AK-42
Une série de nominations et modifications ont remodelé cet été l’organisation des directions et unités du soutien informatique aux Armées d’une part, des « cybercombattants » d’autre part. Le ministère compte recruter plusieurs milliers d’informaticiens et d’ingénieurs dans les années à venir. Petit tour d’horizon.
« M. le général de corps d’armée Erwan ROLLAND est nommé commissaire au numérique de défense, à compter du 1er septembre 2025 ». Erwan Rolland était, depuis septembre 2024, directeur de la Direction Interarmées des Réseaux d’Infrastructure et des Systèmes d’Information (DIRISI).
Annoncée dans le compte rendu du Conseil des ministres de ce 27 août, cette nomination fait suite à la publication de plusieurs décrets et arrêtés, le 8 août dernier, portant création du Commissariat au Numérique de Défense (CND).
Attendue depuis plusieurs mois, souligne Républik IT, le CND a vocation a intégrer dans une seule structure unifiée les trois principales entités jusqu’alors chargées des questions de cyberdéfense et de numérique : la direction générale du numérique et des Systèmes d’information et de communication (DGNUM, créée en 2018), la DIRISI (créée en 2004 et chargée des télécommunications et des datacenters) et l’Agence du Numérique de Défense (AND, créée en 2021 et chargée de la conduite des « projets numériques complexes ou à forts enjeux »).
Zone Militaire relève que le Délégué général de l’armement Emmanuel Chiva avait été jusqu’à qualifier de « plat de spaghettis » l’empilement de ces organismes, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.
Le CND devra fournir « des systèmes et services numériques à l’ensemble des organismes du ministère, à l’exception de la direction générale de la sécurité extérieure et de la direction du renseignement et de la sécurité de la défense », deux des trois services de renseignement du ministère des Armées.
« En tant que référent ministériel du numérique de la défense », il « établit en conséquence le plan d’investissement numérique ministériel soumis à la validation du ministre », et « délivre un avis conforme sur les projets et évolutions majeurs de systèmes d’information et de communication présentant un fort enjeu ministériel ».
Le commissaire au numérique de défense, de son côté, « élabore la politique du numérique de la défense », y compris en matière de coordination des besoins et d’utilisation du spectre de fréquences de la défense, « tant au niveau national qu’international ». Il assure également la cohérence des positions défendues par le ministère auprès des instances nationales et internationales spécialisées, et « exerce la fonction d’administrateur ministériel des données, algorithmes et codes source ».
Sur LinkedIn, le ministère des Armées précise que le CND représenterait le « 1er intranet militaire européen » avec :
- 6 745 postes (55 % militaires, 45 % civils), en croissance de + 5,8 % d’ici 2030
- 1,3 milliard d’euros investis chaque année au profit du ministère
- plus de 2 000 systèmes d’information et de communication
- 220 projets numériques complexes en cours
- 530 000 interventions par an, 24 h/24 et 7j/7
4 000 « cybercombattants », en partie à Rennes
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