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Reçu — 4 janvier 2026 De tout et de rien

Droit international : l’Amérique franchit le Rubicon

4 janvier 2026 à 13:27

Quelles conséquences aura la capture de Maduro pour les Vénézuéliens comme pour l’ordre mondial ? Le coup de force américain, en dynamitant le droit international, risque-t-il de légitimer les futures agressions de Moscou ou de Pékin ? Décryptage d’un pari risqué.

L’opération américaine du 3 janvier, qui a abouti à la capture de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, en plein cœur de Caracas, a provoqué un séisme diplomatique mondial. Les explosions nocturnes à Fuerte Tiuna, La Carlota et La Guaira, soutenues par des hélicoptères Chinook et Apache, marquent une intervention directe sans précédent depuis des décennies. Cette action unilatérale, justifiée par Washington comme une exécution de justice contre un « narco-État », a immédiatement polarisé la communauté internationale. Même si, et c’est le plus étrange, elle ne changera pas forcément la réalité subie par les Vénézuéliens. Du moins, pas dans l’immédiat.

Les réactions sont convenues et alignées sur les intérêts géopolitiques de chacun. Les alliés traditionnels du régime Maduro – Russie, Iran, Chine et Cuba – ont unanimement condamné l’opération comme une agression armée flagrante et une violation de la souveraineté vénézuélienne. Surtout, l’Iran, fidèle partenaire du Venezuela dans le contournement des sanctions et le narcotrafic, qui ressent cette action comme un coup porté à son propre « axe de résistance » contre l’Occident. Quant à Cuba qui sent déjà passer le vent d’un boulet pouvant la toucher, comme l’a évoqué le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, elle a condamné  un « terrorisme d’État » perpétré par les États-Unis.

À l’opposé, tout aussi logiquement et assez éloignés des standards du droit international, des commentaires positifs émergent de pays alignés sur Washington ou hostiles au chavisme. En Argentine, Javier Milei a célébré sur X l’opération comme une avancée pour la « liberté », saluant la chute d’un régime qu’il qualifie – à raison – de tyrannique. En Italie, Giorgia Meloni a défendu une « intervention défensive légitime » contre un État promouvant le narcotrafic, tout en nuançant ses mots d’un rejet malin de l’usage de la force pour faire tomber un régime souverain. 

L’Europe, quant à elle, apparaît particulièrement passive et écartée des enjeux, pour ne pas dire de la marche de l’Histoire. Par la voix de Kaja Kallas, la cheffe de sa diplomatie, elle se contente de « suivre de près la situation », mais n’a rien dégainé d’autre qu’un appel convenu au respect des principes du droit international et de la Charte des Nations unies. Tout en réaffirmant que Maduro manque de légitimité depuis les élections frauduleuses de 2024 qui auraient dû voir gagner l’opposant Edmundo González. 

La France, via son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, rappelle le principe de non-recours à la force, soulignant qu’ « aucune solution politique durable ne peut être imposée de l’extérieur ». Un grand numéro de « en même temps » typique du macronisme, puisque le président de la République s’est lui réjoui de voir « le peuple vénézuélien […] débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro. », avant d’ajouter : « En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. » Des mots contradictoires et sans effets qui témoignent de la marginalisation européenne et de l’absence de responsabilité et de colonne vertébrale diplomatique française. 

L’UE, déjà divisée sur les questions énergétiques et migratoires, n’a ni les moyens ni la volonté de s’impliquer dans une crise dominée par les États-Unis, laissant le champ libre à sa realpolitik qui joue aux apprentis-sorciers avec le globe. Même si on peut noter, d’un point de vue purement technique (et un peu cynique), la qualité d’une opération militaire menée de main de maître par les forces spéciales américaines, qui plus est visant à écarter un narco dictateur que personne ne regrettera. 

Un précédent dangereux pour l’ordre mondial

Cette intervention américaine pose néanmoins des questions fondamentales quant au respect du droit international, créant un précédent qui pourrait ébranler l’ordre mondial établi depuis 1945. Le cadre juridique est clair. L’article 2(4) de la Charte des Nations unies interdit formellement le recours à la force armée contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État membre, sauf en cas de légitime défense (article 51) ou avec une autorisation explicite du Conseil de sécurité. Ici, aucune résolution onusienne n’a été adoptée, et il n’existe pas d’attaque armée préalable du Venezuela contre les États-Unis justifiant une action de défense préventive. L’opération, présentée par Washington comme une simple « exécution de justice » contre un individu inculpé pour narcoterrorisme (sur la base d’une décision du Southern District of New York datant de 2020), s’apparente plutôt à un enlèvement extraterritorial d’un chef d’État en exercice, ce qui viole les principes de souveraineté et de non-ingérence. 

Cette analyse se confronte toutefois à l’idée, brandie, notamment par Kaja Kallas, que Maduro avait en réalité perdu les élections de 2024 et manquait de légitimité démocratique. Cette illégitimité interne, reconnue par l’UE et une partie de la communauté internationale, pourrait théoriquement justifier une pression diplomatique ou des sanctions, mais elle ne saurait autoriser une intervention armée unilatérale d’une puissance étrangère au nom de ses propres intérêts sécuritaires (lutte contre le narcotrafic) ou économiques (accès au pétrole vénézuélien). Le droit international ne prévoit pas de « clause d’illégitimité » permettant à un État tiers d’imposer un changement de régime par la force. Cela relèverait d’une doctrine obsolète, comme la « doctrine Monroe » revisitée et d’ailleurs évoquée par Donald Trump pour se justifier, qui risque de miner la crédibilité des institutions onusiennes.

Un régime toujours en place

Sur la succession, la position américaine est ambiguë et révélatrice. Trump a affirmé que les États-Unis géreraient le Venezuela de manière intérimaire jusqu’à la transition, sans promouvoir Maria Corina Machado ou Edmundo González comme successeurs. Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l’opposition, émerge pourtant comme une candidate naturelle. Mais l’administration Trump lui a mis un vent assez stupéfiant, semblant témoigner de son indifférence coupable au sort de la population. Le plan semble désormais se diriger vers une absence d’ingérence politique, à la condition de voir les compagnies américaines reprendre le contrôle de la manne pétrolière, laissant le pays en lambeaux et aux prises à la vengeance des brutaux lieutenants de Maduro, comme le ministre des Relations intérieures, de la Justice et.. de la Paix, Diosdado Cabello. On en vient à se demander si cette triste hypothèse ne procède pas d’un deal navrant pouvant être résumé ainsi : pétrole et Maduro, en échange d’une absence de réel interventionnisme futur. Il est encore prématuré pour l’assurer, mais les signaux envoyés ne sont vraiment pas encourageants, surtout pour les Vénézuéliens…

Dans tous les cas, cette approche unilatérale renforce l’idée d’un douteux coup d’éclat, dans lequel la prétendue préoccupation démocratique sert de prétexte à l’accomplissement d’objectifs personnels. Un classique de la diplomatie américaine, à la sauce trumpiste.

Légitimation d’une escalade potentielle

Le problème posé par cette intervention, même si l’on se réjouit vivement de la chute de Maduro et de la fin potentielle d’une dictature aux contours marxisants, est qu’elle légitime d’autres actions similaires à travers le monde, affaiblissant le principe de non-ingérence. Elle pourrait, a posteriori, donner un faux motif à Vladimir Poutine pour vendre son attaque de l’Ukraine en 2022, en créant un précédent où une grande puissance peut invoquer des menaces sécuritaires, réelles ou perçues, pour justifier une invasion unilatérale. Cela conduirait à encourager des escalades ultérieures, visant notamment des pays proches de l’Ukraine, y compris des membres de l’OTAN, comme les États baltes ou la Moldavie, avec des conséquences insoupçonnables sur la stabilité européenne et mondiale.

Les implications pour la Chine sont tout aussi alarmantes. Pékin, qui privilégie l’expansion par le commerce plutôt que par la guerre malgré ses provocations répétées et ses manœuvres militaires autour de Taïwan, pourrait se sentir légitime pour envahir l’île en invoquant des prétextes similaires, comme des menaces pour sa sécurité, une unification historique (à la manière de la Russie vis-à-vis de l’Ukraine), ou une lutte fantasmée contre des influences étrangères. Bien qu’encore une fois, la Chine soit peu encline à une conquête mondiale par la force, ce précédent américain serait de nature à abaisser son seuil d’inhibition.

Enfin, cela renforce le rôle de la Russie et de la Chine comme défenseurs de la sphère non occidentale, symbolisée par les BRICS. Et ce n’est pas un hasard si la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez, est actuellement à Moscou ou que le brésilien Lula a fortement condamné l’intervention américaine. Cet ensemble de faits soulignent comment Moscou et Pékin se positionnent comme gardiens de la sécurité des ses supposés alliés face à l’Amérique et à l’OTAN, recomposant le monde en deux blocs rappelant les plus « belles » heures de la Guerre froide. D’un côté, un Occident mené par les États-Unis imposant ses normes par la force ; de l’autre, un axe eurasiatique défendant la multipolarité, fondé sur des régimes autoritaires.

Cette opération justifie également les prochaines ingérences américaines, non seulement dans la sphère de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale – rappelant les interventions des années 1970-1990 au Panama, au Nicaragua ou au Grenade, souvent sous prétexte de lutte contre le communisme ou la drogue – mais aussi au-delà. Elle pourrait préfigurer des actions plus agressives contre des États comme l’Iran, l’opération vénézuélienne semblant coordonnée avec les actuels événements secouant le régime des mollahs. Selon nos informations, celles-ci devraient se matérialiser, à travers le bornage de téléphones et la localisation par satellite de potentielles cibles de dignitaires du régime, pouvant être éliminées par le Mossad, dont nombre d’agents agissent sur le territoire iranien.

Une recomposition de l’ordre mondial

En définitive, l’intervention au Venezuela accélère une recomposition profonde de l’ordre mondial, où le multilatéralisme incarné par l’ONU s’effrite face aux actions unilatérales des grandes puissances. Dans un espace où les États-Unis exercent une mainmise accrue sur le pétrole vénézuélien – les plus grandes réserves prouvées au monde –, cela risque de mener à des tensions énergétiques globales, avec la Russie et la Chine cherchant à contrer cette domination via des alliances alternatives, des sanctions croisées ou des disruptions sur les marchés mondiaux. Ce précédent est susceptible de plonger le monde dans une ère d’instabilité où la loi du plus fort prime sur le droit. Attention danger…

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La plongée en enfer du chavisme

4 janvier 2026 à 13:27

En dix ans, le PIB du Venezuela a été divisé par cinq — un effondrement supérieur à celui d’un pays en guerre. Près d’un quart de la population a fui la misère et la répression. Chute des prix du pétrole ? Sanctions américaines ? Les causes, plus profondes, prennent racine dans les fondements mêmes du chavisme.

Depuis plus de dix ans, le Venezuela s’est enfoncé dans une crise sans précédent. La population manque de tout : ruptures d’approvisionnement, services publics en ruine, salaires qui ne couvrent plus l’essentiel, familles éclatées par la nécessité.

L’argent facile du pétrole

Pourtant, le pays repose sur l’un des sous-sols les plus riches du monde. Bien avant Hugo Chávez, le Venezuela était déjà un État rentier : plus de 90 % de ses exportations provenaient du pétrole, tandis que l’industrie, l’agriculture et les secteurs non pétroliers étaient marginalisés. Lorsqu’il arrive au pouvoir, le baril se négocie autour de 10 dollars. Il grimpera jusqu’à 130 dollars sous sa présidence. Cette manne exceptionnelle transforme la rente pétrolière en système clientéliste : les revenus financent programmes sociaux et emplois publics, distribués en échange de l’allégeance au régime.

La loyauté remplace la compétence, le parti remplace l’administration, l’urgence remplace l’investissement. Le socialisme populiste n’administre pas seulement l’économie, il organise la dépendance.

La compagnie pétrolière publique PDVSA est devenue le symbole le plus parlant de cette transformation. En 2017, elle comptait 115 000 salariés, quatre fois plus qu’avant l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez, tout en produisant quatre fois moins de pétrole. Les licenciements massifs de 2002 – 19 000 des 30 000 salariés du groupe – ont laissé des traces. Gouverner selon les besoins des amis s’est fait au détriment de la compétence technique et de l’avenir de la nation.

Si les largesses du pouvoir profitent dans un premier temps aux classes populaires, l’effondrement du prix du baril – 30 dollars en 2015 – fait s’écrouler tout le système comme un château de cartes. Sans épargne de précaution, sans fonds souverain crédible, sans accès normal aux marchés financiers, c’est un choc cataclysmique. Les autres pays pétroliers ajustent, puisent dans leurs réserves. Le Venezuela se contente d’imprimer de la monnaie.

Mais la chute des cours n’est pas la seule raison de la destruction de l’économie du pays. Celle-ci a commencé bien plus tôt.

Les racines du mal

En 2002, seulement quatre ans après son arrivée au pouvoir, Hugo Chávez fait face à une grève générale et à un conflit ouvert avec le secteur privé. La corruption, les expropriations arbitraires, les nationalisations sans compensation et la subordination de la justice au pouvoir politique ont entraîné une perte de confiance des entrepreneurs et des investisseurs.

Le président vénézuélien prend alors deux décisions politiques qui ont un impact économique majeur : le contrôle des prix et le contrôle des changes.

Parmi les produits concernés figure un pilier de l’alimentation vénézuélienne : la farine de maïs précuite, indispensable à la fabrication des repas. Le prix est fixé par décret, au nom de la « défense du pouvoir d’achat ». Sur le papier, l’intention est simple : empêcher les industriels d’augmenter les prix. Dans la réalité, le prix administré est rapidement inférieur au coût réel de production. À court terme, l’État compense partiellement. À moyen terme, l’inflation, la dégradation des infrastructures, la pénurie de devises et les contrôles bureaucratiques rendent cette compensation insuffisante.

L’entreprise dominante du secteur, Empresas Polar, alerte à plusieurs reprises : produire à ce prix signifie produire à perte. Les coûts explosent — énergie, transport, pièces détachées importées — tandis que le prix de vente reste figé. L’État refuse d’ajuster durablement, par crainte politique de reconnaître l’inflation.

La mécanique se met alors en place, implacable. Les usines ralentissent, puis s’arrêtent par intermittence. Les stocks disparaissent des supermarchés. La farine devient un produit rare. Les files d’attente s’allongent devant les magasins d’État. Le rationnement s’installe : un paquet par personne, certains jours seulement, parfois sur présentation de la carte d’identité ou du « carnet de la patrie ».

Dans le même temps, la farine ne disparaît pas vraiment. Elle change de circuit. Les sacs subventionnés sont détournés à la sortie des usines ou des entrepôts, revendus sur les marchés informels à cinq, dix, parfois vingt fois le prix officiel. Le contrôle des prix, censé protéger les plus pauvres, ne profite qu’aux dignitaires du régime. La farine n’est pas un cas isolé. Le riz, le lait, l’huile, le sucre, puis les médicaments, tous les biens de base subissent le même sort.

Dans le même temps, pour empêcher la fuite de capitaux, l’État s’arroge le monopole total de l’accès aux devises.

Acheter des dollars devient un privilège administratif. Toute entreprise souhaitant importer doit demander des devises à un organisme public. Le taux officiel est fixé très en dessous de la valeur réelle du bolivar. Le dollar subventionné devient aussitôt une rente.

Le système produit exactement l’inverse de l’objectif affiché. Les entreprises proches du pouvoir obtiennent des dollars bon marché, parfois pour les revendre sur le marché noir avec des marges énormes, parfois pour des importations fictives qui alimentent les réseaux politiques, militaires et clientélistes.

Les entreprises productives, elles, attendent ou sont refusées. Sans devises, elles ne peuvent plus importer de machines ni de matières premières. La production s’effondre.

Un marché noir du change devient la vraie référence de l’économie. Le pays fonctionne alors avec deux réalités : un taux officiel réservé aux initiés et un taux réel, illégal mais indispensable à la survie.

Sous Nicolás Maduro, le système se complexifie sans jamais être démantelé. Les taux se multiplient, l’arbitraire s’installe, la corruption explose. Le contrôle des changes alimente la fuite de capitaux, accélère la désindustrialisation et prépare l’hyperinflation.

Entre 2000 et 2018, on estime que plus de 150 milliards de dollars ont quitté le pays. Une moyenne de 3,5% du PIB chaque année.

L’inflation atteint 4 % par jour. Ce qui vaut 1 bolivar le lundi en vaut 1,27 le dimanche. 3,12 à la fin du mois. Plus d’un million et demi un an après. En 2021, le salaire mensuel minimum ne permet plus de s’acheter qu’une seule boîte d’œufs.

Si, dans les villes, les dollars sont devenus l’eldorado, dans les villages, c’est le café qui supplante la monnaie nationale. Les grains ne sont plus broyés, ils s’échangent.

Si les sanctions américaines n’ont rien arrangé, elles ne sont pas l’origine de la catastrophe. En 2014, sous la présidence de Barack Obama, Washington se limite à sanctionner individuellement quelques responsables impliqués dans la répression des manifestations. Les premières mesures réelles interviennent en 2017, lorsque Donald Trump coupe l’accès de PDVSA et du gouvernement vénézuélien aux marchés financiers internationaux. Et la rupture décisive ne survient que deux ans plus tard, avec l’interdiction faite aux entreprises américaines d’acheter du pétrole vénézuélien. Pour la première fois, le brut est directement visé. Mais à ce moment-là, la production a déjà été divisée par trois, les pénuries d’essence sont installées, et PDVSA est techniquement sinistrée. Les sanctions ne peuvent pas être la cause d’un déclin commencé bien avant leur mise en œuvre.

Aujourd’hui, près de 8 millions de Vénézuéliens ont fui le pays. Un quart de la population. Un exode qui a bouleversé la démographie de l’Amérique du Sud : pour la première fois, la Colombie, le Chili et le Pérou ont connu un solde migratoire positif.

Mais la pauvreté n’est pas le seul danger qui menace les Vénézuéliens.

Derrière la misère, la peur

Progressivement, le pouvoir est passé du clientélisme à la terreur, en s’appuyant sur ceux qui dépendaient le plus de lui : les colectivos. Enracinés dans les quartiers populaires, ces groupes pro-gouvernementaux organisent des distributions alimentaires, gèrent des radios communautaires, des jardins partagés, parfois des cliniques de fortune. Ils se présentent comme les « yeux et les mains du peuple », chargés de faire vivre la révolution au niveau local. Avec le temps, une partie d’entre eux a basculé. Ce sont devenus des milices. Les structures sociales se sont transformées en réseaux d’informateurs, puis en instruments d’intimidation, capables de terroriser la population.

En 2024, ils jouent un rôle central dans la répression des manifestations qui suivent la réélection contestée de Nicolás Maduro. Organisés en bandes de motards armés et cagoulés, ils tirent sur les foules ou les brutalisent. Pour intimider, ils peignent des croix sur les maisons des manifestants. À Caracas, presque chaque famille voit alors l’un des siens disparaître. Désignés comme « terroristes », les opposants sont arrêtés et emprisonnés sans procès.

De nombreux opposants, comme María Oropeza, soutien du candidat Edmundo Gonzalez Urrutia, sont kidnappés à leur domicile. Filmée en direct par la militante, la scène fait le tour du monde. Elle est détenue depuis dans le centre de détention d’El Helicoide, connu comme un lieu de torture.Aujourd’hui, les Vénézuéliens vivent dans la peur et dans le dénuement. En dix ans, l’espérance de vie a reculé de plus de trois ans. Et même de sept ans pour les personnes nées entre 2015 et 2020. L’avenir sera-t-il meilleur ? Rien n’est moins sûr. À l’heure où j’écris ces lignes, impossible de savoir si la capture de Maduro mettra fin au chavisme. Espérons-le, tant il fut destructeur.

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Venezuela : le tombeau de l’or noir

4 janvier 2026 à 07:07

Un cinquième des réserves mondiales — plus que l’Arabie saoudite ou l’Iran. Longtemps, le pétrole a été un cadeau du ciel pour le Venezuela. Avant que le chavisme ne tue cette poule aux œufs d’or, qui précipite aujourd’hui la chute de son tyrannique leader.

Longtemps, le pétrole a été un cadeau du ciel pour le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves prouvées de la planète, devant l’Arabie Saoudite et l’Iran. Pourtant, le chavisme a progressivement tué la poule aux œufs d’or. Jusqu’à ce qu’elle se transforme aujourd’hui en poison fatal.

Dans les années 2000, le Venezuela récolte les fruits d’une flambée des prix du baril. Cliniques de quartier gratuites, subventions alimentaires, logements sociaux, aides aux plus démunis, carburant quasi gratuit… Élu en 1998, Hugo Chávez profite progressivement de cette manne pour mener une politique sociale massive. Se réclamant du bolivarisme, il revendique l’avènement d’un « socialisme du XXIe siècle ». Sa « Révolution bolivarienne » entraîne l’établissement d’une nouvelle Constitution, la promotion d’une forme de « démocratie participative » et la nationalisation des industries clés.

PDVSA, la compagnie pétrolière vénézuélienne, bénéficiait jusqu’alors d’une assez grande autonomie. Dotée de compétences techniques reconnues, elle investissait à l’étranger et dans son outil de production. Mais l’arrivée de Chávez la transforme progressivement en instrument politique et social, chargé de financer les priorités du régime.

« La patrie, le socialisme ou la mort » – Photo ©Ludovic Leroy

Les cadres techniques qui dénoncent l’incompétence de la nouvelle direction sont marginalisés. En 2002, plusieurs dirigeants de PDVSA sont publiquement révoqués, ce qui accentue la colère au sein du groupe. En décembre, une grande partie des employés arrêtent la production pendant plus de deux mois. La riposte est brutale : environ 19 000 cadres et salariés grévistes sont licenciés, sur les quelque 30 000 que compte alors l’entreprise.

Ils sont remplacés par d’ex-retraités, ou par des jeunes mal formés. La loyauté politique prime sur la compétence technique. La productivité de l’entreprise et la motivation des salariés s’effondrent. L’entretien des infrastructures est négligé. La corruption devient systémique. 

Les sous-traitants sont progressivement absorbés. Environ 70 entreprises chargées de l’entretien ou du transport du personnel passent sous le contrôle de PDVSA. Les postes clés sont majoritairement attribués à des militants chavistes. La méritocratie disparaît. Et avec elle, les capacités d’extraction.

Problème : le pétrole vénézuélien, notamment celui de la ceinture de l’Orénoque, n’est pas simple à produire ni à valoriser. Extra-lourd, il nécessite l’apport de diluants et des installations industrielles complexes — unités de mélange, de conversion et de craquage — pour devenir commercialisable. Longtemps importés des États-Unis ou du Nigéria, ces diluants deviennent difficiles à obtenir avec le durcissement des sanctions, et le pays se tourne vers l’Iran. Sans ingénieurs qualifiés, sans financement pour maintenir ces usines en état, la production décline inexorablement. La géologie impose ses contraintes, trop longtemps ignorées par l’idéologie politique.

Petropiar, site d’amélioration du brut extra-lourd de l’Orénoque – Photo ©Ludovic Leroy

Peu à peu, la compagnie se révèle incapable de maintenir correctement l’exploitation de certains gisements historiques, notamment autour du lac Maracaibo, pourtant parmi les plus accessibles du pays. Oléoducs non entretenus, puits abandonnés, équipements démontés et revendus comme ferraille… Le site se transforme par endroits en marée noire quasi permanente. Pour survivre, certains techniciens se reconvertissent dans des activités de subsistance et quittent progressivement la compagnie. Faute de carburant, les transports se dégradent, les coupures de courant se multiplient, et l’activité industrielle est régulièrement interrompue.

Les sanctions américaines mises en place à partir de 2017 ne sont que les derniers clous d’un cercueil déjà clos. Autour de nombreux sites pétroliers, l’air devient irrespirable. Le pétrole s’échappe en continu. La pollution touche la faune, contamine les cultures alentour et s’étend parfois au-delà des frontières. Au Brésil, des galettes de pétrole, attribuées par les autorités au Vénézuela, souillent régulièrement les plages du Nord-Est.

Sur plusieurs grandes unités de transformation du brut lourd, une majorité est aujourd’hui partiellement ou totalement hors service. Les remettre en état prendra des mois, exigera des investissements considérables et surtout un retour des compétences techniques qui ont déserté le pays.

À ce jour, une production limitée subsiste grâce à des coentreprises bénéficiant de dérogations aux sanctions. L’administration américaine a notamment accordé une licence exceptionnelle à Chevron, permettant une reprise partielle des opérations.

Les États-Unis disposent par ailleurs d’un débouché tout trouvé pour le pétrole de la ceinture de l’Orénoque : leurs raffineries, notamment sur la côte du Golfe du Mexique, étaient historiquement conçues pour le traitement de bruts lourds, notamment vénézuéliens. Elles n’ont pas pu se reconvertir pleinement au pétrole de schiste, très léger, sans le couper avec un brut plus dense — jusqu’ici principalement canadien — afin de fonctionner efficacement.

Contrôler le pétrole vénézuélien permettrait aux États-Unis de réduire leur vulnérabilité aux perturbations énergétiques dans le Golfe, d’influencer davantage les flux mondiaux et les prix, et de consolider le rôle du dollar dans le système pétrolier international — le fameux pétrodollar qui sous-tend une bonne part de la puissance financière américaine. Dans ce cadre, l’éviction de Nicolás Maduro ne s’analyse pas seulement comme une politique étrangère punitive, mais comme une stratégie de domination énergétique et monétaire.  

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Venezuela – Iran, l’alliance des narco-États

4 janvier 2026 à 07:05

Plateforme du Hezbollah et allié de l’Iran, le Venezuela de Nicolás Maduro était devenu un véritable narco-État. Pourtant, Washington vise davantage les puits de pétrole que les cartels. En géopolitique, la morale a moins de valeur que les intérêts stratégiques.

Une opération façon Mossad…

La stupeur a frappé le monde en ce 3 janvier après l’opération des forces spéciales américaines en plein cœur de Caracas, la capitale vénézuélienne, culminant avec la capture de Nicolás Maduro et de sa femme. Une intervention officiellement fondée sur les accusations de narcoterrorisme touchant le leader sud-américain. Elle s’inscrit dans une série d’actions militaires entamées dès l’été 2025, ayant visé des embarcations suspectées de transporter de la drogue, causant des dizaines de morts – parfois sans rapport avec le trafic, d’ailleurs – et exacerbant les tensions régionales. Mais surtout bien au-delà. D’où la réaction immédiate des autorités iraniennes, fortement impliquées dans l’affaire, dénonçant une agression impérialiste flagrante. Téhéran a réaffirmé son soutien indéfectible au Venezuela, qualifiant l’intervention des soldats US d’atteinte à la souveraineté et appelant à une levée des sanctions sur son programme nucléaire. Logique. Ces événements révèlent les liens profonds et multiformes entre les deux nations, unies par une alliance stratégique contre « l’impérialisme américain », les ventes d’armes et… le partage des profits mondiaux du narcotrafic, que nous évoquerons plus loin.

Le 30 décembre dernier, les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions contre dix individus et entités basés en Iran et au Venezuela, ciblant notamment le commerce d’armes, y compris des drones iraniens comme le Mohajer-6, largement employé par la Russie en Ukraine, et assemblé localement au Venezuela. Le Trésor américain accuse des figures comme José Jesús Urdaneta González, président d’Empresa Aeronautica Nacional SA (EANSA), d’avoir coordonné avec les forces armées vénézuéliennes et iraniennes la production de ces drones de combat. Maduro, dans ses ultimes déclarations, a d’ailleurs évoqué des dons iraniens de systèmes défensifs pour protéger le territoire vénézuélien, tandis que des rapports confirment la présence de ces appareils, symboles d’une coopération qui transcende le domaine militaire pour s’étendre au narcotrafic. L’administration Trump, qui a déjà saisi des tankers vénézuéliens comme le Nord Star, voit dans ces liens une menace directe à la sécurité des États-Unis, dans un pays frappé par une épidémie d’overdoses ayant causé plus de 70 000 morts annuels. Pourtant – et cela écorne le narratif américain –, la cocaïne vénézuélienne se déploie majoritairement en Europe.

Narco-État ?

Le concept de narco-État désigne un régime où le pouvoir politique se confond avec les réseaux de trafiquants de drogue, détournant l’appareil institutionnel au profit de ces activités illicites. Or, le Venezuela et l’Iran incarnent cette réalité, formant une alliance où la drogue n’est pas seulement une source de revenus, mais un instrument stratégique de subversion et de souveraineté économique. Sous Hugo Chávez puis Nicolás Maduro, le Venezuela s’est allié à l’Iran au nom de la lutte contre le « Grand Satan » américain, chacun en fonction de ses intérêts propres et de la défense de sa manne pétrolière.

Derrière le discours bolivarien se cache un deal entre nations au bord de l’asphyxie économique. Les Gardiens de la Révolution (pasdaran) trouvent en Amérique latine un partenaire géographique idéal, avec ses ports discrets, son marché noir pétrolier, ses routes de la cocaïne et sa haine de l’Occident.

Des officiers vénézuéliens et des membres du Hezbollah, le proxy libano-syrien des mollahs, ont organisé des ponts aériens de cocaïne et d’armes, parfois avec la médiation de la Force Al-Qods, la branche militaire des pasdaran. Tareck El Aissami, ex-vice-président de Maduro puis ministre du Pétrole, d’origine syro-libanaise, et Ghazi Nassereddine, ancien diplomate vénézuélien, lui aussi aux racines liées au pays du Cèdre, figurent parmi les figures clés de ce réseau, témoignant du pourrissement de la tête de l’État.

Les circuits passent par l’Afrique de l’Ouest – Lagos, Abidjan, Cotonou – puis par Dubaï, pivot logistique et bancaire. En 2024, selon les estimations croisées de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, 14 % du trafic mondial d’opiacés et près de 4 % de celui de cocaïne transitent encore par l’Iran.

À partir des années 2000, plusieurs rapports de la DEA et d’organisations américaines de sécurité mettent en lumière l’axe Caracas–Beyrouth–Bogotá–Buenos Aires. Des vols opérés par la compagnie aérienne iranienne Mahan Air, placée sous sanctions américaines, effectuent des rotations régulières entre Caracas et Beyrouth. L’opération Titan, en 2008, a permis d’intercepter plusieurs tonnes de cocaïne issues de ce système. Le Hezbollah agit comme facilitateur financier, blanchissant de l’argent du trafic et recevant une partie des profits pour financer ses opérations au Moyen-Orient.

Et ce, même si, en 2025, l’armée de l’air vénézuélienne prétend avoir détruit 39 avions appartenant à des trafiquants de drogue. Des actions masquant souvent, en réalité, la protection étatique accordée aux cartels alliés au régime contre leurs concurrents. Comme celui de los Soles, formé par des militaires de haut rang.

L’Iran, via son Drug Control Headquarters (DCHQ), rattaché au président, coordonne une politique antidrogue officielle tout en tolérant des flux illicites qui financent ses proxies. Notamment dans des ports, comme celui de Chabahar, qui servent de hubs pour des cargaisons suspectes.

Ayman Joumaa, trafiquant libanais œuvrant pour Téhéran, a exporté plus de 200 tonnes de cocaïne entre 2008 et 2012, blanchies via la Lebanese Canadian Bank. Le réseau de Mohamad Hamdar, démantelé en 2014, illustre cette mécanique. Cet agent du Hezbollah a servi de courroie entre les cellules financières iraniennes et des organisations criminelles comme La Oficina de Envigado, héritière du célèbre cartel de Medellín. Ces preuves, corroborées par des rapports comme celui de l’International Narcotics Control Strategy Report 2025, confirment le statut de narco-États de ces deux pays, où la drogue est devenue la colonne vertébrale d’un pouvoir informel, mobile et autofinancé.

Réelle lutte contre le narcotrafic ?

La posture américaine face à cette menace est résolument offensive, ancrée dans une stratégie de « pression maximale » visant à démanteler les réseaux irano-vénézuéliens. Les frappes aériennes sur des bateaux accusés de transporter de la drogue, les saisies de tankers et le déploiement d’un porte-avions en octobre 2025 pour des opérations antidrogue illustrent cette approche musclée.

Maduro est dépeint – à raison – comme le dirigeant d’un « narco-État », avec une récompense portée à 50 millions de dollars pour sa capture – qui n’iront finalement dans les poches de personne. Les sanctions du Trésor américain, qui ont désigné en 2017 ces structures comme Transnational Criminal Organizations, se sont multipliées, touchant récemment le Rayan Fan Group iranien et l’Empresa Aeronautica Nacional vénézuélienne. Washington accuse ces réseaux de miner la sécurité mondiale, en reliant le narcotrafic à des menaces plus larges comme le terrorisme et la prolifération nucléaire, justifiant ainsi l’escalade militaire. Et Maduro, prétendument ouvert à un pacte antidrogue avec les États-Unis et ayant « invité » des compagnies pétrolières américaines comme Chevron, a vu son régime reconnu comme une organisation narcoterroriste par Washington, voyant dans l’alliance irano-vénézuélienne une menace hybride combinant drogue, armes et terrorisme.

L’hypocrisie américaine – Convoitise du pétrole et politique à géométrie variable

Pourtant, cette fermeté américaine masque une hypocrisie profonde, motivée par la convoitise des vastes réserves pétrolières vénézuéliennes et une politique étrangère sélective qui privilégie les intérêts géopolitiques sur la cohérence morale. Parallèlement à ses actions vénézuéliennes, Donald Trump a accordé, le 1er décembre 2025, une grâce présidentielle complète à l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné l’année précédente à quarante-cinq ans de prison aux États-Unis pour avoir facilité l’importation de centaines de tonnes de cocaïne, en protégeant des trafiquants et en recevant des millions en pots-de-vin. Des éléments laissant entendre que, sous couvert de lutte antidrogue, le président américain visait surtout à affaiblir le régime chaviste pour s’emparer des réserves pétrolières de Caracas.

Washington épargne les acteurs impliqués dans le narcotrafic tant qu’ils s’alignent sur ses intérêts politiques, révélant une duplicité où la morale cède le pas à la realpolitik. Cette incohérence sape la crédibilité de la croisade antidrogue, transformant une quête de justice en outil de domination, surtout lorsque les États-Unis consomment encore une part significative du pétrole vénézuélien malgré les sanctions…

Cet article, actualisé, s’inspire en grande partie du livre de son auteur, « La drogue au pouvoir », qui sortira début 2026, aux Éditions du Cerf.

L’article Venezuela – Iran, l’alliance des narco-États est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Reçu — 3 janvier 2026 De tout et de rien

Toute une journée pour nous pondre cette merde.

Marcel @marcelaiphan.bsky.social posted:
Toute une journée pour nous pondre cette merde.
Macron, c’est le larbin de tous les criminels. Peu importe où on place la barre il est toujours en dessous.

Emmanuel Macron : Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. Nous souhaitons que le Président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition. Je m’entretiens en ce moment avec nos partenaires de la région. La France est pleinement mobilisée et vigilante, notamment pour assurer la sécurité de ses ressortissants en ces heures d’incertitude.

"We support a transition" ?

Tristan K. @tristankamin.bsky.social posted:
"We support a transition" ?

bsky.app/profile/vond...

Quoted post from Ursula von der Leyen @vonderleyen.ec.europa.eu:
Following very closely the situation in Venezuela.

We stand by the people of Venezuela and support a peaceful and democratic transition.

Any solution must respect international law and the UN Charter.

Google a un comportement de violeur

3 janvier 2026 à 16:31
J'ai appuyé longuement par erreur sur le bouton "Home" de mon smartphone Android.
Google Gemini est apparu. L'IA de Google.
Je ne l'ai pas installé. Google l'a installé. Sans me demander mon avis. Sans me prévenir.
Il n'existe aucun paramètre permettant de le couper. Google n'entendra pas que vous n'en voulez pas.
Vous ne pouvez pas non plus le dé-installer, car il est intégré à l'application "Google" de base. Il faut donc dé-installer ou désactiver totalement l'application Google si vous voulez vous en débarasser.
Et dans la foulée, Google m'a envoyé deux mails. "Voulez-vous en savoir plus ? Voulez vous faire plus ?" À aucun moment dans le mail il n'y a "Je ne veux pas".
En fait, il n'y a même aucun lien permettant de se désabonner facilement des mails de Gemini.

Google ne veut pas entendre que vous n'en voulez pas, que vous n'êtes pas d'accord. Google ne veut pas entendre que vous voulez qu'il retire son Gemini de votre téléphone. Il ne veut même pas entendre que vous n'en ayez pas envie, que vous ne vouliez pas l'utiliser. C'est un comportement de violeur.

J'ai donc totalement viré l'appli Google (que j'avais dû réactiver à je ne sais plus quelle occasion), et j'ai créé un filtre Sieve sur mon serveur de mail afin de ne plus jamais voir les mails de Gemini.

Google a un comportement de violeur.
Microsoft aussi.

L'IA, c'est leur bite. Comme les violeurs, ils sont persuadés qu'elle est fantastique et qu'ils ont la plus grosse. Et que forcément, plus c'est gros mieux c'est. Et que vous en avez forcément envie. Alors ils vous la fourrent partout, sans votre consentement. Ils ne vous entendront pas dire "non", parce que pour eux c'est inconcevable.
(Permalink)

U.S. Captures Venezuelan Leader, Trump Says: Live Updates - The New York Times

3 janvier 2026 à 10:40
Attendez QUOI ?
Les USA ont bombardé un pays souverain et enlevé son président ???
Elle commence super mal cette nouvelle année.

EDIT: Ah d'accord. Le Venezuela a plus de réserves de pétrole que les Emirats Arabes Unis. Voilà pourquoi. L'international christo-capitalo-fasciste.

Edit : oh bordel 😖 https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/05/donald-trump-reaffirme-que-les-etats-unis-ont-besoin-du-groenland-et-appelle-a-s-en-occuper-dans-vingt-jours_6660581_3210.html
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A Website To End All Websites | Henry From Online

3 janvier 2026 à 08:04
Un appel au web indépendant : un web construit par des humains pour les humains, avec des outils simples (html, rss).

L'article apporte des points intéressants :
- une nouvelle technologie est souvent amenée pour nous faciliter la vie, puis quand elle est industrialisée elle nous force à nous adapter à elle (exemple : la domination de la voiture).
- quand une technologie est suffisamment répandue, ceux qui ne l'utilisent pas sont exclus de la société (exemple : internet).
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Reçu — 2 janvier 2026 De tout et de rien

The Ridiculous Engineering Of The World's Most Important Machine

2 janvier 2026 à 21:00
Cette machine (que TOUT LE MONDE utilise) pour fabriquer le coeurs de nos CPU et GPU est absolument dingue. C'est une merveille d'ingénierie 🤯 (qui coûte 350 millions d'euros).

Rien que la production de la lumière ultra-violette, c'est un truc de fou (des micro-goutelettes d'étain de la taille d'un globule blanc, propulsées à 250 km/h, chauffées individuellement 3 fois par un laser. Chaque. Fucking. Goutelette. À raison de 50 000 goutelettes par seconde.)

(via https://korben.info/asml-euv-lithographie-machine-puce.html)
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Reçu — 1 janvier 2026 De tout et de rien

Les magistrats ayant condamné Marine Le Pen dans le viseur de l’administration Trump - L'Humanité

1 janvier 2026 à 22:07
Des nouvelles de l'Internationale christo-fasciste.

« en cas de condamnation en appel de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, l’administration américaine envisagerait de sanctionner les magistrats français impliqués dans la procédure. »
https://www.clicanoo.re/article/politique/2026/01/02/proces-de-marine-le-pen-les-usa-menacent-les-juges-francais
(Permalink)

Iran, dans le miroir de la révolution

1 janvier 2026 à 06:41

2026, année de la libération pour l’Iran ?
Malgré la répression, des manifestations d’une ampleur inédite depuis des décennies ébranlent le régime des mollah. Animées par la force du désespoir économique, elles évoquent une version inversée de la révolution de 1979.

Le fantôme de 1979*

Janvier 1979. À Neauphle-le-Château, dans les Yvelines, à une trentaine de kilomètres de Paris, un vieil homme en turban noir reçoit chaque jour des journalistes venus du monde entier. À ses côtés, quelques étudiants iraniens traduisent ses paroles et expédient ses cassettes vers Téhéran. Ce religieux austère, que l’on disait oublié dans son exil, s’appelle Rouhollah Moussavi Khomeini. Il sera bientôt le Guide suprême de la République islamique, la plus haute autorité politique et religieuse du pays. En quelques semaines, son exil français devient le centre d’une révolution. Depuis son salon meublé d’un simple tapis, Khomeini dicte la chute d’un empire.

À des milliers de kilomètres de là, l’Iran du Shah vacille. Après trente-sept ans de règne autoritaire, Mohammad Reza Pahlavi a fait de son pays le laboratoire d’une paradoxale modernité autoritaire. Le « Roi des Rois » voulait rivaliser avec l’Occident, vantant ses réformes agraires, sa volonté d’industrialiser le pays, de l’alphabétiser et d’être le chantre de l’émancipation des femmes.

Mais la Révolution blanche qu’il avait lancée en 1963 a tourné court. Les mollahs, dépossédés de leurs terres et de leur pouvoir sur les zones rurales, crient vengeance. Quant aux paysans, beaucoup ont rejoint les villes et se sont entassés à leurs périphéries. Malgré l’émergence d’une classe moyenne ayant accédé à un certain confort, les bazaris, la bourgeoisie commerçante traditionnelle, étouffent sous la corruption et les exactions de la SAVAK, la police politique et le service de renseignement du Shah. L’Iran s’est enrichi, mais la modernité de Mohammad Reza Pahlavi n’a profité qu’à une élite. Le reste du pays vit dans la peur et la ferveur religieuse, un mélange explosif, nourri par la naïveté des communistes qui embarquent les fanatiques dans leur quête de justice sociale avant d’être emprisonnés, exterminés ou contraints à l’exil.

C’est un an plus tôt que l’étincelle jaillit. Une rumeur publiée dans un quotidien pro-régime insulte Khomeini. Les manifestations s’enchaînent, la répression s’abat. Les « vendredis noirs » de septembre font des centaines de morts sur la place Jaleh de Téhéran. L’armée tire sur la foule, mais les cortèges grossissent. Dans les mosquées, les prêches enregistrés de Khomeini circulent sous le manteau. Depuis la banlieue parisienne, sa voix promet la justice et l’humiliation des puissants.

Le 1er février 1979, le vol Air France n° 472 atterrit à Téhéran. À bord, Khomeini, 76 ans, rentre au pays. Deux millions d’Iraniens l’attendent sur la route de Mehrabad. Le cortège s’avance lentement dans un vacarme de klaxons et de prières. Ce jour-là, la monarchie millénaire prend fin. Le Shah, réfugié au Caire, ne remettra plus jamais les pieds sur sa terre. Dans les semaines qui suivent, les commissariats brûlent, la SAVAK est dissoute, les officiers du Shah exécutés. La République islamique est proclamée le 1er avril 1979, scellant la fusion du pouvoir spirituel et temporel sous la velayat-e faqih — le gouvernement du jurisconsulte.

La révolution iranienne ne se contente pas de chasser un monarque. Elle entend renverser l’ordre mondial et lancer un défi direct à l’Occident. Le 4 novembre 1979, une foule de jeunes islamistes franchit les grilles de l’ambassade américaine de Téhéran. Ils se baptisent « Étudiants musulmans suiveurs de la ligne de l’Imam ». Ils manifestent contre l’arrivée aux États-Unis du Shah, accueilli par Washington pour y être soigné. Le symbole leur est insupportable. Celui qui est tenu pour le despote corrompu de la Perse occidentalisée trouve refuge chez l’ennemi de la révolution. En quelques heures, cinquante-deux diplomates et membres du personnel sont pris en otages. Le monde bascule dans une crise diplomatique qui va durer 444 jours. Khomeini adoube les preneurs d’otages, qualifie l’ambassade de « nid d’espions » et transforme la crise en acte fondateur du nouveau régime. L’humiliation infligée à Washington devient un sacrement national. Sur les murs de Téhéran, on peint la haine du « Grand Satan ». Dans les cours d’école, les enfants apprennent à chanter « Marg bar Âmrikâ » comme une prière. Les manifestations s’étendent dans tout le pays.

À Washington, le président Jimmy Carter tente de dialoguer. En vain. Les sanctions économiques s’abattent : gel de 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens, embargo commercial, rupture des relations diplomatiques. En avril 1980, l’opération Eagle Claw — la tentative de sauvetage des otages par une unité spéciale américaine — tourne au désastre. Huit GI’s meurent dans le désert iranien après une collision entre un avion de transport militaire C-130 et un hélicoptère. Les images font le tour du monde. Khomeini y voit un signe divin, triomphant : « Ils ont voulu porter atteinte à notre révolution avec cette opération ridicule. […] Que Carter sache que cette défaite est un nouveau scandale pour lui. […] C’est Dieu qui a fait échouer leur complot. Les sables du désert les ont arrêtés. »

Dans ce contexte, les Pasdaran, les Gardiens de la Révolution, prennent le contrôle des ports, des routes, des frontières et des télécommunications. Ils représentent l’armée idéologique de la République islamique, créée le 5 mai 1979 par décret de l’ayatollah Khomeini pour protéger la révolution contre ses ennemis intérieurs et extérieurs. Il ne s’agit pas d’une simple armée. C’est une structure parallèle aux forces régulières (Artesh), avec ses propres moyens terrestres, aériens, navals, la Force al-Qods pour les opérations extérieures et les Bassidj pour la répression interne. C’est par leur biais que le blocus va créer sa propre économie et opprimer la population sous le manteau d’un islamisme à la fois radical et hypocrite.

La libération des otages intervient le 20 janvier 1981, le jour même de l’investiture de Ronald Reagan. Le régime de Téhéran a attendu que Carter quitte la Maison-Blanche pour signer les Accords d’Alger, prévoyant la restitution des otages contre le déblocage partiel des avoirs iraniens gelés. Le message est clair — l’Amérique ne dicte plus le tempo. Mais le prix de cette victoire symbolique est immense. L’Iran se retrouve coupé de tout. Les sanctions financières s’étendent, les entreprises occidentales se retirent, les relations bancaires sont suspendues. Les exportations de pétrole s’effondrent. Les médicaments, les pièces détachées, les devises manquent. C’est la naissance du blocus iranien. Les cargaisons de pétrole brut s’entassent dans les ports du Golfe, sans acheteurs. En 1981, les revenus liés aux hydrocarbures chutent de plus de 70 %, passant d’environ 20 milliards de dollars à moins de 8 milliards. C’est un étranglement progressif, voulu par Washington pour épuiser la jeune République islamique. Dans ses sermons, Khomeini exhorte le peuple à l’autarcie, la khod-kafa’i. En surface, la rhétorique est celle du sacrifice. En profondeur, c’est la naissance d’une économie fondée sur les réseaux parallèles où le clergé bénit les trafics nécessaires à la survie de la révolution, dont ceux de drogues et d’armes…

Décembre 2025, la révolution inversée ?

Quarante-six ans après cette révolution à laquelle communistes et moudjahiddines du peuple (organisation islamo-marxiste) ont participé, avant d’être à leur tour victimes du régime, le pouvoir des mollahs vacille sous le poids de ses crimes et de son absence de réaction face à la terrible crise économique qui frappe le pays. Si les contestations ont été multiples et toujours réprimées dans le sang ces dernières années, comme celle née en 2022 après l’assassinat par la police des mœurs de la jeune Mahsa Amini, pour un voile mal porté, les manifestations qui secouent l’Iran en cette fin décembre semblent de nature à véritablement mettre le règne des ayatollahs en danger. Elles expriment une profonde colère accumulée contre un système corrompu, égoïste et brutal, qui a transformé un pays riche en ressources en enfer — le blocus n’y étant pas non plus étranger.

Tout est parti de la dégradation fulgurante de la situation économique. Une hyperinflation galopante, atteignant 48,6 % en octobre et 42,2 % en décembre 2025, a fait exploser les prix alimentaires et vu la monnaie locale, le rial, chuter à un niveau abyssal. Il faut désormais échanger plus de 1,4 million de rials pour obtenir 1 dollar. Les commerçants, premiers touchés, ont fermé boutique à Téhéran dès le 29 décembre, notamment dans le bazar, le poumon économique de la ville. La révolte s’étend rapidement. Après les bazaris, les étudiants sont maintenant dans la rue et affrontent les forces de l’ordre, tandis qu’Ispahan et Mashhad rejoignent le soulèvement, lui donnant de l’ampleur. Un mouvement qui rappelle une version inversée de la révolution de 1979, déjà largement fondée sur des motifs économiques. Reste à attendre encore la réaction, potentiellement décisive, des Kurdes, dont Mahsa Amini était originaire, déjà largement impliqués dans la révolte de 2022.

Un régime divisé et à bout de forces

Les divisions au sein du gouvernement éclatent maintenant au grand jour, révélant les failles d’un système autoritaire théocratique où le clergé chiite exerce un pouvoir absolu, incorporant des éléments démocratiques factices comme l’élection du président. Ce dernier, le « réformiste » — un mot dépourvu de toute réalité — Masoud Pezeshkian, élu en 2024, appelle à « écouter les revendications légitimes des manifestants », sans que la police ne l’entende.

Le président du Parlement, du même camp que le chef de l’État, évoque les « difficultés économiques » du peuple, trahissant une peur palpable au sommet. Mais ces voix « modérées » se heurtent à la surdité du Guide suprême, Ali Khamenei, terré dans son bunker, qui refuse tout compromis, préférant la répression via les Bassidj et les Pasdaran.

Pourtant, selon nos informations, nombre de réformistes, sentant le vent tourner, commencent à fuir le Titanic institutionnel et rejoignent, les uns l’opposition centriste, les autres la frange nationaliste des contestataires, les derniers, les tenants d’un retour à une monarchie constitutionnelle incarnée par le fils du Shah renversé en 1979, Reza Pahlavi.

Les manifestants profitent également d’un contexte favorable, marqué par les difficultés internes et externes rencontrées par les mollahs — retour de Trump à la Maison-Blanche, pressions sur le programme nucléaire, guerre contre Israël via ses proxies comme le Hezbollah, le Hamas ou les Houthis yéménites.

Les forces de l’opposition : vers une cause commune sous la bannière de Reza Pahlavi ?

Face à cette tyrannie agonisante, l’opposition iranienne, longtemps fragmentée, sent poindre son heure. Ses courants divers — monarchistes, républicains, libéraux démocrates, activistes des droits des femmes, prisonniers politiques et familles de victimes — convergent vers une volonté de faire cause commune pour renverser la République islamique. Le débat sur la forme future du gouvernement — monarchie constitutionnelle ou république — est reporté à l’après-chute, priorisant l’unité contre l’ennemi commun.

Au centre de ces adversaires du pouvoir émerge effectivement la figure de Reza Pahlavi, dont le nom résonne dans les rues de Téhéran et au-delà. Il incarne un visage rassembleur, à même d’orchestrer une transition démocratique. En exil depuis 1979, il appelle à la désobéissance civile massive, invitant les forces de sécurité à rejoindre le peuple contre un régime « incompétent et criminel ».

Reza Pahlavi – photo © Emmanuel Razavi

Soutenu par des prisonniers politiques, des personnalités publiques et une diaspora active, il dépasse les clivages, prônant une démocratie laïque, les droits humains, la défense des minorités et l’intégrité territoriale. Lors d’une récente conférence de presse, il a exhorté les manifestants à rester unis pour « mettre fin au régime des ayatollahs », appelant tous les segments de la société — commerçants, étudiants, militaires — à se joindre au mouvement.

Des rassemblements comme celui de Munich, en juillet 2025, où il a réuni des dissidents pour un « moment historique », illustrent cette unification. Encore néanmoins relative, tant il existe de dissensions historiques entre les différents courants. Pahlavi sera-t-il reconnu comme leader pouvant incarner la phase de transition vers un gouvernement provisoire et des élections libres ? La question demeure. Mais des activistes pro-républicains, autrefois opposés, le soutiennent désormais.

La jeunesse technophile : l’arme secrète de la résistance iranienne

Dans cette bataille pour la liberté, la particularité de la résistance iranienne réside dans sa jeunesse, dans un pays dont la population ne dépasse pas 32 ans de moyenne d’âge. Très éduquée, hyperconnectée et farouchement technophile, comme Les Électrons libres, elle amplifie le mouvement avec une ingéniosité qui défie la censure du régime. Habituée à contourner les barrières numériques imposées par les mollahs (via des applications cryptées comme Signal et Telegram, ou des VPN pour masquer les IP), cette jeunesse coordonne des manifestations éclairs, courtes et précises, permettant de fuir avant l’arrivée des Bassidj ou de la police, tout en assurant une synchronisation nationale. Grâce à elle, les mêmes slogans, les mêmes actions se déploient simultanément à Téhéran, Ispahan ou Mashhad.

Ce lien technologique tisse aussi un pont solide avec la diaspora iranienne, malgré les récits antagonistes propagés par le régime pour semer la discorde. Les deux mondes restent connectés, alimentant des dossiers explosifs (comme ceux sur la contrebande d’or par la Force al-Qods), produits par des binationaux enquêteurs. Parfois, ces connexions infiltrent même le cœur du régime, où certains acteurs, contraints par la nécessité de nourrir leur famille, ne soutiennent pas les mollahs par conviction mais par volonté de survivre.

Une clé de cette opposition réside aussi dans des réseaux de hackers, qui contrecarrent les cyberopérations du régime menées par des agents entraînés par la Russie, experte en ingérence étrangère. Face à un réseau internet bas débit maîtrisé par le gouvernement, les résistants iraniens ont obtenu le repositionnement de satellites occidentaux pour accéder à un haut débit, facilitant la coordination des mouvements. Des rassemblements comme le « Free Iran Rally » à Paris en février 2025, ou les « Assises de la jeunesse iranienne », en octobre, soulignent comment cette génération insurgée, assoiffée de liberté, entretient le flambeau de la résistance.

En cette fin 2025, l’Iran arrive à un carrefour historique de son chemin. La puissance de la contestation, aidée par des circonstances plus favorables que jamais, permettra-t-elle à ce grand pays, vieux de 2 500 ans, de retrouver sa splendeur et son rôle de guide de la civilisation moyen-orientale ? Nous l’ignorons, mais nous l’espérons.

* La première partie de cet article est librement inspirée du chapitre XV du livre de l’auteur de l’article, La drogue au pouvoir, à paraître aux Éditions du Cerf, début 2026.

L’article Iran, dans le miroir de la révolution est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Reçu — 30 décembre 2025 De tout et de rien
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