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Reçu — 27 mai 2026 Actualités numériques

Les nouveaux prix des Steam Deck OLED font très très mal

27 mai 2026 à 19:56

Sans grosse surprise, le nouveau stock de Steam Deck OLED n’est plus aux prix des précédents. Non seulement la version « LCD » a disparu. Mais la note se retrouve hyper salée pour les modèles 512 Go et 1 To avec écrans plus haut de gamme.

Les anciens prix des Steam Deck OLED

Les anciens prix des Steam Deck OLED

Le Steam Deck OLED de 512 Go, auparavant proposé à 569€, passe à 779€ aujourd’hui. 210€ d’augmentation pour le même matériel.

La version 1 To évolue également, on passe de 679€ à 919€. Soit 240€ d’augmentation au total, ce qui est paradoxalement moins que la version 512 Go.

Les nouveaux prix des Steam Deck OLED

Les nouveaux prix des Steam Deck OLED

C’est assez logique, le plus gros de l’impact sur les prix ces derniers mois a été la mémoire vive et, dans une moindre mesure, le stockage. Les deux versions ont toutes deux une mémoire vive de 16 Go LPDDR5-6400 soudée sur la carte mère et qui ne change pas. Le passage de 512 Go à 1 To ne coûte donc que 30€ de plus « seulement ».

Les Steam Deck OLED et bientôt, tout le reste

Avec ces nouveaux tarifs, les engins ne sont plus de si bonnes affaires. Je sais qu’il faut reporter les prix proposés à l’ensemble de l’offre, mais il s’agit là d’un investissement très important. Si les 569€ ou 679€ d’origine pouvaient passer pour des caprices de joueur sur le retour, voire comme un moyen de faire fructifier son immense bibliothèque Steam. La nouvelle offre est vraiment élevée. Difficile à justifier pour l’usage proposé.

Cela reste une excellente console de jeu PC avec un écosystème efficace et des composants toujours intéressants. Le Steam Deck OLED reste la meilleure solution de jeu Linux mobile disponible aujourd’hui pour profiter de son catalogue de jeux. Mais il faut vraiment, vraiment, être motivé pour craquer.

Ces tarifs en hausse explosive ne sont qu’un des premiers effets de la vague d’augmentation attendue pour les mois qui viennent. Le palier de hausse devrait se faire véritablement sentir le mois prochain pour le Computex 2026. Le salon devrait annoncer son lot de mauvaises nouvelles au travers d’annonces de prix de plus en plus élevés. On comprend pourquoi la Steam Machine n’a toujours pas de tarif.

Dernier détail, pour ce tarif explosif, vous n’aurez pas droit à un chargeur d’alimentation… Ceux-ci semblent en rupture de stock. La cerise sur le deck en quelque sorte.

Steam Deck : l’avenir rafraichissant proposé par Valve

Source : Steam via le petit Thomas

Les nouveaux prix des Steam Deck OLED font très très mal © MiniMachines.net. 2026

Bon Flan : WYBOT B1, le robot de piscine en promo à 360€ ?

27 mai 2026 à 15:42

Si vous n’avez pas envie de mettre presque 700€ dans l’excellent robot de piscine Wybot C2 vision, vous pouvez faire comme Jean-Marc qui me demande une promo pour le Wybot N1. Un robot de piscine plus simple, sans caméra, IA ou autre, dont le fonctionnement rappellera celui des premiers aspirateurs robots mais également moins cher.

Le Wybot B1 propose deux heures d’autonomie, deux heures pendant lesquelles il s’occupera de votre piscine de fond en comble : nettoyage du fond, des parois, des marches et de la ligne d’eau. Il propose trois moteurs qui vont déplacer l’engin, le laisser flotter et permettre de nettoyer tout type de revêtement, carrelage et mosaïque compris.

WYBOT B1

Le WYBOT B1

Je n’ai pas de piscine mais, à ce que j’ai compris, l’idée est aujourd’hui de faire durer le plus longtemps possible son bassin pour ne pas le remplir encore et encore. La chaleur aidant, les résidus, pollens, feuilles et débris au fond du bassin entrainent la prolifération d’algues. Nettoyer son bassin devient donc rapidement obligatoire. Pour éviter de balancer trop de chimie dans l’eau, le recours à un robot peut être salutaire.

Plusieurs modes de nettoyage sont proposés, pilotés par une application : fond uniquement, parois, ligne d’eau pour ramasser tout ce qui y flotte et autres combinaisons de l’ensemble jusqu’à un nettoyage total. Un filtre amovible fin permet de récupérer et de vider tous les résidus facilement. Le robot revient flotter à la surface en fin de nettoyage pour être extirpé de l’eau grâce au crochet livré. 

En bref, c’est comme le Wybot C2 Vision mais sans la caméra qui repère les éléments les plus sales. L’appareil se contentant bêtement de nettoyer la piscine en suivant une routine préprogrammée.

Le WYBOT B1 en promo

Le Wybot B1 est proposé à 379.99€ par ZigBuy.fr mais tombe à 359.99€ avec le code ZBFRWB1 ajouté au panier. La garantie est de deux années et l’engin est stocké en Pologne pour une livraison rapide.

Voir l’offre sur ZigBuy.fr

 

D’autres modèles sont disponibles et bénéficient de codes promo.

Bon Flan : WYBOT B1, le robot de piscine en promo à 360€ 🍮 © MiniMachines.net. 2026

CnetFrance ou la seconde mort de Blogeee.net

27 mai 2026 à 14:15

Je n’étais plus un grand lecteur de CnetFrance, à vrai dire je n’y ai pas remis les pieds si souvent après en être parti suite à la reprise de Blogeee.net. J’y ai conservé des amitiés, des relations et pas mal de bons souvenirs. Mais le contenu proposé ne correspondait plus vraiment à mon appétit.

CnetFrance

CnetFrance conservait tout de même pour moi quelque chose de précieux, les archives de Blogeee.net. Plusieurs milliers de billets publiés par moi-même de 2007 à 2012 qui avaient été intégrés dans la base de données du site. Des archives concernant essentiellement la période netbook mais pas uniquement…

CnetFrance est donc devenu fr.cnet.com. La licence que conservait Reworld a été cédée à une nouvelle entité. Reworld ne souhaitait pas poursuivre l’activité éditoriale de la franchise, jugée pas assez rentable. C’est donc un nouvel acteur qui a signé. CLIC2SHOP reprend la licence et compte bien la faire, de son côté, fructifier.

CLIC2SHOP n’est pas un média, c’est une société qui propose deux activités aux entreprises de media. D’abord l’intégration de moteurs de comparaisons de prix. Par exemple de VPN, de forfaits mobiles, d’antivirus ou autres. Quand vous surfiez sur CnetFrance avant, et que vous tombiez en bas de page d’un article sur les antivirus sur un listing de prix, ce moteur de comparaison d’offres était proposé par CLIC2SHOP. Pour un média, c’est une valeur ajoutée et si une vente est générée, le média touche une commission d’affiliation. 

L’autre secteur d’activité de CLIC2SHOP est de proposer une « animation éditoriale », autrement dit, du contenu sponsorisé. Depuis la fin de l’année dernière, CnetFrance n’avait plus de journalistes mais égrenait des articles publicitaires les uns à la suite des autres en recourant à un travail de pigistes.  En signant la licence de Cnet.com, le site va pouvoir simplement traduire les articles écrit aux US en français et les intégrer.

Par exemple, Joe Supan de « l’équipe Cnet France » est en réalité un journaliste de Cnet.com qui n’a jamais écrit une ligne en français et dont l’article original a été traduit par la rédaction de l’antenne française. Rédaction totalement inconnue puisqu’aucun de ses membres n’est présenté dans le bas de page du site, il n’y a pas non plus de directeur de rédaction ou de directeur de publication… Je ne serais pas surpris que la traduction soit simplement le fruit du travail d’une IA. Le site ne cache d’ailleurs pas la source, en indiquant en bas du texte qu’il s’agit bien d’une traduction.

Au milieu de tout cela, on retrouve également quelques signatures comme des billets de Renaud Labracherie qui était auparavant rédacteur en chef à Les Numériques, site qui fait partie de la galaxie du groupe Reworld, mais qui est désormais journaliste indépendant.

Un contenu spécifiquement ciblé...

Un contenu spécifiquement ciblé…

L’autre activité de CLIC2SHOP étant « l’animation éditoriale » on retrouve des articles forgés sur mesure pour proposer les comparateurs de services de la marque. En clair, on fait un dossier sur ce qu’est un VPN, un antivirus ou les meilleurs opérateurs et hop, on peut glisser le tableau d’offre correspondant en dessous. 

CnetFrance était déjà client de ce fournisseur de contenu, ce qui suppose que CLIC2SHOP avait toutes les métriques à sa disposition pour faire ses comptes. Il a pu mettre en perspective le prix de la licence face aux gains potentiels de l’offre d’exposition proposée. Le cout d’une tradiuction, le prix des piges à diverses signatures indépendantes et le retour sur investissement possible.

CnetFrance disparait donc, emportant Blogeee avec lui

À vrai dire, tout cela, toute cette tambouille marketing, c’est leur problème. Cela ne me concerne pas. Je préfèrerais lire les articles en direct sur Cnet dans tous les cas. Par contre ce qui me chiffonne, c’est bien que le site a perdu son historique. Il n’y a plus de rédaction et, à l’heure où j’écris ces lignes, les recherches de mots-clés comme EeePC, Samsung NC10, MSI Wind ou Aspire One, ne renvoient vers absolument aucun résultat. La totalité des contenus de Blogeee.net a disparu : articles, tests, guides et commentaires. Autre grande perte, les articles généralistes (info et photo) ainsi que le contenu du forum de CnetFrance qui proposait des centaines de milliers d’échanges et de ressources ont également été passés à la trappe.

Aujourd’hui j’ai bien une sauvegarde de la totalité du contenu de Blogeee.net de 2007 à 2012… Mais je n’ai pas le droit de la publier. C’est donc bien une seconde mort du site qui vient d’être signée.

CnetFrance ou la seconde mort de Blogeee.net © MiniMachines.net. 2026

ECS LIVA Z15 Plus : un MiniPC annoncé sous Wildcat Lake

27 mai 2026 à 10:53

Le nouveau ECS LIVA Z15 Plus n’a pas encore dévoilé tous ses secrets. La marque utilise un communiqué de presse pour inciter les journalistes et autres acteurs à se présenter sur son stand du Computex 2026 qui aura lieu du 2 au 5 juin prochain.

Un Computex qui sera surement en demi-teinte tant la situation est morose face à la hausse des prix de la mémoire et des autres composants. Mais un Computex où les fabricants tenteront de séduire avec des nouveautés en faisant une grosse emphase sur la responsable de leurs malheurs : l’IA.

ECS LIVA Z15 Plus

ECS LIVA Z15 Plus

Le MiniPC ECS LIVA Z15 Plus annonce l’arrivée des MiniPC Wildcat Lake

Parmi les annonces attendues cette année, une probable floppée de minimachines sous processeurs Wildcat Lake. La grande question à laquelle ne répondra pas le LIVA Z15 Plus aujourd’hui, c’est le prix de ces engins. On sait que la future solution sera équipée d’une puce de la nouvelle gamme d’Intel mais on ne sait rien d’autre. Pas  de détail de son équipement interne en mémoire ni de son stockage, pas plus que la possibilité d’un produit barebone. Pas de prix ni de date de disponibilité. Juste la confirmation attendue que ces gammes de processeurs seront bien intégrées dans des MiniPC au même titre que les Alder Lake-N et Twin Lake.

ECS Liva Q4

ECS Liva Q4

C’est d’ailleurs un processeur Twin Lake qui a été retenu pour le lancement d’un autre modèle qui a été annoncé au côté du LIVA Z15 Plus. Le ECS Liva Q4 est une solution basique, très compacte avec un châssis de 7.5 cm de large comme de profondeur pour 3,5 cm d’épaisseur seulement. Sous processeurs Intel N150 ou N250, ce minuscule PC visera probablement le monde pro avec 8 à 16 Go de mémoire vive LPDDR5x-4800 soudée tout comme sera définitif le stockage de cet engin avec le choix d’un module eMMC de 128 Go seulement. Parfait pour faire un terminal portant une application métier, idéal pour lire de la vidéo en boucle mais un peu léger pour fonctionner en tant que MiniPC « classique » dans un foyer.

Ce modèle proposera une petite connectique comprenant un USB 3.2 Gen2 Type-C avec DisplayPort, deux USB 3.2 Gen2 Type-A, un port de charge USB Type-C 45W, deux sorties vidéo HDMI et un Ethernet 2.5 Gigabit. Une connexion sans fil Wi-Fi4 assez légère mais pas de port Jack pour un signal audio, c’est vraiment le PC que vous retrouverez vissé à un meuble dans un magasin pour savoir s’il reste encore un produit au fond du stock.

Pas de prix non plus pour ce second modèle. La déferlante arrivera dans quelques jours.

ECS LIVA Z15 Plus : un MiniPC annoncé sous Wildcat Lake © MiniMachines.net. 2026

Bambu Lab se prend les pieds dans le tapis des licences

27 mai 2026 à 09:48

Bambu Lab c’est une success story. De jeunes ingénieurs passionnés qui rassemblent leurs compétences pour proposer des imprimantes 3D d’excellente facture. La marque lance un premier modèle en 2020 via un financement participatif. Le succès est au rendez-vous et la reconnaissance est rapide. Après quelques modèles qui montrent tout son savoir-faire, le résultat est là. En quelques années, Bambu Lab est devenu un acteur phare. Passant devant des marques présentes depuis bien plus longtemps.

Bambu Lab X2D + AMS COMBO

Bambu Lab X2D + AMS COMBO

Ses imprimantes sont efficaces, la marque a réussi à se bâtir une communauté loyale et ses produits sont souvent considérés comme des solutions parfaites pour les créateurs2. Au fur et à mesure que leurs imprimantes se déploient, Bambu a annoncé des fonctions de plus en plus ambitieuses, proposé des solutions innovantes et marqué des points sur un marché que certains pensaient déjà totalement bouché.

Comme beaucoup d’autres constructeurs avant eux, et en particulier Prusa, Bambu Lab souffre d’un problème assez récurrent que connaissent les sociétés à succès. La marque « inspire » beaucoup ses concurrents. J’avais pour habitude de dire que les imprimantes 3D chinoises étaient des produits Prusa avec deux ans de retard. Désormais j’ai plus tendance à dire que l’inspiration vient de Bambu Lab. Et cette inspiration n’a plus que 12 mois de retard. Idées, intégrations, fonctions et même design, la marque Bambu est fort copiée. À peine lance-t-elle un produit que son look et ses spécifications se retrouvent chez des produits concurrents.

Creality Sparkx i7

Creality Sparkx i7

Un exemple récent avec l’imprimante SparkX i7 de Creality. La marque avait pour habitude de proposer des modèles cartésiens très sobres et bruts de décoffrage. Leur dernière née est clairement sous inspiration Bambuléenne. Cela va de la robe blanche du châssis au petit élément qui tourne en façade de la tête d’impression pour montrer l’activité de l’extrudeur.

Ces évolutions concurrentielles, Bambu Lab ne peut pas y faire grand-chose. Les produits d’autres marques restent suffisamment différents et le concept d’impression tellement globalisé qu’il apparait impossible de tenter de les attaquer.

Bambu Lab voit rouge mais se trompe de cible

Il y a quelque temps, un développeur indépendant publie un bout de code, une évolution du logiciel OrcaSlicer. Paweł Jarczak ne se doute probablement pas à ce moment-là que sa version maison d’OrcaSlicer va mettre le monde de l’OpenSource et de l’impression 3D en ébullition. OrcaSlicer c’est un Slicer, c’est à dire un outil qui sert à traduire en langage compréhensible par une imprimante 3D, le volume de l’objet à imprimer. Une sorte d’interprète qui définit comment imprimer les choses. Une étape indispensable pour l’impression d’un objet.

La version de ce slicer développée par Pawel a un but très précis : outrepasser les limitations imposées par le constructeur qui obligent à passer par ses serveurs pour pouvoir imprimer en local. On en avait parlé en janvier 2025 lorsque la marque avait annoncé ce mouvement de fermeture de son écosystème. Les imprimantes mises à jour avec le dernier firmware maison ne pourraient plus passer par un réseau local pour imprimer, mais uniquement via leurs serveurs. Le simple réglage de l’appareil ou l’accès à son flux vidéo, tout devra d’abord faire le tour de la terre avant de déclencher quoi que ce soit sur une imprimante pourtant installée à 3 mètres dans le même bureau. Un choix qui n’avait pas été apprécié par les internautes, ils y voyaient un recul important dans leur droit de propriété et d’usage.

L’exemple souvent donné pour comprendre ce recul est simple. Imaginez que vous ayez un travail d’impression à faire pour un tiers, ou même un projet personnel qui vous tient à cœur et que vous voulez garder secret. Il devient impossible d’utiliser votre imprimante Bambu Lab sans avoir peur que le fichier de votre impression se retrouve stocké sur un serveur qui ne vous appartient pas. Surtout que la marque propose également un service d’hébergement de fichiers 3D à imprimer. Des professionnels de l’impression 3D annoncent un peu partout qu’ils reçoivent des demandes de leurs clients exigeant un contrat qui les oblige à une impression 100% locale. Une sorte de contrat qui les protège de toute fuite de données pour éviter l’espionnage industriel. Autrement dit, pour ces professionnels, le recours à une imprimante de la marque Bambu Lab est aujourd’hui proscrit.

Avec son petit bout de logiciel, Paweł Jarczak permettait donc à des propriétaires de la machine de ne pas passer par la case « internet » et d’imprimer totalement via un réseau local. Plus besoin de passer par Bambu Studio, le Slicer maison qui force à utiliser les serveurs de Bambu. La version d’OrcaSlicer fait le boulot. Un changement mineur qui n’affecte en rien la marque, qui ne voit même plus passer le travail d’impression, et qui arrange bien les affaires de la communauté d’utilisateurs soucieuse d’employer leur matériel comme bon leur semble.

Pourtant Bambu Lab ne voit pas cette évolution logicielle d’un très bon œil. On ne sait pas pourquoi, ni sur quelle base juridique mais elle envoie alors à Pawel un courrier de mise en demeure lui intimant l’ordre de retirer son code. Son argumentaire est simple. C’est à la fois une violation des conditions d’utilisation de la marque et la preuve d’un travail de décompilation et de rétro-ingénierie de son code source. Code source fermé et propriétaire, selon eux. 

Un code source pas si fermé que cela

Le développeur a alors partagé sa mésaventure en ligne, mettant en avant son incompréhension devant cette menace. En effet, le code en question est issu d’une licence open source très particulière dont Bambu Lab a pu profiter et qu’elle veut aujourd’hui protéger. Il s’agit d’un code de type AGPL. Une licence spécifique qui permet à tout le monde d’utiliser le code en question, même pour des besoins commerciaux, à condition de laisser son propre développement avec la même licence. Or si on regarde l’historique de développement du logiciel qui est censé être protégé, fermé et propriétaire, on découvre que le logiciel Bambu Studio est bien lui-même issu d’un autre produit.

L’historique exact est limpide. Au commencement était Slic3r, un logiciel développé à partir de 2011 sur lequel s’appuient la majorité des slicers modernes. Lancé sous licence open source AGPLv3, il autorisait donc sa modification complète et sa recompilation sous un autre nom à condition expresse de permettre à d’autres de prendre les logiciels en découlant pour les modifier à leur gré. La société Prusa a ainsi pris Slic3r et l’a modifié pour lui faire mieux comprendre les évolutions et le développement de ses propres imprimantes. Une manière d’optimiser nativement le processus d’impression et de proposer un service aux petits oignons à ses clients. Mais si Prusa a modifié Slic3r, la marque a ensuite proposé PrusaSlicer sous la même licence AGPLv3 avec l’ensemble des sources nécessaires pour que n’importe qui puisse modifier le tout à son tour.

Chose faite alors par… Bambu Lab ! La marque a lancé son propre logiciel Bambu Studio sur la base du travail de Prusa et lui a à son tour apporté des modifications propres à ses besoins. Elle a ensuite fait comme tout le monde, proposé le code de son logiciel en ligne pour que tout un chacun puisse le modifier. Ainsi est apparu un autre Sliver, OrcaSlicer. Une solution gratuite et libre codéveloppée de manière plus indépendante, sans être rattachée à une marque d’imprimantes en particulier. Et c’est donc ce dernier OrcaSlicer qui a été modifié par Paweł Jarczak pour outrepasser les restrictions de Bambu. 

Le plus drôle étant qu’en 2022, Josef Prusa, à la tête des imprimantes du même nom, publiait sur Twitter la remarque ci-dessus. Ils avaient injecté dans le code source de leur propre Slicer une remontée d’information des logiciels utilisant leur développement du code source. Cette remontée listait alors la version 2.4.0 de Bambu Slicer qui avait simplement posé un nouveau design cosmétique sur le code pur de Prusa. Ce « ping » du serveur de Prusa n’était pas spécialement problématique, juste quelques données statistiques. Mais c’est un des points qui sert d’excuse à Bambu pour attaquer Pawel.

Une réaction épidermique et, il faut le dire, complètement idiote

En réaction donc, les avocats de Bambu ont envoyé une mise en demeure pour fermer cette brèche. En accusant Pawel d’intrusion, de se faire passer pour leur produit et de poser des risques de sécurité. Allant jusqu’à parler de risque pour toute leur infrastructure. La marque a, en outre, interdit à Pawel de publier leurs échanges, ce qui ne laissait alors qu’un combat déséquilibré entre une marque avec une énorme communauté et un simple particulier.

Manque de bol pour Bambu, la communauté du libre s’est engagée aux côtés de Pawel. D’abord pour dire que les revendications étaient infondées, ensuite pour leur dire de déposer vraiment plainte s’ils s’en sentaient réellement légitimes. Ils auraient eu du mal à défendre un argumentaire tel que le leur en se basant sur les licences employées. La SFC, l’association Software Freedom Conservancy, a mis également son nez dans l’aventure. En analysant les actions de Bambu, elle a pu relever deux infractions à la licence AGPLv3 : le recours à une bibliothèque spécifique dont le code n’a pas été publié en est une. Ce bout de code étant justement la partie opaque qui oblige à passer par les serveurs de la marque. On comprend qu’est ici tout le problème. Si Bambu a laissé cette partie du code totalement dans le noir, c’est bien parce que cette obligation est absolument non nécessaire, totalement artificielle. Le simple fait de limiter l’accès à Pawel Jarczak au droit de modifier ce code est une seconde violation de la licence AGPLv3. Forte de ces deux éléments, la SFC a récolté plus de 100 000 $ de dons pour pouvoir répondre aux poursuites annoncées au côté du développeur.

Le plus étrange dans cette affaire est que Bambu Lab n’a rien à gagner à chercher des poux à cette communauté. Je suppose que 99% de leur clientèle utilise le logiciel Bambu Studio d’origine, passe par leur serveur et ne voit pas le souci posé par toute cette histoire. La marque vise avec cette attaque des utilisateurs chevronnés et pointilleux, ceux qui vont au mieux ne pas vouloir de ce logiciel, au pire ne plus jamais acheter d’imprimante de la marque. En attaquant Pawel Jarczak, ils ont fait ce que beaucoup de sociétés de ce type font régulièrement : ouvrir la boite de Pandore d’un côté tout en lançant ce qu’on appelle un effet Streisand de l’autre. Et cela en plus de se faire détester par toute population de clients potentiels. Population généralement experte et fort écoutée dans ses recommandations produits.

Enfin, avant leur e-mail de menace juridique, le code source de Pawel n’était pas spécialement actif. Depuis, la situation a énormément changé.

Un contrefeu appelé Baltobu

Le 23 mai, nous apprenions que Bambu Lab revenait en arrière et laissait tomber toute idée de mise en accusation du développeur. Il faut dire que la SFC n’est pas la seule à avoir mis son nez dans l’aventure. Après Louis Rossmann, Jeff Gerling et le site Gamers Nexus qui n’y sont pas allés de main morte avec leurs déclarations, l’arrivée d’une entité juridique a changé la  donne. Cette entité est capable de se battre juridiquement à armes plus égales avec une société. Elle est également très écoutée car porteuse de nombreux projets. Elle a su récupérer plus de 100 000$ de dons et promet désormais de lancer un nouveau projet baptisé Baltobu.

Baltobu va se baser sur le code de Pawel pour proposer son alternative aux contournements des limitations imposées par Bambu Lab. Une idée qui a pour objet de dégager le développeur solo du problème. Au lieu d’attaquer un particulier qui devrait se défendre seul, Bambu devrait attaquer la SFC directement. L’idée de Baltobu est de proposer une plateforme de contournement ouverte et d’encourager les développeurs à y travailler. Mais aussi d’avoir une forme juridique aux commandes composée de spécialistes du code et du droit. En particulier des licences open source. Une entité clairement moins facile à intimider qu’un développeur solo. 

Avec Baltobu, les propriétaires d’imprimantes Bambu Lab vont récupérer les droits d’imprimer en local via un développement d’Orca Slicer. Le tout en se basant sur le code source non divulgué, contraire à la licence AGPLv3 que la SFC encourage à décompiler.

De son côté, Bambu assure désormais que tout cela est né d’une incompréhension. Arguant que le fait de parler de ses conditions d’utilisation a été perçu comme une menace légale alors que ce n’était pas le cas. Une pirouette pour essayer de ne pas sortir de cette aventure trop perdant d’un point de vue image.

La ferme d’imprimantes 3D Bambu Lab de ZBdesigns

La morale de cette histoire

Ce qu’il faut retenir de toute cette aventure va un peu plus loin qu’une bataille étouffée dans l’œuf entre juristes. La tentative de Bambu Lab est finalement assez anecdotique sur le fond. Ils ont des avocats pointilleux et ont mal évalué leur action. Ils vont passer pour des procéduriers pénibles, ce qui ne fera probablement que peu bouger les lignes. Ceux déjà convaincus que la politique commerciale limitante de la marque verront leur avis renforcé. Quant aux fans séduits par la capacité de celle-ci à proposer des impressions de qualité, ils ne verront probablement pas le problème.

Ce que nous révèle cette histoire est un peu plus large que cela. De plus en plus d’entreprises veulent contrôler l’usage de leurs produits sous la contrainte de fonctionner obligatoirement par leurs serveurs. C’est vrai pour des logiciels évidemment, mais au travers de ces outils, de plus en plus de matériel est également concerné Bambu Lab en est un très bon exemple pour deux raisons.

D’abord parce que cela n’a aucun sens de forcer à passer par leur serveur. Le matériel peut tout à fait fonctionner en local sans avoir à envoyer ses fichiers à l’autre bout de la terre dans un Data Center inconnu. Certains modèles proposés par la marque sont d’abord sortis avec cette option d’impression en local, via un réseau classique, avant d’être contraints à une évolution vers l’usage d’un serveur distant suite à une mise à jour. Ce changement unilatéral de droits d’utilisation est alarmant.

Ensuite, comme on en a fait l’expérience avec pas mal de produits domotiques par exemple, le risque de perdre l’usage de son matériel est important. Le jour où le serveur distant a un problème, le jour où la société qui propose les produits met la clé sous la porte, votre matériel devient inopérant. J’ai une multiprise programmable, par exemple, achetée il y a bientôt 8 ans, qui est « coincée » dans un scénario spécifique. Je ne peux plus la reprogrammer. En cause, la disparition du serveur loué pour la piloter par une société qui existe toujours mais qui a arrêté ce produit pour se tourner vers une autre plateforme domotique. Résultat, le produit marche, la société existe mais impossible de profiter pleinement du matériel acheté.

Le fait qu’une organisation à but non lucratif comme la SFC puisse réveiller une communauté entière, dégager rapidement des sommes rondelettes pour faire face à d’éventuels frais d’avocat et surtout mettre une certaine pression médiatique sur une marque qui vit de son image est également révélateur. La SFC et certains influenceurs importants de cette communauté maker sont allés jusqu’à défier Bambu Lab de porter l’affaire en justice. Montant ainsi qu’il n’était pas question qu’une société sans aucun appui légal puisse montrer les dents. Forte face à un développeur solo, Bambu Lab s’est comportée comme tous les harceleurs le font quand une communauté soudée se dresse devant eux. Elle est repartie en s’excusant, invoquant une incompréhension des deux parties.

Le retour de bâton peut faire mal, pour Bambu. Les sommes déjà récoltées par la SFC pour la défense de Pawel seront finalement réinjectées pour permettre le développement de Baltobu en embauchant des développeurs. Cela, plus les travaux d’une communauté experte, va probablement aboutir à la création d’un nouveau projet sous licence AGPLv3 qui rendra caduques toutes les tentatives d’enfermement des imprimantes de la marque.

C’est évidemment un signal fort pour toutes les entreprises tentées par ce genre de pratique. Ne pas respecter les licences open-source dont elles profitent est déjà grave mais personne n’a les moyens financiers de rendre justice. Mais tenter de casser la philosophie implicite de ces développements et attaquer ses développeurs ne sera pas laissé impuni. 

Je n’ai aucun souci avec le fait que certaines imprimantes professionnelles imposent de passer par des serveurs spécifiques, en utilisant un matériel spécifique et avec des consommables spécifiques. Cela existe et c’est probablement pour une bonne raison que ces marques imposent des limitations. Je n’ai pas de problème avec cela car leurs développements sont internes et non basés sur un code qu’il faut par nature partager, leur matériel est souvent exemplaire et surtout c’est clairement stipulé dans le contrat lors de sa signature

Pour d’autres, si l’acheteur n’a pas été mis au courant de ces limitations en amont et découvre qu’une simple mise à jour va lui enlever une certaine liberté d’usage, c’est une autre histoire. Laisser passer la mésaventure de Paweł Jarczak ouvrirait une brèche importante. Brèche qui pourrait se conclure rapidement par d’autres limitations d’usages.

Pourquoi ne pas faire payer le passage par le serveur de Bambu ? Un abonnement mensuel ou un abonnement au nombre d’impressions ? Pourquoi ne pas limiter les filaments exploitables à une liste décidée par le constructeur avec l’usage de puces RFID par exemple ? Faire perdre la liberté d’usage des produits aux utilisateurs est souvent une excellente source de revenus. Les constructeurs le savent et il ne se passe probablement pas une journée sans qu’une idée de ce type ne jaillisse dans la tête de certains de leurs dirigeants.

Bambu Lab se prend les pieds dans le tapis des licences © MiniMachines.net. 2026

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