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Vue normale

☕️ 1Password permet aux agents d’utiliser les mots de passe, mais sans les voir

23 octobre 2026 à 12:45


Le gestionnaire de mots de passe 1Password ajoute une nouvelle corde à son arc. Dans un billet publié le 22 octobre, l’entreprise a présenté une nouvelle plateforme baptisée « 1Password for Agents » pour fluidifier l’utilisation des identifiants stockés dans la base, mais sans les voir.

Dans le scénario décrit par 1Password, un agent arrive sur un formulaire de connexion. Il interroge alors le gestionnaire de mots de passe, déclenchant une demande d’approbation par l’utilisation. Si ce dernier confirme, 1Password remplit lui-même les champs d’identifiants, l’agent n’ayant pas accès à ces informations.

Pour réaliser l’opération, l’agent s’authentifie auprès de 1Password via une clé unique propre. Quand la connexion est faite, le gestionnaire supprime l’identifiant de la page pour que l’agent ne puisse jamais le voir ou le réutiliser. Dans le cas où plusieurs identifiants correspondent à un même formulaire, l’utilisateur est invité à choisir l’agent à utiliser. Ce dernier n’accède pas non plus au reste du coffre.

Ce mécanisme est clairement une évolution du complément 1Password for Claude lancé en juillet. Cette fois cependant, il s’agit d’une plateforme disposant d’intégrations pour Muse de Meta, Claude Duet d’Anthropic, ChatGPT Work et Dots d’OpenAI, Grok Bot de SpaceXSI (anciennement SpaceXAI, encore plus anciennement xAI) et Townie de Town. Selon les cas, la compatibilité est en cours de déploiement ou doit arriver « bientôt ». 1Password prévoit également l’intégration dans Instinct, Browserbase, Browser Use, Dana, KERNEL, Perplexity, Ramp, Tomo et Wajo.

1Password prévient toutefois que ce mécanisme ne sert qu’à protéger les identifiants, pas à contrôler l’agent lui-même. L’entreprise ne peut pas agir sur ce que l’agent fera avec ces identifiants, mais le problème était exactement le même en entrant manuellement les mots de passe pour réaliser une opération.

☕️ 1Password permet aux agents d’utiliser les mots de passe, mais sans les voir

23 octobre 2026 à 12:45


Le gestionnaire de mots de passe 1Password ajoute une nouvelle corde à son arc. Dans un billet publié le 22 octobre, l’entreprise a présenté une nouvelle plateforme baptisée « 1Password for Agents » pour fluidifier l’utilisation des identifiants stockés dans la base, mais sans les voir.

Dans le scénario décrit par 1Password, un agent arrive sur un formulaire de connexion. Il interroge alors le gestionnaire de mots de passe, déclenchant une demande d’approbation par l’utilisation. Si ce dernier confirme, 1Password remplit lui-même les champs d’identifiants, l’agent n’ayant pas accès à ces informations.

Pour réaliser l’opération, l’agent s’authentifie auprès de 1Password via une clé unique propre. Quand la connexion est faite, le gestionnaire supprime l’identifiant de la page pour que l’agent ne puisse jamais le voir ou le réutiliser. Dans le cas où plusieurs identifiants correspondent à un même formulaire, l’utilisateur est invité à choisir l’agent à utiliser. Ce dernier n’accède pas non plus au reste du coffre.

Ce mécanisme est clairement une évolution du complément 1Password for Claude lancé en juillet. Cette fois cependant, il s’agit d’une plateforme disposant d’intégrations pour Muse de Meta, Claude Duet d’Anthropic, ChatGPT Work et Dots d’OpenAI, Grok Bot de SpaceXSI (anciennement SpaceXAI, encore plus anciennement xAI) et Townie de Town. Selon les cas, la compatibilité est en cours de déploiement ou doit arriver « bientôt ». 1Password prévoit également l’intégration dans Instinct, Browserbase, Browser Use, Dana, KERNEL, Perplexity, Ramp, Tomo et Wajo.

1Password prévient toutefois que ce mécanisme ne sert qu’à protéger les identifiants, pas à contrôler l’agent lui-même. L’entreprise ne peut pas agir sur ce que l’agent fera avec ces identifiants, mais le problème était exactement le même en entrant manuellement les mots de passe pour réaliser une opération.

Six failles dans le noyau Linux publiées « accidentellement » sur une liste publique

23 octobre 2026 à 09:00
Oups ?
Six failles dans le noyau Linux publiées « accidentellement » sur une liste publique

La Zero Day Initiative de Trend Micro a envoyé six rapports de failles de sécurité sur des listes de diffusion publiques du noyau Linux, avec de nombreux détails. Le caractère accidentel de ces publications est contesté. Le danger, bien que limité, est réel pour certaines configurations.

Les 21 et 22 octobre, six rapports de vulnérabilités ont été envoyés par Trend Micro sur des listes publiques rattachées au développement du noyau public. Plus précisément, ces rapports ont été adressés à la liste de sécurité privée du noyau, mais les listes publiques linux-kernel, linux-cifs, netdev et dri-devel figuraient en copie. Les détails techniques, avec les chemins de code et les traces KASAN, sont depuis publics alors qu’aucun correctif n’est encore publié.

Six vulnérabilités, dont deux critiques

Parmi les rapports, deux concernent des failles critiques dans ksmbd. La première, estampillée par Trend Micro ZDI-CAN-33774, réside dans une situation de compétition dans l’affectation de la table de traitement. Si l’on envoie une rafale de paquets SMB1 courts suivie d’un paquet SMB2 dans la même écriture TCP, les processus de travail traitent alors les données SMB1 avec un gestionnaire SMB2, qui va lire au-delà de la mémoire tampon. Une écriture hors limites devient ainsi possible, à condition que le pirate ait accès à un partage, mais aucune autorisation n’est nécessaire, expliquant le score CVSS de 9 sur 10.

L’autre faille, ZDI-CAN-33549, est un dépassement par le bas d’un entier (integer underflow) dans le chemin SMB Direct de ksmbd. Un client peut envoyer des descripteurs de tampon RDMA dont le premier est plus long que la charge annoncée. Le compteur de taille du serveur repasse alors par zéro et une copie mémoire déborde ensuite du tampon alloué. Pour l’exploitation en revanche, il faut réunir trois conditions : une interface compatible RDMA (matérielle ou le pilote logiciel rxe), un partage ksmbd accessible en écriture et un client qui négocie SMB Direct. À noter cependant que le support de SMB Direct est une option, désactivée par défaut. Le score CVSS est quand même de 9, confirmant la criticité de la brèche.

Ces notes sont attribuées via CVSS 3.1, le caractère critique débutant à 9. Trois autres failles – ZDI-CAN-33367, ZDI-CAN-34068 et ZDI-CAN-34076 – sont tout de même dans la tranche élevée, avec des notes comprises entre 7,8 et 8,8. Elles concernent respectivement une élévation locale de privilèges dans skb_zerocopy (réseau), une élévation locale de privilèges dans le pilote de GPU virtuel vmwgfx (VMware) et une divulgation d’informations dans nvmet (un pilote NVMe). La sixième faille, ZDI-CAN-32005, est un dépassement de pile (stack overflow) dans ConnMan, mais aucun score CVSS n’est rattaché.

Bien que le danger soit limité à certaines configurations spécifiques (ksmbd est un serveur compatible Samba mais n’est pas Samba), il est réel. Dans le contexte de publication de ces failles, il est probable qu’aucun correctif ne sera disponible avant plusieurs semaines.

Accident ou respect des nouvelles règles du noyau ?

Phoronix est le premier site à s’être rendu compte de ces publications. Pour nos confrères, il s’agissait clairement d’une bourde importante. D’ailleurs, Greg Kroah-Hartman en personne, le mainteneur principal du noyau Linux, s’est étonné et agacé dans des réponses à ces publications. Sur le pilote GPU VMware par exemple, il a répondu : « Pour une raison quelconque, vous avez envoyé cela dans des listes publiques, sans correctif, donc nous ne pouvons pas faire grand-chose avec ça ». L’agacement est monté d’un cran sur le rapport du pilote NMVe : « Encore une fois, pas de correctif, et envoyé sur une liste publique ? Merci de corriger votre processus de soumission… ».

Mais en dépit de ces réponses, certains médias s’interrogent : s’agissait-il vraiment d’un accident ? Cyber Kendra note ainsi que les rapports attribuent clairement la découverte des failles à TrendAI, le scanner IA de vulnérabilités de Trend Micro. Or, selon la documentation sur les failles de sécurité dans le noyau, réécrite et fusionnée pour le noyau Linux 7.1, indique que toute vulnérabilité trouvée grâce à l’IA doit être considérée comme publique et envoyée aux mainteneurs concernés plutôt que sur la liste privée.

Nos confrères rappellent que cette règle est une conséquence directe de l’agacement de Linus Torvalds sur le caractère « presque totalement ingérable » de la liste privée de sécurité depuis l’émergence des outils IA. Mais selon ces mêmes directives, les découvreurs de failles doivent joindre des correctifs ou des analyses d’impact. Les rapports de Trend Micro ne contenaient ni l’un ni l’autre, expliquant en partie l’agacement de Greg Kroah-Hartman.

The Hacker News évoque les mêmes règles et ne mentionne d’ailleurs jamais le caractère éventuellement accidentel de ces publications.

Nous avons contacté Trend Micro et mettrons à jour cette actualité si nous obtenons une réponse.

Six failles dans le noyau Linux publiées « accidentellement » sur une liste publique

23 octobre 2026 à 09:00
Oups ?
Six failles dans le noyau Linux publiées « accidentellement » sur une liste publique

La Zero Day Initiative de Trend Micro a envoyé six rapports de failles de sécurité sur des listes de diffusion publiques du noyau Linux, avec de nombreux détails. Le caractère accidentel de ces publications est contesté. Le danger, bien que limité, est réel pour certaines configurations.

Les 21 et 22 octobre, six rapports de vulnérabilités ont été envoyés par Trend Micro sur des listes publiques rattachées au développement du noyau public. Plus précisément, ces rapports ont été adressés à la liste de sécurité privée du noyau, mais les listes publiques linux-kernel, linux-cifs, netdev et dri-devel figuraient en copie. Les détails techniques, avec les chemins de code et les traces KASAN, sont depuis publics alors qu’aucun correctif n’est encore publié.

Six vulnérabilités, dont deux critiques

Parmi les rapports, deux concernent des failles critiques dans ksmbd. La première, estampillée par Trend Micro ZDI-CAN-33774, réside dans une situation de compétition dans l’affectation de la table de traitement. Si l’on envoie une rafale de paquets SMB1 courts suivie d’un paquet SMB2 dans la même écriture TCP, les processus de travail traitent alors les données SMB1 avec un gestionnaire SMB2, qui va lire au-delà de la mémoire tampon. Une écriture hors limites devient ainsi possible, à condition que le pirate ait accès à un partage, mais aucune autorisation n’est nécessaire, expliquant le score CVSS de 9 sur 10.

L’autre faille, ZDI-CAN-33549, est un dépassement par le bas d’un entier (integer underflow) dans le chemin SMB Direct de ksmbd. Un client peut envoyer des descripteurs de tampon RDMA dont le premier est plus long que la charge annoncée. Le compteur de taille du serveur repasse alors par zéro et une copie mémoire déborde ensuite du tampon alloué. Pour l’exploitation en revanche, il faut réunir trois conditions : une interface compatible RDMA (matérielle ou le pilote logiciel rxe), un partage ksmbd accessible en écriture et un client qui négocie SMB Direct. À noter cependant que le support de SMB Direct est une option, désactivée par défaut. Le score CVSS est quand même de 9, confirmant la criticité de la brèche.

Ces notes sont attribuées via CVSS 3.1, le caractère critique débutant à 9. Trois autres failles – ZDI-CAN-33367, ZDI-CAN-34068 et ZDI-CAN-34076 – sont tout de même dans la tranche élevée, avec des notes comprises entre 7,8 et 8,8. Elles concernent respectivement une élévation locale de privilèges dans skb_zerocopy (réseau), une élévation locale de privilèges dans le pilote de GPU virtuel vmwgfx (VMware) et une divulgation d’informations dans nvmet (un pilote NVMe). La sixième faille, ZDI-CAN-32005, est un dépassement de pile (stack overflow) dans ConnMan, mais aucun score CVSS n’est rattaché.

Bien que le danger soit limité à certaines configurations spécifiques (ksmbd est un serveur compatible Samba mais n’est pas Samba), il est réel. Dans le contexte de publication de ces failles, il est probable qu’aucun correctif ne sera disponible avant plusieurs semaines.

Accident ou respect des nouvelles règles du noyau ?

Phoronix est le premier site à s’être rendu compte de ces publications. Pour nos confrères, il s’agissait clairement d’une bourde importante. D’ailleurs, Greg Kroah-Hartman en personne, le mainteneur principal du noyau Linux, s’est étonné et agacé dans des réponses à ces publications. Sur le pilote GPU VMware par exemple, il a répondu : « Pour une raison quelconque, vous avez envoyé cela dans des listes publiques, sans correctif, donc nous ne pouvons pas faire grand-chose avec ça ». L’agacement est monté d’un cran sur le rapport du pilote NMVe : « Encore une fois, pas de correctif, et envoyé sur une liste publique ? Merci de corriger votre processus de soumission… ».

Mais en dépit de ces réponses, certains médias s’interrogent : s’agissait-il vraiment d’un accident ? Cyber Kendra note ainsi que les rapports attribuent clairement la découverte des failles à TrendAI, le scanner IA de vulnérabilités de Trend Micro. Or, selon la documentation sur les failles de sécurité dans le noyau, réécrite et fusionnée pour le noyau Linux 7.1, indique que toute vulnérabilité trouvée grâce à l’IA doit être considérée comme publique et envoyée aux mainteneurs concernés plutôt que sur la liste privée.

Nos confrères rappellent que cette règle est une conséquence directe de l’agacement de Linus Torvalds sur le caractère « presque totalement ingérable » de la liste privée de sécurité depuis l’émergence des outils IA. Mais selon ces mêmes directives, les découvreurs de failles doivent joindre des correctifs ou des analyses d’impact. Les rapports de Trend Micro ne contenaient ni l’un ni l’autre, expliquant en partie l’agacement de Greg Kroah-Hartman.

The Hacker News évoque les mêmes règles et ne mentionne d’ailleurs jamais le caractère éventuellement accidentel de ces publications.

Nous avons contacté Trend Micro et mettrons à jour cette actualité si nous obtenons une réponse.

Vous avez détesté les failles critiques de PHP ? Le chef de la sécurité d’Anthropic prévient que ça va être pire

23 octobre 2026 à 08:28

Jason Clinton, RSSI adjoint d'Anthropic, a prévenu que la crise ouverte par les failles critiques de PHP allait encore empirer, pendant environ 18 mois. Il annonçait déjà ce « tsunami » de vulnérabilités trouvées par l'IA au mois d'août.

PHP2Shell : correctifs pour Debian 9 (Stretch) et Debian 10 (Buster) | Christophe Casalegno

23 octobre 2026 à 06:41
Le patch pour la faille php n'est disponible que pour les versions ultérieures à php 8.1.
Un développeur - Sury - s'est fait chier à backporter les correctifs dans php 8.1, 7 et même 5. C'est déjà exceptionnel pour un correctif d'une telle taille (plus de 13000 lignes de code, si j'ai bien lu.)
Sury a donc fourni des paquets pour Debian 13... jusqu'à 11.

Pour aider plus de clients à se protéger contre la faille, mon hébergeur (ScalarX) a backporté les paquets pour Debian 9 et 10... et fournit gratuitement les dépôts au public.

Il y a vraiment des gens qui dépensent beaucoup d'énergie pour que les autres soient en sécurité.

Chapeau bas à Christophe et son équipe. 😎
(Permalink)

Après ses clés passoires, eMudhra met la clé sous la porte des certificats

23 octobre 2026 à 06:18
C'est la faute des réseaux sociaux !
Après ses clés passoires, eMudhra met la clé sous la porte des certificats

eMudhra jette l’éponge : l’entreprise indienne a décidé de mettre « volontairement » un terme à son activité de certification SSL/TLS, après la découverte de son incroyable défaillance cette semaine.

Pointé du doigt et parfois moqué par une bonne partie de la planète tech depuis quelques jours, eMudhra a annoncé ce jeudi 22 octobre son retrait du marché des certificats HTTPS (PDF). Huit clés de chiffrement avaient été très mal générées par l’autorité de certification indienne : leurs valeurs tenaient sur 8 bits, alors qu’elles auraient dû l’être sur 384 bits (48 octets). Une clé portait ainsi le numéro… 4. Juste 4.

Une image de marque en miettes

eMudhra s’est défendue en parlant d’« erreurs humaines » à plusieurs étapes du processus. Des erreurs qui permettaient à n’importe qui de générer de faux certificats HTTPS pour des domaines qu’il ne contrôlait pas, permettant ainsi d’usurper un site légitime. Les navigateurs web ont été mis à jour très rapidement pour refuser les certificats générés à partir de ces clés, mais pas forcément certains services en ligne, applications ou objets connectés qui n’y voient que du feu faute de mise à jour.

L’entreprise assure avoir « traité cet incident avec diligence, révoquant les autorités de certification concernées dans les 14 heures suivant sa découverte et le signalant rapidement ». Elle rappelle qu’« aucun certificat destiné à un utilisateur final n’avait été émis par les autorités de certification concernées », que son infrastructure « n’a pas été compromise et aucune donnée n’a été dérobée ».

Alors, tout va bien ? Pas vraiment. Les exigences de souveraineté des données et de conformité rendent cette activé SSL/TLS « de plus en plus complexe et coûteuse au fil des années » alors que d’autres grands acteurs délivrent gratuitement ces certificats. Pour eMudhra, le potentiel commercial et le retour sur investissement ont « considérablement diminué », alors que ce business ne représente que 1 % de son chiffre d’affaires mondial. Un poids faible donc, mais il n’empêche que la défaillance fait courir de sérieux risques aux internautes.

Pour justifier son retrait, eMudhra n’avance pas que l’argument économique. L’autorité vide son sac, et il est lourd : « l’amplification de cet incident sur les réseaux sociaux a suscité une attention disproportionnée par rapport à la place du SSL/TLS dans nos activités ». La réputation du groupe en a pris un coup. Par conséquent, « nous consacrerons nos efforts aux domaines dans lesquels nous créons le plus de valeur pour nos clients, en nous recentrant sur nos principales solutions pour les entreprises et sur les services de confiance autres que le SSL/TLS. »

Les clients d’eMudhra se verront proposer le remplacement gratuit de leurs certificats par des certificats fournis par des partenaires. L’entreprise s’engage à maintenir le bon fonctionnement des services de révocation et de vérification du statut des certificats jusqu’à ce qu’ils aient expiré ou remplacés. Elle promet aussi un rapport détaillé sur l’incident.

Après ses clés passoires, eMudhra met la clé sous la porte des certificats

23 octobre 2026 à 06:18
C'est la faute des réseaux sociaux !
Après ses clés passoires, eMudhra met la clé sous la porte des certificats

eMudhra jette l’éponge : l’entreprise indienne a décidé de mettre « volontairement » un terme à son activité de certification SSL/TLS, après la découverte de son incroyable défaillance cette semaine.

Pointé du doigt et parfois moqué par une bonne partie de la planète tech depuis quelques jours, eMudhra a annoncé ce jeudi 22 octobre son retrait du marché des certificats HTTPS (PDF). Huit clés de chiffrement avaient été très mal générées par l’autorité de certification indienne : leurs valeurs tenaient sur 8 bits, alors qu’elles auraient dû l’être sur 384 bits (48 octets). Une clé portait ainsi le numéro… 4. Juste 4.

Une image de marque en miettes

eMudhra s’est défendue en parlant d’« erreurs humaines » à plusieurs étapes du processus. Des erreurs qui permettaient à n’importe qui de générer de faux certificats HTTPS pour des domaines qu’il ne contrôlait pas, permettant ainsi d’usurper un site légitime. Les navigateurs web ont été mis à jour très rapidement pour refuser les certificats générés à partir de ces clés, mais pas forcément certains services en ligne, applications ou objets connectés qui n’y voient que du feu faute de mise à jour.

L’entreprise assure avoir « traité cet incident avec diligence, révoquant les autorités de certification concernées dans les 14 heures suivant sa découverte et le signalant rapidement ». Elle rappelle qu’« aucun certificat destiné à un utilisateur final n’avait été émis par les autorités de certification concernées », que son infrastructure « n’a pas été compromise et aucune donnée n’a été dérobée ».

Alors, tout va bien ? Pas vraiment. Les exigences de souveraineté des données et de conformité rendent cette activé SSL/TLS « de plus en plus complexe et coûteuse au fil des années » alors que d’autres grands acteurs délivrent gratuitement ces certificats. Pour eMudhra, le potentiel commercial et le retour sur investissement ont « considérablement diminué », alors que ce business ne représente que 1 % de son chiffre d’affaires mondial. Un poids faible donc, mais il n’empêche que la défaillance fait courir de sérieux risques aux internautes.

Pour justifier son retrait, eMudhra n’avance pas que l’argument économique. L’autorité vide son sac, et il est lourd : « l’amplification de cet incident sur les réseaux sociaux a suscité une attention disproportionnée par rapport à la place du SSL/TLS dans nos activités ». La réputation du groupe en a pris un coup. Par conséquent, « nous consacrerons nos efforts aux domaines dans lesquels nous créons le plus de valeur pour nos clients, en nous recentrant sur nos principales solutions pour les entreprises et sur les services de confiance autres que le SSL/TLS. »

Les clients d’eMudhra se verront proposer le remplacement gratuit de leurs certificats par des certificats fournis par des partenaires. L’entreprise s’engage à maintenir le bon fonctionnement des services de révocation et de vérification du statut des certificats jusqu’à ce qu’ils aient expiré ou remplacés. Elle promet aussi un rapport détaillé sur l’incident.

☕️ L’iPhone d’Agnès Pannier-Runacher visé par un logiciel espion

22 octobre 2026 à 13:36


L’ancienne ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a été la cible d’une attaque via un logiciel espion.

Politico a appris que l’actuelle députée Renaissance du Pas-de-Calais a déposé plainte fin septembre auprès de la DGSI après avoir reçu une alerte sur son iPhone.

Illustration : Flock

Apple lui a en effet envoyé une notification le 13 août que nos confrères ont pu consulter. Celle-ci indiquait que l’appareil avait été ciblé par un « logiciel mercenaire ». La députée aurait déjà reçu des alertes similaires en mars et avril 2025 lorsqu’elle était encore ministre.

« À chaque fois, ce sont mes appareils personnels qui étaient visés », a-t-elle déclaré au Monde en précisant que la DGSI n’avait pas confirmé d’infection des appareils ciblés à l’époque.

Les trois alertes sont regroupées par le parquet de Paris dans une seule et même enquête même si le constructeur a précisé qu’elles correspondaient à des attaques distinctes. Selon Politico, les enquêteurs n’auraient pas encore identifié le logiciel espion qui aurait été utilisé mais ils écarteraient déjà la piste du logiciel Pegasus de l’entreprise israélienne NSO.

Le fait qu’un smartphone ait été ciblé n’implique pas obligatoirement que l’infection ait fonctionné. Agnès Pannier-Runacher a affirmé au Monde que les premières analyses seraient négatives.

☕️ L’iPhone d’Agnès Pannier-Runacher visé par un logiciel espion

22 octobre 2026 à 13:36


L’ancienne ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a été la cible d’une attaque via un logiciel espion.

Politico a appris que l’actuelle députée Renaissance du Pas-de-Calais a déposé plainte fin septembre auprès de la DGSI après avoir reçu une alerte sur son iPhone.

Illustration : Flock

Apple lui a en effet envoyé une notification le 13 août que nos confrères ont pu consulter. Celle-ci indiquait que l’appareil avait été ciblé par un « logiciel mercenaire ». La députée aurait déjà reçu des alertes similaires en mars et avril 2025 lorsqu’elle était encore ministre.

« À chaque fois, ce sont mes appareils personnels qui étaient visés », a-t-elle déclaré au Monde en précisant que la DGSI n’avait pas confirmé d’infection des appareils ciblés à l’époque.

Les trois alertes sont regroupées par le parquet de Paris dans une seule et même enquête même si le constructeur a précisé qu’elles correspondaient à des attaques distinctes. Selon Politico, les enquêteurs n’auraient pas encore identifié le logiciel espion qui aurait été utilisé mais ils écarteraient déjà la piste du logiciel Pegasus de l’entreprise israélienne NSO.

Le fait qu’un smartphone ait été ciblé n’implique pas obligatoirement que l’infection ait fonctionné. Agnès Pannier-Runacher a affirmé au Monde que les premières analyses seraient négatives.

Vous devez désactiver votre bloqueur de publicité pour voir ce contenu

22 octobre 2026 à 11:39
Site de recettes:
"Ingrédients : ...
Préparation : Vous devez désactiver votre bloqueur de publicité pour voir ce contenu."

abinzut je vais cuisiner autre chose, alors. 🤷‍♂️
(même pas en rêve, la désactivation du bloqueur de pub.🖕)

Et si on me répond "Mais comment les sites vont vivre sans la publicité ? Tu les tues !"
Je répondrai que si un site dépend du capitalisme de surveillance pour vivre (c'est à dire, concrètement, gagner de l'argent sur le dos de ses visiteurs en laissant de grosses entreprises les surveiller et les traquer sur internet), alors le site mérite de crever. (Ouais je ne suis pas tendre. Y compris envers le moi-même d'il y a 16 ans qui - comme un gros crétin - mettait de la publicité sur son site sans comprendre l'ampleur de la surveillance de masse à laquelle il participait.)
(PS: vous avez de la merde dans les yeux: Il est possible de faire de la publicité sans tracking de l'utilisateur. Ça existe depuis longtemps, c'est juste que vous avez oublié parce que Google a tout bouffé avec ses scripts de tracking.)
(Permalink)

21 octobre 2026 : retour en détail sur cette journée noire pour la cybersécurité

22 octobre 2026 à 09:12
J'ai pas trouvé la màj pour mon Windows Millennium, normal ?
21 octobre 2026 : retour en détail sur cette journée noire pour la cybersécurité

Le mercredi 21 octobre restera certainement gravé dans les mémoires. Plusieurs failles d’importance ont été dévoilées : deux sur PHP permettant d’exécuter du code à distance, huit clés générées n’importe comment permettant de créer des certificats pour n’importe quel site ou application, sans oublier des failles sur Node.js et GitLab. Next revient sur les enjeux techniques et les conséquences à venir.

Il y a des dates qui restent marquées dans les mémoires. Celle du 8 avril 2014 était un bon exemple. Il y a 12 ans, Heartbleed secouait en effet Internet : une faille dans OpenSSL (une brique servant à sécuriser les connexions sur Internet) permettait de récupérer des données en clair directement dans la mémoire des serveurs. Identifiants, mots de passe… tout y passait, notamment des données bancaires malgré le silence des banques.

Ce mercredi 21 octobre 2026 en est désormais une autre.

PHP, un langage utilisé dans 70 % des sites web

Ce 21 octobre, une bonne partie des responsables de sites étaient devant leur PC à attendre 16 h (heure de Paris) avec une certaine fébrilité. En cause, l’équipe de PHP avait donné rendez-vous en annonçant que deux méchantes failles PHP allaient être dévoilées, avec les correctifs. Traduction : la mise à jour devait se faire sans attendre.

Dans la journée, les choses se sont accélérées, des prototypes d’exploitation circulant sur les réseaux sociaux (vrais ou pas, le souci n’était même plus là) ; PHP a finalement publié les correctifs avec 15 minutes d’avance. Les versions avec un correctif officiel sont les suivantes : 8.2.35, 8.3.36, 8.4.27 et 8.5.12.

Les deux failles permettent d’exécuter du code arbitraire à distance, sans aucune authentification. Elles permettent par exemple de lire l’intégralité des données, d’obtenir les accès aux bases de données, de récupérer des clés API, de prendre le contrôle de la machine, etc. La gravité dépend de la manière dont PHP est exécuté.

Ces vulnérabilités sont particulièrement graves car elles résident dans un langage de programmation utilisé par 70 % des sites web. L’ANSSI fait le point pour la France : « PHP est un langage de script largement utilisé par les serveurs web, avec plus de 600 000 serveurs l’exploitant sur l’Internet français. Il s’agit d’un moteur permettant aux sites web de générer des pages dynamiques, dont le contenu évolue en fonction des interactions des utilisateurs ou des données du serveur ».

Une exploitation pas simple, mais une faille imparable sauf à mettre à jour PHP


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Failles critiques dans PHP : comment savoir si son site est touché et quelle version du langage est utilisée ?

22 octobre 2026 à 08:35

Deux failles critiques dans PHP, corrigées ce mercredi 21 octobre 2026, ont poussé administrations et hébergeurs à couper des sites ou à les mettre en maintenance. Si votre site tourne sous WordPress, voici comment savoir quelle version de PHP il utilise, et à qui demander la mise à jour.

Indian certification authority eMudhra’s private keys compromised – one of them was the number ‘4’

21 octobre 2026 à 07:58
Une autorité de certification indienne a laissé fuiter des clés privées, permettant la génération de certificats TLS/https VALIDES pour des tas de sites.
Tout le monde est en train de nettoyer, c'est le bordel.

Par contre fait troublant : En principe une clé privée, c'est un très grand nombre, trop grand pour être devinable. Là une des clés privées était 4. Juste 4.
Un autre 56. Et une autre 115.
Alors qu'en fait il devrait s'agit d'un nombre entre 0 et 2 puissance 384.
C'est absolument lamentable.

EDIT: Voir aussi : https://arstechnica.com/security/2026/10/the-internet-goes-on-high-alert-after-discovery-of-8-compromised-tls-certs/
et https://next.ink/262991/certificats-tls-nimporte-qui-pouvait-certifier-un-site-via-des-cles-passoires/

EDIT: ça va être un sacré bordel à nettoyer. Par exemple, GoDaddy va révoquer plus de 400 000 certificats : https://bugzilla.mozilla.org/show_bug.cgi?id=2083191

EDIT: Concrètement, techniquement, ce que ça implique au niveau certificats : https://www.bortzmeyer.org/emudhra.html

EDIT: eMudhra met la clé sous la porte : https://next.ink/263432/apres-ses-cles-passoires-emudhra-met-la-cle-sous-la-porte-des-certificats/
(Permalink)

CVE-2026-109618 and CVE-2026-109619: What you should do now - Vincent Schmalbach

21 octobre 2026 à 06:06
Il y a une faille PHP 5, 6, 7 et 8 qui permet du RCE (Remote Code Execution). Correctif publié le 21 octobre vers 16h. PATCHEZ !
(source : https://phpc.social/@dokuwiki/117477237268830031)

Article en français : https://next.ink/262987/php-va-corriger-deux-vulnerabilites-critiques-aujourdhui/

PS: Il semblerait que les version de php en *dessous* de la 8.1 ne seront pas patchés.

EDIT: communication officielle du projet php : https://thephp.foundation/blog/2026/10/21/todays-php-security-release-and-how-were-strengthening-php-security/
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Des sites web inaccessibles : du Japon à l’Europe, les autorités appellent à mettre PHP à jour en urgence

21 octobre 2026 à 16:09

Faille WhatsApp php

PHP a publié ce mercredi 21 octobre 2026 quatre mises à jour d'urgence qui corrigent deux failles critiques, notées 9,2 sur 10. Ces failles permettent de prendre la main sur un serveur web sans s'identifier. Les appels à mettre à jour se multiplient, sur fond de crainte d'une attaque informatique.

Des « défauts de sécurisation élémentaires » : suite au piratage des frigos, des consignes de base ignorées depuis trop longtemps

21 octobre 2026 à 14:27

Devant le Sénat, Vincent Strubel, le directeur général de l'Anssi, a attribué le piratage des frigos de supermarchés à des « défauts de sécurisation élémentaires ». Il écarte la piste des failles publiées par des chercheurs ces deux dernières années.

Certificats TLS : n’importe qui pouvait certifier un site via des clés passoires

21 octobre 2026 à 14:20
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Certificats TLS : n’importe qui pouvait certifier un site via des clés passoires

eMudhra, une entreprise indienne qui se targue d’avoir délivré plus de 60 millions de certificats numériques, utilisait des clés privées très mal générées. Résultat : n’importe qui pouvait les utiliser pour certifier un site. Le travail pour faire le ménage est important et ne se limite pas aux navigateurs qui ont rapidement bloqué les certificats concernés.

Des ingénieurs en cryptographie se sont aperçus que huit clés privées de l’entreprise eMudhra, autorité de certification basée en Inde, étaient extrêmement mal générées. Elles mettent la sécurité des communications sur Internet en grande difficulté. L’entreprise indienne assure cependant qu’une seule d’entre elles était en production et qu’elle n’avait délivré aucun certificat.

Les certificats TLS permettent aux internautes d’authentifier un tiers et d’initier une communication sécurisée. Ils sont notamment utilisés pour sécuriser le protocole HTTPS. Mais ils reposent sur la certification émise par des autorités via une signature construite à partir d’une clé privée. Si un tiers obtient celle-ci, il peut créer des certificats et se faire passer pour quelqu’un d’autre, par exemple votre banque ou une entreprise de vente en ligne en laquelle vous avez assez confiance.

Des clés privées associées à huit certificats intermédiaires compromises

« Le samedi 17 octobre, à 20 h 06 UTC, Mozilla a reçu un signalement d’un membre de la communauté indiquant que les clés privées associées à huit certificats intermédiaires eMudhra avaient été compromises. Ces clés pourraient permettre à des pirates d’émettre des certificats HTTPS frauduleux pour des sites web qu’ils ne contrôlent pas », a expliqué Dennis Jackson, ingénieur en cryptographie chez Mozilla ce mardi 20 octobre dans un message envoyé à la communauté.

« Un pirate peut créer un faux certificat pour n’importe quel domaine et s’en servir pour usurper l’identité de serveurs afin d’intercepter ou de modifier le trafic. Il s’agit d’un incident de sécurité grave dont les répercussions s’étendent à l’ensemble d’Internet », ajoute Cloudflare dans un billet consacré au sujet.

Des clés « intrinsèquement faibles »

Le problème, découvert par un certain Wayne, est décrit sur un site nommé « eMudhra, nous avons un problème » créé par Dennis Jackson, un ingénieur de Mozilla. Il y partage la preuve de la compromission des certificats. Le chercheur en cryptographie, Scott Helme a analysé le problème dans un billet de blog.

« Ces huit certificats intermédiaires comprennent six autorités de certification (CA) délivrant des certificats TLS (DV, OV et EV, deux générations pour chaque type) et deux autorités de certification pour la signature de code, toutes créées en avril 2025. Chacune d’entre elles a également été signée de manière croisée par la racine « AAA Certificate Services » de Sectigo en mai 2025 », explique-t-il.

« Il s’agit de clés à un octet intrinsèquement faibles que n’importe qui peut factoriser, et ce problème ne peut pas être maîtrisé », ajoute le chercheur. « Intrinsèquement faibles » est presque une litote puisque, comme le souligne Scott Helme : « L’une des clés privées de l’autorité de certification eMudhra est le chiffre 4 ». « Il ne s’agit pas d’un nombre commençant par 4, ni du chiffre 4 suivi de quelques centaines de chiffres aléatoires, mais simplement du chiffre 4… », insiste-t-il. « Une autre est 56, et une autre encore 115 ». Elles étaient donc extrêmement faciles à trouver.

Normalement, avec des clés de ce type (courbe elliptique P-384), il faudrait un nombre aléatoire de 384 bits (48 octets), alors que dans le cas présent seul le dernier octet est utile ; les 47 autres ne contiennent que des 0. Retrouver la clé privée ne demande donc que 255 essais au maximum, autant dire en un claquement de doigts.

Les certificats rapidement bloqués pour la navigation web

Concernant la navigation sur le web, Mozilla, Chrome, Apple et Microsoft ont rapidement réagi. Ainsi Mozilla affirme que, moins de trois heures après avoir été prévenu, elle a bloqué les certificats dans Firefox via OneCRL. Les équipes de Chrome expliquent avoir fait de même via CRLSet. Les deux éditeurs ont aussi signalé qu’ils supprimaient le certificat racine eMudhra de leurs listes de certificats de confiance. L’entreprise indienne et Sectigo ont elles-mêmes révoqué les huit certificats en question.

L’équipe de Chrome explique aussi que, « par défaut, Chrome applique la transparence des certificats (Certificate Transparency, CT) à toutes les connexions s’appuyant sur des certificats racine figurant dans le magasin de certificats racine de Chrome, et rejette tout certificat TLS n’ayant pas été enregistré conformément à notre politique ». C’est le cas aussi de Firefox depuis la version 135. « Étant donné qu’aucun certificat TLS lié à ces six autorités de certification intermédiaires n’avait été enregistré dans CT avant notre blocage du CRLSet le 17 octobre, aucun certificat frauduleux émis par ces autorités de certification n’aurait pu être considéré comme fiable par défaut dans Chrome ou dans d’autres navigateurs appliquant la transparence des certificats ».

Sur son site, Dennis Jackson explique que les certificats sont aussi bloqués sur les appareils Apple depuis le 19 octobre et sur les plateformes Microsoft depuis le 20. Ainsi, les logiciels pour Windows et les systèmes d’exploitation d’Apple ne peuvent plus non plus être authentifiés par ces certificats.

Des services à mettre à jour, une résolution plus compliquée pour le matériel

Mais le problème reste pour nombre de services Internet. « La plupart des clients TLS autres que les navigateurs (c’est-à-dire pratiquement tout le reste, avec les paramètres par défaut), tels que curl, Python, Node, Go, Java, git, les gestionnaires de paquets ainsi que tous les scripts et démons dont vous disposez, effectuent trois actions importantes dans ce contexte : ils font confiance à un ensemble d’autorités de certification [CA bundle, en anglais] stocké sur le disque, ils ne vérifient pas la révocation par défaut et ils ne vérifient pas la CT », explique Scott Helme.

Certaines équipes de ces outils ont déjà réagi. Comme le liste The Hacker News, un correctif a par exemple été mis en place pour Go, pour Network Security Services, pour Python certifi, pour Homebrew-core ou encore pour Rust webpki-roots.

Le conseil est donc de mettre à jour tout ce qui peut l’être et qui intègre un ensemble d’autorités de certification [CA bundle]. Comme le souligne Scott Helme, reste le matériel ne pouvant pas être mis à jour et qui va donc faire confiance à ces certificats jusqu’à juillet 2039, date de leur expiration.

eMudhra assure qu’aucun certificat ne s’appuyait sur ces clés et qu’une seule était en production

De son côté, eMudhra explique depuis le 20 octobre enquêter sur l’incident. Ce mercredi 21 octobre, elle assure que « sept des huit [clés] intermédiaires n’ont jamais été utilisées en production. La seule qui ait été utilisée en production n’avait délivré aucun certificat ». Elle affirme les avoir révoquées mais insiste : « elles n’ont jamais émis de certificat ; par conséquent, aucun certificat utilisé où que ce soit ne s’appuyait sur elles ».

Mais comme l’explique Scott Helme, pendant 17 mois, tout le monde pouvait pourtant émettre ses propres certificats en utilisant ces clés et ainsi certifier un site ou un service. Le chercheur l’a testé sur un serveur local et un certificat pour l’API de paiement par Internet de Stripe api.stripe.com. « Avec les paramètres par défaut, curl a indiqué que la vérification du certificat SSL s’était bien déroulée, Python a mené à bien la négociation de connexion et Node a renvoyé la valeur authorized: true. Cela s’est vérifié sur toutes les machines Linux et macOS que j’ai testées », explique-t-il.

« Par mesure de précaution, la clé racine a été considérée comme non fiable par les programmes de gestion des clés racines. À notre connaissance, aucune autre clé racine ni aucune clé intermédiaire n’ont été générées à l’aide de ce processus défaillant », ajoute dans sa note eMudhra.

L’entreprise n’a pas encore fini son enquête. Mais elle assure qu’elle a bien généré des clés « sur des modules de sécurité matériels [Hardware Security Modules, HSM] certifiés FIPS 140 - 2 niveau 3. Les allégations selon lesquelles les HSM n’auraient pas été utilisés sont erronées ». Elle ajoute cependant que « le problème provenait d’une faille dans l’une des étapes de la procédure de génération, et non de l’absence d’HSM ». Ainsi, pendant cette procédure, une étape clé de « wrap/unwrap » » aurait, selon l’entreprise indienne, « généré un deuxième ensemble de clés, plus faibles, en plus des clés originales, plus fortes. Ce sont ces clés plus faibles qui ont été publiées dans les magasins de clés racines des navigateurs ».

Certificats TLS : n’importe qui pouvait certifier un site via des clés passoires

21 octobre 2026 à 14:20
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Certificats TLS : n’importe qui pouvait certifier un site via des clés passoires

eMudhra, une entreprise indienne qui se targue d’avoir délivré plus de 60 millions de certificats numériques, utilisait des clés privées très mal générées. Résultat : n’importe qui pouvait les utiliser pour certifier un site. Le travail pour faire le ménage est important et ne se limite pas aux navigateurs qui ont rapidement bloqué les certificats concernés.

Des ingénieurs en cryptographie se sont aperçus que huit clés privées de l’entreprise eMudhra, autorité de certification basée en Inde, étaient extrêmement mal générées. Elles mettent la sécurité des communications sur Internet en grande difficulté. L’entreprise indienne assure cependant qu’une seule d’entre elles était en production et qu’elle n’avait délivré aucun certificat.

Les certificats TLS permettent aux internautes d’authentifier un tiers et d’initier une communication sécurisée. Ils sont notamment utilisés pour sécuriser le protocole HTTPS. Mais ils reposent sur la certification émise par des autorités via une signature construite à partir d’une clé privée. Si un tiers obtient celle-ci, il peut créer des certificats et se faire passer pour quelqu’un d’autre, par exemple votre banque ou une entreprise de vente en ligne en laquelle vous avez assez confiance.

Des clés privées associées à huit certificats intermédiaires compromises

« Le samedi 17 octobre, à 20 h 06 UTC, Mozilla a reçu un signalement d’un membre de la communauté indiquant que les clés privées associées à huit certificats intermédiaires eMudhra avaient été compromises. Ces clés pourraient permettre à des pirates d’émettre des certificats HTTPS frauduleux pour des sites web qu’ils ne contrôlent pas », a expliqué Dennis Jackson, ingénieur en cryptographie chez Mozilla ce mardi 20 octobre dans un message envoyé à la communauté.

« Un pirate peut créer un faux certificat pour n’importe quel domaine et s’en servir pour usurper l’identité de serveurs afin d’intercepter ou de modifier le trafic. Il s’agit d’un incident de sécurité grave dont les répercussions s’étendent à l’ensemble d’Internet », ajoute Cloudflare dans un billet consacré au sujet.

Des clés « intrinsèquement faibles »

Le problème, découvert par un certain Wayne, est décrit sur un site nommé « eMudhra, nous avons un problème » créé par Dennis Jackson, un ingénieur de Mozilla. Il y partage la preuve de la compromission des certificats. Le chercheur en cryptographie, Scott Helme a analysé le problème dans un billet de blog.

« Ces huit certificats intermédiaires comprennent six autorités de certification (CA) délivrant des certificats TLS (DV, OV et EV, deux générations pour chaque type) et deux autorités de certification pour la signature de code, toutes créées en avril 2025. Chacune d’entre elles a également été signée de manière croisée par la racine « AAA Certificate Services » de Sectigo en mai 2025 », explique-t-il.

« Il s’agit de clés à un octet intrinsèquement faibles que n’importe qui peut factoriser, et ce problème ne peut pas être maîtrisé », ajoute le chercheur. « Intrinsèquement faibles » est presque une litote puisque, comme le souligne Scott Helme : « L’une des clés privées de l’autorité de certification eMudhra est le chiffre 4 ». « Il ne s’agit pas d’un nombre commençant par 4, ni du chiffre 4 suivi de quelques centaines de chiffres aléatoires, mais simplement du chiffre 4… », insiste-t-il. « Une autre est 56, et une autre encore 115 ». Elles étaient donc extrêmement faciles à trouver.

Normalement, avec des clés de ce type (courbe elliptique P-384), il faudrait un nombre aléatoire de 384 bits (48 octets), alors que dans le cas présent seul le dernier octet est utile ; les 47 autres ne contiennent que des 0. Retrouver la clé privée ne demande donc que 255 essais au maximum, autant dire en un claquement de doigts.

Les certificats rapidement bloqués pour la navigation web

Concernant la navigation sur le web, Mozilla, Chrome, Apple et Microsoft ont rapidement réagi. Ainsi Mozilla affirme que, moins de trois heures après avoir été prévenu, elle a bloqué les certificats dans Firefox via OneCRL. Les équipes de Chrome expliquent avoir fait de même via CRLSet. Les deux éditeurs ont aussi signalé qu’ils supprimaient le certificat racine eMudhra de leurs listes de certificats de confiance. L’entreprise indienne et Sectigo ont elles-mêmes révoqué les huit certificats en question.

L’équipe de Chrome explique aussi que, « par défaut, Chrome applique la transparence des certificats (Certificate Transparency, CT) à toutes les connexions s’appuyant sur des certificats racine figurant dans le magasin de certificats racine de Chrome, et rejette tout certificat TLS n’ayant pas été enregistré conformément à notre politique ». C’est le cas aussi de Firefox depuis la version 135. « Étant donné qu’aucun certificat TLS lié à ces six autorités de certification intermédiaires n’avait été enregistré dans CT avant notre blocage du CRLSet le 17 octobre, aucun certificat frauduleux émis par ces autorités de certification n’aurait pu être considéré comme fiable par défaut dans Chrome ou dans d’autres navigateurs appliquant la transparence des certificats ».

Sur son site, Dennis Jackson explique que les certificats sont aussi bloqués sur les appareils Apple depuis le 19 octobre et sur les plateformes Microsoft depuis le 20. Ainsi, les logiciels pour Windows et les systèmes d’exploitation d’Apple ne peuvent plus non plus être authentifiés par ces certificats.

Des services à mettre à jour, une résolution plus compliquée pour le matériel

Mais le problème reste pour nombre de services Internet. « La plupart des clients TLS autres que les navigateurs (c’est-à-dire pratiquement tout le reste, avec les paramètres par défaut), tels que curl, Python, Node, Go, Java, git, les gestionnaires de paquets ainsi que tous les scripts et démons dont vous disposez, effectuent trois actions importantes dans ce contexte : ils font confiance à un ensemble d’autorités de certification [CA bundle, en anglais] stocké sur le disque, ils ne vérifient pas la révocation par défaut et ils ne vérifient pas la CT », explique Scott Helme.

Certaines équipes de ces outils ont déjà réagi. Comme le liste The Hacker News, un correctif a par exemple été mis en place pour Go, pour Network Security Services, pour Python certifi, pour Homebrew-core ou encore pour Rust webpki-roots.

Le conseil est donc de mettre à jour tout ce qui peut l’être et qui intègre un ensemble d’autorités de certification [CA bundle]. Comme le souligne Scott Helme, reste le matériel ne pouvant pas être mis à jour et qui va donc faire confiance à ces certificats jusqu’à juillet 2039, date de leur expiration.

eMudhra assure qu’aucun certificat ne s’appuyait sur ces clés et qu’une seule était en production

De son côté, eMudhra explique depuis le 20 octobre enquêter sur l’incident. Ce mercredi 21 octobre, elle assure que « sept des huit [clés] intermédiaires n’ont jamais été utilisées en production. La seule qui ait été utilisée en production n’avait délivré aucun certificat ». Elle affirme les avoir révoquées mais insiste : « elles n’ont jamais émis de certificat ; par conséquent, aucun certificat utilisé où que ce soit ne s’appuyait sur elles ».

Mais comme l’explique Scott Helme, pendant 17 mois, tout le monde pouvait pourtant émettre ses propres certificats en utilisant ces clés et ainsi certifier un site ou un service. Le chercheur l’a testé sur un serveur local et un certificat pour l’API de paiement par Internet de Stripe api.stripe.com. « Avec les paramètres par défaut, curl a indiqué que la vérification du certificat SSL s’était bien déroulée, Python a mené à bien la négociation de connexion et Node a renvoyé la valeur authorized: true. Cela s’est vérifié sur toutes les machines Linux et macOS que j’ai testées », explique-t-il.

« Par mesure de précaution, la clé racine a été considérée comme non fiable par les programmes de gestion des clés racines. À notre connaissance, aucune autre clé racine ni aucune clé intermédiaire n’ont été générées à l’aide de ce processus défaillant », ajoute dans sa note eMudhra.

L’entreprise n’a pas encore fini son enquête. Mais elle assure qu’elle a bien généré des clés « sur des modules de sécurité matériels [Hardware Security Modules, HSM] certifiés FIPS 140 - 2 niveau 3. Les allégations selon lesquelles les HSM n’auraient pas été utilisés sont erronées ». Elle ajoute cependant que « le problème provenait d’une faille dans l’une des étapes de la procédure de génération, et non de l’absence d’HSM ». Ainsi, pendant cette procédure, une étape clé de « wrap/unwrap » » aurait, selon l’entreprise indienne, « généré un deuxième ensemble de clés, plus faibles, en plus des clés originales, plus fortes. Ce sont ces clés plus faibles qui ont été publiées dans les magasins de clés racines des navigateurs ».

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