’arrivée du VPN dans les versions mobiles. La fenêtre de navigation privée permettra de son côté de supprimer les cookies en un clic. Mozilla travaille en outre à intégrer nativement dans Firefox son extension Multi-Account Containers, qui permet de créer des conteneurs distincts pour chaque service. Le blocage des publicités est prévu sur iOS et le support des clés d’accès (passkeys) doit arriver pour la version desktop.

Notez que si la liste permet d’avoir une vue d’ensemble du travail de Mozilla, elle ne fournit aucune date ni même fenêtre de lancement.

Disponible, e/OS/ 4.0 s’attaque à la migration de Gmail

17 juin 2026 à 08:45
Pour se dégoogloolilouliser
Disponible, e/OS/ 4.0 s’attaque à la migration de Gmail

La nouvelle mouture d’e/OS/ vient consolider la stratégie de Murena sur son écosystème. Plutôt qu’un bouleversement technique, l’offre propose une vision étoffée et clairement axée sur la simplicité de transition depuis Android. La migration prend même désormais Gmail en charge.

La nouvelle mouture du système e/OS/ de Murena est disponible depuis quelques jours pour les téléphones compatibles. Certains appareils rejoignent la danse, comme le OnePlus Nord ou encore les Galaxy S9 et S9+ de Samsung. Pour ces derniers, une migration signifie un passage d’AOSP (Android Open Source Project) 12 à 15, ce qui nécessite un retour aux paramètres d’usine car la méthode de chiffrement a changé dans l’intervalle. Un avertissement spécifique sera affiché dans ce cas. Le support du Fairphone 3 reste assuré, comme Murena l’avait promis en avril.

Les nouveautés se concentrent sur l’écosystème

La plupart des nouveautés concernent l’écosystème Murena plutôt que le système lui-même, même si des apports sont quand même présents. Par exemple, BlissLauncher a reçu un ravalement de façade, avec entre autres une nouvelle série de fonds d’écran et quelques nouvelles icônes.

L’une des plus grosses nouveautés concerne l’assistant de migration, qui passe pour rappel par une page web et se sert du protocole WebUSB pour travailler. L’assistant prépare le terrain pour le passage à e/OS/ et vise spécifiquement les services Google. En plus des données classiques comme les contacts et calendriers, ou encore les données contenues dans Google Drive, il prend maintenant en charge Gmail. Toutes les informations collectées sont envoyées dans les équivalents de Murena, réunis dans sa suite Workspace.

Plusieurs apports d’ailleurs pour cette dernière, avec deux nouvelles applications : Sign et Meet. La première est une solution de signature électronique prenant en charge les fichiers PDF, Word et ODT, avec une pleine conformité à la réglementation européenne eIDAS. Les signatures simples sont exploitables par tout le monde, tandis que les signatures avancées et qualifiées requièrent un abonnement Premium (à partir de 1,99 euro par mois).

L’autre application, Meet, fait exactement ce qu’elle annonce : de la visioconférence, en référence directe au service de Google. Le service est chiffré de bout en bout et permet de vérifier les équipements et de flouter l’arrière-plan avant de rejoindre un échange.

Backup, Passwords et Maps pour « bientôt »

Si la version 4.0 du système pose essentiellement de nouvelles bases, elle sera suivie d’une mouture 4.1 dans les mois qui viennent. À son bord, trois applications majeures. Backup sera ainsi chargée de créer des sauvegardes plus ou moins complètes de toutes les données en passant par le compte Murena.

Passwords viendra combler une carence importante, puisque la synchronisation des mots de passe n’est pour l’instant possible que par l’extension pour navigateur. L’application permettra de remplir automatiquement les champs et préviendra en cas de fuite de données. Enfin, Murena aura sa propre application Maps. Une bêta a été lancée et Murena communiquera « bientôt » sur la manière d’y participer.

Nouveaux smartphones GS6

Murena n’a pas communiqué sur une date précise, mais les appareils ayant déjà e/OS/ 3 peuvent normalement transiter vers la nouvelle version 4. C’est le cas pour tous les smartphones vendus directement avec le système mobile, dont les Fairphone lancés avec e/OS/.

À ce sujet, Murena en profite pour lancer les GS6 (Pro) en partenariat avec Gigaset. Les deux smartphones se veulent abordables avec des caractéristiques cohérentes : 128 ou 256 Go de stockage, 8 Go de mémoire, une batterie amovible de 5 300 mAh, un écran OLED 6,67 pouces de 1080 × 2400 pixels (394 ppi) à 120 Hz, un SoC MediaTek Dimensity 7300 (4 + 4 cœurs), du Wi-Fi 6e, du Bluetooth 5.4, deux emplacements SIM ou encore un bouton de confidentialité personnalisable. Le tout dans un format 163 × 76 × 10,5 mm pour un poids de 230 g et une certification IP68.

Le modèle 128 Go est proposé à 339 euros et le modèle 256 Go (Pro) à 449 euros. Les emballages sont annoncés comme dépourvus de plastique.

La promesse d’une « IA pour tous » au service du bien commun a du plomb dans l’aile

17 juin 2026 à 08:00
Vivement l’INdependance Day !
La promesse d’une « IA pour tous » au service du bien commun a du plomb dans l’aile

En plus de faire réagir toute la classe politique, la coupure des derniers modèles d’Anthropic remet en avant des questions de souveraineté et d’autonomie. Pour le Conseil de l’IA, « la menace sur l’autonomie numérique européenne n’est plus une hypothèse, elle est devenue une réalité tangible ».

Dans une note publiée quelques jours seulement après la coupure de Mythos 5 et de sa version pour le grand public Fable 5, le Conseil de l’IA et du Numérique évoque un « point de bascule ». Le terme est peut-être fort, mais cette coupure a été l’occasion d’éveiller les esprits sur les questions de souveraineté et de rappeler notre dépendance à des technologies américaines.

Conseil de l’IA et enjeux de souveraineté

Pour le Conseil, cette suspension soudaine « révèle en réalité des tendances de fond sur l’intelligence artificielle (IA), qui s’amplifient depuis déjà un certain temps ». Il affirme que la maîtrise des dépendances technologiques doit devenir une priorité dans le numérique.

Les enjeux de souveraineté numérique, les membres du Conseil le connaissent bien, déjà par le biais de ses deux co-présidents : Anne Bouverot (ex-Orange, présidente du conseil d’administration de l’ENS) ainsi que Guillaume Poupard (ex-patron de l’ANSSI, CTO d’Orange). Sébastien Soriano et Patrick Chaize sont également membres du Conseil.

Kill switch : jour, nuit, jour, nuit…

Cette coupure des deux modèles est la matérialisation d’une menace régulièrement évoquée : un kill switch. La question se posait déjà lors de la mise en place de S3ns et Bleu, des clouds basés sur les technologies de Google et Microsoft, mais sous le contrôle et la maîtrise d’entreprises françaises. S3ns est d’ailleurs qualifié SecNumCloud par l’ANSSI, la plus haute certification.

La question était de savoir ce qu’il se passerait si Google ou Microsoft fermaient le robinet et arrêtaient d’envoyer des mises à jour. Les cloud continueraient de fonctionner, mais sans nouvelles fonctionnalités, ni correctifs de bugs ou de sécurité. C’est certainement le point le plus sensible.

Nous avions évoqué le sujet avec les deux entités. S3ns pense pouvoir tenir quelques mois, Bleu pousse à un an et pourrait proposer à ses clients des liaisons directes afin de « fonctionner en autarcie », totalement isolé d’Internet.

Les précédents : Adobe au Venezuela, le juge de la CPI Nicolas Guillou

Comme nous l’avons vu avec l’intelligence artificielle générative, le kill switch d’Anthropic a coupé les modèles à l’ensemble des clients, partout dans le monde. Ce n’est pas une première. En octobre 2019, « Adobe avait suspendu ses services – notamment l’ouverture de documents PDF – au Venezuela à la suite d’un Executive Order signé par l’administration Trump ».

Rappelons aussi le cas Nicolas Guillou, juge français de la Cour pénale internationale qui « n’a plus accès aux services numériques développés outre-Atlantique ». Le principal intéressé avait expliqué que l’Europe était (est encore) en situation de « vassalisation, dans un contexte de déclin de l’ordre mondial ».

Pour le Conseil de l’IA, « les restrictions imposées sur les deux modèles les plus avancés d’Anthropic marquent une étape supplémentaire, significative et inédite vers la généralisation pratique de ce risque ». Si le numérique est depuis toujours un enjeu de pouvoir, les LLM deviennent des actifs stratégiques.

Washington veut s’éviter un nouveau « moment DeepSeek »

Il ajoute que cette mesure « prolonge la stratégie de containment (endiguement) technologique, jusqu’ici principalement incarnée par les restrictions à l’exportation des puces NVIDIA les plus performantes » sur le marché chinois.

Le but est évident pour les États-Unis : tenter de garder cette avance pour eux afin que ses entreprises technologiques en profitent en premier, voire en exclusivité. Le gouvernement américain veut ainsi s’« éviter un nouveau « moment DeepSeek », qui avait fortement marqué les esprits à Washington ».

En bloquant les puces, les États-Unis entendent limiter les capacités d’entraînement des plus gros modèles ; avec des restrictions sur des modèles, ils veulent « limiter les risques de distillation hostile ». Selon la note, c’est grâce à la distillation que « des laboratoires chinois, comme DeepSeek, ont très certainement pu combler une grande partie de leur retard sur les modèles américains par le passé ».

Cette histoire entre en collision avec la « promesse d’une « IA pour tous » au service du bien commun », sans oublier les questions de coûts : « l’accès aux IA performantes est jusqu’à présent très largement subventionné », avec des forfaits qui seraient bien en deçà du coût réel.

Des sociétés comme OpenAI et Anthropic n’ont de cesse de vanter les performances de leurs modèles, rappelant à qui veut l‘entendre qu’ils ne doivent pas être mis entre toutes les mains (l‘Executive Order de Donald Trump va dans ce sens).

Pour le Conseil, c’est le « retour en force de la doctrine du risque catastrophique, voire existentiel, associé à l’IA »… qui va de pair avec une « mécanique bien connue, initiée par les GAFAM, selon lesquels seule une poignée d’acteurs devraient disposer des technologies les plus avancées en raison de leur dangerosité supposée – affirmation loin de faire consensus sur le plan scientifique. En revanche, une telle posture permet à ces mêmes acteurs de justifier un contrôle accru sur ces technologies et les revenus qui en découlent, en limitant ainsi la concurrence et l’innovation ouverte ».

Vers un Independance Day ?

Pour le Conseil de l’IA, il faut donc agir, et vite. Il met en avant une approche dont nous parlons depuis des années (dans le spatial comme le numérique) : « buy european first », c’est-à-dire une préférence européenne dans la commande publique.

Autre point d’attention : les AI factories en France. Si la volonté de rééquilibrer les infrastructures critiques sur le territoire national est claire, « une vigilance particulière devra être portée sur l’allocation effective de la puissance de calcul qui, si elle s’avérait principalement fléchée vers les géants américains, ne résoudrait aucunement l’enjeu de souveraineté numérique et de la captation de la valeur produite ».

Le dernier point concerne les chercheurs. Si la France dispose d’écoles et de centres de recherche parmi les meilleurs au monde, le pays « accuse un retard croissant dans la course aux talents de l’IA, en particulier lorsqu’il s’agit de retenir ses talents ou d’en attirer d’autres ». Alors que nous étions 3e sur le nombre de « top chercheurs en IA » en 2016, nous avons glissé à la 9e place l’année dernière.

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