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☕️ Quasar, une mise à jour majeure pour GLF OS, Linux spécialisé dans le jeu vidéo

11 juin 2026 à 15:52


GLF OS, la distribution Linux française spécialisée dans les jeux vidéo vient de recevoir une mise à jour majeure. Nommée Quasar, elle apporte des améliorations significatives sur bon nombre de points et se présente comme la version de la maturité.

La nouvelle mouture est basée sur NixOS 26.0.5 et propose une mise à jour généralisée des 2 500 paquets du système. Parmi les composants les plus importants, on retrouve un noyau Linux 6.18 accompagné de Mesa 26.1 et des pilotes NVIDIA 595 pour la partie graphique. Quasar passe également à GNOME 50 et KDE 6.6.

Faugus Launcher

Outre de nouveaux fonds d’écran, on trouve également d’autres changements majeurs. Par exemple, l’intégration de Faugus Launcher pour gérer plus facilement les launchers tels que Battle.net et EA App. Ils étaient jusqu’à présent gérés par Lutris, dont le maniement n’est pas si simple. Des corrections ont été faites pour certains launchers et l’équipe GLF OS gère désormais la maintenance du paquet.

Signalons aussi des améliorations pour la gestion de l’énergie sur les machines équipées d’un GPU NVIDIA, l’intégration native de la réduction de bruit RNNoise (via Pipewire), une meilleure prise en charge des périphériques Logitech, et de manière générale les dernières versions d’un grand nombre d’applications, dont Steam, Heroic, GE-Proton ou encore OpenRGB. La version Studio de la distribution garde pour sa part DaVinci Resolve, OBS Studio, GIMP, Kdenlive et Audacity.

Si vous utilisez la distribution, elle a déjà dû vous prévenir que la nouvelle version était disponible. Il suffit alors de redémarrer la machine. Si vous souhaitez tenter l’aventure, l’image ISO peut être téléchargée depuis le site officiel, qui a fait peau neuve pour l’occasion et est plus lisible.

Les réseaux sociaux mis en cause dans la violence qui déferle en Irlande du Nord

11 juin 2026 à 15:24
L'huile, le feu
Les réseaux sociaux mis en cause dans la violence qui déferle en Irlande du Nord

Alors que l’Irlande du Nord est secouée par des manifestations violentes, le gouvernement local, britannique, et le Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme appellent les responsables de réseaux sociaux à lutter plus efficacement contre les discours de haine.

Au Royaume-Uni, la vidéo d’une agression commise ce 8 juin provoque un intense émoi. Pendant quelques minutes, dans une rue de Belfast, en Irlande du Nord, on y voit un homme frapper à plusieurs reprises, à coup de couteau, un autre homme, en sang et à terre. Le 9 au soir, puis de nouveau le 10, de violentes manifestations ont éclaté dans la ville.

Alors que le militant d’extrême-droite Tommy Robinson et le patron de X, SpaceX et Tesla Elon Musk ont appelé à « manifester SOUVENT et FORTEMENT », les autorités britanniques et le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme ont pris la parole pour critiquer le rôle des réseaux sociaux dans les explosions de violences.

Multiples appels à manifester

Identifié, l’auteur de l’attaque se nomme Hadi Alodid : Soudanais, âgé de trente ans, il est arrivé en Irlande du Nord en 2023, en provenance de la République d’Irlande, ralliée depuis Paris. Sur place, il a obtenu le statut de réfugié et un titre de séjour dont la validité court jusqu’à 2028, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Face au juge, l’homme a refusé d’être assisté par un avocat. Inculpé pour tentative de meurtre, possession d’une arme blanche sur un lieu public et menaces de mort envers une opératrice radio du Service national de santé (NHS), il est en détention provisoire jusqu’au 8 juillet, date d’une prochaine comparution. Stephen Ogilvie, sa victime, est un homme d’une quarantaine d’années, hospitalisé pour de « graves lacérations au dos et au visage ». Il a perdu son œil gauche.

Dès la diffusion de la vidéo, plusieurs personnalités de l’extrême-droite britannique ont appelé à manifester. Parmi eux, Tommy Robinson (dont le vrai nom est Stephen Yaxley-Lennon), ex-hooligan devenu influenceur d’extrême droite. Depuis les États-Unis, Elon Musk – qui a par ailleurs explicitement soutenu Tommy Robinson par le passé – s’en est mêlé, mettant la caisse de résonance de son compte X au service des appels à manifestation.

Si les autorités avaient appelé au calme, cela n’a pas empêché des centaines de personnes de se rassembler le 9 au soir, souvent masquées. Des bus et divers véhicules ont été incendiés, avant que la foule ne s’en prenne à un immeuble, un salon de coiffure turc ou encore un magasin d’alimentation arabe, rapporte Le Figaro. Le lendemain, plusieurs dizaines de manifestants ont tenté d’entrer dans le Chimney Corner : d’après Le Point, l’hôtel a hébergé par le passé des demandeurs d’asiles.

Le Royaume-Uni a été secoué par plusieurs manifestations anti-immigrés de ce type dans les années récentes, en 2024 et en 2025 pour la seule Irlande du Nord. Ce 9 juin, des rassemblements ont aussi été organisés à Glasgow, Edimbourg ou encore Southampton. Située en Angleterre, cette dernière ville a déjà subi au début du mois des troubles issus d’un autre rassemblement. Ce dernier avait été organisé pour critiquer la manière dont la police s’était occupée du meurtre d’Henry Nowak, un étudiant blanc de 18 ans, par un homme sikh.

La « responsabilité » des plateformes mise en cause

Le 10 juin, la famille de Stephen Ogilvie a elle aussi appelé au calme. « Nous voulons être absolument clairs : les troubles de la nuit dernière ne sont pas bienvenus, et manifester dans le calme est la seule façon d’avancer » a-t-elle indiqué dans un communiqué. Elle déclare avoir été « contrainte » de communiquer pour corriger de fausses informations relatives à l’état de santé de la victime. Et d’appeler le public à « cesser de diffuser de fausses informations sur les réseaux sociaux, car cela est extrêmement éprouvant ».

La ministre de l’Intérieur nord-irlandaise Naomi Long et le premier ministre britannique Keir Starmer ont tous deux critiqué des rassemblements « racistes », en ce qu’ils visaient des personnes « en raison de leur origine ». L’autorité de régulation des télécommunications britannique (Ofcom) a de son côté envoyé une lettre aux plateformes numériques, les alertant sur le « risque accru qu’[elles] soient utilisées pour attiser la haine, inciter à la violence et commettre d’autres infractions à la législation britannique ». Elle leur demande d’agir « sans délai » pour empêcher la circulation de « contenus illégaux ».

Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk a, de son côté, souligné que les « fournisseurs de plateformes de médias sociaux doivent prendre au sérieux leurs responsabilités en matière de droits humains, notamment vis-à-vis des discours de haine et d’incitation à la violence ».

Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk s’insère ainsi dans la politique britannique : en 2025, il avait notamment accusé Keir Starmer et plusieurs autres membres du gouvernement britannique de complicité avec des réseaux pédocriminels. Quelques jours avant le cas présent, le premier ministre l’avait déjà accusé de « susciter la division », alors que l’entrepreneur états-unien critiquait le travail de la police britannique au sujet du meurtre d’Henry Nowak. Son activisme a ceci de particulier qu’il impacte très peu ses activités économiques, à commencer par son projet d’introduction en bourse de SpaceX, remarque Axios, alors que des actions similaires auraient pu disqualifier d’autres chefs d’entreprise.

Ministre responsable de l’Irlande du Nord, Hilary Benn a déclaré que le gouvernement britannique « introduirait de nouvelles mesures la semaine prochaine » pour lutter contre la circulation de fausses informations. Il a qualifié d’ « inacceptable » le fait que des internautes aient diffusé en ligne les adresses de personnes qu’ils considéraient être ressortissantes étrangères.

La fin de la 2G est déjà une réalité, mais il reste 2 millions de terminaux en circulation

11 juin 2026 à 14:51
Même le 3310 n’y résistera pas
La fin de la 2G est déjà une réalité, mais il reste 2 millions de terminaux en circulation

Alors que la 2G est déjà éteinte par Orange dans une dizaine de départements, il reste encore 2 millions de terminaux encore en service qui ne prennent en charge que la 2G. L’Arcep appelle à une accélération de la migration.

En mars, Orange commençait les grands travaux de fermeture de la 2G qui doivent durer toute l’année. À l’époque, seule l’unité urbaine de Biarritz, Anglet, Bayonne (Côte basque 64) était concernée, puis les département 64 et 40 le 12 mai. Depuis le 9 juin, sept autres départements sont concernés : l’Ariège (09), la Haute-Garonne (31), le Gers (32), le Lot (46), le Lot-et-Garonne (47), les Hautes-Pyrénées (65) et le Tarn-et-Garonne (82).

Autant dire que cela commence à devenir bien réel et les choses vont encore s’accélérer. À partir de fin septembre, la 2G sera définitivement arrêtée dans le reste de la France métropolitaine. Fin 2025, la 2G n’était déjà plus disponible à la Réunion et les autres territoires ultramarins vont suivre cette année. L’Arcep tient à jour un calendrier sur cette page.

Encore 1,22 million de terminaux 2G dans le grand public

Problème, selon le dernier décompte de l’Arcep, il reste encore 2 millions de terminaux 2G seulement en circulation. 1,22 million servent encore à des usages voix, SMS et internet mobile pour des abonnés Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR. Les 0,78 million restant sont des SIM dans des terminaux Machine to Machine (MtoM), sans compter les cartes dans les véhicules (pour les appels d’urgence par exemple).

Le régulateur note une accélération de la migration des terminaux compatibles avec la 2G seulement, mais elle doit encore s’amplifier « pour atteindre un rythme permettant le renouvellement des terminaux « 2G » d’ici à l’extinction complète des réseaux 2G ».

Bouygues Telecom et SFR précisent leur calendrier, Free dépend d’Orange

Si Orange a déjà commencé, les autres opérateurs sont dans les starting-blocks. Free n’a pas de réseau 2G en propre (enfin il en a eu un, pendant quelques semaines seulement, avant de renouveler son accord avec Orange) et s’appuie sur celui de l’opérateur historique, le calendrier est donc exactement le même.

SFR se prépare aussi avec une extinction de la 2G dans les zones très denses du 15 au 30 novembre 2026, puis dans le reste de la France métropolitaine du 1ᵉʳ au 15 décembre 2026. Bouygues Telecom a aussi précisé son calendrier. Le 15 novembre 2026 sera la fin de sa 2G à Brest, Guipavas, Nancy (54000 et 54100) et Vandœuvre-lès-Nancy, puis du 1ᵉʳ au 15 décembre sur l’ensemble de la France métropolitaine.

Sécurité, consommation électrique, libération des fréquences…

Les enjeux sont multiples, à commencer par la sécurité : « la 4G et la 5G offrent une sécurité renforcée avec des protocoles de chiffrement avancés, une authentification robuste et une architecture réseau conçue pour résister aux menaces modernes par rapport aux technologies 2G et 3G », rappelle l’Arcep.

L’arrêt de la 2G et de la 3G en 2028/2029 permet de libérer des fréquences et de réduire la consommation électrique. « Le fonctionnement des réseaux 2G et 3G est, toutes choses égales par ailleurs, plus énergivore que celui de la 4G et la 5G », explique l’Arcep.

« Malgré son faible usage, la 2G représente encore près de 25 % de la consommation énergétique du réseau mobile », affirme Sud Ouest dans un article publié suite à un entretien avec Jérôme Delalande, directeur des relations avec les collectivités locales du Maine-et-Loire chez Orange. Ce dernier ajoute que « la 2G fonctionne en continu, contrairement à la 5G qui ne consomme réellement que lorsqu’elle est sollicitée. C’est comme un radiateur laissé allumé en permanence alors qu’il n’est pas nécessaire ».

Le directeur local d’Orange en profitait pour rappeler le client type encore en 2G : « Souvent, ce sont des personnes âgées, peu à l’aise avec le numérique ». Il existe aussi d’anciens équipements d’entreprises ou de collectivités encore en 2G, notamment pour des interphones et des ascenseurs. « On parle là d’équipements vieillissants, confrontés à l’obsolescence de la technologie et des produits ».

Pour les particuliers concernés, l’Arcep a mis en place une page dédiée. Il en existe aussi une autre pour les collectivités, entreprises et syndics.

Après le Summer Game Fest, les licenciements reprennent dans l’industrie du jeu vidéo

11 juin 2026 à 14:28
Same player shoot again
Après le Summer Game Fest, les licenciements reprennent dans l’industrie du jeu vidéo

Le Summer Game Fest n’aura été qu’une parenthèse enchantée pour une industrie du jeu vidéo en crise permanente. Après avoir présenté leurs futurs titres durant des événements à forte teneur en paillettes ces derniers jours, les éditeurs s’apprêtent à vivre de nouvelles secousses intenses.

Honneur au régional de l’étape, Ubisoft, qui ferme ses studios de Winnipeg et de Belgrade. Le premier, créé en 2018, comptait une centaine d’employés qui travaillaient sur les moteurs de l’éditeur (Anvil et Snowdrop). Fondé en 2016, le studio de Belgrade a contribué au développement de plusieurs hits, dont The Crew 2 et Tom Clancy’s Rainbow Six.

Ubisoft réduit encore la voilure

À cela s’ajoute une restructuration du studio de Barcelone, qui va se concentrer sur les projets en lien avec Rainbow Six, la vache à lait du groupe. Des réductions de postes sont aussi prévues dans la branche Global Publishing. 380 emplois en tout vont être supprimés, selon le décompte du site VGC.

Cette réduction de la voilure s’intègre dans le vaste plan d’économies mené par Ubisoft, qui l’a poussé à annuler au moins six jeux, reporter sept autres, fermer plusieurs studios et réduire les effectifs (dont 200 postes au QG parisien).

Autre acteur majeur du secteur en grande difficulté : Xbox. Asha Sharma, la directrice générale de la division jeux de Microsoft, et son bras droit Matt Booty en charge des contenus, ont rendu public un mémo qui ne laisse planer guère de doute sur les difficultés à venir.

« Nous terminerons cet exercice fiscal avec une marge opérationnelle d’environ 3 %, en recul par rapport à l’an dernier », expliquent les deux responsables dans un exercice de transparence inédit. En excluant Activision Blizzard King, propriété de Microsoft depuis octobre 2023, les dépenses se sont hissées à hauteur de 20 milliards de dollars sur les cinq dernières années : investissements dans les contenus, pour la plateforme et les subventions pour le matériel (les Xbox Series S et X, principalement).

« Pourtant, sur la même période, notre chiffre d’affaires annuel a reculé de près d’un demi-milliard de dollars », déplore le mémo. Une situation qui « ne peut pas perdurer ». Asha Sharma ne va pas au-delà du diagnostic, mais il ne fait aucun doute que des coupes claires sont à prévoir.

Bloomberg annonce ainsi qu’une nouvelle restructuration de Xbox est dans les tuyaux et qu’elle pourrait être annoncée peu après la présentation des résultats de l’année fiscale de Microsoft, qui aura lieu le 30 juin.

Microsoft se prépare à des temps difficiles

En plus d’une charrette de licenciements, le groupe pourrait couper dans les dépenses marketing, voire fermer un studio. C’est malheureusement devenu habituel pour la division. Des milliers de postes ont déjà été supprimés ces dernières années, et quatre studios ont mis la clé sous la porte.

La situation est d’autant plus compliquée que la crise de la mémoire enchérit le prix des consoles (Microsoft a déjà procédé à plusieurs hausses de prix des Xbox). « Lorsque j’ai pris mes fonctions de PDG en février, le prix que nous payions pour les composants de stockage de nos consoles était déjà plus de deux fois supérieur à celui de l’automne dernier. Depuis, ces coûts ont encore doublé », écrit Asha Sharma dans le mémo.

La CEO de Xbox anticipe une nouvelle hausse importante à l’approche des fêtes de fin d’année 2027, qui « porterait ces prix à plus de cinq fois le niveau que nous payions seulement deux ans auparavant. » Pour le projet Helix, future génération de Xbox, Microsoft va avoir besoin d’un « nouveau modèle économique et de nouveaux partenariats ». À l’image des consoles portables ROG Ally d’Asus labellisées Xbox, il n’est pas interdit de penser qu’Helix pourra être produit par d’autres constructeurs que Microsoft.

Avec 200 failles corrigées, le dernier Patch Tuesday de Microsoft marque une rupture

11 juin 2026 à 09:23
Toujours plus loin, plus fort, plus vite 🎵
Avec 200 failles corrigées, le dernier Patch Tuesday de Microsoft marque une rupture

Microsoft a publié mardi soir son Patch Tuesday de juin, avec un nombre record de correctifs pour près de 200 failles. L’éditeur avait prévenu le mois dernier que l’arrivée progressive des IA dans le domaine de la sécurité allait accélérer la cadence. Un phénomène d’ampleur et général.

Si vous n’avez pas encore redémarré votre ordinateur pour appliquer les derniers correctifs de Windows, il est temps de sauter le pas. La mise à jour mensuelle de sécurité, publiée le soir du 9 juin, contient un nombre record de failles corrigées, et pas des moindres : 198 vulnérabilités, dont 32 critiques et quatre dont les détails sont publics. L’une d’elles est d’ailleurs déjà exploitée.

Attention les yeux

C’est le plus gros Patch Tuesday jamais publié par Microsoft. Comme signalé par plusieurs médias, dont ComputerWeekly, le nouveau venu explose le précédent record, détenu par la mise à jour d’octobre 2025 et ses 170 failles corrigées.

Avec ses 198 vulnérabilités colmatées, le Patch Tuesday est déjà important en soi. Mais c’est surtout son nombre de failles critiques corrigées qui attire l’attention : 32, un chiffre très élevé pour un seul lâcher de patchs. En outre, quatre failles sont détaillées publiquement. Elles ne sont pas critiques, mais sont tout de même importantes, et l’une d’elles est exploitée :

  • CVE-2026-41091 : faille de type élévation de privilèges dans Microsoft Defender, activement exploitée
  • CVE-2026-45586 : faille de type élévation de privilèges (EoP) dans le Windows Collaborative Translation Framework (CTFMON)
  • CVE-2026-49160 : faille de type déni de service (DoS) dans HTTP.sys
  • CVE-2026-50507 : faille de type contournement de sécurité (SFB) dans BitLocker

La taille de cette mise à jour de sécurité interroge. Mais il faut rappeler que Microsoft a publié en mai un billet, « A note on patch Tuesday », indiquant que ses équipes d’ingénieurs, et plus généralement la communauté de la sécurité, se servaient de plus en plus des LLM et autres outils dopés à l’IA pour détecter les failles. Plus de détections mènent à plus de corrections, même si ce n’est pas nécessairement dans les mêmes proportions.

Cauchemar en salle de dev

Le mois dernier, nous rapportions les informations données par un chercheur indépendant en sécurité se faisant appeler Nightmare Eclipse. Il avait fourni des informations sur plusieurs failles, dont YellowKey qui a fait grand bruit, car elle relançait l’idée que Microsoft était en capacité de fournir la clé de chiffrement de BitLocker aux autorités si besoin.

L’impact des informations données par Nightmare Eclipse est concret. Il semble que le correctif pour la faille CVE-2026-50507 dans BitLocker soit bien lié à YellowKey. D’autres failles montrées par le chercheur trouvent a priori leur réponse dans le Patch Tuesday. GreenPlasma était par exemple une faille permettant une élévation de privilèges dans le Windows Collaborative Translation Framework. Dans le correctif pour le CVE-2026-45586, il est justement question d’une telle faille.

À noter qu’à la fin mai, Microsoft s’était fendu d’un billet pour dire tout le mal qu’elle pensait de ces publications, visibles publiquement et présentant assez de détails pour être exploitées plus ou moins facilement. L’entreprise indiquait clairement que les forces de l’ordre pouvaient être averties dans de tels cas, car les conséquences de telles révélations pouvaient avoir un impact lourd sur la sécurité générale.

Nightmare Eclipse, de son côté, expliquait en être arrivé à ces extrémités à cause d’un Microsoft ayant « choisi d’aggraver la situation au lieu de la régler comme des adultes. Ils ont eu recours à toutes les manœuvres puériles possibles. Ma patience a des limites et vous faites payer tout le monde ».

Une accélération très marquée

Outre les questions de responsabilité dans la publication des détails des failles de sécurité, l’emballement du nombre de correctifs est une conséquence directe de l’utilisation de plus en plus intensive des outils IA dans le domaine de la sécurité.

Dans son billet de mai sur le patch Tuesday, l’éditeur indiquait ainsi que les outils d’automatisation avaient mûri, que la participation des chercheurs avait augmenté et que le recours à l’IA était logiquement croissant :

« Des modèles avancés d’IA font partie du tableau de la découverte et contribuent à l’accélérer. Ils nous permettent de raisonner sur les chemins et configurations du code à une vitesse et une cohérence impossibles à la seule révision manuelle. Une automatisation supplémentaire dans nos flux de travail de validation nous aide à évaluer plus rapidement la gravité et la reproductibilité. »

Bien que cette accélération puisse poser des questions, notamment sur la manière de classer les failles et les barèmes associés, rien ne change pour l’instant, en dehors du rythme. Et le Patch Tuesday de juin n’est pas le seul à marquer « le coup ».

La société de sécurité Rapid7 notait hier sur son blog que Microsoft en était également à 360 vulnérabilités corrigées depuis le début du mois dans son navigateur Edge. La majeure partie provient de Chromium (sur lequel Edge est basé), signalant du même coup une accélération franche du rythme un peu partout. Pour preuve : Chrome 149, sorti au début du mois, corrigeait le nombre impressionnant de 429 failles de sécurité. Du côté d’Adobe, les dernières mises à jour ont colmaté 123 brèches de sécurité.

Chats et souris sous stéroïdes

« Nous sommes dans l’apocalypse des patchs. […] Ce n’est pas une tactique d’intimidation. C’est pour souligner le défi que de nombreuses organisations anticipaient, mais la nouvelle génération de LLM a accéléré significativement durant la première moitié de 2026 », a indiqué Chris Goettl, vice-président produits de sécurité chez Ivanti, interrogé par Computer Weekly.

Selon lui, cette accélération est naturelle, mais s’accompagne d’un pendant négatif, tout aussi prévisible : « Il va y avoir plus de failles résolues par les éditeurs, à un rythme plus rapide et continu que tout ce que nous avons vu jusqu’à présent. Malheureusement, cela inclura aussi plus d’exploitations de failles 0-day et n-day que précédemment ».

En avril, le cas de Firefox illustrait déjà pleinement la situation : la version 150 du navigateur corrigeait la bagatelle de 271 vulnérabilités, du jamais vu chez Mozilla. Bobby Holley, directeur technique de Firefox, évoquait d’ailleurs un « vertige ».

Ces failles avaient été repérées par le modèle Mythos d’Anthropic, accessible uniquement via le projet Glasswing, pour verrouiller l’accès à une IA considérée comme trop « puissante ». Depuis, Anthropic a publié Fable, disposant des mêmes capacités en théorie mais assortie de garde-fous.

Ces modèles utilisés pour détecter les failles sont des outils neutres : ils trouvent les vulnérabilités, mais ne s’assurent pas de l’usage qui en sera fait. En d’autres termes, c’est un nouveau jeu du chat et de la souris dans le domaine de la sécurité, cette fois sous stéroïdes.

On peut donc s’attendre désormais à des correctifs de plus en plus copieux pour les systèmes et applications. Le phénomène concerne tous les produits informatiques, que l’on parle d’ordinateurs ou d’appareils mobiles comme les téléphones et tablettes. Linux n’est pas épargné, car la série récente de correctifs portant sur des élévations locales de privilèges doit son rythme important en grande partie aux découvertes par l’IA.

Le monde de la sécurité est déjà en ébullition dans ce domaine à cause d’une hausse significative des rapports de bugs. Elle avait provoqué la colère de l’équipe derrière Ffmpeg, qui fustigeait la « bouillie » (slop) générée par l’IA et l’envoi d’un nombre si important de rapports de bugs que les vérifications devenaient humainement impossibles. Ce qui pose la question des moyens alloués à cette vérification, y compris dans les grandes entreprises comme Microsoft.

Autre question : le rythme toujours plus soutenu des découvertes, vérifications et corrections ne risque-t-il pas d’entrainer une hausse de bugs plus généraux, à cause d’effets indésirables dans les correctifs ?Les prochains mois ne seront probablement pas de tout repos.

☕️ Un démontage confirme que le Trump Phone T1 n’est qu’un modèle HTC rebadgé

11 juin 2026 à 08:53


Trump Mobile, l’opérateur virtuel lancé en juin 2025 par la famille du président des États-Unis, est rapidement revenu sur sa promesse de commercialiser un téléphone « made in USA ». Et pour cause : son premier téléphone, disponible depuis quelques jours dans le commerce, se présente en réalité comme un modèle HTC de 2024, le U24 Pro, légèrement modifié.

L’astuce avait déjà été éventée au printemps lorsque l’appareil a été enregistré auprès de la FCC et que les premiers visuels définitifs ont été rendus publics. Elle a été confirmée mercredi 10 juin à l’issue d’un démontage en règle, réalisé par le site iFixit sous l’œil des caméras de NBC News.


Résultat des courses : sous sa coque dorée ornée de la bannière étoilée, le Trump Mobile T1 dissimule des entrailles héritées de celles du HTC U24 Pro. À l’extérieur, iFixit remarque quelques petits ajustements (la grille des haut-parleurs a été redessinée, comme la partie de la coque qui abrite les capteurs photo dorsaux), mais la carte mère et le design intérieur sont identiques à ce que proposait la marque taïwanaise en 2024.

La configuration a cependant été mise à jour avec une concession patriotique : le Snapdragon 7 Gen 3 qui anime l’ensemble est ainsi accompagné de 12 Go de LPDDR5 et de 512 Go de stockage fournis par l’entreprise américaine Micron, alors que le modèle originel de HTC exploitait une mémoire fournie par SK hynix (Corée du Sud).

Le site spécialisé dans les pièces détachées note par ailleurs que la batterie (produite aux Philippines) présente une capacité légèrement supérieure à celle du smartphone de 2024. La puissance de charge est en revanche limitée à 30 W, là où le U24 Pro acceptait 60 W en entrée.

Compte tenu de ces différents éléments, iFixit conclut qu’il est impossible que le T1 se revendique d’un quelconque label « made in USA », et réserve son jugement quant à la possibilité d’un « assembled in USA », en rappelant que l’assemblage d’un téléphone et les phases finales associées exigent des ressources significatives.

Sur la réparabilité, qui constitue habituellement le critère phare des analyses d’iFixit, le site délivre la note de 3/10, soit la même que celle du HTC U24 Pro en son temps.

Apple détaille ses cinq nouveaux modèles d’IA et admet à demi-mot ses ratés

11 juin 2026 à 07:01
Le club des cinq
Apple détaille ses cinq nouveaux modèles d’IA et admet à demi-mot ses ratés

Apple renouvelle entièrement les modèles IA qui propulsent les fonctions Apple Intelligence. Et admet (presque) que la précédente génération n’était pas vraiment à la hauteur.

Sous le capot d’Apple Intelligence se trouve une famille de grands modèles de langage. Avec iOS 27 et les autres systèmes d’exploitation en « 27 », le constructeur inaugure la 3e génération de ses LLM, baptisés Apple Foundation Models (AFM), dont la particularité est de reposer sur les modèles Gemini de Google. Pas de surprise ici, l’accord entre Apple et Google avait été confirmé au mois de janvier.

Un Apple Intelligence, cinq moteurs

À l’occasion de la WWDC, Apple a présenté les nouvelles capacités de sa plateforme d’IA et de Siri, et aussi levé une petite partie du voile sur les modèles AFM 3. Comme chez les autres acteurs IA quand il s’agit de présenter de nouveaux modèles, Apple n’est pas avare en superlatifs et en promesses de performances. Mais derrière cette communication bien huilée se cache un aveu plus discret : les premiers modèles Apple Intelligence n’étaient manifestement pas au niveau attendu… ce que le retard du nouveau Siri et les critiques entourant Apple Intelligence ont largement mis en lumière.

Avant toute chose, jetons un œil aux forces en présence. Cette nouvelle fournée d’Apple Intelligence s’appuie sur cinq modèles : deux sont exécutés directement sur l’appareil, les trois autres sont hébergés dans le cloud. AFM 3 Core (3 milliards de paramètres) et AFM 3 Core Advanced sont les modèles locaux. Ce dernier compte 20 milliards de paramètres, mais n’en active qu’1 à 4 milliards en fonction des requêtes.

Image : Apple

Cette méthode astucieuse exploite des travaux de recherche internes portant sur la sélection dynamique des paramètres d’un modèle. Au lieu de charger l’intégralité du modèle en mémoire vive, l’appareil active uniquement les portions jugées utiles pour la requête en cours. Les autres paramètres restent stockés dans la mémoire flash de l’appareil, ce qui permet à Apple d’utiliser un modèle beaucoup plus volumineux que ce que la RAM seule autoriserait.

Cette puissance de frappe ouvre de nouveaux horizons à Siri AI : les voix sont plus expressives et il est possible de les personnaliser, la dictée vocale se veut plus précise. Pour en profiter, il faut cependant posséder un appareil doté de 12 Go de mémoire, ce qui qualifie l’iPhone Air, l’iPhone 17 Pro (mais pas l’iPhone 17, limité à 8 Go), un Mac M3 ou iPad M4 suffisamment doté en mémoire.

iOS 27 permet de personnaliser la voix de Siri. Image : Apple

Les trois autres modèles sont hébergés sur des serveurs : AFM 3 Cloud « optimisé pour la vitesse, l’efficacité et les performances », ADM 3 Cloud pour la génération d’images et les outils d’édition photo avancés, et AFM 3 Cloud Pro qui prend en charge les requêtes les plus exigeantes comme les outils agentiques et le raisonnement complexe.

Quelques images générées par ADM 3 Cloud.

Les deux premiers tournent sur des serveurs équipés de puces Apple. AFM 3 Cloud Pro a ceci de spécifique qu’il fonctionne sur des serveurs dotés de GPU NVIDIA hébergés dans Google Cloud. Il a donc fallu étendre Private Cloud Compute, l’architecture de protection des données personnelles d’Apple, à cette configuration. Cette dépendance à deux des principaux acteurs du secteur de l’IA est d’ailleurs inhabituelle pour une entreprise qui n’aime rien tant que maîtriser la chaîne technologique de bout en bout.

Des benchmarks et un aveu caché

Apple donne également quelques détails sur les performances de ses modèles. Dans ce domaine, chaque acteur fait sa petite sauce dans son coin mais en général, les nouveaux modèles utilisent des benchmarks plus ou moins standardisés (SWE-bench, MMLU, Humanity’s Last Exam…) ce qui autorise les comparaisons.

Contrairement à son rapport technique publié l’an dernier, dans lequel Apple comparait ses modèles à GPT-4o, Gemma ou Qwen sur plusieurs benchmarks reconnus du secteur, la présentation d’AFM 3 se concentre presque exclusivement sur des évaluations internes et des comparaisons avec la génération précédente. La méthode est tout à fait légitime, mais elle rend impossibles les comparaisons avec les modèles concurrents.

Image : Apple

C’est d’autant plus vrai qu’Apple ne compare AFM 3 qu’à la génération précédente de ses propres modèles (2025). Ce qui donne des résultats pour le moins flatteurs : pour les capacités générales en texte en local, AFM 3 Core est ainsi préféré dans 45,6 % des cas, contre 23,3 % pour son prédécesseur. En matière de compréhension d’images, AFM 3 Core a été préféré à son prédécesseur dans plus de 61 % des cas où les testeurs ont marqué une préférence.

Sur serveur, pour les capacités texte, AFM 3 Cloud obtient 64,7 % de préférences contre 8,7 % « seulement » (c’est Apple qui le dit) pour l’ancien modèle. Les performances en compréhension d’images progressent fortement, tout comme la dictée et les voix de synthèse. Le constructeur californien ne dira jamais explicitement que ses premiers modèles étaient insuffisants. Mais l’insistance sur les « avancées significatives » et le « bond générationnel » d’AFM 3 montre assez clairement que la première vague d’Apple Intelligence était en retrait, en tout cas insuffisamment performante pour soutenir la vision d’ensemble de l’entreprise.

☕️ Microsoft bloque Claude Fable 5 en interne à cause de la rétention des données

11 juin 2026 à 06:34


Microsoft s’est empressé d’ajouter Claude Fable 5 à l’arsenal de GitHub Copilot et de Foundry, la plateforme destinée au développement et à la gestion d’apps IA. Mais les employés de l’éditeur n’y ont pas accès dans les versions internes du Copilot de GitHub. D’après The Verge, l’entreprise aurait un petit souci avec la politique de rétention des données d’Anthropic.

Le labo IA conserve en effet les requêtes et les contenus générés pendant 30 jours afin de satisfaire aux exigences de sécurité liées à l’utilisation du modèle « de classe Mythos ». Fable repose sur la même base que Mythos, mais est bardé de restrictions : si la question porte sur la cybersécurité, la biologie, la chimie ou la distillation de modèles IA, elle est « déclassée » et traitée par Opus 4.8.

Ces 30 jours de rétention permettent à Anthropic d’analyser les informations pour détecter les éventuels usages malveillants du modèle. En cas de suspicion, l’entreprise peut même les conserver pour une durée de deux ans. Les données qui ne posent aucun problème sont supprimées passé le délai standard.

Ce changement n’en est pas un pour les utilisateurs qui passent par le site web ou les applications mobiles de Claude, puisque la rétention des données est déjà effective pour ces abonnés. En revanche, c’est une nouveauté pour les organisations utilisant la console Claude, ou qui accèdent à Claude via Bedrock, Google Cloud Agent ou encore Foundry avec le mode Zero Data Retention (ZDR).

Ce mode proposé par Anthropic à certains clients professionnels ne conserve pas les requêtes envoyées au modèle ni les réponses générées. Ça n’est donc plus le cas avec Fable. L’équipe juridique de Microsoft évalue ces changements ; le souci majeur concerne les données des utilisateurs et les informations confidentielles. Aucun délai n’a été annoncé.

Le cas Microsoft pourrait donc se répéter chez d’autres entreprises.

☕️ Steam arrête les cartes cadeaux physiques, victimes des escroqueries

11 juin 2026 à 05:36


Les cartes cadeaux Steam vont se faire rares dans les magasins. Et pour cause : Valve a décidé d’arrêter les frais. Les cartes physiques ne seront disponibles que pour une durée limitée : dès que le stock aura été épuisé, il n’y aura pas de réassort. La fin d’une époque.

C’est une décision « difficile », mais que Valve a fini par prendre après de trop nombreux cas d’escroquerie à la carte cadeau. Lancées en 2012, ces cartes prépayées ont fleuri dans les magasins, aux côtés de cartes pour d’autres boutiques comme Netflix, Xbox, Apple, etc. Hélas, des margoulins en ont profité pour monter des arnaques.

Au fil des ans, Valve a mis en place des mesures pour protéger les consommateurs honnêtes, en modifiant les cartes cadeaux (ajout d’un avertissement bien visible pour prévenir les escroqueries), retirer des cartes en cas d’activité anormale, et même limiter la disponibilité des cartes. Le tout en travaillant avec les revendeurs et les forces de l’ordre.

Mais c’est un jeu du chat et de la souris sans fin, car les escrocs trouvent toujours un moyen de s’adapter. « Les arnaques continuent d’affecter la clientèle de Steam et d’autres personnes qui ne se méfient pas », déplore Valve. Par conséquent, l’entreprise coupe le robinet et prévoit une rupture de stock totale d’ici la fin de cette année. Les cartes cadeaux existantes restent bien sûr utilisables sur Steam.

Voilà qui est dommage pour les joueurs, mais aussi pour les finances de Valve (même si on ne s’en fait pas trop pour eux). L’entreprise indiquait que sur la seule période des fêtes de 2023 (du 20 au 31 décembre), « l’équivalent de plus de 80 millions de dollars a été généré via l’activation de cartes-cadeaux ».

La boutique en ligne propose à la place une version dématérialisée de ces cartes. Apparues en 2017, elles ont fait l’objet d’améliorations ces derniers mois, comme la possibilité de les acheter en tant qu’invité, sans avoir de compte Steam.

34 000 comptes Instagram piratés avec l’aide du robot IA d’assistance de Meta

11 juin 2026 à 04:50

34 000 comptes Instagram piratés avec l’aide du robot IA d’assistance de Meta

Révélées début juin, les failles de l’assistance IA générative de Meta ont finalement permis à des personnes malveillantes de récupérer l’accès à quelque 34 000 comptes Instagram, affirme le New York Times sur la base de documents internes.

L’incroyable légèreté de Meta a permis à des pirates de s’emparer de 34 000 comptes Instagram, parmi lesquels ceux de la Maison Blanche sous administration Obama, d’un responsable militaire américain, ou encore d’entreprises de premier plan. La faille a été corrigée depuis, mais le robot reste en place.

Le robot d’assistance de Meta chargé de la gestion des comptes Instagram avait l’IA qui flanche. Mis en route au mois de mars, il pouvait réaliser des opérations critiques, comme le changement de l’email associé à un compte, ou encore la réinitialisation du mot de passe. Les pirates, armés d’un VPN (pour apparaitre dans le même pays que leur victime) et d’une bonne tchatche, ont poussé le bot à lancer la procédure de récupération de compte.

Grâce à cette méthode d’injection de prompts, ils ont pu prendre possession de milliers de comptes : environ 34 000, selon des chiffres internes consultés par le New York Times. 20 000 d’entre eux ont été compromis, donnant aux hackers un accès aux adresses email associées, aux numéros de téléphone, aux dates de naissance et à d’autres données personnelles. Plus de 3 500 comptes piratés ont subi un détournement de leur nom d’utilisateur.

Une vulnérabilité corrigée mais non expliquée

Meta explique ne pas être en mesure de déterminer les informations consultées ou dérobées, ce qui n’est pas rassurant. La vulnérabilité a été bouchée. Un porte parole indique que « certaines de nos vérifications internes côté serveur n’ont pas fonctionné dans ce cas précis, mais cela n’était pas dû à l’agent d’IA lui-même », tente-t-il de rassurer. L’entreprise affirme également que ses agents dédiés au service client ont permis d’augmenter de 30 % le nombre de comptes récupérés après un piratage aux États-Unis et au Canada l’an dernier.

L’incident n’en reste pas moins très problématique pour Meta, qui dépense des dizaines de milliards de dollars dans les infrastructures IA, et injecte cette technologie partout où c’est possible, parfois en dépit du bon sens. Hasard malheureux du calendrier, le groupe a présenté la semaine dernière un nouveau service permettant aux organisations et aux entreprises d’utiliser des chatbots IA pour gérer les prises de rendez-vous pour les clients et compléter des transactions.

Il n’est pour autant pas question de remiser au placard cet agent dédié au SAV d’Instagram. Malgré ces piratages, les documents internes indiquent que Meta maintient tous les produits en service, se contentant de suspendre une « expérimentation en cours » (le système d’oubli de mot de passe).

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