Tensions entre actionnaires familiaux, concurrence chinoise... Les coulisses de l’éviction brutale du patron de Seb

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© Jean-Christophe MARMARA
L’appel de Dario Amodei à ralentir le rythme de développement des modèles de pointe en l’absence d’une réglementation ne peut pas être décorrélé de la course aux investissements dans laquelle se sont lancées toutes les entreprises du secteur, à commencer par celles dont les CEO ont relayé son propos. À quelques semaines de l’introduction en bourse programmée d’Anthropic, il souligne non pas une contradiction, mais un décalage susceptible d’aggraver les craintes liées à une explosion de la bulle de l’IA générative.
Dernier épisode d’une actualité décidément frénétique quant aux enjeux de long terme liés aux développements de l’intelligence artificielle générative : Dario Amodei, patron d’Anthropic, a publié samedi 12 septembre un article intitulé « We Must Pace the Frontier », dans lequel il argue que l’industrie doit ralentir le rythme auquel elle améliore les capacités des modèles de pointe. Il prend bien soin de souligner qu’il ne s’agit pas d’arrêter l’entraînement de nouveaux modèles ou leur déploiement commercial, mais de prendre le temps nécessaire pour vérifier leur sécurité et leur alignement.
Pour ce faire, il propose de faire confirmer ces vérifications par des évaluateurs tiers disposant d’un droit d’accès complet aux travaux des entreprises concernées. Il suggère dans le même temps que ces dernières harmonisent leurs travaux de vérification, et qu’une coordination internationale planche sur une réglementation adaptée, intégrant les enjeux de compétition avec les régimes non démocratiques.
L’appel d’Amodei a rapidement reçu le soutien public d’Elon Musk, de Sam Altman, de Demis Hassabis (Google DeepMind) puis de Satya Nadella (Microsoft). Un discours dont l’unisson interroge : les cinq entreprises dirigées par ces cosignataires sont financièrement engagées dans la course à l’IA et mobilisent littéralement des centaines de milliards de dollars pour construire ou faire construire les infrastructures nécessaires à l’entraînement et à l’inférence de leurs modèles. Comment, dans ce contexte, peuvent-elles prôner un ralentissement du secteur, et quelle est la valeur réelle de cette prise de position d’un point de vue économique ?
La lettre de Dario Amodei ouvre de nombreuses pistes de réflexion (« we should consider… »), mais elle se limite à une seule promesse concrète, qu’Anthropic présente d’ailleurs comme un « engagement unilatéral » : l’ouverture d’un accès « niveau salarié » à des évaluateurs indépendants qui seraient par la suite libres de publier leurs conclusions. L’entreprise se réserverait tout de même le droit de caviarder un certain nombre d’informations, dont celles « commercialement sensibles ». Amodei cite nommément l’institut METR comme l’un de ces auditeurs potentiels, en dépit des critiques formulées à l’encontre de ce dernier suite à la publication de son rapport sur l’incident de cybersécurité survenu entre OpenAI et Hugging Face.
Anthropic n’annonce en revanche aucun engagement concret sur le rythme de publication de nouveaux modèles, ou le ralentissement du déploiement de l’IA générative. Satya Nadella confirme dans sa propre réaction que la réflexion en cours ne remet pas en cause l’orientation stratégique globale : « Il nous faut également accélérer et étendre les avantages de l’IA, afin qu’ils profitent largement aux pays, aux communautés et aux entreprises. Cela nécessite un écosystème novateur où les modèles propriétaires et open source peuvent prospérer ».
De toutes les prises de position formulées suite à la publication d’Amodei, une seule semble avoir une conséquence économique immédiate. Il s’agit du soutien affiché par Sam Altman. Le patron d’OpenAI a en effet confirmé à Fortune, dans un entretien réalisé le 11 septembre et publié le 12 (voir la vidéo intégrale de l’échange), que les conditions n’étaient pas actuellement réunies pour que l’entreprise procède à son introduction en bourse. « Je pense sincèrement que, compte tenu de la situation actuelle en matière de sécurité, ce serait malvenu de nous introduire en bourse maintenant, et nous ne ressentons aucune pression à ce sujet », déclare Sam Altman, selon qui l’IPO ne devrait finalement pas intervenir en 2026.
Est-ce vraiment la controverse autour des risques soulevés par les modèles de pointe qui motive ce report ? Fortune rappelle à juste titre que le New York Times s’était déjà fait l’écho, en juin dernier, d’un glissement de calendrier décidé en interne. À l’époque, il n’était pas question d’alignement ou de modèles capables d’échapper à la supervision interne. Le report était motivé par des conditions de marché jugées peu favorables à la gigantesque levée de fonds souhaitée par OpenAI.
Sarah Friar, directrice financière d’OpenAI, avait également confirmé mi-août, en interne, cette lecture plus pragmatique qu’éthique. Dans un message adressé aux collaborateurs, elle expliquait que l’entreprise disposait des ressources nécessaires à son développement grâce à sa dernière levée de fonds, et que ce n’était pas grave si Anthropic partait en bourse avant OpenAI.
La décision n’était donc pas nouvelle, mais la façon de la justifier a changé. La combinaison du passage de Sam Altman au micro de Fortune et de la publication de Dario Amodei semble avoir eu quelques répercussions sur les marchés. Corrélation n’est pas causalité dans un environnement aussi complexe, mais l’annonce a notamment fait des vagues au Japon. Le conglomérat Softbank, qui s’est engagé à hauteur de 30 milliards de dollars supplémentaires au capital d’OpenAI cet hiver, a ainsi perdu plus de 10 % à la bourse de Tokyo lundi. Il semble avoir entraîné dans son sillage les valeurs asiatiques de la mémoire vive, dont Samsung, SK hynix et Kioxia.
L’effet s’est ensuite propagé dans le reste du monde : l’indice PHLX Semiconductor Sector, qui réunit 30 des plus grandes sociétés cotées du secteur des semi-conducteurs, a ainsi reculé de 5,86 % sur la seule journée de lundi.

La correction n’est pas exceptionnelle, à plus forte raison quand les tensions sur le pétrole mettent les marchés sous pression. Elle souligne cependant que les entreprises dont les perspectives de croissance reposent sur le développement de l’IA accusent le coup, avec des valorisations en berne par rapport à leurs plus hauts historiques du mois de juin.
Hormis le report confirmé par OpenAI, la variable économique n’a pourtant pas fondamentalement changé. Les quatre grands hyperscalers (Amazon, Microsoft, Google, Meta) ont ainsi tous confirmé la révision à la hausse de leurs dépenses d’investissement prévisionnelles lors de la publication de leurs résultats trimestriels début août. Ces dernières dépassent donc désormais les 700 milliards de dollars envisagés à la fin du premier trimestre.
En parallèle des essais et autres lettres de têtes pensantes d’Anthropic, l’éditeur des modèles Claude poursuit d’ailleurs sa propre route vers la bourse. Pour ce faire, il cherche à envoyer des messages rassurants en direction des investisseurs. Or ces messages éclairent d’un jour particulier l’intention de ralentir le développement des modèles de pointe…
D’après le Financial Times, Anthropic a déclaré à un petit groupe de ses actionnaires qu’elle envisageait de réaliser son deuxième trimestre consécutif rentable sur la période en cours. L’entreprise aurait notamment affirmé atteindre une marge brute supérieure à 80 % avant règlement des frais liés à la location d’infrastructures chez ses partenaires et à l’entraînement de ses modèles. Pour tenir le rythme effréné des sorties de nouveaux modèles, Anthropic va maintenant jusqu’à louer des datacenters entiers chez certains de ses concurrents, et ses trajectoires de dépenses se montent à plusieurs dizaines de milliards de dollars par an.
Toujours d’après le Financial Times, Anthropic aurait revendiqué un chiffre d’affaires de 11,5 milliards de dollars sur le deuxième trimestre, ce qui porterait son revenu annualisé, c’est-à-dire la projection de chiffre d’affaires annuel estimée à partir de ses revenus actuels, à 65 milliards de dollars, contre 47 milliards de dollars estimés à fin mai 2026.
La croissance est donc réelle, mais en l’état, Anthropic communique un indicateur qui exclut ses principaux coûts, à quelques semaines d’une supposée tournée des investisseurs pour préparer son IPO. Il est bien sûr impossible, sans accès direct aux comptes d’Anthropic, de vérifier où se situe réellement le curseur. Convaincre le secteur de ralentir le développement des modèles de pointe, et donc des coûts d’entraînement associés, permettrait certainement à l’entreprise d’assainir son bilan et d’allouer plus de ressources à son développement commercial.
L’analyse de la situation est d’autant plus complexe que pour l’instant, tout le monde navigue à vue, précisément parce que les bilans financiers en question restent dans l’ombre. Cette incertitude participe d’ailleurs à l’emballement médiatique du moment, ainsi qu’à l’anxiété grandissante du public vis-à-vis de l’IA et de ses datacenters. Les discours mi-complaisants, mi-frénétiques, sur la guerre à venir entre la Chine et les États-Unis ou sur les modèles échappant à tout contrôle, y trouvent un terreau fertile.
Les marchés, eux, attendent surtout de mesurer la solidité réelle des entreprises de l’IA. Dans ce contexte, la décision d’OpenAI de rester une entreprise privée peut d’ailleurs être interprétée comme une volonté de garder le secret sur la réalité de ses comptes.
L’exemple de l’introduction en bourse de SpaceX est à ce titre éclairant.

© Photo Sodiq Adelakun/REUTERS
L’industrie du disque prend son courage à deux mains pour lutter contre la fraude aux streams. De nouvelles lignes directrices vont être mises en place par les distributeurs pour empêcher les morceaux frauduleux générés par IA d’arriver sur les plateformes de streaming.
Comme l’expliquait Deezer à Next en mai dernier, les plateformes de streaming sont légalement tenues d’accepter sur leurs serveurs toutes les chansons fournies par les distributeurs. Y compris celles générées par IA, qui représentaient plus de la moitié des nouveaux titres téléversés sur Deezer au mois de juillet.
Pour aider les abonnés à distinguer le vrai du faux, les plateformes ont mis en place des étiquettes et autres badges pour signaler que tel ou tel artiste ou chanson est généré par IA (chez Deezer donc, mais aussi Spotify ou Apple Music). Mais c’est loin d’être suffisant pour endiguer la fraude au stream : la pratique représentait 8 % de l’ensemble des streams sur le catalogue de Deezer l’an dernier.
Les escrocs du streaming utilisent des bots qui écoutent en boucle les mêmes morceaux IA, et touchent le jackpot puisque ces écoutes génèrent d’importantes sommes en droits d’auteur. Ce qui réduit au passage l’enveloppe destinée aux véritables artistes. « La fraude au streaming trompe les fans et prive les artistes et auteurs-compositeurs légitimes de revenus qui devraient leur revenir de droit. C’est du vol, purement et simplement », rappelle Victoria Oakley, la directrice générale de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI).
Les solutions étaient jusqu’à présent laissées aux plateformes : amélioration des outils de détection, démonétisation totale ou partielle des morceaux IA, interdiction de ces titres dans les recommandations…
Mais il fallait une solution au niveau de l’industrie toute entière, afin de coordonner l’offensive anti-fraude. C’est la raison d’être de la Streaming Integrity Initiative (SII) lancée par l’IFPI. La SII établit un ensemble de pratiques pour aider les acteurs du secteur à « prévenir, détecter et traiter la fraude au streaming ».
Les participants s’engagent ainsi à vérifier la propriété des droits et l’identité des auteurs ; à contrôler les contenus pour identifier les atteintes aux droits d’auteur ; à prendre des mesures contre les récidivistes le cas échéant ; à travailler ensemble pour empêcher les acteurs malveillants de passer d’une plateforme à une autre ; et à mesurer et renforcer les systèmes antifraude.
Cette initiative fait partie de la campagne End Streaming Fraud, emmenée par l’IFPI là aussi, pour « sensibiliser à la menace croissante que représente la fraude au streaming pour l’ensemble de l’écosystème musical ». Plusieurs distributeurs se sont rangés derrière la SII, dont Absolute Label Services, InnerCat, Secretly Distribution, ou encore Too Lost ; du côté des labels, on trouve les trois majors (Sony Music, Universal et Warner) qui, en parallèle, essaient d’accorder leurs violons avec les principaux générateurs de musique par IA.
L’industrie du disque prend son courage à deux mains pour lutter contre la fraude aux streams. De nouvelles lignes directrices vont être mises en place par les distributeurs pour empêcher les morceaux frauduleux générés par IA d’arriver sur les plateformes de streaming.
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Pour aider les abonnés à distinguer le vrai du faux, les plateformes ont mis en place des étiquettes et autres badges pour signaler que tel ou tel artiste ou chanson est généré par IA (chez Deezer donc, mais aussi Spotify ou Apple Music). Mais c’est loin d’être suffisant pour endiguer la fraude au stream : la pratique représentait 8 % de l’ensemble des streams sur le catalogue de Deezer l’an dernier.
Les escrocs du streaming utilisent des bots qui écoutent en boucle les mêmes morceaux IA, et touchent le jackpot puisque ces écoutes génèrent d’importantes sommes en droits d’auteur. Ce qui réduit au passage l’enveloppe destinée aux véritables artistes. « La fraude au streaming trompe les fans et prive les artistes et auteurs-compositeurs légitimes de revenus qui devraient leur revenir de droit. C’est du vol, purement et simplement », rappelle Victoria Oakley, la directrice générale de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI).
Les solutions étaient jusqu’à présent laissées aux plateformes : amélioration des outils de détection, démonétisation totale ou partielle des morceaux IA, interdiction de ces titres dans les recommandations…
Mais il fallait une solution au niveau de l’industrie toute entière, afin de coordonner l’offensive anti-fraude. C’est la raison d’être de la Streaming Integrity Initiative (SII) lancée par l’IFPI. La SII établit un ensemble de pratiques pour aider les acteurs du secteur à « prévenir, détecter et traiter la fraude au streaming ».
Les participants s’engagent ainsi à vérifier la propriété des droits et l’identité des auteurs ; à contrôler les contenus pour identifier les atteintes aux droits d’auteur ; à prendre des mesures contre les récidivistes le cas échéant ; à travailler ensemble pour empêcher les acteurs malveillants de passer d’une plateforme à une autre ; et à mesurer et renforcer les systèmes antifraude.
Cette initiative fait partie de la campagne End Streaming Fraud, emmenée par l’IFPI là aussi, pour « sensibiliser à la menace croissante que représente la fraude au streaming pour l’ensemble de l’écosystème musical ». Plusieurs distributeurs se sont rangés derrière la SII, dont Absolute Label Services, InnerCat, Secretly Distribution, ou encore Too Lost ; du côté des labels, on trouve les trois majors (Sony Music, Universal et Warner) qui, en parallèle, essaient d’accorder leurs violons avec les principaux générateurs de musique par IA.
Capgemini a finalement coupé les ponts avec l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration des États-Unis. Le groupe français a en effet annoncé le 12 septembre dernier la signature d’un accord de vente définitif de sa filiale états-unienne spécialisée dans les contrats gouvernementaux, Capgemini Government Solutions. La transaction devrait être bouclée dans les prochaines semaines.
« Capgemini annonce aujourd’hui avoir conclu un accord avec ITC Federal, un fournisseur américain de services et de solutions digitales pour les agences fédérales chargées de sécurité intérieure et de défense, en vue de la vente de Capgemini Government Solutions, sa filiale qui travaille avec le gouvernement fédéral américain. »

Capgemini avait lancé ce processus de vente en début d’année, après que la presse a révélé les différents contrats gagnés par sa filiale CGS auprès de l’ICE. Parmi les différents appels d’offre remportés figurait une prestation d’identification et de localisation des personnes recherchées par l’ICE, en croisant l’ensemble des informations publiques ou privées susceptibles d’être recueillies en ligne à leur sujet.
Plusieurs syndicats représentants du personnel de Capgemini s’étaient insurgés contre ces missions, jugées incompatibles avec les valeurs éthiques prônées par le groupe et sa gouvernance.
Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Capgemini a rappelé samedi que CGS « représentait 0,4% du chiffre d’affaires du Groupe en 2025 et moins de 2% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis ».
Capgemini a finalement coupé les ponts avec l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration des États-Unis. Le groupe français a en effet annoncé le 12 septembre dernier la signature d’un accord de vente définitif de sa filiale états-unienne spécialisée dans les contrats gouvernementaux, Capgemini Government Solutions. La transaction devrait être bouclée dans les prochaines semaines.
« Capgemini annonce aujourd’hui avoir conclu un accord avec ITC Federal, un fournisseur américain de services et de solutions digitales pour les agences fédérales chargées de sécurité intérieure et de défense, en vue de la vente de Capgemini Government Solutions, sa filiale qui travaille avec le gouvernement fédéral américain. »

Capgemini avait lancé ce processus de vente en début d’année, après que la presse a révélé les différents contrats gagnés par sa filiale CGS auprès de l’ICE. Parmi les différents appels d’offre remportés figurait une prestation d’identification et de localisation des personnes recherchées par l’ICE, en croisant l’ensemble des informations publiques ou privées susceptibles d’être recueillies en ligne à leur sujet.
Plusieurs syndicats représentants du personnel de Capgemini s’étaient insurgés contre ces missions, jugées incompatibles avec les valeurs éthiques prônées par le groupe et sa gouvernance.
Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Capgemini a rappelé samedi que CGS « représentait 0,4% du chiffre d’affaires du Groupe en 2025 et moins de 2% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis ».
Les grandes manœuvres ne sont pas terminées autour d’Electronic Arts. Désormais entre les mains d’un consortium emmené par le fonds souverain d’Arabie saoudite (Public Investment Fund, PIF), le géant américain du jeu vidéo pourrait se rapprocher de Savvy Games, la branche jeux vidéo de ce même PIF. Une combinaison qui aurait du sens au vu du secteur d’activité commun, et qui pourrait former un des plus importants groupes de développement et d’édition vidéoludique au monde.
Selon Bloomberg, le PIF voudrait faire en sorte d’assurer une meilleure coordination entre ses actifs. Aucune décision n’aurait encore été prise, car Savvy doit encore terminer l’acquisition du groupe chinois Moonton, une transaction à 6 milliards de dollars.
Savvy a déjà avalé le groupe américain Scopely en 2023, puis Niantic en 2025. En y ajoutant Moonton, filiale de Bytedance spécialisée dans le jeu mobile, il devient un poids lourd dans ce secteur avec Monopoly GO et Pokémon GO. L’entreprise possède aussi des parts chez Take-Two, qui édite GTA 6, Embracer et Nintendo.

Arabie saoudite oblige, Savvy a les moyens de ses ambitions. En 2022, l’entreprise dévoilait son intention d’investir la bagatelle de 37,8 milliards de dollars dans l’industrie du jeu vidéo, dont 13,3 milliards dans les acquisitions.
Si un rapprochement avec EA devait voir le jour, le fonds présidé par Mohammed bin Salman, le prince héritier d’Arabie saoudite, aurait alors entre les mains une arme redoutable pour exploiter une propriété intellectuelle qui s’étend dans tous les genres du jeu vidéo. Qu’il s’agisse de sport (EA FC, Madden…), de jeux d’aventure et d’action (Mass Effect, Jedi Survivor…), de FPS (Battlefield), et bien évidemment de jeu sur mobile.
Mais avant d’en arriver là, il faudra repasser devant les régulateurs. L’acquisition d’EA, pour 55 milliards de dollars, n’a pas posé trop de problèmes, même si les comptes du groupe américain se sont alourdis d’une énorme dette à hauteur de 20 milliards.
Les grandes manœuvres ne sont pas terminées autour d’Electronic Arts. Désormais entre les mains d’un consortium emmené par le fonds souverain d’Arabie saoudite (Public Investment Fund, PIF), le géant américain du jeu vidéo pourrait se rapprocher de Savvy Games, la branche jeux vidéo de ce même PIF. Une combinaison qui aurait du sens au vu du secteur d’activité commun, et qui pourrait former un des plus importants groupes de développement et d’édition vidéoludique au monde.
Selon Bloomberg, le PIF voudrait faire en sorte d’assurer une meilleure coordination entre ses actifs. Aucune décision n’aurait encore été prise, car Savvy doit encore terminer l’acquisition du groupe chinois Moonton, une transaction à 6 milliards de dollars.
Savvy a déjà avalé le groupe américain Scopely en 2023, puis Niantic en 2025. En y ajoutant Moonton, filiale de Bytedance spécialisée dans le jeu mobile, il devient un poids lourd dans ce secteur avec Monopoly GO et Pokémon GO. L’entreprise possède aussi des parts chez Take-Two, qui édite GTA 6, Embracer et Nintendo.

Arabie saoudite oblige, Savvy a les moyens de ses ambitions. En 2022, l’entreprise dévoilait son intention d’investir la bagatelle de 37,8 milliards de dollars dans l’industrie du jeu vidéo, dont 13,3 milliards dans les acquisitions.
Si un rapprochement avec EA devait voir le jour, le fonds présidé par Mohammed bin Salman, le prince héritier d’Arabie saoudite, aurait alors entre les mains une arme redoutable pour exploiter une propriété intellectuelle qui s’étend dans tous les genres du jeu vidéo. Qu’il s’agisse de sport (EA FC, Madden…), de jeux d’aventure et d’action (Mass Effect, Jedi Survivor…), de FPS (Battlefield), et bien évidemment de jeu sur mobile.
Mais avant d’en arriver là, il faudra repasser devant les régulateurs. L’acquisition d’EA, pour 55 milliards de dollars, n’a pas posé trop de problèmes, même si les comptes du groupe américain se sont alourdis d’une énorme dette à hauteur de 20 milliards.

© Le Figaro

© Dado Ruvic / REUTERS

© DESSIN DE MARTIRENA, CUBA.

© Florence Piot / ADOBE STOCK