Vue normale

Grenoble : huit arrestations en lien avec le narcotrafic

Grenoble et sa banlieue sont le théâtre depuis la fin 2025 d’une guerre de territoires entre trafiquants de drogues, qui ont fait dix morts entre décembre et janvier.

© JEFF PACHOUD / AFP

Des CRS)patrouillent dans un immeuble résidentiel du quartier Mistral, dans le cadre d’une opération antidrogue, à Grenoble, le 15 octobre 2025.

Inceste, violences sexuelles faites aux enfants : une commission parlementaire dénonce les «défaillances» de la justice

Selon une commission d’enquête de l’Assemblée, face à «l’explosion des plaintes», les moyens humains sont «largement insuffisants», avec seulement 2000 enquêteurs spécialisés, et des professionnels insuffisamment formés.

© Alice Sacco / REUTERS

L’Assemblée nationale à Paris, le 30 juin 2026.

Paris : le patron de Telegram Pavel Durov de nouveau interrogé par des juges

«Des recours ont été déposés en France et devant les juridictions européennes», ont indiqué les avocats de l’entrepreneur milliardaire, interrogé pendant plus de six heures mercredi.

© DIMITAR DILKOFF / AFP

Pavel Durov (au centre), PDG et cofondateur de l’application de messagerie Telegram, arrive au tribunal de Paris pour une audience le 8 juillet 2026.

Coupe du monde 2026 : à Paris, les terrasses des bars et restaurants autorisées jusqu’à 2 heures du matin les soirs de match

Les secteurs de la rue de la Roquette (11e) et du Marais seront piétonnisés jeudi de 20 heures à 2 heures. Afin de limiter les rassemblements sur les Champs-Élysées à l’issue de la rencontre, plusieurs stations de métro seront également fermées ou temporairement non desservies.

© Gonzalo Fuentes / REUTERS

La maire de Paris a décidé de mettre en place des quartiers piétonisés pour le restant de la Coupe du monde.

Tempête diplomatique entre le Ghana et l’Afrique du Sud sur fond de tensions xénophobes

Le Ghana a assuré, mardi 7 juillet, avoir repoussé une visite d’État du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, en raison des tensions xénophobes qui agitent l’Afrique du Sud. Une version démentie par Pretoria, qui se bat pour défendre son image sur la scène africaine.

© PHOTO ESA ALEXANDER/REUTERS

Des migrants zimbabwéens font la queue devant le consulat du Zimbabwe, le 30 juin 2026, au Cap, en Afrique du Sud, dans le contexte d’une vague de violences xénophobes contre les migrants africains.

Élection présidentielle : en se pourvoyant en cassation, Marine Le Pen redevient-elle inéligible ?

DÉCRYPTAGE - Le pourvoi en cassation suspendant la décision d’appel, l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité prononcée en première instance est-elle en train de courir ? Cette question épineuse sur laquelle les juristes se disputent est au cœur du risque que prend Marine Le Pen.

© Benoit Tessier / REUTERS

Marine Le Pen et Jordan Bardella visitent un marché à La Flèche, dans le département de la Sarthe, un jour après qu’elle a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle française de 2027 suite à l’arrêt de la cour d’appel.

Droit d’asile en France : la facture flirte avec les deux milliards d’euros par an

INFO LE FIGARO - La sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu dénonce l’envolée des coûts, les délais trop longs d’instruction des demandes et l’absence de suivi des déboutés qui transforment le système en voie d’immigration détournée.

© Fahroni - stock.adobe.com

Les demandes d’asile enregistrées par l’Ofpra ont quasiment doublé en dix ans, passant d’environ 80 000 en 2015 à près de 145 000 en 2025.

Vers un usage présumé légitime des armes par les forces de l’ordre

DÉCRYPTAGE - Voté ce mardi devant l’Assemblée nationale, ce texte suscite l’opposition d’associations et de parlementaires de gauche qui crient «au permis de tuer».

© Louis Beauchet / ADOBE STOCK

Avec l’adoption de ce texte, l’usage de l’arme par les forces de l’ordre sera présumé légitime.

Aux États-Unis, la Coupe du monde est créatrice d’“histoires d’amour internationales”

Outre-Atlantique, l’euphorie du Mondial pousse de nombreux jeunes Américains à sortir de nouveau et à rencontrer des fans du ballon rond venus du monde entier, rapporte le magazine londonien “Dazed”. Avec, s’ils ont un peu de chance, une idylle internationale à la clé.

© Dessin de Cost paru dans Le Soir, Bruxelles

L’euphorie de la Coupe du monde 2026 pousse de nombreux jeunes Américains à sortir de nouveau, en quête d’un partenaire ou, à défaut, de nouvelles amitiés, auprès de supporteurs du monde entier.

Procès en appel de Marine Le Pen : les incertitudes multiples d’un pourvoi en cassation décidé en quelques heures

ANALYSE - Invitée au 20h de TF1, Marine Le Pen prend tout le monde de court : elle annonce d’une part sa candidature à l’élection présidentielle, et l’inscription d’un pourvoi en cassation.

© Christian Hartmann / REUTERS

Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle 2027 après sa condamnation dans l’affaire des eurodéputés.

Dix ans après l’affaire de “La Meute”, qu’est-ce qui a vraiment changé en Espagne ?

Le viol en réunion commis par cinq hommes sur une jeune femme lors des fêtes de Pampelune, le 7 juillet 2016, a constitué un tournant dans la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes outre-Pyrénées. Il reste pourtant beaucoup de chemin à parcourir, analyse la presse locale.

© PHOTO PABLO BLAZQUEZ DOMINGUEZ/GETTY IMAGES/AFP

Le 26 avril 2018, des manifestants s’étaient rassemblés à Madrid, comme ailleurs en Espagne, pour protester contre la décision d’un tribunal de Pampelune dans l’affaire de “La Meute” (“La Manada”, en espagnol).

Résultats du Bac 2026 ce mardi 7 juillet : où et comment les consulter en ligne dès maintenant ?

7 juillet 2026 à 10:00

Les résultats du Bac 2026 sont disponibles en ligne à partir de ce mardi 7 juillet. Découvrez où consulter les résultats du Baccalauréat 2026 sur Internet, le taux de réussite des candidats, et toutes les informations sur les résultats du rattrapage dans cet article.

Voici les collèges qui obtiennent les meilleures notes aux écrits du brevet

CLASSEMENT EXCLUSIF- Certains établissements, privés en particulier, se distinguent nettement aux écrits du brevet.

© Alexia Denoyelle / Le Figaro Etudiant 

Le collège Daniélou à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) fait partie des 10 meilleurs collèges de France. 

Météo des forêts : 36 départements en vigilance orange

CARTE – Trente-six départements sont en vigilance orange aux feux de forêt ce lundi. Retrouvez les prévisions pour les jours à venir avec notre carte.

© Manon Cruz / REUTERS

Des pompiers luttant contre un incendie dans la forêt communale de Fox-Amphoux, près de Pontevès (Var), fin juillet 2026.

Le réenchantement du monde

30 juin 2026 à 22:03

La France invente le progrès, mais ne l’adopte qu’à reculons, lorsque la nécessité lui force la main. Anatomie d’un peuple qui a cessé de désirer pour se contenter de subir.

Quand les contemporains de Max Weber montaient dans les premiers tramways, ils n’en connaissaient pas les rouages. Ils n’en avaient pas besoin. Il leur suffisait d’en saisir les grands principes et de savoir qu’un ingénieur, lui, les maîtrisait, et qu’aucune force occulte ne gouvernait la course de ce tube d’acier. Dans Le Savant et le Politique, opus d’une actualité saisissante, le sociologue allemand nommait cela le « désenchantement du monde », à savoir la disparition des explications magiques ou religieuses de notre environnement au profit d’une vision rationnelle, scientifique et bureaucratique. Le surnaturel reflue, les sorciers cèdent la place aux ingénieurs, et on laisse émerger une société de connaissance, basée sur la confiance dans ceux qui la produisent, la maîtrisent et la transforment en confort.

Le tramway est emprunté parce qu’on le comprend et que l’on a foi dans ceux qui le conçoivent. Le progrès, chez Weber, avançait à la vitesse d’une confiance, et la modernité pour lui était une marche triomphale vers la rationalité où l’innovation s’imposait par sa seule évidence.

Le paradoxe français : être à la pointe de la technologie et lui tourner le dos

Un siècle plus tard, la France semble avoir tourné le dos à cette ère. Le tramway est redevenu suspect. Nous avons réenchanté le monde et nous y avons projeté nos peurs : l’OGM est un Frankenstein, le nucléaire un prophète de l’apocalypse, la chimie un empoisonneur et la climatisation un climaticide. Nous avons même hissé le principe de précaution au rang constitutionnel, insigne honneur fait à une hésitation ayant sacralisé le risque hypothétique et excommunié quiconque ose le calculer ou le défier.

Notre pays, pourtant terre de génies — de Pasteur à Emmanuelle Charpentier, des frères Lumière à Yann LeCun, en passant par les utopies de Jules Verne —, invente un futur qu’il n’adopte qu’à contrecœur. Nous excellons dans l’invention, la recherche et l’imagination. Nos laboratoires, nos écoles et nos romans ont façonné des révolutions scientifiques et culturelles. Pourtant, dès qu’il s’agit de passer à l’action, nous tergiversons, nous débattons et nous attendons.

Et puis un jour la crise arrive, et soudain ce qui était un tabou devient une évidence.

L’art d’accepter l’innovation après la catastrophe

Dans un monde réenchanté, on n’embrasse plus ce que l’on comprend, mais ce que l’on subit. Toute notre histoire technologique tient dans la phrase de Jean Monnet : « Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise. » La chaleur que nous subissons depuis quelques jours en est l’exemple parfait.

Nous avons longtemps raillé la climatisation comme un vice américain, un gadget énergivore et polluant. Tandis qu’à Singapour, l’ancien Premier ministre Lee Kuan Yew déclarait que « la climatisation est la clé du progrès, qui a changé la nature de la civilisation » et en avait équipé un maximum de bâtiments publics, les Français, au motif de leur climat tempéré, étaient fiers de s’en passer. Les bâtiments sont construits sans elle, et les entreprises hésitent à investir. Il a fallu les 15 000 morts de 2003 pour qu’on impose, du bout des lèvres, une pièce rafraîchie dans nos Ehpad. Et nous revoilà, en cette fin de printemps 2026, démunis face à l’une des pires canicules de notre histoire récente, entre des classes devenues saunas, des hôpitaux étouffants et des logements irrespirables. Résultat, la climatisation devient un enjeu de santé publique et les ventes bondissent depuis quelques années. Trop tard pour les personnes âgées qui meurent chaque été et les enfants qui n’ont pu étudier correctement dans ces étuves.

Nous avons été le peuple de l’atome, par contrainte. Nous avons bâti une cinquantaine de réacteurs en deux décennies pour sortir de la dépendance au pétrole révélée par le choc de 1973, grâce à l’action de Pierre Messmer. Pourtant, dès les années 1990, le débat public se radicalise autour des risques, de la gestion des déchets et de la peur d’un nouveau Tchernobyl. Le nucléaire est devenu clivant, presque honteux, en dépit du confort qu’il apporte. Pendant des décennies, les gouvernements successifs freinent son développement et programment sa réduction de moitié, sous la pression du parti écologiste et d’une partie de l’opinion dans le cadre de tortueuses et cyniques négociations politiques. Il aura fallu la guerre en Ukraine, l’explosion des prix de l’énergie qu’elle a provoquée et les menaces de coupure de courant pour nous (re)convertir à ce que nous avions mis des années à renier. Face aux pénuries, le nucléaire redevient une solution, le président de la République annonce la relance des EPR et les écologistes les plus modérés admettent que le tout-renouvelables n’est pas pour demain. Une épiphanie trop tardive, car les délais de construction s’allongent et les coûts explosent. Nous aurions pu anticiper. Nous avons subi.

Nous avons mené la chasse aux passoires thermiques comme une croisade, jusqu’à ce que l’offre locative se tarisse et que l’on s’aperçoive que l’on ne peut retirer des centaines de milliers de logements du marché sans dommage. Le DPE a été allégé en urgence pour atténuer la crise du logement. Trop tard pour des millions de Français qui ont subi une inflation locative sans profiter d’une rénovation énergétique efficace.

Nous voyions le télétravail comme une menace pour la productivité et une atteinte à l’équilibre vie pro/vie perso. Il aura fallu un double confinement pour y convertir un quart des actifs et en faire une pratique normalisée de notre vie professionnelle. Trop tard pour les années perdues à subir des trajets épuisants.

Nous avons ignoré le poids des cotisations sociales jusqu’au jour où — voulant augmenter le pouvoir d’achat des salariés pour lutter contre l’inflation et endiguer les pénuries de recrutements — nous avons buté sur leur importance qui engloutit la moitié de la rémunération du travail. L’immense majorité de la classe politique se dote d’une offre programmatique pour les baisser dès 2027. Trop tard pour des générations de travailleurs dont le pouvoir d’achat s’est érodé année après année.

Les OGM et les vaccins, les prochains sur la liste ?

Parmi les nombreuses technologies encore honnies dans le débat public (comme le véhicule autonome, les phytosanitaires et, dans une moindre mesure, l’intelligence artificielle), deux sont particulièrement taboues malgré leur immense potentiel : l’édition génomique, héritière raffinée des OGM, nous offrant des cultures résistantes à la sécheresse et sevrées de pesticides ; et le vaccin, envers lequel les Français comptent parmi les peuples les plus défiants de la planète. Nous avons à moitié vécu la leçon avec le Covid, une pandémie jugulée en un temps record par une technologie à ARN messager que tant de Français ont reçue à contrecœur. Faudra-t-il une famine ou une nouvelle pandémie pour que nous acceptions enfin leur utilité ? Devrons-nous toujours payer en morts le prix d’une hésitation que la raison avait déjà levée ?

Le rôle du politique

Rien n’y oblige, si nos élus consentaient à tenir leur fonction. Réduits au commentaire, ils critiquent leurs prédécesseurs et leurs oppositions, déplorent des effets qu’ils n’ont pas su prévoir, s’indignent de carences qu’ils ont laissé prospérer, s’inventent des volontés qu’ils n’ont pourtant jamais exprimées.

Weber prônait pourtant une distinction établie des rôles : au savant de désenchanter le monde, d’établir ce qu’une technologie permet et ce qu’elle coûte ; au politique de trancher et d’agir. De l’homme d’État, il exigeait « la passion, le sentiment de responsabilité et le coup d’œil », ce don de voir venir et de répondre des conséquences avant qu’elles ne frappent.

Nous n’attendons pas de l’élu qu’il déplore le naufrage, mais qu’il l’évite. Non pas qu’il commente la technologie, mais qu’il en porte les usages bénéfiques. Non pas qu’il subisse le présent, mais qu’il se propose de tracer un avenir. La place du politique n’est pas dans le commentaire, mais dans la projection.

Lever le blocage technophobe

D’où vient ce blocage ? D’un recul de l’habitus scientifique et d’un rapport faussé à la modernité. La France aime le progrès en idée, elle qui a fait les Lumières, et le redoute en pratique, par crainte de la perte de contrôle, de l’inégalité, de la déshumanisation. C’est le pays du « oui, mais » : le nucléaire, c’est bien… mais c’est dangereux. Les OGM, c’est utile… mais c’est pas naturel. La climatisation, c’est pratique… mais ça consomme. Nous tenons le débat pour une vertu et l’action pour une faute, et nous délibérons jusqu’à ce que la crise tranche à notre place.

Le travers est ancien. Nous avons donné au monde le métier à tisser de Jacquard et laissé l’Angleterre en faire une révolution. Voilà notre signature, pionniers à l’atelier et timorés à l’usine. Le talent de l’amont, la peur de l’aval.

La France n’a pas un problème de génie, mais de désir. Et le désir, ça se travaille, ça s’attise, ça s’entretient. Nous inventons plus que nous n’osons employer. Nous préparons l’avenir dans nos laboratoires et nos romans, et nous l’enterrons dans nos lois. Il serait temps de l’en sortir. Faisons confiance à la science. Cessons de rougir du confort que nos inventions nous offrent, comme s’il fallait l’expier. Apprenons à anticiper plutôt qu’à réparer. Les Français n’attendent rien d’autre de ceux qui les gouvernent que de tracer un cap plutôt que de le subir. Ce sera l’un des grands enjeux de 2027.

Un peuple qui n’avance que sous la contrainte ne choisit jamais. Il subit, il s’incline, il regrette. Mais rien ne nous y condamne. Réapprenons à désenchanter le monde avant que la nécessité ne s’en charge, et à embrasser le progrès au lieu de l’attendre acculés. Le tramway de Weber est à l’arrêt. Montons-y par désir, non par peur.

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